Histoire Générale islamique

Quelques passages sur les arabes et ajam

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Sur le mélange tribal entre arabes était recommander mais pas avec les non-arabes , le polymathe arabe al-Masu’di disais :

« En principe, un homme ne se marie pas dans sa tribu ; c’est comme lorsque, chez les Arabes, un homme de la tribu de Tamim ne se marie pas dans la tribu de Tamim, ni un homme de la tribu de Rebi’a dans la tribu de Rebi’a, mais que les hommes de Rabi’a se marient dans la tribu de Modhar, et les hommes de Modhar dans la tribu de Rabi’a. »

lion mchatta

al-Masu’di (né en 896-956)

« Les Arabes exercent un grand ascendant sur ce peuple (noirs/zunuj); quand un homme de cette nation aperçoit un Arabe, il se prosterne devant lui . »

Arabe à la chasse, Egypte XIe siècle (Califat fatimide)
Ibn Abd Rabbihi (né en 860) de souche arabe andalouse raconte que les mawali (noveaux convertis non-arabes), lors des funérailles d’un défunt,  leur est formellement interdit de prier avec les Arabes. Lorsque que l’un des mawali était présent à un repas « il était debout quand les autres étaient assis » et lorsque l’on faisait preuve d’une extrême gentillesse  « on l’asseyait à l’autre bout de la table afin que nul n’ignorât qu’il n’était pas arabe »
Abbasid_Caliphate_891-892 Mutamid alaLlah
Le califat Abbasside sous al-Mutamid entre 891-892 source cliquez pour zoomé  

Selon al-Masu’di (896-956) tout les roi des  empires du monde s’accordait à reconnaître la suprématie du « roi des arabes » le calife Abbasside de Baghdad :

« Les habitants de l’Inde et de la Chine s’accordent à dire que les rois du monde qui sont hors de ligne sont au nombre de quatre.

Celui qu’ils placent à la tête des quatre est le roi des Arabes (le khalife Abbasside de Bagdad).

C’est une chose admise parmi eux sans contradiction, que le roi des Arabes est le plus grand des rois, celui qui possède le plus de richesses et dont la cour a le plus d’éclat, et, de plus, qu’il est le chef de la religion sublime au-dessus de laquelle il n’existe rien.

Le roi de la Chine se place lui-même après le roi des Arabes. Vient ensuite le roi des Romains. Le quatrième est le Balhara, prince des hommes qui ont l’oreille percée »

Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar

 

guerriers cavaliers arabes nasrides dans cette peinture mural du 14e siècle  à Casas del Partal
Guerriers et cavaliers arabes Nasrides dans une peinture murale du 14e siècle à Casas del Partal,

« Et lorsque ‘Umar rédigea le code définissant les modalités du partage du butin, il classa les gens en fonction de leurs origines. Il commença par ceux qui étaient les plus proches du Messager d’Allah, et ce n’est qu’après les Arabes que les non-Arabes ont été évoqués. Tel était ce code à l’époque des Califes bien guidés (Al Khulafa Ar-Rashidun), des Califes des Banu Umayya (les Ommeyyades) et des Califes de Banu Al ‘Abbass (les Abbassides), jusqu’à ce que les choses aient été modifiées. « 

 Ibn Taymiyyah, Jami’ Ar-Rassa’il – Kitab Fasl fi Ad-Dalil ‘ala Fadl Al ‘Arab (Tome 1, pages 287 à 290)

Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier '705-715)
Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier ‘705-715)

 

L’état d’esprit d’un arabe venu en Espagne, relaté  dans « Les généalogies du pouvoir en al-Andalus : politique, religion et ethnicité aux iie/viiie-ve/xie siècles »  de Maribel Fierro

« Lorsque le Syrien al-Ṣumayl b. Ḥātim (iie/viiie siècle) (2) entendit la récitation du verset coranique 3-140(3), il se déclara convaincu du fait que le terme al-nās (« les hommes ») dans ce verset ne pouvait avoir d’autre sens que al-‘arab, c’est-à-dire « les Arabes ». On lui fit alors savoir qu’il n’en était rien, et il se plaignit que, dans ce cas, cela signifiait que les Arabes devaient partager l’autorité avec les esclaves et la masse de la population 4. »

 (2)Membre des contingents (shamiyun) syriens installés en al-Andalus, il était aussi le descendant de l’assassin d’al-Ḥusayn à Kerbala.

(3) « Si une blessure vous atteint, une même blessure atteint le peuple incrédule. Nous faisons alterner ces journées-là pour les hommes – al-nās – afin que Dieu reconnaisse ceux qui croient et qu’il prenne des témoins parmi vous ; Dieu n’aime pas les injustes » (trad. D. Masson, revue par S. El-Sāliḥ).

(4)Ibn al-Qūṭiyya, Ta’rīḫ iftitāḥ al-Andalus, éd. et trad. P. de Gayangos, J. Ribera, Madrid, 1926, p. 40-41/31-32.

 

Un juriste tunisois du 15e siècle peut disserter des heures  sur les origines qaḥṭanides ou ʿadnanides de justiciables , mais serais incapable de parlé des origines des tribus berbères  Al-Burzulī, Ğāmiʿ, vol. 6, p. 120.

Les Terres d’al-Arab wa al-Ajam

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La carte du monde par al-Idrissi

10eme siecle

L’idée moderne du monde arabe correspond à celui du moyen-age, voici une mini série de témoignages anciens sur la répartition du monde arabe (al-arab) et non-arabe (al-ajam)

Il y a 1000 ans:

Al-Muqaddasi  un voyageur et géographe arabe, né à Jérusalem en 945 mort en  991 sur la patrie des arabes (de l’Irak au Maghreb) :EWorEqmWsAEbSZlLe royaume de l’islam de divise en 14 provinces soit 1 année de marche sur 100 années pour parcourir le monde, les provinces des Arabes sont,:

  1. al-Jazirat al-Arab (Péninsule Arabique)
  2. al-Iraq (Irak)
  3. al-Aqur (Mésopotamie)
  4. al-Sham (Levant)
  5. al-Misr (Egypte)
  6. al-Maghreb (Afrique du nord et al-Andalus).

Sur les 14 provinces de l’empire de l’islam , 6 étais arabes.

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Le monde de l’islam selon Al-Muqaddasi cliquez sur le lien pour un zoom , zoomez une foi sur la page, sur les provinces et villes

Les provinces musulmanes  des non-arabes : al-ajam:

  1. al-Mashriq
  2. al-Sindh
  3. al-Daylam
  4. al-Rihab
  5. al-Kirman
  6. al-Jibal
  7. al-Khuzistan
  8. al-Khurasan

 

al-Muqaddasi donnait aussi 1000 « parasanges aux Arabes' »

Géographie arabe et représentation du monde: La terre et l’étranger,  A.Miquel  p.62

Deux  constatations par rapport aux écris d’al-Muqaddasi   ;

  1. Les arabes ont perdu le nord de la province d’al-Aqur ( nord-Mésopotamie) aux profits des peuplades Kurdes et Turques, dont il ne reste que des minorités arabes.
  2. Les arabes ont gagnés la province du Khouzistan (al-Ahwaz) qui n’était pas en majorité arabe avant, donc mais en minorités, contrairement à nos jours .
muslim-world-map
Monde Islamique moderne ce divise en 8 espaces 

 

tamim 4

voisinage immédiat de la vision du monde au 10eme siecle  :

Ibn Al-Faqīh Al-Hamaḏānī.(vers 902) le monde ce partageait principalement en 4 parties  ;

 » Au dire d’Abū Ḫalaf, la terre est de 24 000 parasanges : les Noirs en occupent 12 000, les Rūm 8 000, les Arabes, 1 000, les Persans, 3 000. « 

« Mukhtasar Kitab al-Buldan « Abrégé du Livre des Pays ». De Ibn Al-Faqīh Al-Hamaḏānī p.9

Les paroles de nos anciens savants , sont confirmées par la science moderne   

Haplogroup-J1 Eupédia, moins les zones non-habités
Haplogroup-J1 d’Eupédia, moins les zones non-habités  

J1 est l’haplogroupe le plus fréquent  de la péninsule arabique. La conquête musulmane du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord propagèrent le J1 bien au delà de l’Arabie , créant ainsi un nouveau monde arabe.

« Dans les pays arabes J1 culmine, chez les Arabes des Marais du sud de l’Irak (81%), des arabes soudanais (73%), des Yemenites (72%), des Bedouins (63%), des Qatari (58%), des Saoudiens (40%), des  Omanais (38%) et des  Arabes Palestiniens (38%). Des pourcentage élevés sont observés dans les Emirats arabes unis (35%), Algerie côtière (35%), Jordanie (31%), Syrie (30%), Tunisie (30%), Egypte (21%) et Liban 20%. La plupart du J1 Arabe appartient à la Variété J1c3 »  source Eupedia 2020

Genetic Evidence for the Expansion of Arabian Tribes into the Southern Levant and North Africa » 

« Fait intéressant, cet haplotype modal est également l’haplotype le plus fréquent (11 [~ 41%] de 27 personnes) de la population de la ville de Sena, au Yémen (Thomas et al. Thomas et al., 2000 ). Sa seule étape voisine est l’haplotype le plus commun de l’échantillon yéménite de Hadramaout (5 [~ 10%] des 49 chromosomes;. Thomas et al Thomas et al, 2000. ). La présence de cet haplotype modal particulier à une fréquence significative dans trois lieux géographiques distincts (Afrique du nord-ouest, le sud du Levant, et Yémen) » »

Les Banu Tamim, une tribu arabe au Maghreb

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𝐋𝐞 𝐟𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐨𝐝𝐚𝐫: 𝐋𝐚 𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮 𝐝𝐞𝐬 𝐁𝐚𝐧𝐮 𝐓𝐚𝐦𝐢𝐦

tamim 1

Nous allons aborder l’histoire de cette tribu avec trois angles :

  • Sous l’ère anté-islamique –
  • Après la Révélation –
  • Les Banū Tamīm au Magheb
Un membre des Banu Kilab tue le roi Zuhayr al-‘Absi. Le tueur s’enfuit se refugier chez le Roi des Manādhira d’Al-Hira : al Nu’man ibn al-Mudhir, vassal des perses et l’un des plus puissants arabes de l’époque.
Un homme de Dhubiyān venge le Roi Zuhayr al-‘Absi en tuant son assassin. (Dhūbiyān et ‘Abs étant issus tout deux de Ghatafān)
Les tribus Ghatafān ne voulant pas protéger cet homme des leur par crainte du Roi d’Al-Hira, il se voit contraint de demander protection chez la seule tribu assez puissante pour oser défier le Roi: les Banū Tamīm.
tamim 2
emplacement des  tribu arabes de la jahiliya
Un grande coalition se forme alors contre les Banu Tamim avec des tribus comme les Hawazin (les Banū Hilāl viennent de celle-ci), les Assad ou encore les Taghlīb.
Les Tamīm finiront par être défaits seul face ces tribus, ils ont combattu uniquement car un étranger leur avait demandé protection.
D’autre faits notables de l’époque de Jahiliya pour les Banu Tamim : youtu.be/TfRlQxgpI_Y -Ils étaient au coté des Banū Shaybān dans la bataille de Dhi-Qar où les arabes ont vaincus l’Empire Perse.
-Ils étaient parmis les tribus de Modar venues soutenir le (futur) roi des Taghlīb: Kulayb Ibn Wa’il, dans la bataille de Khazāz où les Adnanites ont vaincus les Qahtanites et inversé la balance dans le rapport de force.
-Ils etaient les principaux acteurs de la troisième plus grande bataille de l’époque de Jahiliya. Celle de Sha’b Jabalah qui a opposé les Banū Tamīm alliés a Dhubiyān aux Banū Amer alliés des ‘Abs.

Ils vivent principalement au Nejd (Arabie centrale), l’Irak central et méridional (Bassorah et Diyala), ainsi que dans les provinces iranienne du Khouzestan et du Khorassan.

La tribu est apparue au ier siècle. L’ancêtre de la tribu, Tamīm ibn Murr, aurait rencontré un des disciples de Jésus-Christ. Par leur ancêtre, les membres de la tribu considèrent qu’ils sont les descendants d’Adnan. Elle eut une longue guerre tribale avec les Banu Taghlib, la guerre d’El Basous (ou Basûs), de 494 à 534 environ.

La tribu, occupait au vie siècle la partie orientale de la péninsule avant de jouer un rôle important avec l’apparition de l’Islam.

Un hadith Sahih al-Bukhari rapporte que pour Muhammad paix et bénédiction d’Allah sur lui, les Tamim combattront l’antéchrist à la fin du monde : « J’aime les gens de la tribu des Bani Tamim depuis que j’ai entendu trois choses de la part du Messager de Dieu à leurs propos. Je l’ai entendu dire : Ces gens résisteront contre le Dajjal, ou encore, Ne dites rien sur les Bani Tamim sauf de bonnes choses, car ce sont ceux qui combattront le plus rigoureusement le Dajjal.

 Ils ont participé à la révolution des Abbassides

Le fondateur de la dynastie des Aghlabides en Afrique du Nord, appartient aux Tamim du Khorasan, (notice wiki)

Emirs Abbasside de l’ifriqiya issus des Banu Tamim ; 

  • al-Aghlab ibn Salim at-Tamimi 765–766
  • Tammam ibn Tamim al-Tamimi 799–800
Dirham Abbasside au nom du premier émir aghlabide d'Afrique du Nord Ibrahim ibn al-Aghlab et du calife Abbasside al-Mamoun
Dirham Abbasside au nom du premier émir aghlabide d’Afrique du Nord Ibrahim ibn al-Aghlab et du calife Abbasside al-Mamoun

liste des émirs d’ifriqiya Aghlabide Banu Tamim

  • Ibrahim I ibn al-Aghlab ibn Salim (800–812)
  • Abdallah I ibn Ibrahim (812–817)
  • Ziyadat Allah I ibn Ibrahim(817–838)
  • al-Aghlab Abu Iqal ibn Ibrahim (838–841)
  • Abu ‘l-Abbas Muhammad I ibn al-Aghlab Abi Affan (841–856)
  • Ahmad ibn Muhammad of Ifriqiya (856–863)
  • Ziyadat Allah II ibn Abul-Abbas (863)
  • Abu ‘l-Gharaniq Muhammad II ibn Ahmad (863–875)
  • Abu Ishaq Ibrahim II ibn Ahmad (875–902)
  • Abu ‘l-Abbas Abdallah II ibn Ibrahim (902–903)
  • Abu Mudhar Ziyadat Allah III ibn Abdallah (903–909)
tamim 3
l’Ifriqiya des Banu Tamim

Sheikh As’ad Bayoud al-Tamimi chef du J.I en Palestine :

« Au cours de mes nombreux voyages, j’ai rencontré des Tamîmî partout, en Libye, en Tunisie, en Algérie »

Retours en Palestine: trajectoires, rôles et expériences des ((..) publié par N. Picaudou p183

 « Tunis et dans le Zâb (Algérie), se concentrèrent surtout des groupements arabes de la deuxième vague (abbasside), dominés, par l’apport des Banu Tamim. »  Hichem Djait, « l’Afrique arabe »

tamim 4
Tadjourah (arabe : تاجوراء), parfois aussi orthographiée Tajoura, est une ville libyenne dans le district de Tripoli. Située à 14 km de Tripoli

al-Tijani (1306-1309) des Banu Tamim de Tadjoura en Libye,  à l’époque Hafside, et que, le chateau de Tadjoura en Libye (14 km de Tripoli), fut construit « par Hamid ibn Djaria père des Djouari » (fractions Dabbab des Banu Sulaym) et qu’il peupla la zone avec une peuplade venu de « Ardh Abd Rab ». « Cette population dit-il  » qui s’attribue une origine arabe, prétend descendre de Tamim (Banu Tamim), et s’etre établis sur ce territoire de « Abd Rab » dès les premières années de la conquête de l’afrique par les arabes, et y avoir été fixé jusqu’à l’époque ou Hamid Ibn Jaria al-Sulami la déplaça et la transporta sur le pays de Tadjoura«  (Page 212 Rihla ou voyage dans la régence de Tunisie d’al-Tijani)

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Le ribat Omeyyade de Belezma (algerie) devenue Abbasside, mais qui fut a l'origine un fort Byzantin
Ruines de la Qal’at de Bilizma (algerie) époque Abbasside , fondée selon Ibn Hawqal par des Tamimites

Belezma Algerie 

 al-Yaqubi dit que Belezma est peuplé des  Banu Malik issu « des Banu Tamim et de leurs client » (The Historical Formation of the Arab Nation (RLE: The Arab Nation) Par A A Duri. page 72

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Ma’din Algerie

 Ma’din dans le zab Algérien était peuplé selon al-Yaqubi par  des  arabes issus de Sadd ibn Tamim (Banu tamim) ( repris dans « The Historical Formation of the Arab Nation » (RLE: The Arab Nation) Par A A Duri. page 72

Syracuse et Palerme,  Sicile 

Carte faite par le savant arabe al-idrissi , rédiger en arabe sicilien (siculo-arabe)
Carte de la Sicile faite par le savant arabe al-idrissi ,. réalisé par Konrad Miller (Allemagne) en 1926 en arabe mais avec des caractères latins (sud en haut)

Dans la ville de Palerme il y avais entre autres les Banu Tamim.

Les Banu Qurhub de Syracuse issus des banu Tamim   ‘The Muslims of Medieval Italy’ p47. Par Alex Metcalfe.

SidiBou said tamim 5
Sidi Bou Saïd est un village de Tunisie situé à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tunis. qui doit son nom au Tamimite : 
Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya el-Tamimi el-Baji
Ibn_Umayl_The_Silvery_Water tamim 7
Extrait tirée d’une copie du kitab al-Mā’ al-Waraqī de l’an 1211 de The Silvery Water. Ibn Umayl al-Tamimi al-Andalusi

Quelques personnages issus des Banu Tamim du Maghreb :

  • Ibrahim I ibn al-Aghlab ibn Salim (800–812) wali de Tubna en Algerie et fondateur des Aghlabides
  • Umar al-Tamimi (m. 1355) imam et wazir de Bejaia en Algerie sous l’émir Abu Inan (mort en 1348)
  • Qāsim al-Sāsī al-Buni al-Tamimi (13e siecle) d’Annaba en Algerie polymathe, scientifique, il écrit yaqutat al-Khaqan, il étudia dans l’école de l’imam Abu Marwan al-Assadi
  • Muhammad Ibn Ja‘far Al-Kazzaz al-Tamîmî,(m.956) poète ifriqiyien fatimide ;
  • Ibrahim Al-Qadi al-Nu’man  al-Tamimi (m.974) historien arabe ifriqiyien fatimide
  • AbdAllah b. Qassim al-Tamīmi al Fāsi (né en 1140) Il a écrit, sous les Almohades, un des plus anciens livres de compilation des biographies de « saint » de Fès et du Maghreb.
  • Abū Sa’id Khālaf Ibn Yahyā al-Tamīmi al-Bāji Érudit originaire de Béja, proche de Tunis. Il était célèbre pour sa piété, il voyagea jusqu’au Levant pour acquérir la science.
  • Abū al-‘Arab Mūhammed b. Ahmed al-Tamīmi al-Qayrawāni (10e siècle) Historien sous les Aghlabides, Mūhhadith, originaire de Kairouan en Ifriqya (Tunisie). Il a lutté contre l’invasion des Fatimides pour la dynastie des Aghlabides
  • Muhyī ad-Dīn ‘Abd al-Wāhid b. ‘Alī al-Tamīmī al-Marrākshi. Historien sous les Almohades, originaire de Marrakech,au Maroc il partit à Fès et en Andalousie pour étudier.
  • Abd al-Karīm al-Fakūn b. Mūhammed al-Tamīmi al-Qūsantīni. Savant pendant la Régence d’Alger, issu d’une noble famille de savant de Constantine,en Algerie il était connu comme érudit, traditionaliste māliki.
  • Khalil ibn Ishaq al-Tamimi (10e siecle) était un commandant arabe ifriqiyien au service des fatimides, chef du jund arabe d’Ifriqiya il le fut dès 913. De 937 à 941, il fut le gouverneur de Sicile il était Arabe sunnite les Kutama ont été remplacés par le jund arabe ifriqiyien sous Khalil
  • Abdeljelil Temimi, né le 21 juillet 1938 à Kairouan, en Tunisie est un historien et universitaire tunisien spécialiste de l’époque moderne et contemporaine.
  • Muhammad ibn Mukhtar al- Tamimi,(19-20e siècle) en Algerie imam et membre du majlis à Mascara au temps de l’arrivée de la France, la famille maraboutique de Mascara n’était pas alide comme souvent mais issus des Banu Tamim
  • Muhammed ibn Umail al-Tamîmî 900–960 alchimiste arabe andalous
  • Abū al‐Abbās ibn Isḥāq al‐Tamīmī al‐Tūnisī 1193–1222 astronome arabe né a Tunis
  • Al-Maziri at-Tamimi (1061 – 1141) (453 AH – 536 AH ), Imam et cadi important de l’epoque fatimide et ziride, mort à Mahdia en Tunisie

Galeries :  

Ibrahim al-Aghlab al-Tamimi général Arabe Khurassani Abbasside d'Afrique du Nord
Ibrahim al-Aghlab al-Tamimi général Arabe Khurassani Abbasside d’Afrique du Nord
Tombe de l’ Imam al-Maziri at-Tamimi,  Monastir, Tunisia.

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plaque commémorative d’un square de l’imam al-Mazari at-Tamimi dans sont village d’origine Mazara del Vallo,
Le siège de Syracuse 827 828 par les armées de la dynastie arabe maghrebine des Aghlabides de Kairouan mené par le cadi malikite Asad ibn al-Furāt al-Ḥarrānī
Le siège de Syracuse 827 828 par les armées de la dynastie arabe maghrebine des Aghlabides de Kairouan mené par le cadi malikite Asad ibn al-Furāt al-Harrani»

Nom : La qasaba et les remparts de Sousse Lieu : Tunisie, Sousse Date/période de construction : Remparts : 244 H / 859 J.C -qasaba : 236 H / 851 J.C ; transformations : XIIIe-XVIIIe et XIXe siècles Matériaux de construction : Pierre en grès coquillier Décor architectural : Pierre sculptée Destinataire/mandataire : Remparts sous le prince aghlabide Abou Ibrahim Ahmed (r. 856-863), qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier (r. 841-856), Conducteur des travaux de la tour : Khalaf el-Fata Dimensions : 2,2 km de remparts, tout autour de la médina, englobant une superficie de 32 ha Inscriptions : Sur le rempart sud, en écriture kufique : « par les mains du gouverneur Fatâta, en l’année 245 H. »La qasaba et les remparts de Sousse en Tunisie construite par l’  aghlabide Abou Ibrahim Ahmed al-Tamimi),  et la qasaba sous Abû al-Abbas Muhammad Ier at-tamimi  (r. 841-856)

« Les Aghlabides bouclier du califat Abbasside  »

Vue sur les remparts de la Medina de Sfax , de fondation Abbasside Aghlabide.
la médina de Sfax en Tunisie est fondée en 849, selon les ordres de l’émir aghlabide de Kairouan, Aboul Abbas Ier al-Tamimi par Ali Ibn Salem, nommé cadi de Sfax par l’imam Sahnoun
Ibn Umayl at-Tamimi dans un livre européen  In Aurora consurgens, c.1400,
Raqqâda (arabe : رقادة) la seconde capitale de la dynastie Aghlabide  au sud-ouest de Kairouan (Tunisie)
elle date de l’an 876, l’émir aghlabide Ibrahim II at-tamimi

Toponyme :

Ksar Maadid - Erfoud : Ville - Maroc Trip, voyage et vacance
crédit photo ; « Maroc Trip, voyage et vacance »

Qsar al-Maadid  est un village fortifié dans la province d’Errachidia, région Draa-Tafilalet au sud-est du Maroc, al-Maadid est le nom d’une tribu Tamamite presente au Qatar, arabe saoudite, et Koweit .

File:Vue aérienne Menzel Temime, 2013.JPG
Menzel Temime (arabe : منزل تميم) est une ville du nord-est de la Tunisie située au sud-est de la péninsule du cap Bon. Porte bien le nom de la tribu arabe eponyme.  Yazid ibn Hàtim, gouverneur Abbasside de Kairouan entre 155 et 170 de l’hégire, après avoir démobilisé une partie de l’armée arabe omeyyade (de Kairouan), nous dit Hichem Djait, « la fixa en contingents tribaux dans la vallée de la Medjerda et dans le Cap Bon (nord tunisien), ce dont témoignent les toponymes conservés jusqu’à ce jour de Lezdine (tribu arabe des Azd), de Mahrine ( tribu arabe de Mahra), de Kalbine (tribu arabe de Kalb) etc. ». Menzel Temime (Tribu arabe de Tamim)» source : »L’Afrique arabe » Hichem Djait et « Histoire Generale de La Tunisie Tome 2 »
al-Qala’at Banu Hamad (dynastie berbere hammadide), dans la ville de Maadid, en Algerie, al-Idrissi nous dis que la ville etait peuplé des gens de Massila-Muhammadiya et celle de Souq Hamza , deux avec un grande poplation arabe, azdite, alide et judhamite

Organisation sociale arabe et berbère & décadence Andalouse:

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Magnifique reproduction de la capitale du califat Omeyyade de Cordoue al-Andalus
« En premier lieu il y a les arabes Banu Hashim (clan du prophet paix et bénédiction sur lui) venant d’Arabie, de Syrie, d’Irak d’Égypte et Ifriqiya, en second lieu, les nobles arabes et leurs client, (mawali), en troisième lieu vient les berbères venu d’Afrique du nord, en grand nombre, en quatrième lieu les locaux du pays, nombre d’entre eux ce sont convertis  à l’islam mais d’autre on gardé leurs religion,  et on vécu comme des soumis, à cette race appartienne les romains; les francs; galiciens, castillans, aragonais, goths etc.. les juifs étais là aussi mais eux était déjà là avant l’invasion musulmane mais autres sont venu ensuite, les banu hashim et les autres tribus arabes de la noblesse n’exerçaient pas de métiers jugés ignoble.
Ils ce consacraient à l’enseignement de la science, à écrire des livres religieux, enseigner aux enfants, diriger la prière, à la mosquée, et occuper les postes administratifs comme secrétaires des rois, gouverneurs et vizir, certains exerçaient l’agriculture, le filage et la vente de soie, la vente de parfum, la fabrication de tissus en lin, et la vente de lait de vache pour ceux qui voulait l’écrémer et faire du beurre.
Ceux qui étaient au bord de la misère,  se livraient à la vente de fruits et légumes, si ils voulais vivre honnêtement.  D’Autres préféraient à la place rejoindre l’armée.
Les berbères préféraient diriger les troupeaux de bétail, et transporter du blé, du beur, de l’huile, du miel, des poulets, du sel  et du bois ils étaient aussi charbonniers et bûcherons. Les berbères qui vivaient dans la capitale exerçaient les fonctions de vendeur d’objets en sparte, vendeurs de pots, boisseliers et porteur de panier dans les marchés, ils fabriquaient toutes sortes de paniers pour transporter des graines, des charrues, des bats, des cordes, des balais, et tressaient le chanvre.
Ils chassaient aussi les oiseaux pour les mangers et travaillent comme cordistes dans les marchés ou apportaient du blé ou autre céréales de maison privées; pour les vendre dans les souks, ils étaient cuviers, porteurs d’eau, maçons, chaufourniers, plâtriers  et d’autre métiers similaires.
Ceux qui vivaient a la campagne étaient berger, éleveurs, agriculteur, apiculteur, il s’occupaient de leurs terres et leurs vergers, coupaient du bois, fabriquait du charbon, ceux qui vivaient sur la cote était pécheur et bateliers
Recreación-de-la-ciudad-árabe-en-época-medieval-con-las-Atarazanas-de-Arqueolugares.
Reproduction de la ville arabe médiéval de Malaga (al-Malaqa) ; Al-Istakhri signalait que « Malaga est habité par des Arabes »
Les arabes ce sont installés principalement dans les villes, mais les berbères pour certains ce sont aussi installer dans les villes et les autres dans les zones rurales. Les militaires étaient majoritairement des arabes .
Dans cette  situation, ils ont continués avec les almoravides, mais cela changea  avec les almohades, qui obligèrent les habitants d’Al-Andalus à payer l’impôt alternatif de  na’iba (à la place du service militaire).

C’est pour cette raison que leurs forces s’affaiblirent » 

Abu al-Walid al-Nasr al-Gharnati (IV/XIVe siecle), L’histoire des illustres familles de Fès,
Joaquin Vallvé; El Califato de Cordoba, pp.54-56

L’Émirat Arabe Andalous de Crête 824-961

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File:Crete Iraklio1 tango7174.jpg
Le port d’al-khandaq , qui est de nos jours Héraklion, fondée en 824 par les ribadi de Cordoue

L’émirat de Crète est un État arabe musulman qui exista sur cette île de la Méditerranée orientale de  820 à 961. Il fut fondé par un groupe d’Andalous exilés de Cordoue, les ribadi qui conquirent la Crète vers 824 ou en 827/828 et y édifièrent une nouvelle capitale, la ville de al Khandak (en arabe, خندق). Ce terme qui signifie « fossé », tire son origine du fossé défensif creusé pour défendre la cité. (Chandax, actuelle Héraklion.)

L’arrivée des arabes andalous est estimé selon  l‘historien Warren Treadgold  à quelque 12 000 personnes, dont environ 3 000 combattants (Treadgold 1988p. 251, 253) 

De Slane traducteur français de Ibn Khaldun et al-Bakri parle de 15 000 hommes.

La Crète subit un premier raid en 654, lors du règne de l’empereur Constant II (641-668). En 674-675, sous Constantin IV (668-685), alors que les armées omeyyades, installées à Cyzique, menaçaient Constantinople, une flotte arabe attaqua la Crète et y hiverna, elle fut diriger par Junadah ibn Abi Umayah al-Azdi sous le califat de Muawiya (radi Allah anhu) , Junadah en conquit une partie avant de revenir en Syrie, suite au siège infructueux de Constantinople par les Musulmans, en l’an 679.

Jumadah mourra en 699.et certaines régions de l’île connurent une occupation temporaire sous le règne du calife omeyyade Al-Walīd Ier, qui régna de 705 à 715 (Canard 1986, p. 1082). À cette époque, la Crète ne fut cependant jamais conquise et resta fermement aux mains de Byzance, en dépit de quelques razzias menées au 8e siècle, car elle se trouvait trop éloignée des bases navales arabes du Proche-Orient pour qu’une expédition efficace pût être lancée contre elle.  L’île fut de nouveau attaqué par Humayd Ibn Ma’yun, qui fut chargé de la sécurité des côtes méditerranéennes de la Syrie par le calife abbasside Harun al-Rashid, avant de la conquérir en l’an 190 de l’Hégire (805). Mais , les Musulmans ne restèrent pas dans l’île et la quittèrent. (al-Futuhat)

Durant les 135 années d’existence de l’émirat de Crète (appelé al-Iqritich ou al-Iqritiya), qui fut l’un des adversaires les plus redoutables des Romains de Byzance, barrant l’accès de Constantinople à la Méditerranée et servant de relais et de base arrière aux flottes musulmanes  qui ravageaient les côtes égéennes.

Selon les archéologues, le Koules a été bâti sur un ancien emplacement fortifié, arabe, entre le ixe et le xe siècle. après 825, date de leur conquête de la Crète.  Ils fondèrent alors la cité de El Khandak (l’actuelle Héraklion) et la fortifièrent, creusant un fossé le long de la ville, lui donnant son nom, et érigeant deux tours de défenses à l’entrée de la cité portuaire. (Guide Michelin Crète, p.99) (4)

Entre  10 et 15 000 andalous d’origine arabes, les exilés du Ribad de Cordoue avais pris possession d’Alexandrie en Egypte,  leurs chef était un Kinanite (Banu Kinanah)et il trouva naturellement un soutien avec les Banu Mudlej al-Kinani (aussi issus des Kinanah) de la région d’Alexandrie, pour ensuite  conquérir l’île de Crête.

La forteresse, sur ses hauteurs. Le minaret en restauration est visible.

Le chef des Arabes d’andalousie d’Alexandrie, les  ribadi était Abu Ḥafṣ ʿUmar al-Ballūṭī, dans le livre « Wulāt Miṣr » écrit par al-Kindī (mort en. 961) (5), le chef des Andalous ce nomme al-Kinānī, ce qui explique aisément l’alliance entre les  Andalous et les Banu Mudlij.

Ces aventuriers Andalous ont gouverné Alexandrie entre~ 820 à 824 JC, ils furent évincés et exilés par le général arabe ʿAbbasid Abdullah ibn  Ṭāhir al-Khuzā’ī du Khurasan.

Sur le plan politique, l’émirat a officiellement reconnu le calife Abbasside de Baghdad et  mis en place des liens avec les autres arabes d’autres régions tels que les arabes d’al-ifriqiya d’al-Andalus, du Sham, d’Egypte et Irak, l’émirat de Crête est contemporain des Aghlabides et Fatimides d’Ifriqiya, des Omeyyades andalous, des Ṭūlūnides et Ikhshidide d’Egypte et du Sham, idrisside de Fes, et bien entendu Abbasside de Baghdad. 

Retour en arrière :

Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d'al-andalus en l'an 1000 , source : Arthur Redondo.
Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d’al-andalus en l’an 1000 , source : Arthur Redondo.

Les Ribadi ou les révoltés du Faubourg de Cordoue 

 L’Affaire du faubourg de Cordoue, récit d’Ibn al-Athir [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 209] : 

« En 198 (31 août 813) eut lieu à Cordoue l’affaire dite du faubourg, voici à la suite de quels événements. Le prince régnant en cette ville, Al-H’akam ibn Hichâm l’Omeyyade, ne s’occupait guère qu’à jouer, à chasser, à boire et à d’autres plaisirs de ce genre, et d’autre part la mise à mort de plusieurs des principaux habitants l’avait fait détester de la population, qui maltraitait et injuriait les hommes du djond. Les choses en vinrent à ce point de désordre que, quand on faisait l’appel à la prière, la populace criait : « Viens prier, ivrogne, viens donc prier ! » et pendant que quelques-uns criaient cette injure, les autres applaudissaient, Alors El-H’akam commença à entourer Cordoue d’une enceinte fortifiée et garnie de fossés ; il caserna de la cavalerie à la porte de son palais, où une troupe armée avait mission de toujours se tenir, et augmenta le nombre de ses mamlouks. Toutes ces précautions ne purent qu’augmenter la haine de la population, qui était persuadée qu’il voulait tirer vengeance de toutes ces avanies. Ensuite il établit l’impôt, à prélever chaque année et sans rémission, de la dîme sur les denrées, ce qui fut mal vu du peuple ; il s’empara de dix des principaux exaltés, qu’il fit exécuter et crucifier, nouvelle cause de colère pour les gens du faubourg. Ajoutez enfin qu’un mamlouk du prince, ayant porté son épée  chez un fourbisseur pour la faire nettoyer, et celui-ci l’ayant remis à plus tard, le mamlouk saisit son épée dont il frappa l’ouvrier jusqu’à ce que mort s’ensuivît. Cela arriva en ramadan (avril-mai 814) de cette année. Les gens du faubourg méridional coururent les premiers aux armes, et tous les autres faubourgs les suivirent. Le djond, les Omeyyades et les esclaves noirs se concentrèrent dans le palais, et El-H’akam procéda à la répartition des chevaux et des armes, ainsi qu’au groupement de ses compagnons. La lutte s’engagea et fut favorable aux gens du faubourg, qui cernèrent le palais. Alors El-H’akam descendit de la terrasse où il se tenait et vint, à cheval et armé, relever le courage des siens, qui se battirent sous ses yeux avec acharnement. Par son ordre, son cousin paternel ‘Obeyd Allah fit une sortie par une brèche ouverte dans la muraille et prit avec son corps de troupes les gens des faubourgs à revers, tandis qu’ils ne s’attendaient à rien ; il mit le feu aux maisons, et alors ces gens s’enfuirent après un violent combat. On tira de toutes les demeures ceux.qui y habitaient et on les fit prisonniers, puis on en prit trois cents des plus considérables, que l’on exécuta et que l’on crucifia la tête en bas. Pendant trois jours, les faubourgs de Cordoue furent livrés au meurtre, à l’incendie, au pillage et à la destruction.

El-H’akam prit alors l’avis d’’Abd el-Kerîm ben ‘Abd el-Wâh’id ben ‘Abd el-Moghîth, son plus intime confident, qui lui conseilla la clémence. Ce fut le parti qu’embrassa le prince, malgré l’avis contraire émis par un autre, et il fit proclamer l’amân, mais avec menace de tuer et de crucifier tous ceux des habitants du faubourg qui ne seraient pas partis dans les trois jours. Les survivants sortirent en cachette, exposés à toute espèce de peines et d’humiliations, et emmenant loin de Cordoue leurs femmes, leurs enfants et leurs richesses les moins lourdes. Les soldats et les malfaiteurs étaient aux aguets pour les piller et tuaient ceux qui osaient leur résister. A la fin du délai de trois jours, El-H’akam donna ordre de respecter les femmes, qu’on réunit dans un même endroit, et fit détruire le faubourg méridional.

Bezî’, affranchi d’Omeyya, fils de l’émir ‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya ben Hichâm, était alors emprisonné à Cordoue dans le H’abs ed-dem, et chacun de ses pieds était chargé d’une lourde chaîne. En voyant que le peuple l’emportait sur le djond, il demanda à ses geôliers de le relâcher, à quoi ceux-ci consentirent après lui avoir fait promettre de rentrer en prison s’il sortait sain et sauf du combat. Il s’élança dans la mêlée et se battit plus bravement que n’importe quel soldat, puis retourna à la prison après la défaite des gens du faubourg. El-H’akam, qui fut informé de la chose, le fit mettre en liberté et le traita généreusement.

Il y en a qui mettent cette affaire du faubourg en l’année 202 (19 juillet 817). »

File:Abu el-Abbas el-Mursi Mosque in Alexandria.jpg
la mosquée Abul Al-Abbas El-Mursi d’Alexandrie, Égypte du 13ème siècle dédié à l’andalous Sufi el-Mursi Abul Abbas dont le tombeau  est situé dedans, situé dans  quartier d’Anfoushi  à proximité de la citadelle de Qaitbay.

 Campagne du général Abbasside ‘Abd Allah ben Tahir en Egypte et les Ribadi [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 279]  (Ibn al-Athir) :

En 210 (23 avril 825), ‘Abd Allah ben Tahir al-Khorassani marcha contre l’Egypte qu’il conquit, et ‘Obeyd Allah ben es-Seri dut lui demander grâce.

En effet, ‘Obeyd Allah [P. 280] s’était rendu maître de l’Egypte et y agissait en rebelle, tandis qu’une troupe partie d’al-Andalus s’emparait d’Alexandrie.

‘Abd Allah ben Tahir, occupé à combattre Nasr ben Chabath, dut tout d’abord négliger ces faits, mais dès qu’il le put il marcha contre l’Egypte…….

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
La flotte des ribadi de Cordoue  fait route vers la Crète depuis Alexandrie alors Abbasside. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

Conquête d’Alexandrie par ‘Abd Allah [P. 281] (Ibn al-Athir) et départ des Ribadi pour la Crête

En 210 (23 avril 1825), ‘Abd Allah chassa d’Alexandrie les Espagnols qui s’étaient emparés de cette ville en lui accordant quartier.

Ces gens étaient arrivés en grand nombre à Alexandrie par mer pendant les troubles occasionnés par Ibn Es-Serî et par d’autres, et y avaient débarqué sous la conduite d’un chef nommé ‘Abou H’afç. Cette situation dura jusqu’à l’arrivée d’Ibn Tahir, qui leur fit déclarer que, faute par eux de faire acte d’obéissance, il allait les combattre.

Ils se soumirent et demandèrent l’aman, [P. 282] sous la condition qu’ils quitteraient cette ville et gagneraient quelque localité de Roum en dehors des pays musulmans.

Ils obtinrent l’aman sous cette condition et allèrent s’établir dans l’île de Crète, où ils firent souche.

Voici dans quels termes s’exprime Yoûnos ben ‘Abd el-A’la :

« Un jeune héros — c’est-à-dire Ibn Tahir — arriva d’Orient chez nous, alors que toutes nos affaires étaient dans la confusion, que toutes les régions de notre pays étaient tombées entre les mains de l’un ou l’autre conquérant, et que les habitants étaient livrés au malheur. Il remit tout en ordre, rendit la confiance à l’homme sain, fit trembler le malade, et tous les sujets s’unirent dans un même sentiment d’obéissance». (1)

Les Arabes massacrent des Byzantins endormis lors d’un raid nocturne.
Abu Hafs ordonne l'incendie de ses navires, après avoir atteint la Crète, miniature des Skylitzes Madrid
Abu Hafs al-Andalusi ordonne l’incendie de ses navires, après avoir atteint la Crète, miniature des Skylitzes Madrid

Il y  deux lettres du calife fâtimide  al-Muizz (932-975),au sujet de l’expédition romaine byzantine contre la Crète Islamique en 960.

Relaté par Marius Canard (1961), qui explique :  « Elles nous ont été conservées dans un ouvrage d’un des familiers de ce calife, le cadi, juriste et historien Abu Hanîfa an-No’mân, intitulé al-Madjâlis wa’l-Musâyarât (Réunions et Causeries), où il rapporte les entretiens qu’il a eus avec ce calife et cite des documents administratifs. Ces lettres ont été publiées dans un travail consacré au calife al-Mu’izz par deux auteurs égyptiens modernes (2).

Illustration de la Chronique de Skylitzès montrant la siege par les Byzantins de Chandax, la principale place-forte de l'émirat arabo-Islamiqe vassal des Abbasside de Crète.
Illustration de la Chronique de Skylitzès montrant la siège par les Byzantins de Chandax  (al-Khandaq)

En voici la traduction :

Lettre du calife Fatimide al-Mu’izz (Mahdia)  à Abû’I-Hasan Alî al-Ikhshîd (Il règne sur l’Egypte à partir du 12 janvier 961) pour lui demander de porter secours aux Musulmans de Crète.

« Dieu-gloire à Lui! -nous a comblés de Sa générosité et nous a donné le secours de Son aide et de Son soutien, comme nous le voyons, par Sa force et Sa puissance, par Son appui et l’octroi du triomphe sur nos ennemis. Il nous a permis d’éloigner les mains des Infidèles du but vers lequel elles s’allongeaient, c’est-à-dire porter la guerre vers nos régions et en attaquer les habitants. Nous avons appris que tu as manifesté l’intention de partir pour la guerre sainte et de porter secours à ces gens au moyen de navires venant de chez toi. Par ma vie, c’est toi qui es le plus apte à accomplir cette œuvre parce qu’ils sont proches de toi, qu’ils ont des liens avec toi, qu’ils fournissent des vivres à ton pays et qu’ils sont comme toi soumis à une même obédience. Si nous te les avions confiés et si nous les avions négligés, ni eux, ni toi n’auriez eu le moindre argument à faire valoir contre nous. Mais nous avons choisi d’aider la nation de notre ancêtre Mohammed et nous ne pensons pas que nous devons nous en abstenir alors que nous avons mis notre espoir en lui et qu’eux, dans le même espoir, s’en sont remis à nous. Nous ne mettrons pas d’obstacles entre (le devoir) de la guerre sainte dans la voie de Dieu et toi et nous ne t’empêcherons pas de réaliser les espoirs que tu as formés. Que la nouvelle qui t’est parvenue de l’envoi de nos vaisseaux ne te détourne pas de la résolution que tu as prise, qu’elle ne te fasse pas redouter quelque chose de notre part pour ceux que tu enverras et pour tes vaisseaux. Car nous sommes lié envers toi par le pacte d’Allah et Sa promesse, qui garantissent que nous nous tiendrons toujours avec les tiens sur le chemin du bien, que nous les considérerons de la même façon que nos propres hommes, que nous les ferons participer aux prises que Dieu nous accordera, que nous les traiterons en cela comme en d’autres choses de la même façon que nos hommes et que vos bateaux seront sur le même pied que les nôtres jusqu’à ce que nous ayons la victoire, s’il plaît à Dieu, et qu’ils s’en retournent auprès de toi victorieux ou bien qu’il en soit de l’ordre de Dieu et de notre destinée comme II le voudra. Sache cela et fais-nous confiance. C’est en cela que réside la victoire mutuelle des Musulmans sur leur ennemi, leur unanimité dans leur foi, l’Exaltation la religion de Dieu et l’humiliation de Ses ennemis. Nous t’avons aplani le chemin. Dieu nous est garant de notre parole. Si tu es d’avis de choisir (la voie) de la guerre sainte, agis de façon à envoyer tes navires jusqu’au port de Tobna* de la région de Barqa, car ce port est proche de l’île de Crète. Le rassemblement de tes troupes avec nos vaisseaux aura lieu dans ce port au premier jour de Rabf second (de l’année 350) avec l’assistance de Dieu, par Sa puissance, Son appui, Son secours et Son aide. Si tel n’est pas ton avis, nous t’aurons fait parvenir une mise en demeure et un bon conseil et nous serons libéré de l’obligation que nous avions à ton égard.

Pour nous, grâce à la puissance de Dieu et à Sa force, à Son appui, Son assistance et Son aide, nous pourrons nous passer de toi et d’autres. Nous sommes fermement résolu à envoyer nos vaisseaux, nos hommes et notre armement ainsi que tous les moyens que Dieu nous a donnés et qu’il a mis en notre pouvoir, grâce à quoi nous pensons que Sa puissance et Sa force nous aideront à parvenir aux buts que nous nous proposons et vers lesquels nous nous dirigeons. Nous demandons l’aide de Dieu et c’est en Lui que nous nous confions, sur Son aide que nous comptons. Il nous suffît et c’est un excellent garant. »

* Les géographes arabes ne relatent pas de Tobna en Cyrénaïque. Il ne peut s’agir de Tobna d’Ifrîqiya (actuel Algérie)

Illustration du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès, montrant l'amiral Oryphas suppliciant les marins arabes musulmans de Crète.
Illustration du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès, montrant l’amiral Oryphas suppliciant les marins arabes musulmans de Crète.

Menace d’al-Mu’izz (953-975) le calife fatimide à l’empereur byzantin au sujet de sa prise de possession de la Crète Islamique.

« An-No’mân a dit : L’imâm al-Mu’izz donna l’ordre d’écrire à ce sujet à l’empereur et dicta la lettre au secrétaire en présence de ceux qui étaient devant lui. Il le fit avec des phrases comme je n’en ai jamais entendu de plus énergiques et de plus éloquentes. Après lui avoir laissé le choix de l’alternative suivante : ou qu’il renonçât à la guerre contre les habitants de la Crète ou que le calife dénonçât le pacte conclu avec lui, comme le Prophète avait dénoncé le pacte conclu avec les Arabes infidèles et avait envoyé ‘Alî avec une lettre qu’il leur lut dans leur foire solennelle, en raison de la parole d’Allah, le plus véridique de ceux qui parlent : « Si tu crains une trahison de la part d’un peuple, dénonce le pacte conclu avec eux. » (Coran 8, 58 : Le Butin), après cette introduction, il dit dans sa lettre :

« Il n’apparaît pas que les habitants de la Crète, avant ce jour, aient fait appel à un autre souverain que nous. Aujourd’hui, en tout cas, ils se sont tournés vers nous et nous ont appelé à leur secours. C’est une situation qui te fait une obligation vis-à-vis de nous d’observer parfaitement le pacte de paix en t’empressant de les laisser tranquilles et en t’abstenant de te mettre en travers de leur- route. Les obstacles qu’opposent les injustes aux justes ne font pas cesser le bon droit de ceux-ci, quand bien même les injustes remporteraient la victoire sur leur juste cause; bien plus, Dieu leur fait comprendre ainsi que le bon droit est de leur côté.

La Crète et les autres pays du monde sont à nous, en vertu du don que Dieu nous en a fait et parce qu’il nous a mis à la tête du monde. Nous obéissent sur terre tous ceux qui nous obéissent, sont rebelles à nos ordres ceux qui nous sont rebelles. Leur obéissance n’entraîne pas pour nous l’obligation de régner (effectivement) sur eux, et leur rébellion ne nous crée pas un droit de les abandonner. S’il en était ainsi, le pouvoir serait à eux et non à Dieu qui nous en a gratifié, ni à nous. S’ils le veulent, ils nous obéissent, et, s’ils le préfèrent, ils nous refusent l’obéissance. Dans les deux cas, cela appartient à Dieu à qui est tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. C’est Lui qui nous a élu, nous a mis en possession de cela et nous l’a donné. Si cela appartenait aux créatures, Il ne nous aurait pas donné la faculté de combattre ceux d’entre eux qui refusent de nous obéir, ni de recouvrer ce qu’ils ont arraché de nos mains par la force, lorsque Dieu nous en accorde le pouvoir et la force de le faire.

Si tu prétends autre chose que cela et juges que ce qui est entre tes mains est à toi (sache que) Romain a usurpé tes pouvoirs et ceux de ton père avant toi, puis, un revirement de la fortune s’est produit en votre faveur à tous les deux contre lui. Si tu considères que celui qui s’est approprié quelque chose et s’en est rendu maître en a la propriété à l’exclusion du détenteur du droit légitime qui le possédait, il ne convenait ni à toi ni à ton père de se révolter contre Romain (Lécapène) et d’arracher de ses mains le pouvoir qui lui était échu. Telle est la voie des justes à notre avis. Si tu professes la même doctrine, tu agiras avec équité, mais si tu l’ignores, ton ignorance n’est pas un argument contre ceux qui la reconnaissent.

Si tu continues à faire la guerre à ceux qui ont fait appel à nous, le pacte  que nous avons conclu avec toi est dénoncé. Et fais attention à toi et à ceux de ta religion, car nous engagerons la lutte contre toi et contre eux, avec l’aide et le soutien de Dieu. Il n’y a de puissance et de force qu’en Lui. » (3)

Le 20 février 961, le général byzantin Nicéphore Phokas, à la tête d’une gigantesque flotte de 2600  navires de guerre et 1360 navires de réserves assiégea l’île par surprise.

Certains vaisseaux aurait eu 250  rames réparties le long de 4 ponts.

La flotte encercla toutes les côtes de l’île et les musulmans montrèrent une résistance héroïque avant qu’al-Khandaq ne capitule le 7 mars 961. de cette manière les Rum recapturèrent la Crète, après qu’elle fut gouvernée par les Musulmans pendant 140 ans .

Arianus fils de Constantin, l’Empereur de Constantinople, devint alors le premier gouverneur après ‘Abd al-Aziz Ibn ‘Abd al-Aziz Ibn Chou’ayb.

 » rabad al-khandaq. »

Ibn Ḥazm, sur les Crétois andalous «le peuple le plus fidèle et le plus capable de vaincre ses ennemis».

Ibn al-Abbār,  déclare qu ‘«il n’y avait pas un seul groupe dans aucun coin du monde contre lequel ces Andalous se soient battus qu’ils n’avaient pas vaincu et conquis»   (7)

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La carte de Crète par l’amiral Ottoman Piri Reis

Liste des émirs de Crète

La succession des émirs de Crète a pu être établie grâce aux sources arabes et byzantines mais aussi et surtout au moyen de leur monnayage. Les dates de règne indiquées ci-après sont donc fort approximatives :(selon Miles 1964, p. 11–15 et Canard 1986, p. 1085)

Nom arabe Nom dans les sources grecques Règne
Abou Hafs (Omar Ier ibn Chouayb ibn Isa al-Ghaliz al-Iqritich) Apohapsis 827/828 – env. 855
Chouayb I ibn Omar Saipès ou Saet env. 855–880
Abou Abdallah Omar II ibn Chouayb Babdel env. 880–895
Mouhammad ibn Chouayb al-Zarkoun Zerkounès env. 895–910
Yousouf ibn Omar II env. 910–915
Ali ibn Yousouf env. 915–925
Ahmad ibn Omar II env. 925–940
Chouayb II ibn Ahmad env. 940–943
Ali ibn Ahmad env. 943–949
Abd al-Aziz ibn Chouayb II Kouroupas 949–961 mort à Constantinople
(Al-Nouman ibn Abd al-Aziz) Anémas N’a pas régné servi l’Empereur
File:Vue du siege de Candie en 1669.jpg
Vue d’Héraklion, alors appelée Candie, en 1669 peu avant que les Vénitiens ne rendent la ville aux Turcs Ottomans.

Après la fin de l’émirat de Crète, il faudra attendre la période ottomane (1645/48-1913) pour revoir des musulmans dans l’île.

Quelques toponymes de villages et de villes sont issus de la période arabe  (6) (The Galatas Survey: The Socio-Economic pp123)

  • Chandax = al-Khandaq
  • Sarkenos = Sarrasin
  • Souda =  Sawda
  • Choudetsy = Quds
  • Zoophori =  Zafaran
  • Choumeri = ?
  • Aposelemis = Abu Salim
  • Kamilári = celui qui conduit le chameau
File:Tholos-Kamilari 1.JPG
Kamilári ,  Crète, en Grèce. Elle est située dans le nome d’Héraklion, Elle comptait 289 habitants en 2001
Lac artificiel d'Aposelémis.
Lac artificiel d’Aposelémis.

Notes :

  1. Ibn al-Athir, tiré du kitab « Al-Kamil fi al-Tarikh ».
  2.  Hassan Ibrahim Hassan et Taha Ahmed Sharaf, Al-Mu’izz li-dîn-illâh, Le Caire, 1948, p. 303-304 et 321-322. Selon Canard Marius l’ouvrage d’an-No’mân est encore en grande partie manuscrit.
  3.  Canard Marius, « Les sources arabes de l’histoire byzantine aux confins des Xe et XIe siècles ». In: Revue des études byzantines, tome 19, 1961. pp. 284-314.
  4. Guide Michelin Crète, p.99
  5.  kitab Akhbār quḍāt wulat Miṣr , al-Kindī
  6. The Galatas Survey: The Socio-Economic pp123
  7. balladalus (Andalusi Crete (827-961) and the Arab-Byzantine Frontier in the Early Medieval Mediterranean

Le Mahdisme dans l’histoire :

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Fitxer:Safi minaret.png
Minaret Almohade de Safi, capitale de la région Dukala-Abda.  Afin de lutter contre les païens berghwata, les Almoravides et ensuite leurs successeurs les Almohades menèrent une guerre incessante et édifièrent plusieurs forts  et ribat pour défendre les cités musulmanes et mener le jihad contre ces infidèles

Salih ibn tarif le Berghwata

Salih ibn tarif, le deuxième roi païen berbère des  Berghwata état s’étendant sur la région de la Tamesna dans l’actuel Maroc au niveau de l’actuel Rabat qui dura entre 744 et 1058, il ce proclamait prophète d’une « religion » satanique au cours du  8ème siècle. Il est apparu au cours du califat d’Hisham ibn Abd al-Malik l’Omeyyade en 744 JC. Selon les sources comme Ibn Khaldoun ou Al Bakri  , Salih affirma avoir reçu une nouvelle révélation , en langue berbère, avec un livre en 80 chapitres

Certains militants berbéristes modernes le considèrent comme un héros pour sa résistance à la conquête arabe et sa fondation de l’Etat Berghwata.

Il aurait aussi déclaré être le dernier Mahdi, et que Issa (Jésus) aleyhi salam, serait son compagnon. Il proclama que son nom en arabe était Sālih, en syriaque « Mālik », en hébreu « Rūbyā », et en berbère « Ouryaora » et  en persan « danichmend » et que après lui il n’y aurait pas d’autre prophète. (sic)

Après avoir atteint l’âge de 47 ans, il se dirigea vers l’est du royaume, et promis de revenir au cours du règne du septième roi Barghwata. Il conseilla à son fils Ilyās de soutenir les Omeyyades de l’Andalousie afin de contrecarrer les Idrissides de Fès, mais de ne révéler sa religion, qu’une fois devenu assez puissant. Ce qui advint lors du règne de son petit-fils Yūnus. Sälih ben Tarīf se considérant lui-même comme le successeur du Messager d’Allah Mohammed  (paix et bénédiction d’Allah sur lui), et affirmait être en mesure de parler avec les morts et de soigner les malades.  Il leurs disait de lécher la salive de leurs gouverneur pour acquérir le savoir..

Les princes et califes d’Espagne et d’Afrique, des Idrissides,  des Omeyyades, et des Fatimides faisaient pendant ce temps et plus tard des  expéditions et des « guerres » contre ses mécréants de berghwata, ces guerres  ont laissé grands souvenirs chez les Musulmans du Maghreb.

La religion promu par le kafir Sälih fût détruite au XIe siècle par les Almoravides et ne survivra qu’en îlots isolés, que les Almohades réduisirent,dans leurs régions en y installant des arabes hillaliens.


Kufa, Iraq 1932
Kufa, Iraq 1932

Abdallah ibn Mu’awiya 

Abdallah ibn Mu’awiya était un descendant de Ja’far ibn Abi Talib (Radi Allah anhu). À la fin de l’année 127 AH / 744 JC, les  chiites de Koufa en Irak l’ont mis en place comme imam. Il se révolta contre le calife Omeyyade Yazid III, avec le soutien des chiites de Koufa et de Ctésiphon. Il a déménagé à l’ouest de l’Iran entre Ispahan et Istakhr et a réussi à contrôler tout l’ouest de l’Iran pendant deux ans.

Enfin, il a été vaincu par les armées du calife  Omeyyade Yazid III en 746-7 jc et a fuit à Harat dans le Khorassan. Il serait mort emprisonné par le général Abbasside Abu Muslim al-Khurasani.

Ses disciples ne croyaient pas sa à mort et ils disent qu’il est en occultation et qu’il reviendrait comme Mahdi.  

Voici le récit par l’historien Ibn al-Tiqtaqa :

« Ce fut sous son règne ( le calife Omeyyade MARVÂN II (744 -750)que se révolta Abd-Allah,  fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, fils d’Abou Thâlib.

Voici en résumé ce qui se passa : lorsque l’autorité des Omeyyades fut ébranlée, et que Marwân fut proclamé khalife, les guerres civiles éclatèrent entre les hommes. La discorde se mit entre eux, chacun ayant une opinion différente et une manière de voir personnelle. Il y avait alors à Koûfa un descendant de Djafar al-Tayyar, nommé ‘Abd-Allah, fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, fils d’Abou Thâlib. C’était un homme éminent, un poète ; son ambition lui dicta le désir de l’autorité. Les gens de Koûfa étaient témoins du désarroi qui régnait à Damas et de l’ébranlement de la puissance des Omeyyades. Ils se présentèrent chez cet ‘Abd-Allah, le proclamèrent khalife et se groupèrent autour de lui en nombre. L’émir,  alors préposé à Koûfa, sortit avec ses partisans et livra bataille aux révoltés. Les deux partis résistèrent quelque temps l’un à l’autre, mais à la fin les gens de Koûfa demandèrent à l’émir quartier pour eux-mêmes et pour ‘Abd-Allah, fils de Mouâwiya, fils d’Abd-Allah, fils de Djafar, et la liberté de se rendre où ils voudraient dans les contrées d’Allah. L’émir de Koûfa et ses partisans étaient lassés de combattre : il leur accorda donc le sauf-conduit. ‘Abd-Allah se dirigea vers Madâ’in (Ctésiphon), traversa le Tigre, s’empara de Houhvân et de ses environs, puis il se dirigea vers les pays de la Perse et y conquit les hauts plateaux, Hamadhan, Ispahan et Rey. Quelques Hachémites s’y joignirent à lui et il se maintint dans cette situation pendant un bon laps de temps.

Or Abou Mouslim du Khorasan avait acquis une puissance redoutable. Il marcha contre cet ‘Abd-Allah et le tua. Puis il fit apparaître la dynastie ‘abbâsside. »  (ibn al-Tiqtaqa, Kitab al-Fakhri)


Temple de Sahlah où est attendu le Qaïm chiite
Temple de Sahlah où est attendu le Qaïm chiite (Dajjal)

Muhammad ibn al-Hasan al-Mahdi

Muhammad ibn Ali ibn Hasan (29 Juillet CE 869/15 Sha’ban 255 AH -?), Plus communément appelé Muhammad al-Mahdi, est le douzième imam des chiites duodécimains. Il est considéré par les chiites duodécimains comme étant le Mahdi, le « sauveur ultime de l’humanité et l’Imam finale des Douze Imams », les chiites croient qu’il est né en 869 à Samarra (actuel Irak). Pour les chiites duodécimains, il est le dernier imâm, il succéda à son père Hasan al-Askarî en 874. Selon la croyance chiite rafida , il n’est pas mort et restera caché (occulté) jusqu’aux derniers jours. Il reviendra alors sous les traits du Mahdi….


Le fondateur de la dynastie des fatimides Ubayd Allah al-Mahdi , ces proches et son armée en Ifriqiya (Peinture Tunisienne)
Le fondateur de la dynastie des fatimides Ubayd Allah al-Mahdi , ces proches et l’armée  fatimide en Ifriqiya (Peinture Tunisienne)

Ubayd Allah al-Mahdi 

‘Ubayd Allah al-Mahdî est né Khouzistan  873. Il a pris la succession de Radi ‘Abd Allah az-Zaki comme imâm des ismaéliens en 881. Il est mort en Ifriqiya le 3 mars 934. Les Ismaéliens prétendaient descendre de l’Imâm Ismâ`îl Ibn Ja`far As–Sâdiq (7e imâm), un descendant direct de l’Imâm `Alî et de la fille du prophète – paix et bénédictions sur lui-, As-Sayyidah Fatimah Az-Zahrâ’. Il mena sa propagande en Ifriqiya chez les Kutama dans l’actuelle Algerie 

Les ‘Ubaydiyīn nuisaient plus à la Religion de l’Islām que les Tattār eux-mêmes, comme l’a  mentionné Adh-Dhahabī. Parmi eux il y avait ceux qui maudissaient ouvertement les Prophètes. Quant au fait de maudire les Sahābah, c’était sans limite. As-Suyūtī a mentionné Abī Al-Hasan Al-Qābisī, « Ceux qui ont été tué par ‘Ubayd Allāh et ses fils parmi les savants et  serviteurs se comptent au nombre de quatre mille hommes, [lors d’une tentative] de les détourner de leur satisfaction envers les Sahābah, mais ils ont choisi la mort [au lieu de cet égarement]. Il a dit, ‘Si seulement [Ubaydullāh] était un Rāfidī uniquement. Mais il était un Zindīq.’ » (Tārīkh Al-Khulafā’ p.13).

L’imam Ibn al-Qayyim al-Jawziya sur le « Mahdi » Ubayd Allah :

« Ubaïd Allah ibn Maïmûn el Qaddâh s’est fait passé également pour le Mahdî. Son grand-père était juif. Issu d’une famille mazdéenne, il revendiquait mensongèrement qu’il était affilié à Ahl el Baït (la famille prophétique). Selon lui, le Prophète (Salla L-ALLAHU `aleyhi wa salam) aurait annoncé sa venue prochaine. Il  a réussi à prendre de l’ampleur et fonda une dynastie formée d’athées et d’hypocrites, qui installèrent leur pouvoir dans le Maghreb, en Égypte, dans le Hijâz et le Shâm. Durant leur règne tyrannique, l’Islam se sentait étranger. Chaque héritier revendiquait la divinité. Les rois Qarmates étaient Bâtinites ; ils assumaient notamment qu’il existe une lecture ésotérique allant à l’encontre des textes exotériques ou littéralistes. Ils se cachaient derrière le Râfidhisme pour mieux répandre leur athéisme. Leur règne perdura jusqu’au jour où Allah délivra les musulmans de leur joug par les mains de Salâh ed-Dîn, Yûsuf ibn Ayyûb. »

Extrait du livre : el Manâr el Munîf d’un grand savant ibn el Qayyim el Jawziya (p. 141-154).


La mosquée du premier sultan Almohade Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali (524–58 1130–63) Elle fut construite en 1153 par Abd el-Moumen en hommage au mahdi Ibn Toumert a Timnel haut atlas au Maroc
La mosquée du premier sultan Almohade Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali (524–58 1130–63) Elle fut construite en 1153 par Abd el-Moumen en hommage au mahdi Ibn Toumert a Timnel haut atlas au Maroc

Ibn Toumert 

Le berbère  Ibn Toumert (c 1080 -.. C 1130), est un tyran qui à cherché à réformer le mouvement  islamique almoravide alors en décadence au début du 12ème siècle. Il est rejeté à Marrakech et d’autres villes, il se tourna vers les Masmuda (tribu berbère) dans les montagnes de l’Atlas (Maroc) pour leurs soutien.

Bien que se déclarant Muwahid, et aussi le Mahdi, imam et masum (littéralement en arabe: innocent ou libre du péché), Muhammad ibn Abdallah ibn Toumert à consulté un conseil de dix de ses anciens disciples, ce conformant au gouvernement traditionnel représentative berbère datant du paganisme. 

L’imam ibn al Qayyim al Jawziya sur Muhammad ibn Tumart le fondateur des Almohades :

« Quant au Mahdî du Maghreb, il s’incarne en la personne de Mohammed ibn Tûmart qui était un grand menteur et un tyran. Il a rendu licite de verser le sang des musulmans, de prendre leurs femmes, de capturer leurs enfants, et de s’emparer de leurs biens. Il était largement plus mauvais qu’el Hajjâj ibn Yûsuf. Il dissimulait ses complices dans des tombes afin de dire aux visiteurs que leur maître était le Mahdî annoncé par le Prophète صلى الله عليه وسلم. Le soir, il faisait enfouir sous la terre ses propres complices devenus les témoins embarrassants de sa supercherie. Il donna à ses adeptes le nom de Jahmiya Muwahhidûn. Ils reniaient en effet les Attributs divins tels que la Parole, l’élévation au-dessus de la création, l’établissement sur le Trône. Ils s’opposaient également à ce que les croyants puissent voir le Seigneur de leurs yeux, le Jour de la Résurrection. Il a rendu licite le sang de tous ses opposants parmi les savants et les croyants. » Il se faisait appeler le « Mahdî parfait ».

Extrait du livre : el Manâr el Munîf d’un grand savant ibn el Qayyim el Jawziya (p. 141-154).


Tombeau de Muhammad Jaunpuri
Tombeau de Muhammad Jaunpuri, Farah, Afghanistan.

Muhammad Jaunpuri 

Muhammad Jaunpuri (9 Septembre 1443-1423 Avril 1505) est un charlatan né dans le nord de l’Inde dans Jaunpur (aujourd’hui Uttar Pradesh). Muhammad Jaunuri ce disait être un descendant de Musa al-Kadhim ibn Ja’far as-Sâdiq .

Il à prétendu être le Mahdi à trois reprises, d’abord dans  la ville sainte de La Mecque, juste en face de la Kaaba (entre rukn et maqam) dans l’année 901 de l’hégire, et plus tard deux fois en Inde, attirant un grand nombre de disciples, et l’opposition des oulémas.

Ses cinq députés étaient Sani e Mahdi, Shah Khundmir, Shah Neymath, Shah Nizam et Shah Dilawar.

Muhammad Jaunpuri est mort en 1505, âgé de 63 ans, à Farah, Afghanistan. Ses disciples, appelés les Mahdavis, continuent d’exister et sont centrées autour de la ville indienne de Hyderabad, bien qu’il y  des communautés Mahdavites dans le Gujarat, le Karnataka, le Madhya Pradesh et le Maharashtra, ainsi que dans le Pakistan et à l’étranger aux États-Unis, Canada, Australie, Afrique et le Royaume-Uni. 


Ahmed ibn Abi Mahalli 

Ahmed ibn Abi Mahalli al-Abbasi as-Sijilmassi al-Filali,(1559-1613), originaire du du sud du Maroc né a Sijilmassa , il  était Qadi et savant qui se proclama Mahdi et conduit une révolution (1610-1613) contre les saadiens, il ce revendiqua de la tribu des Abbassides 

« Quand, en effet, dans le portrait-robot qu’il dresse du Mahdi canonique, Ibn Abî Mahallî dit que celui-ci s’appelle Ahmad (ou Muhammad, c’est la même chose) et qu’il descend de la Maison du Prophète par la lignée de son oncle al-‘Abbâs b. ‘Abd al-Muttalib, c’est en fait de lui qu’il parle. » (Houari Touati p. 137-156)

.« On raconte qu’à ses débuts Ibn Abî Mahallî fréquentait Ibn Abî Bakr al-Dilâ’î. Le pays était alors infecté d’abominations (manâkir). Un soir, il dit à son compagnon : « Que dis-tu si demain nous sortions voir les gens pour leur recommander le bien et leur interdire le mal ? ». Ibn Abî Bakr, qui ne l’approuva pas, descendit le lendemain à la rivière, fit ses ablutions et retourna s’acquitter de sa prière et de la récitation de sa litanie quotidienne (wird). Quant à Ibn Abî Mahallî, il alla voir les gens, leur reprocha leur conduite et se disputa si longtemps avec eux qu’il en oublia de faire sa prière. A la fin de journée, il n’avait encore atteint aucun des résultats qu’il escomptait. Aussi Ibn Abî Bakr lui dit : « J’ai vaqué à mes occupations et j’ai préservé ma religion. Regarde, toi, dans quelle situation tu t’es empêtré ! Tu devrais savoir que Dieu est témoin des actes des pécheurs ». Ibn Abî Mahallî ne tarda pas à partir ensuite au Sahara où il fit propagande pour lui-même en prétendant être le mahdî avéré venu conduire la guerre sainte… » (Al-Yûsî, éd. 1313 : 90).

« L’Arbre du Prophète. Prophétisme, ancestralité et politique au Maghreb » Houari Touati p. 137-156


prannath

Mahâmati Prannath 

Mahâmati Prannath (1618-1694), du Gujarat, en Inde, était un indien qui se proclama Imam Mahdi.


Diponegoro.jpg

Diponegoro 

Prince-Diponegoro (11 Novembre 1785 au 8 Janvier 1855), prince de Yogyakarta, Java. Il se voyait comme un Mahdi javanais, ou appelé Ratu Adil (« prophétisée » par le roi Joyoboyo), contre le colonialisme néerlandais. Maintenant, c’est un héros national de l’Indonésie.


Muhammad Ali Shirazi (Bab) 

Muhammad Ali Shirazi (20 Octobre 1819 au 9 Juillet 1850), prétendait être le Mahdi, le 24 mai 1844, prenant le nom de Bab  et fondant ainsi le « culte » du babisme.

En 1850, un nouveau premier ministre iranien ordonna l’exécution du Báb : il fut amené à Tabriz, où il était censé être fusillé. La nuit précédant l’exécution, alors qu’on l’amenait à sa cellule, un jeune homme prénommé Anis se jeta à ses pieds et demanda à mourir avec lui. L’homme fut immédiatement arrêté et emprisonné avec le Báb.

Le matin du 9 juillet 1850, le Báb et Anis furent suspendus aux murs de la forteresse, devant une foule de curieux et le peloton d’exécution fit feu : les deux hommes s’en sortirent indemnes, les balles ayant apparemment sectionné la corde qui les tenait. Criant au miracle, le régiment composé de chrétiens arméniens se débanda. Peu après, le Báb, retrouvé dans sa cellule en train de dicter une lettre à son secrétaire, fut suspendu à nouveau avec Anis et déchiqueté par la seconde salve tirée par un autre régiment composé de musulmans azéris. Le Báb avait 30 ans.

Les évènements qui entourent l’exécution du Báb font l’objet de nombreuses interprétations : pour les Bahá’is, le fait que la première volée de balles l’aient manqué pour aller couper la corde qui le suspendait est clairement un signe divin. D’autres sources, perses et européennes, font parfois état de la version miraculeuse bahá’ie, ou confirment qu’il a bien été tué dès les premiers tirs. Tous s’accordent cependant pour dire que le Báb finit par mourir.

Les dépouilles des deux suppliciés furent jetées dans un fossé à l’extérieur de la ville pour être livrées aux chiens, mais des babis réussirent à les subtiliser de nuit malgré les gardes.

Les restes du Báb furent secrètement transférés de cache en cache pendant plusieurs années, jusqu’à leur inhumation le 21 mars 1909 dans un mausolée situé dans les jardins bahá’is sur les pentes du Mont Carmel, à Haïfa, où est aussi enterré ‘Abdu’l-Baha.


File:Yoff-Mausolée de Limamou Laye.jpg
Mausolée Limamou Laye à Yoff

Limamou Laye

(1843-1909) est un charlatan du Sénégal, qui s’est déclaré mahdi. Il est le fondateur de la confrérie layène (Ahlou Lahi) les gens de Dieu….

Limamou Laye Al Mahdi naquit en 1843 dans la région de Dakar, plus précisément à Yoff. Il commence sa prédication le 24 mai 1883, à l’âge de 40 ans, se présentant comme l’imam des « Bien Guidés » ou « Imam al Mahdi » .

En 1883, Limamou Laye perd sa mère et s’enferme trois jours sans boire ni manger. Au terme de ces trois jours, il dit être l’envoyé de Dieu, disant : Adjibo dahiya laye ya marsaral ins wal djin ini raasouloulahi ileykoum (« Venez à l’appel de Dieu vous, hommes et djinns, je suis l’envoyé de Dieu. L’arabe blanc s’est noirci »). Limamoulaye qu’Allah le maudit avait dit qu’il était la réincarnation du prophète Muhammad (paix sur lui).


File:Muhammad Ahmad al-Mahdi.jpg

Muhammad Ahmad 

Muhammad Ahmad (12 Août 1844 à 1822 Juin 1885), un Soudanais cheikh soufi de l’ordre Samaniyya, il se déclara Mahdi en Juin 1881 et a mener une campagne militaire réussie contre le gouvernement turco anglo-égyptien. Bien qu’il soit mort peu de temps après la capture de la capitale soudanaise, Khartoum (1885), l’Etat mahdiste continué sous son successeur, Abdallahi ibn Muhammad, jusqu’en 1898, quand il est tombé devant l’armée britannique après la bataille d’Omdurman. Les Oulama soudanais s’opposait a ses prétention d’etre le Mahdi, avec comme argument; qu’il ne le ressemblait pas selon les description des Ahadith, et qu’il était de Dongola et n’avais aucune preuve d’etre rattacher à  Ahl al-Bayt. 

L’État madhiste survivra à son fondateur, jusqu’à sa destruction en 1898 par l’armée britannique sous le commandement de Lord Horatio Herbert Kitchener.



File:Mirza Ghulam Ahmad (c. 1897).jpg

Mirza Ghulam Ahmad 

Mirza Ghulam Ahmad (13 Février 1835 à 1826 mai 1908), prétendait à la fois le Mahdi et Jésus à la fin du 19ème siècle dans l’Inde britannique. Il a fondé l’Ahmadiyya, un mouvement sectaire en 1889 . En 1974, le Parlement pakistanais a adopté une loi déclarant les ahmadis comme des non-musulmans.


Muhammad bin Abd Allah al-Qahtani 

Muhammad bin Abd Allah al-Qahtani (28 Septembre 1935 au 9 Janvier 1980), membres des Ikhwan, a été proclamé Mahdi par son beau-frère, Juhayman al-Otaibi, qui a dirigé plus de 200 militants pour prendre la Grande Mosquée de La Mecque, le 20 Novembre 1979. Le soulèvement a été défait après un siège de deux semaines dans lequel au moins 300 personnes ont été tuées.  Otaibi et à 62 autres  membre du groupe furent décapités dans différentes villes de l’Arabie-Saoudite le 9 janvier 1980 soit, 39 Saoudiens, 10 Egyptiens, 6 Yéménites et quelques Koweïtiens, Irakiens et Soudanais. Plusieurs autres prisonniers furent exécutés secrètement au cours des mois suivants. Ceux qui n’avaient pas encore atteint l’âge adulte ou n’avaient pas participé aux combats passèrent des années en prison. Un Afro-Américain qui appartenait au groupe perdit la vie lors des événements, un autre fut libéré et rapatrié aux USA.


File:Sarkar (608).jpgRiaz Ahmed Gohar Shahi 

Riaz Ahmed Gohar Shahi (né le 25 Novembre 1941) est le fondateur des mouvements Messie International Foundation (IMF) et Anjuman Serfaroshan-e-Islam.  Il c »est dit etre al-Mahdi, le Messie et Kalki Avatara.

Une agence de nouvelles pakistanaise dit qu’il est mort en 2003 et certains disent qu’il purge une prison à vie au Pakistan, tandis que d’autres disent qu’il est dans le Royaume-Uni.


Ariffin Mohamed 

Ariffin Mohammed (né en 1943), aussi connu comme « Ayah Pin », le leader et fondateur du Sky-Kingdom (royaume du ciel), il est né en 1943 à Beris, Kampung Besar Bachok, Kelantan Malaysie. En 1975, un groupe sectaire formé à Bagan Lebai Tahir, Butterworth, Penang. Il prétendait être l’incarnation de Jésus (psl), ainsi que Muhammad (psl), Shiva et Bouddha. Les adeptes du « royaume du ciel » estiment que, un jour, Ayah Pin sera de retour comme le Mahdi.


Dia Abdul Zahra Kadim 

Dia Abdul Zahra Kadim (1970 – Janvier 2007), un chiite irakien ancien chef des « Soldats du Ciel », et prétendait être le Mahdi.


L’obsession messianistes  Mahdistes des Chiites iraniens, est tellement forte que selon l’expert séminariste, Mehdi Ghafari, plus de 3.000 faux Mahdi étaient en prison en Iran en 2012. 


Ibn el Qayyim el Jawziya sur le faux Mahdi:

« Les partisans d’ibn Tûmart ont leur Mahdî, les Rafidhites Imamites attendent leur propre Mahdî, les qarmates ont le leur. Chacune de ses sectes espère que son faux Mahdî soit le vrai Mahdî annoncé par le Prophète (`aleyhi salatu wa salam). Les juifs attendent également un « sauveur » qui viendra à la fin des temps pour faire régner leur religion sur toutes les autres nations et pour leur rendre leur puissance. Les chrétiens attendent également le Messie qui devrait venir le Jour de la Résurrection afin de faire régner la loi chrétienne et d’abolir les autres religions. Leur symbole proclame en effet qu’il est le : « Dieu venu de Dieu, engendré et non créé, d’une même substance que le Père,… il est monté aux cieux où il siège à la droite du Père. De là, il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. »

 Ainsi, les trois grandes religions attendent un Mahdî. Soixante-dix mille juifs suivront l’Antéchrist à la fin des temps. D’après le Musnad de l’Imam Ahmed en effet :« Les juifs et les femmes seront les plus nombreux adeptes du Faux Messie. » Quant aux Messie que les chrétiens attendent, il va certes redescendre, mais uniquement pour casser la croix, tuer le porc, et faire disparaître toutes les confessions en dehors de l’Islam. C’est dans ce sens qu’il faut prendre le hadith : « Il n’y a pas d’autre Mahdî qu’‘Îsâ ibn Mariam. »

Extrait du livre : al Manâr al Munîf du grand savant ibn al Qayyim al Jawziya (p. 141-154).


Personnages qualifiés de Mahdi par leurs partisans ou sympathisants  

  • Wallace Fard Muhammad (Nation de « l’Islam »)
  • Muhammad ibn Abdallah An-Nafs Az-Zakiyya
  • Muhammad ibn Abdullah ibn al-Aftah Ja’far al-Sadiq
  • Ja’far al-Sadiq (selon les chiites Tawussites)
  • Musa al-Kazim (selon les chiites Waqifites)
  • Muhammad ibn Qasim al-Alawi Il a dirigé une rébellion à Taloqan afghanistan en 834, pendant le califat d’Al-Mu’tasim.
  • Yahya ibn Umar (auteur d’un soulèvement avorté à Koufa en 864-65 )
  • Muhammad ibn Ali al-Hadi ( frère de Hassan al-Askari)
  • Al-Hakim bi-Amr Allah, calife Ubaydite dit Fatimide, attendu et adorés comme divinité par les Druzes du Sham 
  • Bashshâr ibn  Burd donna le nom d’Al-Mahdî au fils du calife ‘abbâside al-Mansûr car il corrigeait les corrompus et faisait couler le sang des débauchés (Chokr, 1993 : 252).
  • al-Hakam II, le calife Omeyyade, qui pendent la fête organisée dans le palais califal de Cordoue en 363/974 à l’occasion de la fin du jeûne (‘îd al-fitr) pour commémorer son triomphe sur le gouvernant idrisside zaydite nord-africain de Hassan ibn Qannûn al-Hasanî. Dans l’un des poèmes récités au cours de cette fête, qui fait référence au calife omeyyade, celui-ci est appelé « al-mahdî » et « mahdî l-wulât » (Pinckney Stetkevych, 1997)  Voir aussi Ibn Hayyân, 1965 : 196-202, poème de Muhammad ibn. Shukhays. Ce poème affirme que le sang du calife peut soigner la rage.
  • Idrîs II, de Fès sur un dirham frappé en 197 de l’hégire (812/13 J.-C), Idrîs II y est qualifié de Mahdi, :  « wa-l-Mahdi; Idris bnu Idris » « Mohammed est l’Envoyé de Dieu et le Mahdi c’est Idris ibn Idris »  Cependant les différentes sources historique sur, l’histoire des Idrissides ne nous disent pas si Idris I ou Idris II ont porté le titre de Mahdi lors de leurs règne. source : (Abd al-Majīd Qaddūrī, « Mahdisme » p16&17) : « L’image d’Idrīs II … » Par Herman L. Beck p48,« Nation et nationalisme au Maroc.. » Par Jacques Cagne. p104, « Corpus des dirhams idrīsites  » par  Daniel Eustache p142

Monarques musulmans avec le titre honorifique de Mahdi: 


Les caractéristiques du Mahdi al-Qa’im des chiites  (al-Muntadhar):

  1. Il régnera selon les lois de la lignée du prophète David, en utilisant le Talmud.
  2. Sa langue est l’hébreu.
  3. Ses partisans seront des Juifs et Israël, car il est le Roi des Juifs.
  4. L’Imam caché apprend du Talmud qui est contenu dans le « Jafr ».
L'avènement du Massih ad-Dajjal et allégeance de tout les uduw Allah
L’avènement du Massih ad-Dajjal et l’allégeance suivie de l’adoration  de tout les 3uduw Allah de l’histoire.

Comparatif entre le Mashia’h  Roi des juifs et le Mahdi al-Qa’im des chiites 

1) Quand le Roi des juifs apparaîtra, les Juifs de la diaspora vont se masser et se regrouper dans la ville sainte de Jérusalem.
De même, lorsque le Mahdi des chiites apparaîtra, tous les chiites de n’importe quel lieu s’amasseront vers lui et se rassembleront dans
la ville sainte chiite de Kufa.

2) Quand le Roi des juifs ‘Mashi’ah apparaîtra, les juifs morts seront ressuscités de leurs tombes par lui et ils joindront les rangs de ce Roi.
De même, lorsque le Mahdi al-Qaim des chiites apparaîtra, il ressuscitera les morts des chiites et ils rejoindront leurs rangs.

« D’après leurs lois ». Celle des juifs bien évidement.
Leur prétendu sauveur aura le pouvoir de « ressusciter » les mort comme le Dajjal et la fausse vision de Issa aleyhi salam des chrétiens.

3) Quand le Roi des juifs apparaîtra, il ressuscitera les ennemis des Juifs pour les punir.
Lorsque le Mahdi des chiites apparaîtra, il ressuscitera les compagnons du prophète Muhammad et les punira.

4) Le Roi des juifs fera le procès de tous ceux qui opprimaient les juifs.
Le Mahdi des chiites se mettra à juger tous ceux qui opprimaient les chiites.

5) Le Roi des juifs tuera 1 / 3 de la population mondiale.                                                                                                                                                                                        De même, le Mahdi des chiites tuera 1 / 3 de la population mondiale.

6) Au temps du Roi des juifs la terre sera remplie de primes pour les Juifs, les montagnes se transformeront en lait et de miel pour les Juifs.
Lorsque le Mahdi des chiites Rafidhites (al-Rawafidh) apparaîtra un fleuve de lait et une rivière d’eau éclatera pour les chiites.

L'avènement du porteur de lumière (Lucifer ) , représentation chiite de l'arrivée du sois-disant Mahdi
L’avènement du porteur de lumière (Lucifer ) , représentation chiite de l’arrivée du sois-disant « Mahdi »

Ahadith chittes sur l’avènement ‘al -Qa’im»  dit l’Imam Mahdi de Bihaarul Anwar Al-Majlis, aHadith (livres chiite) largement diffusés à des adeptes.

Il  a été signalé dans Bihaarul Anwar que l’un des Muwali d’Abul Hassan [comme] a déclaré:

« J’ai demandé Abul Hassan à propos du verset:

« Ayna ma takunu Ya’ti bikumullahu Jamee’aan. »
– Il a dit:

« Ceci est le verset qui indique notre Qa’im quand il apparaîtra, Dieu va rassembler nos chiites de différents coins du monde. »

– Al-Amaali a rapporté d’après Abou Abdallah qu’on lui a demandé pendant combien de temps le Qa’im gouvernera?

Il a répondu:

« Sept ans .. des jour qui seront étendus…pendant cette période, Dieu dressera la chair et le corps des croyants (les chiites) de la tombe ».

–  Ibnu almufadhaal Umar a rapporté:

« nous avons discuté à propos  du Qa’im, et quiconque meurt, il est attendu par nos semblables. »

• Abu Abdullah [que] nous a dit:

« Quand il (Qa’im) apparaît un croyant sera abordé dans sa tombe et sera dit:

ô telle et telle chose, votre semblable (al-Qai’m) est apparu, si vous souhaitez rejoindre ses rangs alors faites, et si vous le désirez vous pouvez rester dans la miséricorde de votre Seigneur. » (rester dans votre tombe)

-Al-Majlis a rapporté d’après Abou Abdallah [que] qui a déclaré:

« Savez-vous avec qui le al-Qai’m débutera? »

La réponse a été négative.

Puis il a répondu:

« Il va déterrer les deux coupables (Abu Bakr et Omar) brûler leurs corps et alors laissez le vent souffler leurs cendres. »
– Al-Mufeed rapporte d’Abou Abdallah [que] ce qu’il a dit: 

« Quand le al-Qai’m de la famille du Prophète apparaît qu’il va s’emparer de 500 membres des Quraysh (sous entend sunnites) et hachera leurs cous.
Il fera la même procédure avec 500 autres.
Cette action sera répétée 7 fois. »

– Al-Majlis a déclaré un récit rapporté par Ibn Jaffar Muhammad qui ont déclaré de son père qui a entendu de son grand-père que:
« lorsque le Mahdi apparaît à La Mecque et a l’intention d’aller à Kufa, un annonceur criera:

Qu’aucun d’entre vous devrait transporter avec lui-même la nourriture ou la boisson et doit transporter que la pierre de Moïse … quand ils mettent la face avant de la pierre sur le sol, il lâchera un fleuve s’écoulant du lait et l’eau, qui refroidira de la soif et la faim. »

– Al-Ihsaaii a rapporté que Abou Abdallah [comme] a dit:

« L’affaire ne se fera pas (victoire d’al-Qai’m) jusqu’à ce que un tiers des gens disparaissent. »

On lui a demandé:

« quand un tiers de l’humanité disparaitra, alors qui sera à gauche? »

Abou Abdallah répondit:

« N’êtes-vous pas heureux que le reste soit vous? »

Le Prophète Muhammad sallallahu alayhi wa sallam a dit :

« Soixante-dix mille juifs d’Ispahan (l’actuelle Iran chiite), portant al-Thayaalisân (châles porté par les juifs), suivront al-Massih al-Dajjal l’Antéchrist »
[ muslim, Hadith fiable 5237 ]
« La bannière (chiite) du Qa’im al-Mahdi des chiites »… Typique des kabbalistes juifs


Le Prophète Muhammad sallallahu alayhi wa sallam a dit :

« A chaque Umma il y a un majous  et les majous de ces Ummas sont ceux qui rejettent al-Qadr (ou la prédestination)
de ceux qui meurent d’entre eux. Si quelqu’un meurt parmi eux, n’assistez pas à ses funérailles, et si quelqu’un d’entre eux tombe malade, ne le visitez pas. Ils sont « CHIA » (les partisans) de
l’Antéchrist
(Dajjal). Et par la Loi de Dieu, Dieu les joindra à l’Antéchrist. »
[ Sunan d’Abou Dawoud, hadith faible 4072 ]

Selon les chiites le prophète Issa'(jesus) Aleyhi salam doit prêter allégeance au Qa’im  des chiites  … source

Les Kutama, histoire de la disparition d’une tribu :

Publié le Mis à jour le

Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l'émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya
Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l’émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya (800-909)

Les Kutama, Ketama ou Kotama  était une tribu berbère Sanhadja branès et classée parmi la confédération des Bavares.. La tribu porta le nom de « Ukutamanorum » sous les Romains, puis de « Ucutamani » sous les Byzantins et de « al-Kutama » sous les Arabes.

Cette tribu peuplait principalement la région des Babors en Petite Kabylie et le nord-constantinois,1 régions situées au Nord-Est de l’Algérie, mais étendit également ses ramifications dans tout le Maghreb.2 Les Kutamas ont eu un rôle important durant l’époque médiévale (909 – 1171) au centre de l’Afrique du Nord. Ils serviront des missionnaires et d’imams chiites tels que Abu Abd Allah ach-Chi’i et Ubayd Allah al-Mahdi, formant ainsi la dynastie arabe des Fatimides contre les Aghlabides, émirat arabe issu de la tribu des Banu Tamim originaire du Khorassan, vassal du Califat Abbasside et contrôlant l’Ifriqiya (800 à 909).

fatimides
Un Cavalier Ghulam Turc et un Fantassin Kutama, tout deux de l’armée fatimide

Origines et Théories :

Les Kutama seraient une sous-branche des berbères Sanhaja selon Ibn Khaldûn. Toujours selon lui ils seraient les enfants de « Ketam » ou de « Ketm », fils de Bernis et donc de la même souche berbère que les Sanhadja.

Ibn Khaldoun après avoir fait d’après le rapport des généalogistes  descendre les Ketamah des Beranis ou enfants de Ber  descendants de Mazigh fils de Canaan mais ajoute : « Al-Kalbi (737-819) veut que les tribus de Ketamah et de Sanhadjah n’appartiennent pas aux Berbères ils ne sont selon lui que des tribus du Yémen qu’Afrikis fils de Saïli laissa en Afrique avec les gens de la postérité de Cham qu’il y avait établis. Il dit encore plus loin : « La vérité est que les Berbère sont un peuple bien différent des Arabes excepté peut-être comme l’observent aussi les généalogistes les tribus Sanhajah et des Kutamah qui selon moi doivent être regardées comme parentes et alliées des Arabes . Mais Dieu le sait ». ( Al-Kalbi repris par Ibn Khaldoun par Schulz Journ asiat t II p 121 et 142)

Selon toujours Ibn Khaldoun : : « Il est vrai qu’Ifricos-Ibn-Saïfi , ce prince de la dynastie des Tobba [rois du Yémen], qui donna son nom à l’Ifrîkïa, y avait conduit une expédition et s’en était rendu maître ; mais, après y avoir laissé les tribus himyerites de Ketama et de Sanhadja, il s’en alla. Ces deux peuples devinrent graduellement Berbères et se confondirent avec cette race , de sorte que l’autorité des Arabes en Ifrîkïa disparut tout-à-fait. Lors de la promulgation de l’Islam , le progrès de cette religion mit les Arabes en état de vaincre les autres nations. Leurs armées pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays.» dixit Ibn Khaldoun;

Selon A.Bouchareb dans la thèse d’état; « Cirta ou le substratum urbain de Constantine. » : « Notons ici que Himyer, cité comme un aïeul commun des Ketama et des Sanhadja, était également regardé par les historiens antiques comme également l’aïeul des phéniciens (donc des puniques) » et plus loin il poursuit :« Deuxièmement, nous retenons que ces populations, jointes aux berbères autochtones durant des temps reculés, étaient selon les généalogistes arabes descendants de Himyer d’origine yéménite, la même origine attribuée par les historiens (antiques, dont Hérodote) aux phéniciens »

Gautier quant à lui, propose de voir dans les récits des historiens arabes sur les conquêtes yéménites  du roi Ifrikos au Maghreb « une transposition de souvenirs phéniciens »

Le nom antique sous lequel cette tribu est signalée est « kédamousien ». D’après Ptolémée, elle serait venue du sud pour s’installer dans les montagnes d’actuel Nord-Est Algérien.

Les régions de l'empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya
Les régions de l’empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya

Histoire des Kutama

C’est au Moyen Âge et le début de l’ère musulmane que sa renommée deviendra la plus importante.

Dès l’année 154 de l’hégire (771), les kutama étaient dans la ville de Jijel, et vraisemblablement peuplait aussi le territoire de cette ville, car elle a accueillis deux fois des armées arabes Abbasside révoltés de Kairouan, venu prendre refuge et s’établir parmis eux. (Ibn-Khaldoun, trad Desvergers, p. 67.)

La région est le foyer historique de la grande tribu berbère des Kutama, qui joua un rôle considérable dans le Moyen Âge maghrébin et islamique, notamment parce qu’elle fut à l’origine de la création de l’empire fatimide au xe siècle, « l’un des plus grands empires de l’histoire islamique », qui s’étendait du Maroc actuel à l’Arabie3.

Au début du xe siècle, les Kutama ont constitué avec les Fatimides une coalition contre les Abbassides. En rivalité avec les Aghlabides qui gouvernaient l’Ifriqiya, la tribu Kotama joua un rôle déterminant dans la fondation de l’État Fatimide. Ses membres devinrent les plus farouches protecteurs du jeune État et constituèrent également les principaux effectifs de sa fidèle armée4,3.

Abu Abd Allah ach-Chi’i, missionnaire arabe chiite réunit les Kutama et prépare le terrain pour son maître Ubayd Allah al-Mahdi, un imam chiite ismaélien de Syrie présenté comme le Mahdi par Abû `Abd Allâh ach-Chî’î et dont le rêve est de faire basculer le pouvoir sunnite en place à Bagdad au profit de la dynastie chiite4.

En 903 les Kutama commencèrent l’insurrection. Le 19 mars 909, ils détruisent définitivement les Aghlabides, dynastie installée par les Abbassides en Ifriqiya, près de Laribus. Six jours après, ils entrent dans leur capitale Raqqâda puis fondent la capitale du nouveau califat Fatimide à Mahdiyah5.

Les Fatimides, avec leurs armée Kutama conquièrent l’Égypte en 969 sous le commandement du général Jawhar al-Siqilli (le Sicilien) qui entra à Al-Fustât en 972, dans un pays désorganisé et en proie à la famine. Ils fondent, près de cette ville sunnite, une nouvelle capitale qu’il nommèrent al-Qâhira (Le Caire), signifiant « la Victorieuse »4.

Ce qui provoqua un fort exil des Kutama vers l’Égypte, ont peut aisément dire qu’ils servirent de chair à canon pour les Ismaéliens.

Peinture d'al-Qasr al-Fatimi d'Ajdabiya dans la province de Barqa dans l'actuelle Libye En l'an 362 de l'hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui
Peinture d’al-Qasr al-Fatimi d’Ajdabiya dans la province de Barqa dans l’actuelle Libye En l’an 362 de l’hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui

Ibn Khaldoun nous dit « toute la nation des Kutama organisée en différentes tribus, partit s’établir en Égypte »6

Les Kutamas installèrent un campement militaire près du Caire, formant une puissance militaire redoutable au service du Califat arabe Ubaydite. Ils conduiront plus tard des expéditions jusqu’à Damas contre les Abbassides. Le quartier des Kutama « Hai El-Kotamiyine », au Caire, sont un des vestiges de leurs ancienne influence.

Rue de Kutama : « Cette rue est voisine de la rue des Batélites, elle en fait même aujourd’hui partie. C est là que furent les logements des Kutamiens lorsqu’ils vinrent d’Afrique d’abord avec le kaïd sicilien Djauhar et plus tard avec le khalife Moëzz. Le lieu où était cette rue est ce qu’on nomme aujourd’hui les Bains de Kérai, avec ce qui les avoisine derrière le collège d’Ibn algannam, à l’endroit où se trouve le passage d’Ibn alaasar, jusqu’au commencement de la rue des Batélites. Les Kutamiens étaient les sujets privilégiés de la famille des khalifes Fatémites » (Silvestre de Sacy dans Al-Maqrizi, chrestomancie arabe, vol1; p127)

Abu Ali ibn Jafar ibn Fallah al-Kutami (969-971).était le Wali Fatimide de la ville Syrienne de Damas 

Un assez grand nombre de poste de Wulat (plr de Wali) furent donnés à des Ketâma. Un personnage de cette tribu obtint le gouvernement d’Adjedabia, oasis située au sud de Barqa en Libye (Kaïrouâni, p. 107), un autre Kutami celui de Gabès en Tunisie (Kaïrouâni, p. 107. — al-Bakri, p. 462) , et cette dernière charge demeura héréditaire dans sa famille. Ce fut encore un Kutâmi qui eut la perception générale des impôts.

Al-Hassan ibn Abi khanzir al-Kutami (910-913) était le Wali Fatimide de l’île de Sicile (Ibn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 159.)

l'empire fatimide dégénéré
l’empire fatimide dégénéré

Décadence et disparition des Kutama 

Au cours des innombrables guerres au profit de l’armée fatimide le peuple kutama aurait perdu plus de « cent mille des siens ».

Ibn Khaldoun nous décrit la suite « Devenus donc aussi puissants que l’empire qu’ils avaient contribué à fonder, les Kutama sombrèrent dans le luxe et la mollesse »7. En l’an 973 le calife fatimide quitta le Maghreb pour aller s’installer en Égypte et laisser à Bologhine ibn ziri la charge de gouverner le Maghreb. Les Kutamas se sentirent alors trahis mais n’avaient plus ni les chefs ni les forces pour imposer leur injonction. Ce sont donc les zirides qui allaient être les héritiers des fatimides.

Onze ans plus tard, soit en l’an 984, les zirides dirigés pas Al-Mansur, demeurés seuls maîtres du Maghreb ne tardèrent pas à manifester leurs envies d’indépendance vis-à-vis des fatimides. La réaction de ces derniers ne se fit attendre, un missionnaire fut envoyé dans le pays des Kutama pour les soulever contre le « traitre » ziride, cependant El mansour riposta et entreprit une campagne contre le pays des Kutama, dont les villes et villages furent réduits en ruine. Une seconde révolte éclata l’année suivante qui connut le même sort, elle mobilisa pourtant un grand nombre de Kutama qui succombèrent tous.

Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale
Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale, lors de l’arrivée de la France, E.Carette en 1850, étudie les origines raciales des habitants de la ville, il en conclus qu’il donne 800 habitants d’origine arabe pour 800 berbrèes (p453, « recherches sur les tribus.. »)tous arabisés, conclusion semblable a celle d’al-Bakri en 1050.

Al-Bakri 1014- 1094 nous explique comment une ville comme Mila fut vidé de ses Kutama après les Fatimides :

« Au Mois de choual 378 (jan-fev 989 JC); al-Mansur (fils de Bologhin ) sorti de Kairouan et envahit le pays des Ketama. Arrivé dans le voisinage de Mila, il alla ce présenter devant cette ville, avec l’intention de la livrer au pillage et d’exterminer la population. (..)Dès lors la ville de Mila resta quelque temps sans habitants. Aujourd’hui elle est entourée d’une muraille de pierre et d’un faubourg,(..). La population de Mila se compose d’Arabes, de gens de la millice et d’hommes de race mélangée. »

Les Invasions arabes Hilalienne (adnanites)
Les Invasions arabes Hilalienne , les terres Hialliennes sont tracés en marron

Les débris Kutama lors des invasions arabes des Banu Hilal :

E.Carette nous parle du reste des Kutama lors de l’arrivée des arabes Banu Hilal au 11e siècle :

« Dans la province de Constantineles arabes (Hilaliens et Solaymites) étaient beaucoup plus avancés au nord qu’au sud. C’est même par la région septentrionale (nord), par le massif méditerranéen qu’ils avaient pénétré dans cette partie du Maghreb. Ainsi à Mîla, toute la campagne était au pouvoir des ArabesIls dominaient aussi dans tout, le pays compris entre al-Koll’ (Collo) et Constantine, et étaient en relations de commerce avec les habitants de cette dernière ville. On voit que les Arabes avaient abordé la province de Constantine par le côté le moins accessible ; mais il est extrêmement probable, qu’ils y avaient été bien accueillis, peut-être même appelés par le reste des Ketâma, dignes de la sympathie des tribus arabes que le khalife du Caire avait lâchées sur le Maghreb. L’établissement des Arabes dans le sud de la province de Constantine était beaucoup plus récent que dans le nord » .(Recherches sur l’origine et les migrations des principales tribus de l’Afrique septentrionale et particulièrement de l’Algérie / par E. Carette ; p.408-09 et 410).

Sur les Banu Hilal, Al-Idrissi en décrivant la région situé entre Collo et Constantine dans sa géographie au 12e siècle, nous disait que :«De Constantine .. Au port d’al-Collo, 2 journées, en traversant une contrée fréquentée par les Arabes, » plus loin, il poursuit en disant que les « Les Arabes qui l’habitent sont pacifiques;et que les « Arabes ne passent jamais cette montagne (de Sahaw) qui est comme une limite de leur territoire  » Toujours notre auteur continu et persiste : »D’al-Coll à Constantine , on compte 2 journées, en se dirigeant vers le sud et en traversant un pays occupé par les Arabes. » (Al-Idrīsī (1100-1165) op cit. p.113)

Ibn Khaldoun au 14e siècle constatait qu’une des tribus survivantes des kutama  les Sedouîkich vivant entre Jijel et Bejaia, « vivait sous la tente et élevait des chameaux comme les arabes » à qui, ils en avait même pris la langue et les us et coutumes des arabes, « aussi se donnent-ils quelques fois pour une branche des Soleïm tribu arabe descendue de Moder », et qu’elle vivait sous le patronage des arabes de Sulaym et de Hilal ..

Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d'ou partie l'empire fatimide (algerie, Ifriqiya)
Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d’ou partie l’empire fatimide   « Près de Setif est une montagne nommée Idjkan où les familles de la tribu berbère de Kutama ont établi leur demeure. Il s y trouve aussi un château bien fortifié » (Géographie d’Aboulféda, Volume 2, p194)

Les moeurs des Kutama selon les Historiens :

ibn Hawqal constatait les moeurs dégénérés des Kutama : « La plupart des Berbers qui habitent le Maghrib depuis Sijilmassa, jusqu à Sous, Aghmat et Fez de là aux environs de Tahert, Ténès, Mesîla ,Tobna, Baghaï ,Aguerbal, Djijeli,s Azfoun, et les dépendances de Bone accueillent les voyageurs avec hospitalité il se trouve même des gens parmi eux qui pour faire honneur aux étrangers leur prostituent leurs enfants Cette détestable coutume fut vivement combattue par Abou Abd Allah le missionnaire  des Fatimites qui eut recours à des moyens extrêmes pour l’abolir mais elle résista à tous ses efforts«  (ibn Hawqal page, 241 « surate al ard ».)

En l’an 1150 al-Idrissi (1100-1165)  auteur de « la description de l’Afrique et de l’Espagne », constatait déjà l’état d’affaiblissement des Kutama dont il ne restait que quatre mille individus et le fait qu’ils prostituait leurs enfants mâles 8 il le disait en ses termes :

« Cette tribu est renommée par sa générosité et par l’accueil qu’elle fait aux étrangers. Ce sont certainement les gens du monde les plus hospitaliers car ils n’ont pas honte de prostituer leurs enfants mâles aux hôtes qui viennent les visiter et loin de rougir de cette coutume ils croiraient manquer à leur devoir s’ils négligeaient de s’y conformer, divers princes ont cherché à les y faire renoncer même par des punitions très sévères mais toutes les tentatives qu on a pu faire ont été vaines. A l’époque où nous écrivons il ne reste plus de la tribu de Kitâma jadis très nombreuse qu’environ quatre mille individus. » 

« La doctrine immorale et impie de l’ismaélisme, apportée dans le Maghreb central par Abou-Abdallah, n’y avait pas fait, selon toute apparence, un grand nombre de prosélytes ; dès les premiers jours de l’apostolat, on voit une tribu de Ketâma, voisine du foyer de l’insurrection, s’élever contre les prétentions d’Abou-Abdallah. Ne serait-ce pas d’ailleurs faire injure à la conscience humaine, que de la croire accessible à des doctrines de cette nature ? Les conversions durent se concentrer dans un cercle étroit autour de leur point de départ. Bientôt aux conversions succédèrent les soumissions, et la conquête à l’apostolat ; la plus grande partie du Maghreb dut subir le joug des nouveaux maîtres, sans pour cela adopter leur dogme.

Un certain nombre de tribus tomba dans le chiisme pur et crut à l’arrivée du Mahdi ; enfin un petit noyau d’adeptes, groupés autour du point de départ de la prédication, adopta seul la morale et le dogme ismaélien. (Kaïrouâni, p. 133., cité par E.Carette)

Il semble que l’ethnie kutama a définitivement disparu au xive siècle. Ibn Khaldoun nous explique que «la raison en est que pendant les quatre siècles qui se sont écoulés depuis la chute de l’empire kutamien, les dynasties suivantes se sont plu à leur reprocher l’attachement qu’ils avaient montré aux doctrines hérétiques et aux croyances infidèles (ismaélisme), il en résulta que la plupart des peuples kutama renoncèrent à ce surnom à cause de l’idée de dégradation que cela comportait »(Ibn Khaldoun 1969,I, p. 298)

Situation approximative des tribus arabes et berbère dans la région l'ancienne zones des Kutama
Situation approximative des principales  (elle n’y sont pas toute) tribus arabes et berbère dans la région de l’ancienne zones des Kutama à l’époque Hammadide

Les Kutamas de nos jours ?

Le groupe kutama en tant que tel de nos jours n’existe plus. Peut être, en Égypte, peut-on rapprocher culturellement les Siwis des Kotamas en raison de leurs acceptation culturelle de l’homosexualité traditionnel et enfantine, leurs  parler est arabisé à 60 %13..

En ce qui concerne l’Algérie dont le foyer principal était la région actuellement désignée comme la Kabylie des Babors, les débris (4000 au 12e siècle selon al-Idrissi) des Kutamas restés dans cette région se sont mélangés aux autres tribus berbères  et arabes Hilaliennes, formant par la suite différentes tribus sans lien entre elles10.et arabisés12

Les spécificités culinaires kutama auraient survécu à la tribu elle-même, comme, le « couscous au poisson » seksou bel’hout, qui serait d’origine kutama11, 

Ibn Ḵẖaldoun considère les gens de Jerba en Tunisie comme faisant partie des Kutāma (Ibn Khaldoun; III, 63) ; on y rencontre aussi, ajoute-t-il, « des Nefza, des Hawwāra et quelques fractions d’autres tribus berbères »

Une ville dans le rif Marocain portait ce nom de Kutama, elle était la terre de la culture du cannabis, qui depuis fut rebaptisé « Issaguen » par le roi Muhammad VI.

Le reste des Kutama se sont donc par la suite alliés et mélangés aux tribus sunnites berbères et arabes, diluant ainsi leur tribus dans d’autres.

Selon E.Carette la tribu de Ketama n’existe plus, ses membres furent massacrés et dispersés , et  il l’exprimait en ces termes : « Le pays montagneux situé entre Sétif et Kollo était habité avant al-Idrissi par la puissante tribu des Ketâma, renommée pour sa générosité et son hospitalité mais décriée pour ses mœurs. Au temps de cet écrivain elle était réduite à quatre mille individus, elle a complètement disparu« 15

Lorsque Ibn Khaldoun nous décris le Maghreb et ses habitants au 14eme siècle, il nous indique que la province de Bougie et de Constantine « appartenaient autrefois au tribus Zwawa, Kutama, Adjissa et Huwara, mais elles sont maintenant toute habitées par les Arabes, qui en occupent toutes les parties à l’exception de quelques montagnes d’accès difficile ou l’on trouve encore plusieurs fractions de ces tribus ». (Ibn Khaldoun, (1332- 1406) op cit, p147)

Selon J.-P. Laporte, « Ketama, Kutama », Encyclopédie berbère  : « La grande confédération des Kutama était définitivement morte. A l’époque d’Al-Idrîsî, la tribu ne comptait plus que 4 000 membres ! » 

File:Location map Taifa of Alpuente.svg
La taïfa d’Alpuente, émirat d’Alpuente ou Al-Sahla est l’un des royaumes de taïfa issus de l’éclatement du califat de Cordoue en 1010. Elle est fondée dans la région d’Alpuente autour de 1018.  En 1103, la taïfa est occupée par les Almoravides et est intégrée dans la taïfa de Valence en 1145. En 1172, elle passe sous la domination des Almohades, jusqu’à son intégration au royaume de Murcie (musulman) en 1229. Enfin, elle est conquise en 1238 par Jacques Ier d’Aragon

Les Banu Qasim d’al-Puente al-Andalus :

Selon Ibn Hazm, les Banu Qassim de la taïfa d’Alpuente, (al-Buente) n’était pas arabes Fihrides comme ils le prétendait  mais des Kutama d’Ifriqiya, qui ont su profiter de la fin du califat Omeyyade de Cordoue pour ce taillé un fief à Alpuente

Ibn Hazm nous dit que les Banu Qasim étaient en fait des Kutama Berbères et étaient liés au clan qurayshite Fihride seulement en vertu d’un vieux  lien de clientèle en Ifriqiya. Ibn Khaldoun (voy, trad de Slane) disait que les Sanjaha était lié au temps des Omeyyades au Alides et Hachémites mais « ne sachant pas dans quelle circonstance« , le « Kitab al-Adwani » (voy, trad de Ferraud), parle de liens avec les Omeyyades en parlant des population pré-hilaliennes du nord de Constantine. Les Banû Qâsim d’Alpuente furent, parmi les plus fidèles serviteurs de la Omeyyades d’Al-Andalus.(Gabriel Martínez Gros, 1985)
File:Castell de Montornes.jpg
Château Montornés, situé dans la commune de Benicasim dans la province de Castellon est une forteresse d’origine arabe du Xe siècle (Omeyyade andalous)
Enfin la ville de Benicassim en Espagne viendrai du nom de cette fraction Kutama (voy, Dozy « Histoire des Musulmans d’Espagne.. »  Tome,1, p 161), les Banu Qassim gouvernait la région depuis pratiquement l’arrivée des musulmans dans la péninsule ibérique au VIIIe siècle sous le Califat Omeyyade, ils ont réussi à consolider leur pouvoir principalement grâce à leurs interventions militaires dans les « marches d’al-andalus » ou les zones  frontières avec les royaumes chrétiens. Qasim ibn Abdallah a essayé  de donner à sa famille une origine arabe fihride, même si cela fut démentis par un chroniqueur contemporain de Qassim, le célèbre  Ibn Hazm.
Dynastie Qasimide ou Banu Qassim

Références

  1. Ibn Khaldoun, Histoire des berbères 
  2. Housni Kitouni, La kabylie orientale dans l’histoire, Paris, Harmattan,‎ 2013 ), P48
  3. a et b Ibn Khaldoun – Histoire des Berbères
  4. a, b et c Zidan Mohamed « État et tribus dans le monde Arabe
  5. Ibn Khaldoun
  6. Ibn Khaldoun op.cit. p. 967
  7. Ibn Khaldoun p. 967
  8. El Idrissi, description de l’Afrique et de l’Eespagne, BNF, Galica2, p. 116
  9. Ibn Khladoun, op, cit, p. 224
  10. Livre « la Kabylie orientale dans l’histoire » page 58
  11. 13th-century Andalusian cookbook, Kitāb al-tabǐkh fǐ al-Maghrib wa’l-Andalus (Arabic) « The cookbook of the Maghreb and Al-Andalus
  12. Ibn Khaldoun, op.cit, p. 573
  13. Sur l’oasis de Siwa , Madjid Allaoua, Études et Documents Berbères, 1997-1998 (2000)
  14. Antoine-Ernest-Hippolyte Carette, Émilien Jean Renou, Jean-André-Napoléon Périer et Adrien Berbrugger, Exploration scientifique de l’Algérie pendant les anées 1840, 1841, 1842, Imprimerie royale,‎ 1er janvier 1844 (lire en ligne [archive])

Voir aussi sur le sujet :