Le sultanat Mamelouk du Caire

La tribu arabe d’al-Fadl et celle de Mehena et leurs domination en Syrie et en Irak par ibn Khaldoun

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Les régions historique et culturelles de la Syrie et de l'Iraq
Les régions historique et culturelles de la Syrie et de l’Iraq

DE LA FAMILLE DE FADL ET DE CELLE DE MOHENNA , UNE DE SES BRANCHES. DE LEUR DOMINATION EN SYRIE ET EN IRAK 

La tribu arabe qu’on désigne par le nom d’Al-Fadl , ou la fa mille de Fadl, parcourt les régions situées entre la Syrie, la Mésopotamie et le désert du Nedjd , dans le Hidjaz. En été , elle fréquente les premières localités , et en hiver , les secondes.

Elle se rattache , par son origine , à la tribu de Taï.

Plusieurs familles appartenant aux tribus de Zobeid , de Kelb , de Hodeim et de Medhedj se sont confédérées avec les Al-Fadl.

La famille de Mera rivalise en puissance et en nombre avec celle de Fadl. On assure que ces deux peuplades sont branches de la tribu de Rebiâ (Rabi’ah) et que les descendants de Fadl forment deux catégories , la famille de Mohenna et celle d’Ali. Selon les mêmes autorités , toute la tribu de Fadl habitait le Hauran 2 ; mais , en ayant été expulsée par les Mera, elle se fixa à Emesse et dans les contrées voisines.

Toutefois , ses alliés de la tribu de Zobeid restèrent dans le Hauran.

Leurs descendants s’y trouvent encore et n’en sortent jamais.

Les mêmes narrateurs ajoutent que la famille de Fadl s’étantmise au service des sultans, reçut d’eux le commandement de tous les Arabes nomades et la jouissance de certains fiefs, à condition de protéger les caravanes qui’voya- geaient entre la Syrie et l’Irak.

Ces avantages la mirent en état de lutter contre la famille de Mera et de lui enlever le pays où elle prenait ses quartiers d’hiver.

Depuis lors , l’Al-Mera s’est bornée à parcourir les limites de la Syrie, dans les environs du pays cultivé et des villages , ne se hasardant que bien rarement, à entrer avec ses troupeaux dans le Désert.

Plusieurs familles d’Arabes nomades, appartenant aux tribus de Medhedj, d’Amer et de Zobeid, s’attachèrent aux Mera en qualité de confédérées et firent avec eux un seul corps, ainsi que cela était déjà arrivé pour la famille de Fadl.

De toutes les tribus qui se réunirent aux Mera, la plus nombreuse fut celle des Beni-‘l-Haretha-Ibn-Sinbis, branche de la tribu de Taï.

Tels sont les renseignements que j’ai reçus de quelques-uns de leurs chefs, dont les paroles me paraissent mériter toute con fiance.

Les Beni-‘l-flaretha fréquentent encore les plateaux de la Syrie et ne s’aventurent jamais dans le Désert. « Les régions que la tribu de Taï occupe dans le Nedjd sont » très-étendues.

Ce peuple, à sa sortie du Yémen, s’établit » aux Deux-Montagnes, Adja et Selma s, qu’il enleva à la tribu » d’Aced dont il devint le protecteur.

Il posséda aussi des territoires à Someira  et à Feid *, lieux de halte pour la cara-vane des pèlerins.

Les Beni-Aced s’étant éteints dans la suite, » leurs possessions, situées aux environs de Kerekh , dans le » Nedjd , devinrent l’héritage de la tribu de Taï.

Il en fut de » même des territoires possédés par la tribu de Temîm dans le » Nedjd, entre Basra, Koufa et Yemama, ainsi que des terres » appartenant à la tribu de Ghatafan et situées auprès de Ouadi- al-Cora  dans le Nedjd. » Telles sont les paroles d’Ibn Said. Il ajoute, ensuite : « Parmi » les branches de la tribu de Taï qui habitent le Hidjaz, les plus marquantes sont les Beni-Lam et les Beni-Nebhan.

Les premiers dominent dans le pays qui s’étend depuis Médine jusqu’à l’Irak, et ont pour confédérés les Beni-‘l-Hocein, émirs » de Médine. »

Le même auteur dit : « Les Beni-Sakhr, autre branche de la » tribu de Taï , habitent du côté de Teima, entre Kheiber et la » Syrie. » Il dit ailleurs : « La tribu d’Azïa , branche de celle de Taï, » eut pour aïeul Azïa, fils d’Aflet, fils de Màbed, fils de Mân, » fils d’Amr, fils d’Anbès, fils de Selaman, fils de Nâl  .

Cette » tribu habite Aïn-el-Tamr et El-Anbar lieux dans lesquels » elle remplaça la tribu d’Anéza. De nos jours, elle passe l’été » à Kobeiçat 3, et l’hiver chez les Beni-Lam, branche de la » tribu de Taï. Ce peuple belliqueux, les Azïa, est maître du » pays situé entre la Syrie et l’Irac *.

Deux autres branches de » la tribu de Taï, nommées collectivement El-Adjoued (les » bons) et El-Batnein (les deux branches), se sont fixées aux » environs de Mosul avec leur sœur, la tribu de Zobeid. » On voit qu’Ibn-Saîd compte la tribu de Zobeid au nombre de celles qui sont descendues de Taï, et qu’il ne la regarde nulle ment comme issue de Medhedj.

Le commandement de la tribu de Fadl appartient aujour d’hui aux Beni-Mohenna – (Mehena).

Selon cette famille, son aïeul, Mohenna, était fils de Manê, fils de Hadîtha, fils de Ghadïa, fils de Fadl , fils de Bedr, fils d’Ali, fils de Moferredj, fils deBedr, fils de Salem, fils de Casïa, fils de Bedr, fils de Semia.

Elle ne porte pas cette généalogie plus haut, mais quelques notables de la même tribu prétendent que Semiâ fut le fils qu’El-Abbaça, sœur du khalife Haroun-Er-Rechîd , avait eu de Djâfer-Ibn-Yahya, le Barmekide ,mais à Dieu ne plaise qu’une telle calomnie soit dite de la sœur d’Er-Rechîd, et que l’on attribue à de puissants Arabes de la tribu de Taï une origine si vile , en les faisant descendre d’une race étrangère, d’une famille d’affranchis tels que les Barmekides .

D’ailleurs, il est impossible, par la nature même des choses, qu’une personne descendue de Barmek ait pu exercer l’autorité suprême dans une tribu à laquelle elle n’appartenait pas par la naissance.

Nous avons déjà fait une observation semblable dans les prolégomènes de cet ouvrage ». La famille de Mohenna obtint le commandement des Arabes à-peu-près vers l’époque où s’établit la puissance des Aïoubides.

Eimad-ed-Dîn-el-Isfahani dit , dans son ouvrage intitulé El- Barc-ès-Chams: « El-Adel s’arrêta au Merdj, près de Damas, accompagné d’Eiça, fils de Mohammed, fils de Rebiâ , » chef des Arabes du Désert, qui s’était fait suivre d’un grand » nombre de son peuple.

Auparavant, lors de la souveraineté » des Fatemides, le droit de commander à ces Arabes appartenait à la famille Djerrah, de la tribu de Taï.

Ils avaient » alors pour chef Moferredj-Ibn-Daghfel-Ibn-Djerrah, auquel la » ville de Ramla avait été concédée en fief. Ce fut lui qui arrêta » Iftîkîn, client de la famille des Bouides, qui s’était enfui de » l’Irac avec son patron Bakhtyar », en l’an 364 (9745 de J.-C). »

Iftîkîn avait envahi la Syrie et s’était emparé de Damas. » Il marcha ensuite avec les Carmats et livra bataille à El-Azîz, » fils d’El-Moëzz-li-Dîn-Ulah, et souverain de l’Egypte ; mais son armée ayant été mise en déroute, il prit la fuite. Ce fut alors » que Moferredj-Ibn-Daghfel l’arrêta et le conduisit à El-Azîz. » Ce prince l’accueillit d’une manière très-distinguée et l’éleva » à un poste important dans l’administration. » Moferredj con tinua à gouverner la tribu de Taï jusqu’à sa mort, qui eut lieu en 404 (1 01 3-4) .

De ses quatre fils, Hassan, Mahmoud, Ali et Djerrar, le premier lui succéda et acquit une grande réputation. Il se montra tantôt dévoué , tantôt hostile aux Fatemides.

Ce fut lui qui dévasta la ville de Ramla et qui, ayant défait les troupes du général égyptien, Barouk 1 El-Torki, s’empara de ses femmes, après l’avoir tué dans le combat. Le poète Et-Tihami * l’a célé bré dans ses vers.

El-Moçabbihi et d’autres historiens qui ont écrit sur la dynastie des Fatemides disent qu’au nombre des parents de Hassan, fils de Moferredj, se trouvèrent Fadl, fils de Rebiâ, fils de Ha- zem, fils de Djerrah, et son frère Bedr-Ibn-Rebiâ, avec deux fils de celui-ci.

Peut-être ce Fadl est-il l’aïeul de la tribu qui porte le même nom et dont nous discutons ici l’histoire.

Nous apprenons d’Ibn-el-Atar , que les aïeux de Fadl, fils de Rebiâ, fils de Hazem, furent les seigneurs du Belca -et de Jérusalem.

Quant à lui, il se rangea tantôt du côté des Francs (les Croisés) et tantôt du côté des khalifes égyptiens ; mais cette conduite lui valut l’inimitié de Toghdikîn, seigneur de Damas, et [ancien] tuteur des enfants de Tutuh ‘.

Expulsé de la Syrie par ce prince, il s’arrêta à Hilla, chez Sadaca-Ibn-Mezïed *, qui lui fit cadeau de sept mille pièces d’or. Ils s’engagèrent alors par serment à se soutenir mutuellement. En l’an 500 (H06-7), lors de la dissension qui s’éleva entre Sadaca et le sultan Seldjoukide, Mohammed-Ibn-Mélek-Chah, dissension qui aboutit à une guerre, Fadl vint se joindre au premier ainsi que Kirouach, fils de Chéref- ed-Dola , Moslem-Ibn-Qoreich , seigneur de Mosul et quelques chefs turcomans, tous alliés de Sadaca.

Quand on se fut mis en marche contre le sultan, Fadl et ses compagnons, qui s’étaient placés à l’avant-garde, passèrent du côté d’Ibn-Mélek-Chah. Ce prince les accueillit avec une haute distinction, et les ayant re vêtus de pelisses d’honneur, il installa Fadl dans l’hôtel que Sadaca possédait à Baghdad.

Quelque temps après, le sultan marcha contre Sadaca , et s’étant laissé tromper par Fadl qui s’engageait à tenir ce chef en échec, il lui donna la permission de passer dans le Désert. Fadl traversa alors le fleuve, atteignit la ville d’El-Anbar, et à partir de cette époque , ne revint plus auprès d’Ibn-Mélek-Chah. Ces renseignements d’Ibn-el-Athîr et les paroles d’El-Moçabbihi prouvent clairement que Fadl appartenait , tout aussi bien -que Bedr, à la famille de Djerrah.

D’ailleurs , la généalogie des Djerrah, telle qu’on nous la donne, démontre que leur ancêtre, Fadl , est bien le même individu que celui-ci.

En effet , pendant que les uns l’appellent Fadl, fils de Rebiâ, fils«d’El-Djerrah , les autres le nomment Fadl, fils de Rebiâ, fils d’Ali, fils de Moferredj. Dans cette dernière généalogie on donne Rebiâ comme un descendant de Moferredj , aïeul de la tribu de Djerrah : er reur dans laquelle on a pu tomber à cause de l’ancienneté des faits , ou par suite du peu de soin que des nomades tels qu’eux ont pu mettre à garder le souvenir d’une circonstance de cette nature.

Sur la question de savoir si la maison de Fadl , lils de Rubiù , tils de Felah fils de Moferredj, tire son origine de l’aïeul des Taï , quelques-uns de cette famille font le récit suivant : « Le » commandement de la tribu de Taï appartenait à Aïas-Ibn- » Cabîça, descendant de Homa, fils d’Amr, fils d’El-Ghauth, fils » de Taï.

Ce fut à cet Aïas que Chosroës [Parviz] confia le » gouvernement de la ville de Hira, après avoir fait périr En-Noman-Ibn-el-Mondir  et enlevé l’autorité à la famille Mondir. »

Ce fut encore le même Aïas qui obtint de Khaled-Ibn-el-Ouélîd que Hira ne serait pas attaqué, pourvu que les habitants payassent la capitation.

Depuis ce temps, les descendants » de Cabîça ont continué à exercer le commandement dans la » tribu de Taï avec l’autorisation du gouvernement de l’empire » musulman. »

Il se peut que les familles d’El-Djerrah et de Fadl tirent leur origine de ce Cabîça ; si , au contraire , la postérité de Cabîça s’est éteinte , ces deux maisons en sont proches parentes.

L’on sait que le droit d’exercer le commandement dans une tribu appartient à ceux qui lui sont alliés par le sang et qui partagent, avec elle , le même esprit de corps. Ceci est un prin cipe que j’ai établi dans la première partie de mon ouvrage .

Ibn-Hazjn0 dit, en parlant de la généalogie de la tribu de Taï : » Quant ce peuple sortit du Yémen avec les Beni-Aced, il » s’établit aux Deux-Montagnes , Adja et Selma , et sur le territoire qui les sépare , pendant que les Beni-Aced se fixèrent » entre ces lieux et le pays de l’Irac.

Mais lors de la guerre que » l’on a appelée Harb-el-Feçad (guerre d’iniquité)  , plusieurs branches de la tribu de Taï , telles que Beni-Kharedja- » Ibn-Sâd-Ibn-Catra , appelés aussi les Beni-Djedîla , du nom » de leur aïeule , quittèrent les Deux-Montagnes avec la famille de Teim-Allah et celle de Hobeich , pour aller s’établir » à Alep et à Hader-Taï (demeure fixe de Taï).

La seule portion » de la tribu de Taï qui resta aux Deux-Montagnes fut la famille » des Beni-Rouman-Ibn-Djondob-Ibn-Kharedja-Ibn-Sâd.

Ceux- » ci reçurent le nom d’El-Djébélïin (gens de la Montagne Djebeliya) » et ceux qui allèrent se fixer sur le territoire d’Alep et à Hader- » Taï furent appelés es-Sehlïîn ( gens de la plaine souhaliyas). »

 

Généalogie des tribus et dynasties arabe adnanite issue des Banu Amr ibn Sa3'sa3 :
Généalogie des tribus et dynasties arabe adnanite issue des Banu Amr ibn Sa3’sa3 :

Il se peut donc que les familles de Djerrah et de Fadl, établies maintenant en Syrie, appartiennent à cette tribu de Kharedja qu’Ibn-Hazm représente comme s’étant transportée à Alep et à Hader-Taï ; car la Palestine, où les Djerrah demeurent à présent, est plus rapprochée des lieux que nous venons de nommer qu’elle ne l’est des Deux-Montagnes, Adja et Selma , où habite l’autre partie de la tribu de Taï.

Mais, après tout, c’est Dieu seul qui sait la vérité au sujet de leur origine.

Les Beni-Haï-el-Forat (enfants de la tribu de l’Euphrate), descendants de Kilab, fils de Rebiâ, fils d’Amer-Ibn-Sâsâ, vivent sous la protection de la famille de Fadl.

Ils avaient d’abord accompagné les autres tribus qui tirent leur origine d’Amer-Ibn- Sàsa quand elles émigrèrent du Nedj et passèrent en Mésopotamie.

Lors de la dispersion des descendants d’Amer dans les provinces de l’empire musulman, les Beni-Haï-el-Forat occupèrent les environs d’Alep, et une de leurs familles, celle de Saleh-Ibn-Mirdas, se rendit maîtresse de la ville ‘. Saleh descendait d’Amer-lbn-Kilab.

Plus tard, les Mirdacides perdirent leur puissance, et ayant repris la vie nomade, ils s’établirent auprès de l’Euphrate en se mettant sous la protection des chefs de la tribu de Taï.

Dans la partie de cet ouvrage que nous avons consacrée à l’histoire de la dynastie turque [des Mamlouks Bahrites] qui régna sur l’Egypte et la Syrie, nous avons indiqué, par ordre chronologique, les noms des chefs appartenant à la famille Fadl qui se sont succédés dans le commandement des Arabes de la Syrie et de l’Irac ; nous y avons parlé de chacun d’eux, en com mençant à l’époque où le sultan Aïoubide, El-Mélek-el-Adel , exerça le pouvoir, et nous avons conduit notre récit jusqu’au temps actuel, c’est-à-dire, la fin de l’an 796 (octobre, 1394 de J.-C).

Nous reproduirons ici ces mêmes indications, en ob servant l’ordre dans lequel elles se présentent.

Du temps des Aïoubides, sous le règne d’El-Mélek-el-Adel, l’émir de la tribu de Taï s’appelait Eiça-Ibn-Mohammed-Ibn-Re- biâ.

Mamluks1279

Il eut pour successeur Hoçam-ed-Dîn-Manê-Ibn-Hadetha- Ibn-Ghadïa-Ibn-Fadl. En l’an 630 (1232-3), son fils Mohenna lui succéda. Quand Cotoz, le troisième souverain de la dynastie turque qui gouverna l’Egypte, reprit la Syrie sur les Tatars et défit leur armée à Aïn-Djalout ‘, il détacha la ville de Sélémïa du gouvernement d’El-Mansour-Ibn-el-Modaffer-Ibn-Chahan- chah, prince de Hamah 3, et la donna en fief à Mohenna, fils de Mané.

Lors de la mort de Mohenna, événement dont je n’ai pu découvrir la date, le sultan [El-Mélek] ed-Daher [Bîbers] profita de l’ascendant que le gouvernement turco-égyptien avait pris, pour se rendre à Damas afin de conduire à Baghdad le khalife El-Hakem , oncle d’El-Mostâcem.

Il donna alors le comman dement des Arabes de la Syrie à Eiça, fils de Mohenna, fils de Manê, et lui assigna plusieurs fiefs sous la condition qu’il veil lerait à la sûreté des voyageurs. Sur la demande d’Eiça, il em prisonna le cousin de celui-ci, Zamel, fils d’Ali, fils de Rebiâ, de la famille d’Ali.

Pendant tout le temps de son administration , Eiça sut maintenir la tranquillité dans le pays où il commandait et réprimer l’esprit de brigandage qui animait les Arabes.

Il te nait ainsi à leur égard une conduite tout opposée au système d’indulgence qu’avait suivi son père.

En l’an 679 (1280-1), Soncor-el-Achkar se réfugia auprès de lui, et ce fut alors qu’ils écrivirent à Abagha [khan des Moguls de la Perse] , pour le pousser à la conquête de la Syrie. Eiça mourut en 684 (1285-6), et son fils Mohenna le remplaça par l’ordre d’El-Mansour-Calaoun [le septième des sultans Mamlouks].

Plus tard , quand [El-Mélek] el-Achref, fils de Calaoun, se rendit à Emesse en Syrie, Mohenna, fils d’Eiça, vint le trouver avec plusieurs membres de sa famille. El-Achref l’ayant aussitôt fait arrêter, ainsi que son fils Mouça et ses frères, Mohammed et Fadl, les envoya tous en Egypte. Ils y restèrent prisonniers jusqu’à l’an 694 (1294-5), quand El-Adel-Ketbogha monta sur le trône et leur rendit la liberté.

Les ruines de Qal'at Ja'bar en Syrie près d'ar-Raqqah Il fut acquis par un certain Djabar ibn Sabiq al-Qouchayri (m. 464 H / 1072 J.-C.), d'où son nom de Qalata Jabar. De 458 H / 1065 J.-C. à 564 H / 1169 J.-C., il resta sous la dépendance des Uquaïlides, dynastie locale vassale des émirs seldjoukides d'Alep, tout en maintenant d'importantes relations avec les États croisés nouvellement créés à l'ouest. L'avancée des Croisés fut arrêtée par l'apparition de l'Atabeg Imad al-Din Zengi, qui régnait à Mossoul. Après la mort de celui-ci, les territoires zenguides furent divisés entre son fils Sayf al-Din Ghazi, qui conserva Mossoul, et Nour al-Din Mahmoud qui reçut Alep. Nour al-Din prit Jabar aux Uquaïlides en 564 H / 1168 J.-C., faisant de la forteresse une extension de l'émirat alépin. En 593 H / 1193 J.-C., le site passa au frère de Salah al-Din, al-Adil, qui régnait sur al-Djazira. À partir de ce moment, il se transforma en forteresse de défense sur les marches orientales, zone clé de l'État ayyoubide face à ses adversaires zenguides de Mossoul. En 657 H / 1259 J.-C., la forteresse fut en grande partie détruite par les raids mongols d'Hülagü et laissée en ruine par la suite. Source: [http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;sy;Mon01;38;fr&cp]
Les ruines de Qal’at Ja’bar en Syrie près d’ar-Raqqah Il fut acquis par un arabe du nom de Jabar ibn Sabiq al-Qouchayri (m. 464 H / 1072 J.-C. ), d’où son nom de Qalata Jabar. De 458 H / 1065 J.-C. à 564 H / 1169 J.-C., il resta sous la dépendance des Uqaylides , dynastie arabes locale  issue des , anu Uqayl vassale des émirs turcs  seldjoukides d’Alep, tout en maintenant d’importantes relations avec les États croisés nouvellement créés à l’ouest.
L’avancée des Croisés fut arrêtée par l’apparition de l’Atabeg Imad al-Din Zengi, qui régnait à Mossoul. Après la mort de celui-ci, les territoires zenguides furent divisés entre son fils Sayf al-Din Ghazi, qui conserva Mossoul, et Nour al-Din Mahmoud qui reçut Alep. Nour al-Din prit Jabar aux Uquaïlides en 564 H / 1168 J.-C., faisant de la forteresse une extension de l’émirat alépin. En 593 H / 1193 J.-C., le site passa au frère de Salah al-Din, al-Adil, qui régnait sur al-Djazira. À partir de ce moment, il se transforma en forteresse de défense sur les marches orientales, zone clé de l’État ayyoubide face à ses adversaires zenguides de Mossoul. En 657 H / 1259 J.-C., la forteresse fut en grande partie détruite par les raids mongols d’Hülagü et laissée en ruine par la suite.source
Mohenna s’en retourna alors au poste qu’il avait déjà occupé. Pendant le règne d’El-Mélek-en-Nacer, il se montra, alternativement, l’ami des Tatars de l’Iraq et du gouvernement égyptien : il n’assista même pas à aucun des combats que les Mamlouks livrèrent à Ghazan [le sultan tatar].

En l’an 710(1310-1), Cara-Soncor, accompagné d’Acouech-el-Afrem et leurs partisans, se réfugia chez Mohenna, après s’être mis en révolte, et il passa ensuite à la cour du souverain tatar, Khorbenda.

Depuis lors, Mohenna resta au milieu de ses nomades sans oser paraître devant le sultan égyptien dont il redoutait la colère.

En l’an 712, son frère Fadl alla présenter ses devoirs au sultan, et en récompense de cette démarche, il obtint sa nomination au commandement des Arabes.

Dès-lors, Mohenna se vit repoussé par toutes les tribus, et en l’an 746, il alla trouver Khorbeuda, roi des Tatars.

Ce monarque lui fit un accueil très-gracieux et le gratifia d’un fief situé dans l’Irac.

Cette même année, Khor- benda mourut, et Mohenna , ayant rejoint ses tribus, chargea ses fils Ahmed et Mouça, de se rendre, avec leur oncle Mohammed- Ibn-Eiça, à la cour d’El-Mélek-en-Nacer et de présenter à ce sultan l’humble soumission de leur père.

En-Naçer les reçut très- bien et leur assigna un logement dans le château appelé El-Casr- el-Ablac. Les ayant alors comblés de faveurs, il leur accorda la grâce de leur père auquel il rendit le commandement des Arabes et le fief dont il avait joui.

Cette même année, je veux dire l’an 717, Eiça, fils de Mohenna, accompagné de son frère Mohammed et de plusieurs autres membres de la famille Fadl , firent le pèlerinage de la Mecque, emmenant avec eux douze mille chameaux chargés.

Mohenna retomba bientôt dans son ha bitude de courtiser les Tatars et de faire des incursions sur les terres de la Syrie.

Le sultan, voyant que ces désordres ne s’ar rêtaient pas, en fut tellement courroucé, qu’en l’an 720, lors de son retour du pèlerinage, il ordonna à ses lieutenants en Syrie, d’expulser de ce pays tous les membres de la famille Fadl et de les y remplacer par leurs collatéraux de la famille Ali .

Carte tribale   des tribus arabes de l'Arabie, Sham, Irak
Carte tribale des tribus arabes de l’Arabie, Sham, Irak

De cette manière, Mohammed-Ibn-Abi-Bekr reçut le commandement des Arabes et obtint, pour lui et les siens, tous les fiefs que le gou vernement égyptien avait concédés à Mohenna et à ses fils. Mo henna resta en disgrâce jusqu’à l’an 731 (1330-1), époque à la quelle il se rendit auprès du sultan, avec la suite d’El-Afdel, fils d’El-Mouwéïd et seigneur de Hamah. Ce fut par l’intercession de ce protecteur, qu’il obtint son pardon et rentra en possession de ses fiefs et de son commandement.

Un grand émir égyptien qui vit Mohenna lors de cette visite, (ou qui en avait entendu parler), m’a raconté que cet Arabe refusa tous les cadeaux du sultan, et qu’il avait amené avec lui plusieurs chamelles pour se nourrir de leur lait.

Il s’abstint même de rendre visite aux grands officiers de l’empire, ou de faire la moindre sollicitation auprès d’eux.

Mohenna alla ensuite retrouver ses tribus, et mourut en l’an 734.

Son fils Modaffer-ed-Dîn-Mouça , lui succéda et mourut en 742(1341-2), quelque temps après la mort d’El-Mélek-en- Nacer.

Il eut pour successeur son frère Soleiman. Celui-ci mou rut en 743, et son cousin paternel, Chérif-ed-Dîn-Eiça, fils de Fadl, fils d’Eiça, lui succéda. Chéref-ed-Dîn mourut à El-Kiritain en l’an 744, et fut enterré auprès du tombeau de Khaled- lbn-el-Ouélîd. Son frère Seif, fils de Fadl, le remplaça dans le commandement des Arabes nomades.

En l’an 746 (1345-6), le sultan d’Égypte, El-Kamel, fils d’En-Nacer, remplaça Seif par Ahmed, fils de Mohammed, fils d’Eiça.

Seif réunit alors du monde [afin d’attaquer son successeur], mais ses troupes furent mises en déroute par Féïad, fils de Mohenna.

Le commandement passa ensuite à Ahmed, fils de Mohenna, que le sultan Hacen-en- Nacer nomma à cette dignité afin de mettre un terme à ces dis sensions.

Ceci se passa à l’époque où ce prince était encore sous la tutelle de Beibogharous *, et pendant le premier de ses deux règnes. Ahmed, fils de Mohenna, mourut en 749 et eut pour successeur son frère Feïad.

Celui-ci mourut en 762 (1360-1).

Le sultan Hacen-en-Nacer, qui régnait alors pour la seconde fois, nomma Kheiar, un autre fils de Mohenna, à la place vacante.

Kheiar se révolta en 765 et resta deux années dans le Désert sans vouloir reconnaître l’autorité du sultan ; puis il se fit réinté grer dans son commandement par l’intercession du vice-roi de Hamah.

En l’an 770, il se révolta de nouveau ; et, d’après l’or dre du sultan El-Achref, il fut remplacé par son cousin paternel Zamel, fils de Mouça, fils d’Eiça.

L’émir déposé se rendit alors aux environs d’Alep, et ayant réuni autour de lui les Beni-Kilab et d’autres tribus, il se mit à ravager ce pays.

Le gouverneur d’Alep, Cochtémir-el-Mansouri, marcha à sa rencontre, et s’étant avancé jusqu’à l’endroit où Kheiar avait dressé son camp, il enleva les troupeaux des Arabes et se porta vers leurs tentes.

Ceux-ci, voulant l’arrêter, se battirent en désespérés et finirent par culbuter ses troupes.

Dans cette affaire , Cochtémir et son fils perdirent la vie ; le premier ayant reçu la mort de la main de Nâir [fils de Kheiar]. Kheiar, s’étant ainsi mis en révolte ou verte, passa dans le Désert, et El-Achref confia le commande ment des tribus arabes à Moaïkel, fils de Fadl-Ibn-Eiça et cousin paternel du chef insurgé. En 771 (1369-70) Moaïkel envoya son chambellan auprès du sultan pour solliciter la grâce de Kheiar.

Le sultan consentit à oublier ce qui s’était passé, et en l’an 775, quand Kheiar se présenta à la cour , il lui pardonna tout et le réintégra dans le commandement.

Kheiar mourut en 777 et eut pour successeur son frère Cara. Celui-ci mourut en 781 (1379). Sa place fut remplie par deux chefs à pouvoirs égaux : Moaïkel, fils de Fadl, fils d’Eiça, et Zamel, fils de Mouça, fils d’Eiça, fils de Mohenna ; mais l’année même de leur nomination, ils furent remplacés par Nâir , fils de Kheiar, fils de Mohenna. Le véritable nom de Nâir était Mohammed ; il exerce en core aujourd’hui le suprême commandement chez les Al-Fadl et chez toutes les tribus taïennes de la Syrie.

Le sultan El-Mélek-ed-Daher-Bercouc avait pour habitude , chaque fois que Nâir le mécontentait, de lui susciter un rival dans la personne de Mohammed, fils de Cara et cousin de Nâir.

L’insubordination et la désobéissance de Nâir se prolongèrent encore, et le sultan, ayant reconnu que Mohammed, fils de Cara, connivait à cet état de choses, lui retira sa faveur et le rem plaça dans le commandement des Arabes par Mouça, fils d’Assaf, fils de Mohenna. Nâir, ayant été rejeté dans le Désert , sans avoir les moyens de nourrir ses partisans, vit leur nombre di minuer en même temps que ses propres ressources. Tel est encore l’état où il se trouve aujourd’hui. Revenons maintenant aux autres tribus de cette catégorie.

Toute la tribu d’Amer-Ibn-Sâsâ demeurait dans le Nedjd ; celle de Kilab occupait El-Hamaserïa et Er-Rébeda, localités des environs de Médine ; la tribu de Kâb-Ibn-Rebiâ se tenait entre le Tihama de Médine et la Syrie ; celle de Hilal-Ibn-Amer, habitait la plaine qui sépare Taïf du mont Ghazouan et, la tribu de Nomaïr-Ibn-Amer demeurait avec celle de Hilal. On compte dans la même catégorie la tribu de Djochem qui habitait le Nedjd.

Lors de la promulgation de l’Islam, toutes ces tribus pas sèrent en Mésopotamie : les Nomaïr prirent possession de Harran et de la contrée voisine; les Hilal se fixèrent en Syrie et continuèrent à y demeurer jusqu’au moment où ils émigrèrent dans le Maghreb * ; événement dont nous aurons bientôt l’occasion de parler.

Toutefois , une fraction de la tribu de Hilal resta dans la montagne où se trouve le château de Sarkhad  et qui porte en core le nom de Montagne des Beni-Hilal.

Elle s’y adonna principalement à la culture de la terre.

La tribu de Kilab-Ibn-Rebiâ s’empara du territoire et de la ville d’Alep , comme nous venons de le dire. Quatre branches de la tribu de Kâb-Ibn-Rebiâ en trèrent en Syrie, savoir : Ocaïl , Cochaïr, el-Harîch et Djâda. Trois d’entre elles s’éteignirent dans les temps islamiques ; Ibn- Hazm, en parlant de celle d’Ocaïl, la quatrième, dit qu’elle égalait en nombre toutes les tribus moderites prises ensemble.

9) La mosquée Omeyyade de Mossoul en Irak fut construite entre 637 et 640 par le général Utba ibn Farqad al-Salami radi Allah anhu sous l'ordre du calife Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu , il ne reste que le minaret adjacent à la mosquée beaucoup plus récente celle de Nur al-Din Zangi (1172).
La mosquée Omeyyade de Mossoul en Irak fut construite entre 637 et 640 par le général Utba ibn Farqad al-Salami radi Allah anhu sous l’ordre du calife Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu , il ne reste que le minaret adjacent à la mosquée beaucoup plus récente celle de Nur al-Din Zangi (1172).

Les Beni- Mocalled , une famille de cette tribu , prirent possession de Mosul, ville où la famille de Hamdan et celle de Taghleb avaient déjà régné.

Elle demeura maîtresse de Mosul et de ses environs , ainsi que d’Alep , jusqu’à l’époque où elle perdit sa puissance et reprit la vie nomade. Alors elle s’empara de plusieurs territoires situés de tous côtés, se faisant l’héritière des Arabes bédouins, les anciens propriétaires.

C’est de la tribu d’Ocaïl que la famille d’El-Montafic tire son origine. Amer, le père d’El-Montafic, était fils (Ouaïl.

Ses descendants habitent le pays de Teima, dans le Nedjd.

Encore aujourd’hui la tribu d’El-Montafic occupe la por tion du territoire de Basra que forment les marais boisés situés entre cette ville et Koufa et que l’on appelle les Bas- fonds (El- Bataïh) ‘.

Les Montafic sont gouvernés par la famille d’El-Mârouf.

On trouve dans le Maghreb quelques tribus sorties de celle d’El-Montafic et qui entrèrent dans ce pays avec la tribu de Hilal-Ibn-Amer.

Elles occupent cette partie du Maghreb-el -Acsa qui est située entre les villes de Fez et de Maroc.

On les appelle El-Kholt, nom, dit Ej-Djojdpui qui est commun à tous les descendants d’El- Montafic. A côté des Beni-‘l-Montafic , au midi de Basra , se trouve une tribu sœur do celle-ci ; on la nomme Beni-Amer.

Son aïeul, Amer, était fiis d’Auf, fils de Malek, fils d’Auf , fils d’Amer , père d’El-Montafic.

Les Beni-Amer enlevèrent les pro vinces de Bahrein et d’Oman à Abou-l’-Hocein-el-Asghar , de la tribu de Taghleb.

Ces localités avaient appartenu aux tribus d’El-Azd , Temîm et Abd-Caïs , avant de devenir l’héritage des Beni-Amer.

Nous apprenons d’Ibn-Saîd que cette même tribu enleva la province de Yémama aux Beni-Kilab, et qu:en l’an 650 ( 1 252-3 ) elle reconnaissait pour chefs les Beni-Asfour [famille sortie de la même souche qu’elle-même].

Parmi les descendants d’Ocaïl on remarqua les Beni-Khafadja, dont l’aïeul Khafadja était fils d’Amr et petit-fils d’Ocaïl. Les Beni-Khafadja allèrent s’emparer des plaines de l’Izac et s’y établirent. Dans les nom breuses guerres qu’ils eurent à soutenir , ils parvinrent à se faire une certaine renommée. De nos jours , cette tribu habite les pays situés entre le Tigre et l’Euphrate , et se distingue autant par sa puissance que par son nombre. Une autre branche de la tribu d’Ocaïl est celle d’Abbada-Ibn-Ocaïl. On l’appelle aussi El-Akhaïl parce que Abbada lui-même portait le sobriquet d’El-Akhial ‘.

Cette tribu demeure maintenant en Irac, au milieu des Beni-‘l- Montafic, et dans cette portion d’El-Bataïh qui est située entre Basra , Koufa et Ouacet.

D’après ce que nous avons entendu dire, le chef qui exerce le commandement chez elle est soutenu par de nombreux guerriers : il s’appelle Kîan-Ibn-Saleh , mais nous ne savons s’il appartient, par la naissance, à la famille des Mârouf , émirs d’El-Bataïh , ou à celle des Abbada-el-Akhaïl.

Telles sont les notions que nous pouvons fournir relativement aux descendants d’Amer-Ibn-Sâsâ et à la manière dont ils obtinrent possession des territoires occupés précédemment par les Arabes sortis des souches de Kehlan, de Rebiâ et de Moder.

En ce qui touche Kehlan, il ne s’y trouve plus aujourd’hui, à notre connaissance, aucune tribu qui tire son origine de lui.

Quant aux descendants de Rebiâ , ils ont traversé les provinces de Fars et de Kirman et font paître maintenant leurs troupeaux entre ce dernier pays et Khoraçan.

Un très-petit nombre d’entre eux est resté dans l’Iraq et s’est établi à El-Bataïh. Les Beni-Meïah, une de leurs familles, se regardent comme parents des Kerfa ».

Avec eux habite un mélange de familles sorties des grandes tribus d’Aous et de Khazredj.

L’émir actuel de la tribu de Rebiâ s’intitule le Cheikh Ouéli , et celui des Aous et Khazredj porte le nom de Taher-Ibn-Khidr.

Voilà les renseignements qu’après les recherches les plus diligentes, nous sommes parvenus à réunir sur l’état actuel des tribus arabes de la troisième catégorie qui habitent l’Orient.

Les arabes Banu Hilal

Nous allons maintenant indiquer les branches de ces tribus qui sont passées dans le Maghreb. [Avant cette émigration] les arabes [nomades bédouins] ne s’étaient jamais établis en Maghreb, ni antérieurement ni postérieurement à l’Islam. La raison en était que la race berbère occupait ce pays et empêchait les autres peuples de s’y fixer. Il est vrai qu’Ifricos-Ibn-Saïfi , ce prince de la dynastie des Tobba [rois du Yémen], qui donna son nom à l’Ifrîkïa, y avait conduit une expédition et s’en était rendu maître ; mais, après y avoir laissé les tribus himyerites de Ketama et de Sanhadja, il s’en alla. Ces deux peuples devinrent graduellement Berbères et se confondirent avec cette race , de sorte que l’autorité des Arabes en Ifrîkïa disparut tout-à-fait. Lors de la promulgation de l’Islam , le progrès de cette religion mit les Arabes en état de vaincre les autres nations. Leurs armées pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays. Ils eurent alors beaucoup à souffrir dans leurs guerres contre les Berbères , qui, comme nous l’avons rapporté ailleurs, sur l’autorité d’Ibn-Abi-Yezîd  , apostasièrent jusqu’à douze fois avant que la vraie religion eût pris racine chez eux. Aussi , les Arabes ne s’y établirent point comme habitans de tentes et comme tribus nomades : le besoin d’assurer leur domi nation dans ce pays les ayant obligés à se tenir dans les villes. Ainsi, comme nous venons de le dire, les Arabes n’avaient pas habité les plaines du Maghreb; ce ne fut qu’au milieu du cin quième siècle qu’ils vinrent y faire leur demeure et se disper ser par tribus , pour aller camper dans toutes les parties de cette vaste région. Nous allons maintenant exposer en détail les causes de cette migration.

 

 

Manuscrit autographe d’Ibn Khaldoun (coin supérieur gauche). De MS. C (Atif Effendi 1936). Islamic Philosophy Online.
Manuscrit autographe d’Ibn Khaldoun (coin supérieur gauche). De MS. C (Atif Effendi 1936). Islamic Philosophy Online.

Biographie de l’auteur :

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite en Prolégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldouu 4, huitième descendant de Ouaïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramout, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

Al-Achraf Sayf ad-Dîn Qa’it Bay sultan Mamelouk d’Egypte (1468-1496)

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Bannière du sultan Mamlouk Qaitbay
Bannière du sultan Mamelouk Qaitbay d’Égypte de 1468 à 1496. C’est le règne le plus long pour un sultan mamelouk Bujrite 

(wiki bio) Al-Achraf Sayf ad-Dîn Qa’it Bay1 (né autour de 1416/18-1496) fut sultan mamelouk de la tour (burjites) d’Égypte de 1468 à 1496. C’est le règne le plus long pour un sultan mamelouk de la tour. Ce long règne lui a permis de stabiliser l’économie et de consolider les frontières avec l’empire ottoman au nord du sultanat. Son souvenir reste celui d’un grand bâtisseur : Il a laissé son empreinte dans l’architecture de La Mecque, Médine, Jérusalem, Damas, Alep, Alexandrie, et dans tous les quartiers du Caire.

Portrait des deux dernier sultan Mamelouk d'Egypte le sultan Qaitbay et Sultan Al-Ghawri.
Portraits de deux sultans Mamelouk d’Egypte :  le sultan Qaitbay (né autour de 1416/18-1496) à gauche et le Sultan Al-Ghawri (1446-1516) à droite . 

Il nait en Circassie entre 1416 et 1418. Son adresse au tir à l’arc et en équitation attire l’attention d’un marchand d’esclaves qui l’achète et l’amène au Caire. Qaitbay a alors un peu plus de vingt ans. Il est rapidement acheté par le sultan Al-Achraf Sayf ad-Dîn Barsbay. Il devient membre de sa garde. Il est affranchi par le sultan Jaqmaq2. Qaitbay est promu par le sultan burjite Khuchqadam et devient commandant d’une troupe de mille Mamelouks. Après la mort de Khuchqadam, le 10 octobre 1467, le pouvoir des mamelouks devient instable. Pendant cette période Qaitbay est en exil à Jérusalem en compagnie de son futur secrétaire (dawādār) Yashbak min Mahdi3. Le fils de Khuchqadam règne moins d’un mois. Son successeur, Az-Zâhir Timurbugha ar-Rumi qui ne règne que deux mois nomme Qaitbay commandant en chef de l’armée mamelouke4,5. Pendant cette période, Qaitbay accumule de grandes richesses qui lui permettront de soutenir des œuvres de bienfaisance sans avoir à puiser dans le trésor royal.

Portrait de Qaitbay, sultan mamelouk d'Egypte de 872 à 901 AH (AD 1468-1496).
Portrait de Qaitbay, sultan mamelouk d’Egypte de 872 à 901 Hijra (1468-1496 jc).

Timurbugha est détrôné par une révolution de palais le 30 janvier 1468. Qaitbay apparaît être un candidat de compromis pour lui succéder, il monte sur le trône le lendemain. Il autorise Timurbugha à se retirer honorablement sans le contraindre à l’exil comme d’habitude pour les souverains déposés. En revanche, il contraint à l’exil les auteurs du coup d’Etat et crée un nouveau conseil du royaume formé de ses proches et d’anciens courtisans évincés par ses prédécesseurs. Deux d’entr’eux sont nommés aux plus hautes fonctions : Yashbak min Mahdi comme secrétaire (dawādār) et Azbak min Tutkh comme atabeg, Bien que rivaux, ils restent tous les deux les plus proches conseillers de Qaitbay jusqu’à la fin de leurs carrières. Ils rivalisent dans la construction de quartiers résidentiels aux environs du Caire que Qaitbay aime visiter6. De manière générale Qaitbay nomme deux adversaires dans des postes équivalents, de sorte qu’il peut arbitrer leur rivalité et imposer ses propres vues.

medine gravure mamelouk
Gravure de l’époque du Sultan Mamelouk Qaitbay (1468-1496)0 de la mosquée prophétique à Medine, 15eme siècle

Le premier défit que Qaitbay doit surmonter est l’insurrection de Shah Suwar (Şehsuvar ou Siwar). Celui-ci est à la tête de la petite dynastie des Dulkadirides (Dulkadiroğlu)7 Turkmène dans le sud-est de l’Anatolie.

En 1465, pendant le règne de Timurbugha, le bey Melik Arslan a été assassiné par son frère Şahbudak qui a le soutien des Mamelouks8. En 1467, Şahbudak est évincé par son autre frère Shah Suwar qui a pour lui le soutien de Mehmet II Fatih8. Une première campagne menée par Azbak en 1469, est un échec. Suwar en profite même pour tenter d’envahir la Syrie. Une deuxième expédition est menée par Azbak la même année est un nouvel échec.

Le sultan mamelouk Qaitbay sur son trône , (tiré du "Pèlerinage d'Arnold von Harrf)
Le sultan mamelouk Qaitbay sur son trône , (tiré du « Pèlerinage d’Arnold von Harrf)

En 1471, une troisième expédition est menée cette fois par Yashbak. Ce dernier va utiliser l’artillerie au cours des sièges. Les Ottomans n’étant pas directement impliqués, Suwar n’a pas d’artillerie à lui opposer, il ne possède que deux canons qu’il n’a pas l’occasion d’utiliser9. Yashbak parvient à mettre les armées de Suwar en déroute. En août 1472, Suwar est pris et ramené au Caire. Le prisonnier est écartelé et ses restes sont suspendus sur la porte Zuwayla au Caire. Şahbudak reprend le trône dont il a été écarté en 1467. En 1480, il est renversé à l’instigation de Mehmed II.

Cote de maille armure Mamelouk Égyptienne du 15eme siècle
Cote de maille armure Mamelouk Égyptienne du 15eme siècle

Après la défaite de Shah Suwar, Qaitbay se débarrasse des restes factions restantes. Il achète ses propres mamelouks et les installe dans toutes les instances du pouvoir. Il sort fréquemment et ostensiblement hors de la citadelle du Caire avec une garde réduite pour montrer sa confiance dans ses sujets et ses subordonnés. Il traverse tout son royaume. Il visite entre autres Damas, Alexandrie, et Alep. Il surveille la réalisation de ses nombreux projets de constructions.

En 1472, il fait le pèlerinage à la Mecque. Il est frappé de la pauvreté des habitants de Médine et consacre une part importante de sa fortune personnelle à l’amélioration de leurs conditions de vie. C’est à travers de telle actions que Qaitbay s’est fait une réputation de piété, de charité et de son assurance royale.

L'armée Mamelouk 1 2 3 4
Les Mamelouks
1) Batteur Mamelouk  (1475)
2) Emir Qaranis Mamlouk (1460)
3) Dame en vetement  de sortie (1500)
(source : osprey)  

En 1480, Yashbak mène une armée contre la dynastie des Ak Koyunlu au nord de la Mésopotamie. Il subit une défaite lors de l’attaque de la ville d’Urfa. Il est fait prisonnier et exécuté. Cet événement préfigure le long affrontement militaire avec le considérablement plus puissant empire ottoman. En 1485, les armées ottomanes débutent une campagne le long de la frontière avec l’État mamelouk. Une armée est levée au Caire. Elle part affronter les ottomans. En 1487, cette troupe mamelouke remporte une victoire surprise près d’Adana. La trêve qui suit est très brève puisque l’année suivante les Ottomans reprennent Adana, mais ils sont une fois de plus vaincus par une très puissante armée mamelouke.

Épée mamelouk dans le style de celle du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lu) avec une lame-droite , Egypte ou Syrie 13 ou 15eme siècle
Épée mamelouk dans le style de celle du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lu) avec une lame-droite , Egypte ou Syrie 13 ou 15eme siècle

Finalement une trêve est conclue en 1491. Elle va durer jusqu’à la fin des règnes de Qaitbay et du sultan ottoman Bayezid II. Cette capacité de Qaitbay, de pouvoir contraindre à la paix, la plus grande puissance militaire du monde musulman, renforce son prestige dans son royaume comme à l’extérieur.

Qaitbay encourage les échanges commerciaux avec les européens. En 1486, il reçoit une délégation envoyée par Laurent de Médicis. En retour, Qaitbay envoie à Florence une girafe connue sous le nom de « girafe des Médicis »10 . 

La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie egypte
La citadelle du sultan Qaitbay à Alexandrie en Egypte

La fin du règne de Qaitbay est marquée par une agitation croissante des troupes et un déclin de sa santé. Il fait une chute de cheval qui le laisse plusieurs jours dans le coma. Nombre de ses hommes de confiance décèdent et sont remplacés par des ambitieux moins scrupuleux. Il s’ensuit une période d’intrigues de palais.

Casque mamelouk d'Egypte  du15-16eme siècle
Casque mamelouk d’Egypte du 15-16eme siècle

En 1492, une épidémie de peste particulièrement virulente, sévit au Caire. Elle aurait fait 200 000 victimes, et jusqu’à 12 000 en une seule journée11. Les mamelouks sont plus nombreux à être atteints que la population locale qui jouit sans doute d’une meilleure immunité11. La santé de Qaitbay s’est dégradée. Sa cour, profite de sa faiblesse pour se diviser en factions rivales. En 1495, le vieil atabeg Azbak, s’allie à l’une de ces factions. Un coup d’État échoue, Azbak doit s’exiler dans le Hedjaz12.

Qaitbay meurt le 8 aout 1496. Il est enterré dans le mausolée attenant à sa mosquée qu’il a fait construire dans le cimetière nord du Caire. Son fils An-Nâsir Muhammad lui succède alors.

Epée mamelouk au musée du Topkapi
Epée mamelouk au musée du Topkapi

Le règne de Qaitbay est habituellement considéré comme l’heureux apogée de la dynastie des mamelouks burgites. C’est une période stabilité politique, de succès militaires, et de prospérité sans comparaison. Les contemporains de Qaitbay l’admiraient en tant que défenseur des valeurs traditionnelles des mamelouks. Dans le même temps on l’a critiqué pour son conservatisme et l’absence d’innovations pour faire face aux nouveaux défis. Après la mort de Qaitbay, l’État mamelouk va subir une période de cinq années d’instabilité et de régression jusqu’à l’accession au trône d’Al-Achraf Qânsûh Al-Ghûrî

Les Mamelouks  1 2 3 4
Les Mamelouks chassent dans le Delta du Nil (osprey)
1) Tarkhan ver 1225
2) Julban ver 1400
3) Lancier Rammaha ver 1450

 

Actuellement, Qaitbay est sans doute mieux connu par l’ampleur de son œuvre architecturale. D’après les sources contemporaines, au moins 230 monuments dont beaucoup existent encore sont associés à son nom. En Égypte, on trouve des bâtiments dus à Qaitbay dans tout Le Caire, ainsi qu’à Alexandrie et à Rosette. Au Caire le palais de Bayt Al-Razzaz, l’une de ces constructions, fait l’objet d’un programme de restauration. En Syrie, il soutient des projets à Alep et Damas. Il est aussi responsable de la construction de madrasas qui existent encore à Jérusalem et Gaza. Dans la péninsule arabique, Qaitbay aide à la restauration des mosquées et à la construction de madrasas, de fontaines, et hôtels à la Mecque et à Médine. Après un incendie en 1481, la mosquée du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)  à Médine qui contient la tombe du Prophète, a été entièrement rénovée sous son égide.

Mamluks1279

notes et liens :

  1. en arabe : al-ʾašraf sayf al-dīn qāʾīt bāy, الأشرف سيف الدين قايت باي, le noble, glaive de la religion ; en turc : Kayıtbay. Écrit aussi Qaytbay, Kait Bey, Qaït Bay, Kaietbai…
  2. Acheté trente drachmes par Az-Zâhir Sayf ad-Dîn Jaqmaq, d’après (en) Anne Wolff, op. cit. (lire en ligne ), p. 32
  3. Anne Wolff, op. cit. (lire en ligne ), p. 32
  4. (en) Nagendra Kr. Singh, op. cit. (lire en ligne ), « Qait Bay », p. 197
  5. (en) Shai Har-El, Struggle for Domination in the Middle East: The Ottoman-Mamluk War, 1485-91, BRILL,‎ 1995 (,présentation en ligne ), p. 88
  6. (en) D. De Smet, Urbain Vermeulen, J. van Steenbergen, Egypt and Syria in the Fatimid, Ayyubid, and Mamluk Eras, Peeters Publishers,‎ 1995, 371 p. présentation en ligne , lire en ligne ), p. 275
  7. (en) Clifford Edmund Bosworth, op. cit. (lire en ligne ), « 129 The Dulghadir Oghullari or Dhu’l-Qadrids », p. 238
  8. a et b (en) Theoharis Stavrides, The Sultan of Vezirs : The Life and Times of the Ottoman Grand Vezir Mahmud Pasha Angelovic (1453-1474), BRILL,‎ 2001, 449 p. (, présentation en ligne, lire en ligne , p. 342
  9. Trente-cinq ans plus tard, le 24 aout 1516, lors de la bataille décisive de Marj Dabiq (turc: Mercidabik), la supériorité de l’artillerie ottomane consacre la victoire des Ottomans contre les Mamelouks. Voir: (en) Michael Winter, Amalia Levanoni, The Mamluks in Egyptian and Syrian Politics and Society, BRILL,‎ 2004, 450 p. (, présentation en ligne , lire en ligne ), « Gunpowder and Firearms in the Mamluk », p. 130
  10. Anne Wolff, op. cit. (lire en ligne ), p. 33
  11. a et b (en) Afaf Lutfi Sayyid-Marsot, A Short History of Modern Egypt, Cambridge University Press,‎ 1985, 151 p. (,présentation en ligne ], lire en ligne ]), p. 35-36
  12. (en) M. W. Daly, Carl F. Petry, The Cambridge History of Egypt, Cambridge University Press,‎ 1998 (, présentation en ligne , lire en ligne , p. 196

La forteresse citadelle du sultan mamelouk Qatbay à Alexandrie en Egypte au 15eme siècle

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La forteresse mamelouk d'Alexandrie en Egypte
La forteresse citadelle du sultan  mamelouk Qatbay  à Alexandrie en Egypte au 15eme siècle (source osprey, saracen stronghold »)

« Le Fort de Qaytbay aurait été construit sur l’emplacement du Phare d’Alexandrie, une des 7 Merveilles du Monde Antique. Le Phare d’Alexandrie fut construit entre 297 et 283 avant J.C. sous le règne de Ptolémée II sur l’île de Pharos reliée à la terre ferme par l’Heptastade, une digue longue de sept stades, soit environ 1344 mètres (un stade antique mesurant 192 mètres).  

C’est avec les pierres des ruines du Phare d’Alexandrie que la Citadelle de Qaytbay fut construite entre 1478 et 1480. Soucieux de la protection d’Alexandrie des attaques des Ottomans, le sultan mamelouk de l’Egypte Abou El Nasr Seif Eldine Qait-Bay El Mahmoudy El Zahry, plus connu sous le nom de Sultan Qaytbay, ordonna donc la construction du fort sur l’île de Pharos.

La forteresse de nos jours
La forteresse de nos jours

La citadelle entourée de murs massifs au bord de la mer abrite un fort de trois étages de forme carrée avec quatre tours défensives rondes au quatre coins. A l’intérieur on découvrira ce qui fut une mosquée et sa qibla qui indique la direction de La Mecque. La salle des prières en forme de croix est illuminée par un dôme qui éclairent de magnifiques mosaïques sur le sol.

Le fort de Qaytbay possède de grandes citernes à toit en voûte qui permettait de stocker l’eau potable en cas de siège. A l’extérieur, dans l’enceinte de la citadelle se trouvaient les écuries et les logements des soldats du fort répartis sur les trois côtés de la cour centrale.

Occupée jusqu’en 1984 par l’armée égyptienne, la Citadelle de Qaytbay abrite aujourd’hui l’institut et le musée hydrobiologique (un musée maritime). « 

source: « 1000 merveilles »  

La réception des ambassadeurs vénitiens à Damas sous les Mamelouks en 1511

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La réception des ambassadeurs vénitiens à Damas sous les Mamelouks en  1511, toile exposé au Louvre
La réception des ambassadeurs vénitiens à Damas sous les Mamelouks en 1511, toile exposé au Louvre

 

« Les premiers traités commerciaux importants signés avec les Musulmans datent de l’apogée des Mamelouks.  Ceux-ci gouvernent l’Egypte et la Syrie de 1250 à 1507. Ils accordent différents passe-droits aux Vénitiens,  notamment à Damas et à Alep, qui deviennent alors les deux comptoirs les plus importants de la Sérénissime en  Moyen-Orient. Afin de développer ces échanges commerciaux, nombre de jeunes patriciens vénitiens sont  formés à l’Est de la Méditerranée pour apprendre la comptabilité, les ficelles du commerce et surtout l’arabe. De cette langue, les Vénitiens adoptent un certain nombre de mots se rapportant au commerce (doana, tariffa) ou au
luxe (sofa, divan). Le symbole aujourd’hui le plus célèbre du rêve oriental de Venise date du XIIIe siècle ; il s’agit  de l’incroyable voyage de Marco Polo et de son Livre des Merveilles (1298). »  

Exposition sur Venise et l’orient  : « Venise et l’Orient – Metropolitan & IMA » 

Ludovico Vartema, Mamelouk Italien Bolognais, Route du Hajj, vers l’an 1506 JC (De Damas, Varthema fait le voyage à La Mecque et Médine comme l’un des mamelouks qui escorte une caravane de pèlerin (Avril-Juin 1503):

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Comme le prescris la religion islamique , il se rendit en pèlerinage à la Mecque al-Hajj. Il déserta de l'armée Malok qui régnais sur la Syrie, le Hijazz et l'gypte et l'Est Libyen, et suspecté d'être un espion chrétien, il fut jeté en prison à Aden. Il parvint à s'évader grâce à l'aide d'une des femmes du sultan et prit la fuite à travers le Yémen : il fut le premier Européen  à atteindre Sanaa. Il visita ensuite successivement la Somalie, l'Inde, la Perse, Ceylan, la Birmanie, Sumatra et les Moluques.
Comme le prescris la religion islamique , il se rendit en pèlerinage à la Mecque al-Hajj. Il déserta de l’armée Malok qui régnais sur la Syrie, le Hijazz et l’gypte et l’Est Libyen, et suspecté d’être un espion chrétien, il fut jeté en prison à Aden. Il parvint à s’évader grâce à l’aide d’une des femmes du sultan et prit la fuite à travers le Yémen : il fut le premier Européen à atteindre Sanaa. Il visita ensuite successivement la Somalie, l’Inde, la Perse, Ceylan, la Birmanie, Sumatra et les Moluques.

 

Ludovico Vartema, Mamelouk Italien Bolognais, Route du Hajj, vers l’an 1506 JC (De Damas, Varthema fait le voyage à La Mecque et Médine comme l’un des mamelouks qui escorte une caravane  de pèlerin :

 » Après avoir voyagé 12 jours nous découvrîmes la vallée de Sodome et Gomorrhe, les écritures ne mentent pas, on peut voir comment elles furent détruites par la volonté de Dieu, on trouve 3 cités au sommet des montagnes et sont toujours visibles sur une auteur de 3 ou 4 coudées, et on pouvait apercevoir comme du sang, comme de la cire rouge mélangée à la terre.

A la vérité, à partir de ce que j’ai vu, ils étaient de méchants peuples, car tout autour le pays tout entier est désertique et barren. La terre n ne produit ni fruits ni eaux, il vivait de la manne et furent punis, pour ,n’avoir eu nulle reconnaissance pour les bienfaits qu’ils avaient reçu ; et par miracle, tout ceci est encore visible, en ruines.

Puis ,nous longeâmes cette vallée sur au moins 20 miles, et 33 personnes y succombèrent de la soif, et nombre d’entre eux furent enfouis dans les sables alors qu’ils n’étaient pas tout à fait morts, on laissait ainsi leurs visages à l’air libre. Ensuite, nous découvrîmes une petite montagne, à côté de laquelle se trouvait un puits, ce qui nous ravis énormément. Nous fîmes halte sous ce massif.

Le jour suivant, à l’aube, 24 000 arabes arrivèrent, affirmant que nous devrions payer pour leur eau(Deut, II, 3-6 : les B. Esau demandent argent pour l’eau et la viande), nous répondîmes que nous ne pouvions payer une eau donnée par Dieu. Ils commencèrent à nous combattre, déclarant que nous leur avions pris leur eau. Nous nous barricadâmes, faisant de nos chameaux une palissade, et les marchands se tenant entre eux, et nous fûmes constamment assaillis de sorte que nous restâmes ainsi assiégés deux jours et deux nuits, et les choses restèrent en l’état et ni nous ni eux n’avions d’eau à boire. Ils encerclèrent complètement le massif, disant qu’ils allaient percer la caravane. Incapable de continuer à combattre, notre capitaine consulta les marchands Maures et nous leurs donnâmes 1200 ducats d’or ; ils prirent l’argent, puis ajoutèrent que nous n’aurions leur eau pas même pour 10 000 ducats d’or, et nous comprîmes qu’ils désiraient autre chose que l’argent. Ainsi, notre capitaine, prudemment, prépara la caravane, afin que tous les hommes capable de porter une arme ne chevauche pas son chameau, et que tous préparent ses armes. Le matin était venu, nous fîment avancer toute la caravane et les Mamluks restèrent sur les flancs. Nous étions en tout 300 hommes, et nous reprîmes le combat ; un homme et une dame furent tués à l’arc de notre coté, et ne nous firent pas plus aucun mal. Nous tuâmes 1600 de leurs hommes ; mais il n’est pas lieu de s’étonner que nous ayons pu tuer tant d’entre eux, car ils étaient nus et sans selle, incapable de manœuvrer.

Khaybar et les Juifs :

Après 8 jours supplémentaires, nous trouvâmes une montagne d’environ 10 ou 12 miles de circonférence, sur laquelle campaient 4 ou 5000 Juifs, qui étaient nus, de 5 ou 6 empans de haut, à la voix féminine, et plus noir que de toute autre couleur. Ils vivent entièrement de la chaire du mouton et ne mangent rien d’autre, ils sont circoncis, et se prétendent juifs, et s’ils peuvent capturer un Maure, ils le scalpent vif. Au pied de ce massif, nous trouvâmes une citerne, issue de l’eau de la saison pluvieuse. Nous chargeâmes de cette eau 16 000 chameaux, ce qui mécontenta les Juifs, qui se répandirent dans la montagne comme des chèvres sauvages, et sans jamais tenter de descendre dans la plaine, étant les ennemis mortels des Maures. Au pied de cette montagne, grâce à cette eau, il y avait 6 ou 8 pieds de magnifiques épineux dans lesquelles nous trouvâmes deux tourterelles, ce qui nous paru dans ces circonstances comme un miracle, d’autant que nous avions voyagés 15 jours et nuits, et n’avions rencontré pas un seul animal ou oiseau. Nous reprîmes le voyage le jour suivant, puis en deux journées nous atteignîmes la cité appelée Madinat-an-Nabî. « 

 

source texte :  Culture d’Islam de Simon Pierre, diplômé d’histoire médiévale et de relations internationale

Une illustration du 15 eme siècle des récits de voyages de Ludovico  Vartemas
Une illustration du 15 eme siècle des récits de voyages de Ludovico Vartemas

Ludovico de Verthema ou di Varthema, né à Bologne vers 1470, décédé en 1517 aussi connu sous le nom de di Barthema ou Vertomannus était un écrivain et voyageur italien.

Il fut le premier Occidental (et le seul jusqu’à la fin du xviie siècle) à visiter la Mecque.

C’est vers l’année 1500 qu’il entreprit le voyage qui devait le rendre célèbre. Il ne s’y était décidé que par amour de la découverte et par esprit d’aventure. Après avoir parcouru la Syrie et l’Égypte, étant soldat de profession (probablement artilleur), il s’engage dans le corps des Mamelouks après s’être converti à l’Islam.

Il revient en Europe en 1508 et en 1510 il publie à Rome sous forme de chronique le récit détaillé de son voyage, intitulé « Itinéraire » (Itinerario). Cette Œuvre obtint un succès considérable et fut traduite en près de cinquante langues (la première page de la version hollandaise est représentée ci-contre). Le succès du livre s’explique dans la mesure où il décrivait des terres jusqu’alors inconnues des Européens.

Lettre à sa mère De la part de Ahmad Ibn Taymiyyah à sa bienheureuse mère

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 la photo de la prison ou ce trouvais le shaykh al-islam Ibn Tayymiya dans l'état Mamelouk (Egypte, sham et Hijaz) à Damas (Dimashq
la photo de la prison ou ce trouvais le shaykh al-islam Ibn Tayymiya dans l’état Mamelouk (Egypte, sham et Hijaz) à Damas (Dimashq

Lettre à sa mère

De la part de Ahmad Ibn Taymiyyah à sa bienheureuse mère, qu’Allâh lui rafraîchisse ses yeux de Sa Grâce, répande abondamment sur elle Ses largesses, et la rende d’entre les
meilleurs de Ses esclaves et de Ses servantes. Que la paix d’Allâh, Sa Miséricorde et Sa Bénédiction soient sur vous !
Nous louons vers vous Allâh en dehors de qui il n’y a point d’autre divinité qui ne mérite d’être louée. Il est digne, et sur toute chose Il est Puissant. Nous lui demandons de prier sur le Sceau des Prophètes, et l’imâm des pieux, Muhammad, Son adorateur et envoyé, Qu’Allâh prie sur lui et sa famille, et leur accorde une paix complète.

Je vous adresse cet écrit sur les immenses faveurs, les dons gracieux et les bienfaits considérables d’Allâh.
Nous en remercions Allâh et nous demandons un surplus de grâce. Les bienfaits d’Allâh, lorsqu’ils nous parviennent, c’est à chaque fois la prospérité et l’abondance.
Ses Mains s’illustrent de par le compte.
Vous savez que notre séjour actuel en ce pays, est relatif à des questions nécessaires.
Si on les passe sous silence, les domaines religieux et mondains vont s’altérer.
Par Allâh, nous n’avons pas choisi le fait d’être loin de vous. Si les oiseaux pouvaient nous porter, nous serions
revenus à vous. Cependant, l’absent a une excuse. Vous, si vous pouviez voir ce qu’il y a au fond des choses – Louange à Allâh – vous n’aurez à l’heure actuelle que ce choix.
Nous n’avons pas pris la résolution de séjourner ou d’immigrer un seul mois.
Au contraire, chaque jour nous consultons Allâh pour nous et pour vous.
Priez pour qu’il nous accorde Ses faveurs. Nous demandons à Allâh – Ta’âla – de nous accorder ainsi qu’aux musulmans, tout ce qui est rempli de Sa Grâce, dans la bonté et le salut.
Allâh a ouvert les portes du bien, de la miséricorde, de la voie droite et de la bénédiction, qui n’ont jamais traversé l’esprit ou l’imagination des hommes.
Nous sommes, à chaque instant préoccupés par le voyage et nous consultons, toujours Allâh – Ta’âla. Il ne faut pas que quelqu’un puisse croire que nous donnons la préférence aux choses de ce bas monde, plutôt que votre compagnie. Au contraire, nous ne donnons aucune préférence aux choses de ce bas-monde sur votre compagnie.
Mais c’est qu’il y a là d’importantes choses dont nous craignons qu’elles fassent du mal au commun des musulmans et aux élites.
La personne présente [en ce lieu] assiste à des choses qu’une personne absente ne peut voir.
Ce qui est recherché par chacun de nous, c’est de multiplier ses invocations pour obtenir les bienfaits, car Allâh sait et nous ne savons pas.
Il peut et nous ne pouvons pas. Il est celui qui sait absolument tout des choses cachées.

Le Prophète -sallallahu ’alayhi wa sallam- a dit :
« Une partie du bonheur du fils d’Adam est due au fait de consulter Allâh et d’être satisfait des bienfaits qu’Il lui a accordé. Une partie du malheur du fils d’Adam est due au fait de ne pas consulter Allâh et l’insatisfaction des bienfaits qu’Il lui a accordé. »

Le commerçant est en voyage et craint de perdre ses biens. Il a besoin de se fixer jusqu’à les écouler. Notre cas est ce qui illustre le mieux cette parole.
Il n’y a de force et de pouvoir que par Allâh, que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur vous un grand nombre de fois, et sur l’ensemble de ceux qui sont à la maison, petits et grands, ainsi que les proches et les amis, un à un.

Louange à Allâh, le Seigneur des mondes et que la prière et le salut d’Allâh soient sur notre maître Muhammad, sa famille et ses compagnons.

Fin de sa lettre.

 

Le sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari d’Egypte

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Le Sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, d »Egypte approche de la ville syrienne de Tartous avec une grande armée contre les croisés tiré du Cantigas de Santa Maria d’ Alfonso X.

Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari1, plus connu en français sous le nom de BaybarsBaïbars ou encore Bibars (né le 19 juillet 1223 au nord de la mer Noire et décédé le 1er juillet 1277 àDamas en Syrie) est un sultan mamelouk bahrite d’Égypte qui régna de 1260 à 1277.

Il est parfois surnommé la « panthère » ou encore « l’arbalétrier ».

Né au Kiptchak (en Crimée) en 1223, il est vendu comme esclave à Damas après l’invasion mongole dans les années 1240.

Envoyé en Égypte, il entre au service du sultan ayyoubide As-Sâlih Ayyûb comme garde du corps, qui lui fait donner une formation militaire. Il participe activement au coup d’État qui renverse la dynastie ayyoubide et se traduit par l’assassinat de Tûrân Châh, le fils d’As-Sâlih Ayyûb, en 1250.

Au service du sultan mamelouk Sayf ad-Dîn Qutuz, il remporte sur les Mongols la victoire d’Aïn Djalout (3 septembre 12602) qui sauve l’Égypte des destructions massives que vient de subir Bagdad. À son retour auCaire, il renverse le sultan Sayf ad-Dîn Qutuz, qui lui refusait le poste de gouverneur de la Syrie, se proclame sultan et accueille Al-Mustansir bi-llah, l’un des survivants de la famille des Abbassides, dont il fait un califefantoche, mais qui lui confère une légitimité supplémentaire. Celui-ci sera rapidement remplacé par Al-Hakim Ier en 1262.

The Sultan reminded him that in the Koran it states that Mary was always a virgin. The Sultan vowed that he would not wage war on her.

Le Sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari, d »Egypte approche de la ville syrienne de Tartous avec une grande armée contre les croisés tiré du Cantigas de Santa Maria d’ Alfonso X.

Administrateur efficace, Baybars crée une marine de guerre, une armée permanente, restaure les routes et organise un remarquable service postal.

Son objectif principal, durant la suite de son règne, est la destruction des États croisés, ou du moins ce qu’il en reste, et pour cela il obtient la neutralité de l’empire byzantin, du sultanat seldjoukide de Roum.

The Sultan summoned his Moorish spy and berated him for saying that the city was unprepared for attack.
Le Sultan Mamelouk Al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari et un des ces espions

Il lance une offensive en 1261 et s’empare de Césarée le 27 février 1261. Puis Baybars s’empare successivement de la forteresse des Templiers de Safed (25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268),d’Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l’imprenable » krak des Chevaliers le 8 février 1271.

Les Croisés obtiennent l’alliance des Mongols, ce qui contraint Baybars à signer une trêve de dix ans. Il en profite pour s’emparer de Masyaf, la forteresse du nord de la Syrie, aux mains de la secte des assassins (1272), ainsi que de Césarée de Cappadoce, enlevée aux Seldjoukides.

Véritable artisan du relèvement musulman au Moyen-Orient face à la menace mongole et aux restes de la présence des croisés, il est devenu le héros d’un roman de chevalerie, très populaire dans le monde arabe, le Sirat el-Malik el Zahir.

Baybars meurt, peut-être empoisonné, à Damas en 1277, mais échoue dans sa tentative de rendre le sultanat héréditaire dans sa famille.

Postérité

La vie de Baïbars fit le sujet d’un des cycles épiques les plus populaires du monde arabe: le Roman de Baïbars.

Précédé par Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari Suivi par
Sayf ad-Dîn Qutuz
Icone-Islam.svg Mamelouks Bahrites Transparent.gif
(1260-1277)
Baraka Khan

Notes et références

  1.  Arabe: al-malik aẓ-ẓāhir rukn ad-dīn baybars al-bunduqdārī, الملك‭ ‬الظاهر‭ ‬ركن‭ ‬الدين‭ ‬بيبرس‭ ‬البندقداري. malik, roi ; aẓ-ẓāhir rukn ad-dīn, évident soutien de la religion ; al-Bunduqdari, du persan : bunduq-dār, بندق دار « porteur de d’arbalète/fusil ; arbalétrier »
  2.  25 ramadan 658 A.H.

. Chapeau avec de larges bandes en soie, ver 1300 d’Egypte, période Mamelouk

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. avec de larges bandes, 1300 Egypte, période mamelouke, la soie du 14ème siècle sur les fibres libériennes;
. Chapeau avec de larges bandes en soie, ver 1300 d’Egypte, période Mamelouk

Le sultan Mamelouk le héro de l’Islam Qutuz Sayf al-Din 1259 1260

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Le sultan Mamelouk le héro de l'Islam Qutuz Sayf al-Din 1259 1260
Le sultan Mamelouk le héro de l’Islam Qutuz Sayf al-Din 1259 1260

Monumental bassin Mamelouk avec des fine inscriptions arabe d’Egypte ou de Syrie 14eme siècle

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Monumental  bassin Mamelouk avec des fine inscriptions arabe d'Egypte ou de Syrie 14eme siècle
Monumental bassin Mamelouk avec des fine inscriptions arabe d’Egypte ou de Syrie 14eme siècle

Lettre D’Ibn Taymiyya Au Sultan Mamelouk An-Nâsir Muhammad Ibn Qalâwoûn

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Casque Mamluk du Sultan Muhamamd ibn Qala’un

Au nom d’Allah, le Miséricordieux, le Très-Miséricordieux

Du missionnaire (dâ’î) Ahmad Ibn Taymiyya au sultan des Musulmans, sous le règne de qui Allah appuie la religion, ou par le biais du [règne] de qui Il mate les mécréants, les hypocrites et les kharijites, qui sortent [de l’Islam] – qu’Allah lui apporte un secours victorieux et apporte par lui secours victorieux à l’Islam, réforme pour lui et par lui les affaires de l’élite et du commun et revivifie par lui les marques de la foi, fasse régner par lui les prescriptions du Coran et humilie par lui les adeptes de la mécréance, de la perversité et de la désobéissance!

Que la paix soit sur vous, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions Nous louons devant devant vous le Dieu en dehors de qui il n’est point de Dieu. Il est digne de la louange et est puissant sur toute chose. Nous Lui demandons de prier sur le Sceau des prophètes, qu’Allah prie sur lui et sur sa famille et leur donne la paix. allahoummaAllah fut véridique en Sa promesse et aida Son serviteur à vaincre, rendit puissants Ses soldats et, Lui seul, mit en déroute les partis. Allah a comblé le sultan, et les croyants [vivant] sous son règne, de grâces non connues durant les générations révolues. Il a donné à l’Islam, à son époque, un renouvellement dont l’importance contraste avec les règnes passés. Sous son autorité est devenue une réalité l’information en laquelle [le Prophète] véridique, dont la véridicité est reconnue, le plus éminent des premiers et des derniers, [nous] informa du renouvellement de la religion au début de [chaque] centaines d’années.

Qu’Allah le Très-Haut lui alloue, à lui et aux Musulmans, la récompense de ces grandes grâces, pour ce qui est de ce bas-monde et de la religion, et qu’Il les accomplisse en rendant complète [sa] victoire sur le reste de [ses] ennemis sortant [ de l’Islam] ! C’est qu’il s’est produit pour la communauté, de par l’heureux effet de l’autorité du sultan – qu’Allah accomplisse la grâce qu’Il lui accorde – et la bonté de son intention, la validité de son islâm et de sa croyance, la bénédiction de sa foi et de son savoir, l’éminence de son dessin et son courage, en fruit de Sa sagesse, quelque chose qui est semblable à ce qui se passait aux jours des califes bien-guidés et à ce que les plus grands des justes imâms avaient comme visée, s’agissant de la lutte contre les ennemis d’Allah sortant de la religion.

Ces derniers sont de deux types : Les adeptes de la dépravation et de la tyrannie, se livrant à la transgression et à l’hostilité, se dégageant des prescriptions de la foi, par recherche de la suprématie sur la terre et de la corruption, dans l’abandon de la voie de la guidée et de la bonne direction.

Ce sont les Tatars et leurs pareils: tout individu se dégageant des prescriptions de l’Islam quand bien même il s’accroche aux deux témoignages de foi ou à certaines choses du système politique (siyâsa) de l’Islam. Le deuxième type, ce sont les adeptes des innovations, sortant [de la religion], livrés à l’égarement, hypocrites, se dégageant de la Sounna et de la communion [des Musulmans], se séparant de la Voie et de l’obéissance, à l’exemple de ces gens de la Montagne, du Jurd et du Kasrawân. Ce qu’Allah a accordé comme conquête et victoire sur ces populaces-là procède des fermes résolutions dont Allah a fait la grâce au sultan et aux adeptes de l’Islam. [Fin de citation]

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Source : al-‘ouqoûd ad-douriyya min manâqib shaykh al-islâm ahmad ibn taymiyya de Abdoullâh Ibn Abd Al-Hâdî,

éd. M. H. Al-Fiqî, Le Caire, matba’a hijâzî, 1357 H / 1938 G, p. 182-184 Pour ce qui du texte traduit dans la lettre ci-dessus, cf.

« Rashid al-Dîn et Ibn Taymiyya: regards croisés sur la royauté» de Y. Michot.

 

 

Le Jihad des Mamlouks contre les Mongols

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Cavalier Lourd de l'Armée Islamique Mamelouk Égyptienne contre un cavalier Lourd Mongol
Cavalier Lourd de l’Armée Islamique Mamelouk Égyptienne contre un cavalier Lourd Mongol

Le Jihad des Mamlouks contre les Mongols et les Croisés 

I-La guerre contre les Mongols

Les origines des Mongols :

Les Mongols ou Tatars étaient des tribus nomades vivant en Asie centrale, historiquement leur existence n’est attestée qu’à partir du VIIIe siècle de l’ère chrétienne, certains chercheurs pensent qu’ils sont l’une des branches de la race turque. Il est à noter que de par leur condition de nomades ils n’étaient pas très civilisés, car en effet la civilisation est le fruit des peuples sédentarisés, disons que leurs principales qualités étaient l’endurance et la dureté, de plus ils étaient d’excellents et farouches guerriers.

C’est au Xe siècle qu’est apparu pour la première fois le terme de « Mongols », lequel désignait spécifiquement l’une des nombreuses tribus des Tatars, puis l’emploi de ce mot s’est généralisé à tous les Tatars et est devenu une sorte de synonyme de ce dernier terme, on peut même dire qu’à partir de Gengis Khan (mort en 1227) c’est le terme « Mongols » qui est principalement employé pour désigner ces tribus féroces venues des confins des steppes asiatiques.
Les Tatars ou Mongols ont commencé à être une force ayant une grande influence sur le cours de l’histoire à partir de la fin du XIIe siècle, c’est-à-dire au moment où leur chef et guide était un certain Gensis Khan fils de Yesügei, chef du clan de la tribu des Bordjigin. Jusqu’à cette époque, les Mongols étaient encore des tribus nomades atomisées dans toute la steppe et vivant sous la tente, ils tiraient principalement leurs subsistances de leurs troupeaux et de la chasse qu’ils pratiquaient dans les vastes vallées de l’Asie centrale, il se nourrissaient de la plupart des bêtes vivant dans leur environnement et même le chien faisait partie de leur régime alimentaire ; il faut savoir que chez les Mongols il était fréquent que les enfants ne connaissent pas leur père.

Par ailleurs, du point de vue spirituel, il semblerait qu’ils pratiquaient des religions assez superficielles, ils déifiaient les étoiles mais ils reconnaissaient l’existence d’un Dieu supérieur ; cependant, ils n’accomplissaient aucun culte ni aucune adoration, ils croyaient en la force des bêtes prédatrices (tigre, ours, etc.) auxquelles d’ailleurs ils faisaient des offrandes ; en somme, les Mongols paraissaient être un peuple sans religion réelle, c’est pourquoi ces croyances peu profondes ne se manifestèrent pas avec force lors de leurs confrontations avec les grandes religions qu’étaient déjà le christianisme et l’Islam.
Ainsi, c’est vers la fin du XIIe siècle que Temüdjin fils de Yesügei prit la tête des tribus mongoles, celui-ci se fera appelé Gengis Khan, ce qui signifie « le roi puissant et brave », il procéda à l’unification des Mongols sous son égide et il leur imposa de se conformer à une loi qu’il instaura lui-même : le Yasaq, ce dernier devait servir à les organiser politiquement et socialement, il prévoyait de lourds châtiments à l’encontre de ceux qui contrevenaient à ses lois, mais ce Yasaq imposait également aux Mongols de respecter les autres religions et croyances.
Il est important de rappeler que l’éveil des forces mongoles a coïncidé avec : l’explosion de l’empire islamique en une multitudes de micro-états et de principautés, et ce, notamment après la partition de l’Etat seldjoukide, l’affaiblissement du califat abbasside dû notamment aux luttes internes à Bagdad entre les caciques du régime, une lutte aggravée entre les Sunnites et les Chiites, un grave effondrement économique dans le monde musulman, des expéditions croisées en Orient occupant déjà beaucoup les musulmans de cette région ou encore les luttes de pouvoir et les guerres opposant les héritiers de Saladin ; par conséquent, étant donné la situation chaotique du monde musulman, il fut facile aux Mongols d’envahir les parties orientales de ce dernier. Ainsi, les hordes mongoles s’emparèrent du Khwarezm (Ouzbékistan actuel), de la Perse et de l’Azerbaïdjan, puis ils se dirigèrent vers l’Iraq dont ils prirent la capitale Bagdad en 1258, ils mirent à mort le calife abbasside al-Musta’sim, de même qu’ils massacrèrent des dizaines de milliers de personnes et ils détruisirent les bibliothèques de la ville ainsi que toutes les manifestations de la grande culture qui y régnait jusqu’alors (monuments, écoles, mosquées, etc.). L’homme qui dirigeait ces hordes destructrices était l’un des petits-fils de Gengis Khan, Hulagu fils de Tului.

L’invasion mongole dans le Châm :

Lors des conflits que provoquèrent cette invasion, les musulmans furent notablement affaiblis à cause de la cinquième colonne disséminée dans leurs rangs qui collaborait avec l’ennemi mongol et de l’aide que demandèrent certains princes musulmans à ce dernier afin de combattre d’autres coreligionnaires.

Parmi ces princes félons on trouve al-Nâsir Salâh al-dîn Yûsuf al-Thânî ibn al-‘Azîz Muhammad, lequel, qui était à la tête d’Alep, écrivit au chef mongol Hulagu pour demander à ce dernier qu’il l’aide dans son combat contre les Mamlouks d’Egypte, car selon lui, ces derniers auraient volé le pouvoir aux Ayyoubides ; c’est ainsi que Hulagu fut mis au courant des divergences profondes qui déchiraient les musulmans, ce qui attisa naturellement son envie de conquérir le Châm ; néanmoins, il craignit que le sultan mamlouk Qutuz fasse une demande de trêve au prince al-Nâsir, Hulagu adressa donc une missive à ce dernier dans laquelle il le menaça et lui promit qu’il subirait le même sort que le calife de Bagdad s’il ne se soumettait pas à lui.

Le prince al-Nâsir n’eut donc d’autre choix que de demander de l’aide au sultan égyptien Qutuz ; par ailleurs, les chefs politiques et militaires d’Egypte se mirent d’accord pour faire allégeance à ce dernier en 1259. Ainsi, Qutuz répondit favorablement à la demande d’aide d’al-Nâsir et lui promit d’engager à ses côtés le djihad contre les Mongols ; Qutuz voulut en outre imposer un impôt destiné à soutenir l’effort de guerre, il demanda donc conseil aux jurisconsultes à ce sujet et c’est ainsi que le cheikh ‘Izz al-dîn ‘Abd al-Salâm, parmi d’autres oulémas, lui autorisa à lever cet impôt spécial avec cependant la condition que le sultan, son entourage et ses soldats montrent l’exemple en donnant tout leur argent et ce qu’ils possèdent de précieux pour la cause, ils ne devraient en somme garder uniquement que leur épée et leur monture, le sultan se conforma donc à la condition imposée par les oulémas.
Ainsi, Hulagu arriva dans le Châm, il s’attaqua à la ville de Mâradîn, il en fit le siège et ses habitants le soutinrent durant près de deux années jusqu’à ce qu’ils n’aient plus de vivres et que des épidémies se répandent dans la cité, alors ils ne purent plus résister et rendirent donc les armes. La chute de cette cité inaugura une longue série de redditions de villes musulmanes dans la Djéziré et dans le Châm, et ce, avec ou sans résistance. Les Mongols s’emparèrent notamment de la ville d’Alep, ils en firent le sac durant cinq jours et ils jetèrent en esclavage les femmes et les enfants ; puis, les hordes mongoles firent des pactes de non-agression avec Damas, Baalbek et Hama.

La rumeur se répandit parmi les gens que les Mongols étaient un peuple dur et invincible et qu’ils perpétraient systématiquement des massacres et des destructions, c’est ainsi que l’effroi et la peur se logea dans le cœur des populations, lesquelles en général choisissaient la reddition sans combat et celles qui voulaient leur résister voyaient leur moral extrêmement diminué. Il faut souligner que certains Mamlouks, avec à leur tête le fameux Baybars, qui étaient en indélicatesse avec le sultan, se réfugièrent dans la forteresse de Kérak qui se trouve dans le sud du Châm, ils étaient mécontents de voir ce que subissaient leurs coreligionnaires et les princes ayyoubides ne pas s’engager dans le djihad contre l’envahisseur mongol, mais ils acceptèrent finalement de se soumettre au sultan et rentrèrent donc en Egypte où ce dernier les accueillit à bras ouverts et leur fit tous les honneurs.
Hélas, le prince al-Nâsir se rendit à Katabqa qui était le bras droit de Hulagu, au début le Mongol le traita bien lui et sa famille, de même qu’il lui promit de lui rendre sa souveraineté et son pouvoir dès que les Mongols se seront emparés de l’Egypte ; cependant, après la défaite mongole à ‘Ayn Djâlût, Katabqa changea d’attitude à son égard et finit par le tuer.
Après quelque temps, la grande majorité du Châm était sous la domination des Mongols, par conséquent, ils se concentrèrent sur l’objectif suivant qui était de s’emparer de l’Egypte. Ainsi, Hulagu adressa une lettre à Qutuz ainsi qu’à tous les princes d’Egypte, en voici un court passage : « Nous sommes l’armée de Dieu sur Sa terre, Il nous a créés de Sa colère, Il nous a rendus maîtres de ceux contre qui Il est en colère, nous nous sommes faits respectés dans tous les pays, nous sommes très déterminés, méditez l’exemple de ceux que nous avons déjà soumis et soumettez-vous à nous à votre tour, vous avez entendu que nous avons conquis de nombreux pays, que nous avons tué la plupart des individus s’y trouvant, si vous fuyez nous vous poursuivrons, vous n’échapperez pas à la lame de nos épées, vous êtes condamnés à vous soumettre à notre grandeur, vous allez aujourd’hui recevoir le châtiment de l’humiliation à cause de l’orgueil injustifié dont vous avez fait montre sur cette terre et des perversions que vous avez commises, bientôt ceux qui auront été injustes verront le sort qui leur est réservé ».
Face à ce danger imminent de nombreux princes mamlouks se soumirent aux Mongols et d’autres choisirent de fuir vers le Maghreb ; toutefois, Qutuz et Baybars ne furent aucunement impressionnés par la missive et restèrent donc déterminés à entreprendre le djihad et à mourir, ils décidèrent par conséquent de tuer les messagers envoyés par Hulagu, car ils furent considérés par eux comme des criminels de guerre, hormis l’un d’entre eux qui rentra au service de Qutuz en tant qu’esclave.
Suite à cet événement il se produisit des évolutions dans le camp des Mongols ; en effet, Hulagu fut contraint de retourner à Qaraqurm, la capitale de son pays, car son frère Mangu Khan Khaqan venait d’y décéder et c’est lui qu’on appelait pour le remplacer, Hulagu dut donc laisser son bras droit Katabqa à la tête de son armée.

La bataille de ‘Ayn Djâlût :

Alors que Qutuz procédait à la mobilisation de son armée avant de lancer l’expédition militaire, il se rendit compte que certains princes étaient bien décidés à ne plus partir pour faire le djihad contre les Mongols, il leur dit donc la chose suivante : « Ô vous princes des musulmans, vous profitez grassement de l’argent public et vous détestez les combattants, quoi qu’il en soit moi je pars au combat, que ceux qui veulent m’accompagner pour mener le djihad me rejoignent maintenant, quant aux autres qu’ils rentrent chez eux, mais qu’ils sachent qu’Allah les voient et qu’ils commettent une grave erreur ». Puis après lui ceux qui étaient pressés de faire le djihad s’exprimèrent, alors les frileux eurent honte et ils décidèrent comme les autres qu’ils n’avaient devant eux que la victoire ou la mort.
C’est ainsi que les musulmans s’avancèrent vers la guerre avec un moral très élevé, leur avant-garde arriva à Gaza avec à sa tête le prince Baybars al-Bunduqdârî, ils y trouvèrent une garnison mongole dirigée par un certain Bidra, ils l’attaquèrent sans tarder afin d’éviter de faire face à des renforts, ce fut-là la première défaite des Mongols, ces derniers furent donc chassés de Gaza et leurs flottes furent repoussées jusqu’au fleuve al-Âsî. Cette victoire releva considérablement le moral des musulmans et permit d’effacer dans l’esprit de ces derniers la légende d’une armée mongole invincible.
De son côté Qutuz arriva sur les côtes du Châm dominées par les Croisés ; ces derniers, à l’instar des musulmans, craignaient beaucoup les Mongols qui avaient déjà réussi à conquérir certains pays d’Europe, ils pensaient naturellement que leur contrée d’origine n’échapperaient pas à leur appétit insatiable de conquête et que cela arriverait sans qu’ils ne puissent faire quoi que ce soit pour la défendre étant donné qu’ils en étaient fort éloignés.

Par conséquent, les Croisés voulurent se rapprocher de Qutuz, ce dernier leur fit promettre qu’ils resteraient neutres, c’est-à-dire qu’ils ne se battraient ni aux côtés des musulmans ni contre eux, puis il les menaça de graves représailles si d’aventure ils choisissaient de s’allier aux Mongols contre lui.

Les Croisés acceptèrent cette proposition de Qutuz d’autant plus que les effectifs de leurs armées s’étaient trouvés largement diminués suite à la bataille de Mansoura, ils attendaient donc des renforts d’Europe, et leurs princes étaient très divisés, en outre ils avaient pris très au sérieux les menaces de Qutuz ; toutefois, ils espéraient en même temps, par un calcul stratégique fort logique, que leurs deux ennemis, les Mongols et les musulmans, viendraient rapidement à en découdre et que par conséquent ils s’affaibliraient mutuellement, ce qui servirait grandement leurs intérêts objectifs. Quoi qu’il en soit, les Croisés respectèrent leur promesse vis-à-vis de Qutuz et ils lui permirent même de traverser les territoires qui étaient sous leur domination.
La grande rencontre historique entre les hordes mongols et les armées musulmanes se déroula à ‘Ayn Djâlût, ce nom désigne un petit village se trouvant entre les deux villes palestiniennes de Baysân et Nâblus, la bataille eut lieu en septembre de l’année 1260 et c’est donc Qutuz qui en sortit victorieux. Ainsi, Qutuz envoya une petite fraction de ses forces avec à leur tête Baybars contre l’ennemi tandis que lui-même et le gros de l’armée se cachaient dans les alentours de ‘Ayn Djâlût ; Katabqa et son armée arrivèrent sur le lieu où allait se tenir la bataille, le chef mongol était « comme une mer de flammes nourries par la haine et la colère » comme l’ont bien décrit certains chroniqueurs, il voulait se venger de l’humiliation subie par les siens à Gaza.

Baybars continua de provoquer l’ennemi par d’audacieuses escarmouches afin de lui faire croire que l’armée musulmane ne comptait que de faibles effectifs, les musulmans résistèrent efficacement aux Mongols et concrétisèrent même quelques petites victoires contre leur avant-garde, et ce, jusqu’à l’intervention des forces principales, alors à partir de ce moment-là les deux parties s’affrontèrent dans un corps à corps des plus violents.

Au début de l’affrontement l’aile gauche de l’armée musulmane dut reculer, mais le sultan put la soutenir grâce à ses forces qui se trouvaient à l’arrière, lors de ce mouvement, le sultan fit montre d’un rare courage, il mit son casque sur sa tête puis il se mit à crier « vive l’Islam ! », lequel cri eut pour effet de redonner du courage aux combattants musulmans ; il est à noter qu’avant le début des hostilités Baybars avait pris le soin de préparer une embuscade, c’est ainsi que lors de l’affrontement ce dernier donna l’illusion aux Mongols que ses rangs avaient éclaté en donnant l’ordre à une partie de ses hommes de fuir le champ de bataille vers l’endroit du piège, naturellement les Mongols poursuivirent les « fuyards » jusqu’à ce que les hommes de l’embuscade leur tombent dessus en venant de trois côtés. Cette manœuvre fut décisive, car elle affaiblit considérablement les Mongols qui finirent par céder sous les coups de boutoirs musulmans, leur défaite fut donc totale et même leur chef Katabqa fut tué. Puis Baybars poursuivit les flottes mongoles jusqu’à l’Euphrate.
Cette grande victoire donnèrent confiance à tous les musulmans du Châm qui se décidèrent donc à attaquer sans pitié les garnisons mongoles installées dans le pays, ils réussirent alors, par cette action concertée, à chasser l’ennemi ; ainsi, la ville de Damas et les autres régions du Châm furent libérées après sept mois d’occupation mongole et, par conséquent, l’unité entre le Châm et l’Egypte redevint une réalité et se fit sous l’égide de Qutuz. La bataille de ‘Ayn Djâlût fut donc l’une des batailles les plus décisives de l’histoire ainsi qu’une immense victoire dont peuvent être fiers encore aujourd’hui l’Islam et les musulmans.

Les relations entre les Mongols et les Mamlouks en Perse :

Après la lourde défaite que subirent les Mongols à ‘Ayn Djâlût, ces derniers, pour se venger, menèrent plusieurs raids dans le Châm et dans la Djéziré comme par exemple contre les villes de Homs, de Hama ou de Mossoul ; lors de ces expéditions punitives les Mongols causèrent beaucoup de destructions et firent de nombreux massacres, cependant, les gens du Châm surent leur faire front avec courage et détermination. En revanche, les Mongols, avec à leur tête Hulagu Khan, maintinrent leur domination sur la Perse, et c’est de ce pays qu’ils continuèrent à menacer le Châm, ils convoitaient notamment les citadelles et forteresses qui se trouvaient sur les rives de l’Euphrate comme la citadelle d’al-Bîra qu’ils réussirent à investir en 1265. Ce dernier événement poussa Baybars en personne à intervenir afin de combattre les Mongols dans le Châm, lorsqu’il arriva à Damas ceux-ci se dépêchèrent de fuir et de retourner en Perse sans livrer aucun combat ; ainsi, Baybars ordonna de fortifier la citadelle d’al-Bîra, que les Mongols avaient abandonnée, de lui ajouter des moyens de défense et de l’approvisionner en vivres, et ce, afin de résister en cas d’attaque jusqu’à ce que les secours arrivent.
Peu de temps après ces événements le chef mongol Hulagu Khan mourut et c’est son fils Abaqa Khan qui lui succéda à la tête de la Perse. Ce dernier était chrétien et adhérait plus exactement au nestorianisme, c’était là la religion de sa mère qui n’était autre que la fille de l’empereur byzantin Michel VIII Paléologue, laquelle s’était unie avec Hulagu. De son côté Baybars fit une demande de paix et de trêve aux Mongols ; cependant, le chef mamlouk n’avait pas oublié ce que ces derniers firent contre l’Islam, les musulmans et le calife abbasside, par conséquent il refusa, lors de l’accord, de leur tendre la main. Soulignons que les lettres d’Abqa adressées à Baybars étaient composées d’une prose mêlant sollicitation et intimidation, de même que le nouveau chef mongol y dénigrait les Mamlouks en rappelant le fait qu’ils étaient à l’origine de simples esclaves qu’on achetait et qu’on vendait ; en réponse à cette attaque pour le moins vile, Baybars déclara : « Abqa n’a quant à lui que son épée, ce qui nous est demandé à nous Mamlouks c’est de venger les musulmans, et moi je serai à ses trousses jusqu’à ce que je lui reprenne tous les territoires musulmans dont il s’est emparé ».
Alors qu’Abqa poursuivait la politique de son père consistant à agresser les territoires du Châm et à s’allier avec les Croisés dans les zones côtières afin de lutter contre un ennemi commun, les musulmans, Baybars de son côté se dépêcha d’envoyer des forces en nombre suffisant dans le but de défendre ces zones. C’est ainsi que Baybars infligea plusieurs défaites aux Mongols et parallèlement il fit la paix avec les Croisés afin de briser l’alliance que ces derniers avaient conclue avec les envahisseurs asiatiques.
Puis de bonnes relations s’instaurèrent entre les Mamlouks et les Mongols, lesquelles relations se poursuivirent durant plusieurs années. A titre d’exemple Mangu Temür, chef mongol et successeur de Baraka Khan, et al-Nâsir Muhammad ibn Qalâwûn s’échangèrent des missives amicales et courtoises et s’envoyèrent mutuellement des ambassades. Ces relations mamlouko-mongoles se renforcèrent encore à l’époque du règne du chef mongol Yazbek Khan dont on dit qu’il avait donné en mariage l’une des princesses mongoles issues de la descendance de Gengis Khan au sultan al-Nâsir Muhammad en 1320, cette dernière serait arrivée dans le Châm par la mer au milieu d’une fête fastueuse qui dura plusieurs jours, puis le sultan consomma le mariage.

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Al-Quds (Jérusalem) Mamelouk

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AL AQSA
Al-Qod

En 1250, les Mamelouks (anciens esclaves formant la garde de la dynastie ayyubide) renversèrent les Ayyubides en Egypte, et en l’espace d’une décennie, ils s’emparèrent de tous leurs autres territoires.

Après le départ des croisés en 1244, Jérusalem cessa d’être au centre des attentions diplomatiques internationales.

Son importance pour les Mamelouks n’étant plus politique mais religieuse, ceux-ci ne se préoccupèrent pas de la défense de la ville.

Sous la domination des Mamelouks, Jérusalem devint un grand centre intellectuel de l’islam.

L’influence mamelouke sur l’architecture de la ville donna naissance à des constructions magnifiques, encore visibles aujourd’hui.

La fine fleur de l’architecture religieuse mamelouke était le “madrassa”, encore appelé collège théologique, un établissement voué essentiellement à l’étude de la loi religieuse, la Shari’a. De nombreux madrassas furent construits sur le Haram es-Sharif et aux alentours.

Le plus bel exemple restant est l’école Tankiziyya, située à côté de la porte de la Chaîne.

Parmi les constructions mameloukes n’ayant pas de fonctions religieuses, se distingue le marché des négociants en coton, un long marché couvert qui débouche sur le Haram en passant par le Bab al-Qattanin, ou porte des négociants en coton. Pendant les dernières années de leur règne, les Mamelouks connurent un déclin politique, économique et religieux à travers tout leur territoire. En 1516, l’Empire mamelouk fut à son tour absorbé par le puissant Empire turc ottoman, qui allait régner sur Jérusalem pendant les quatre siècles suivants

Coffret Mamelouk d’Egypte ou Syrie du 15eme siècle

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Coffret Mamelouk d'Egypte ou Syrie du 15eme siècle
Coffret Mamelouk d’Egypte ou Syrie du 15eme siècle

Coffret Mamelouk d’Egypte ou Syrie du 15eme siècle

Tripoli (Liban) la deuxième ville Mamelouke après le Caire

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La grande Mosquée Mamelouk Al-Mansouri de Tripoli au LIban
La grande Mosquée Mamelouk Al-Mansouri de Tripoli au LIban

A dix minutes de la Tour-horloge (place du Tall) se dresse la Grande Mosquée Mansouri. Connue aussi sous le nom de « Grande Mosquée de Tripoli », elle a été commencée en 1294 et achevée en 1315 par le sultan mamelouk Al-Ashraf Khalil fils de Qualaoun. L’édifice respecte un plan classique : L’intérieur est une vaste cour entourée de portiques à arcades au centre de laquelle se trouve un bassin de pierre réservé aux ablutions rituelles. La cour donne sur une salle de prière couverte de voutes et d’une coupole. Dans l’architecture de la mosquée, on peut déceler quelques éléments d’architecture occidentale, parmi lesquels, le portail nord et le minaret. Les murs de la mosquée sont incrustés de nombreuses plaques inscrites, fournissent des informations sur le monument autant que sur les détails de la vie quotidienne de l’époque Mamelouke. Sur le flanc de la mosquée, on trouve la Medréssa Al Qartawiyat bâtie par l’émir Al Qartay qui gouverna Tripoli de 1316 à 1325. C’est un bâtiment à hautes colonnes à chapiteaux romains. La porte d’entrée est particulièrement belle : elle est décorée de stalactites et de marbres polychromes.

Tripoli atteint sous les Mamelouks le sommet de la prospérité urbaine et économique, elle s’élargit et se développa jusqu’en l’an 1516, lorsque l’empire Ottoman vainquit les Mamelouks et ce jusqu’en 1920, date de la déclaration de l’état du Grand Liban.
Lorsque les Mamelouks occupèrent Kalaoun de Tripoli, sous le commandement du sultan Al Mansour, ils mirent au point le plan de l’édification d’une ville parfaite qui foisonne d’urbanisme à l’instar de leur capitale le Caire et utilisèrent les pierres de la vieille ville démolie pour ériger la nouvelle. Les premières démarches entreprises, inclurent l’adjonction de nouvelles ailes à la citadelle sur la colline du Hajjage, et l’érection de la mosquée Al Mansouri Al Kabir du nom  du grand conquérant, ainsi que la création d’un souk en ligne droite qui parcours la ville du Sud au Nord et qui abonde de marchandises et de produits artisanaux rassemblés par quartiers ou souks, classés séparément afin de ne pas mélanger les marchandises. Ils prirent également soin de la santé et de l’hygiène, éloignant la forge de la boucherie, de la parfumerie, des artisans du cuivre et autres charbonniers et vendeurs de tissus et textiles. Chaque profession avait son propre souk, tandis que les habitations occupèrent les quartiers avoisinants au souk principal mais toujours à partir de la grande mosquée. Les immeubles de plusieurs étages s’élevèrent, et soucieux pour la sécurité de la ville, les Mamelouks érigèrent sept portes colossales en bois massif et en fer qu’ils fermaient la nuit pour les rouvrir à l’aube.
Diverses installations virent le jour à l’intérieur de la ville, mosquées, écoles religieuses, auberges, Hammamat, Khans et maintes fontaines d’eau. Les souks intérieurs de Tripoli étaient quant à eux sinueux et étroits afin d’accroître la protection et de faciliter la défense des quartiers populeux en cas d’invasion ennemie. On remarque une chose importante dans ces quartiers résidentiels, c’est l’absence de deux portes se faisant vis-à-vis et appartenant à deux logements distincts, ceci, afin que l’entrée de l’un de soit pas exposée à celle de l’autre.
Bureau de l’Agence Nationale d’Information Liban – Tripoli

Rencontre de Tamerlan et Ibn Khaldoun en Syrie dans l’état Mamelouk et ces propjets d’invasion du Maghreb (al-Andalus et Ifriqiya)

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Ibn Khaldoun et Tamerlan.

C’est vers cette époque qu’arriva du Levant la nouvelle que Tamerlan avait envahi la Syrie et pris Alep. Il marchait sur Damas. Le sultan (Mamelouk) An-Nasr Faraj réunit ses généraux et décida d’envoyer ses soldats pour repousser l’invasion tartare : avec eux partit aussi un groupe de juristes, parmi lesquels Ibn Khaldoun.

L’expédition arriva à Damas à la fin de 1400, lorsque les troupes mamelouks combattirent les tartares. Bien qu’ils aient conservé leurs positions militaires, les Mamelouks étaient considérablement affaiblis et ont bientôt commencé des pourparlers de paix. Au cours des négociations, le sultan mamelouk An-Nasr Faraj fut averti qu’un complot était en cours contre lui au Caire, ce qui lui fit abandonner les habitants de Damas à eux-mêmes.

Les dissensions entre les généraux et le départ du sultan étaient l’occasion d’Ibn Khaldoun attendait pour revenir sur le devant de la scène. Début Janvier 1401, le vide d’autorité parmi les Mamelouks lui permirent de convaincre les autres oulémas qu’il était temps d’entamer des pourparlers de paix avec Tamerlan.

Ibn Khaldoun raconte qu’il eut une longue conversation avec Tamerlan en personne. L’envahisseur tartare l’aurait interrogé sur ses origines, les raisons qui l’avaient mené à vivre en Egypte, mais aussi, et avec beaucoup plus d’intérêt, sur la politique du Maghreb, ses sultans, ses conflits, et lui demanda d’écrire un traité détaillant tous ces aspects. Quant à ce qui avait motivé sa rencontre avec Tamerlan, une négociation de paix, elle eut lieu, mais assura surtout la soumission des Mamelouks à Tamerlan.

Toutefois, Ibn Khaldoun fournit des informations très précises sur un nombre important de pays et fait un éloge détaillé des victoires de Tamerlan, si bien qu’il est libéré et devient l’hôte de ce dernier. Il s’entretient avec le prince mongol durant 35 jours.
Le dialogue entre le conquérant et l’intellectuel touche de nombreux sujets comme les héros de l’histoire, la question de la asabiyya, le califat omeyyade et abbasside, la chute des dynasties et les prédictions en l’avenir. Tamerlan l’interroge de manière particulièrement détaillée sur les relations entre les pays du Maghreb et d’al-Andalus. Il l’invite à toutes ses audiences officielles et lui demande de rédiger un condensé sur l’histoire et la géographie de l’Afrique du Nord, qu’il compte envahir après l’Asie. Ibn Khaldoun lui rédige un long rapport sur la question, traduit dans un dialecte turc, considéré aujourd’hui comme disparu.

Lorsqu’il acheva le traité que Tamerlan lui avait demandé, Ibn Khaldoun fut libéré et put retourner au Caire autour de Mars 1401, deux mois seulement semble-t-il après son arrivée à Damas. Dans la capitale mamelouke, il réoccupa son poste en tant que professeur dans les madrasas, et sa fonction de grand qadi, pour la troisième fois. Il avait alors presque 70 ans.

Les années suivantes furent celles de luttes intenses pour se maintenir à son poste de grand qadi dans l’état Mamelouk. Il sera destitué puis restauré dans la magistrature encore trois fois, parfois pour quelques mois seulement. La sixième et dernière nomination intervint quelques semaines avant sa mort le 17 Mars 1406. Ibn Khaldun serait enterré dans le cimetière soufi du Caire.

De Araújo, Richard. “Le moment « Ibn Khaldoun » du monde arabe : les raisons actuelles de relire l’autobiographie du penseur politique tunisien”. Orientalia: Middle East & Mediterranean Studies. 31 July 2013. [date of access]. http://orientalia.hypotheses.org/71

 

Le héro Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari Sultan Mamelouk d’Égypte qui régna de 1260 à 1277 vainqueur des croisés et des Mongoles

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Le héro Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari  Sultan Mamelouk d'Égypte qui régna de 1260 à 1277 vainqueur des croisés et des Mongoles
Le héro Az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdari Sultan Mamelouk d’Égypte qui régna de 1260 à 1277 vainqueur des croisés et des Mongoles

La chute de Tripoli et la destruction de l’état ​​croisé du comté de Tripoli ( Liban ) par les Mamelouks :

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Le siège de Tripoli par les Mamelouks en 1289.
Le siège de Tripoli par les Mamelouks en 1289.

La chute de Tripoli était la capture et la destruction de l’ état ​​croisé , le comté de Tripoli (dans ce qui est moderne Liban ), par les musulmans Mamelouks . La bataille a eu lieu en 1289 et a été un événement important dans les croisades , comme il a marqué la capture d’un des derniers grands bastion des croisés.

Le sultan Mamelouk Qalawun à commencé le siège de Tripoli en Mars 1289, arrivant avec une armée importante et de grandes catapultes .

Dans le port à l’époque, il y avait quatre galères génoises, deux galères vénitiennes, et quelques petits bateaux, certains d’entre eux étais Pisans.

Des renforts ont été envoyés à Tripoli par les fanatiques Templiers , qui ont envoyé une force sous le croisé Geoffrey de Vendac , et les croisés Hospitaliers ont envoyé une force sous le commandement du croisé  Mathieu de Clermont . Un régiment français a été envoyé à partir d’ Acre sous le croisé Jean de Grailly . Le Roi Henri II de Chypre a envoyé son jeune frère Amaury avec une compagnie de chevaliers et de quatre galères. Beaucoup des non-combattants ont fui à Chypre . [

Les Mamelouks ont tiré  avec leurs catapultes, sur les deux tours émietté sous les bombardements, et les défenseurs c’étais préparé à la hâte pour fuir. Les Mamelouks ont envahi les murs croulants, et capturé la ville le 26 Avril, marquant la fin d’une domination chrétienne ininterrompue de 180 ans, le plus long de l’une des conquêtes majeures  croisés des francs dans le Levant . 

La population de la ville a été massacré, même si beaucoup ont réussi à s’échapper par bateau. Ceux qui avaient trouvé refuge sur l’île voisine de Saint-Thomas ont été capturés par les Mamelouks le 29 Avril.

Des femmes et des enfants ont été emmenés comme esclaves, et 1200 prisonniers ont été envoyés à Alexandrie pour travailler dans la nouvelle du Sultan arsenal .

Dans la région de Tripoli, que le fief de Gibelet (moderne Byblos ) est resté libre de mamelouk conquête, pour environ plus de 10 ans.
 

Tripoli a été rasée, et le sultan Qalawun à ordonné à construire un nouveau Tripoli sur ​​un autre endroit, à quelques miles dans les terres, au pied du Mont Pèlerin . Bientôt, d’autres villes ont également été capturés, comme Nephin et Le Boutron . Pierre de Gibelet à conservé des terres autour de Gibelet (Byblos ) pendant environ plus de 10 ans, en échange du paiement d’un tribut au sultan mamelouk.  

1517 : Les portugais voulait détruire la Mecque et Médine :

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Les Mamelouks égyptiens et les Turcs Ottomans  sous l'égide de  Selman Reis défendent Jeddah dans le Hijaz d'une attaque Portugaise en 1517 , l’objectif des Portugais étais de profané le tombeau du Prophète Muhammad sws   En 1517, l’Empire ottoman conquit le sultanat mamelouk en Égypte et en Syrie, pendant le règne de Selim Ier7. Le Hijaz passa alors sous domination ottomane. Les Turcs rebâtirent les faibles murs de Djedda en 1525 suite à leur victoire sur l’Armada de Lopo Soares de Albergaria dans la Mer Rouge. Le nouveau mur incluait six tours de garde et autant de portes. Il était construit pour se défendre des attaques portugaises. Parmi les six portes, la « Porte de La Mecque » était la porte Est, et celle de l’Ouest, face au port était appelé « Porte du Maghreb ». La « Porte du Chérif » était au sud, Les autres étaient la « porte d’Al Bunt », « Porte d’Al Sham » et « Porte de Medine » au nord
Djeddah en Arabie lors du siège par les armées infâmes portugaise en 1517

L’année 1517 (JC) verra l’alliance Islamique Mamelouk-Ottomane face à une attaque croisée portugaise contre le Hijaz l’objectif chrétiens portugais étais la Mecque et Medine lors des guerres Mamlouk-Portugaise 15051517

Les Mamelouks égyptiens et les Turcs Ottomans sous l’égide de Selman Reis ont réussis a défendre Jeddah dans le Hijaz d’une attaque Portugaise en 1517 , l’objectif des Portugais étais de profané le tombeau du Prophète Muhammad sallallahu alayhi wa sallam

En 1517, l’Empire ottoman conquit le sultanat mamelouk en Égypte et en Syrie, pendant le règne de Selim Ier.

Le Hijaz passa alors sous domination ottomane.

Les Turcs rebâtirent les faibles murs de Djedda en 1525 suite à leur victoire sur l’Armada de Lopo Soares de Albergaria dans la Mer Rouge.

Le nouveau mur incluait six tours de garde et autant de portes.

Il était construit pour se défendre des attaques portugaises.

Parmi les six portes, la « Porte de La Mecque » était la porte Est, et celle de l’Ouest, face au port était appelé « Porte du Maghreb ».

La « Porte du Chérif » était au sud.

Les autres étaient la « porte d’Al Bunt », « Porte d’Al Sham » et « Porte de Medine » au nord

Quelques mois après l’accession au pouvoir du sultan mamelouk Baybars le 24 octobre 1260, Abû al-Qâsim Ahmad arrive au Caire. C’est le dernier Abbasside survivant du massacre de 1258.

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Juillet-août1 : Mossoul est pillée par les Mongols. Novembre-décembre2 : Le khan de la Horde d'or Berké, musulman, conclue une alliance avec le sultan mamelouk Baybars, d’origine Kiptchak, et déclare la guerre à Houlagou Khan3. Houlagou lance une offensive contre Berké3. Il franchit le passage de Derbent qu'il prend le 8 décembre. 15 décembre : Houlagou est victorieux de Nogaï mais est battu à son tour sur les bords du Terek en janvier 12634. À la fin de l'année, le khan de Djaghataï Alghu rompt l'alliance avec Ariq-bögè qui est contraint de faire la guerre sur deux fronts dans sa lutte contre son frère Kubilai Khan. Alghu remporte quelques victoires contre son ancien allié, mais est obligé plus tard de céder du terrain et à se replier sur Samarkand (1262-1263). Ariq-bögè, emporté par la colère, se met à massacrer la population, si bien que ses troupes se rallient à Alghu, et qu’il est contraint de lui demander la paix3. Le khan de la Horde d'or, Berké, qui s’est rangé du côté d’Ariq-bögè contre Kubilai, entre en guerre avec le djaghataïde Alghu (1262-1265). Après son échec, il perd le Khârezm, Otrar et les territoires à l’est de l’Aral3. Le roi malais Candrabhanu de Tambralinga attaque pour la seconde fois (la première était en 1247) l'île de Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka), cette fois-ci avec l'aide de forces tamoules et cinghalaises. Il est de nouveau défait et meurt au combat5.
Siège Mongol de Mossoul (Iraq)  en 1261-1262 dans le Jami ‘al-Tawarikh par Rashid al-Din-Hamadani Bibliothèque Nationale de France. Département

Quelques mois après l’accession au pouvoir du sultan mamelouk Baybars le 24 octobre 1260, Abû al-Qâsim Ahmad arrive au Caire.  C’est le dernier Abbasside survivant du massacre de 1258.

Il est l’oncle d’Al-Musta’sim, le 37e et dernier calife de Bagdad, le fils d’Az-Zâhir (35e calife) et le frère d’Abû Ja`far Al-Mustansîr (36e calife) fondateur de la très célèbre université al-Mustansiriya. Baybars accepte la venue d’Abû al-Qâsim Ahmad et va lui-même à sa rencontre. Le nouveau calife prend alors le nom d’Al-Mustansîr comme son frère avant lui à Bagdad. Quelques jours plus tard, le calife intronise Baybars avec le titre de « sultan universel ». Cela lui confère une légitimité supplémentaire et justifie son protectorat sur les villes saintes d’Arabie.

Le calife Abbasside proclame que le devoir des musulmans est de reconquérir Bagdad.

 

Baybars semble ne pas s’opposer à ce projet. Il fournit à Al-Mustansîr une armée de trois-milles bédouins renforcée avec des auxiliaires syriens au lieu des dix-milles demandés par le calife Abbasside.

Al Mustansîr part pour Damas le 19 octobre 1261. Il retrouve sur les rives de l’Euphrate, un de ses parents Abû al-`Abbas Ahmad (futur Al-Hakim Ier) âgé seulement d’une quinzaine d’années. Après avoir traversé le fleuve, les deux Abbassides se heurtent à l’avant garde des Mongols à Al-Anbar. Les troupes abbassides sont défaites par leurs adversaires. Le calife abbasside Al Mustansîr II meurt et disparaît dans la bataille  dans le sud de l’Irak en 1262.

Abû al-`Abbas Ahmad  al-Abbassi parvient à fuir et à rentrer au Caire. Baybars l’accueille. Le vendredi suivant il est intronisé calife mais ne jouit en réalité d’aucun pouvoir et vit reclus dans le citadelle du Caire.

L’an 1262 ver Juillet-août : Mossoul en Iraq est pillée par les Mongols

En Novembre-décembre 1261 : Le khan de la Horde d’or,  Berké, le premier a devenir musulman, conclue une alliance avec le sultan  d’Egypte le mamelouk Baybars, d’origine Kiptchak, et déclare la guerre à Houlagou Khan le destructeur du califat Abbasside.

Lors de la destruction de Baghdad par les mongoles d’Hulagu,  l’atabeg de Mossoul Badr al-Din Luʾluʾcapitula et fit allégeance à Hulagu le mongole, ce qui épargna la Ville de Mossoul, Badr al-Din Luʾluʾ a donc ensuite aidé les Mongoles et le Khan Hulagu dans leurs destruction en direction des terres de Syrie. Après la fabuleuse défaite mongole à la grande Bataille d’Ayn Jalut , contre l’armée Islamique Mamlouk, les fils de Badr al-Din Lu’ Lu’ proclama une révolte contre la domination mongole, ce qui entraîna la destruction de la Ville.

Les relations entre les Mongols et les Mamlouks en Perse :

Après la lourde défaite que subirent les Mongols à ‘Ayn Djâlût, ces derniers, pour se venger, menèrent plusieurs raids dans le Châm et dans la Djéziré comme par exemple contre les villes de Homs, de Hama ou de Mossoul ; lors de ces expéditions punitives les Mongols causèrent beaucoup de destructions et firent de nombreux massacres, cependant, les gens du Châm surent leur faire front avec courage et détermination.

En revanche, les Mongols, avec à leur tête Hulagu Khan, maintinrent leur domination sur la Perse, et c’est de ce pays qu’ils continuèrent à menacer le Châm, ils convoitaient notamment les citadelles et forteresses qui se trouvaient sur les rives de l’Euphrate comme la citadelle d’al-Bîra qu’ils réussirent à investir en 1265. Ce dernier événement poussa Baybars en personne à intervenir afin de combattre les Mongols dans le Châm, lorsqu’il arriva à Damas ceux-ci se dépêchèrent de fuir et de retourner en Perse sans livrer aucun combat ; ainsi, Baybars ordonna de fortifier la citadelle d’al-Bîra, que les Mongols avaient abandonnée, de lui ajouter des moyens de défense et de l’approvisionner en vivres, et ce, afin de résister en cas d’attaque jusqu’à ce que les secours arrivent.
Peu de temps après ces événements le chef mongol Hulagu Khan mourut et c’est son fils Abaqa Khan qui lui succéda à la tête de la Perse. Ce dernier était chrétien et adhérait plus exactement au nestorianisme, c’était là la religion de sa mère qui n’était autre que la fille de l’empereur byzantin Michel VIII Paléologue, laquelle s’était unie avec Hulagu. De son côté Baybars fit une demande de paix et de trêve aux Mongols ; cependant, le chef mamlouk n’avait pas oublié ce que ces derniers firent contre l’Islam, les musulmans et le calife abbasside, par conséquent il refusa, lors de l’accord, de leur tendre la main. Soulignons que les lettres d’Abqa adressées à Baybars étaient composées d’une prose mêlant sollicitation et intimidation, de même que le nouveau chef mongol y dénigrait les Mamlouks en rappelant le fait qu’ils étaient à l’origine de simples esclaves qu’on achetait et qu’on vendait ; en réponse à cette attaque pour le moins vile, Baybars déclara : « Abqa n’a quant à lui que son épée, ce qui nous est demandé à nous Mamlouks c’est de venger les musulmans, et moi je serai à ses trousses jusqu’à ce que je lui reprenne tous les territoires musulmans dont il s’est emparé ».
Alors qu’Abqa poursuivait la politique de son père consistant à agresser les territoires du Châm et à s’allier avec les Croisés dans les zones côtières afin de lutter contre un ennemi commun, les musulmans, Baybars de son côté se dépêcha d’envoyer des forces en nombre suffisant dans le but de défendre ces zones. C’est ainsi que Baybars infligea plusieurs défaites aux Mongols et parallèlement il fit la paix avec les Croisés afin de briser l’alliance que ces derniers avaient conclue avec les envahisseurs asiatiques.
Puis de bonnes relations s’instaurèrent entre les Mamlouks et les Mongols, lesquelles relations se poursuivirent durant plusieurs années. A titre d’exemple Mangu Temür, chef mongol et successeur de Baraka Khan, et al-Nâsir Muhammad ibn Qalâwûn s’échangèrent des missives amicales et courtoises et s’envoyèrent mutuellement des ambassades. Ces relations mamlouko-mongoles se renforcèrent encore à l’époque du règne du chef mongol Yazbek Khan dont on dit qu’il avait donné en mariage l’une des princesses mongoles issues de la descendance de Gengis Khan au sultan al-Nâsir Muhammad en 1320, cette dernière serait arrivée dans le Châm par la mer au milieu d’une fête fastueuse qui dura plusieurs jours, puis le sultan consomma le mariage.

http://fmg.ac/Projects/MedLands/TURKS.htm#_Toc179089996

Amin MaaloufLes croisades vues par les arabes, J’ai lu,‎ 1983

http://www.islamweb.net/frh/index.php?page=articles&id=195556

Lettre à un roi croisé « Ar-Rissalat Al Qubrussiya » Ibn Taymiyyah à l’époque des invasions des Tatares et des croisés en Terre Sainte dans l’état Mamelouk

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marj al safar
L’infanterie de l’état Mamelouk 1300 – 1350  lors de la bataille de Marj as-Safar notament :  1) Fantassin de Jandar à 30 km d’Homs ver l’an 1300 2) Auxiliaire Harfush (tribu arabe) 3) Auxiliaire d’Ashir n Syrie 1325

Lettre à un roi croisé « Ar-Rissalat Al Qubrussiya » Ibn Taymiyyah à l’époque des invasions des Tatares et des croisés en Terre Sainte dans l’état Mamelouk

 

Par Yahya R. Michot ; Professeur de théologie a l’université de Oxford

Première invasion : Décembre 1299/Rabi’ I 699 – mai 1300/Sha’ban 699[1].

 

16 octobre 1299/19 Muharram 699

Cédant « aux instigations pressantes et aux supplications du roi » Héthum II, Ghazan quitte Tabriz avec son armée pour envahir la Syrie.

 

27 novembre 1299/12 Rabi’ I 699

L’ilkhan passe l’Euphrate près de Ja’bar et §iffin. Il marche vers Alep et Homs.

 

Vendredi 4 décembre 1299/18 Rabi’ I 699

Damas. La menace d’une invasion tatare s’étant précisée, le sultan An Nasir est arrivé à Damas. Il y séjourne jusqu’au dimanche 13 décembre/17 Rabi’ I puis se dirige vers le Nord. De funestes présages semblent annoncer une défaite. Le sultan a laissé en Egypte une grande partie de son armée et la zizanie règne entre ses émirs.

 

Mercredi 23 décembre 1299/27 Rabi’ I 699

Wadil Khazindar[2]. Les Tatars de Ghazan et leurs alliés, le roi arménien Héthum II, le roi de Géorgie, « austres Crestiens des parties d’Orient »

 

Et divers transfuges égyptiens, dont l’émir Sayf al-Din Qibjaq, rencontrent les troupes syro-égyptiennes. Bien que jouissant d’une écrasante supériorité numérique[3], les Mongols n’obtiendront la victoire qu’au prix de pertes innombrables. Le sultan et ses troupes se replieront en désordre vers l’Egypte, poursuivis par Mulay et Héthum II. Tandis que Mulay ira jusqu’au sud de la Palestine, Héthum sera bientôt rappelé par Ghazan et le rejoindra à Damas.

 

C’est réduite à rien, nue et affamée, que la glorieuse armée mamluke parviendra au Caire, le sort s’étant acharné à faire de sa retraite un enfer. Soumise à des marches forcées par ses poursuivants, elle sera en effet victime des rigueurs de l’hiver et, en outre, de la vindicte des populations chrétiennes et shi’ites de la côte syrienne et du Liban, pour ne pas parler des bédouins du désert. Ainsi qu’on le verra plus loin, d’innombrables soldats du sultan mourront alors ou, faits prisonniers, seront vendus aux Francs de Chypre. An Nasir ne réussira à reconstituer une armée qu’au prix d’impôts extraordinaires très mal acceptés par la population égyptienne.

 

Quant à Ghazan, il prend possession de Homs, où il partage entre ses gens les trésors abandonnés par le sultan, puis marche sur Damas.

 

Samedi 26 décembre 1299/11 Rabi’ II 699 – Lundi 28 décembre 1299/13 Rabi’ II 699

Damas. La défaite connue, la panique succède à l’incertitude. Nombre de notables et de riches partent pour Le Caire. Les détenus de la prison de la Petite Porte se sont mutinés et échappés, pillant la ville laissée sans défense. On décide d’envoyer à la rencontre de Ghazan une délégation de notables, dont Ibn Taymiyya fait partie. Elle partira le lundi après la prière de midi. Le commandant mamluk de la citadelle, Arjawash, essaie tant bien que mal d’organiser la résistance mais l’anarchie s’installe. Les habitants sont sur le point de se manger les uns les autres. »

 

Jeudi 31 décembre 1299/16 Rabi’ II, 699

Al-Nabk[4]. Ibn Taymiyya et la délégation des notables de Damas rencontrent Ghazan en pleine nuit, alors qu’il est en marche avec ses troupes. L’ilkhan annonce avoir déjà accordé, et envoyé à Damas, l’aman demandé. Selon la Chronique du Royaume de la Petite Arménie, comme Héthum II exhortait fortement l’ilkhan à brûler Damas, celui-ci lui répondit : « Ce serait un crime de livrer aux flammes une pareille cité ; je l’ai donnée à mon fils, et elle sera conservée pour lui. »

 

Vendredi 1 janvier 1300/ 7 Rabi’ II 699

Damas, mosquée des Umayyades. Le nom du sultan n’est plus mentionné dans le prône de la prière. Après la prière arrive un groupe de Tatars, porteurs de l’aman accordé par Ghazan. La délégation envoyée auprès de l’ilkhan revient quant à elle après la prière de l’après-midi. Une troupe de Tatars s’installe aux abords de la ville.

 

Samedi 2 janvier 1300/8 Rabi’ II 699

Damas, mosquée des Umayyades. Lecture est donnée en présence de Tatars, sur la tribune, d’un firman de Ghazan justifiant son invasion de la Syrie et accordant l’aman à Damas. A l’instar d’autres membres de la délégation revenue de chez l’ilkhan, Ibn Taymiyya est à peu près certainement dans l’assistance. Un calme relatif revient dans la ville. Les Tatars y font leurs oraisons puis retournent à leurs campements, démentant par leur retenue la sinistre réputation de leurs ancêtres.

 

Dimanche 3 janvier 1300/9 Rabi’ II 699

Marj Rahit[5]. Ghazan et le gros de ses armées installent leur campement. Selon Rashid Ad Din, une grosse délégation damascène est alors reçue en audience et fait acte de soumission. Nous aurions tendance à penser qu’Ibn Taymiyya fit aussi partie de cette délégation.

 

Lundi 4 janvier 1300/10 Rabi’ II 699

Alentours de Damas (Ghuta). Les villages et les localités de la banlieue ont à subir des déprédations, pillages et tueries. En ville, de longs pourparlers pour la reddition de la citadelle échoueront. Malgré la menace mongole de ne rien laisser debout ni de la citadelle ni de la ville, Arjawash se pliera aux recommandations pressantes d’Ibn Taymiyya et restera inflexible.

 

Vendredi 8 janvier 1300114 Rabi’ II 699

Damas. Ghazan renonce à venir célébrer la prière du vendredi dans la mosquée des Umayyades, du fait de la résistance de la citadelle. Le prêche est cependant prononcé en son nom, en présence d’un groupe de Mongols. Après la prière, lecture est donnée, depuis la tribune, d’un firman de l’ilkhan installant l’émir transfuge Sayf ad Din Qibjaq comme gouverneur mongol de Syrie. La populace, à qui on jette des pièces d’or et d’argent, se prend à espérer.

 

Très rapidement, la nouvelle de la conquête mongole de Damas atteindra l’Europe et y suscitera les espoirs les plus fous. Le bruit courra même que Ghazan a réussi à prendre Le Caire, rendu la Terre sainte au Temple et à l’Hôpital et frappé des monnaies In nomine Patris, Filii et Sancti Spiritus. Nul étonnement donc que Jacques II d’Aragon envoie à l’ilkhan, en mai 1300, une lettre où il le félicite d’avoir repris le Saint Sépulcre, lui offre son soutien et « lui demande, s’il se décidait à joindre ses forces à celles du Khan, la possession de la cinquième partie de la Terre Sainte, et des autres contrées que Gazan pourra conquérir par la suite. »

 

Mardi 12 janvier 1300/18 Rabi’ II  699

Damas. Une intervention du Shaykh des shaykhs mongol Nizam ad-Din Mahmud al-Dinawari, sollicitée par diverses personnalités de Damas, dont Ibn Taymiyya, met un terme aux terribles destructions et massacres perpétrés à al-Salihiyya à la fin de la semaine. Selon al-Maqrizi, al-Salihiyya fut abandonnée au roi d’Arménie parce qu’il lui avait été refusé de détruire Damas. Rashid al-Din lui-même reconnaît ces massacres, qu’il attribue « à des palefreniers, aux Arméniens, aux Géorgiens et à des renégats ». Il ajoute que Ghazan, troublé par l’affaire, força les khans géorgiens et arméniens à relâcher leurs prisonniers. D’autres localités de la banlieue sont également ravagées et Ibn Taymiyya multiplie ses interventions auprès des autorités mongoles, dont l’émir Sayf al-Din Qibjaq.

 

Jeudi 14 janvier 1300/20 Rabi’ II 699

Damas. Ibn Taymiyya se rend au camp de Ghazan dans l’intention de se plaindre à lui des crimes de ses alliés. Selon Ibn Kathir et al-Maqrizi[6], il n’est cependant reçu en audience que par les vizirs Sa’d al-Din et Rashid al-Din. Pour toute explication des crimes de leur soldatesque, ils se plaignent à lui de la maigreur du tribut versé par Damas. Les jours suivants, en totale violation de l’aman, la population se voit extorquer d’énormes impôts de guerre et l’occupation devient d’autant plus dure qu’Arjawash résiste toujours. L’installation de machines de siège autour de la citadelle et jusque dans la cour de la mosquée des Umayyades entraîne maintes destructions. Les habitants se terrent chez eux.

 

Vendredi 22 janvier 1300/28 Rabi’ II 699

Damas. Exaspération devant la résistance de la citadelle ? Insuffisance du butin ? Crainte d’un retour des Égyptiens ? Les exactions de l’occupant ont tourné au pillage, suscitant à nouveau la panique. Les Tatars et leurs auxiliaires chrétiens auront bientôt pris des milliers de captifs dans la population civile. La soldatesque mongole stationnée dans la mosquée des Umayyades, non seulement la « souille d’urine et de souillures », mais s’y livre à des beuveries et à des orgies avec les prisonnières et les prisonniers.

 

Vendredi 5 février 1300/12 Jumada I 699

Ghazan décide de reprendre le chemin de l’Iraq mais rend publique son intention de revenir en automne pour envahir l’Egypte. Qibjaq conserve son autorité sur la ville et sur le pays. Qutlushah reçoit le commandement suprême des armées mongoles laissées en Syrie – Palestine.

 

A Héthum II, Ghazan annonce « aurions volontiers livrées les terres de Sirie à garder as Crestiens, s’ils fussent venus ; et si il viendront, nous laissons notre commandement à Cotolossa, qu’il rende as Crestiens la Terre sainte, et que leurs donne conseil e aide, à refaire les terres gastés. »[7].

Durant son séjour à Damas, le roi d’Arménie a d’ailleurs envoyé aux Croisés de Chypre un message les informant des succès mongols et du souhait de Ghazan de leur rendre la Terre Sainte. Sans doute séduits par cette perspective, le comte de Jaffa Guy d’Ibelin, Johan d’Antioche et quelques autres barons francs débarqueront à Giblet et Anafa en cette fin d’hiver 1300 mais, apprenant la retraite de Ghazan, n’auront de cesse de remettre à la voile vers Chypre.

Dans la capitale syrienne, la situation est redevenue un peu plus tranquille, alors même que la citadelle résiste encore et que l’occupant se livre à de nouvelles exactions et destructions.

 

Mardi 16 février 1300/23 Jumada I 699

Damas. Rap­pelé en Iraq par Ghazan, Qutlushah a quitté Damas avec le gros de son armée. Héthum II est parti avec lui. Qibjaq les accompagne pour leur faire ses adieux. Le commandement militaire de la Syrie passe à Mulay, qui se trouve encore en Palestine. A la citadelle, on bat les tambours en signe de réjouissance ; la nuit, les Tatars qui en poursuivaient le siège s’enfuient. Ibn Taymiyya a eu une entrevue avec Qutlushah peu avant son départ. Il a vu le « prince de Sis » auprès du commandant mongol.

 

Mercredi 17 février 1300/24 Jumada I 699

Damas. Arjawash fait détruire les machines de siège autour de la citadelle. On recherche les collaborateurs et les ramène de force à la citadelle.

Jeudi 18 février 1300/25 Jumada I 699

Damas. Rentré en ville après avoir fait ses adieux à Qutlushah, Qibjaq va bientôt proclamer son autorité sur la Syrie et agir « comme un sultan indépendant dans ses commandements comme dans ses interdictions. » La population ne sait plus préci­sément quel maître il sert : l’ilkhan de Perse, lui-même ou le sultan du Caire. Arjawash tient toujours la citadelle. Des Tatars continuent à occuper la ville mais la situation tendra peu à peu à se normaliser.

 

Dimanche 13 mars 1300/20 Jumada II 699 – Mardi 22 mars 1300/29 Jumada II 699

Damas. La rumeur de l’arri­vée de l’armée d’Egypte pousse la population de Damas à la révolte. La chasse à l’homme s’organise dans les rues et plusieurs soldats tatares, de même que des collaborateurs, sont roués de coups ou tués. La nouvelle ne se confirmant pas, la peur de représailles de la part des Mongols succède à la joie, d’autant plus qu’une armée tatare va effectivement bientôt revenir : après être descendu jusqu’à Ghazza, Jéru­salem et Hébron et y avoir multiplié massacres et pillages, atrocités et sacrilèges, le nouveau commandant mongol de Syrie, Mulay, revient vers Damas à la mi-mars/fin Jumada II, avec de très nombreux captifs. Pour apaiser le général mongol, la population sera frappée d’un nouvel impôt de guerre.

 

Jeudi 24 mars 1300/12 Rajab 699

Damas. Après que des négociations visant la reddition de la citadelle ont échoué, Qibjaq conjure les notables de reconnaître par serment la souveraineté de Ghazan (Cet événement est daté du 8 Rajab dans Ibn Kathir (Bidaya, t. XIV, p. 11). Il s’agit d’une erreur de copiste résultant d’une confusion de graphie entre thamin, « huit », et thani, « deux », ainsi que le confirme le fait qu’il est seulement question, dans la suite directe de ce passage, des événements des 3, 4 et 7 Rajab). Ibn Taymiyya a participé à ces négociations. Il se rend au camp de Mulay et, durant les trois jours qu’il y passera, aura l’occasion de converser lon­guement avec lui.

 

Vendredi 25 mars 1300/3 Rajab 699

Damas. Le com­mandant de la citadelle fait annoncer que l’armée égyptienne marche vers la Syrie.

 

Samedi 26 mars 1300/4 Rajab 699 au soir

Damas. Mulay, son armée et les derniers Mongols de Damas se mettent en route vers l’Orient. Qibjaq fera bientôt proclamer qu’il ne reste plus aucun Tatar sur les routes conduisant à Damas, ni en Syrie.

 

Mercredi 6 avril 1300/15 Rajab 699

Damas. Abandon­nant leur rêve de souveraineté sur la Syrie, l’émir Sayf ad Din Qibjaq et ses partisans partent à la rencontre de l’armée d’Egypte, implorer la clémence du sultan. Le fidèle Arjawash prend le contrôle de la ville au nom d’al-Nasir. Encouragés par Ibn Taymiyya, les habitants de Damas assu­reront eux-mêmes la garde des murs de la cité. « Le shaykh Taqi ud Din Ibn Taymiyya faisait chaque nuit le tour des remparts, incitant les gens à la patience et au combat, leur lisant les versets [du Coran] relatifs au jihad et à la prépara­tion constante au combat (ribat). »

 

Vendredi 8 avril 1300/17 Rajab 699

Damas, mosquée des Umayyades. Le prêche peut à nouveau être prononcé au nom du sultan cairote, attaché à celui du calife. La popula­tion laisse libre cours à sa joie. Ibn Taymiyya et ses compa­gnons font le tour des tavernes et des lupanars dont l’activité avait été encouragée par Qibjaq, répandant le vin et punis­sant les débauchés au milieu de la liesse populaire. Les habitants de Damas se préparent à accueillir l’armée sultanine.

 

Samedi 30 avril 1300/10 Sha’ban 699

Damas. Les armées syro égyptiennes commencent leur entrée, sous le commandement de Jamal al Din Aqqush al Afram, nouveau vice sultan de Syrie. Le sultan est quant à lui reparti vers Le Caire, après avoir pardonné à Qibjaq et à ses complices.

Les collaborateurs sont pourchassés et punis, « les uns cloués, d’autres étranglés. Plusieurs eurent les pieds et les mains coupés ; d’autres ayant eu la langue arrachée, et les yeux crevés, moururent le jour même. » Les administra­tions gouvernementales se remettent à fonctionner. Damas est ruinée. L’Egypte a conservé toutes ses richesses.

 

Dimanche 22 mai 1300/ 2 Ramadan 699

Damas. On proclame la fin de la guerre. Le 2 juillet/13 Shawwal sui­vant, dans sa réponse à une lettre de Jacques II d’Aragon, an Nasir insistera sur la vigueur avec laquelle il a repoussé l’invasion tatare.

 

De la mi-juillet 1300/ fin Shawwal 699 à la fin août 1300/ mi-Dhul-Hijja 699

Aqqush al-Afram mène une expédition punitive contre les populations shi’ites des mon­tagnes du haut Kasrawan et du Sanin qui, faisant cause com­mune avec les Tatars et les Croisés, ont attaqué les armées sultanines en retraite après la défaite du Wadil-Khazindar. Ibn Taymiyya participe activement à cette campagne.

Fin juillet, une flottille armée par le roi Henry II de Lusignan, le Temple et l’Hôpital quitte Famagouste et met le cap sur l’Egypte. La bannière de Ghazan flotte aux mats car divers envoyés de l’ilkhan près la cour de Nicosie sont de l’expédition, dont Isol le Pisan. Après une incursion à Rosette, les Croisés entrent dans le port d’Alexandrie puis mènent des raids sur Acre, Tortose et Maraclée (Maraqiyya). Le revers qu’ils subissent lors de cette dernière escale les pousse à retourner à Chypre.

A Damas, la population reçoit un entraînement militaire en vue de pouvoir participer plus activement à la défense de la cité dans le cas d’une nouvelle invasion mongole

 

 

Deuxième invasion : Octobre 1300/début 700 – février 1301/mi- 700

 

Malgré son premier échec devant Damas, Ghazan n’en­tend pas renoncer à envahir la Syrie et consacre l’été 1300/ fin 699 à la préparation d’une nouvelle guerre. Il a promis à Héthum II de « tirer une vengeance éclatante du sultan » et lui a enjoint de se préparer à venir le rejoindre l’hiver sui­vant. Des contacts ont aussi été pris, dans le même but, avec les Chrétiens de Chypre. Qutlushah se met en marche dès le 16 septembre 1300/1 Muharram 700. Ghazan quitte Tabriz le 30 septembre 1300/15 Muharram 700.

 

Mi-octobre 1300/début Safar 700

Damas. La nouvelle se répand que les Tatars marchent à nouveau vers la Syrie, bien décidés à conquérir l’Egypte. Pris de panique, beau­coup abandonnent la ville, d’autant plus que les autorités ont imposé de nouvelles taxes destinées à soutenir l’effort de guerre. Le 17 octobre 1300/2 Safar, à la mosquée des Umayyades, Ibn Taymiyya tance les fuyards et les frau­deurs, prêche la résistance et appelle au Jihad. Les autorités prennent quant à elles des mesures strictes pour tenter d’enrayer l’exode. En Egypte comme en Syrie, les langues se déchaînent, le peuple accusant la soldatesque de montrer plus d’audace et d’empressement pour le rançonner que, naguère, pour attaquer les Mongols.

 

22 octobre 1300/7 Safar 700

Ghazan traverse l’Euphrate près de Ja’bar et Siffin. Il marche vers Alep.

 

Novembre 1300

Une armée croisée, passée de Chypre à Ruwad, débarque à Tortose pour rejoindre l’armée tatare.

 

Début janvier 1301/fin Rabi’ II 700

Qutlushah et son armée écument la région d’Alep jusqu’à Ma’arrat al-Nu’man et Antioche, faisant de très nombreux captifs parmi la population civile. Comme on le verra plus loin, Héthum II et les Croisés venus de Chypre, dont les maîtres du Temple et de l’Hôpital, le comte de Jaffa Guy d’Ibelin et Johan, seigneur de Giblet, l’ont rejoint et s’associent à lui pour semer la terreur. L’armée syrienne s’est repliée vers le sud du pays. L’Egypte ne semble pas se rendre compte de la gravité de la situation : après s’être mis en route pour la Syrie, le sultan regagnera bientôt Le Caire avec le gros de son armée, arrêté par la rigueur de l’hiver et les difficultés d’une expédition mal préparée.

 

12 janvier 1301/1 Jumada 1700

Al Marj. Ibn Taymiyya est arrivé au camp d’Aqqush al-Afram et exhorte son armée en lui promettant la victoire. Le vice sultan et les émirs le chargent de se rendre au Caire par la poste gouvernementale pour convaincre An Nasir d’envoyer directement les renforts nécessaires en Syrie.

Apprenant la volte-face du sultan, la population de Damas verse dans le désespoir et l’exode reprend de plus belle. L’arrivée des quelques contingents égyptiens non retournés au Caire, le 18 janvier/7 Jumada I, ne change rien à la situation.

 

22 janvier 1301/11 Jumada I 700

Ghazan a décidé de retourner en Iran, Qutlushah restant en Syrie. Ce même jour, Ibn Taymiyya arrive au Caire.

Les semaines qui suivent, Qutlushah se repliera aussi vers l’Orient. Ses Tatars traverseront l’Euphrate « plus démolis que s’ils avaient été vaincus dans une bataille ran­gée » alors que les deux armées de l’ilkhan et du sultan ne se sont même pas rencontrées. Les raisons de cette retraite précoce ne sont pas claires, les historiens anciens invoquant tantôt les rigueurs de l’hiver, fatales pour une partie impor­tante de la cavalerie de Ghazan, tantôt une grave maladie de l’ilkhan. Le roi d’Arménie n’aura plus qu’à retourner dans son pays et les Croisés à Chypre, avec de nombreux captifs.

 

7 février 1301 /27 Jumada 1700

Damas. Ibn Taymiyya est revenu par la poste après une huitaine de jours au Caire. Allant jusqu’à laisser entrevoir au sultan une sécession de la Syrie au cas où il manquerait à ses obligations canoniques de souverain, il a finalement eu gain de cause. L’armée a repris le chemin de la Syrie mais Damas apprend bientôt la retraite tatare. La liesse succède au désespoir.

 

Fin février 1301/Jumada II 700

Le Caire. La nouvelle du départ des Tatars est parvenue. Les réfugiés syriens retournent petit à petit dans leur pays. En Syrie comme en Egypte, des mesures sont prises contre les chrétiens et les juifs pour qu’ils se conforment aux prescriptions de la Loi les concernant. Alors que la population musulmane a été durement affectée par l’effort de guerre, selon Al Maqrizi, au Caire et à Fustat, le « luxe » des minoritaires « était au plus haut point ». Sans doute les autorités du sultanat n’ont-elles pas oublié non plus le rôle des croisés de Chypre et des chrétiens du Liban durant les deux invasions.

 

Fin juillet 1301/fin Dhu l-Qa’da 700

Damas. Une importante ambassade tatare arrive, en route pour Le Caire. Elle est porteuse d’une lettre de Ghazan au sultan, proposant la paix. Cette ambassade restera près de deux mois en Egypte. Début octobre 1301/fin Muharram 701, elle en repartira couverte de présents et accompagnée d’émissaires mamluks porteurs de la réponse du sultan à Ghazan.

 

 

Troisième invasion : Février 1303/mi 702 – Avril 1303/Ramadan 702

 

Malgré l’échange d’autres ambassades (août 1302/ Dhul-Hijja 701, fin novembre 1302/Rabi’ II 702), les relations entre Filkhanat et le sultanat ne s’améliorent pas après l’invasion avortée de 700/1300-1301. Ainsi, en juillet – août 1302/Dhul-Qa’da – Dhul-Hijja 701, les armées syriennes guerroient victorieusement en Petite Arménie, faisant le siège de Sis et réussissant presque à capturer Héthum II. Quelques semaines plus tard, le mercredi 26 septembre 1302 12 Safar 702, les Mamluks s’en prennent à d’autres alliés des Tatars : ils enlèvent aux Templiers l’ilôt de Ruwad, « source d’un grand mal pour les Musulmans, particulière­ment pour ceux qui habitaient le littoral de la Palestine. » Des centaines de captifs chrétiens sont transférés au Caire. Dans une lettre au roi Jacques II d’Aragon, le sultan les traitera de « semeurs de corruption » (mufsidun).

Peut-être désireux de venger la perte de Ruwad, les Croi­sés de Chypre multiplient les raids de maraude sur la côte syro-libanaise. Vers le nouvel an 1302-1303/Jumada I 702, ils razzient le bourg d’Ad Damur, à une quinzaine de kilo­mètres au sud de Beyrouth. Et, selon leur habitude, les Francs cherchent à faire le plus grand nombre possible de captifs, assommant ceux qui se défendent.

Ghazan, quant à lui, ne se contente pas d’envoyer des offres de paix au Caire. Comme ses prédécesseurs, il entre­tient de bonnes relations avec la papauté et les royautés d’Europe. Le 12 avril 1302, il écrit au pape Boniface VIII pour l’inviter à se préparer à participer lui aussi à la « grande œuvre » anti mamluke dont il caresse le projet. Rome ne pourra cependant faire plus que baptiser les am­bassadeurs mongols et leur confier, à l’intention de leur souverain, une croix dorée in remissionem peccatorum, ut Terrant Sanctam restituera cultui christiano. Peu aupara­vant, l’ilkhan a envoyé la même requête au roi Edouard 1er d’Angleterre mais celui-ci, dans une lettre datée du 12 mars 1302, lui a exprimé son regret de ne pouvoir s’occuper en ce moment des affaires de Terre sainte. A Paques 1303, les ambassadeurs de Ghazan répéteront les mêmes offres d’alliance à Paris.

 

Fin février 1303/Rajab 702

Damas. La rumeur d’une nouvelle invasion mongole se renforce, déclenchant une nouvelle fois la panique et l’exode de la population. L’effroi est d’autant plus grand que Le Caire, une fois de plus, semble tarder à réagir.

Selon J. Hayton, l’ilkhan entend « entrer au royaume de Surie e destruire le Soudan d’Egipte, e recovrer la Terre Sainte, e rendre la as Crestiens. » Cette année cependant, il ne peut être lui-même à la tête de son armée et en confie le commandement à Qutlushah et Mulay, avec instruction de prendre Damas. Il a ordonné aux Arméniens et aux Géor­giens d’accompagner les deux généraux.

mamelouk marj safar

Samedi 30 mars 1303/10 Sha’ban 702

Damas. Les autorités annoncent que le sultan, accompagné du calife Al Mustakfi bilLah, a quitté l’Egypte pour venir au secours de la Syrie. Ce même jour, près de Homs, à ‘Urd, des émirs syriens imposent une sanglante défaite aux avant-gardes mongoles. Ils ramèneront à Damas un important butin et de nombreux captifs, dont des Arméniens, des Géorgiens et d’autres Nazaréens.

 

Dimanche 7 avril 1303/18 Sha’ban 702

Damas. Pas plus que le succès de ‘Urd, l’arrivée de premiers contingents égyptiens, commandés par l’émir Rukn al-Din Baybars, ne réussit à dissiper toutes les craintes des Damascènes.

 

Dimanche 14 avril 1303/25 Sha’ban 702

Les armées d’Alep et de Homs se sont repliées vers le Sud et établissent leur camp à Al Marj. Des Tatars sont déjà dans les régions de Homs et de Baalbek et y sèment terreur et désolation. Les réfugiés affluent à Damas, où règnent la résignation et le défaitisme. Ce même jour, dans la capitale syrienne, la résis­tance commence cependant à s’organiser : les émirs jurent solennellement de combattre, imités en cela par beaucoup de docteurs de la Loi et de gens du peuple. Il est interdit de quitter la ville. L’espoir renaît.

Ibn Taymiyya va remonter le moral des troupes qui se sont repliées de Hamat. Il assure la victoire prochaine. A ceux qui doutent que la religion autorise de combattre les Tatars puisqu’ils sont devenus musulmans, il démontre non seulement la licéité mais la nécessité de mener contre eux le Jihad. « Si vous me voyez de leur côté, dit-il, serait-ce avec un exemplaire du Coran sur la tête, tuez-moi ! »

 

Mercredi 17 avril 1303/28 Sha’ban 702

Damas. L’ar­mée syrienne et les premiers contingents égyptiens se sont repliés au sud-ouest de Damas. Repli tactique ou fuite devant l’avancée tatare ? La population ne sait et panique. Les Tatars camperont dans la Ghuta puis poursuivront l’ar­mée vers le Sud, sans occuper Damas, avec le désir de vaincre l’armée de Syrie avant l’arrivée du gros des troupes du sultan. Quittant la ville pour rejoindre l’armée, Ibn Taymiyya et ses compagnons se font accuser de désertion par certains. L’anarchie règne dans la capitale syrienne, qui regorge de réfugiés.

 

Jeudi 18 avril 1303/29 Sha’ban 702

Damas. En fin d’après-midi, l’annonce de l’arrivée du sultan et du calife, et de la jonction de l’armée égyptienne avec les troupes parties de Damas, ramène quelque tranquillité dans la ville en cette veille du mois de Ramadan.

 

Vendredi 19 avril 1303/1 Ramadan 702

Damas. Sans nouvelles de l’armée, la population est en proie à l’incerti­tude et à la peur.

Samedi 20 avril 1303/2 Ramadan 702

Après-midi, Damas. Un message confirme que les armées tatares et mamlukes ont engagé la bataille à Shaqhab. La population est invitée à invoquer le Très-Haut et à assurer la défense de la ville.

Contrairement à ce qu’ils espéraient, les Tatars ont donc été contraints d’attaquer en une fois toute l’armée mamluke, sur un théâtre où celle-ci occupe les positions les plus favo­rables et en plus, semble-t-il, dans de terribles conditions atmosphériques : orages et pluies diluviennes. Après un semblant de succès, leur défaite sera terrible, leurs pertes énormes.

 

Dimanche 21 avril 1303/3 Ramadan 702

Shaqhab (Marj al-Suffar). Dès le matin, il est annoncé à Damas que le sultan et le calife paraissent remporter la bataille. Un message confirme la défaite des Tatars et de leurs auxiliaires arméniens et géorgiens en fin d’après-midi. Les troupes du sultanat poursuivront et massacreront les Tatars en déroute. Beaucoup périront dans des ruisseaux et des marécages car selon J. Hayton, qui participa à la bataille, « les habiteors de Damas laissièrent corre l’eive du flum par les conduis et par ruissiaus, e avant que passèrent viii hores de la nuit, le plain fu tout covert d’eive. »

Selon Ibn Kathir, Ibn Taymiyya a grandement contribué au succès mamluk. Alors que le sultan envisageait de battre en retraite vers l’Egypte, c’est lui qui l’aurait convaincu de combattre. Il a donné un fatwa exemptant les combattants du jeune et montré l’exemple en mangeant ostensiblement lui-même. Il a physiquement pris part au combat sous la bannière syrienne.

Le malheur frappera encore l’envahisseur durant sa retraite. Beaucoup de fuyards, trompés par leurs guides bédouins, seront abandonnés au milieu du désert et y mour­ront de soif. Égarés dans la Ghuta, d’autres seront massacrés par la populace de Damas et des environs. Enfin, un grand nombre d’hommes et de bêtes périront en essayant de tra­verser l’Euphrate, « tant ce fleuve avait débordé. »

 

Lundi 22 avril 1303/4 Ramadan 702

Ibn Taymiyya revient à Damas, accueilli dans l’allégresse pour la part qu’il a jouée dans la victoire.

 

Mardi 23 avril 1303/5 Ramadan 702

Damas. Précédé du Calife, le sultan fait une entrée triomphale. « Durant tout le mois de Ramadan, la population se livre sans interruption à des transports de joie. » Le sultan reprendra le chemin de l’Egypte le mardi 21 mai 1303/3 Shawwal 702, après la Fête de la rupture du jeune.

 

A Tabriz, Ghazan faillira mettre à mort Qutlushah puis se contentera de l’exiler, après avoir laissé la foule lui cra­cher au visage. Mulay recevra quant à lui « un grand nombre de coups de bâton, et éprouvera les traitements les plus ignominieux. »

 

10 juin 1303/23 Shawwal 702

Le Caire. Précédé de pri­sonniers tatars chargés de chaînes « et portant, suspendues à leurs cous, les têtes de ceux de leurs compagnons qui avaient péri dans l’action », le sultan An Nasir fait, par Bab An Nasr, « la porte de la Victoire », une entrée triomphale dans sa capitale. « Le Caire et Misr furent pavoises d’une façon grandiose, telle que l’on n’avait jamais entendu parler de quelque chose de semblable. »

Fort de son succès, An Nasir n’hésitera pas à envoyer à Ghazan une lettre au ton triomphateur. L’ilkhan n’ayant pas été présent à Shaqhab, il se fera un devoir de lui rappeler par le menu le déroulement de la bataille, mettant la défaite du Tatar au compte de sa « parodie » de conversion à l’Islam. Et le sultan d’ajouter : « Nous et toi, nous nous reti­rerons de Baghdad et de l’Iraq. Nous les rendrons au calife du Messager de Dieu, de manière absolue, et, nous et toi, nous suivrons ses ordres… » Proposition pour le moins intéressée malgré les apparences, Le Caire tenant alors le califat sous une complète tutelle ! A la fin de sa missive, An Nasir exprime d’ailleurs ses visées expansionnistes sans plus aucun fard : « Choisis pour toi-même : soit tu rentres vers le Khurasan, vite ; soit tu te retires d’Asie mineure (al-Rum) et d’Iraq, tout à la fois. Bientôt, nous viendrons à toi avec nos armées…» Sous la forme d’un semblant d’al­ternative, c’est un véritable ultimatum que le sultan adresse à l’ilkhan.

 

10 mai 1304/4 Shawwal 703

Ghazan meurt. La nou­velle parviendra au Caire le 19 juin 1304 /15 Dhu 1-Qa’da

703. Si l’ilkhan avait vécu, tout indique qu’il aurait pour­suivi les hostilités contre les Mamluks. Ses successeurs, quant à eux, ne réussiront plus jamais à véritablement mena­cer le sultanat du Caire.

 

Trois invasions. Trois retraites, de moins en moins glo­rieuses. Une suite de fiascos justifiant que, souvent, les guerres menées par Ghazan contre la Syrie soient tout au plus considérées comme des épiphénomènes des grandes in­vasions gengiskhanides et hulaguides. Pour ceux qui les vécurent et prirent une part active à la résistance, tels Ibn Taymiyya, le danger fut cependant bien réel. D’où la joie et la fierté avec lesquelles, dans l’Epître chypriote, le grand Docteur en évoque l’heureux épilogue.

Le danger fut d’autant plus réel que, du côté mamluk, on ne déborda guère d’enthousiasme à l’idée de s’opposer à l’envahisseur. Sans compter la terreur inspirée par le simple souvenir du sort généralement réservé par les Mongols à qui osait leur résister, nombreux furent ceux qui, dans l’armée comme parmi la population, avancèrent les meilleures rai­sons religieuses – ou les meilleurs prétextes ? – de refuser le combat. Les succès des khans gengiskhanides et les bien­faits de la pax mongolorum ne témoignaient-ils pas de l’ap­pui du Très-Haut à leur souveraineté ? De surcroît, la conversion des Tatars à l’Islam ne rendait-elle pas aussi illicite de les combattre que de verser le sang d’autres Mu­sulmans ? Enfin, beaucoup de vrais croyants ayant été enrô­lés de force dans l’armée de l’ilkhan, le risque n’était-il pas grand, en s’attaquant à celle-ci, de multiplier le nombre des victimes innocentes ? De telles questions furent posées à plusieurs reprises à Ibn Taymiyya, lequel y répondit à la fois par la parole, par le calame et par l’exemple. On l’a vu plus haut, il prêcha la résistance et participa physiquement à la guerre. Pour ce qui est du calame, il composa divers fatwas ne laissant place à aucune hésitation.

Pour le grand Docteur, il n’est pas seulement licite mais obligatoire, selon le Livre de Dieu, la Tradition de Son Mes­sager (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui) et le consensus des Musulmans, de mener le Jihad contre Ghazan, tout musulman qu’il prétende être, et nul ne peut se soustraire à cette obligation.

Assurément, aux yeux de beaucoup de croyants contem­porains d’Ibn Taymiyya, les Tatars d’Iran apparaissent comme les promoteurs d’un Islam jeune, fort, conquérant, triomphant, régénéré en quelque sorte, source de bien-être et de développement, multiculturel et tolérant. En un mot : séduisant ; on serait presque tenté de dire aujourd’hui, « moderne ». Par exemple, selon Rashid al-Din, depuis la conversion de Ghazan, « la religion de l’Islam et l’État des Musulmans sont, de jour en jour, en train de progresser et de croître, de se renforcer et de s’affermir. »

Quels que soient les attraits de la pax mongolorum pour certains, Ibn Taymiyya ne se laisse quant à lui pas séduire. Dans la version « modernisante » que les Tatars proposent de l’Islam, il ne voit point un enrichissement mais une grave menace pour ce que la religion du Coran a de spécifique, un risque de dénaturation, une régression. Il est utile, pour comprendre cette prise de position du grand Docteur, de se pencher sur sa typologie du religieux. Selon lui en effet, « chacun des actes d’adoration et le reste de ce qui fait l’objet d’un ordre [divin] – les devoirs obligatoires, les choses préférables et les choses réprouvées, prohibées en ce sens qu’elles sont défendues ou prohibées en ce sens qu’il vaut mieux s’en abstenir- comportent trois divisions : du rationnel (‘aqli), du confessionnel (milli) et du Légal (shar’i). Par le « rationnel », on veut dire ce sur quoi les adeptes de la raison sont d’accord, parmi les fils d’Adam, qu’il leur ait été fait présent d’un Livre ou non. Par le « confessionnel », on veut dire ce sur quoi les adeptes des [diverses] confessions (milla) et Livres descendus [du ciel] sont d’accord, ainsi que ceux qui les suivent. Par le « Légal », on veut dire ce que les adeptes de la Loi cora­nique, à savoir la communauté de Muhammad, ont en propre. » En ce qui concerne plus précisément le « ration­nel », le grand Docteur précise que ce qui est visé, en appe­lant ainsi certaines formes d’obéissance, c’est « ce sur quoi il y a accord des Musulmans et des non Musulmans pour ce qui est de ce jugement rationnel de beauté et d’horreur qui consiste à attirer [vers soi] les choses utiles et à repousser le dommage. Ce qui est visé, c’est seulement l’accord des gens doués de raison touchant l’éloge de ces [choses], par exem­ple la véridicité et la justice, la restitution des dépôts et la bienfaisance envers les gens, en argent et en choses utiles. C’est aussi, par exemple, le savoir, l’adoration absolue, le scrupule absolu et l’ascèse absolue. C’est par exemple le champ de la soumission au divin (ta’alluh), de l’adoration, de la glorification, de l’humilité, de la dévotion absolue en ce sens que la mesure [qui en est] commune [aux gens doués de raison] ne l’empêche pas d’être destinée à quelque objet d’adoration que ce soit, par quelque acte d’adoration que ce soit. Il y a, sur ce champ, accord entre les [êtres] adamiques : il n’en est point parmi eux qui ne fasse l’éloge du champ de la soumission au divin alors même que certaines de ses composantes sont quelque chose qui est bon, réel, tandis que d’autres sont quelque chose qui est corrompu, vain. » – « La soumission au divin absolue, […] c’est la religion des Tatars et de leurs semblables, les Turcs par exemple. »

De surcroît, lorsqu’Ibn Taymiyya entend donner un exemple de système politique (siyasa) royal à la fois « ra­tionnel » et comportant une part d’arbitraire, en ce sens qu’il « ne se réclame ni d’une confession ni d’un Livre » et que l’autorité propre du prince y tient lieu de ce que, dans l’Islam, il appelle le « Légal », c’est à Gengis Khan qu’il pense : « Quant aux systèmes politiques royaux, ne se récla­mant ni d’une confession ni d’un Livre, il faut imman­quablement que s’y retrouvent la première et la troisième divisions. Cette mesure que les [êtres] adamiques ont en commun, il faut en effet immanquablement, en chaque sys­tème politique et imamat, qu’ordre soit donné de la [mettre en œuvre]. De même, il faut immanquablement que chaque roi ait quelque chose de propre, grâce auquel il se distingue, ne serait-ce qu’avoir des égards pour quiconque est son ami et repousser quiconque est son ennemi. Il leur faut donc immanquablement ordonner de quoi protéger l’ami et repousser l’ennemi, ainsi qu’il en va dans le royaume de Gengis Khan, le roi des Turcs, et de rois pareils. »

Pour notre Docteur, l’Islam impérial de Ghazan est inac­ceptable du fait de ce qu’il comporte comme risque de désislamisation de la religion musulmane, en ce sens qu’il perpé­tue, sinon encourage ou privilégie une forme de rationalité gengiskhanide aux dépens de la Loi (Shari’ah), une religiosité préscripturaire et a – ou inter confessionnelle, une soumis­sion au divin absolue, indéterminée, aux dépens d’une obéissance stricte au Coran et à la Sunna de Muhammad (Saluts et Bénédictions d’Allah sur lui). Au risque de commettre un anachronisme, on pourrait presque parler, à propos de l’Islam ilkhanide, de « laïcisation » par rationalisation gengiskhanisante. Face à une telle dérive, et quels que soient les avantages que d’aucuns puissent par ailleurs lui reconnaître, Ibn Taymiyya entend demeurer le champion inconditionnel d’un Islam « à l’ancienne », se voulant strictement sunnite dans la ligne des pieux Anciens. A travers sa condamnation radicale de l’Islam des Tatars, c’est en fait à la « grande idée » de Gengis Khan qu’il s’at­taque, et à sa survie dans la croyance nouvelle de son illustre descendant.

A une époque où le passage des envahisseurs asiatiques à l’Islam, dans lequel la conversion de Ghazan a servi de catalyseur, brouille toutes les cartes, ce n’est pas un des moindres mérites d’Ibn Taymiyya que de percevoir l’énorme enjeu du conflit entre l’ilkhanat de Perse et le sultanat mamluk. Désormais, ce ne sont plus la « barbarie » et la « civilisation » qui s’affrontent mais un « nouvel » Orient et un « vieil » Occident musulmans, c’est-à-dire deux lectures concurrentielles de la même religion, deux poli­tiques convoitant chacune de contrôler hégémoniquement son magistère et, partant, le devenir ultérieur des populations se réclamant d’elle. Alors même que la Providence semble sourire aux audacieux, le grand Docteur ne peut que dénon­cer la nature innovatrice, et donc condamnable, de l’Islam gengiskhanisant de Ghazan. Ce faisant, et aussi paradoxale que la chose puisse paraître, il est d’autant moins réaction­naire que l’archaïsme réside ici dans la nouveauté : selon lui, ce n’est point la Raison d’un prince qui couronne l’évo­lution du religieux, mais la Loi du Coran.

En ce qui concerne l’extension, aux Tatars de Ghazan, de l’interdit frappant le sang musulman, Ibn Taymiyya refuse une conversion non suivie des effets ad hoc. Contrai­rement à ce que d’aucuns allèguent, le conflit de l’ilkhanat avec le sultanat ne peut être comparé à la lutte qui opposa au quatrième calife bien-guidé, ‘Ali, les partisans de ‘A’isha, de Zubayr et de Talha lors de la bataille du Chameau en 36/656, ou ceux du futur premier calife umayyade, Mu’awiya, lors de la bataille de Siffin en 37/657. Lors de ces deux batailles, il fut effectivement possible aux croyants de choisir l’un ou l’autre camp, ou de rester neutres, le conflit ayant pour seule source, chez les adversaires de ‘Ali, le refus d’obéir à un imam déterminé ou la volonté de s’at­taquer à son leadership et d’y mettre un terme. Quand, par contre, les Tatars de Ghazan attaquent le sultanat, ce n’est pas par révolte contre un imam particulier mais, selon Ibn Taymiyya, par sortie pure et simple de la Voie de l’Is­lam ; en témoignent à suffisance leurs multiples man­quements vis-à-vis des exigences de la Loi religieuse et leur inexcusable sauvagerie lors des trois invasions. Si, pour définir la position à adopter face à eux, on cherche dans l’histoire des premiers temps de la communauté musulmane un événement de valeur paradigmatique, ce n’est donc pas au Chameau ou à Siffin qu’il faut se référer mais, plutôt, à la répression des Kharijites par le même ‘Ali, à la guerre déclarée par le Coran aux Musulmans d’At-Ta-if continuant à pratiquer l’usure ou à celle menée par Abu Bakr, le pre­mier calife, contre les Musulmans refusant de lui verser l’impôt canonique (zakat). Dans ces trois cas, il y eut sortie manifeste de la Voie de l’Islam par abandon de l’une ou l’autre de ses prescriptions et, partant, licéité de verser le sang des transgresseurs, nécessité de les combattre quand bien même, prononçant la profession de foi musulmane, ils passaient pour Musulmans. Les Mongols sont même pires que les trois groupes de transgresseurs évoqués dans la mesure où, contrairement à eux, ils ne pourraient se préva­loir d’aucune interprétation de texte ou de quelque autre rai­son que ce soit pour justifier leur innommable sauvagerie. Ibn Taymiyya de conclure dès lors, péremptoire, à propos de l’armée « musulmane » de Ghazan : « Les Tatars et leurs pareils sortent plus gravement de la Voie (Shari’ah) de l’Islam que ceux qui ont refusé l’impôt canonique, que les Kharijites et que les gens d’at-Ta-if qui ont refusé d’abandonner l’usure. Quiconque hésite à les combattre est donc, d’entre les hommes, le plus ignorant de la religion de l’Islam. »

 

Enfin, concernant le dernier scrupule de la mouvance de pacifistes, de défaitistes et de fatalistes mamluks visée par ses fatwas anti-mongols, le grand Docteur se veut tout aussi catégorique.

Un : Le danger présenté par les Tatars est tel pour l’Islam que l’intérêt de celui-ci l’emporte sur les risques encourus, en cas de confrontation, par les vrais Mu­sulmans enrôlés de force dans leurs rangs.

Deux : Ceux de ces vrais Musulmans qui seront tués sur le champ de bataille sans l’avoir en rien mérité mourront martyrs.

 

C’est bien le souci de la Loi qui fut le fondement premier de son action, contre les Mongols comme en ses autres com­bats. En d’autres termes, c’est dans les arguments mêmes qu’il avança pour leur résister, et non en dehors d’eux, qu’il convient de situer les raisons de son militantisme durant les trois invasions.

Ce militantisme fut couronné de succès et le grand Docteur mérite d’être asso­cié à la victoire sur Ghazan. La joie et la fierté avec lesquelles, dans l’Epître chy­priote, peu après la fin du cauchemar, il reparle du conflit et de la part qu’il y prit sont de ce point de vue on ne peut plus compréhensibles et légitimes. On le saisira mieux encore en s’attardant maintenant sur un aspect particulier de son action d’alors, aussi évoqué dans sa lettre et qui en éclaire même la genèse : son combat en faveur des prisonniers.

 

 

[1]Sauf exception, pour cette invasion comme pour les suivantes, il ne nous a été possible ni de procéder à une analyse critique des divergences existant entre ces sources et études, ni de justifier nos choix. Plusieurs événements pourraient être présentés autrement et nombre d’imprécisions demeurent, surtout en ce qui concerne les dates.

[2] Majma’ al-Muruj, entre Hamat et Homs.

[3] 100.000 hommes contre 25.000.

[4] Sur la route Homs – Damas.

[5] Alentours de Damas.

[6] II ne put être admis devant ce prince, qui était alors dans un état d’ivresse quand Ibn Taymiyya arriva au camp de Ghazan, ses chambellans invoquèrent divers prétextes pour l’empêcher de rencontrer l’ilkhan. Ils lui dirent notamment que s’il apprenait ce que le grand Docteur avait à lui dire, il devrait nécessairement condamner à mort divers Mongols, ce qui occasionnerait des troubles qui se retourneraient contre les Damascènes. Ils conseillèrent donc à Ibn Taymiyya de parler avec les deux vizirs Sa’d al-Din et Rashid al-Din, mais lui refusa et s’en retourna à Damas.

[7] Dans le projet de croisade qu’il soumettra au pape Clément V à Poitiers en 1307, Jean Hayton écrira encore : « E je, qui assés conçois la volonté des Tartares, croie fermement que toutes les cités e les terres que les Tartares conquerraient sur les Sarazins que volentiers les dorroient à garder as Crestiens franchement et quitement, car les Tartars ne porroient demorer en celés contrées por la grant chalor qui i fait eu temps d’esté. Dont il lur serait bel que les Crestiens tenissent les terres e gardassent. Car les Tartars ne combatent ou le soldan d’Egipte por covoitise de gaignier terres e cités, car il ont toute Aise en leur subjeccion, ains se combatent por ce que le Soudan a esté tout adès leur principal enemi, e lur a fait plus de grevance e de damaige que nul autre, nomeement quant il eussent guerre ou aucun de lur voisins » On notera avec intérêt les raisons que le prince arménien donne des guerres des Mongols contre les Mamluks.*

Rencontre de l’empereur du Mali Mansa Moussa et le sultan Mamelouk du Caire An-Nâsir Muhammad ben Qalâ’ûn 1324

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L'empereur du Mali, Mansa Moussa en Armure et sa court marchant en direction de la Sainte Mecque
L’empereur du Mali, Mansa Moussa en Armure et sa court marchant en direction de la Sainte Mecque en 1324

La rencontre avec le sultan mamelouk An-Nâsir Muhammad ben Qalâ’ûn en Égypte en juillet 1324 est documentée11.

Quand il est arrivé en Egypte, Mansa Musa à campé près des Pyramides pour trois jours. Il a ensuite envoyé un cadeau de 50 000 dinars pour le sultan mamelouk An-Nâsir Muhammad ben Qalâ’ûn  d’Egypte , du Levant et Hijaz avant de s’installer au Caire pendant trois mois. Le sultan mamelouk An-Nâsir Muhammad ben Qalâ’ûn lui a prêté son palais pour l’été et fait en sorte que son entourage a été bien traité.

Mansa Musa a distribué des milliers de lingots d’or. 

La valeur de l’or en Egypte en Afrique du Nord et au Moyen-Orient a baissé de près de 25 pour cent. Au moment ou  Mansa Musa est retourné au Caire depuis lson Hajj, cependant, il avait plus d’argent et a dû emprunter de l’aregtn au marchands égyptiens locaux.

Alors que Mansa Musa était pieux, il n’était pas un ascète. Sa puissance impériale a été largement respecté, et il était craint dans toute l’Afrique. .

Ibn Battuta dans ces écris de voyages il a décris que ce Sultan étais très craint, respecté par son peuple

Les gens qui le saluaient devaient s’agenouiller et disperser la poussière sur eux-mêmes pour montré le respect.

Même au Caire, Mansa Musa a été accueilli par son peuple à la manière traditionnelle. « Personne n’a été autorisé à entrer dans la présence du roi avec ses sandales; négligence puni par la mort.Personne n’avait le droit d’éternuer en présence du roi, et le roi lui-même éternué, les personnes présentes battu leurs torse avec leurs mains « (Levtzion, 108).Une autre coutume voulait que le roi n’aurait jamais donner des ordres personnellement. Il passait des instructions à un porte-parole, qui serait charger  alors de transmettre ses mots. Il n’a jamais rien écrit lui-même et a demandé à ses scribes de mettre sur pied un livre, qu’il a ensuite envoyé au sultan d’Egypte.

Casque au nom du sultan mamelouk Ibn Qalawun, Égypte ou Syrie, 1293-1341
Casque au nom du sultan mamelouk Ibn Qalawun, Égypte ou Syrie, 1293-1341

Cependant, Mansa Musa a dû faire face à son propre test d’humilité, car il a été nécessaire, en saluant le sultan, de s’incliné ver le  sol devant le gardien des Lieux saints et tuteur du Califat Abbasside du Caire.

Ce fut un acte que Mansa Musa ne pouvait se résoudre à effectuer.

Ibn Fadl Allah Al-Omari, qui a passé du temps avec Musa en Egypte, rapporte que Musa avait fait beaucoup d’excuses avant qu’il ne puisse être amené à ce rendre dans la cour du sultan. En fin de compte, il a fait un compromis en annonçant que s’il devait se prosterner en entrant dans la cour, il le serait devant Allah uniquement, et ce qu’il a fait.

Mansa Musa se ​​trouvait dans une longue tradition des rois Afrique de l’Ouest qui avaient fait le pèlerinage à la Mecque et, comme ses prédécesseurs, il a voyagé dans ce style.

Ibn Battuta a enregistré l’affichage de la richesse, qui comprenait une grande présence de gardes du corps, des dignitaires, des chevaux sellés, et des drapeaux de couleur. Il a voyagé avec sa femme favorite , Inari Kunate, venue avec ses cinq cents demoiselles d’honneur. 

La première épouse également été respectée et crainte, et les dirigeants des différentes villes ont rendu leurs hommages à cette Reine. Cependant, Ibn Battuta à noté que dans la cour de Mansa Musa, la charia a été assez informellement pratiquée en matière de mariage.

Il rapporte que Ibn Amir Hajib, un membre de la cour mamelouke, a noté comment Mansa Musa à strictement observé la prière et connaissais le Coran, mais avait maintenu « la coutume que si un de ses sujets avaient une belle fille, il l’amena vers le lit du roi sans mariage. « 

Ibn Amir Hajib à informé Mansa Musa que ce n’était pas autorisé par la loi islamique, à laquelle Mansa Musa répondit:« Pas même aux rois? « , a déclaré Ibn Amir Hajib, » Pas même aux rois. « Désormais Mansa Musa s’est abstenu de la pratique.

Références
  • Levtzion, N. Ancient Ghana et au Mali. London: Methuen & Co., 1973.

Traité Militaire Mamelouk كتاب المخزون جامع الفنون « Le Trésor où se trouvent réunies les diverses branches (de l’art) » par Muhammad ibn Yaʿqūb ibn akhî Khozâm (Abū ʿAbdallah) 1470 Egypte

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Arabe2824-67rArt militaire - tir … l'arbaleste
art militaire – tir de l’arbalète
Arabe2824-65r Art militaire - lutte … la massue
art militaire – se battre avec des bâtons
Arabe2824-82r Art militaire - tir … l'arc
art militaire – monté avec arbalète et tir à l’arc
Arabe2824-64rArt militaire - lutte la massue
art militaire – la lutte montés sur cheval avec des bâtons
Arabe2824-62r Art militaire - arme incendiaire
Art militaire – arme incendiaire
Arabe2824-60v Art militaire - lutte … la hache
art militaire – lutte avec hache au combats
Arabe2824-53v Art militaire - joute courtoise
Art militaire – joute courtoise
Arabe2824-37r Art militaire - lutte au sabre
Art militaire – lutte au sabre
Arabe2824-28r Art militaire - tir … l'arc
Art militaire – tir à l’arc
Arabe2824-70r Art militaire - jeu de lance
Art militaire – jeu de lance
Arabe2824-77rArt militaire - lutte … cheval
art militaire – combat de cheval
Arabe2824-81r Art militaire - tir … l'arc
art militaire – Tir à l’arc
Arabe2824-17r Art militaire - voltig
art militaire – acrobate

 

Titre: كتاب المخزون جامع الفنون « Le Trésor où se trouvent réunies les diverses branches (de l’art) »,, par Ibn Ahi Khozam

Auteur: la QUB de Muhammad ibn Ya akhî Khozâm (Abū ʿ Abdallah). Auteur du format texte

Date de d’édition: 1470

كتاب المخزون جامع الفنون. Kitāb al-maḫzūn ğāmiʿ al-funūn

Description : Traité de l’art militaire Mamelouk , renfermant les écoles de peloton, de cavalier, de fantassin, d’archer et d’arbalétrier. Un grand nombre de figures coloriées et assez bien dessinées sont insérées dans le texte. Comme tous les ouvrages arabes sur le même sujet, ce traité renferme un grand nombre de termes techniques et de termes de commandement. Commencement : الحمد لله ذى العظمة المتعالى بالقدرة عن الصفات و الامثال. Ce ms. a été exécuté en 875 de l’hégire (1470 de J. C.), pour un grand personnage de la cour des sultans Mamelouk , dont le nom a été soigneusement effacé du frontispice, qui est très orné. On y a toutefois laissé subsister les derniers mots renfermés dans le médaillon central, à savoir : عزه الله تعالى, ce qui indique que le nom précédent était celui d’un sultan. Or, le souverain de l’Égypte à cette époque était Qaïtbaï. Entre les folios actuellement cotés 1 et 2, il manque plusieurs feuillets.

lien google du livre en livre : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8422958j/f1.planchecontact.r%3DArabe%2B2824.langEN&usg=ALkJrhiMZ7yX3GQ93fQjwN2Bs_fWv7NCJw

 

Histoire des sultans Mamelouks de l’Egypte, Volume 1 et 2

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Le scribe du sultan
Le scribe du sultan

Ahmad al-Maqrîzî (1364-1442), historien arabe  né en 1364 au Caire et mort en 1442 au Caire. Il est considéré comme l’un des auteurs les plus importants de l’historiographie égyptienne. Son œuvre traite de l’histoire égyptienne depuis la conquête arabe au viie siècle jusqu’à la période mamelouke dont il fut le contemporain.

Le surnom de Makrizi, sous lequel il est le plus connu, était commun à sa famille, et on le lui avait donné parce qu’il résidait dans un faubourg de Baalbec nommé Makriz. Aussi Taqi al-Din était tantôt appelé Makrizi, tantôt Ibn Almakrizi, c’est-à-dire fils de Makrizi. Il naquit au Caire entre l’an 1358 et 1368. Sa famille prétendait, à ce qu’il paraît, descendre d’Ali, par la branche qui a donné le jour aux khalifes fatimides. Il fit ses études au Caire, et suivit d’abord les opinions de l’école hanéfite. Mais ensuite il l’abandonne et suit les opinions de l’école chafeite, à laquelle il reste constamment attaché.
Makrizi, se livrant avec ardeur à l’étude, acquit de bonne heure de vastes connaissances, et contracta un goût très vif pour une vie retirée, il s’occupa ainsi jusqu’à la fin de sa vie, à écrire et à composer des ouvrages nombreux et presque tous historiques.
Cependant, il fut, à plusieurs reprises, chargé des fonctions de Muhtasib ou commissaire de police du Caire, et exerça divers autres emplois relatifs à la religion. On lui offrit la place de Cadi de Damas mais il la refusa.
Makrizi vécut presque quatre-vingts ans et il mourut au mois de janvier 1442.

Ses ouvrages sont en grand nombre, ils attestent la variété de ses connaissances, et son goût pour les recherches d’antiquités. la plupart et les plus importants concernent l’histoire de l’Égypte.
Parmi ses ouvrages:

  • Sa description historique et topographique de l’Égypte.
  • Son traité des monnaies musulmanes.
  • Son histoire des sultans ayyoubites et mamlouks.
  • Lire en ligne Volume1 
  • Lire en ligne Volume2
  • traité des poids et des mesures légales des musulmans.

Reproduction de Guerriers Mamelouks d’Egypte et Syrie :

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1) Mamelouk Ancien émir 1270
2) Marchant d’esclave Khawaja 1270
3) Recrue esclave Turc 1270
Le Jihad navale sous les mamelouks d'Egypte 1400-1450 ( source : Osprey) <br />  1) Marin Maghrébin 1450 <br />  2) Fantassin Halqa (Syrie) 1450 <br />  3) Capitaine naval égyptien 1450
Le Jihad navale sous les mamelouks d’Egypte 1400-1450 ( source : Osprey)
1) Marin Maghrébin 1450
2) Fantassin Halqa (Syrie) 1450
3) Capitaine naval égyptien 1450

L’infanterie de l’état Mamelouk 1300 – 1350  lors de la bataille de Marj as-Safar<br />  1) Fantassin de Jandar à 30 km d’Homs ver l’an 1300 <br /> 2) Auxiliaire Harfush (tribu arabe) <br /> 3) Auxiliaire d’Ashir n Syrie 1325
L’infanterie de l’état Mamelouk 1300 – 1350  lors de la bataille de Marj as-Safar
 1) Fantassin de Jandar à 30 km d’Homs ver l’an 1300
2) Auxiliaire Harfush (tribu arabe)
3) Auxiliaire d’Ashir n Syrie 1325
1) Khassaki ce préparent au "jeu du feu" technique de guerre ingénieuse élaboré par le savant arabe al-Rammah 1370<br /> 2) Kuttubi à l'entrainement 1350<br /> 3) Jeune Officier garde du corps 1375
Entrainement Mamelouk 1350 1400
1) Khassaki ce préparent au « jeu du feu » technique de guerre ingénieuse élaboré par le savant arabe al-Rammah 1370

2) Kuttubi à l’entrainement 1350
3) Jeune Officier garde du corps 1375
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Reconstitution d’un Mamelouk Egyptien
Archer Mamelouk Egyptien
Archer Mamelouk Egyptien
Amure typique des musulmans : arabes, turcs, kurdes et perses mais principalement utilisés par les Mamelouks égyptiens
Amure typique des musulmans : arabes, turcs, kurdes et perses mais principalement utilisés par les Mamelouks égyptiens
Un cavalier sipahi Ottoman (arrière plan)  face a un cavalier Mamelouk Egyptien (1er plan) lors des guerres Mamelouk-Ottomane 1485-1501
Un cavalier sipahi Ottoman (arrière plan) face a un cavalier Mamelouk Egyptien (1er plan) lors des guerres Mamelouk-Ottomane 1485-1501
Cavalier Lourd Mamelouk d’Égypte
Cavalier Lourd Mamelouk d’Égypte
Cavalier Lourd Mamelouk
Cavalier Lourd Mamelouk
L'armée Mamelouk 1 2 3 4 Les Mamelouks
1) Batteur Mamelouk  (1475)
2) Emir Qaranis Mamlouk (1460)
3) Dame en vetement  de sortie (1500)
(source : osprey)  
Cavalier archer mamelouk Égyptien
Cavalier archer mamelouk Égyptien
Guerrier Mamelouk en Armure complète
Guerrier Mamelouk en Armure complète
L'armée Islamique mamelouk
L’armée Mamelouk entre le 13 et 14eme siècle
1) Jeune cavalier archer mamelouk
2) Mamelouk cavalier lourd
3) Réfugier Mongol
Les Mamelouks  1 2 3 4 Les Mamelouks chassent dans le Delta du Nil (osprey)
1) Tarkhan ver 1225
2) Julban ver 1400
3) Lancier Rammaha ver 1450