La période Prophétique et le califat Rashidun

Quelques Amsar, Villes, Medinat créées entre 650 et 950

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Villes, Medinat, Amsar de fondation musulmane

Il existait trois types de villes au début de l’expansion de l’Islam (Rashidun et Omeyyade):

  • les ʾamṣār ;
  • les villes hellénistiques, romaines, wisigoth  et sassanide transformées ou détruites et reconstruites en « Madina » ;
  • les villes nouvelles.

ʾAmṣār est le pluriel de miṣr, qui signifie « ville de conquête ». Ces centres urbains, au nombre desquels on compte Fostat, Bassorah, Koufa et Kairouan, sont créés comme quartiers d’hiver et lieux de repli pour l’armée des conquérants musulmans. Ils suivent un schéma simple : la grande mosquée et dār al-ʾimārah, le palais, occupent le centre, et sont entourés de quartiers d’habitations.

Le Sham (Palestine, Syrie, Liban et Jordanie), l’Egypte et l’Afrique (Est-algérien, Tunisie (sans le sud), et Ouest-Libyen), était sous la domination de l’Empire byzantin jusqu’à la conquête, une région comme le Sham est déjà fortement urbanisé. C’est pourquoi moins de cités sont construites dans celle-ci, les nouveaux arrivants arabo-musulmans s’installant dans les villes déjà bâties, comme Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Apamée ou encore Jérusalem. Une grande mosquée y est édifiée, soit à la place de l’église, comme à Damas et Jérusalem, soit sur un lieu laissé vide, comme à Alep. L’église peut aussi parfois être coupée en deux, une partie étant réservée au culte chrétien, l’autre au culte musulman. Il en est de même pour les terres de l’ancien empire Sassanide, hormis l’Irak.

D’autres villes sont créées, sans être pour autant des ʾamṣār, mais juste de nouveaux centres urbains. C’est par exemple le cas à Wasit, en Irak ou à Chiraz, en Iran, où il est impossible de distinguer actuellement des éléments omeyyades. Celle de Ramla ou Anjar, (Palestine et Liban) en ruines toutes deux.

Sous les Abbassides, deux villes sont mises en avant : Baghdad et Samarra, en Irak, et aussi des plus petites villes des provinces à travers l’empire.



8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).
8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).

Iraq, Basra 638 (Califat rashidun)

Bassora (ou Bassorah ou Basra, en arabe : al-Baṣra, البصرة) est la seconde ville d’Irak, après Bagdad, la capitale, avec une population estimée en 2008 à environ 2 300 000 habitants. C’est la capitale de la province d’Al-Basra. Principal port du pays, la ville est située sur le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du golfe Persique et à 550 km de Bagdad.

Bassora est, avec Koufa (située plus au nord), un ancien « misr » ( au pluriel « amsar » : ville-camp ), bâtie en 638 par Omar ibn Al-Khattab radi Allah anhu, le deuxième calife bien-guidé, lors de l’expansion musulmane .

Pole majeur de migration arabe en Mésopotamie.

Récit de la fondation de la ville de Basra par l’Imam at-Tabari : 

« Du temps du calife Omar Baçra n était pas une ville.  C’était une plaine pierreuse au bord du Tigre et une contrée couverte de pierres blanches telles qu il y en avait là est appelée par les Arabes :  Baçra.

A l’endroit où s’étend aujourd’hui la ville de ce nom il y avait au bord d’une petite rivière près d’Obolla sept villages gouvernés par un dihqàn dont l’autorité était reconnue par les habitants de Baçra d’Obolla et des riverains de l’Euphrate.

Toutes ces populations étaient soumises au roi de l’Omàn contrée qui d’après les Arabes fait partie de l’Indostan.

Or après la bataille de Qàdesiyya et la destruction de l’armée perse Omar craignant que le roi de Perse ne demandât du secours au roi d’Omàn et au roi de l’Indostan et que ceux ci ne le lui accordassent jugea à propos de faire occuper la contrée des embouchures du Tigre par un corps de troupes et d y faire construire une ville peuplée d Arabes afin d empêcher les Perses d’amener par cette voie des auxiliaires.

En conséquence il fit venir Otba fils de Ghazwân le Mâzinite qui était seigneur des Beni Màzin et qui avait été compagnon du Prophète et lui parla ainsi  : « Dieu a fait triompher l’islam par ma main et il a brisé les Perses.  Maintenant je veux faire garder la route entre l’Indostan et l’Omàn afin qu’il n arrive pas aux Perses des secours de ce côté . Il faut donc que tu y conduises ton corps de troupes et que tu y construises une ville dans laquelle vous puissiez être à votre aise toi et les soldats musulmans.  »

Otba se mit en route avec cent seize hommes et en traversant le désert il en réunit encore trois cents autres autour du drapeau qu’Omar lui avait remis.

Arrivé au lieu de sa destination il fut averti qu’il y avait dans les bourgs de cette contrée une nombreuse population et plusieurs dihqàns,  Otba fit partir un messager pour inviter ces dihqàns à se présenter devant lui.

Le messager parla ainsi aux dihqàns :  » Un homme accompagné d’une nombreuse armée est arrivé de l’Arabie.  Il vous fait inviter à venir le trouver. »

En recevant ce message l’un de ces dihqàns qui était très puissant partit avec quatre mille cavaliers . Voyant le petit nombre de musulmans qui étaient avec Otba il manifesta son étonnement et son mépris pour ce petit corps de troupes et dit  :  » Quel mal peut faire cette poignée d’hommes ?  Et qui est donc celui qui les commande pour oser m’appeler devant lui. ‘  Ensuite il chargea un corps de deux cents soldats d’aborder les musulmans de les enchaîner et de les lui amener Otba les voyant approcher leva son camp et les attaqua.

Le combat s étant engagé les musulmans tuèrent la plupart des ennemis puis ils s avancèrent jusqu à l’endroit où se trouvait le dihqân tombèrent à l’improviste sur son armée et tuèrent un nombre considérable d’hommes. Le dihqân fut fait prisonnier et amené devant Otba.

Il y avait en cet endroit une population d’Arabes de l’Omàn qui avait construit au bord de la rivière des habitations faites de paille et d’herbes sèches à la manière arabe. Invités par Otba à accepter sa religion ces hommes dont le nombre était considérable embrassèrent tous l’islam Otba les interrogea ensuite pour savoir où était le meilleur climat dans cette contrée.  Ils lui indiquèrent l’endroit couvert de pierres celui là même où il avait établi son camp,  Otba ayant requis leur aide fonda alors la ville de Baçra.

Sa’d fils d Abou Waqqàç avait construit près du Tigre la ville de Koufa la ville de Madàïn se trouvait ainsi située entre Koufa et Baçra mais plus près de cette dernière Otba adressa à Omar une lettre conçue en ces termes :  » Je me suis rendu à l’endroit que tu m as désigné et j’y ai construit la ville de Baçra. Je me trouve plus rapproché des Perses que la garnison de Koufa. Je fais journellement des courses contre eux et je leur ai inspiré une grande terreur.  Si j’avais à ma disposition une armée je m’emparerais de Madàïn . »



Le dar al-Imara de Kufa fut construit à la base par utba ibn Ghazwan mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade ubayd Allah ibn Ziyad..
Le dar al-Imara de Kufa fut construit à la base par Utba ibn Ghazwan mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade ubayd Allah ibn Ziyad..Ruines du Dar al Imara de Kufa (Rashidun et Omeyyade),  Kufa ville fondé par Sa’d ibn Waqqas  par Ordre d’Omar ibn al-Khatab  radi Allah anhum en 639

Iraq, Kufa 639 (Califat Rashidun)

Kûfa (الكوفة [al-kūfa]) est une ville d’Irak, environ 170 km au sud de Bagdad, et à 10 km au Nord-est de Nadjaf. Elle est située sur les rives du fleuve Euphrate. La population en 2003 était estimée à 110 000 habitants. C’est la deuxième ville de la province de Nadjaf.

Sur une décision du calife `Omar  ibn al-Khatab radi Allah anhu, Koufa a été construite pour être un pôle d’immigration arabe dans le sud de la Mésopotamie, et de devenir la capitale. Les Arabes recherchaient un endroit où ils ne souffriraient pas de maladies. À l’emplacement de Koufa, il y avait une ville Sassanide qui faisait partie d’une province perse.

Les quartiers arabes de la ville ont été construits en 638, à peu près au même moment qu’à Bassora, quand les armées arabes combattaient les Sassanides. La ville fut construite en briques cuites. On commença par construire la mosquée au centre de la ville à 1,5 km de l’Euphrate. On creusa un réservoir d’eau prévu pour 20 000 habitants. La population de Koufa était formée d’immigrants arabes venant soit de la région de La Mecque, soit du sud de l’Arabie, Yémen et Hadramaout, certains d’entre eux étaient chrétiens ou juifs.

En 655, les habitants de Koufa soutiennent `Alî contre le calife `Uthman (Radi Allah anhum).

Lorsque `Alî est devenu calife, il a déplacé son quartier général à Koufa pendant qu’il se préparait à la bataille avec Mu`âwîya qui menait une révolte à partir de la Syrie. `Alî fit creuser un puits dans la ville (656).

`Alî a été tué à Koufa (661), et enterré dans la ville voisine de Nadjaf. Après l’accession de Mu`âwîya au califat, Koufa est devenue la base des partisans (chiites) d’`Alî et des kharijites. Plus tard ses habitants abritèrent son fils Husayn.

Vers 670, une digue fut construite pour protéger la ville des crues du fleuve.

En 685, Koufa fut le théâtre de la révolte Kharijite de al-Mukhtâr.

C’est de Koufa que partit la révolution abbasside qui allait renverser les Omeyyades (750).

récit de la Fondation de Kufa  par l’Imam at-Tabari : 

 « Omar répondit qu’elle devait conserver son campement actuel.

 Or les soldats tombèrent tous malades.  Alors Omar écrivit à Sa’d une lettre en ces termes :

»Il faut aux Arabes l’air d ‘une contrée dans laquelle se trouvent des chameaux des moutons et des pàturages voilà l’air qui leur convient.  Maintenant cherche à savoir des habitants du Sawàd où il ya des prairies et des moutons et établis ton camp à cet endroit » . Sa’d ayant parcouru toute la contrée trouva le climat de Koufa le plus convenable car l’air de Koufa est aussi sain que celui du désert et le pays n’était cultivé qu’en partie.

 En conséquence Sa’d y établit son camp. La mosquée du vendredi que l’on voit encore aujourd hui à Koufa fut construite alors Sa d jeta aussi les fondements de la ville . » 



Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la pris de l'Egypte
Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la pris de l’Egypte

Egypte, Fostat 641 (Califat Rashidun)

Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l’Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes en 641.

Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié.

La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d’environ 200 000 habitants.

La ville était le centre du pouvoir administratif de l’Égypte jusqu’en 1168, lorsqu’elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses.

Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin.

Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l’endroit une simple décharge, bien qu’une population de quelques milliers d’habitants continuât d’y vivre par le commerce de poteries.

Amr établit un camp quasi permanent au nord de la forteresse de Babylone d’Egypte. Puis ‘Amr y fonde à la suite de la chute d’Alexandrie en 642 la nouvelle capitale de l’Égypte : Fostat. Le nom aurait pour origine le mot grec fossaton (fossé). À proximité de l’ancienne la forteresse de Babylone, sur la rive orientale du Nil, le site de Fustât permet de contrôler le delta tout en étant situé au point de passage le plus commode pour traverser le fleuve, à la jonction entre la Haute et Basse-Égypte. La ville nouvelle, qui se construit autour de la forteresse de Babylone, occupe environ de 600 à 800 hectares en forme un conglomérat assez lâche augrès des concessions tribales (khitta) qui forment les premiers quartiers (hâra). ‘Amr construit une modeste mosquée en brique, un bain public et une forteresse au centre de la ville où un port prend forme et avec lui des quartiers commerçants. Un pont de bateaux est jeté en direction de Gîza. L’un des objectifs de la conquête égyptienne étant de fournir en céréales l’Arabie, ‘Amr commence la construction d’un canal entre le Nil et la mer Rouge qui commence à la limite nord de sa fondation. La construction de ce canal fut abandonné un siècle plus tard sous le califat d’Al-Mansûr l’Abbasside. En 644’Amr est rappelé par le nouveau calife ‘Uthmân. Il laisse derrière lui une capitale organisée qui compte déjà une dizaine de milliers de combattants arabes dans un pays soumis mais encore entièrement chrétien.

Durant son premier siècle au sein du califat, Fustât se transforme en véritable ville et profite du déclin d’Alexandrie. Tandis que la forteresse de Babylone conserve, au cœur de la ville nouvelle, son autonomie politique et ethnique (elle est peuplée par les indigènes coptes), Fustât reçoit l’apport de nombreuses populations arabes et non arabes (militaires, ruraux, serviteurs, artisans) qui s’installent au nord de la ville. Fustât devient une ville cosmopolite (mêlant des populations arabes, grecs, coptes, juives…) et devient, autour de son port et de son chantier naval, le centre politique et économique de la nouvelle province et le siège d’une cour provinciale qui rayonne sous l’autorité d’un préfet nommé par le calife. Il s’entoure de poètes et se fait construire une résidence somptueuse (La Maison dorée). La mosquée de ‘Amr est régulièrement agrandie et sa surface décuple jusqu’en 711. L’urbanisation, assez simple lors de la fondation, se densifie et s’étend principalement vers l’est et le sud. Les rues sont étroites, irrégulières, rarement pavées et forment un maillage complexe et anarchique (on a retrouvé un carrefour de sept rues près de la mosquée Abû al-Su’ûd). La population de la ville dépasse les 100 000 habitants.



Djeddah en 1938, en Arabie ville qui étais un simple petit port de pèche qui ensuite fut transformé par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l'an 26 de l'hégire 647 JC, en grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.
Djeddah en 1938, en Arabie Saoudite ville qui étais un simple petit port de pèche qui ensuite fut transformé par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l’an 26 de l’hégire 647 JC, en grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.

Arabie-Saoudite, Jeddah 647 (Califat Rashidun)

Ibn Battuta, le voyageur berbère du Moyen Âge, visita Djedda durant son périple à travers le monde. Il écrivit le nom de la ville dans son journal de bord « Juddah »

Les excavations de la vieille ville d’Al Balad suggèrent que la tribu Yéménite des Banu Quda’a (بني قضاعة) fonda un village de pêcheurs (522 avant JC) après avoir quitté le Yémen central pour se rendre à La Mecque après la rupture du barrage de Marib au Yémen

Le troisième Calife Rashidun,  ‘Othmân ibn ‘Affân (radiAllah anhu) changea en 647 apr. J.-C. le port petit de pécheur en port d’accueil des pèlerins pour le Hajj.

Depuis lors, Djedda s’est imposée comme la plus grande ville de la province historique du Hijaz.

Il existe au moins deux explications à l’origine du nom de “Djedda” :

  • La première viendrait du nom du chef du clan Quda’a : Jeddah Ibn Helwaan Al-Qudaa’iy.
  • La seconde thèse, la plus commune, est que ce nom est dérivé de “Jaddah” c’est-à-dire « grand-mère » en arabe, le tombeau d’Ève, est situé à Djedda  (Jayussi, Salma; Manṣūr Ibrāhīm Ḥāzimī; ʻIzzat ibn ʻAbd al-Majīd Khaṭṭāb Beyond the Dunes I B Tauris & Co Ltd, p. 295.)


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Arabie Saoudite, Hafar Al-Batin, 644-656 (Califat Rashidun)

Hafar Al-Batin (ar:حفر الباطن) est une ville du nord de la province orientale d’ach-Charqiya en Arabie saoudite, située à 90 km de la frontière du Koweït et à environ 70 de celle de l’Irak. La ville est située dans la vallée de l’oued Al-Batin, faisant partie du Wadi Al-Rummah (en), qui relie Médine au golfe Persique. Le mot batn qui se trouve en tête de plusieurs dénominations locales en Arabie signifie un creux et se dit particulièrement du ventre. Le mot batn indique un lieu moins profond que le terme wadi

Le nom de Hafar Al-Batin (arabe : حفر الباطن) est dérivé de ce qui veut dire «le trou de la vallée d'Al-Batin
Le nom de Hafar Al-Batin (arabe : حفر الباطن) est dérivé de ce qui veut dire «le trou de la vallée d’Al-Batin ».

Au premier siècle de l’hégire, en 638 Jc , Hafar Al-Batin était juste une route dans le désert, traversée par les pèlerins musulmans, sans aucun approvisionnement possible en eau. Durant le règne du calife Uthman ibn Affan (644 AD – 656 JC), les plaintes des pèlerins ont été entendues par Abou Moussa al-Asha’ari, un compagnon du prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : on a creusé de nouveaux puits le long de cette route dans la vallée d’Al-Batin.



Ruines de la cité musulmane d'Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650
Ruines de la cité musulmane d’Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650 JC par le calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu

Jordanie, Ayla 650 (Califat Rashidun)

Ayla (arabe : آيلة) est une ancienne cité musulmane qui fut établie sur le site de l’actuelle Aqaba en Jordanie. Elle fut l’une des premières ville islamique fondée en dehors de la péninsule d’Arabie. Ses ruines se trouvent au nord-ouest de l’actuel centre de la ville.

La cité fut initiée vers l’année 650 par le calife Othman Ben Afan. La ville a prospéré de 661 à 750 sous les Omeyyades puis au-delà sous les Abbassides (750-970) puis les Fatimides (970-1116). La ville a décliné vers la fin du xiie siècle suite à des tremblements de terre, et les attaques de Bédouins et de Croisés. Baudouin Ier de Jérusalem prend la ville en 1116 sans grande résistance.

Ayla profita de sa position-clef en tant qu’étape importante sur la route vers l’Inde et des épices arabes (encens, myrrhe), entre la mer Méditerranée et la péninsule Arabique. La ville est par ailleurs évoquée dans plusieurs récits des Mille et Une Nuits.



Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade de Kairouan fondé par le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri 670
Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade de Kairouan fondé par le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri en 670

Tunisie, Kairouan 670 (Les Omeyyades)

C’est vers 670 que les Arabes musulmans, sous la conduite de Oqba Ibn Nafi Al Fihri, fondent la ville dans le but d’en faire un point d’appui dans leur campagne de conquête de l’Afrique du Nord.  Elle serrai situé a 12 km de la ville d’Al-Qarn fondé par Muawiya ibn Hudayj al-Kindi en 654-5 dont l’emplacement est pas vraiment localisé.  Pour résumer :
1) Al-Qarn daterait de l’an 665 J.-C, lorsque le dirigeant Mu’awiya ibn Hudaij (665-666) campe à al-Qarn situé 10 km au nord de l’actuelle Kairouan, le site est placé dans les montagnes d’al-Bâten.
2) La seconde tentative est attribuée à ‘Uqba (666-674), qui érigea en 670 Kairouan. Il bâtit, la mosquée, le palais de l’émir et les maisons.
-3) En 675 ‘Uqba est destitué, Abû al-Muhâjir Dinâr, est nommé. Il démolit Kairouan et s’installe à quatre milles au nord de la ville, peut-être dans la région actuelle de Drâa al-Tammâr. Il baptisa sa nouvelle cité : Tikrawân.
4) En 681, ‘Uqba ( 681-683) est reconduit dans ses fonctions, il réinstalle son camp de nouveau à Kairouan.

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de al-Qarn :  » Muawiya Ibn Khodeidj  al-Kindi (665-666) campa au pied d’une colline située à dix parasanges à l’occident de Kamounia (al-Mâlikî relate l’existence d’une forteresse byzantine nommée Qamûniya à l’intérieur même de Kairouan) .Il y essuya un tel temps de pluie qu’il disait : Notre montagne est la bien arrosée ; et ce nom est resté à la montagne jusqu’à ce jour. Il dit ensuite : Marchons à ce pic de montagne (karn) ; et ce lieu fut appelé Karn dans la suite.  (..) « Chaque matin il livrait combat aux habitants, mais, aussitôt passé midi,[29] il se retirait dans son camp à Karn. »

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de al-Qayrawan « Quand Okba et les musulmans se furent accordés sur la nécessité de fonder la ville de Kairewan, il les mena à l’emplacement qu’elle devait occuper, et qui était alors couvert d’un fourré impénétrable. »

Selon Ibn Khallikan, Kairouan fut ainsi nommé parce qu’une caravane, kirwân, avait fait halte sur le lieu où la ville fut bâtie plus tard.— Voyez l’édition fr d’Ibn Khallikan, t. I, p. 19 du texte arabe, et t. I, p. 35 de la traduction.

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de Tikarwan par Abu Mhajir Dinar (674-681) « Ceci eut lieu en l’an 55 (675 de J. C). Le nouveau gouverneur se rendit à sa destination ; mais, ayant de la répugnance à se fixer dans la ville fondée par Okba, il alla camper à deux milles de là, et y traça les fondations d’une autre ville, afin de perpétuer le souvenir de son nom et de rendre inutile l’ouvrage de son prédécesseur. Cette nouvelle ville fut nommée par les Berbers Bi-Geirewan. Quand la construction en fut commencée, il ordonna qu’on détruisît la ville d’Okba, et celui-ci en fut tellement indigné, qu’il se rendit auprès du khalife Moawia, et lui adressa ces paroles : C’est pour toi que j’avais attaqué et subjugué cette province ; j’y ai bâti des mosquées, établi des lieux de halte (pour les voyageurs), et donné au peuple (musulman) des domiciles fixes ; et tu viens d’y envoyer un esclave des Ansars[38] qui m’a remplacé en m’insultant ! « 

Destruction de Tikarwan et retour a Kairouan par al-Nuwayri : « son arrivée (Okba ibn nafi) il mit Abou’l-Mohadjir aux fers, ordonna la destruction de la ville que celui-ci avait commencée, et ramena le peuple à Kairewan. »

L’emplacement choisi pour la fondation de Kairouan, à l’intérieur des terres, semble particulièrement inhospitalier mais se situe suffisamment loin de la côte pour éviter les assauts de la flotte byzantine contrôlant alors la mer Méditerranée. Il fait aussi face aux montagnes qui sont le refuge des Berbères. De plus, les conquérants de la première génération ne tiennent compte que des lieux propres à la nourriture de leurs montures. Kairouan possède alors une double fonction militaire et religieuse, assurant à la fois la guerre sainte et la défense des terres nouvellement conquises.

Selon Ibn al-Athir : « En 55 (5 décembre 674), toutes les constructions (de la ville de Kairouan) étaient achevées et habitées, sans que, pendant le cours de la construction, on cessât de faire des expéditions et de recueillir du butin. »

Selon Hicham Djait « Les rues (de Kairouan) convergeaient vers des places appelées Rahba, telles celles des Qurayshites et des Ansâr. Un peu partout, disséminés à l’intérieur de la ville, se trouvaient des marchés et des mosquées de quartier. Les sources nous citent le souk des Banû Hâshim, celui d’al-Ahad, le souk des Juifs, de Dâr al- Imâra et le souk al-dharb. Les mosquées de quartier sont soit des mosquées de clan, soit des mosquées privées prolongeant la demeure (dâr) de tel ou tel personnage. Les chroniqueurs en comptent sept de ce dernier type, datant du Ier siècle : mosquée des Ansâr, mosquée de la Zitûna fondée par Ismâ’il ibn {Obayd al-Ansârî surnommé le « commerçant de Dieu » pour ses actions pieuses (93 H.), mosquée de Abu Maysara, mosquée de Abu cAbd-ar-Rahmân al-Hablî dans le quartier de Azhar (100 H.), la mosquée de Hanash as-Saneânî (à Bâb al-Rîh ou porte du Vent) , celle de ‘ АИ ibn Riyâh al-Lakhmî, mosquée du Samedi. »

source: Djait Hichem. L’Afrique arabe au VIIIe siècle (86-184 H./705-800). In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 28e année, N. 3, 1973. pp. 601-621



La mosquée du vendredi de Shiraz en Iran, appelé aussi al-masjid i Atiq, fut construite en 875 par l'émir de la dynastie iranienne des Saffarides Yaqub ibn al-Layth (861-879) et fini lors du règne de Amr ibn al-Layth (879-901)
La mosquée du vendredi de Shiraz en Iran, appelé aussi al-masjid i Atiq, fut construite en 875 par l’émir de la dynastie iranienne des Saffarides Yaqub ibn al-Layth (861-879) et fini lors du règne de Amr ibn al-Layth (879-901)

Iran, Shiraz, 684 (Les Omeyyades)

Shiraz ou Chiraz (en persan : شیراز) est une ville du sud-ouest de l’Iran. C’est la capitale de la province du Fars.

 La ville musulmane de Shiraz (Fars, Iran) fut fondée en 684 sous les Omeyyades sur le site d’une antique cité « Pishdadhide » ( dans région de Persepolis) conquise par les armées du califat Rashidun en 641, elle servie au arabes lors du siège d’Istakhr capitale sassanide de la province du Fars., elle est devenu capitale Omeyyade du Fars en  693 (Ian Richard Netton – 2013 Encyclopedia of Islamic Civilization and Religion p.597-9)

Description de Shiraz en Iran et sa fondation Omeyyade  par Abu al-Feda  :

« Shîràz dit Ibn Hauqal est une ville moderne qu’ont fondée les Musulmans. Elle a été construite ou plutôt rebâtie par Mohammad ibn al Qâsim ibn Abi Aqîl cousin de Haddjâdj ibn Yoûsof ath Thaqafï. Schîrâz continue t il a été ainsi nommée par comparaison avec le ventre du lion qui engloutit tout. En effet toutes les denrées des environs sont apportées à Schiràz et rien n’est exporté de cette ville en aucun autre endroit. C’est à Shîrâz que se trouve le tombeau du fameux grammairien Sîbawaïhi. Shîrâz dit l’auteur de l’Azizi est une grande et spacieuse ville où les maisons sont larges luxueuses et abondamment pourvues d’eau. Ses habitants boivent l’eau de sources dont les ruisseaux parcourent la ville et pénètrent dans les maisons. Il n’est guère de maison à Shîrâz qui n’ait un beau verger et des eaux courantes. Les marchés de Shirâz sont en bon état et importants » (p.97, Géographie d’Abulfeda)

Shiraz aurait été un simple campement musulman jusqu’à ce qu’un cousin, du célèbre Hajjaj ibn. Yusuf At-Taqafi l’aurai développé en une ville en 693 (Eṣṭaḵri, pp 124-25;. Ebn Hawqal, p 279;. Ḥodudal-Alam, éd Sotuda, p 130, tr Minorsky, p 126;…. Schwartz,l’Iran II, pp . 43-44;. Le Strange, Lands, pp 249-50)

File:Sibuye1.jpg
Le tombeau de Sibawayhi (760-796) , plus vieux monument de Shiraz

Pendant 2 siècles, la ville fut la résidence des gouverneurs arabes du Fars. Le seul monument de cette période arabe est le tombeau du grammairien de langue arabe,  d’origine persane Abū Bishr ibn Amr ibn’Uthmān Qanbar Al-Basri  ( dit al-Sibawayhi; 760- 796) dans le quartier Bāheliya (IranicaEncyclopedia) .



Vue sur la médina de Tunis, ville fondé par le général Ghassanide Omeyyade Hassan ibn Numan al-Ghassani (puisse Allah lui faire miséricorde) lors de la chute de Carthage en 698
Vue sur la médina de Tunis, ville fondé par le général Ghassanide Omeyyade Hassan ibn Numan al-Ghassani (puisse Allah lui faire miséricorde) lors de la chute de Carthage en 698

Tunisie, Tunis 698 (Les Omeyyades)

Fondée en 698 par les Omeyyades autour du noyau initial de la mosquée Zitouna, elle développe son tissu urbain tout au long du Moyen Âge, vers le nord et vers le sud, se divisant ainsi en une médina principale et en deux faubourgs au nord (Bab Souika) et au sud (Bab El Jazira).

Devenue capitale d’un puissant royaume à l’époque hafside, foyer religieux et intellectuel et grand centre économique ouvert sur le Proche-Orient, le Maghreb, l’Afrique et l’Europe, elle se dote de nombreux monuments où se mêlent les styles de l’Ifriqiya aux influences andalouses et orientales mais qui empruntent également certaines de leurs colonnes ou leurs chapiteaux aux monuments romains ou byzantins.



Ruines de Rustam-Gavadh (ville sassanide) détruite par les Arabes sur le site de Askar Makram

Iran, Askar Mukram, 690-700 (Les Omeyyades) 

Askar Mukram.(«le Camp de Mukram»), anciennement, ville bâtie sur le site d’un camp dressé par un chef arabe, nommé Mukram, qu’al-Ḥaj̲j̲āj̲ ibn Yusuf émir Omeyyade d’Irak (661-714) avait envoyé au Ḵh̲ūzistān pour y réprimer une révolte qui avait éclaté près d’al-Ahwāz.

Ce camp ou ce cantonnement se trouvait à côté des ruines de Rustam Ḳawād̲h̲ (déformé par les Arabes en Rustaḳubād̲h̲), ville sāsānide que les Arabes musulmans avaient détruite. ʿAskar Mukram était située sur les deux rives du canal Masruḳān (moderne Āb i-Gargar) Par contre  sa fondation est attribuée selon al-Baladhuri à Mohammad ibn Moṭarref (al-Bāhelī?)  ordonner par le général Moussab ibn Zobayr lors de la répression de la révolte d’Ibn Zubayr, vers 690, et selon Yakut elle le fut par Mohammad Haret al-ibn Muza, général d’Al-Hajjaj ibn Yussuf gouverneur d’Irak.

Enfin selon Ibn Khalikan, elle fut fondé par Mokram al-Bahili.

source : al-Baladhuri  al-Futuh Buldan,  p. 383. Streck, M.; Lockhart, L. »ʿAskar Mukram. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, et Ibn Khallikan dictionnaire biographique p383


Ruines de la ville Omeyyade d'al-Wasit fondé par le général al-hajjaj ibn Yusuf al-Taqafy en 702
Ruines de la ville Omeyyade d’al-Wasit en Irak fondé par le général al-hajjaj ibn Yusuf al-Taqafy en 702

Iraq, al-Wasit, 702 (Les Omeyyades) 

La ville de Wâsit a été fondée  par le général Omeyyade Al-Hajjaj ibn Yusuf at-Taqafi en 702 pour être sa résidence lui permettant de contrôler la frontière avec la Perse.

Elle a été nommée Wasit par son fondateur Al-Hajjaj ibn Yusuf at-Taqafi car elle est à mi-chemin de Bassora et Bagdad sur la rive gauche du Tigre.

Elle était destinée à être un centre administratif pour l’Irak. La circonférence de la ville ancienne est de 16 km. Elle a été abandonnée au xviie siècle3 après un changement dans le tracé du lit du Tigre.

La plus grande partie des bâtiments de Wâsit sont en briques. Des fouilles ont été effectuées entre 1936 et 1942 et reprises seulement en 1985. La grande mosquée laisse entrevoir quatre couches successives de constructions du xive au viiie siècle4. On a retrouvé une partie du palais de l’émir contre la mosquée du côté de la qibla. Un bâtiment nommé le « minaret » a été dégagé avec un mausolée et une école datant d’avant le xive siècle.



La ville de Anjar fondé par le calife Omeyyade al-Walid Ibn Abd Al-Malik (705-715), Liban

Liban, al-Anjar 705-715  (Les Omeyyades)

`Anjar est l’unique site du Liban datant de l’époque omeyyade. `Anjar n’a été découverte par les archéologues qu’à la fin des années 1940.`Anjar diffère des autres sites archéologiques du Liban qui peuvent parfois se prévaloir d’une histoire ininterrompue depuis leur fondation à nos jours. `Anjar paraît n’avoir vécu que quelques décennies au début du VIIe siècle de notre ère. `Anjar conserve toutefois son mystère : est-elle construite sur l’emplacement de la ville antique Chalcis ?

De plan rectangulaire, sur le modèle de la ville ou du camp romain sur un rectangle de 370 m sur 310 m. La ville est entourée d’un mur de sept mètres de hauteur et de deux mètres d’épaisseur, cantonné de trente-six tours et de quatre tours d’angle circulaires. Cette enceinte est construite de pierres calcaires formant les parements intérieur et extérieur, comblés d’un remplissage de pierres brutes, de cailloux et de mortier.

Les deux voies principales, ornées de colonnades, se coupent sous un tétrapyle comme à Palmyre ou à Apamée. La ville a toutes les apparences d’une ville romaine et cela bien qu’elle soit l’œuvre du calife Omeyyade Al-Walid Ier. Le mystère de cette cité est qu’elle n’a vécu que quelques décennies. Les archéologues ont réussi à redonner vie à cette belle résidence dans les années 1950.

En 744, le calife Omeyyade Ibrahim, fils de Walid, fut défait et dès lors la ville partiellement détruite fut abandonnée.



Reconstitution d’al-Jazira al-Khadra au 14eme siècle Espagne.

Espagne, Al-Jazira al-Khadra 711 (Les Omeyyades) 

Al-Jazira al-Khadra a été fondée par les Omeyyades en 711 sur les ruines de l’ancienne ville romaine de Iulia Traducta . Les Omeyyades après avoir atterri à Gibraltar et fini sur une petite île à l’ouest de la baie d’Algésiras, ils ont établi une base provisoire.

Ils ont du la quitté pour faire face aux troupes wisigothiques de roi Roderik, sur l’île il ne restais donc qu’ un petit détachement avec la femme de Tarik ibn Ziyad, Umm Hakim, Tarik nomma l’endroit Jazirat Umm Hakim, ou l’île de Umm Hakim. Après la bataille de Guadalete les troupes arabes ont poursuivi la conquête de la péninsule et la petite base temporaire sur l’île a déménagé ver la côte, là une vraie ville appelée Al-Jazira Al-Khadra (الجزيرة الخضراء) fut créé.

La médina est construite rapidement une mosquée et un palais; et un port qui a servi de tête de pont dans l’arrivée des nouvelles troupes omeyyades stationné en Ifriqiya et à Ceuta, il y avais un mur avec des tours qui encerclais le vieux bourg, qui a du être reconstruit entre 852 et 886 JC pour éviter les attaques des Vikings comme celle de 859 ou 62 navires au large de la ville, ont attaqué et détruit la mosquée fondé en 711 (donc aucun vestige).

Comme on le sait dans le Vieux Village, il y avait au moins deux mosquées, la Grande Mosquée et la Mosquée à au  bannières, une citadelle fortifiée et un chantier naval ou arsenal.

Selon les sources médiévales la mosquée Al-Jama d’Algésiras à été construit par Abd ar-Rahman I l’Omeyyade lors de son arrivée en Andalousie après la révolution Abbasside (756) et l’architecte étais Abd-Allah ibn Khalid.



Ramla, Palestine occupée par Israel

Palestine, Ramla 716 (Les Omeyyades) 

Selon le géographe arabe 9ème siècle Ya’qubi, ar-Ramleh (Ramla) a été fondée en 716 par le gouverneur du district Filastin (Jund Filastin), Sulayman ibn Abd al-Malik, le frère et successeur de calife Walid Ier. Son nom est dérivé du mot arabe Raml (رمل), ce qui signifie sable. Les premiers habitants sont venus de proximité Ludd (Lydda, Lod). Ramla a prospéré comme la capitale de Jund Filastin, qui était l’un des cinq districts de la province ash-Sham (Syrie) duomeyyade et abbasside empire.

Selon le géographe arabe du 9ème siècle al-Ya’qubi , ar-Ramleh (Ramla) a été fondée en 716 par le calife Omeyyade Sulayman ibn Abd al-Malik , et son nom est dérivé du mot arabe Raml (رمل) – ce qui signifie sable. Les premiers habitants sont venus proximité de Ludd (Lydda, Lod ). Ramla a prospéré comme capitale du Jund Filastin , qui était l’un des cinq districts de la province de bilad al-Sham (Syrie) des Empires Omeyyade et Abbasside . Au 8ème siècle, les Omeyyades ont construit la Mosquée blanche . Ramla étais la principale ville et capitale du district jusqu’à l’arrivée des Croisés au 11ème siècle. La Mosquée Blanche de Ramla a été salué comme la plus belle du pays, en dehors de Jérusalem. Les vestiges de cette mosquée, flanqué d’un minaret ajoutée à une date ultérieure, sont encore visibles aujourd’hui. Dans la cour sont des citernes d’eau souterraines de cette période.



Al-Qalat Ayyoub de nos jours Calatayud s'étend au pied d'un dispositif défensif arabe Omeyyade datant du 9e siècle. Il s'y concentre les vestiges de cinq châteaux : celui de Ayub à l'image , de la Torre Mocha, de la Reloj, de la Peña et celui de la Doña Martina. Les deux premiers sont les plus hauts. Le dernier est le plus ancien. La muraille de quatre kilomètres qui unit l'ensemble est en partie conservée. Calatayud (en arabe,قلعة أيوب, qala`at 'ayyûb : forteresse d'Ayyoub) est une commune espagnole de la province de Saragosse
Al-Qalat Ayyoub de nos jours Calatayud  une commune espagnole de la province de Saragosse

Espagne, al-Qalat-Ayyoub, Calatayud , 716 (Les Omeyyades)

Le fondateur de Calatayud est Ayyŭb ibn Habib al-Lakhmi en 716 voici le récit de sa fondation :

« An 96 de l’hégire 715 de J C. Afin d’empêcher que la mort d’Abdel Aziz al-Lakhmi, n’entraînât l’Espagne dans l’anarchie les généraux et les autres principaux Musulmans élurent pour wali ou gouverneur Ayoub cousin germain de cet émir et fils d’une sœur de Mousa ibn Nusayr. Ayoub par ses talents supérieurs non moins que par sa naissance avait la plus grande influence dans les affaires. Il transféra le siège du gouvernement de Séville à Cordoue afin d’être plus au centre pour surveiller les provinces du Nord qu’il voulait visiter. Il vint en effet à Tolède puis à Saragosse écoutant les plaintes et redressant les torts. Il fit relever plusieurs villes et places fortes ruinées entre autres celle qui porte encore son nom Calatayud par corruption de Calât Ayoub forteresse d’Ayoub . Il visita les places frontières vers les Pyrénées Orientales et pourvut à leur sûreté. Il gouvernait l’Espagne depuis près de deux ans 3 avec autant de prudence que d’intégrité lors que Yezid ben Abon Moslema wali d’Afrique chargé en cas de vacance de pourvoir au gouvernement de l’Espagne à cause de la distance qui la séparait de Damas connaissant la haine du khalife contre les parents de Mousa ibn Nusayr et ayant découvert qu’Ayoub appartenait à cette famille annula son élection et le remplaça par Al Hurr Ibn Abd al-Rahman al-Taqhafy ( 716 et 719) » (source : « L’art de vérifier les dates.. ».éd. in-8°, t. n, p. 311 )

Al-Qalat Ayyoub s’étend au pied d’un dispositif défensif arabe Omeyyade datant du 8 et 9e siècle. Il s’y concentre les vestiges de cinq châteaux : celui de Ayyub à l’image (716 jc) , de la Torre Mocha, de la Reloj, de la Peña et celui de la Doña Martina. Les deux premiers sont les plus hauts.

Le dernier est le plus ancien. La muraille de quatre kilomètres qui unit l’ensemble est en partie conservée. Calatayud (en arabe,قلعة أيوب, qala`at ‘ayyûb : forteresse d’Ayyoub)



Site archéologique de Madinat Ilbira

Espagne, Madinat Ilbira (718-60 jc) (Les Omeyyades) 

Madinat Ilbira (718 jc) en Espagne (al-andalus) aurait été construite en 718 par le tabi3i Hanas ibn Abd Allah al-San’ani mais ce fut Abd al-Rahman (756-788) qui lui donnera sa forme finale.

Selon « Studia Islamica », 109 (2014/1), pp. 62-116, et « Toponimia, Historia y Arqueología del Reino de Granada » de l’Université de Grenade, et les sources comme le géographe arabe al-Himyari ce fut «‘Abd al-Raḥmān ibn . Mu’āwiyya ad-Dakhil (756-788) qui  fonda Madīnat Ilbīra,  al-Ḥimyarī, signalât la construction de sa grande mosquée par Ad-Dakhil, elle périclita suite aux crises internes lors de la 1er fitna Omeyyade de  Cordoue  (vers la fin du 9e siècle) et son abandon en 1013 au profit de la construction de la ville de Gharnata (Grenade). De même, selon toujours l’université de Grenade : « certains aspects urbanistiques et concernant la composition ethnique et sociale de la ville sont retracés. A travers les statistiques élaborées à partir des données des savants, nous avons de même essayé rendre compte de la relation entre le nombre de savants et l’évolution de la ville. Compte tenu de ces données, Ilbīra aurait vécu ses années d’or entre 850 et 950. » 



Fichier: CairoFustatLandscape.jpg
Il ne reste que des ruines, d’al-Askari

Egypte, Al-Askar, 750-1  (Les Abbassides)

La ville d’al-Askar  est une ville (résidence, camp militaire etc) qui a été fondée par Saleh ibn Ali émir des Abbassides en Egypte dans l’année (133 AH – 750 m) au nord de Fostat et elle fut fini en 135 h (752)

Salih ibn Ali ibn Abdallah ibn al-Abbas (711-769 CE) a été nommé comme le premier gouverneur abbasside de l’Egypte le 9 Août 750. Il a gardé le poste pendant moins d’un an, avant d’être nommé gouverneur du Jund Filastin (Palestine) en Mars 751. À ce titre, il a envoyé Sa’id ibn Abdallah dans la première expédition de pillage de l’ère abbasside contre l’anatolie byzantine.

En 136 de l’hégire, le calife Abbasside  Abu al-Abbàs as-Safah nommait son oncle Sàlih ibn ‘Alï gouverneur d’Egypte, de Palestine et d’Ifrîqiya et une armée était rassemblée à Fustàt pour envahir le Maghreb et y imposer l’étendard abbasside sur les Khawarij.

Le 8 Octobre 753 il a été nommé à nouveau en tant que gouverneur de l’Egypte, un poste qu’il a occupé jusqu’au 21 Février 755.  À la mort du calife al-Saffah – le neveu de Saleh – en 754, le frère de Salih du nom d’Abdallah a lancé une révolte en Syrie contre le nouveau calife al-Mansour, affirmant avoir été nommé par al-Saffah avant de mourir comme son successeur.  Il refusera de suivre son frère.

Malgré la rébellion d’Abdallah,  Salih et sa famille été établis comme des potentats abbassides avec en Syrie, une position de force qu’ils détenaient pour le prochain demi-siècle, comme les fils de Saleh  :al-Fadl, Ibrahim et Abd al-Malik chacun reçu les gouvernorats de Syrie et d’Egypte . 

. Son nom complet était مدينة العسكري Madinatu l-Askari « Ville de (Cantonnements) militaire» ou «Ville de (Sections) militaire »

Al-‘Askar devient le centre administratif et militaire de la province jusqu’à l’arrivée des Toulounides avec le préfet Ahmad ibn Tûlûn.

Celui-ci, nommé préfet en 868 profita des difficultés du califat abbasside pour créer un État autonome sous suzeraineté abbasside.



Salamyeh1 est une ville de Syrie située à 33 km au sud-est de Hama dans la province (muhafazah) du même nom, et à 45 km au nord-est de Homs. Elle est surnommée
Salamyeh est une ville de Syrie située à 33 km au sud-est de Hama dans la province (muhafazah) du même nom, et à 45 km au nord-est de Homs.

Syrie, Al-Salamiyya, 754 ( Les Abbassides)

La ville de Salamiyya est reconstruite par Abdullah bin Saleh bin Ali al-Abbassi en 754 de l’ère chrétienne (an 136 de l’Hégire). Elle retrouve alors ses activités et relations commerciales et évolue considérablement au cours du iie siècle et iiie siècle de l’Hégire (viiie et ixe siècles ap. J.-C.). C’est à cette époque que Salamyeh est occupée par un groupe d’Ismaéliens, dirigé par Abdallah bin Mohammad bin Ismail bin Jafar al-Sadeq (l’un des auteurs de l’ouvrage «Les Frères de la Pureté et les amis fidèles»).

Elle est surnommée « La mère du Caire » car, en 894, y est né le second calife fatimide Abû al-Qâsim al-Qâ’im bi-Amr Allah, fils de `Ubayd Allah al-Mahdi.

La ville est également connue pour être un des principaux berceaux de l’Ismaélisme



Ruines de Sijilmassa, Maroc.
Ruines de Sijilmassa, Maroc.

Maroc, Sijilmassa, 757 (Les Midrarides)

Sijilmassa ou Sidjilmassa  était une ancienne ville importante du point vue commercial au Moyen Âge, la ville se trouvait à l’emplacement actuel de la ville de Rissani au sud d’Errachidia, à 40 km au nord des célèbres dunes de Merzouga, dans la région de Tafilalet au Maroc. Actuellement, des ruines attestent de son existence.

Ibn Khaldoun nous raconte la fondation Midraride kharijite  de Sijilmassa :

« Dans les premiers temps de la domination islamique, les Miknasa qui habitaient le territoire de Sijilmasa professaient la religion des Kharijites-sofrites, doctrine qu’ils avaient apprise de certains Arabes qui, s’étant réfugiés dans le Maghreb, devinrent leurs directeurs spirituels et temporels. Les néophytes berbères se précipitèrent alors sur les contrées voisines et secondèrent Maysira dans la révolte qui bouleversa le Maghreb. Une quarantaine de leurs chefs qui venaient d’embrasser le sofrisme, s’accordèrent à répudier l’autorité du khalife légitime, se placèrent aux ordres de ‘Aysa b. Yazîd al-Aswad, personnage très considéré parmi les Kharijites, et fondèrent la ville de Sijilmasa, vers l’an 140/757. Le père de ‘Aysa avait été converti à l’Islam par les Arabes. Tous les Miknasa de cette contrée s’empressèrent d’adopter les croyances de leurs chefs. » 



La cité portuaire d'Al-Mazama , a été fondée par la dynastie des Banu Salih, servait de port à l'émirat de Nekor (9 -11e siècle) dont la capitale se situait à 12 km au sud d'Al-Hoceima. Devenu plus grand sur le site en face de l'île, donc plus important pour l'émirat, il est qualifié de port de Nekor
La cité portuaire d’Al-Mazama , a été fondée par la dynastie des Banu Salih, servait de port à l’émirat de Nekor

Maroc, Nekkor, 760 (Les Salihides)

Récit de la fondation arabe de Nekor au Maroc par la dynastie arabe des Salihides :

Ibn Khaldoun nous dit que la ville de Mezemma (al-Mazama) est en fait celle de Nokour : « Saleh (710-749) ayant reçu ce territoire comme ictâ, y fixa son séjour et eut une nombreuse postérité. Il commença  par rassembler au tour de lui les tribus ghomarites et sanhadjiennes ; et, après les avoir converties à l’islamisme, il maintint son autorité avec leur appui.

Ayant alors pris possession de Temçaman, il propagea rapidement la vraie religion parmi ces populations.

Les devoirs et obligations de la loi leur étant ensuite devenus à charge, elles retombèrent dans l’infidélité, forcèrent Saleh à quitter le pays et prirent pour chef un homme de la tribu de Nefza, surnommé Er-Rondi. Peu de temps après, elles revinrent à la foi et rappe lèrent Saleh au commandement.

Depuis lors, cechef régna sur elles jusqu’à sa mort, événement qui eut lieu à Temçaman, en l’an 132 (749-50).

Son fils et successeur, El-Motacem (749-?), prince rempli d’intelligence et de générosité, se distingua aussi par sa piété . pendant son règne, malheureusement bien court, il présida en personne à la prière publique et fit le prône (khotba) lui-même.

Son frère Idrîs (? -760), qui lui succéda, posa les fondements de la ville de Nokour sur le bord de la rivière [ainsi nommée] ; mais il laissa son ouvrage inachevé et mourut en 143 (760-1). Son fils Saîd (760-803) hérita de l’autorité souveraine et atteignit à une grande puissance.

Il habita d’abord à Temçaman ; mais, bientôt après son avènement (en 760), il termina la construction de Nokour et alla s’y établir. Nokour est la même ville qui porte, de nos jours, le nom d’El- Mezemma. Elle est située entre deux rivières dont l’une, le Nokour, descend du pays des Gueznaïa où il prend sa source dans la même montagne qui donne naissance à l’Ouergha. »



Ruines d'al-Mansurah au Sindh( Pakistan) fondé par les Abbassides 17 ans après la fondation de Baghdad , Mansura ( arabe : منصورہ) était la capitale historique de l' arabe empire Sindh .
Ruines d’al-Mansurah au Sindh (Pakistan) fondé par les Omeyyades au début vers 730-732 comme simple campement ur l’antque ville hindou de Brahmunabad pour finir sous les Abbassides en véritable métropole au règne du calife Abu Jafar al-Mansur 760-768 , al-Mansura ( arabe : منصورہ) était la capitale historique du sindh sous la domination arabe .

Pakistan, al-Mansurah, 760 (Les Abbassides)

Selon le geographe abbasside al-Massudi 893-956 le nom de Mansourah lui vient de « Mansour, fils de Djemhour, que les Omeyyades y avaient placé comme gouverneur ».

Fondation de Mansurah par Omar ibn Hafs al-Muhalabi 760-768, récit d’Abul al-Fida (1273 – 1331) :

« On lit dans le Qânoûn Mansoûrah est dans le Sind son ancien nom est Yamanhou (Brahmunabad).

Le nom de Mansoûrah Victorieuse lui a été donné parce que celui des Musulmans qui la conquit dit alors Dieu nous adonné la victoire.

Mansoûrah dit Ibn Hauqal est une grande ville qu entouré un canal dérivé de l’Indus en sorte qu elle forme comme une île. Ses habitants sont musulmans.

Le climat y est chaud et on n y voit guère que des palmiers.

La canne à sucre y croît ainsi qu un fruit gros comme une pomme et très acide auquel on donne le nom de limounah.. Mohallahî dit dans son Azîzi « Mansoûrah est une grande ville qu entouré un bras de l’Indus. Or l’Indus vient du Moltàn.’ Il ajoute que les palmiers et la canne à sucre abondent à Mansoûrah et que celte ville a été ainsi appelée par Omar ben Hafs surnommé Hèzàrmard al Mohallabî par allusion au surnom d’al-Mansoûr d’Aboû Djafar al Mansoûr le second khalife Abbâside sous le règne duquel ce général la construisit (760-768)  » 

Géographie d’Aboulféda (1273 – 1331) , Volume 2 Par Abū al-Fidāʼp15

Selon le « Le grand dictionnaire historique ou Le melange curieux de l’Histoire sacrée » p180 …de Louis Moreri la ville de Mansurah du Sindh fut construite par Abu Jafar al-Mansur le deuxième calife Abbasside. L’emplacement de Mansura a été redécouverte au début du 20e siècle par Henry Cousens sur le site de l’antique Brahmanabad.

La plus vieille source qui fait office de seule autorité sur la fondation de al-Mansura est l’historien al-Biladhuri, (Histoire des conquêtes des arabes p. 242) se basant sur al-Madaini, qui a vécu entre 752 -839.



Le vieux Baghdad, Iraq
Le vieux Baghdad, Iraq, source ; « archnet« 

Irak, Baghdad / Madinat al-Salam 762 (Les Abbassides) 

Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au viiie siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers8. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad. Ce nom est cité dans le Talmud, de deux siècles antérieur10. Mais selon l’historien Thierry Murcia, l’édition du Talmud de Babylone serait plus tardive que ce que l’on envisage actuellement. Elle remonterait seulement à la deuxième moitié du viiie siècle voire au début du ixe siècle de notre ère. Murcia estime d’ailleurs que « ce travail éditorial aurait même pu avoir été achevé dans la ville même de Bagdad »11, ce qui pourrait expliquer les mentions répétées de cette métropole dans le corpus de textes rabbiniques. Après la prise du pouvoir par les Abbassides au détriment des Omeyyades de Damas en 750, l’emplacement est choisi comme capitale du califat. Même si, à partir du xe siècle, elle a pour rivales dans cette fonction, d’abord Le Caire (avec la dynastie des Fatimides), puis Cordoue avec le nouveau califat des Omeyyades, elle joue le rôle d’une des capitales de l’islam et le restera jusqu’au milieu du xiiie siècle.

Le Bagdad des Abbassides est une ville ronde dont les dimensions ont fait l’objet de la part des auteurs arabes de nombreuses estimations différentes. Son diamètre était probablement de 2 534 m12. Elle possédait quatre portes : la porte de Syrie au N.-O., la porte de Bassora au S.-O., la porte de Koufa au S.-E. et la porte du Khorasan au N.-E.13. Elle est protégée par un fossé de vingt mètres de large et une double enceinte circulaire qui, en plus des quatre portes, comportait 112 tours. Le palais, la mosquée et les casernes se trouvent au centre, tandis que la ville constitue un anneau entre les deux remparts. La ville est dominée par le dôme vert du palais, de48,36 mètres de haut. Ce dôme qui fit la gloire de Bagdad se serait effondré en 941 à cause de la foudre. La ville ne tarda pas à s’agrandir et donc à perdre sa forme ronde originelle. Dès 773, Al-Mansur construisit au N.-E. De cette dernière, un nouveau palais, Al-Khuld, dont le nom rappelait le paradis.

Comme la ville devenait une énorme agglomération, dont la populace remuante inspirait la méfiance du calife, en 774, Al-Mansur transféra les marchés vers un nouveau quartier au sud de la Ville Ronde, qui fut appelé Al-Khark, entre les canaux Sarat et Isa. Sous son règne également, on construisit sur la rive orientale du Tigre un camp militaire pour son fils, auquel il emprunta son, Askr Al-Mahdi ou « le camp d’Al-Mahdi », que l’on appela plus tard Al-Rusafa14.

Sous Harun al-Rashid, les membres de la famille des Barmakides occupaient le poste de vizir. Jafar fit bâtir sur la rive orientale du Tigre au sud-est de Bagdad un palais qui devait jouer un rôle important dans le développement ultérieur de la ville.

En 813, le califat était déchiré par une guerre civile entre les deux fils d’Hâroun ar-Rachîd, Al-Amin et Al-Ma’mūn. Elle se termina par le siège de Bagdad par les forces d’Al-Ma’mūn. Il dura quatorze mois. Face à la défense acharnée de la population, les assiégeants détruisirent une grande partie de la ville ronde, qui ne s’en releva jamais.

À partir de Al-Mutasim (833-842), les califes abbassides achetèrent des esclaves turcs, appelés ghulams, pour se constituer une armée dont il attendaient plus de loyauté que de leurs partisans khorassaniens. Entre ces troupes turbulentes et la population de Bagdad les heurts étaient fréquents. Ce calife décida donc de déplacer sa capitale vers Samarra. En 865, le calife d’Al-Musta`in, qui se trouvait de plus en plus sous la tutelle des Turcs, quitta Samarra et retourna à Bagdad. Les Turcs ne l’entendirent pas de cette oreille et choisirent al-Mutazz comme nouveau calife. Bagdad fut à nouveau assiégée. Le gouverneur de la ville, Mohammed ibn Abadalla ibn Tahir, fit fortifier la ville et enrôla tous les habitants dans sa défense. Affamée et excédée par la durée du siège, la population manifesta son mécontentement et des émeutes éclatèrent. Le gouverneur Tahir, tout en protestant de sa fidélité à Al-Musta`in, entama des négociations avec les Turcs. En 866, ‘Al-Musta`in fut destitué puis exécuté.

Le départ du calife n’avait pas entamé la vitalité commerciale et l’éclat intellectuel de Bagdad, où, le calife Al-Mutamid revint définitivement en 892. Il s’installa dans l’ancien palais de Jafar le Barmakide. Après sa construction, il avait été cédé à Al-Manum, qui le donna à son tour à un de ses principaux serviteurs, al-Hasan b. Sahl. Il prit alors le nom de palais Hasani. Il fut ensuite occupé par sa fille Buran, veuve de al-Mamun, jusqu’au retour à Bagdad d’al-Mutamid. À ce palais vinrent s’en ajouter d’autres : al-Firdus (le paradis), al-Taj (la couronne) ainsi que al-Thuraya (les Pléiades), relié au palais al-Hasani par un couloir souterrain. Cet ensemble devint au fil du temps le Dar al-Khalifa (la demeure du Califat).

C’est à Bagdad qu’est fondée en 832 la plus ancienne Maison de la sagesse (Bayt al-hikma), sous le règne d’Al-Mamun. C’est un établissement particulièrement actif, spécialisé dans la traduction d’ouvrages en grec, pehlevi et syriaque. Des savants y viennent de tout l’empire abbasside, facilitant l’introduction de la science perse, grecque et indienne dans le monde arabo-musulman de cette époque. Astronomes, mathématiciens, penseurs, lettrés, traducteurs, la fréquentent, et parmi eux, al-Khwarizmi, Al Jahiz, al Kindi, Al-Hajjaj ibn Yusuf ibn Matar et Thābit ibn Qurra15.

La ville fut officiellement nommée Madīnat as-Salām (la cité de la paix) par son fondateur, le calife Al Mansur. Elle était également connue sous les noms de Madīnat al-Anwār (la cité des Lumières), ʿĀsimat ad-Dunyā (la capitale ou centre du monde) la ville ronde et la ville d’Al Mansour



Une mosquée fut construite par les Arabes Omeyyades ici à Tobna en Algerie (zab de l'ifriqiya), vers 706 JC sous Hassan ibn Numan ou Musa ibn Nusayr ( selon al-Bakri), et reconstruite par les Abbassides avec la ville de Tobna (palais du gouverneur, mosquées, remparts et hamam) par ordre du deuxième calife Abbasside Abu Jafar al-Mansur en 768 par le gouverneur abbasside Omar ibn Hafs al-Muhallabi al-Azdi
Une mosquée fut construite par les Arabes Omeyyades ici à Tobna en Algerie (zab de l’ifriqiya), vers 706 JC sous Hassan ibn Numan ou Musa ibn Nusayr ( selon al-Bakri) dans ce qui n’était qu’un camps dans la forteresse byzantine, et reconstruite par les Abbassides avec la ville de Tobna (palais du gouverneur, mosquées, remparts et hamam etc) par ordre du deuxième calife Abbasside Abu Jafar al-Mansur en 768 par le gouverneur abbasside Omar ibn Hafs al-Muhallabi al-Azdi (768-771)

Algerie, at-Tubnah (768) (Les Abbassides) 

Tobna avait une importance tel au temps de la domination Arabe en Ifriqiya, que son gouverneur, Ibrahim al-Aghlab s’imposera à Kairouan capitale de province, et fondera ainsi la première dynastie arabe indépendante d’Afrique du Nord.

Le géographe et Historien andalous al-Bakri (1014- 1094) reviens sur  la ville de Tobna  et sa fondation Abbasside :

« Tobna, grande ville dont le mur actuel a été construit par l’ordre d’Abu Jafar al-Mansur (le deuxième calife Abbasside). Moussa ibn Nucayr al-Lakhmi ( général Omeyyade) qui s’empara de cette place et de tant d’autres, y fit vingt mille captifs; mais leur roi, Koceila, lui échappa. Tobna est entourée d’une muraille en briques, et possède quelques faubourg et un château. Dans l’intérieur du château ce vois un djama et un grand réservoir qui reçoit les eaux des jardins apparentent à la ville. Quelques personne disent que Tobna fut Bâtie par Abou Djafar Omar ibn Hafs al-Muhalabi, surnomé Hezarmerd.La Population, dont une partie seulement est arabe, est partagée en deux fractions qui sont toujours à ce quereller et à ce battre l’une avec l’autre.Une tribu, appelé, les Beni Zekrah, habite dans le voisinage de la ville.

Voici ce que dit Muhammad ibn Yussuf :  « Le château de Tobna, énorme construction ancienne, est bâti en pierre et couronné par un grand nombre de chambres voûtées, il sert de logement aux officier qui administres la province, et touche au coté méridional du mur de la ville, il ce ferme par une porte de pierre (..) Muhammad ibn Yussuf poursuivant :  “(..) Au-dehors de Bab El Feth se trouve un vaste champ, grand comme les deux tiers de la ville et entouré d’un mur construit grâce à Omar Ibn Hafs al-Muhallabi (de la dynastie arabe des Muhalabides). »

Ibn Al-Athir  nous parle de la fondation Abbasside de Tobna dans son Kamil tarikh , histoire du Maghreb et de l’Espagne:

« En 151 (25 janvier 768), El-Mançoûr (le deuxième  calife Abbasside) nomma au gouvernement de l’Ifrîkiyya Abou Dja’far ‘Omar ben Hafç, descendant du frère d’El-Mohalleb, c’est-à-dire de K’abîça ben Abou Çofra ; nous rapportons cette généalogie à cause de la notoriété d’El-Mohalleb.

La nomination d’Omar eut pour cause les craintes conçues par El-Mançoûr au sujet de cette province, à la suite de la mort violente d’El-Aghlab ben Sâlim. Il gagna Kayrawân en çafar 151 (24 février 768), à la tête de cinq cents cavaliers, et les principaux de la ville, s’étant réunis autour de lui, furent traités par lui avec honneur et générosité. Il s’installa dans cet endroit, et pendant trois ans tout marcha bien.Il se rendit alors dans le Zâb, d’après l’ordre d’El-Mançoûr , pour y reconstruire la ville de Tobna, et laissa à Kayrawân H’abîb ben H’abîb al-Mohallebi.L’Ifrîkiyya se trouvant ainsi dépourvue de djond, les Berbères en profitèrent pour se révolter, et H’abîb, en voulant les combattre, fut tué.Les Berbères se concentrèrent à Tripoli et choisirent pour chef Abou H’âtim l’Ibâd’ite, qui était un client de Kinda et s’appelait Ya’koûb ben H’abîb.El-Djoneyd ben Bechchâr al-Asadi,[162] lieutenant d’’Omar ben H’afç à Tripoli, demanda à son chef des secours avec lesquels il pût combattre Abou H’âtim ; il en obtint, mais il fut battu et se réfugia à Gabès, où son vainqueur l’assiégea, tandis qu’’Omar, toujours au Zâb, s’occupait de reconstruire T’obna.



Site de la Tahert rustumide, près de l'actuel Tiaret, dans la partie ouest de l'Algérie La ville semble avoir été fondée par Ibn Rustum comme une cité kharijite par excellence, visant à rivaliser avec la Kairouan malékite. Ibn Saghîr, auteur « rustumide » de la fin du IXe siècle, parle d’une certaine vie agréable dans la Tâhirt de l’époque [2] : « Il n’était pas un étranger s’arrêtant dans la ville qui ne si fixât chez eux et ne construisit au milieu d’eux, séduit par l’abondance qui y régnait, la belle conduite de l’Imâm, sa justice envers ses administrés et la sécurité dont tous jouissaient pour leurs personnes et leurs biens. Bientôt on ne voyait plus une maison en ville sans entendre dire : celle-ci est à un tel de Koufa, celle-là à un tel de Basra, cette autre à un tel de Kairouan, voici la mosquée des gens de Kairouanet leur marché ; voici la mosquée et le marché des Basriens, celle des gens de Koufa. »
Site de la Tahert rustumide, près de l’actuel Tiaret, dans la partie ouest de l’Algérie
Algerie, Tahert al-Jadida 761-71 (Les Rustumides) 

La localité romaine est détruite en 681 lors de l’invasion musulmane de l’Afrique du Nord par Okba ben Nafi et les nouveaux arrivants arabes investissent les lieux ,  plus tard les rustumides d’origine persane et les Berbères kharijites comme les précédents habitants, auraient rebâti sur ses ruines une ville nommée Tahert (la neuve) al Jadida.

L’ancienne ville de Tahert al-Qadima existait avant les Rustumides (dynastie kharijite persane) les Rustumides ont fait la Tahert al-Jadida mais  pas la Qadima, car elle fut conquise par Okba ibn Nafi al-Fihri général Omeyyade en battant les berbères et les byzantins qui s’y trouvait. (Ibn Khaldoun, Ibn ab al-Hakam, al-Nuwayri)

Un atelier de frappes monétaires « abbasside ce trouvais a Tahert. En effet Tahert al-Qadima existait encore au moment où Ibn Rustum al-Farisi al-Khariji s’installa dans la région car des pièces de bronze,(fulus), furent retrouvées à Volubilis (Maroc) mais frappées dans la ville de Tahert (Madinat al-Tahart), mentionnent le nom d’un gouverneur arabe de la ville, dépendant des Abbassides de  Baghdad  source: (L’urbanisation dans l’Algérie médiévale de A Khelifa – ‎2004 et Colin G. S., Monnaies, 1936, p. 118 et 123-124 Eustache D., Monnaies de Tahert, 1962, p. 75.

Puis, entre 761 et 771, le gouverneur de Kairouan, le kharidjite  persan Abd al-Rahman ibn Rustum, chassé par les Abbassides, se réfugie dans la région avec ses fidèles, et ayant obtenu le soutien des habitants y fonde « Tahert la Neuve » (Tahert al-Gadida), la première Tahert devenant alors « Tahert la Vieille » (Tahert al-Qadima).

Ibn Saghîr, auteur « rustumide » de la fin du IXe siècle décris la ville de Tahert al-Jadida :
« Il n’était pas un étranger s’arrêtant dans la ville qui ne si fixât chez eux et ne construisit au milieu d’eux, séduit par l’abondance qui y régnait, la belle conduite de l’Imâm, sa justice envers ses administrés et la sécurité dont tous jouissaient pour leurs personnes et leurs biens. Bientôt on ne voyait plus une maison en ville sans entendre dire : celle-ci est à un tel de Koufa, celle-là à un tel de Basra, cette autre à un tel de Kairouan, voici la mosquée des gens de Kairouanet leur marché ; voici la mosquée et le marché des Basriens, celle des gens de Koufa. »



Image satellite de la ville de Raqqa construite en 772 par le 2e calife abbasside Abu Jafar al-Mansur Syrie.
Image satellite de la ville de Raqqa en Syrie, avec la muraille en forme de fer à cheval construite en 772 par le 2e calife abbasside Abu Jafar al-Mansur, Syrie, c’est vraiment le dernier rescapé type de l’architecture urbain de la baghdad abbasside

Syrie, ar-Raqqah / ar-Rafiqah (771) (Les Abbassides)

L’antique site fut fondée par le grec Séleucos II, sous le nom de Callinicum sur le site de l’antique Nicephorium, et fit partie de l’Osroène.

Elle deviens musulmane en 639 ap. J.-C. au main  du conquérant arabe musulman Iyad ibn Ghanem radi Allah anhu.

Depuis, elle a figuré dans les sources arabes  sous le nom d’ar-Raqqah.  À la reddition de la ville, les habitants chrétiens ont conclu un traité avec Ibn Ghanem radi Allah anhu, cité par al-Baladhuri . Cela leur a permis la liberté de culte dans leurs églises existantes, (avec l’interdiction d’en construire des nouvelles).

Le successeur d’Ibn Ghanem comme gouverneur du califat Rashidun d’ar-Raqqah et de la Jazira , Sa’id ibn Amir ibn Hidhyam radi Allah anhu, avait  construit la première mosquée de la ville.

Ce bâtiment a ensuite été élargie à des proportions monumentales, mesurant environ 73 × 108 mètres, avec un minaret carré en brique ajouté plus tard, dans le milieu du 10ème siècle.

La mosquée a survécu jusqu’au début du 20ème siècle, est décrit par l’archéologue allemand Ernst Herzfeld en 1907, mais a depuis disparu.

En 656, au cours de la Première Fitna , le bataille de Siffin , l’affrontement décisif entre Ali et l’ omeyyade Mu’awiya radi Allah’anhum  a eu lieu. à 45 km  à l’ouest de Raqqah, et les tombes de plusieurs des partisans d’Ali (comme Ammar ibn Yasir et Uwais al-Qarni ) sont situés dans ar-Raqqah.

La ville contenait également une colonne avec l’autographe d’Ali radi Allah anhu mais cela a été enlevé dans le 12ème siècle et emmené à  Alep dans la mosquée Mosquée de Ghawth.

L’importance stratégique d’ar-Raqqah a grandi pendant les guerres à la fin de la période omeyyade et le début du régime abbasside, et gagna en splendeur : le calife Omyyade Hisham ‘y fit construire deux palais.

Ar Raqqah-était situé sur le carrefour entre la Syrie et l’Irak et de la route entre Damas , Palmyre , et le siège temporaire du califat Resafa , ar-Ruha ‘ .

Entre 771 et 772,  le calife abbasside Abu Jafar al-Mansour à construit une ville de garnison à environ 200 mètres à l’ouest d’ar-Raqqah pour un détachement de son armée Khorassanienne. Elle a été nommé ar-Rāfiqah.

La force de l’armée impériale abbasside est encore visible dans le mur de la ville impressionnante de ar-Rāfiqah.

Ar Raqqah et-ar-Rāfiqah ont  fusionnés en un seul complexe urbain, devenu que plus grande que l’ancienne capitale des Omeyyades de Damas.

En 796, le calife abbasside Harun al-Rashid  choisi ar-Raqqah / ar-Rafiqah comme sa résidence impériale.

Pour environ treize années ar-Raqqah était la capitale de l’empire abbasside étendant de l’Afrique du Nord à l’Asie centrale, tandis que l’organe administratif principal est resté dans Bagdad .

La zone du palais d’ar-Raqqah couvrait une superficie d’environ 10 kilomètres carrés (3,9 km ²) au nord des villes jumelles.

L’un des pères fondateurs de l’école Hanafite, Muḥammad ash-Shaibani , qui était chef cadi (juge) d’ar-Raqqah.

La splendeur d’ar-Raqqah est relaté dans plusieurs poèmes, recueillis par Abu al-Faraj al-Isfahani dans son « Livre des Chants » ( Livre des Chansons ). Seule la petite, restauré Palais dit de l’Est sur les franges du quartier du palais donne une impression de l’architecture abbasside .

Environ 8 km à l’ouest de ar-Raqqah il y a un monument appelé Heraqla de la période du calife Abbasside Harun al-Rashid, ont  dit qu’il commémore la conquête de la ville byzantine de Herakleia en Asie Mineure en 806.

Après le retour de la capitale abbasside à Bagdad en 809, ar-Raqqah est restée la capitale de la partie occidentale de l’empire, y compris l’Egypte .



File:Sousse Kasbah.JPG
La Medina de Sousse

Tunisie, Sousse 787 (Les Abbassides) 

Le début de la période arabo-musulmane de Souss peut être fixé à 670, lorsqu’Oqba Ibn Nafi Al Fihri assiège l’antique ville de Hadrumete qui prend le nom de Sousse.

Elle est d’abord une petite agglomération pourvue en 787 d’un ribat et habitée essentiellement par des ascètes  et soldats chargés de la défense des côtes. De la elle deviens une véritable ville musulmane.

Le nouvel essor de Sousse vient du second prince aghlabide Ziadet-Allah Ier qui dote la ville d’un chantier naval (821) d’où partent les navires à la conquête de la Sardaigne (821), de Malte, de la Sicile (827) ou de Rome (846).


Le vieux Najjaf
Le vieux Najjaf

Iraq, Najjaf, 791 (Les Abbassides)

La ville elle-même a été fondée en 791 (178 AH) par le calife abbasside Haroun al-Rashid.

source : Encyclopedia of Islamic Civilization and Religion publié par Ian Richard Netton p478-9



Monastir en 1956
al-Monastir en 1956

Tunisie, Monastir 796 (Les Abbassides)

Selon le Dr Mohamed Salah Sayadi, la ville de Monastir serrai le premier « Kairouan » du nom d’Al-Qarn (non localisé, comme le Tikarwan d’Abu al-Muhajir Dinar) fondé par Mu’awiya Ibn Hudayj al-Kindi en 45 de l’Hégire (655 après jc). « Le premier, près de Qammouniya à al-Qarn et le second celui qui existe aujourd’hui ». Le deuxième Kairouan fondé par Okba Ibn Nafaa en 58 de l’Hégire (678 après Jésus Christ) actuellement Al-Baten (Baten al Qarn) se trouve au Nord-Ouest de la ville de Kairouan.

Le calife Abbasside Hârûn al-Rashîd aurait demandé au gouverneur d’Ifrîqiya, Harthama ibn  A‘yân, d’y édifier, en 180/796, le premier ribâṭ.

Les châteaux de Monastir selon al-Idrissi vol I p 258 « sont au nombre de trois ils sont habités par des religieux auxquels les Arabes ne font aucun mal et dont ils respectent les habitations et les vergers ». C’est à Monastir dit toujours al-Idrissi que les « habitants de la ville de Mahdia située à 3o milles vont par mer ensevelir leurs morts ». On lit aussi dans al-Bakri  notice de ME Quatremère que le grand palais de Monastir fut bâti par les ordres de Harthama ibn  A‘yân (émir Abbasside) l’an 18o de l’hégire et qu il s’y tient chaque année le 1o de Moharrem une foire importante qui attire une foule immense. Not et Ert t XII p 488 6



Ruines du bassin d'al-Abbâssiya, ville crée en l'an 800 par Ibrahim al-Aghlab
Ruines du bassin d’al-Abbâssiya, ville crée en l’an 800 par Ibrahim al-Aghlab

Tunisie, Al-Abbassiya, 800 (Les Abbassides -Aghlabides)

Description d’al-Abbasiya dans ‘ »l’Histoire de la Tunisie » : « Al-Abbàsiya est une ville princière fondée en 184/800 par Ibrahim Ibn al-Aghlab, quelques mois après son accession au trône, sur un ancien site romain dénommé Qasr al-Mâ. La ville, qui montre à travers son toponyme les liens très étroits entre les Aghlabides et les Abbassides, était nommée aussi al-Qasr al-Qadîm. Elle se trouvait à 3 km.au sud de Kairouan. Les sources, qui la présentent comme un lieu de villégiature et un camp imprenable, signalent plusieurs palais, un hôtel de la monnaie et une mosquée célèbre par son minaret rond à sept étages. De ces vestiges, rien ne subsiste. Seul un réservoir de petites dimensions est, de nos jours, reconnu. Il adopte le même parti technique que les bassins de Raqqâda à savoir : un réservoir sub-aérien consolidé par des contre forts arrondis et revêtu d’un solide mortier à tuileaux »   



Fès 801-17 (régent rachid idrisside) Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès
Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès

Maroc, Fès 801-17 (Les Idrissides) 

La ville « Médina Fès » a été fondée par le chérif alide Idris Ier en 789 à l’emplacement de l’actuel quartier des Andalous, mais la trace la plus lointaine de Fès est au niveau de la numismatique avec une pièce frappée en 801 et Idris Ier étant déjà mort, ce fut sous la régence de Rashid . En 808, le régent Rashid ibn Morshid fonde « al-Aliya » sur l’autre rive de l’oued de Fès. Al Aliya se développe très vite et devient une véritable ville avec mosquée, palais et kissariya (halle, marché).

Les sources d’eau vitales aux alentours de Fès, qui avant même sa fondation étaient connues et louées en chanson, ont sans aucun doute été un critère important lors du choix de l’emplacement pour la future métropole.

Les évolutions suivantes sont dues à deux vagues successives d’émigration : à partir de 817–818 s’installent dans la ville fondée par Idrîs Ier près de 800 familles andalouses expulsées par les Omeyyades des faubourgs de Cordoue. Peu de temps après environ 200 familles bannies de Kairouan en Ifriqiya (fuyant les persécutions des Aghlabides) s’installent sur la rive d’al-Aliya. La mosquée universitaire Quaraouiyine fondée par l’aristocrate d’origine kairouanaise Fatima el Fihriya au ixe siècle devient l’un des centres spirituels et culturels les plus importants de l’époque et participe à l’âge d’or intellectuel de la civilisation islamique. Son influence se fait ressentir jusque dans les écoles d’Al-Andalus, et au-delà vers l’Europe d’où elle attire un grand nombre de savants et de mystiques y compris chrétiens comme Gerbert d’Aurillac futur pape Sylvestre II.

Les nouveaux arrivants apportent avec eux aussi bien un savoir-faire technique et artisanal qu’une longue expérience de la vie citadine. Sous leur impulsion, Fès devient un centre culturel important et après la fondation de la mosquée universitaire Quaraouiyine le cœur religieux du Maghreb.

Fès se trouve à un emplacement particulièrement avantageux, au croisement de routes commerciales importantes, au cœur d’une région naturellement généreuse avec des matières premières précieuses pour l’artisanat (pierre, bois, argile). Ceci lui permet de développer une riche culture esthétique issue de la grande tradition de l’art arabo-andalou. Fès se trouve sur la route des caravanes allant de la Méditerranée à l’Afrique subsaharienne en passant par la grande cité commerciale de Sijilmassa (disparue au xviie siècle) dans la région de Tafilalet, ce qui augmente également son attrait économique.

Selon al-Qantara : « Le fait historique majeur du règne d’Idrîs II est sans doute l’achèvement de la fondation de Fès. Une tradition historiographique, véhiculée depuis le Moyen Âge, lui attribue à lui seul la fondation de la ville, mais les recherches historiques et numismatiques, ont prouvé que Fès a été fondée en deux étapes. D’abord, sous Idrîs Ier, un premier noyau est établi dès 789 sur la rive est de l’oued Fès ; il est appelé Madinat Fas, nom qui apparaît sur des monnaies frappées en 801 et 805. En 808, Idrîs II fonde sur la rive opposée un second centre, qui porta jusqu’au milieu du IXe siècle, le nom d’al-‘Aliyya. Le peuplement des deux noyaux est renforcé par l’arrivée en 814 de réfugiés andalous fuyant la répression qui suit la révolte du Faubourg (Rabad) de Cordoue, ainsi que par des populations originaires de Kairouan. Cet apport démographique donnera aux deux rives leurs toponymes : al-Andalus (rive des Andalous) et al-Qarawiyyîn (rive des Kairouanais). Fès restera une ville double, avec deux noyaux séparés dotés chacun d’une enceinte, jusqu’à son unification par les Almoravides au XIe siècle.

À la mort d’Idrîs II en 828, ses fils se partagent le territoire de la dynastie, et l’aîné Muhammad hérite de Fès. Le pouvoir idrisside désormais morcelé ne sera plus jamais réunifié. Les territoires gouvernés par les descendants d’Idrîs II sont essentiellement concentrés dans le nord du Maroc, avec quelques possessions dans le Tadla ou dans l’extrême sud du pays. Les Idrissides continuent à cohabiter avec d’autres dynasties locales : les Salihides de Nakkur, les Barghwatas des plaines atlantiques et les Midrarides de Sijilmasa. D’autres pouvoirs éphémères, mu`tazilites ou kharijites, sont également connus grâce à leur frappe monétaire »



basra maroc 796-803 Ruines de Basra ou Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») est un site archéologique du Maroc, devenue capitale des Idrissides, dynastie ayant régné de 789 à 985, lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides.
Basra al-Hamra  ville des Idrissides

Maroc, Basra 796-803 (Les idrissides) 

Basra ou Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») est un site archéologique du Maroc, devenue capitale des Idrissides, dynastie ayant régné de 789 à 985, lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides

La ville de Basra est fondée par les Idrissides et nommée d’après la ville de Bassora, en Irak. Elle apparaît en tant qu’atelier de frappe monétaire dès le début du ixe siècle.

Au xe siècle, le Maroc est la scène des confrontations, directes ou par alliés interposés, entre Omeyyades de Cordoue et Fatimides. En 926, les Idrissides sont chassés de Fèsmais conservent leur pouvoir sur certaines régions, principalement au nord-ouest du Maroc, dont la ville de Basra.

Le géographe arabe Ibn Hawqal, dont les voyages se déroulent de 943 à 969, décrit la ville desservie par deux ports fluviaux comme un centre de commerce florissant et une importante zone de production de coton et de céréales.

En 988, la ville est détruite par l’armée fatimide commandée par Bologhine ibn Ziri. Lorsque Léon l’Africain (1488-1548), découvre la ville, elle est intégralement en ruines. (D. Eustache, Al-Basra, capitale idrisside et son port. Hespéris, 1956, 133-195.=



Vue sur des ancienne maisons de Zabid
Vue sur des ancienne maisons de Zabid

Yemen, Zabid, 819 (Les Abbassides – Ziyyadides)

Zabid a  été fondée par Mohammed Ibn Ziyad en 819. C’est aussi la date de fondation de l’université, et le début de remarquables réalisations académiques en algèbre dans le monde arabe.

Zabid est l’une des villes côtières de la région de Tihama, dans l’ouest du Yémen, fondé par Muhamad Ibn Ziyad al-Umawi en 819 membre de la famille Omeyyade épargné par le calife abbasside al-Mamun, fondateur de la dynastie Ziyyadites.

La dynastie Ziyadide était une dynastie arabe Sunnite de souche Qurayshite par les Banu Umayyah (Omeyyades) qui régna sur l’ouest du Yémen de 819 jusqu’à 1018 à partir de la capitale de Zabid .

C’était le premier régime dynastique à exercer le pouvoir sur la plaine yéménite après l’introduction de l’islam depuis l’an 630 Jc.Zabid a rapidement acquis une réputation de ville de chercheurs.

À son apogée, sous les Rassoulides, elle offrait 5 000 places d’étudiants

Al-Khandaq, dit Candia, Chandax, actuellement Héraklion. en Crète

Crête, Al-Khandaq , 824-827 (Ribadi de Cordoue)

L’émirat de Crète est un État musulman qui exista sur cette île de la Méditerranée orientale de la décennie 820 à 961. Il fut fondé par un groupe d’Andalous exilés de Cordoue, qui conquirent la Crète.

Al Khandaq (en arabe, خندق). Ce terme qui signifie « fossé », tire son origine du fossé défensif creusé pour défendre la cité.

Jusqu’en 961, la ville se développa grâce à la piraterie contre l’empire byzantin, car les Arabes qui l’occupaient ne dépendaient d’aucune autre faction du monde musulman (Tantôt fatimide de Mahdia, tantôt Abbasside de Baghdad, avec des renforts venant d’Afrique du nord (Alexandrie, Barqa)  ou du Moyen orient (Syrie-Palestine) étant eux-mêmes andalous) et par conséquent ne se souciaient pas de diplomatie.

Cette activité leur coûta néanmoins l’indépendance et bien plus, puisqu’après onze mois de siège, en 961, le général byzantin Nicéphore Phocas, futur empereur, reconquit la ville, la pilla, massacra l’ensemble des Arabes, et la réduisit en cendres.



Samarra 833 (calife abbasside mutasim) Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.
Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.

Iraq, Samarra 833 (Les Abbassides) 

Samarra , fondée en 833 par le calife abbasside Al-Mutasim, afin d’y installer ses mercenaires turcs recrutés la même année lors de son accession au califat. Écartée de Bagdad où elle molestait la population locale, la nouvelle garde du calife y vécut en véritable micro-société et Samarra devint alors la nouvelle capitale du monde musulman.

Lors de l’époque appelée « l’Anarchie de Samarra », les troupes abbassides maghrebine, turques et du Ferghana ce sont affronté pour imposés chacune  un calife.

Durant le règne de son successeur Al-Wathiq et davantage sous celui du calife Al-Mutawakkil, Sāmarrā se transforme en une ville commerciale. Ce dernier a été le garant de la construction de la Grande Mosquée de Sāmarrā en 847 avec son célèbre minaret en spirale.

Il conçoit également des parcs et un palais pour son fils Al-Mu`tazz.

Sous le règne d’Al-Mutamid, le califat retourne à Bagdad afin de fuir les exactions de la garde turque ayant assassiné Al-Mutawakkil en 861. Sāmarrā connaît alors un déclin prolongé, qui s’accélère après le xiiie siècle quand le cours du Tigre change.



Madrid Muhammad 860 et 880 C'est durant le règne de Muhammad Ier qu'est fondé Madrid, ici les vestiges de la muraille musulmane
C’est durant le règne de Muhammad Ier qu’est fondé Madrid, ici les vestiges de la muraille musulmane

Espagne, Madrid 860-880 (Les Omeyyades de Cordoue) 

La première trace historique de ce qu’est aujourd’hui la cité de Madrid, date de l’époque de la domination musulmane, concrètement à la fin du ixe siècle, quand l’émir cordouan Muhammad Ier (852-886) dresse une forteresse sur un promontoire près de la rivière du Manzanares, dans un lieu occupé actuellement par le palais royal. La fonction de cette forteresse est de surveiller les cols de la sierra de Guadarrama pour protéger Tolède, l’antique capitale wisigothe. Également celle de Ribat, c’est-à-dire, le point de rassemblement et de départ des campagnes contre les royaumes chrétiens du nord. Par exemple, en 977, Almanzor commence sa campagne à Madrid. Quand le califat de Cordoue se désintègre, Madrid fait partie du royaume taifa de Tolède.

À proximité de cette fortification, fut créée une petite enclave connue sous le nom de Mayrit (pour les chrétiens Magerit) laquelle fut l’objet de plusieurs attaques des rois chrétiens durant la Reconquête, par exemple, Ramiro II de León essaie de l’occuper en 932.

Lorsque Alphonse VI de León se rend à Tolède entre 1083 et 1085, la cité passe aux mains des chrétiens sans lutte, comme divers autres villages du royaume de Tolède.



La mosquée Abbasside Tulunides Ibn Tulun au Caire en Egypte
La mosquée Abbasside Tulunides Ibn Tulun au Caire en Egypte

Egypte,  al-Qata’i 868 (Les Abbassides – Tulunides)

Le turc Ibn Tulun, 868 profita des difficultés du califat abbasside pour créer un État autonome sous suzeraineté abbasside. Les Touloumides voulurent créer leur résidence et choisirent au nord est d’Al-‘Askar, sur les pentes ouest de la colline qui allait accueillir ce qui deviendra la future citadelle, un espace d’un peu moins de 300 hectares pour implanter leur nouvelle fondation, al-Qatâ’i’. Celle-ci connut un développement similaire à celui d’Al-‘Askar un siècle plus tôt autour du palais d’Ahmad ibn Tûlûn et de la mosquée Ibn Tûlûn dont la construction commencée en 876 fut achevée en 879. Ahmad ibn Tûlûn fit également construire un hôpital et un aqueduc. Al-Qatâ’i’ est embellie par les descendants d’Ahmad ibn Tûlûn avant d’être détruite lors du retour des abbassides en 905. Il n’en reste que la mosquée.



Raqqada 876 (aghlabide abbasside) Le musée de Raqqada
Le musée national d’art islamique de Raqqada est un musée spécialisé dans les arts de l’Islam et situé sur le site archéologique de Raqqada près de Kairouan.

Tunisie, Raqqada 876 (Les Abbassides -Aghlabides)

Raqqada ou Raqqâda (رقادة) est le site de la seconde capitale de la dynastie des Aghlabides (ixe siècle) située à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Kairouan (Tunisie). Le site abrite maintenant le musée national d’art islamique.

En 876, le neuvième émir aghlabide Ibrahim II éprouve le besoin de changer de résidence pour trouver un endroit calme à l’abri du bruit de la ville. La nouvelle cité est pourvue de plusieurs palais et d’une mosquée. Les Aghlabides y fondent une fabrique de textiles et de papiers pour alimenter la Maison de la sagesse et des sciences (bayt al-ḥikma). À certains moments, Raqqada devient même plus grande que Kairouan.

En 909, Ubayd Allah al-Mahdi, fondateur de la dynastie des Fatimides qui s’était installé à Kairouan, s’installe finalement à Raqqada. Il choisit une autre capitale et fonde la ville de Mahdia. Il se proclame lui-même calife en 909.

Le 7 juillet 969, les troupes du quatrième calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah entrent à Fostat en Égypte. Le calife fonde près de cette ville une nouvelle capitale qu’il nomment Le Caire. Al-Mu‘izz aurait fait raser Raqqada après la construction du Caire.

Après 1960, on construit sur le site d’une vingtaine d’hectares un palais présidentiel au milieu des quelques vestiges encore visibles ; il abrite depuis 1986 le musée national d’art islamique de Raqqada.

Des campagnes de fouilles engagées au début des années 1960 sur le site des anciens palais ont livré d’abondants fragments de céramiques à glaçure, dont des tessons et des carreaux à reflets métalliques ornés de motifs floraux et végétaux (feuille de vigne stylisée) ainsi que des coupes soigneusement décorées (coupe à l’oiseau datée de la seconde moitié du IXe siècle)


Vue aerienne de Mdina, Malte
Vue aérienne de Mdina, Malte 

Malte, Mdina, 869, (Les Aghlabides-Abbassides)

Mdina (Mdina vient de l’arabe médina qui signifie « ville »), Malte est une ville reconstruite et fortifié par les Aghlabides sur un ancien site antique du nom de Città Notabil. Selon al-Qantara « Les Aghlabides prennent à leur tour possession de la ville  de Mdina en 879 et vont marquer l’héritage architectonique de la citadelle. »  

Fondée par les Phéniciens comme centre de commerce, au centre de l’île le plus loin de la mer, Mdina a été occupée par les Arabes qui ont divisé l’ancienne cité, qu’ils trouvaient trop grande pour être fortifiée, en deux villes distinctes : fondant ainsi  Mdina « la ville » et Rabat, de Rabat qui signifie « faubourg ».

Les différents noms de Mdina ont été Malet, Melita, Rabbat, Mdina et L-Imdina.

Sur le principal fort de Mdina:

« Les Arabes dont la domination dans les îles eut 220 ans de durée élevèrent en 973 le château Saint Ange qui 592 ans plus tard sauva Malte du joug des Ottomans et dont les fortifications renouvelées font encore aujourd hui l’une des principales défenses « 

Miege, Histoire de Malte, p88


Derb, Medina Djdida, Oran, Algérie
Derb, Medina Djdida, Oran,

Algérie, Oran 902 (Les Omeyyades de Cordoue)

Oran en Algerie fut fondé par l’émir Omeyyade Abd Allah en 902

Les émirs Omeyyades de Cordoue souhaitaient s’installer sur les côtes africaines.

Aux premiers signes de dislocation de l’empire abbasside, les Arabes d’Andalousie, au faîte de leur puissance, choisirent de développer des comptoirs commerciaux sur la côte nord-africaine.

Ainsi Oran fut fondée en 902  par les marins Omeyyade: Muhammad Ibn Abu Aoun et Muhammad Ibn Abdoun et un groupe de marins, envoyés par l’ émir Omeyyades de Cordoue Abd Allah ibn Muhammad al-Umawi  qui est le fils de Muhammad Ier, il est né le 11 janvier 844. Il succède à son frère Al-Mundhir comme émir omeyyade de Cordoue en 888 jusqu’en 912. Il laisse le pouvoir à son petit-fils `Abd ar-Rahmân III an-Nâsir. Il meurt le 15 octobre 912.

Emir à 44 ans, sa piété est appréciée de ses sujets. Il a cependant une réputation très dure, car les troubles durant son règne l’obligent à répandre souvent le sang : un de ses fils, soupçonné de trahison, et de nombreux rebelles. En effet, son accession au trône est le signal de plusieurs révoltes en Al-Andalus. Il bat définitivement l’ennemie  Omar Ben Hafsun (un goth de la shuhbiya anti-arabe), qui s’était rendu indépendant à Malaga et que son père et son frère avaient combattu en vain. De nombreuses autres révoltes éclatent, à cause de l’antagonisme entre les différentes composantes de la population : Arabes, Berbères, Muladi ou Mozarabes et Chrétiens.

Ce fut sous sont règne que la ville d’Oran dans l’actuel Algérie fut construite et qui servira a ses successeurs de base de lute contre les Ismaéliens Fatimides.

Ibrahim des Banu Hadjabj, gouverneur de Séville, prend même le titre de roi et son indépendance, qu’Abd-Allah est contraint de reconnaître. Il meurt en 912, laissant à son petit-fils `Abd ar-Rahmān III an-Nāsir un royaume agité, que ce dernier parviendra à pacifier et à soumettre.

Il épouse entre autres Oneca Fortúnez, fille du roi de Navarre Fortún Garcés et grand-mère d’Abd al-Rahman III.

Ils fondèrent la ville d’Oran pour commercer avec Tlemcen en développant l’occupation de la baie abritée de Mers el-Kébir.

Peu après sa fondation, Oran devient un objet de conflit entre Omeyyades sunnites et Fatimides chiites.

Le conflit entre des fractions des berbère des Ifrenides et les Fatimides et berbère kutamas s’amplifie.

En 954 la ville d’Oran est prise par les berbères Ifrenides commandés par Yala Ibn Mohamed. Sous ses ordres Oran fut détruite et sa population déplacée dans la nouvelle ville qu’il avait bâtie, Fekkan.

Les Fatimides prennent Oran grâce aux vassaux berbères Zirides, ces derniers reconstruisirent la ville d’Oran sur le site actuel.

Alors Ziri b. Ataya des Maghraouas et gouverneur du Maghreb reprend Oran et plusieurs villes des Sanhadjas.

Son fils Al Moez ibn Ziri b Ataya lui succède en 1005 et est gouverneur Omeyades au Maghreb. Son père lui lègue Oran, Tlemcen, Achir, M’Sila, etc

Al-Bakri le célèbre géographe arabe reviens sur la fondation Omeyyade  d’Oran :

« Oran, située à quarante milles d’Arzao , est une place très-forte ; elle possède des eaux courantes, des moulins à eau , des jardins et une mosquée djamê. Elle eut pour fondateurs Mohammed ibn Abi Aoun, Mohammed ibn Abdoun et une bande de marins andalous qui fréquentaient le port de cet endroit. Ils accomplirent leur entreprise après avoir obtenu le consentement des Nefza et des Mosguen [tribus qui occupaient cette localité]. Les Mosguen faisaient partie [de la grande tribu berbère] Azdadja.

[Ces Andalous] qui avaient été les compagnons d’El-Corachi, ( El-Corachi, c’est-à-dire membre de la tribu de Coreich. Il s’agit probablement du général Omeyyades Andalous Abd el-Mclek ibn Omaîa, qui fut mis à mort l’an 282 (8g5-6 de J. C). Voyez l’extrait du grand ouvrage bistorique d’Ibn Haiyan, que M. de Gayangosa inséré dans sa traduction d’ Ël-Maccari , vol. II, p. 454.) fondèrent Oran en l’an 290 (902-903 de J. C). Ils y séjournèrent jusqu’à l’an 297, quand une foule de tribus se présentèrent devant la ville et demandèrent l’extradition des Beni Mosguen , afin d’exercer contre eux une vengeance de sang. Les Andalous ayant refusé de les livrer, ces tribus commencèrent des hostilités contre la ville, la blo quèrent étroitement et empêchèrent la garnison [de sortir pour puiser] de l’eau. Les Beni Mesguen pro fitèrent enfin d’une nuit obscure pour s’enfuir de la place et se mettre sous la protection des Azdadja. Les habitants, se voyant sur le point de succomber, consentirent à livrer leur ville, leurs trésors et leurs approvisionnements, à la condition de pouvoir se retirer la vie sauve. Oran fut saccagée et brûlée par les vainqueurs ; ce qui eut lieu dans le mois de dou-‘l-càda 297 (juillet-août 910 de J. C). Une an née plus tard, les habitants y revinrent avec l’au torisation d’Abou Homeid Doouas, ou Dawoud ibn Soulat, gouverneur de Tîhert. Au mois de châban de l’année suivante (avril-mai 911), la ville com mença à se relever et elle devint plus belle qu’au paravant. Dawoud ibn Soulat el-Lahîci leur donna pour gouverneur Mohammed ibn Abi Aoun. La  ville ne cessa de s’agrandir et de prospérer jusqu’à l’an 3 43 .quand Yâlaibn Mohammed ibn Saleh l’ilrc- nide s’en empara , après avoir attaqué et mis en dé route les Azdadja du mont Guèdera1. Cette bataille eut lieu le samedi 1 5 djomada de l’année susdite (septembre-octobre o5/i de J. C).

Dans le mois de dou-‘l-câda de la même année (mars 955), Yàla transporta les habitants d’Oran à la ville qu’il venait de fonder et qui est connue [par le nom d’IJtjan ou Fekkan]. Oran fut alors dévastée et brûlée pour la seconde fois, et elle resta dans un état d’abandon pendant quelques années. Les habitants ayant alors commencé à y rentrer, la ville se releva de nouveau.  » al-Bakri op cit. p.165 166 167



Msila muhamadiya 925 (bani hamdoun et fatimide) Vue aérienne de la cité Fatimide de Mahdia en Tunisie
Vue aérienne de la cité Fatimide de Mahdia en Tunisie

Tunisie, Mahdia 916  (Les Fatimides)

L’année 916 voit l’arrivée du premier calife fatimide Ubayd Allah al-Mahdi qui ordonne la fondation de Mahdia, dont la construction s’étale sur cinq ans, et qui lui donne son nom actuel. La ville devient ainsi la capitale des Fatimides en 9216 et le reste jusqu’en 973, date à laquelle Mahdia est remplacée par Le Caire. Assiégée durant huit mois (944-945) par les kharidjites sous la conduite de leur chef Abu Yazid, la ville résiste victorieusement. En 1057, les Zirides s’y réfugient face à la menace des Hilaliens.

Ibn al-Athir relate la fondation d’al-Mahdia par le calife Ubayd Allah al-Mahdi :

 « En 303 (16 juillet 915), le Mahdi se rendit en personne à Tunis, à Carthage et ailleurs pour rechercher sur le littoral un emplacement convenable pour y fonder une ville, car il avait trouvé dans les livres l’annonce du soulèvement que fomenterait Abou Yézid contre lui. C’est ainsi qu’il bâtit Mehdiyya, pour laquelle il ne trouva aucun emplacement ni plus convenable, ni plus sûr, car c’est une presqu’île jointe à la terre (par un isthme), ce qui la fait ressembler à la paume de la main se rattachant au poignet. Il l’édifia pour en faire sa capitale et l’entoura de murailles solides garnies de portes imposantes, dont chaque battant pesait cent quintaux. Les travaux de construction commencèrent le samedi 5 dhoû’ l-k’a’da 303 (10 mai 916). Quand les murailles furent montées, il fit lancer par un archer une flèche dans la direction-du Maghreb, et le projectile arriva jusqu’au Moçalla : « C’est jusque-là, » dit-il, « qu’arrivera le maître de l’âne, » désignant ainsi l’hérétique Abou Yézid, à cause de l’animal qui lui servait de monture. Il donnait lui-même aux ouvriers les ordres nécessaires pour les travaux. Il fit ensuite creuser dans la montagne un arsenal (dâr çinâ’a) pouvant renfermer cent galères[291] et qui était fermé par une porte ; le sol fut creusé pour y installer des magasins à vivres et des citernes. On éleva aussi des habitations et des palais. Quand tout fut fini : « Je suis maintenant », dit-il, « tranquille quant au sort des filles fatimides, » désignant ainsi ses propres filles.[292] Ensuite il s’éloigna. Il disait, en contemplant les merveilleux travaux accomplis tant pour la ville même que pour ses fortifications, que tout cela n’était que pour une heure. Son dire se réalisa, car Abou Yézid arriva jusqu’à l’endroit où était tombée la flèche de l’archer, y séjourna une heure, puis se retira sans avoir obtenu aucun succès. »



Vue aérienne de M'Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun
Vue aérienne de M’Sila-Muhammadiya en Algérie, capitale des Bani Hamdoun

Algerie, Msila Muhamadiya 925 (Les Fatimides) 

Fondation de la ville de Msila Muhammadiya, , par Ibn al-Athir revient sur la fondation  d’origine arabe de la ville de Msilla i :

« En 315, au mois de çafar (avril 927), le Mahdi fatimide envoya de Mehdiyya au Maghreb une armée considérable sous les ordres de son fils Abou’ l-K’âsim, ce qui était motivé par la victoire remportée par Mohammed ben Khazer Zenâti sur uns armée de Ketâma et le grand massacre qu’il avait fait de ceux-ci.  L’importance attribuée par le Mahdi à cette affaire lui fit décider l’envoi de ces troupes, dont la mise en marche provoqua là dispersion des rebelles. Après avoir poussé jusqu’au delà de Tahert, Abou l-Kasim revint sur ses pas et traça avec sa lance, sur le sol même, le plan d’une ville qu’il fonda, et à laquelle il donna le nom de Mohammediyya, laquelle n’est autre que Mesîla. »

— Traduction française de ibn al-Athir du kitab (livre) Al-Kamil fi al-Tarikh, p. 116.

Le géographe et historien arabo-andalou al-Bakri (1014-1094), dans sa Description de l’Afrique septentrionale revient sur la fondation par les Banu Hamdun al-Judhami sous suzeraineté fatimide:

« De cala-t-Abi Tawil on ce rend à El-Msila (ou El-Mecila) grande ville située sur une rivière appelé le Seher. Elle eut pour fondateur Abu al-Qasam Ismail, fils d’Ubayd’Allah (le calife fatimide), qui en posa les fondements en l’an 313 (925-926 de notre ère). Ali ibn Hamdoun al-Judhami, mieux connu sous le nom d’Ibn al-Andalusi, fut la personne chargée de faire construire cette ville. Simak ibn Messaud ibn Mansour, l’aïeul d’Ali ibn Hamdoun appartenait à la famille arabe de Djudham (ancêtre de la grande tribus yéménite qahtanite dite « arabe pure »). Nommé par Ismail (fatimide) au gouvernement d’El-Mecila (M’Sila), Ali ibn Hamdoun y passa le reste de sa vie, il fut tué pendent les troubles suscitées par Abou Yezid (le kharijite). Son fils Djafar, qui n’avait pas quitté la ville obtient le commadement du Zab entier (…) »

— Traduction française de Mac Guckin de Slane, de la Description de l’Afrique septentrionale par al-Bakri, pp. 141 et 142.



Madinat az-Zahra la ville arabe construite par les Omeyyades d'Occident
Madinat zahra 936 (omeyyade andalous)

Espagne, Madinat zahra 936 (Les Omeyyades de Cordoue)

Madinat al-Zahra ou medina Azahara (Arabe: مدينة الزهراء) était une cité califale Omeyyade  construite à partir de 936 par les Omeyyades d’Espagne sous le règne de Abd al-Rahman III en l’honneur de sa favorite prénommée al-Zahra (الزهراء, resplendissante).

Des trois terrasses s’étendant au pied de la sierra Morena, des fontaines de mercure et des marbres sertis de rubis et de perles, il ne reste aujourd’hui qu’un vaste espace de ruines. Entièrement détruite et pillée lors d’une invasion de Berbères en 1010 due à une fitna, cette ancienne ville-palais est aujourd’hui un site archéologique en cours de restauration.

La ville nouvelle d’une surface d’environ de 112 ha, avec sa mosquée, ses bains, et ses souks, avait pour fonction la protection des représentants du pouvoir, compte tenu de l’agitation perpétuelle de la cité deCordoue, toute proche (8 km).

Les trois terrasses marquent l’organisation du palais : la terrasse la plus élevée est réservée au palais califal et les deux autres accueillent les bâtiments administratifs, la mosquée, le souk, les habitations des commerçants et fonctionnaires…

La Madinat al-Zahra était embellie par un immense jardin et vergers, fruit des connaissances en botanique et systèmes d’irrigation des arabes à cette époque.

Elle présente une grande enceinte rectangulaire 1 500 × 750 m) enserrant un ensemble d’éléments juxtaposés conçus comme des structures indépendantes. Chaque élément regroupe une série de pièces situées autour d’un patio central, dont une généralement se démarque par sa taille et l’exubérance de la décoration.



Achir 935 (fatimide et ziride)
Achir 935 (fatimide) Selon Lucien Golvin, qui a entrepris des fouilles sur le site en 1954, Achir est composée de deux cités distinctes. Achir, la capitale de Ziri et Benia, construite postérieurement par son fils Bologhine, 2 km plus au sud.

Algerie, Achir 935 (Les Fatimides)

Achir est une ancienne ville Fatimide d’Algérie, lieu d’établissement » des gouverneur Zirides ( la dynastie ziride débute en seulement en 972 elle est donc ville fatimide.) , sous suzerainté Fatimide située à une altitude de 1 280 m  dans les monts du Titteri, dans l’actuelle commune algérienne de Kef Lakhdar (Wilaya de Médéa). La ville est mentionnée par Ibn Khaldoun qui indique que le mont Tetri est le royaume des Zirides, dans lequel se trouvent les ruines d’Achir. Des fouilles archéologiques ont permis de déterminer l’existence de deux sites zirides dans ce secteur.

L’éponyme de la dynastie berbère Sanhadja, Ziri ibn Menad, qui héritait de la domination sur l’Ifriqiya, avait été le lieutenant fidèle et actif des Arabes Fatimides. Dans leurs luttes contre les soldats d’Abou Yazid et contre les Zénètes, qui dominaient à l’ouest de Tiaret, ses interventions avaient joué un rôle décisif.

Aussi, le Calife Fatimide al-Qaim l’avait-il autorisé à affirmer sa jeune puissance par la construction, en 935-936, d’une capitale qui lui servit de place forte .

Georges Marçais, qui a recherché sur place les vestiges des constructions zirides, a montré qu’ils révèlent les progrès du fondateur de la dynastie.

Au début du xie siècle, Al Bakri rapporte que « l’on assure que, dans toute la région, il n’y a pas de place qui soit plus forte, plus difficile à prendre et plus propre à décourager l’ennemi », car dix hommes suffisent à défendre.

Quand, en 972, le calife fatimide Al-Mu’izz quitte le Maghreb pour l’Égypte, il confie l’administration de l’Ifriqya à Bologhine, le fils de Ziri. Celui-ci quitte Achir pour s’installer à Kairouan, mais il va garder des liens étroits avec Achir où sa famille va demeurer.

En 1048, Yusuf Ibn Hammad la prend et la pille ; en 1076, les Zenata l’occupent. Reprise par les Hammadites, elle est dévastée, en 1101, par Tachfine ben Tinamer, le maître de Tlemcen.



File:Palais ElMansour 5.JPG
Ruines du palais fatimide d’Al-Mansur

Tunisie, Sabra al-Mansuriyya 946 (Les Fatimides) 

Al-Mansuriya ou Mansuriyya (arabe : المنصوريه) est une ancienne cité située près de Kairouan en Tunisie. Elle est pendant un siècle la capitale du califat des Fatimides durant le règne des califes Al-Mansur(946-953) et Al-Muizz li-Dîn Allah (953-975).

Bâtie entre 946 et 972, al-Mansuriya est une cité fortifiée abritant des palais entourés de jardins, de bassins artificiels et de canaux. Pour une courte période, elle est le centre d’un État puissant s’étendant sur la plus grande partie de l’Afrique du Nord et la Sicile. Elle continue de servir de capitale provinciale aux Zirides jusqu’en 1057, date à laquelle elle est détruite par l’invasion des tribus hilaliennes.

Tout objet utile ou relique y est pillé durant les siècles qui suivent. De nos jours ne subsistent que de faibles traces.


File:Calascibettadepuisenna.JPG
Calascibetta

Sicile, Calascibetta 951, (Les Kalbides -Fatimides) 

Calascibetta sicile 2km de l’Enna en Sicile, fut construite par les Kalbides en 951 , et elle fut prise par Roger en 1087,  Calascibetta tient son nom de l’arabe Qalat-Scibet fondée lors du siège d’Enna par les Kalbides en 951. Selon Joseph-Antoine de Gourbillon  dans son livre  « Voyage critique à l’Etna » (p208) en 1819, disait sur Calascibetta « petite ville dépendante encore du val Nôto. Cette ville comme son nom l’indique  fut fondée par les Sarrasins qui en firent d’abord une place forte » 

« Presque tous les lieux dont le nom commençait par Rahal et Menzil n’existent plus ceux qui sont encore debout tels que Misilmeri Realbutô et quelques autres sont de simples villages les lieux au contraire dont le nom commence par Calaat et Cassar quoique bien moins nombreux que les précédents si à l aide des anciens documents on en dresse une liste comparative se trouvent en bien plus grand nombre encore existant sur le sol Ils indiquent en général des villes de troisième ordre bâties sur des hauteurs telles sont Galtanissetta Caltagirone Calascibetta Caltabelotta et bien d’autres » introduction  « Histoire de l’Afrique sous la dynastie des Aghlabites et de la Sicile »



(fatimide), photo du Caire fatimide

Egype, Le Caire 969 (Les Fatimides) 

Conquérant de l’Égypte à la tête des troupes fatimides, Jawhar al-Siqilli ou al-Siqilli installe en 969 sa fondation sur 136 hectares, Qâhira, au nord des anciennes fondations. Le site offre l’avantage d’être à l’abri des crues du Nil et à l’écart de Fustât et de ses populations chrétiennes et sunnites. Jawhar fait construire un palais (le palais de l’Est) pour accueillir le calife et la Mosquée al-Azhar, centre de la propagande chiite sur l’Égypte. Les contingents de l’armée, d’origine tribale, furent installés par cantonnements, qui devinrent rapidement des quartiers. Le 10 juin 973, tout était prêt pour accueillir le calife Al-Muizz li-Dîn Allah qui y transféra sa capitale. Qâhira s’affirma alors comme la capitale administrative, culturelle et religieuse de la dynastie fatimide, tandis que Fustât demeurait le cœur économique et concentrait l’essentiel de la population.

Le calife Abu Mansur Nizar al-Aziz Billah, qui succède à al-Mu’izz fait construire à Qâhira pour sa fille aînée un second palais, en face du palais de l’est ou Grand Palais qui s’étend sur 9 hectares, le petit palais de l’Ouest qui s’étend sur 4,5 hectares. Les deux palais s’étendent de part et d’autre de la rue principale de Qâhira. Tracée par al-Mu’izz elle traverse la ville du nord au sud, de la porte, en son milieu elle forme une grande place appeléeentre-les -deux-palais. Le palais du vizirat (Dâr al-Vizâra), résidence des vizirs est construit à partir de 1094. Les palais de Qâhira, et particulièrement le Grand Palais, font l’admiration des voyageurs. Les palais ne forment pas une structure compacte, mais sont constitués de multiples pavillons, de places, de jardins. Le quartier des palais de Qâhira est le cadre des cérémonies et processions de cour. Son accès est strictement réglementé. Autour de celui-ci les zones d’implantations des contingents militaires évoluent rapidement. De nouvelles populations occupent les espaces laissés libres entre les implantations. Qâhira se transforme en véritable ville. Réservée au départ au calife, à sa cour et à son armée, Qâhira attire cependant une population nombreuse pour servir aux palais ou les construire. Du fait de l’éloignement avec Fustât les activités commerciales et artisanales se développent à Qâhira qui commence à s’entendre hors des limites fixées par Gawhar. Au Nord, ‘Azîz puis Al-Hakim bi-Amr Allah font construire la grande mosquée al-Hâkim, à l’ouest, des jardins et des pavillons forment une zone de promenade appréciée, au sud, des quartiers apparaissent sur la route menant à Fustât. Ces extensions, encore modestes, amènent le grand vizir Badr al-Gamâlî, à construire entre 1087 et 1092 une nouvelle enceinte qui porte la superficie de Qâhira à 160 hectares. (images portes Bâh al-Futûh 1087 et Bâh al-Nasr)



Bust, Afganistan, était la capitale militaire d'hiver de la dynastie des Ghaznevides, fondé en 976 comme campement
Bust, Afghanistan,source 

Afghanistan, Bust, 976 (Les Ghaznévides)

Bust, Afghanistan, était la capitale militaire d’hiver de la dynastie des Ghaznevides, fondé en 976 comme campement au tout début de la dynastie. (Stéles arabes de Bust (Afghanistan) Janine Sourdel-Thomine -« Arabica », III, 1956, 285-306.)

La ville antique de Bust sur la rive est de la rivière Helmand, dans le sud de l’Afghanistan a été peuplé dès le septième siècle avant JC mais n’ a vécu son âge d’or que sous les Ghaznévides, qui y ont établi leur capitale d’hiver en 976. Un camping militaire, situé à six kilomètres au nord de la capitale, sur la rive orientale de la rivière Helmand, est devenu leur site de prédilection pour y  installer les palais et a grandi jusqu’au XIe siècle, dans une banlieue royale fortifiée. Son nom arabe, Lashkari Bazar, rejoint le mot militaire « Al-‘Askar » avec « Bazaar », en référence à la rue du marché sur le long menant à la porte sud de la banlieue. (L’équivalent persan est « Lashkargah, ou la place du soldat.) Lashkari Bazar a été brûlé en 1150-1151 lors de la conquête du ghouride ‘Ala al-Din Jahansuz (ou Husayn II, reg. 1149-1161) et a été restauré dans le cadre de la dynastie ghoride

Bazar et de la Mosquée

Le Palais du Sud a été précédée au sud par une vaste court fortifiée, dont la grille se trouvait à l’extrémité sud d’une rue d’un  bazar – avec quatre cent cinquante mètres de long avec plus d’une centaine de stands – qui a donné son nom à la royale banlieue. Les fondements d’une mosquée publique ont été excavées le long du bord ouest de l’esplanade du palais. Archnet source

Subuktugîn — transcrit aussi par Sabuktagin ou Sebük Tigin — (né vers 942 et mort en août 997) est le fondateur de l’empire et de la dynastie des Ghaznévides dans ce qui est l’Afghanistan aujourd’hui.

Subuktugîn naquît à Barskhan. Esclave, il épousa la fille de son maître Alptegîn, le gouverneur des Samanides de Ghaznî, lui succéda comme gouverneur en 977 et se libéra bientôt de la suzeraineté des Samanides en décadence. En 986, il défît le râja Jayapâlaqui régna sur Kaboul, Lâhore et Bathinda.

Le reste de sa vie fut occupé à la conquête d’un territoire correspondant à la majeure partie de l’Afghanistan moderne. Subuktugîn mourut à Balkh pendant une campagne, après avoir désigné son deuxième fils Ismail comme successeur. Ce dernier fut rapidement renversé par son frère ainé Mahmoud qui s’empara du pouvoir.

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« Histoire de la prise de Constantine par les Arabes d’Orient en l’année 654 jc », G. Niculy Limbery

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Al-Qustantiniya – Constantine Algérie

« Histoire de la prise de Constantine par les Arabes d’Orient en l’année 654 de J-C », par G. Niculy Limbery,…

Cet  extrait de l’histoire d’Ifriqiya  est puisé des textes de :  » Mohamed ben Farhoun el-Kairouani. —Mohamed ben Youssef el- Ouarrak -el-Kairouani.— El-Wakadi.—Aboubéker al-Maliki.—Essema ben Zéid al-Laythi. — Aissa ibn Messkin.El-Kilay.—Ibn Schabat  .—Ibn Nébéta.—Ibn Rakik el-Kairouani, et Ibn Négi. » ( G.Niculy Liberly)

Date de l’édition originale : 1870. , texte  adapté par Histoire islamique.

CHAPITRE Ier.

La domination dès empereurs de Byzance en  Afrique ne fut pas longtemps sans être troublée.  L’Arianisme avait reçu un coup mortel dont il lui était difficile de se relever. Les Catholiques triomphèrent ; mais ils avaient d’autres ennemis. Les Mauritaniens opprimés par les Vandales, qui l’avaient été à leur tour, crurent voir une circonstance favorable pour sortir de leur abaissement,  ils se révoltèrent, et forcèrent l’empereur Constant II à envoyer un nouveau général pour les soumettre. Salomon parvint à les ramener à la soumission.  Ce général avait plutôt assoupi les haines qu’il  ne les avaient éteintes, sa modération aurait pu consolider cet ouvrage avec le temps, mais les Préfets grecs ne l’imitèrent pas; ils se conduisirent  dans ces pays, ainsi que ces esclaves titrés qui regardent les places qui les éloignent de la cour  comme des exils, et qui faisant passer leur humeur  sur le peuple qu’ils gouvernent, les dépouillent de leurs richesses pour, se mettre en état de reparaître avec plus de luxe auprès de leur maître.

Les Africains exaspérés, se révoltèrent encore; leur mouvement fut prompt et rapide; ils’marchèrent au palais de Salomon et l’assassinèrent. Il fut remplacé par Ariobonde que l’empereur envoya avec le titre de Proconsul. On crut à la cour de Byzance que ce titre pompeux pourrait faire respecter davantage le représentant de l’Empire  dans la province africaine: mais les coeurs étaient  trop ulcérés, les haines trop déchaînées; et l’esprit de  vengeance ne pouvait être réprimé par la rigueur,  des lois, dans un pays où les lois étaient devenues le jouet d’une multitude de petits usurpateurs et d’une foule de partis politiques et religieux. Un des capitaines de Salomon appelé Gondibond le massacra, et fut puni lui-même par un assassinat. Artaban, Persan d’origine, qui succéda à Ariobonde, mit fin à la révolte.

Les Africains alors restèrent soumis; toute cette partie de l’Afrique jouit d’une sorte de tranquillité pendant plus de cent ans, et on ne voit pendant cette période, aucun événement qui mérite d’être cité.

Mais pendant cet intervalle, tandis que le colosse de Byzance dormait dans la mollesse et semblait oublier sa faiblesse au milieu de ses fêtes pompeuses il se formait à l’Orient une puissance qui devait le remuer profondément, et faire passer l’Afrique sous de nouvelles lois, et sous une nouvelle croyance.

Le califat Rashidun dès Omar ibn al-Khatab et Uthman ibn Affan qu'Allah sois satisfait d'eux
Le califat Rashidun sous Uthman ibn Affan qu’Allah sois satisfait de lui

Le démembrement de l’empire d’Orient commença sous le califat d’Othman-ibn -Affan (radi Allahanhu) troisième successeur de Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui), et sous celui de l’empereur Constantin IV, dit Pogonat. L’Afrique avait déjà été convoitée par les Arabes depuis l’année 644, époque à laquelle ou Othman envoya Abd-Allah-ibn-Abi-Sarkh et après lui Okba-ibn-Amar; mais elle ne fut totalement conquise que sous Justinien II et Léonce, en l’année 698 à 700, par le général Hassan-ibn -al-Nu’man le ghassanide, envoyé par le calife Omeyyade Abd al-Malik-ibn-Marwan.

Ainsi la puissance des Arabes musulmans allait tous les jours en s’augmentant. L’état de faiblesse dans laquelle était tombé l’Empire favorisait leur passion de prosélytisme et de conquête. C’était une jeunesse robuste et ardente qui attaquait un corps consumé par la vieillesse et les maladies et privé d’une grande partie de ses membres .

Othman préoccupé de ses projets, toujours actif, portait déjà son regard au-delà des limites de ses états; de Médine qui était devenue siège d’un nouvel empire il dirigeait la marche de ses généraux, assurait le succès de leurs entreprises;tandis que par. ses ordres El-Fadal et Abouthor dévastaient l’Asie-Mineure, portant le pillage et la terreur jusqu’aux portes de Cyzique (cité grecque de Mysie), Othman faisait partir pour la seconde fois un général qui avait été un des compagnon de Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Ce général quoique âgé de 60 ans, était encore rempli de courage et d’énergie. Il avait pour mission de compléter la conquête d’Afrique, recommandée par le Prophète qui a dit: «Vous vous emparerez après moi delà terre où le froid est extrême, et la chaleur excessive» de prêcher et planter l’islam au milieu d’un peuple divisé par tant de croyances (1), bouleversé par tant de dissensions intestines. Ce guerrier – missionnaire était Okba ibn Nafi al-Fihri; il reçut 40,000 hommes des meilleures troupes de Syrie (al-Sham), composées en grande partie de cavaliers. Okba ibn Nafi ayant augmenté son armée d’un grand nombre de Coptes et de Berbères arriva bientôt dans la Byzacène. Tout ce pays fut inondé de sang chrétien au cri de l’islam ou la mort.  Pendant que le sabre et le Coran à la main le farouche guerrier frappait impitoyablement les hommes qui ne se soumettaient pas assez rapidement (..), il faisait respecter les vieillards, les femmes et les enfants dont le Livre saint avait recommandé de préserver la vie. Ce scrupuleux exécuteur des ordres du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et du Calife renversant tout sur son passage sema partout l’épouvante (« dans le coeur des infidèles« ).

La statue d'Okba ibn Nafi à Sidi Okba, Biskra Algerie
La statue d’Okba ibn Nafi à Sidi Okba, Biskra Algerie

Les Chrétiens d’Afrique furent atterrés par cet orage effroyable qui fondait sur leurs têtes : rapide comme la foudre, Okba ibn Nafi s’empare de Méhédie, de Souse , de Sébiba .remporte la bataille d’Oued el-Klakh, prend la ville du Kef, se rend maître de celle de Khidra  qui lui coûte de longs efforts et de grandes fatigues.

Là son élan vient s’arrêter : des discussions s’élevèrent parmi les chefs arabes, enivrés de leurs succès :chacun prétendit diriger la marche de l’expédition et désigner la nouvelle ville qu’on devait attaquer. Okba ibn Nafi s’apercevant des conséquences fâcheuses qui pouvaient résulter d’une semblable dissension, il en imposa d’abord aux turbulents en invoquant le nom et l’autorité du Prince des croyants et il leur déclara que se dessaisissant momentanément de la direction de l’armée il allait écrire au Calife et lui demander de leur tracer lui-même la marche qu’ils avaient à suivre. Le séjour de l’armée se prolongea dans les plaines de Khidra pendant 40 jours.

Okba ibn Nafi assemble dans sa tente tous les capitaines de l’armée et après leur avoir fait connaître le but de cette réunion, il se fît apporter une feuille de parchemin et écrivit devant eux une lettre conçue en ces termes :

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux,« De la part d’Okba ibn Nafi commandant en chef des Arabes en Afrique, au Prince des croyants Othman ben Affan, le salut ;« Je porte à votre connaissance que Dieu nous a fait conquérir une partie de l’Afrique; nous y avons pris pied, c’est le pays le plus riche et le plus fertile, et mes yeux n’ont jamais rencontré une terre qu’on puisse lui comparer: nous nous sommes emparés des villes de Méhédie, de Lorbous (laribus) de Sousse, de Sébiba, du Kef et de Khidra. « Dieu nous a aidé dans ces entreprises, et le courage de Abd’Allah ibn Jaffar nous a fait sur-monter toutes les difficultés, il est le héros de l’armée. Tout ce que nos bras et nos lances n’ont pu vaincre a été surmonté par son génie et ses ruses guerrières.« Parmi les capitaines qui se sont-distingué dans les combats les plus difficiles, je citerai El-Fadalben el-Abbas et ben el-Hareth, Sulayman ben Khaled, Messrouk ben, Zeid, Hassen ibn Draret le fils du prince de Carthage, gouverneur de la Méhédie, qui se trouve avec nous et qui a embrassé l’islam.

« J’ai cru nécessaire de vous informer de tout ce qui s’est passé; l’armée se trouve campée à Khidra parce que nous sommes indécis sur la marche que nous devons suivre pour terminer la conquête. Il y a chez nous la discorde : tantôt on veut aller attaquer Carthage, tantôt Tébessa, tantôt Castilia et tantôt Constantine. Je viens d’être assuré que le prince de cette dernière ville est très-puissant, qu’il a des hommes et des armes redoutables. Quant à moi, je pense attaquer Constantine, puis porter le dernier coup à Carthage, mes capitaines ne partageant pas mon opinion, veuillez, au nom de Dieu, je vous en conjure, me tracer dans une de vos lettres le chemin que nous devons suivre pour l’expédition, pour que chacun soit obéissant à mes ordres. »

LorsqueOkba ibn Nafi eut terminé sa lettre il en fit la lecture aux chefs qui l’entouraient, aucun d’eux n’osa contredire ce qui avait été écrit par lui. Okba ibn Nafi fixa sur eux un regard scrutateur comme pour lire dans leurs pensées; ils baissèrent les yeux; il scella la lettre du cachet du Prophète puis les regardant de nouveau avec fierté il leur dit: lequel de vous chargerai-je de cette missive pour le Prince des croyants ?

Les chefs s’entre regardèrent et sans répondre, au bout d’un instant cependant Aouisse ibn Daffar se leva et dit: c’est moi, ô mon chef, lui dit-il; quels sont les gens qui vous accompagneront? reprit le général; Aouisse répliqua: « j’ai choisi Raffa ben Alga, Yézid ben Galeb el-Aschari, et Aroua ben-Hassen al-Aschari. »

Les conquêtes d'Okba sont en rouge et Cirta = Constantine
Les conquêtes d’Okba ibn Nafi sont en rouge et Cirta = Constantine, ( les arabes ont pris Tebessa en 653,  Sbeitla en 647 et Cirta en  654)

Le général fut satisfait du choix. Okba ibn Nafi lui remit la lettre et lui donna l’ordre de se mettre en route sans perdre de temps. Aouisse suivi de ses compagnons monta sur des négibs (dromadaires) dont les pieds légers faisaient 6 lieues à l’heure. Ils précipitent leur course et après 30 jours de marche forcée pendant lesquels ils changèrent fréquemment de montures ils arrivent couverts de poussière et de sueur aux portes de Médine.

Les habitants de la ville s’attroupèrent autour des messagers et lorsqu’ils reconnurent Aouisse qu’ils savaient faire partie de l’armée d’Oukba, ils poussèrent de grandes acclamations, pendant qu’Aouisse sans vouloir répondre aux questions qui lui sont adressées par toutes les bouches, pénètre dans l’intérieur de la ville, la foule le quitte et court tumultueusement au palais du Calife. Ce dernier s’entretenait alors avec Ali, gendre de Muhamamd (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Lorsqu’il vit tous ces hommes envahir, en poussant des cris confus, l’appartement où il se trouvait, Othman troublé se leva sur ses deux poings et il leur dit: «Quel désastre venez-vous donc m’annoncer? » Prince des croyants répondit aussitôt un grand nombre de voix, nous venons vous annoncer l’arrivée d’Aouisse qui combattait dans les rangs de l’armée d’Afrique, et nous sommes impatients de savoir les nouvelles qu’il apporte. Pendant qu’Othman partageant l’étonnement général se disposait à sortir pour se rendre à la mosquée où reposaient les cendres du Prophète et où se traitaient ordinairement les grandes affaires de l’État, l’agitation se propageait dans toutes les parties de la ville.

Des hérauts parcourent les rues en criant à haute voix qu’Aouisse, envoyé d’Okba ibn Nafi vient d’arriver à Médine. « Ô vous tous, disaient-ils qui avez des vôtres dans l’armée, venez vous informer de leur sort; » on voyait alors sortir de chaque maison les mères traînant leurs enfants, les fils aidant leurs vieux pères à marcher, tous enfin se précipitèrent vers la mosquée.

Cependant Aouisse et ses compagnon savaient pénétré a grand peine dans l’intérieur de la mosquée et s’étaient assis aux pieds du tombeau du Prophète, et s’étant prosternés ils lui rendirent grâce de leur heureux voyage, après avoir accompli ce pieux devoir qui dans l’esprit de ces hommes religieux devait précéder tous les autres, ils se disposaient à faire prévenir le Calife lorsque’ Othman fendant la foule entra lui-même dans la mosquée; il était accompagné d’Ali, d’Abd el-Rahman ben Aous et de Zoubir ben el-Aouam, Aouisse voyant entrer le Commandeur des croyants se lève et se précipite à sa rencontre jusqu’au milieu de la cour de la mosquée, là s’inclinant avec respect il donne au Calife le salut de paix et lui présente la lettre dont il était porteur.

Othman rend le salut de paix et saisissant d’une main tremblante d’émotion la lettre d’Okba ibn Nafi il en rompt le cachet. Tout le peuple attentif retient son souffle,et attend avec anxiété. Le Calife lit la dépêche à haute voix et à peine en a-t-il prononcé les derniers mots que la foule éclate en cris d’allégresse, «l’Afrique est conquise, répète-t-on de toute part,béni soit le nom du Prophète qui a protégé nos armes et fait triompher l’Islam ; » toutes les familles dont les parents ont été mentionnés sont comblées de joie et d’orgueil et reçoivent d’unanimes félicitations.

Othman après avoir rendu de solennelles actions de grâce fit sortir la foule de la mosquée, et entrant dans la salle du conseil avec sa suite et Ali ibn Abi Taleb se fit donner un parchemin et il y écrivit ces mots:

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux ;« De la part d’Othman ben Affen, prince des croyants, à Okba ben Neffa, commandant l’armée musulmane en Afrique, le salut:« J’ai reçu ta lettre et j’ai été saisi de joie en apprenant les grandes choses que tu as faites pour la propagation de l’Islam ; le Prophète en soit glorifié, j’ai vu avec plaisir les louanges que tu donnes aux Béni-Heschem et aux Béni-Makhzoum. Tu loues plus particulièrement Abd Allah ibn Jafar , cela ne m’étonne pas: tout le monde le reconnaît descendant de héros, et héros lui-même l’opinion que tu exprime sur son compte doit t’obliger à ne rien faire sans le consulter, et comme tout travail pénible doit être récompensé, dans le partage du butin il devra avoir le droit de prendre la meilleure partie et celle qui lui sera le plus agréable ………….

Arrivé à cette ligne, Othman se retourna vers Ali et lui présentant le parchemin, il lui dit : pour ce qui concerne la marche de l’armée d’Afrique,c’est à vous de la tracer, vous avez fait la guerre et vous êtes l’épée victorieuse de Dieu sur les infidèles.

Ali remercia le Calife de son attention,prit le parchemin de sa main et écrivit les mots suivants :

« De la part d’Ali ben Abi Taleb, à Okba ibn Nafi, le salut: « Je suis chargé de la part du Prince des croyants de t’écrire et de répondre à ta lettre, et t’indiquer la marche que tu dois suivre dans ton expédition. Dès que la présente sera entre tes mains, diriges-toi sur Castilia et après sa prise à Tébessa, puis à Constantine et en dernier lieu à Carthage. Continue à conduire les Musulmans à la victoire mais ne t’expose pas toi-même à de trop grands périls, parce que la vie du général est l’âme de l’armée, efforce-toi de rétablir la concorde entre toi et les chefs placés sous tes ordres et de la faire régner toujours sans nuages; fais en sorte que toute l’armée, soldats et capitaines,soient toujours animés d’un même sentiment, car les hommes que l’on mène au combat y sont plus forts et plus intrépides lorsqu’ils n’y vont seulement par obéissance et qu’ils y vont aussi poussés par leurs propres désirs. Que le salut soit sur toi. »

Dès qu’Ali eut fini la lettre, il la présenta au Calife qui la lût, l’agréa et la scella du sceau du Prophète, elle fut remise à Aouisse qui le lendemain se remit en route avec ses compagnons,et 30 jours après il franchissait les barrières du camp et rendait compte de sa mission à Okba ibn Nafi.

Constantine en 1837 (fin ottomane) par le savant Ernest Mercier
Constantine en 1837 (fin ottomane) par le savant Ernest Mercier

CHAPITRE II.

Okba ibn Nafi ayant lu la lettre d’Othman, la communiqua aux chefs de l’armée, et le lendemain il se mit en route, il prit Castalia, Tébessa et après 3 jours de séjour dans cette dernière ville il se dirigea sur Constantine; toute l’armée était impatiente de se trouver sous les murs de la capitale des Numides, dont la renommée était grande et qui par le souvenir des événements importants qui s’y étaient passés devait exciter dans l’esprit des Arabes la plus vive curiosité.

Les commandants des divers corps de troupes impatients d’atteindre ce nouveau but se plaignirent du retard qu’apportait à leur marche les bagages de l’armée et le nombreux butin dont on était déjà chargé.

Okba ibn Nafi donna l’ordre de faire diriger ce qui entraverait la marche, sur Hidra, et sous l’escorte de quelques troupes; l’armée diminuée déjà parles-garnisons qu’elle avait dû laisser dans un grand nombre de villes se trouvait alors réduite à 15,000 hommes environ armés à la légère et pourvus de 5 à 6 jours de vivres, la frugalité des conquérants rendait peu difficile et embarrassant le transport de cet approvisionnement; il n’avait été réservé que 2 tentes, l’une pour les séances des conseils de l’armée, et l’autre pour Abdallah ibn Jaffar  qui était accompagné de sa femme, fille du gouverneur de Carthage, qui avait fui la cour de son père et avait embrassé l’Islam.

Le signal du départ allait être donné, lorsqu’on aperçut dans le lointain un cavalier qui ayant aperçu l’armée sembla vouloir rebrousser chemin,il fut promptement arrêté et conduit en présence d’Okba, c’était un Berbère qui arrivait précisément de Constantine.

Okba ibn Nafi l’ayant interrogé,le Berbère qui était sans doute un espion répondit à l’Émir que le prince de Constantine avait été averti de l’approche des Arabes, qu’il s’était préparé à les recevoir et qu’il avait une forte garnison, et qu’au surplus la ville était suffisamment défendue par sa position naturelle.

Constantine, dit-il, est comme le nid de l’aigle, elle est bâtie sur un rocher qui s’élève bien haut au-dessus de la plaine, et que l’abîme environne de toutes parts; si vous n’avez pas des ailes pour vous y porter, vous pourrez demeurer des siècles aux pieds du rocher, car la ville, abondamment pourvue de vivres et d’armes ne vous ouvrira point ses portes.

À ce récit les chefs se regardent,un profond découragement semble atteindre leur première ardeur, Abdallah s’apercevant de ce mouvement est saisi d’une violente colère, qu’est-ce à dire, s’écria-t-il, lès mensonges évidentes,de ce chien vous feront oublier qui vous êtes et au nom de qui vous marchez? N’êtes vous pas ceux qui ont conquis la Perse et qui avez détruit le palais de ses Empereurs, n’êtes-vous pas ceux qui avez pris Jérusalem, l’Egypte et les Pyramides, n’êtes vous point ceux qui marchez au nom de Dieu et sous la bannière du Prophète?

En avant, en avant, et il s’élance le premier, les chefs reprennent courage et le suivent avec l’armée qui n’eût point connaissance de cet incident.

Le soir ils arrivèrent à Meskiana et y passèrent la nuit, le lendemain à là pointe du jour ils continuèrent leur route et ne s’arrêtèrent qu’au coucher du soleil dans l’endroit appelé Amama, vers le milieu de la nuit la marche continue et après le troisième jour l’armée s’arrêta aux pieds de la montagne Messtas (2) à 4 lieues de Constantine.

Constantine était alors gouverné par un Africain (Afariqa) investi par l’Empereur, mais que depuis longues années, profitant du désordre et de l’anarchie qui minaient de toutes parts l’empire de Byzance, gouvernait plutôt en son propre nom qu’au nom de son maître; toutefois ses idées d’indépendance étaient tenues en respect par la présence d’une garnison greco-byzantine qui n’ayant que peu de liens dans le pays était restée à peu près fidèle. Le gouverneur dont nous n’avons trouvé nulle part le nom dans l’histoire et qui, ainsi que nous l’avons dit, est désigné par les historiens arabes par le titre générique de Mélek ou de Batrik (corruption de Patrice), était fortement soutenu par la population de la ville et du territoire.

al-Qantara al-Qustantinah, Constantine, Algérie.

Une pareille situation devait être très-favorable aux efforts de la nouvelle puissance qui venait de si loin se substituer à cette multitude d’influences et de dominations qui cherchaient mutuellement à s’ébranler.

Les populations étaient d’ailleurs fatiguées de tant de tiraillements, en proie aux dissensions religieuses, toujours opprimées par les sectes que l’intrigue ou la force rendaient tour-à-tour victorieuses, elles semblaient attendre l’avènement d’un pouvoir assez fort pour s’élever au-dessus de tous ces pouvoirs rivaux et faire enfin régner l’ordre.

Elles avaient hâte surtout de voir disparaître de leur sol les bandes greco-byzantines qui ne présentaient aux vaincus que l’ombre des anciennes légions romaines, et qui ne savaient que piller sans protéger; c’est pour cela que dans les autres parties de l’Afrique où l’esprit des populations était à peu près le même, la marche des conquérant savait été si rapide,que dans un grand nombre de ville les portes leur avaient été ouvertes par les habitants eux-mêmes qui s’étaient révoltés contre tes troupes grecques, chose étrange, la nécessité de se soumettre à une foi nouvelle prêchée par le sabre, n’opposait qu’un faible obstacle à cette tendance des esprits, le dogme chrétien avait été affaibli comme le pouvoir temporel, la multiplicité des sectes religieuses avait altéré le principe de la foi primitive, et fait jaillir le doute, au choc de toutes ces croyances diverses qui se disputaient les temples.

La curiosité était d’ailleurs excitée dans ‘imagination de ces hommes mobiles’qui avaient besoin d’une religion nouvelle comme ils avaient besoin d’un pouvoir nouveau.

A peine les éclaireurs de la garnison eurent-ils signalé l’approche de l’armée arabe que le gouverneur se hâta de réunir les principaux de la ville, il leur fit connaître la situation des choses, et il leur demanda ce qu’ils se proposaient de faire, voulaient-ils se défendre énergiquement, ou bien se rendre aux ennemis en essayant d’obtenir des conditions favorables, qu’elles étaient enfin leurs intentions. Les grands de la ville ainsi interrogés répondirent d’une voix unanime: Vous êtes notre père et notre maître, vous savez mieux que nous ce qu’il faut faire pour écarter ou adoucir les coups du malheur qui menace nos tètes, nous vous dirons cependant que notre pays est bien beau,nos champs bien fertiles, que notre ville renferme bien des richesses et qu’il nous en coûterait de renoncer à tous ces biens : or la guerre pourrait nous les enlever et la paix peut nous les conserver.

Le Mélek comprit le sens de cette réponse. Il résolut alors d’agir de façon à ne pas se compromettre et à pouvoir profiter de tous les événements qui pourraient survenir : il donna pour la forme quelques ordres insignifiants aux chefs de la garnison, fît encourager secrètement les habitants à opposer peu de résistance et attendit; en effet pensa-t-il, ou bien les efforts des Arabes se rebuteraient devant les immenses difficultés du siège et se retireraient, alors il demeurait dans la même situation plus fort encore de la sympathie des habitants dont il avait accepté les idées pacifiques sans s’être compromis avec la garnison dont il avait en apparence encouragé la résistance, ou bien si le sort de la guerre paraissait devoir être favorable aux armes des assiégeants, il suivait le moment opportun et avec l’assistance des habitants il capitulerait aussitôt pour se faire un mérite de sa soumission et conserver une partie de son pouvoir. Cependant l’armée arabe quitta son dernier campement de Messtas et arriva sous les murs de Constantine.

Son étonnement fut grand à l’aspect de cette ville extraordinaire, il y avait là en effet de quoi frapper vivement l’imagination, cet immense bloc de rocher qu’un coup de baguette semblait avoir soudainement séparé les masses environnantes, cette rivière qui s’engouffrait en bouillonnant dans l’abîme et qui après avoir entouré la ville dans une grande partie de sa circonférence d’une ceinture invisible, reparaissait et s’échappait en cascades bruyantes, tout cela présentait aux Arabes un spectacle bien propre à exciter leur admiration, mais ils comprirent bientôt aussi combien était grande la difficulté de leur entreprise, ils n’avaient avec eux aucunemachine de guerre et la ville était si bien fortifiée par la nature, que les assiégés paraissaient n’avoir qu’à se tenir dans leurs murailles où les assaillants n’auraient jamais pu les atteindre.

Aussi comme cela était déjà arrivé plusieurs fois, une sorte de découragement s’empara du soldat, avant même que les opérations fussent commencées, leurs yeux mesuraient avec terreur la hauteur prodigieuse de ces escarpements naturels, du sommet desquels on voyait reluire les armes du soldat Grec : Okba ibn Nafi cependant distribue son armée autour de la ville, les abords de la porte du Pont furent occupés par les Béni-Ahd-el-Ménef; les Béni-Ghassen, les Béni-Lakhm et les Judham furent placés sur les deux côtés de l’escarpement qui joint la ville au pied de la petite montagne qui s’élève à l’ouest. Indépendamment des fortifications naturelles dont nous venons de parler, Constantine était encore défendue par un système de murailles qui s’avançaient à quelques centaines de pieds en avant des rochers.

Ils s’en emparèrent assez facilement car les assiégés comptant plus particulièrement sur la solidité des autres remparts s’étaient assez mollement défendus sur cette première ligne,mais lorsque les Arabes, que ce premier et facile succès avait ranimés s’avancèrent jusqu’au pied des principales fortifications, ils reconnurent qui leur serait impossible de s’en emparer.

Les soldats Grecs se montrant en foule firent pleuvoir une grêle de traits et de projectiles,cette tentative causa à l’armée Arabe un assez grand nombre de morts et de blessés, les jours suivants mêmes assauts, mêmes résultats ; Okba seul sans partager le découragement profond que ces insuccès répandaient dans l’esprit de ses soldats,s’étonnait cependant de ce que la population de la ville qu’il n’avait point vu sur les murailles prendre la défense, ne cherchât point à entrer en relation avec lui,il ignorait que les chefs de la garnison s’étant bien vite aperçus de l’intention où étaient les habitants de ne pas opposer de résistance à l’ennemi, s’étaient méfiés d’eux et les surveillaient étroitement, ils n’avaient pas tardé à intercepter des émissaires secrets chargés de propositions pour les chefs de l’armée Arabe; certains alors que ne pouvant compter sur les habitants de la ville, doutant des dispositions du Mélek à rester fidèle à la cause de l’Empire, ils commencèrent à concevoir quel que crainte, ils songèrent à demander l’assistance du Gouverneur de Carthage duquel relevait celui de Constantine et que les auteurs Arabes appèlent Mélek el-Akbar, ils lui exposèrent leur situation périlleuse: « Ignorez vous donc, disaient-ils, ce qui nous arrive? nous sommes assiégés parles Arabes, leur armée est nombreuse, nos puissantes fortifications et nos remparts de rocher sont insuffisants aujourd’hui pour nous protéger, la population effrayée loin de songer à se défendre avec nous, semble mûrir le projet de se rendre à l’ennemi et de nous livrer pour obtenir une capitulation meilleure, nous sommes comme vous, Seigneur, de fidèles sujets de l’illustre empereur, nous vous adjurons en son nom, songez que si la ville de Constantine est prise les Arabes enivrés de cette difficile conquête, se précipiteront plus impétueux et plus fiers sur Carthage, tandis que si dès aujourd’hui vous nous aidez à les vaincre nous débarrasserons peut-être l’Afrique de ce terrible fléau.»

Mais le gouverneur de Carthage ne leur répondit point, frappé de terreur lui-même par la prise de la Méhédie, parla mort de son fils aîné et la disparition de ses deux autres enfants, il ne pensait qu’à se préparer à subir le siège dont il était menacé, il se garda bien dès lors de démembrer ses forces pour secourir Constantine; que lui importait d’ailleurs le sort de cette ville? Il y avait bien longtemps déjà qu’elle ne relevait plus que[nominalement du pouvoir central de Carthage, dans ces temps de décomposition, d’anarchie et de terreur, c’était un sauve qui peut général, et chacun ne songeait qu’à conserver un lambeau de puissance et de richesse, sans reculer pour cela devant aucun sacrifice.

Les ennemies de Byzance
« Les ennemies de Byzance »

Le Gouverneur de Carthage se souvenait d’ailleurs de la fin tragique du Proconsul Grégoras tué de la main d’Abdallah ibn el-Zoubir, en 647 à Sbeitla.

Pendant que la garnison greco-byzantine était plongée dans l’inquiétude et commençait à redouter sérieusement l’issue du siège, l’armée arabe de son côté, ignorant cette situation était en proie au découragement ; les soldats étaient irrités de l’inutilité constante de leurs attaques et de voir tous leurs efforts se briser contre ces immenses murailles naturelles, auxquelles les homme savaient eu peu à ajouter pour les rendre imprenables, c’est en vain, disaient-ils, que nous persisterions à rester devant ces rochers formidables, nous y émoussons nos épées, nous y usons nos griffes et nos dents sans pouvoir les entamer.

L’absence des bagages augmentait encore la mauvaise humeur des soldats; presque tous étaient obligés de coucher sur la dure, exposés à toutes les intempéries de l’air, aussi les maladies commençaient-elles à envahir les rangs, malgré la fermeté de son esprit et sa confiance dans sa mission, Okba sentait lui-même sa constance s’ébranler, il était étonné de ne recevoir aucune ouverture des habitants comme il en avait reçu dans toutes les autres villes,il commença à craindre que contrairement à ce qu’il avait remarqué jusqu’alors, il n’existât entre la population et les troupes grecques un accord et une solidarité d’intérêts qui aidés de la forte position de la ville eût rendu tous succès impossibles ; il chercha mais vainement à faire pénétrer des espions dans l’intérieur de la place, ces espions
furent toujours arrêtés par les soldats Grecs qui n’avaient pas encore perdu complètement courage parce qu’ils espéraient toujours recevoir une réponse favorable du Gouverneur de Carthage.

Bab Djabia, Constantine
Le Suq à Bab Djabia, Constantine

Il avait reconnu que les seuls endroits par où la ville pût être accessible; étaient le pont situé dans la partie inférieure delà ville, et l’autre la porte que les historiens arabes appellent Sitraouagi, nous pensons que cette porte est celle qui s’appelle aujourd’hui porte Djébia, ce nom de Sitraouagi nous paraît être en effet la corruption du mot « Xystus trivium », c’est-à-dire passage où aboutissent trois chemins, la tradition parle en effet qu’à ce point aboutissaient trois chemins dont deux couverts servaient au transport de l’eau puisée dans un bassin placé entre la porte et la rivière; ce bassin était alimenté par les eaux de cette rivière, que des travaux de maçonnerie placés à l’entrée assez étroite du ravin,élevaient à une certaine hauteur, il était d’ailleurs soigneusement voûté et couvert de terre ; et les gens du pays seuls en pouvaient connaître l’existence, il est à présumer toute fois qu’à l’époque dont nous parlons le bassin et les chemins couverts étaient dans un assez mauvais état pour quel’usage en fut devenu impossible.

Les historiens arabes que nous avons eu occasion de citer nous apprennent en effet que les assiégeants ayant coupé les canaux dont on retrouve encore aujourd’hui la trace et qui amenaient l’eau à la Citadelle par les hauteurs et d’immenses aqueducs, la garnison et les habitants craignirent de manquer complètement d’eau. Aux premières attaques dirigées sur la porte du Pont, les soldats Grecs s’étaient hâtés de rendre ce lieu déjà bien défendu, complètement inaccessible par la destruction d’une des arcades supérieures du pont, ils avaient ainsi ouvert entre eux et les assiégeants un vide que ces derniers ne pouvaient ni combler, ni franchir. Okba concentra dès lors toutes ses forces et tous ses efforts sur la porte Sitraougi. De leur côté les Grecs n’ayant plus qu’un seul point à défendre tentèrent diverses sorties qui leur réussirent,un grand nombre de Musulmans perdirent la vie dans ces combats partiels.

Okba voyant la démoralisation de ses troupes réunit en conseil général les hommes les plus influents et les chefs des diverses tribus, leur exposa les faits et leur demanda ce qu’ils pensaient qu’on devait faire, tous ceux qui dans la plaine de Khidra avaient été d’avis de marcher sur Carthage se plaignirent amèrement de ce que leur conseil avait été dédaigné, Okba ibn Nafi leur représenta qu’il avait dû suivre les ordres formels du Calife, ils répliquèrent qu’à une aussi grande distance du théâtre de la guerre, Othman n’avait pu apprécier suffisamment les causes qui devaient déterminer la marche de l’armée dans telle ou telle direction, enfin l’anarchie qui une première fois avait failli compromettre les progrès de la conquête paraissait devenir plus menaçante que jamais.

Raffa ben el-Harith se levant au milieu du tumulte s’écria: nous ne devons pas murmurer, nous les serviteurs du Prophète contre le Vicaire qui commande en son nom, nous ne devons point oublier non plus que le Sayyid Okba ibn Nafi a été choisi pour conduire nos armes, nous avons donc bien fait d’obéir, mais ni le Prophète, ni le Calife, ni le chef de l’armée ne peuvent vouloir qu’en persistant dans des choses impossibles nous compromettions le succès de notre mission glorieuse, or regardez, nos yeux ont-ils vu jusqu’à présent une ville pareille, une position aussi formidable et des obstacles aussi grands chaque jour nous démontre l’impossibilité de la victoire, nous ne recevons aucune proposition des habitants qui contrairement à ce que nous avons vu ailleurs semblent d’accord avec les Ministres et les soldats de l’empereur,ce n’est pas à nous que Dieu et le Prophète ont réservé cette conquête difficile, et en nous ordonnant de l’entreprendre ils n’ont voulu qu’éprouver notre courage. Je crois donc que nous ferons bien de quitter ces lieux maudits avant que la maladie et le fer nous aient enlevé nos meilleurs soldats.

Une nouvelle sortie des assiégés vint interrompre ce débat qui avait rempli d’amertume et de douleur le coeur du Sayyid Okba, son intrépidité se révoltait contre la pensée d’une honteuse retraite, il se souvint alors de la recommandation que lui avait fait le Calife de prendre conseil d’Abdallah ibn Jaffar  dans les circonstances périlleuses, ce dernier retenu dans sa tente par la maladie n’avait pu assister au conseil des chefs. Le général se rendit auprès de lui. Après lui avoir fait connaître son inquiétude et s’être plaint avec amertume du peu de constance des chefs qu’il venait de consulter.

O Abdallah, s’écriat-il, échouerons-nous contre ce rocher fatal,et ta sagesse ne nous indiquera-t-elle aucun moyen de réussir? où sont donc tes stratagèmes, tes ruses de guerre qui nous ont été jusqu’à présent aussi utiles que la lame de ton glaive, creuse ta pensée jusqu’au fond; je ne compte plus que sur toi. Noble Émir, répondit le parent du Prophète, si tu me vois malade et sans force c’est que mon esprit s’est épuisé à chercher ce que tu me demande,nous ne pouvons espérer d’entrer dans Constantine par la force, nous n’y pénétrerons qu’avec l’assistance des habitants et peut-être du Gouverneur, auquel sa soumission à nos armes peut faire espérer la conservation de son rang et de son pouvoir,mais il ne nous arrive aucune parole de l’intérieur, et jusqu’à présent nous n’avons vu que les piques et les traits des soldats. Je vais essayer de nouveau de faire parvenir une lettre aux principaux de la ville à qui je ferai dés promesses et en attendant tâche de réprimer l’impatience des chefs si tu ne peux parvenir à relever leur courage.

A peine Abdallah achevait-il ces mots que les soldats introduisirent un prisonnier qui d’après leur récit avait semblé chercher à se faire prendre et dès qu’il s’était trouvé entre leurs mains avait demandé à être conduit devant le chef de l’armée. C’était un officier d’un grade très-inférieur qui avait été gagné par un des principaux de la ville pour entrer en relation avec les assiégeants, cet homme fît connaître au général Musulman la véritable situation des choses, la discorde régnant entre le Gouverneur et la population d’une part et la garnison de l’autre, les premiers désirant capituler et les seconds d’abord résolus de se défendre jus-qu’à la mort aujourd’hui fortement ébranlés en ne recevant aucune réponse du prince de Carthage; l’espion ajouta que si l’on voulait le charger d’une lettre soit pour le Gouverneur, soit pour les principaux habitants pour leur faire connaître les conditions qui devaient être aussi favorables que possibles, il s’acquitterait de ce message et rapporterait lui-même la réponse.

Les deux chefs Musulmans s’étant consultés à voix basse, Okba laissa à Abd Allah le soin de mener à fin cette négociation et rentra sous sa tente. Abdallah demanda alors au transfuge s’il ne pourrait pas lui fournir les moyens de pénétrer lui-même dans l’intérieur de la ville et d’entrer en relation avec les habitants.Le Grec accepta la proposition et il fut convenu qu’à une heure déterminée de la nuit, Abdallah se trouverait aux abords de la porte Sitraougi et qu’un guide s’y présenterait en prononçant un mot d’ordre pour se faire reconnaître. Le soir même le messager secret feignant des être échappé des mains de ceux qui l’avaient fait prisonnier, rentra dans la ville. Le lendemain de ce jour qui était le trente-et-unième du siège, Abdallah oubliant son état de maladie se disposa à exécuter sa difficile entreprise, sa femme le voyant placer une épée sous son manteau lui demanda en pleurant où il allait à une heure aussi avancée, femme répondit Abd’Allah, je vais avec la protection de Dieu dans les murs de Constantine, sèche tes larmes et surtout garde un silence absolu car personne si ce n’est que le Sayyid Okba ne doit savoir où je vais.

Ayant franchi les dernières lignes du camp il arriva en se glissant avec les plus grandes précautions à quelque distance de la porte Sitraougi; là il s’abrita sous un débris de muraille et attendit avec impatience le guide qu’on lui avait annoncé. La couleur de son manteau dit l’historien arabe se confondait avec celle des objets qui l’entouraient.

Il attendait depuis longtemps; cet homme ordinairement si maître de lui-même sentait l’inquiétude s’emparer de son esprit, il ne se dissimulait pas que si son projet avortait il fallait renoncer à la prise de Constantine, en effet en traversant le camp arabe il avait entendu presque tous les groupes de soldats près desquels il était passé se plaindre avec violence et exprimer quelques idées de révolte, enfin après deux heures d’attente il entendit un léger bruit à la porte Sitraougi, un homme en sortit mystérieusement et sembla chercher autour de lui, Abdallah s’avança près de cet homme qui prononça à voix basse le mot d’ordre convenu avec l’espion, Abdallah lui ayant répondu, son interlocuteur le prit par la main et lui dit: Abdallah ibn Jaffar , suivez-moi.En passant sous la porte, Abdallah ibn Jaffar reconnut que le chef des soldats chargé de la garder était précisément l’officier subalterne qui la veille s’était rendu au camp arabe.

  Abdallah Ibn Jaafar l’un des chefs de la deuxième expédition arabe en Ifrîqiya qui eut lieu en 647, à laquelle prirent part sept compagnons dont le nom commence par Abdallah et connue sous le nom « d’expédition des sept Abdallah».

Le guide d’Abdallah le conduisit dans une maison d’assez belle apparence située presque ‘au milieu de la ville, l’y ayant fait entrer, il se fit connaître à lui. Ce n’était rien moins que le Castellarius ou Intendant des fortifications que l’historien arabe désigne sous le titre de Sakhab el-Khossn. Ce personnage expliqua alors d’une manière plus circonstanciée l’état des choses, il lui dit que la population secrètement d’accord avec le Gouverneur ne demandait pas mieux que de se rendre pourvu que les conditions de la capitulation ne fussent pas trop lourdes, que la crainte qu’il savaient de la garnison grecque les avait seule empêchés d’entrer en relation directe avec le chef de l’armée arabe, qu’il était cependant urgent de prendre un parti définitif, et qu’il allait ménager une entrevue entre Abdallah et le Gouverneur, Abdallah y consentit.

Comme déjà le jour commençait à poindre,l’envoyé arabe soigneusement déguisé en femme fut placé dans une litière fermée et conduit en cet équipage au palais du Gouverneur, là il fut amené en présence de ce dernier qui le reçut avec une grande déférence, ils commencèrent alors à discuter les conditions de la remise de la ville. Abdallah promit au Gouverneur que son pouvoir lui serait conservé, que la possession de Constantine serait rendue héréditaire dans sa famille, il ajouta que la vie et la propriété des habitants seraient préservées de toute atteinte, la condition formelle de la réalisation de ces promesses était la conversion immédiate à la religion musulmane du Prince,de sa famille et des principaux dignitaires.

Le Gouverneur qui avait été prévenu de l’arrivée d’Abdallah avait fait réunir à l’avance les principaux de la ville, aussitôt qu’il eut arrêté avec Abdallah ibn Jaffar  l’arrangement dont nous venons de parler, il lui fit remettre ses premiers vêtements et le conduisit dans la salle où s’étaient rendus les notables; l’homme que voici, leur dit-il, est Abdallah ibn Jafar , le conseil et l’envoyé du général de l’armée qui nous assiège, il vient nous dire que si la ville se rend, notre vie, nos dignités et nos fortunes nous seront conservées à la condition que les hommes revêtus de dignités et chargés du commandement embrasseront la religion nouvelle qui s’est déjà étendue sur presque tout l’Orient, les particuliers qui voudront rester fidèles à leur culte seront libres de le faire. Si la ville ne se rend pas nous serons dépouillés et massacrés, dites ce que vous voulez faire, ils répondirent d’une voix unanime qu’ils acceptaient les propositions de l’envoyé d’Okba ibn Nafi, et qu’il fallait aviser au moyen d’obtenir le concours de la garnison ou bien de l’emporter sur sa résistance.

Au même instant on vint annoncer au Gouverneur que les principaux officiers Grecs demandaient à lui parler, il ordonna qu’on les fit entrer dans la salle du conseil; ces officiers furent extrêmement surpris en voyant un chef arabe assis à la droite du Gouverneur, ils venaient dire à ce dernier que leurs forces étaient épuisées, que s’il voulait que la défense de la ville fut encore possible ils le conjuraient au nom de l’Empereur leur maître commun, d’engager ou de forcer les habitants à se joindre à eux, le Batrik leur répondit, tout ce qu’il a été possible de faire pour conserver cette ville à notre auguste Empereur je l’ai fait, mais voici les grands de la population qui sont décidés pour mettre fin aux périls du siège, à se mettre entre les mains de l’armée arabe, celui que vous voyez assis près de moi et que votre surveillance n’a pas su empêcher de pénétrer jusqu’ici, est le principal lieutenant du chef de cette armée, il a fait des propositions qui ont été acceptées, et moi je vous dis vos rangs sont décimés,vos approvisionnements de vivres sont épuisés, etc’est à peine si nos réservoirs contiennent assez d’eau pour nous désaltérer pendant 8 jours,voyez et réfléchissez, si vous persistez à vous défendre s’en est fait de vous tous, si vous consentez à vous rendre, vous serez sauvés comme nous. Les officiers furent saisis d’un profond étonnement,après un instant de réflexion quelques-uns d’entre eux déclarèrent au Gouverneur qu’ils se soumettaient avec lui, les autres criant à la trahison jurèrent de se défendre jusqu’au dernier soupir. Ils furent immédiatement arrêtés et mis en lieu de sûreté.

Le Gouverneur, les principaux, habitants de la ville et les chefs qui restaient à la tête de la garnison étant ainsi d’accord, il fut convenu qu’Abdallah sortirait le soir même de la ville, qu’il retournerait au camp, et que le lendemain il se représenterait à la porte avec une troupe nombreuse qui prendrait possession de la place. Cependant Okba ibn Nafi était resté plongé dans une inquiétude mortelle, tourmenté par les plaintes des soldats et des chefs qui demandaient à lever le siège, il voulut avant de prendre une résolution définitive consulter une dernière fois Abdallah ibn Jaffar , il se rendit en conséquence dans la tente de ce dernier qu’il croyait encore malade, il n’y trouva que sa jeune femme qui toute éplorée et ayant pris à peine le temps de se voiler se précipita au-devant d’Okba ibn Nafi, elle lui raconta que son mari était parti la veille pour se rendre dans les murs de Constantine et qu’il n’était point encore rentré, Okba ibn Nafi sentit s’accroître son anxiété, il allait se retirer lorsqu’Abdallah lui-même entra dans la tente, son front était radieux, il se hâta d’informer Okba ibn Nafi de ce qui s’était passé, le général soulagé d’un grand poids, retourne chez lui suivi d’Abdallah et ayant à la hâte convoqué les principaux de l’armée il leur fit part: de ces heureuses nouvelles, qui promptement répandues dans tous les rangs ranima l’esprit des soldats.

 » Cirta (Constantine) devait porter encore le nom de Kalâat Ifrikya, citadelle de la «province» qui s’étendait de l’Egypte jusqu’au méridien de Bougie… suivant la division faîte par les Arabes dans le Maghreb durant la longue conquête musulmane , eu égard à son site défensif sur un rocher et ses fortifications. »  tiré de « La mosquée de Sidi El Kettani: Un bijou du patrimoine de Constantine (page n°82,) Par Zemmouchi Med-Rida Correspondant à Constantine

Le lendemain à la pointe du jour un millier de cavaliers arabes sous la conduite d’Abdallah ibn Jaffar , se présenta à la porte Sitraougi, les soldats qui la gardaient par ordre des chefs que nous avons vus se rallier au Gouverneur n’opposèrent aucune résistance.

Abdallah suivi de ses soldats arriva bientôt sur la place qui entourait le palais du Gouverneur,elle était remplie d’une foule nombreuse, le Batrik se trouvait avec toute sa cour sur la plateforme d’une des quatre tourelles qui flanquaient son palais, à la vue d’Abdallah il s’écria:

« Sachez, ô habitants de Constantine, que les armes des Arabes l’ont emporté, le vainqueur respectera votre vie et vos propriétés, ceux d’entre vous qui embrasseront l’Islam seront comblés de dignités, ceux qui voudront conserver leur foi ne seront point inquiétés, il n’y a de Dieu que Dieu, et Muhammad  est son Prophète. »

Un grand nombre de voix répondirent par des acclamations, quelques instants après Okba ibn Nafi suivi du reste de l’armée entra au bruit des tambours et des trompettes ; et la ville fut ainsi complètement occupée.

C’est ainsi que Constantine tomba comme tant d’autres villes sous la domination de l’Islam. Okba ibn Nafi continua sa course et se dirigea vers Carthage,il avait laissé à Constantine une garnison arabe suffisante et le Cadi Daffar ibn Hassan al-Sulami pour l’enseignement de la religion du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Les conditions promises par Abdallah ibn Jaffar furent d’abord complètement respectées, (//) mais la plupart d’entre ‘eux  (les chrétiens) se réfugièrent en Corse, en Sicile, à Malte et en Espagne.

Quarante ans après la conquête il ne restait (pratiquement) plus un seul chrétien dans cette partie de l’Afrique (..).

FIN.

notes

(1)  A l’époque de l’invasion arabe de 644, il y avait en Afrique du nord  le Judaïsme mêlé au Paganisme de Syrie (phénicie), l’idolâtrie des Grecs, la religion mage zoroastrienne dont l’auteur arabe du Qirtas (ibn Abi Zar) et Ibn  Galeb font mention vers l’année 804 de J.-C. et 189 de l’hégire. Le Christianisme avec toutes ses sectes, présent en afrique jusqu’au moins les Almohades, des chrétiens de souche vandales de Shershall, aurai fui du temps des Aghlabides vers le nord de l’Espagne.

(2) Cette montagne est celle qu’on appelle aujourd’hui Om-Settas par corruption de l’ancien nom, cette montagne est sur la route de Annaba et s’élève sur un des côtés de la vallée du Boumerzoug.

Al-Rabadha , la ville d’Abu Dhar al-Ghifari radi Allah anhu :

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ArRabadha est est une ancienne ville ancienne arabe islamique située sur la route du pèlerinage qui relie Al-Koufa en Irak et la Mecque (Arabie Saoudite). Il se trouve à environ 200 km à l'est de la médina
Ar-Rabadha est est une ancienne ville ancienne arabe islamique située sur la route du pèlerinage qui relie Al-Koufa en Irak et la Mecque (Arabie Saoudite). Il se trouve à environ 200 km à l’est de la médina

Al-Rabadha (arabe الربذة) est une ville dans Arabie Saoudite située à quelque 200 km au nord-est de Medina sur la route du pèlerinage de Koufa à la Mecque, connu comme sous le de « Darb Zubaydah », la ville est également connue comme le lieu ou le compagnon Abu Dharr al-Ghifari radi Allah anu passa sa dernière année (Mort en32 H,  652-3 jc) , il y fabriqua une mosquée, qui est l’une des plus vieille au monde , description selon Encyclopédie de l’Islam Brill, « ancien établissement islamique en Arabie occidentale, de nos jours essentiellement site archéologique marqué par la birka, ou bassin d’Abū Salīm. Il se trouve sur le piémont oriental de la chaîne de montagnes du Ḥid̲j̲āz, à quelque 200 km à l’Est de Médine. Aux premiers temps de l’Islam, il se situait sur la principale route du pèlerinage de Kūfa en ʿIrāḳ à la Mecque, connue par la suite sous le nom de Darb Zubayda , et offrant aux pèlerins des facilités comme la nourriture et l’eau potable. Aujourd’hui, la région est verdoyante la plus grande partie »  (.)

Jundub ibn Junadah (Arabe: جُندب بن جَنادة), plus connu sous le nom de Abu Dhar al-Ghifari (radi Allah anhu) était un sahabi appartenait à la tribu des Banu Kinanah. Il mourut ici à al-Rabadha, il  faisait partie des muhajirun, ceux qui avaient émigré pour la cause de l’Islam.

L’Apôtre d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit « C’est Abu Dhar. Et en effet tous ceux qui étaient présents s’être tenus longtemps à regarder l’impatience de savoir qui c’était s’écrièrent tout d’un coup!!; Par Dieu c’est Abu Dhar lui même. L’Apôtre de Dieu (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit « Que Dieu fasse miséricorde à Abu Dhar il marche seul il mourra seul il ressuscitera seul »

Cette Prophétie fut accomplie, la seconde circonstance. Il arriva la suite par le Décret de Dieu qu’Abu Dhar fut banni et envoyé en exil par le Khalife Othmân à Al Rabdha il fut surpris en chemin d’une maladie dont il mourut. Comme il n’avait avec lui que sa Femme et son Valet lorsqu’il se sentit près de sa fin il leur dit « Dès que je serai mort lavez moi et  enveloppez moi d’un suaire ensuite exposez mon corps sur le bord du chemin en un lieu éminent et  vous direz au Passant Voila:  » Abu Dhar Compagnon de l’Apôtre de Dieu (paix et bénédiction d’Allah sur lui)  aidez nous à Ensevelir »

Quand il fut mort ils firent comme il leur avoir commandé et à peine avaient ils tout accompli qu’Abd Allah fils de Masud qui revenait d’Irak avec un grand cortège de ses compagnons passa par l’endroit où l’on avoir exposé le corps d’Abu Dhar. A la vue là-bas d’une dame et d’un enfant près d’un corps étendu, il réorienta sa monture. Les autres firent comme lui. Dès qu’il arriva, il reconnut vite le corps inerte de son compagnon. Il fondit alors en larmes, avant de se rapprocher de la dépouille.. Mais un moment après le valet d’Abu Dhar s’approcha et lui dit les même paroles que son Maître lui avoir commandé de dire. Aussitôt Abd Allah se jetant à terre versa des larmes en disant  : »Ce que lui prophétisa autrefois l’Apôtre de Dieu se trouve présentement vérifié. Tu marcheras seul tu mourras seul tu ressusciteras seul » Abd Allah et ses Gens descendirent aussi de cheval et rendirent au mort les derniers devoirs ils l’enterrèrent au lieu même qui fut appelé « Al Rabadha ».

Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui)   avait dit cela lors de l’expédition de Tabuk, en l’an 9 de l’Hégire. 20 ans avant ce jour-là. Lors de ce déplacement, Abu Dhar était resté loin derrière l’armée musulmane, à cause de son faible chameau, si bien que son absence avait été remarquée. Puis, après s’être convaincu de l’incapacité de sa monture à continuer le voyage, il avait repris le chemin, à pied. Il avait alors rattrapé ses compagnons le lendemain, quand ces derniers s’étaient arrêtés pour une pause.

Lorsque le Messager de d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) l’avait vu s’avancer seul, il avait dit : « Dieu accorde sa miséricorde à Abou Dhar! il marchera seul, il mourra seul et il sera ressuscité seul. »

Site Rabza archéologie islamique MOUSQ1.jpg

Abu al Feda dans sa Géographie explique que la ville est voisine de Médine, et  que « c’est à Al Rabadha où l’on voit le Tombeau d’Abu Dhar le Gafârite »

Description du site selon le journal Marocain al-Bayyane : « Dès l’époque du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), elle fut érigée en zone de pâturage protégé, affectée à l’élevage de chevaux nécessaires aux troupes musulmanes. A la mort du Prophète, plusieurs de ses compagnons y résidèrent. Rabadha vit venir à elle les collecteurs de hadiths en quête de transmetteurs fiables parmi les descendants des compagnons qui y résidaient. Le Calife Harûn al-Rashid (786 – 809) s’y arrêtait avec sa suite lorsqu’il accomplissait le pèlerinage. On estime que vingt mille pèlerins, en marche vers La Mecque, s’arrêtaient chaque année dans Rabadha. Cette route prit le nom de Dar Zubeida en raison des travaux effectués par l’épouse du Calife, notamment l’aménagement d’une source pour rendre service aux pèlerins. (..).

Muadh ibn Jabal radi Allah anhu :

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L'épée du compagnon Muadh ibn jabal radi Allah anhu
L’épée du compagnon Muadh ibn jabal radi Allah anhu, conservé au musée du Topkapi d’Istanbul, Turquie.
Muadh ibn Jabal radi Allah anhu 

Mu’adh ibn Jabal, de son vrai nom Abu Abd al-Rahman Mu’adh ibn Jabal ibn Amr ibn Aws (arabe : أبو عبد الرحمن معاذ بن جبل بن عمرو بن أوس), était encore un jeune garçon lorsque le prophète Muhammad ( Sallallahu Allayhi wa sallam) commença à répandre le message de l’islam. Il était originaire de Médine et y resta la plupart du temps avec ce dernier. Il fut remarqué pour son intelligence, sa vivacité d’esprit, la beauté de sa récitation (ou bien l’art de la parole ?) et pour le fait qu’il restait très proche des gens.

Il est décrit comme un homme très séduisant. Ses yeux et ses cils étaient noirs, ses dents d’une extrême blancheur et ses cheveux étaient bouclés. La plupart des livres décrivant son apparence physique disent que si on le regarde, on est tout de suite abasourdi par sa beauté

Sa généalogie

Membre du clan Ansar

Sa naissance (-19 H)

Mou’adh Ibn Jabal (رضي الله عنه) naquit à Médine en -19 H.

Sa conversion

Tout jeune, Mou’adh (رضي الله عنه) embrassa l’islam grâce à MOUSHAB IBN OMAR

Son serment prêté au Prophète (صلى الله عليه و سلم)

La Grande mosquée de Dhammar au Yémén (632-634) date du califat d'Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu (632 – 23 août 634), elle fut construite par Mu'ad ibn Jabal radi Allah anhu, selon le récit de l'historien kurde syrien Abu al-Feda al-Ayyoubi :"(..) Suivant al-Idrissi à deux journées de Sanaa sur la route de Dhamar est une montagne. Là est une deuxième mosquée bâtie par Moad fils de Djabal"  (Géographie d'Aboulféda, Volume 2, page 123; Par Abū al-Fidāʾ) et
La Grande mosquée de Dhammar au Yémén (632-634) date du califat d’Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu (632 – 23 août 634), elle fut construite par Mu’ad ibn Jabal radi Allah anhu, selon le récit de l’historien kurde syrien Abu al-Feda al-Ayyoubi : »(..) Suivant al-Idrissi à deux journées de Sanaa sur la route de Dhamar est une montagne. Là est une deuxième mosquée bâtie par Moad fils de Djabal » (Géographie d’Aboulféda, Volume 2, page 123; Par Abū al-Fidāʾ) 

La seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète à al-‘Aqaba, Mou’adh (رضي الله عنه) fit partie du groupe composé de 72 membres qui prêtèrent serment d’allégeance au Prophète (صلى الله عليه و سلم). Cette  seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète à al-Aqaba, il y avait parmi eux Mouâdh ibn Jabal. Un jeune homme calme, au visage rayonnant, au regard charmant. C’était un Ansarite de la première heure. Mais, le trait qui le caractérisait le plus était sa science religieuse si vaste, à tel point que le Messager avait dit de lui : »De ma communauté, Mouâdh ibn Jabal est le plus connaissant du licite et de l’interdit. »

A son retour à Médine après la conclusion de ce pacte de fidélité, Mou’adh se mit à prêcher l’islam parmi son entourage. Grâce à lui, un nombre d’hommes -qui seront plus tard parmi les grands compagnons- adoptèrent l’islam, tel  : ‘Amr Ibn Al-Jamûh.

Son combat dans la voie de Dieu

Présent à Badr, il fut par la suite de toutes les expéditions.

Son enseignement

Après la conquête de La Mecque, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) y engagea Mou’adh comme enseignent et le chargea de transmettre l’islam aux gens et de leur apprendre le Coran.

De même, quand les souverains yéménites vinrent annoncer au Prophète (صلى الله عليه و سلم) leur conversion à l’islam et qu’ils lui demandèrent de leur assigner un précepteur, son choix tomba sur Mou’adh (رضي الله عنه) pour remplir cette mission, en le mettant à la tête d’une troupe de compagnons (رضي الله عنهم). Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sortit, par lui-même, pour leur faire ses adieux et conseilla alors Mou’adh (رضي الله عنه), en disant  :

« Ô Mou’adh! Il se peut que vous ne me voyiez pas à l’année prochaine. Veuillez me rendre visite à ma mosquée et à mon tombeau.… « .

Mou’adh (رضي الله عنه) se fendit en larmes par crainte de la séparation d’avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم). En effet, celui-ci (صلى الله عليه و سلم) rendit le dernier soupir et ce fut sa dernière rencontre avec Mou’adh.

6) La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu
La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu

Après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم)

Après le décès du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Mou’adh (رضي الله عنه) revint du Yémen et fut de retour à Médine. Il fut profondément affligé et versa de chaudes larmes pour la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم).

En outre, il était doté d’une intelligence perspicace.

Quand le Messager le chargea d’une mission au Yémen, il lui dit : « O Mouâdh, avec quoi lu vas prononcer les jugements ? ? Avec le Livre de Dieu, dit Mouâdh ? Et si tu ne trouves pas dans le Livre de Dieu (avec quoi juger)… ? ? Je juge avec la Sunna de son Messager. ? Et si tu n’en trouves pas dans la Sunna de son Messager ? ? Je fais effort avec mon avis. »

Son allégeance au Livre de Dieu, ainsi qu’à la Sunna du Prophète , ne le désarmait nullement de l’initiative de son esprit raisonnable, ne lui voilait pas les innombrables faits dissimulés qui n’attendaient que leur mise en lumière.

Il est envoyé aux Banou Kilâb pendant le califat de ‘Omar (رضي الله عنه)

Quand le califat échut à ‘Omar Ibn Al-Khattâb (رضي الله عنه), celui-ci l’envoya aux Banû Kilâb pour trancher leur litige.

Abou Idris Al Khawalàni, paix à son âme, a dit : « Je suis entré une fois à la mosquée de Damas. Tout à coup je vis un jeune homme souriant que les gens entouraient. Quand ils étaient en désaccord sur une question ils recouraient à son arbitrage et adoptaient son opinion. Je me renseignai alors sur lui et l’on me dit : « C’est MOUHAD IBN JABAL  que Dieu lui accorde Sa satisfaction ».
Quand ce fut le lendemain, je partis à la mosquée de bonne heure, mais j’ai trouvé qu’il m’y avait déjà précédé. Je l’ai trouvé en prière. J’attendis qu’il terminât sa prière puis je me dirigeai vers lui.
Je le saluai et lui dis : « Par Dieu, je t’aime ».
Il dit : « Tu dis bien par Dieu? »
Je dis : « Oui, par Dieu ».
Il répéta : « Tu dis bien par Dieu? »
Je dis : « Oui, par Dieu ».
Il me saisit par le pan de mon manteau et m’attira à lui en me disant : « Réjouis-toi donc car j’ai entendu le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) dire : « Allâh le Très-Haut a dit : « Mon amour est acquis de droit à ceux qui s’aiment en Moi, qui se réunissent en Moi, se séparent en Moi et se font des cadeaux en Moi » ». (Màlik avec une chaîne authentique)

De plus, les témoignages à son sujet le disent doté d’un bon sens infaillible. Ibn Abdallah raconte qu’il s’était trouvé dans la mosquée, au début du khalifat d’Omar : « J’ai assisté, disait-il, à une réunion de plus d’une trentaine. Tous citaient des hadiths du Messager . Dans le groupe, il y avait un jeune homme rayonnant, à la voix attrayante. Il était le plus jeune. Quand ses compagnons doutaient d’une chose sur un hadith, ils le consultaient. Alors, ce jeune leur donnait son avis. Et puis, je me suis rapproché de lui et je lui ai demandé qui il était. Il m’a répondu : « Je suis Mouâdh ibn Jabal. »

Quant à Chahr ibn Haouchab, il avait dit : « Quand les compagnons du Messager citaient des hadiths en présence de Mouâdh ibn Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse. » Mouâdh obtint ce savoir si considérable dans sa jeunesse. D’ailleurs, il ne vécut pas longtemps, puisqu’il mourut à l’âge de 33 ans durant le règne d’Omar ibn al-Khattab radi Allah anhu.

6) La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu
La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu

Mouâdh était généreux. Quand on lui demandait une chose, il la donnait de tout coeur. Sa générosité était telle qu’il était resté sans fortune. A la mort du Prophète , il revint du Yémen où il enseignait l’Islam aux musulmans.

Puis, il émigra en Syrie où il s’occupa également de l’enseignement religieux. Mais, à la mort de l’Emir du pays : son amiAbou Oubayda, qu’il remplaça à la tête de l’émirat, après avoir été nommé par le khalife Omar . Il ne passa pourtant que quelques mois à ce poste, puisqu’il fut rappelé à Dieu.

Son séjour parmi les concitoyens d’Ach-Châm puis de Palestine pour leur apprendre le Coran

Sous le califat de ‘Omar aussi, le gouverneur d’Ach-Châm, Yazîd Ibn ABOU SOUFIANE envoya demander à OMAR  (رضي الله عنه) un précepteur pour ses sujets. ‘Omar convoqua alors Mou’adh Ibn Jabal, ‘Oubâda Ibn As-Sâmit, ABOU AYYOUB , AL ANSARI  Ubay Ibn Ka’b et ABOU DARDA et leur dit  :

« Vos coreligionnaires à Ach-Châm me demandent de leur assigner un précepteur pour apprendre le Coran et s’instruire dans la religion. Aidez-moi donc que Dieu vous accorde Sa miséricorde dans le choix de trois parmi vous. Veuillez procéder par tirage au sort, ou bien je désignerai par moi-même trois parmi vous ».

– « Et pourquoi tirons-nous au sort?, répondirent-ils, Abou Ayyûb est âgé, Oubay est malade et il ne reste que nous trois ».

– « Commencez, vous trois, par Hams et quand vous serez rassurés sur l’état de son peuple, quittez-la en y laissant l’un de vous. Puis, que le second se dirige vers Damas tandis que lautre, vers la Palestine ».
Les trois se dirigèrent donc vers Hams où fut laissé ‘Ubâda Ibn As-Sâmit. Tandis que Aboû Ad-Dardâ se rendit à Damas et Mou’adh Ibn Jabal en Palestine.

La tombe de Muadh-ibn-Jabal radiAllah anhu, Syrie
La tombe de Muadh-ibn-Jabal radiAllah anhu, Jordanie (Sham)

Sa mort (33 ans)

Mou’adh (رضي الله عنه) resta en Palestine jusqu’à ce qu’il fut atteint de la peste. A l’article de la mort, il se mit à dire : « Ô mort! Soyez la bienvenue! Tel un visiteur qui vient après une longue absence et un être cher qui arrive après un profond désir ».
Il se mit à regarder la voûte céleste, puis dit  : « Mon Seigneur! Vous savez parfaitement que je n’ai jamais aimé l’ici-bas ou désiré la longévité pour y planter des arbres ou y faire couler des fleuves, mais plutôt pour accomplir le jeûne pendant les journées les plus torrides, passer les nuits à faire des dévotions et se presser autour des savants qui tiennent les cercles de rappel. Veuillez recueillir mon âme comme Vous Vous recueillez les âmes croyantes ». Puis, il rendit le dernier soupir.


Ses mérites

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit aussi : « Faîtes-vous réciter (ou enseigner) le Coran par quatre individus : ABDALLAH IBNMASOUD , Sâlim l’affranchi d’Abou Houdhayfa, Oubay Ibn Ka’b et Mu’âdh Ibn Jabal ». (Al-Boukhâri)

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui rendit hommage, en disant  : « Mou’adh Ibn Jabal est celui parmi les membres de ma Communauté qui sait parfaitement distinguer le licite de l’illicite ». (At-Tirmidhî et Ibn Mâja).

Selon Mou’had (رضي الله عنه), le MESSAGER D’allah (صلى الله عليه و سلم) le saisit une fois par la main et lui dit : « Ô Mou’àdh! Par Dieu, je t’aime ».

(ABOU DAWOUD Et An-Nasâi)

‘Omar dit sur le lit de mort : « Si Mouâdh Ibn Jabal était vivant, je l’aurais désigné à ma succession. Et, quand je me présenterai devant Dieu et qu’il me demandera : « Qui as-tu désigné au commandement de la communauté de Mohammad ? » je dirai : « J’ai désigné Mouâdh Ibn Jabal. C’est que j’avais entendu le Prophète dire : « Le Jour de la résurrection, Mouâdh Ibn Jabal sera l’imam (le dirigeant) des savants ».

Ibn Mas’oud avait dit de lui : « Nous comparions Mou’âdh au (prophète) Ibrahim ».

Chahr Ibn Haouchab, avait dit : « Quand les compagnons du Messager citaient des hadiths en présence de Mouâdh Ibn Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse ».
source :

La ville de Basra en Iraq fondé par Utba ibn Ghazwan par ordre d’Omar ibn al-Khatab radi Allah anhum

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8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).
La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).

Bassora (ou Bassorah ou Basra, en arabe : al-Baṣra, البصرة) est la seconde ville d’Irak, après Bagdad, la capitale, avec une population estimée en 2008 à environ 2 300 000 habitants. C’est la capitale de la province d’Al-Basra. Principal port du pays, la ville est située sur le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du golfe Persique et à 550 km de Bagdad.

Bassora est, avec Koufa (située plus au nord), un ancien « misr » ( au pluriel « amsar » : ville-camp ), bâtie en 638 par Omar radi Allah anhu, le deuxième calife bien-guidé, lors de l’expansion musulmane . Afin de maintenir la distinction entre « Croyants » (les convertis à l’islam) et les autres populations, les musulmans y vivaient.  Ce confinement ethnique et religieux a, à maintes reprises, fait de la ville un lieu de bouillonnement idéologique.

Un réseau de canaux a traversé la ville, lui donnant le surnom de « Venise du Moyen-Orient ».

Bassora est une région fertile, avec une production importante de riz, de maïs, d’orge, de millet, de blé, de dattes, et de bétail. Pendant longtemps Bassora produisait les dattes les plus succulentes au monde.

La prospérité de Bassora (al-Basra) pris fin sous les Abbassides. Les esclaves noirs  zanj importés pour enlever les couches superficielles de terre salée des zones irriguées deMésopotamie finirent par se révolter. Cette révolte dura dix ans, et ravagea durablement toute la région et Basra en particulier.

Typique ancienne maison de basra en iraq.
Typique ancienne maison de Basra en Iraq.

Cette région est netement dominé par le  chiisme duodécimain, mais il y a un grand nombre de sunnites et un nombre restreint de chrétiens vivent également à Bassora. Vivent aussi parmi eux les restes de la secte gnostique préislamique des mandéens.

Du temps du calife Omar radi Allah anhu  Basra n était pas une ville. C’était une plaine pierreuse au bord du Tigre et une contrée couverte de pierres blanches telles qu il y en avait là est appelée par les Arabes : Baçra.

Voilà ce que dit l’Imam at-Tabari sur la fondation de la ville :

« A l’endroit où s’étend aujourd’hui la ville de ce nom il y avait au bord d’une petite rivière près d’Obolla sept villages gouvernés par un dihqàn dont l’autorité était reconnue par les habitants de Baçra d’Obolla et des riverains de l’Euphrate.

Toutes ces populations étaient soumises au roi de l’Omàn contrée qui d’après les Arabes fait partie de l’Indostan.

Or après la bataille de Qàdesiyya et la destruction de l’armée perse Omar craignant que le roi de Perse ne demandât du secours au roi d’Omàn et au roi de l’Indostan et que ceux ci ne le lui accordassent jugea à propos de faire occuper la contrée des embouchures du Tigre par un corps de troupes et d y faire construire une ville peuplée d Arabes afin d empêcher les Perses d’amener par cette voie des auxiliaires.

En conséquence il fit venir Otba fils de Ghazwân le Mâzinite qui était seigneur des Beni Màzin et qui avait été compagnon du Prophète et lui parla ainsi  : « Dieu a fait triompher l’islam par ma main et il a brisé les Perses.  Maintenant je veux faire garder la route entre l’Indostan et l’Omàn afin qu’il n arrive pas aux Perses des secours de ce côté . Il faut donc que tu y conduises ton corps de troupes et que tu y construises une ville dans laquelle vous puissiez être à votre aise toi et les soldats musulmans.  »

8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).
La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) 

Otba se mit en route avec cent seize hommes et en traversant le désert il en réunit encore trois cents autres autour du drapeau qu’Omar lui avait remis.

Arrivé au lieu de sa destination il fut averti qu’il y avait dans les bourgs de cette contrée une nombreuse population et plusieurs dihqàns,  Otba fit partir un messager pour inviter ces dihqàns à se présenter devant lui.

Le messager parla ainsi aux dihqàns :  » Un homme accompagné d’une nombreuse armée est arrivé de l’Arabie.  Il vous fait inviter à venir le trouver. »

 

La  mosquée de Basra en restauration
La mosquée de Basra en restauration

 

En recevant ce message l’un de ces dihqàns qui était très puissant partit avec quatre mille cavaliers . Voyant le petit nombre de musulmans qui étaient avec Otba il manifesta son étonnement et son mépris pour ce petit corps de troupes et dit  :  » Quel mal peut faire cette poignée d’hommes ?  Et qui est donc celui qui les commande pour oser m’appeler devant lui. ‘

Ensuite il chargea un corps de deux cents soldats d’aborder les musulmans de les enchaîner et de les lui amener Otba les voyant approcher leva son camp et les attaqua.

Le combat s étant engagé les musulmans tuèrent la plupart des ennemis puis ils s avancèrent jusqu à l’endroit où se trouvait le dihqân tombèrent à l’improviste sur son armée et tuèrent un nombre considérable d’hommes.

Le dihqân fut fait prisonnier et amené devant Otba.

Ruines de l'ancienne ville de ville de Basra en Iraq, fut l'un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).
Ruines de l’ancienne ville de ville de Basra en Iraq, fut l’un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu 

Il y avait en cet endroit une population d’Arabes de l’Omàn qui avait construit au bord de la rivière des habitations faites de paille et d’herbes sèches à la manière arabe.

Invités par Otba à accepter sa religion ces hommes dont le nombre était considérable embrassèrent tous l’islam Otba les interrogea ensuite pour savoir où était le meilleur climat dans cette contrée.

Ils lui indiquèrent l’endroit couvert de pierres celui là même où il avait établi son camp,  Otba ayant requis leur aide fonda alors la ville de Baçra.

La plus vielle mosquée de Basra ville qui fut un camp Militaire arabe fondé en  638  Utbah ibn Ghazwan sur ordre du calife Rashidun  Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu)
Ancienne photo d la plus vieille mosquée de Basra fondé en 638 

Sa’d fils d Abou Waqqàç avait construit près du Tigre la ville de Koufa la ville de Madàïn se trouvait ainsi située entre Koufa et Baçra mais plus près de cette dernière Otba adressa à Omar une lettre conçue en ces termes :

»Je me suis rendu à l’endroit que tu m as désigné et j’y ai construit la ville de Baçra. Je me trouve plus rapproché des Perses que la garnison de Koufa. Je fais journellement des courses contre eux et je leur ai inspiré une grande terreur. Si j’avais à ma disposition une armée je m’emparerais de Madàïn . »

Omar pensa qu il ne serait pas en état de le faire.

Quelques historiens prétendent qu’Otba n’avait pas été chargé de l’affaire de Baçra par le calife lui même mais que celui ci l’ayant envoyé vers Sa’d ce dernier avait écrit à Omar et lui avait demandé de le faire partir pour Baçra.

Le califat par al-Maqrizi (1364-1442) tiré de l’Histoire de l’Egypte ».

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Les trois portes du Masjid an-Nabawi à Medine
Les trois portes du Masjid an-Nabawi à Medine

Le califat par al-Maqrizi tiré de l' »Histoire de l’Egypte ».

PRÉFACE d’al-Maqrizi (1364-1442)

Au nom du Dieu clément et miséricordieux.

Je n’ai pas d’autre assistance que celle d’Allah et je me remets entre ses mains !

Dis : Allah possède la toute puissance ; c’est par sa volonté que l’autorité vient aux hommes et c’est sa volonté qui la leur enlève.

Il glorifie ou abaisse celui qu’il lui plaît d’élever ou d’abaisser; il change le bonheur en larmes et sa toute puissance s’étend sur toutes choses.

Il fait succéder la nuit au jour et le jour à la nuit ; il fait sortir la vie de la mort, et la mort de la vie, il donne à qui il veut, sans compter, son pain quotidien.

Louange à Allah qui est un dieu sage, un dieu puissant, un roi omnipotent et victorieux, qui donne à celui qui est faible et méprisé, qui humilie la vanité du puissant et du riche, qui élève l’homme humble et obscur, qui humilie l’homme puissant et noble, qui glorifie celui qui est méprisé et honni, qui dérobe le fugitif à la vue des hommes qui le poursuivent, qui humilie ceux qui sont armés de lois inexorables ou qui possèdent de nombreux soldats, ceux qui font flotter au-dessus de leur tête les étendards et les drapeaux[12] et ceux qui commandent aux armées et aux troupes.

Reproduction de la mosquée du prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)
Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) à Medine.

Il donne sa puissance à celui qui n’est rien, dont on ne connaît ni les pères ni les ancêtres, mais qui se conforme dans sa conduite aux désirs de son Maître et qui est utile à son prochain, à celui que les gens haïssent et pour qui personne n’a de considération, à celui qui ne peut faire rien qui soit utile à lui-même et encore bien moins à un autre que lui, qui est incapable d’écarter le mal et les calamités qui fondent sur lui par suite de sa faiblesse et de l’obscurité dans laquelle il vit.

Il enlève l’empire à celui que les plus méchants redoutent au milieu de leurs ruses, à celui devant qui s’humilie l’insolence des guerriers malgré leur dureté et leur cruauté, aux pieds duquel se prosternent les plus braves soldats.

Le lieu de naissance du prophète Muhammad paix et bénédiction d'Allah sur lui
Le lieu de naissance du prophète Muhammad paix et bénédiction d’Allah sur lui

Louange à Dieu pour ce qu’il refuse et pour ce qu’il donne, pour les épreuves qu’il envoie à l’homme, pour les souffrances, les malheurs et la médiocrité dans lesquels il le fait vivre, pour les bienfaits et les dons dont il gratine ceux qui louent sa Gloire.

C’est dans sa main qu’est la puissance sur toute chose et c’est vers lui que nous retournerons.

Il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah, l’Unique, le Seul, l’Isolé, l’Éternel, qui n’a pas été enfanté et qui n’a pas engendré, il n’a pas d’égal. Allah est grand.

La tombe de Hamza radi Allah anhu à Janat al-Mualla à la Mecque
La tombe de Hamza radi Allah anhu à Janat al-Mualla à la Mecque

Les hommes ne saisissent de sa science que ce qu’il a bien voulu leur en dévoiler ; son trône s’étend sur la terre et sur les cieux ; l’intelligence ne peut aller jusqu’à concevoir sa grandeur, et c’est lui qui a instruit les prophètes et les envoyés.

Qu’Allah prie sur notre prophète Mohammed par la main de qui il a fait disparaître du monde les Khosroès qui associaient à Dieu d’autres divinités, qui a renversé par sa loi l’empire des Césars de Rome, qui a anéanti les religions dans lesquelles les hommes adoraient des idoles et des statues, qui a détruit les temples du feu, qui a réuni autour de lui les princes des Arabes qui, avant cette époque, étaient dispersés dans leur presqu’île.

Quand Allah (louanges lui en soient rendues!) m’eut permis d’achever le « Livre des Colliers des perles des écrins sur l’histoire de la ville de Fostat » et le livre intitulé les « Enseignements réservés aux orthodoxes sur l’histoire des khalifes (fatimides) », tous les deux traitant des souverains d’Egypte, des émirs et des khalifes, des événements qui se sont passés sous leurs règnes depuis les temps de la conquête jusqu’à l’époque de la chute de la dynastie fatimide, je me suis plu à continuer ce récit par l’histoire des souverains d’Egypte qui ont régné après eux, tant des souverains Kurdes ou ayyoubides, que des Sultans Mamlouks, Turcs et Circassiens, dans un livre dans lequel se trouve racontée leur histoire, où l’on expose leurs institutions ainsi que la plupart des événements qui se sont passés à leur époque, sans distinguer entre les biographies et les obituaires.[13]

Je me suis tenu à un juste milieu entre une narration trop développée et un récit trop succinct, et j’ai intitulé cet ouvrage « Le livre de l’introduction à la connaissance des dynasties royales » (Kitab as-soloûk-li-ma’rifat-douval-al-moloûk).

L'empire Romain Byzantin d'Orient et l'empire Sassanide en 610
L’empire Romain Byzantin d’Orient et l’empire Sassanide en 610

INTRODUCTION HISTORIQUE

I TABLEAU DU MONDE AVANT L’ÉTABLISSEMENT DE L’ISLAM.

Il faut savoir qu’avant la venue de notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui accorde le salut !), tous les habitants de la terre, tant dans les pays de l’ouest que dans l’est, étaient répartis en sept grandes nations:[14]

Les Sin (Chinois) au sud-est (djanoûb-mashrek) de la terre.

Les Hindous au sud franc (wasit djanoûb).

Les Nègres (Soudan) au sud-ouest (djanoûb-maghreb).

Les Berbères au nord-ouest (shamal-maghreh).

Les Roumis au nord franc (wasit-shamal).

Les Turks au nord-est (shamal-mashrek).

Les Persans au milieu de ces six nations qui les entouraient de toutes parts.

Dans les temps anciens, avant l’apparition de la loi musulmane, ces différents peuples ne formaient qu’une seule nation que l’on appelait de deux noms, les Samanéens et les Chaldéens ; ils se séparèrent ensuite en cinq groupes religieux : les Sabiens, les Mages, les Polythéistes, les Juifs et les Chrétiens.

Les Sabiens[15] adoraient les étoiles ; ils pensaient que tout ce qui se trouve dans ce monde inférieur, que les créatures traversent dans la vie actuelle, a été produit par les étoiles.

Ils croyaient également que c’était du soleil qu’émanait tout ce qui se produit dans le monde.

Cette religion est la plus ancienne de toutes, c’était celle des habitants de Babylone (Babil) qui étaient Chaldéens; Allah leur envoya comme prophètes Nouh et Ibrahim (que les prières d’Allah soient sur eux deux!).

Le château Saint-Gilles (en arabe قلعة طرابلس), aussi appelé forteresse est une forteresse située à Tripoli, au Liban, construite en 1103 par le comte Raymond IV de Toulouse sur un site fortifié par les Arabes du califat Rashidun par le général . Sefyan bin al Moujib al-Azadi en 636 En effet, lorsqu'Omar ibn al-Khattâb envahit la Syrie en 641, la ville, alors byzantine, oppose une âpre résistance. Elle n'est prise qu'en 644 après la fuite par la mer des habitants qui échappent à la surveillance des Musulmans malgré la construction à l'écart de la ville d'un petit fort destiné à les observer6.
Le château Saint-Gilles ,  située à Tripoli, au Liban, fut reconstruite en 1103 par le comte Raymond IV de Toulouse sur un site fortifié par les Arabes du califat Rashidun notamment par le général Sufyan ibn Moujib al-Azadi en 644.  En effet, lorsqu’Omar ibn al-Khattâb envahit la Syrie en 641, la ville, alors byzantine, oppose une âpre résistance. Elle n’est prise qu’en 644 après la fuite par la mer des habitants qui échappent à la surveillance des Musulmans malgré la construction à l’écart de la ville d’un petit fort destiné à les observer.

Les Sabiens faisaient des idoles de pierres précieuses et de métaux auxquelles ils donnaient le nom des étoiles.

Ils adoraient ces idoles, leur adressaient leurs prières, leur faisaient des sacrifices pour se les concilier, croyant qu’ils en tiraient un bénéfice et qu’elles éloignaient le mal d’eux.

Quelques restes de ces Sabiens vivent aujourd’hui dans le Sawad de l’’Irak, à Harrân et à ar-Rohâ (Édesse).

Ils ont embrassé l’Islam et sont connus sous les noms de Nabatéens et de Djarnaniens ; ils n’ont plus aujourd’hui d’autonomie depuis que les Persans les ont vaincus.

C’est sous le règne de al-Mamun (fils d’Haroun al-Rashid l’Abbasside), qu’ils abandonnèrent leur nom de Chaldéens pour prendre celui de Sabiens.

Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)
Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)

Les Mages disaient qu’il y avait deux dieux, le premier, auteur du bien[16] était la Lumière et l’autre, auteur du mal, était les Ténèbres.[17]

On les appelait également les Dualistes.

Ils construisirent pour ces dieux des pyrées dans lesquels le feu brûlait continuellement.

C’était à ces feux qu’ils adressaient leurs prières et qu’ils offraient leurs sacrifices, et ils croyaient que ces dieux étaient la source du bien et du mal.

Cette religion était celle des Khosroès, rois de Perse dans l’Irak.

L’Envoyé d’Allah (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut!) naquit sous le règne de Kesrâ Anoushirvân.

Les Arabes anéantirent l’empire des Khosroès pendant le khalifat du Commandeur des Croyants, ‘Omar ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui!), ils leur prirent al-Madaïn, Djaloula ainsi que d’autres villes.

Le dernier de leurs souverains, Yezdedjerd fut tué sous le khalifat du Commandeur des Croyants ‘Othman ibn ‘Affân (qu’Allah soit satisfait de lui !)

Aucun Khosroès ne régna après lui; les Persans furent dispersés et leur royaume est resté anéanti jusqu’à aujourd’hui.

J’ai parlé déjà des rois de Perse dans mon livre des « Colliers des perles des écrins » ; j’y renvoie pour plus de détails.

Chambre de Halimah (رضي الله عنها) où Rasoolullah (صلى الله عليه وسلم) a passé son enfance
La Chambre de Halimah (رضي الله عنها) où Rassoul Allah (صلى الله عليه وسلم) a passé son enfance

Les Polythéistes ou Associateurs, tout comme les Sabéens et les Mages, adorent des idoles et des feux au lieu d’adorer Allah.

Les Arabes, auxquels Allah envoya notre prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !) les appelèrent les Polythéistes (al-moushrakin) et ce nom leur resta.

Ils adoraient des idoles, des statues et des représentations de divinités au lieu d’adorer le vrai Dieu.

Ils se prosternaient devant elles, leur adressaient leurs prières et leur offraient des sacrifices.

Ces idoles étaient faites de pierres, de bois et d’autres substances. Ils étaient persuadés que c’était d’elles que leur venait tout profit et qu’elles détournaient le mal qui aurait pu les atteindre.

Les Polythéistes (ou Associateurs) croyaient que c’est le Dieu très haut qui les a créés, qui les fait exister et ensuite les fait mourir et qui leur donne leur pain de chaque jour.

Ils étaient persuadés que leur adoration des idoles était pour eux le moyen de se rapprocher de lui; quand ils se trouvaient en péril sur mer par suite de la violence du vent et de la force des vagues et qu’ils étaient en danger de mort, ils élevaient des idoles qu’ils adoraient et suppliaient Dieu de les sauver.

Allah (louanges lui en soient rendues !) anéantit cette hérésie au milieu des Arabes par la main de notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !)[18] et ils entrèrent successivement dans la loi de l’Islam.

l'Expulsion finale des non-musulmans d'Arabie sous Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu
l’Expulsion finale des non-musulmans d’Arabie sous Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu en 642

Ils ne voulurent pas reconnaître le vrai Dieu jusqu’au moment où l’Islam triompha de toutes les autres religions et où les Arabes eurent conquis l’Orient et l’Occident de la terre, tous les pays que foulèrent le pied de leurs coursiers et tous les rivages auxquels abordèrent leurs navires.

Nous avons suffisamment parlé dans notre livre des « Colliers de Perles des écrins sur l’histoire de la ville de Fostat », des tribus arabes et de leurs subdivisions.

Les Juifs sont les sectateurs de Moussa, fils d’Amrân (que les prières d’Allah soient sur lui!). Leur livre sacré s’appelle la Thora ; ils sont tous fils d’Ibrahim, l’ami d’Allah. Ils sont aussi connus sous le nom de Bènou Isrâil, (Israélites); Israil étant Yakoub, fils d’Ishak, fils d’Ibrahim (que les prières d’Allah soient sur eux!).

Ils formaient douze tribus et ils possédèrent la Syrie tout entière, moins une petite portion jusqu’au moment où leur empire fut détruit par Bokht-en-Nasr, puis par Titus (Titis).

Quand Allah eut révélé l’Islam, ils perdirent leur puissance et leur empire ; ils furent dispersés dans les diverses contrées de la terre et ils passèrent sous la domination des Chrétiens. Nous avons de même mentionné tous leurs rois dans notre livre des « Colliers des perles des écrins ».

Les Chrétiens suivent la loi du Messie, fils de Dieu, ‘Isa, fils de Mariam (que les prières d’Allah soient sur lui!)

Leur livre saint se nomme l’Évangile (al-Indjil). Allah envoya le Messie aux fils d’Israël qui, sauf quelques-uns, le traitèrent d’imposteur.

Sa religion se répandit après qu’il fut monté au ciel.

Zénobia-Halabiyé (en arabe : qala'a al-ḥalābiyā, قلعة الحلابيا) C’est sans doute en raison de l'intérêt géostratégique du site que Zénobie doit sa fondation, vers 266 ap. J.-C., par la fameuse reine de Palmyre, Zénobie qui lui donna son nom, et son époux Odénat, afin de contrôler cette passe, face aux Perses Sassanides de Shapur Ier, toujours menaçants vis-à-vis de l’Empire romain, dont Palmyre était l’un des garants. Elle ne fut sans doute longtemps qu’un fortin ou plutôt une petite ville, qui, après la prise de Palmyre en 273 par l’empereur Aurélien, venu restaurer son autorité face à la rébellion de Zénobie,
La forteresse Zénobia-Halabiyé (en arabe : qala’a al-ḥalābiyā, قلعة الحلابيا) en Syrie  ce fut la reine arabe  Zénobie  qui la fonde , vers 266 ap. J.-C., alors reine de Palmyre, et qui lui donna son nom Zenobie,  afin de contrôler cette passe, face aux Perses Sassanides de Shapur Ier, toujours menaçants vis-à-vis de l’Empire romain, dont Palmyre était l’un des garants.

Les Romains, les Coptes, les Abyssins et un certain nombre d’Arabes embrassèrent cette religion et ils la conservèrent jusqu’au moment où Allah révéla l’Islam.

Les Musulmans, tant compagnons du Prophète que ceux qui vinrent ensuite (qu’Allah soit satisfait d’eux tous!), combattirent contre Heraclius, le dernier de leurs rois et contre ses vassaux; ils lui enlevèrent la Syrie, l’Egypte et ils les forcèrent à se réfugier dans les îles de la mer.

Les Musulmans livrèrent ensuite la bataille de Djellaka et conquirent de même sur les Chrétiens, l’Afrique (Ifriiya), l’Espagne (Andalous) et tous les pays du Maghreb ; ils portèrent la guerre et le massacre jusque dans le pays des Roum et ils détruisirent leur empire auquel succéda celui des Francs.

Nous avons déjà raconté dans notre livre des « Colliers des perles des écrins » et dans le livre intitulé « Exhortations et explications sur la topographie et les monuments anciens[19] », toutes les guerres qui eurent lieu entre les Roumis, les Francs et les Musulmans.

A notre époque, ces rois des Francs, leurs sujets, ainsi que la plupart des rois d’Abyssinie et de leurs peuples, suivent toujours la religion chrétienne.

La bataille de Badr
La bataille de Badr

Allah a effacé ces religions de la face de la terre quand il a envoyé notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut!). A cette époque, le monde était divisé en cinq empires : le royaume de Perse ; le souverain de ce pays se nommait Khosroès ; le royaume de Roum dont le souverain était appelé Kaisar ; ce royaume fut en guerre continuelle avec le royaume de Perse, les souverains de ces deux pays ont élevé de nombreux monuments; le royaume des Turks, dont les souverains firent la guerre aux Persans, mais les chroniques des Khalifes ne nous apprennent pas qu’ils aient triomphé d’eux;[20] le royaume de l’Inde, les souverains de ce pays se bornèrent à garder ce qui leur appartenait et le royaume de Chine.[21]

Quant aux fils de Cham, Abyssins, Zendjs et Berbères, ils n’avaient point de royaume qui put compter.

Les étapes du Califat Rashidun jusqu'à Uthman bin Affan radi ALLAH anhu
Les étapes du Califat Rashidun jusqu’à Uthman ibn Affan radi ALLAH anhu

I LE KHALIFAT.

Sache qu’Allah donna sa mission à notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !) à l’âge de quarante ans.

Il prêcha les Koraïchites à la Mecque durant treize années et il s’enfuit ensuite de la Mecque à Médine où il demeura pendant dix ans.

Allah le rappela à lui à l’âge de soixante-trois ans.

Nous avons déjà raconté sa vie en détail au commencement de notre livre « Le Collier des perles des écrins, sur l’histoire de la ville de Fostat » (Kitab ‘akd-djavâhir-el-isfat fi akhbar medinet-el-Fostat).

Après sa mort, les khalifes orthodoxes régnèrent durant trente ans sur l’islam et sur les Musulmans.

Place de la bataille de Muta La bataille de Mu'tah (arabe : غزوة مؤتة) a lieu en septembre 6291 près du village de Mu'ta (ar) à l'est du Jourdain et d'al-Karak, entre une troupe de combattants musulmans dépêchée par le prophète de l'islam Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) et une armée de l'empire byzantin.
Place de la bataille de Muta La bataille de Mu’tah (arabe : غزوة مؤتة) a lieu en septembre 629 près du village de Mu’ta à l’est du Jourdain et d’al-Karak, entre une troupe de combattants musulmans dépêchée par le prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et une armée de l’empire byzantin.

Ces khalifes sont au nombre de cinq:

Abou-Bakr-as-Siddik (qu’Allah soit satisfait de lui!); son nom était ‘Abd-Allah ibn ‘Othman-Abou-Kahâfa. Il fut khalife durant deux ans et trois mois, moins cinq nuits (632-634).

Omar ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui!) ibn Nafil al-‘Adouvi; il régna durant dix ans, six mois et quatre jours (634).

Othman ibn ‘Affân ibn Abou al-‘As ibn Oumayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf ; il régna durant douze ans moins douze jours.

On dit aussi que la durée de son règne fut de onze ans, onze mois et quatorze jours, ou encore, suivant d’autres personnes, dix-huit jours (644).

‘Ali ibn Abou-Thâlib ibn ‘Abd-al-Motallib ibn Hicham ; il fut khalife durant quatre années, neuf mois et six jours, ou trois jours ou encore, suivant d’autres personnes, quatorze jours (656).

al-Hasan ibn Ali ibn Abou Thâlib, il régna cinq mois et demi environ ; on dit également six mois (661).

« L’ascendance arabe » carte de 1884 Ancienne carte (1884) du califat Omeyyade et du plan de Dimashq ( Damas) sous le 6eme calife omeyyade Al-Walid Ier né le 668 – mort le 715 (le monde chrétien est en jaune et le monde païen en vert )

C’est avec al-Hasan que se termina la dynastie des khalifes orthodoxes (qu’Allah soit satisfait d’eux tous !). Le Khalifat devint ensuite une royauté de violence et de tyrannie et le pouvoir passa aux Omeyyades.[22]

Le premier d’entre eux qui exerça la souveraineté fut :

Mo’awiyya ibn Abou-Sofian (661); il s’appelait Sakhr ibn Harb ibn Omayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf; il régna durant dix-neuf ans, trois mois ou, suivant d’autres, trois mois moins un jour.

Après lui, son fils (680)

Yazid monta sur le trône et fut khalife durant trois ans et six mois.

On a dit aussi huit mois et on donne encore d’autres durées à son règne. Après lui régna (683)

Mo’awiyya, fils de Yazid, fils de Mo’awiyya, durant trois mois ou suivant d’autres, pendant quarante jours. Après Yazid, ‘Abd-Allah ibn al-Zobaïr ibn al-‘Avvam ibn Khawilad ibn Asad ibn ‘Abd-al-Ghari ibn Kasi régna en même temps que Mo’awiyya dans le Hedjaz. Marwân le trahit en Syrie.

Pantelleria sulla Costa En 700 l'île a été conquise par les Arabes omeyyade , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah 'la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l'Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade
Pantelleria sulla Costa, Italie.  En 700 l’île a été conquise par les Arabes omeyyade depuis l’ifriiqya , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah ‘la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l’Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade

La durée du règne d’Ibn al-Zobaïr jusqu’au moment où il fut tué à la Mecque, fut de neuf ans.

Après Moaviyya-ibn-Yazid, régna en Syrie (684)

Marvân ibn al-Hakim-ibn Abou’l As ibn Omayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf, durant dix mois. Après lui régna son fils

‘Abd-al-Malik (685) qui envoya al-Hadjdjâdj ibn Youssouf al-Thakafï faire la guerre à ‘Abd-Allah ibn Zobaïr ; ce dernier fut tué après la mort de son concurrent. ‘Abd-al-Malik régna pendant treize ans, quatre mois moins sept nuits. Après lui régna son fils (705)

al-Valid, durant neuf ans et sept mois; il eut pour successeur son frère, (715)

Soleïman ibn ‘Abd-al-Malik, qui régna pendant deux ans, huit mois et cinq jours ; on dit aussi moins cinq jours. Après ce prince régna (717)

Omar ibn ‘Abd al ‘Aziz ibn Marvân ibn al-Hakim durant deux ans et cinq mois, après lui (720)

Yazid ibn ‘Abd-al-Malik durant quatre ans, un mois et quelques jours.

Ce khalife eut pour successeur sou frère (724) Hicham ibn ‘Abd-al-Malik, qui régna dix-neuf ans, neuf mois et vingt et un jours, ou suivant une autre estimation, huit mois et demi.

Ce khalife se fit faire des vêtements brodés à sa taille ; il en fit tellement faire, qu’il fallut sept cents chameaux pour transporter ceux qu’il choisit.

Cette charge était composée des habits dont il se revêtait, mais combien y en avait-il qu’il ne portait pas !

Après lui régna (743) al-Walid ibn Yazid ibn ‘Abd-al-Malik qui est connu sous le nom de Yazid-al-Nakis ; il régna durant un an et trois mois ou suivant d’autres auteurs, pendant deux mois et vingt-deux jours. Après lui son fils (744)

Yazid fut investi du Khalifat ; la situation de l’empire périclita sous son règne et il ne resta sur le trône que cinq mois et quelques jours. Son frère (744)

Ibrahim ibn al-Valid lui succéda et régna quatre mois ou, comme disent quelques personnes, soixante-dix jours ; il n’eut jamais aucune autorité. Après Ibrahim,

Marvân ibn Mohammad ibn Marvân ibn al-Hakim monta sur le trône (744-750). On le nommait Marvân le frisé, ou Marvân l’ânier. C’est sous le règne de ce prince que commença à poindre la dynastie des Abbassides. Ils lui firent la guerre et le tuèrent en Egypte. Il avait régné depuis son avènement pendant cinq ans, six mois et seize jours.

Iraq, Kirdistan (Jazira) lieux de la bataille du Zab entre les abbassides et omeyyades

La dynastie Omeyyade finit avec l’assassinat du khalife Marvân ibn Mohammad.

La dynastie du fils d’Abbas ibn ‘Abd-al-Motallib ibn Hicham ibn ‘Abd-Manâf le remplaça durant une période de cinq cent vingt-trois ans, dix mois et quelques jours.

C’est à partir des Abbassides que la division s’introduisit dans l’Islam; ce fut sous leur règne que le nom d’Arabe disparut de la cour de Bagdad, que les Turks leur prodiguèrent les humiliations, et que les Deïlémites[23] arrivèrent au pouvoir.

As Saffah le premier Abbasside reçois les allégeances dans la mosquée construite par les Omeyyades (ses prédécesseurs a Kufa en Iraq, illustration persane du 14e siècle
As Saffah le premier Abbasside reçois les allégeances dans la mosquée construite par les Omeyyades (ses prédécesseurs a Kufa en Iraq, illustration persane du 14e siècle

Les Turks acquirent ensuite un pouvoir immense et ils se partagèrent les royaumes de la terre.

Le premier khalife de cette dynastie (Abbasside) fut as-Saffah, qui se nommait ‘Abd-Allah ibn Mohammad ibn ‘Ali ibn ‘Abd-Allah ibn ‘Abbâs; il régna durant quatre ans, huit mois et un jour (750-754).

Ce prince aimait à répandre le sang; il fit périr des milliers de personnes et ses lieutenants imitèrent sa cruauté, en Orient comme en Occident.

C’était en même temps un homme généreux qui répandait sans compter l’argent autour de lui et ses lieutenants l’imitèrent encore en cela.

La mosquée de l’ Allégeance Aqaba en Arabie, là ou eu lieu les deux serments d’allégeance d’Al-Aqabah entre le prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) et les Sahaba (ra), lorsque les Abbassides ont pris le pouvoir le deuxième calife Abu Jafar al Mansur construisit cette mosquée en l’an 144 de l’hegire (761 jc), Aqqaba, Arabie Saoudite
La mosquée de l’ Allégeance Aqaba en Arabie, là ou eu lieu les deux serments d’allégeance d’Al-Aqabah entre le prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) et les Sahaba (ra), lorsque les Abbassides ont pris le pouvoir le deuxième calife Abu Jafar al Mansur construisit cette mosquée en l’an 144 de l’hegire (761 jc), Aqqaba, Arabie Saoudite

Son frère (754) Abou Djafar al-Mansour, qui se nommait également ‘Abd-Allah ibn ‘Ali, régna après lui durant vingt et un ans et onze mois.

Ce fut lui le premier qui détermina la rupture entre les Abbassides et les ‘Alides; auparavant, ils ne formaient qu’une seule famille.

Il fut de même le premier khalife qui admit dans son intimité les astrologues, qui régla ses actions sur les présages des étoiles, qui fit traduire en arabe des livres rédigés dans des langues étrangères, qui fit de ses affranchis et de ses serviteurs des gouverneurs de provinces et qui leur donna le pas sur les Arabes.

Les khalifes qui lui succédèrent agirent de même, de telle façon que les règles de gouvernement des Arabes disparurent, que les lois et les usages qu’ils avaient mis en vigueur furent abandonnés et qu’ils perdirent le rang qu’ils occupaient auparavant dans l’empire.

Ce prince avait étudié les sciences, aussi, sous son règne, les gens se livrèrent-ils ardemment à l’étude et la science se répandit.

La Grande mosquée de Shibam au Yémén situé au cœur de la vieille ville entourée par de hautes maisons en briques de boue, a été construit en 753 au début de l’ére Abbasside. Une grande partie de la mosquée reconstruit au XIVe siècle. La présence de briques cuites rouges, typiques de la construction abbasside du 9e siècle, souligne les efforts de reconstruction dès le règne du calife Abbasside Harun al-Rashid; c’est le seul site de Shibam où dees briques cuites furent retrouvés. source : archnet.org
La Grande mosquée de Shibam au Yémén situé au cœur de la vieille ville entourée par de hautes maisons en briques de boue, a été construit en 753 au début de l’ére Abbasside. Une grande partie de la mosquée reconstruit au XIVe siècle. La présence de briques cuites rouges, typiques de la construction abbasside du 9e siècle, souligne les efforts de reconstruction dès le règne du calife Abbasside Harun al-Rashid; c’est le seul site de Shibam où dees briques cuites furent retrouvés. source : archnet.org

Après lui régna son fils (775) al-Mahdi-Abou ‘Abd-Allah-Mohammad, durant dix ans et un mois et demi.

Ce fut un prince bon et libéral ; le peuple imita sa conduite et vécut dans l’aisance.

Il s’appliqua à anéantir les hérétiques dès leur apparition et il fit disperser les livres traitant de leurs croyances.

Ce fut lui le premier khalife qui ordonna de composer des livres de polémique pour réfuter les Zendiks[24] et les hérétiques.

Il construisit une mosquée à la Mecque, une à Médine et une à Jérusalem.

Procession de la cavalerie Abbasside lors de la fin du Ramadan peint par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî' est un peintre et un calligraphe arabe du XIIIe siècle, actif à Bagdad. Il a notamment illustré un manuscrit des Maqamat de al-Hariri en 1237 tiré du kitab al maqamat d'Abu Muhammad al-Qasim ibn Ali al-Hariri, dit aussi al-Hariri de Basra, né en 1054 et décédé en 1122 à Bassora, en Irak, était un savant et écrivain arabe
Procession de la cavalerie Abbasside lors de la fin du Ramadan peint par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî’ qui est un peintre et un calligraphe arabe du 13e siècle, actif à Bagdad. Il a notamment illustré un manuscrit des Maqamat de al-Hariri en 1237 tiré du kitab al maqamat d’Abu Muhammad al-Qasim ibn Ali al-Hariri, dit aussi al-Hariri de Basra, né en 1054 et décédé en 1122 à Bassora, en Irak, était un savant et écrivain arabe

Il eut pour successeur son fils (784) al-Hadi billah Abou Abd-Allah-Moussa qui resta sur le trône pendant un an et trois mois ; ce fut un prince indécis.

C’est lui le premier qui fit marcher devant lui des hommes armés d’épées tranchantes, de lourdes masses d’armes et de nombreux arcs.

Les gouverneurs des provinces l’imitèrent, aussi l’on fabriqua sous son règne une immense quantité d’armes.

Le mausolée ou ce trouve la tombe du calife Abbasside Haroun al-Rashid a Tus au Khirassan ( Iran)
Le mausolée ou ce trouve la tombe du calife Abbasside Haroun al-Rashid a Tus au Khirassan ( Iran)

Après lui, son frère (786) Haroun ibn Mohammad er-Rashid régna durant vingt-trois ans, deux mois et dix-huit jours, ou, suivant d’autres autorités, un mois et seize jours. Il faisait le pèlerinage avec la plus grande assiduité et il fit constamment la guerre ; il s’appliqua aussi à faire exécuter des travaux, des puits, des citernes, des fortins, sur le chemin qui conduit à la Mecque, ainsi que dans cette ville, à Mina et sur le mont ‘Arafa.

Ses bienfaits et sa justice s’étendirent à tous ses sujets.

Il bâtit les villes frontières de l’empire, ainsi que les capitales (les villes des villes) et il y fit des fortifications considérables, telles Tarsous, Adana, Masisa, Marasch et autres.

Le peuple régla sa conduite sur celle de ce prince ; ce fut lui le premier khalife qui joua à la paume à cheval (litt. avec dessavalidja) dans l’hippodrome,[25] et qui tira avec des armes à feu sur des cibles.[26]

Ce fut aussi lui le premier qui joua à la balle et aux échecs;[27] il fréquenta les gens qui étaient habiles dans ces jeux et leur donna des pensions.

Tout le peuple l’imita et son règne fut comme une suite ininterrompue de réjouissances nuptiales.

Baghdad fondé par Abu Jafar al-Mansur
La Baghdad d’Abu Jafar al-Mansur al-Abbasi

Il eut pour successeur son fils (809) Amin-Mohammad, qui occupa le trône pendant quatre ans, huit mois et cinq jours.

Ce prince favorisa les eunuques, leur donna les grands postes de l’empire et eut pour eux un attachement extraordinaire. Sa mère lui choisissait pour ses plaisirs de jeunes esclaves ; et le peuple imita sa conduite. Après lui régna son frère (813) al-Mamoun ‘Abd-Allah ibn Haroun, durant vingt-deux ans, depuis le jour où il eut été désigné pour le khalifat, et pendant vingt ans, cinq mois et trois jours, ou, suivant d’autres, vingt-cinq; jours, depuis la mort de son frère. Ce fut le premier khalife qui étudia l’astronomie et qui régla sa conduite sur les présages des astres;[28] il lut un grand nombre d’ouvrages des philosophes anciens. Quand il fut arrivé à Bagdad, il cessa complètement et se mit à professer les doctrines des Motazallistes ; il s’entoura de savants, les fit venir de toutes les contrées et leur donna des pensions. Sous son règne, les gens s’adonnèrent à la science de la controverse et tout le monde composa des ouvrages pour prouver la supériorité de ses opinions. Ce fut un prince généreux et clément ; ses sujets imitèrent sa conduite.

La caravane de la Mecque sort de Aqqaba (Jordanie)
La caravane de la Mecque sort de Aqqaba (Jordanie)

Après lui, régna son frère al-Mo’tasim billah Abou-Ishak Mohammad ibn Haroun durant huit années, huit mois et huit jours (833). Ce fut le premier khalife qui fit entrer les Turks à la cour; il était ignorant au point de ne savoir ni lire ni écrire, mais il excellait à monter à cheval. Après lui régna son fils (842)

al-Wâthik billah Abou Djafar Haroun ibn Mohammad, durant cinq ans, neuf mois et six jours; mais son règne fut signalé par une grande calamité.[29] Ce khalife mangeait beaucoup et il finit par ne plus pouvoir se nourrir.[30]

Le fleuve Euphrate en iraq
Le fleuve Euphrate en iraq

Il eut pour successeur (847) al-Motawakkil ‘ala-Allah Djafar ibn al-Mo’tasim, qui fut khalife durant quatorze ans, neuf mois et huit jours. Les Turks l’assassinèrent et c’est à partir de ce moment que date leur domination dans les différents pays du monde. Ce khalife fit cesser la calamité (qui avait désolé le règne de son prédécesseur);[31] il défendit de se livrer à la controverse et il édicta des peines contre ce délit. Il ordonna de publier les recueils de traditions musulmanes (hadith).

Après lui, son fils (861) al-Montasir-Mohammad ibn Djafar fut élevé au trône, mais il mourut au bout de six mois moins quelques jours.

Il eut pour successeur (862) al-Mosta’ïn billah Ahmad ibn Mohammad al-Mo’tasim, qui resta sur le trône durant trois ans, huit mois et vingt-huit jours; les Turks le renversèrent, le martyrisèrent et finirent par le tuer neuf mois après sa déposition. Ce khalife est le premier qui ait mis à la mode les habits pourvus de larges manches; il fixa leur largeur à trois empans, mais il diminua par contre la dimension des coiffures (al-kalânis) qui, avant lui, se portaient larges.

Le pont Abbasside de Dalal Zakho au Kurdistan, Irakien
Le pont Abbasside de Dalal Zakho au Kurdistan, Irakien al-Jazira

Il eut pour successeur (866) al-Mo’tazz billah Mohammad ibn al-Motawakkil; les Turcs le renversèrent, le torturèrent et le frappèrent jusqu’à ce qu’ils l’eussent tué. Il avait régné durant trois ans, six mois et vingt et un jours; on dit aussi durant vingt-quatre jours. Ce fut le premier khalife qui imagina de monter à cheval revêtu de riches ornements d’or; auparavant, les khalifes Omeyyades et les Abbassides montaient à cheval revêtus d’un habit garni seulement de quelques ornements en argent à la ceinture : il prit de plus des sabres, des selles et des freins tout en or. Quand al-Mo’tazz monta à cheval avec ces ornements d’or, le peuple courut derrière lui pour le voir.

Abu Dulaf bien que similaire au minaret de la Grande Mosquée de Samarra , c'est en fait le minaret en spirale d'Abu Dulaf, 15 km au nord de Samarra  al-jafariya construite par le calife al-Mutawakkil en 861
Abu Dulaf bien que similaire au minaret de la Grande Mosquée de Samarra , c’est en fait le minaret en spirale d’Abu Dulaf, 15 km au nord de Samarra  al-jafariya construite par le calife al-Mutawakkil en 861

Après lui régna (869) al-Mohtadi billah-Mohammad ibn al-Wâthik; les Turcs le tuèrent au bout de onze mois et dix-neuf-jours de règne.

Il eut pour successeur (870) al-Mo’tamed billah Ahmad ibn al-Motavakkil; les Turcs le tinrent dans une étroite dépendance, et son frère, al-Mouvaffik billah-Abou-Ahmad-Talha accapara toute son autorité. Ce fut sous son règne que le sultan du pays de Zindj se révolta contre l’autorité du Khalifat; al-Mowaffik lutta contre le prince de Zindj durant de nombreuses années, et il mourut après l’avoir tué. La mort d’al-Mowaffik fut un coup terrible pour al-Mo’tamad qui fut assassiné après un règne de vingt-deux ans, onze mois et vingt-cinq jours. Ce fut le premier khalife qui fut mis en tutelle et en interdit, et qui eut auprès de lui quelqu’un pour régir les affaires de son empire.

Al-Mutawakkil le calife abbasside a Jérusalem 1 2 3 4 5 6
Al-Mutawakkil le calife abbasside a Jérusalem

Il eut pour successeur (892) al-Mo’tadad Ahmad ibn al-Mouvaffik-Talha, sous le règne duquel eut lieu l’insurrection des Karmathes; ce prince mourut après avoir exercé le khalifat durant dix ans, neuf mois et trois jours, ou suivant d’autres, neuf ans, sept mois et vingt-deux jours. Quand il fut mort, on l’ensevelit dans deux vêtements qui valaient seize oboles.

Après lui régna son fils (902) al-Moktafî billah ‘Ali ; ce prince poussa avec énergie la guerre contre les Karmathes et les mit en déroute. C’est également lui qui mit fin à la dynastie des Toulounides qui régnaient en Egypte et en Syrie. Il mourut après avoir occupé le trône du Khalifat durant six ans, six mois et seize jours ou, suivant d’autres personnes, dix-neuf jours.

Il eut pour successeur son frère (908) al-Moktadir billah Djafar ibn al-Mo’ladad, qui, à l’époque de son avènement, avait treize ans, deux mois et trois jours. Ce fui le premier khalife qui arriva au trône étant encore enfant. Les femmes et les eunuques usurpèrent toute son autorité; ce prince ne fit que disgracier et assassiner ses vizirs, de telle sorte que sa position devint intenable et qu’il ne resta sur le trône que quatre mois. Il fut renversé par ‘Abd-Allah, fils d’al-Mo’taz, qui fut assassiné au bout d’un jour et d’une nuit; et al-Moktadir remonta sur le trône. Sous son règne, il y eut un soulèvement des Karmathes, qui enlevèrent la pierre noire de la Kaaba et l’emportèrent dans leur pays. Les Deïlémites s’insurgèrent également contre lui ; en même temps ‘Obeïd-Allah-al-Mahdi se soulevait en Afrique et se déclarait khalife indépendant, en interdisant de faire dans le Maghreb et à Barka la khotba au nom des Abbassides.

Reproduction du Médaillon représentant le calife abbasside al-Muqtadir
Reproduction du Médaillon représentant le calife abbasside al-Muqtadir

Al-Moktadir fut détrôné une seconde fois et on mit à sa place (929) al-Kâhir billah Mohammad ibn al-Mo’tadad.  Au bout de peu de temps al-Moktadir fut remis sur le trône, mais les membres des divans usurpèrent toute son autorité et ne lui laissèrent que l’apparence du pouvoir. C’était une de ses concubines nommée Thamal-al-Kahramâna qui tenait les lits de justice; les vizirs, les kadis et les juristes venaient se présenter devant elle. Sous le règne de ce khalife, le pèlerinage fut interrompu ; les haines et les guerres se multiplièrent. Moktadir fut enfin assassiné après avoir occupé le trône du Khalifat durant vingt-quatre ans, deux mois et dix jours, ou, suivant d’autres, onze mois et quatorze jours, au moment où il partait pour se rendre à l’armée. Quand les meurtriers l’attaquèrent, il était enveloppé dans le manteau du Prophète et quand ils l’eurent massacré, le vêtement fut taché de son sang.

Après lui (932) al-Kahir billah Mohammad, fils d’al-Mo’tadad, fut élevé au Khalifat; il fut ensuite déposé et on l’aveugla avec un poinçon incandescent que l’on fit rougir par deux fois dans le feu, de telle sorte que ses yeux coulèrent. Cela arriva au bout d’un an, six mois et huit jours. Le Vendredi, il se tenait dans les mosquées et implorait la miséricorde des gens en disant : « O vous tous qui êtes assemblés ici, j’étais autrefois votre khalife et aujourd’hui je vous supplie de me donner un peu de ce que vous possédez ». Les assistants lui faisaient l’aumône.

Après lui régna (934) ar-Radi billah Mohammad, fils d’al-Moktadir. Ce fut sous le règne de ce prince que les Grecs s’emparèrent de toutes les villes frontières. Ce khalife était tellement tombé sous la dépendance de ses affranchis qu’il n’avait plus aucun pouvoir : il mourut après un règne de six ans, dix mois et dix jours, ou, suivant d’autres, neuf mois. Al-Radi fut le dernier khalife qui composa un divan de poésies complet; il fut également le dernier qui s’occupa avec une grande sollicitude[32] des affaires de l’armée et des finances de l’État, qui fit des constructions, qui invita ses familiers à venir se distraire avec lui, le dernier dont les dépenses, les dons qu’il faisait, la solde de ses troupes, les traitements qu’il assignait, ses dépenses de bouche et de réceptions, les traitements de ses chambellans furent réglés par les lois du premier Khalifat. Ce fut également le dernier khalife qui conforma sa conduite à celle des anciens khalifes.

Abbasid Dynasty, Al-Radi (934-40), AV Dinar, 3.95g, Misr, AH323

Après lui régna son frère (940) al-Mottakî billah Ibrahim, qui était un homme vertueux et religieux. Sous son règne, les Bènou Hamdan s’emparèrent du Djézireh et de la Syrie. Il y eut beaucoup de révoltes contre lui; Toûzoûn le Turk le détrôna et lui brûla les yeux avec un poinçon d’acier comme on l’avait fait à al-Kahir. Ensuite, il le jeta dans le même cachot qu’al-Kahir et tous deux étaient aveugles. Kahir récita ces deux vers :

O Ibrahim, tu commences ta vie d’aveugle ; mon cœur ne peut s’empêcher de gémir tant que dure le pouvoir de Toûzoûn et tant que le poinçon est sur les charbons ardents.

Cela se passa après qu’il eut régné trois ans et onze mois. Il mourut vingt-cinq ans après sa déposition.

Il fut remplacé sur le trône par (944) al-Mostakfi billah ‘Abd-Allah ibn al-Moklafi. Ce prince fil poursuivre al-Fadl ibn Moktadir qui était son ennemi, mais celui-ci s’enfuit auprès d’Ahmad ibn Bouyah qui lui donna l’hospitalité jusqu’à l’époque où mourut Toûzoûn. Al-Mostakfi ne dissimulait pas ses sentiments chiites et son amour pour ‘Ali, fils d’Abou Thâlib. Il fut aussi aveuglé et ainsi se trouva confirmée la crainte qu’al-Kahir exprimait dans ses vers quand il disait : « mon cœur ne peut s’empêcher de gémir ». Les Deïlémites s’emparèrent de l’empire, et des révoltes éclatèrent contre le khalife, qui fut fait prisonnier et aveuglé par Mo’izz Eddaulèh-Ahmad ibn Bouyah lui-même. Il avait régné durant un an, quatre mois et deux jours.

Après lui (946) al-Moti’-lillah al-Fadl ibn al-Moktadir monta sur le trône ; il régna durant vingt-neuf ans, quatre mois et vingt-et-un jours, mais il n’eut que le nom de souverain, tandis que Mo’izz ed-dauleh gouvernait en réalité l’empire; ce personnage donnait chaque jour deux cents dinars pour la dépense d’al-Moti. C’est sous le règne de ce khalife qu’une armée commandée par al-Mo’izz li-din Allah Abou Tamîm-Ma’d entra en Egypte et que la dynastie Abbasside perdit ce pays ainsi que la Syrie.

Caravanserai abbasside de Nishapur Ribati-i-Abbasi )
Caravanserai abbasside de Nishapur Ribati-i-Abbasi , Iran

Al-Moti’-lillah resta sur le trône jusqu’au moment où il abdiqua en faveur de son fils (974) al-Tâï’-lillah ‘Abd-al-Karim, qui régna durant dix-sept ans, neuf mois et six jours, dominé par les Bouïdes; il fut détrôné au bout de ce temps et vécut dans la misère jusqu’à sa mort. Ce khalife avait une grande inclination pour les ‘Alides. Sous son règne, les gens n’eurent plus aucune retenue ; les poètes composèrent des satires contre lui et le tournèrent en ridicule.

Il eut pour successeur (991) al-Kadir billah Ahmad ibn Ishak ibn al-Moktadir, qui régna durant quarante et un ans et trois mois ou, suivant d’autres, quarante-trois ans, trois mois et vingt et un jours. Sous le règne de ce khalife, les Deïlémites et les Bathéniens acquirent encore plus de puissance qu’ils n’en avaient auparavant. Ce fut un prince pieux, généreux pour sa famille et pour les étudiants. Sous son règne, les sectes des Moutazilites, des Bathéniens et des Rafidites se montrèrent au plein jour et firent de nombreux adhérents dans le monde; c’est également sous son règne que parut le sultan Yamin ed-dauleh Mahmoud ibn Sébuktéguin qui conquit l’Inde.

Après lui régna (1031) al-Kaïm-bi-Amr Allah ‘Abd-Allah ; Arslan-al-Besasiri se révolta contre ce khalife et on fit la prière en son nom dans les chaires de l’Irak et de l’Ahwaz. Al-Kaïm écrivit au sultan Thoghril-Beg, fils de Mikâil, fils de Seldjouk, le turcoman, qui fut le premier des sultans Seldjoukides. Ce prince marcha sur Bagdad, et Besasiri s’enfuit avec les Turks qui composaient son armée. Besâsin se rendit auprès d’al-Mostansir billah Ma’d ibn at-Tahir, khalife fatimide d’Egypte, qui lui donna des secours pécuniaires, grâce auxquels il put s’emparer de Bagdad. Besasiri interdit de faire la khotbadans cette ville au nom des Abbassides et y substitua le nom d’al-Mostansir billah. Cela dura pendant environ une année qu’al-Kaïm passa en prison. Thoghril-Beg étant revenu, réinstalla al-Kaïm sur le trône du Khalifat ; il mit Besasiri à mort et réduisit tout le pays à son autorité. Al-Kaïm resta sur le trône jusqu’à sa mort, et régna quarante-quatre ans et huit mois. C’était un prince religieux, bon et qui priait souvent; il n’avait que le défaut d’écouter tous ceux qui lui donnaient des conseils. Il lui arriva d’investir du vizirat un homme qui tenait un petit commerce à Bagdad, et qui était connu sous le nom d’Ibn al-Silt ; cet individu le persuada d’appeler les Ghozzes[33] à son secours parce qu’ils étaient très montés contre les Chiites; al-Kaïm leur écrivit dans ce but ; il tomba sous leur domination et Besasiri périt comme l’on sait.

Il eut pour successeur al-Moktadi-bi-Amr Allah ‘Abd-Allah ibn Dhakhirat-ad-Din Mohammad ibn al-Kaïm (1075). Ce Khalife n’eut jamais que l’apparence de la souveraineté, tandis que le pouvoir était en réalité aux mains de Malik Shâh, fils de ‘Adad ed-dauleh. Il régna dans ces conditions durant dix-neuf ans, huit mois moins deux jours ou, suivant d’autres personnes, moins cinq jours.

Après lui son fils (1094) al-Mostathhir billah Ahmad, régna sous la domination des sultans Seldjoukides durant vingt-cinq années, ou, suivant d’autres personnes, durant vingt-quatre ans, trois mois et vingt et un jours. C’est sous son khalifat que les Francs s’emparèrent de Jérusalem et qu’ils y établirent leur domination.

Il eut pour successeur son fils (1118) al-Mostarshid billah al-Fadl ibn Ahmad, qui fut tué après dix-sept ans, six mois et vingt jours de règne.

La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan seldjoukide Mas'ud tiré d'un manuscrit de Hafiz-i abru s majma -al-tawarikh.
La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan seldjoukide Mas’ud tiré d’un manuscrit de Hafiz-i abru s majma -al-tawarikh.

Après lui régna son fils ar-Rashid billah Mansour (1135), qui fut déposé et assassiné après un règne d’un an moins dix jours. Après lui (1136)

al-Moktadi-bi-Amr-Allah-Mohammad ibn al-Mostathhir fut investi du khalifat.

La prospérité de son règne fut due à son vizir ‘Aoun ad-Din Yahya ibn Mohammed ibn Hobaîra; il fit arrêter un certain nombre de gens qui avaient un pouvoir trop étendu.

Il alla prendre lui-même le commandement de ses armées et lutta en personne contre ceux qui se révoltaient contre lui. Ce khalife resta sur le trône vingt-quatre ans, trois mois et vingt et un jours.

Après lui, son fils (1160) al-Mostandjid billah Yousouf monta sur le trône et mourut après onze ans et un mois de règne.

Map Ottomane des croisades d'un point vue islamique d(un manuscrit ottoman du 17e siècle Art Archive / University Library Istanbul / Dagli Orti ] ¥ Ref: AA423859
Map Ottomane des croisades d’un point vue islamique d(un manuscrit ottoman du 17e siècle Art Archive / University Library Istanbul / Dagli Orti ] ¥ 

Il eut pour successeur son fils al-Mostadi-bi-Amr-Allah-al-Hasan (1170).

C’est sous le règne de ce khalife que l’on reprit au Caire et à Misr la khotba au nom des Abbassides.

Elle avait été interrompue durant deux cent cinquante années, et elle fut rétablie par le sultan Salah ad-Din Youssouf ibn Ayyoub ibn Shâdî, le Kurde.

Ce khalife mourut après un règne de quatre ans moins quatre jours.

Autre vue sur le palais du calife Abbasside Al Nasir li-Din Allah 1180- 1225
Vue sur le palais du calife Abbasside Al Nasir li-Din Allah 1180- 1225

Après lui régna son fils (1180) an-Nasir-li-dîn-Allah durant quarante-deux ans, dix mois et vingt-huit jours.

C’est sous son règne que parut Gengis Khân.

Il lui arriva de s’habiller avec une veste blanche ornée de galons d’or, et de se coiffer d’un bonnet en peau de chèvre blanche bordé d’une ganse d’or suivant la mode des Turcs.

"al-Qasr al-ʻAbbāsī" fī qalʻat Baghdād 1226-1242 al-Mada'in, Bagdad, gouvernorat de Bagdad
« al-Qasr al-ʻAbbāsī » fī qalʻat Baghdād 1226-1242 al-Mada’in, Bagdad, gouvernorat de Bagdad

Il eut pour successeur son fils (1225) ath-Tahir-bi-Amr-Allah-Mohammad, qui régna durant neuf mois et quatorze jours, après quoi il mourut.

Son fils (1226) al-Mostansir billah Abou Djafar al-Mansour régna après lui pendant dix-sept ans moins un mois, ou, suivant d’autres, pendant quinze ans, onze mois et cinq jours.

C’est sous le règne de ce khalife que les Tartares attaquèrent Bagdad. Il prit à sa solde des soldats de telle sorte que son armée atteignait cent mille hommes.

Son fils (1242) al-Mosta’sim billah ‘Abd-Allah lui succéda.

Ce prince ne s’occupa que de thésauriser et licencia la plus grande partie de son armée.

Aussi les Tartares marchèrent contre Bagdad et le mirent à mort, le sixième jour du mois de Safer de l’année 656.

Il avait régné durant quinze ans, sept mois et six jours.

 La cour de l'Université Al-Azhar au Caire (1890), huile sur toile Ludwig Deutsch,
La cour de l’Université Al-Azhar au Caire (1890), huile sur toile Ludwig Deutsch,

L’empire abbasside disparut avec ce prince et les Musulmans restèrent sans khalife jusqu’à l’année 659. On installa alors un khalife en Egypte ; il vint de Bagdad dans ce pays et on lui donna le titre d’al-Mostansir billah Ahmad ibn ath-Tahir ibn Nasir. Il partit ensuite pour s’en retourner à Bagdad, mais les Tartares le surprirent et le tuèrent avant qu’un an se fût écoulé depuis son avènement.

Dans la suite, les souverains turcs de la dynastie des Mamlouks installèrent comme khalife un homme à qui ils donnaient ce nom et les titres qui étaient propres aux khalifes. Il n’avait du reste aucune autorité et n’avait pas le droit de manifester son opinion ; il passait son temps chez les émirs, les grands officiers, les écrivains, les kadis, à leur faire des visites pour les remercier des dîners et des soirées auxquels ils l’avaient invité.

Nous ferons plus loin mention de ces khalifes, s’il plaît à Dieu !  »  .

notes du traducteur :

[12] Litt. « les maîtres des drapeaux et des étendards », autrement dit les chefs d’armée et les souverains.

[13] Pour l’intelligence de cette phrase, se reportera l’Introduction.

[14] Cette division de la terre ne répond pas à celle qui est généralement adoptée par les géographes et les mathématiciens musulmans, tels qu’Aboulféda, Yakout et les autres. D’après cette dernière, le quart habitable de la terre, c’est-à-dire, environ la moitié de l’hémisphère nord de la sphère terrestre est divisée en sept zones par des cercles parallèles à l’équateur, et chacune de ces zones est nommée climat (iklîm). La division adoptée par Makrizi est toute différente et dérive directement du système cosmogonique du Mazdéisme, la religion de la Perse à l’époque sassanide ; dans ce système, il y a également sept climats nommés karshvare en zend, kishvar en pehlvi et en persan ; le climat centrai nommé Hvaniratha, en pehlvi Khvaniras comprend la Perse et les pays iraniens, à lui seul il a une superficie égale à celle des six autres climats qui sont rangés autour de lui comme les pétales d’une fleur. On trouvera dans le Bulletin de l’Académie d’Hippone, année 1898, une étude sur ce point.

[15] Suivant leur habitude, les historiens musulmans ont confondu dans l’appellation de Sabéens des éléments religieux qui n’ont rien à voir ensemble Massoudi, l’auteur du Moroudj-ez-zeheb et du Kitab-at-tenbîh, nous apprend qu’il y a quatre sortes de Sabéens :

1° Les Chaldéens ou Babyloniens, qui habitent quelques villages dispersés entre Vasith et Bassora;

2°Une secte grecque qui semble être une secte de néo-platoniciens; ils se retournaient au Levant pour prier;

3° Les Sabéens d’Egypte autrement appelés Harraniens, du nom de la ville de Harrân; ils se tournaient vers le midi pour faire leurs dévotions; ils ne mangeaient ni porc, ni poulet, ni ail, ni haricots;

4° Les Tasmina, qui sont les Sabéens de Chine et qui suivent les dogmes d’un homme nommé Youdasf ou Boudasf.

Il est évident, à première vue, que la seconde et la quatrième de ces sectes n’ont rien à voir avec le Sabéisme, la seconde étant, suivant toutes les vraisemblances, d’origine hellénique et la quatrième représentant, comme on va le voir bientôt, les disciples du Bouddha Sakya Mouni. La religion de l’ancien royaume de Saba dans le Yémen, dont la légende se rattache d’un côté, par la reine Belkis, à l’histoire de Salomon, et de l’autre par les Négus à l’Abyssinie. Ce fut avant l’Islam et à partir d’une époque qu’on ne saurait dire au juste, une des civilisations les plus puissantes et les plus avancées de la péninsule arabique. Elle disparut avant l’Islam, sans laisser d’autres traces que son nom et de nombreuses inscriptions que le sable du désert a peu à peu recouvertes et que l’on exhume aujourd’hui, sans toujours les comprendre de ce qui fut les capitales du royaume de Saba. Peu de temps après l’avènement des Abbassides, le khalife Mamoun se rendit à Harrân, vieille cité chaldéenne où s’était formée du mélange de la religion des anciens empires de Chaldée et du syncrétisme grec, une religion étrange où les astres étaient les principales divinités. Le khalife Mamoun était, paraît-il, un homme d’ordre, moins intolérant qu’on serait porté à le supposer, mais qui entendait que chacun appartint à une forme religieuse bien définie et officiellement reconnue ; il entendit parler des adorateurs des astres et comme il ne voyait pas au juste à quoi cela correspondait, il se fit présenter les chefs de la secte et il leur demanda le nom de leur religion. Ceux-ci, sachant que le khalife n’aimait pas les innovations en matière religieuse, imaginèrent de dire qu’ils étaient Sabéens. Cela parut suffisant au Commandeur des Croyants qui n’alla point chercher et pour cause, si les gens de Harrân adoraient bien les mêmes divinités que les sujets de la reine de Saba. C’est ainsi que le nom de Sabéisme passa à une religion eschatologique toute différente de celle du Yémen.

[16] Litt. « ne cessait de faire le bien ».

[17] Ces deux divinités sont Ormuzd, en zend et en perse Ahura-Mazda, et Ahriman, en zend Angra-Mainyu. En réalité, dans le Mazdéisme officiel des Sassanides que l’on connaît par les fragments de l’Avesta et les traités pelhvis qui en dérivent, il n’y avait point deux divinités opposées l’une à l’autre, mais un seul dieu, Ahura Mazda, et un archidémon Angra Mainyu; il est probable qu’il en était de même dans la religion des Achéménides. La doctrine exposée ici par Makrizi est celle de la secte des Dualistes qui se rapproche beaucoup du Manichéisme, si même elle ne se confond pas avec elle. On pourra voir pour plus de détails le Livre intitulé l’Oulamâ Islam dans laRevue de l’Histoire des Religions, année 1898.

[18] Une partie des tribus arabes était, en effet, avant l’islam, convertie à la religion du Christ. Les Ghassanides qui furent les alliés fidèles des Césars de Byzance dans leurs luttes contre l’empire sassanide se convertirent au Christianisme aux environs du commencement du IVe siècle de notre ère et ils ne cessèrent de lutter avec acharnement contre les Lakhmides de Hira, leurs frères de race, qui eux, étaient complètement inféodés à la Perse. C’est à peu près à la même époque que les Himyarites embrassèrent le Christianisme, mais les souverains sassanides les forcèrent à renoncer à leurs croyances et réduisirent le Yémen à l’état de province persane.

[19] C’est le livre généralement connu sous le nom de Khitât; il traite avec les plus grands détails et une exactitude parfaite de la topographie du Caire et de ses environs. Il s’y trouve une partie historique et c’est à cette dernière que Makrizi fait allusion ici; elle a d’ailleurs assez peu d’importance quand on la compare au récit de Makrizi dans le Soloûk ou d’Aboul-Mahâsin dans le Nodjoum.

[20] Il s’agit évidemment ici des luttes que les Iraniens eurent à soutenir sous la dynastie des Sassanides, et même à des époques bien antérieures contre les populations du Turkestan et contre les Turks des contrées situées au Nord de la Perse.

[21] C’est-à-dire qu’ils n’entreprirent point de guerres pour essayer d’agrandir leur empire. Par Sin il faut comprendre non seulement la Chine dont les Musulmans ne connurent l’existence qu’assez tardivement, mais aussi le pays que l’on connaît en Europe sous le nom de Transoxiane ; l’histoire de l’Inde et de la Chine anciennes n’est pour ainsi dire pas connue des Arabes et des Persans.

[22] Il est intéressant de remarquer l’esprit dans lequel cette phrase a été écrite, on dirait presque qu’elle sort de la plume d’un Chiite et non de celle d’un Sunnite.

[23] Les Deïlémites sont les Bouïdes, dont l’histoire sera exposée brièvement par Makrizi après celle du Khalifat.

[24] Le mot zendik (athée) est pehlvi ; c’est l’adjectif régulièrement formé du mot zend, qui désigne en moyen-persan, le commentaire pehlvi de l’Avesta ; ce nom signifie donc « celui qui s’attache au commentaire, à la glose, pour l’opposer, le cas échéant, au texte », comme faisaient les Manichéens, par opposition à celui qui s’en tient à la lettre même du texte. Voir sur ce point le Livre de l’Oulama-i Islam dans la Revue de l’Histoire des Religions de l’année 1898.

[25] Le manuscrit porte « dans Madaïn » ; Madain est, comme l’on sait le nom arabe de Ctésiphon ; je suppose qu’il y a ici une simple faute pour maïdân « hippodrome ».

[26] Littéralement « qui jeta le feu sur la cible »; il s’agit probablement d’une arme à feu portative, réduction des siphons à feu de la marine byzantine qui lançaient le feu grégeois, ou plutôt les divers feux grégeois dont l’un n’était vraisemblablement pas autre chose que la poudre ou une composition détonante analogue.

[27] Shatranj ; les Persans donnent de ce mot une étymologie fantaisiste; ils le décomposent en shad« joie » et ranj, « douleur » et prétendent que ce nom a été donné à ce jeu, parce qu’il n’y en a pas un qui donne plus de peine à apprendre et plus de joie quand l’on s’en est bien rendu maître. En réalité, ce mot dérive du composé perse catur anga « qui a quatre angles ». On trouve cependant dans les peintures persanes, des reproductions d’échiquiers à huit côtés composés de deux rectangles qui se coupent.

[28] Makrizi, quelques lignes plus tôt, attribue cette innovation à Abou Djafar al-Mansour.

[29] C’est une allusion aux persécutions religieuses qui déshonorèrent le règne de ce khalife; son fanatisme le rendit aussi redoutable aux Musulmans, qu’il voulait convertir de force aux croyances motazallistes, qu’aux Chrétiens.

[30] Wâthik mourut, en effet, d’une hydropisie causé par des excès de table.

[31] Motawakkil abandonna, en effet, les fantaisies motazallistes de son frère.

[32] Peut-être « qui s’occupa seul ».

[33] Les Ghozzes désignent ici les Turcs Seldjoukides dont l’un des chefs était Thoghril Beg. On trouve le nom de Ghozzes appliqué également aux Kurdes ayyoubides ; on lit, en effet, dans le manuscrit arabe 307, fol. 2 r° : « Quand les Ghozzes Kurdes s’emparèrent de l’Egypte, » et plus loin, fol. 3 r° : «par la main des Ghozzes Kurdes », et enfin, fol. 7 r° : « sous la domination des Ghozzes Kurdes ». Ce nom ethnique paraît apparenté à celui de Ouz ou Oudj qui est également appliqué à des tribus d’origine turque; le premier paraît dériver de Oughouz, nom de l’ancêtre mythique des Turcs, par chute de la première syllabe; quant au second, Ouz, il provient sans doute du même nom Oughouz, par suite de la chute de l’aspirée gh qui est tombée avec la voyelle qu’elle portait. Ce fait est constant dans les dialectes turcs et mongols.

[34] Probablement la transcription arabe du nom mazdéen Peshotân.

[35] C’est-à-dire jusqu’aux rois Sassanides de Perse.

[36] C’est-à-dire le même personnage; ‘Imad ad-Din étant le surnom honorifique qui lui fut donné dans la suite.

Al-Maqrizi de son livre  » Histoire d’Egypte »

Ahmad al-Maqrizi, l'historien arabe d'Egypte de l'époque Mamlouk
Ahmad al-Maqrizi, l’historien arabe d’Egypte de l’époque Mamlouk

Notice bio Ahmad al-Maqrîzî (1364-1442), historien arabe  né en 1364 au Caire et mort en 1442 au Caire. Il est considéré comme l’un des auteurs les plus importants de l’historiographie égyptienne. Son œuvre traite de l’histoire égyptienne depuis la conquête arabe au viie siècle jusqu’à la période mamelouke dont il fut le contemporain.

Le surnom de Makrizi, sous lequel il est le plus connu, était commun à sa famille, et on le lui avait donné parce qu’il résidait dans un faubourg de Baalbec nommé Makriz. Aussi Taqi al-Din était tantôt appelé Makrizi, tantôt Ibn Almakrizi, c’est-à-dire fils de Makrizi. Il naquit au Caire entre l’an 1358 et 1368. Sa famille prétendait, à ce qu’il paraît, descendre d’Ali, par la branche qui a donné le jour aux khalifes fatimides. Il fit ses études au Caire, et suivit d’abord les opinions de l’école hanéfite. Mais ensuite il l’abandonne et suit les opinions de l’école chafeite, à laquelle il reste constamment attaché.
Makrizi, se livrant avec ardeur à l’étude, acquit de bonne heure de vastes connaissances, et contracta un goût très vif pour une vie retirée, il s’occupa ainsi jusqu’à la fin de sa vie, à écrire et à composer des ouvrages nombreux et presque tous historiques.
Cependant, il fut, à plusieurs reprises, chargé des fonctions de Muhtasib ou commissaire de police du Caire, et exerça divers autres emplois relatifs à la religion. On lui offrit la place de Cadi de Damas mais il la refusa.
Makrizi vécut presque quatre-vingts ans et il mourut au mois de janvier 1442.

La Cité des morts du Caire est un vaste quartier du Caire avec des dômes et des mausolées. Il s'agit en fait de l'un des plus anciens cimetières musulmans qui n'a cessé de s'étendre depuis les Omeyyades, abbassides et Fatimides et jusqu'à l'époque mamelouk, pour devenir lors de la conquête ottomane une vrais ville.
La Cité des morts du Caire est un vaste quartier du Caire avec des dômes et des mausolées. Il s’agit en fait de l’un des plus anciens cimetières musulmans qui n’a cessé de s’étendre depuis les Omeyyades, abbassides et Fatimides et jusqu’à l’époque mamelouk, pour devenir lors de la conquête ottomane une vrais ville.

Ses ouvrages sont en grand nombre, ils attestent la variété de ses connaissances, et son goût pour les recherches d’antiquités. la plupart et les plus importants concernent l’histoire de l’Égypte.
Parmi ses ouvrages:

  • Sa description historique et topographique de l’Égypte.
  • Son traité des monnaies musulmanes.
  • Son histoire des sultans ayyoubites et mamlouks.
  • Lire en ligne Volume1 
  • Lire en ligne Volume2
  • traité des poids et des mesures légales des musulmans.

La ville de Fustat fondé par le général Amr ibn Al-As , en Egypte 641 Jc :

Publié le

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la pris de l’Egypte 

Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l’Égypte.

Fustat fait partie des premières villes construite par les arabes musulmans, comme Kufa, Basra, Kairouan, Ayla-Aqqaba etc.

 

La ville fut fondée par le général du califat Rashidun Amru ibn al-As à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes en 641.1.

Amr ibn Al-As  radi Allah anhu participe à la bataille d’Adjnadaïn contre les Byzantins avec le futur calife omeyyade Yazid (30 juillet 634). En 639, il entre en Égypte et s’empare de Péluse, puis de Babylone d’Égypte, non loin de l’antique Memphis, que les Grecs quittent précipitamment pour Alexandrie.

Après la première prise d’Alexandrie (fin 641), il conquiert la Basse-Égypte, puis occupe la Nubie.

En 643, Alexandrie, évacuée par les Grecs, est livrée par le patriarche Cyrus aux troupes arabes de ‘Amr qui prend la Cyrénaïque et fonde le camp de Fostat (qui deviendra Le Caire), au nord de Babylone d’Égypte. Amr libéra l’Egypte du joug colonial romain ainsi que les chrétiens qui étaient emprisonnés.

Les Grecs qui partent d’Égypte étant surtout des commerçants; le régime de la propriété du sol n’est pas modifié, et les Arabes reçoivent une solde surtout en nature. Ils assurent une garde par rotation à Alexandrie face à la mer et à Khirbeta face au désert.

‘Amr marche alors sur Tripoli en Libye. Le calife Umar radi Allah anhu lui refuse la conquête du reste du Maghreb et ‘Amr retourne en Égypte.

En 643, ‘Amr est nommé gouverneur (wali) d’Égypte.

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
Ruines de la Fustat du califat Rashidun en Egypte 

 

Il fait restaurer le canal du Nil à la mer Rouge pour transporter en Arabie le blé d’Égypte.

Il prend le nom de « canal de l’émir des croyants » en hommage au calife Umar  radi Allah anhu.

‘Amr administre l’Égypte avec sagesse..

Il envisagea notamment de détruire les Pyramides3.

Abdul al-Latif al-Baghdadi, historien arabe, puis Ibn al Kifti imputent la destruction de la bibliothèque au calife Omar radi Allah anhu qui aurait donné en 642 l’ordre de détruire la bibliothèque à son chef militaire ‘Amr Ibn al-‘As radi Allah anhu..

Le montant de l’impôt, qui touche les non musulmans (capitation), est fixé en fonction de la crue du Nil.

‘Amr  radi Allah anhu.fait construire des nilomètres à Assouan et Dendérah pour enregistrer la montée des eaux..

L’État doit pourvoir à l’entretien des digues et des canaux, qui emploie 120 000 ouvriers et nécessite le tiers du montant de l’impôt.

Après la déposition de ‘Amr, le nouveau gouverneur Abd Allah ibn Saad radi Allah anhu. parvient à lever un tribut de deux millions de dinars de plus.

Amr ibn al-As  radi Allah anhu se range du côté de Mu`awîya radi Allah anhu.

En 657, il participe à la bataille de Siffin contre `Alî radi Allah anhu.. Il est ensuite désigné pour arbitrer la conciliation entre les deux adversaires.

Cela lui vaudra la haine des kharidjites qui organisèrent un attentat dont il réchappa (661).

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries. De nos jours, Fostat fait partie du Vieux Caire. Peu de bâtiments de l'époque médiévale subsistent, mais de nombreuses fouilles archéologiques ont été entreprises. Beaucoup d'objets découverts sur le site sont exposés au Musée islamique du Caire.
‘Elle fut incendiée par le vizir fatimide , Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. 

Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié.

Elle a connu son apogée au xiie siècle avec une population d’environ 200 000 habitants2.

La ville était le centre du pouvoir administratif de l’Égypte jusqu’en 1168, lorsqu’elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses.

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
ruines de la ville de Fustat

Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin.

Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l’endroit une simple décharge, bien qu’une population de quelques milliers d’habitants continuât d’y vivre par le commerce de poteries3.

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
autre vue sur le site

De nos jours, Fostat fait partie du Vieux Caire.

Peu de bâtiments de l’époque médiévale subsistent, mais de nombreuses fouilles archéologiques ont été entreprises.

Beaucoup d’objets découverts sur le site sont exposés au Musée islamique du Caire.

Références

  1. Julien Loiseau, « Les avatars du lit : divagations du Nil et morphologie des rives à hauteur du Caire (VIIe-XVIe siècles) », Médiévales, no 36,‎ 1999, p. 7-16 p. 12
  2. (en) Caroline Williams, Islamic Monuments in Cairo: The Practical Guide, American University in Cairo Press,‎ 2002 , p. 37
  3. (en) Eyewitness Travel: Egypt, Londres, Dorlin Kindersley,‎ 2001 (réimpr. 2007) ), p. 124.