Le califat des Omeyyades ( Damas et Cordoue)

La conquête arabe de l’Afrique 639-709 par Ibn Idhari :

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Les premières conquêtes en Afrique du Nord Rashidun & Omeyyade , Hassan ibn Numan est venu avec la plus grande armée que les musulmans eurent envoyé en Ifriqiya dans les premiers temps  (Ibn Idhari, Bayanu al-Maghreb)
Les premières conquêtes en Afrique du Nord Rashidun & Omeyyade , Hassan ibn Numan est venu avec la plus grande armée que les musulmans eurent envoyé en Ifriqiya dans les premiers temps (Ibn Idhari, Bayanu al-Maghreb) 

On dit que sur le littoral de l’ifriqiya se trouve un lieu nommé Monastir, qui est l’une des portes du paradis.

Dans ce même pays se trouve aussi la montagne nommée El-Mamt’oûr, qui est une des portes de l’enfer .

Une tradition dit que l’ifriqiya produira 70,000 martyrs à la face aussi brillante que la lune dans son plein.

Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), à ce que rapporte Ibn Wahb, a dit :

« Pour les habitants de l’ifriqiya, il y aura grand froid, mais aussi grande récompense . »

D’après Sofyân ibn Oyeyna (Mort en 198 H,  selon le kitab-al-Ma’ârif, 254,  ibn Qutayba), on dit qu’il y a au Maghreb une porte qui est ouverte au repentir, qui est large de quarante années (de marche) et que Dieu ne fermera que quand le soleil se lèvera de  ce côté.

Parmi les Compagnons de l’Apôtre de Dieu, il y eut beaucoup de Muhâdjiriens (al-Muhajirun) primitifs  qui se rendirent en Ifriqiya, et de même beaucoup des successeurs (tâbi’un) pénétrèrent en Espagne.

Les souvenirs laissés par les Maghrébins sont d’ailleurs innombrables.

La mosquée al-Naqah, de la vielle ville de Tripoli en Libye (643 JC) fut construite par le compagnon et général du califat Rashidun Amr ibn al-As (radi ALLAH anhu), lors de la conquête de l’Egypte, Cyrénaïque et Tripolitaine sous le califat rashidun d’Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu), elle est certainement la première mosquée construite en Ifriqiya et dans tout al-Maghreb al-Arabi
La mosquée al-Naqah, de Tripoli en Libye fut construite par le compagnon et général du califat Rashidun Amr ibn al-As (radi ALLAH anhu), en 643 lors de la conquête de l’Egypte, Cyrénaïque et Tripolitaine sous le califat rashidun d’Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu), elle est certainement la première mosquée construite en Ifriqiya et dans tout al-Maghreb al-Arabi 

Celui qui porta le premier la guerre en Ifriqiya du temps d’Omar ibn al-Khattàb fut Amr ibn al-As (radi Allah anhum), qui avait conquis l’Egypte en l’an 20 de l’hégire (20 déc.640).

Amr ibn al-As envoya  Ok’ba ibn  Nâfi al-Fihri  (radi Allah anhum) dans la Libye et la Marmarique (il pris le Fezzan et la partie sud en dir du Sudan), pays qui furent conquis; puis Amr lui-même s’avança jusqu’à al-Barqa, dont les habitants se rendirent par composition,  moyennant 13,000 dinars et à la fin de l’année 22 de l’hégire sur chaque individu pubère.

De là il poussa sur Tripoli, qu’il conquit malgré les secours (De l’empire byzantin, ar-Rum) que demandèrent les habitants de cette ville à la tribu berbère de Nefoûsa à raison de leur commune conversion au Christianisme.

En l’année 21 (9 déc. 641), Amr ibn al-As conquit Alexandrie.

En cette même année il conquit la province de Tripoli et écrivit au Prince des croyants  Ômar ibn al-Khattab pour lui annoncer de quelles conquêtes Dieu l’avait favorisé, en ajoutant qu’il avait maintenant devant lui l’Ifriqiya, région obéissant à de nombreux princes et dont les habitants et, pour la plupart, avaient des chevaux comme montures.

Mais le khalife Omar ibn al-Khatab (radi Allah anhu) ayant répondu par l’ordre de revenir en arrière, Amr  ibn al-As fit rétrograder ses troupes du côté de l’Egypte.

Omar (radi Allah anhu) ayant ensuite trouvé la mort du martyre, (..) ; le successeur , Othmàn ibn Affan enleva le gouvernement de l’Egypte à Amr ibn al-As et en investit, en l’an 25 (27 oct. 645), Abd Allah ibn Sa’d.

En 27 (6 oct. 647), Othmân donna à Abd Allàh ibn Sa ‘d ibn Aboû Sarh. . . . l’Ifriqiya.

Le Qasr Sahabi, a Ajdabiya fut construit en 647 par le compagnon et général du califat Rashidun Abdullah Ibn Abi Sarh radi Allah anhu frère de lait du calife rashidun Uthman ibn Affan situé entre Ajdabiya et Awjila en Libye
Le Qasr Sahabi, a Ajdabiya fut construit en 647 par le compagnon et général du califat Rashidun Abdullah Ibn Abi Sarh radi Allah anhu frère de lait du calife rashidun Uthman ibn Affan situé entre Ajdabiya et Awjila en Libye
La Conquête de l’ifriqiya par Abd’Allah ibn Sa’d Ibn Abuû Sarh’al-Amiri.

—Marwân ibn al-Hakam al-Umawi ; rassembla de nombreux membres de la tribu des Omeyyades, Abd Allah ibn az-Zubayr ibn al-Awwâm avec nombre des siens, ainsi qu’ Abd er-Rahmân ibn Zeyd ibn al-Khattâb et  Abd Allah ibn Omar ibn al-Khattàb, (radi Allah anhum)  en moharram de cette année.

Conformément à son ordre on dressa le camp, et alors il leur fit la khotba (sermon), leur adressa de sages conseils et excita leur zèle à la guerre sainte ; après quoi il ajouta: « J’ai recommandé à Abd Allah ibn Sa ‘d d’agir au mieux à votre égard et de vous traiter avec bienveillance ; je vous confie à la direction d’Al-Hârith ibn al-H’akam pour vous mener à Abd Allah ibn Sa ‘d, qui alors prendra le commandement. »

La mosquée Atiq de Ghadamès en Libye (Fezzan ver la frontière Tuniso-Algérienne) fut construite en l’an 666 JC au début des Omeyyades , sous le gouvernement du compagnon Mu’awiya ibn Hudaij al-Kindii sous le califat de Muawiya Ier, elle a incroyablement, survécu jusqu’en 1943, quand elle a été détruite par les alliés, elle fut donc reconstruite, si ont ce réfère à al Hash’ishi il y a les tombes de deux sahaba , en l’occurrence : Sidi Al-Badri radi Allah anhu et de Sidi Okba ibn Amr radi Allah anhu sont là dans le sanctuaire de la mosquée source : E.J. Brill’s  » First Encyclopaedia of Islam 1913-1936″ et « Libya. Ediz. Inglese » par Anthony Ham.
La première moquée du Sahara al-jami al-Atiq de Ghadamès en Libye dans le Fezzan  (frontière Tuniso-Algérienne) fut construite en l’an 666 JC au début des Omeyyades , sous le gouvernement de Mu’awiya ibn Hudaij al-Kindi sous le califat de Muawiya ibn Abu Syfyan , elle a incroyablement, survécu jusqu’en 1943, quand elle a été détruite par les alliés, elle fut donc reconstruite, si ont ce réfère à al Hash’ishi il y a les tombes de deux sahaba , en l’occurrence : Sidi Al-Badri et de Sidi Okba ibn Amr (radi Allah anhum) sont là dans le sanctuaire de la mosquée source : E.J. Brill’s » First Encyclopaedia of Islam 1913-1936″ et « Libya. Ediz. Inglese » par Anthony Ham.

Quelques détails sur ‘Abd Allah ibn Sa’d ibn Abu Sahr al-Amiri ; son commandement et la conquête qu’il fit de l’Ifriqiya.

Ce personnage avait d’abord servi de secrétaire à l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction d’Allah sur lui), puis avait apostasie et rejoint les polythéistes à la Mecque.

Muâwiya ibn Abû Sofyân (radiAllah anhu), qui était alors à la Mecque et qui avait sincèrement embrassé l’Islam, le remplaça en qualité de secrétaire auprès du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Lorsque ce dernier s’empara  de cette ville (La Mecque), Abd Allah ibn Sa’d ibn Abu Sahr al-Amiri se réfugia dans la maison d ‘Othmân ibn Affan pour solliciter sa protection, et Othmân obtint du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) le pardon d’Ibn Aboû Sarh’, qui était son frère de lait et dont, à partir de là, la foi resta sincère .

Othmân (radi Allah anhu), lorsqu’il fut devenu khalife, le nomma gouverneur et chef militaire de l’Egypte.

Après avoir à maintes reprises envoyé des détachements de cavalerie légère pour enlever du butin du côté de l’Ifriqiya, Abd Allah écrivit à Othmân pour lui dire quels résultats il avait obtenus, et ces informations déterminèrent l’envoi qui lui fut fait d’un corps d’armée dont il devait prendre le commandement pour entreprendre une campagne contre l’Ifriqiya.

L'empire Romain Byzantin d'Orient, dans le 6e siècle la région Tanger s'entendait au nord jusqu'à Ceuta (Sebta)
L’empire Romain Byzantin d’Orient, en 610 33 ans avant la prise de Tripoli d’Ifriqiya (Libye)  par le général du califat Rashidun Amr ibn al-As en 643; la région Tanger s’entendait au nord jusqu’à Ceuta (Sebta)

Abd Allah se mit donc en marche à la tête de vingt mille hommes contre cette contrée, qui obéissait à un patrice nommé Djerdjir, dont l’autorité s’étendait de Tripoli à Tanger.

Le général musulman envoya dans diverses directions des. colonnes légères qui ramenèrent toutes du butin.

Lui-même rencontra un matin le patrice Byzantin Djerdjir (Grégoire) qui (commandé une) armée de cent vingt mille hommes, dans un lieu connu sous le nom de Sobeytala (Suffetula).

Le grand nombre de leurs ennemis jeta les musulmans dans l’angoisse, et ils ne partageaient pas l’avis de leur chef,qui alors se retira dans sa tente pour réfléchir.

Mais Djerdjir, de son côté, fut pris de peur en voyant les musulmans ; il fit sortir la tour mobile  et y monta pour de là dominer les troupes, et il fit distribuer les armes.

Sa fille monta sur la tour et se dévoila, entourée de ses quarante servantes qui  étaient montées avec elle et étaient magnifiquement  parées et ornées de bijoux.

Les escadrons défilèrent les uns après les autres, tandis que lui-même [se trouvait  au haut de] la tour :

« Connaissez-vous, leur dit-il, la  personne que voilà ?

— Certes, répondirent les guerriers, c’est la princesse fille du roi ( Celui qui tuera) Abd Allah ibn Sa’d, chef des Arabes [je lui donnerai] comme dot, les servantes, les richesses et les parures »

Les musulmans n’étaient qu’un petit nombre, tandis que les guerriers de Djerdjir étant, comme nous, l’avons dit au nombre de cent vingt mille, l’opposition qui se fit jour contre le projet d’Ibn Sa’d l’avait fait se retirer dans sa tente pour réfléchir.

L'arche du césar Antonin à Sbeilta en Tunisie, à l'époque du calife Othmân ibn Affân, Sbeïtla est le point d'entrée de la conquête de l'Afrique du Nord par les Arabes musulmans, sous la conduite des sept Abdullah — `Abdullah ibn az-Zubayr, Abdullah ibn Abbas, Abdullah ibn Omar, Abdullah ibn Masud, Abdullah ibn Amr ibn al-As, Abdullah ibn Djafar ibn Abi Talib et Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh — qui réussissent à battre le patrice Grégoire, dans des batailles qui voient en l’an 647 la première ville qui suit est Tebessa en Algerie.
L’arche du césar Antonin à Sbeilta en Tunisie, à l’époque du calife Othmân ibn Affân (radi Allah anhu) , Sbeïtla est le point d’entrée de la conquête arabo-musulmane de l’Afrique du Nord , sous la conduite des sept « Abdullah » : –`Abdullah ibn az-Zubayr, Abdullah ibn Abbas, Abdullah ibn Omar, Abdullah ibn Masud, Abdullah ibn Amr ibn al-As, Abdullah ibn Djafar ibn Abi Talib et Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh — qui réussissent à battre le patrice Grégoire, dans des batailles qui voient en l’an 647 la première ville qui suit est Tebessa en Algerie dans le voisinage proche de Sbeitla.

Abd Allah ibn az-Zubayr ibn al-Awwâm met Djerdjir à mort à Sbeitla .

Je remarquai, raconte  Abd Allah ibn az-Zubayr, un passage non défendu auprès de Djerdjir, alors que ses guerriers étaient rangés en ordre de bataille : monté sur une lourde monture grise, il se tenait en arrière et à quelque distance des siens, tandis qu’à ses côtés deux jeunes filles l’abritaient à l’aide de plumes de paon contre les rayons du soleil.

Je me rendis alors à la tente d’Abd Allah ibn Sa’d et je demandai à être introduit près de lui :

« Laisse-le, me répondit son chambellan, car il est en train de réfléchir à la situation, et si quelque plan s’était présenté à son esprit, il se serait montré ou aurait appelé.

— Mais, répondis-je, j’ai besoin de m’entretenir avec lui.

— J’ai l’ordre de refuser l’entrée jusqu’à ce qu’il m’appelle. »

Alors, continue Abd Allah, je fis le tour de la tente et j’arrivai par derrière ; en apercevant mon visage, il me fit un signe de tête pour  me dire d’entrer.

Il était étendu sur sa couche et me demanda ce qui m’amenait :

« J’ai vu, lui dis-je, un passage non défendu chez l’ennemi ; j’ai cru que c’était là une occasion favorable que Dieu nous ménageait, et (je suis venu) dans la crainte de la laisser échapper. »

Il se leva aussitôt et vint reconnaître avec moi ce que j’avais constaté :

« Soldats, s’écria-t-il, marchez avec Ibn az-Zubayr ! »

Toute une troupe se précipitant vers moi, je choisis dans le nombre trente. cavaliers, à qui je dis: « Je me charge de tout ; frappez seulement ceux qui m’attaqueraient par derrière, et, avec l’aide de Dieu, je saurai me garder de ceux que je verrai en face. »

Je me lançai au galop dans la direction du prince ennemi, tandis que ceux qui composaient ma petite troupe me suivaient et gardaient mes derrières, et je les menai ainsi jusqu’à un endroit découvert où un certain espace s’étendait entre eux et moi.

Le prince se figurait que je n’étais autre chose qu’un messager et le crut jusqu’à ce que, voyant mes armes, il tourna bride pour s’enfuir.

Quand je fus à portée, je lui donnai un coup de lance qui le fit tomber et je me précipitai sur lui; mais les deux jeunes filles voulurent le couvrir de leur corps, si bien que je coupai la main de l’une d’elles.

L'armée grec de l'empire Roman Byzantin au 7eme siècle (osprey)
L’armée Grecque de l’empire Roman Byzantin au 7eme siècle (osprey) 

J’achevai de le tuer, puis je hissai sa tête sur ma lance; ses troupes se précipitèrent, mais les musulmans chargèrent de mon côté, restèrent victorieux, mirent les Roûm en fuite et les massacrèrent à leur gré.

Partout ils dressèrent des embuscades; les cavaliers et les fantassins devancèrent les fuyards devant la place forte de Suffetula et les empêchèrent d’y pénétrer : ils les resserrèrent à l’aide de leur cavalerie tant à droite qu’à gauche, en plaine comme en montagne, puis il fut fait un grand massacre des troupes à pied et à cheval, sans parler des captifs, si nombreux que, dans un seul endroit, j’en vis plus de mille. »

D’après le récit des shuyukh d’Ifriqiya, la fille de Djerdjir vit, après la mort de son père, des Arabes se disputer à ce propos, et comme elle demandait le motif de leur discussion, on lui apprit [que c’était à cause] de son père.

Elle dit avoir vu  celui qui lui avait porté le coup fatal, et répondît, sur la demande que lui adressa Ibn Abû Sarh’, qu’elle pourrait le reconnaître.

On fit donc défiler les guerriers devant elle, et ce fut  Abd Allah ibn az-Zubayr qu’elle désigna.

Quand Ibn Abû Sarh’ demanda à ce dernier pourquoi il avait caché son exploit, ce héros répondit :

« Celui-là le sait qui »

La fille de Djerdjir lui fut attribuée dans sa part du butin. … Leurs biens étaient, en majeure partie, constitués par de l’or et de l’argent

On mettait devant lui des monceaux de ces métaux précieux, et il demanda aux Africains (Afariq) d’où cela leur venait.

L’un d’eux se mit à fouiller le sol et en tira un noyau d’olive :

«Voilà, dit-il, la source de nos richesses, car ni les marins, ni les insulaires n’ayant d’huile venaient en acheter ici  . »

Chaque cavalier reçut pour sa part trois mille dinars en or, et chaque fantassin, mille.

De Suffetula, Ibn Abû Sarh’ fit partir dés détachements et des colonnes expéditionnaires ; la cavalerie parvint jusqu’aux villages fortifiés (k’oçour) de Gafça, et ces expéditions procurèrent du butin et des captifs.

Cette affaire abattit l’orgueil des Roûm d’Ifriqiya et leur inspira une grande terreur, de sorte qu’ils cherchèrent un abri dans les places fortes et les lieux de refuge.

Ils offrirent ensuite à Ibn Sa’d trois cents quintaux d’or pour le décider à les laisser tranquilles et à évacuer leur territoire.

Ce chef accepta et reçut tout cet or.

Une des clauses du traité transactionnel portait que les musulmans garderaient ce qu’ils avaient reçu antérieurement, mais restitueraient ce qu’ils auraient pris postérieurement à cet arrangement .

Ibn Sa’d fit venir Ibn az-Zubayr et lui parla en ces termes :

« Nul plus que toi n’a de titres à porter cette bonne nouvelle ; pars donc et va annoncer au Prince des croyants  Othmân, à Médine, les bienfaits que Dieu a fait descendre sur les musulmans!»

Ibn az-Zubayr quitta donc Sobeytala, et arriva, à ce qu’on prétend, à Médine en vingt-quatre jours, après avoir fait en Ifriqiya un séjour d’un an et deux mois.

Le butin provenant de là conquête parvint ensuite à Médine, il fut mis en vente, et le quint fut adjugé à Marwân ibn al-Hakam [moyennant cinq cent mille dinars], dont Othmàn lui fit la remise à cinquante dinars près, et c’est là l’un des faits reprochés à ce khalife (radi Allah anhu).

C’est à propos de cette affaire et du rappel qu’il fit d’al-Hakam,- dont l’exil avait été prononcé par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) , qu’Abd er-Rahmân, frère de Kenda, s’exprime ainsi : [Motakârib]. « J’en prends solennellement Dieu à témoin, le Créateur n’a rien laissé à l’aventure ! Toi tu as été créé pour servir de pierre de touche, afin que nous soyons éprouvés par toi ou bien que tu le sois toi-même. Tu as rappelé le maudit  , contrairement à la tradition de celui qui n’est plus, tu as arbitrairement donné à Marwân le quint qui revient aux serviteurs de Dieu et tu as couvert de ta protection ce qui est interdit. »

Marwân ibn al-Hakam dit un jour, pendant qu’il se trouvait dans le salon de Muâwiya ibn Abi Sufyan : « II y a trois choses où je n’ai jamais rien introduit de prohibé : ma maison à Médine, ma propriété à Dhoû Khochob  et les prélèvements légaux de mes femmes. »

Muâwiya tourna ses regards du côté d’Abd Allah ibn az-Zubayr, qui était présent et qui dit : « Tu me dis de choses que je connais bien ; pas si vite, Aboû Abd el-Melik ! Nous sommes allés en Ifriqiya avec Abd Allah ben Aboû Sarh’ Il campa sur une hauteur d’où il découvrait la mer (à douze milles de Sousse). Ce qu’apprenant Nicéphore (Le rum) il mit à la voile et s’enfuit sans combattre.

Ibn az-Zubayr s’avançant vint camper sous la porte de Sousse, auprès de la mer; il fît avec les fidèles la prière de du asr, sous les regards des Roûm émerveillés de son audace. [Ceux-ci firent marcher] contre lui un corps de cavalerie, mais Ibn az-Zubayr, sans se laisser effrayer par cette nouvelle, poursuivit et acheva sa prière ; puis se mettant à la tête de ses compagnons, il chargea l’ennemi, qui fut totalement mis en déroute. Après quoi ce chef alla rejoindre Muâwiya ibn Hodeydj, du côté du Djebel el-K’arn.

Ce dernier officier envoya ensuite c Abd el-Malik ibn Marwân (futur calife Omeyyade de 685 a 705) à la tête de deux mille cavaliers contre Djeloùla, place qui fut assiégée pendant quelques jours et qui, après avoir eu un grand nombre de ses habitants tués, fut emportée de vive force

Le vainqueur enleva tout ce qu’elle renfermait et le traîna à sa suite auprès de Muâwiya ibn Hodeydj, qui en opéra le partage entre les musulmans ; chacun d’entre eux reçut, dit-on, deux cents mithkàl.

Muàwiya ibn Hodeydj envoya contre la Sicile une expédition composée de deux cents bâtiments, qui revint après avoir passé un mois dans cette ile et y avoir fait du butin et des prisonniers des esclaves et des idoles garnies de pierres précieuses.

On procéda au partage du butin et il envoya Muâwiya ibn Aboû Sofyàn.

pice d'or frappé a carthage au dernier gouv byzantin

Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi en Ifriqiya

Ar-Raq’iq s’exprime ainsi dans son livre : Héraclius, roi de Constantinople et de Rome, [recevait de divers princes] un tribut : tels, par exemple, le comte d’Alexandrie et de Barq’a de Tripoli et de Cabra, le prince de Sicile et des Roûm d’Ifriqiya et d’Espagne.

Quand Héraclius apprit [que la paix était conclue entre les habitants d’Ifriqiya et Abd Allah ibn Aboû Sarh] il envoya dans ce pays un patrice du nom d’Awlima [pour réclamer] trois cents quintaux d’or, quantité égale à celle qu’avait prise Ibn Aboû Sarh’.

Ce chef descendit à Carthage et informa les habitants du [but de sa mission] : « Les sommes que nous avions entre les mains, répondirent-ils, nous ont servi de rançon pour échapper aux Arabes; [comment donc l’empereur] voudrait-il encore prélever sur nous la même somme que d’habitude ? »

Celui qui était chargé de leurs affaires se nommait H’abâh’iya [gouverneur chrétien qui avait remplacé Djerdjir].

Ils tombèrent d’accord pour mettre El-At’riyoûn à leur tète, et H’abâh’iya se rendit en Syrie [où il exposa à Muàwiya ibn Aboû Sofyân] l’état de i’Ifriqiya…. en lui demandant de le faire accompagner dans le Maghreb par un corps d’armée, ce qu’il obtint en 45 (23 mars 665).

Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi se mit donc en marche,  Abd al-Malik ibn Marwàn al-Umawi pénétra dans la ville [de Djeloûla d’Ifriqiya] de vive force, et les musulmans s’y emparèrent de tout ce qu’elle renfermait, ainsi qu’il a été dit plus haut

Entre Muâwiya ibn Hodeydj et  Abd el- Malik ibn Marwàn surgirent des discussions parce que ce dernier voulait ses frères et ses compagnons, attendu que la conquête de la ville était de son fait .

H’anach ibn Abd-Allah as-Sanani (le célèbre tabi3i) dit un jour à  Abd al-Malik : « Eh quoi donc! Tu deviendras un jour khalife, je le jure, et alors ce sera toi qui décideras ; renonce donc au butin ! »

Quand Abd al-Malik devenu khalife fit marcher Al- Hajjâj ibn Yûsuf contre Abd Allah ibn  az-Zubayr, H’anach fut fait prisonnier et envoyé à Abd al- Malik ibn Marwàn, qui lui dit : « N’est-ce pas toi qui, lors de la prise de Djeloûla, m’annonças que je deviendrais khalife ?

— C’est moi, en effet.

— Et pourquoi donc as-tu quitté mon parti pour te rallier à Ibn az-Zubayr ?

— Parce que je l’ai vu élevant le drapeau de Dieu, tandis que tu dressais celui des choses de ce monde.

— Je te pardonne », reprit le khalife Abd al-Malik ibn Marwan .

En l’an 46 (12 mars 666), dit al-Baladhuri, eut lieu la première expédition (Omeyyade) contre la Sicile, où Muâwiya ibn Hodeydj envoya Abd Allah ibn Q’ays.

Cet officier y prit des idoles d’or et d’argent diadémées de pierres pré- cieuses, qui furent adressées à Muàwiya ibn Abû Sofyân et celui-ci les envoya dans l’Inde pour en obtenir le (plus haut) prix.

Cet acte souleva contre lui la réprobation énergique du peuple.

Celui qui gouvernait alors l’Ifriqiya au nom de Muàwiya ibn Abû Sofyàn était, au témoignage de al-Tabari, Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi, déjà cité (*).

En 47 (2 mars 667), Mo’àwiya ibn Aboû Sofyân enleva à c Abd Allah ibn Amr ibn al-As le gouvernement de l’Egypte et le remplaça par Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi, qui quitta l’ifriqiya pour se rendre dans le pays où il venait d’être nommé.

Ibn Hodeydj, qui avait autérieurement fait mettre à mort Mohammed ibn Abù Bakr as-Sidiq, rencontra Abd er-Rah’màn ibn Abû Bakr, qui lui dit : « Tu as, ô Muâwiya, reçu de Mu’âwiya ibn Aboû Sofyân ta récompense : tu as tué Mohammed ibn Aboû Bakr pour devenir gouverneur d’Egypte, et la chose est faite.

— Si, dit-il, j’ai tué Mohammed ibn Abu Bakr as-Sidiq, ce n’est pas en vue d’obtenir un gouvernement, mais seulement pour venger la mort d’Othmân ibn Affan (radi Allah anhu). »

 En 48 (19 fév. 668), Muâwiya ibn Hodeydj continua de gouverner l’Egypte et l’Ifriqiya au nom de Muàwiya ibn Abû Sofyân.

Les conquetes arabes sous les Rashidun et Omeyyade
Les conquêtes arabes sous les Rashidun et Omeyyade

Expédition d’Okba ibn Nafi al-Fihri

En 49 (8 fév. 669), Okba ibn Nâfi al-Fihri entreprit, de concert avec les Egyptiens, une expédition maritime contre les Roûm .

En la même année  669 Ibn Nâfi ibn Abd Qays ibn. . .

Cette même année, en l’an 49 de l’Hégire (669), décéda le noble Compagnon et le général al-Mughirah Ibn Shu’ba Ibn Abi ‘Amir Ibn Mas’oud ath-Thaqafi, radi Allah anhu. Il est mort poignardé et fut enterré à Kufa. D’autres ont rapporté que sa mort fut en l’an 50 (669) et d’autres en l’an 51 de l’Hégire (670). Il est dit que Mughirah Ibn Shu’bah devint musulman l’année de la bataille de la Tranchée. Il était présent à Hudaybiyah et au pacte de Ridwan. Il combattit lors des batailles des Murtadin, à Yamamah. Il participa à la conquête de la Syrie, à al-Yarmouk et à la conquête de la Perse et de l’Iraq sassanide à al-Qadissiya. Il resta à l’écart de la Fitna et lors de l’appel au Jugementpar le Livre d’Allah sous ‘Ali Ibn Abi Talib (radi Allah anhu), il rejoignit les rangs de Muawiya, radi Allah anhu.

Toujours cette année Busr Ibn Abi Artat et Soufyan Ibn Awf al-Azdi attaquèrent ensemble les territoires byzantins tandis que Fadalah Ibn ‘Ubayd al-Ansari les attaqua par la mer.

Ibn Aboû’l. . . . dit qu’ Okba naquit un an avant la mort du Prophète  (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) il est donc un Sahabi .

D’après Ibrahim ibn al-Qâsim, Okba à la tête de dix mille musulmans arriva dans l’Ifriqiya, qu’il conquit et où il s’avança, poursuivant le sabre à la main tous les chrétiens qui s’y trouvaient.

Ce chef tint alors aux musulmans le discours que voici : « Dans cette région, les habitants se convertissent à l’Islam quand arrive un prédicateur de la foi, mais quand il se retire, les nouveaux convertis retournent à leurs erreurs. Je suis donc d’avis que vous preniez pour y fixer à toujours la foi musulmane. »

La mosquée et le chateau de Waddan dans le Fezzan en Libye  fut construite ver l'an 666 JC , sous le gouvernement  omeyyade  de 'l'Ifriqiya du compagnon Mu'awiya ibn Hudaij al-Kindii  radi allah anhu sous le califat de Muawiya Ier, avec les conquête d'Okba  ibn Nafi alors général et pas encore émir d'Ifriqiya
 La mosquée et le chateau  (qasr) de Waddan dans le Fezzan en Libye fut construit ver l’an 666 JC , sous le gouvernement omeyyade de ‘l’Ifriqiya de Muawiya ibn Hudaij al-Kindii radi allah anhu sous le califat de Muawiya Ier radi Allah anhu, avec les conquêtes d’Okba ibn Nafi radi Allah anhu alors général et pas encore émir d’Ifriqiya

Cet avis fut unanimement accepté, et l’on décida que les gens stationnés dans les ribât (couvents fortifiés) pour la guerre sainte et la défense des frontières .

« Je crains également, (continua  Okba ibn Nafi al-Fihri), que le prince de Constantinople ne vienne la conquérir; établissez donc aussi entre cette (ville) et la mer dont ne puisse se rendre maître celui qui tiendrait la mer sans, qu’il y ait de là à la mer une distance qui nécessite l’abréviation de la prière; on y tiendra garnison Rapprochez-la, dit-il, de la sebkha (lac salé), car vous avez pour bêtes de somme des chameaux qui vous servent à transporter vos bagages des incursions et de la guerre jusqu’à ce que Dieu nous en fasse faire la conquête de proche en proche. Alors nos chameaux dont les pâturages seront à l’abri des attaques des Berbères et des chrétiens. »

al-Ishbili dit, dans son livre des « Mesâlik » entrèrent dans le Maghreb, ils trouvèrent que les Francs les y avaient devancés : ils les poursuivirent, puis la paix fut conclue à condition et que les Francs résideraient dans les plaines.

Ce fut dans cette partie du pays qu’ils édifièrent des villes.

13) La mosquée des Ansâr à Kairouan en 668-674 en Tunisie (47 - 53 de l'hégire) faite par le compagnon le compagnon et ansar Ruwaifi ibn Thabit al khazraji al-Ansari radi Allah anhu mort a Bayda en Libye, il est issue des Bani Malik ibn Al-Najjar, a participé a toute les batailles jusqu'au "Fattouh Sham." (La prise de la syrie) , et partie sous le règne de Muawiya rad Allah anhu ver Tripoli dans l'année 46 de l'hégire il à notamment contribué à l'introduction de l'islam en Ifriqiya ver l'an 47 de l'hégire du coté de Djerba et arrivé sur le futur sitede Kairouan où il posa les fondations d'une mosquée connue après la fondation de Kairouan comme la mosquée «Ansar» ou «Mosquée de Sidi Rwaifi», puis il est passez ver la ville de de Bayda en Cyrénaïque orientale en Libye et est resté pour devenir l'émir de Cyrénaïque et il est est mort en 56 de le l'hégire et a été enterré dans Bayda.
La mosquée Ansâr à Kairouan  serrai construite  en 668-674 en Tunisie (47 – 53 H) par le compagnon et ansar Ruwaifi ibn Thabit al Khazraji al-Ansari radi Allah anhu, issue des Bani Malik ibn Al-Najjar, il a participé a toute les batailles jusqu’au « Futtouh Sham. » , et partie sous le règne de Muawiya radi Allah anhu ver Tripoli dans l’année 46 de l’hégire il à notamment contribué à l’introduction de l’islam en Ifriqiya ver l’an 47 de l’hégire du coté de Djerba et arrivé sur le futur site de Kairouan où il posa les fondations d’une mosquée connue après la fondation de Kairouan comme la mosquée «Ansar» ou «Mosquée de Sidi Rwaifi», puis il est passez ver la ville de de Bayda en Cyrénaïque orientale en Libye et est resté pour devenir l’émir de Cyrénaïque (al-Barqa) et il est est mort en 56 de le l’hégire et a été enterré à Bayda.

Construction de Kairouan (al-Qayrawan)

Reprenons le fil de notre récit. En 50 (28 janv. 670), Okba ibn Nafi al-Fihri (radi Allah anhu) commença à construire la ville de al-Qayrawan (Kairouan).

Les Arabes répondirent à l’appel qu’il leur adressa à ce propos, mais ensuite ils lui dirent : « Tu nous fais bâtir dans une région peu enviable, constituée par des fourrés et des marais couverts de roseaux où il y a à redouter les bêtes féroces, les serpents et autres animaux nuisibles. »

Or, comme son armée comptait dix-huit Compagnons du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)  et que le reste était formé de successeurs (at-tabii’un), il adressa une invocation que tous ceux qui le suivaient firent suivre d’un amen; puis s’avançant vers la sebkha il s’écria : « Serpents et bêtes féroces nous sommes les Compagnons du Prophète; éloignez-vous, car nous allons nous fixer en ces lieux, et dorénavant nous tuerons tous ceux d’entre vous que nous rencontrerons ici ! »

On assista alors à ce spectacle merveilleux du défilé des lions, des loups et des serpents qui s’éloignaient en emportant leurs petits, et conformément à son ordre on respecta ces animaux pendant qu’ils procédaient à leur exode.

Quand il fut terminé, Okba descendit dans le creux et le fit déboiser, et pendant les quarante années qui suivirent, on n’y vit plus ni scorpions ni fauves . Il dressa alors le plan de la maison de gouvernement (al-Dar al-Imara) et de la grande mosquée (al-Jami al-Kabir), mais sans faire élever les murs de celle-ci, bien qu’il y fit la prière.

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La grande mosquée du conquérant de l’Afrique du Nord (Shamal al-ifriqiya) Okba ibn Nafi al-Fihri à Kairouan vue de nuit, Tunisie. 

Mais il s’éleva dans la masse des discussions au sujet de la direction de la Mecque (al-Qibla): « Les indigènes, lui dit-on, régleront leur qibla d’après celle de cette mosquée ; il faut que tu fasses tous tes efforts pour la fixer exactement. »

Pendant quelque temps on observa les levers et les couchers des étoiles, tant l’hiver que l’été, ainsi que les levers du soleil. Comme les observations n’étaient pas conformes, il se coucha un jour tout soucieux et pria Dieu de lui venir en aide.

Alors Okba vit en songe quelqu’un qui lui disait : « A ton réveil, prends l’étendard que tu as à la main, mets-le toi au cou et alors tu entendras prononcer un cri de « Dieu est grand » que nul autre musulman que toi ne percevra ; regarde où s’arrêtera ce son, c’est là la kibla. Dieu, par considération pour toi, accorde sa faveur à ce camp, à cette ville et à cette mosquée, il s’en servira pour humilier les infidèles. »

 Okba, en proie au plu» grand trouble, se réveilla et, après avoir procédé aux ablutions légales, se mit à dire la prière dans la mosquée et en compagnie de notables. Après que l’aurore eut paru et qu’il eut fait une prière de deux rek’a, il entendit qu’on disait devant lui :

« Dieu est grand. Allahu Akbar»

Il interrogea ceux qui l’entouraient, lesquels lui dirent n’avoir rien entendu, ce qui lui fit conclure que ce signe émanait bien de Dieu. Il prit donc l’étendard, se le mit sur le cou et suivit la voix, qui le mena ainsi jusqu’à l’emplacement du mihrâb de la grande mosquée, où elle cessa de se faire entendre.  

Ce fut là qu’il ficha son étendard, en ajoutant que là était le mihrâb qui devait servir aux fidèles, et ce point servit de repère pour toutes les mosquées de la ville. 

Il se mit alors à élever les murs, les temples et les habitations ; on y amena de toutes parts des charges de marchandises, et l’importance de ce lieu s’accrut beaucoup.

Les maisons s’étendaient sur une longueur de treize mille six cents coudées, si bien que Okba (radi Allah anhu), dont les prières étaient écoutées du ciel, était d’ailleurs un excellent administrateur et général. 

Le cimetière des Awlad Farhan, sous les remparts de la médina, Kairoua
Le cimetière des Awlad Farhan, sous les remparts de la médina, Kairouan, Tunisie

Maslama ibn Mokhalled al-Ansari 667-682

En 55 (5 déc. 674), Muawiya  ibn Abû Sofyàn (radi Allah anhu) préposa à l’Egypte et à l’Ifriqiya Maslama ibn Mokhalled al-Ansari 667-682 (l’Ansar), enlevant ainsi l’administration du premier de ces pays à Muawiya ibn Hodeydj (665-666) , et celle du second, à  Okba ibn Nâfi al-Fihri .

Maslama l’Ansar avait déjà gouverné l’Egypte.

Après sa nomination en Ifriqiya il révoqua Okba et le remplaça par Abû’ al-Muhàjer Dinar.

Muâwiya réunit sur la tête de ce chef tout le pays depuis Tripoli jusqu’à Tanger, ce qui ne s’était pas fait avant lui et ce qui dura jusqu’à la mort de Muâwiya ibn Aboû Sofyân.

 La Mosquée de Sidi Ghanem à Mila en Algérie (675-676 JC)  par le compagnon  et général omeyyade Abu Muhajer Dinar al-Makhzoumi (radi ALLAH anhu), sous le califat de Muawiya (radi ALLAH anhu) (667-680).
La Mosquée de Sidi Ghanem à Mila en Algérie (675-676 JC) fut construite par le compagnon et général omeyyade Abu Muhajer Dinar (radi ALLAH anhu), sous le califat de Muawiya (radi ALLAH anhu) (667-680).

Abû al-Muhâjer Dinar devient gouverneur de l’Ifriqiya ; dépossession d’Okba ibn Nâfi’.

Après que Muâwiya ibn Aboû Sofyân eut confié l’administration du Maghreb à Maslama ibn Mokhalled al-Ansari, celui ci nomma sous-gouverneur en Ifriqiya son client Abû’ al-Muhâjer Dinar (dit selon certain des Banu Makhzum), en remplacement d’Okba ibn Nafit, qui fut ainsi révoqué.

On dit à Maslama ibn Mokhalled : « Pourquoi n’as- tu pas laissé  Okba en Ifriqiya, car il avait des droits antérieurs en outre de son mérite, et c’est lui qui a édifié al-Qayrawan et sa mosquée….dans un autre gouvernement…. nous voudrions…. en Ifriqiya…. »

II opéra grossièrement cette destitution.

Okba ibn Nafi al-Fihri sortit de la ville…. jusqu’à ce qu’il l’eût dépassée de deux milles…. du côté de Tunis…. J’ai entendu dire que toute une troupe de Quraychites y doit trouver la mort du martyre :

« grand Dieu, s’écria Okba, moi aussi j’en serait ».

Il lui arriva  ensuite ce qui a été raconté ci-dessus.

Vue satellite sur Sidi Okba en Algerie, le cimetière shurafa ou son enterrées 300 compagnons (pisse Allah leurs faire miséricorde)   dont Abu Muhajir Dinar al-Makhzoumi radi Allah anhu lors de la bataille de Tehuda, ils furent inhumé  sur place  le tombeau est situé pré de la mosquée de la    Ibn Khaldoun dit dans son livre "Histoire des berberes": "de tous les cimetières du monde vers lequels les hommes devots portent leur pas, celui de Sidi Okba est le plus illustre par le nombre et la qualité des martyrs qu'il renferme".
Vue satellite sur le site de la bataille de Tehuda de nos jours Sidi Okba en Algerie, le cimetière shurafa ou son enterrées les  300 soldats d’Okba (puisse Allah leurs faire miséricorde) dont Abu Muhajir Dinar radi Allah anhu lors de la bataille de Tehuda, ils furent inhumé sur place le tombeau est situé ver  la mosquée Ibn Khaldoun dit dans son livre « Histoire des dynasties.. »: « de tous les cimetières du monde vers lequels les hommes devots portent leur pas, celui de Sidi Okba est le plus illustre par le nombre et la qualité des martyrs qu’il renferme ».

Tehoûdah  est une ville des plus anciennes, bâtie en pierre, renfermant de nombreux marchés (soûk’) et n’ayant qu’un seul faubourg ; on y trouve une vaste mosquée principale, d’autres mosquées et de grands fondoûks. La population qui l’habite est berbère (en ce temps, et à entendre n’est pas habité par des rum).

En moharrem 64 de l’hégire (.29 août 683), Koseyla le Bernesi pénétra à K’ayrawân et l’enleva aux musulmans dans les circonstances que voici.

A la tête d’une foule de Berbères qui s’étaient joints à lui, il marcha contre al-Qayrawan, où les musulmans passèrent par de rudes épreuves et où Zoheyr ibn K’ays al-Balawi, prenant la parole en qualité de prédicateur, s’exprima en ces termes : « Musulmans ici réunis, vos compagnons sont au paradis et ont reçu de Dieu les palmes du martyre ; faites comme eux, Dieu ne peut non plus faire moins pour vous ! »

Mais H’anach ibn as-Sanani s’écria : « Non, par Dieu ! nous ne t’écouterons pas, car tu n’es pas notre chef ; il n’y a rien de mieux à faire que de se sauver et de remmener en Orient, d’où ils viennent, cette poignée de musulmans. »

Puis il ajouta : « Fidèles ici rassemblés ! que tous ceux d’entre vous qui désirent retourner en Orient me suivent. »

La population le suivit en effet, et Zoheyr, resté seul avec les siens, dut en faire autant.

Il s’arrêta dans son château de Bark’a, où il resta à combattre les infidèles jusqu’au règne d’Abd al-Malik ibn Marwân.

Cependant Koseyla et ses troupes, continuant d’avancer, arrivèrent près de K’ayrawân, et alors les Arabes qui y habitaient, hors d’état de tenir tête à ces forces considérables, composées de Berbères et de Roûm, commencèrent à fuir.

Koseyla accorda quartier aux musulmans restés dans la ville, où il se fixa comme chef de toute l’Ifrîqiya et du Maghreb entier ainsi que des musulmans habitant ce pays, jusqu’à l’époque où  Abd al-Malik ibn Marwàn monta sur le trône des khalifes Omeyyade en 65 (17 août 684).

Le califat Omeyyade en 700 sous Abd al-Malik ibn Marwan (685-705)
Le califat Omeyyade en 700 sous Abd al-Malik ibn Marwan (685-705), les confédérations berbères ne furent pas encors anéantis

Quand le pouvoir de ce prince fut affermi et que tous les grands se furent ralliés à lui, on lui demanda de soustraire l’Ifrîqiya et ses habitants musulmans au joug de ce maudit Koseyla:

« Pour venger, répondît-il, le sang d’Okba sur les Roûm et les Berbères, on ne peut prendre que quelqu’un dont les sentiments religieux et l’intelligence vaillent ceux de ce chef. »

On tomba d’accord pour choisir Zoheyr ibn  Kays al-Balawi, car on reconnut que, ancien compagnon d’Okba, il était le mieux au courant de ses faits et gestes et de sa politique, et le plus qualifié pour venger sa mort.

En conséquence, Abd al-Malik envoya à Zuhayr, qui était à Barka, l’ordre de se rendre avec sa cavalerie en Ifrîqiya a pour délivrer les musulmans de K’ayrawân ; puis sur l’observation faite par Zoheyr que l’armée de Koseyla, formée de Berbères et de Roûm, était des plus nombreuses, il lui envoya des secours en cavaliers, en fantassins et en argent, en outre des chefs arabes qu’il convoqua pour appuyer son lieutenant.

Dinar du calife Omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan (avant la réforme) ont pet voire le calife sur la pièce.
Dinar du calife Omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan 685-705 (avant la réforme à  gauche et après la réforme à droite)

Zoheyr se trouva ainsi à la tête de forces .considérables, la population se réunit avec empressement sous ses drapeaux et il pénétra en 69 (5 juillet 688) en Ifrik’iyya.

Koseyla ibn Lemzem, en apprenant l’attaque dont il allait être l’objet, ne fit aucune soumission ni ne manifesta aucune crainte, car ses troupes de Berbères et de Roûm étaient deux fois plus nombreuses que celles de Zoheyr.

Cependant il réunit les nobles berbères et leur dit:

« Je suis d’avis de m’éloigner de cette ville, où il y a des musulmans vis-à- vis de qui nous sommes engagés par des traités et qui, il y a lieu de le craindre, se tourneront contre nous quand nous combattrons leurs frères. Nous irons donc nous établir vers l’endroit par où arrive l’ennemi [à Mems], et comme nous disposons d’une armée considérable, ou bien nous le battrons et alors le refoulant sur Tripoli nous l’anéantirons complètement, de manière à rester pour toujours maîtres du Maghreb, ou bien nous aurons le dessous, et alors la montagne étant proche nous pourrons nous mettre à l’abri dans des lieux abrupts. »

 La Mosquée Omeyyade de Sidi Okba à Biskra en Algérie (686 JC) construite sous le gouvernement du général omeyyade et compagnon Zuhair ibn Qais al-Balawi (radi ALLAH Anhu), sous le califat d’Abd al-Malik (685-705), le cimetière non loin contiens les corps de 300 compagnons (puisse Allah leurs faire miséricorde) tombé en Martyr avec le sahabi Okba ibn Nafi al-Fihri (radi Allah anhu) face au armées byzantines et berbères de Kusaylah à Tehuda (Biskra-Sidi Okba)
La Mosquée Omeyyade de Sidi Okba à Biskra en Algérie (686 JC) construite sous le gouvernement du général omeyyade  Zuhair ibn Qais al-Balawi (radi ALLAH Anhu), sous le califat d’Abd al-Malik (685-705),

Bataille entre Zuhayr ibn Q’ays al-Balawi  et Koseyla ibn Lemzem al-Barbari. 

Après que Koseyla eut quitté al-Qayrawan , Zoheyr ibn Kays vint camper sous les murs de cette ville pendant trois jours, mais sans y pénétrer; il repartit de là le quatrième jour, à la fin duquel il rencontra l’armée de Koseyla.

Il fit alors camper ses troupes, et le lendemain après la prière  il s’avança contre l’ennemi, qui s’était de son côté mis en mouvement.

La lutte s’engagea avec un très vif acharnement des deux parts, si bien qu’il semblait que personne n’en dût réchapper, mais enfin Koseyla fut battu et tué. Les musulmans se lancèrent à la poursuite des Berbères et des Roûm et en firent un grand massacre ; ils y mirent une telle ardeur qu’ils poussèrent jusqu’au Wàdi Moloûya dans le Maghreb.

 Les plus vaillants guerriers des Roûm et des polythéistes périrent dans cette affaire, où furent tués leurs princes, leurs nobles et leurs champions.

Zoheyr regagna alors K’ayrawân et s’y installa, tandis que les indigènes pénétrés de crainte se réfugièrent dans leurs châteaux et leurs forts.

Mais ensuite ce chef, se rendant compte de l’importance de l’Ifrîqiya, ne voulut pas continuer d’y séjourner : « Je ne suis, dit-il, venu ici que pour faire la guerre sainte, et je crains que ce pays ne m’entraîne dans les plaisirs mondains et que je n’y succombe. »

Il comptait en effet au premier rang des gens distingués par leur piété et leur esprit de mortification, de sorte qu’il s’éloigna, laissant d’ailleurs K’ayrawân dans une parfaite sécurité.

Mais beaucoup de ses compagnons restèrent dans cette ville.

La tombe de Zuhayr Ibn Qais Al-Balawi  a derna en libye dans la mosquée sahaba
La tombe de Zuhayr Ibn Qais Al-Balawi à  Derna (Barqa) en Libye dans la mosquée sahaba

Zuhayr se retire à Barka et y est tué par les Romains.

Zoheyr suivi de nombreux compagnons se dirigea donc vers l’Orient.

En apprenant qu’il se mettait en route de l’Ifrîk’iyya vers Barka, les Roûm saisirent cette occasion de réaliser leurs désirs et expédièrent contre cette place une flotte nombreuse et bien montée, qui y fit une razzia importante par le nombre de gens tués et la quantité de butin et de prisonniers.

L’armée de Zoheyr arriva au moment où ces événements venaient de se produire, et ce général, mis au courant, fit aussitôt avancer ses troupes sur le littoral dans l’espoir d’arriver jusqu’aux captifs musulmans et de les rendre à la liberté.

 Mais les Roûm étaient excessivement nombreux, et quand il se trouva sur eux il n’y eut plus moyen de reculer, d’autant que les musulmans qu’on était en train d’embarquer criaient et invoquaient son aide.

Il fit aussitôt mettre pied à terre à ses compagnons, tous hommes remarquables par leur piété, chefs arabes habitués à la guerre sainte et dont le plus grand nombre étaient des successeurs (tâbiïoûn) ; la nombreuse armée des Roûm les assaillit et la mêlée s’engagea.

 Mais la supériorité numérique de l’ennemi était trop grande : Zoheyr fut tué, de même que les chefs arabes qui l’accompagnaient.

Les musulmans regagnèrent Damas et portèrent à  Abd el-Melik ibn Merwàn la nouvelle du martyre de leur général et des principaux de leurs guerriers.

Le khalife fut fort affecté, à cause du mérite et de la piété de Zoheyr, de cette catastrophe, pendant de celle qui avait coûté la vie à Okba.

Les chefs arabes vinrent alors en corps demander à Abd el-Melik de s’occuper du choix d’un chef capable de défendre l’friqiya et d’y rétablir l’ordre, à quoi le prince répondit qu’il ne voyait personne de plus qualifié que Hassân ibn an- Numân.

En 74 (12 mai 693), mourut Abd Allah ibn  Omar ibn al-Khatâb, empoisonné, dit-on, par Al-Hajjàj ib Yaûsuf à la suite d’événements trop longs à raconter.

 En 76 (20 avril 695), On commença à frapper des monnaies (proprement) musulmanes : ce fut le Prince des royants Abd el-Melik qui fit frapper des dinars et des dirhems au type musulman.

En 77 (9 avril 696), eut lieu la révolte d’Al-Mot’arrif obn El-Moghîra ibn Chu’ba contre Abd el-Melik, qui employa la ruse contre lui pour arriver à le tuer .

En la même année de nombreux chefs hérétiques furent décapités .

Cavaliers et Gouverneur Omeyyades (oprey)  1 2 3
Cavaliers et Gouverneur Omeyyades (oprey)
1) Gouverneur Omeyyade de Balkh
2) Cavalier élite Omeyyade
3) Cavalier leger Omeyyade , Egypte 

Gouvernement de Hassan ibn an-No’màn en Ifriqiya.

En 78 (29 mars 697), Hassan ben en-No c mân, choisi à cet effet par  Abd el-Melik ben Merwân, entra en Ifrîk’iyya à la tête de 40,000 hommes qui lui furent confiés (*).

Le khalife l’avait d’abord envoyé avec cette armée en Egypte pour parer aux événements, puis il lui adressa l’ordre de se rendre en Ifrîk’iyya, en ajoutant :

« Je te donne pleins pouvoirs de disposer des richesses de l’Egypte; donnes- en à ceux qui sont près de toi, donnes en à ceux qui te viennent trouver, donnes-en au peuple et rends-toi en Ifriqiya avec la bénédiction et la protection divines ! »

Hassan ibn  en-Nomân ibn  Adi ibn Bekr ibn Moghith ibn c Amr Mozaykiyâ ibn c Amir ibn el-Azd pénétra en Ifrlk’iyya avec l’armée la plus considérable que les musulmans y eussent jamais envoyée.

A son arrivée à K’ayrawân, il demanda aux habitants du pays quel était le prince le plus puissant de la région, à quoi on lui répondit que c’était le prince de Carthage, capitale de l’ifriqiya.

La cité de Carthage , tombera et ensuite Hippone (Annaba, Bounah) et toute l’Afrique du nord rentrera dans le califat Omeyyade et dans l'Islam.
L’antique port phénicien de la cité de Carthage au nord de la Tunisie, qui  tombera  au mains des arabes  sous Hassan ibn Numan 

Hassan alla donc mettre le siège devant cette ville, qui renfermait une population grecque (Roûm) innombrable.

Les habitants dirigés par leur prince firent une sortie, mais Hassan les mit en fuite et en massacra la plus grande partie ; après quoi il continua le siège et finit par prendre cette capitale.

Carthage, actuellement dénommée El-Mo c allak’a par les Tunisiens, était une ville considérable dont les remparts étaient baignés par la mer.

Elle était* séparée de Tunis par une étendue de douze milles où se trouvaient des bourgades florissantes.

La mer n’arrivait pas alors jusqu’à Tunis, qui n’y a été reliée que plus tard .

Byzantin, AD 610-13, de Carthage omeyyade

Carthage renfermait des monuments considérables, de grandes constructions et des colonnes élevées qui prouvent la haute puissance des peuples disparus ; de nos jours encore les Tunisiens rencontrent toujours dans ces ruines des choses merveilleuses et des citernes que la suite des temps n’a pas ravies aux regards.

Quand Hassan y arriva et qu’il en eut massacré les cavaliers et les fantassins qui la défendaient, les habitants survivants songèrent unanimement à fuir dans les nombreux vaisseaux dont ils disposaient : les uns gagnèrent la Sicile, les autres l’Espagne.

Hassan s’étant en-suite éloigné, les habitants des campagnes voisines et de la région, qui avaient appris la fuite du gouverneur [romain], s’empressèrent de venir occuper la place laissée vide.

Mais alors Hassan revint camper sous les murs et entama un siège très rigoureux, à la suite duquel il entra de vive force dans la place, où il fit un épouvantable massacre, réduisit les survivants en captivité et se livra au pillage; après quoi les habitants de la région se rendant à l’appel de ses messagers, s’empressèrent d’accourir, tant la violence de ses attaques et sa bravoure les avaient terrifiés, et quand il n’en manqua pas un, il leur fit détruire et démanteler Carlhage, dont toute trace fut effacée.

Puis, apprenant que les chrétiens soutenus par les Berbères avaient réuni une armée considérable dans le district de Çatfoûra, il alla leur livrer bataille, les vainquit et lança sur les fuyards sa cavalerie, qui en fit un grand carnage, car elle ne laissa inexplorée aucune partie du pays.

Les Roûm effrayés s’enfuirent à Bàdja, où ils se préparèrent à la résistance, tandis que les Berbères gagnèrent la province de Bône (Buna, Annaba).

Quant à Hassan, il rentra à al-Qayrawan (Kairouan).

L'infanterie Omeyyade dans un ribat par Opsrey (Angus McBride) 1 2 3
L’infanterie Omeyyade dans un ribat par Opsrey (Angus McBride)
1) Garde Omeyyade 
2) Fantassin Omeyyade 
3) Femme Musulmane  avec lance

La Kâhina est mise en défaite par Hassan ibn Numan al-Ghassani.

Après avoir pris quelques jours de repos à Kayrawân, ce chef demanda aux habitants quel était le prince d’Ifrîqiya le plus puissant, pour aller ou anéantir son autorité ou le forcer à se convertir :

« C’est, lui dit-on, une femme appelée Al-Kâhina, qui habite dans l’Aurès; tous les Roûm d’Ifriqiya la redoutent et tous les Berbères lui obéissent; elle tuée, tout le Maghreb se soumettra à toi et tu ne trouveras plus ni rivalité ni résistance. »

Il se mit donc en marche avec ses troupes, et la Kâhina, qui l’apprit, descendit de la montagne avec des forces dont le nombre dépassait tout ce qu’on peut dire.

Arrivée la première à Bàghàya, elle la fit évacuer par les Grecs, puis la détruisit dans la croyance que son ennemi chercherait une place où se fortifier.

A la suite de cette nouvelle, Hassan alla camper auprès de la rivière de la Meskiyâna ; la Kâhina en fit autant, mais était en aval.

Les cavaliers des deux armées prirent contact dès qu’ils se trouvèrent les uns en face des autres.

Mais comme Hassan ne voulut pas engager le combat à la fin du jour, les deux armées passèrent la nuit en selle.

Le lendemain matin s’engagea la lutte la plus acharnée qu’on eût jamais vue et qui fut des deux côtés soutenue avec la plus vive opiniâtreté ; mais à la fin Hassan ibn an-Nomân al-Ghassani et ses vaillants compagnons durent fuir ; la Kâhina fit un grand massacre des Arabes et fit quatre-vingts chefs prisonniers.

La rivière auprès de laquelle eut lieu la bataille fut dénommée : rivière des instruments de torture (wâdïl- adhâra).

Hassan, poursuivi l’épée dans les reins jusqu’à ce qu’il fût sorti de la province de Gabès, informa le khalife Omeyyade Abd al-Malik de cet événement en ajoutant :

« Ces peuples du Maghreb n’ont pas de commencement et nul ne sait où ils finissent : sitôt que l’un est détruit, plusieurs autres le remplacent; les moutons qui paissent ne sont pas plus nombreux qu’eux. »

L’ordre du khalife qui lui enjoignait de s’arrêter à l’endroit où il recevrait la réponse lui parvint dans la province de Barqa.

Ce fut donc là qu’il s’arrêta, et il y construisit des châteaux encore appelés aujourd’hui Qoçoûr Hassan.

Pendant les cinq ans qui suivirent cette bataille, la Kàhina resta maitresse du Maghreb tout entier ; puis voyant la longue immobilité des Arabes, elle dit aux Berbères :

« Les Arabes ne recherchent en Ifriqiya que les villes, l’or et l’argent, alors que nous ne lui demandons que de nous fournir des champs de culture et des pâturages. Nous ne voyons donc pour vous rien de mieux à faire que de ravager toute l’Ifriqiya, de façon que les Arabes, désespérant d’y plus rien trouver, ne songent jamais plus à revenir. »

La deuxième phase de conquêtes d'Okba ibn Nafi radi Allah anhu qui traversa tout le Maghreb, il fut le seul gouverneur Omeyyade connus des berbères du Maghreb al-Aqsa jusqu'a à l'avenement de Mussa ibn Nusayr al-Lakhmi
La deuxième phase 681-682 de conquête d’Okba ibn Nafi radi Allah anhu qui traversa tout le Maghreb, il fut le seul gouverneur Omeyyade connus des berbères du Maghreb al-Aqsa jusqu’à  l’avènement de Mussa ibn Nusayr al-Lakhmi

Elle envoya donc dans toutes les directions des colonnes chargées de couper les arbres et de démanteler les forteresses.

L’Ifriqiya (prend le sens de Maghreb et va parfois jusqu’a Tanger), dit-on, ne présentait autrefois, depuis Tripoli jusqu’à Tanger, qu’une suite continue d’ombrages, de bourgades se touchant, de villes peu distantes les unes des autres, si bien que nul pays au monde n’était aussi favorisé, aussi continuellement béni, n’avait autant de villes et de forteresses, et cela sur une longueur et une largeur de deux mille milles.

Cette maudite Kâhina ruina tout cela, et alors de nombreux chrétiens et indigènes, implorant vengeance contre elle, durent s’enfuir et se réfugièrent tant en Espagne que dans les autres îles.

Des quatre-vingts compagnons de Hassan que la Kâhina avait faits prisonniers, elle eut la générosité de rendre la liberté à presque tous, ne gardant auprès d’elle que Khâlid ibn Yezîd, à qui elle dit un jour :

« Tu es l’homme le plus beau, le plus brave que j’aie jamais vu ; aussi je veux te donner de mon lait pour qu’ainsi tu deviennes le frère de mes deux fils; » — en effet, elle en avait deux, l’un berbère, l’autre grec ; «  chez nous tous Berbères, la parenté de lait confère un droit réciproque d’hérédité. »

En conséquence, elle prit de la farine d’orge qu’elle aggloméra avec de l’huile et qu’elle plaça sur ses seins; puis appelant ses deux enfants elle la leur fit manger avec Khalid sur sa poitrine et leur dit  » Vous voilà devenus frères.»

Bir al-Ater en Algérie (Ifriqiya), lieu présumé de l’exécution d'al-Kahina
Bir al-Ater en Algérie (Ifriqiya), lieu présumé de l’exécution d’al-Kahina

Mort violente de la Kâhina.

Hassan, ayant reçu du khalife tous les secours désirables en cavaliers et en fantassins arabes, fit porter par un homme sûr une lettre à Khalid ben Yezid.

