Le califat des Omeyyades ( Damas et Cordoue)

Voici la composition tribal non-exaustive des armées arabes venu en Afrique du nord et en al-Andalus , et des migrations venu d’Arabie (depuis les Omeyyades)

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L’arrivée de l’Islam a réussi à unifié toute les tribus arabes, ils ont ensuite tous afflué fortement au Bilad al-Sham et en Irak tout deux sémitique en quelques années, les grandes villes de garnison des armées rashidun et omeyyades et ensuite abbasside ce sont développées.

La population locale, assyro-babylonienne qui partage un ancêtre linguistique et génétique étroit avec les arabes Qahtanites et Adnanites musulmans ont rapidement été arabisé et assimilé.

Les Phéniciens et les Carthaginois sémites moyen-orientaux ont dominé l’Afrique du Nord et les rives ibériques pendant plus de 8 siècles jusqu’à ce qu’ils soient évincés par les Romains et l’invasion barbare vandale, et la formation de royaumes numides.

Les tribus arabes adnanites et qahtanites en afrique se sont installés principalement dans les vieilles villes de fondations phéniciennes et carthaginoises tenus anciennement par les les romain bysantins , tandis que les Berbères sont restés dominant et majoritaire dans les terres et campagnes.

Donc l’Afrique du Nord est devenue « arabe » dans les villes mais pas dans les campagnes jusqu’au 11ème siècle et l’arrivé des bédouins en masse, alors que la péninsule ibérique, en particulier toute sa partie sud, est resté fortement arabe et arabisé. L’arabisation de l’andalousie étais complete ( hors partie chrétienne mozarabes) des villes et campagnes .

Les tribus arabe :

Les Banu Tamim تميم: une grande tribu lié à Qouraysh. Ils habitaient l’Arabie central et le nord jusqu’àu sud de l’Irak. Après l’Islam, ils ce sont élargi encore en Irak, Perse et l’afrique du nord. Ils ont fondé la dynastie maghrebine des aghlabides sous les abbassides qui à conquis la sicile et pillé Rome dynastie d’émirs issue de la tribu arabe des Banu Tamim originaire du Khorassan. Deuxième dynasties arabe après les arabes des banu azd Muhallabides ayant régné sur l’Ifriqiya au nom du calife abbasside, de 800 à 909, elle compte onze souverains avant d’être évincée avec l’installation des Fatimides, les Aghlabides ont du lutter aux limites de leur royaume contre des populations berbères ainsi qu’à protéger et renforcer l’établissement des immigrants arabes venant du Moyen-Orient par vagues régulière

Les Banu Qays « aylaan قيس عيلان: une confédération de tribus qui est originaire du Hijaz (Arabie occidentale), mais ils ce ont étendu à l’est vers le Najd (Arabie centrale) et Bahreïn (Arabie orientale), l »Espagne et Maghreb

Les Banu Iyaad إياد: l’une des premières tribus arabes a s’installer en Irak pré-islamique. Très présent en andalousie beaucoup de savant étais issue de cette tribu.

les Banu Taghlib تغلب & Banu Bakr بكر sont vers le nord jusqu’à la Turquie moderne, ont les retrouve partout au moyne-orient, ils étais chrétiens à la base. La dynastie chiite hamdanide de syrie fut fondé par des soldat abbasside de la tribu des taghlib, le savant andalous Abul al-Qasim al-Andalusi at-Taghlibi était un banu Taghlibi)

les banu Rabi «  étaient toujours les plus pauvres et moins influents pamis les   Mudarites dans les affaires arabes et islamiques. Néanmoins, ces tribus ont toujours joui d’une grande renommée dans l’histoire et de la littérature arabes, probablement en raison de leur présence généralisée dans le monde arabe, et à leur gloire dans les combats ils sont entre le Maroc et l’Irak, ils étais présents dans toute les armées arabes omeyyades et abbassides.

Les Banū Makhzum ( بنو مخزوم ) était l’un des riches clans de Quraysh dont le grand général musulman Khalid ibn al-Walid al-Makhzumi en fesait partie (ra)les membres de ce clan vivent encore dans l’actuelle Arabie Saoudite mais dans une moindre mesure au Maghreb comme le célèbre vizir omeyyade et poète andalous Ibn Zaydun al-Makhzumi al-Andalusi, cette tribu fut l’une des premières tribus arabes à immigrer vers Al-Andalus.

Les Banu Qudaa قضاعة:. Une importante tribu qahtanite. Ils se sont déplacés en provenance du Yémen au Hedjaz (Arabie occidentale), puis en Syrie, où beaucoup ont adopté le christianisme monophysite. Après l’Islam, la tribu s’est impliquée dans les conflits entre plusieurs dynasties régnantes omeyyades, abbassides, fatimides, et que le résultat, la tribu a été expulsé vers l’Égypte et l’Afrique du Nord et espagne à la prise de pouvoir par la dynastie abbasside en 750 CE.

Les Banu al-’ azd الأزد: une sous-branche de Kahlaan كهلان, était une importante tribu ramifiée en plusieurs tribus importantes. Algerie, Maroc, Tunisie, Syrie, Irak; Arabie etc… Des savants maghrebin comme Ibn al-Banna al-Marrakushi al-Azdi en sont et des la dynastie arabes Muhallabides (Ar. al-Muhaliba) étaient une clan arabe qui est devenue important dans le milieu califat omeyyade et atteint sa plus grande éminence au début des Abbassides , lorsque les membres de la famille régnais sur Bassorah et mais surtout dans l’Ifriqiya .

Les Banu GHassaan غسان: tribu des Ghassanids. Ils ont émigré du Yémen au Hedjaz (Arabie occidentale), puis en Syrie, où ils ont adopté le christianisme monophysite. Beaucoup de chrétiens du Liban moderne sont leur enfants, la Palestine, la Jordanie et la Syrie retracer leurs ancêtres à cette tribu, présente aussi dans toute les armées, Hassan ibn Numan le général d’ifriqiya qui tua la bebère al-Kahina en étais un.

Les Banu Lakhm لخم: la tribu des Lakhmides. Ils ont émigré du Yémen à la Mésopotamie (Irak) où ils ont établi leur royaume. Présent entre maghreb et mashrek. Moussa ibn Nucayr l’émir d’afrique du nord en étais un. Les Banû `Abbad ( بنو عباد sont une dynastie arabe qui régna à Séville (1023-1091) après le démembrement du califat Omeyyade de Cordoue, durant la première période de taïfas, issue de l’ancienne tribu arabe des Lakhmides. Ses membres étaient à la fois cadis et gouverneurs de Séville

Les Banu Kinda (t) كندة: la tribu des Kindites. Ils ont émigré du Yémen et se sont installés définitivement en Arabie centrale. Les décndants sont en Algerie, Arabie, Yémén, Emirats arabes unis et en malaysie, Ibn Khaldoun est un kindite.

Les Banu al-’ AWS الأوس & ‘Les Banu al-Khazraj الخزرج: deux tribus qui ont émigré du Yémen au Hijaz et se sont installés dans la ville de Yathrib يثرب (Medina moderne-jour). Ils ont soutenu le saint prophète Muhammad (sws) contre sa propre tribucelle de Quraysh قريش, et c’est pourquoi ils ont été appelés dans l’histoire islamique, les « partisans الأنصار. » Ansars ils sont partie principalement entre l’afrique du nord et l’arabie la dernière dynastie musulmane maghrébine les nasrides d’espagne étais issue des Banu Khazraj

Les Banu Kalb بنو كلب était l’une des tribus d’Arabie à l’époque du propète Muhammad (sws). Les Banu Kalb sont des Yéménites qahatanites, de nos jours la majorité des descendants sont dans le nord-ouest de la Syrie en particulier à Homs et Qardaha, et un peu au Maghreb, l’émirat arabe de sicile de la dynastie des Kalbites furent fondé par les Banu Kalb venu d’ifrikiya

Les Banu Tay est une grande tribu, ils ont émigré du Yémen au nord de l’Arabie. Plus tard, ils se sont déplacés en Syrie et en Irak. Beaucoup de la tribu ont adopté le christianisme monophysite en Syrie. Pendant le règne de la dynastie musulmane des Fatimides (909-1171 CE, stationnée en Egypte), cette tribu a été amené à s’installer en Egypte dans le cadre d’un plan visant à arabiser totalement Egypte, ils sont présent aussi en algerie, tunisie et maroc et ils étais aussi en espagne. Le cadis ibn arabi et le soufi ibn al arabi ( ce sont pas les memes) d’al Andalus sont issue de cette tribu.

Les Banu Judham, dont la dynastie arabe des Hamdanides de Msila est issue au temps des fatimides.Le chef de cette famille se nommait Ali-Ibn-Hamdoun ibn- Semniak-Ibn-Masoud-Ibn-Mansour-el-Djodami (de la tribu arabe qahtanite de Judham) et portait le surnom d’Ibn-el-Andeloci (fils de l’Andalous). Avant l’époque où les missionnaires fatimides commencèrent leurs démarches, pendant qu’Obeid-Allah et Abou-‘l-Kacem étaient encore en Orient, il s’attacha au service de ces princes.

Les Banu Hamdaan همدان: une grande tribu qui vivait dans le sud-ouest de l’arabie Saoudite ils ont dominé la Syrie et le Liban

Les Banu Hilal en Afrique du Nord 1046

►Les Banu Hilal était une grande confédération tribale arabe du Hejaz et Najd , organisée par les Fatimides envoyer en afrique du nord. Ils ont frappé en Libye, en réduisant les Zenata Berbères (un clan qui a un coté d’ascendance yéménite des périodes pré-islamiques) des villes côtières les Banu Hilal finisse par s’installer au Tunisie , Maroc et en Algérie moderne et donc les Sanhaja furent vaincus et arabisé.

Les Sulaym en Afrique du Nord, 1049

Les Banu Sulaym était une autre confédération tribale arabe du Nejd qui ont suivi à travers les épreuves des Banu Hilal et les ont aidés à vaincre les Berberes Zirides dans la bataille de Gabis en 1052 , et ont finalement pris Kairouan (Tunisie moderne) dans l’année 1057. Les Banu Sulaym sont principalement en Lybie, Algerie, Tunisie et Iraq et Syrie.

Les Banu Kanz dans la Nubie et le Soudan 11ème siècle-14ème

Complétée par l’arrivée des Banu Jaali et Banu Juhayna ce sont des grandes tribus arabes.

Hassaan en Mauritanie, 1644-1674 CE

Les Banu Maqeel مقيل était une tribu yéménite qui s’est installée en Tunisie au 13ème siècle ils sont principalement entre l’algerie à Tlemcen et Oran et au Maroc.

Les banu Hassaan, une branche Maqeel, a emménagé dans la région des afro-Sanhaja dans ce qui est aujourd’hui le Sahara occidental et la Mauritanie, ils se sont battus une trentaine d’années aux côtés des Berbères arabisés Lamtuna qui prétendaient ascendance Himyarite (jund al futuh des invasions islamiques ou pré islamique ) défaisant les Berbères Sanhaja et ils ont imposé l’arabisation en Mauritanie.

al-Andalus

Les Banû Hûd (بنو هود), est l’une des plus importantes dynasties d’Al-Andalus 1039 à 1146 d’origine yéménite faisait remonter sa lignée au prophète Houd (as). Ils sont venus en Espagne au temps de l’invasion musulmane avec des tribus palestiniennes et jordaniennes luttant contre la reconquista chrétienne et contre les ambitions des Almoravides. Ses membres portaient le qualificatif tribal « Al-Hûdhami » et se signalent par leur succès politique en usant de leur diplomatie en même temps que de fermeté guerrière. Ils ont hérité leurs territoires des arabes Toujibides qui englobaient presque entièrement la vallée de l’Èbre. Ahmad Ier al-Muqtadir, Yusuf al-Mu`taman et Ahmad II al-Musta`in portaient un grand intérêt pour la culture et les arts. En particulier, Yusuf al-Mu`taman est le célèbre mathématicien connu sous le nom d’Ibn Hûd, auteur du Kitab al-istikmal (compendium mathématique). L’Aljafería, la résidence royale d’Ahmad Ier est pratiquement le seul palais musulman encore debout en Espagne. Après sa défaite lors d’une bataille contre les chrétiens, Ahmad II al-Musta`in demande l’aide des Almoravides qui la lui accordent. Après la mort de l’émir, les Almoravides imposent leur hégémonie sur les successeurs. En 1086, ils ont mené une rébellion avec de petits royaumes contre les Almoravides qui ont conquis Saragosse en 1110. Le dernier représentant de la dynastie est mort en 1146 lors d’une insurrection contre les Almoravides.

Les Banu Tujib (بنو تجيب) était une dynastie de l’Al-Andalus qui a régné sur la Taïfa de Saragosse de 1018 à 1039. Les Toujibides sont à l’origine une famille arabe d’origine yéménite, ayant immigré dans la péninsule Ibérique au viiie siècle au temps des grandes conquêtes musulmanes. Cette famille influente qui joua un grand rôle dans la vie politique d’al-Andalus appartenait à l’aristocratie musulmane. Le fief de la famille se trouvait dans la vallée d’Ebre et plus particulièrement dans la ville de Daroca. C’est à partir de cette ville qu’ils propagent leur influence, jusqu’à Calatayud. Ils ont été les vassaux du califat Omeyyade de Cordoue qui les avait aidés dans leur lutte contre les Banu Qasi, une famille musulmane d’origine wisigothe. Ils ont conquis leur indépendance à l’époque des Taïfas, mais ils l’ont vite perdue au profit des Houdides. C’est la branche des Banu Hachim qui a exercé pour la première fois son pouvoir politique. Le premier gouverneur Toujibide de la Taïfa de Saragosse a été Mohammed al-Anqar qui a été désigné en 890 et a quitté son poste en 925. Lui ont succédé Hachim ibn Toujibi (925-930), Mohammed ibn Hachim (930-950), Yahia ibn Mohammed (950-975), Abderrahman ibn Mohammed al-Toujibi (975-989) et Abderrahman ibn Yahya (989-?) L’autre branche, celle des Sumadith, réussit à prendre le pouvoir dans la première moitié du xie siècle sur la principauté d’Almeria, où leur dynastie règne jusqu’à l’arrivée des Almoravides en 1091. Le membre le plus célèbre de la dynastie est le prince al-Mutasim qui a été contraint par les Almoravides de se retirer de la ville de Béjaïa

Les alides Idrissides au Maghreb al-Aqsa

Les Idrissides (: الأدارسة ou al-adārisa) sont une dynastie arabe zaïdite ayant régné entre 789 et 985 sur le Maroc actuel et une partie de l’Algerie. La dynastie doit son nom à Idris Ier, arrière-petit-fils d’Al-Hassan ibn Ali, rattaché au chiisme zaïdite ; il se fait reconnaître comme imam par la tribu berbère des Awarbas, après leur avoir été présenté par leur chef Abū Laylā Isḥāq Ibn Muḥammad Ibn ‘Abd al-Ḥamīd. Tout en contribuant à l’islamisation des tribus berbères, les Idrissides combattent, selon Ibn Khaldoun, le kharidjisme, le judaïsme et le christianisme. Dans un royaume à dominance urbaine, ce sont les villes qui ont servi de point d’ancrage pour la diffusion de la civilisation musulmane dans les zones rurales, dès les fondateurs, les armées et gardes personnelle seront arabes ce qui contribuera a l’arabisation de cette partie dans un millieu berbère. Beaucoup de tribus arabes sont issue des idrissides.

Les Banu Salih des Salihides de l’Émirat de Nekor principauté ayant existé dans la baie d’Al-Hoceima, pas très loin de l’actuel oued Nekor. Fondé par Al-Himyari Mansour ibn Salih en 710, ancien soldat omeyyade d’origine yéménite himyarite, la Famille Aït Ghannou du rif est aujourd’hui l’unique famille descendante de Salih I Ibn Mansur al-Himyari.

Les Banu Sulayman (sulaimanide) dynastie alide, les enfants de Sulayman le frère a Idriss Ier qui fondé une dynastie a Tlemcen en Algerie.

Les Banu Fihr (Fihrides) dynastie qurayshite qui régna sur l’Ifriqiya et l’Andalousie descendante d’Okba ibn Nafi

par Hamza al-Hilali al-Adnani al-Ifriqi et Histoire Islamique   arabian_mujahid_by_jihadprincess-d30zlt3

Ibn Abi Amir al-Mansûr al-Maaferi dit Almanzor

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Une des plus célèbres expéditions d’Al-Mansûr eut lieu en 997, c’est celle contre Saint-Jacques-de-Compostelle. La ville située en Galice, région qu’aucune troupe musulmane n’a jamais atteinte, pas même lors de la conquête du viiie siècle, intéresse le dirigeant de Cordoue qui à ce moment guerroie au Maghreb contre le chiites

. La situation est d’autant plus sérieuse que Bermude II souhaite profiter de l’éloignement d’Al-Mansûr pour rompre les liens de vassalité qu’il entretenait avec ce dernier. Al-Mansûr alerté, souhaite démontrer sa puissance en menant un front au Maghreb et un autre en Europe. L’attaque de la cité de Saint-Jacques-de-Compostelle, connue dans toute la chrétienté lui est alors suggérée par un noble lui-même chrétien31 et le 3 juillet 997 une gigantesque armée musulmane quitte cordoue pour ce qui sera la 48ème expédition d’Al-Mansûr. En traversant Coria et Viseu. Le 10 août les forces musulmanes sont aux portes de Saint-Jacques-de-Compostelle désertée de ses habitants. Durant une semaine la ville est pillée et finalement incendiée, la basilique rasée mais la tombe de l’apôtre y reposant est conservée de même que la vie du moine chargé de sa conservation est préservée. Les portes de la cité ainsi que les cloches de l’église sont transportées à Cordoue de même qu’un nombre considérable de prisonniers. Les comtes chrétiens ayant aidé à la prise de la ville sont quant à eux généreusement récompensés.

Almanzor

 

Le saccage de la ville est considéré comme un affront à toute la chrétienté qui se répandra à travers tout l’Occident. Quant au roi Bermude, totalement dépassé par les évènements et n’ayant pas pu protéger la ville voit son pouvoir et son autorité sapés. De 977, date de son premier exploit guerrier, à sa mort, Al Mansûr mène plus de cinquante expéditions militaires toutes victorieuses au rythme de près de deux expéditions par an. La formation que reçoit Al-Mansûr ne le prédestine pas à la guerre ni même à devenir stratège, juriste puis gestionnaire des biens de la princesse Subh et de ses enfants, sa carrière dans l’administration était toute tracée. Mais comme l’écrit l’auteur andalous Ibn al-Athîr, Al-Mansûr ne cesse de songer au combat et il souligne son habilité et son adresse. Al-Mansûr se caractérisera par sa présence sur le champ de bataille, contrairement à Abd al-Rahman III qui depuis la défaite de Simancas reléguait cette tâche aux grandes familles qui gouvernaient les marches d’Al-Andalus préférant rester à l’arrière afin de diriger les combats. Durant longtemps le djihâd andalous est resté défensif. Il consiste à riposter à des initiatives chrétiennes du nord sur les terres musulmanes. Sous le règne d’Al-Mansûr, le combat devient offensif, le but n’est pas de défendre les territoires acquis mais au contraire d’attaquer l’adversaire sur ses terres.*

Difficilement prévisible car menaçant toute la péninsule comme le montrent les cartes et d’une dureté inédite, Al-Mansûr combattra les rois chrétiens selon le poète Ibn Darradj al-Kastalli «été comme hiver». Les expéditions victorieuses, en plus du prestige qu’elles apportent au sein de la population assurent à Al-Andalus des rentrées d’argent conséquentes et aux soldats de généreuses récompenses composées d’or, de captifs ou d’animaux. Durant le règne d’Al-Mansûr, les expéditions n’ont jamais menées à une expansion territoriale. En effet, le but de celles-ci n’était pas d’étendre les terres sous contrôle musulman mais uniquement de soumettre et humilier les rois chrétiens. Les avantages de cette politique sont nombreux, ils permettent de ne pas mobiliser trop de troupes dans le maintien des nouvelles villes conquises et impose aux chefs chrétiens de payer un tribut à l’instar des souverains de León, de Castille, de Pampelune ou de Catalogne. Ibn ‘Idhari dans son livre Bayan Al-Mughrib, sur Almanzor (Al-Mançûr) à Compostelle, v. 1320 n-è IBN ‘IDHARI : l’expédition d’Al-Mansûr à Shant-Ya῾qûb : Al-Mançûr étant à cette époque arrivé au plus haut degré de puissance, secouru par Dieu, comme il l’était, dans ses guerres contre les princes chrétiens, il marcha contre la ville de Santiago, qui est située en Galice et est le plus important sanctuaire chrétien tant de l’Espagne que des régions adjacentes de la Grande Terre.

L’église de cette ville est pour eux ce qu’est la Ka’ba pour nous ; ils l’invoquent dans leurs serments et s’y rendent en pèlerinage des pays les plus éloignés, de Rome et de par delà. Le tombeau qu’on y va visiter est, prétendent-ils, celui de Jacques, lequel était, d’entre les 12 Apôtres, le plus intime avec ‘Aysâ et que l’on dit être son frère, parce qu’il était toujours auprès de lui ; certains chrétiens disent qu’il était fils de Yûsuf le charpentier. C’est dans cette ville qu’il fut inhumé les chrétiens le disent frère du Seigneur (Allah soit hautement exalté et domine pareil dire !). Jacques, nom qui répond à notre Ya’qûb, était évêque à Jérusalem et se mit à parcourir le monde pour prêcher sa doctrine ; il passa en Espagne et arriva jusqu’en cette région, puis retourna en Syrie, où il fut mis à mort âgé de 120 années solaires ; mais ses compagnons rapportèrent ses ossements pour les inhumer dans cette église, qui était le point extrême où il avait porté son activité.

Nul prince musulman n’avait eu encore envie d’attaquer cet endroit ni de pousser jusque-là, à raison des difficultés d’accès, de son emplacement tourmenté ainsi que de la grande distance. Al Mançûr dirigea contre cette ville l’expédition estivale qui quitta Cordoue le samedi 03/07/997) et qui était sa 48è campagne.

Il entra d’abord dans la ville de Coria, puis quand il fut arrivé dans la capitale de la Galice [Viseu] il fut rejoint par un grand nombre de comtes qui reconnaissaient son autorité, et qui se présentèrent avec leurs guerriers et en grande pompe, pour se joindre aux musulmans et ensuite engager les hostilités de leur côté. D’après les ordres d’Al-Mançûr, une flotte considérable avait été équipée dans le lieu dit Qaçr Abû Dânis (Alcacer do Sal), sur le littoral occidental, flotte montée par les marins et transportant les divers corps de fantassins, ainsi que les vivres, les approvisionnements et les armes. Ces préparatifs le mettaient en mesure de pousser les opérations jusqu’au bout. Arrivée au certain lieu de Porto et situé sur le fleuve Douro, la flotte remonta cette rivière jusqu’à l’endroit désigné par Al-Mançûr pour le passage du restant des troupes, et elle servit ainsi de pont à cet effet, près du château-fort qui se trouvait là. Les vivres furent ensuite répartis entre les différents corps de troupes, qui furent largement approvisionnés et entrèrent en pays ennemi.

Al-Mansur dit Almanzor
Al-Mansur dit Almanzor

 

Prenant la direction de Santiago, Al-Mançûr parcourut de vastes étendues de pays, franchit plusieurs grandes rivières et divers canaux où refluent les eaux de l’Océan; on arriva ensuite à de grandes plaines appartenant au pays de Valadares, de Mabàsita, d’Ad-Daîr et des régions voisines ; de là on s’avança [P. 3 18] vers une montagne élevée, très abrupte, sans route ni chemin, mais sans que les guides pussent indiquer une autre direction. Sur l’ordre d’Al-Mançûr, des ouvriers employèrent le fer pour élargir les crevasses et aplanir les sentiers, de sorte que l’armée put passer. Après avoir ensuite franchi le Minho, les musulmans débouchèrent dans de larges plaines et des champs fertiles, et leurs éclaireurs parvinrent jusqu’à Daîr Qustân et à la plaine de Balbinûṭ sur l’Océan Atlantique ; la forteresse de San Payo fut emportée et livrée au pillage, et après avoir franchi un marais on arriva à une lieue de l’Océan dans laquelle s’étaient réfugiés un grand nombre des habitants de ces territoires.

Les conquérants les firent prisonniers et arrivèrent à la montagne de Morazo, que l’Océan entoure de presque tous les côtés ; ils s’y engagèrent, en chassèrent ceux qui l’occupaient et firent main-basse sur le butin. Ils franchirent ensuite le canal de Lurqi par deux gués que leur indiquèrent les guides, puis la rivière d’Ulla, et arrivèrent à des plaines très bien cultivées et abondamment fournies, entre autres celles d’Unba, de Qarjita et de Daîr Sontebria. Ils parvinrent ainsi au canal d’Irya où se trouvait un des oratoires consacrés à Saint- Jacques et qui, aux yeux des chrétiens, vient par rang de mérite après celui qui renferme le tombeau ; aussi les dévots s’y rendent-ils des régions les plus éloignées, du pays des Coptes, de Nubie, etc. Après l’avoir entièrement rasé, ils allèrent camper devant l’orgueilleuse ville de Santiago le mercredi 10 août ; tous les habitants l’avaient abandonnée, et les musulmans s’emparèrent de tout le butin qu’ils y trouvèrent et en abattirent les constructions, les murailles et l’église, si bien qu’il n’en resta plus trace. Cependant des gardes placés par Al-Mançûr firent respecter le tombeau du Saint et empêchèrent qu’on n’y fit aucun dommage ; mais tous ces beaux palais si solidement bâtis furent réduits en poussière, et l’on n’eût pas soupçonné qu’ils existaient la veille. Cette destruction fut opérée le lundi et le mardi qui suivirent le mercredi 2cha f bân.

Les troupes conquirent ensuite toutes les régions voisines [P. 310] et arrivèrent jusqu’à la presqu’île de San Mânkash, qui s’avance dans l’Océan Atlantique, point extrême où nul musulman n’était encore parvenu et qui n’avait élé foulé par d’autres pieds que ceux de ses habitants. Ce fut la limite au-delà de laquelle les cavaliers ne s’avancèrent pas.

Quant à El-Mançoûr, ce fut de Saint-Jacques qu’il battit en retraite, après s’être avancé plus loin qu’aucun musulman avant lui. En s’en retournant il fit route par le territoire de Bermude [II] fils d’Ordono, afin de le ravager et le dévaster en passant; mais il cessa les hostilités en arrivant dans le pays qui obéissait aux comtes confédérés qui servaient dans son armée.

Il poursuivit ainsi son chemin jusqu’à ce qu’il arrivât au fort de Lamego, qu’il avait conquis, et où il donna congé à tous les comtes, les faisant défiler chacun à son rang et leur faisant, à eux aussi bien qu’à leurs soldats, des distributions de vêtements. Ce fut de là aussi qu’il envoya à Cordoue la relation de ses victoires.

La distribution des vêtements qu’il fit dans cette campagne, tant aux princes chrétiens qu’aux musulmans qui s’étaient distingués, consista en 2285 pièces de soies diverses brodées, 21 vêtements de laine marine, 2 vêtements ‘anberi, 11 ciclaton (soie brodée d’or), 15 morayyachat (étoffes à ramages), 7 tapis de brocard, 2 pièces de brocard rûmi, et des fourrures de fenek.

L’armée tout entière rentra à Cordoue saine et sauve et chargée de butin, après une campagne qui avait été une grâce et un bienfait pour les musulmans, Dieu en soit loué ! A Santiago, Al-Mançoûr n’avait trouvé qu’un vieux moine assis près du tombeau, et il lui demanda pourquoi il se tenait là: « C’est, répondit le moine, pour honorer Saint-Jacques » Le vainqueur donna l’ordre de le laisser tranquille. Voici comment s’exprime Al-Fath bn Khâqâni : « Al-Mançûr donna la plus énergique frottée aux territoires polythéistes, enleva à leurs rebelles habitants toute idée d’orgueil et de jactance; il laissa leur pays gisant, les laissa eux-mêmes plus humiliés qu’un pieu enfoncé dans le sol ; toujours’livrant leurs terres aux ravages, il lançait droit dans leurs entrailles les flèches des calamités ; la mort que maniaient ses mains angoissait leurs âmes, les maux qu’il leur faisait empoisonnaient chacun de leurs jours. Voici à ce propos l’un des faits les plus clairs, [P. 320] des événements les plus démonstratifs.

La cavalerie à l"époque du vizir Omeyyade al-Mansur
La cavalerie à l »époque du vizir Omeyyade al-Mansur

 

Un de ses envoyés, qui visitait très fréquemment ces pays, se rendit dans un de ses voyages auprès de Garcia, seigneur du pays basque, qui le reçut un jour de Pâques, ne cessa de lui donner des marques d’honneur et de lui prodiguer les plus hauts signes de respect et de zèle. Le séjour de l’envoyé se prolongeant, il n’y eut pas de pavillon de plaisance où il n’allât se divertir, pas de lieu où il ne fût reçu. Il visita ainsi la plupart des églises, et comme un jour il était dans l’enceinte de l’une d’elles et promenait ses regards sur les contours de l’édifice, une femme vieillie dans la captivité, droite encore malgré la durée de son malheur, se présenta à lui et, l’interpellant, lui fit reconnaître qui elle était ; elle demanda si c’était volontairement qu’Al Mançûr, vivant dans les délices, oubliait son malheur à elle et jouissait des plaisirs d’une tranquillité qu’elle ne connaissait pas ; depuis de nombreuses années, dit-elle, elle était prisonnière dans ce “temple, vouée à l’humiliation et à l’abaissement.

Elle l’adjura au nom de Dieu de faire connaître son histoire et de mettre un terme à son angoisse ; elle lui fit prêter pour cela les serments les plus sacrés et exigea de lui les engagements les plus stricts pris au nom du Miséricordieux.

L’envoyé d’Al-Mançûr fit à son retour connaître à son maître les choses qu’il avait mission de lui faire savoir; ce dernier, après l’avoir écouté muet et sans l’interrompre, l’interrogea : « N’as-tu eu là connaissance de rien de blâmable, ou bien n’as-tu appris que ce que tu viens de dire ? » L’officier raconta alors l’histoire de la femme, dit ce qu’elle lui avait fait jurer de rapporter à Al-Mançoûr et les engagements qu’elle lui avait fait prendre. Son maître le blâma et le réprimanda de n’avoir pas commencé par là, puis aussitôt prépara la guerre sainte, passa en revue ses guerriers de toutes provenances, et, beau comme Merwân au jour du combat de Marj, sauta en selle pour faire campagne.

Quand il arriva auprès du fils de Sancho, qu’entouraient ses partisans, une crainte respectueuse envahit les organes du chrétien, qui s’empressa de lui adresser une lettre pour s’enquérir de la faute qu’il avait commise, lui jurer de la façon la plus formelle qu’il ne s’était rendu coupable d’aucun crime et ne s’était en rien écarté de la voie de l’obéissance. Les porteurs de ce message furent sévèrement accueillis : « Votre maître, leur fut-il dit, m’a garanti qu’il ne reste plus dans son pays ni captif ni captive, rien même de ce que peut contenir le gésier d’un oiseau de proie. Or j’ai appris qu’il y a encore telle vieille dans telle église, et je prends le ciel à témoin que je ne m’en irai d’ici qu’après l’avoir vue en mon pouvoir. » Le comte alors lui envoya cette femme avec deux autres, jurant qu’il ne les avait pas vues ni n’en avait entendu parler, et ajoutant, pour confirmer son dire, qu’il avait commencé à faire de son mieux pour démolir l’église qui lui avait été indiquée. Il s’humilia pour s’être, par sa négligence, attiré des reproches, et Al-Mançûr, trouvant ses excuses suffisantes, se retira”.

 

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade