L’île de Malte. Histoire de la domination musulmane :

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Vue aerienne de Mdina, Malte
Vue aérienne de Mdina, Malte ville fortifié par les Aghlabides. Selon al-Qantara « Les Aghlabides prennent à leur tour possession de la ville  de Mdina en 879 et vont marquer l’héritage architectonique de la citadelle. »

La dynastie arabe des Aghlabides de 800 à 909, elle prend fin en ifriqiya et en sicile en 909 et la lignée aurait quant à elle régné jusqu’en 948 jc à Malte avant de passé aux arabes Kalbides de Sicile (948 -1053), la dynastie Kalbide prend fin en Sicile en 1053 mais elle reste jusqu’en 1091 à Malte. (source The Spread of Islam Throughout the World publié par Idris El Hareir,Ravane Mbaye) .

Miege (« Histoire de Malte » p87) disait : « Du reste on ignore quelle fut la forme de gouvernement introduite à Malte et au Goze. On sait seulement que ces deux îles furent gouverné par un émir dépendant de celui de Sicile « 

Ibn al-Athir (1160-1233) nous explique la prise de Malte en 869 par les Aghlabides : « A la suite de la mort de Khafâdja, son fils Mohammed, désigné par la population pour lui succéder, fut confirmé dans cette situation par Mohammed ben Ahmed ben el-Aghlab, prince de K’ayrawân. En 256 (8 décembre 869), il envoya une armée à Malte, dont les chrétiens levèrent le siège en apprenant l’arrivée de ces troupes. »

Ibn Khaldoun (1332-1406) reviens sur la prise de Malte par les Aghlabides : « Ziadet Allah el Asghar eut en mourant pour successeur son frère Mohammed surnommé Abou el Gharanik le Père des Grues 122 qui était adonné au jeu et à la boisson Il y eut de son temps des guerres et des révoltes en 255 de l’hégire il s empara de Malte, mais les Grecs reprirent sur lui plusieurs places de la Sicile  »

Al-Nowaïri dit que le chef de l’expédition dans laquelle Malte fut prise était Ahmed ibn Omar ibn Ubayd Allah ibn al-Aghlab (Nowairi Ms 7o2 A fol 52 recto).

Al-Himyari (1350) sur la prise de Malte par les Aghlabides : « Elle fut attaquée par Halaf al-Hādim (ingénieur renommé), le mawlā de Ziyādat Allāh b. Ibrāhīm du temps d’Abu ‘Abd Allāh Muḥammad b. Aḥmad (864-875), neveu de Ziyādat Allāh, avec l’aide de Aḥmad (Habashî) b. ‘Umar b. ‘Abd Allāh b. al-Aġlab, et ce fut lui (Halaf) qui souffrit pour elle. » plus loin toujours sur Halaf :  « Et ce Halaf est bien celui qu’on connaît pour la construction de mosques, de ponts et de citernes. Il l’assiégea et mourut durant le siege. Et ils écrivirent à Abu ‘Abd Allāh à propos de sa mort, et Abu ‘Abd Allāh écrivit à son ‘āmil dans l’île de Sicile, Muḥammad Ibn Hafāğa (869-71), de leur envoyer un wāli ; et il leur envoya Sawāda Ibn Muḥammad (‘âmil de Sicile 884-887). »

« Et ils capturèrent la forteresse de Malte et capturèrent son Commandeur, ‘Amrûs (Ambrosios) dont ils démolirent la forteresse, et ils pillèrent et capturèrent tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter. »

Al-Himyari (1350) sur la construction du Ribat de Sousse avec le butin de Malte :  «Et il prit pour Aḥmad, à partir des églises de Malte, ce qui lui permit de construire le Château de Sousse sur mer et le viaduc qui y mène, par un pont à arches, ce qui se produisit en l’an 255 (869).»