Celui-ci après l’avoir lue, écrivit au dos : «Les Berbères sont divisés, l’ordre ne règne pas parmi eux et la prévoyance leur fait défaut; arrive donc à marches forcées.»

Puis il mit ce message dans un pain qu’il donna comme provision au messager de Hassan ibn Numan.

Mais cet homme venait à peine de s’éloigner que la Kâhina sortit les cheveux épars et se frappant la poitrine tout en s’écriant: « Malheureux Berbères, votre puissance s’en va dans un objet qui sert d’aliment ! »

On organisa aussitôt des recherches de tous les côtés, mais la protection divine couvrit le messager, qui put porter la lettre à Hassan.

Celui-ci rompit le pain et prit connaissance de ce qu’avait écrit Khalid; mais comme la cuisson avait détérioré le message, il voulut renvoyer à Khalid cet homme, qui s’y refusa, disant que celte femme, grâce à son don de divination, n’ignorait rien de cette affaire.

Hassan se mit donc en campagne, et de son côté, la Kâhina sortit des montagnes de l’Aurès avec des forces considérables.

Quand la nuit vint, elle dit à ses deux fils qu’elle se considérait déjà comme morte; qu’elle avait vu sa tête coupée et offerte au grand prince arabe à qui obéissait  (le calife Omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan) le général d’Ifriqiya Hassan ibn Numan.

Ce fut en vain que Khalid lui proposa de s’en aller avec eux et d’abandonner le pays à l’envahisseur, elle objecta que ce serait une honte pour son peuple.

Comme alors ils lui demandaient tous les trois ce qu’ils deviendraient après elle : « Quant à toi, Khâlid, dit-elle, tu arriveras à un grand pouvoir auprès du grand roi; vous autres, mes enfants, vous exercerez un commandement auprès de celui qui me donnera la mort, et par vous, les Berbères réacquerront quelque pouvoir. Montez à cheval et allez demander quartier à l’ennemi ! »

Les trois jeunes gens se rendirent la nuit même auprès de Hassan, à qui  Khâlid conta ce qui venait de se passer, la prédiction par la Kâhina de sa propre mort et l’envoi qu’elle lui faisait de ses enfants.

Le général musulman confia ceux-ci à des gardiens et donna à Khâlid le commandement de la cavalerie. Alors s’avança la Kâhina les cheveux épars et s’écriant: « Veillez aux événements, car autant dire que je suis morte ! »

La bataille s’engagea furieuse, mais la reine dut fuir, et Hassan ibn Numan al-Ghassani se mit à sa poursuite et la tua.

Des Berbères se rendirent auprès de Hassan ibn Numan pour lui demander quartier ; mais il n’y consentit que moyennant l’engagement de leur part de lui fournir un corps de douze mille de leurs contribules qui auraient à combattre la guerre sainte à côté des Arabes.

Ces Berbères se convertirent et lui fournirent les cavaliers demandés, qu’il divisa en deux moitiés égales, à chacune desquelles il donna pour chef l’un des deux fils de la Kâhina ; il leur fit, simultanément avec les Arabes, parcourir le Maghreb pour y massacrer les Roûm et les Berbères infidèles.

Lui-même rentra en ramad’ân 82 à Kayrawân, à la suite de la sincère conversion et de la soumission des Berbères.

Le calme qui alors régna en Ifriqiya permit à Hassan d’organiser cette année-là les bureaux (ad-Diwan); la tranquillité fut assurée aux vaincus moyennant le paiement du kharàdj, auquel furent astreints tous les barbares du pays, aussi bien que les chrétiens  (grecs) qui y habitaient avec eux.

A la suite de la mort de la Kàhina, Hassan ibn Numan n’eut plus à faire d’expédition, car toute résistance avait cessé.

II fut ensuite révoqué et rappelé par Abd al-Aziz ibn Marwân, qui était frère du khalife Omeyyade Abd al-Malik et qui, en sa qualité de gouverneur d’Egypte, disposait à son gré du gouvernement de l’Ifriqiya .

Abd al-‘Aziz en voulait aux pierres précieuses, à l’or et à l’argent, de sorte que Hassan ibn Numan, qui le savait, les cacha dans des outres à eau et ne laissa voir que les effets, les montures, les esclaves et autres richesses.

A son arrivée en Egypte, il donna en présent à Abd al-Azîz deux cents jeunes filles de race royale, soit grecque soit berbère ; mais ce chef lui enleva, en outre, tous les chevaux, les chameaux, les femmes esclaves et les nègres qu’il emmenait.

 Hassan continua sa route avec ce qui lui restait de bagages et arriva auprès du khalife Al-Walid, dont la colère fut excitée par le récit qu’il lui fit des procédés d’Abd al-Azîz ; puis il se fit apporter les outres et en tira assez d’or, d’argent, de pierres précieuses et de rubis pour exciter l’étonnement du khalife, qui, tout charmé, lui dit :

« Veuille Dieu te récompenser, Hassan !

— Prince des croyants, répondit-il, si je suis parti, c’est pour aller combattre la guerre sainte dans le sentier de Dieu, et un homme comme moi ne peut tromper ni Dieu ni le khalife.

— Je veux, reprit le prince, te renvoyer dans ton gouvernement en Raccordant des bienfaits et en faisant proclamer tes louanges ! »

Mais Hassan ibn Numan al-Ghassani (le Ghassanide) jura qu’il n’accepterait plus de gouvernement sous les Omeyyades.

Al-Walîd garda à cause de cela du ressentiment contre son oncle Abd al-Aziz.

L’ordre chronologique des campagnes de Hassan, surnommé « le cheykh intègre », n’est pas bien déterminé, non plus que sa conquête des villes de Carthage et de Tunis et la mort de la Kâhina. (voir ibn Abd al-Hakam)

D’après Ibn el-Katt’ân, la révocation de Hassan et la nomination de Moûsa ibn Noçayr furent faites par Abd al-Azîz ibn Merwàn sans aucun ordre ou avis de son frère c Abd el-Melik.

695-705 715 frappé a carthage omeyyade

Nomination d’Abû ‘Abd ar-Rahmân Moûsa ibn Nusayr au gouvernement de l’Ifriqiya et du Maghreb; exposé d’une partie de ce qu’il y fit. 

Les uns disent que ce chef descend des Banu Lakhm, et d’autres, de Bekr ibn Wâ’il.

Ibn Bachkowâl dans la Sila le nomme Moùsa ibn Nusayr ibn  Abd ar-Rah’mân ibn Zayd.

Nommé par Abd al-Malik à la perception du kharâdj à Baçra, il s’en appropria, dit-on, le produit, et l’ordre donné par le khalife à Hajjal ibn Yussuf ath-Taqafy de ne pas le laisser échapper fit que Moûsa, pris de peur, se rendit auprès d’Abd al- Azîz ibn Marwàn gouverneur Omeyyade d’Egypte.

Celui- ci, qui lui portait de l’affection, l’accompagna en Syrie auprès d’Abd al-Malik, qui frappa Moûsa d’une amende de cent mille dinars.

Abd al- c Aziz fournit à son protégé la moitié de cette somme, puis le ramena en Egypte, où il le nomma gouverneur de l’Ifriqiya, dépendance de l’Egypte.

Moûsa remporta ses premières victoires du côté de Zaghwàn, localité éloignée de K’ayrawân  (Kairouan) d’une pleine journée de marche.

Dans les environs habitaient des tribus Berbères dont vinrent à bout les 500 cavaliers qu’il envoya contre elles; 10,000 prisonniers,  restèrent aux mains des vainqueurs et furent les premiers qu’on amena à K’ayrawân depuis qu’il en était gouverneur.

Pièces arabo-byzantine deu général Omeyyade Musa ibn Nusayr
Pièces arabo-byzantine du général Omeyyade Musa ibn Nusayr 

L’un de ses fils, nommé Abd Allah, qu’il envoya dans une région d’Ifriqiya, en ramena 100,000 prisonniers (berbères et grecs), puis son autre fils Marwân en ramena un nombre égal, de sorte que le quint fut alors représenté par 60,000 têtes {sic).

Moûsa envoya à Abdal- Aziz une lettre où il l’informait de ses succès en ajoutant que le quint montait à 30,000 têtes, nombre qui avait été écrit au lieu de 60,000, par suite d’une erreur du secrétaire.

Ce chiffre de 30,000 parut énorme à Abd al-Aziz, qui y vit une erreur en trop commise par le secrétaire et qui la signala dans sa réponse à Moûsa en lui demandant de la rectifier: « Il y a en effet, écrivit Moûsa, une erreur imputable, ainsi que l’a conjecturé l’Emir, au secrétaire. Sache, ô Emir, que le nombre exact et bien certain est de 60,000 ! »

La joie d’Abd al-Azîz fut alors à son comble.

Il avait, d’autre part, reçu une lettre dans laquelle son frère  Abd al-Malik lui disait qu’ayant appris la décision qu’il avait prise touchant la révocation de H’assàn et le remplacement de ce dernier par Moùsa, lui, Prince des croyants approuvait l’une et l’autre de ces mesures.

Il informa alors le khalife des succès remportés et lui adressa la lettre de Moûsa. En conséquence, Abd al-Malik envoya à ce dernier un messager chargé de prendre possession du quint précité, auquel Moûsa ajouta encore un millier de têtes par surcroît.

Quand Moûsa arriva en Ifriqiya, il marchait en tête de l’armée: un passereau étant venu se poser sur sa poitrine, il s’en empara, regorgea et de son sang s’oignit la poitrine par dessus les vêtements, puis il le pluma et éparpillant les plumes sur sa personne il s’écria :

« J’en prends à témoin le Dieu de la Kaaba, voilà la victoire ! »

D’après Ibn Qutayba, Moûsa ibn Nusayr, après avoir pris Sedjoûma et mis à mort les princes de cette ville, accorda à Iyâd’, Othmân et Aboû Obda, fils d’Ok’ba ibn Nafi al-Fihri, le droit de tirer vengeance du meurtre de leur père et ne les arrêta qu’après qu’ils eurent mis à mort six cents des principaux de la ville.

Cela eut lieu en 83 (3 février 702), au dire de ceux qui font commencer son administration en cette année.

Moûsa réduisit ensuite les berbères Hawwàra, les Zenâta et les Kotâma, contre qui il fît des expéditions qui lui coûtèrent du monde et au cours desquelles on fit 5,000 prisonniers.

Leur chef, nommé Kâmoûn, fut envoyé par Moûsa à Abd al-Azîz ibn Merwân, qui le fit exécuter près de l’étang appelé encore de nos jours Birket Kâmoûn proche du bourg d’Akaba.

Quant aux Kotàma (sic), ils s’étaient rendus auprès de Moûsa ibn Nusayr, qui leur donna pour chef l’un d’entre eux et se fit livrer des otages de marque.

En djomàda 1er 85 (mai-juin 704), mourut  Abd al-Aziz ibn Marwân, qui gouvernait l’Egypte au nom de son frère Abd el-Malik ibn Merwân.

Le khalife, qui le remplaça par Abd Allah ibn Abd al-Malik ibn Marwân, avait déjà, dans cette même année, voulu révoquer son frère tant à cause de la disgrâce dont il avait frappé Hassan ibn an-Numân al-Ghassani qu’à cause de ses rapines.

Il en avait été empêché par K’abîssa ibn Dho’ayb, qui lui avait représenté qu’une mort prochaine pourrait le débarrasser, mais cependant il y songeait toujours.

C’est dans ces dispositions qu’il était un jour à causer avec Rawlh ibn Zinbâ al-Judhami, qui lui disait que cette révocation n’aurait pas été de nature à provoquer de combat entre deux chèvres, quand K’abissa survenant s’écria:

« Prince des croyants,  veuille Dieu te récompenser à raison de ton frère!

— Il est donc mort? repartit le khalife.

— Il est bien mort.

— Aboû Zor’a, Dieu nous a suffi pour décider la question sur laquelle nous étions d’accord ! »

A la suite de la mort du Prince des croyants Abd al-Malik ibn Marwân, survenue en 86 (1 er janvier 705), Al-Walîd Ier écrivit à son oncle Abd Allah [ibn Abd al-Malik] ibn Merwân, de nommer Moûsa ibn Nusayr au gouvernement de l’Ifrîqiya et du Maghreb, pays qu’il enleva ainsi à son oncle [lisez frère]

La plupart des villes d’Ifrîqiya étaient alors désertes par suite des conquêtes successives dont elles étaient l’objet de la part des Berbères.

L'Occident Omeyyade en 710, verfonsé terre Omeyyade, et le claire ce sont les tribus berbères tributaires au califat Omeyyade  par  LSCatilina
L’Occident Omeyyade sous le calife al-Walid Ier en 710, « vert-foncé » = terre Omeyyade, et le « vert-clair » ce sont les tribus berbères tributaires du califat Omeyyade  mais pas dans l’espace territorial des Omeyyades mais il s’y déroula des expéditions  jusqu’au Abbasside par LSCatilina

Moûsa ibn  Nusayr conquiert le Maghreb el-Ak’ça.

Moûsa poursuivit sa marche guerrière d’Ifriqiya vers Tanger, car les Berbères, par peur des Arabes, se retiraient vers l’ouest (al-Gharb).

La poursuite à laquelle il se livra lui permit d’en tuer une grande quantité et de faire de nombreux prisonniers.

Il arriva ainsi jusqu’au Soûs el-Adna, c’est-à-dire au pays de Der’a.

Les Berbères accablés lui ayant alors demandé quartier et s’étarit soumis, il leur donna un chef.

Comme gouverneur de Tanger et des environs il nomma son client (esclave) T’ârik’, à qui il confia un corps de 17,000 Arabes et de 12,000 Berbères, ceux-là ayant l’ordre d’enseigner à ceux-ci le Coran et de les mettre bien au courant de la religion.

Après quoi il se remit en route pour l’Ifriqiya.

D’après Ibn al-K’attân, on raconte que Moûsa ibn Nusayr, sitôt après avoir, en la dite année, été investi par Al-WAlid Ier, envoya à des tribus berbères Zor c a ben Aboû Modrik, qui n’eut pas à subir d’hostilités dé leur part ; ces peuples se rendirent à composition, et il envoya leurs chefs à Moûsa, qui exigea d’eux dés otages.

Le gouverneur donna ensuite le commandement de la flotte d’Ifriqiya à Ayyâch ib Akhyal, qui se rendit en Sicile, où il attaqua et pilla complètement une ville nommée Syracuse, puis revint sain et sauf, chargé de butin.

Quand Aboù Modrik Zo’ra ibn Aboû Modrik amena les otages des Masmoûda, Moûsa les réunit aux otages  berbères qu’il s’était fait livrer en ifriqiya et au Maghreb et qui se trouvaient à Tanger : il les mit sous les ordres de son client (mawla) Târik’, qui [plus tard] envahit l’Espagne avec eux.

Dix-sept Arabes furent laissés par Moûsa à l’effet d’instruire ces Berbères dans le Coran et les préceptes de l’Islam.

[Autrefois], Ok’ba ibn Nâfi en avait déjà laissé dans le même but quelques-uns de ses compagnons, parmi lesquels Shâkir et d’autres.

Dans le Maghreb el-Aqsa n’avait pénétré aucun gouverneur Omeyyade autre qu’Ok’ba ibn Nàfi al-Fihri; c’était le seul que les berbères Maçmoûda eussent connu, et l’on dit que la plupart de ces derniers opérèrent volontairement leur conversion entre ses mains.

Ce fut Moûsa ibn Nusayr qui pénétra après lui dans ce pays.

Le maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades  par osprey
Le Maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades, avec la localisation des tribus berbères et  judeo-berbères (en soulignés)  par osprey

En 92 (28 octobre 710), T’àrik envahit l’Espagne et la conquit avec une armée formée d’Arabes, de Berbères et des otages livrés par ces derniers, tant ceux que lui avait laissés Moûsa que ceux qui avaient auparavant été remis- à H’assân dans le Maghreb central.

C’est en 85 (13 janvier 704) que T’ârik’ devint gouverneur Omeyyade de Tanger et du Maghreb al-Aqsa, et c’est à cette date que la conversion des habitants de cette dernière région à l’Islam fut complète: on orienta dans la direction de la Mecque les temples élevés par les polythéistes et l’on installa des chaires dans les mosquées des communautés.

Alors fut élevée la mosquée d’Aghmât Heylâna.

Quant à ce chef, son nom est T’ârik’ ben Ziyâd ibn Abd Allah ibn Oulghoû ibn Ourfeddjoûm ibn Neberghâsen ibn Oulhàs ibn Ltoûmet ibn Nefzâou ; il était Nefzi d’origine.

On dit qu’il figurait parmi les Berbères (à Barqa) faits prisonniers.

Il était affranchi (mawla)  de Moûsa ibn Nusayr.

En 93 (18 octobre 711), ce dernier, irrité contre Târik franchit la mer et se rendit en Espagne; il y suivit une autre route que son général et y remporta de nombreux succès que nous raconterons en faisant l’histoire de la conquête de l’Espagne, dans la seconde partie du présent ouvrage.

En la même année, Abd Allah ibn Moûsa remplaça son père comme gouverneur d’Ifrîqiya, à raison du départ de Moûsa, jusqu’au jour où celui-ci revint d’Espagne pour se rendre en Orient.

Moûsa arriva à al-Qayrawan (Kairouan) à la fin de Tannée 95.

Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier '705-715)
Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier ‘705-715

En 95 (25 septembre 713), Moûsa quitta l’Espagne pour se rendre en Ifriqiya avec le butin dont Dieu l’avait gratifié : la flotte transporta à Tanger toutes les riches dépouilles que formaient l’or, l’argent et tes pierreries, puis elles furent chargées sur des chariots.

D’après ïbn ar-Raqiq’, cent quatorze véhicules  furent employés à cet usage.

La table [de Salomon], qui était faite d’or avec un peu d’argent et qui comptait trois cercles, l’un de rubis, l’autre d’émeraudes et le troisième de perles, fut un jour chargée sur un grand mulet, le plus agile et le plus vigoureux qu’on pût trouver, dont les jambes cédèrent sous le poids même avant d’arriver à l’étape.

Au dire d’Al-Layth ibn Sa’d, on n’avait jamais depuis la fondation de l’Islam, entendu parler d’un nombre de prisonniers aussi considérable: quand son fils Marwân revenu du Soûs se porta au-devant de son père, avec les principaux chefs, il ordonna à eux-ci de donner à chacun des compagnons de son père un esclave noir homme ou femme , et Moûsa ayant donné le même ordre à ceux qu’il commandait, chacun se trouva pourvu et d’un esclave noir et d’une femme esclave  noir.

On raconte encore que Moûsa en quittant l’Espagne y laissa comme gouverneur son fils  Abd al-Azîz et que, rentré en Ifriqiya, il parvint à al-Qayrawan (Kairouan) à la fin de 95 (. 25 sept. 713).

Il ne pénétra cependant pas dans la ville et descendit au Qasr Elmâ, où il tint une audience à laquelle assistèrent les guerriers arabes de la ville, dont les uns l’avaient accompagné dans son expédition, tandis que les autres étaient restés en Ifriqiya avec son fils Abd Allah : « Aujourd’hui, leur dit-il, trois faits heureux se sont produits pour moi : j’ai d’abord reçu une lettre par laquelle le Prince des croyants me témoigne sa reconnaissance et m’accorde des louanges » (il énuméra ici les succès que Dieu avait réalisés par ses mains) ; « ensuite une lettre où mon fils Abd al-Azîz me décrit les victoires que Dieu lui a. fait remporter en Espagne » (ici il prononça les formules de louanges à Dieu, et les assistants se levèrent pour le féliciter)» ; quant à la troisième chose, continua-t-il, je vais vous la faire voir »; et, se levant, il fit tirer une tenture derrière laquelle se trouvaient diverses jeunes filles semblables à autant de pleines lunes montant à l’horizon et couvertes de bijoux et de parures.

Comme on lui réitérait les félicitations, Ali ibn Rebâh’ al-Sulami prit la parole : « Général, dit-il, c’est moi qui te donnerai le meilleur avis : rien n’arrive au sommet qui ne soit près de redescendre; modère-toi donc  avant d’y être forcé! »

Cette observation décontenança Moûsa, qui renvoya aussitôt ces jeunes filles.

Il partit ensuite pour l’Orient, après avoir confié l’Ifiqiya, l’Espagne et la région de Tanger aux soins respectifs de ses fils Abd Allah ibn  Moussa ibn Nusayr, Abd al-Aziz ibn Moussa ibn Nusayr  et Abd al-Malik ibn Moussa ibn Nusayr.

Vue du Jabal Musa des montagnes du rif depuis Tarifa, en andalousie, le jabal Mussa fut nomé ainsi après Moussa ibn Nucayr al-Lakhmi général des Omeyyades
Vue du Jabal Musa des montagnes du Rif  au Maroc depuis Tarifa, en Andalousie, le jabal Mussa fut nommé ainsi après Mussa ibn Nusayr général des Omeyyades

D’après Ibn el-K’atTân, la plupart s’accordent à dire que T’ârik’, avant d’aller explorer l’Espagne, s’était établi à Tanger.

Cependant, selon certains, il était installé sur l’emplacement de Sidjilmâssa (Sur le site de cette ville car la fondation de cette ville date de 140 H, d’après al-Bakri, p. 328), vu que Selà et le pays en-deçà, Fez, Tanger et Ceuta appartenaient aux chrétiens (Rum).

Il ajoute qu’on n’est pas d’accord si Moûsa entra ou non à al-Qayrawan dans ce voyage.

Moûsa se mit donc en marche avec ses autres enfants, c’est-à-dire Marwân, Abd al-A’la, etc. ; il était en outre accompagné des nobles Q’oreychites, Ansâr et autres Arabes, de cent chefs berbères, parmi lesquels les fils de Koseyla ibn Lemzem, les Benoû Isder, Mezdâna, roi de Soûss, le prince de Mayorque et de Minorque, des fils de la Kâhina, de cent des princes espagnols chrétiens, et de vingt princes des villes conquises en Ifriqiya; il emporta en outre des spécimens des produits de toutes les villes de ce pays.

Il arriva ainsi à al-Misr (Egypte), où il n’y eut pas de savants ni de nobles à qui il ne fit des présents et des dons.

D’Egypte, il se dirigea sur la Palestine, où il fut reçu par la famille de Rawh’ ibn Zinbâ  , qui égorgea cinquante chameaux pour lui faire fête.

Il en repartit en laissant une partie de ses femmes et ses plus jeunes enfants auprès de ses hôtes, à qui il fit de riches présents.

Mais alors il reçut une lettre du khalife Al-Welid ibn Abd al-Malik, qui était malade et lui enjoignait d’arriver au plus vite pour le trouver encore en vie, tandis que d’autre part Sulaymàn ibn Abd al-Malik, frère et héritier présomptif d’Al-Walîd, lui écrivait de temporiser et d’attendre.

Sans tenir compte de cette dernière lettre, Moûsa fit diligence, si bien qu’il arriva à la cour trois jours avant la mort du khalife Al-Walîd.

Aussi Sulaymàn disait-il qu’il le ferait crucifier s’il l’avait en son pouvoir.

Moûsa put donc remettre à Al-Walîd les richesses qu’il apportait, la Table de Salomon, les perles, les rubis, les diadèmes, ainsi que l’or et l’argent.

Al-Masoûdi, dans son livre intitulé « Adjâ’ibel-bilâd wez- zemân », s’exprime ainsi :

« A la suite de la conquête de Tolède, Târik’ pénétra dans le palais royal de cette ville, où il trouva les Psaumes de David transcrits sur des feuilles d’or à l’aide d’une solution de rubis et d’un travail si merveilleux que l’on n’avait en quelque sorte jamais rien vu de pareil. Là encore se trouvaient la Table de Salomon, précédemment décrite, vingt-quatre dia- dèmes rangés en ordre et correspondant au nombre des rois Goths d’Espagne, car il était d’usage que le diadème d’un roi mort fût déposé en cet endroit et que son successeur s’en fit faire un autre; enfin, une grande pièce remplie d’élixir alchimique (pierre philosophal). Tous ces objets furent remis à Al-Walîd ibn Abd al-Malik. » 

En djomâda II 96 (février 715), le khalife Omeyyade Al-Walid Ier mourut et eut pour successeur Sulaymân.

Celui-ci, qu’animait une vive colère contre Moûsa, le fit exposer au soleil pendant une journée très chaude, jusqu’à ce que le patient, homme corpulent et asthmatique, perdit connaissance.

Suleymân alors lui dit : « Tu n’as voulu tenir aucun compte de la lettre que je t’avais écrite ! Paie maintenant cent mille dinars!

— Prince des croyants, répondit Moûsa, vous m’avez pris tout ce que je possédais; d’où donc tirerais-je cent mille dinars?

— Il t’en faudra payer deux cent mille », reprit Solaymân ; et comme Moûsa se défendait: « C’est trois cent mille, continua le khalife, que tu auras à verser » ; et en même temps il le fit mettre à la question, avec l’intention de le faire mourir.

Moûsa eut alors recours à l’intervention de Yezid ibn al-Mohallab al-Azdi qui avait du crédit auprès de Sulaymân et qui obtint du prince la grâce du prisonnier, moyennant l’abandon par celui-ci de tout ce qu’il possédait.

On dit aussi, c’est la version d’Ibn H’abîb et d’autres, que Moûsa racheta sa vie moyennant le paiement à Sulaymân d’un million de dinars.

Plus tard, Yezîd ibn al-Mohallab étant à causer un soir avec Moûsa lui dit : « Aboû Abd er-Rah’mân (Moussa), quel groupe formez-vous, toi et les tiens, clients et serviteurs ? Arrivez-vous à mille ?

— Oui certes, répondit Moûsa, et de plus mille et mille autres encore.

— Et pourquoi donc t’es- tu exposé à la mort au lieu de rester au siège de ta puissance, à l’endroit où s’exerce ton pouvoir ?

— Je le jure ! repartit Moûsa, si je l’avais voulu on n’eût rien pu contre moi; mais j’ai préféré le respect de mes devoirs envers Dieu, et je n’ai pas cru que je dusse oublier que j’ai à obéir. »

On raconte qu’après s’être fait payer cette énorme rançon, Sulaymân ibn Abd al-Malik demanda un jour une coupe d’or, et Moûsa, surprenant le regard qu’il lui jetait, lui parla en ces termes :

« Prince des croyants, il n’y a pas là de quoi s’enorgueillir ! Cette coupe, je ne l’estime certes pas dix mille dinars: or Dieu m’est témoin que j’ai envoyé à ton frère Al-Walid un vase à lampe en émeraude verte dans lequel le lait qu’on y versait prenait une teinte verte ; on a estimé qu’il valait cent mille dinars. J’ai en outre trouvé telles et telles choses », dont il se mit à faire une longue énumération, si bien que Sulaymân en resta stupéfait.

Moûsa ibn Nusayr était né en 19 (1er janvier 610) et mourut en 98 (24 août 716), à l’âge de 79 ans.

Il fut nommé en 88 (11 décembre 708) gouverneur Omeyyade d’Ifrîqiya et administra ce pays, de même que l’Espagne et le Maghreb tout entier, jusqu’à sa mort, c’est-à-dire pendant environ dix- huit ans .

On raconte entre autres choses au sujet de sa mort, qu’il fit avec Sulaymân le pèlerinage et que, lors de leur arrivée à Médine, Moûsa annonça que le surlendemain mourrait un homme dont le nom avait rempli l’Orient et l’Occident.

Les Conquêtes de Musa ibn Nusayr entre 703-715
Les Conquêtes de Musa ibn Nusayr entre 703-715

Tiré d’Ibn Idhari Al Marrakuchi « al-Kitab al-bayan al-Maghrib. »

Leiden, E. J. Brill – 1948.

Histoire de l’Afrique du Nord, de la conquête au 11ème siècle.

La Mardasa Ibn Yussuf de Marakesh fut construite par le sultan Mérinide Abû al-Hasan `Alî (أبو الحسن علي بن عثمان : abū al-ḥasan `alīy ben `uθmān), né en 1299 (ou 1288) et mort en 1351, est un sultan mérinide qui succède à son père Abû Sa`îd `Uthmân en 1331.
La Mardasa Ibn Yussuf de Marakesh (Maroc)  fut construite par le sultan Mérinide Abû al-Hasan `Alî (أبو الحسن علي بن عثمان : abū al-ḥasan `alīy ben `uθmān), né en 1299 (ou 1288) et mort en 1351,

(notice wiki  auteur) Ibn Idhari (ابن عذاري) est un écrivain et historien marocain 14e siècle. Il naquit à une date inconnue et vécut à Marrakech sous les Mérinides (dynastie berbère) au Maroc (d’où son appellation de ibn Idhāri al-Marrākushi) entre le 13e et le 14e siècle, dans une famille d’origine arabe andalouse.

Son nom complet est Abū al-Abbas Ahmad ibn Muhammad ibn Idhāri al-Marrākushi (arabe : أبو العباس أحمد ابن عذاري المراكشي) mais il est essentiellement connu sous le nom Ibn Idhari Al Marrakuchi traduction de l’appellation traditionnelle espagnole médiévale de :Aben Adarí de Marruecos (Marruecos vient d’une déformation de Marrakech). Bien que cité comme référence dans de nombreux ouvrages historiques, nous savons peu de chose sur la vie de cet historien et les sources le concernant sont rares. Il fut l’auteur du texte de référence sur l’histoire du Maghreb et l’Espagne maure écrit en 1312 intitulé Al-Bayan Al-Mughrib (arabe : البيان المغرب)  » ou parfois uniquement Al-Bayan mais dont le titre complet est : Kitāb al-bayān al-mughrib fī ākhbār mulūk al-andalus wa’l-maghrib. Ses écrits considérés comme des informations historiques contemporaines sont uniques, même si certaines parties sont à ce jour perdues.

Administration du califat Omeyyade :

Publié le Mis à jour le

L’administration du Califat Omeyyade est organisée en trois grandes branches qui traitent les différentes affaires du Califat : les affaires religieuses, les affaires politiques et militaires et les affaires fiscales. Chacune de ces trois branches est subdivisée à son tour en bureaux et départements.

Le Califat omeyyade est géré par six bureaux centraux : dīwān al-kharāǧj (bureau des revenus), dīwān ar-rasāʾil (bureau de la correspondance), dīwān al-khātam (bureau du sceau), dīwān al-barīd (bureau de la poste), dīwān al-quḍāh (bureau de la justice) et dīwān al-jund (bureau de l’armée).

Représentation du nilomètre (pour les impots 'Egypte) du Caire, construit au VIIIe siècle par les Omeyyades
Représentation du nilomètre (pour les impots ‘Egypte) du Caire, construit au VIIIe siècle par les Omeyyades

Dīwān al-Kharāǧ

C’est le bureau chargé d’administrer les finances du Califat. Il impose et collecte également les taxes et les impôts, notamment l’impôt foncier.

Ce document a été écrit en Dhou El-Hijah, le mois de Hajj de musulmans, datée de la période omeyyade (661-750 AD) (Hawting de 1986, 24 ss.) Sous le règne de Yazid II (720-724 AD) qui a nommé Bishr b. Safwan al-KALBI en tant que dirigeant de l'Egypte (101 AH). Cependant, selon certains rebelles de la tribu de Quḍā͑ah, après la mort d'Umar b. Abdel Aziz (d. 720 AD), il se est rendu à l'Afrique du Nord par l'ordre du calife Yazid II, laissant son frère Ḥanẓalah b. Safwan comme un souverain (Ibn Iyas 1982, 126, et Ibn Khaldûn sd, 76). Le calife Yazid II a approuvé la décision de Bishr. Il est dit que Ḥanẓalah b. Safwan a gouverné l'Egypte à trois reprises et la dernière était l'année 128 AH (Al-Kindi 1908, 71). Le document est rédigé sous la forme d'une lettre privée (voir ll. 8-9n.), Mais il inclut l'affranchissement d'un esclave-fille (voir l. 1n.) Et met de côté une waqf, une maison et de la vigne pour sa prestation. En ajoutant le sceau et des témoins, à la fin, la lettre devient officielle. Le testateur est une femme, une testatrice (voir l. 5n.), Dont le nom ne est pas préservé. Elle a mis une condition qui elle vivra dans sa maison pour aussi longtemps qu'elle est en vie, mais après sa mort, la maison et d'un vignoble sera donnée à l'esclave affranchi.
Ce document Omeyyade (661-750) a été écrit esous le règne de Yazid II (720-724 ) qui a nommé Bishr ibn. Safwan al-Kalbi en tant que dirigeant de l’Egypte (101 AH). 
Le document est rédigé sous forme d’une lettre privée, mais il inclut l’affranchissement d’une esclave. Et met de côté une waqf, une maison et des  vignes. Avec le sceau et les témoins, à la fin, la lettre devient donc officielle. Le testateur est une femme, une testatrice dont le nom ne s’est pas préservé. Elle a mis une condition qui elle vivra dans sa maison pour aussi longtemps qu’elle vivra, mais après sa mort, la maison et le vignoble seront donnée à l’esclave affranchi.

Dīwān ar-rasāʾil

C’est le bureau chargé de la correspondance d’État. Il fait circuler les missives et les communiqués officiels à travers tout le Califat, et vers les officiers centraux et provinciaux. Il coordonne également l’action des autres bureaux.

Ces deux sceaux, identiques dans leur contenu, sont peut-être les premiers exemples connus de califat omeyyade
Ces deux sceaux, identiques dans leur contenu, sont peut-être les premiers exemples connus du califat Omeyyade

Dīwān al-Khātam

Ce bureau est chargé de lutter contre les actes de contrefaçon, notamment des documents officiels, qu’il copie et conserve avant de les sceller et de les envoyer à leur destination, si bien qu’au fil du temps, de véritables archives d’État se développent à Damas. Ce bureau est conservé par les Abbassides, lorsqu’ils prennent le pouvoir.

Ce fut veritablement sous le calife Omeyyade Muawiya ibn Abi Sufyan radi Allah anhu que la poste fut inventé
Ce fut véritablement sous le calife Omeyyade Muawiya ibn Abi Sufyan radi Allah anhu que la poste fut inventé 

Dīwān al-barīd 

Introduit par Muʿāwiyah ibn Abu Sufyan radi Allah anhu, ce bureau gère la poste à travers l’Empire. Sous ʿUmar ibn Abd al-Aziz, plusieurs caravansérails voient le jour le long des routes, notamment du Khorassan à l’Arabie et l’Afrique du Nord. Des relais de chevaux permettent la liaison entre le calife, ses agents et les officiers provinciaux. Les routes principales sont subdivisées en tronçons d’environ 19 km, chaque tronçon ayant ses montures qui transportent le courrier et assurent la liaison avec le tronçon suivant. Initialement prévu pour les besoins du gouvernement, ce système profite également aux particuliers et à l’armée. Sous le gouverneur Yūsuf ibn ʿUmar, le bureau de poste de l’Irak coûte environ 4 000 000 de dinars par an.

L'entrée de la mosquée du califat Rashidun de Fustat (Le Caire) du compagnon et général rashidun Amr ibn al-As avec écris "Allahu Akbar"
L’entrée de la mosquée du califat Rashidun de Fustat (Le Caire) du compagnon et général rashidun Amr ibn al-As avec écris « Allahu Akbar »

Dīwān al-Quḍāh : 

La justice est gérée par un bureau indépendant. Les juges principaux, à partir de 661, siègent en Égypte.

Les plus grandes villes du Califat ont chacune un juge musulman ou cadi, généralement nommé par le gouverneur de la province.

Le cadi reçoit les plaideurs chez lui ou, plus souvent, à la mosquée, lors d’audiences publiques.

Modèle de catapulte utilisée par les omeyyades lors de la prise du Sindh par Muhammad ibn Qasim ath-Taqafy et lors du bombardement de la Mecque par al-Hallaj ibn Yusuf ath-Taqafy
Modèle de catapulte utilisée par les omeyyades lors de la prise du Sindh par Mussa ibn Nucayr al-Lakhmi en Andalousie contre les wisigoth Muhammad ibn Qasim ath-Taqafy et lors du bombardement de la Mecque par al-Hallaj ibn Yusuf ath-Taqafy

Dīwān al-Jund : 

C’est le bureau chargé de l’administration militaire. L’armée est divisée en cinq corps : le centre, les deux ailes, l’avant-garde et l’arrière-garde, en marche ou au champ de bataille. Marwān II abandonne ce système et introduit la cohorte (kurdus), petite formation compacte. L’armée Omeyyade se compose de trois divisions : la cavalerie, l’infanterie et l’artillerie. La cavalerie utilise des selles pleines et rondes, l’infanterie est d’inspiration ghassanide (eux même byzantine) et l’artillerie est formée de mangonneaux, béliers et balistes. Initialement, des pensions et indemnités de subsistance sont accordées même aux militaires qui ne sont pas en service actif, cependant, Hišhām instaure une réforme et seuls les participants aux combats sont payés.

Listes des Gouverneurs Rashidun et Omeyyade de l’Empire :

Publié le Mis à jour le

Le califat Omeyyade sous le calife al-Walid Ier (86-96h) 705–715
Le califat Omeyyade sous le calife al-Walid Ier (86-96h) 705–715

 

Retranscription des divisions administrative:

Europe:

al-Andalus :  (Portugal, Espagne , sud de la France Septimanie, Andorre*)

Afrique du Nord :

  • Maghreb   (Maroc, Algérie de l’ouest Oranie)
  • Ifriqiyah (Algérie de l’est Constantinois, Tunisie et Ouest de la Libye Tripolitaine),
  • Touat (sud Algérien),
  • Fezzan (sud Libyen),
  • Barqah (Cyrénaïque l’est de la Libye),
  • Misr (Egypte)

Moyen-orient:

  • Sham (Syrie, Palestine/et Jordanie, Liban),
  • Jazirah (nord de l’Iraq et  Syrie et sud de la Turquie),
  • Hira (sud de l’Iraq),
  • Hejaz (Ouest de l’Arabie saoudite),
  • Nejd (centre de l’Arabie saoudite ),
  • Bahrain (est de l’Arabie saoudite, qatar, Bahreïn),
  • Yamamah (Emirats arabe unis),
  • Oman (Oman),
  • Hadramawt (est du Yemen),
  • Yemen (ouest du Yemen)

Anatolie et Caucase:

  • Awashim (sud de la Turquie),
  • Arran (Daghestan en Russia),
  • Armenia (Armenie, et est de la Turquie),
  • Azerbaijan (l’Azerbaïdjan et l’Azerbaïdjan iranien)

Iran- Perse :

  • Jabal (ouest de l’Iran),
  • Fars (la province du fars Iran),
  • Kerman (Kerman province d’ Iran),
  • Makran (Makran province d’ Iran),
  • Sijistan (Sistan province d’ Iran),
  • Khorassan (est de l’Iran et nord de l’Afghanistan et Turkmenistan),

Asie centrale :

  • Jurjan (Golestan province d’ Iran, et Turkménistan),
  • Khowarsm (Ouzbékistan et, Turkménistan),
  • Mawaraan Nahr (Kazakhstan, Kyrgyztan)

Asie du Sud:

  • Sarhad (sud de l’ Afghanistan, autour de Kandahar),
  • Sind (Sind province du Pakistan),
  • Punjab (Punjab provinces du Pakistan, et l’Inde)

Le Califat Omeyyade est divisé en plusieurs provinces, dont les frontières changent au fil du temps à plusieurs reprises. Chaque province est dirigée par un gouverneur nommé par le calife. Le gouverneur a autorité sur les officiers religieux et militaires, la police et l’administration civile de sa province.Le budget provient directement des taxes prélevées dans la province, et le surplus est envoyé à Damas. Vers les dernières années du Califat, avec l’effritement du pouvoir central, certains gouverneurs n’envoient pas ce surplus et se constituent une grande fortune personnelle.

Liste des Gouverneurs Omeyyade de Médine

 

 

Masjid An-Nabawi à Médine (Arabie Saoudite)
Masjid An-Nabawi à Médine (Arabie Saoudite)

Liste des Gouverneurs Omeyyade de la ville de Médine:

  1. Marwan ibn al-Hakam – 662-669 –

  2. Saïd ibn al-As – 669-674 –
  3. Marwan ibn al-Hakam – 674-677 –
  4. Saïd ibn al-As – 677-679
  5. Marwan ibn al-Hakam – 679-680 –
  6. Walid ibn ibn Abi Sufyan Utbah – 680-683 –
  7. Zubayride interrègne – 683-693 –
  8. Al-Hajjaj Ibn Yusuf – 693-694 –
  9. Hisham ibn Isma’il al-Makhzumi – 701-706 – 
  10. Umar II ibn Abd al-Aziz – 706-712 –
  11. Khalid ibn Muhammad 712-? – 

Liste des Gouverneurs Rashidun et Omeyyade de la ville de Damas

Vue aérienne sur l'antique ville de Damas, l'une des plus vielle au monde.
Vue aérienne sur l’antique ville de Damas, l’une des plus vielle au monde.

Gouverneurs de Damas du califat Rashidun :

  • Khalid ibn al-Walid (635 à 636)
  • Abu Ubaidah ibn al Jarrah (636-637)
  • Amr ibn al-Aas (637-640)
  • Yazid ibn Abi Sufyan (640)
  • Muawiya ibn Abu Sufyan (640-661)

Les Califes Omeyyade à Damas :

  • Muawiyah Ier ibn Abu Sufyan (661-680)

La capitale du califat  passe à Damas 674 – 677 

  • Yazid I ibn Muawiyah (680-683)
  • Muawiya II ibn Yazid (683-684)
  • Marwan ibn Hakam (684-685)
  • Abd al-Malik ibn Marwan (685-705)
  • al-Walid I ibn Abd al-Malik (705-715
  • Suleiman ibn Abd al-Malik (715-717)
  • Umar ibn Abd al-Aziz (717-720)
  • Yazid II ibn Abd al-Malik (720-724)
  • Hišām (724-743)
  • al-Walid II ibn Yazid II (743-744)
  • Yazid III ibn al-Walid (744)
  • Ibrahim ibn al-Walid (744)
  • Marwan II ibn Muhammad (a régné à Harran dans la Jazira , 744-750)

Liste des Gouverneurs Omeyyade d’Iraq

 

L'ancienne mosquée de Kufa en 1915, Iraq La Mosquée de Kufa en Irak (639 JC) fut construite  sous  l'ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu) par le général Sa'd ibn Waqqas radi Allahu.
 La Mosquée de Kufa en Irak (639 JC) fut construite sous l’ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu) par le général Sa’d ibn Waqqas radi Allahu.

Seuls les gouverneurs qui étaient en contrôle à la fois al-Basrah et al-Kufa en même temps apparaissent dans cette liste.

Nom Début Fin Nature de résiliation Remarques
Aucun 661 670 n / a Al-Basrah et al-Kufa étaient sous gouverneurs séparés pendant cette période 
Ziyad ibn Abihi 670 673 Décédé en fonction Nommé par le premier calife Omeyyade Mu’awiyah Ibn Abi Sufyan  
Aucun 673 680 n / a Al-Basrah et al-Kufa étaient sous des gouverneurs séparés pendant cette période 
 Ubaydallah ‘Ibn Ziyad 680 684 destitué Fils de Ziyad ibn Abihi. Nommé par le calife Yazid ibn Mu’awiyah 
Aucun 684 691 n / a L’Irak a été perdue par les Omeyyades lors de la seconde fitna . De 686 à 691, le Zubayride Moussab ibn al-Zubayr avait le contrôle de Bassora et Al-Kufa. 
691 693 n / a Al-Basrah et al-Kufa étaient sous des gouverneurs séparés pendant cette période 
Bishr ibn Marwan 693 694 Décédé en fonction Frère du calife Omeyyade ‘Abd al-Malik ibn Marwan , qui l’a nommé 
Al-Hajjaj Ibn Yusuf al-Thaqafi 694 714 Décédé en fonction Nommé par ‘Abd al-Malik ibn Marwan 
Yazid ibn Abi al-Kabshah alSaksaki 714 715 destitué Nommé par le calife al-Walid ibn ‘Abd al-Malik 
Yazid ibn al-Muhallab al-Azdi 715 717 destitué Nommé par le calife Sulayman ibn ‘Abd al-Malik 
Aucun 717 720 n / a Al-Basrah et al-Kufa étaient sous gouverneurs séparés pendant cette période 
Maslama ibn Abd al-Malik 720 721 changement Frère du calife Yazid ibn ‘Abd al-Malik , qui l’a nommé 
‘ Umar ibn al-Hubayra Fazari 721 724 démis Nommé par Yazid ibn ‘Abd al-Malik 
Khalid ibn Abdallah al-Qasri 724 738 démis Nommé par le calife Hisham ibn ‘Abd al-Malik 
Yusuf ibn ‘Umar al-Thaqafi 738 744 démis Nommé par Hisham ibn ‘Abd al-Malik 
Mansur ibn Jumhur al-Kalbi  744 744 démis Nommé par le calife Yazid ibn al-Walid 
‘Abdallah ibn’Umar  744 745 démis Fils du calife ‘Umar ibn’ Abd al-Aziz . Nommé par Yazid ibn al-Walid 
Al-Nadr ibn Sa’id al-Harashi 745 745 démis Nommé par le calife Marwan ibn Muhammad 
Yazid ibn Umar al-Fazari 745 750 Assassiné Fils de ‘Umar ibn Hubayra. Nommé par Marwan ibn Muhammad

Liste des Gouverneurs Rashidun et Omeyyade d’Egypte

7. La mosquée de Fustat en Egypte (642)
 La ville de Fustat en Egypte (642) construite  par Amr ibn al-As sous le califat d’Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu

Liste des Gouverneurs Rashidun d’Egypte (640-658) :

# Gouverneur ( Amir ) Début Fin Période Sort
1 Amr ibn al-As 640 646 6 années Isolé par Uthman Ibn Affan
2 Abdallah ibn Sa’ad 646 656 10 années Renversé par Muhammad ibn Abi Hudhayfa
3 Muhammad ibn Abi Hudhayfa 656 657 1 année Assassiné
4 Qays Ibn Sa’ad 657 657 6 mois Isolé
5 Malik ibn al-Harith 657 657 Un jour Décédé avant d’atteindre Al-Fustat
6 Muhammad ibn Abi Bakr 658 658 5 mois Assassiné

Gouverneurs omeyyade d’Égypte  (659-750)  :

# Gouverneur ( Wali ) Début Fin Commentaires
1 Amr ibn al-As 658 664 Conquérant de l’Egypte. Décédé en fonction
2 Utba ibn Abi Sufyan 664 665 Frère de Mu’awiya Ier . Décédé
3 Utba ibn Amir 665 667 Muletier de Muhammad sws. Destitution
4 Maslama ibn Mukhallad al-Ansari  667 682 Diriger des Omeyyades partisane en Egypte. Décédé en fonction
5 Sa’id Ibn Yazid ibn al-Qama al-Azdi 682 684 Destitution
6 Abd al-Rahman ibn Utba al-Fihri  684 684 Nommé par Ibn al-Zubayr
7 Abd al-Aziz ibn Marwan ibn al-Hakam 685 705 Décédé en fonction
8 Abdallah ibn Abd al-Malik ibn Marwan  705 709 Destitution
9 Qurra Ibn Sharik al-Absi  709 715 Décédé en fonction
10 Abd al-Malik ibn Rifa’a al-Fahmi 715 717 Destitution
11 Ayyub ibn Sharhabil 717 720
12 Bishr ibn Safwan al-Kalbi 720 721 Est devenu le gouverneur de l’Ifriqiya
13 Handhala ibn Safwan al-Kalbi 721 724
14 Muhammad ibn Abd al-Malik ibn Marwan 724 724 Démissionné après avoir assisté à une épidémie
15 Al-Hurr ibn Yusuf 724 727 Décédé en fonction. Egypte sous le règne de facto de Ubayd Allah ibn al-Habhab .
16 Abd al-Malik ibn Rifa’a al-Fahmi 727 727 Egypte sous le règne de facto de Ubayd Allah ibn al-Habhab .
17 Al-Walid ibn Thabit ibn Rifa’a al-Fahmi 727 735 Détrôné. Egypte sous le règne de facto de Ubayd Allah ibn al-Habhab .
18 Abd al-Rahman ibn Khalid al-Fahmi 735 737 Destitution
19 Handhala ibn Safwan al-Kalbi 737 741 Est devenu le Wali de l’Afrique
20 Hafs ibn al-Walid ibn Yusuf al-Hadrami 741 744 Résigné
21 Hasan ibn Atahiya 744 744 Se sont enfuis après opposition par les Hafsiya
22 Hafs ibn al-Walid ibn Yusuf al-Hadrami 744 745 Installé par les Hafsiya, sans combat
23 al-Hawthala ibn al-Suhayl al-Bahili 745 749 Destitution
24 Al-Mughira ibn Ubayd al-Fazari 749 749 Mort
25 Abd al-Malik ibn Marwan ibn Musa ibn Nusayr 749 749 Détrôné par les Abbassides

Les gouverneurs Rashidun  et Omeyyade d’Ifriqiya

Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade  de Kairouan fondé par  le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri
Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade de Kairouan fondé par le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri

Les gouverneurs Rashidun  d’Ifriqiya depuis l’Egypte: 

  1. Amr ibn al-As al-Qurayshi   (Cyrénaïque et Tripolitaine conquise en 643 par Amr ibn al-As , organisée comme nouvelle province de la capitale régionale à Barqa ;  les Premiers gouverneurs incertain )
  2. Abdallah ibn Sa’ad 646 656
  3. Muhammad ibn Abi Hudhayfa 656 657
  4.  Qays Ibn Sa’ad 657657
  5. Malik ibn al-Harith 657 657
  6. Muhammad ibn Abi Bakr 658-658
  7. Amr ibn al-As 658664 Conquérant de l’Egypte. Décédé en fonction en Egypte
  8. Utba ibn Abi Sufyan 664 665 Frère de Mu’awiya Ier . Décédé
  9. Utba ibn Amir 665 667 Muletier de Muhammad sws. Destitution
  10. Maslama ibn Mukhallad al-Ansari  667-682 Diriger les partisant Omeyyades en Egypte.Décédé en fonction 

Les gouverneur Omeyyades d’Ifriqiya : 

  1. Mu’awiya ibn al- Kindi Hudaij al-Kindi , c.665 -666 – a régné depuis Barqa
  2.  Oqba ibn Nafi’i al-Fihri , 666-674 – qui a conquis le sud tunisien ( Byzacène ) , et fondation de Kairouan ( 670 ) et y installe la capital Omeyyade provincial
  3. Abu al – Muhajir Dinar al-Ansari , 674-681 quitte Kairouan et s’installe à Milla (Constantinois)  et y délace la capitale Omeyyade provinciale
  4. Oqba ibn Nafi’i al-Fihri , ( restaurée ) , 681-683 – il  conduit sa cavalcade au Maroc , portant ostensiblement tout le Maghreb en cours de soumission (Oqba est tué . les Arabes sont expulsés de Byzacène , et occupation  par les berbères Awraba avec leurs chef Kusaila , 683-686 et les rums )
  5. Zuhair ibn Qays al – Balawi , 683-689 – d’abord uniquement à Barqa , et ensuite il à récupéré Byzacène en 686 .( Zohair est tué . Les Berbères sous la sorcière al-Kahina à récupérer Byzacène en 689 . Aucun gouverneur arabe n’est clairement répertorié 689-92 ) .
  6. – Hassan ibn al – Nu’man al – Ghassani , 692-703 – d’abord uniquement depuis Barqa . Il Capture Carthage en 695 ( à nouveau perdu ) , puis à nouveau en 698 ( final) jusqu’a Bone et la moitié est de l’Algerie. Conquête permanente de l’Ifriqiya , organisé comme nouvelle province , séparément de l’Egypte , directement sous le calife omeyyade , avec une capital à  Kairouan .
  7. Musa ibn Nusair al-Lakhmi , 703-715 ( Au cours de la conquête de l’Espagne , Abd Allah ibn Musa a été régent à Kairouan , alors que Musa était en al-Andalus , 712-715 )
  8. Muhammad ibn Yazid al-Qurayshi  , 715-718
  9. Ismail ibn Abd Allah ibn Abi al – Muhajir al-Makhzoumi  , 718-720
  10. Yazid ibn Abi Muslim ath-Taqafi, 720-721
  11. Muhammad ibn Yazid al-Qurayshi ( restauré ) , 721
  12. Bishr ibn Safwan al- Kalbi , 721-727
  13. Obeida Ibn Abd al – Rahman al-Sulami   des banu sulaym , 727-32
  14. Oqba ibn Qudama ( temporaire ) , 732-734
  15. Obeid Allah ibn al – Habhab al-Maousili al-Makhzoumi al-Qurayshi  , 734-41 . (La  révolte berbère commence 740 )
  16. Kulthum ibn Iyad al – Qaisi , 741
  17. Balj ibn Bishr al – Qushayri ( part depuis Kairouan à Córdoba ) et Abd al – Rahman ibn Oqba al – Ghaffari ( de facto , à Kairouan ) , 741-42
  18. Safwa Handhala ibn al- Kalbi , 742-44 il détruis la plus grande armée berbères de l’histoire  300 000 kharijites exécuté par lui
  19. Abd al – Rahman ibn Habib al -Fihri , 745-755  fin du califat Omeyyade en 750

Les Gouverneurs Rashidun et Omeyyade d’Arménie 

 29) La mosquée de Shamakh à Bakou  (743-744) après l’incendie par les arméniens en 1918, la date de construction de la mosquée-  a été définie avec la ligature arabe sur la façade de la mosquée du Vendredi, indiquant l’année 126 selon le calendrier islamique comme l’année de l’établissement de la mosquée par l’émir Omeyyade  d’Azerbaïdjan et d’Arménie Abū ʿAbd Al-Malik Marwān ibn Muḥammad future dernier calife Omeyyade de Dimashq : Marwan II, né en 688 et mort en 750. C’est la plus ancienne mosquée d’Azerbaïdjan – omeyyade
La mosquée de Shamakh à Bakou (743-744) après l’incendie par les arméniens en 1918, contruite en 126 de l’hégire  par l’émir Omeyyade d’Azerbaïdjan et d’Arménie Abū ʿAbd Al-Malik Marwān ibn Muḥammad future dernier calife Omeyyade de Dimashq : Marwan II, né en 688 et mort en 750.

Les gouverneurs rashidun d’Arménie Arminiya :

Ceux-ci sont déclarés comme gouverneurs sous les califes Rashidun Uthman & (644-656.) Ali 656–661 radi Allah anhum :

  • Hudaifa ibn al-Yaman
  • al-Mughira ibn Shu’ba
  • al-Qasim ibn Rabi’a ibn Umayya ibn Abi’s al-Thaqafi
  • Habib ibn Maslama al-Fihri
  • al-As’ath ibn Qays al-Kindi (ca. 657)

Gouverneur Omeyyade d’Armenie Arminiya :

  • Muhallab ibn Abi Sufra (ca. 686)

Émirs Omeyyade d’Ostikan Arminiya

Avec la présentation de l’Arménie à Muhammad ibn Marwan après 695, la région est devenu une province officiellement avec sa capitales et un émir (de ostikan) installé à Divin: 

  1. Muhammad ibn Marwan (c. 695–705), représentée par les députés suivants:
    • Uthman ibn al-Walid ibn ‘Uqba ibn Aban Abi Mu ‘ayt
    • Abdallah ibn Hatim al-Bahili
  2. Abd al-Aziz ibn Hatim al-Bahili (706–709)
  3. Maslamah ibn Abd al-Malik (709–721)
  4. al-Djarrah ibn Abdallah al-Hakami (721–725)
  5. Maslamah ibn Abd al-Malik (725–729) fils d’Abd el-Malik l’Omeyyade émir d’Azerbaidjan et d’Arménie
  6. al-Djarrah ibn Abdallah al-Hakami (729–730)
  7. Maslamah ibn Abd al-Malik (730–732)
  8. Marwan ibn Muhammad (732–733)
  9. Sa’id ibn Amr al-Harashi (733–735)
  10. Marwan ibn Muhammad (735–744)
  11. Ishaq ibn Muslim al-Uqayli (744–750)
  12. Abu Ja’far Abdallah ibn Muhammad (750–753)

Les Gouverneurs Omeyyade du Sind :

La mosquée du général Omeyyade Muhammad al-Qassim au Sindh  Aror is medieval name of city of Sukkur, Sindh, Pakistan. (actuel Pakistan)
La mosquée de Aror au Pakistan (713) fut construite par le général Omeyyade Muhammad al-Qassim ath-Thaqafy lorsqu’il conquis le Sindh (Pakistan) l’age de 17ans, il fut envoyé comme Musa ibn Nusayr al-Lakhmi par al-Hajjaj ibn Yussuf ath-Thaqafy, ils sont originaire de Ta’if, Aror est le nom médiéval de la cité de Sukkur, dans l’ancienne Sindh, le Pakistan actuel.
 
Gouverneurs Omeyyade du Sind Pakistan
Muhammad ibn Qasim al-Thaqafi 711-715 Démis
Conquête du Sind. Nommé par le gouverneur d’Irak, al-Hajjaj Ibn Yusuf al-Thaqafi 

 

Habib ibn al-Muhallab al-Azdi 715-717 Démis (?) Nommé soit par le calife Sulayman ibn ‘Abd al-Malik ou par Salih ibn ‘Abd al-Rahman
Abd al-Malik ibn Misma from 717 Démis
Non listé par al-Ya’qubi. Nommé par le gouverneur de Bassora, ‘Adi ibn al-Artah al-Fazari 

 

‘Amr ibn Muslim al-Bahili to 720 Overthrown
Non classé par al-Ya’qubi. Nommé par ‘Adi ibn Artah 
‘Ubaydallah ibn ‘Ali al-Sulami from 721 Démis
Non classé par al-Ya’qubi. Nommé par le gouverneur de l’Irak, ‘Umar ibn al-Hubayrah Fazari 
Al-Junayd ibn ‘Abd al-Rahman al-Murri to 726 Démis Nommé par ‘Umar ibn Hubayrah [19]
Tamim ibn Zayd al-Qayni from 726 décédé (?)
Nommé par le gouverneur de l’Irak, Khalid ibn Abdallah al-Qasri 
Al-Hakam ibn ‘Awana al-Kalbi to 740 Assassiné
Nommé par Khalid ibn Abdallah 
‘Amr ibn Muhammad al-Thaqafi 740-744 Démis
Fils de Muhammad ibn al-Qasim. Nommé par le gouverneur de l’Irak, Yusuf ibn ‘Umar al-Thaqafi 
Yazid ibn al-Kalbi IRAR (?)
740 Renversé Nom et coordonnées du gouverneur donnés diversement dans les sources

 

Mansur ibn al-Kalbi Jumhur 747-751 Révolté Initialement il prend le Sind sous les Omeyyades en tant que rebelle anti-Omeyyade, puis confirmée en tant que gouverneur par les Abbassides 
La grande moquée Omeyyade de Cordoue
La grande moquée Omeyyade de Cordoue

Clef : tous nommés par le gouverneur de l’Ifriqiya , sauf (*) élu en interne par Andalous; (**) Nommés directement par le calife; (***) Imposée de force par régiments syriens 

  1. Musa ibn Nusair al-Lakhmi , 712 – Septembre 714 (également gouverneur de l’Ifriqiya )
  2. Abd al-Aziz ibn Musa al-Lakhmi, Septembre 714 – Mars 716
  3. Ayyub ibn Habib al-Lakhmi , Mars 716 – Août 716 (*)
  4. al-Hurr ibn Abd al-Rahman al-Thaqafi , Août 716 – Mars 719
  5. al-Samh ibn Malik al-Khawlani , Mars 719 – Juin 721 (**)
  6. Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi , Juillet 721 (*)
  7. Ambiza ibn Suhaym al-Kalbi , Août 721 – Janvier 726
  8. Udhra ibn Abd Allah al-Fihri , Janvier 726 – Mars 726 (*)
  9. Yahya ibn Salama al-Kalbi , Mars 726 – Juin 728
  10. Hudhaifa ibn al-Ahwas al-Ashja’i , Juin 728 – Décembre 728
  11. Uthman ibn Abi al-Nisa al-Khathami , Décembre 728 – Avril 729
  12. Ibn al-Haytham Ubayd al-Kinani , Avril 729 – Février 730
  13. Muhammad ibn Abd Allah al-Ashja’i , Février 730 – Mars 730
  14. Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi , Mars 730 – Octobre 732 (2ème fois)
  15. Abd al-Malik ibn Katan al-Fihri  , Décembre 732 – Novembre 734
  16. Uqba ibn al-Hajjaj al-Saluli , Novembre 734 – Décembre 740
  17. Abd al-Malik ibn Qatan al-Fihri , Décembre 740 – Mars 742 (*)
  18. Balj ibn Bishr al-Qushayri , Mars 742 – Août 742 (** / ***, techniquement gouverneur de l’Ifriqiya )
  19. Thalaba ibn Salama al-Amili , Août 742 – mai 743 (***)
  20. Abu al-Khattar Husam ibn Darar  al-Kalbi , mai 743 – Août 745
  21. Thuwaba ibn Salama al-Judhami , Août 745 – Octobre 746 (***)
  22. Abd al-Rahman ibn Qatir al-Lakhmi , Octobre 746 – Janvier 747 (cadi, temporaire)
  23. Yusuf ibn Abd al-Rahman al-Fihri , Janvier 747 – mai 756 (*)

Liste des Gouverneurs Omeyyade du Khorasan

Les montagnes du Khorassan
Les montagnes du Khorassan

Ubayd Allah ibn Ziyad   673-676

Sa’id Ibn Uthman   676-x

Umayya ibn Abd’Allah  x- 697

Al-Muhallab ibn Abi Suffrah 697–702

Yazid ibn al-Muhallab 702–704

al-Mufaddal ibn al-Muhallab 704-705

Qutayba ibn Muslim 705-715

Yazid ibn al-Muhallab 716–717

Al-Jarrah ibn Abdallah al-Hakami 717- 719

Abd al-Rahman ibn Nu’aym al-Ghamidi 719-x

Said ibn Abd al-Aziz x-722

Said ibn amr al-Harashi 722-723

Muslim ibn Said al-Kalbi 723-x

Naṣr ibn Sayyār al-Lāythi al-Kināni 738-748 (le dernier gouverneur Omeyyade du Khorasan)

L’organisation Millitaire en Andalousie Omeyyade (8e siècle) par ibn al-Khatib :

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al-Andalus ver 752-755
al-Andalus ver 752-755  la fin du califat Omeyyade de Damas

Quand les Arabes de Syrie qui, par la noblesse de leur naissance et par leur amour de la gloire, tels des lions de Charā أسود الشرى entrèrent en Espagne avec Balj ibn Bishr al-Qushayri (741-2)dit Baldj  بلج, leur émir, les baladis, c’est-à-dire, les Arabes qui étaient venus avant (dans la péninsule dès 711), se retrouvèrent très à l’étroit. Ils désirèrent en conséquence que de tels étrangers abandonnent le pays. Ce pays, disaient-ils, nous appartient, étant donné que nous l’avons conquis et qu’il n’y a pas de place pour d’autres. Ensuite, en voyant que les Syriens ne voulaient pas s’en aller, ils prirent les armes pour les y obliger.

La guerre entre les deux partis dura jusqu’à l’arrivée d’Abou-l-Khattār Ḥoussām ibn Ḍirār al-Kalbī (743-745) S’étant embarqué secrètement sur la côte de Tunis, Abou-l-Khattār arriva à l’improviste à Cordoue et quand il montra le titre par lequel Ḥandhala ibn Safwān al-Kalbi (742-744), le gouverneur Omeyyade d’Afrique (al-Ifriqiya), le nommait au gouvernement de l’Espagne, les deux factions qui continuaient encore de se battre se soumirent à son autorité.

Comme ils avaient arrêtés les chefs syriens, il leur ordonna, comme tous le savent, d’abandonner le pays ; ensuite, dans sa volonté d’empêcher que ne recommence la guerre civile, il envisagea d’établir les tribus syriennes dans les provinces. Il mit son plan à exécution et attribua aux Syriens le tiers de la production des terres chrétiennes.

Les tribus syriennes quittèrent alors Cordoue.

Selon Abou Marwān ibn Ḥayyān, Ardabasto, comte Wisigoth d’Espagne, chef des chrétiens et percepteur du Kharādj que ceux-ci devaient payer aux émirs, suggéra une telle solution. Dans les premiers temps de la domination musulmane ce comte était très fameux pour son savoir et sa grande acuité devant les problèmes politiques. Ce fut lui qui conseilla au gouverneur d’éloigner les Syriens de Cordoue, la capitale où il n’y avait pas de place pour eux et de les établir dans les provinces, où ils vivraient comme ils avaient auparavant vécu dans les districts de Syrie. Le gouverneur suivit son conseil, après avoir obtenu leur consentement.

Il établit le Jund (division) de Damas pour la province d’Elvira (Madina Ilbira), celui de Jordanie dans celle de Rayya, celui de Palestine dans celle de Sidonie, celui d’Emesa dans celle de Séville, celui de Quinnasrine dans celle de Jaén et celui d’Egypte : une partie dans celle de Beja et une autre dans celle de Todmir.

Il attribua aux Arabes de Syrie pour leur subsistance le tiers de ce que produisaient les terres des chrétiens.

Les Berbères et les Arabes baladis continuèrent d’être les associés ou hospes des chrétiens, conservèrent leurs fermes et on ne leur prit rien.

Quant aux Syriens, quand ils virent que les terres où ils avaient été établis ressemblaient à celles de leur pays, ils se sentirent contents et prospérèrent et s’enrichirent vite. Cependant, ceux d’entre eux, qui à leur arrivée en Espagne, s’étaient installés dans des lieux qui leur étaient agréables, n’abandonnèrent pas leur demeure ; ils y restèrent avec les baladis et, quand on leur payait la solde ou qu’il fallait partir en guerre, ils s’incorporaient au djound ou division à laquelle ils appartenaient. En ces temps on les appelait les « séparés ».

Aḥmad ibn Moūssā Ar-Rāzī dit : dans chacune des divisions devant faire le service militaire, le calife nommait ordinairement deux chefs porte-drapeau : l’un allait à la guerre, l’autre restait chez lui. Le premier recevait une solde de deux cents dinars, le second ne recevait pas de solde durant trois mois, après quoi il allait remplacer son homologue, celui-ci appartenant à sa propre famille ou à une autre.

Les Syriens qui allaient en guerre – les frères, les fils et les neveux du chef – recevaient dix dinars chacun à la fin de la campagne ; le chef se réunissait alors avec le général en chef ; il déclarait ceux qui avaient droit à la solde pour leur service actif et, pour lui donner une preuve d’estime, l’on fixait la solde selon son estimation. Il lui revenait de les incorporer dans l’armée et de distribuer les rations. Quant aux Syriens, qui participaient à l’expédition sans appartenir à la famille du chef, ils recevaient une solde de cinq dinars aux termes de la campagne. Pour ce qui concerne les baladis, l’on ne donnait de solde qu’au chef ; ils avaient aussi deux chefs porte-drapeau ; l’un allait à la guerre, l’autre restait chez lui ; le premier recevait une solde de cent dinars et au bout de six mois, son homologue venait le remplacer.

Seuls les Syriens étaient inscrits sur le diwān ou registre des troupes qui recevaient des paies ; ils étaient exemptés de la dîme comme le reste des sujets. Leurs familles notables participaient aux expéditions comme les Syriens, mais sans recevoir de solde ; ils avaient les appointements indiqués ci-dessus. Les baladis n’étaient pas inscrits sur le diwān ou registre militaire, sauf quand le calife, devant envoyer deux colonnes dans des directions différentes, les appelait à la rescousse. Il existait une troisième catégorie que l’on appelait les « remplaçants » et qui participaient aux expéditions avec les mêmes droits que les sujets du pays. »

Tiré du kitab : »Al Iḥāta fi Akhbāri Gharnāta » d’Ibn Al-Khatīb. 

Fort Alhambra, Grenade, Espagne (13ème et 14ème siècle)
Fort Nasride Alhambra, Grenade, Espagne (13ème et 14ème siècle)

(Notice Bio sur ibn al-Khatib)  Lisan ad-Din Ibn al-Khatib (né le 16 Novembre 1313, Loja Espagne – mort 1374, Fès , Maroc ) (Nom en arabe لسان الدين بن الخطيب nom complet  Muhammad ibn Abd Allah ibn Saïd ibn Ali ibn Ahmad al-Salmani al-Gharnati) était un arabe (1)  polymathe (2) poète , écrivain , historien , philosophe , médecin et homme politique du Royaume Arabe Nasride de Grenade . (3) Certains de ses poèmes ornent les murs de l’ Alhambra à Grenade .

Ibn Khatib est né le 16 novembre 1313 à Loja au sein d’une famille arabe d’origine yéménite (4). Après s’être installé à Grenade, où il passera la plus grande partie de sa vie il entre comme son père à la cour du sultan Nasride, Mohammed V al-Ghanî pour lequel il fait fonction d’historien et de ministre. C’est en occupant ce poste qu’il fait la connaissance d’Ibn Khaldoun avec qui il se lie d’amitié. Il a occupé de hautes fonctions politiques, en étant nommé deux fois vizir, ce qui lui a valu le surnom honorifique de « Dhû l-wizaratayn » ou « l’homme aux deux vizirats ». Au cours d’une épidémie de peste qui sévit en Espagne en 1348, il énonce pour la première fois la notion de contagiosité en recommandant d’isoler les malades et de détruire leur linge. Il a décrit avec rigueur le développement et la propagation d’une épidémie.

Il est l’auteur de plus de soixante livres dont une Histoire de Grenade, une monographie sur Grenade avec une description de la ville et de ses plus fameux habitants, Chronologie des califes et des rois d’Afrique et d’Espagne et La Rawdat at-ta‘rîf bi-l-hubb as-sharîf, un traité de mystique musulmane sur l’amour de Dieu. Il aurait écrit la plupart de ses livres, lors d’insomnie.

À cause de ses relations parfois chaotiques avec des personnalités politiques du pays, il fut obligé par deux fois de s’exiler en Afrique du Nord et se mit au service du gouvernement berbère mérinide à Salé où il vécut entre 1360 et  1363» .

Le sultan le soupçonnant d’avoir partie liée avec les berbères Mérinides de Fès, nomme son disciple Ibn Zamrak vizir, en le chargeant de le retrouver et de le capturer. Il est retrouvé et jugé à Grenade. Par sa défense lors du procès, il n’est condamné qu’à une peine de prison, ainsi qu’à la destruction de tous ses livres. Mais le gouvernement lui envoie des tueurs professionnels dans sa cellule et il meurt étranglé dans une prison de Fès en 1374.

Les murs de l'Alhambra sont pleins de décoration calligraphique, écritures cursives et coufique où nous pouvons non seulement lire "seul Dieu est victorieux" (phrase attribuée à Mohammed ben Nasri, fondateur de la dynastie nasride ولا غالب إلا الله Wa lā ghālib illa-āllāh (Et il n'y a pas de vainqueur, sinon Dieu)), mais poèmes faites par trois poètes de la Cour de Grenade, Ibn al-Yayyab (1274-1349), Ibn al-Khatib (1313-1375) et Ibn Zamrak (1333-1393), qui étaient des secrétaires de la chancellerie royale et premiers ministres. Parmi eux Ibn Zamrak est considéré poètes les plus brillants de l'Alhambra.
Les murs de l’Alhambra sont pleins de calligraphie, non seulement la phrase attribuée à Mohammed ben Nasr, fondateur de la dynastie nasride ولا غالب إلا الله  et aussi des poèmes de 3 poètes, Ibn al-Yayyab (1274-1349), Ibn al-Khatib (1313-75) et Ibn Zamrak (1333-93), qui étaient des vizirs 

Sur la peste Noire  :

Lorsque la peste noire bubonique avait atteint al-Andalus dans le 14ème siècle, Ibn al-Khatib a écrivit un traité appelé la plaie, dans lequel il a déclaré: [5]

« L’existence de la contagion est bien établi par l’expérience, la recherche, la perception des sens, l’autopsie, et authentifiée par ses informations, et ces (fait) matériau en est la preuve ». 

Bibliographie

Jaysh Al-Tawshih de Lisan Al-Din Ibn Al-Khatib (arabe), An Anthology of arabe andalou Muwashshahat, Alan Jones (éditeur), 1997
Lisan Al Din Ibn Al Khatib, Tarikh Al Islamiya Isbaniya (l’histoire de l’Espagne musulmane), éd. par Lévi-Provençal, nouvelle édition, Le Caire, 2004
Lisan Al Din Ibn Al Khatib, Awsaf Al Nas (description des peuples), Le Caire, 2002
Lisan Al Din Ibn Al Khatib, Khaṭrat al-Taïf: Rihlat Fi al-Maghrib wa-al-Andalus, 1347-1362, 2003
Lisan Al Din Ibn Al Khatib, Nafadhat al-jirab (le cendrier des chaussettes)
Lisan al-Din Ibn al-Khatib homme de lettres et historien, par Abdelbaqui Benjamaa, (français) thèse, Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III, 1992 (microformes)

Références

    1. ^ Farhad Daftary, l’assassin Legends: Mythes des ismaéliens, (IB Tauris, 1994), 160.
    2. ^ Alexander Knysh, Ibn ‘Arabi dans la tradition islamique tard, SUNY Press (1999), p. 172
    3. ^ Encyclopédie de Medieval Iberia, éd. Michael Gerli. (New York: Routledge, 2003), 416-417
    4. Janine Sourdel, Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l’islam, p.370
    5. Byrne, Joseph P. Encyclopédie de la peste noire. ABC-CLIO. p. 182

Harran en Turquie dans l’ère Islamique depuis les Omeyyades au arabes Numayrides :

Publié le Mis à jour le

La ville turque de Harran dans l’ère Islamique depuis les Omeyyades au Croisades :

Harran Ruinnes du dar al khilafah et de a mosquée Omeyyade Turquie
Harran les ruines du dar al khilafah  du calife Marwan II  744-750  jc (région al-Jazira), en  Turquie .

 Harran dans l’ère Islamique :

Harran fut capitale des Omeyyades sous le calife Marwan II en 746-750. Il reste les ruines du Dar al-Khilafah et de la mosquée Omeyyade de Marwan II et de ce qui étais l’une des premières université Islamique construite au monde,  fondé par Harun al-Rashid le célèbre calife des Abbassides et la citadelle de la tribu arabe des Numayrides.

Harran Ruinnes du dar al khilafah et de a mosquée Omeyyade Turquie 2
Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746  

Au début de la période islamique Harran était situé dans le pays de la tribu arabe Mudarite (Diyar Mudar), dans la partie occidentale du nord de la Mésopotamie ( al-Jazira ).Avec ar-Ruha ‘( Sanliurfa ) et Ar Raqqah– elle était une des principales villes de la région.

Pendant le règne (744-750) du dernier calife omeyyade Marwan II, Harran est devenu le siège du gouvernement califal de l’empire islamique de l’Espagne à l’Asie centrale .

Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746
Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746 

Marwan II ibn Muhammad l’Omeyyade (744-750), avait déplacé la capitale de Damas à Harran (al-Jazira dans l’actuel Turquie) lors de la révolution Abbasside d’As-Saffah et de son général Abu-Muslim al-Khorassani 

La grande mosquée de Harran est la mosquée la plus ancienne construite en Anatolie, ce monument a été construit par le dernier calife omeyyade Marwan II entre les années 744750. Le plan d’ensemble de la mosquée qui a des dimensions de 104×107 m, avec ses entrées, a été déterré au cours des fouilles menées par le Dr Nurettin Yardimer en 1983. Les fouilles sont actuellement menées également en dehors des portes nord et ouest. La grande mosquée, qui est resté debout jusqu’à aujourd’hui, avec son minaret de 33,30 m de haut , sa fontaine, son mihrab, et le mur de l’Est, a connu plusieurs processus de restauration . 

La première université au monde  Harran (Turquie) faite par le calife Abbasside Harun al-Rashid pour la traduction des textes grecs etc.
L’une des premières université au monde Harran (Turquie) faite par le calife Abbasside Harun al-Rashid 786 – 809 pour la traduction des textes grecs etc.

Le théologien chrétien Théodore Abu Qurrah fut, de 795 à 812, évêque orthodoxe de Harran.

Dans la période antique cette ville fut un centre de premier plan dans l’idolâtrie des mésopotamiens, avec une grosse communauté sectaire proche des sabéens (adorateurs des étoiles) le calife abbasside al-Ma’mûn (813 à 833), qui, en passant par Harran sur son chemin lors d’une campagne contre les romains de l’Empire byzantin, aurai forcé les Harraniens à choisir (se convertir) à l’une des «religions du livre» (ahl al kitab) comme cette secte issue des sabéens n’en fait pas partie. Les Chrétiens araméens et assyriens sont quant à eux restés chrétiens. Les Sabéens ont été mentionnés dans le Coran, mais ceux-ci étaient un groupe issue des mandéens (une secte gnostique) vivant dans le sud de la Mésopotamie.  Après la mort du calife alMa’mûn en 833, certains redevinrent ouvertement adorateurs des planètes.  Le plus célèbre des sabéens de Harran est Thābit ibn Qurra,  (826-901) mathématicien et astronome, qui a traduit en arabe de très nombreux textes scientifiques grecs.

Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira
Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira

En 1032 ou 1033 le temple des Sabéens de Harran a été détruit.

En 10591060 le temple a été reconstruit en une résidence fortifiée  par les arabes Numayrides, (Banu Numayr) qui a pris le pouvoir dans le Diyar Mudar (ouest d’al-Jazira) au cours du 11ème siècle.

Les Banu Numayr ibn ʿAmir ibn SaʿSaʿ, sont une tribu arabe (Wüstenfeld, Geneal. Tabellen, F 15), habitant originellement les hauteurs occidentales de la Yamāma et celles qui sont situées entre ce territoire et le Ḥimā Ḍāriyya: une région âpre et difficile, dont la nature explique le caractère sauvage et farouche des Numayr. Leur nom, comme celui de Namr/Anmār porté par d’autres groupes ethniques (on connaît d’ailleurs, dans la liste des tribus arabes, plusieurs autres clans portant le même nom de Numayr: chez les Banu Asad, les Banu Tamïm, les Banu Ḏj̲uʿfī’, les Banu Hamdān, etc.), il se rattache sans doute à nimr/namir [q.v.], la panthère arabe  » (1)

Banu_Amir_Branches

En  1037, les Banū Numayr lancèrent une expédition sous le commandement d’Ibn Waṯṯāb et d’Ibn cUṭayr, avec  l’aide d’Ibn Marwān (dynastie kurde que certain disent omeyyade marwanide) qui leur envoya une armée afin de prendre Edesse (al-Ruhâaux Rum (Byzantins). Ils levèrent également les villageois musulmans de la région. Ils s’emparèrent d’abord de la ville de Suwayda (Sevavarak, à la limite du Diyār Muḍar et du Diyār Bakr) que les Byzantins venaient de rebâtir. Ils y tuèrent 3 500  soldats, firent de nombreux esclaves et un gros butin (al-Ghanima). Puis ils investirent Edesse (al-Ruhâ), encerclant la ville et interdisant toute entrée de vivres ou de matériel. Le patrice Byzantin qui commandait la garnison réussi à s’enfuir, déguisé, et se rendre auprès du Basileus qui lui confia 5 000 cavaliers pour dégager la cité . Mais les troupes musulmanes avertis, tendirent un piège, ou un grand nombre d’hommes furent massacrées et le patrice Rumi fait prisonnier. En menaçant de l’exécuter sous les murailles d’Edesse (al-Ruhâles assiégeants purent se faire ouvrir les portes de la ville. Seule, la citadelle résistait encore. Le butin fut énorme et les captifs innombrable . Ibn Waṯṯāb envoya à Āmid cent soixante bêtes de somme chargées des têtes qu’il avait fait couper. (2)

Les dynastie arabes des Mirdassides et des Numayrides  du Sham et Jazira
Les dynasties arabes des Mirdassides et des Numayrides du Sham et Jazira

Ḥassān ibn al-Ǧarrāḥ, au service des Byzantins, vint combattre les Banū Numayr à la tête de 5 000  cavaliers arabes et grecs. Ibn Waṯṯāb avança à sa rencontre. La garnison byzantine d’Edesse (al-Ruhâ) en profita pour faire une sortie et attaquer Harran. Ibn Waṯṯāb l’ayant appris se rendit dans cette ville pour les combattre. Vaincus, les soldats grecs revinrent à Edesse (al-Ruhâ). Le siège de la forteresse se poursuivit jusqu’en 429/1033, année où Ibn Waṯṯāb consentit à leur livrer la ville et son faubourg (rabaḍ). Les Rums purent alors quitter la tour-citadelle et occuper à nouveau la ville. Celle-ci fut reconstruite et fortifiée ; des Grecs y furent installés en nombre. Les musulmans de Harran se sentirent menacés par la proximité d’Edesse (al-Ruhâ).

L’affaiblissement des Banū Numayr s’explique, en partie, par les changements intervenus en Syrie du Nord. Naṣr b. Ṣālih, leur allié avait disparu. (3)

Le portail sculpté de la citadelle  des arabes Numayride à Harran en 1040 par Osprey source The Sarracen stronghold"
Le portail sculpté de la citadelle  des arabes Numayride à Harran en 1060 par Osprey source The Saracen stronghold »

« Avec une entrée en fer à cheval,  les arches  de la Citadelle Numayride de Harran a des tours solides, de forme rectangulaires. Immédiatement sur les portes il ce trouve des inscriptions gravée sur pierre du seul verset de la sourate 112 du Coran: « Dis: «Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.  Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui».. » Cette déclaration empathique de la différence fondamentale entre l’Islam et Christianisme, rejetant la croyance chrétienne dans la divinité de Jésus  (Aleyhi salam). La structure entière a été couvert de basalte, tandis que les alentours de la porte voûtée ont été décorés de sculptures de basalte, y compris les paires de chiens de chasse tenu en laisses (voir image). Sur les côtés de l’arc ont été sculptés des oiseaux, probablement des aigles aux ailes repliées. Bien que les fragments sont maintenant trop décomposés pour être entièrement vue, ce même motif a été utilisé dans cette même région ‘un siècle plus tard dans la ferronnerie islamique. Une autre inscription de consécration longeait les murs orientés vers l’intérieur des tours et au-dessus de la porte. ont y lisait clairement : « Au nom de Dieu Allah Le Miséricordieux, le bienveillant .. C’est ce qui a été ordonné à faire, (par) notre maître, l’émir, l’Auguste, le Seigneur que Dieu aide, le Victorieux, Najib al-Dawla Radi al-Dawla Abu’l-Ziman fils de Mu’ayyad al-Dawla Waththab fils de Ja’bar le Numayrid en l’an 451  » Le prince  Numayride en question est plus communément connu sous le nom de Mani ibn Shabib, qui a dominé la région de Harran de l’an 1040 jusqu’en 1063, la date islamique de 451 Hijra c’est déroulée du 17 Février 1059 JC  au 6 Février 1060 JC. » (4)

Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira
Ruines de la citadelle Numayride de Harran en Turquie de la région de la Jazira 

Le sultan de la dynastie Turque Zenguide Nur al-Din Mahmoud el Mâlik al Adil (vers 1117/8 – 15 mai 1174) aussi appelé Nur ed-Din à  transformé la résidence fortifié en un pur château fort ont étais alors en pleine croisade.

Pendant les Croisades , le 7 mai 1104, une bataille décisive a eu lieu dans la vallée de la rivière Balikh, connue sous le nom de « bataille de Harran » . Toutefois, selon Matthieu d’Edesse l’emplacement réel de la bataille se trouve à deux jours de Harran.

Albert de Aachen (v. 1100) et Foucher de Chartres  (mort en 1127) ont localiser le champ de bataille dans la plaine en face de la ville d’ ar-Raqqah .

Pendant la bataille, Baudouin de Bourcq (mort le 21 août 1131), comte d’Édesse , a été capturé par les troupes de l’Empire des Grands seldjoukides (1038-1118) .

Après sa libération Baudouin est devenu roi de Jérusalem .

A la fin du 12ème siècle Harran a servi avec ar-Raqqah en Syrie comme résidence des princes kurdes Ayyoubide (1171 – 1341).

Le sultan ayyoubide de la Jazira, Al-Adel  (né en 1143 – mort en 1218), a encore renforcé les fortifications du château.

Dans les années 1260 la ville a été complètement détruite et abandonnée pendant les invasions mongoles Ilkhanide de la Syrie .

Le père du célèbre hanbalite  et érudit le shaykh al Islam Ibn Taymiyya (né en 1263 à Harran , mort en 1328 à Damas) était un réfugié de Harran, installé à Damas et est issue de cette tribu arabe adanite des Banu Numayr.

L’historien musulman du 13ème siècle Abu al-Fida décrit la ville comme étant en ruines.

Notables liés à Harran :

  • Al-Battani, Sabéen astronome et mathématicien
  • Balthazar, fils et régent de Nabonide roi neo-babylonien
  • Hammad al-Harrani , érudit islamique
  • Ibn Taymiyya, érudit islamique
  • Nabonide, le dernier roi néo-babylonien 
  • Théodore Abu Qurrah, théologien chrétien
  • Thabit ibn Qurra, mathématicien et astronome
  • Marwan II, dernier calife Omeyyade d’Orient
  • Ibrahim/Abraham aleyhi salam, patriarche et prophète

Notes :

  1. Levi Della Vida, G.. « Numayr. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2015
  2. Ibn Al-cAdīm, I, 250; Ibn al-Aṯīr, p.505 .
  3. Thierry Bianquis  Damas /Syrie sous domination Fatimide chap 2. La grande révolte des tribus Arabes
  4. David Nicolle  » The Saracen Strongold 630-1050 – The Middle East And Central Asia

Le premier auteur à écrire sur les conquêtes Islamique de l’Egypte, Ifriqiya et Andalousie ibn Abd al-Hakam al-Qurayshi

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Les conquetes arabes sous les Rashidun et Omeyyade
Les conquêtes arabes sous les Rashidun et Omeyyade

Abu’l Qāsim ʿAbd ar-Raḥman bin ʿAbdullah bin ʿAbd al-Ḥakam bin Aʿyan al-Qurayshī al-Mașrī (arabe : أبو القاسم عبد الرحمن بن عبد الله بن عبد الحكم بن اعين القرشي المصري), plus couramment appelé Ibn ʿAbd al-Ḥakam (né vers 803 – mort en 871 à al-Fustat al-Misr) était un historien arabe d’Egypte malikite qui fut l’un des premiers a écrire sur les conquêtes arabes  avec l’ouvrage al-Futuh al-Misr wa al-ifriqiya wa al-Andalus Conquête de l’Egypte, de l’Afrique du Nord et de l’Espagne, qui est la première chronique en langue arabe relatant cet événement, et toujours la source la plus détaillé sur ces événement majeurs de l’Islam.

Le père de l’auteur et son frère Abdullah Muhammad étaient les principaux cadis égyptiens en leur temps (début du 9ème siècle Abbasside),  ils étais malékites.

Après la mort du père, la famille à été persécutés par le calife Abbasside  Al-Wathiq pour leur adhésion aux doctrines orthodoxes lors des troubles mutazalites.

Bien qu’ils furent beaucoup cité par les premiers historiens et traditionalistes, ils ont rarement été mentionnés par leur nom en raison de la renommé familiale sous l’état Abbasside (lors de la main mise des Mutazila).

Sous le règne du calife Al-Mutawakkil Ier celui qui restaura la sunna , l’historien Ibn Abd al-Hakam et ses frères ont été accusés de détournement de fonds d’une succession d’un défunt, il fut donc emprisonné, et l’un des frères, a subit même la torture jusqu’a mort s’en suive. 

‘Abd Al-Rahman ibn Abd al-Hakam était, à proprement parler, plus un traditionaliste qu’un historien (au sens qu’Ibn al-Khaldoun donne a cette matière).

Il s’intéressa principalement aux événements historiques qui illustrent, les débuts des grandes conquêtes des musulmans .

Ses sources étaient d’anciens livres compilés par les premiers traditionalistes et qui sont maintenant perdus, et des sources orales comme son propre père.

Travaux : 

Quatre manuscrits du travail historique de l’auteur ont survécu, tous considérés comme dérivant d’une seule copie d’origine qui peut-être aurait été fait par un de ses élèves. 

Deux d’entre eux sont intitulées simplement Futuh al-Mişr ( arabe : فتح مصر, conquête de l’Egypte) , une est intitulée Futuh Mişr wa akhbārahā ( arabe .: فتح مصر و أخبارها, conquête de l’Egypte et certains compte de celui-ci,  c.a.d du pays) [4]

Une édition critique de l’ensemble du texte arabe a été publié par Charles Torrey , qui avait déjà traduit la section Afrique du Nord en anglais. Une courte partie du travail ne couvrant que la conquête musulmane de l’Espagne a été traduit en anglais par John Harris Jones (Göttingen, W. Fr. Kaestner, 1858, pp. 18-22). Les sections Espagne (al-Andalus) et Afrique du Nord (al-Ifriqiya) ont également été traduits en français et en espagnol par plusieurs historiens. Toutefois, ceux-ci ne représentent qu’une petite partie de l’immense ouvrage. La plupart des travaux est consacrée à la l’histoire pré-islamique d’Egypte, sa conquête par les Arabes , ses premières colonies musulmanes et ses premiers juges islamiques.  

Son travail est une source presque inestimable sans doute la plus ancienne en langue arabes des conquêtes-islamiques de l’Egypte, Ifriqiya, Maghreb et Andalousie. 

 

Traduction :

  • Ibn ʿAbd al-Hʹakam. Conquête de l’Afrique du Nord et de l’Espagne (Futûhʹ Ifrîqiya waʹl-Andalus). Texte arabe et traduction française avec une introduction et des notes, par Albert Gateau,…

Édition : Alger, Carbonel , 1942. In-16, 163 p. [Don 3471-57]

  • Ibn ʿAbd el Hakam. Le Livre de la conquête de l’Égypte, du Magreb et de l’Espagne. Édité par M. Henri Massé Description : Note : Publications de l’Institut français d’archéologie orientale

Édition : Le Caire : Impr. de l’Institut français d’archéologie orientale , 1914

 

 

‘Abd al-Rah’mân ibn Mo’âwiya ad-Dakhil l’Omeyyade pénètre en Espagne sa vie sa mort par ibn al-Athir :

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Les terres Omeyyade  Occidentale sous Musa Ibn Nusayr al-Lakhmi
Les terres Omeyyade Occidentale sous Musa Ibn Nusayr al-Lakhmi

‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya l’Omeyyade pénètre en Espagne par ibn al-Athir :

Nous avons, sous l’année 92, raconté la conquête de l’Espagne et la révocation dont Moûsa ben Noçayr fut l’objet.

Après sa révocation, il partit pour la Syrie en laissant pour commander en Espagne son fils ‘Abd el-‘Azîz, qui prit possession du pays, en défendit les frontières et conquit en outre quantité de villes.

Le pouvoir de ce chef honnête et capable dura jusqu’en 97 (4 septembre 715), ou, selon d’autres, jusqu’en 98 (24 août 716), où il fut mis à mort, nous avons dit pourquoi.

Lui mort, sa place resta vacante pendant six mois ; puis les Espagnols (al-Andalussiyin) s’accordèrent à choisir Ayyoûb ben H’abîb al Lakhmi, fils de la sœur de Moûsa ben Noçayr, qui leur servit d’imâm pour la prière, à cause de sa vertu et de ce qu’il se transporta[119] à Cordoue, dont il fit la capitale au commencement de 99 (13 août 717), ou, selon d’autres, en 98 (24 août 716).

Le calife Omeyyade Soleymân ben ‘Abd el-Melik nomma après lui El-Horr ben ‘Abd er-Rahman al-Thak’afi, qui rejoignit son poste en 98 et y resta deux ans et neuf mois.

A son avènement au khalifat, ‘Omar ben ‘Abd el-‘Azîz nomma comme gouverneur Es-Samh’ ben Mâlik Khawlâni avec mission de recenser le territoire, de prélever le quint sur la partie conquise par la force et de lui envoyer une description écrite de l’Espagne.

L’intention du khalife était de ramener de ce pays les habitants (musulmans) à raison de leur séparation d’avec les (autres) musulmans.

Es-Samh’ arriva en ramad’ân de l’an 100 (26 mars 718) et exécuta les ordres qu’il avait reçus ; il fut tué en 102 (11 juillet 720), en sortant du territoire ennemi.[120] ‘Omar avait formé le projet de retirer de l’Espagne les habitants (musulmans), mais Es-Samh’ n’exécuta pas cette mesure et implora ‘Omar en leur faveur.[121]

Es-Samh’ eut pour successeur ‘Anbasa ben Soh’aym al-Kelbi, qui, nommé en 103 (30 juin 721), mourut en cha’ban 107 (11 décembre 725), en revenant d’une expédition contre les Francs.

[P. 374] Il fut remplacé par Yah’ya ben Selâma al-Kelbi en dhoû’l-ka’da 107 (mars 726), qui resta dans ce poste pendant deux ans et demi.

Vint ensuite H’odheyfa ben el-Abraç[122] al-Achdja’i, en 110 (15 avril 728), qui fut destitué au bout de six mois et remplacé par ‘Othmân ben Abou Nis’a al-Khath’ami.

Le pont de Cordoue fut construit sur des ruines romaines sur ordre du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz (717-720) , par le gouverneur d'Al Andalus Al-Samh ibn Malik al-Khawlani 719-720
Le pont de Cordoue fut construit sur des ruines romaines sur ordre du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz (717-720) , par le gouverneur d’Al Andalus Al-Samh ibn Malik al-Khawlani 719-720

Celui-ci fut destitué au bout de cinq mois, à la fin de cette même année 110.

El-Haythem ben ‘Obeyd Kenâni, [123] arrivé en moharrem 111 (avril 729), mourut dix mois et quelques jours plus tard, au mois de dhoû’l-hiddja (février-mars 730).

Les Espagnols choisirent alors pour leur chef Mohammed ben ‘Abd Allâh[124] al-Achdja’i, qui gouverna pendant deux mois et qui eut pour successeur ‘Abd er-Rah’mân ben ‘Abd Allâh al-Ghâfik’i, en çafar 112 (24 avril 730), lequel mourut en martyr chez les infidèles francs en ramad’ân 114 (24 octobre 732).

‘Abd el-Melik ben K’at’an al-Fihri, qui vint après lui, fut destitué au bout de deux ans et remplacé par ‘Ok’ba ben el-H’addjâdj al-Seloûli, qui gouverna cinq.ans, à partir de 116 (9 février 734). Alors les habitants se soulevèrent contre lui et mirent à sa place ‘Abd el-Melik ben K’at’an, qui se trouva ainsi gouverneur pour la seconde fois. Selon certains chroniqueurs espagnols, ce fut à sa mort que les habitants le remplacèrent par ‘Abd el-Melik.

Le gouverneur qui vint ensuite fut Baldj ben Bichr al-K’ocheyri, à qui ses compagnons prêtèrent hommage. ‘Abd el-Melik s’enfuit et se confina chez lui ; ses deux fils K’at’an et Omeyya s’enfuirent aussi, l’un à Mérida, l’autre à Saragosse.

Ensuite les Yéménites se soulevèrent contre Baldj et réclamèrent la mort d’’Abd el-Melik ben K’at’an ; Baldj, qui redoutait leurs violences, fit alors tuer, puis crucifier le vieillard, âgé de quatre vingt-dix ans. A cette nouvelle, ses deux fils se rendirent de Mérida à Narbonne, d’où, après avoir rassemblé une armée de cent mille hommes, ils marchèrent contre Baldj et ses partisans, à Cordoue.

Vue aérienne du centre historique de Cordoue
Vue aérienne du centre historique Omeyyade de Cordoue

Celui-ci sortit de la ville avec ses Syriens et remporta la victoire dans la bataille qui eut lieu dans le voisinage de Cordoue.

Il rentra dans la capitale, mais mourut quelques jours plus tard.

Baldj était arrivé [P. 375] en Espagne à la suite de la mort de son oncle Kolthoûm ben ‘Iyâd’, auprès de qui il servait et qui fut tué en 123 (25 novembre 740) dans une bataille contre les Berbères, ainsi que nous l’avons dit. ‘Abd el-Melik ben K’at’an, en lui permettant d’entrer dans le pays, prépara ainsi sa propre mort.

Les Syriens nommèrent pour lui succéder Tha’leba ben Selâma al- ‘Amili, qui garda cette situation jusqu’à l’arrivée d’Aboû’l-Khat’t’âr en 125 (3 novembre 742).

Les Espagnols reconnurent le nouveau gouverneur, à qui Tha’leba, (‘Othmân) Ibn Abou Nis’a et les deux fils d’Abd el-Melik vinrent faire leur soumission et qui furent traités par lui avec bienveillance.

L’autorité d’’Aboû’l-Khat’t’âr, qui était un homme brave, prudent et généreux, s’établit solidement.

Il répartit entre les diverses parties du territoire les nombreux Syriens qui l’entouraient et que Cordoue ne pouvait supporter : il établit les habitants de Damas à Elvira, à cause de là ressemblance de cette ville avec leur lieu d’origine, et lui donna le nom de Damas ; ceux de H’imç à Séville, qu’il nomma H’imç ; ceux de K’innesrîn à Jaén, qu’il nomma K’innesrîn ; ceux du Jourdain à Rayya (Mâlaga), qu’il nomma Jourdain ; ceux de Palestine à Sidona, qu’il nomma Palestine, et ceux de Miçr al-Fustat à Todmîr, qu’il nomma Miçr à cause de la ressemblance qu’il y avait entre cette dernière et Todmîr.

En 127 (12 octobre 744), l’esprit départi des Yéménites fut cause qu’Es-Someyl ben H’âtim réunit des troupes Mod’arites, marcha contre lui et lui enleva le pouvoir.

L'armée arabe Omeyyade dans une scène tiré du jeu sur l'histoire islamique sur les futuhat islamique "Knight of Glory"
L’armée arabe dans une scène tiré du jeu sur l’histoire islamique sur les futuhat islamique « Knight of Glory », avec des cavaliers du type omeyyade inspiré d’Angus Mcbride Opsrey

Es-Someyl ben H’âtim ben Chamir ben Dhoû’l-Djawchen était arrivé de Syrie avec des troupes qu’il continua de commander après son arrivée en Espagne. Abou’lKhat’t’âr, qui voulait l’humilier, le fit un jour injurier et traiter d’une manière méprisante, alors que lui-même était entouré du djond.

Es-Someyl en sortant de là avait son turban dérangé, ce dont un chambellan lui fit la remarque : « Si j’ai des contribules, s’écria Es-Somey], ils sauront le remettre droit ! » Il envoya à ses contribules ses plaintes contre ce traitement ignominieux, et ceux-ci se déclarèrent prêts à le suivre.

Ils écrivirent à Thawâba ben Selâma al-Djodhâmi, l’un des Palestiniens, qui vint leur apporter son concours ; les Lakhm et les Djodhâm en firent autant. Informé de ce qui se passait, ‘Abou’l-Khat’t’âr marcha contre eux, mais il fut battu et fait prisonnier.

Thawâba s’installa dans le palais de Cordoue et ne relâcha pas son captif ; il mourut après avoir exercé le pouvoir pendant deux ans.

Les Yéménites voulaient réinstaller ‘Abou’l-Khat’t’âr, mais les Mod’ârites, ayant Es-Someyl à leur tête, s’y opposèrent ; on ne put tomber d’accord, [P. 376] et pendant quatre mois l’Espagne resta sans chef ; nous en avons dit plus long sous l’année 127.

Pendant cet interrègne, on chargea ‘Abd er-Rah’mân ben Kethîr al-Lakhmi de ce qui avait trait à la justice.[125]

La situation devenant plus difficile, on tomba d’accord pour choisir Yoûsof ben ‘Abd er-Rah’mân ben H’abîb ben Abou ‘Obeyda Fihri, qui exerça le pouvoir pendant l’année 129 (21 septembre 746) : il était entendu qu’au bout d’une année de gouvernement, il remettrait ses pouvoirs aux Yéménites, qui éliraient alors l’un d’entre eux.

Scène tiré du jeu sur l'histoire islamique sur les futuhat islamique "Knight of Glory"
Scène tiré du jeu sur l’histoire islamique sur les futuhat islamique « Knight of Glory »

Quand l’année fut écoulée, tous les Yéménites voulurent faire exécuter la convention ; mais Es-Someyl les attaqua pendant la nuit et en fit un grand carnage à la célèbre bataille de Secunda, en 130 (10 septembre 747), où ‘Abou’l-Khat’t’âr perdit la vie et où l’on finit, lances et épées étant brisées, par se prendre aux cheveux. Toute la population se soumit à l’autorité de Yoûsof, qui ne rencontra plus d’opposition.

On raconte aussi les faits, d’une manière différente, que nous avons exposée sous l’année 127.

Ensuite une sécheresse prolongée força (une grande partie de) la population à émigrer, ce qui appauvrit considérablement le pays.

Cela dura jusqu’en 136 (6 juillet 753), où Temîm ben Ma’bed Fihri et ‘Amir ‘Abderi réunirent leurs forces à Saragosse.

Es-Someyl leur tint d’abord tête, puis Yoûsof al-Fihri conduisit une armée contre eux et les tua l’un et l’autre ; il resta de la sorte maître de l’Espagne jusqu’à la conquête qui en fut faite par ‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya ben Hichâm.

Telle est l’histoire abrégée des gouverneurs d’Espagne, sur qui nous en avons déjà dit plus long çà et là, et que nous n’avons reprise ici que pour en présenter un tableau suivi et moins décousu.

Nous allons maintenant raconter l’arrivée dans ce pays d’’Abd er-Rah’man ben Mo’âwiya ben Hichâm l’Omeyyade.[126]

AH 153. Emirato Independiente. Abderrahman I. Al Andalus. Dirhem.

Voici à la suite de quels événements ce prince Omeyyade passa en Occident.

L’avènement de la dynastie ‘Abbaside fut suivie du massacre de nombre d’Omeyyades et de leurs adhérents ; ceux d’entre eux qui le purent se sauvèrent en se dispersant de toutes parts.

‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya, qui était à Dhât ez-Zeytoûn, [127] se réfugia en Palestine, où il resta, tandis que son affranchi Bedr s’enquérait de ce qui se passait.

Guerriers abbasside tué son frère cadet Abdarrahman omeyyade  (ci-dessous), qui a réussi à traverser la rivière.
Les soldas abbassides tue le frère cadet d’Abd al-Rahman l’Omeyyade (ci-dessous), qui lui a réussi à traverser la rivière. 

Voici, ‘dit-on, ce que le prince a lui-même raconté :

« Lorsque la promesse d’amnistie qui nous avait été faite fut violée  auprès de la rivière d’’Aboû Fotros[128] et qu’il fut permis de nous tuer, nous reçûmes cette nouvelle alors que j’étais à quelque distance de ma demeure.

Désespéré, je rentrai chez moi et m’occupai de réunir ce qui nous était nécessaire à moi et à ma famille.

Je m’en allai tout tremblant et atteignis sur l’Euphrate une bourgade boisée et marécageuse. Pendant que nous demeurions là, il arriva un jour que mon fils Soleymân, alors âgé de quatre ans, et qui jouait sous mes yeux, sortit de la maison.

Quand il rentra, il pleurait, et tout apeuré, se cramponna à moi ; comme je ne pouvais parvenir à me débarrasser de son étreinte, je sortis pour me rendre compte de ce qui se passait.

Tout le village était en émoi à cause des drapeaux noirs (des Abbâssides) qui y flottaient, et un de mes jeunes frères me cria : « Sauvons-nous ! Sauvons-nous ! ce sont les drapeaux des troupes Abbâssides. »

Je me précipitai aussitôt sur quelque argent et m’enfuis avec mon frère, en indiquant à mes sœurs l’endroit où je me réfugiais et les priant de m’envoyer mon affranchi Bedr.

Les cavaliers cernèrent alors le village, mais sans trouver ma trace. Je me rendis chez un homme que je connaissais et par qui je me fis acheter des montures et les approvisionnements nécessaires ; mais un esclave de cet homme alla nous dénoncer au chef du détachement, qui arriva avec ses hommes à ma recherche.

Nous nous enfuîmes à pied, mais les cavaliers nous aperçurent, et nous nous jetâmes dans des jardins qui bordent l’Euphrate ; arrivés les premiers au bord du fleuve, nous nous y précipitâmes, mais je pus seul échapper.

Abd al-Rahman qui réussi à traverser la rivière
Abd al-Rahman qui réussi à traverser la rivière

En effet, malgré les cris des cavaliers qui promettaient de nous épargner, je continuai de nager ; tandis que mon frère, quand il fut au milieu du fleuve, ne put lutter contre le courant et regagna le bord où, malgré la promesse faite, il fut massacré sous mes yeux ; il avait treize ans quand j’eus la douleur de le perdre. Je continuai de fuir et me tins caché dans un fourré marécageux jusqu’à ce qu’on eût cessé de me poursuivre ; puis j’en sortis pour me rendre dans le Maghreb et gagner l’Ifrîkiyya. »

Sa sœur Omm el-Açbagh lui envoya son affranchi Bedr avec de l’argent et des pierreries.

Arrivé en Ifrîkiyya, le fugitif fut rigoureusement recherché par ‘Abd er-Rah’mân ben H’abîb ben Abou ‘Obeyda al-Fihri le fihride, qui était, dit-on, le père de Yoûsof al-Fihri, gouverneur de l’Espagne, tandis que lui-même était gouverneur d’Ifrîkiyya.

A la suite des mesures prises contre lui, il s’enfuit à Miknâsa (Méquinez), dans une tribu berbère ; mais là aussi il essuya de mauvais traitements trop longs à raconter, et il se rendit, accompagné de Bedr, chez les Nefzâwa,[129] tribu à laquelle appartenait sa mère.

La mosquée al-jama de Jazira al-Khadra (Algéciras, Espagne) fut contruite par Abd ar-Rahman I étant l'architecte Abd-Allah Ben Khalid en 756 lors de sont arrivée en andalousie, dans la jazira al khadra ce trouve la première moquée construite en Espagne construite par Musa ibn Nusayr mais elle est pas encore localisé.
La mosquée al-jama de Jazira al-Khadra (Algéciras, Espagne) fut construite par Abd ar-Rahman I ad-Dakhil  et l’architecte étais Abd-Allah ibn al-Khalid en 755 JC lors de son arrivée en Andalousie, non loin de là dans la jazira al khadra ce trouve la première moquée construite en Espagne , faite par Musa ibn Nusayr al-Lakhmi en 712 mais elle est pas encore localisé.

On dit aussi que ce fut dans une tribu Zenâta qu’il reçut le meilleur accueil ; grâce à la sécurité dont il y jouissait, il entra en correspondance avec les Omeyyades d’Espagne (Banu Umayyah), à qui il fît savoir son arrivée en les invitant à se rallier à sa cause.

A cet effet, il dépêcha son affranchi Bedr dans ce pays, alors gouverné [P. 378] par Yoûsof ben ‘Abd er-Rah’mân al-Fihri.

Les propositions dont Bedr était porteur trouvèrent un accueil favorable, et les Espagnols envoyèrent un navire à bord duquel se trouvaient Thomâma[130] ben ‘Alk’ama, Wahb ben al-Açfar et Châkir ben Abou’l-Achmat’, chargés de porter à ‘Abd er-Rah’mân leur promesse de lui obéir.

La statue d'Abd al-Rahman Ier ad-Dakhil  as-Saqr al-Quraysh al-Umawi à Almunecar, Malaga, Costa del Sol, Espagne
La statue d’Abd al-Rahman Ier ad-Dakhil as-Saqr al-Quraysh al-Umawi à Almunecar, Malaga, Costa del Sol, Espagne

Les envoyés ramenèrent le prince avec eux et débarquèrent en rebî’ I 138 (13 août 755) à El-Monakkeb (Almunecar), où plusieurs chefs de Séville vinrent les trouver, de même que des Yéménites, qui étaient également irrités contre Es-Someyl et Yoûsof al-Fihri.

Le prince s’avança ensuite dans le canton de Rayya (Malaga), dont le gouverneur ‘Isa ben Mosâwir le reconnut, puis à Ghidoûna (Sidona), dont le gouverneur Ghiyâth ben ‘Alk’ama al-Lakhmi fit de même, puis à Mouroûr (Moron), gouverné par Ibrâhîm ben Chedjera, qui le reconnut également, enfin à Séville, où Abou’ ç-Çabbâh’ Yah’ya ben Yah’ya en fit autant.[131] De là il marcha sur Cordoue.

Yoûsof était alors absent de cette ville, et ce fut en revenant des environs de Tolède, où il se trouvait, qu’il apprit qu’Abd er-Rah’mân marchait sur Cordoue. Dans (les environs de) cette dernière ville, ‘Abd er-Rah’mân engagea avec Yoûsof de feintes négociations pendant deux jours, dont le premier était celui de la fête d’Arafa.[132]

La Alcazaba de Málaga, peut-être que la première  mosquée à être érigé à cet endroit le fut par Muawiya ibn Salih al-Himsi , ver 754 soi au debut de l'ère Abbasside (756 Abd al-Rahman Ier arrive en Andalousie) .
La Alcazaba de Málaga, la première mosquée à être érigé à cet endroit le fut par Muawiya ibn Salih al-Himsi , ver 754 soi au debut de l’ère Abbasside sous l’émir de facto Abbasside en 750 Yussuf ibn Abd al-Rahman al-Fihri  747-756 ( en 756 Abd al-Rahman Ier L’omeyyade prend l’Andalousie) . 

Du côté de Yoûsof, on regardait la paix comme déjà conclue, et l’on se mit à préparer le repas qu’on devait faire sur des nattes le jour de la Fête des sacrifices. Mais ‘Abd er-Rah’mân disposa ses troupes, cavalerie et infanterie, et leur fit traverser le fleuve[133] pendant la nuit.

La bataille s’engagea dans la nuit qui précède la Fête des sacrifices et fut soutenue des deux parts avec acharnement jusqu’à ce qu’il fît plein jour. ‘Abd er-Rah’mân était monté sur un mulet pour qu’on ne le crût pas disposé à fuir, et cela rassura entièrement ses troupes.

La mort fit de prompts ravages dans l’armée de Yoûsof, et celui-ci s’enfuit ; Es-Someyl résista encore avec une troupe de ses contribules, mais finit aussi par s’enfuir, et la victoire resta à ‘Abd er-Rah’mân.

Yoûsof se réfugia à Mérida, tandis que son rival entrait dans Cordoue, mais il ne pénétra dans le palais qu’après en avoir, dès son arrivée, fait sortir la famille de Yoûsof.

Il se mit ensuite à poursuivre ce dernier, qui put lui échapper et rentrer à Cordoue par une autre route,[134] retira sa famille et ses trésors de son palais, puis s’en alla à Elvira, tandis qu’Eç-Çomeyl résidait à Chawdher (Jodar).

A la première nouvelle qu’il en eut, [P. 379] ‘Abd er-Rah’mân revint sur Cordoue pour l’y attaquer, mais ne l’ayant plus trouvé, il forma le plan d’aller l’attaquera Elvira.

L'Oued al-Kabir (Guadalquivir ) là exactement ou Abd al-Rahman Ier ad-Dakhil ce déclara indépendant du califat Abbasside de Baghdad
L’Oued al-Kabir (Guadalquivir ) là exactement ou Abd al-Rahman Ier ad-Dakhil ce déclara indépendant du califat Abbasside de Baghdad

Es-Someyl avait rejoint Yoûsof dans cette ville, et une armée se reformait autour d’eux.

Des négociations s’engagèrent, et là paix fut conclue moyennant l’engagement que prit Yoûsof de résider à Cordoue auprès d’Abd er-Rah’mân et de donner comme otages ses deux fils Abou ‘1-Aswad Mohammed et ‘Abd er-Rah’mân.[135] En rentrant à Cordoue, Yoûsof prononça ce vers proverbial :

[Tawîl] Nous avons été à la tête des hommes et des affaires, et nous voilà maintenant devenus des sujets forcés d’obéir[136] !

Cordoue devint la résidence d’ ‘Abd er-Rah’mân, qui y bâtit le palais et la grande mosquée, pour laquelle il dépensa 80.000 dinars, sans que la mort lui permît de l’achever ; il fit aussi élever des mosquées ordinaires.

Plusieurs membres de. sa famille vinrent habiter auprès de lui.[137] Il faisait faire (à l’origine) la prière pour l’Abbasside El-Mançoûr.

Selon Abou Dja’far [Tabari], c’est en 139 (4 juin 756) qu’ ‘Abd er-Rah’mân pénétra en Espagne ; une autre. opinion, que nous avons suivie, place cet événement en 138 (15 juin 755). Nous n’entrerons pas à ce sujet dans des détails plus circonstanciés, afin de ne pas sortir du cadre restreint que nous nous sommes tracé.

Abd al Rahman ibn LMuwaiya l'omeyyade sceau
Sceau de l’émir Abd al-Rahman ibn Muawiya Saqr al-Quraysh al-Umawi ad-Dakhil

 Mort de Yoûsof Fihri

En 140 (24 mai 757), Yoûsof Fihri viola le pacte qu’il avait conclu avec ‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade. Celui-ci lui suscitait par dessous main des humiliations et faisait élever des chicanes relativement à ses propriétés ; lorsqu’il feignait d’invoquer la loi, il n’en faisait rien dans la réalité. Yoûsof, comprenant le but que l’on poursuivait, gagna Mérida, où il réunit une armée vingt mille hommes avec laquelle il marcha contre ‘Abd er-Rah’mân. Celui-ci, de son côté, sortit de Cordoue pour le combattre et marcha vers le H’içn el-Modawwar (Almodovar).

Alors Yoûsof se décida à attaquer ‘Abd el-Melik ben ‘Omar ben Merwân, gouverneur de Séville, et ‘Omar ben ‘Abd el-Melik, ce dernier préposé à Moron[138] ; tous les deux sortirent de Séville pour l’arrêter dans sa marche.

Un combat sanglant et acharné s’engagea, mais qui finit par la défaite de Yoûsof, dont beaucoup de soldats furent tués ; lui-même parcourut pendant quelque temps le pays en fugitif et fut tué par l’un de ses compagnons en redjeb 142 (27 octobre 759), dans les environs de Tolède.

Abd al-Rahman I

Sa tête fut envoyée à ‘Abd er-Rah’mân et exposée à Cordoue ; son fils, ‘Abd er-Rah’mân ben Yoûsof, qui était retenu à la cour comme otage, fut également mis à mort, et sa tête fut exposée à côté de celle de son père. Abou’l-Aswad ben Yoûsof, dont nous reparlerons, continua d’être gardé comme otage.

Quant à Es-Someyl, qui n’avait pas accompagné Yoûsof lorsque celui-ci s’était enfui de Cordoue, il fut appelé par l’émir ‘Abd er-Rah’mân, qui l’interrogea : « Yoûsof, répondit-il, ne m’a pas fait part de ses affaires et je n’ai pas de nouvelles de lui.

—C’est impossible, reprit le prince.

— [P. 382] Quand mes pieds le recouvriraient, repartit Es-Someyl, je ne les lèverais pas de dessus lui ».

Il fut emprisonné ainsi que les deux fils de Yoûsof, et dédaigna de [tenter de] fuir en même temps que ceux-ci.[139]

Quelque temps après, on introduisit dans sa prison des cheikhs des Mod’ar, qui le trouvèrent mort ayant à côté de lui une coupe et des confitures : « Abou Djawchen ! s’écrièrent-ils, nous savons que tu es mort par le poison et non par le vin ! »

Le cadavre fut remis à la famille, qui procéda à l’enterrement.

En cette même année 140 (24 mai 757) mourut, après un règne de dix-huit ans, Alfonse, roi de Galice ; il eut pour successeur son fils Firowilia,[140] qui l’emportait sur son père en bravoure, en habileté administrative et en fermeté.

Il exerçait un pouvoir incontesté et eut un règne glorieux : il chassa les musulmans des places frontières et s’empara de la ville de Loukk (Lugo de Galice), du Portugal, de Salamanque, de Chamoûra (Zamora), d’Avila, de Ségovie, de la Castille, tout cela faisant partie de l’Espagne.[141]

Reconstitution d'al-Jazira al-Khadra au 12eme siècle. Elle a été fondée par les Omeyyades en 711 sur les ruines de l'ancienne ville romaine de Iulia Traducta . Les Omeyyades après avoir atterri à Gibraltar et fini sur une petite île à l'ouest de la baie d'Algésiras, ils  ont  établi une base provisoire. Ils ont du la quitté pour faire face aux troupes wisigothiques de roi Roderik, sur l'île il ne restais  donc qu' un petit détachement avec la femme de Tarik ibn Ziyad, Umm Hakim, Tarik nomma  l'endroit Jazirat Umm Hakim, ou l'île de Umm Hakim. Après la bataille de Guadalete les  troupes arabes ont  poursuivi la conquête de la péninsule et la petite base temporaire sur l'île a déménagé ver la côte, là une vraie ville appelée Al-Jazira Al-Khadra (الجزيرة الخضراء) fut créé. La médina est construite rapidement une mosquée et un palais; et un port qui a servi de tête de pont dans l'arrivée des nouvelles  troupes omeyyades stationné en Ifriqiya et à Ceuta, il y avais un mur avec des tours qui encerclais  le vieux bourg, qui a du être reconstruit entre 852 et 886 JC  pour éviter les attaques des Vikings comme celle de 859  ou 62 navires au large de la ville, ont attaqué et détruit la mosquée fondé en 711 (donc aucun vestige). Comme on le sait dans le Vieux Village, il y avait au moins deux mosquées, la Grande Mosquée et  la Mosquée à la bannière, une citadelle fortifiée et un chantier naval ou arsenal.  Selon des sources médiévales la mosquée  Al-Jama d'Algésiras à été construit par Abd ar-Rahman I  l'Omeyyade lors de son arrivée en Andalousie après la révolution Abbasside (756) et l'architecte étais Abd-Allah ibn Khalid.
Reconstitution d’al-Jazira al-Khadra au 12eme siècle. Elle a été fondée par les Omeyyades en 711 sur les ruines de l’ancienne ville romaine de Iulia Traducta . Selon l’historien Ibn Abd al-Hakam  les Omeyyades après avoir abordé  à Gibraltar et fini sur une petite île à l’ouest de la baie d’Algésiras, ont établi une base provisoire. Ils ont du la quitté pour faire face aux troupes wisigothiques du roi Roderik, sur l’île il ne restais donc, qu’ un petit détachement avec la femme de Tarik ibn Ziyad : Umm Hakim, Tarik nomma l’endroit « Jazirat Umm Hakim », ou « l’île d’Umm Hakim ». Après la bataille de Guadalete les troupes Omeyyades  ont poursuivi la conquête de la péninsule et la petite base temporaire sur l’île a déménagé ver la côte, là une vraie ville appelée Al-Jazira Al-Khadra (الجزيرة الخضراء) fut créé. La médina est construite rapidement une mosquée et un palais; et un port qui a servi de tête de pont dans l’arrivée des nouvelles troupes omeyyades stationné en Ifriqiya et à Ceuta, il y avais un mur avec des tours qui encerclais le vieux bourg, qui a du être reconstruit entre 852 et 886 JC pour éviter des attaques des Vikings comme celle de 859 ou 62 navires au large de la ville, ont attaqué et détruit la mosquée fondé en 711 (donc plus aucun vestige). Comme on le sait dans le Vieux Village, il y avait au moins deux mosquées, la Grande Mosquée et la Mosquée à la bannière (ou au drapeau), une citadelle fortifiée et un chantier naval ou arsenal. Selon les premières sources comme ibn Abd al-Hakam  ou al-Baladhuri la mosquée Al-Jama d’Algésiras à été construit par Abd ar-Rahman I l’Omeyyade lors de son arrivée en Andalousie après la révolution Abbasside (756) et l’architecte étais Abd-Allah ibn Khalid.

En 143 (21 avril 760), Rizk’ ben No’mân al-Ghassâni gouverneur d’Algésiras, se révolta en Espagne contre ‘Abd er-Rah’mân.

De nombreux partisans se’ joignirent à lui ; il marcha contre Sidona, dont il s’empara, et pénétra dans Séville, où ‘Abd er-Rah’mân s’empressa de l’assiéger. Ceux qui étaient renfermés dans cette ville, se voyant serrés de près, se concilièrent le prince en lui livrant Rizk’, qui fut mis à mort.

Eux-mêmes obtinrent quartier, et le vainqueur s’éloigna.[142]

[P. 401] En 144 (10 avril 761), Hichâm ben ‘Odhra[143] al-Fihri, * des Benoû ‘Amr, et Yoûsof ben ‘Abd er-Rah’mân Fihri[144] * se révoltèrent à Tolède contre l’émir omeyyade ‘Abd er-Rah’mân et furent suivis par les habitants de cette ville.

Le siège de Tolède, entrepris et poussé avec vigueur par ce prince, amena le révolté à demander la paix, et ‘Abd er-Rah’mân, après avoir pris son fils Aflah’ comme otage, retourna à Cordoue.

Mais alors Hichâm [P. 402] se ressaisit du pouvoir au détriment d’’Abd er-Rah’mân, qui revint l’assiéger avec des machines de guerre auxquelles la ville était assez forte pour résister.

L’émir fit alors mettre à mort Aflah’, dont la tête fut jetée sur les remparts,[145] et il regagna Cordoue sans être venu à bout de Hichâm.

[P. 432] J’ai (dit le khalife El-Mançoûr l’Abbasside) donné….. quarante mille hommes de mon djond à Mohammed ben al-Ach’ath, en Ifrîkiyya…….

LES UMAYYADES CONTRE LES ABBASSIDES; la route d'Abd al-Rahman ad-Dakhil depuis Dama dans ce qui est dorénavant le califat Abbasside
LES UMAYYADES CONTRE LES ABBASSIDES; la route d’Abd al-Rahman ad-Dakhil depuis Damas dans ce qui est dorénavant le califat Abbasside depuis 750 jc. 

[P. 440] Révolte d’’El-‘Alâ en Espagne

En 147 (20 mars 763), El-‘Alâ ben Moghîth Yah’çobi passa d’Ifrîkiyya dans la ville [de Béja[146]] en Espagne, où il arbora la couleur noire des Abbâssides et fit faire la khotba au nom d’El-Mançoûr (l’Abbaside).

De nombreux adhérents se joignirent bientôt à lui. L’émir Omeyyade ‘Abd er-Rah’mân lui livra, dans les environs de Séville, une bataille qui dura plusieurs jours et se termina par la déroute d’’El-‘Alâ et des siens, dont sept mille avaient péri dans la lutte.

El-‘Alâ aussi fut tué ; sa tête et celles de plusieurs de ses principaux compagnons furent, sur l’ordre du vainqueur, portées par un marchand à Kayrawân et jetées furtivement au milieu du marché ; il y en eut même qui furent ensuite portées à la Mekke, où se trouvait El-Mançoûr.

Ces têtes étaient accompagnées d’un drapeau noir et d’un diplôme d’investiture délivré par le calife Abbasside El-Mançoûr à El-‘Alâ.[147]

Bannière abbasside
Bannière abbasside

[P. 446] En 147 (9 mars 764), l’Omeyyade d’Espagne ‘Abd er-Rah’mân fit marcher son affranchi Bedr et Temmâm ben ‘Alk’ama contre Tolède, où se trouvait Hichâm[148] ben ‘Odhra.

Ils le serrèrent de près et finirent par s’emparer de lui, de H’ayât ben El-Welîd al-Yah’çobi et d’Othmân[149] ben H’amza ben ‘Obeyd Allah-ben ‘Omar ben al-Khat’t’âb.

Ces prisonniers, vêtus de djobba de laine, têtes et moustaches rasées, montés sur des ânes et couverts de chaînes, furent amenés au prince ; ils furent ensuite crucifiés à Cordoue.

En la même année 147, revint de Syrie un envoyé d’’Abd er-Rah’mân, qui avait reçu mission d’amener en Espagne. Soleymân, fils aîné de ce prince.[150]

Ce dernier avait eu, en Espagne même, un autre fils, Hichâm, qu’il favorisa au détriment de Soleymân ; de là, entre les deux frères, des rivalités et une haine cachée dont nous aurons à raconter les effets.

 

Troubles d’Espagne

En 148 (26 février 765), eut lieu une révolte de Sa’îd Yah’çobi, connu sous le nom d’’El-Mat’ari,[153] dans la ville de Niébla, en Espagne.

[P. 450] Un jour qu’il était ivre, le souvenir de ses contribules yéménites massacrés avec El-‘Alâ se présenta à son esprit, et il se mit à nouer un étendard ; revenu de son ivresse et ne se souvenant plus de rien, il voulut d’abord, quand on lui eut expliqué ce qu’était cet étendard, le faire enlever ; puis il s’écria : « Est-ce donc moi qui irais nouer un drapeau pour ensuite le dénouer sans rien faire ? »

Et il se révolta. Entouré des Yéménites qui se rallièrent à lui, il s’empara de Séville, et la force de son armée devint considérable.

A l’approche d’’Abd er-Rah’mân et de ses troupes, El-Mat’ari se retrancha dans le fort de Za’wâk’,[154] le 11 rebî’ I (6 mai 765). ‘Abd er-Rah’mân l’y assiégea et le serra de près, mais les révoltés ne le laissèrent pas pénétrer.

Ghiyâth[155] ben ‘Alk’ama al-Lakhmi, qui était à Sidona, avait fait cause commune avec les révoltés, et nombre de chefs berbères s’étaient joints à lui pour renforcer El-Mat’ari.

A cette nouvelle, ‘Abd er-Rah’mân envoya contre eux une armée commandée par son affranchi Bedr, qui les empêcha d’opérer leur jonction avec El-Mat’ari.

Celui-ci, qui continuait d’être assiégé, voyait diminuer son armée par la mort et la défection ; il fut un jour tué en faisant une sortie, et sa tête fut portée à ‘Abd er-Rah’mân.

Le siège n’en continua pas moins, car les assiégés choisirent pour chef Khalîfa ben Merwân ; mais bientôt ils firent demander grâce à ‘Abd er-Rah’mân en s’offrant à lui livrer Khalîfa.

L’émir ayant accepté, on lui livra le fort et Khalîfa : le fort fut détruit, Khalîfa et ses compagnons mis à mort.[156]

De là, il marcha contre Ghiyâth, complice de la révolte d’El-Mat’ari. Assiégés et serrés de près, les rebelles demandèrent grâce.

Leurs propositions furent accueil lies, sauf en ce qui concerne les individus signalés par leur haine contre le gouvernement omeyyade et sur lesquels on fit main basse.

‘Abd er-Rah’mân était rentré à Cordoue quand éclata la révolte d’Abd Allah ben Kherâcha Asadi, dans le canton de Jaén.[157]

Avec les troupes qu’il avait réunies, ce chef tenta une expédition contre Cordoue ; mais à l’approche du corps d’armée envoyé par ‘Abd er-Rah’mân, ces troupes se dispersèrent, et leur chef dut faire sa soumission à l’émir, qui d’ailleurs tint sa parole.

[P. 451] En 149 (15 février 766), ‘Abd er-Rah’mân envoya son affranchi Bedr en expédition en pays ennemi [chrétien]. Bedr y pénétra et y préleva la capitation.

Aboû’ ç-Çabbâh’ H’ayy ben Yah’ya, ayant été destitué de son poste de gouverneur de Séville, se révolta ; mais ‘Abd er-Rah’mân entama avec lui des négociations insidieuses et sut l’amener à sa cour, puis il le fit mettre à mort.[158]

[P. 454] En 150 (15 février 767), se révolta en Espagne, dans un lieu éloigné, Ghiyâth ben el-Mosîr,[159] contre qui marchèrent de nombreuses troupes levées par les gouverneurs (des diverses provinces), à l’effet de défendre l’autorité d’Abd er-Rah’mân. Les rebelles furent battus et forcés de s’enfuir ; Ghiyâth fut tué, et sa tête envoyée au prince, à Cordoue.

[P. 455] En 151 (25 janvier 768), El-Mançoûr enleva le gouvernement du Sindh à ‘Omar ben H’afç ben ‘Othmân ben K’abîça ben Abou Çofra, surnommé Hezârmerd, nom qui (en persan) signifie « mille hommes », pour lui confier celui de l’Ifrîkiyya……

Ruines de Sontebria (aujourd'hui Castro de Santaver, sur les bords du Guadiela) était une ville importante à l'époque de la domination arabe
Ruines de Sontebria (aujourd’hui Castro de Santaver, sur les bords du Guadiela) était une ville importante à l’époque de la domination arabe

Révolte du sectaire berbère Chak’yâ [173] en Espagne

En 151 (25 janvier 768) se révolta dans l’Espagne orientale un Berbère de Miknâsa, nommé Chak’yâ ben ‘Abd el-Wâh’id, qui était maître d’école.

Sa mère s’appelant Fât’ima, il prétendit descendre de Fât’ima par H’oseyn, et il prit le nom d’’Abd Allah ben Mohammed.

De nombreux Berbères vinrent le rejoindre à Sontebria,[174] où il s’était fixé, et il acquit une grande puissance.

Sans tenir tête à ‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade quand celui-ci marcha contre lui, il se déroba dans les montagnes, d’où il descendait quand il croyait n’avoir rien à craindre et où, au moindre danger, il remontait dans des endroits presque inaccessibles.

H’abîb ben ‘Abd el-Melik, nommé par ‘Abd er-Rah’mân au gouvernement de Tolède, chargea de l’administration de Sontebria Soleymân ben ‘Othmân ben Merwân[175] ben Abân ben ‘Othmân ben ‘Affân, avec mission de réduire Chak’yâ.

Alors celui-ci descendit à Sontebria, se saisit de Soleymân et le tua, ce qui eut pour effet d’augmenter sa puissance et sa renommée ; il s’empara de la région de Coria[176] et ravagea le pays.

En 152 (13 janvier 769), ‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade se mit lui-même à la tête de l’armée, mais Chak’yâ se déroba et ne put être réduit, de sorte qu’’Abd er-Rah’mân dut se retirer. En 153 (3 janvier 770), Chak’yâ s’enfuit devant l’armée commandée par Bedr l’affranchi, et abandonna sa forteresse de Chebat’rân.[177] En 154 (23 décembre 770), il ne tint pas tête à l’armée que conduisit contre lui ‘Abd er-Rah’mân en personne.

En 155 (12 décembre 771), Chakyâ employa la ruse contré les troupes qui marchèrent contre lui, et que commandait Abou ‘Othmân ‘Obeyd Allah ben ‘Othmân, [P. 464] et sut les détacher de leur chef. ‘Obeyd Allah dut fuir, son camp fut pillé et plusieurs Omeyyades qui faisaient partie de l’expédition furent tués. Dans le cours de la même année, après avoir pillé le camp d’ ‘Obeyd Allah, Chak’yâ marcha contre le fort des Hawwâri, appelé Medâ’in,[178] où se trouvait un gouverneur nommé par ‘Abd er-Rah’mân ; il sut l’attirer dehors par la ruse, le tua et lui enleva ses chevaux, ses armes et tout ce qu’il avait.

[P. 465] En 152 (13 janvier 769), El-Mançoûr fit exécuter Hâchim ben el-Asâdjidj, qui s’était révolté en Ifrîkiyya et qui lui fut envoyé.[179]

En la même année, le gouvernement de l’Egypte fut enlevé à Yezîd ben H’âtim et donné à Mohammed ben Sa’id.

[P. 467] En 154 (23 décembre 770), El-Mançoûr…. envoya en Ifrîkiyya Yezîd ben H’âtim ben K’abîça ben el-Mohalleb ben Abou Çofra avec 50.000 hommes pour combattre les hérétiques qui venaient de tuer ‘Omar ben H’afç.

[P. 468] Yezîd ben H’âtim était, en 154, gouverneur d’Ifrîkiyya.

[Tome VI, p. 4] En 155 (12 décembre 771), Yezîd ben H’âtim entra en Ifrîkiyya, tua Abou H’âtim et se rendit maître de Kayrawân et tout le Maghreb. Le récit détaillé de sa campagne et de ses combats a été donné plus haut.

[P. 4] En 155, les hérétiques Çofrites, réunis à Sidjilmâsa et mécontents de plusieurs actes de leur émir ‘Isa ben Djerîz, l’enchaînèrent et l’exposèrent au sommet de la montagne, où ils le laissèrent mourir. Ils mirent à leur tête Abou’l-K’âsim Semkoû ben Wâsoûl de Miknâsa, aïeul de Midrâr.[180]

En la même année naquit à Kayrawân le juriste mâleki Abou Sinân.

Maquette de la  Seville islamique (en pleine bataille de la Reconquista.)
Maquette de la Seville islamique (en pleine bataille de la Reconquista.)

Révolte des Sévillans contre ‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade

En 156 (1er décembre 772), ‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade, souverain d’Espagne, partit en guerre contre Chak’yâ et alla attaquer le fort de Chebat’rân., où il le tint d’abord étroitement assiégé ; mais Chak’yâ parvint, comme toujours, à gagner son refuge habituel.

‘Abd er-Rah’mân reçut alors de son fils Soleymân, qui le remplaçait pendant son absence à Cordoue, des lettres lui annonçant la révolte des Sévillans, commandés par ‘Abd el-Ghaffâr et H’ayât ben Molâmis,[181] chefs qui marchaient d’accord avec les Yéménites établis dans la ville. [P. 5]

‘Abd er-Rah’mân revint sur ses pas, mais n’entra pas à Cordoue, effrayé qu’il était par ce qu’on disait de l’union et du nombre des rebelles.

Il mit en avant son cousin paternel ‘Abd el-Melik ben ‘Omar, le plus intrépide guerrier de la famille de Merwân, et lui-même resta en arrière, prêt à lui porter secours au besoin.

En approchant des Sévillans, ‘Abd el-Melik envoya son fils Omeyya en reconnaissance ; celui-ci, qui les trouva éveillés (et sur leurs gardes), retourna auprès de son père, qui, le blâmant de sa faiblesse, lui fit trancher la tête.

Alors, réunissant les gens de sa famille et ses intimes, il leur tint ce langage : « A nous, proscrits de l’Orient arrivés dans ce lointain pays, on nous dispute encore la bouchée nécessaire pour nous conserver le souffle ; brisons plutôt le fourreau de nos épées, car il faut vaincre ou mourir ! »

Ainsi firent-ils, et chargeant à leur tête il infligea aux Yéménites et aux Sévillans une défaite complète, si bien que désormais il ne resta plus aux Yéménites aucun pouvoir.

A la nouvelle qu’ ‘Abd el-Melik était blessé, ‘Abd er-Rah’mân vint trouver son parent, dont la blessure saignait, tandis que sa main restait fixée à la poignée de son épée, toute, dégoutante de sang ; il l’embrassa sur les yeux et le récompensa magnifiquement : « Cousin, lui dit-il, je prends ta fille une telle pour épouse de Hichâm, mon fils et héritier, je lui donne telle chose, à toi telle autre, à tes enfants telle autre ; toi et eux vous aurez tels fiefs, et je vous prends pour mes vizirs ».

C’est cet ‘Abd el-Melik qui força ‘Abd er-Rah’mân à cesser la récitation du prône au nom d’El-Mançoûr, le menaçant, autrement, de se tuer. Le prône au nom d’El-Mançoûr fut ainsi interrompu au bout de dix mois.[182]

Quant aux deux chefs de la révolte, ‘Abd el-Ghaffâr et H’ayât ben Molâmis, ils purent s’échapper sains et saufs.[183] Mais en.157 (20 novembre 773), ‘Abd er-Rah’mân entra à Séville et fit un grand massacre des partisans de ces deux chefs. C’est par suite de cette affaire et de la haine qu’elle suscita chez les Arabes, qu’’Abd er-Rah’mân se mit à faire des achats d’esclaves ou mamlouks.[184]

Bannière du Califat Abbasside de Baghdad
Bannière du Califat Abbasside de Baghdad

[P. 36] Le Slave As-Saqalabi le Fihride passe en Espagne. — Sa mort

En 161 (8 octobre 777), selon d’autres en 160 (18 octobre 776,), ‘Abd er-Rah’mân ben H’abîb Fihri, surnommé le Slave à cause de sa haute taille, de ses yeux bleus et de ses cheveux rouges, passa d’Ifrîkiyya en Espagne pour reconquérir ce pays à la dynastie des Abbasides ; il débarqua sur le littoral de Todmîr et écrivit à Soleymân ben Yak’z’ân pour le gagner à sa cause, c’est-à-dire pour l’amener à combattre ‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade et à reconnaître l’autorité d’El-Mehdi (le khalife Abbaside).

Soleymân, qui était à Barcelone, refusa, et le Slave, irrité, alla attaquer ce pays avec son armée berbère ; mais il fut battu par Soleymân et dut regagner Todmîr.

‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade marcha contre lui avec une armée nombreuse et bien équipée, et incendia les vaisseaux du Slave pour lui rendre toute retraite difficile. Celui-ci gagna une montagne inaccessible dans la province de Valence, et le prince promit mille dinars à qui lui apporterait sa tête. Un Berbère qui le tua par trahison apporta sa tête à ‘Abd er-Rah’mân et reçut la récompense promise.[193]

La mort du Slave arriva en 162 (27 septembre 778).

[P. 39] ‘Abd er-Rah’mân, souverain d’Espagne, envoya en la même année 162 Choheyd ben ‘Isa[194] contre Dih’ya Ghassâni, qui s’était révolté (et occupait) l’un des forts de (la province d’) Elvira, et qui fut mis à mort.[195]

Il fit marcher son affranchi Bedr[196] contre Ibrahim ben Chedjera Bernesi,[197] qui s’était révolté et qui fut mis à mort. Temmâm[198] ben ‘Alk’ama fut, en outre, envoyé contre ‘Abbâs le Berbère, qui, soutenu par un corps de troupes berbères, avait également voulu se soustraire à l’obéissance ; ‘Abbâs aussi périt, [P. 40] et son armée se dispersa.[199]

C’est la même année qu’il envoya H’abîb ben ‘Abd el-Melik al-K’oraychi à la tête d’une armée contre le kâ’id al-Solami.

Ce personnage, qui avait de l’influence auprès de l’émir ‘Abd er-Rah’mân, voulut, une nuit qu’il avait trop bu, aller ouvrir la porte du pont, ce dont il fut empêché par les gardes. Il s’en alla, (sans résistance) ; mais quand il eut cuvé son vin, il prit peur et s’enfuit à Tolède, où se réunirent autour de lui quantité de mécontents et de vauriens. Le prince se hâta donc d’envoyer des troupes contre lui, et H’abîb l’assiégea en le serrant de près dans un endroit où il s’était fortifié. Solami réclama alors un duel, et ce fut un esclave noir qui alla se battre avec lui.

Les deux adversaires tombèrent transpercés du premier coup et moururent ensemble.[200]

[P. 40] En 162 (27 septembre 778) mourut ‘Abd er-Rah’mân ben Ziyâd ben An’am, kâdi d’Ifrîkiyya, à l’âge de plus de quatre-vingt-dix ans.

Il s’était trouvé chez Yezîd ben Hâtim où il mangea du poisson puis but du lait aigre ; ce que voyant, le médecin Yah’ya ben Mâsaweyh[201] fit cette remarque : « Si la médecine dit vrai, le cheikh mourra cette nuit » ; et c’est en effet ce qui eut lieu. Dieu sait la vérité !

[P. 41] En 163 (16 septembre 779), El-Mehdi donna à son fils Hâroûn le gouvernement de tout le Maghreb, de l’Aderbeydjân et de l’Arménie.

[P. 42] En 163 (16 septembre 779) le souverain d’Espagne ‘Abd er-Rah’mân l’Omeyyade fit ouvertement des préparatifs pour passer en Syrie, dans l’intention d’en chasser les Abbassides et de se venger d’eux. Mais alors eut lieu à Saragosse la dangereuse révolte de Soleymân ben Yak’z’ân et d’El-H’oseyn ben Yah’ya ben Sa’îd ben Sa’d ben ‘Othmân Ançâri, et il renonça à son projet.[202]

[P. 43] En 164 (5 septembre 780), l’Omeyyade ‘Abd er-Rah’mân marcha contre Saragosse.[203]

Il avait commencé par y envoyer une forte armée commandée par Tha’leba ben ‘Obeyd,[204] car, nous l’avons dit, Soleymân ben Yak’z’ân et El-H’oseyn ben Yah’ya s’étaient ligués dans cette ville pour se soustraire à son autorité.

Tha’leba les combattit vigoureusement ; mais il se trouva qu’un jour, pendant qu’il était dans sa tente, Soleymân, profitant de sa négligence, dirigea contre lui une attaque qui le fit tomber entre ses mains, et son armée se dispersa.

Soleymân s’adressa alors à Charles, roi des Francs, en lui promettant de lui livrer ce territoire ainsi que Tha’leba.

Mais, quand ce prince arriva, il ne put tenir que la seconde partie de sa promesse, et alors Charles retourna dans ses états avec Tha’leba, dont il s’imaginait tirer une rançon considérable.

Pendant quelque temps, ‘Abd er-Rah’mân ne s’occupa pas de son général, mais il fit ensuite demander et obtint sa liberté, grâce aux émissaires qu’il employa à cet effet.[205]

Donc, en cette année, ‘Abd er-Rah’mân marcha contre Saragosse après avoir réparti ses enfants dans les diverses parties du royaume, avec mission d’écraser les insoumis, puis d’opérer leur jonction à Saragosse, où ‘Abd er-Rah’mân les précéda. El-H’oseyn ben Yah’ya, qui avait déjà tué Soleymân ben Yak’z’ân, occupait seul cette ville quand ‘Abd er-Rah’mân arriva. Celui-ci pressa vigoureusement le siège, et fut bientôt rejoint par ses fils, qui lui amenèrent tous les rebelles qu’ils avaient eu à combattre et lui annoncèrent la soumission d’autres encore.

Alors El-H’oseyn fit des ouvertures de paix et se montra disposé à rentrer dans l’obéissance. ‘Abd er-Rah’mân y consentit, prit son fils Sa’îd à titre d’otage et s’éloigna. Il alla porter la guerre chez les Francs, où il fit des conquêtes et d’où il ramena du butin et des captifs.

Il alla à K’alahra,[206] prit la ville de Fekîra et démantela les forts de cette région ; il pénétra dans, 1e pays basque, assiégea et prit la forteresse de Mothmîn el-Ak’ra’ ; il marcha ensuite contre Maldoûthoûn ben At’lâl, dont il assiégea le château-fort ; il en poursuivit les habitants qui s’étaient réfugiés dans les montagnes, les dompta de vive force, et rentra à Cordoue après avoir ruiné cette forteresse.

La même année aussi, la guerre éclata entre les Berbères de Valence et ceux de Sontebria [P. 44] en Espagne ; ils se livrèrent de nombreux combats restés célèbres et où il périt de nombreux guerriers de part et d’autre.

[P. 45] En 165 (25 août 781), El-H’oseyn ben Yah’ya, à Saragosse, rompit traîtreusement le traité qui le liait à ‘Abd er-Rah’mân, lequel fit marcher contre lui un fort corps de troupes commandé par Ghâleb ben Temmâm ben ‘Alk’ama.

Dans les combats qui suivirent, plusieurs compagnons d’’El-H’oseyn, entre autres son fils,[207] furent faits prisonniers et envoyés à l’émir ‘Abd er-Rah’mân, qui les fit exécuter.

Temmâm ben ‘Alk’ama resta à assiéger El-H’oseyn. En 166 (14 août 782), l’émir ‘Abd er-Rah’mân alla en personne continuer le siège de Saragosse. Il réduisit cette ville à la dernière extrémité à l’aide de trente-six mangonneaux, puis l’emporta de vive force. Il fit subir à El-H’oseyn la mort la plus atroce[208] et chassa les habitants de cette ville, pour tenir le serment qu’il avait prêté, mais il leur permit ensuite d’y rentrer.

[P. 50] … En 166 (14 août 782), Yezîd ben H’âtim était gouverneur d’Ifrîkiyya…

En 166, l’Omeyyade d’Espagne ‘Abd er-Rah’mân fît mettre à mort le fils de son frère, El-Moghîra ben El-Welid ben Mo’âwiya ben Hichâm, Hodheyl ben Eç-Çomeyl et Samora ben Djebala, qui s’étaient, pour lui arracher le trône, alliés avec El-‘Alâ ben H’omeyd R’ocheyri.[209] Mais celui-ci se fit un mérite de les dénoncer.[210]

Vue sur al-Ouad al-kabir al-Qurtuba (Cordoue)
Vue sur al-Ouad al-kabir al-Qurtuba (Cordoue)

[P. 52] Révolte d’Aboû’l-Aswad en Espagne

En 168 (23 juillet 784), eut lieu en Espagne la révolte d’Aboû’l-Aswad Mohammed ben Yoûsof ben ‘Abd er-Rah’mân al-Fihri.[211]

On raconte qu »Abd er-Rah’mân le tenait emprisonné à Cordoue depuis la fuite de son père et la mort violente de son trère ‘Abd er-Rah’mân, faits que nous avons racontés.

Dans sa prison, Abou’lAswad, feignant d’être aveugle, laissait errer ses yeux dans le vague, et prolongea ce manège assez longtemps pour que l’émir A’bd er-Rah’mân crût cette cécité réelle. Dans l’endroit le plus reculé de la prison était un souterrain qui aboutissait au grand fleuve (Guadalquivir) et par où les prisonniers passaient pour aller se laver et satisfaire à d’autres besoins.

Les gardiens ne surveillaient pas, à cause de sa cécité, Abou’l-Aswad, qui disait en revenant du fleuve : « Qui est-ce qui mène l’aveugle à sa place ? »

Il entra en rapport avec un de ses clients qui était sur la rive (opposée) du fleuve, et qui, prêtant l’oreille à ses propositions, promit de lui procurer un cheval de selle. Un jour donc, il sortit pendant que son client l’attendait, traversa le fleuve à la nage, se précipita sur le cheval et parvint à gagner [P. 53] Tolède.

Là, de nombreux partisans vinrent se joindre à lui, et il retourna avec eux pour livrer bataille à l’Omeyyade A’bd er-Rah’mân. Sur le Wâdi el-Ah’mar (Guadalimar), à K’ast’aloûna,[212] eut lieu une sanglante rencontre où Abou’l-Aswad défait laissa quatre mille des siens sur le terrain, non compris ceux qui se noyèrent dans la rivière.

L’Omeyyade le poursuivit, en tuant tous ceux qu’il pouvait atteindre, jusqu’au-delà de la forteresse d’Er-Rebâh’ (Calatrava). Abou’l-Aswad réunit plus tard de nouvelles troupes et voulut recommencer la lutte en 169 (13 juillet 785) ; mais ses soldats se débandèrent dès leur contact avec l’avant-garde des troupes Omeyyades, et il dut s’enfuir ; ses femmes furent faites prisonnières et la plupart de ses compagnons tués. Il vécut jusqu’en 170 (2 juillet 786), où il mourut dans une bourgade du territoire de Tolède.

Son frère K’âsim se révolta ensuite et réunit un corps de troupes contre qui l’émir marcha ; K’âsim eut l’imprudence d’aller le trouver sans avoir obtenu sa grâce, et il fut mis à mort.[213]

En cette année 168 mourut Chîloûn (Silon), roi de Galice, que l’on remplaça par Alphonse.

Mais Mauregat l’attaqua et le tua.[214] Dans cette situation troublée, le lieutenant à Tolède d »Abd er-Rah’mân fit une incursion dans le pays ; il y massacra du monde et rentra sain et sauf, traînant derrière lui du butin et des captifs.

En 168 (23 juillet 784), Abou’l-Kâsim ben Wâsoûl, chef des hérétiques çofrites à Sidjilmâsa, mourut subitement pendant la dernière prière du soir. Il avait exercé l’autorité pendant douze ans et un mois, et fut remplacé par son fils Elyâs.[215]

En 789, Idrîs Ier, un descendant de Hasan surnommé Az-Zakî (vertueux) fils aîné d'`Alî et de Fâtima fille de Mahomet, s'enfuit pour échapper aux persécutions abbassides. Il s'installa à Volubilis, peut-être alors dominée par les Awraba, et la ville lui sert de base pour ses expéditions militaires dans le processus de création du royaume idrisside28. Des monnaies d'argent et de bronze sont frappées là de 789 à 825
En 789, Idrîs Ier, un descendant de Hasan surnommé Az-Zakî (vertueux) fils aîné d’`Alî radi Allah anhu, s’enfuit pour échapper aux persécutions Abbassides. Il s’installa ici à Volubilis dans l’actuel Maroc, alors peuplé par les berbères  Awraba, et la ville lui sert de base pour ses expéditions militaires dans le processus de création du royaume Idrisside. Des monnaies d’argent et de bronze sont frappées là de 789 à 825.

Fakh et avènement des Idrissides: 

[P. 63] (Le soulèvement des Alides, sous le khalife abbasside ElHâdi en 169 (13 juillet 785), se termina par le massacre qui eut lieu à Fakhkh, près la Mekke,[216] où périt notamment El-H’oseyn ben ‘Ali).

Parmi ceux qui parvinrent à s’échapper figurait Idrîs ben ‘Abd Allah ben el-H’asen ben el-H’asen ben ‘Ali, qui put gagner l’Egypte.

Le directeur des postes de cette province, Wâd’ih’, client de Câlin ben el-Mançoûr, qui était chi’ite ou partisan d’Ali, le fit fuir en poste jusqu’au Maghreb.

Le fuyard s’installa à Walîla (Oulîli) dans le territoire de Tanger,[217] et les Berbères du pays se rallièrent à lui.

El-Hâdi fit d’abord décapiter, puis crucifier Wâdih’.

Selon une autre version, c’est Er-Rechîd qui le fit mettre à mort.

Ce prince, ajoute-t-on, envoya auprès d’Idris un émissaire, Ech-Chemmâkh al-Yemâmi, client d’El-Mehdi, qui se donna pour un chi’ite et qui, par les marques de respect qu’il lui prodigua, se concilia sa faveur.

Idrîs, qui l’avait fait demeurer avec lui, se plaignant un jour de souffrir des dents, reçut de son confident un remède empoisonné à employer au lever du jour. Ech-Chemmâkh s’enfuit aussitôt, et reçut d’Er-Rechîd la direction des postes d’Egypte.

Quant à Idrîs l’Alide, il mourut empoisonné, laissant pour successeur son fils Idrîs ben Idrîs, qui régna après lui.

Cette famille garda le pouvoir dans ce pays et disputa le gouvernement de l’Espagne aux Omeyyades, ainsi que nous le dirons.

[P. 75] En 170 (2 juillet 786) mourut Yezîd ben Hâtim al-Mohallebi, gouverneur d’Ifrîkiyya, qui laissa ses fonctions à son fils Dâwoûd.

Les Ibâdites s’étant soulevés dans les montagnes de Bâdja, Dâwoûd envoya contre eux une armée, qui fut battue ; il en équipa une seconde qui obtint cette fois le dessus et qui massacra de nombreux Ibâdites.

Après neuf mois de gouvernement, Dâwoûd céda la place à son oncle Rawlr ben H’âtim Mohallebi, nommé gouverneur d’Ifrîkiyya par Haro un Er-Rechîd.[218]

En 170 (2 juillet 786) l’Omeyyade ‘Abd er-Rah’mân, prince d’Espagne, tomba sur les Berbères Nefza, dont il humilia la puissance et à qui il tua du monde.

[P. 76] La même année, ‘Abd er-Rah’mân fit construire la grande mosquée de Cordoue sur l’emplacement d’une église.

Il dépensa pour cela cent mille dinars.[219]

La mosquée Omeyyade de Cordoue vue du ciel
La mosquée Omeyyade de Cordoue vue du ciel , fut principalement l’oeuvre d’Abd al-Rahman Ad-Dakhil en 786

Mort d’’Abd er-Rah’mân l’Omeyyade

En 171, en rebî’ II (18 septembre 787) mourut ‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya ben Hichâm ben ‘Abd el-Melik, roi d’Espagne. D’autres le font mourir en 172 (10 juin 788), ce qui est plus exact. Il naquit dans la région de Damas[220] ou à El-‘Olya, près de Tadmor, en 113 (14 mars 731) et mourut à Cordoue.

Les dernières prières furent dites par son fils ‘Abd Allah ; un autre de ses fils, Hichâm, qui avait été désigné comme héritier présomptif, était à Mérida comme gouverneur, et son fils aîné Soleymân ben ‘Abd er-Rah’mân était à Tolède, dont il était également gouverneur, de sorte que ni l’un ni l’autre n’assistèrent à la mort de leur père. ‘Abd Allah surnommé Balensi, alors présent, reçut le serment de fidélité au nom de son frère Hichâm, à qui il annonça la mort de leur père et son avènement, et Hichâm se rendit alors à Cordoue.

‘Abd er-Rah’mân avait régné trente-trois ans et quelques mois ; son prénom (konya) était Abou’l Mot’arref, d’autres disent Abou Soleymân ou Abou Zeyd ; il laissa onze fils et neuf filles ; sa mère était une captive berbère amenée d’Ifrîkiyya.

Il était roux et borgne, avait les joues maigres ; d’une taille haute et élancée, il portait deux boucles.[221]

Il avait la parole facile et élégante et savait faire des vers ; doux, instruit, résolu, prompt à poursuivre les rebelles, il ne restait jamais longtemps en repos ou livré à l’oisiveté ; il ne se reposait sur personne du soin de ses affaires et ne se confiait qu’à son propre jugement.

Doué d’une profonde intelligence, il alliait une bravoure poussée jusqu’à la témérité à une très grande prudence et se montrait large et généreux. Il portait le plus souvent des vêtements blancs.

On le comparait à El-Mançoûr (l’Abbasside) pour la fermeté de sa volonté, pour son énergie et sa ferme administration.[222]

Il construisit la Roçâfa à Cordoue, par imitation de son grand-père Hichâm, qui avait élevé la Roçâfa de Syrie.

Il y habitait quand il fit les vers suivants à propos d’un palmier isolé qu’il y vit :

[P. 77 : T’awîl] « Dans Roçâfa vient de nous apparaître un palmier égaré sur la terre d’Occident loin du pays qu’habitent ses pareils. Voilà, me suis-je dit, mon image ; moi aussi je vis dans un lointain exil, séparé depuis longtemps de mes enfants et de ma famille. Tu as grandi sur une terre étrangère, et comme toi je suis éloigné et séparé (des miens). Puisse le contenu des nuées matinales l’abreuver d’autant d’eau qu’en font déverser Arcture et l’Epi ![223] »

Il fut rejoint en Espagne par des Omeyyades d’Orient,[224] dont on cite parmi les noms connus ‘Abd el-Melik ben ‘Omar ben Merwân, le descendant le plus direct de l’ancêtre des Benoû Omeyya.

C’est lui, ainsi que nous l’avons dit, qui fut cause que l’on cessa en Espagne de prononcer la prière au nom des Abbassides.[225] Il (Abd el-Melik ?) avait onze enfants (mâles).

Cordoue et sa région a son apogée sous les Omeyyades ver l'An 1000 source : Arthure  Redondo
Cordoue et sa région a son apogée sous les Omeyyades ver l’An 1000 source : Arthure Redondo

Avènement de son fils Hichâm

‘Abd er-Rah’mân avait désigné comme héritier présomptif Hichâm et non son fils aîné Soleymân, à cause de l’intelligence et de la capacité qu’il lui avait reconnues.[226] Hichâm, lors de la mort de son père, se trouvait à Mérida, dont il était gouverneur et administrateur, et son frère aîné Soleymân était à Tolède. Ce dernier désirait obtenir le pouvoir pour lui-même et était jaloux de son frère Hichâm, à cause de la préférence dont celui-ci avait été l’objet de la part de leur père ; aussi le haïssait-il secrètement, et il songeait à se révolter.

Un autre frère, ‘Abd Allah surnommé Balensi, se trouvait à Cordoue au moment de la mort d’’Abd er-Rah’mân et fit prêter de nouveau le serment d’obéissance à Hichâm, après avoir récité les dernières prières sur le corps de leur père. Hichâm, averti par lui de la mort de ce dernier et de cette prestation de serment, partit aussitôt pour Cordoue, où il arriva en six jours et où il prit en mains le pouvoir.[227] ‘Abd Allah rentra chez lui en donnant des témoignages d’une obéissance qui n’était pas dans son cœur. Nous raconterons, si Dieu le permet, ce qu’il fit plus tard.

Notes du Traducteur : 

[119] C’est-à-dire, quitta Séville pour faire de Cordoue le siège du gouvernement (voir Bayân, II, 24 ; al-Makkari al-Tlemceni al-Qurayshi, n. 8).

[120] Le Nodjoûm (i, 279) place la mort d’Es-Samh’ au 8 doûl-hidja 103, ou 28 mai 722; mais il la retarde erronément d’un an, puisque ce chef tomba dans la bataille de Toulouse.

[121] Le projet que l’on prête à ‘Omar ben ‘Abil el-‘Azîz lui était inspiré par le souci de ses sujets, et il y est fait allusion par maints auteurs (Madjmoua, p. 23 ; Fath’ o-l-Andaluçi, texte p. 24 ;Bayân, II, 25 ; Ibn Hayyân, ap. Makkari, n, 8 ; Ibn el-Koûtiyya, 265, l. 5). Ibn el-Athir emploie le mot ahl « habitants », qui pourrait s’entendre des indigènes ; mais le rapprochement avec les autres textes justifie, je crois, les additions que j’ai faites entre parenthèses (comparez aussi Dozy, Recherches, t. I, 2e éd., p. 81, ou 3e éd., p. 76 ; Codera, Boletin de la Real Academia de la Historia, t,xxvi, p. 115). Ibn el-Koûtiyya s’est exprimé dans des termes que je traduis le plus littéralement possible : « ‘Omar ben ‘Abd el-‘Azîz avait recommandé à Es-Samh’ de faire émigrer ceux des adeptes de l’Islâm qui étaient entrés en Espagne, a raison des bons sentiments qu’il avait pour eux, vu qu’il craignait que l’ennemi ne l’emportât sur eux. On lit dans la traduction du Recueil de textes, p. 229 : « ‘Omar avait promis à Es-Samh’ d’exonérer d’impôts tous les musulmans qui s’étaient établis en Andalousie ; il avait décidé de prendre à leur égard cette mesure gracieuse parce qu’il craignait qu’ils ne pussent tenir tête à l’ennemi. Es-Samh’ lui ayant fait savoir par écrit, etc. ». Le mot exonérer est l’objet d’une note. La traduction de Cherbonneau (Journal as., 1856, II, 440) s’était moins éloignée du texte.

[122] Plus haut, on lit « el-Ah’waç », comme dans Makkari, le Bayân et Ibn el-Koûtiyya.

[123] On lit aussi Kenâni dans le Bayân ; Makkari lit, Kilàbi. Ibn el-Koutiyya appelle ce chef « El-Haythem ben ‘Abd el-Kâfi », et le Nodjoûm «El-Haythem ben ‘Abd Allâh al-Kelbi ».

[124] Ci-dessus,  il est appelé « ben ‘Abd-el-Melik ».

[125] Voir le Bayân, ii, 36.

[126] Makrizi a consacré à ce prince un assez long article dans son dictionnaire biographique intitulé Mokaffa, dont un volume est conservé à Paris (voir le ms. n° 2144, f° 53-56). Le récit de la fuite d’’Abd er-Rahmân y est, entre autres choses, reproduit textuellement. Comparez la narration que fait Dozy de cet événement (Mus. d’Espagne, I, 297.)

[127] Le Meraçid ne mentionne pas cette localité, que je n’ai pas non plus retrouvée citée ailleurs.

[128] A douze milles au nord de Ramla en Palestine ; la rivière de ce nom a sa source dans la montagne de Naplouse, et se jette dans la mer entre Arsouf et Jaffa (Meraçid, II, 357 ; III, 243 ;Géographie d’Aboulféda, trad., ii, 60).

[129] Ou chez les Nefza, comme dit le Bayân (II, 42) qui donne la même origine berbère à la mère du prince fugitif. Cette femme s’appelait Râh’ ou Redâh’ (Bayân, p. 49 ; Mokaffa ; voir aussi Fournel, I, 338).

[130] Il faut probablement lire « Temmâm », forme sous laquelle ce nom est presque toujours écrit.

[131] Comparez Musulmans d’Espagne, I, 324.

[132] C’est-à-dire le 13 mai 756. Il s’était écoulé plus de six mois depuis le débarquement de l’envahisseur, qui eut lieu en septembre 755 (voir Dozy, l. l. I, 324-350).

[133] Le Guadalquivir.

[134] Selon Ibn el-Koutiyya et ainsi que le raconte Dozy (I, 355), ce fut Abou Zeyd, fils de Yoûsof, qui exécuta, d’après l’ordre de son père, ce retour offensif. La version du Mokaffa est la même que celle d’Ibn el-Athîr.

[135] Le fils de Yoûsof qui fut livré comme second otage était, d’après Dozy (t. I, 357 et 362), Abou Zeyd, ce qui est le Konya ou prénom d’Abd er-Rah’mân, ainsi qu’on le voit par le Madjmoua ; c’est ce dernier nom aussi qu’on retrouve dans le Mokaffa.

[136] Ce vers figure dans la Hamâsa.

[137] ‘Abd er-Rah’mân, sitôt installé, fit aussi, pour amener auprès de lui ses deux sœurs germaines restées en Syrie, une tentative dont fut’ chargé le kâdi Mo’âwiya ben Gâlih’, mais qui resta infructueuse, les deux princesses ayant objecté les périls du voyage et fait valoir le calme et l’abondance où elles vivaient. C’est ce que nous apprend Ibn el-Koûtiyya (p. 275 du texte partiel publié dans le Recueil de textes et de traductions), ce qui est rendu ainsi dans la traduction (p. 249 ibid.) : « Lorsqu’’Abd errahmân était venu pour la première fois en Andalousie, il y avait rencontré Mo’awïa ben Salih Elhadrami, un jurisconsulte syrien ; il l’avait envoyé en Syrie accompagner ses de deux sœurs germaines et porter en même temps une certaine somme d’argent. Quand Mo’awïa se présenta aux deux sœurs, celles-ci lui dirent : « Les dangers du voyage sont toujours à redouter ; mais, grâce à Dieu, nous sommes arrivées saines et sauves ; on a été largement généreux pour nous, et il nous eût suffi d’être en bonne santé ». Cf. la trad. Cherbonneau, Journ. as., 1856, II, p. 465. — Ce voyage du Mdi eut lieu à une date où les deux fils du souverain Soleymân et Hichâm étaient d’âge à recommander à leur père un candidat à la place de kâdi à Cordoue, ainsi qu’on le voit par le récit de l’auteur cité (texte, p. 28u). Yahya ben Yezîd Todjîbi (ou Yah’çobi), dont la nomination remontait à Hichâm ben ‘Abd el-Melik, étant venu à mourir, le refus de Moç’ab ben ‘Imrân d’accepter cette situation fut cause que le choix du souverain se porta sur Mo’âwiya ben Çâlih’ Had’rami (ou H’imçi). Celui-ci resta en place jusqu’à la fin du règne d’ ‘Abd er-Rah’mân et pendant la première année du règne de Hichâm ben ‘Abd er-Rah’mân ; alors il mourut et fut remplacé par Moç’ab, que Hichâm avait autrefois recommandé à son père (voir Dozy, Mus. d’Esp., I, 383 ; Makkari, II, 31, l. 20 ; et Ibn el-Koûtiyya, texte p. 275 et 280) ; la traduction, p. 249 et 257, présente autrement les faits et confond les deux Hichâm : l’un, fils d’’Abd el-Melik, et l’autre, fils d’’Abd er-Rah’mân.

[138] Le texte imprimé porte « Almodovar ». Je corrige en « Moron » d’après le Bayân (ii, 51), Ibn Khaldoun (éd. Boulak, iv, 121), et Dozy (l. l., p. 360).

[139] D’après le Bayân (II, 50), les deux fils de Yoûsof Fihri avaient été remis en liberté par le vainqueur dès que celui-ci eut regardé comme sincère la soumission de leur père. Ce passage fait probablement allusion à la fuite d’’Aboû’-l-Aswad (Dozy, l. l., 375 ; Bayân, ii, 52).

[140] C’est ainsi que je corrige le texte, qui porte « Tidowilia » ; il s’agit de Fruela I.

[141] « Lugo de Galice, Zamora, Salamanque, Avila, etc., qui furent, d’après Ibn el-Athîr et Ibn Khaldoun (éd. Boulak, iv, 122), conquises par Fruela Ier, le furent, disent les auteurs chrétiens, par son prédécesseur, Alphonse Ier le Catholique ». (Communication de M. Fr. Codera). — J’ai corrigé Fachtiyâla du texte en K’achtâla (orthographe d’Ibn Khaldoun et d’Edrisi) ou K’achtîla (orthographe du Bayân, ii, 130), nom arabe de la Castille.

[142] Je crois que l’Akhbâr Madjmoû’a (p. 101 texte, 95 trad.) est seul à mentionner aussi cette révolte. Les mouvements insurrectionnels furent d’ailleurs nombreux sous le règne de l’énergique fondateur de la dynastie omeyyade d’Espagne.

[143] Ce nom est écrit « Orwa » dans le Madjmoûa (texte, p. 101) et le Fatho-l-Andaluçi, texte, p. 61. Dozy lit aussi Ozra (i, 366). Ibn Khaldoun écrit « Hichâm ben ‘Abd Rabbihi » (éd. Boulak, iv, 122).

[144] Les mots entre astérisques ne figurent pas dans le ms. de Paris, ainsi d’ailleurs que l’a signalé Tornberg. Au surplus, Yoûsof Fihri fut mis à mort en 142, ainsi qu’il est dit plus haut, de sorte qu’il ne peut être question d’une révolte à laquelle il aurait participé en 144. Ajoutez que notre chroniqueur, dans la suite du récit, parle toujours d’un révolté, au singulier. En rapprochant ce passage du Fatho-l-Andaluçi (l. l.) je suis amené à lire : « Hichâm, … l’un des cousins de Yousôf Fihri. »

[145] Je ne trouve que le mot signifiant : « a crown, globe or any ornament on the top of a flower, » (Richardson, Persian English dictionary). Peut-être faut-il traduire : « dont la tête placée sur un mangonneau fut (placée) dans la ville. »

[146] J’ajoute le nom de Béja, qui paraît avoir été omis ou défiguré, d’après le Bayân, le Mokaffa (qui donnent la date de 146), le Madjmoûa, Ibn Khaldoun (qui donne la date de 149), etc.

[147] Même récit dans le Mokaffa ; comparez Dozy, i, 365 ; Fournel, i, 422. C’est en 147 qu’El-Mançoûr fit le pèlerinage (Ibn el-Athîr, v, 446).

[148] Le texte lit « Hâchem », ce qui est certainement une faute d’impression ; d’ailleurs le ms. de Paris lit « Hichâm » (cf. supra, p. 227). La prise de Tolède, en 147 ou, d’après Ibn Khaldoun, en 149, marque la fin de la révolte dont il a été parlé sous l’année 144.

[149] On lit « Hichâm » dans le récit que fait le Bayân (n, 55). Le Madjmoû’a (p. 101) l’appelle simplement « El-‘Omari », descendant d’ ‘Omar ben el-Khattâb ; dans Ibn Khaldoun, « Hamza ben ‘Abd Allah ben ‘Omar ».

[150] Ce fait est également mentionné dans le Fatho-l-Andaluçi (texte, p. 63), qui parle des affranchissements et des aumônes par lesquels le souverain manifesta sa satisfaction d’avoir son fils auprès de lui.

[153] Sur ces événements, voir Dozy, i, 368 ; Bayân, ii, 55 ; Madjmoû’a, p. 105 ; Ibn Khaldoun, iv, 122 ; notre récit est plus complet et plus détaillé.

[154] Ce nom est écrit Ra’wâk, résultant de l’omission d’un point diacritique, par le Bayân (II, 55), et le Madjmoû’a (p. 102 et 105) ; on trouve aussi Raghwân (Zaghwân ?) ailleurs. D’après l’éditeur et traducteur de ce dernier ouvrage, il y faut voir Alcala de Guadaira (l. l., p. 256). Je ne crois pas qu’il en soit parlé dans les géographies arabes, sous l’une ou l’autre orthographe. C’était le premier château qu’on trouvait, en remontant le fleuve, à huit milles de Séville (Dozy, Recherches, 3e éd., t. II, p. 261).

[155] Dans Ibn Khaldoun, on trouve les deux orthographes ‘Atâb et Ghiyâth ; mais on sait combien l’édition de Boulak est fautive.

[156] D’après le Madjmoûa, au contraire, le vainqueur les épargna.

[157] Nos autres sources, — à l’exception d’Ibn Khaldoun et aussi du Mokaffa, qui semble suivre presque exclusivement le récit d’Ibn el-Athîr, — ; ne mentionnent pas cette révolte. Dans le ms. de Paris, le nom écrit d’abord « Kherâcha » a ensuite été transformé en Khorâsa, mais à tort probablement, car Dhehebi ne mentionne que la première de ces formes.

[158] On trouve plus de détails sur la révolte de ce puissant chef yéménide dans Dozy (i, 369 ; voir aussi le Bayân, ii, 56 ; le Madjmoû’a, p. 105 ; Fatho-l-Andaluci, p. 63). Ce nom est ordinairement écrit Abou’ç-Çabbâh’ ben Yah’ya, mais aussi (Madjmoû’a, 84) Abou’ç-Çabbâh’ Yah’ya ben Folân (un tel).

[159] Je ne retrouve ce nom que dans Ibn Khaldoun, qui écrit « Ghiyâth ben el-Mostabidd ».

[173] L’orthographe de ce nom varie ; j’ai suivi celle de Dozy (Mus. d’Espagne, I, 372) et de de Slane (Berbères, i, 259). Tornberg a imprimé Chak’nâ, et il en est de même dans le Fatho-l-Andaluci, p. 64, et dans Ibn Khaldoun (Boulak, iv, 123) ; le Madjmoû’a lit Sofyân ; le Mokaffa, Chak’nâs ‘Abdel-Wâbid. Cf. Fournel, i, 423.

[174] Aujourd’hui Castro de Santaver, sur le Guadelia (Lexique géographique de l’Akhbar Madjmoû’a, p. 261 ; Dozy, i, 372 ; Fournel, i, 424).

[175] Ibn Khaldoun insère ici « ben ‘Othmân ».

[176] Coria, dans le N.-O. de l’Estrémadure, est souvent citée par les auteurs arabes ; il en est dit un mot par Edrisi (trad. p. 222).

[177] Chebat’rân est le nom d’un château fort situé dans le territoire de Tolède, à ce que nous apprend le Meraçid, qui fixe l’orthographe de ce mot et permet de corriger le texte de Tornberg (t.vi, p. 4 et 33, infra, p. 242 et 247). Cette localité, qui ne figure pas dans Edrisi, est aussi citée par le Bayân (u, 56) ; elle est située entre Tolède et Santaver, d’après le Fatho-l-Andaluçi (p. 65).

[178] Medellin (?).

[179] Je n’ai pas retrouvé ce nom ailleurs ; comparez cependant ci-dessus, p. 205, où il est question de Hâchim ben ech-Châh’idj, qui doit être le même individu.

[180] Le Bayân (i, 155) dit aussi quelque chose de ces événements ; on y lit ‘Isa ben Yezîd (comme dans les Berbères, i, 261 ; dans Bekri, p. 330, ‘Isa ben Mezyed), et ensuite Samghoûn au lieu de Semkoû.

[181] Ailleurs le premier de ces noms est écrit ‘Abd el-Ghâûr (Madjmoû’a, 107 ; Bayân, ii, 57) ; on retrouve la lecture « ‘Abd el-Ghaffâr » dans le Fatho-l-Andaluçi (p. 65) ; chez Ibn Khaldoun ; chez Ibn el-Koûtiyya (p. 274) et chez Makkari (éd. de Leyde, ii, 33). — Je lis Molâmis, selon une variante rejetée en note par Tornberg, et d’accord avec les divers textes qui viennent d’être cités ; cependant Makkari (l. l.) écrit aussi « Molâbis » ; Dozy (Mus. d’Espagne, i, 344) a reproduit la lecture « Molâmis ». Cf. Fournel, i, 425.

[182] Ce fait est encore rappelé plus loin.

[183] Les détails que donnent sur cette affaire nos autres sources, qu’a suivies Dozy (i, 373), diffèrent de ceux qu’on vient de lire. La bataille eut lieu sur les bords du Bembuzar ou Wâdi K’ays (Dozy, p. 374) ; le premier de ces noms est écrit indistinctement dans le Madjmoua (p. 108), (Fatho-l-Andaluçi, p. 66) ou (Ibn el-Koûtiyya (p. 274, l. 7 et 17).

[193] Voir Dozy, i, 377 ; Madjmoû’a, 110. Le nom de l’assassin, écrit peu lisiblement dans ce dernier texte, est. Mechkâr, d’après le Ray an (II, 58).

[194] En compagnie d’’Abdoûs ben Abou ‘Othmân, d’après le Madjmoû’a (p. 111).

[195] L’exécution de Dih’ya est de 164, d’après le Fatho-l-Andaluci, p. 67. La date de 162 parait aussi résulter du récit d’Ibn Khaldoun. Au lieu de « Dibya », le Madjmoû’a (p. 111) lit « Wadjîb ». Ce personnage, envoyé à Chak’yâ par Aboû ‘Othmân ‘Obeyd Allah, son oncle, et par Temmâm ben ‘Alk’ama, avait fait cause commune avec le rebelle, mais s’était échappé lorsque celui-ci fut assassiné.

[196] C’est ce que disent aussi Ibn Khaldoun et le Madjmoû’a (p. 111). On peut induire de là que la disgrâce de Bedr (ci-dessus, p. 245) ne dura pas jusqu’à la mort de ce fidèle serviteur.

[197] Je lis « Bernesi » ainsi que le porte une variante rejetée en note par Tornberg, et comme l’écrit le Madjmoû’a (p. 111), qui ajoute que Ghassâni périt le même jour qu’Ibrâhîm Bernesi. Cette dernière révolte eut lieu à Moron et est de 161 ou de 162 (Bayân, II, 58 ;.

[198] Je lis Temmâm, nom du personnage cité à plusieurs reprises ; c’est d’ailleurs la leçon du ms. de Paris.

[199] Je ne crois pas que cette insurrection soit mentionnée ailleurs.

[200] Le Madjmoû’a (p. 112) raconte les faits de la même manière.

[201] Il existe deux médecins célèbres de ce nom (Wüstenfeld, Gesch. der Arab. Aerzle, nos 59 et 125), et il ne pourrait être question ici que du plus ancien des deux, qui fut pendant un demi-siècle médecin, des khalifes. Mais comme il mourut en 243, il semble que c’est à tort qu’on lui fait ici émettre une observation qui est d’ailleurs souvent répétée par les médecins arabes.

[202] Makkari (II, 37) mentionne aussi le projet d’attaquer la Syrie. L’ambition du prince d’Espagne était d’ailleurs provoquée par les appels de ses partisans, qui avaient à se plaindre du joug pesant des Abbasides (Mokaffa, f. 56).

[203] Le Bayân (n, 58) place cette expédition en 165 ou 167. Au sujet de ces événements, comparez ci-dessus, p. 245.

[204] Le Madjmoû’a (p. 110) écrit ce nom « d’’Abd », mais on retrouve l’orthographe de notre texte dans le Fatho-l-Andaluçi (p, 67), dans Ibn Khaldoun (iv, 121) et dans Makkari (n, 31).

[205] Comparez ce récit à celui du Madjmoû’a (p. 113), du Fatho-l-Andaluçi (p. 68), de notre auteur (p. 246), du Bayân (II, 58) et de Dozy (p. 379).

[206] C’est probablement ce nom qu’on retrouve dans le Madjmoû’a (p. 114), que Lafuente traduit, avec beaucoup d’hésitation, par « Collioure ». On peut aussi songer à Calahorra. Comparez, pour les noms propres qui suivent et dont l’orthographe est incertaine, le texte de ce dernier ouvrage.

[207] Qui s’était échappé presque aussitôt après avoir été livré comme otage (Madjmoû’a, 114).

[208] Il commença par lui faire couper les pieds et les mains (ibid., 116 ; Dozy, i, 381).

[209] Il est parlé d’une autre conspiration de parents du prince, en 163 d’après Makkari (II, 31-32) ou en 165 (Fatho-l-Andaluçi, 69-70). Ces deux auteurs donnent quelques détails sur celle d’El-Moghîra (ibid.), mais le premier en fixe la date à 167, le second à 168, de même que le Bayân (II, 59) ; voir aussi le Madjmoû’a (p. 116).

[210] Le Fatho-l-Andaluçi écrit le nom d’un des conjurés Samore ben H’alîla.

[211] Voir Dozy, i, 376 et 381 ; Bayân, ii, 59 ; Madjmoû’a, p. 116 ; Ibn Khaldoun, iv, 124. Cette révolte est placée par le Bayân à l’année 169.

[212] Cette localité n’est pas citée par Edrisi. Elle correspond (selon Lafuente, lexique du Madjmoû’a, 250) à Cazlona, l’ancienne Castulo ou Castulone, dans la région de Linares. La rencontre eut lieu, dit le Bayân, au Gué de la Victoire (sur ce lieu, voir ibid., 264 ; Mus. d’Espagne, i, 314).

[213] Même version dans Ibn Khaldoun. Le Bayân parle de la révolte, mais non de l’exécution de K’âsim.

[214] Après Silon, mort en 783, régna Mauregat, à qui succéda Bermude i, en 788. Alphonse II le Chaste monta sur le trône en 797.

[215] On retrouve à peu près les mêmes renseignements dans le Bayân (i, 155 ; cf. Berbères, i, 261).

[216] Sur ces événements, cf. notamment Fournel, i, 389 et suiv.

[217] Bekri écrit Oulîli et Oulileni (voir p. 248, 263, 269, 317) ; sur la fuite d’Idrîs et son établissement dans le Maghreb, cf. ibid., p. 268 ; Berbères, ii, 559 ; Bayân, i, 72 et 218 ; Nodjoûm, I, 433 et 452 ; Kartâs, éd. Tornberg, texte p. 5, trad. p. 6).

[218] Comparez les récits, qui ne sont pas entièrement identiques, des Berbères, i, 224 et 387, et du Bayân, i, 72 ; Fournel, i, 385.

[219] Ces deux derniers faits sont également mentionnés dans le Bayân, (II, 59 et 60, supra, p. 223) ; le Fatho-l-Andaluçi (p. 70) parle de la fondation du djâmi’ de Grenade (par suite d’une mauvaise lecture ?). C’est à Hichâm qu’Ibn el-Koutiyya (p. 279) attribue la fondation de la grande mosquée de Cordoue dont une portion du butin fait à Narbonne par ‘Abd el-Wâh’id ben Moghîth aurait couvert, les frais. Mais d’après d’autres auteurs (Makkari, ii, 219 ; infra, p. 97 ; Bayân, ii, 92), cet édifice fut commencé par le père et achevé par le fils. Le Mokaffa (f. 56) parle aussi des nombreuses constructions édifiées par Abd er-Rah’mân.

[220] Dans une localité que le Mokaffa orthographie Deyr Khanînâ, le Bayân Deyr H’oseyna, le Nodjoûm, Deyr H’oneyn, et le Madjmoû’a, Deyr H’annâ.

[221] Ces boucles jouèrent un rôle dans les prédictions de grandeur dont il était l’objet dès avant la conquête de l’Espagne (Dozy, i, 305).

[222] La haute opinion qu’avait El-Mançoûr du fondateur de la dynastie omeyyade en Espagne est rapportée par le Bayân, ii, 61 ; le Madjmoû’a, p. 118 ; Merrâkechi, trad., p. 14 ; le Mokaffa, f. 55 v° et 56 ; Dozy, i, 381.

[223] Ces vers se retrouvent dans Makkari (ii, 37), dans le Bayân (ii, 62) et dans le Mokaffa (f. 55. v°).

[224] Cf. Dozy, i, 385 ; Makkari, ii, 32 ; Madjmoû’a, p. 95.

[225] Voir ci-dessus p. 244 ; Fatho-l-andaluçi, texte, p. 59 ; Makkari, ii, 40. Ce fut au bout de dix mois qu’Abd er-Rah’mân fit supprimer le nom du persécuteur de sa famille ; le Mokaffa dit que ce fut au bout d’un an. Le discours que tint ‘Abd el-Melik pour provoquer un changement dans la khotba y est rapporté, f. 56.

[226] Makkari (i, 216) parle de l’éducation que reçurent les deux princes et des aptitudes qu’ils témoignaient.

[227] Sur les circonstances dans lesquelles ce prince monta sur le trône, cf. Bayân, ii, 63 ; Fournel, i, 430.

Traduction française de ibn al-Athir du kitab  «Al-Kamil fi al-Tarikh  »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade