Le sultanat Mamelouk du Caire

La tribu arabe d’al-Fadl et celle de Mehena et leurs domination en Syrie et en Irak par ibn Khaldoun

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Les régions historique et culturelles de la Syrie et de l'Iraq
Les régions historique et culturelles de la Syrie et de l’Iraq

DE LA FAMILLE DE FADL ET DE CELLE DE MOHENNA , UNE DE SES BRANCHES. DE LEUR DOMINATION EN SYRIE ET EN IRAK 

La tribu arabe qu’on désigne par le nom d’Al-Fadl , ou la fa mille de Fadl, parcourt les régions situées entre la Syrie, la Mésopotamie et le désert du Nedjd , dans le Hidjaz. En été , elle fréquente les premières localités , et en hiver , les secondes.

Elle se rattache , par son origine , à la tribu de Taï.

Plusieurs familles appartenant aux tribus de Zobeid , de Kelb , de Hodeim et de Medhedj se sont confédérées avec les Al-Fadl.

La famille de Mera rivalise en puissance et en nombre avec celle de Fadl. On assure que ces deux peuplades sont branches de la tribu de Rebiâ (Rabi’ah) et que les descendants de Fadl forment deux catégories , la famille de Mohenna et celle d’Ali. Selon les mêmes autorités , toute la tribu de Fadl habitait le Hauran 2 ; mais , en ayant été expulsée par les Mera, elle se fixa à Emesse et dans les contrées voisines.

Toutefois , ses alliés de la tribu de Zobeid restèrent dans le Hauran.

Leurs descendants s’y trouvent encore et n’en sortent jamais.

Les mêmes narrateurs ajoutent que la famille de Fadl s’étantmise au service des sultans, reçut d’eux le commandement de tous les Arabes nomades et la jouissance de certains fiefs, à condition de protéger les caravanes qui’voya- geaient entre la Syrie et l’Irak.

Ces avantages la mirent en état de lutter contre la famille de Mera et de lui enlever le pays où elle prenait ses quartiers d’hiver.

Depuis lors , l’Al-Mera s’est bornée à parcourir les limites de la Syrie, dans les environs du pays cultivé et des villages , ne se hasardant que bien rarement, à entrer avec ses troupeaux dans le Désert.

Plusieurs familles d’Arabes nomades, appartenant aux tribus de Medhedj, d’Amer et de Zobeid, s’attachèrent aux Mera en qualité de confédérées et firent avec eux un seul corps, ainsi que cela était déjà arrivé pour la famille de Fadl.

De toutes les tribus qui se réunirent aux Mera, la plus nombreuse fut celle des Beni-‘l-Haretha-Ibn-Sinbis, branche de la tribu de Taï.

Tels sont les renseignements que j’ai reçus de quelques-uns de leurs chefs, dont les paroles me paraissent mériter toute con fiance.

Les Beni-‘l-flaretha fréquentent encore les plateaux de la Syrie et ne s’aventurent jamais dans le Désert. « Les régions que la tribu de Taï occupe dans le Nedjd sont » très-étendues.

Ce peuple, à sa sortie du Yémen, s’établit » aux Deux-Montagnes, Adja et Selma s, qu’il enleva à la tribu » d’Aced dont il devint le protecteur.

Il posséda aussi des territoires à Someira  et à Feid *, lieux de halte pour la cara-vane des pèlerins.

Les Beni-Aced s’étant éteints dans la suite, » leurs possessions, situées aux environs de Kerekh , dans le » Nedjd , devinrent l’héritage de la tribu de Taï.

Il en fut de » même des territoires possédés par la tribu de Temîm dans le » Nedjd, entre Basra, Koufa et Yemama, ainsi que des terres » appartenant à la tribu de Ghatafan et situées auprès de Ouadi- al-Cora  dans le Nedjd. » Telles sont les paroles d’Ibn Said. Il ajoute, ensuite : « Parmi » les branches de la tribu de Taï qui habitent le Hidjaz, les plus marquantes sont les Beni-Lam et les Beni-Nebhan.

Les premiers dominent dans le pays qui s’étend depuis Médine jusqu’à l’Irak, et ont pour confédérés les Beni-‘l-Hocein, émirs » de Médine. »

Le même auteur dit : « Les Beni-Sakhr, autre branche de la » tribu de Taï , habitent du côté de Teima, entre Kheiber et la » Syrie. » Il dit ailleurs : « La tribu d’Azïa , branche de celle de Taï, » eut pour aïeul Azïa, fils d’Aflet, fils de Màbed, fils de Mân, » fils d’Amr, fils d’Anbès, fils de Selaman, fils de Nâl  .

Cette » tribu habite Aïn-el-Tamr et El-Anbar lieux dans lesquels » elle remplaça la tribu d’Anéza. De nos jours, elle passe l’été » à Kobeiçat 3, et l’hiver chez les Beni-Lam, branche de la » tribu de Taï. Ce peuple belliqueux, les Azïa, est maître du » pays situé entre la Syrie et l’Irac *.

Deux autres branches de » la tribu de Taï, nommées collectivement El-Adjoued (les » bons) et El-Batnein (les deux branches), se sont fixées aux » environs de Mosul avec leur sœur, la tribu de Zobeid. » On voit qu’Ibn-Saîd compte la tribu de Zobeid au nombre de celles qui sont descendues de Taï, et qu’il ne la regarde nulle ment comme issue de Medhedj.

Le commandement de la tribu de Fadl appartient aujour d’hui aux Beni-Mohenna – (Mehena).

Selon cette famille, son aïeul, Mohenna, était fils de Manê, fils de Hadîtha, fils de Ghadïa, fils de Fadl , fils de Bedr, fils d’Ali, fils de Moferredj, fils deBedr, fils de Salem, fils de Casïa, fils de Bedr, fils de Semia.

Elle ne porte pas cette généalogie plus haut, mais quelques notables de la même tribu prétendent que Semiâ fut le fils qu’El-Abbaça, sœur du khalife Haroun-Er-Rechîd , avait eu de Djâfer-Ibn-Yahya, le Barmekide ,mais à Dieu ne plaise qu’une telle calomnie soit dite de la sœur d’Er-Rechîd, et que l’on attribue à de puissants Arabes de la tribu de Taï une origine si vile , en les faisant descendre d’une race étrangère, d’une famille d’affranchis tels que les Barmekides .

D’ailleurs, il est impossible, par la nature même des choses, qu’une personne descendue de Barmek ait pu exercer l’autorité suprême dans une tribu à laquelle elle n’appartenait pas par la naissance.

Nous avons déjà fait une observation semblable dans les prolégomènes de cet ouvrage ». La famille de Mohenna obtint le commandement des Arabes à-peu-près vers l’époque où s’établit la puissance des Aïoubides.

Eimad-ed-Dîn-el-Isfahani dit , dans son ouvrage intitulé El- Barc-ès-Chams: « El-Adel s’arrêta au Merdj, près de Damas, accompagné d’Eiça, fils de Mohammed, fils de Rebiâ , » chef des Arabes du Désert, qui s’était fait suivre d’un grand » nombre de son peuple.

Auparavant, lors de la souveraineté » des Fatemides, le droit de commander à ces Arabes appartenait à la famille Djerrah, de la tribu de Taï.

Ils avaient » alors pour chef Moferredj-Ibn-Daghfel-Ibn-Djerrah, auquel la » ville de Ramla avait été concédée en fief. Ce fut lui qui arrêta » Iftîkîn, client de la famille des Bouides, qui s’était enfui de » l’Irac avec son patron Bakhtyar », en l’an 364 (9745 de J.-C). »

Iftîkîn avait envahi la Syrie et s’était emparé de Damas. » Il marcha ensuite avec les Carmats et livra bataille à El-Azîz, » fils d’El-Moëzz-li-Dîn-Ulah, et souverain de l’Egypte ; mais son armée ayant été mise en déroute, il prit la fuite. Ce fut alors » que Moferredj-Ibn-Daghfel l’arrêta et le conduisit à El-Azîz. » Ce prince l’accueillit d’une manière très-distinguée et l’éleva » à un poste important dans l’administration. » Moferredj con tinua à gouverner la tribu de Taï jusqu’à sa mort, qui eut lieu en 404 (1 01 3-4) .

De ses quatre fils, Hassan, Mahmoud, Ali et Djerrar, le premier lui succéda et acquit une grande réputation. Il se montra tantôt dévoué , tantôt hostile aux Fatemides.

Ce fut lui qui dévasta la ville de Ramla et qui, ayant défait les troupes du général égyptien, Barouk 1 El-Torki, s’empara de ses femmes, après l’avoir tué dans le combat. Le poète Et-Tihami * l’a célé bré dans ses vers.

El-Moçabbihi et d’autres historiens qui ont écrit sur la dynastie des Fatemides disent qu’au nombre des parents de Hassan, fils de Moferredj, se trouvèrent Fadl, fils de Rebiâ, fils de Ha- zem, fils de Djerrah, et son frère Bedr-Ibn-Rebiâ, avec deux fils de celui-ci.

Peut-être ce Fadl est-il l’aïeul de la tribu qui porte le même nom et dont nous discutons ici l’histoire.

Nous apprenons d’Ibn-el-Atar , que les aïeux de Fadl, fils de Rebiâ, fils de Hazem, furent les seigneurs du Belca -et de Jérusalem.

Quant à lui, il se rangea tantôt du côté des Francs (les Croisés) et tantôt du côté des khalifes égyptiens ; mais cette conduite lui valut l’inimitié de Toghdikîn, seigneur de Damas, et [ancien] tuteur des enfants de Tutuh ‘.

Expulsé de la Syrie par ce prince, il s’arrêta à Hilla, chez Sadaca-Ibn-Mezïed *, qui lui fit cadeau de sept mille pièces d’or. Ils s’engagèrent alors par serment à se soutenir mutuellement. En l’an 500 (H06-7), lors de la dissension qui s’éleva entre Sadaca et le sultan Seldjoukide, Mohammed-Ibn-Mélek-Chah, dissension qui aboutit à une guerre, Fadl vint se joindre au premier ainsi que Kirouach, fils de Chéref- ed-Dola , Moslem-Ibn-Qoreich , seigneur de Mosul et quelques chefs turcomans, tous alliés de Sadaca.

Quand on se fut mis en marche contre le sultan, Fadl et ses compagnons, qui s’étaient placés à l’avant-garde, passèrent du côté d’Ibn-Mélek-Chah. Ce prince les accueillit avec une haute distinction, et les ayant re vêtus de pelisses d’honneur, il installa Fadl dans l’hôtel que Sadaca possédait à Baghdad.

Quelque temps après, le sultan marcha contre Sadaca , et s’étant laissé tromper par Fadl qui s’engageait à tenir ce chef en échec, il lui donna la permission de passer dans le Désert. Fadl traversa alors le fleuve, atteignit la ville d’El-Anbar, et à partir de cette époque , ne revint plus auprès d’Ibn-Mélek-Chah. Ces renseignements d’Ibn-el-Athîr et les paroles d’El-Moçabbihi prouvent clairement que Fadl appartenait , tout aussi bien -que Bedr, à la famille de Djerrah.

D’ailleurs , la généalogie des Djerrah, telle qu’on nous la donne, démontre que leur ancêtre, Fadl , est bien le même individu que celui-ci.

En effet , pendant que les uns l’appellent Fadl, fils de Rebiâ, fils«d’El-Djerrah , les autres le nomment Fadl, fils de Rebiâ, fils d’Ali, fils de Moferredj. Dans cette dernière généalogie on donne Rebiâ comme un descendant de Moferredj , aïeul de la tribu de Djerrah : er reur dans laquelle on a pu tomber à cause de l’ancienneté des faits , ou par suite du peu de soin que des nomades tels qu’eux ont pu mettre à garder le souvenir d’une circonstance de cette nature.

Sur la question de savoir si la maison de Fadl , lils de Rubiù , tils de Felah fils de Moferredj, tire son origine de l’aïeul des Taï , quelques-uns de cette famille font le récit suivant : « Le » commandement de la tribu de Taï appartenait à Aïas-Ibn- » Cabîça, descendant de Homa, fils d’Amr, fils d’El-Ghauth, fils » de Taï.

Ce fut à cet Aïas que Chosroës [Parviz] confia le » gouvernement de la ville de Hira, après avoir fait périr En-Noman-Ibn-el-Mondir  et enlevé l’autorité à la famille Mondir. »

Ce fut encore le même Aïas qui obtint de Khaled-Ibn-el-Ouélîd que Hira ne serait pas attaqué, pourvu que les habitants payassent la capitation.

Depuis ce temps, les descendants » de Cabîça ont continué à exercer le commandement dans la » tribu de Taï avec l’autorisation du gouvernement de l’empire » musulman. »

Il se peut que les familles d’El-Djerrah et de Fadl tirent leur origine de ce Cabîça ; si , au contraire , la postérité de Cabîça s’est éteinte , ces deux maisons en sont proches parentes.

L’on sait que le droit d’exercer le commandement dans une tribu appartient à ceux qui lui sont alliés par le sang et qui partagent, avec elle , le même esprit de corps. Ceci est un prin cipe que j’ai établi dans la première partie de mon ouvrage .

Ibn-Hazjn0 dit, en parlant de la généalogie de la tribu de Taï : » Quant ce peuple sortit du Yémen avec les Beni-Aced, il » s’établit aux Deux-Montagnes , Adja et Selma , et sur le territoire qui les sépare , pendant que les Beni-Aced se fixèrent » entre ces lieux et le pays de l’Irac.

Mais lors de la guerre que » l’on a appelée Harb-el-Feçad (guerre d’iniquité)  , plusieurs branches de la tribu de Taï , telles que Beni-Kharedja- » Ibn-Sâd-Ibn-Catra , appelés aussi les Beni-Djedîla , du nom » de leur aïeule , quittèrent les Deux-Montagnes avec la famille de Teim-Allah et celle de Hobeich , pour aller s’établir » à Alep et à Hader-Taï (demeure fixe de Taï).

La seule portion » de la tribu de Taï qui resta aux Deux-Montagnes fut la famille » des Beni-Rouman-Ibn-Djondob-Ibn-Kharedja-Ibn-Sâd.

Ceux- » ci reçurent le nom d’El-Djébélïin (gens de la Montagne Djebeliya) » et ceux qui allèrent se fixer sur le territoire d’Alep et à Hader- » Taï furent appelés es-Sehlïîn ( gens de la plaine souhaliyas). »

 

Généalogie des tribus et dynasties arabe adnanite issue des Banu Amr ibn Sa3'sa3 :
Généalogie des tribus et dynasties arabe adnanite issue des Banu Amr ibn Sa3’sa3 :

Il se peut donc que les familles de Djerrah et de Fadl, établies maintenant en Syrie, appartiennent à cette tribu de Kharedja qu’Ibn-Hazm représente comme s’étant transportée à Alep et à Hader-Taï ; car la Palestine, où les Djerrah demeurent à présent, est plus rapprochée des lieux que nous venons de nommer qu’elle ne l’est des Deux-Montagnes, Adja et Selma , où habite l’autre partie de la tribu de Taï.

Mais, après tout, c’est Dieu seul qui sait la vérité au sujet de leur origine.

Les Beni-Haï-el-Forat (enfants de la tribu de l’Euphrate), descendants de Kilab, fils de Rebiâ, fils d’Amer-Ibn-Sâsâ, vivent sous la protection de la famille de Fadl.

Ils avaient d’abord accompagné les autres tribus qui tirent leur origine d’Amer-Ibn- Sàsa quand elles émigrèrent du Nedj et passèrent en Mésopotamie.

Lors de la dispersion des descendants d’Amer dans les provinces de l’empire musulman, les Beni-Haï-el-Forat occupèrent les environs d’Alep, et une de leurs familles, celle de Saleh-Ibn-Mirdas, se rendit maîtresse de la ville ‘. Saleh descendait d’Amer-lbn-Kilab.

Plus tard, les Mirdacides perdirent leur puissance, et ayant repris la vie nomade, ils s’établirent auprès de l’Euphrate en se mettant sous la protection des chefs de la tribu de Taï.

Dans la partie de cet ouvrage que nous avons consacrée à l’histoire de la dynastie turque [des Mamlouks Bahrites] qui régna sur l’Egypte et la Syrie, nous avons indiqué, par ordre chronologique, les noms des chefs appartenant à la famille Fadl qui se sont succédés dans le commandement des Arabes de la Syrie et de l’Irac ; nous y avons parlé de chacun d’eux, en com mençant à l’époque où le sultan Aïoubide, El-Mélek-el-Adel , exerça le pouvoir, et nous avons conduit notre récit jusqu’au temps actuel, c’est-à-dire, la fin de l’an 796 (octobre, 1394 de J.-C).

Nous reproduirons ici ces mêmes indications, en ob servant l’ordre dans lequel elles se présentent.

Du temps des Aïoubides, sous le règne d’El-Mélek-el-Adel, l’émir de la tribu de Taï s’appelait Eiça-Ibn-Mohammed-Ibn-Re- biâ.

Mamluks1279

Il eut pour successeur Hoçam-ed-Dîn-Manê-Ibn-Hadetha- Ibn-Ghadïa-Ibn-Fadl. En l’an 630 (1232-3), son fils Mohenna lui succéda. Quand Cotoz, le troisième souverain de la dynastie turque qui gouverna l’Egypte, reprit la Syrie sur les Tatars et défit leur armée à Aïn-Djalout ‘, il détacha la ville de Sélémïa du gouvernement d’El-Mansour-Ibn-el-Modaffer-Ibn-Chahan- chah, prince de Hamah 3, et la donna en fief à Mohenna, fils de Mané.

Lors de la mort de Mohenna, événement dont je n’ai pu découvrir la date, le sultan [El-Mélek] ed-Daher [Bîbers] profita de l’ascendant que le gouvernement turco-égyptien avait pris, pour se rendre à Damas afin de conduire à Baghdad le khalife El-Hakem , oncle d’El-Mostâcem.

Il donna alors le comman dement des Arabes de la Syrie à Eiça, fils de Mohenna, fils de Manê, et lui assigna plusieurs fiefs sous la condition qu’il veil lerait à la sûreté des voyageurs. Sur la demande d’Eiça, il em prisonna le cousin de celui-ci, Zamel, fils d’Ali, fils de Rebiâ, de la famille d’Ali.

Pendant tout le temps de son administration , Eiça sut maintenir la tranquillité dans le pays où il commandait et réprimer l’esprit de brigandage qui animait les Arabes.

Il te nait ainsi à leur égard une conduite tout opposée au système d’indulgence qu’avait suivi son père.

En l’an 679 (1280-1), Soncor-el-Achkar se réfugia auprès de lui, et ce fut alors qu’ils écrivirent à Abagha [khan des Moguls de la Perse] , pour le pousser à la conquête de la Syrie. Eiça mourut en 684 (1285-6), et son fils Mohenna le remplaça par l’ordre d’El-Mansour-Calaoun [le septième des sultans Mamlouks].

Plus tard , quand [El-Mélek] el-Achref, fils de Calaoun, se rendit à Emesse en Syrie, Mohenna, fils d’Eiça, vint le trouver avec plusieurs membres de sa famille. El-Achref l’ayant aussitôt fait arrêter, ainsi que son fils Mouça et ses frères, Mohammed et Fadl, les envoya tous en Egypte. Ils y restèrent prisonniers jusqu’à l’an 694 (1294-5), quand El-Adel-Ketbogha monta sur le trône et leur rendit la liberté.

Les ruines de Qal'at Ja'bar en Syrie près d'ar-Raqqah Il fut acquis par un certain Djabar ibn Sabiq al-Qouchayri (m. 464 H / 1072 J.-C.), d'où son nom de Qalata Jabar. De 458 H / 1065 J.-C. à 564 H / 1169 J.-C., il resta sous la dépendance des Uquaïlides, dynastie locale vassale des émirs seldjoukides d'Alep, tout en maintenant d'importantes relations avec les États croisés nouvellement créés à l'ouest. L'avancée des Croisés fut arrêtée par l'apparition de l'Atabeg Imad al-Din Zengi, qui régnait à Mossoul. Après la mort de celui-ci, les territoires zenguides furent divisés entre son fils Sayf al-Din Ghazi, qui conserva Mossoul, et Nour al-Din Mahmoud qui reçut Alep. Nour al-Din prit Jabar aux Uquaïlides en 564 H / 1168 J.-C., faisant de la forteresse une extension de l'émirat alépin. En 593 H / 1193 J.-C., le site passa au frère de Salah al-Din, al-Adil, qui régnait sur al-Djazira. À partir de ce moment, il se transforma en forteresse de défense sur les marches orientales, zone clé de l'État ayyoubide face à ses adversaires zenguides de Mossoul. En 657 H / 1259 J.-C., la forteresse fut en grande partie détruite par les raids mongols d'Hülagü et laissée en ruine par la suite. Source: [http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;sy;Mon01;38;fr&cp]
Les ruines de Qal’at Ja’bar en Syrie près d’ar-Raqqah Il fut acquis par un arabe du nom de Jabar ibn Sabiq al-Qouchayri (m. 464 H / 1072 J.-C. ), d’où son nom de Qalata Jabar. De 458 H / 1065 J.-C. à 564 H / 1169 J.-C., il resta sous la dépendance des Uqaylides , dynastie arabes locale  issue des , anu Uqayl vassale des émirs turcs  seldjoukides d’Alep, tout en maintenant d’importantes relations avec les États croisés nouvellement créés à l’ouest.
L’avancée des Croisés fut arrêtée par l’apparition de l’Atabeg Imad al-Din Zengi, qui régnait à Mossoul. Après la mort de celui-ci, les territoires zenguides furent divisés entre son fils Sayf al-Din Ghazi, qui conserva Mossoul, et Nour al-Din Mahmoud qui reçut Alep. Nour al-Din prit Jabar aux Uquaïlides en 564 H / 1168 J.-C., faisant de la forteresse une extension de l’émirat alépin. En 593 H / 1193 J.-C., le site passa au frère de Salah al-Din, al-Adil, qui régnait sur al-Djazira. À partir de ce moment, il se transforma en forteresse de défense sur les marches orientales, zone clé de l’État ayyoubide face à ses adversaires zenguides de Mossoul. En 657 H / 1259 J.-C., la forteresse fut en grande partie détruite par les raids mongols d’Hülagü et laissée en ruine par la suite.source
Mohenna s’en retourna alors au poste qu’il avait déjà occupé. Pendant le règne d’El-Mélek-en-Nacer, il se montra, alternativement, l’ami des Tatars de l’Iraq et du gouvernement égyptien : il n’assista même pas à aucun des combats que les Mamlouks livrèrent à Ghazan [le sultan tatar].

En l’an 710(1310-1), Cara-Soncor, accompagné d’Acouech-el-Afrem et leurs partisans, se réfugia chez Mohenna, après s’être mis en révolte, et il passa ensuite à la cour du souverain tatar, Khorbenda.

Depuis lors, Mohenna resta au milieu de ses nomades sans oser paraître devant le sultan égyptien dont il redoutait la colère.

En l’an 712, son frère Fadl alla présenter ses devoirs au sultan, et en récompense de cette démarche, il obtint sa nomination au commandement des Arabes.

Dès-lors, Mohenna se vit repoussé par toutes les tribus, et en l’an 746, il alla trouver Khorbeuda, roi des Tatars.

Ce monarque lui fit un accueil très-gracieux et le gratifia d’un fief situé dans l’Irac.

Cette même année, Khor- benda mourut, et Mohenna , ayant rejoint ses tribus, chargea ses fils Ahmed et Mouça, de se rendre, avec leur oncle Mohammed- Ibn-Eiça, à la cour d’El-Mélek-en-Nacer et de présenter à ce sultan l’humble soumission de leur père.

En-Naçer les reçut très- bien et leur assigna un logement dans le château appelé El-Casr- el-Ablac. Les ayant alors comblés de faveurs, il leur accorda la grâce de leur père auquel il rendit le commandement des Arabes et le fief dont il avait joui.

Cette même année, je veux dire l’an 717, Eiça, fils de Mohenna, accompagné de son frère Mohammed et de plusieurs autres membres de la famille Fadl , firent le pèlerinage de la Mecque, emmenant avec eux douze mille chameaux chargés.

Mohenna retomba bientôt dans son ha bitude de courtiser les Tatars et de faire des incursions sur les terres de la Syrie.

Le sultan, voyant que ces désordres ne s’ar rêtaient pas, en fut tellement courroucé, qu’en l’an 720, lors de son retour du pèlerinage, il ordonna à ses lieutenants en Syrie, d’expulser de ce pays tous les membres de la famille Fadl et de les y remplacer par leurs collatéraux de la famille Ali .

Carte tribale   des tribus arabes de l'Arabie, Sham, Irak
Carte tribale des tribus arabes de l’Arabie, Sham, Irak

De cette manière, Mohammed-Ibn-Abi-Bekr reçut le commandement des Arabes et obtint, pour lui et les siens, tous les fiefs que le gou vernement égyptien avait concédés à Mohenna et à ses fils. Mo henna resta en disgrâce jusqu’à l’an 731 (1330-1), époque à la quelle il se rendit auprès du sultan, avec la suite d’El-Afdel, fils d’El-Mouwéïd et seigneur de Hamah. Ce fut par l’intercession de ce protecteur, qu’il obtint son pardon et rentra en possession de ses fiefs et de son commandement.

Un grand émir égyptien qui vit Mohenna lors de cette visite, (ou qui en avait entendu parler), m’a raconté que cet Arabe refusa tous les cadeaux du sultan, et qu’il avait amené avec lui plusieurs chamelles pour se nourrir de leur lait.

Il s’abstint même de rendre visite aux grands officiers de l’empire, ou de faire la moindre sollicitation auprès d’eux.

Mohenna alla ensuite retrouver ses tribus, et mourut en l’an 734.

Son fils Modaffer-ed-Dîn-Mouça , lui succéda et mourut en 742(1341-2), quelque temps après la mort d’El-Mélek-en- Nacer.

Il eut pour successeur son frère Soleiman. Celui-ci mou rut en 743, et son cousin paternel, Chérif-ed-Dîn-Eiça, fils de Fadl, fils d’Eiça, lui succéda. Chéref-ed-Dîn mourut à El-Kiritain en l’an 744, et fut enterré auprès du tombeau de Khaled- lbn-el-Ouélîd. Son frère Seif, fils de Fadl, le remplaça dans le commandement des Arabes nomades.

En l’an 746 (1345-6), le sultan d’Égypte, El-Kamel, fils d’En-Nacer, remplaça Seif par Ahmed, fils de Mohammed, fils d’Eiça.

Seif réunit alors du monde [afin d’attaquer son successeur], mais ses troupes furent mises en déroute par Féïad, fils de Mohenna.

Le commandement passa ensuite à Ahmed, fils de Mohenna, que le sultan Hacen-en- Nacer nomma à cette dignité afin de mettre un terme à ces dis sensions.

Ceci se passa à l’époque où ce prince était encore sous la tutelle de Beibogharous *, et pendant le premier de ses deux règnes. Ahmed, fils de Mohenna, mourut en 749 et eut pour successeur son frère Feïad.

Celui-ci mourut en 762 (1360-1).

Le sultan Hacen-en-Nacer, qui régnait alors pour la seconde fois, nomma Kheiar, un autre fils de Mohenna, à la place vacante.

Kheiar se révolta en 765 et resta deux années dans le Désert sans vouloir reconnaître l’autorité du sultan ; puis il se fit réinté grer dans son commandement par l’intercession du vice-roi de Hamah.

En l’an 770, il se révolta de nouveau ; et, d’après l’or dre du sultan El-Achref, il fut remplacé par son cousin paternel Zamel, fils de Mouça, fils d’Eiça.

L’émir déposé se rendit alors aux environs d’Alep, et ayant réuni autour de lui les Beni-Kilab et d’autres tribus, il se mit à ravager ce pays.

Le gouverneur d’Alep, Cochtémir-el-Mansouri, marcha à sa rencontre, et s’étant avancé jusqu’à l’endroit où Kheiar avait dressé son camp, il enleva les troupeaux des Arabes et se porta vers leurs tentes.

Ceux-ci, voulant l’arrêter, se battirent en désespérés et finirent par culbuter ses troupes.

Dans cette affaire , Cochtémir et son fils perdirent la vie ; le premier ayant reçu la mort de la main de Nâir [fils de Kheiar]. Kheiar, s’étant ainsi mis en révolte ou verte, passa dans le Désert, et El-Achref confia le commande ment des tribus arabes à Moaïkel, fils de Fadl-Ibn-Eiça et cousin paternel du chef insurgé. En 771 (1369-70) Moaïkel envoya son chambellan auprès du sultan pour solliciter la grâce de Kheiar.

Le sultan consentit à oublier ce qui s’était passé, et en l’an 775, quand Kheiar se présenta à la cour , il lui pardonna tout et le réintégra dans le commandement.

Kheiar mourut en 777 et eut pour successeur son frère Cara. Celui-ci mourut en 781 (1379). Sa place fut remplie par deux chefs à pouvoirs égaux : Moaïkel, fils de Fadl, fils d’Eiça, et Zamel, fils de Mouça, fils d’Eiça, fils de Mohenna ; mais l’année même de leur nomination, ils furent remplacés par Nâir , fils de Kheiar, fils de Mohenna. Le véritable nom de Nâir était Mohammed ; il exerce en core aujourd’hui le suprême commandement chez les Al-Fadl et chez toutes les tribus taïennes de la Syrie.

Le sultan El-Mélek-ed-Daher-Bercouc avait pour habitude , chaque fois que Nâir le mécontentait, de lui susciter un rival dans la personne de Mohammed, fils de Cara et cousin de Nâir.

L’insubordination et la désobéissance de Nâir se prolongèrent encore, et le sultan, ayant reconnu que Mohammed, fils de Cara, connivait à cet état de choses, lui retira sa faveur et le rem plaça dans le commandement des Arabes par Mouça, fils d’Assaf, fils de Mohenna. Nâir, ayant été rejeté dans le Désert , sans avoir les moyens de nourrir ses partisans, vit leur nombre di minuer en même temps que ses propres ressources. Tel est encore l’état où il se trouve aujourd’hui. Revenons maintenant aux autres tribus de cette catégorie.

Toute la tribu d’Amer-Ibn-Sâsâ demeurait dans le Nedjd ; celle de Kilab occupait El-Hamaserïa et Er-Rébeda, localités des environs de Médine ; la tribu de Kâb-Ibn-Rebiâ se tenait entre le Tihama de Médine et la Syrie ; celle de Hilal-Ibn-Amer, habitait la plaine qui sépare Taïf du mont Ghazouan et, la tribu de Nomaïr-Ibn-Amer demeurait avec celle de Hilal. On compte dans la même catégorie la tribu de Djochem qui habitait le Nedjd.

Lors de la promulgation de l’Islam, toutes ces tribus pas sèrent en Mésopotamie : les Nomaïr prirent possession de Harran et de la contrée voisine; les Hilal se fixèrent en Syrie et continuèrent à y demeurer jusqu’au moment où ils émigrèrent dans le Maghreb * ; événement dont nous aurons bientôt l’occasion de parler.

Toutefois , une fraction de la tribu de Hilal resta dans la montagne où se trouve le château de Sarkhad  et qui porte en core le nom de Montagne des Beni-Hilal.

Elle s’y adonna principalement à la culture de la terre.

La tribu de Kilab-Ibn-Rebiâ s’empara du territoire et de la ville d’Alep , comme nous venons de le dire. Quatre branches de la tribu de Kâb-Ibn-Rebiâ en trèrent en Syrie, savoir : Ocaïl , Cochaïr, el-Harîch et Djâda. Trois d’entre elles s’éteignirent dans les temps islamiques ; Ibn- Hazm, en parlant de celle d’Ocaïl, la quatrième, dit qu’elle égalait en nombre toutes les tribus moderites prises ensemble.

9) La mosquée Omeyyade de Mossoul en Irak fut construite entre 637 et 640 par le général Utba ibn Farqad al-Salami radi Allah anhu sous l'ordre du calife Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu , il ne reste que le minaret adjacent à la mosquée beaucoup plus récente celle de Nur al-Din Zangi (1172).
La mosquée Omeyyade de Mossoul en Irak fut construite entre 637 et 640 par le général Utba ibn Farqad al-Salami radi Allah anhu sous l’ordre du calife Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu , il ne reste que le minaret adjacent à la mosquée beaucoup plus récente celle de Nur al-Din Zangi (1172).

Les Beni- Mocalled , une famille de cette tribu , prirent possession de Mosul, ville où la famille de Hamdan et celle de Taghleb avaient déjà régné.

Elle demeura maîtresse de Mosul et de ses environs , ainsi que d’Alep , jusqu’à l’époque où elle perdit sa puissance et reprit la vie nomade. Alors elle s’empara de plusieurs territoires situés de tous côtés, se faisant l’héritière des Arabes bédouins, les anciens propriétaires.

C’est de la tribu d’Ocaïl que la famille d’El-Montafic tire son origine. Amer, le père d’El-Montafic, était fils (Ouaïl.

Ses descendants habitent le pays de Teima, dans le Nedjd.

Encore aujourd’hui la tribu d’El-Montafic occupe la por tion du territoire de Basra que forment les marais boisés situés entre cette ville et Koufa et que l’on appelle les Bas- fonds (El- Bataïh) ‘.

Les Montafic sont gouvernés par la famille d’El-Mârouf.

On trouve dans le Maghreb quelques tribus sorties de celle d’El-Montafic et qui entrèrent dans ce pays avec la tribu de Hilal-Ibn-Amer.

Elles occupent cette partie du Maghreb-el -Acsa qui est située entre les villes de Fez et de Maroc.

On les appelle El-Kholt, nom, dit Ej-Djojdpui qui est commun à tous les descendants d’El- Montafic. A côté des Beni-‘l-Montafic , au midi de Basra , se trouve une tribu sœur do celle-ci ; on la nomme Beni-Amer.

Son aïeul, Amer, était fiis d’Auf, fils de Malek, fils d’Auf , fils d’Amer , père d’El-Montafic.

Les Beni-Amer enlevèrent les pro vinces de Bahrein et d’Oman à Abou-l’-Hocein-el-Asghar , de la tribu de Taghleb.

Ces localités avaient appartenu aux tribus d’El-Azd , Temîm et Abd-Caïs , avant de devenir l’héritage des Beni-Amer.

Nous apprenons d’Ibn-Saîd que cette même tribu enleva la province de Yémama aux Beni-Kilab, et qu:en l’an 650 ( 1 252-3 ) elle reconnaissait pour chefs les Beni-Asfour [famille sortie de la même souche qu’elle-même].

Parmi les descendants d’Ocaïl on remarqua les Beni-Khafadja, dont l’aïeul Khafadja était fils d’Amr et petit-fils d’Ocaïl. Les Beni-Khafadja allèrent s’emparer des plaines de l’Izac et s’y établirent. Dans les nom breuses guerres qu’ils eurent à soutenir , ils parvinrent à se faire une certaine renommée. De nos jours , cette tribu habite les pays situés entre le Tigre et l’Euphrate , et se distingue autant par sa puissance que par son nombre. Une autre branche de la tribu d’Ocaïl est celle d’Abbada-Ibn-Ocaïl. On l’appelle aussi El-Akhaïl parce que Abbada lui-même portait le sobriquet d’El-Akhial ‘.

Cette tribu demeure maintenant en Irac, au milieu des Beni-‘l- Montafic, et dans cette portion d’El-Bataïh qui est située entre Basra , Koufa et Ouacet.

D’après ce que nous avons entendu dire, le chef qui exerce le commandement chez elle est soutenu par de nombreux guerriers : il s’appelle Kîan-Ibn-Saleh , mais nous ne savons s’il appartient, par la naissance, à la famille des Mârouf , émirs d’El-Bataïh , ou à celle des Abbada-el-Akhaïl.

Telles sont les notions que nous pouvons fournir relativement aux descendants d’Amer-Ibn-Sâsâ et à la manière dont ils obtinrent possession des territoires occupés précédemment par les Arabes sortis des souches de Kehlan, de Rebiâ et de Moder.

En ce qui touche Kehlan, il ne s’y trouve plus aujourd’hui, à notre connaissance, aucune tribu qui tire son origine de lui.

Quant aux descendants de Rebiâ , ils ont traversé les provinces de Fars et de Kirman et font paître maintenant leurs troupeaux entre ce dernier pays et Khoraçan.

Un très-petit nombre d’entre eux est resté dans l’Iraq et s’est établi à El-Bataïh. Les Beni-Meïah, une de leurs familles, se regardent comme parents des Kerfa ».

Avec eux habite un mélange de familles sorties des grandes tribus d’Aous et de Khazredj.

L’émir actuel de la tribu de Rebiâ s’intitule le Cheikh Ouéli , et celui des Aous et Khazredj porte le nom de Taher-Ibn-Khidr.

Voilà les renseignements qu’après les recherches les plus diligentes, nous sommes parvenus à réunir sur l’état actuel des tribus arabes de la troisième catégorie qui habitent l’Orient.

Les arabes Banu Hilal

Nous allons maintenant indiquer les branches de ces tribus qui sont passées dans le Maghreb. [Avant cette émigration] les arabes [nomades bédouins] ne s’étaient jamais établis en Maghreb, ni antérieurement ni postérieurement à l’Islam. La raison en était que la race berbère occupait ce pays et empêchait les autres peuples de s’y fixer. Il est vrai qu’Ifricos-Ibn-Saïfi , ce prince de la dynastie des Tobba [rois du Yémen], qui donna son nom à l’Ifrîkïa, y avait conduit une expédition et s’en était rendu maître ; mais, après y avoir laissé les tribus himyerites de Ketama et de Sanhadja, il s’en alla. Ces deux peuples devinrent graduellement Berbères et se confondirent avec cette race , de sorte que l’autorité des Arabes en Ifrîkïa disparut tout-à-fait. Lors de la promulgation de l’Islam , le progrès de cette religion mit les Arabes en état de vaincre les autres nations. Leurs armées pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays. Ils eurent alors beaucoup à souffrir dans leurs guerres contre les Berbères , qui, comme nous l’avons rapporté ailleurs, sur l’autorité d’Ibn-Abi-Yezîd  , apostasièrent jusqu’à douze fois avant que la vraie religion eût pris racine chez eux. Aussi , les Arabes ne s’y établirent point comme habitans de tentes et comme tribus nomades : le besoin d’assurer leur domi nation dans ce pays les ayant obligés à se tenir dans les villes. Ainsi, comme nous venons de le dire, les Arabes n’avaient pas habité les plaines du Maghreb; ce ne fut qu’au milieu du cin quième siècle qu’ils vinrent y faire leur demeure et se disper ser par tribus , pour aller camper dans toutes les parties de cette vaste région. Nous allons maintenant exposer en détail les causes de cette migration.

 

 

Manuscrit autographe d’Ibn Khaldoun (coin supérieur gauche). De MS. C (Atif Effendi 1936). Islamic Philosophy Online.
Manuscrit autographe d’Ibn Khaldoun (coin supérieur gauche). De MS. C (Atif Effendi 1936). Islamic Philosophy Online.

Biographie de l’auteur :

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite en Prolégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldouu 4, huitième descendant de Ouaïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramout, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

Al-Achraf Sayf ad-Dîn Qa’it Bay sultan Mamelouk d’Egypte (1468-1496)

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Bannière du sultan Mamlouk Qaitbay
Bannière du sultan Mamelouk Qaitbay d’Égypte de 1468 à 1496. C’est le règne le plus long pour un sultan mamelouk Bujrite 

(wiki bio) Al-Achraf Sayf ad-Dîn Qa’it Bay1 (né autour de 1416/18-1496) fut sultan mamelouk de la tour (burjites) d’Égypte de 1468 à 1496. C’est le règne le plus long pour un sultan mamelouk de la tour. Ce long règne lui a permis de stabiliser l’économie et de consolider les frontières avec l’empire ottoman au nord du sultanat. Son souvenir reste celui d’un grand bâtisseur : Il a laissé son empreinte dans l’architecture de La Mecque, Médine, Jérusalem, Damas, Alep, Alexandrie, et dans tous les quartiers du Caire.

Portrait des deux dernier sultan Mamelouk d'Egypte le sultan Qaitbay et Sultan Al-Ghawri.
Portraits de deux sultans Mamelouk d’Egypte :  le sultan Qaitbay (né autour de 1416/18-1496) à gauche et le Sultan Al-Ghawri (1446-1516) à droite . 

Il nait en Circassie entre 1416 et 1418. Son adresse au tir à l’arc et en équitation attire l’attention d’un marchand d’esclaves qui l’achète et l’amène au Caire. Qaitbay a alors un peu plus de vingt ans. Il est rapidement acheté par le sultan Al-Achraf Sayf ad-Dîn Barsbay. Il devient membre de sa garde. Il est affranchi par le sultan Jaqmaq2. Qaitbay est promu par le sultan burjite Khuchqadam et devient commandant d’une troupe de mille Mamelouks. Après la mort de Khuchqadam, le 10 octobre 1467, le pouvoir des mamelouks devient instable. Pendant cette période Qaitbay est en exil à Jérusalem en compagnie de son futur secrétaire (dawādār) Yashbak min Mahdi3. Le fils de Khuchqadam règne moins d’un mois. Son successeur, Az-Zâhir Timurbugha ar-Rumi qui ne règne que deux mois nomme Qaitbay commandant en chef de l’armée mamelouke4,5. Pendant cette période, Qaitbay accumule de grandes richesses qui lui permettront de soutenir des œuvres de bienfaisance sans avoir à puiser dans le trésor royal.

Portrait de Qaitbay, sultan mamelouk d'Egypte de 872 à 901 AH (AD 1468-1496).
Portrait de Qaitbay, sultan mamelouk d’Egypte de 872 à 901 Hijra (1468-1496 jc).

Timurbugha est détrôné par une révolution de palais le 30 janvier 1468. Qaitbay apparaît être un candidat de compromis pour lui succéder, il monte sur le trône le lendemain. Il autorise Timurbugha à se retirer honorablement sans le contraindre à l’exil comme d’habitude pour les souverains déposés. En revanche, il contraint à l’exil les auteurs du coup d’Etat et crée un nouveau conseil du royaume formé de ses proches et d’anciens courtisans évincés par ses prédécesseurs. Deux d’entr’eux sont nommés aux plus hautes fonctions : Yashbak min Mahdi comme secrétaire (dawādār) et Azbak min Tutkh comme atabeg, Bien que rivaux, ils restent tous les deux les plus proches conseillers de Qaitbay jusqu’à la fin de leurs carrières. Ils rivalisent dans la construction de quartiers résidentiels aux environs du Caire que Qaitbay aime visiter6. De manière générale Qaitbay nomme deux adversaires dans des postes équivalents, de sorte qu’il peut arbitrer leur rivalité et imposer ses propres vues.

medine gravure mamelouk
Gravure de l’époque du Sultan Mamelouk Qaitbay (1468-1496)0 de la mosquée prophétique à Medine, 15eme siècle

Le premier défit que Qaitbay doit surmonter est l’insurrection de Shah Suwar (Şehsuvar ou Siwar). Celui-ci est à la tête de la petite dynastie des Dulkadirides (Dulkadiroğlu)7 Turkmène dans le sud-est de l’Anatolie.

En 1465, pendant le règne de Timurbugha, le bey Melik Arslan a été assassiné par son frère Şahbudak qui a le soutien des Mamelouks8. En 1467, Şahbudak est évincé par son autre frère Shah Suwar qui a pour lui le soutien de Mehmet II Fatih8. Une première campagne menée par Azbak en 1469, est un échec. Suwar en profite même pour tenter d’envahir la Syrie. Une deuxième expédition est menée par Azbak la même année est un nouvel échec.

Le sultan mamelouk Qaitbay sur son trône , (tiré du "Pèlerinage d'Arnold von Harrf)
Le sultan mamelouk Qaitbay sur son trône , (tiré du « Pèlerinage d’Arnold von Harrf)

En 1471, une troisième expédition est menée cette fois par Yashbak. Ce dernier va utiliser l’artillerie au cours des sièges. Les Ottomans n’étant pas directement impliqués, Suwar n’a pas d’artillerie à lui opposer, il ne possède que deux canons qu’il n’a pas l’occasion d’utiliser9. Yashbak parvient à mettre les armées de Suwar en déroute. En août 1472, Suwar est pris et ramené au Caire. Le prisonnier est écartelé et ses restes sont suspendus sur la porte Zuwayla au Caire. Şahbudak reprend le trône dont il a été écarté en 1467. En 1480, il est renversé à l’instigation de Mehmed II.

Cote de maille armure Mamelouk Égyptienne du 15eme siècle
Cote de maille armure Mamelouk Égyptienne du 15eme siècle

Après la défaite de Shah Suwar, Qaitbay se débarrasse des restes factions restantes. Il achète ses propres mamelouks et les installe dans toutes les instances du pouvoir. Il sort fréquemment et ostensiblement hors de la citadelle du Caire avec une garde réduite pour montrer sa confiance dans ses sujets et ses subordonnés. Il traverse tout son royaume. Il visite entre autres Damas, Alexandrie, et Alep. Il surveille la réalisation de ses nombreux projets de constructions.

En 1472, il fait le pèlerinage à la Mecque. Il est frappé de la pauvreté des habitants de Médine et consacre une part importante de sa fortune personnelle à l’amélioration de leurs conditions de vie. C’est à travers de telle actions que Qaitbay s’est fait une réputation de piété, de charité et de son assurance royale.

L'armée Mamelouk 1 2 3 4
Les Mamelouks
1) Batteur Mamelouk  (1475)
2) Emir Qaranis Mamlouk (1460)
3) Dame en vetement  de sortie (1500)
(source : osprey)  

En 1480, Yashbak mène une armée contre la dynastie des Ak Koyunlu au nord de la Mésopotamie. Il subit une défaite lors de l’attaque de la ville d’Urfa. Il est fait prisonnier et exécuté. Cet événement préfigure le long affrontement militaire avec le considérablement plus puissant empire ottoman. En 1485, les armées ottomanes débutent une campagne le long de la frontière avec l’État mamelouk. Une armée est levée au Caire. Elle part affronter les ottomans. En 1487, cette troupe mamelouke remporte une victoire surprise près d’Adana. La trêve qui suit est très brève puisque l’année suivante les Ottomans reprennent Adana, mais ils sont une fois de plus vaincus par une très puissante armée mamelouke.

Épée mamelouk dans le style de celle du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lu) avec une lame-droite , Egypte ou Syrie 13 ou 15eme siècle
Épée mamelouk dans le style de celle du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lu) avec une lame-droite , Egypte ou Syrie 13 ou 15eme siècle

Finalement une trêve est conclue en 1491. Elle va durer jusqu’à la fin des règnes de Qaitbay et du sultan ottoman Bayezid II. Cette capacité de Qaitbay, de pouvoir contraindre à la paix, la plus grande puissance militaire du monde musulman, renforce son prestige dans son royaume comme à l’extérieur.

Qaitbay encourage les échanges commerciaux avec les européens. En 1486, il reçoit une délégation envoyée par Laurent de Médicis. En retour, Qaitbay envoie à Florence une girafe connue sous le nom de « girafe des Médicis »10 . 

La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie egypte
La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie en Egypte

La fin du règne de Qaitbay est marquée par une agitation croissante des troupes et un déclin de sa santé. Il fait une chute de cheval qui le laisse plusieurs jours dans le coma. Nombre de ses hommes de confiance décèdent et sont remplacés par des ambitieux moins scrupuleux. Il s’ensuit une période d’intrigues de palais.

Casque mamelouk d'Egypte  du15-16eme siècle
Casque mamelouk d’Egypte du 15-16eme siècle

En 1492, une épidémie de peste particulièrement virulente, sévit au Caire. Elle aurait fait 200 000 victimes, et jusqu’à 12 000 en une seule journée11. Les mamelouks sont plus nombreux à être atteints que la population locale qui jouit sans doute d’une meilleure immunité11. La santé de Qaitbay s’est dégradée. Sa cour, profite de sa faiblesse pour se diviser en factions rivales. En 1495, le vieil atabeg Azbak, s’allie à l’une de ces factions. Un coup d’État échoue, Azbak doit s’exiler dans le Hedjaz12.

Qaitbay meurt le 8 aout 1496. Il est enterré dans le mausolée attenant à sa mosquée qu’il a fait construire dans le cimetière nord du Caire. Son fils An-Nâsir Muhammad lui succède alors.

Epée mamelouk au musée du Topkapi
Epée mamelouk au musée du Topkapi

Le règne de Qaitbay est habituellement considéré comme l’heureux apogée de la dynastie des mamelouks burgites. C’est une période stabilité politique, de succès militaires, et de prospérité sans comparaison. Les contemporains de Qaitbay l’admiraient en tant que défenseur des valeurs traditionnelles des mamelouks. Dans le même temps on l’a critiqué pour son conservatisme et l’absence d’innovations pour faire face aux nouveaux défis. Après la mort de Qaitbay, l’État mamelouk va subir une période de cinq années d’instabilité et de régression jusqu’à l’accession au trône d’Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî

Les Mamelouks  1 2 3 4
Les Mamelouks chassent dans le Delta du Nil (osprey)
1) Tarkhan ver 1225
2) Julban ver 1400
3) Lancier Rammaha ver 1450

 

Actuellement, Qaitbay est sans doute mieux connu par l’ampleur de son œuvre architecturale. D’après les sources contemporaines, au moins 230 monuments dont beaucoup existent encore sont associés à son nom. En Égypte, on trouve des bâtiments dus à Qaitbay dans tout Le Caire, ainsi qu’à Alexandrie et à Rosette. Au Caire le palais de Bayt Al-Razzaz, l’une de ces constructions, fait l’objet d’un programme de restauration. En Syrie, il soutient des projets à Alep et Damas. Il est aussi responsable de la construction de madrasas qui existent encore à Jérusalem et Gaza. Dans la péninsule arabique, Qaitbay aide à la restauration des mosquées et à la construction de madrasas, de fontaines, et hôtels à la Mecque et à Médine. Après un incendie en 1481, la mosquée du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)  à Médine qui contient la tombe du Prophète, a été entièrement rénovée sous son égide.

Mamluks1279

notes et liens :

  1. en arabe : al-ʾašraf sayf al-dīn qāʾīt bāy, الأشرف سيف الدين قايت باي, le noble, glaive de la religion ; en turc : Kayıtbay. Écrit aussi Qaytbay, Kait Bey, Qaït Bay, Kaietbai…
  2. Acheté trente drachmes par Az-Zâhir Sayf ad-Dîn Jaqmaq, d’après (en) Anne Wolff, op. cit. (lire en ligne ), p. 32
  3. Anne Wolff, op. cit. (lire en ligne ), p. 32
  4. (en) Nagendra Kr. Singh, op. cit. (lire en ligne ), « Qait Bay », p. 197
  5. (en) Shai Har-El, Struggle for Domination in the Middle East: The Ottoman-Mamluk War, 1485-91, BRILL,‎ 1995 (,présentation en ligne ), p. 88
  6. (en) D. De Smet, Urbain Vermeulen, J. van Steenbergen, Egypt and Syria in the Fatimid, Ayyubid, and Mamluk Eras, Peeters Publishers,‎ 1995, 371 p. présentation en ligne , lire en ligne ), p. 275
  7. (en) Clifford Edmund Bosworth, op. cit. (lire en ligne ), « 129 The Dulghadir Oghullari or Dhu’l-Qadrids », p. 238
  8. a et b (en) Theoharis Stavrides, The Sultan of Vezirs : The Life and Times of the Ottoman Grand Vezir Mahmud Pasha Angelovic (1453-1474), BRILL,‎ 2001, 449 p. (, présentation en ligne, lire en ligne , p. 342
  9. Trente-cinq ans plus tard, le 24 aout 1516, lors de la bataille décisive de Marj Dabiq (turc: Mercidabik), la supériorité de l’artillerie ottomane consacre la victoire des Ottomans contre les Mamelouks. Voir: (en) Michael Winter, Amalia Levanoni, The Mamluks in Egyptian and Syrian Politics and Society, BRILL,‎ 2004, 450 p. (, présentation en ligne , lire en ligne ), « Gunpowder and Firearms in the Mamluk », p. 130
  10. Anne Wolff, op. cit. (lire en ligne ), p. 33
  11. a et b (en) Afaf Lutfi Sayyid-Marsot, A Short History of Modern Egypt, Cambridge University Press,‎ 1985, 151 p. (,présentation en ligne ], lire en ligne ]), p. 35-36
  12. (en) M. W. Daly, Carl F. Petry, The Cambridge History of Egypt, Cambridge University Press,‎ 1998 (, présentation en ligne , lire en ligne , p. 196

La forteresse citadelle du sultan mamelouk Qatbay à Alexandrie en Egypte au 15eme siècle

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La forteresse mamelouk d'Alexandrie en Egypte
La forteresse citadelle du sultan  mamelouk Qatbay  à Alexandrie en Egypte au 15eme siècle (source osprey, saracen stronghold »)

« Le Fort de Qaytbay aurait été construit sur l’emplacement du Phare d’Alexandrie, une des 7 Merveilles du Monde Antique. Le Phare d’Alexandrie fut construit entre 297 et 283 avant J.C. sous le règne de Ptolémée II sur l’île de Pharos reliée à la terre ferme par l’Heptastade, une digue longue de sept stades, soit environ 1344 mètres (un stade antique mesurant 192 mètres).  

C’est avec les pierres des ruines du Phare d’Alexandrie que la Citadelle de Qaytbay fut construite entre 1478 et 1480. Soucieux de la protection d’Alexandrie des attaques des Ottomans, le sultan mamelouk de l’Egypte Abou El Nasr Seif Eldine Qait-Bay El Mahmoudy El Zahry, plus connu sous le nom de Sultan Qaytbay, ordonna donc la construction du fort sur l’île de Pharos.

La forteresse de nos jours
La forteresse de nos jours

La citadelle entourée de murs massifs au bord de la mer abrite un fort de trois étages de forme carrée avec quatre tours défensives rondes au quatre coins. A l’intérieur on découvrira ce qui fut une mosquée et sa qibla qui indique la direction de La Mecque. La salle des prières en forme de croix est illuminée par un dôme qui éclairent de magnifiques mosaïques sur le sol.

Le fort de Qaytbay possède de grandes citernes à toit en voûte qui permettait de stocker l’eau potable en cas de siège. A l’extérieur, dans l’enceinte de la citadelle se trouvaient les écuries et les logements des soldats du fort répartis sur les trois côtés de la cour centrale.

Occupée jusqu’en 1984 par l’armée égyptienne, la Citadelle de Qaytbay abrite aujourd’hui l’institut et le musée hydrobiologique (un musée maritime). « 

source: « 1000 merveilles »  

La réception des ambassadeurs vénitiens à Damas sous les Mamelouks en 1511

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La réception des ambassadeurs vénitiens à Damas sous les Mamelouks en  1511, toile exposé au Louvre
La réception des ambassadeurs vénitiens à Damas sous les Mamelouks en 1511, toile exposé au Louvre

 

« Les premiers traités commerciaux importants signés avec les Musulmans datent de l’apogée des Mamelouks.  Ceux-ci gouvernent l’Egypte et la Syrie de 1250 à 1507. Ils accordent différents passe-droits aux Vénitiens,  notamment à Damas et à Alep, qui deviennent alors les deux comptoirs les plus importants de la Sérénissime en  Moyen-Orient. Afin de développer ces échanges commerciaux, nombre de jeunes patriciens vénitiens sont  formés à l’Est de la Méditerranée pour apprendre la comptabilité, les ficelles du commerce et surtout l’arabe. De cette langue, les Vénitiens adoptent un certain nombre de mots se rapportant au commerce (doana, tariffa) ou au
luxe (sofa, divan). Le symbole aujourd’hui le plus célèbre du rêve oriental de Venise date du XIIIe siècle ; il s’agit  de l’incroyable voyage de Marco Polo et de son Livre des Merveilles (1298). »  

Exposition sur Venise et l’orient  : « Venise et l’Orient – Metropolitan & IMA » 

Ludovico Vartema, Mamelouk Italien Bolognais, Route du Hajj, vers l’an 1506 JC (De Damas, Varthema fait le voyage à La Mecque et Médine comme l’un des mamelouks qui escorte une caravane de pèlerin (Avril-Juin 1503):

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Comme le prescris la religion islamique , il se rendit en pèlerinage à la Mecque al-Hajj. Il déserta de l'armée Malok qui régnais sur la Syrie, le Hijazz et l'gypte et l'Est Libyen, et suspecté d'être un espion chrétien, il fut jeté en prison à Aden. Il parvint à s'évader grâce à l'aide d'une des femmes du sultan et prit la fuite à travers le Yémen : il fut le premier Européen  à atteindre Sanaa. Il visita ensuite successivement la Somalie, l'Inde, la Perse, Ceylan, la Birmanie, Sumatra et les Moluques.
Comme le prescris la religion islamique , il se rendit en pèlerinage à la Mecque al-Hajj. Il déserta de l’armée Malok qui régnais sur la Syrie, le Hijazz et l’gypte et l’Est Libyen, et suspecté d’être un espion chrétien, il fut jeté en prison à Aden. Il parvint à s’évader grâce à l’aide d’une des femmes du sultan et prit la fuite à travers le Yémen : il fut le premier Européen à atteindre Sanaa. Il visita ensuite successivement la Somalie, l’Inde, la Perse, Ceylan, la Birmanie, Sumatra et les Moluques.

 

Ludovico Vartema, Mamelouk Italien Bolognais, Route du Hajj, vers l’an 1506 JC (De Damas, Varthema fait le voyage à La Mecque et Médine comme l’un des mamelouks qui escorte une caravane  de pèlerin :

 » Après avoir voyagé 12 jours nous découvrîmes la vallée de Sodome et Gomorrhe, les écritures ne mentent pas, on peut voir comment elles furent détruites par la volonté de Dieu, on trouve 3 cités au sommet des montagnes et sont toujours visibles sur une auteur de 3 ou 4 coudées, et on pouvait apercevoir comme du sang, comme de la cire rouge mélangée à la terre.

A la vérité, à partir de ce que j’ai vu, ils étaient de méchants peuples, car tout autour le pays tout entier est désertique et barren. La terre n ne produit ni fruits ni eaux, il vivait de la manne et furent punis, pour ,n’avoir eu nulle reconnaissance pour les bienfaits qu’ils avaient reçu ; et par miracle, tout ceci est encore visible, en ruines.

Puis ,nous longeâmes cette vallée sur au moins 20 miles, et 33 personnes y succombèrent de la soif, et nombre d’entre eux furent enfouis dans les sables alors qu’ils n’étaient pas tout à fait morts, on laissait ainsi leurs visages à l’air libre. Ensuite, nous découvrîmes une petite montagne, à côté de laquelle se trouvait un puits, ce qui nous ravis énormément. Nous fîmes halte sous ce massif.

Le jour suivant, à l’aube, 24 000 arabes arrivèrent, affirmant que nous devrions payer pour leur eau(Deut, II, 3-6 : les B. Esau demandent argent pour l’eau et la viande), nous répondîmes que nous ne pouvions payer une eau donnée par Dieu. Ils commencèrent à nous combattre, déclarant que nous leur avions pris leur eau. Nous nous barricadâmes, faisant de nos chameaux une palissade, et les marchands se tenant entre eux, et nous fûmes constamment assaillis de sorte que nous restâmes ainsi assiégés deux jours et deux nuits, et les choses restèrent en l’état et ni nous ni eux n’avions d’eau à boire. Ils encerclèrent complètement le massif, disant qu’ils allaient percer la caravane. Incapable de continuer à combattre, notre capitaine consulta les marchands Maures et nous leurs donnâmes 1200 ducats d’or ; ils prirent l’argent, puis ajoutèrent que nous n’aurions leur eau pas même pour 10 000 ducats d’or, et nous comprîmes qu’ils désiraient autre chose que l’argent. Ainsi, notre capitaine, prudemment, prépara la caravane, afin que tous les hommes capable de porter une arme ne chevauche pas son chameau, et que tous préparent ses armes. Le matin était venu, nous fîment avancer toute la caravane et les Mamluks restèrent sur les flancs. Nous étions en tout 300 hommes, et nous reprîmes le combat ; un homme et une dame furent tués à l’arc de notre coté, et ne nous firent pas plus aucun mal. Nous tuâmes 1600 de leurs hommes ; mais il n’est pas lieu de s’étonner que nous ayons pu tuer tant d’entre eux, car ils étaient nus et sans selle, incapable de manœuvrer.

Khaybar et les Juifs :

Après 8 jours supplémentaires, nous trouvâmes une montagne d’environ 10 ou 12 miles de circonférence, sur laquelle campaient 4 ou 5000 Juifs, qui étaient nus, de 5 ou 6 empans de haut, à la voix féminine, et plus noir que de toute autre couleur. Ils vivent entièrement de la chaire du mouton et ne mangent rien d’autre, ils sont circoncis, et se prétendent juifs, et s’ils peuvent capturer un Maure, ils le scalpent vif. Au pied de ce massif, nous trouvâmes une citerne, issue de l’eau de la saison pluvieuse. Nous chargeâmes de cette eau 16 000 chameaux, ce qui mécontenta les Juifs, qui se répandirent dans la montagne comme des chèvres sauvages, et sans jamais tenter de descendre dans la plaine, étant les ennemis mortels des Maures. Au pied de cette montagne, grâce à cette eau, il y avait 6 ou 8 pieds de magnifiques épineux dans lesquelles nous trouvâmes deux tourterelles, ce qui nous paru dans ces circonstances comme un miracle, d’autant que nous avions voyagés 15 jours et nuits, et n’avions rencontré pas un seul animal ou oiseau. Nous reprîmes le voyage le jour suivant, puis en deux journées nous atteignîmes la cité appelée Madinat-an-Nabî. « 

 

source texte :  Culture d’Islam de Simon Pierre, diplômé d’histoire médiévale et de relations internationale

Une illustration du 15 eme siècle des récits de voyages de Ludovico  Vartemas
Une illustration du 15 eme siècle des récits de voyages de Ludovico Vartemas

Ludovico de Verthema ou di Varthema, né à Bologne vers 1470, décédé en 1517 aussi connu sous le nom de di Barthema ou Vertomannus était un écrivain et voyageur italien.

Il fut le premier Occidental (et le seul jusqu’à la fin du xviie siècle) à visiter la Mecque.

C’est vers l’année 1500 qu’il entreprit le voyage qui devait le rendre célèbre. Il ne s’y était décidé que par amour de la découverte et par esprit d’aventure. Après avoir parcouru la Syrie et l’Égypte, étant soldat de profession (probablement artilleur), il s’engage dans le corps des Mamelouks après s’être converti à l’Islam.

Il revient en Europe en 1508 et en 1510 il publie à Rome sous forme de chronique le récit détaillé de son voyage, intitulé « Itinéraire » (Itinerario). Cette Œuvre obtint un succès considérable et fut traduite en près de cinquante langues (la première page de la version hollandaise est représentée ci-contre). Le succès du livre s’explique dans la mesure où il décrivait des terres jusqu’alors inconnues des Européens.

Lettre à sa mère De la part de Ahmad Ibn Taymiyyah à sa bienheureuse mère

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 la photo de la prison ou ce trouvais le shaykh al-islam Ibn Tayymiya dans l'état Mamelouk (Egypte, sham et Hijaz) à Damas (Dimashq
la photo de la prison ou ce trouvais le shaykh al-islam Ibn Tayymiya dans l’état Mamelouk (Egypte, sham et Hijaz) à Damas (Dimashq

Lettre à sa mère

De la part de Ahmad Ibn Taymiyyah à sa bienheureuse mère, qu’Allâh lui rafraîchisse ses yeux de Sa Grâce, répande abondamment sur elle Ses largesses, et la rende d’entre les
meilleurs de Ses esclaves et de Ses servantes. Que la paix d’Allâh, Sa Miséricorde et Sa Bénédiction soient sur vous !
Nous louons vers vous Allâh en dehors de qui il n’y a point d’autre divinité qui ne mérite d’être louée. Il est digne, et sur toute chose Il est Puissant. Nous lui demandons de prier sur le Sceau des Prophètes, et l’imâm des pieux, Muhammad, Son adorateur et envoyé, Qu’Allâh prie sur lui et sa famille, et leur accorde une paix complète.

Je vous adresse cet écrit sur les immenses faveurs, les dons gracieux et les bienfaits considérables d’Allâh.
Nous en remercions Allâh et nous demandons un surplus de grâce. Les bienfaits d’Allâh, lorsqu’ils nous parviennent, c’est à chaque fois la prospérité et l’abondance.
Ses Mains s’illustrent de par le compte.
Vous savez que notre séjour actuel en ce pays, est relatif à des questions nécessaires.
Si on les passe sous silence, les domaines religieux et mondains vont s’altérer.
Par Allâh, nous n’avons pas choisi le fait d’être loin de vous. Si les oiseaux pouvaient nous porter, nous serions
revenus à vous. Cependant, l’absent a une excuse. Vous, si vous pouviez voir ce qu’il y a au fond des choses – Louange à Allâh – vous n’aurez à l’heure actuelle que ce choix.
Nous n’avons pas pris la résolution de séjourner ou d’immigrer un seul mois.
Au contraire, chaque jour nous consultons Allâh pour nous et pour vous.
Priez pour qu’il nous accorde Ses faveurs. Nous demandons à Allâh – Ta’âla – de nous accorder ainsi qu’aux musulmans, tout ce qui est rempli de Sa Grâce, dans la bonté et le salut.
Allâh a ouvert les portes du bien, de la miséricorde, de la voie droite et de la bénédiction, qui n’ont jamais traversé l’esprit ou l’imagination des hommes.
Nous sommes, à chaque instant préoccupés par le voyage et nous consultons, toujours Allâh – Ta’âla. Il ne faut pas que quelqu’un puisse croire que nous donnons la préférence aux choses de ce bas monde, plutôt que votre compagnie. Au contraire, nous ne donnons aucune préférence aux choses de ce bas-monde sur votre compagnie.
Mais c’est qu’il y a là d’importantes choses dont nous craignons qu’elles fassent du mal au commun des musulmans et aux élites.
La personne présente [en ce lieu] assiste à des choses qu’une personne absente ne peut voir.
Ce qui est recherché par chacun de nous, c’est de multiplier ses invocations pour obtenir les bienfaits, car Allâh sait et nous ne savons pas.
Il peut et nous ne pouvons pas. Il est celui qui sait absolument tout des choses cachées.

Le Prophète -sallallahu ’alayhi wa sallam- a dit :
« Une partie du bonheur du fils d’Adam est due au fait de consulter Allâh et d’être satisfait des bienfaits qu’Il lui a accordé. Une partie du malheur du fils d’Adam est due au fait de ne pas consulter Allâh et l’insatisfaction des bienfaits qu’Il lui a accordé. »

Le commerçant est en voyage et craint de perdre ses biens. Il a besoin de se fixer jusqu’à les écouler. Notre cas est ce qui illustre le mieux cette parole.
Il n’y a de force et de pouvoir que par Allâh, que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur vous un grand nombre de fois, et sur l’ensemble de ceux qui sont à la maison, petits et grands, ainsi que les proches et les amis, un à un.

Louange à Allâh, le Seigneur des mondes et que la prière et le salut d’Allâh soient sur notre maître Muhammad, sa famille et ses compagnons.

Fin de sa lettre.

 

Le sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari d’Egypte

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Le Sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, d »Egypte approche de la ville syrienne de Tartous avec une grande armée contre les croisés tiré du Cantigas de Santa Maria d’ Alfonso X.

Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari1, plus connu en français sous le nom de BaybarsBaïbars ou encore Bibars (né le 19 juillet 1223 au nord de la mer Noire et décédé le 1er juillet 1277 àDamas en Syrie) est un sultan mamelouk bahrite d’Égypte qui régna de 1260 à 1277.

Il est parfois surnommé la « panthère » ou encore « l’arbalétrier ».

Né au Kiptchak (en Crimée) en 1223, il est vendu comme esclave à Damas après l’invasion mongole dans les années 1240.

Envoyé en Égypte, il entre au service du sultan ayyoubide As-Sâlih Ayyûb comme garde du corps, qui lui fait donner une formation militaire. Il participe activement au coup d’État qui renverse la dynastie ayyoubide et se traduit par l’assassinat de Tûrân Châh, le fils d’As-Sâlih Ayyûb, en 1250.

Au service du sultan mamelouk Sayf ad-Dîn Qutuz, il remporte sur les Mongols la victoire d’Aïn Djalout (3 septembre 12602) qui sauve l’Égypte des destructions massives que vient de subir Bagdad. À son retour auCaire, il renverse le sultan Sayf ad-Dîn Qutuz, qui lui refusait le poste de gouverneur de la Syrie, se proclame sultan et accueille Al-Mustansir bi-llah, l’un des survivants de la famille des Abbassides, dont il fait un califefantoche, mais qui lui confère une légitimité supplémentaire. Celui-ci sera rapidement remplacé par Al-Hakim Ier en 1262.

The Sultan reminded him that in the Koran it states that Mary was always a virgin. The Sultan vowed that he would not wage war on her.

Le Sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, d »Egypte approche de la ville syrienne de Tartous avec une grande armée contre les croisés tiré du Cantigas de Santa Maria d’ Alfonso X.

Administrateur efficace, Baybars crée une marine de guerre, une armée permanente, restaure les routes et organise un remarquable service postal.

Son objectif principal, durant la suite de son règne, est la destruction des États croisés, ou du moins ce qu’il en reste, et pour cela il obtient la neutralité de l’empire byzantin, du sultanat seldjoukide de Roum.

The Sultan summoned his Moorish spy and berated him for saying that the city was unprepared for attack.
Le Sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari et un des ces espions

Il lance une offensive en 1261 et s’empare de Césarée le 27 février 1261. Puis Baybars s’empare successivement de la forteresse des Templiers de Safed (25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268),d’Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l’imprenable » krak des Chevaliers le 8 février 1271.

Les Croisés obtiennent l’alliance des Mongols, ce qui contraint Baybars à signer une trêve de dix ans. Il en profite pour s’emparer de Masyaf, la forteresse du nord de la Syrie, aux mains de la secte des assassins (1272), ainsi que de Césarée de Cappadoce, enlevée aux Seldjoukides.

Véritable artisan du relèvement musulman au Moyen-Orient face à la menace mongole et aux restes de la présence des croisés, il est devenu le héros d’un roman de chevalerie, très populaire dans le monde arabe, le Sirat el-Malik el Zahir.

Baybars meurt, peut-être empoisonné, à Damas en 1277, mais échoue dans sa tentative de rendre le sultanat héréditaire dans sa famille.

Postérité

La vie de Baïbars fit le sujet d’un des cycles épiques les plus populaires du monde arabe: le Roman de Baïbars.

Précédé par Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari Suivi par
Sayf ad-Dîn Qutuz
Icone-Islam.svg Mamelouks Bahrites Transparent.gif
(1260-1277)
Baraka Khan

Notes et références

  1.  Arabe: al-malik aẓ-ẓāhir rukn ad-dīn baybars al-bunduqdārī, الملك‭ ‬الظاهر‭ ‬ركن‭ ‬الدين‭ ‬بيبرس‭ ‬البندقداري. malik, roi ; aẓ-ẓāhir rukn ad-dīn, évident soutien de la religion ; al-Bunduqdari, du persan : bunduq-dār, بندق دار « porteur de d’arbalète/fusil ; arbalétrier »
  2.  25 ramadan 658 A.H.