Ibn al-Jazzar (898-980), la dédicace du ribat de Sousse mentionnant le raid de Malte :

“Chaque dalle polie, chaque colonne de marbre de ce fort furent rapportées d’une église/du raid de Malte par Ḥabaši ibn ‘Umar dans l’espoir de mériter l’approbation et la gentillesse de Dieu, le Puissant, le Glorieux”

Selon Al-Himyari (1350) l’île resta inhabité par la suite : « Après celà, l’île de Malte demeura une ruine (khirba) inhabitée, mais elle était visitée par les constructeurs de vaisseaux, car le bois y était des plus solides, et aussi par les pêcheurs, en raison de l’abondance et du bon gout des poisons auprès de ses côtes, et par les collecteurs de miel, parce que c’est chose bien commune là-bas. »

En 1048  selon Al-Qazwīnī, (1203- 1283) dans Atār al-bilād, eu lieu le siège byzantin de Malte :

« Les Rûm l’envahirent après l’an 440/1048, ils leur firent la guerre et exigèrent d’eux propriétés et femmes. Les musulmans se réunirent et se dénombrèrent, le nombre de leurs esclaves était supérieur à celui des hommes libres. Ils dirent alors aux esclaves :
« Combattez avec nous, et si vous êtes victorieux, vous serez libre, et tout ce qui est à nous sera à vous. Si vous hésitez, nous serons tués et vous serez tués. » Lorsque les Rûm arrivèrent, ils attaquèrent comme un seul homme, Dieu leur vint en aide et ils les défirent, tuant un grand nombre des Rûm. Les esclaves rallièrent les hommes libres et les renforcèrent. Après cela, jamais les Rûm ne purent les maîtriser. »

Al-Himyari (1350), sur le siège Byzantin de Malte (1053) :

Après l’an 440 (1048-9) les Musulmans la peuplèrent et ils édifièrent une cité, et elle devint alors un meilleur lieu qu’elle n’avait jamais été.

En l’an 445 (1053-4) les Rûm l’attaquèrent avec force navires et en grand nombre, et ils assiégèrent les Musulmans dans la cite et le siege leur devint insupportable et ils espéraient vivement l’emporter.

Alors les Musulmans leurs demandèrent grâce, ils s’y refudèrent, à part pour les femmes et les biens. Et les Musulmans recensèrent le nombre de combatants parmi eux et ils trouvèrent qu’ils étaient environ 400 ; puis ils dénombèrent leurs esclaves et les trouvèrent plus nombreux qu’eux même. Ils les supplièrent et leur dirent :

« Si vous nous restez loyaux dans notre combat contre notre ennemi, et que vous allez aussi loin que nous, et que vous finissez où nous finissons, vous serez des Libres, et nous vous éleverons à notre niveau et et nous vous donnerons nos filles en mariage, et nous ferons de vous nos associés dans la richesse; mais si vous hésitez et nous abandonnez, votre sort sera la même captivité et servitude que pour nous, et même bien pire parce qu’avec nous on peut être affranchi par un tendre ami, libéré par son Mawlâ ou sauvé grâce au soutien de sa communauté. »

Et les esclaves, d’un commun accord, promirent plus encore que ce qu’ils pensaient, et ils les trouvèrent plus rapides et agressifs contre leurs ennemis qu’eux meme, et lorsque l’armée se réveille le second jour, les Rûm étaient venus au petit matin, comme de leur coutume, espérant en ce jour les surpasser et les capturer. Mais les Musulmans s’étaient préparés fort bien pour les contrer, et ils se réveillèrent de bon matin, comme par prémonition, et ils demandèrent le secours de Dieu le Tout Puissant, et ils marchent et les encerclèrent, les piquant de leurs lances et les frappant de leurs épées, sans craindre ou faiblir, confiant d’obtenir au moins un de deux grands buts : une victoire rapide ou leur triomphe dans l’au-delà. Et Dieu l’Exalté leur accorda son aide et leur donna la patience, et Il incrusta la peur au cœur de leurs ennemis, et ils s’enfuirent, défaits, sans regarder en arrière, et la majorité d’entre eux fut massacrée. Les Musulmans prirent possession de leurs navires et seul l’un d’entre eux pu s’échapper. Et leurs esclaves furent élevé au rang d’homme libre (mawla), et ils leur fut donné ce qui leur avait été promis. Et après cela, l’ennemi les craint tant qu’aucun d’entre eux ne s’est plus remontré durant quelques temps. »

Ibn al-Athir reviens sur la conquête normande de Malte par Roger I en 1091:

« Rujâr tenait en grande estime les musulmans, usant avec eux de familiarités et les défendait contre les Francs si bien qu’ils l’aimaient. Puis, montant une puissante armada, il s’appropria les îles qui sont entre al-Mahdiya et la Sicile comme Mâlita, Qurça, Jerba et Qerqena. »

M Bonavita affirme que en 994 JC Malte renfermait 13,161 musulmans et 3,606 chrétiens et le Goze 1,811 musulmans et 2,733 chrétiens y compris les femmes et les enfants.

Le dernier Émir de Malte selon M Bonavita  s’appelait Maimone (al-Mamun), ce fut lui que Roger trouva dans l’ile.

Le prêtre abbé Gilbert en 1240 JC fait un recensement à Malte, soit 150 ans ans après la conquête normande, il décompta environ 9 000 habitants à Malte et à Gozo, dont 836 familles musulmanes, 1250 familles chrétiennes (chiffre rond, très certainement arrondi à la hausse et comprenant les musulmans convertis) et 33 familles juives.Tandis qu’un an avant ils était majoritaire (Malte, p345 Nathalie Bernardie).

Ibn Khaldoun (hist,p.335)  reviens sur la fin de l’Islam en Sicile et à Malte (1250) : 

« En Sicile les musulmans de Palerme jouissaient des mêmes droits que les chrétiens tant dans la ville que dans les campagnes, avantage qu’ils devaient à un traité que le sultan hafside avait négocié en leur faveur avec le seigneur de cette île. Depuis lors la bonne harmonie s’était maintenue entre les deux peuples mais la mort d’Abou Zékérïa (en 1249) vint tout déranger. Les chrétiens se portèrent à de graves excès contre les vrais croyants et les forcèrent à se réfugier dans les châteaux et lieux escarpés de l’île. Les fuyards prirent pour chef un aventurier appartenant à la tribu arabe d’Abs (Banu Abs) mais ayant été cernés et bloqués dans leur montagne ils firent leur soumission. Le vainqueur les déporta dans le pays situé à l’autre côté du détroit de Messine et les établit auprès de Melfi berceau de sa puissance au milieu d’une contrée riche et populeuse. Il passa ensuite dans l’île de Malte et après avoir rassemblé tous les Musulmans qui s y trouvaient encore il les envoya joindre leurs coreligionnaires dans la Pouille. Devenu ainsi maître de la Sicile et des îles voisines le tyran en fit disparaître l’islam et le remplaça par les doctrines de l’infidélité (al-Kufr) »

Az-Zarakhshi (1475) , relate l’attaque Hafside contre Malte en 1428 :

« En 832/1428, une escadre fut envoyée de Tunis (par Abû Fâris al-Ḥafṣî) contre l’île de Malte. Le Sultan mit à sa tête son Mamlûk, le Qâ’id Riḍwân, à qui il ordonna de l’assiéger 3 jours seulement et de se retirer s’il ne la prenait pas. Il y débarqua et la serra de près. Puis il se retira alors qu’il était sur le point de s’en emparer »

Faris Ahmad Ash-Shidyaq (1805-1887), remarqua sur Malte, en 1868, que « les noms de tous les villages et les caractéristiques topographiques sont purement arabes« 

Pierre tombale kufique au nom de Mimuniya Bint Hassan, Malte, Shûkiya, en 1174 Traduction : «Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux. Que Dieu fasse miséricorde au Prophète Muhammad, à sa famille et leur accorde le Salut. A Dieu la puissance et l’immanence, pour ses créatures la mort fut prescrite. Et vous avez un bon exemple en le Prophète de Dieu. Voici la tombe de Maymuna bt. Hassan b. ‘Ali al-Hudalī, dit Ibn as-Susi ; morte, que la miséricorde de Dieu soit sur elle, le jour du jeudi 16 Ša’bān année 569 (1174), attestant qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Dieu unique, et qu’il n’a aucun associé. Regarde avec tes yeux ! Y a-t-il sur terre quelque chose qui protège ou qui éloigne de la mort, ou qui enchante la mort ? La mort me prit dans un palais et, hélas, je ne fut sauvé ni par ses portes, ni par ses gonds. Je suis devenu l’otage des œuvres que j’ai réalisées et qui seront décomptées de mon compte et de ce que j’ai laissé derrière moi reste. «Oh, celui qui regarde la tombe ! Je suis déjà installé à l’intérieur de celle-ci et la poussière a adhéré à mes paupières et à mes pupilles. Sur ma couche, et dans mon état de malheur, et à ma résurrection, quand j’irai devant mon Créateur, il y aura des remontrances. Ô mon frère, soit sage et repens-toi. »
Pierre tombale kufique au nom de Maymuna bint Hassan as-Susi, Malte, Shûkiya, en 1174 , Gozo Archaeological Museum

Traduction  de la pierre tombale 1174 : «Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux. Que Dieu fasse miséricorde au Prophète Muhammad, à sa famille et leur accorde le Salut. A Dieu la puissance et l’immanence, pour ses créatures la mort fut prescrite. Et vous avez un bon exemple en le Prophète de Dieu.
Voici la tombe de Maymuna bint. Hassan ibn. ‘Ali al-Hudalī, dit Ibn as-Susi ; morte, que la miséricorde de Dieu soit sur elle, le jour du jeudi 16 Ša’bān année 569 (1174), attestant qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Dieu unique, et qu’il n’a aucun associé.
Regarde avec tes yeux ! Y a-t-il sur terre quelque chose qui protège ou qui éloigne de la mort, ou qui enchante la mort ? La mort me prit dans un palais et, hélas, je ne fut sauvé ni par ses portes, ni par ses gonds. Je suis devenu l’otage des œuvres que j’ai réalisées et qui seront décomptées de mon compte et de ce que j’ai laissé derrière moi reste.
«Oh, celui qui regarde la tombe ! Je suis déjà installé à l’intérieur de celle-ci et la poussière a adhéré à mes paupières et à mes pupilles. Sur ma couche, et dans mon état de malheur, et à ma résurrection, quand j’irai devant mon Créateur, il y aura des remontrances. Ô mon frère, soit sage et repens-toi. »

Pièce frappé à Malte un quart dinar fatimide frappées à Malte au cours de la période arabe à ajouter à sa collection numismatique. L'importance de cette acquisition réside dans le fait que, jusqu'à ce trimestre dinar a été découvert, aucune pièce musulmane portant le nom de la menthe de Malte a été connue pour exister, conduisant les numismates de croire qu'aucune monnaie musulmane n'a jamais été frappée sur l'île. La découverte de cette pièce peut donc être considéré comme l'un des développements les plus significatifs de l'histoire numismatique de Malte. Le trimestre dinar a été frappé en 1080 à 1081 sous le règne d'al-Mustansir (1036-1094), l'un des califes fatimides plus long règne.
Pièce frappé à Malte en 1080 à 1081 sous le calife Fatimide al-Mustansir (1036-1094),

« Les Aghladides s’attaquent à Malte en 869 sous la direction d’Ahmed, fils d’Aghlab émir d’Ifriqiya », mais ce n’est qu’en 878 qu’ils prennent le contrôle de l’archipel maltais grâce à des renforts venus de Sicile. En 879, Mohamed ibn Hafagah, gouverneur aghlabide de Sicile, dirige Malte dont il devient entièrement maître le 29 août 870, jusqu’à la reconquête de l’île par l’Empire byzantin en 1048.

L’occupation arabe  de Malte dure jusqu’à la conquête normande en 1091, soit plus de deux siècles. Ils introduiront dans l’archipel maltais, en plus de la langue arabe et l’Islam, l’irrigation, la culture du coton et plusieurs variétés de fruits. Dans les faits, cette conquête ne change pas grand-chose dans l’archipel. Les Normands s’installent en Sicile et gèrent Malte à distance par l’intermédiaire de leurs barons. La « tolérance normande permet aux musulmans de rester sur place. Les îles maltaises continuent ainsi à pratiquer l’arabe maltais, ce dialecte arabe, qui va évoluer indépendamment de sa langue mère.

Malte a produit nombres de poètes arabes en ce temps comme, Abd ar-Rahmâm ibn Ramadân, Abd Allâh ibn as-Samanti, Utman Ibn Ar-Rahman, surnommé As-Susi ou Abu Al Qasim Ibn Ramdan Al Maliti.

Finalement, entre 1240 et 1250, Frédéric II du Saint-Empire expulse les musulmans.

File:Piri Reis - Malta - Walters.jpg
Carte de l’archipel maltais de l’amiral Ottoman Piri Reis – 1525

Le texte  qui va suivre est extrait de « Histoire des invasions des sarrazins en Italie du 7. au 11. siecle, vol1, il porte sur la prise de Malte :

« Tandis que le continent de l’Italie était ainsi troublé par la guerre intestine le wali Aghlabide de Sicile Mohammed fils de Khafaja songeait à mettre à profit ces tristes querelles des princes chrétiens Par ses ordres une armée de Siculo-Arabes vint débarquer à Malte où déjà depuis l’an de Jésus Christ 533 Bélisaire avait rétabli la domination de l’empereur grec. Les premiers établissements des Arabes dans cette île datent de l’an 829 c’est à dire vers le temps de la mort d’Euphémius qui avait livré la Sicile à ces étrangers A cette époque ils s emparèrent des îlots de Gozzo et Comino qu’ ils appelaient en leur langue Ghaudesc et Kemmona ils débarquèrent également à Cossyra désignée par eux sous le nom de Kausra c’est de nos jours l’île de Pantellaria..

La chronique arabe de Cambridge porte au mois d’août de l’an 87o la prise de Malte par les Arabes Basile le Macédonien étant empereur de Constantinople.

La garnison grecque se défendit héroïquement et les assaillants découragés étaient sur le point de renoncer à cette entreprise lorsqu’un secours inespéré leur fut apporté par ceux là même qui auraient dû le plus contribuer à leur anéantissement les Maltais passèrent en masse du côté des Arabes Musulmans (Sarrazins).

Depuis longtemps ces insulaires souffraient impatiemment le joug pesant que les officiers byzantins faisaient peser sur eux vainement ils avaient à plusieurs reprises fait parvenir leurs doléances aux pieds du trône que pouvait en leur faveur un monarque circonvenu par tant d ‘ambitions livré lui même à tant de désordres et perdu dans un dédale d’intrigues et d’embarras de toute sorte.

Les gouverneurs payaient régulièrement la redevance annuelle exigée par la cour impériale mais ce devoir une fois rempli ils avaient tout pouvoir de tirer le parti le plus avantageux de leur position sans crainte sans ménagement sans pudeur et le pauvre Maltais déjà en lutte contre une nature marâtre sur son rocher stérile se voyait impunément dépouillé du fruit de ses sueurs et livré sans défense au caprice d’une soldatesque insolente.

Tant que la Sicile avait appartenu à l empereur d’Orient Malte n avait pas songé à se donner un autre maître mais depuis que les Arabes y avaient formé un établissement définitif les Maltais certains de l impunité n attendaient plus qu une occasion favorable pour se débarrasser de l’odieuse domination des Grecs Il y avait d ailleurs dans la langue punique usitée à Malte dans les mœurs et les traditions de ce peuple une sympathie d origine une affinité secrète avec la langue les mœurs et les traditions des Africains qui n existaient pas chez les Siciliens.

La défection des indigènes ne pouvait manquer d’entraîner la chute de la place la garnison fut passée au fil de l épée à l exception de 3oo soldats grecs qui se retranchèrent dans la cité noble bien résolus à s y défendre jusqu à la dernière extrémité.

Le siége aurait pu traîner en longueur et compromettre même le succès de l’entreprise mais la populace se précipita tumultueusement vers le quartier où s’étaient retranchés ces nouveaux Spartiates et y mit le feu tous périrent dans l’incendie. Alors les portes de la ville sont ouvertes aux vainqueurs le peuple se précipite au devant d eux les reçoit comme des frères et les conduit en triomphe dans l’intérieur de la cité dont les Arabes prennent possession au nom du wali Aghlabide  de Sicile.

Celui ci leur donna l’ordre de relever à la hâte les fortifications que le siége et l’incendie avaient détruites et d’en construire même de nouvelles car il savait que les Grecs attachaient une grande importance à la possession de cette île et qu’ils ne manqueraient pas d’y revenir bientôt .

Ce fut en cette occasion que fut élevée sur un rocher placé au milieu des ports de la ville de Malte la forteresse appelée aujourd hui château Saint Ange.

On y voyait encore à l’époque où écrivait l’historien Abela une partie des constructions sarrazines c’était de grosses tours circulaires plantées sur la cime du rocher dans l’ordre et avec la forme usités chez les Arabes.

Ces mesures de précaution étaient sages et nécessaires les Grecs n’abandonnèrent jamais l’espérance de rentrer dans cette île et ils y opérèrent de nombreuses descentes plusieurs fois même ils parvinrent à refouler les Sarrazins dans l’intérieur du pays mais sans pouvoir se maintenir longtemps en possession de leur conquête. L histoire de cette alternative de bons et de mauvais succès offrirait peut être quelque intérêt mais nous manquons de documents à cet égard. S’il fallait en croire Boisgelin les Grecs auraient repris île de Malte dans le courant de l’année même où ils l’avaient perdue 87o et ils l’auraient conservée encore pendant 34 ans mais cette assertion est évidemment fausse puisqu’en 874 ainsi que nous le dirons plus bas une armée grecque vint débarquer à Malte où se trouvaient encore les Musulmans.

La conquête de Malte fit peu de diversion aux troubles intérieurs qui agitaient la Sicile arabe Le wali Mohammed éprouva le même sort que son père il fut assassiné par un de ses eunuques le 4 de rajab l’an 257 (28 mai 871 ère chrétienne)

Un autre Mohammed fils d’Hossaïn fut mis à sa place en attendant les ordres de l’émir qui donna le gouvernement de l’île à Rabbakh fils de Yakoub et celui de la Grande Terre c’est à dire de l’Italie continentale à Abd Allah frère de Rabbakh.

Celui ci mourut dans le mois de moharram 258 novembre décembre 871 et son frère dans celui de safar de la même année. On choisit pour lui succéder Abou al Abbas qui mourut au bout d’un mois et fut remplacé par son frère Ahmed.

Ces morts prématurées ces changements subits racontés par le Nowaïri et la Chronique de Cambridge avec le laconisme et le flegme des écrivains de l’Orient laissent deviner les querelles intestines qui divisaient les conquérants et les crimes sans nombre qui en signalaient le conflit. Nous venons de voir quatre préfets successivement élus dans la seule année 871 et le nombre n’en est pas complet encore. L’émir africain aghlabide refusa de confirmer la nomination d’Ahmed frère du dernier wali c’était sans doute de sa part un acte de politique pour retarder le moment où cette charge importante deviendrait héréditaire Il donna le commandement de l île à Hossain ebn Rabbakh an 872.  »

« Les Arabes dont la domination dans les îles eut 220 ans de durée élevèrent en 973 le château Saint Ange qui 592 ans plus tard sauva Malte du joug des Ottomans et dont les fortifications renouvelées font encore aujourd hui l’une des principales défenses «  Miege, Histoire de Malte, p88

Le Grand Siège de Malte a été mené par les Ottomans en 1565 pour prendre possession de l’archipel et en chasser l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Malgré leur supériorité numérique, les Ottomans ne viennent pas à bout de la résistance des chevaliers croisés et doivent lever leur siège après avoir essuyé de lourdes pertes. Cette victoire de l’Ordre assure sa présence à Malte et renforce durablement son prestige dans l’Europe chrétienne.

Le siège de Malte, arrivée de la flotte Ottomane peint Matteo da Leccio
Le siège de Malte, l’arrivée de la flotte Ottomane,  peint par Matteo da Leccio

Cet épisode s’inscrit dans la lutte pour la domination de la Méditerranée entre les puissances chrétiennes, notamment l’Espagne, appuyées par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et l’Empire Ottoman. Les chevaliers sont installés depuis 1530 à Malte après avoir été chassés de Rhodes par les Turcs Ottomans en 1522. Face aux activités de corsaires des chevaliers qui harcèlent les navires ottomans en Méditerranée et dans l’optique de s’assurer une base navale stratégique, Soliman le Magnifique décide d’envoyer son armée contre l’archipel.

File:Malta ali 2009224 lrg.jpg
Image satellite de Malte
Leurs noms respectifs viennent de l’arabe : Mdina " la cité " et Rabat " camp militaire et religieux ".
Leurs noms respectifs viennent de l’arabe : Mdina  » la cité  » et Rabat  » camp militaire et religieux « .
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2 réflexions au sujet de « L’île de Malte. Histoire de la domination musulmane : »

    Julie Landry a dit:
    31 octobre 2016 à 2 h 59 min

    Puis-je savoir qui a rédigé ce texte? J’ai besoin de vous mettre en référence pour un travail universitaire. Merci

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