La période Prophétique et le califat Rashidun

La première invasion des Arabes Musulmans du califat Rashidun à Barqa et en Ifriqiya par l’historien arabe égyptien Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri

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La première invasion des Arabes Musulmans du califat Rashidun à Barqa et en Ifriqiya par l’historien arabe égyptien Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri

« La première expédition des musulmans dans la province d’Afrique et dans le Maghrib se fit l’an 27 de l’hégire (647-8 de J.C.). Othman ibn Affan venait d’être élevé au khalifat, et il avait confié le gouvernement de l’Egypte à son frère utérin, Abd Allah ibn Saad ibn Abi’s Sarh, après avoir destitué Amr ibn el-Aasi.[2] Abd Allah expédia alors quelques détachements de cavalerie musulmane, qui rapportèrent un butin considérable de la province d’Afrique, et il écrivit à Othman pour l’en informer.

Le khalife, ayant conçu le projet de subjuguer ce pays, consulta les compagnons de Muhammad (psl), qui furent d’avis qu’il fallait y envoyer une armée ; un seul d’entre eux, Abou ‘l-Aawer Saïd ibn Yézid, en exprima sa désapprobation, et répondit à Othman, qui lui demandait la raison de son dissentiment, qu’il avait entendu (le khalife) Omer ibn el-Khattab dire ces paroles : Aucun musulman n’y fera une expédition tant que je vivrai;[3] et qu’il ne lui conseillerait jamais une démarche qui serait en opposition avec la déclaration d’Omer. L’affaire en resta là pendant quelque temps, mais Othman fit alors venir Zeid ibn Thabit et Mohammed ibn Moslema pour leur demander leur avis, et comme ils lui conseillèrent d’y envoyer une armée, il appela les musulmans à la guerre sainte.

Cette armée fut nommée Djeisch el-Abadila (l’armée des Abd Allah).

Voici la liste de ceux qui prirent part à l’expédition :

Abd Allah ibn Abbâs, le général des musulmans,[4] et son frère Obeïd Allah, de la famille de Haschim ; Abd er-Rahman, fils (du khalife) Abou Bekr es-Siddik, et Abd er-Rahman ibn Talha de la tribu de Teim, avec un certain nombre de leur peuple ; une troupe de la tribu d’Adi avec Abd Allah, fils (du khalife) Omer ibn el-Khattab, Abd er-Rahman ibn Zeïd ibn el Khattab, Obeïd Allah ibn Omer et Aasim ibn Amr.

Dans une bande de la tribu d’Ased se trouvait Obeïd Allah, fils d’Abd Allah ibn ez-Zobeir.

Il y avait aussi une troupe de la tribu de Sehm, et avec elle Abd Allah ibn Amr ibn el-Aasi et El-Mottelib ibn es-Saïb ibn Abi Wedaâ et Merwan ibn al-Hakem accompagna l’armée avec son frère El-Harith, et quelques membres de la famille des ‘Omeyyades.

Une troupe de la tribu de Zehra s’y trouvait, et avec elle El-Miswar ibn Makhrima ibn Neufel et Abd er-Rahman ibn el-Aswed ibn abd Yaghouth : de plus, une compagnie de la tribu d’Aamir ibn Lowi ibn Ghalib, avec es Saïb ibn Aamir ibn Hischam et Bosr ibn Arta; et une troupe de la tribu de Hodeil avec Abou Dîb Khoweilid ibn Khalid, membre de cette tribu : celui-ci mourut dans la province d’Afrique, et ce fut Abd Allah ibn ez-Zobeir qui présida à son enterrement.

Dans cette armée se trouvèrent aussi Abd Allah ibn Ans, Abou’d-Dorr el-Ghaffari, El-Mikdad ibn Amr de la tribu de Behra, Bellal ibn al-Harith el-Mozeni, El-Aasim et Moawia ibn Khodeidj, Fodala ibn Obeïd, Roweifa ibn Thabit, Hamza ibn Khoweilid, Abou Zama el-Belawi, El-Moseiyeb ibn Djoun, Djebela ibn Amr es-Saïdi, Zïad ibn al-Harith, Keis ibn Besschar ibn Moslema, Zoheir ibn-Keis, Abder-Rahman ibn Sokhr, Amr ibn Aout et Okba ibn Nafi el-Fihri.

On y comptait encore six cents hommes de la tribu de Djoheina, trois cents de la tribu d’Aslem, avec Hamza ibn Amr el-Aslemi et Selema ibn el-Akra ; huit cents de la tribu de Mozeina[5] ; quatre cents de celle de Soleim ; cinq cents fournis par les tribus d’ed-Dîl, Somra et Ghaffar ; sept cents par celles de Ghatafan, Aschja et Fezara, et quatre cents de la famille de Kaab ibn Amr : ceux-ci furent les derniers qui vinrent se joindre à Othman, au camp d’el-Djorf,[6] situé à trois milles de Médine.

Othman fournit à ses frais mille chameaux pour servir de montures aux musulmans pauvres ; il donna aussi des chevaux pour le même objet ; ensuite il distribua des armes aux soldats, et il leur accorda une gratification : ceci se passait au mois de moharrem de l’année 27 de l’hégire (octobre 647 de J. C). Othman monta alors en chaire et exhorta les troupes à combattre pour la cause de Dieu ; il leur dit ensuite : J’ai mis à votre tête El-Harith[7] ibn el-Hakem qui vous conduira auprès d’Abd Allah ibn Saad, lequel prendra alors le commandement, et maintenant je vous recommande à la garde de Dieu !

Guerrier Ansar du califat Rashidun
Guerrier Ansar du califat Rashidun (osprey)

L’armée, étant arrivée en Egypte, fut renforcée par un corps considérable qu’Abd Allah ibn Saad avait rassemblé, et le nombre des combattants se trouva ainsi porté à vingt mille. Ibn Saad nomma alors Okba ibn Nafi son lieutenant en Egypte, et se mit en route lui-même avec les troupes.

Nous donnerons ici, sur l’autorité d’Ez-Zohri,[8] le récit suivant que lui avait fait Rabia ibn Abbad, de la tribu d’ed-Dîl : A notre arrivée, Abd Allah envoya en avant des éclaireurs et des corps avancés, et moi-même j’accompagnais les éclaireurs aussi souvent que cela me fut possible ; et, par Allah ! nous voilà arrivés sous Tripoli, et nous trouvâmes pie les Grecs l’avaient mis en état de défense pour nous résister. Abd Allah y mit le siège[9] ; mais ensuite, ne voulant pas se laisser détourner du but qu’il avait en vue, il donna l’ordre de décamper. Pendant que nous faisions nos préparatifs, nous aperçûmes des vaisseaux qui venaient d’aborder la côte ; aussitôt nous courûmes sus, et nous jetâmes à l’eau ceux qui s’y trouvaient. Ils firent quelque résistance, mais ensuite ils demandèrent grâce, et nous leur liâmes les mains derrière le dos ; ils étaient au nombre de quatre cents. Abd Allah vint alors nous joindre, et il leur trancha la tête. Nous prîmes ce qui était dans les vaisseaux, et cela fut notre premier butin. Abd Allah marcha alors sur Cabes et y mit le siège, mais les compagnons du prophète lui conseillèrent d’y renoncer, pour ne pas être détourné de son projet contre la province d’Afrique ; il se remit donc en route. et envoya dans toutes les directions des détachements qui lui ramenèrent des bœufs, des moutons et du fourrage.

Le même narrateur ajoute : Leur prince se nommait Djirdjîz, et son autorité s’étendait depuis Tripoli jusqu’à Tanger ; il gouvernait au nom de Herakl (Héraclius). Quand il eut avis de l’approche de l’armée musulmane, il rassembla des troupes et se disposa à combattre : le nombre de ses soldais montait à cent vingt mille.[10]

Le narrateur dit plus loin[11] : Nous marchâmes à sa rencontre pendant qu’il faisait ses préparatifs, et nous passâmes quelques jours en pourparlers. Nous l’invitâmes à embrasser l’islamisme, mais il fit le fier et répondit avec hauteur qu’il n’y accéderait jamais. Nous lui fîmes alors la proposition de payer un tribut annuel ; mais il répondit : Si vous me demandiez un seul dirhem, je ne le donnerais pas ! Nous nous apprêtâmes donc à le combattre, après l’avoir averti (des conséquences de sa résistance). Abd Allah ibn Saad disposa son armée en aile droite, aile gauche et centre ; le prince des Grecs en fit autant, et la rencontre eut lieu dans une plaine étendue nommée Bakouba,[12] laquelle est éloignée du siège du gouvernement grec, Sobeitela (Safetala), d’un jour et une nuit de marche ; elle est située à la même distance de Kartadjenna (Carthage). Karthadjenna est une vaste cité renfermant des édifices très élevés ; ses murs sont de marbre blanc, et il y a des colonnes et des marbres de couleurs variées en quantité immense.

Le califat Rashidun dès Omar ibn al-Khatab et Uthman ibn Affan qu'Allah sois satisfait d'eux
Le califat Rashidun sous Uthman ibn Affan qu’Allah sois satisfait de lui

Plus loin ce narrateur dit : La guerre se prolongea des deux côtés, et Othman, ne recevant plus de nouvelles des musulmans, fit partir Abd Allah ibn ez-Zobeir avec douze cavaliers de sa tribu. Ibn ez-Zobeir pressa sa marche pour joindre les musulmans, et son arrivée, qui eut lieu de nuit, excita la joie de l’armée. Le bruit en fut si grand que les Grecs furent effrayés, pensant qu’on venait les attaquer, et ils passèrent une mauvaise nuit.

Un espion, envoyé à la découverte, revint informer leur prince que les musulmans avaient reçu des renforts. Les musulmans et les Grecs se battaient tous les jours jusqu’à l’heure de midi ; alors les deux partis se retiraient dans leur camp, et le combat cessait.[13] Ibn ez-Zobeir présida le lendemain à la prière du matin, et marcha ensuite au combat avec les musulmans ; ce jour-là les Grecs éprouvèrent des pertes immenses.

Mais Ibn ez-Zobeir n’avait pas vu Ibn Saad au nombre des combattants, et ayant demandé où il était, on lui répondit que depuis plusieurs jours, il ne sortait plus de sa tente. Comme Ibn ez-Zobeir n’avait pas encore en d’entrevue avec lui, il alla le trouver, et, après l’avoir salué, il lui communiqua les instructions d’Othman, et demanda le motif qui le retenait loin du combat.

Ibn-Saad lui répondit : Le prince grec a fait faire cette proclamation en langues grecque et arabe par la voix d’un Hérault. Grecs et musulmans ! quiconque tuera Abd Allah ibn Saad aura ma fille en mariage avec cent mille dinars. (Or sa fille était d’une beauté merveilleuse, et elle l’accompagnait à cheval au combat, habillée des étoffes les plus riches, et portant sur sa tête un parasol en plumes de paon). — Et il ne t’est pas caché, continua Ibn Saad, que la plupart de ceux qui m’accompagnent ont été nouvellement convertis à l’islamisme ; ainsi je dois craindre que l’offre de Djirdjîz ne les porte à me tuer ; voilà la raison de mon absence du combat. — Chasse cette crainte de ton âme, répondit Ibn ez-Zobeir, et fais proclamer dans ton armée, et de sorte que les Grecs puissent l’entendre : Musulmans et Grecs ! quiconque tuera le prince Djirdjîz aura sa fille et cent mille dinars.

Cette proclamation vaudra bien l’autre. Ibn Saad suivit ce conseil, et quand le prince des Grecs entendit la proclamation, son cœur fut rempli de crainte et celui de notre général en fut délivré. La guerre continuait de la même manière qu’auparavant, jusqu’à ce qu’il vînt une idée à Ibn ez-Zobeir, qui alla de nuit trouver Ibn Saad et lui dit : J’ai réfléchi sur l’affaire dans laquelle nous nous sommes engagés, et je vois qu’elle traînera en longueur : l’ennemi est chez lui ; il vit dans l’abondance pendant que nous voyons diminuer nos ressources, et j’ai appris que le commandant ennemi a envoyé de tous côtés rassembler des troupes et faire des recrues. Maintenant je vois que ses gens, lorsqu’ils entendent annoncer (chez nous) l’heure de la prière, remettent l’épée dans le fourreau et se retirent dans leurs tentes ; les musulmans en font de même, selon leur coutume. Ainsi donc, je te conseille de laisser les plus braves d’entre les musulmans dans leurs tentes, avec leurs chevaux et leurs armes, pendant que les autres iront se battre comme à l’ordinaire, et feront durer le combat jusqu’à ce que l’ennemi soit accablé de fatigue ; alors, quand il sera rentré dans son camp et aura déposé ses armes, les musulmans monteront à cheval et chargeront sur lui pendant qu’il ne s’y attendra pas. Peut-être que Dieu nous aidera et nous donnera la victoire, car c’est de Dieu que vient tout secours ! Ibn Saad ayant entendu ce conseil, fit venir Abd Allah ibn Abbas avec ses frères, ainsi que les compagnons de Mahomet et les chefs de tribu, pour leur soumettre la proposition d’Ibn ez-Zobeir. Ils l’approuvèrent en rendant grâces à Dieu, et ils tinrent ce projet secret. Ils passèrent ensuite la nuit en prières, se dévouant à Dieu pour l’exaltation de sa religion et la manifestation de sa parole. Le matin arrivé, les braves de l’islamisme restèrent dans leurs tentes, ayant leurs chevaux à côté d’eux, pendant qu’Ibn ez-Zobeir et Ibn Saad marchèrent au combat avec les autres troupes. On se battit avec acharnement, et comme il faisait très chaud ce jour-là, on en ressentit des deux côtés une lassitude extrême.

Le prince des Grecs était à cheval, et encourageait ses troupes ; il avait avec lui la croix[14] et portait un diadème sur sa tête, vu son rang élevé. Le conflit se prolongea jusqu’à ce que l’appel à la prière de midi se fît entendre, et les Grecs allaient se retirer comme d’habitude, quand Ibn ez-Zobeir fit durer le combat une heure de plus.

La sieste de patrice  Henryk Siemiradzky (1881). Patrice (en latine patricius) est un titre de l'empire romain, créé par Constantin Ier. Il continue d'exister comme titre honorifique en Occident après la fin de l'empire romain d'Occident, et dans l'empire Grec Romain byzantin.
La sieste de patrice Henryk Siemiradzky (1881). Le Patrice (en latin patricius) est un titre de l’empire romain, créé par Constantin Ier. Il continue d’exister comme titre honorifique en Occident après la fin de l’empire romain d’Occident, et dans l’empire Grec Romain byzantin.

La chaleur était devenue excessive, et on en fut tellement accablé que les soldats des deux côtés ne pouvaient plus soutenir le poids de leur armure, et encore moins combattre. Ils rentrèrent donc dans leurs tentes, y déposèrent leurs armes, puis lâchèrent leurs chevaux et se jetèrent sur leurs lits. Alors Ibn ez-Zobeir fit lever les braves des musulmans, qui mirent aussitôt leurs cottes de mailles et montèrent à cheval dans leurs tentes ; lui-même s’habilla comme un ambassadeur (ayant passé une robe par dessus son armure), et se dirigea vers l’ennemi après avoir ordonné à ses guerriers de charger comme un seul homme lorsqu’ils le verraient près du camp grec.

Quand il en fut rapproché, les musulmans poussèrent des cris d’Allah akber (Dieu est grand) ! la elaha illa ‘llah (il n’y a d’autre dieu que Dieu) ! et fondirent sur leurs adversaires. Les Grecs se hâtèrent de mettre leurs cuirasses et de monter à cheval, mais ils furent mis en déroute, et un nombre immense en fut tué ainsi que leur prince.

Le reste se sauva dans la ville, et les musulmans pillèrent le camp ennemi, et firent prisonnière la fille du prince. On l’amena à Ibn Saad qui lui demanda ce qu’était devenu son père. Il est mort, répondit-elle. — Savez-vous, dit-il, qui l’a tué ? — Je le reconnaîtrais si je le voyais, fut la réponse. Or, il y avait plusieurs musulmans qui, tous, prétendaient l’avoir tué ; mais quand on les présentait à la fille du prince grec, elle disait que ce n’était aucun de ceux-là. On fit alors venir Ibn ez-Zobeir, et comme elle le reconnut pour être celui qui avait tué son père, Ibn-Saad lui dit : Qui t’a empêché de nous en informer, afin que nous pussions te donner ce que nous avons promis ? — Puisse Dieu te disposer au bien ! lui répondit Ibn ez-Zobeir ; ce n’est pas pour obtenir ce que tu as promis que je l’ai tué, mais bien pour plaire à celui qui sait ce que j’ai fait, et m’en donnera une récompense plus excellente que celle que tu m’as destinée, et je n’ai pas besoin d’une autre. Ibn Saad lui fit alors cadeau de la fille du prince, et l’on dit qu’elle devint sa concubine. Les musulmans prirent ensuite position contre la ville, et après un blocus rigoureux. Dieu les en rendit maîtres. Ils y firent beaucoup de prisonniers, et s’emparèrent de leurs richesses dont la majeure partie consistait en or et en argent. Ibn Saad réunit le butin en masse, et en fit le partage après en avoir prélevé le quint.[15] La portion de chaque cava lier fit de trois mille dinars, et celle de chaque fantassin de mille.[16]

L'armée grec de l'empire Roman Byzantin au 7eme siècle (osprey)
L’armée grec de l’empire Roman Byzantin au 7eme siècle (osprey)

Ibn Saad envoya alors des détachements de la ville de Sobeitela pour battre la campagne et la piller ; ces cavaliers s’avancèrent jusqu’aux châteaux de kafs où ils enlevèrent des captifs et du butin ; de là ils passèrent jusqu’à Mermadjenna.[17]

Cette défaite abattit le courage des Grecs qui (restaient encore en Afrique, et les frappa de terreur : les uns se refugièrent dans les châteaux et les forteresses, mais la grande majorité se réunit dans Fahs al-Adjom,[18] autour du château qui était un des plus forts de la province d’Afrique. De là ils envoyèrent à Ibn Saad pour lui offrir trois cents kintars(talents) d’or, à condition qu’il ferait cesser les hostilités et qu’il évacuerait le pays ; après avoir fait quelques difficultés, il accéda à cette proposition. — Suivant un autre récit, il leur accorda la paix moyennant une somme de deux millions cinq cent mille (dinars) qu’on lui compta, et une des conditions du traité portait que les musulmans garderaient tout le butin qu’ils avaient fait pendant la guerre, mais qu’ils rendraient ce qu’ils avaient enlevé depuis le commencement des pourparlers. — Ibn Saad appela alors Ibn ez-Zobeir et lui dit : Personne ne mérite mieux que toi de porter à Médine cette bonne nouvelle ; ainsi pars et annonce à Othman et aux musulmans la faveur que Dieu tout-puissant leur a accordée. Ibn ez-Zobeir se mit aussitôt en route, et il fit tant de diligence qu’il ne mit que vingt jours pour se rendre de Sobeitela à Médine. — Quelques personnes disent qu’il y mit vingt-quatre jours. — Une telle promptitude n’a rien d’étonnant de la part d’un homme tel que lui. A son arrivée, il monta en chaire d’après les ordres d’Ichman, et fit part au peuple de la victoire que Dieu leur avait donnée. Son père, ez-Zobeir, ayant appris ce qui se passait, vint à la mosquée en faire des reproches à Othman : Comment, disait-il, Abd Allah, le fils d’ez-Zobeir, al’audace de monter à un endroit où le prophète de Dieu a posé les pieds ! Plut à Dieu que je fusse mort avant qu’une telle chose fût arrivée-On raconte cependant qu’Ibn ez-Zobeir ne monta pas dans la chaire, mais qu’il se plaça seulement devant pour s’adresser au peuple, et qu’Othman lui-même y était assis.

Le narrateur continue son récit : La prouesse d’Abd Allah ibn ez-Zobeir en Afrique fut pareille à celle de Khalid ibn al-Welîd en Syrie, et d’Amr ibn el-Aasi en Egypte. Il dit plus loin : L’armée resta quinze mois dans la province d’Afrique, et elle ne perdit que quelques hommes. Ibn Saad, en partant de Sobeitela, y laissa un nommé Djenaha comme gouverneur à la place de Djirdjîz. — Ensuite eurent lieu l’assassinat d’Othman et les contestations entre Ali et Moawia. Quand l’autorité de ce dernier fut solidement établie, il confia le gouvernement de la province d’Afrique à Moawia ibn Khodeidj. » 

 

notes du traducteur  :

[2] Telle est la vraie prononciation du nom que les auteurs européens écrivent Amrou ibn As.

[3] A la lettre : tant que mes yeux porteront des larmes.

[4] Le général des musulmans. On verra cependant que ce fut Abd-Allah ibn Saad qui commandait en chef.

[5] Dans le ms. n° 638, on lit de Morr.

[6] J’adopte l’orthographe donnée par Es-Soyouti dans son dictionnaire géographique, le Merasid el-ittila. — L’un des manuscrits d’Ibn Noweïri porte el-Harb et l’autre el-Harf.

[7] Le ms. n° 702 porte Merwan.

[8] Mohammed ibn Schihab ez-Zohri, célèbre rapporteur d’anciennes traditions, mourut vers l’an 124 de l’hégire. Sa vie se trouve dans le Dictionnaire biographique d’Ibn Khallikan, texte arabe, tome I, p. 632 de mon édition.

[9] C’est-à-dire, il bloqua la ville pour l’affamer.

[10] Ceci est manifestement une exagération : le narrateur, qui paraît avoir été un simple soldat de l’expédition, ne devait pas être bien instruit du nombre des ennemis.

[11] Règle générale : quand un écrivain arabe rapporte un récit ou donne un extrait d’un autre auteur, il le fait précéder du mot (dixit) ; et chaque fois qu’il en supprime un passage ou qu’il ajoute de ses propres observations, il a soin, en reprenant sa citation, de la commencer par ce même mot.

[12] Dans le man. 638 ce nom est écrit Yakouba.

[13] A la lettre : et la guerre déposait ses fardeaux ; expression assez souvent employée par les écrivains arabes.

[14] On sait que les troupes grecques portaient une croix en guise de drapeau.

[15] Le droit du souverain sur le butin est d’un cinquième ; tout le reste appartient à l’armée. Le quint réservé au souverain n’est proprement ni pour lui, ni pour le trésor public : il est au profit des pauvres. — D’Ohsson, Tableau général de l’empire ottoman, code militaire.

[16] Ceci paraît une exagération. S’il s’agissait de dirhems, ou pourrait l’admettre.

[17] Ceci est probablement le même lieu que l’Edrisi nomme Mar madjina. Ce lieu doit être situé dans le voisinage de Ribsa. Voyez aussi El-Bekri, Notices et Extraits, t. XII, p. 597.

[18] La plaine des roseaux.

 

 

traduction française de Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, de son histoire de la province d’Ifriqiya  et du Maghreb, de al-Andalus et de la Sicile 

Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, (vers 1280 – 1331) est un historien et jurisconsulte arabe du xive siècle.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihaya al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer de savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquete de la ville de Maroc.

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Bannières Kufique du califat Rashidun

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Bannière noire du califat Rashidun (Kufic)
Bannière noire du califat Rashidun (Kufic)

 

 

Bannière blanche du califat Rashidun (Kufic)
Bannière blanche du califat Rashidun (Kufic)
bannière lors de la batalle de Badr
bannière lors de la batalle de Badr

La glorieuse bataille de Yarmouk

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La glorieuse  bataille de Yarmouk
La glorieuse bataille de Yarmouk 
La vallée du Yarmouk e entre la Jordanie et la Syrie, En 634, Abû `Ubayda s'est dirigé vers la Syrie à la tête d'une armée de renforts faites de volontaires récemment arrivés à Médine. Cette armée d'invasion qui allait bientôt compter 24 000 hommes, était formée de tribus bédouines choisissant leur chef. Elle était formée de quatre corps d'armée. Abu `Ubayda commandait l'un d'eux. L'empereur de Byzance, faute de finances n'avait pas pu verser les subsides habituels aux tribus arabes chargées de protéger ses frontières. L'entrée en Syrie des troupes musulmanes a été facilitée. Les populations syriennes sont restées spectatrices de l'invasion musulmane. Abû Bakr avait assigné une province à chacun de ses généraux : Abu `Ubayda avait reçu la province d'Homs (Hims). Yazid ben Abî Sufyan reçut Damas. `Amru ben al-`Âs la Palestine (Filistin). La Jordanie (Urdun) revenait à Churahbil ben Hasana. Se voyant devant une armée de 150 à 200 000 hommes les quatre généraux écrivirent à Abû Bakr qui demanda à Khâlid ibn al-Walîd de venir à leur aide. Kâlid pris la tête des opérations et massa les troupes musulmanes sur les rives de la rivière Yarmuk.
La vallée du Yarmouk e entre la Jordanie et la Syrie, En 634, Abû `Ubayda s’est dirigé vers la Syrie à la tête d’une armée de renforts faites de volontaires récemment arrivés à Médine. Cette armée d’invasion qui allait bientôt compter 24 000 hommes, était formée de tribus bédouines choisissant leur chef. Elle était formée de quatre corps d’armée. Abu `Ubayda commandait l’un d’eux. L’empereur de Byzance, faute de finances n’avait pas pu verser les subsides habituels aux tribus arabes chargées de protéger ses frontières. L’entrée en Syrie des troupes musulmanes a été facilitée. Les populations syriennes sont restées spectatrices de l’invasion musulmane.
Abû Bakr avait assigné une province à chacun de ses généraux : Abu `Ubayda avait reçu la province d’Homs (Hims). Yazid ben Abî Sufyan reçut Damas. `Amru ben al-`Âs la Palestine (Filistin). La Jordanie (Urdun) revenait à Churahbil ben Hasana. Se voyant devant une armée de 150 à 200 000 hommes les quatre généraux écrivirent à Abû Bakr qui demanda à Khâlid ibn al-Walîd de venir à leur aide. Kâlid pris la tête des opérations et massa les troupes musulmanes sur les rives de la rivière Yarmuk. 

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À travers ses ravins se trouve le champ de bataille de la célèbre bataille de Yarmouk contre les forces Romaines Byzantine, cette photo a été prise à quelques km, depuis l’actuelle Jordanie.
À travers ses ravins se trouve le champ de bataille de la célèbre bataille de Yarmouk contre les forces Romaines Byzantine, cette photo a été prise à quelques km, depuis l’actuelle Jordanie.
La plaine du Yarmouk nord-jordanie
La plaine du Yarmouk nord-jordanie
Ansar et Muhajirun défendant le camps musulmans en rouge est représenté Hind (qu'Allah sois satisfait d'elle) lors de la batalle de Yarmouk
Ansar et Muhajirun défendant le camp musulman, en rouge est représenté Hind (qu’Allah sois satisfait d’elle) lors de la bataille de Yarmouk 
Les mouvement arabes et byzantins juste avant Yarmouk
Les mouvement arabes et byzantins juste avant Yarmouk

Site de la bataille d’Uhud

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La montagne d'Uhud
La montagne d’Uhud

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Plan de la bataille d'Uhud
Plan de la bataille d’Uhud

 

Site de la bataille de Badr

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Site de la bataille de Badr
Plan de la bataille de Badr
Plan de la bataille de Badr
Plan de Badr
Plan de Badr
Bataille de Badr, miniature iranienne; Scène Poursuite de la bataille de Badr Jami 'al-Tawarikh («Histoire universelle» de Rashid al-din). Rashidiyya. Palais de Topkapi, MS Hazine 1653, 165b folio
Bataille de Badr, miniature iranienne; Scène de Poursuite de la bataille de Badr Jami ‘al-Tawarikh («Histoire universelle» de Rashid al-din). Rashidiyya. Palais de Topkapi, MS Hazine 1653, 165b folio
Site de Badr
Site de Badr
Juste avant la bataille de badr
Juste avant la bataille de badr
Map de la campagne de Badr

 

La bataille de Badr
La bataille de Badr
Scène de Siyar-I Nabi Ali  et Hamza  dirigant  les armées musulmanes à Badr.
Scène de Siyar-I Nabi Ali et Hamza radi Allah anhum  dirigant les armées musulmanes à Badr.
La mort d'Abu jahl et des autres mecquois tiré du Tarikhanama de al-Balami
La mort d’Abu jahl et des autres mecquois tiré du Tarikhanama de al-Balami

Le site de La bataille de Badr