L’ère Abbasside

AL-NUWAYRI HISTOIRE DE LA SICILE

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Carte faite par le savant arabe al-idrissi , rédiger en arabe sicilien (siculo-arabe)

AL-NOWAÏRI HISTOIRE DE SICILE.
Contenant les expéditions des Musulmans dans cette île, les conquêtes qu’ils y ont faites, et la manière dont les Francs s’en sont rendus maîtres.

PAR AHMED, IBN ABD AL-WEHAB, IBN MOHAMMED, IBN ABD AL-DAYEM, AL-BAKRI, AL-TEÏMI.

Nous avons donné, dans le premier volume de cet ouvrage, en traitant des îles, une description exacte de la Sicile, des rivières et des fontaines qui l’arrosent, des fruits, des arbres, des plantes, des fourrages qu’on y trouve, et des villes les plus célèbres qu’elle renferme. Nous allons maintenant l’envisager sous un point de vue différent.[6]

Abd Allah ibn Qaïs al-Fezari fut le premier Musulman qui fit une descente en Sicile, où il fut envoyé de la province d’Afrique par Moawia ibn Khodaïj,[7] sous le califat de Muawiya ibn Abou Sufyan. Il s’empara de plusieurs villes, fit beaucoup de prisonniers et emporta un grand butin parmi lequel étaient des idoles[8] d’or et d’argent ornées de perles. Abd Allah les porta au calife Muawia qui les envoya dans l’Inde pour en tirer un plus grand prix, attendu l’aversion des Musulmans pour ces sortes d’images.

Mohammed ibn Abou Idris al-Ansari fit une seconde descente en Sicile, sous le califat de Yazid ibn Abd al-Malik.[9] Il en revint pareillement chargé de butin et emmenant avec lui beaucoup de prisonniers.

La troisième descente se fit sous le califat de Hisham ibn Abd al-Malik.[10] Bashar ibn Safwan al-Kalbi la commandait ; elle eut le même succès que les précédentes.

Habib ibn Abou Obéidah fit encore une descente en Sicile, l’an de l’hégire 122 [739—740 de l’ère ]. Son fils, Abd al-Rahman, qui commandait la cavalerie, mit en fuite tous ceux qui se présentèrent devant lui, et s’avança jusqu’à Syracuse, qui était la capitale. Les ennemis l’ayant attaqué en cet endroit, il les battit, les poursuivit jusqu’à la porte de la ville, et la frappa si rudement de son épée que les traces du coup y restèrent. Les Chrétiens, saisis de frayeur, consentirent à lui payer une contribution. Dès qu’il l’eût reçue, il s »en alla rejoindre son père, et ils retournèrent en Afrique.

Batiment byzantin en Sicile ver Taormina Castiglione di Sicilia
Batiment (Temple) byzantin en Sicile prés de Taormina Castiglione di Sicilia

Abd al-Rahman revint en Sicile, l’an de l’hégire 130 [747 — 748], et y remporta plusieurs victoires. Les gouverneurs de la province d’Afrique furent ensuite occupés à apaiser les séditions qui s’élevèrent dans leur pays, et la Sicile demeura tranquille. Pendant ce temps-là les Grecs la fortifièrent de tous côtés. Ils y bâtirent des forteresses; et il n’y eut point de montagne sur laquelle on ne construisit un château.

L’an de l’hégire 201 [816 — 817], l’empereur de Constantinople donna le gouvernement de la Sicile à un patrice,[11] surnommé Souda. Celui-ci ayant équipé une flotte l’envoya en Afrique, sous le commandement de Fimi,[12] un des principaux patrices, qui enleva les marchands qu’il trouva dans plusieurs parages. Quelque temps après, l’empereur de Constantinople écrivit au gouverneur de Sicile d’ôter à Fimi son commandement, et de le punir pour certaines choses qu’il avait apprises sur son compte.[13] Fimi en ayant eu avis, se rendit à Syracuse, s’empara de la ville et se révolta ouvertement.

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Carte de la Sicile : Livre 2, Chapitre 12: « Brève Description des grandes îles et de leurs mers  » (MS. Arab. c. 90, fols. 32b-33a). © Bodleian Library.

 

Le gouverneur marcha contre lui; on en vint aux mains : Fimi remporta la victoire, et le gouverneur fut tué sur le champ de bataille. Après cet avantage, Fimi se fit proclamer roi, et donna le gouvernement d’une partie de l’île à un nommé Platha,[14] du nombre de ceux qui avaient embrassé son parti : celui-ci s’étant ensuite révolté contre lui, il se donna une bataille dans laquelle l’armée de Fimi fut mis en fuite ; mille de ses gens périrent, et le vainqueur entra dans Syracuse. Alors Fimi s’embarqua avec ceux qui l’accompagnaient, et se rendit en Afrique auprès de Ziadet Allah ibn Ibrahim ibn al-Aglab,[15] pour lui demander du secours. Ziadet ayant fait assembler les principaux de Qairouan et les Fuqaha, les consulta sur le projet d’envoyer une flotte en Sicile. Quelques-uns étaient d’avis de piller seulement l’île sans s’y établir.

Sahioun ibn Cadem demanda à quelle distance elle était du continent qui appartenait aux Grecs? on lui répondit qu’on pouvait y aller et en revenir deux ou trois fois par jour. Il demanda ensuite à quelle distance elle était de l’Afrique? on lui répondit que le trajet était d’un jour et d’une nuit.

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Cavaliers Arabes nord-africains (libyens?) en armure épées droite

Alors, il s’écria : « Quand je serais oiseau je n’y volerais pas.[16] » Tous ceux qui restaient conseillèrent de faire seulement une descente. On s’y prépara avec ardeur, et chacun en attendait le moment avec impatience. Dans le même temps, Fimi reçut ordre du roi de se rendre au port de Sousa,[17] et d’y rester jusqu’à ce qu’on eut rassemblé des vaisseaux et des soldats. La flotte étant prête, le cadi Assad ibn Ferat en eut le commandement. Elle partit du port de Sousa, composée d’environ cent vaisseaux sans compter ceux de Fimi, la septième férie, dans le milieu du mois de rabi premier, l’an 212,[18] sous le califat d’al-Mamoun, et arriva à Mazara la troisième férie.

Le général fit aussitôt débarquer ses troupes qui montaient à dix mille hommes d’infanterie et sept cents chevaux. Trois jours se passèrent pendant lesquels on ne vit paraître qu’un petit corps de Grecs, qui fut pris d’abord et relâché ensuite, parce qu’il était composé des amis de Fimi.

Le Qadi Assad marcha vers Taabia, pour combattre Platha, campé dans une prairie qui porte son nom.[19] Il rangea son armée en bataille, et mit à part Fimi avec ses camarades dont il ne voulut pas emprunter le secours. Le combat s’étant engagé, l’armée de Platha fut mise en fuite : il perdit beaucoup de monde, et les Musulmans firent un grand butin. Après cet échec, Platha se retira dans Enna[20] ; mais craignant de n’y être pas en sûreté, il en sortit pour se rendre en Calabre, où il fut tué. Le cadi Assad marcha de là vers une église appelée Afimia, près de la mer, donna le gouvernement de Mazara à Abou Zaki al-Kenani, et s’avança vers l’église d’al-Meslakin.[21]

Pendant qu’il était en route, les principaux de Syracuse vinrent le trouver pour se soumettre à lui ; mais seulement dans l’intention de le tromper, car les habitants du pays se rassemblaient, pendant ce temps-là, dans la forteresse d’al-Kerat,[22] et y faisaient entrer toutes leurs richesses; tandis que ceux de Syracuse travaillaient à se fortifier. Fimi, voyant les choses dans cet état, commença à vouloir favoriser les infidèles, leur fit dire de se préparer à la guerre et de se défendre courageusement. Cependant le cadi Assad étant resté quelque temps où il était, s’aperçut que ceux de Syracuse l’avaient trompé pour avoir le temps de mettre leur château en état de défense, et d’y retirer toutes les richesses répandues dans les faubourgs et dans les églises. Alors il s’avança vers la ville, commença les hostilités et envoya de tous côtés des partis pour piller.

Bateau Islamique avec "grenade arabes"
Bateau Islamique avec « grenade arabes »

Dans le même temps il lui vint des secours de l’Afrique, et de l’Espagne, et le siège fut pressé si vivement que les habitants demandèrent à se rendre. Le cadi Assad était prêt à écouter leurs propositions, mais ses troupes s’y opposèrent et voulurent continuer la guerre. Sur ces entrefaites, il tomba malade et mourut dans le mois de shaaban, l’an de l’hégire 213 [828 — 829].

Le Qadi Assad al-Ferat étant mort, les Musulmans mirent à leur tête Mohammed ibn Abou al-Jouari. Les assiégés étaient tous les jours plus resserrés, quand il arriva de Constantinople une flotte et une armée considérable. Les Musulmans résolurent alors de retourner en Afrique, abandonnèrent le siège et se rembarquèrent ; mais les Grecs s’étant portés à l’entrée du grand port, les empêchèrent de sortir. Dans cette extrémité, ils mirent le feu à leurs vaisseaux, et se retirèrent accompagnés de Fimi, vers la forteresse de Mineo, dont ils se rendirent maîtres, ainsi que du château de Girgenti.

Calatafimi-Segesta - Wikipedia
Comune de Calatafimi-Segesta, de l’arabe Qalʿat Fīmī (قلعة فيمي),

Après cela, Fimi marcha lui-même vers Enna, dont les habitants offrirent d’abord de se soumettre et de se réunir à lui et aux Musulmans, pour secouer le joug de l’empereur. En même temps, ils demandèrent qu’on leur accordât ce jour là pour délibérer sur les conditions. Fimi y consentit ; et le lendemain matin se présenta devant la ville avec peu de monde. Ils en sortirent comme pour se prosterner devant lui ; mais quand il fut près d’eus, ils saisirent les armes qu’ils avaient cachées auparavant, se jetèrent sur lui et le tuèrent.[23] Dans le même temps, le patrice Toudath[24] arriva de Constantinople avec une armée nombreuse, composée d’Italiens et de soldats d’autres nations. Il se rendit d’abord à Enna, et étant ensuite sorti pour combattre les Musulmans, il fut mis en fuite, perdit un grand nombre de soldats, et quatre vingt-dix patriciens.

Abbasid_Caliphate_891-892 Mutamid alaLlah
Le califat Abbasside sous al-Mutamid entre 891-892

Peu de temps après, Mohammed ibn al-Jouari mourut, et les Musulmans mirent à leur tête Zahar ibn Bargout. Après plusieurs combats livrés aux infidèles, les Musulmans furent assiégés dans leur château, et tellement pressés que les vivres leur manquant absolument, ils furent obligés de manger leurs chevaux. Cet état dura jusqu’à l’arrivée d’Asbag ibn Ouakil al-Haouari, qui était parti d’Espagne avec un grand nombre de vaisseaux, dans le dessein de faire des prises, et de Soleïman ibn Afia al-Tartousi, qui avait aussi avec lui plusieurs vaisseaux. Aussitôt qu’ils parurent, les assiégés leur envoyèrent demander du secours. Ils marchèrent contre Toudath, qui était alors devant Mineo, et l’obligèrent à se retirer dans Enna. Cet événement arriva dans le mois de joumadi second, l’an de l’hégire 215 [26 juillet — 23 août 830].

Dans le même temps, on commença le siège de Palerme, qui dura jusqu’au mois de rajab de l’an 220 [1er — 30 juillet 835], où elle fut prise par composition, sous le gouvernement de Mohammed ibn al-Aglab.[25]

L’an 225 [829 — 830], plusieurs forteresses se rendirent. De ce nombre furent Gerace, Calat al-ballout,[26] Ablathanou,[27] Calat Caroun,[28] Mirta et plusieurs autres.

Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab mourut l’an de l’hégire 236, le 10 du mois de rajab, [17 janv. 851], après avoir gouverné l’espace de dix-neuf ans. Pendant tout ce temps là, il ne sortit point de Palerme 5 mais il faisait marcher les troupes sous la conduite de ses généraux. Al-Abbas ibn al-Fadl fut choisi par le peuple pour lui succéder, et son élection fut confirmée par l’émir Mohammed ibn al-Aglab, qui régnait à Cairouan. Le nouveau gouverneur faisait quelquefois des courses lui-même, et quelquefois envoyait ses partis désoler et ruiner le pays des ennemis, qui lui abandonnaient leurs biens pour obtenir de lui la paix.

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Araba italia

Avant la prise de Palerme, la ville de Syracuse était la capitale des Grecs ; mais depuis cet événement, ils s’étaient retirés à Enna, place très forte, et en avaient fait leur capitale.

L’an 244 [858—859], al-Abbas s’étant mis à la tête des troupes, fit des courses jusqu’aux portes d’Enna et de Syracuse. En même temps, il mit en mer plusieurs vaisseaux de guerre, commandés par son frère Ali. Celui-ci ayant été rencontré par un officier arabe, surnommé le Crétois,[29] qui avait avec lui quarante vaisseaux, il y eut entre eux un grand combat, dans lequel Ali remporta la victoire, et s’empara de dix vaisseaux avec les hommes qui les montaient. Lorsqu’il fut de retour de cette expédition, al-Abbas envoya secrètement un corps de troupes du côté d’Enna. Ses soldats y firent un grand butin, et se saisirent d’un infidèle qu’ils lui amenèrent. Al-Abbas avait déjà donné ordre de le faire mourir, lorsqu’il offrit de livrer Enna, si on voulait lui laisser la vie. Al-Abbas accepta la proposition, et ayant pris avec lui mille chevaux et sept cents fantassins, partit de nuit accompagné de l’infidèle, et s’avança à une certaine distance du mont Gadir.

 

Là, s’étant arrêté, il envoya en avant son oncle Rabbakh, avec les plus braves de ses soldats, et se tint lui-même caché avec le reste. Rabbakh et ses gens s’étant glissés sans être aperçus jusqu’au pied de la montagne, l’infidèle leur montra l’endroit où ils devaient appliquer leurs échelles pour monter. Le jour ne paraissait pas encore, et la garnison était endormie. Arrivés près des murs, ils trouvèrent une ouverture par où l’eau entrait dans la place, et s’en servirent pour y pénétrer.

Cependant, al-Abbas continuant son chemin, arriva à la porte de la ville vers la pointe du jour, la cinquième férie, 15 du mois de shoual.[30] Toute la garnison fut passée au fil de l’épée. On trouva dans la ville des richesses immenses, aussi bien que les enfants de plusieurs patriciens et de grands seigneurs qu’on y avait retirés. Al-Abbas fit construire le même jour une mosquée, et élever une tribune sur laquelle on fit la prière la sixième férie.[31] Il ne cessa de faire la guerre en personne aux ennemis, jusqu’à sa mort, qui arriva la sixième férie, 4 de joumadi second, de l’an 247,[32] après un gouvernement de deux ans.

Les Musulmans mirent d’abord à sa place Ahmed ibn Iacoub, et ensuite Abd Allah ibn al-Abbas. En même temps, ils écrivirent à l’émir de Cairouan, qui leur envoya Khafaja ibn Sofian, l’an 248. Celui-ci continua de faire des incursions dans le pays ennemi, jusqu’à ce qu’il fût tué par un de ses soldats, nommé Khalfoun ibn Abou Ziad al-Haouazi, la troisième férie, 1er de rajab, l’an 255.[33] Son fils Mohammed fut choisi pour lui succéder, et confirmé par l’émir de Qairouan.

Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya ,  de nos jours Erice,( Sicile).
Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya , de nos jours Erice,( Sicile).

Il fut tué pareillement par un de ses eunuques, le 4 de rajab, l’an 257.[34] Mohammed ibn Abou al-Hossaïn fut mis à sa place, en attendant les ordres de l’émir, qui donna le gouvernement de l’île à Rabbakh ibn Iacoub, et celui de la grande terre,[35] à Abd Allah ibn Iacoub. Rabbakh mourut dans le mois de moharram 258,[36] et son frère dans celui de safar de la même année. On choisit pour lui succéder Abou al-Abbas ibn Abd Allah, ibn Iacoub, qui mourut au bout d’un mois, et fut remplacé par son frère. Peu après, l’émir d’Afrique donna le gouvernement à Hossaïn ibn Rabbakh. Il le lui ôta ensuite, et en revêtit d’abord Abd Allah ibn Mohammed, ibn Ibrahim ibn al-Aglab, dans le mois de shoual 259,[37] et ensuite Abou Malik Ahmed ibn Omar, ibn Abd Allah, ibn Ibrahim, ibn al-Aglab, connu sous le nom de Habashi, qui occupa cette place pendant vingt-six ans.[38]

Abou al-Abbas ibn Ibrahim, ibn Ahmed, lui succéda en 287 [900—901] ; mais ayant été rappelé en Afrique, il eut pour successeur son père Ibrahim ibn Ahmed ibn al-Malik.

Ibrahim fit lui-même plusieurs expéditions contre les ennemis, et mourut les armes à la main. Il fut remplacé d’abord par Mohammed ibn al-Sarcousi, et ensuite l’an 290 [902—903], par Ali ibn Mohammed, ibn Abou al-Faouares. Celui fut déposé par Ziadet Allah, qui mit à sa place Ahmed ibn Abou al-Hossaïn ibn Rabbakh. Peu de temps après, les Siciliens ayant appris les conquêtes d’Abou Abd Allah al-Shii en Afrique, se révoltèrent contre Ahmed, pillèrent ses richesses, le renfermèrent en prison, et mirent à sa place Ali ibn Abou al-Faouares, le 11 de rajab 296.[39] En même temps, ils envoyèrent ibn Abou al-Hossaïn, vers Abou Abd Allah al-Shii, pour, lui demander la confirmation d’Ali. Abou Abd Allah, accorda ce qu’on lui demandait, et écrivit à Ali pour l’exhorter à attaquer les infidèles par terre et par mer.

Ahmed ibn Abou al-Hossaïn fut, comme on voit, le dernier des gouverneurs de la Sicile pour les Aghlabides. Parmi tous ceux dont nous avons fait mention, il n’y en a aucun qui ne se soit distingué par des expéditions contre les infidèles, et par une grande ardeur pour la guerre.

Al Mahadi ayant succédé aux Aghlabides, Ali lui demanda la permission de venir en Afrique. Al-Mahadi la lui accorda, et lorsqu’il fut arrivé, il le fit mettre en prison dans la ville de Racada. Le gouverneur[40] qu’il mit à sa place arriva en Sicile le 10 dhou al-haja l’an 297 [le 20 août 910]. L’année suivante, une révolte éclata contre lui, on se saisit de sa personne. Voici qu’elle fut la cause de cet événement. Ses officiers exerçaient centre le peuple toutes sortes d’injustices. Un jour qu’il avait invité à dîner les principaux de la ville, l’un d’eux crut voir ses esclaves s’armer d’épées nues Aussitôt tous prennent l’alarme, ouvrent les fenêtres de la salle, et se mettent à crier: aux armes! aux armes! Le peuple accourt à leur secours, environné le palais, et met le feu aux portes. Tandis que les principaux des habitants qui étaient dans le palais se sauvaient entre les bras de la multitude, le gouverneur protestait qu’il n’avait pas eu dessein de leur faire aucun mal. Comme on ne l’écoutait pas, et qu’on l’accablait de reproches, il voulut sauter dans la maison voisine, se laissa tomber, et se cassa la jambe. Le peuple se saisit de lui, et le mit en prison. Khalil, maître d’Alcamo,[41] prit en main le gouvernement de la ville. On écrivit en même temps à Mahadi, qui accorda le pardon de ce qui s’était passé, déposa le gouverneur, et mit à sa place Ali ibn Omar al-Balaoui, qui arriva à Palerme le 27 du mois dhou al-haja, l’an 299.[42]

C’était un vieillard doux et humain envers le peuple, mais qui ne put plaire aux Siciliens. Ahmed ibn Qorhub souleva les esprits contre lui, et les engagea à se soumettre à Moctader billah, Calife Abbaside. Plusieurs y consentirent, et choisirent Ahmed pour gouverneur. Moctader envoya l’an 300 [912] des ambassadeurs qui lui apportèrent les provisions de sa charge, les robes d’honneur, les étendards, le collier d’or et les bracelets[43] ; mais le peuple s’étant révolté, écrivit à Mahadi, et les mutins, ayant à, leur tête Abou al-Gaffar, s’avancèrent vers Ahmed ibn Corhab, et lui ordonnèrent de sortir de l’île, et de se retirer où il voudrait. Il refusa de le faire et se battit contre eux ; après leur avoir résisté quelque temps, il fut tué à la fin de l’an 300 [913]. Son gouvernement avait duré onze mois.

 

 

Après sa mort, al-Mahdi nomma pour gouverneur Moussa ibn Ahmed, et lui donna des troupes capables de résister aux Siciliens, s’ils voulaient entreprendre quelque chose contre lui. A son arrivée, il reçut les principaux de Girgenti, qu’il traita avec distinction, et leur fit des présents. Peu de temps après, s’étant saisi d’Abou al-Gaffar, il le fit charger de chaînes et conduire en prison. Son frère Ahmed se sauva à Girgenti, et fit soulever le peuple contre Moussa. Après une guerre opiniâtre, les habitants demandèrent la paix, Moussa la leur accorda, et en écrivit à Mahadi, qui, n’étant pas apparemment content de sa conduite, mit à sa place Salem ibn Assad[44] al-Kennai, l’an 305 [917 — 918].

Fatimid Caliphate 2

L’an 316 [928 — 929], Sareb al-Saclabi[45] se rendit en Afrique avec trente vaisseaux de guerre. Salem s’étant joint à lui, ils descendirent en Calabre, où ils prirent d’assaut la ville de Tarente. Ils marchèrent ensuite vers Otrante, où ils firent beaucoup de ravage ; mais la maladie qui se mit dans l’armée, les obligea de revenir à Palerme.

Ils en sortirent peu après, et imposèrent aux habitants de la Calabre un tribut qu’ils furent obligés de payer pendant tout le règne de Mahadi.

Son fils al-Caïm, qui lui succéda, envoya une flotte ravager le pays des Francs.[46] Iacoub ibn Ishak qui la commandait, prit la ville de Gênes, passa de là en Sardaigne, fit beaucoup de mal aux habitants, et brûla grand nombre de vaisseaux. La même année, il y eut en Sicile une inondation qui renversa plusieurs maisons.

L’an….., les habitants de Girgenti se révoltèrent contre Salem, et chassèrent son lieutenant ibn Abou Hamran.[47] Salem envoya d’abord contre eux une armée qui fut battue ; mais les ayant ensuite attaqués lui-même, il les mit en fuite. Peu de temps après, la ville de Palerme s’étant aussi révoltée, les habitants marchèrent contre lui avec Ishak al-Bostani et Mohammed ibn Hamou. Après plusieurs combats, Salem les obligea à prendre la fuite, et les assiégea dans la ville. Al-Caïm ayant appris ces nouvelles, envoya à son secours une armée commandée par Khalil ibn Ishak. Alors les Siciliens lui écrivirent pour lui protester de leur obéissance, et lui témoigner en même temps leur mécontentement de la conduite de Salem. Al-Caïm mit à sa place Khalil ibn Ishak, qui entra dans Palerme à la fin de l’an 325 [957].

Le nouveau gouverneur déposa les lieutenants de Salem, et traita fort bien le peuple, qui le récompensa par son obéissance. Au bout de quatre ans, il passa en Afrique, et eut pour successeur, an 334 [945 — 946], Mohammed ibn al-Ashat. Celui-ci se conduisit aussi avec beaucoup de douceur, jusqu’à l’an 336 [947 — 948], qu’il écrivit à al-Mansor pour l’informer de la peine que lui donnaient les habitants et du mauvais état des affaires. Al-Mansor mit à sa place al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossain al-Kalbi,[48] qu’il estimait beaucoup à cause de l’attachement qu’il avait pour sa personne, et des services qu’il avait rendus à ses prédécesseurs.

Al Hassan resta en Sicile deux ans et quelques mois, et revint en Afrique sous le règne de Moez ledin Allah ibn al-Mansor,[49] qui voulut bien, sur sa demande, accorder sa place à son fils Ahmed Abou al-Hossaïn l’an 345 [954 — 955].

Ce fut sous lui que les Musulmans se rendirent maîtres de Taormina[50] qui était la plus forte place des Grecs. Elle fut prise le 25 du mois de dhou al-caada l’an 351,[51] après sept mois et demi de siège. L’émir Ahmed envoya en Afrique les prisonniers qui étaient au nombre de quinze cent soixante-dix ; et al-Moez ordonna que la ville fut appelée de son nom al-Moezia.

Après que les Musulmans s’y furent établis, et qu’ils l’eurent fortifié, la ville de Rometta se révolta et appela le Domestec[52] à son secours. Aussitôt Ahmed envoya, par l’ordre d’al-Moez, al-Hassan ibn al-Ammar, pour l’assiéger et en faire sortir tous les habitants. Ibn al Ammar arriva devant la ville la cinquième férie dernier jour du mois de rajab, l’an 352.[53] Il dressa aussitôt ses machines et livra tous les jours des assauts. Il fit construire aussi un fort où il demeura, et ses gens, à son exemple, se bâtirent des maisons.

Le Domestec, ayant appris ces nouvelles, fit assembler les troupes et leur ordonna de se rendre en Sicile sous le commandement de Manuel. L’embarquement se fit la quatrième férie, 4 de shoual de l’an 353[54] : l’armée qui était très nombreuse fut neuf jours à faire le trajet. Les troupes à leur arrivée environnèrent la ville de Messine d’un fossé et élevèrent les murailles. L’émir Ahmed averti par al-Hassan se mit à la tête de ses troupes, en même temps les infidèles sortirent de Messine et marchèrent vers al-Hassan qui était à Rometta.

Ce fut dans le milieu de shoual 353 [25 octobre 964], que Manuel s’avança à la tête d’une armée composée principalement de Mages,[55] d’Arméniens et de Russes; et plus nombreuse que toutes celles qu’on avait vues jusque-là en Sicile. Al-Hassan ibn al-Ammar ayant appris qu’il s’avançait se prépara à marcher à sa rencontre, et posta d’abord un corps de troupes dans chacun des deux défilés[56] par lesquels on pouvait venir à lui. Manuel en ayant eu avis, détacha pareillement deux corps de troupes pour attaquer ceux d’al-Hassan, et en envoya un troisième du côté du chemin de Palerme, pour empêcher que l’ennemi ne fût secouru.

Al Hassan ayant laissé quelques troupes devant Rometta,[57] s’avança à la tête d’une armée déterminée à vaincre ou à périr. Les ennemis partagés en huit corps eurent bientôt enveloppé les Musulmans de toutes parts. En même temps, les habitants de Rometta fondirent sur ceux qu’ils avaient en tête, et l’attaque devint générale. Après un long combat, les Musulmans décourages et désespérant de la victoire, dont les ennemis se croyaient assurés, ne cherchaient plus qu’à mourir les armes à la main, regardant la mort comme ce qu’ils pouvaient obtenir de plus heureux.

Al-Hassan voyant l’action se ralentir,[58] s’écria de toutes ses forces: Grand Dieu ! si les hommes m’abandonnent, ne m’abandonne pas ! Al-Hassan et ceux qui étaient autour de lui, fondirent en même temps sur l’ennemi, avec l’impétuosité d’un seul homme. Manuel de son côté criant de toutes ses forces, demandait aux soldats où était la bravoure qu’ils faisaient paraître devant l’empereur, où étaient les promesses qu’ils lui avaient faites de tailler en pièces cette poignée d’hommes.

Le combat s’échauffe de part et d’autre, Manuel fondant sur les Musulmans, en tue un de sa main. Il reçut alors plusieurs coups de lance qui ne lui firent aucun mal, à cause de la bonté de sa cuirasse ; mais un soldat s’étant jeté sur lui, perça son cheval, lui coupa les jarrets, et le tua lui-même. Il survint ensuite un grand orage, accompagné d’éclairs et de tonnerre, l’air s’obscurcit, le secours de Dieu se manifesta en faveur des Musulmans, et les infidèles prirent la fuite. Le carnage alors augmenta. Les ennemis en déroute s’étaient portés vers un endroit qu’ils croyaient uni; ils rencontrèrent des chemins difficiles; on les poussa jusque sur le bord d’un fossé large et profond, dans lequel ils tombèrent et se tuèrent les uns les autres. Le fossé fut tellement rempli de cadavres, que la cavalerie passant par dessus en courant, tailla en pièces tout ce qui se trouva dans ces lieux d’un accès difficile et dans ces retranchements épouvantables.

Le combat dura depuis le commencement du jour jusqu’après midi. On tua encore beaucoup de fuyards pendant la nuit, et il périt dans cette journée plus de dix mille hommes. Plusieurs des chefs furent faits prisonniers. Le butin fut immense, en chevaux,[59] armes et choses précieuses. On y trouva un sabre sur lequel étaient gravés ces mots : « Ce sabre est indien, son poids est de cent soixante dix mithcal. Il fit couler bien du sang sous les ordres de l’envoyé de Dieu.[60] » Al-Hassan ibn al-Ammar l’envoya à Moez, avec une grande quantité d’armes, de cuirasses, et deux cents prisonniers des plus distingués. Il ne se sauva qu’un petit nombre d’infidèles qui s’embarquèrent. L’émir Ahmed apprit la nouvelle de cette victoire, comme il était en marche pour joindre al-Hassan. Dans le même temps, il perdit son père Hassan ibn Ali, ibn Abou al-Hossaïn.

Le Domestec ayant appris cette défaite lorsqu’il assiégeait la ville de Mopsueste, s’en retourna aussitôt à Constantinople. Le siège de Rometta dura encore quelques mois. La famine ayant obligé mille des ennemis à sortir de la ville, al-Hassan les fit conduire à Palerme, et continua l’attaque de la place, qui se rendit peu de temps après. Il se donna encore plusieurs combats considérables, principalement celui du détroit, dans lequel il périt un si grand nombre d’infidèles, que la mer fut teinte de leur sang; enfin la paix se fit entre Moez et le Domestec, l’an 356 [966—967]. Moez ayant reçu ses présents, en donna avis à l’émir Ahmed, et lui ordonna en même temps de réparer les murs de la ville de Palerme, de la fortifier sans perdre de temps,[61] et de bâtir dans les différentes parties de l’ile une ville forte, avec une mosquée et une tribune, afin d’y rassembler les habitants, et de ne pas souffrir qu’ils demeurassent dispersés dans les campagnes. L’émir Ahmed se hâta de remplir ces ordres, et envoya dans Pile des cheikhs pour veiller à ces diverses constructions.

L’an 358 [968—969], al-Moez reçut des présents de l’empereur de Constantinople, et commanda qu’on détruisit les villes de Taormina et de Rometta. Ahmed chargea son frère Abou al-Cassem et son oncle Jaafar de se rendre sur les lieux pour l’exécution de cet ordre, qui fit beaucoup de peine aux Musulmans. Les deux villes furent détruites, et tout fut consumé par le feu. La même année, al-Moez ordonna à l’émir Ahmed de quitter la Sicile. Il s’embarqua donc et aborda en Afrique, suivi de trente vaisseaux, sur lesquels étaient toute sa famille, ses enfants, ses frères et toutes ses richesses. Son gouvernement avait duré seize ans ; il laissa en partant pour remplir sa place Iaïsh, affranchi de son père.

Au milieu de shaaban de l’an 359 [24 juin 970], l’émir Abou al-Cassem vint en Sicile en qualité de lieutenant de son frère Ahmed : celui-ci mourut la même année, et Abou al-Cassem reçut le diplôme d’al-Moez pour lui succéder. Il fit plusieurs expéditions contre les ennemis, la première répond à l’an 365 [975—976]. La même année, il fit rétablir la forteresse de Rometta, et en donna le commandement à un de ses esclaves.[62] Il mourut dans sa cinquième expédition, au mois de moharam 372.[63] L’émir Jaber ibn Abou al-Cassem lui succéda, et fut confirmé par le calife al-Aziz billah ibn al-Moez. Au bout d’un an, il fut déposé et remplacé par Jaafar ibn Mohammed ibn Hossaïn, qui vint en Sicile l’an 373 [983—984]. Celui-ci mourut en 375, [985—986]. Son frère Abd Allah ibn Mohammed lui succéda. Abd Allah mourut dans le mois de ramadhan 379,[64] et désigna pour lui succéder son fils Abou al-Fatha Ioussef.

 

Ioussef ayant été confirmé par al-Aziz, gouverna l’île avec sagesse, et se distingua par son amour pour le peuple, jusqu’à ce qu’ayant été attaqué d’une hémiplégie, en 388 [998—999], il perdit absolument l’usage du côté gauche, et resta fort incommodé du côté droit. Son fils Jaafar gouverna pour lui, ayant déjà le diplôme pour lui succéder. Al-Hakem lui envoya ensuite les marques d’honneur de sa place, avec l’étendard, et lui donna le surnom de Taj al-doulat, saif al-millat.[65] L’an 405, le dernier du mois de rajab,[66] son frère l’émir Ali ibn Abou al’fatha, voulant lui disputer l’empire, rassembla près de Palerme des Barbaresques et des esclaves qu’il avait engagés dans son parti. Jaafar marcha à sa rencontre. La bataille se donna la quatrième férie, 23 de shaaban [6 fév. 1015]. Les troupes d’Ali furent taillées en pièces. Il fut fait lui-même prisonnier, et conduit devant son frère, qui le fit mourir, et termina ainsi la guerre huit jours après s’être mis en campagne. La mort d’Ali fit beaucoup de peine à leur père Abou al-fatah. Jaafar ordonna ensuite qu’on chassât de l’ile les Barbaresques qui y étaient, et fit mourir tous les esclaves, sans en épargner un seul. Il voulut aussi que sa garde ne fût composée que de Siciliens, n’eut pas soin d’entretenir les troupes, et facilita par là le soulèvement qui se fit contre lui, pour les raisons que nous allons rapporter.

Hassan ibn Mohammed al-Bagaï, secrétaire de Jaafar, jouissait d’une très grande autorité. Cet homme, d’un caractère dur et avare, maltraitait le peuple, et commettait tous les jours des injustices. Il avait conseillé à Jaafar d’exiger des Siciliens le dixième des grains et des fruits, selon l’usage établi pour certains objets. Cela était contraire à la coutume de Sicile, où l’on payait seulement un droit pour chaque paire de bœufs, quelle que fut la récolte.[67] Outre cela, on reprochait au gouverneur de traiter la multitude avec mépris, et les grands avec hauteur. Le peuple irrité par tant de motifs, s’assembla enfouie autour du château, en détruisit une partie, assiégea le reste avec tant d’opiniâtreté, qu’il passa sous les armes la nuit de la seconde férie, 7 de moharram 410.[68] Le lendemain, comme ils étaient sur le point de s’en rendre maîtres, Ioussef, père de Jaafar, dont la personne imprimait le respect, se fit porter en litière au-devant des séditieux. Sa présence et ses discours arrêtèrent leur fureur. Il les flatta, promit de se conformer à leurs sentiments, écouta les plaintes qu’on lui fit sur les innovations de son fils, répondit de lui, s’engagea à le contenir, et permit de nommer un nouveau gouverneur. Le choix tomba sur son fils Ahmed al-Akhal.

Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment à Palerme dans le style islamique , l'architecture ne semble pas montrer influences normandes; il remonte au XIIe siècle , et était à l'intérieur du Fawwarah («source jaillissante" en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio .  Index  [nascondi]  1 Histoire 2 Structure 3 Le jardin 4 Images 5 Notes 6 autres projets Histoire [ modifier | modifier wiki ]  Chancelier aulique reçu à la cour de Frédéric II , au palais de Favara avec des écrivains, des artistes et chercheurs sicilienne Le palais , improprement appelé «château», a été construit en 1071 [1] , et faisait partie d'un "qasr", une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par un anneau de murs , qui en plus de palais inclus un hammam et un étang à poissons. Le bâtiment était autrefois le siège du roi Norman Roger II , qui, selon la première référence textuelle à l'existence de l'immeuble, les chronicon sive Annales de Romuald serait réajusté à ses fins, de construction pré-existante, appartenait à ' émir Giafar al-Kalbi II dans le Xe siècle . [2] [3]
Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment arabe à Palerme, l’architecture ne semble pas montrer influences normandes; à l’intérieur du Fawwarah («source jaillissante » en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio il appartenait à l’emir  Jafar al-Kalbi II Xe siècle .
Ahmed commença à gouverner la seconde férie 6 de moharram 410.[69] Son premier soin fut de se saisir du secrétaire Hassan al-Bagaï, et de le livrer aux Siciliens, qui lui coupèrent la tête, la portèrent en triomphe, et brûlèrent son corps. Ioussef épouvanté par cette exécution, et craignant pour son fils Jaafar, s’embarqua avec lui sur un vaisseau qui faisait voile pour l’Egypte. Les richesses qu’ils emportaient avec eux se montaient à six cent soixante et dix mille pièces d’or. Malgré cela, lorsque Youssef mourut en Egypte, il était réduit à n’avoir qu’une seule bête de somme,[70] lui à qui l’on comptait autrefois treize mille chevaux, outre les mulets et les autres animaux.

Al Akhal ayant pris en main le gouvernement, se conduisit avec la prudence que demandaient les circonstances, il apaisa les troubles, rétablit par tout le bon ordre, et mérita qu’al-Hakam lui donnât le surnom de Taïd al-doulat.[71]

Ses troupes firent des courses dans le pays ennemi, portèrent partout le fer et la flamme, et forcèrent toutes les forteresses à se rendre. Souvent il marchait lui-même à leur tête, et alors il remettait son autorité entre les mains de son fils, nommé Jaafar, qui n’imitait point la justice et la bonté de son père. Cependant al-Akhal assembla un jour les Siciliens, et leur dit qu’il allait faire sortir de l’île tous les Africains qui y étaient, et qui partageaient avec eux leur pays et leurs richesses. Les Siciliens lui représentèrent que la chose était impossible, que les deux peuples étaient unis par des mariages, et tellement confondus qu’ils ne faisaient plus qu’un. Al-Akhal, piqué de ce refus, les congédia, et envoya sur le champ faire les mêmes propositions aux Africains, par rapport aux Siciliens.

Les Ifriqiyiens les acceptèrent, et se rendirent auprès de lui. Alors al-Akhal commença à affranchir leurs biens et à lever des impositions sur ceux des Siciliens seulement. Plusieurs de ceux-ci mécontents, allèrent trouver en 427 [1035— 1036], al-Moez ibn Badis,[72] et lui dirent qu’ils étaient déterminés à se soumettre à lui, ou à livrer le pays entre les mains des Grecs.

Plate with Battle Scene. Fatimid-Zirid.
Scène de bataille représenté sur ce bol Fatimide – Ziride en Ifriqiya

Al-Moez envoya en Sicile son fils Abd Allah, avec une armée composée de trois mille hommes de cavalerie et autant d’infanterie. Après plusieurs combats, al-Akhal fut assiégé dans son château de Khalisa. Réduit à cette extrémité, quelques-uns des habitants étaient d’avis de le secourir ; mais ceux qui avaient fait venir les Africains lui tranchèrent la tête, et la portèrent à Abd Allah. Bientôt après la division éclata parmi les Siciliens, et plusieurs d’entre eux se repentirent d’avoir appelé Abdallah dans leur pays. S’étant donc rassemblés, ils lui livrèrent bataille. Son armée fut mise en fuite, il perdit environ trois cents hommes, et le reste s’étant rembarqué, repassa en Afrique.

Dans le même temps, al-Samsam, frère d’al-Akhal, fut élu gouverneur; mais les troubles subsistant toujours, les partis, se séparèrent et s’établirent de divers côtés.

Les principaux de Palerme s’emparèrent du gouvernement et chassèrent al-Samsam. L’alcaïde Abd Allah ibn Menkout se rendit maître de Mazara, de Trapani, de Xacca, de Marsala et des environs; Enna, Girgenti, Castronuovo et le pays d’alentour tombèrent sous la puissance de l’alcaïde Ali ibn Nimat, surnommé ibn al-Jaouas.

Syracuse fut soumise à ibn Thémama, qui marcha ensuite contre Catane, s’en rendit maître, et tua ibn Kelabi, qui avait épousé la sœur de l’alcaïde Ali ibn Nimat, appelée Meimouna.

Cette femme étant ainsi devenue veuve, ibn Thémama la demanda à son frère, et l’obtint. Ce mariage eut, comme on va voir, les suites les plus funestes. Meimouna, qui avait beaucoup d’esprit, eut un jour une dispute avec son mari. On en vint de part et d’autre aux injures. Ibn Thémama qui était ivre, entra dans une grande colère, et ordonna qu’on lui ouvrît les veines des deux bras, et qu’on la laissât mourir dans cet état. Son fils Ibrahim en ayant été informé, accourut à son secours, et fit venir des médecins qui la rappelèrent à la vie. Le lendemain ibn Thémama fut fâché de son action, et demanda pardon à sa femme, s’excusant sur son ivresse. Celle-ci fit semblant de lui pardonner, et quelque temps après, elle lui demanda la permission d’aller voir son frère.

Ibn Thémama le lui permit, et envoya avec elle toutes sortes de présents. Arrivée près de son frère, Meimouna lui raconta ce qui s’était passé, et sut si bien l’intéresser en sa faveur, qu’il jura de ne point la renvoyer à son mari. Ibn Thémama l’ayant donc redemandée, et n’ayant pu l’obtenir, assembla ses troupes qui étaient très nombreuses; car il était maître de la plus grande partie de l’île, et l’on faisait la prière en son nom dans Palerme. S’étant mis à leur tête, il s’avança vers Enna. Ibn al-Jaouas marcha à sa rencontre, le mit en fuite, et lui tua beaucoup de monde.

Représentation d'archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l'occupation Croisée Normande de l’île d'as-Siqiliya (Sicile)
Représentation d’archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l’occupation Croisée Normande de l’île d’as-Siqiliya (Sicile)

Ibn Thémama voyant son armée taillée en pièces, résolut d’implorer le secours des Chrétiens. Il alla donc à Balthia, dont les Francs s’étaient emparés l’an 372 [982 — 988]. Il y trouva Roger qui régnait alors, et lui promit de le rendre maître de toute l’île. Ils se mirent donc en campagne dans le mois de rajab de l’an 444, [27 novembre — 26 décembre 1052], et ne trouvant aucune résistance, ils s’emparèrent de tout ce qui se rencontra sur leur passage jusqu’à Enna, Ibn al-Jaouas en étant sorti pour les combattre, fut mis en fuite et obligé de rentrer dans sa forteresse.

Les Chrétiens passèrent outre, et se rendirent maîtres de plusieurs places. Alors les personnages les plus distingués d’entre les Musulmans par leurs vertus et leur savoir, abandonnèrent le pays, et beaucoup de Siciliens s’étant, retirés auprès d’al-Moez ibn Badis, lui rendirent compte du mauvais état des affaires, et des conquêtes des Francs. Sur ces nouvelles, al-Moez ayant fait équiper une flotte considérable, l’envoya en Sicile. On était alors dans l’hiver, et comme la flotte faisait voile vers Cossyre,[73] il s’éleva une tempête furieuse qui fit périr presque tous les vaisseaux. Ce malheur affaiblit beaucoup al-Moez, et fut cause que les Arabes remportèrent sur lui plusieurs avantages.

Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina
Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina

D’un autre côté, Roger, profitant de la circonstance, poursuivit sa conquête sans trouver de résistance, pendant qu’al-Moez était occupé de la guerre qui lui était survenue. L’an 453 [1061—1062], al-Moez mourut. Son fils Tamim lui ayant succédé, envoya une flotte et une armée en Sicile, sous le commandement de ses deux fils Ayoub et Ali. Ayoub débarqua d’abord avec l’armée à Palerme, et Ali descendit à Girgenti. Ayoub y vint aussi peu après, et s’attira l’affection des habitants. Ibn al-Jaouas en conçut de la jalousie, et leur écrivit de le renvoyer. Comme ils n’en voulurent rien faire, il marcha contre eux à la tête de son armée. La bataille s’étant donnée, il fut tué d’un coup de flèche, et Ayoub ibn Tamim fut proclamé roi. Peu après ses soldats prirent querelle avec le peuple ; on en vint aux mains, et comme la division allait toujours en augmentant, Ayoub et son frère retournèrent avec la flotte en Afrique, l’an 461 [1068—1069] accompagnés d’un grand nombre des principaux de l’île. Les Francs devinrent alors les maîtres de tout le pays. Il n’y eut qu’Enna et Girgenti qui tinrent contre eux. Les Musulmans qui les défendaient furent si pressés par les assiégeants qu’ils mangèrent les cadavres, jusqu’à ce qu’enfin cette nourriture leur manqua. Girgenti se rendit l’an 481 [1088—1089]. Enna tint encore trois ans, et ne se rendit qu’en 484 [1091 — 1092] L’île fut alors habitée par les Grecs, les Francs et les Musulmans. Roger, qui en était roi, ne laissa à personne ni bain, ni boutique, ni four, ni moulin. Sa mort arriva avant 490 [1096—1097]. Son fils Roger lui ayant succédé, ne suivit pas les coutumes des Francs ; mais imita celles des princes Musulmans.

Il établit un tribunal où les opprimés allaient porter leurs plaintes, et il leur faisait rendre justice même contre son fils. Cette conduite lui attira l’amour des Musulmans, qu’il traitait avec distinction et qu’il protégeait contre les Francs.

Ayant fait équiper une grande flotte, il se rendit maître d’abord des îles qui sont entre Mahadie et la Sicile, comme Malte, Cossyre et autres. Ensuite il porta ses armes en Afrique, et s’empara de Mahadie et de plusieurs autres villes, qui furent ensuite reprises par Abd al-Moumen ibn Aly, de la dynastie des almohades.


 


AL-NOWAYRI

HISTOIRE DE LA SICILE
TRADUIT DE L’ARABE PAR  J. J. A. CAUSSIN

 

[1] IJean Jacques Antoine Caussin de Perceval, orientaliste français, né à Montdidier en 1759 et mort en 1835.

[2] Ce texte, sa traduction et ses notes (non corrigées) sont un peu vieillots, mais les traductions de l’historien al-Nowaïri (orthographié En-Noweïri, Noveïri, Novaïri…) sont rares. Il en existe cependant une autre sur ce même site.

[3] L’expression du traducteur « le Nowaïri » vient de l’arabe al-Nowaïri. Caussin a traduit al par le. C’était usuel il y a deux siècles.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihayat al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquête de la ville de Marakech. (Wikipédia)

[4] Ce manuscrit est de la main même du Nowaïri, comme on le voit par une note à la fin. L’écriture qui est rapide, quoique belle et très correcte, les points diacritiques qui sont omis dans les mots, où l’on peut aisément les suppléer, et placés ailleurs avec une économie et une intelligence rares; enfin, l’âge du manuscrit résultant des caractères paléographiques, qui ne permettent pas de lui donner beaucoup moins de cinq cents ans d’antiquité, tout concourt à prouver que cet exemplaire est réellement autographe. En le comparant avec le ms. 702 A, on remarque entre eux des différences qui ne viennent que de mots mal lus, mal ponctués, ou d’expressions plus communes substituées à des expressions d’un usage plus rare. Je me suis attaché invariablement dans ma traduction à la leçon du manuscrit de l’auteur.

[5] J’ai fait remplir autrefois cette lacune au moyen du second manuscrit.

[6] Littéralement : « Nous rapporterons maintenant, dans cet endroit, les choses qui la concernent et qui sont d’un genre différent de celles que nous avons rapportées précédemment. » J’avais traduit, il y a quinze ans, en interprétant la pensée de l’auteur, et la rendant peut-être d’une manière plus claire et plus succincte: « Nous allons exposer maintenant les événements dont elle a été le théâtre. »

[7] Moavia ibn Khodaïj fut envoyé dans la province d’Afrique, nom que les Arabes donnent à la partie orientale de la côte de Barbarie, l’an de l’hégire 45 (665— 666), par le calife Moavia pour continuer la conquête de ce pays qui avait été commencée sous le calife Othman. Ce fut après sa victoire qu’il envoya Abd Allah en Sicile. Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, chap. I.

[8] Les Mahométans appellent idoles toutes les images religieuses.

[9] Le règne de ce prince s’étend depuis l’an 720 jusqu’à 724 de l’ère vulgaire.

[10] Depuis l’an 724 jusqu’en 745 de l’ère vulgaire.

[11] Ce patrice est appelle dans un manuscrit Casantin, et dans l’autre Phasantin, et même dans un endroit Phastin. Le premier nom pourrait être une corruption de Constantin, ou seulement une faute de copiste. Le second, surtout si l’on fait attention à la leçon qui porte Phastin, semblerait convenir au patrice Photin à qui le gouvernement de la Sicile fut donné par l’empereur Michel le Bègue vers l’an 824. (Cedrène, tome II, page 510, Histoire du Bas-Empire, par Le Beau, tome XIV.)

Si dans l’auteur arabe on lit l’an de l’hégire 201, qui répond à l’an 816, c’est probablement une faute de copiste, qui aura oublié le mot asher (dix), lequel donne l’année de l’hégire 211 (826). En effet, l’auteur fait mention immédiatement après, de l’an 212, et il est évident par son récit qu’il y a eu fort peu d’intervalle entre tous les faits qu’il rapporte. D’ailleurs, le gouverneur dont il ici question est le même, d’après l’auteur arabe, que celui sous lequel arriva la révolte d’Euphémius en 827. Or, un gouverneur établi en 816 ne pouvait plus être en place en 827, puisque le gouvernement fut donné à Photin en 824.

[12] C’est le même qu’Euphémius, dont il est parlé dans les historiens grecs. Le nom de Fimi se retrouve encore aujourd’hui dans celui de Calata Fimi, et l’île des Femmes (isola delle Femine) s’appelait autrefois Fimi.

[13] Euphémius avait enlevé une religieuse qu’il aimait. Le Beau, Hist. du Bas-Empire, tome XIV, page 403.

[14] Le texte ajoute eulej min Alamaniin. Le premier mot désigne, en général, tous ceux qui ne sont pas Arabes, et répond au Barbarus des Latins. Le second, dérivé d’Alamani, désigna quelquefois les Italiens, comme on le voit par ce passage d’Aboulfaradj, page 108. La ville de Rome fait partie de l’Alamanie.

[15] Troisième prince de la dynastie des Aghlabides, qui régna depuis 817 jusqu’en 858 de l’ère vulgaire. Deguignes, Hist. gén. des Huns, tome I, page 563.

[16] Ou « Je ne volerais pas au-dessus. » (Dans la crainte d’être surpris par les Grecs à portée d’y descendre en tous temps.)

[17] Et non Sous, comme on lit dans l’Histoire générale des Huns, tome I, page 363.

[18] 16 du mois de rabi premier, qui répond au 15 juin 827.

[19] Le nom propre Platha pourrait se lire aussi Balatha. Il y a en Sicile beaucoup d’endroits qui portent ce nom.

[20] Célèbre dans l’antiquité par la fable de l’enlèvement de Proserpine. Depuis Castro Janni, Janna ou Giovanni.

[21] Ne trouvant aucune trace de ce mot dans la topographie actuelle de la Sicile, j’avais conjecturé autrefois qu’il fallait peut-être lire al-Shakiin au lieu d’al-Meslakin, d’autant plus que dans le n° 702 A on lit al-Shalkin, et que le lam qui est dans ce mot aurait pu avoir été mis par erreur au lieu d’un alif. Le mot de Shakiin désignerait les habitants de Xacca ou Sciacca, ville peu éloignée de Mazara. Le mot al-Meslakin est écrit si distinctement, dans le manuscrit que je regarde comme l’autographe de l’auteur, qu’il y aurait de la témérité à le changer.

[22] M. Gregorio nous apprend que dans un diplôme du comte Roger, de l’an 1082, il est question d’un lieu nommé Castrum Alcharet in valle Dominae.

[23] Selon Cedrène, Euphémius fut tué près de Syracuse. Les circonstances sont à peu près les mêmes. Le Beau, Hist. du Bas Empire, tome XIV, page 404.

[24] C’est le même que Théodotos, donc il est parlé dans la Chron. Sicil. Cantab., an 831.

[25] Ce fut le premier gouverneur de la Sicile pour les Aghlabides, comme le rapporte le Nowaïri dans son Hist. d’Afrique. « Sous le règne de Ziadet Allah la Sicile fut soumise aux Musulmans. Assad ibn al-Ferat, qui y fut envoyé avec dix mille hommes, battit le général grec qui en avait cent cinquante mille, et se rendit maître du pays. Ziadet en donna le gouvernement à Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab. »

[26] La forteresse des chênes, aujourd’hui Calatabellota.

[27] Platanella ruinée, près du Platano ou Fiume di Platani.

[28] Coronia.

[29] C’est Abou Hafs Omar ibn Shoaïb al-Andoulousi qui acheva la conquête de l’île de Crète, sous le califat d’al-Mamoun, et fut surnommé à cause de cela le Crétois.

[30] Le 24 janvier 859; c’était une troisième et non une cinquième férie. Cet événement est rapporté par Aboulféda à l’an 237 de l’hégire; la férie ne s’accorde pas davantage.

[31] Qui était le lendemain de la prise de la ville, selon l’auteur.

[32] Le 15 août 861.

[33] Le 15 juin 869.

[34] Le 28 mai 871.

[35] Cette expression doit désigner ici principalement les côtes d’Italie que les Sarrasins infestaient à cette époque.

[36] Depuis le 18 novembre jusqu’au 17 décembre 871:

[37] Depuis le dernier juillet jusqu’au 28 août 873.

[38] « L’an de l’hégire 264, au mois de ramadhan (7 mai — 25 juin 878), la ville de Syracuse fut prise par Ahmed ibn al-Aglab, sous le règne d’Abou Ishak Ibrahim ibn Ahmed ibn Mohammed ibn al-Aglab, après un siège de neuf mois. On y tua plus de quatre mille hommes ; le reste des habitants fut fait prisonnier, et il ne s’en sauva aucun. Le butin fut immense et plus considérable que dans aucune ville des infidèles. Les Musulmans n’y restèrent deux mois, après lesquels ils détruisirent la ville, et s’en retournèrent. » Le Nowaïri, Hist. d’Afrique.

« L’an 284, Abou Ishak Ibrahim envoya son fils Abou al-Abbas en Sicile, pour faire la guerre aux habitants. Il partit dans le mois de joumadi second. » Idem, ibid. (La suite manque.)

[39] Le 5 avril 909.

[40] Son nom est omis dans le manuscrit; c’est peut-être le même qui est appelé Ibn Ziyaj dans la chronique de Sicile de l’université de Cambridge, an 909.

[41] Voyez la chronique de Sicile publiée d’après un manuscrit de la bibliothèque de Cambridge, an 913.

La ville d’Alcamo est située à l’occident de Palerme. Les mots saheb al-Khams ou Khoms que j’ai traduit, d’après la chronique, par maître d’Alcamo, pourraient signifier que Khalil était fermier, percepteur pour le domaine d’un droit de quint. Le nommé Amran appelé de même dans la chronique saheb al-Khams et qui fut tué à Palerme en 910, ne dut peut-être sa mort qu’à la charge qu’il exerçait.

[42] Le 15 août 912.

[43] C’étaient les marques de l’investiture. Voyez les annales d’Aboulféda, année 265.

[44] Il est appelé dans Aboulféda, Salem ibn al-Rashed.

[45] L’esclavon. Les écrivains occidentaux font mention de ravages exercés vers ce temps-là dans la Pouille par des corsaires esclavons, et de la prise de Tarente par les Sarrasins. L’un de ces écrivains parle d’un Michael Sclabus qui s’empara de Siponto en 926.

[46] La date de cette expédition manque dans le manuscrit. Elle est rapportée par Aboulféda à l’an 323 (934 — 935).

[47] La date et les suites de cet événement sont rapportées dans le passage suivant extrait des annales d’Aboulféda : « L’an de l’hégire 325 (936—937), Salem ibn al-Rashed, qui cornet mandait en Sicile au nom d’al-Caïra, irrita tellement le peuple « par ses injustices que la ville de Girgenti se révolta. Al-Caïm en ayant été instruit, envoya une armée pour en faire le siège. La place fut secourue par l’empereur de Constantinople, et se défendit jusqu’en 329 (940 — 941). Une partie des habitants sortit de la ville, le reste se rendit à condition d’avoir la vie sauve. Salem fit embarquer les principaux pour les présenter à al-Caïm ; mais le général de ce prince donna ordre en mer de percer le vaisseau qui les portait. Ils furent tous submergés. »

[48] C’est ainsi que ce surnom est écrit dans Aboulféda ; le manuscrit du Nowaïri, n° 702 A, porte al-Halebi.

[49] Moez ledin Allah monta sur le trône l’an 341 de l’hégire. Il y avait alors plus de deux ans et quelques mois qu’al-Hassan était gouverneur de Sicile, puisqu’il commença à l’être en 336. Cette erreur se trouve corrigée dans le passage suivant d’Aboulféda. « L’an de l’hégire 336 al-Mansor donna le gouvernement de la Sicile à al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossaïn al-Calbi. Pendant tout le règne d’al-Mansor, il fit la guerre avec succès contre les ennemis. Al-Mansor étant mort, et al-Moez lui ayant succédé, al-Hassan revint en Afrique l’an 342, après avoir gouverné la Sicile cinq ans et deux mois.»

[50] Autrefois Tauromenium.

[51] 25 décembre 962.

[52] Domesticus. Voyez sur cette dignité les écrivains de l’histoire Byzantine. Selon les auteurs arabes qui se servent souvent du mot al-domestec, c’était le lieutenant de l’empereur de Constantinople dans les provinces situées à l’orient du canal. Aboulféda, an 316.

[53] Le 24 août 963 ; c’était une seconde férie.

[54] Le 14 octobre 964 ; c’était une sixième férie.

[55] Persans, sectateurs de Zoroastre.

[56] Ces défilés sont nommés dans le texte ; mais on ne peut lire leurs noms que par conjecture, la plupart des lettres étant destituées des points d’où dépendent leurs valeurs.

[57] J’avais cru autrefois pouvoir resserrer un peu ce récit, élaguer quelques longueurs, d’autant plus qu’on ne demandait alors de Sicile qu’une traduction, et que j’ignorais qu’on voulut faire imprimer le texte. Comme c’est précisément ce morceau que M. Gregorio a choisi pour mettre en parallèle nos deux traductions, je suis obligé d’indiquer ici d’une manière plus suivie les contresens qui défigurent la sienne. M. Gregorio traduit dès le commencement: Nonnullis in castello (Romettae) relictis militibus. C’est, je crois, un contresens : al-Hassan n’était pas maître de Rometta, puisqu’il en faisait le siège. Il ne pouvait donc pas laisser du monde dans la place, mais bien devant, pour faire tête à la garnison, tandis qu’il combattrait lui-même l’ennemi qui s’avançait.

[58] Fekhamanat al-harb; c’est la leçon du manuscrit n° 702. L’autre manuscrit porte fehamiat al-harb ; (le combat s’échauffait.) J’avais d’abord suivi cette dernière leçon ; mais je remarque actuellement que cette circonstance est rapportée plus bas, et qu’elle serait ici en contradiction avec le découragement dont l’auteur vient de parler. Je reviens donc à la leçon du manuscrit autographe dont l’autorité est infiniment supérieure.

[59] Khaïl (chevaux), vexilla militaria, selon le dictionnaire arabe de M. Gregorio.

[60] Ce sabre était tombé autrefois au pouvoir des Grecs, et fut alors repris par les Arabes. Son poids, en évaluant le mithcal avec Golius à un et trois septièmes de la drachme, n’aurait été que d’une livre et demie environ, ancien poids de marc. M. Gregorio a suivi encore ici ma traduction plutôt que le mot à mot: multum it sanguinem fudit. Mais en voulant se rapprocher de la lettre dans les mots qui suivent immédiatement, in manibus apostoli dei, il s’est fort éloigné du sens. Beïn yédeï, littéralement in manibus, ne signifie cependant pas en arabe, dans les mains, mais en présence; coram, in conspectu. Voilà un exemple bien frappant de l’abus des traductions trop littérales.

[61] Mot à mot, lui faisant savoir qu’il vaut mieux bâtir le jour même que le lendemain.

[62] « L’an de l’hégire 561, ni Moez céda à Abou al-Foutouh, de la dynastie des Zeïrides, la province d’Afrique et le Maghreb avec leurs dépendances. Il en excepta seulement la Sicile qui était entre les mains d’Abou al-Cassem Ali ibn al-Hassan, et Tripoli qu’il avait donné à Abd Allah. » Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, C’est par erreur qu’il est dit, dans l’Histoire générale des Huns, tom. I, p. 570, que Moez donna la Sicile à Abou al-Foutouh.

[63] Depuis le 26 juin jusqu’au 25 juillet 982.

[64] Depuis le 5 décembre 989 jusqu’au premier janvier 990.

[65] La couronne de l’état, l’épée de la religion.

[66] Depuis le 26 décembre de l’an 1014 jusqu’au 24 janvier suivant.

[67] On pourrait peut-être donner à ces mots un autre sens.

[68] 15 mai 1019 ; c’était une sixième férie.

[69] 13 mai 1019.

[70] Ou mauvaise monture.

[71] Le soutien de l’état.

[72] De la dynastie des Zeïrides.

[73] Cossyre aujourd’hui Pantalaria. L’auteur de l’Hist. génér. des Huns, tome I, page 372, s’est trompé en traduisant Cousira par la Corse.

 

L’Émirat Andalous de Crête 824-961

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File:Crete Iraklio1 tango7174.jpg
Le port d’al-khandaq , qui est de nos jours Héraklion, fondée en 824 par les ribadi de Cordoue

L’émirat de Crète est un État arabe musulman qui exista sur cette île de la Méditerranée orientale de  820 à 961. Il fut fondé par un groupe d’Andalous exilés de Cordoue, les ribadi qui conquirent la Crète vers 824 ou en 827/828 et y édifièrent une nouvelle capitale, la ville de al Khandak (en arabe, خندق). Ce terme qui signifie « fossé », tire son origine du fossé défensif creusé pour défendre la cité. (Chandax, actuelle Héraklion.)

L’arrivée des arabes andalous est estimé selon  l‘historien Warren Treadgold  à quelque 12 000 personnes, dont environ 3 000 combattants (Treadgold 1988p. 251, 253) 

De Slane traducteur français de Ibn Khaldun et al-Bakri parle de 15 000 hommes.

La Crète subit un premier raid en 654, lors du règne de l’empereur Constant II (641-668). En 674-675, sous Constantin IV (668-685), alors que les armées omeyyades, installées à Cyzique, menaçaient Constantinople, une flotte arabe attaqua la Crète et y hiverna, elle fut diriger par Junadah ibn Abi Umayah al-Azdi sous le califat de Muawiya (radi Allah anhu) , Junadah en conquit une partie avant de revenir en Syrie, suite au siège infructueux de Constantinople par les Musulmans, en l’an 679.

Jumadah mourra en 699.et certaines régions de l’île connurent une occupation temporaire sous le règne du calife omeyyade Al-Walīd Ier, qui régna de 705 à 715 (Canard 1986, p. 1082). À cette époque, la Crète ne fut cependant jamais conquise et resta fermement aux mains de Byzance, en dépit de quelques razzias menées au 8e siècle, car elle se trouvait trop éloignée des bases navales arabes du Proche-Orient pour qu’une expédition efficace pût être lancée contre elle.  L’île fut de nouveau attaqué par Humayd Ibn Ma’yun, qui fut chargé de la sécurité des côtes méditerranéennes de la Syrie par le calife abbasside Harun al-Rashid, avant de la conquérir en l’an 190 de l’Hégire (805). Mais , les Musulmans ne restèrent pas dans l’île et la quittèrent. (al-Futuhat)

Durant les 135 années d’existence de l’émirat de Crète (appelé al-Iqritich ou al-Iqritiya), qui fut l’un des adversaires les plus redoutables des Romains de Byzance, barrant l’accès de Constantinople à la Méditerranée et servant de relais et de base arrière aux flottes musulmanes  qui ravageaient les côtes égéennes.

Selon les archéologues, le Koules a été bâti sur un ancien emplacement fortifié, arabe, entre le ixe et le xe siècle. après 825, date de leur conquête de la Crète.  Ils fondèrent alors la cité de El Khandak (l’actuelle Héraklion) et la fortifièrent, creusant un fossé le long de la ville, lui donnant son nom, et érigeant deux tours de défenses à l’entrée de la cité portuaire. (Guide Michelin Crète, p.99) (4)

Entre  10 et 15 000 andalous d’origine arabes, les exilés du Ribad de Cordoue avais pris possession d’Alexandrie en Egypte,  leurs chef était un Kinanite (Banu Kinanah)et il trouva naturellement un soutien avec les Banu Mudlej al-Kinani (aussi issus des Kinanah) de la région d’Alexandrie, pour ensuite  conquérir l’île de Crête.

La forteresse, sur ses hauteurs. Le minaret en restauration est visible.

Le chef des Arabes d’andalousie d’Alexandrie, les  ribadi était Abu Ḥafṣ ʿUmar al-Ballūṭī, dans le livre « Wulāt Miṣr » écrit par al-Kindī (mort en. 961) (5), le chef des Andalous ce nomme al-Kinānī, ce qui explique aisément l’alliance entre les  Andalous et les Banu Mudlij.

Ces aventuriers Andalous ont gouverné Alexandrie entre~ 820 à 824 JC, ils furent évincés et exilés par le général arabe ʿAbbasid Abdullah ibn  Ṭāhir al-Khuzā’ī du Khurasan.

Sur le plan politique, l’émirat a officiellement reconnu le calife Abbasside de Baghdad et  mis en place des liens avec les autres arabes d’autres régions tels que les arabes d’al-ifriqiya d’al-Andalus, du Sham, d’Egypte et Irak, l’émirat de Crête est contemporain des Aghlabides et Fatimides d’Ifriqiya, des Omeyyades andalous, des Ṭūlūnides et Ikhshidide d’Egypte et du Sham, idrisside de Fes, et bien entendu Abbasside de Baghdad. 

Retour en arrière :

Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d'al-andalus en l'an 1000 , source : Arthur Redondo.
Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d’al-andalus en l’an 1000 , source : Arthur Redondo.

Les Ribadi ou les révoltés du Faubourg de Cordoue 

 L’Affaire du faubourg de Cordoue, récit d’Ibn al-Athir [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 209] : 

« En 198 (31 août 813) eut lieu à Cordoue l’affaire dite du faubourg, voici à la suite de quels événements. Le prince régnant en cette ville, Al-H’akam ibn Hichâm l’Omeyyade, ne s’occupait guère qu’à jouer, à chasser, à boire et à d’autres plaisirs de ce genre, et d’autre part la mise à mort de plusieurs des principaux habitants l’avait fait détester de la population, qui maltraitait et injuriait les hommes du djond. Les choses en vinrent à ce point de désordre que, quand on faisait l’appel à la prière, la populace criait : « Viens prier, ivrogne, viens donc prier ! » et pendant que quelques-uns criaient cette injure, les autres applaudissaient, Alors El-H’akam commença à entourer Cordoue d’une enceinte fortifiée et garnie de fossés ; il caserna de la cavalerie à la porte de son palais, où une troupe armée avait mission de toujours se tenir, et augmenta le nombre de ses mamlouks. Toutes ces précautions ne purent qu’augmenter la haine de la population, qui était persuadée qu’il voulait tirer vengeance de toutes ces avanies. Ensuite il établit l’impôt, à prélever chaque année et sans rémission, de la dîme sur les denrées, ce qui fut mal vu du peuple ; il s’empara de dix des principaux exaltés, qu’il fit exécuter et crucifier, nouvelle cause de colère pour les gens du faubourg. Ajoutez enfin qu’un mamlouk du prince, ayant porté son épée  chez un fourbisseur pour la faire nettoyer, et celui-ci l’ayant remis à plus tard, le mamlouk saisit son épée dont il frappa l’ouvrier jusqu’à ce que mort s’ensuivît. Cela arriva en ramadan (avril-mai 814) de cette année. Les gens du faubourg méridional coururent les premiers aux armes, et tous les autres faubourgs les suivirent. Le djond, les Omeyyades et les esclaves noirs se concentrèrent dans le palais, et El-H’akam procéda à la répartition des chevaux et des armes, ainsi qu’au groupement de ses compagnons. La lutte s’engagea et fut favorable aux gens du faubourg, qui cernèrent le palais. Alors El-H’akam descendit de la terrasse où il se tenait et vint, à cheval et armé, relever le courage des siens, qui se battirent sous ses yeux avec acharnement. Par son ordre, son cousin paternel ‘Obeyd Allah fit une sortie par une brèche ouverte dans la muraille et prit avec son corps de troupes les gens des faubourgs à revers, tandis qu’ils ne s’attendaient à rien ; il mit le feu aux maisons, et alors ces gens s’enfuirent après un violent combat. On tira de toutes les demeures ceux.qui y habitaient et on les fit prisonniers, puis on en prit trois cents des plus considérables, que l’on exécuta et que l’on crucifia la tête en bas. Pendant trois jours, les faubourgs de Cordoue furent livrés au meurtre, à l’incendie, au pillage et à la destruction.

El-H’akam prit alors l’avis d’’Abd el-Kerîm ben ‘Abd el-Wâh’id ben ‘Abd el-Moghîth, son plus intime confident, qui lui conseilla la clémence. Ce fut le parti qu’embrassa le prince, malgré l’avis contraire émis par un autre, et il fit proclamer l’amân, mais avec menace de tuer et de crucifier tous ceux des habitants du faubourg qui ne seraient pas partis dans les trois jours. Les survivants sortirent en cachette, exposés à toute espèce de peines et d’humiliations, et emmenant loin de Cordoue leurs femmes, leurs enfants et leurs richesses les moins lourdes. Les soldats et les malfaiteurs étaient aux aguets pour les piller et tuaient ceux qui osaient leur résister. A la fin du délai de trois jours, El-H’akam donna ordre de respecter les femmes, qu’on réunit dans un même endroit, et fit détruire le faubourg méridional.

Bezî’, affranchi d’Omeyya, fils de l’émir ‘Abd er-Rah’mân ben Mo’âwiya ben Hichâm, était alors emprisonné à Cordoue dans le H’abs ed-dem, et chacun de ses pieds était chargé d’une lourde chaîne. En voyant que le peuple l’emportait sur le djond, il demanda à ses geôliers de le relâcher, à quoi ceux-ci consentirent après lui avoir fait promettre de rentrer en prison s’il sortait sain et sauf du combat. Il s’élança dans la mêlée et se battit plus bravement que n’importe quel soldat, puis retourna à la prison après la défaite des gens du faubourg. El-H’akam, qui fut informé de la chose, le fit mettre en liberté et le traita généreusement.

Il y en a qui mettent cette affaire du faubourg en l’année 202 (19 juillet 817). »

File:Abu el-Abbas el-Mursi Mosque in Alexandria.jpg
la mosquée Abul Al-Abbas El-Mursi d’Alexandrie, Égypte du 13ème siècle dédié à l’andalous Sufi el-Mursi Abul Abbas dont le tombeau  est situé dedans, situé dans  quartier d’Anfoushi  à proximité de la citadelle de Qaitbay.

 Campagne du général Abbasside ‘Abd Allah ben Tahir en Egypte et les Ribadi [Al-Kamil fi al-Tarikh, P. 279]  (Ibn al-Athir) :

En 210 (23 avril 825), ‘Abd Allah ben Tahir al-Khorassani marcha contre l’Egypte qu’il conquit, et ‘Obeyd Allah ben es-Seri dut lui demander grâce.

En effet, ‘Obeyd Allah [P. 280] s’était rendu maître de l’Egypte et y agissait en rebelle, tandis qu’une troupe partie d’al-Andalus s’emparait d’Alexandrie.

‘Abd Allah ben Tahir, occupé à combattre Nasr ben Chabath, dut tout d’abord négliger ces faits, mais dès qu’il le put il marcha contre l’Egypte…….

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
La flotte des ribadi de Cordoue  fait route vers la Crète depuis Alexandrie alors Abbasside. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

Conquête d’Alexandrie par ‘Abd Allah [P. 281] (Ibn al-Athir) et départ des Ribadi pour la Crête

En 210 (23 avril 1825), ‘Abd Allah chassa d’Alexandrie les Espagnols qui s’étaient emparés de cette ville en lui accordant quartier.

Ces gens étaient arrivés en grand nombre à Alexandrie par mer pendant les troubles occasionnés par Ibn Es-Serî et par d’autres, et y avaient débarqué sous la conduite d’un chef nommé ‘Abou H’afç. Cette situation dura jusqu’à l’arrivée d’Ibn Tahir, qui leur fit déclarer que, faute par eux de faire acte d’obéissance, il allait les combattre.

Ils se soumirent et demandèrent l’aman, [P. 282] sous la condition qu’ils quitteraient cette ville et gagneraient quelque localité de Roum en dehors des pays musulmans.

Ils obtinrent l’aman sous cette condition et allèrent s’établir dans l’île de Crète, où ils firent souche.

Voici dans quels termes s’exprime Yoûnos ben ‘Abd el-A’la :

« Un jeune héros — c’est-à-dire Ibn Tahir — arriva d’Orient chez nous, alors que toutes nos affaires étaient dans la confusion, que toutes les régions de notre pays étaient tombées entre les mains de l’un ou l’autre conquérant, et que les habitants étaient livrés au malheur. Il remit tout en ordre, rendit la confiance à l’homme sain, fit trembler le malade, et tous les sujets s’unirent dans un même sentiment d’obéissance». (1)

Les Arabes massacrent des Byzantins endormis lors d’un raid nocturne.
Abu Hafs ordonne l'incendie de ses navires, après avoir atteint la Crète, miniature des Skylitzes Madrid
Abu Hafs al-Andalusi ordonne l’incendie de ses navires, après avoir atteint la Crète, miniature des Skylitzes Madrid

Il y  deux lettres du calife fâtimide  al-Muizz (932-975),au sujet de l’expédition romaine byzantine contre la Crète Islamique en 960.

Relaté par Marius Canard (1961), qui explique :  « Elles nous ont été conservées dans un ouvrage d’un des familiers de ce calife, le cadi, juriste et historien Abu Hanîfa an-No’mân, intitulé al-Madjâlis wa’l-Musâyarât (Réunions et Causeries), où il rapporte les entretiens qu’il a eus avec ce calife et cite des documents administratifs. Ces lettres ont été publiées dans un travail consacré au calife al-Mu’izz par deux auteurs égyptiens modernes (2).

Illustration de la Chronique de Skylitzès montrant la siege par les Byzantins de Chandax, la principale place-forte de l'émirat arabo-Islamiqe vassal des Abbasside de Crète.
Illustration de la Chronique de Skylitzès montrant la siège par les Byzantins de Chandax  (al-Khandaq)

En voici la traduction :

Lettre du calife Fatimide al-Mu’izz (Mahdia)  à Abû’I-Hasan Alî al-Ikhshîd (Il règne sur l’Egypte à partir du 12 janvier 961) pour lui demander de porter secours aux Musulmans de Crète.

« Dieu-gloire à Lui! -nous a comblés de Sa générosité et nous a donné le secours de Son aide et de Son soutien, comme nous le voyons, par Sa force et Sa puissance, par Son appui et l’octroi du triomphe sur nos ennemis. Il nous a permis d’éloigner les mains des Infidèles du but vers lequel elles s’allongeaient, c’est-à-dire porter la guerre vers nos régions et en attaquer les habitants. Nous avons appris que tu as manifesté l’intention de partir pour la guerre sainte et de porter secours à ces gens au moyen de navires venant de chez toi. Par ma vie, c’est toi qui es le plus apte à accomplir cette œuvre parce qu’ils sont proches de toi, qu’ils ont des liens avec toi, qu’ils fournissent des vivres à ton pays et qu’ils sont comme toi soumis à une même obédience. Si nous te les avions confiés et si nous les avions négligés, ni eux, ni toi n’auriez eu le moindre argument à faire valoir contre nous. Mais nous avons choisi d’aider la nation de notre ancêtre Mohammed et nous ne pensons pas que nous devons nous en abstenir alors que nous avons mis notre espoir en lui et qu’eux, dans le même espoir, s’en sont remis à nous. Nous ne mettrons pas d’obstacles entre (le devoir) de la guerre sainte dans la voie de Dieu et toi et nous ne t’empêcherons pas de réaliser les espoirs que tu as formés. Que la nouvelle qui t’est parvenue de l’envoi de nos vaisseaux ne te détourne pas de la résolution que tu as prise, qu’elle ne te fasse pas redouter quelque chose de notre part pour ceux que tu enverras et pour tes vaisseaux. Car nous sommes lié envers toi par le pacte d’Allah et Sa promesse, qui garantissent que nous nous tiendrons toujours avec les tiens sur le chemin du bien, que nous les considérerons de la même façon que nos propres hommes, que nous les ferons participer aux prises que Dieu nous accordera, que nous les traiterons en cela comme en d’autres choses de la même façon que nos hommes et que vos bateaux seront sur le même pied que les nôtres jusqu’à ce que nous ayons la victoire, s’il plaît à Dieu, et qu’ils s’en retournent auprès de toi victorieux ou bien qu’il en soit de l’ordre de Dieu et de notre destinée comme II le voudra. Sache cela et fais-nous confiance. C’est en cela que réside la victoire mutuelle des Musulmans sur leur ennemi, leur unanimité dans leur foi, l’Exaltation la religion de Dieu et l’humiliation de Ses ennemis. Nous t’avons aplani le chemin. Dieu nous est garant de notre parole. Si tu es d’avis de choisir (la voie) de la guerre sainte, agis de façon à envoyer tes navires jusqu’au port de Tobna* de la région de Barqa, car ce port est proche de l’île de Crète. Le rassemblement de tes troupes avec nos vaisseaux aura lieu dans ce port au premier jour de Rabf second (de l’année 350) avec l’assistance de Dieu, par Sa puissance, Son appui, Son secours et Son aide. Si tel n’est pas ton avis, nous t’aurons fait parvenir une mise en demeure et un bon conseil et nous serons libéré de l’obligation que nous avions à ton égard.

Pour nous, grâce à la puissance de Dieu et à Sa force, à Son appui, Son assistance et Son aide, nous pourrons nous passer de toi et d’autres. Nous sommes fermement résolu à envoyer nos vaisseaux, nos hommes et notre armement ainsi que tous les moyens que Dieu nous a donnés et qu’il a mis en notre pouvoir, grâce à quoi nous pensons que Sa puissance et Sa force nous aideront à parvenir aux buts que nous nous proposons et vers lesquels nous nous dirigeons. Nous demandons l’aide de Dieu et c’est en Lui que nous nous confions, sur Son aide que nous comptons. Il nous suffît et c’est un excellent garant. »

* Les géographes arabes ne relatent pas de Tobna en Cyrénaïque. Il ne peut s’agir de Tobna d’Ifrîqiya (actuel Algérie)

Illustration du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès, montrant l'amiral Oryphas suppliciant les marins arabes musulmans de Crète.
Illustration du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès, montrant l’amiral Oryphas suppliciant les marins arabes musulmans de Crète.

Menace d’al-Mu’izz (953-975) le calife fatimide à l’empereur byzantin au sujet de sa prise de possession de la Crète Islamique.

« An-No’mân a dit : L’imâm al-Mu’izz donna l’ordre d’écrire à ce sujet à l’empereur et dicta la lettre au secrétaire en présence de ceux qui étaient devant lui. Il le fit avec des phrases comme je n’en ai jamais entendu de plus énergiques et de plus éloquentes. Après lui avoir laissé le choix de l’alternative suivante : ou qu’il renonçât à la guerre contre les habitants de la Crète ou que le calife dénonçât le pacte conclu avec lui, comme le Prophète avait dénoncé le pacte conclu avec les Arabes infidèles et avait envoyé ‘Alî avec une lettre qu’il leur lut dans leur foire solennelle, en raison de la parole d’Allah, le plus véridique de ceux qui parlent : « Si tu crains une trahison de la part d’un peuple, dénonce le pacte conclu avec eux. » (Coran 8, 58 : Le Butin), après cette introduction, il dit dans sa lettre :

« Il n’apparaît pas que les habitants de la Crète, avant ce jour, aient fait appel à un autre souverain que nous. Aujourd’hui, en tout cas, ils se sont tournés vers nous et nous ont appelé à leur secours. C’est une situation qui te fait une obligation vis-à-vis de nous d’observer parfaitement le pacte de paix en t’empressant de les laisser tranquilles et en t’abstenant de te mettre en travers de leur- route. Les obstacles qu’opposent les injustes aux justes ne font pas cesser le bon droit de ceux-ci, quand bien même les injustes remporteraient la victoire sur leur juste cause; bien plus, Dieu leur fait comprendre ainsi que le bon droit est de leur côté.

La Crète et les autres pays du monde sont à nous, en vertu du don que Dieu nous en a fait et parce qu’il nous a mis à la tête du monde. Nous obéissent sur terre tous ceux qui nous obéissent, sont rebelles à nos ordres ceux qui nous sont rebelles. Leur obéissance n’entraîne pas pour nous l’obligation de régner (effectivement) sur eux, et leur rébellion ne nous crée pas un droit de les abandonner. S’il en était ainsi, le pouvoir serait à eux et non à Dieu qui nous en a gratifié, ni à nous. S’ils le veulent, ils nous obéissent, et, s’ils le préfèrent, ils nous refusent l’obéissance. Dans les deux cas, cela appartient à Dieu à qui est tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. C’est Lui qui nous a élu, nous a mis en possession de cela et nous l’a donné. Si cela appartenait aux créatures, Il ne nous aurait pas donné la faculté de combattre ceux d’entre eux qui refusent de nous obéir, ni de recouvrer ce qu’ils ont arraché de nos mains par la force, lorsque Dieu nous en accorde le pouvoir et la force de le faire.

Si tu prétends autre chose que cela et juges que ce qui est entre tes mains est à toi (sache que) Romain a usurpé tes pouvoirs et ceux de ton père avant toi, puis, un revirement de la fortune s’est produit en votre faveur à tous les deux contre lui. Si tu considères que celui qui s’est approprié quelque chose et s’en est rendu maître en a la propriété à l’exclusion du détenteur du droit légitime qui le possédait, il ne convenait ni à toi ni à ton père de se révolter contre Romain (Lécapène) et d’arracher de ses mains le pouvoir qui lui était échu. Telle est la voie des justes à notre avis. Si tu professes la même doctrine, tu agiras avec équité, mais si tu l’ignores, ton ignorance n’est pas un argument contre ceux qui la reconnaissent.

Si tu continues à faire la guerre à ceux qui ont fait appel à nous, le pacte  que nous avons conclu avec toi est dénoncé. Et fais attention à toi et à ceux de ta religion, car nous engagerons la lutte contre toi et contre eux, avec l’aide et le soutien de Dieu. Il n’y a de puissance et de force qu’en Lui. » (3)

Le 20 février 961, le général byzantin Nicéphore Phokas, à la tête d’une gigantesque flotte de 2600  navires de guerre et 1360 navires de réserves assiégea l’île par surprise.

Certains vaisseaux aurait eu 250  rames réparties le long de 4 ponts.

La flotte encercla toutes les côtes de l’île et les musulmans montrèrent une résistance héroïque avant qu’al-Khandaq ne capitule le 7 mars 961. de cette manière les Rum recapturèrent la Crète, après qu’elle fut gouvernée par les Musulmans pendant 140 ans .

Arianus fils de Constantin, l’Empereur de Constantinople, devint alors le premier gouverneur après ‘Abd al-Aziz Ibn ‘Abd al-Aziz Ibn Chou’ayb.

 » rabad al-khandaq. »

Ibn Ḥazm, sur les Crétois andalous «le peuple le plus fidèle et le plus capable de vaincre ses ennemis».

Ibn al-Abbār,  déclare qu ‘«il n’y avait pas un seul groupe dans aucun coin du monde contre lequel ces Andalous se soient battus qu’ils n’avaient pas vaincu et conquis»   (7)

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La carte de Crète par l’amiral Ottoman Piri Reis

Liste des émirs de Crète

La succession des émirs de Crète a pu être établie grâce aux sources arabes et byzantines mais aussi et surtout au moyen de leur monnayage. Les dates de règne indiquées ci-après sont donc fort approximatives :(selon Miles 1964, p. 11–15 et Canard 1986, p. 1085)

Nom arabe Nom dans les sources grecques Règne
Abou Hafs (Omar Ier ibn Chouayb ibn Isa al-Ghaliz al-Iqritich) Apohapsis 827/828 – env. 855
Chouayb I ibn Omar Saipès ou Saet env. 855–880
Abou Abdallah Omar II ibn Chouayb Babdel env. 880–895
Mouhammad ibn Chouayb al-Zarkoun Zerkounès env. 895–910
Yousouf ibn Omar II env. 910–915
Ali ibn Yousouf env. 915–925
Ahmad ibn Omar II env. 925–940
Chouayb II ibn Ahmad env. 940–943
Ali ibn Ahmad env. 943–949
Abd al-Aziz ibn Chouayb II Kouroupas 949–961 mort à Constantinople
(Al-Nouman ibn Abd al-Aziz) Anémas N’a pas régné servi l’Empereur
File:Vue du siege de Candie en 1669.jpg
Vue d’Héraklion, alors appelée Candie, en 1669 peu avant que les Vénitiens ne rendent la ville aux Turcs Ottomans.

Après la fin de l’émirat de Crète, il faudra attendre la période ottomane (1645/48-1913) pour revoir des musulmans dans l’île.

Quelques toponymes de villages et de villes sont issus de la période arabe  (6) (The Galatas Survey: The Socio-Economic pp123)

  • Chandax = al-Khandaq
  • Sarkenos = Sarrasin
  • Souda =  Sawda
  • Choudetsy = Quds
  • Zoophori =  Zafaran
  • Choumeri = ?
  • Aposelemis = Abu Salim
  • Kamilári = celui qui conduit le chameau
File:Tholos-Kamilari 1.JPG
Kamilári ,  Crète, en Grèce. Elle est située dans le nome d’Héraklion, Elle comptait 289 habitants en 2001
Lac artificiel d'Aposelémis.
Lac artificiel d’Aposelémis.

Notes :

  1. Ibn al-Athir, tiré du kitab « Al-Kamil fi al-Tarikh ».
  2.  Hassan Ibrahim Hassan et Taha Ahmed Sharaf, Al-Mu’izz li-dîn-illâh, Le Caire, 1948, p. 303-304 et 321-322. Selon Canard Marius l’ouvrage d’an-No’mân est encore en grande partie manuscrit.
  3.  Canard Marius, « Les sources arabes de l’histoire byzantine aux confins des Xe et XIe siècles ». In: Revue des études byzantines, tome 19, 1961. pp. 284-314.
  4. Guide Michelin Crète, p.99
  5.  kitab Akhbār quḍāt wulat Miṣr , al-Kindī
  6. The Galatas Survey: The Socio-Economic pp123
  7. balladalus (Andalusi Crete (827-961) and the Arab-Byzantine Frontier in the Early Medieval Mediterranean

Quelques Amsar, Villes, Medinat créées entre 650 et 950

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Villes, Medinat, Amsar de fondation musulmane

Il existait trois types de villes au début de l’expansion de l’Islam (Rashidun et Omeyyade):

  • les ʾamṣār ;
  • les villes hellénistiques, romaines, wisigoth  et sassanide transformées ou détruites et reconstruites en « Madina » ;
  • les villes nouvelles.

ʾAmṣār est le pluriel de miṣr, qui signifie « ville de conquête ». Ces centres urbains, au nombre desquels on compte Fostat, Bassorah, Koufa et Kairouan, sont créés comme quartiers d’hiver et lieux de repli pour l’armée des conquérants musulmans. Ils suivent un schéma simple : la grande mosquée et dār al-ʾimārah, le palais, occupent le centre, et sont entourés de quartiers d’habitations.

Le Sham (Palestine, Syrie, Liban et Jordanie), l’Egypte et l’Afrique (Est-algérien, Tunisie (sans le sud), et Ouest-Libyen), était sous la domination de l’Empire byzantin jusqu’à la conquête, une région comme le Sham est déjà fortement urbanisé. C’est pourquoi moins de cités sont construites dans celle-ci, les nouveaux arrivants arabo-musulmans s’installant dans les villes déjà bâties, comme Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Apamée ou encore Jérusalem. Une grande mosquée y est édifiée, soit à la place de l’église, comme à Damas et Jérusalem, soit sur un lieu laissé vide, comme à Alep. L’église peut aussi parfois être coupée en deux, une partie étant réservée au culte chrétien, l’autre au culte musulman. Il en est de même pour les terres de l’ancien empire Sassanide, hormis l’Irak.

D’autres villes sont créées, sans être pour autant des ʾamṣār, mais juste de nouveaux centres urbains. C’est par exemple le cas à Wasit, en Irak ou à Chiraz, en Iran, où il est impossible de distinguer actuellement des éléments omeyyades. Celle de Ramla ou Anjar, (Palestine et Liban) en ruines toutes deux.

Sous les Abbassides, deux villes sont mises en avant : Baghdad et Samarra, en Irak, et aussi des plus petites villes des provinces à travers l’empire.



8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).
8) La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).

Iraq, Basra 638 (Califat rashidun)

Bassora (ou Bassorah ou Basra, en arabe : al-Baṣra, البصرة) est la seconde ville d’Irak, après Bagdad, la capitale, avec une population estimée en 2008 à environ 2 300 000 habitants. C’est la capitale de la province d’Al-Basra. Principal port du pays, la ville est située sur le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du golfe Persique et à 550 km de Bagdad.

Bassora est, avec Koufa (située plus au nord), un ancien « misr » ( au pluriel « amsar » : ville-camp ), bâtie en 638 par Omar ibn Al-Khattab radi Allah anhu, le deuxième calife bien-guidé, lors de l’expansion musulmane .

Pole majeur de migration arabe en Mésopotamie.

Récit de la fondation de la ville de Basra par l’Imam at-Tabari : 

« Du temps du calife Omar Baçra n était pas une ville.  C’était une plaine pierreuse au bord du Tigre et une contrée couverte de pierres blanches telles qu il y en avait là est appelée par les Arabes :  Baçra.

A l’endroit où s’étend aujourd’hui la ville de ce nom il y avait au bord d’une petite rivière près d’Obolla sept villages gouvernés par un dihqàn dont l’autorité était reconnue par les habitants de Baçra d’Obolla et des riverains de l’Euphrate.

Toutes ces populations étaient soumises au roi de l’Omàn contrée qui d’après les Arabes fait partie de l’Indostan.

Or après la bataille de Qàdesiyya et la destruction de l’armée perse Omar craignant que le roi de Perse ne demandât du secours au roi d’Omàn et au roi de l’Indostan et que ceux ci ne le lui accordassent jugea à propos de faire occuper la contrée des embouchures du Tigre par un corps de troupes et d y faire construire une ville peuplée d Arabes afin d empêcher les Perses d’amener par cette voie des auxiliaires.

En conséquence il fit venir Otba fils de Ghazwân le Mâzinite qui était seigneur des Beni Màzin et qui avait été compagnon du Prophète et lui parla ainsi  : « Dieu a fait triompher l’islam par ma main et il a brisé les Perses.  Maintenant je veux faire garder la route entre l’Indostan et l’Omàn afin qu’il n arrive pas aux Perses des secours de ce côté . Il faut donc que tu y conduises ton corps de troupes et que tu y construises une ville dans laquelle vous puissiez être à votre aise toi et les soldats musulmans.  »

Otba se mit en route avec cent seize hommes et en traversant le désert il en réunit encore trois cents autres autour du drapeau qu’Omar lui avait remis.

Arrivé au lieu de sa destination il fut averti qu’il y avait dans les bourgs de cette contrée une nombreuse population et plusieurs dihqàns,  Otba fit partir un messager pour inviter ces dihqàns à se présenter devant lui.

Le messager parla ainsi aux dihqàns :  » Un homme accompagné d’une nombreuse armée est arrivé de l’Arabie.  Il vous fait inviter à venir le trouver. »

En recevant ce message l’un de ces dihqàns qui était très puissant partit avec quatre mille cavaliers . Voyant le petit nombre de musulmans qui étaient avec Otba il manifesta son étonnement et son mépris pour ce petit corps de troupes et dit  :  » Quel mal peut faire cette poignée d’hommes ?  Et qui est donc celui qui les commande pour oser m’appeler devant lui. ‘  Ensuite il chargea un corps de deux cents soldats d’aborder les musulmans de les enchaîner et de les lui amener Otba les voyant approcher leva son camp et les attaqua.

Le combat s étant engagé les musulmans tuèrent la plupart des ennemis puis ils s avancèrent jusqu à l’endroit où se trouvait le dihqân tombèrent à l’improviste sur son armée et tuèrent un nombre considérable d’hommes. Le dihqân fut fait prisonnier et amené devant Otba.

Il y avait en cet endroit une population d’Arabes de l’Omàn qui avait construit au bord de la rivière des habitations faites de paille et d’herbes sèches à la manière arabe. Invités par Otba à accepter sa religion ces hommes dont le nombre était considérable embrassèrent tous l’islam Otba les interrogea ensuite pour savoir où était le meilleur climat dans cette contrée.  Ils lui indiquèrent l’endroit couvert de pierres celui là même où il avait établi son camp,  Otba ayant requis leur aide fonda alors la ville de Baçra.

Sa’d fils d Abou Waqqàç avait construit près du Tigre la ville de Koufa la ville de Madàïn se trouvait ainsi située entre Koufa et Baçra mais plus près de cette dernière Otba adressa à Omar une lettre conçue en ces termes :  » Je me suis rendu à l’endroit que tu m as désigné et j’y ai construit la ville de Baçra. Je me trouve plus rapproché des Perses que la garnison de Koufa. Je fais journellement des courses contre eux et je leur ai inspiré une grande terreur.  Si j’avais à ma disposition une armée je m’emparerais de Madàïn . »



Le dar al-Imara de Kufa fut construit à la base par utba ibn Ghazwan mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade ubayd Allah ibn Ziyad..
Le dar al-Imara de Kufa fut construit à la base par Utba ibn Ghazwan mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade ubayd Allah ibn Ziyad..Ruines du Dar al Imara de Kufa (Rashidun et Omeyyade),  Kufa ville fondé par Sa’d ibn Waqqas  par Ordre d’Omar ibn al-Khatab  radi Allah anhum en 639

Iraq, Kufa 639 (Califat Rashidun)

Kûfa (الكوفة [al-kūfa]) est une ville d’Irak, environ 170 km au sud de Bagdad, et à 10 km au Nord-est de Nadjaf. Elle est située sur les rives du fleuve Euphrate. La population en 2003 était estimée à 110 000 habitants. C’est la deuxième ville de la province de Nadjaf.

Sur une décision du calife `Omar  ibn al-Khatab radi Allah anhu, Koufa a été construite pour être un pôle d’immigration arabe dans le sud de la Mésopotamie, et de devenir la capitale. Les Arabes recherchaient un endroit où ils ne souffriraient pas de maladies. À l’emplacement de Koufa, il y avait une ville Sassanide qui faisait partie d’une province perse.

Les quartiers arabes de la ville ont été construits en 638, à peu près au même moment qu’à Bassora, quand les armées arabes combattaient les Sassanides. La ville fut construite en briques cuites. On commença par construire la mosquée au centre de la ville à 1,5 km de l’Euphrate. On creusa un réservoir d’eau prévu pour 20 000 habitants. La population de Koufa était formée d’immigrants arabes venant soit de la région de La Mecque, soit du sud de l’Arabie, Yémen et Hadramaout, certains d’entre eux étaient chrétiens ou juifs.

En 655, les habitants de Koufa soutiennent `Alî contre le calife `Uthman (Radi Allah anhum).

Lorsque `Alî est devenu calife, il a déplacé son quartier général à Koufa pendant qu’il se préparait à la bataille avec Mu`âwîya qui menait une révolte à partir de la Syrie. `Alî fit creuser un puits dans la ville (656).

`Alî a été tué à Koufa (661), et enterré dans la ville voisine de Nadjaf. Après l’accession de Mu`âwîya au califat, Koufa est devenue la base des partisans (chiites) d’`Alî et des kharijites. Plus tard ses habitants abritèrent son fils Husayn.

Vers 670, une digue fut construite pour protéger la ville des crues du fleuve.

En 685, Koufa fut le théâtre de la révolte Kharijite de al-Mukhtâr.

C’est de Koufa que partit la révolution abbasside qui allait renverser les Omeyyades (750).

récit de la Fondation de Kufa  par l’Imam at-Tabari : 

 « Omar répondit qu’elle devait conserver son campement actuel.

 Or les soldats tombèrent tous malades.  Alors Omar écrivit à Sa’d une lettre en ces termes :

»Il faut aux Arabes l’air d ‘une contrée dans laquelle se trouvent des chameaux des moutons et des pàturages voilà l’air qui leur convient.  Maintenant cherche à savoir des habitants du Sawàd où il ya des prairies et des moutons et établis ton camp à cet endroit » . Sa’d ayant parcouru toute la contrée trouva le climat de Koufa le plus convenable car l’air de Koufa est aussi sain que celui du désert et le pays n’était cultivé qu’en partie.

 En conséquence Sa’d y établit son camp. La mosquée du vendredi que l’on voit encore aujourd hui à Koufa fut construite alors Sa d jeta aussi les fondements de la ville . » 



Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la pris de l'Egypte
Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la pris de l’Egypte

Egypte, Fostat 641 (Califat Rashidun)

Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l’Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes en 641.

Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié.

La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d’environ 200 000 habitants.

La ville était le centre du pouvoir administratif de l’Égypte jusqu’en 1168, lorsqu’elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses.

Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin.

Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l’endroit une simple décharge, bien qu’une population de quelques milliers d’habitants continuât d’y vivre par le commerce de poteries.

Amr établit un camp quasi permanent au nord de la forteresse de Babylone d’Egypte. Puis ‘Amr y fonde à la suite de la chute d’Alexandrie en 642 la nouvelle capitale de l’Égypte : Fostat. Le nom aurait pour origine le mot grec fossaton (fossé). À proximité de l’ancienne la forteresse de Babylone, sur la rive orientale du Nil, le site de Fustât permet de contrôler le delta tout en étant situé au point de passage le plus commode pour traverser le fleuve, à la jonction entre la Haute et Basse-Égypte. La ville nouvelle, qui se construit autour de la forteresse de Babylone, occupe environ de 600 à 800 hectares en forme un conglomérat assez lâche augrès des concessions tribales (khitta) qui forment les premiers quartiers (hâra). ‘Amr construit une modeste mosquée en brique, un bain public et une forteresse au centre de la ville où un port prend forme et avec lui des quartiers commerçants. Un pont de bateaux est jeté en direction de Gîza. L’un des objectifs de la conquête égyptienne étant de fournir en céréales l’Arabie, ‘Amr commence la construction d’un canal entre le Nil et la mer Rouge qui commence à la limite nord de sa fondation. La construction de ce canal fut abandonné un siècle plus tard sous le califat d’Al-Mansûr l’Abbasside. En 644’Amr est rappelé par le nouveau calife ‘Uthmân. Il laisse derrière lui une capitale organisée qui compte déjà une dizaine de milliers de combattants arabes dans un pays soumis mais encore entièrement chrétien.

Durant son premier siècle au sein du califat, Fustât se transforme en véritable ville et profite du déclin d’Alexandrie. Tandis que la forteresse de Babylone conserve, au cœur de la ville nouvelle, son autonomie politique et ethnique (elle est peuplée par les indigènes coptes), Fustât reçoit l’apport de nombreuses populations arabes et non arabes (militaires, ruraux, serviteurs, artisans) qui s’installent au nord de la ville. Fustât devient une ville cosmopolite (mêlant des populations arabes, grecs, coptes, juives…) et devient, autour de son port et de son chantier naval, le centre politique et économique de la nouvelle province et le siège d’une cour provinciale qui rayonne sous l’autorité d’un préfet nommé par le calife. Il s’entoure de poètes et se fait construire une résidence somptueuse (La Maison dorée). La mosquée de ‘Amr est régulièrement agrandie et sa surface décuple jusqu’en 711. L’urbanisation, assez simple lors de la fondation, se densifie et s’étend principalement vers l’est et le sud. Les rues sont étroites, irrégulières, rarement pavées et forment un maillage complexe et anarchique (on a retrouvé un carrefour de sept rues près de la mosquée Abû al-Su’ûd). La population de la ville dépasse les 100 000 habitants.



Djeddah en 1938, en Arabie ville qui étais un simple petit port de pèche qui ensuite fut transformé par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l'an 26 de l'hégire 647 JC, en grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.
Djeddah en 1938, en Arabie Saoudite ville qui étais un simple petit port de pèche qui ensuite fut transformé par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l’an 26 de l’hégire 647 JC, en grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.

Arabie-Saoudite, Jeddah 647 (Califat Rashidun)

Ibn Battuta, le voyageur berbère du Moyen Âge, visita Djedda durant son périple à travers le monde. Il écrivit le nom de la ville dans son journal de bord « Juddah »

Les excavations de la vieille ville d’Al Balad suggèrent que la tribu Yéménite des Banu Quda’a (بني قضاعة) fonda un village de pêcheurs (522 avant JC) après avoir quitté le Yémen central pour se rendre à La Mecque après la rupture du barrage de Marib au Yémen

Le troisième Calife Rashidun,  ‘Othmân ibn ‘Affân (radiAllah anhu) changea en 647 apr. J.-C. le port petit de pécheur en port d’accueil des pèlerins pour le Hajj.

Depuis lors, Djedda s’est imposée comme la plus grande ville de la province historique du Hijaz.

Il existe au moins deux explications à l’origine du nom de “Djedda” :

  • La première viendrait du nom du chef du clan Quda’a : Jeddah Ibn Helwaan Al-Qudaa’iy.
  • La seconde thèse, la plus commune, est que ce nom est dérivé de “Jaddah” c’est-à-dire « grand-mère » en arabe, le tombeau d’Ève, est situé à Djedda  (Jayussi, Salma; Manṣūr Ibrāhīm Ḥāzimī; ʻIzzat ibn ʻAbd al-Majīd Khaṭṭāb Beyond the Dunes I B Tauris & Co Ltd, p. 295.)


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Arabie Saoudite, Hafar Al-Batin, 644-656 (Califat Rashidun)

Hafar Al-Batin (ar:حفر الباطن) est une ville du nord de la province orientale d’ach-Charqiya en Arabie saoudite, située à 90 km de la frontière du Koweït et à environ 70 de celle de l’Irak. La ville est située dans la vallée de l’oued Al-Batin, faisant partie du Wadi Al-Rummah (en), qui relie Médine au golfe Persique. Le mot batn qui se trouve en tête de plusieurs dénominations locales en Arabie signifie un creux et se dit particulièrement du ventre. Le mot batn indique un lieu moins profond que le terme wadi

Le nom de Hafar Al-Batin (arabe : حفر الباطن) est dérivé de ce qui veut dire «le trou de la vallée d'Al-Batin
Le nom de Hafar Al-Batin (arabe : حفر الباطن) est dérivé de ce qui veut dire «le trou de la vallée d’Al-Batin ».

Au premier siècle de l’hégire, en 638 Jc , Hafar Al-Batin était juste une route dans le désert, traversée par les pèlerins musulmans, sans aucun approvisionnement possible en eau. Durant le règne du calife Uthman ibn Affan (644 AD – 656 JC), les plaintes des pèlerins ont été entendues par Abou Moussa al-Asha’ari, un compagnon du prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : on a creusé de nouveaux puits le long de cette route dans la vallée d’Al-Batin.



Ruines de la cité musulmane d'Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650
Ruines de la cité musulmane d’Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650 JC par le calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu

Jordanie, Ayla 650 (Califat Rashidun)

Ayla (arabe : آيلة) est une ancienne cité musulmane qui fut établie sur le site de l’actuelle Aqaba en Jordanie. Elle fut l’une des premières ville islamique fondée en dehors de la péninsule d’Arabie. Ses ruines se trouvent au nord-ouest de l’actuel centre de la ville.

La cité fut initiée vers l’année 650 par le calife Othman Ben Afan. La ville a prospéré de 661 à 750 sous les Omeyyades puis au-delà sous les Abbassides (750-970) puis les Fatimides (970-1116). La ville a décliné vers la fin du xiie siècle suite à des tremblements de terre, et les attaques de Bédouins et de Croisés. Baudouin Ier de Jérusalem prend la ville en 1116 sans grande résistance.

Ayla profita de sa position-clef en tant qu’étape importante sur la route vers l’Inde et des épices arabes (encens, myrrhe), entre la mer Méditerranée et la péninsule Arabique. La ville est par ailleurs évoquée dans plusieurs récits des Mille et Une Nuits.



Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade de Kairouan fondé par le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri 670
Vue aérienne de la ville et mosquée omeyyade de Kairouan fondé par le compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri en 670

Tunisie, Kairouan 670 (Les Omeyyades)

C’est vers 670 que les Arabes musulmans, sous la conduite de Oqba Ibn Nafi Al Fihri, fondent la ville dans le but d’en faire un point d’appui dans leur campagne de conquête de l’Afrique du Nord.  Elle serrai situé a 12 km de la ville d’Al-Qarn fondé par Muawiya ibn Hudayj al-Kindi en 654-5 dont l’emplacement est pas vraiment localisé.  Pour résumer :
1) Al-Qarn daterait de l’an 665 J.-C, lorsque le dirigeant Mu’awiya ibn Hudaij (665-666) campe à al-Qarn situé 10 km au nord de l’actuelle Kairouan, le site est placé dans les montagnes d’al-Bâten.
2) La seconde tentative est attribuée à ‘Uqba (666-674), qui érigea en 670 Kairouan. Il bâtit, la mosquée, le palais de l’émir et les maisons.
-3) En 675 ‘Uqba est destitué, Abû al-Muhâjir Dinâr, est nommé. Il démolit Kairouan et s’installe à quatre milles au nord de la ville, peut-être dans la région actuelle de Drâa al-Tammâr. Il baptisa sa nouvelle cité : Tikrawân.
4) En 681, ‘Uqba ( 681-683) est reconduit dans ses fonctions, il réinstalle son camp de nouveau à Kairouan.

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de al-Qarn :  » Muawiya Ibn Khodeidj  al-Kindi (665-666) campa au pied d’une colline située à dix parasanges à l’occident de Kamounia (al-Mâlikî relate l’existence d’une forteresse byzantine nommée Qamûniya à l’intérieur même de Kairouan) .Il y essuya un tel temps de pluie qu’il disait : Notre montagne est la bien arrosée ; et ce nom est resté à la montagne jusqu’à ce jour. Il dit ensuite : Marchons à ce pic de montagne (karn) ; et ce lieu fut appelé Karn dans la suite.  (..) « Chaque matin il livrait combat aux habitants, mais, aussitôt passé midi,[29] il se retirait dans son camp à Karn. »

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de al-Qayrawan « Quand Okba et les musulmans se furent accordés sur la nécessité de fonder la ville de Kairewan, il les mena à l’emplacement qu’elle devait occuper, et qui était alors couvert d’un fourré impénétrable. »

Selon Ibn Khallikan, Kairouan fut ainsi nommé parce qu’une caravane, kirwân, avait fait halte sur le lieu où la ville fut bâtie plus tard.— Voyez l’édition fr d’Ibn Khallikan, t. I, p. 19 du texte arabe, et t. I, p. 35 de la traduction.

Al-Nuwayri reviens sur la fondation de Tikarwan par Abu Mhajir Dinar (674-681) « Ceci eut lieu en l’an 55 (675 de J. C). Le nouveau gouverneur se rendit à sa destination ; mais, ayant de la répugnance à se fixer dans la ville fondée par Okba, il alla camper à deux milles de là, et y traça les fondations d’une autre ville, afin de perpétuer le souvenir de son nom et de rendre inutile l’ouvrage de son prédécesseur. Cette nouvelle ville fut nommée par les Berbers Bi-Geirewan. Quand la construction en fut commencée, il ordonna qu’on détruisît la ville d’Okba, et celui-ci en fut tellement indigné, qu’il se rendit auprès du khalife Moawia, et lui adressa ces paroles : C’est pour toi que j’avais attaqué et subjugué cette province ; j’y ai bâti des mosquées, établi des lieux de halte (pour les voyageurs), et donné au peuple (musulman) des domiciles fixes ; et tu viens d’y envoyer un esclave des Ansars[38] qui m’a remplacé en m’insultant ! « 

Destruction de Tikarwan et retour a Kairouan par al-Nuwayri : « son arrivée (Okba ibn nafi) il mit Abou’l-Mohadjir aux fers, ordonna la destruction de la ville que celui-ci avait commencée, et ramena le peuple à Kairewan. »

L’emplacement choisi pour la fondation de Kairouan, à l’intérieur des terres, semble particulièrement inhospitalier mais se situe suffisamment loin de la côte pour éviter les assauts de la flotte byzantine contrôlant alors la mer Méditerranée. Il fait aussi face aux montagnes qui sont le refuge des Berbères. De plus, les conquérants de la première génération ne tiennent compte que des lieux propres à la nourriture de leurs montures. Kairouan possède alors une double fonction militaire et religieuse, assurant à la fois la guerre sainte et la défense des terres nouvellement conquises.

Selon Ibn al-Athir : « En 55 (5 décembre 674), toutes les constructions (de la ville de Kairouan) étaient achevées et habitées, sans que, pendant le cours de la construction, on cessât de faire des expéditions et de recueillir du butin. »

Selon Hicham Djait « Les rues (de Kairouan) convergeaient vers des places appelées Rahba, telles celles des Qurayshites et des Ansâr. Un peu partout, disséminés à l’intérieur de la ville, se trouvaient des marchés et des mosquées de quartier. Les sources nous citent le souk des Banû Hâshim, celui d’al-Ahad, le souk des Juifs, de Dâr al- Imâra et le souk al-dharb. Les mosquées de quartier sont soit des mosquées de clan, soit des mosquées privées prolongeant la demeure (dâr) de tel ou tel personnage. Les chroniqueurs en comptent sept de ce dernier type, datant du Ier siècle : mosquée des Ansâr, mosquée de la Zitûna fondée par Ismâ’il ibn {Obayd al-Ansârî surnommé le « commerçant de Dieu » pour ses actions pieuses (93 H.), mosquée de Abu Maysara, mosquée de Abu cAbd-ar-Rahmân al-Hablî dans le quartier de Azhar (100 H.), la mosquée de Hanash as-Saneânî (à Bâb al-Rîh ou porte du Vent) , celle de ‘ АИ ibn Riyâh al-Lakhmî, mosquée du Samedi. »

source: Djait Hichem. L’Afrique arabe au VIIIe siècle (86-184 H./705-800). In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 28e année, N. 3, 1973. pp. 601-621



La mosquée du vendredi de Shiraz en Iran, appelé aussi al-masjid i Atiq, fut construite en 875 par l'émir de la dynastie iranienne des Saffarides Yaqub ibn al-Layth (861-879) et fini lors du règne de Amr ibn al-Layth (879-901)
La mosquée du vendredi de Shiraz en Iran, appelé aussi al-masjid i Atiq, fut construite en 875 par l’émir de la dynastie iranienne des Saffarides Yaqub ibn al-Layth (861-879) et fini lors du règne de Amr ibn al-Layth (879-901)

Iran, Shiraz, 684 (Les Omeyyades)

Shiraz ou Chiraz (en persan : شیراز) est une ville du sud-ouest de l’Iran. C’est la capitale de la province du Fars.

 La ville musulmane de Shiraz (Fars, Iran) fut fondée en 684 sous les Omeyyades sur le site d’une antique cité « Pishdadhide » ( dans région de Persepolis) conquise par les armées du califat Rashidun en 641, elle servie au arabes lors du siège d’Istakhr capitale sassanide de la province du Fars., elle est devenu capitale Omeyyade du Fars en  693 (Ian Richard Netton – 2013 Encyclopedia of Islamic Civilization and Religion p.597-9)

Description de Shiraz en Iran et sa fondation Omeyyade  par Abu al-Feda  :

« Shîràz dit Ibn Hauqal est une ville moderne qu’ont fondée les Musulmans. Elle a été construite ou plutôt rebâtie par Mohammad ibn al Qâsim ibn Abi Aqîl cousin de Haddjâdj ibn Yoûsof ath Thaqafï. Schîrâz continue t il a été ainsi nommée par comparaison avec le ventre du lion qui engloutit tout. En effet toutes les denrées des environs sont apportées à Schiràz et rien n’est exporté de cette ville en aucun autre endroit. C’est à Shîrâz que se trouve le tombeau du fameux grammairien Sîbawaïhi. Shîrâz dit l’auteur de l’Azizi est une grande et spacieuse ville où les maisons sont larges luxueuses et abondamment pourvues d’eau. Ses habitants boivent l’eau de sources dont les ruisseaux parcourent la ville et pénètrent dans les maisons. Il n’est guère de maison à Shîrâz qui n’ait un beau verger et des eaux courantes. Les marchés de Shirâz sont en bon état et importants » (p.97, Géographie d’Abulfeda)

Shiraz aurait été un simple campement musulman jusqu’à ce qu’un cousin, du célèbre Hajjaj ibn. Yusuf At-Taqafi l’aurai développé en une ville en 693 (Eṣṭaḵri, pp 124-25;. Ebn Hawqal, p 279;. Ḥodudal-Alam, éd Sotuda, p 130, tr Minorsky, p 126;…. Schwartz,l’Iran II, pp . 43-44;. Le Strange, Lands, pp 249-50)

File:Sibuye1.jpg
Le tombeau de Sibawayhi (760-796) , plus vieux monument de Shiraz

Pendant 2 siècles, la ville fut la résidence des gouverneurs arabes du Fars. Le seul monument de cette période arabe est le tombeau du grammairien de langue arabe,  d’origine persane Abū Bishr ibn Amr ibn’Uthmān Qanbar Al-Basri  ( dit al-Sibawayhi; 760- 796) dans le quartier Bāheliya (IranicaEncyclopedia) .



Vue sur la médina de Tunis, ville fondé par le général Ghassanide Omeyyade Hassan ibn Numan al-Ghassani (puisse Allah lui faire miséricorde) lors de la chute de Carthage en 698
Vue sur la médina de Tunis, ville fondé par le général Ghassanide Omeyyade Hassan ibn Numan al-Ghassani (puisse Allah lui faire miséricorde) lors de la chute de Carthage en 698

Tunisie, Tunis 698 (Les Omeyyades)

Fondée en 698 par les Omeyyades autour du noyau initial de la mosquée Zitouna, elle développe son tissu urbain tout au long du Moyen Âge, vers le nord et vers le sud, se divisant ainsi en une médina principale et en deux faubourgs au nord (Bab Souika) et au sud (Bab El Jazira).

Devenue capitale d’un puissant royaume à l’époque hafside, foyer religieux et intellectuel et grand centre économique ouvert sur le Proche-Orient, le Maghreb, l’Afrique et l’Europe, elle se dote de nombreux monuments où se mêlent les styles de l’Ifriqiya aux influences andalouses et orientales mais qui empruntent également certaines de leurs colonnes ou leurs chapiteaux aux monuments romains ou byzantins.



Ruines de Rustam-Gavadh (ville sassanide) détruite par les Arabes sur le site de Askar Makram

Iran, Askar Mukram, 690-700 (Les Omeyyades) 

Askar Mukram.(«le Camp de Mukram»), anciennement, ville bâtie sur le site d’un camp dressé par un chef arabe, nommé Mukram, qu’al-Ḥaj̲j̲āj̲ ibn Yusuf émir Omeyyade d’Irak (661-714) avait envoyé au Ḵh̲ūzistān pour y réprimer une révolte qui avait éclaté près d’al-Ahwāz.

Ce camp ou ce cantonnement se trouvait à côté des ruines de Rustam Ḳawād̲h̲ (déformé par les Arabes en Rustaḳubād̲h̲), ville sāsānide que les Arabes musulmans avaient détruite. ʿAskar Mukram était située sur les deux rives du canal Masruḳān (moderne Āb i-Gargar) Par contre  sa fondation est attribuée selon al-Baladhuri à Mohammad ibn Moṭarref (al-Bāhelī?)  ordonner par le général Moussab ibn Zobayr lors de la répression de la révolte d’Ibn Zubayr, vers 690, et selon Yakut elle le fut par Mohammad Haret al-ibn Muza, général d’Al-Hajjaj ibn Yussuf gouverneur d’Irak.

Enfin selon Ibn Khalikan, elle fut fondé par Mokram al-Bahili.

source : al-Baladhuri  al-Futuh Buldan,  p. 383. Streck, M.; Lockhart, L. »ʿAskar Mukram. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, et Ibn Khallikan dictionnaire biographique p383


Ruines de la ville Omeyyade d'al-Wasit fondé par le général al-hajjaj ibn Yusuf al-Taqafy en 702
Ruines de la ville Omeyyade d’al-Wasit en Irak fondé par le général al-hajjaj ibn Yusuf al-Taqafy en 702

Iraq, al-Wasit, 702 (Les Omeyyades) 

La ville de Wâsit a été fondée  par le général Omeyyade Al-Hajjaj ibn Yusuf at-Taqafi en 702 pour être sa résidence lui permettant de contrôler la frontière avec la Perse.

Elle a été nommée Wasit par son fondateur Al-Hajjaj ibn Yusuf at-Taqafi car elle est à mi-chemin de Bassora et Bagdad sur la rive gauche du Tigre.

Elle était destinée à être un centre administratif pour l’Irak. La circonférence de la ville ancienne est de 16 km. Elle a été abandonnée au xviie siècle3 après un changement dans le tracé du lit du Tigre.

La plus grande partie des bâtiments de Wâsit sont en briques. Des fouilles ont été effectuées entre 1936 et 1942 et reprises seulement en 1985. La grande mosquée laisse entrevoir quatre couches successives de constructions du xive au viiie siècle4. On a retrouvé une partie du palais de l’émir contre la mosquée du côté de la qibla. Un bâtiment nommé le « minaret » a été dégagé avec un mausolée et une école datant d’avant le xive siècle.



La ville de Anjar fondé par le calife Omeyyade al-Walid Ibn Abd Al-Malik (705-715), Liban

Liban, al-Anjar 705-715  (Les Omeyyades)

`Anjar est l’unique site du Liban datant de l’époque omeyyade. `Anjar n’a été découverte par les archéologues qu’à la fin des années 1940.`Anjar diffère des autres sites archéologiques du Liban qui peuvent parfois se prévaloir d’une histoire ininterrompue depuis leur fondation à nos jours. `Anjar paraît n’avoir vécu que quelques décennies au début du VIIe siècle de notre ère. `Anjar conserve toutefois son mystère : est-elle construite sur l’emplacement de la ville antique Chalcis ?

De plan rectangulaire, sur le modèle de la ville ou du camp romain sur un rectangle de 370 m sur 310 m. La ville est entourée d’un mur de sept mètres de hauteur et de deux mètres d’épaisseur, cantonné de trente-six tours et de quatre tours d’angle circulaires. Cette enceinte est construite de pierres calcaires formant les parements intérieur et extérieur, comblés d’un remplissage de pierres brutes, de cailloux et de mortier.

Les deux voies principales, ornées de colonnades, se coupent sous un tétrapyle comme à Palmyre ou à Apamée. La ville a toutes les apparences d’une ville romaine et cela bien qu’elle soit l’œuvre du calife Omeyyade Al-Walid Ier. Le mystère de cette cité est qu’elle n’a vécu que quelques décennies. Les archéologues ont réussi à redonner vie à cette belle résidence dans les années 1950.

En 744, le calife Omeyyade Ibrahim, fils de Walid, fut défait et dès lors la ville partiellement détruite fut abandonnée.



Reconstitution d’al-Jazira al-Khadra au 14eme siècle Espagne.

Espagne, Al-Jazira al-Khadra 711 (Les Omeyyades) 

Al-Jazira al-Khadra a été fondée par les Omeyyades en 711 sur les ruines de l’ancienne ville romaine de Iulia Traducta . Les Omeyyades après avoir atterri à Gibraltar et fini sur une petite île à l’ouest de la baie d’Algésiras, ils ont établi une base provisoire.

Ils ont du la quitté pour faire face aux troupes wisigothiques de roi Roderik, sur l’île il ne restais donc qu’ un petit détachement avec la femme de Tarik ibn Ziyad, Umm Hakim, Tarik nomma l’endroit Jazirat Umm Hakim, ou l’île de Umm Hakim. Après la bataille de Guadalete les troupes arabes ont poursuivi la conquête de la péninsule et la petite base temporaire sur l’île a déménagé ver la côte, là une vraie ville appelée Al-Jazira Al-Khadra (الجزيرة الخضراء) fut créé.

La médina est construite rapidement une mosquée et un palais; et un port qui a servi de tête de pont dans l’arrivée des nouvelles troupes omeyyades stationné en Ifriqiya et à Ceuta, il y avais un mur avec des tours qui encerclais le vieux bourg, qui a du être reconstruit entre 852 et 886 JC pour éviter les attaques des Vikings comme celle de 859 ou 62 navires au large de la ville, ont attaqué et détruit la mosquée fondé en 711 (donc aucun vestige).

Comme on le sait dans le Vieux Village, il y avait au moins deux mosquées, la Grande Mosquée et la Mosquée à au  bannières, une citadelle fortifiée et un chantier naval ou arsenal.

Selon les sources médiévales la mosquée Al-Jama d’Algésiras à été construit par Abd ar-Rahman I l’Omeyyade lors de son arrivée en Andalousie après la révolution Abbasside (756) et l’architecte étais Abd-Allah ibn Khalid.



Ramla, Palestine occupée par Israel

Palestine, Ramla 716 (Les Omeyyades) 

Selon le géographe arabe 9ème siècle Ya’qubi, ar-Ramleh (Ramla) a été fondée en 716 par le gouverneur du district Filastin (Jund Filastin), Sulayman ibn Abd al-Malik, le frère et successeur de calife Walid Ier. Son nom est dérivé du mot arabe Raml (رمل), ce qui signifie sable. Les premiers habitants sont venus de proximité Ludd (Lydda, Lod). Ramla a prospéré comme la capitale de Jund Filastin, qui était l’un des cinq districts de la province ash-Sham (Syrie) duomeyyade et abbasside empire.

Selon le géographe arabe du 9ème siècle al-Ya’qubi , ar-Ramleh (Ramla) a été fondée en 716 par le calife Omeyyade Sulayman ibn Abd al-Malik , et son nom est dérivé du mot arabe Raml (رمل) – ce qui signifie sable. Les premiers habitants sont venus proximité de Ludd (Lydda, Lod ). Ramla a prospéré comme capitale du Jund Filastin , qui était l’un des cinq districts de la province de bilad al-Sham (Syrie) des Empires Omeyyade et Abbasside . Au 8ème siècle, les Omeyyades ont construit la Mosquée blanche . Ramla étais la principale ville et capitale du district jusqu’à l’arrivée des Croisés au 11ème siècle. La Mosquée Blanche de Ramla a été salué comme la plus belle du pays, en dehors de Jérusalem. Les vestiges de cette mosquée, flanqué d’un minaret ajoutée à une date ultérieure, sont encore visibles aujourd’hui. Dans la cour sont des citernes d’eau souterraines de cette période.



Al-Qalat Ayyoub de nos jours Calatayud s'étend au pied d'un dispositif défensif arabe Omeyyade datant du 9e siècle. Il s'y concentre les vestiges de cinq châteaux : celui de Ayub à l'image , de la Torre Mocha, de la Reloj, de la Peña et celui de la Doña Martina. Les deux premiers sont les plus hauts. Le dernier est le plus ancien. La muraille de quatre kilomètres qui unit l'ensemble est en partie conservée. Calatayud (en arabe,قلعة أيوب, qala`at 'ayyûb : forteresse d'Ayyoub) est une commune espagnole de la province de Saragosse
Al-Qalat Ayyoub de nos jours Calatayud  une commune espagnole de la province de Saragosse

Espagne, al-Qalat-Ayyoub, Calatayud , 716 (Les Omeyyades)

Le fondateur de Calatayud est Ayyŭb ibn Habib al-Lakhmi en 716 voici le récit de sa fondation :

« An 96 de l’hégire 715 de J C. Afin d’empêcher que la mort d’Abdel Aziz al-Lakhmi, n’entraînât l’Espagne dans l’anarchie les généraux et les autres principaux Musulmans élurent pour wali ou gouverneur Ayoub cousin germain de cet émir et fils d’une sœur de Mousa ibn Nusayr. Ayoub par ses talents supérieurs non moins que par sa naissance avait la plus grande influence dans les affaires. Il transféra le siège du gouvernement de Séville à Cordoue afin d’être plus au centre pour surveiller les provinces du Nord qu’il voulait visiter. Il vint en effet à Tolède puis à Saragosse écoutant les plaintes et redressant les torts. Il fit relever plusieurs villes et places fortes ruinées entre autres celle qui porte encore son nom Calatayud par corruption de Calât Ayoub forteresse d’Ayoub . Il visita les places frontières vers les Pyrénées Orientales et pourvut à leur sûreté. Il gouvernait l’Espagne depuis près de deux ans 3 avec autant de prudence que d’intégrité lors que Yezid ben Abon Moslema wali d’Afrique chargé en cas de vacance de pourvoir au gouvernement de l’Espagne à cause de la distance qui la séparait de Damas connaissant la haine du khalife contre les parents de Mousa ibn Nusayr et ayant découvert qu’Ayoub appartenait à cette famille annula son élection et le remplaça par Al Hurr Ibn Abd al-Rahman al-Taqhafy ( 716 et 719) » (source : « L’art de vérifier les dates.. ».éd. in-8°, t. n, p. 311 )

Al-Qalat Ayyoub s’étend au pied d’un dispositif défensif arabe Omeyyade datant du 8 et 9e siècle. Il s’y concentre les vestiges de cinq châteaux : celui de Ayyub à l’image (716 jc) , de la Torre Mocha, de la Reloj, de la Peña et celui de la Doña Martina. Les deux premiers sont les plus hauts.

Le dernier est le plus ancien. La muraille de quatre kilomètres qui unit l’ensemble est en partie conservée. Calatayud (en arabe,قلعة أيوب, qala`at ‘ayyûb : forteresse d’Ayyoub)



Site archéologique de Madinat Ilbira

Espagne, Madinat Ilbira (718-60 jc) (Les Omeyyades) 

Madinat Ilbira (718 jc) en Espagne (al-andalus) aurait été construite en 718 par le tabi3i Hanas ibn Abd Allah al-San’ani mais ce fut Abd al-Rahman (756-788) qui lui donnera sa forme finale.

Selon « Studia Islamica », 109 (2014/1), pp. 62-116, et « Toponimia, Historia y Arqueología del Reino de Granada » de l’Université de Grenade, et les sources comme le géographe arabe al-Himyari ce fut «‘Abd al-Raḥmān ibn . Mu’āwiyya ad-Dakhil (756-788) qui  fonda Madīnat Ilbīra,  al-Ḥimyarī, signalât la construction de sa grande mosquée par Ad-Dakhil, elle périclita suite aux crises internes lors de la 1er fitna Omeyyade de  Cordoue  (vers la fin du 9e siècle) et son abandon en 1013 au profit de la construction de la ville de Gharnata (Grenade). De même, selon toujours l’université de Grenade : « certains aspects urbanistiques et concernant la composition ethnique et sociale de la ville sont retracés. A travers les statistiques élaborées à partir des données des savants, nous avons de même essayé rendre compte de la relation entre le nombre de savants et l’évolution de la ville. Compte tenu de ces données, Ilbīra aurait vécu ses années d’or entre 850 et 950. » 



Fichier: CairoFustatLandscape.jpg
Il ne reste que des ruines, d’al-Askari

Egypte, Al-Askar, 750-1  (Les Abbassides)

La ville d’al-Askar  est une ville (résidence, camp militaire etc) qui a été fondée par Saleh ibn Ali émir des Abbassides en Egypte dans l’année (133 AH – 750 m) au nord de Fostat et elle fut fini en 135 h (752)

Salih ibn Ali ibn Abdallah ibn al-Abbas (711-769 CE) a été nommé comme le premier gouverneur abbasside de l’Egypte le 9 Août 750. Il a gardé le poste pendant moins d’un an, avant d’être nommé gouverneur du Jund Filastin (Palestine) en Mars 751. À ce titre, il a envoyé Sa’id ibn Abdallah dans la première expédition de pillage de l’ère abbasside contre l’anatolie byzantine.

En 136 de l’hégire, le calife Abbasside  Abu al-Abbàs as-Safah nommait son oncle Sàlih ibn ‘Alï gouverneur d’Egypte, de Palestine et d’Ifrîqiya et une armée était rassemblée à Fustàt pour envahir le Maghreb et y imposer l’étendard abbasside sur les Khawarij.

Le 8 Octobre 753 il a été nommé à nouveau en tant que gouverneur de l’Egypte, un poste qu’il a occupé jusqu’au 21 Février 755.  À la mort du calife al-Saffah – le neveu de Saleh – en 754, le frère de Salih du nom d’Abdallah a lancé une révolte en Syrie contre le nouveau calife al-Mansour, affirmant avoir été nommé par al-Saffah avant de mourir comme son successeur.  Il refusera de suivre son frère.

Malgré la rébellion d’Abdallah,  Salih et sa famille été établis comme des potentats abbassides avec en Syrie, une position de force qu’ils détenaient pour le prochain demi-siècle, comme les fils de Saleh  :al-Fadl, Ibrahim et Abd al-Malik chacun reçu les gouvernorats de Syrie et d’Egypte . 

. Son nom complet était مدينة العسكري Madinatu l-Askari « Ville de (Cantonnements) militaire» ou «Ville de (Sections) militaire »

Al-‘Askar devient le centre administratif et militaire de la province jusqu’à l’arrivée des Toulounides avec le préfet Ahmad ibn Tûlûn.

Celui-ci, nommé préfet en 868 profita des difficultés du califat abbasside pour créer un État autonome sous suzeraineté abbasside.



Salamyeh1 est une ville de Syrie située à 33 km au sud-est de Hama dans la province (muhafazah) du même nom, et à 45 km au nord-est de Homs. Elle est surnommée
Salamyeh est une ville de Syrie située à 33 km au sud-est de Hama dans la province (muhafazah) du même nom, et à 45 km au nord-est de Homs.

Syrie, Al-Salamiyya, 754 ( Les Abbassides)

La ville de Salamiyya est reconstruite par Abdullah bin Saleh bin Ali al-Abbassi en 754 de l’ère chrétienne (an 136 de l’Hégire). Elle retrouve alors ses activités et relations commerciales et évolue considérablement au cours du iie siècle et iiie siècle de l’Hégire (viiie et ixe siècles ap. J.-C.). C’est à cette époque que Salamyeh est occupée par un groupe d’Ismaéliens, dirigé par Abdallah bin Mohammad bin Ismail bin Jafar al-Sadeq (l’un des auteurs de l’ouvrage «Les Frères de la Pureté et les amis fidèles»).

Elle est surnommée « La mère du Caire » car, en 894, y est né le second calife fatimide Abû al-Qâsim al-Qâ’im bi-Amr Allah, fils de `Ubayd Allah al-Mahdi.

La ville est également connue pour être un des principaux berceaux de l’Ismaélisme



Ruines de Sijilmassa, Maroc.
Ruines de Sijilmassa, Maroc.

Maroc, Sijilmassa, 757 (Les Midrarides)

Sijilmassa ou Sidjilmassa  était une ancienne ville importante du point vue commercial au Moyen Âge, la ville se trouvait à l’emplacement actuel de la ville de Rissani au sud d’Errachidia, à 40 km au nord des célèbres dunes de Merzouga, dans la région de Tafilalet au Maroc. Actuellement, des ruines attestent de son existence.

Ibn Khaldoun nous raconte la fondation Midraride kharijite  de Sijilmassa :

« Dans les premiers temps de la domination islamique, les Miknasa qui habitaient le territoire de Sijilmasa professaient la religion des Kharijites-sofrites, doctrine qu’ils avaient apprise de certains Arabes qui, s’étant réfugiés dans le Maghreb, devinrent leurs directeurs spirituels et temporels. Les néophytes berbères se précipitèrent alors sur les contrées voisines et secondèrent Maysira dans la révolte qui bouleversa le Maghreb. Une quarantaine de leurs chefs qui venaient d’embrasser le sofrisme, s’accordèrent à répudier l’autorité du khalife légitime, se placèrent aux ordres de ‘Aysa b. Yazîd al-Aswad, personnage très considéré parmi les Kharijites, et fondèrent la ville de Sijilmasa, vers l’an 140/757. Le père de ‘Aysa avait été converti à l’Islam par les Arabes. Tous les Miknasa de cette contrée s’empressèrent d’adopter les croyances de leurs chefs. » 



La cité portuaire d'Al-Mazama , a été fondée par la dynastie des Banu Salih, servait de port à l'émirat de Nekor (9 -11e siècle) dont la capitale se situait à 12 km au sud d'Al-Hoceima. Devenu plus grand sur le site en face de l'île, donc plus important pour l'émirat, il est qualifié de port de Nekor
La cité portuaire d’Al-Mazama , a été fondée par la dynastie des Banu Salih, servait de port à l’émirat de Nekor

Maroc, Nekkor, 760 (Les Salihides)

Récit de la fondation arabe de Nekor au Maroc par la dynastie arabe des Salihides :

Ibn Khaldoun nous dit que la ville de Mezemma (al-Mazama) est en fait celle de Nokour : « Saleh (710-749) ayant reçu ce territoire comme ictâ, y fixa son séjour et eut une nombreuse postérité. Il commença  par rassembler au tour de lui les tribus ghomarites et sanhadjiennes ; et, après les avoir converties à l’islamisme, il maintint son autorité avec leur appui.

Ayant alors pris possession de Temçaman, il propagea rapidement la vraie religion parmi ces populations.

Les devoirs et obligations de la loi leur étant ensuite devenus à charge, elles retombèrent dans l’infidélité, forcèrent Saleh à quitter le pays et prirent pour chef un homme de la tribu de Nefza, surnommé Er-Rondi. Peu de temps après, elles revinrent à la foi et rappe lèrent Saleh au commandement.

Depuis lors, cechef régna sur elles jusqu’à sa mort, événement qui eut lieu à Temçaman, en l’an 132 (749-50).

Son fils et successeur, El-Motacem (749-?), prince rempli d’intelligence et de générosité, se distingua aussi par sa piété . pendant son règne, malheureusement bien court, il présida en personne à la prière publique et fit le prône (khotba) lui-même.

Son frère Idrîs (? -760), qui lui succéda, posa les fondements de la ville de Nokour sur le bord de la rivière [ainsi nommée] ; mais il laissa son ouvrage inachevé et mourut en 143 (760-1). Son fils Saîd (760-803) hérita de l’autorité souveraine et atteignit à une grande puissance.

Il habita d’abord à Temçaman ; mais, bientôt après son avènement (en 760), il termina la construction de Nokour et alla s’y établir. Nokour est la même ville qui porte, de nos jours, le nom d’El- Mezemma. Elle est située entre deux rivières dont l’une, le Nokour, descend du pays des Gueznaïa où il prend sa source dans la même montagne qui donne naissance à l’Ouergha. »



Ruines d'al-Mansurah au Sindh( Pakistan) fondé par les Abbassides 17 ans après la fondation de Baghdad , Mansura ( arabe : منصورہ) était la capitale historique de l' arabe empire Sindh .
Ruines d’al-Mansurah au Sindh (Pakistan) fondé par les Omeyyades au début vers 730-732 comme simple campement ur l’antque ville hindou de Brahmunabad pour finir sous les Abbassides en véritable métropole au règne du calife Abu Jafar al-Mansur 760-768 , al-Mansura ( arabe : منصورہ) était la capitale historique du sindh sous la domination arabe .

Pakistan, al-Mansurah, 760 (Les Abbassides)

Selon le geographe abbasside al-Massudi 893-956 le nom de Mansourah lui vient de « Mansour, fils de Djemhour, que les Omeyyades y avaient placé comme gouverneur ».

Fondation de Mansurah par Omar ibn Hafs al-Muhalabi 760-768, récit d’Abul al-Fida (1273 – 1331) :

« On lit dans le Qânoûn Mansoûrah est dans le Sind son ancien nom est Yamanhou (Brahmunabad).

Le nom de Mansoûrah Victorieuse lui a été donné parce que celui des Musulmans qui la conquit dit alors Dieu nous adonné la victoire.

Mansoûrah dit Ibn Hauqal est une grande ville qu entouré un canal dérivé de l’Indus en sorte qu elle forme comme une île. Ses habitants sont musulmans.

Le climat y est chaud et on n y voit guère que des palmiers.

La canne à sucre y croît ainsi qu un fruit gros comme une pomme et très acide auquel on donne le nom de limounah.. Mohallahî dit dans son Azîzi « Mansoûrah est une grande ville qu entouré un bras de l’Indus. Or l’Indus vient du Moltàn.’ Il ajoute que les palmiers et la canne à sucre abondent à Mansoûrah et que celte ville a été ainsi appelée par Omar ben Hafs surnommé Hèzàrmard al Mohallabî par allusion au surnom d’al-Mansoûr d’Aboû Djafar al Mansoûr le second khalife Abbâside sous le règne duquel ce général la construisit (760-768)  » 

Géographie d’Aboulféda (1273 – 1331) , Volume 2 Par Abū al-Fidāʼp15

Selon le « Le grand dictionnaire historique ou Le melange curieux de l’Histoire sacrée » p180 …de Louis Moreri la ville de Mansurah du Sindh fut construite par Abu Jafar al-Mansur le deuxième calife Abbasside. L’emplacement de Mansura a été redécouverte au début du 20e siècle par Henry Cousens sur le site de l’antique Brahmanabad.

La plus vieille source qui fait office de seule autorité sur la fondation de al-Mansura est l’historien al-Biladhuri, (Histoire des conquêtes des arabes p. 242) se basant sur al-Madaini, qui a vécu entre 752 -839.



Le vieux Baghdad, Iraq
Le vieux Baghdad, Iraq, source ; « archnet« 

Irak, Baghdad / Madinat al-Salam 762 (Les Abbassides) 

Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au viiie siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers8. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad. Ce nom est cité dans le Talmud, de deux siècles antérieur10. Mais selon l’historien Thierry Murcia, l’édition du Talmud de Babylone serait plus tardive que ce que l’on envisage actuellement. Elle remonterait seulement à la deuxième moitié du viiie siècle voire au début du ixe siècle de notre ère. Murcia estime d’ailleurs que « ce travail éditorial aurait même pu avoir été achevé dans la ville même de Bagdad »11, ce qui pourrait expliquer les mentions répétées de cette métropole dans le corpus de textes rabbiniques. Après la prise du pouvoir par les Abbassides au détriment des Omeyyades de Damas en 750, l’emplacement est choisi comme capitale du califat. Même si, à partir du xe siècle, elle a pour rivales dans cette fonction, d’abord Le Caire (avec la dynastie des Fatimides), puis Cordoue avec le nouveau califat des Omeyyades, elle joue le rôle d’une des capitales de l’islam et le restera jusqu’au milieu du xiiie siècle.

Le Bagdad des Abbassides est une ville ronde dont les dimensions ont fait l’objet de la part des auteurs arabes de nombreuses estimations différentes. Son diamètre était probablement de 2 534 m12. Elle possédait quatre portes : la porte de Syrie au N.-O., la porte de Bassora au S.-O., la porte de Koufa au S.-E. et la porte du Khorasan au N.-E.13. Elle est protégée par un fossé de vingt mètres de large et une double enceinte circulaire qui, en plus des quatre portes, comportait 112 tours. Le palais, la mosquée et les casernes se trouvent au centre, tandis que la ville constitue un anneau entre les deux remparts. La ville est dominée par le dôme vert du palais, de48,36 mètres de haut. Ce dôme qui fit la gloire de Bagdad se serait effondré en 941 à cause de la foudre. La ville ne tarda pas à s’agrandir et donc à perdre sa forme ronde originelle. Dès 773, Al-Mansur construisit au N.-E. De cette dernière, un nouveau palais, Al-Khuld, dont le nom rappelait le paradis.

Comme la ville devenait une énorme agglomération, dont la populace remuante inspirait la méfiance du calife, en 774, Al-Mansur transféra les marchés vers un nouveau quartier au sud de la Ville Ronde, qui fut appelé Al-Khark, entre les canaux Sarat et Isa. Sous son règne également, on construisit sur la rive orientale du Tigre un camp militaire pour son fils, auquel il emprunta son, Askr Al-Mahdi ou « le camp d’Al-Mahdi », que l’on appela plus tard Al-Rusafa14.

Sous Harun al-Rashid, les membres de la famille des Barmakides occupaient le poste de vizir. Jafar fit bâtir sur la rive orientale du Tigre au sud-est de Bagdad un palais qui devait jouer un rôle important dans le développement ultérieur de la ville.

En 813, le califat était déchiré par une guerre civile entre les deux fils d’Hâroun ar-Rachîd, Al-Amin et Al-Ma’mūn. Elle se termina par le siège de Bagdad par les forces d’Al-Ma’mūn. Il dura quatorze mois. Face à la défense acharnée de la population, les assiégeants détruisirent une grande partie de la ville ronde, qui ne s’en releva jamais.

À partir de Al-Mutasim (833-842), les califes abbassides achetèrent des esclaves turcs, appelés ghulams, pour se constituer une armée dont il attendaient plus de loyauté que de leurs partisans khorassaniens. Entre ces troupes turbulentes et la population de Bagdad les heurts étaient fréquents. Ce calife décida donc de déplacer sa capitale vers Samarra. En 865, le calife d’Al-Musta`in, qui se trouvait de plus en plus sous la tutelle des Turcs, quitta Samarra et retourna à Bagdad. Les Turcs ne l’entendirent pas de cette oreille et choisirent al-Mutazz comme nouveau calife. Bagdad fut à nouveau assiégée. Le gouverneur de la ville, Mohammed ibn Abadalla ibn Tahir, fit fortifier la ville et enrôla tous les habitants dans sa défense. Affamée et excédée par la durée du siège, la population manifesta son mécontentement et des émeutes éclatèrent. Le gouverneur Tahir, tout en protestant de sa fidélité à Al-Musta`in, entama des négociations avec les Turcs. En 866, ‘Al-Musta`in fut destitué puis exécuté.

Le départ du calife n’avait pas entamé la vitalité commerciale et l’éclat intellectuel de Bagdad, où, le calife Al-Mutamid revint définitivement en 892. Il s’installa dans l’ancien palais de Jafar le Barmakide. Après sa construction, il avait été cédé à Al-Manum, qui le donna à son tour à un de ses principaux serviteurs, al-Hasan b. Sahl. Il prit alors le nom de palais Hasani. Il fut ensuite occupé par sa fille Buran, veuve de al-Mamun, jusqu’au retour à Bagdad d’al-Mutamid. À ce palais vinrent s’en ajouter d’autres : al-Firdus (le paradis), al-Taj (la couronne) ainsi que al-Thuraya (les Pléiades), relié au palais al-Hasani par un couloir souterrain. Cet ensemble devint au fil du temps le Dar al-Khalifa (la demeure du Califat).

C’est à Bagdad qu’est fondée en 832 la plus ancienne Maison de la sagesse (Bayt al-hikma), sous le règne d’Al-Mamun. C’est un établissement particulièrement actif, spécialisé dans la traduction d’ouvrages en grec, pehlevi et syriaque. Des savants y viennent de tout l’empire abbasside, facilitant l’introduction de la science perse, grecque et indienne dans le monde arabo-musulman de cette époque. Astronomes, mathématiciens, penseurs, lettrés, traducteurs, la fréquentent, et parmi eux, al-Khwarizmi, Al Jahiz, al Kindi, Al-Hajjaj ibn Yusuf ibn Matar et Thābit ibn Qurra15.

La ville fut officiellement nommée Madīnat as-Salām (la cité de la paix) par son fondateur, le calife Al Mansur. Elle était également connue sous les noms de Madīnat al-Anwār (la cité des Lumières), ʿĀsimat ad-Dunyā (la capitale ou centre du monde) la ville ronde et la ville d’Al Mansour



Une mosquée fut construite par les Arabes Omeyyades ici à Tobna en Algerie (zab de l'ifriqiya), vers 706 JC sous Hassan ibn Numan ou Musa ibn Nusayr ( selon al-Bakri), et reconstruite par les Abbassides avec la ville de Tobna (palais du gouverneur, mosquées, remparts et hamam) par ordre du deuxième calife Abbasside Abu Jafar al-Mansur en 768 par le gouverneur abbasside Omar ibn Hafs al-Muhallabi al-Azdi
Une mosquée fut construite par les Arabes Omeyyades ici à Tobna en Algerie (zab de l’ifriqiya), vers 706 JC sous Hassan ibn Numan ou Musa ibn Nusayr ( selon al-Bakri) dans ce qui n’était qu’un camps dans la forteresse byzantine, et reconstruite par les Abbassides avec la ville de Tobna (palais du gouverneur, mosquées, remparts et hamam etc) par ordre du deuxième calife Abbasside Abu Jafar al-Mansur en 768 par le gouverneur abbasside Omar ibn Hafs al-Muhallabi al-Azdi (768-771)

Algerie, at-Tubnah (768) (Les Abbassides) 

Tobna avait une importance tel au temps de la domination Arabe en Ifriqiya, que son gouverneur, Ibrahim al-Aghlab s’imposera à Kairouan capitale de province, et fondera ainsi la première dynastie arabe indépendante d’Afrique du Nord.

Le géographe et Historien andalous al-Bakri (1014- 1094) reviens sur  la ville de Tobna  et sa fondation Abbasside :

« Tobna, grande ville dont le mur actuel a été construit par l’ordre d’Abu Jafar al-Mansur (le deuxième calife Abbasside). Moussa ibn Nucayr al-Lakhmi ( général Omeyyade) qui s’empara de cette place et de tant d’autres, y fit vingt mille captifs; mais leur roi, Koceila, lui échappa. Tobna est entourée d’une muraille en briques, et possède quelques faubourg et un château. Dans l’intérieur du château ce vois un djama et un grand réservoir qui reçoit les eaux des jardins apparentent à la ville. Quelques personne disent que Tobna fut Bâtie par Abou Djafar Omar ibn Hafs al-Muhalabi, surnomé Hezarmerd.La Population, dont une partie seulement est arabe, est partagée en deux fractions qui sont toujours à ce quereller et à ce battre l’une avec l’autre.Une tribu, appelé, les Beni Zekrah, habite dans le voisinage de la ville.

Voici ce que dit Muhammad ibn Yussuf :  « Le château de Tobna, énorme construction ancienne, est bâti en pierre et couronné par un grand nombre de chambres voûtées, il sert de logement aux officier qui administres la province, et touche au coté méridional du mur de la ville, il ce ferme par une porte de pierre (..) Muhammad ibn Yussuf poursuivant :  “(..) Au-dehors de Bab El Feth se trouve un vaste champ, grand comme les deux tiers de la ville et entouré d’un mur construit grâce à Omar Ibn Hafs al-Muhallabi (de la dynastie arabe des Muhalabides). »

Ibn Al-Athir  nous parle de la fondation Abbasside de Tobna dans son Kamil tarikh , histoire du Maghreb et de l’Espagne:

« En 151 (25 janvier 768), El-Mançoûr (le deuxième  calife Abbasside) nomma au gouvernement de l’Ifrîkiyya Abou Dja’far ‘Omar ben Hafç, descendant du frère d’El-Mohalleb, c’est-à-dire de K’abîça ben Abou Çofra ; nous rapportons cette généalogie à cause de la notoriété d’El-Mohalleb.

La nomination d’Omar eut pour cause les craintes conçues par El-Mançoûr au sujet de cette province, à la suite de la mort violente d’El-Aghlab ben Sâlim. Il gagna Kayrawân en çafar 151 (24 février 768), à la tête de cinq cents cavaliers, et les principaux de la ville, s’étant réunis autour de lui, furent traités par lui avec honneur et générosité. Il s’installa dans cet endroit, et pendant trois ans tout marcha bien.Il se rendit alors dans le Zâb, d’après l’ordre d’El-Mançoûr , pour y reconstruire la ville de Tobna, et laissa à Kayrawân H’abîb ben H’abîb al-Mohallebi.L’Ifrîkiyya se trouvant ainsi dépourvue de djond, les Berbères en profitèrent pour se révolter, et H’abîb, en voulant les combattre, fut tué.Les Berbères se concentrèrent à Tripoli et choisirent pour chef Abou H’âtim l’Ibâd’ite, qui était un client de Kinda et s’appelait Ya’koûb ben H’abîb.El-Djoneyd ben Bechchâr al-Asadi,[162] lieutenant d’’Omar ben H’afç à Tripoli, demanda à son chef des secours avec lesquels il pût combattre Abou H’âtim ; il en obtint, mais il fut battu et se réfugia à Gabès, où son vainqueur l’assiégea, tandis qu’’Omar, toujours au Zâb, s’occupait de reconstruire T’obna.



Site de la Tahert rustumide, près de l'actuel Tiaret, dans la partie ouest de l'Algérie La ville semble avoir été fondée par Ibn Rustum comme une cité kharijite par excellence, visant à rivaliser avec la Kairouan malékite. Ibn Saghîr, auteur « rustumide » de la fin du IXe siècle, parle d’une certaine vie agréable dans la Tâhirt de l’époque [2] : « Il n’était pas un étranger s’arrêtant dans la ville qui ne si fixât chez eux et ne construisit au milieu d’eux, séduit par l’abondance qui y régnait, la belle conduite de l’Imâm, sa justice envers ses administrés et la sécurité dont tous jouissaient pour leurs personnes et leurs biens. Bientôt on ne voyait plus une maison en ville sans entendre dire : celle-ci est à un tel de Koufa, celle-là à un tel de Basra, cette autre à un tel de Kairouan, voici la mosquée des gens de Kairouanet leur marché ; voici la mosquée et le marché des Basriens, celle des gens de Koufa. »
Site de la Tahert rustumide, près de l’actuel Tiaret, dans la partie ouest de l’Algérie
Algerie, Tahert al-Jadida 761-71 (Les Rustumides) 

La localité romaine est détruite en 681 lors de l’invasion musulmane de l’Afrique du Nord par Okba ben Nafi et les nouveaux arrivants arabes investissent les lieux ,  plus tard les rustumides d’origine persane et les Berbères kharijites comme les précédents habitants, auraient rebâti sur ses ruines une ville nommée Tahert (la neuve) al Jadida.

L’ancienne ville de Tahert al-Qadima existait avant les Rustumides (dynastie kharijite persane) les Rustumides ont fait la Tahert al-Jadida mais  pas la Qadima, car elle fut conquise par Okba ibn Nafi al-Fihri général Omeyyade en battant les berbères et les byzantins qui s’y trouvait. (Ibn Khaldoun, Ibn ab al-Hakam, al-Nuwayri)

Un atelier de frappes monétaires « abbasside ce trouvais a Tahert. En effet Tahert al-Qadima existait encore au moment où Ibn Rustum al-Farisi al-Khariji s’installa dans la région car des pièces de bronze,(fulus), furent retrouvées à Volubilis (Maroc) mais frappées dans la ville de Tahert (Madinat al-Tahart), mentionnent le nom d’un gouverneur arabe de la ville, dépendant des Abbassides de  Baghdad  source: (L’urbanisation dans l’Algérie médiévale de A Khelifa – ‎2004 et Colin G. S., Monnaies, 1936, p. 118 et 123-124 Eustache D., Monnaies de Tahert, 1962, p. 75.

Puis, entre 761 et 771, le gouverneur de Kairouan, le kharidjite  persan Abd al-Rahman ibn Rustum, chassé par les Abbassides, se réfugie dans la région avec ses fidèles, et ayant obtenu le soutien des habitants y fonde « Tahert la Neuve » (Tahert al-Gadida), la première Tahert devenant alors « Tahert la Vieille » (Tahert al-Qadima).

Ibn Saghîr, auteur « rustumide » de la fin du IXe siècle décris la ville de Tahert al-Jadida :
« Il n’était pas un étranger s’arrêtant dans la ville qui ne si fixât chez eux et ne construisit au milieu d’eux, séduit par l’abondance qui y régnait, la belle conduite de l’Imâm, sa justice envers ses administrés et la sécurité dont tous jouissaient pour leurs personnes et leurs biens. Bientôt on ne voyait plus une maison en ville sans entendre dire : celle-ci est à un tel de Koufa, celle-là à un tel de Basra, cette autre à un tel de Kairouan, voici la mosquée des gens de Kairouanet leur marché ; voici la mosquée et le marché des Basriens, celle des gens de Koufa. »



Image satellite de la ville de Raqqa construite en 772 par le 2e calife abbasside Abu Jafar al-Mansur Syrie.
Image satellite de la ville de Raqqa en Syrie, avec la muraille en forme de fer à cheval construite en 772 par le 2e calife abbasside Abu Jafar al-Mansur, Syrie, c’est vraiment le dernier rescapé type de l’architecture urbain de la baghdad abbasside

Syrie, ar-Raqqah / ar-Rafiqah (771) (Les Abbassides)

L’antique site fut fondée par le grec Séleucos II, sous le nom de Callinicum sur le site de l’antique Nicephorium, et fit partie de l’Osroène.

Elle deviens musulmane en 639 ap. J.-C. au main  du conquérant arabe musulman Iyad ibn Ghanem radi Allah anhu.

Depuis, elle a figuré dans les sources arabes  sous le nom d’ar-Raqqah.  À la reddition de la ville, les habitants chrétiens ont conclu un traité avec Ibn Ghanem radi Allah anhu, cité par al-Baladhuri . Cela leur a permis la liberté de culte dans leurs églises existantes, (avec l’interdiction d’en construire des nouvelles).

Le successeur d’Ibn Ghanem comme gouverneur du califat Rashidun d’ar-Raqqah et de la Jazira , Sa’id ibn Amir ibn Hidhyam radi Allah anhu, avait  construit la première mosquée de la ville.

Ce bâtiment a ensuite été élargie à des proportions monumentales, mesurant environ 73 × 108 mètres, avec un minaret carré en brique ajouté plus tard, dans le milieu du 10ème siècle.

La mosquée a survécu jusqu’au début du 20ème siècle, est décrit par l’archéologue allemand Ernst Herzfeld en 1907, mais a depuis disparu.

En 656, au cours de la Première Fitna , le bataille de Siffin , l’affrontement décisif entre Ali et l’ omeyyade Mu’awiya radi Allah’anhum  a eu lieu. à 45 km  à l’ouest de Raqqah, et les tombes de plusieurs des partisans d’Ali (comme Ammar ibn Yasir et Uwais al-Qarni ) sont situés dans ar-Raqqah.

La ville contenait également une colonne avec l’autographe d’Ali radi Allah anhu mais cela a été enlevé dans le 12ème siècle et emmené à  Alep dans la mosquée Mosquée de Ghawth.

L’importance stratégique d’ar-Raqqah a grandi pendant les guerres à la fin de la période omeyyade et le début du régime abbasside, et gagna en splendeur : le calife Omyyade Hisham ‘y fit construire deux palais.

Ar Raqqah-était situé sur le carrefour entre la Syrie et l’Irak et de la route entre Damas , Palmyre , et le siège temporaire du califat Resafa , ar-Ruha ‘ .

Entre 771 et 772,  le calife abbasside Abu Jafar al-Mansour à construit une ville de garnison à environ 200 mètres à l’ouest d’ar-Raqqah pour un détachement de son armée Khorassanienne. Elle a été nommé ar-Rāfiqah.

La force de l’armée impériale abbasside est encore visible dans le mur de la ville impressionnante de ar-Rāfiqah.

Ar Raqqah et-ar-Rāfiqah ont  fusionnés en un seul complexe urbain, devenu que plus grande que l’ancienne capitale des Omeyyades de Damas.

En 796, le calife abbasside Harun al-Rashid  choisi ar-Raqqah / ar-Rafiqah comme sa résidence impériale.

Pour environ treize années ar-Raqqah était la capitale de l’empire abbasside étendant de l’Afrique du Nord à l’Asie centrale, tandis que l’organe administratif principal est resté dans Bagdad .

La zone du palais d’ar-Raqqah couvrait une superficie d’environ 10 kilomètres carrés (3,9 km ²) au nord des villes jumelles.

L’un des pères fondateurs de l’école Hanafite, Muḥammad ash-Shaibani , qui était chef cadi (juge) d’ar-Raqqah.

La splendeur d’ar-Raqqah est relaté dans plusieurs poèmes, recueillis par Abu al-Faraj al-Isfahani dans son « Livre des Chants » ( Livre des Chansons ). Seule la petite, restauré Palais dit de l’Est sur les franges du quartier du palais donne une impression de l’architecture abbasside .

Environ 8 km à l’ouest de ar-Raqqah il y a un monument appelé Heraqla de la période du calife Abbasside Harun al-Rashid, ont  dit qu’il commémore la conquête de la ville byzantine de Herakleia en Asie Mineure en 806.

Après le retour de la capitale abbasside à Bagdad en 809, ar-Raqqah est restée la capitale de la partie occidentale de l’empire, y compris l’Egypte .



File:Sousse Kasbah.JPG
La Medina de Sousse

Tunisie, Sousse 787 (Les Abbassides) 

Le début de la période arabo-musulmane de Souss peut être fixé à 670, lorsqu’Oqba Ibn Nafi Al Fihri assiège l’antique ville de Hadrumete qui prend le nom de Sousse.

Elle est d’abord une petite agglomération pourvue en 787 d’un ribat et habitée essentiellement par des ascètes  et soldats chargés de la défense des côtes. De la elle deviens une véritable ville musulmane.

Le nouvel essor de Sousse vient du second prince aghlabide Ziadet-Allah Ier qui dote la ville d’un chantier naval (821) d’où partent les navires à la conquête de la Sardaigne (821), de Malte, de la Sicile (827) ou de Rome (846).


Le vieux Najjaf
Le vieux Najjaf

Iraq, Najjaf, 791 (Les Abbassides)

La ville elle-même a été fondée en 791 (178 AH) par le calife abbasside Haroun al-Rashid.

source : Encyclopedia of Islamic Civilization and Religion publié par Ian Richard Netton p478-9



Monastir en 1956
al-Monastir en 1956

Tunisie, Monastir 796 (Les Abbassides)

Selon le Dr Mohamed Salah Sayadi, la ville de Monastir serrai le premier « Kairouan » du nom d’Al-Qarn (non localisé, comme le Tikarwan d’Abu al-Muhajir Dinar) fondé par Mu’awiya Ibn Hudayj al-Kindi en 45 de l’Hégire (655 après jc). « Le premier, près de Qammouniya à al-Qarn et le second celui qui existe aujourd’hui ». Le deuxième Kairouan fondé par Okba Ibn Nafaa en 58 de l’Hégire (678 après Jésus Christ) actuellement Al-Baten (Baten al Qarn) se trouve au Nord-Ouest de la ville de Kairouan.

Le calife Abbasside Hârûn al-Rashîd aurait demandé au gouverneur d’Ifrîqiya, Harthama ibn  A‘yân, d’y édifier, en 180/796, le premier ribâṭ.

Les châteaux de Monastir selon al-Idrissi vol I p 258 « sont au nombre de trois ils sont habités par des religieux auxquels les Arabes ne font aucun mal et dont ils respectent les habitations et les vergers ». C’est à Monastir dit toujours al-Idrissi que les « habitants de la ville de Mahdia située à 3o milles vont par mer ensevelir leurs morts ». On lit aussi dans al-Bakri  notice de ME Quatremère que le grand palais de Monastir fut bâti par les ordres de Harthama ibn  A‘yân (émir Abbasside) l’an 18o de l’hégire et qu il s’y tient chaque année le 1o de Moharrem une foire importante qui attire une foule immense. Not et Ert t XII p 488 6



Ruines du bassin d'al-Abbâssiya, ville crée en l'an 800 par Ibrahim al-Aghlab
Ruines du bassin d’al-Abbâssiya, ville crée en l’an 800 par Ibrahim al-Aghlab

Tunisie, Al-Abbassiya, 800 (Les Abbassides -Aghlabides)

Description d’al-Abbasiya dans ‘ »l’Histoire de la Tunisie » : « Al-Abbàsiya est une ville princière fondée en 184/800 par Ibrahim Ibn al-Aghlab, quelques mois après son accession au trône, sur un ancien site romain dénommé Qasr al-Mâ. La ville, qui montre à travers son toponyme les liens très étroits entre les Aghlabides et les Abbassides, était nommée aussi al-Qasr al-Qadîm. Elle se trouvait à 3 km.au sud de Kairouan. Les sources, qui la présentent comme un lieu de villégiature et un camp imprenable, signalent plusieurs palais, un hôtel de la monnaie et une mosquée célèbre par son minaret rond à sept étages. De ces vestiges, rien ne subsiste. Seul un réservoir de petites dimensions est, de nos jours, reconnu. Il adopte le même parti technique que les bassins de Raqqâda à savoir : un réservoir sub-aérien consolidé par des contre forts arrondis et revêtu d’un solide mortier à tuileaux »   



Fès 801-17 (régent rachid idrisside) Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès
Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès

Maroc, Fès 801-17 (Les Idrissides) 

La ville « Médina Fès » a été fondée par le chérif alide Idris Ier en 789 à l’emplacement de l’actuel quartier des Andalous, mais la trace la plus lointaine de Fès est au niveau de la numismatique avec une pièce frappée en 801 et Idris Ier étant déjà mort, ce fut sous la régence de Rashid . En 808, le régent Rashid ibn Morshid fonde « al-Aliya » sur l’autre rive de l’oued de Fès. Al Aliya se développe très vite et devient une véritable ville avec mosquée, palais et kissariya (halle, marché).

Les sources d’eau vitales aux alentours de Fès, qui avant même sa fondation étaient connues et louées en chanson, ont sans aucun doute été un critère important lors du choix de l’emplacement pour la future métropole.

Les évolutions suivantes sont dues à deux vagues successives d’émigration : à partir de 817–818 s’installent dans la ville fondée par Idrîs Ier près de 800 familles andalouses expulsées par les Omeyyades des faubourgs de Cordoue. Peu de temps après environ 200 familles bannies de Kairouan en Ifriqiya (fuyant les persécutions des Aghlabides) s’installent sur la rive d’al-Aliya. La mosquée universitaire Quaraouiyine fondée par l’aristocrate d’origine kairouanaise Fatima el Fihriya au ixe siècle devient l’un des centres spirituels et culturels les plus importants de l’époque et participe à l’âge d’or intellectuel de la civilisation islamique. Son influence se fait ressentir jusque dans les écoles d’Al-Andalus, et au-delà vers l’Europe d’où elle attire un grand nombre de savants et de mystiques y compris chrétiens comme Gerbert d’Aurillac futur pape Sylvestre II.

Les nouveaux arrivants apportent avec eux aussi bien un savoir-faire technique et artisanal qu’une longue expérience de la vie citadine. Sous leur impulsion, Fès devient un centre culturel important et après la fondation de la mosquée universitaire Quaraouiyine le cœur religieux du Maghreb.

Fès se trouve à un emplacement particulièrement avantageux, au croisement de routes commerciales importantes, au cœur d’une région naturellement généreuse avec des matières premières précieuses pour l’artisanat (pierre, bois, argile). Ceci lui permet de développer une riche culture esthétique issue de la grande tradition de l’art arabo-andalou. Fès se trouve sur la route des caravanes allant de la Méditerranée à l’Afrique subsaharienne en passant par la grande cité commerciale de Sijilmassa (disparue au xviie siècle) dans la région de Tafilalet, ce qui augmente également son attrait économique.

Selon al-Qantara : « Le fait historique majeur du règne d’Idrîs II est sans doute l’achèvement de la fondation de Fès. Une tradition historiographique, véhiculée depuis le Moyen Âge, lui attribue à lui seul la fondation de la ville, mais les recherches historiques et numismatiques, ont prouvé que Fès a été fondée en deux étapes. D’abord, sous Idrîs Ier, un premier noyau est établi dès 789 sur la rive est de l’oued Fès ; il est appelé Madinat Fas, nom qui apparaît sur des monnaies frappées en 801 et 805. En 808, Idrîs II fonde sur la rive opposée un second centre, qui porta jusqu’au milieu du IXe siècle, le nom d’al-‘Aliyya. Le peuplement des deux noyaux est renforcé par l’arrivée en 814 de réfugiés andalous fuyant la répression qui suit la révolte du Faubourg (Rabad) de Cordoue, ainsi que par des populations originaires de Kairouan. Cet apport démographique donnera aux deux rives leurs toponymes : al-Andalus (rive des Andalous) et al-Qarawiyyîn (rive des Kairouanais). Fès restera une ville double, avec deux noyaux séparés dotés chacun d’une enceinte, jusqu’à son unification par les Almoravides au XIe siècle.

À la mort d’Idrîs II en 828, ses fils se partagent le territoire de la dynastie, et l’aîné Muhammad hérite de Fès. Le pouvoir idrisside désormais morcelé ne sera plus jamais réunifié. Les territoires gouvernés par les descendants d’Idrîs II sont essentiellement concentrés dans le nord du Maroc, avec quelques possessions dans le Tadla ou dans l’extrême sud du pays. Les Idrissides continuent à cohabiter avec d’autres dynasties locales : les Salihides de Nakkur, les Barghwatas des plaines atlantiques et les Midrarides de Sijilmasa. D’autres pouvoirs éphémères, mu`tazilites ou kharijites, sont également connus grâce à leur frappe monétaire »



basra maroc 796-803 Ruines de Basra ou Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») est un site archéologique du Maroc, devenue capitale des Idrissides, dynastie ayant régné de 789 à 985, lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides.
Basra al-Hamra  ville des Idrissides

Maroc, Basra 796-803 (Les idrissides) 

Basra ou Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») est un site archéologique du Maroc, devenue capitale des Idrissides, dynastie ayant régné de 789 à 985, lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides

La ville de Basra est fondée par les Idrissides et nommée d’après la ville de Bassora, en Irak. Elle apparaît en tant qu’atelier de frappe monétaire dès le début du ixe siècle.

Au xe siècle, le Maroc est la scène des confrontations, directes ou par alliés interposés, entre Omeyyades de Cordoue et Fatimides. En 926, les Idrissides sont chassés de Fèsmais conservent leur pouvoir sur certaines régions, principalement au nord-ouest du Maroc, dont la ville de Basra.

Le géographe arabe Ibn Hawqal, dont les voyages se déroulent de 943 à 969, décrit la ville desservie par deux ports fluviaux comme un centre de commerce florissant et une importante zone de production de coton et de céréales.

En 988, la ville est détruite par l’armée fatimide commandée par Bologhine ibn Ziri. Lorsque Léon l’Africain (1488-1548), découvre la ville, elle est intégralement en ruines. (D. Eustache, Al-Basra, capitale idrisside et son port. Hespéris, 1956, 133-195.=



Vue sur des ancienne maisons de Zabid
Vue sur des ancienne maisons de Zabid

Yemen, Zabid, 819 (Les Abbassides – Ziyyadides)

Zabid a  été fondée par Mohammed Ibn Ziyad en 819. C’est aussi la date de fondation de l’université, et le début de remarquables réalisations académiques en algèbre dans le monde arabe.

Zabid est l’une des villes côtières de la région de Tihama, dans l’ouest du Yémen, fondé par Muhamad Ibn Ziyad al-Umawi en 819 membre de la famille Omeyyade épargné par le calife abbasside al-Mamun, fondateur de la dynastie Ziyyadites.

La dynastie Ziyadide était une dynastie arabe Sunnite de souche Qurayshite par les Banu Umayyah (Omeyyades) qui régna sur l’ouest du Yémen de 819 jusqu’à 1018 à partir de la capitale de Zabid .

C’était le premier régime dynastique à exercer le pouvoir sur la plaine yéménite après l’introduction de l’islam depuis l’an 630 Jc.Zabid a rapidement acquis une réputation de ville de chercheurs.

À son apogée, sous les Rassoulides, elle offrait 5 000 places d’étudiants

Al-Khandaq, dit Candia, Chandax, actuellement Héraklion. en Crète

Crête, Al-Khandaq , 824-827 (Ribadi de Cordoue)

L’émirat de Crète est un État musulman qui exista sur cette île de la Méditerranée orientale de la décennie 820 à 961. Il fut fondé par un groupe d’Andalous exilés de Cordoue, qui conquirent la Crète.

Al Khandaq (en arabe, خندق). Ce terme qui signifie « fossé », tire son origine du fossé défensif creusé pour défendre la cité.

Jusqu’en 961, la ville se développa grâce à la piraterie contre l’empire byzantin, car les Arabes qui l’occupaient ne dépendaient d’aucune autre faction du monde musulman (Tantôt fatimide de Mahdia, tantôt Abbasside de Baghdad, avec des renforts venant d’Afrique du nord (Alexandrie, Barqa)  ou du Moyen orient (Syrie-Palestine) étant eux-mêmes andalous) et par conséquent ne se souciaient pas de diplomatie.

Cette activité leur coûta néanmoins l’indépendance et bien plus, puisqu’après onze mois de siège, en 961, le général byzantin Nicéphore Phocas, futur empereur, reconquit la ville, la pilla, massacra l’ensemble des Arabes, et la réduisit en cendres.



Samarra 833 (calife abbasside mutasim) Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.
Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.

Iraq, Samarra 833 (Les Abbassides) 

Samarra , fondée en 833 par le calife abbasside Al-Mutasim, afin d’y installer ses mercenaires turcs recrutés la même année lors de son accession au califat. Écartée de Bagdad où elle molestait la population locale, la nouvelle garde du calife y vécut en véritable micro-société et Samarra devint alors la nouvelle capitale du monde musulman.

Lors de l’époque appelée « l’Anarchie de Samarra », les troupes abbassides maghrebine, turques et du Ferghana ce sont affronté pour imposés chacune  un calife.

Durant le règne de son successeur Al-Wathiq et davantage sous celui du calife Al-Mutawakkil, Sāmarrā se transforme en une ville commerciale. Ce dernier a été le garant de la construction de la Grande Mosquée de Sāmarrā en 847 avec son célèbre minaret en spirale.

Il conçoit également des parcs et un palais pour son fils Al-Mu`tazz.

Sous le règne d’Al-Mutamid, le califat retourne à Bagdad afin de fuir les exactions de la garde turque ayant assassiné Al-Mutawakkil en 861. Sāmarrā connaît alors un déclin prolongé, qui s’accélère après le xiiie siècle quand le cours du Tigre change.



Madrid Muhammad 860 et 880 C'est durant le règne de Muhammad Ier qu'est fondé Madrid, ici les vestiges de la muraille musulmane
C’est durant le règne de Muhammad Ier qu’est fondé Madrid, ici les vestiges de la muraille musulmane

Espagne, Madrid 860-880 (Les Omeyyades de Cordoue) 

La première trace historique de ce qu’est aujourd’hui la cité de Madrid, date de l’époque de la domination musulmane, concrètement à la fin du ixe siècle, quand l’émir cordouan Muhammad Ier (852-886) dresse une forteresse sur un promontoire près de la rivière du Manzanares, dans un lieu occupé actuellement par le palais royal. La fonction de cette forteresse est de surveiller les cols de la sierra de Guadarrama pour protéger Tolède, l’antique capitale wisigothe. Également celle de Ribat, c’est-à-dire, le point de rassemblement et de départ des campagnes contre les royaumes chrétiens du nord. Par exemple, en 977, Almanzor commence sa campagne à Madrid. Quand le califat de Cordoue se désintègre, Madrid fait partie du royaume taifa de Tolède.

À proximité de cette fortification, fut créée une petite enclave connue sous le nom de Mayrit (pour les chrétiens Magerit) laquelle fut l’objet de plusieurs attaques des rois chrétiens durant la Reconquête, par exemple, Ramiro II de León essaie de l’occuper en 932.

Lorsque Alphonse VI de León se rend à Tolède entre 1083 et 1085, la cité passe aux mains des chrétiens sans lutte, comme divers autres villages du royaume de Tolède.



La mosquée Abbasside Tulunides Ibn Tulun au Caire en Egypte
La mosquée Abbasside Tulunides Ibn Tulun au Caire en Egypte

Egypte,  al-Qata’i 868 (Les Abbassides – Tulunides)

Le turc Ibn Tulun, 868 profita des difficultés du califat abbasside pour créer un État autonome sous suzeraineté abbasside. Les Touloumides voulurent créer leur résidence et choisirent au nord est d’Al-‘Askar, sur les pentes ouest de la colline qui allait accueillir ce qui deviendra la future citadelle, un espace d’un peu moins de 300 hectares pour implanter leur nouvelle fondation, al-Qatâ’i’. Celle-ci connut un développement similaire à celui d’Al-‘Askar un siècle plus tôt autour du palais d’Ahmad ibn Tûlûn et de la mosquée Ibn Tûlûn dont la construction commencée en 876 fut achevée en 879. Ahmad ibn Tûlûn fit également construire un hôpital et un aqueduc. Al-Qatâ’i’ est embellie par les descendants d’Ahmad ibn Tûlûn avant d’être détruite lors du retour des abbassides en 905. Il n’en reste que la mosquée.



Raqqada 876 (aghlabide abbasside) Le musée de Raqqada
Le musée national d’art islamique de Raqqada est un musée spécialisé dans les arts de l’Islam et situé sur le site archéologique de Raqqada près de Kairouan.

Tunisie, Raqqada 876 (Les Abbassides -Aghlabides)

Raqqada ou Raqqâda (رقادة) est le site de la seconde capitale de la dynastie des Aghlabides (ixe siècle) située à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Kairouan (Tunisie). Le site abrite maintenant le musée national d’art islamique.

En 876, le neuvième émir aghlabide Ibrahim II éprouve le besoin de changer de résidence pour trouver un endroit calme à l’abri du bruit de la ville. La nouvelle cité est pourvue de plusieurs palais et d’une mosquée. Les Aghlabides y fondent une fabrique de textiles et de papiers pour alimenter la Maison de la sagesse et des sciences (bayt al-ḥikma). À certains moments, Raqqada devient même plus grande que Kairouan.

En 909, Ubayd Allah al-Mahdi, fondateur de la dynastie des Fatimides qui s’était installé à Kairouan, s’installe finalement à Raqqada. Il choisit une autre capitale et fonde la ville de Mahdia. Il se proclame lui-même calife en 909.

Le 7 juillet 969, les troupes du quatrième calife fatimide Al-Muizz li-Dîn Allah entrent à Fostat en Égypte. Le calife fonde près de cette ville une nouvelle capitale qu’il nomment Le Caire. Al-Mu‘izz aurait fait raser Raqqada après la construction du Caire.

Après 1960, on construit sur le site d’une vingtaine d’hectares un palais présidentiel au milieu des quelques vestiges encore visibles ; il abrite depuis 1986 le musée national d’art islamique de Raqqada.

Des campagnes de fouilles engagées au début des années 1960 sur le site des anciens palais ont livré d’abondants fragments de céramiques à glaçure, dont des tessons et des carreaux à reflets métalliques ornés de motifs floraux et végétaux (feuille de vigne stylisée) ainsi que des coupes soigneusement décorées (coupe à l’oiseau datée de la seconde moitié du IXe siècle)


Vue aerienne de Mdina, Malte
Vue aérienne de Mdina, Malte 

Malte, Mdina, 869, (Les Aghlabides-Abbassides)

Mdina (Mdina vient de l’arabe médina qui signifie « ville »), Malte est une ville reconstruite et fortifié par les Aghlabides sur un ancien site antique du nom de Città Notabil. Selon al-Qantara « Les Aghlabides prennent à leur tour possession de la ville  de Mdina en 879 et vont marquer l’héritage architectonique de la citadelle. »  

Fondée par les Phéniciens comme centre de commerce, au centre de l’île le plus loin de la mer, Mdina a été occupée par les Arabes qui ont divisé l’ancienne cité, qu’ils trouvaient trop grande pour être fortifiée, en deux villes distinctes : fondant ainsi  Mdina « la ville » et Rabat, de Rabat qui signifie « faubourg ».

Les différents noms de Mdina ont été Malet, Melita, Rabbat, Mdina et L-Imdina.

Sur le principal fort de Mdina:

« Les Arabes dont la domination dans les îles eut 220 ans de durée élevèrent en 973 le château Saint Ange qui 592 ans plus tard sauva Malte du joug des Ottomans et dont les fortifications renouvelées font encore aujourd hui l’une des principales défenses « 

Miege, Histoire de Malte, p88


Derb, Medina Djdida, Oran, Algérie
Derb, Medina Djdida, Oran,

Algérie, Oran 902 (Les Omeyyades de Cordoue)

Oran en Algerie fut fondé par l’émir Omeyyade Abd Allah en 902

Les émirs Omeyyades de Cordoue souhaitaient s’installer sur les côtes africaines.

Aux premiers signes de dislocation de l’empire abbasside, les Arabes d’Andalousie, au faîte de leur puissance, choisirent de développer des comptoirs commerciaux sur la côte nord-africaine.

Ainsi Oran fut fondée en 902  par les marins Omeyyade: Muhammad Ibn Abu Aoun et Muhammad Ibn Abdoun et un groupe de marins, envoyés par l’ émir Omeyyades de Cordoue Abd Allah ibn Muhammad al-Umawi  qui est le fils de Muhammad Ier, il est né le 11 janvier 844. Il succède à son frère Al-Mundhir comme émir omeyyade de Cordoue en 888 jusqu’en 912. Il laisse le pouvoir à son petit-fils `Abd ar-Rahmân III an-Nâsir. Il meurt le 15 octobre 912.

Emir à 44 ans, sa piété est appréciée de ses sujets. Il a cependant une réputation très dure, car les troubles durant son règne l’obligent à répandre souvent le sang : un de ses fils, soupçonné de trahison, et de nombreux rebelles. En effet, son accession au trône est le signal de plusieurs révoltes en Al-Andalus. Il bat définitivement l’ennemie  Omar Ben Hafsun (un goth de la shuhbiya anti-arabe), qui s’était rendu indépendant à Malaga et que son père et son frère avaient combattu en vain. De nombreuses autres révoltes éclatent, à cause de l’antagonisme entre les différentes composantes de la population : Arabes, Berbères, Muladi ou Mozarabes et Chrétiens.

Ce fut sous sont règne que la ville d’Oran dans l’actuel Algérie fut construite et qui servira a ses successeurs de base de lute contre les Ismaéliens Fatimides.

Ibrahim des Banu Hadjabj, gouverneur de Séville, prend même le titre de roi et son indépendance, qu’Abd-Allah est contraint de reconnaître. Il meurt en 912, laissant à son petit-fils `Abd ar-Rahmān III an-Nāsir un royaume agité, que ce dernier parviendra à pacifier et à soumettre.

Il épouse entre autres Oneca Fortúnez, fille du roi de Navarre Fortún Garcés et grand-mère d’Abd al-Rahman III.

Ils fondèrent la ville d’Oran pour commercer avec Tlemcen en développant l’occupation de la baie abritée de Mers el-Kébir.

Peu après sa fondation, Oran devient un objet de conflit entre Omeyyades sunnites et Fatimides chiites.

Le conflit entre des fractions des berbère des Ifrenides et les Fatimides et berbère kutamas s’amplifie.

En 954 la ville d’Oran est prise par les berbères Ifrenides commandés par Yala Ibn Mohamed. Sous ses ordres Oran fut détruite et sa population déplacée dans la nouvelle ville qu’il avait bâtie, Fekkan.

Les Fatimides prennent Oran grâce aux vassaux berbères Zirides, ces derniers reconstruisirent la ville d’Oran sur le site actuel.

Alors Ziri b. Ataya des Maghraouas et gouverneur du Maghreb reprend Oran et plusieurs villes des Sanhadjas.

Son fils Al Moez ibn Ziri b Ataya lui succède en 1005 et est gouverneur Omeyades au Maghreb. Son père lui lègue Oran, Tlemcen, Achir, M’Sila, etc

Al-Bakri le célèbre géographe arabe reviens sur la fondation Omeyyade  d’Oran :

« Oran, située à quarante milles d’Arzao , est une place très-forte ; elle possède des eaux courantes, des moulins à eau , des jardins et une mosquée djamê. Elle eut pour fondateurs Mohammed ibn Abi Aoun, Mohammed ibn Abdoun et une bande de marins andalous qui fréquentaient le port de cet endroit. Ils accomplirent leur entreprise après avoir obtenu le consentement des Nefza et des Mosguen [tribus qui occupaient cette localité]. Les Mosguen faisaient partie [de la grande tribu berbère] Azdadja.

[Ces Andalous] qui avaient été les compagnons d’El-Corachi, ( El-Corachi, c’est-à-dire membre de la tribu de Coreich. Il s’agit probablement du général Omeyyades Andalous Abd el-Mclek ibn Omaîa, qui fut mis à mort l’an 282 (8g5-6 de J. C). Voyez l’extrait du grand ouvrage bistorique d’Ibn Haiyan, que M. de Gayangosa inséré dans sa traduction d’ Ël-Maccari , vol. II, p. 454.) fondèrent Oran en l’an 290 (902-903 de J. C). Ils y séjournèrent jusqu’à l’an 297, quand une foule de tribus se présentèrent devant la ville et demandèrent l’extradition des Beni Mosguen , afin d’exercer contre eux une vengeance de sang. Les Andalous ayant refusé de les livrer, ces tribus commencèrent des hostilités contre la ville, la blo quèrent étroitement et empêchèrent la garnison [de sortir pour puiser] de l’eau. Les Beni Mesguen pro fitèrent enfin d’une nuit obscure pour s’enfuir de la place et se mettre sous la protection des Azdadja. Les habitants, se voyant sur le point de succomber, consentirent à livrer leur ville, leurs trésors et leurs approvisionnements, à la condition de pouvoir se retirer la vie sauve. Oran fut saccagée et brûlée par les vainqueurs ; ce qui eut lieu dans le mois de dou-‘l-càda 297 (juillet-août 910 de J. C). Une an née plus tard, les habitants y revinrent avec l’au torisation d’Abou Homeid Doouas, ou Dawoud ibn Soulat, gouverneur de Tîhert. Au mois de châban de l’année suivante (avril-mai 911), la ville com mença à se relever et elle devint plus belle qu’au paravant. Dawoud ibn Soulat el-Lahîci leur donna pour gouverneur Mohammed ibn Abi Aoun. La  ville ne cessa de s’agrandir et de prospérer jusqu’à l’an 3 43 .quand Yâlaibn Mohammed ibn Saleh l’ilrc- nide s’en empara , après avoir attaqué et mis en dé route les Azdadja du mont Guèdera1. Cette bataille eut lieu le samedi 1 5 djomada de l’année susdite (septembre-octobre o5/i de J. C).

Dans le mois de dou-‘l-câda de la même année (mars 955), Yàla transporta les habitants d’Oran à la ville qu’il venait de fonder et qui est connue [par le nom d’IJtjan ou Fekkan]. Oran fut alors dévastée et brûlée pour la seconde fois, et elle resta dans un état d’abandon pendant quelques années. Les habitants ayant alors commencé à y rentrer, la ville se releva de nouveau.  » al-Bakri op cit. p.165 166 167



Msila muhamadiya 925 (bani hamdoun et fatimide) Vue aérienne de la cité Fatimide de Mahdia en Tunisie
Vue aérienne de la cité Fatimide de Mahdia en Tunisie

Tunisie, Mahdia 916  (Les Fatimides)

L’année 916 voit l’arrivée du premier calife fatimide Ubayd Allah al-Mahdi qui ordonne la fondation de Mahdia, dont la construction s’étale sur cinq ans, et qui lui donne son nom actuel. La ville devient ainsi la capitale des Fatimides en 9216 et le reste jusqu’en 973, date à laquelle Mahdia est remplacée par Le Caire. Assiégée durant huit mois (944-945) par les kharidjites sous la conduite de leur chef Abu Yazid, la ville résiste victorieusement. En 1057, les Zirides s’y réfugient face à la menace des Hilaliens.

Ibn al-Athir relate la fondation d’al-Mahdia par le calife Ubayd Allah al-Mahdi :

 « En 303 (16 juillet 915), le Mahdi se rendit en personne à Tunis, à Carthage et ailleurs pour rechercher sur le littoral un emplacement convenable pour y fonder une ville, car il avait trouvé dans les livres l’annonce du soulèvement que fomenterait Abou Yézid contre lui. C’est ainsi qu’il bâtit Mehdiyya, pour laquelle il ne trouva aucun emplacement ni plus convenable, ni plus sûr, car c’est une presqu’île jointe à la terre (par un isthme), ce qui la fait ressembler à la paume de la main se rattachant au poignet. Il l’édifia pour en faire sa capitale et l’entoura de murailles solides garnies de portes imposantes, dont chaque battant pesait cent quintaux. Les travaux de construction commencèrent le samedi 5 dhoû’ l-k’a’da 303 (10 mai 916). Quand les murailles furent montées, il fit lancer par un archer une flèche dans la direction-du Maghreb, et le projectile arriva jusqu’au Moçalla : « C’est jusque-là, » dit-il, « qu’arrivera le maître de l’âne, » désignant ainsi l’hérétique Abou Yézid, à cause de l’animal qui lui servait de monture. Il donnait lui-même aux ouvriers les ordres nécessaires pour les travaux. Il fit ensuite creuser dans la montagne un arsenal (dâr çinâ’a) pouvant renfermer cent galères[291] et qui était fermé par une porte ; le sol fut creusé pour y installer des magasins à vivres et des citernes. On éleva aussi des habitations et des palais. Quand tout fut fini : « Je suis maintenant », dit-il, « tranquille quant au sort des filles fatimides, » désignant ainsi ses propres filles.[292] Ensuite il s’éloigna. Il disait, en contemplant les merveilleux travaux accomplis tant pour la ville même que pour ses fortifications, que tout cela n’était que pour une heure. Son dire se réalisa, car Abou Yézid arriva jusqu’à l’endroit où était tombée la flèche de l’archer, y séjourna une heure, puis se retira sans avoir obtenu aucun succès. »



Vue aérienne de M'Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun
Vue aérienne de M’Sila-Muhammadiya en Algérie, capitale des Bani Hamdoun

Algerie, Msila Muhamadiya 925 (Les Fatimides) 

Fondation de la ville de Msila Muhammadiya, , par Ibn al-Athir revient sur la fondation  d’origine arabe de la ville de Msilla i :

« En 315, au mois de çafar (avril 927), le Mahdi fatimide envoya de Mehdiyya au Maghreb une armée considérable sous les ordres de son fils Abou’ l-K’âsim, ce qui était motivé par la victoire remportée par Mohammed ben Khazer Zenâti sur uns armée de Ketâma et le grand massacre qu’il avait fait de ceux-ci.  L’importance attribuée par le Mahdi à cette affaire lui fit décider l’envoi de ces troupes, dont la mise en marche provoqua là dispersion des rebelles. Après avoir poussé jusqu’au delà de Tahert, Abou l-Kasim revint sur ses pas et traça avec sa lance, sur le sol même, le plan d’une ville qu’il fonda, et à laquelle il donna le nom de Mohammediyya, laquelle n’est autre que Mesîla. »

— Traduction française de ibn al-Athir du kitab (livre) Al-Kamil fi al-Tarikh, p. 116.

Le géographe et historien arabo-andalou al-Bakri (1014-1094), dans sa Description de l’Afrique septentrionale revient sur la fondation par les Banu Hamdun al-Judhami sous suzeraineté fatimide:

« De cala-t-Abi Tawil on ce rend à El-Msila (ou El-Mecila) grande ville située sur une rivière appelé le Seher. Elle eut pour fondateur Abu al-Qasam Ismail, fils d’Ubayd’Allah (le calife fatimide), qui en posa les fondements en l’an 313 (925-926 de notre ère). Ali ibn Hamdoun al-Judhami, mieux connu sous le nom d’Ibn al-Andalusi, fut la personne chargée de faire construire cette ville. Simak ibn Messaud ibn Mansour, l’aïeul d’Ali ibn Hamdoun appartenait à la famille arabe de Djudham (ancêtre de la grande tribus yéménite qahtanite dite « arabe pure »). Nommé par Ismail (fatimide) au gouvernement d’El-Mecila (M’Sila), Ali ibn Hamdoun y passa le reste de sa vie, il fut tué pendent les troubles suscitées par Abou Yezid (le kharijite). Son fils Djafar, qui n’avait pas quitté la ville obtient le commadement du Zab entier (…) »

— Traduction française de Mac Guckin de Slane, de la Description de l’Afrique septentrionale par al-Bakri, pp. 141 et 142.



Madinat az-Zahra la ville arabe construite par les Omeyyades d'Occident
Madinat zahra 936 (omeyyade andalous)

Espagne, Madinat zahra 936 (Les Omeyyades de Cordoue)

Madinat al-Zahra ou medina Azahara (Arabe: مدينة الزهراء) était une cité califale Omeyyade  construite à partir de 936 par les Omeyyades d’Espagne sous le règne de Abd al-Rahman III en l’honneur de sa favorite prénommée al-Zahra (الزهراء, resplendissante).

Des trois terrasses s’étendant au pied de la sierra Morena, des fontaines de mercure et des marbres sertis de rubis et de perles, il ne reste aujourd’hui qu’un vaste espace de ruines. Entièrement détruite et pillée lors d’une invasion de Berbères en 1010 due à une fitna, cette ancienne ville-palais est aujourd’hui un site archéologique en cours de restauration.

La ville nouvelle d’une surface d’environ de 112 ha, avec sa mosquée, ses bains, et ses souks, avait pour fonction la protection des représentants du pouvoir, compte tenu de l’agitation perpétuelle de la cité deCordoue, toute proche (8 km).

Les trois terrasses marquent l’organisation du palais : la terrasse la plus élevée est réservée au palais califal et les deux autres accueillent les bâtiments administratifs, la mosquée, le souk, les habitations des commerçants et fonctionnaires…

La Madinat al-Zahra était embellie par un immense jardin et vergers, fruit des connaissances en botanique et systèmes d’irrigation des arabes à cette époque.

Elle présente une grande enceinte rectangulaire 1 500 × 750 m) enserrant un ensemble d’éléments juxtaposés conçus comme des structures indépendantes. Chaque élément regroupe une série de pièces situées autour d’un patio central, dont une généralement se démarque par sa taille et l’exubérance de la décoration.



Achir 935 (fatimide et ziride)
Achir 935 (fatimide) Selon Lucien Golvin, qui a entrepris des fouilles sur le site en 1954, Achir est composée de deux cités distinctes. Achir, la capitale de Ziri et Benia, construite postérieurement par son fils Bologhine, 2 km plus au sud.

Algerie, Achir 935 (Les Fatimides)

Achir est une ancienne ville Fatimide d’Algérie, lieu d’établissement » des gouverneur Zirides ( la dynastie ziride débute en seulement en 972 elle est donc ville fatimide.) , sous suzerainté Fatimide située à une altitude de 1 280 m  dans les monts du Titteri, dans l’actuelle commune algérienne de Kef Lakhdar (Wilaya de Médéa). La ville est mentionnée par Ibn Khaldoun qui indique que le mont Tetri est le royaume des Zirides, dans lequel se trouvent les ruines d’Achir. Des fouilles archéologiques ont permis de déterminer l’existence de deux sites zirides dans ce secteur.

L’éponyme de la dynastie berbère Sanhadja, Ziri ibn Menad, qui héritait de la domination sur l’Ifriqiya, avait été le lieutenant fidèle et actif des Arabes Fatimides. Dans leurs luttes contre les soldats d’Abou Yazid et contre les Zénètes, qui dominaient à l’ouest de Tiaret, ses interventions avaient joué un rôle décisif.

Aussi, le Calife Fatimide al-Qaim l’avait-il autorisé à affirmer sa jeune puissance par la construction, en 935-936, d’une capitale qui lui servit de place forte .

Georges Marçais, qui a recherché sur place les vestiges des constructions zirides, a montré qu’ils révèlent les progrès du fondateur de la dynastie.

Au début du xie siècle, Al Bakri rapporte que « l’on assure que, dans toute la région, il n’y a pas de place qui soit plus forte, plus difficile à prendre et plus propre à décourager l’ennemi », car dix hommes suffisent à défendre.

Quand, en 972, le calife fatimide Al-Mu’izz quitte le Maghreb pour l’Égypte, il confie l’administration de l’Ifriqya à Bologhine, le fils de Ziri. Celui-ci quitte Achir pour s’installer à Kairouan, mais il va garder des liens étroits avec Achir où sa famille va demeurer.

En 1048, Yusuf Ibn Hammad la prend et la pille ; en 1076, les Zenata l’occupent. Reprise par les Hammadites, elle est dévastée, en 1101, par Tachfine ben Tinamer, le maître de Tlemcen.



File:Palais ElMansour 5.JPG
Ruines du palais fatimide d’Al-Mansur

Tunisie, Sabra al-Mansuriyya 946 (Les Fatimides) 

Al-Mansuriya ou Mansuriyya (arabe : المنصوريه) est une ancienne cité située près de Kairouan en Tunisie. Elle est pendant un siècle la capitale du califat des Fatimides durant le règne des califes Al-Mansur(946-953) et Al-Muizz li-Dîn Allah (953-975).

Bâtie entre 946 et 972, al-Mansuriya est une cité fortifiée abritant des palais entourés de jardins, de bassins artificiels et de canaux. Pour une courte période, elle est le centre d’un État puissant s’étendant sur la plus grande partie de l’Afrique du Nord et la Sicile. Elle continue de servir de capitale provinciale aux Zirides jusqu’en 1057, date à laquelle elle est détruite par l’invasion des tribus hilaliennes.

Tout objet utile ou relique y est pillé durant les siècles qui suivent. De nos jours ne subsistent que de faibles traces.


File:Calascibettadepuisenna.JPG
Calascibetta

Sicile, Calascibetta 951, (Les Kalbides -Fatimides) 

Calascibetta sicile 2km de l’Enna en Sicile, fut construite par les Kalbides en 951 , et elle fut prise par Roger en 1087,  Calascibetta tient son nom de l’arabe Qalat-Scibet fondée lors du siège d’Enna par les Kalbides en 951. Selon Joseph-Antoine de Gourbillon  dans son livre  « Voyage critique à l’Etna » (p208) en 1819, disait sur Calascibetta « petite ville dépendante encore du val Nôto. Cette ville comme son nom l’indique  fut fondée par les Sarrasins qui en firent d’abord une place forte » 

« Presque tous les lieux dont le nom commençait par Rahal et Menzil n’existent plus ceux qui sont encore debout tels que Misilmeri Realbutô et quelques autres sont de simples villages les lieux au contraire dont le nom commence par Calaat et Cassar quoique bien moins nombreux que les précédents si à l aide des anciens documents on en dresse une liste comparative se trouvent en bien plus grand nombre encore existant sur le sol Ils indiquent en général des villes de troisième ordre bâties sur des hauteurs telles sont Galtanissetta Caltagirone Calascibetta Caltabelotta et bien d’autres » introduction  « Histoire de l’Afrique sous la dynastie des Aghlabites et de la Sicile »



(fatimide), photo du Caire fatimide

Egype, Le Caire 969 (Les Fatimides) 

Conquérant de l’Égypte à la tête des troupes fatimides, Jawhar al-Siqilli ou al-Siqilli installe en 969 sa fondation sur 136 hectares, Qâhira, au nord des anciennes fondations. Le site offre l’avantage d’être à l’abri des crues du Nil et à l’écart de Fustât et de ses populations chrétiennes et sunnites. Jawhar fait construire un palais (le palais de l’Est) pour accueillir le calife et la Mosquée al-Azhar, centre de la propagande chiite sur l’Égypte. Les contingents de l’armée, d’origine tribale, furent installés par cantonnements, qui devinrent rapidement des quartiers. Le 10 juin 973, tout était prêt pour accueillir le calife Al-Muizz li-Dîn Allah qui y transféra sa capitale. Qâhira s’affirma alors comme la capitale administrative, culturelle et religieuse de la dynastie fatimide, tandis que Fustât demeurait le cœur économique et concentrait l’essentiel de la population.

Le calife Abu Mansur Nizar al-Aziz Billah, qui succède à al-Mu’izz fait construire à Qâhira pour sa fille aînée un second palais, en face du palais de l’est ou Grand Palais qui s’étend sur 9 hectares, le petit palais de l’Ouest qui s’étend sur 4,5 hectares. Les deux palais s’étendent de part et d’autre de la rue principale de Qâhira. Tracée par al-Mu’izz elle traverse la ville du nord au sud, de la porte, en son milieu elle forme une grande place appeléeentre-les -deux-palais. Le palais du vizirat (Dâr al-Vizâra), résidence des vizirs est construit à partir de 1094. Les palais de Qâhira, et particulièrement le Grand Palais, font l’admiration des voyageurs. Les palais ne forment pas une structure compacte, mais sont constitués de multiples pavillons, de places, de jardins. Le quartier des palais de Qâhira est le cadre des cérémonies et processions de cour. Son accès est strictement réglementé. Autour de celui-ci les zones d’implantations des contingents militaires évoluent rapidement. De nouvelles populations occupent les espaces laissés libres entre les implantations. Qâhira se transforme en véritable ville. Réservée au départ au calife, à sa cour et à son armée, Qâhira attire cependant une population nombreuse pour servir aux palais ou les construire. Du fait de l’éloignement avec Fustât les activités commerciales et artisanales se développent à Qâhira qui commence à s’entendre hors des limites fixées par Gawhar. Au Nord, ‘Azîz puis Al-Hakim bi-Amr Allah font construire la grande mosquée al-Hâkim, à l’ouest, des jardins et des pavillons forment une zone de promenade appréciée, au sud, des quartiers apparaissent sur la route menant à Fustât. Ces extensions, encore modestes, amènent le grand vizir Badr al-Gamâlî, à construire entre 1087 et 1092 une nouvelle enceinte qui porte la superficie de Qâhira à 160 hectares. (images portes Bâh al-Futûh 1087 et Bâh al-Nasr)



Bust, Afganistan, était la capitale militaire d'hiver de la dynastie des Ghaznevides, fondé en 976 comme campement
Bust, Afghanistan,source 

Afghanistan, Bust, 976 (Les Ghaznévides)

Bust, Afghanistan, était la capitale militaire d’hiver de la dynastie des Ghaznevides, fondé en 976 comme campement au tout début de la dynastie. (Stéles arabes de Bust (Afghanistan) Janine Sourdel-Thomine -« Arabica », III, 1956, 285-306.)

La ville antique de Bust sur la rive est de la rivière Helmand, dans le sud de l’Afghanistan a été peuplé dès le septième siècle avant JC mais n’ a vécu son âge d’or que sous les Ghaznévides, qui y ont établi leur capitale d’hiver en 976. Un camping militaire, situé à six kilomètres au nord de la capitale, sur la rive orientale de la rivière Helmand, est devenu leur site de prédilection pour y  installer les palais et a grandi jusqu’au XIe siècle, dans une banlieue royale fortifiée. Son nom arabe, Lashkari Bazar, rejoint le mot militaire « Al-‘Askar » avec « Bazaar », en référence à la rue du marché sur le long menant à la porte sud de la banlieue. (L’équivalent persan est « Lashkargah, ou la place du soldat.) Lashkari Bazar a été brûlé en 1150-1151 lors de la conquête du ghouride ‘Ala al-Din Jahansuz (ou Husayn II, reg. 1149-1161) et a été restauré dans le cadre de la dynastie ghoride

Bazar et de la Mosquée

Le Palais du Sud a été précédée au sud par une vaste court fortifiée, dont la grille se trouvait à l’extrémité sud d’une rue d’un  bazar – avec quatre cent cinquante mètres de long avec plus d’une centaine de stands – qui a donné son nom à la royale banlieue. Les fondements d’une mosquée publique ont été excavées le long du bord ouest de l’esplanade du palais. Archnet source

Subuktugîn — transcrit aussi par Sabuktagin ou Sebük Tigin — (né vers 942 et mort en août 997) est le fondateur de l’empire et de la dynastie des Ghaznévides dans ce qui est l’Afghanistan aujourd’hui.

Subuktugîn naquît à Barskhan. Esclave, il épousa la fille de son maître Alptegîn, le gouverneur des Samanides de Ghaznî, lui succéda comme gouverneur en 977 et se libéra bientôt de la suzeraineté des Samanides en décadence. En 986, il défît le râja Jayapâlaqui régna sur Kaboul, Lâhore et Bathinda.

Le reste de sa vie fut occupé à la conquête d’un territoire correspondant à la majeure partie de l’Afghanistan moderne. Subuktugîn mourut à Balkh pendant une campagne, après avoir désigné son deuxième fils Ismail comme successeur. Ce dernier fut rapidement renversé par son frère ainé Mahmoud qui s’empara du pouvoir.

Articles connexes :



L’île de Malte. Histoire de la domination musulmane :

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Vue aerienne de Mdina, Malte
Vue aérienne de Mdina, Malte ville fortifié par les Aghlabides. Selon al-Qantara « Les Aghlabides prennent à leur tour possession de la ville  de Mdina en 879 et vont marquer l’héritage architectonique de la citadelle. »

La dynastie arabe des Aghlabides de 800 à 909, elle prend fin en ifriqiya et en sicile en 909 et la lignée aurait quant à elle régné jusqu’en 948 jc à Malte avant de passé aux arabes Kalbides de Sicile (948 -1053), la dynastie Kalbide prend fin en Sicile en 1053 mais elle reste jusqu’en 1091 à Malte. (source The Spread of Islam Throughout the World publié par Idris El Hareir,Ravane Mbaye) .

Miege (« Histoire de Malte » p87) disait : « Du reste on ignore quelle fut la forme de gouvernement introduite à Malte et au Goze. On sait seulement que ces deux îles furent gouverné par un émir dépendant de celui de Sicile « 

Ibn al-Athir (1160-1233) nous explique la prise de Malte en 869 par les Aghlabides : « A la suite de la mort de Khafâdja, son fils Mohammed, désigné par la population pour lui succéder, fut confirmé dans cette situation par Mohammed ben Ahmed ben el-Aghlab, prince de K’ayrawân. En 256 (8 décembre 869), il envoya une armée à Malte, dont les chrétiens levèrent le siège en apprenant l’arrivée de ces troupes. »

Ibn Khaldoun (1332-1406) reviens sur la prise de Malte par les Aghlabides : « Ziadet Allah el Asghar eut en mourant pour successeur son frère Mohammed surnommé Abou el Gharanik le Père des Grues 122 qui était adonné au jeu et à la boisson Il y eut de son temps des guerres et des révoltes en 255 de l’hégire il s empara de Malte, mais les Grecs reprirent sur lui plusieurs places de la Sicile  »

Al-Nowaïri dit que le chef de l’expédition dans laquelle Malte fut prise était Ahmed ibn Omar ibn Ubayd Allah ibn al-Aghlab (Nowairi Ms 7o2 A fol 52 recto).

Al-Himyari (1350) sur la prise de Malte par les Aghlabides : « Elle fut attaquée par Halaf al-Hādim (ingénieur renommé), le mawlā de Ziyādat Allāh b. Ibrāhīm du temps d’Abu ‘Abd Allāh Muḥammad b. Aḥmad (864-875), neveu de Ziyādat Allāh, avec l’aide de Aḥmad (Habashî) b. ‘Umar b. ‘Abd Allāh b. al-Aġlab, et ce fut lui (Halaf) qui souffrit pour elle. » plus loin toujours sur Halaf :  « Et ce Halaf est bien celui qu’on connaît pour la construction de mosques, de ponts et de citernes. Il l’assiégea et mourut durant le siege. Et ils écrivirent à Abu ‘Abd Allāh à propos de sa mort, et Abu ‘Abd Allāh écrivit à son ‘āmil dans l’île de Sicile, Muḥammad Ibn Hafāğa (869-71), de leur envoyer un wāli ; et il leur envoya Sawāda Ibn Muḥammad (‘âmil de Sicile 884-887). »

« Et ils capturèrent la forteresse de Malte et capturèrent son Commandeur, ‘Amrûs (Ambrosios) dont ils démolirent la forteresse, et ils pillèrent et capturèrent tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter. »

Al-Himyari (1350) sur la construction du Ribat de Sousse avec le butin de Malte :  «Et il prit pour Aḥmad, à partir des églises de Malte, ce qui lui permit de construire le Château de Sousse sur mer et le viaduc qui y mène, par un pont à arches, ce qui se produisit en l’an 255 (869).»

Ibn al-Jazzar (898-980), la dédicace du ribat de Sousse mentionnant le raid de Malte :

“Chaque dalle polie, chaque colonne de marbre de ce fort furent rapportées d’une église/du raid de Malte par Ḥabaši ibn ‘Umar dans l’espoir de mériter l’approbation et la gentillesse de Dieu, le Puissant, le Glorieux”

Selon Al-Himyari (1350) l’île resta inhabité par la suite : « Après celà, l’île de Malte demeura une ruine (khirba) inhabitée, mais elle était visitée par les constructeurs de vaisseaux, car le bois y était des plus solides, et aussi par les pêcheurs, en raison de l’abondance et du bon gout des poisons auprès de ses côtes, et par les collecteurs de miel, parce que c’est chose bien commune là-bas. »

En 1048  selon Al-Qazwīnī, (1203- 1283) dans Atār al-bilād, eu lieu le siège byzantin de Malte :

« Les Rûm l’envahirent après l’an 440/1048, ils leur firent la guerre et exigèrent d’eux propriétés et femmes. Les musulmans se réunirent et se dénombrèrent, le nombre de leurs esclaves était supérieur à celui des hommes libres. Ils dirent alors aux esclaves :
« Combattez avec nous, et si vous êtes victorieux, vous serez libre, et tout ce qui est à nous sera à vous. Si vous hésitez, nous serons tués et vous serez tués. » Lorsque les Rûm arrivèrent, ils attaquèrent comme un seul homme, Dieu leur vint en aide et ils les défirent, tuant un grand nombre des Rûm. Les esclaves rallièrent les hommes libres et les renforcèrent. Après cela, jamais les Rûm ne purent les maîtriser. »

Al-Himyari (1350), sur le siège Byzantin de Malte (1053) :

Après l’an 440 (1048-9) les Musulmans la peuplèrent et ils édifièrent une cité, et elle devint alors un meilleur lieu qu’elle n’avait jamais été.

En l’an 445 (1053-4) les Rûm l’attaquèrent avec force navires et en grand nombre, et ils assiégèrent les Musulmans dans la cite et le siege leur devint insupportable et ils espéraient vivement l’emporter.

Alors les Musulmans leurs demandèrent grâce, ils s’y refudèrent, à part pour les femmes et les biens. Et les Musulmans recensèrent le nombre de combatants parmi eux et ils trouvèrent qu’ils étaient environ 400 ; puis ils dénombèrent leurs esclaves et les trouvèrent plus nombreux qu’eux même. Ils les supplièrent et leur dirent :

« Si vous nous restez loyaux dans notre combat contre notre ennemi, et que vous allez aussi loin que nous, et que vous finissez où nous finissons, vous serez des Libres, et nous vous éleverons à notre niveau et et nous vous donnerons nos filles en mariage, et nous ferons de vous nos associés dans la richesse; mais si vous hésitez et nous abandonnez, votre sort sera la même captivité et servitude que pour nous, et même bien pire parce qu’avec nous on peut être affranchi par un tendre ami, libéré par son Mawlâ ou sauvé grâce au soutien de sa communauté. »

Et les esclaves, d’un commun accord, promirent plus encore que ce qu’ils pensaient, et ils les trouvèrent plus rapides et agressifs contre leurs ennemis qu’eux meme, et lorsque l’armée se réveille le second jour, les Rûm étaient venus au petit matin, comme de leur coutume, espérant en ce jour les surpasser et les capturer. Mais les Musulmans s’étaient préparés fort bien pour les contrer, et ils se réveillèrent de bon matin, comme par prémonition, et ils demandèrent le secours de Dieu le Tout Puissant, et ils marchent et les encerclèrent, les piquant de leurs lances et les frappant de leurs épées, sans craindre ou faiblir, confiant d’obtenir au moins un de deux grands buts : une victoire rapide ou leur triomphe dans l’au-delà. Et Dieu l’Exalté leur accorda son aide et leur donna la patience, et Il incrusta la peur au cœur de leurs ennemis, et ils s’enfuirent, défaits, sans regarder en arrière, et la majorité d’entre eux fut massacrée. Les Musulmans prirent possession de leurs navires et seul l’un d’entre eux pu s’échapper. Et leurs esclaves furent élevé au rang d’homme libre (mawla), et ils leur fut donné ce qui leur avait été promis. Et après cela, l’ennemi les craint tant qu’aucun d’entre eux ne s’est plus remontré durant quelques temps. »

Ibn al-Athir reviens sur la conquête normande de Malte par Roger I en 1091:

« Rujâr tenait en grande estime les musulmans, usant avec eux de familiarités et les défendait contre les Francs si bien qu’ils l’aimaient. Puis, montant une puissante armada, il s’appropria les îles qui sont entre al-Mahdiya et la Sicile comme Mâlita, Qurça, Jerba et Qerqena. »

M Bonavita affirme que en 994 JC Malte renfermait 13,161 musulmans et 3,606 chrétiens et le Goze 1,811 musulmans et 2,733 chrétiens y compris les femmes et les enfants.

Le dernier Émir de Malte selon M Bonavita  s’appelait Maimone (al-Mamun), ce fut lui que Roger trouva dans l’ile.

Le prêtre abbé Gilbert en 1240 JC fait un recensement à Malte, soit 150 ans ans après la conquête normande, il décompta environ 9 000 habitants à Malte et à Gozo, dont 836 familles musulmanes, 1250 familles chrétiennes (chiffre rond, très certainement arrondi à la hausse et comprenant les musulmans convertis) et 33 familles juives.Tandis qu’un an avant ils était majoritaire (Malte, p345 Nathalie Bernardie).

Ibn Khaldoun (hist,p.335)  reviens sur la fin de l’Islam en Sicile et à Malte (1250) : 

« En Sicile les musulmans de Palerme jouissaient des mêmes droits que les chrétiens tant dans la ville que dans les campagnes, avantage qu’ils devaient à un traité que le sultan hafside avait négocié en leur faveur avec le seigneur de cette île. Depuis lors la bonne harmonie s’était maintenue entre les deux peuples mais la mort d’Abou Zékérïa (en 1249) vint tout déranger. Les chrétiens se portèrent à de graves excès contre les vrais croyants et les forcèrent à se réfugier dans les châteaux et lieux escarpés de l’île. Les fuyards prirent pour chef un aventurier appartenant à la tribu arabe d’Abs (Banu Abs) mais ayant été cernés et bloqués dans leur montagne ils firent leur soumission. Le vainqueur les déporta dans le pays situé à l’autre côté du détroit de Messine et les établit auprès de Melfi berceau de sa puissance au milieu d’une contrée riche et populeuse. Il passa ensuite dans l’île de Malte et après avoir rassemblé tous les Musulmans qui s y trouvaient encore il les envoya joindre leurs coreligionnaires dans la Pouille. Devenu ainsi maître de la Sicile et des îles voisines le tyran en fit disparaître l’islam et le remplaça par les doctrines de l’infidélité (al-Kufr) »

Az-Zarakhshi (1475) , relate l’attaque Hafside contre Malte en 1428 :

« En 832/1428, une escadre fut envoyée de Tunis (par Abû Fâris al-Ḥafṣî) contre l’île de Malte. Le Sultan mit à sa tête son Mamlûk, le Qâ’id Riḍwân, à qui il ordonna de l’assiéger 3 jours seulement et de se retirer s’il ne la prenait pas. Il y débarqua et la serra de près. Puis il se retira alors qu’il était sur le point de s’en emparer »

Faris Ahmad Ash-Shidyaq (1805-1887), remarqua sur Malte, en 1868, que « les noms de tous les villages et les caractéristiques topographiques sont purement arabes« 

Pierre tombale kufique au nom de Mimuniya Bint Hassan, Malte, Shûkiya, en 1174 Traduction : «Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux. Que Dieu fasse miséricorde au Prophète Muhammad, à sa famille et leur accorde le Salut. A Dieu la puissance et l’immanence, pour ses créatures la mort fut prescrite. Et vous avez un bon exemple en le Prophète de Dieu. Voici la tombe de Maymuna bt. Hassan b. ‘Ali al-Hudalī, dit Ibn as-Susi ; morte, que la miséricorde de Dieu soit sur elle, le jour du jeudi 16 Ša’bān année 569 (1174), attestant qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Dieu unique, et qu’il n’a aucun associé. Regarde avec tes yeux ! Y a-t-il sur terre quelque chose qui protège ou qui éloigne de la mort, ou qui enchante la mort ? La mort me prit dans un palais et, hélas, je ne fut sauvé ni par ses portes, ni par ses gonds. Je suis devenu l’otage des œuvres que j’ai réalisées et qui seront décomptées de mon compte et de ce que j’ai laissé derrière moi reste. «Oh, celui qui regarde la tombe ! Je suis déjà installé à l’intérieur de celle-ci et la poussière a adhéré à mes paupières et à mes pupilles. Sur ma couche, et dans mon état de malheur, et à ma résurrection, quand j’irai devant mon Créateur, il y aura des remontrances. Ô mon frère, soit sage et repens-toi. »
Pierre tombale kufique au nom de Maymuna bint Hassan as-Susi, Malte, Shûkiya, en 1174 , Gozo Archaeological Museum

Traduction  de la pierre tombale 1174 : «Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux. Que Dieu fasse miséricorde au Prophète Muhammad, à sa famille et leur accorde le Salut. A Dieu la puissance et l’immanence, pour ses créatures la mort fut prescrite. Et vous avez un bon exemple en le Prophète de Dieu.
Voici la tombe de Maymuna bint. Hassan ibn. ‘Ali al-Hudalī, dit Ibn as-Susi ; morte, que la miséricorde de Dieu soit sur elle, le jour du jeudi 16 Ša’bān année 569 (1174), attestant qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Dieu unique, et qu’il n’a aucun associé.
Regarde avec tes yeux ! Y a-t-il sur terre quelque chose qui protège ou qui éloigne de la mort, ou qui enchante la mort ? La mort me prit dans un palais et, hélas, je ne fut sauvé ni par ses portes, ni par ses gonds. Je suis devenu l’otage des œuvres que j’ai réalisées et qui seront décomptées de mon compte et de ce que j’ai laissé derrière moi reste.
«Oh, celui qui regarde la tombe ! Je suis déjà installé à l’intérieur de celle-ci et la poussière a adhéré à mes paupières et à mes pupilles. Sur ma couche, et dans mon état de malheur, et à ma résurrection, quand j’irai devant mon Créateur, il y aura des remontrances. Ô mon frère, soit sage et repens-toi. »

Pièce frappé à Malte un quart dinar fatimide frappées à Malte au cours de la période arabe à ajouter à sa collection numismatique. L'importance de cette acquisition réside dans le fait que, jusqu'à ce trimestre dinar a été découvert, aucune pièce musulmane portant le nom de la menthe de Malte a été connue pour exister, conduisant les numismates de croire qu'aucune monnaie musulmane n'a jamais été frappée sur l'île. La découverte de cette pièce peut donc être considéré comme l'un des développements les plus significatifs de l'histoire numismatique de Malte. Le trimestre dinar a été frappé en 1080 à 1081 sous le règne d'al-Mustansir (1036-1094), l'un des califes fatimides plus long règne.
Pièce frappé à Malte en 1080 à 1081 sous le calife Fatimide al-Mustansir (1036-1094),

« Les Aghladides s’attaquent à Malte en 869 sous la direction d’Ahmed, fils d’Aghlab émir d’Ifriqiya », mais ce n’est qu’en 878 qu’ils prennent le contrôle de l’archipel maltais grâce à des renforts venus de Sicile. En 879, Mohamed ibn Hafagah, gouverneur aghlabide de Sicile, dirige Malte dont il devient entièrement maître le 29 août 870, jusqu’à la reconquête de l’île par l’Empire byzantin en 1048.

L’occupation arabe  de Malte dure jusqu’à la conquête normande en 1091, soit plus de deux siècles. Ils introduiront dans l’archipel maltais, en plus de la langue arabe et l’Islam, l’irrigation, la culture du coton et plusieurs variétés de fruits. Dans les faits, cette conquête ne change pas grand-chose dans l’archipel. Les Normands s’installent en Sicile et gèrent Malte à distance par l’intermédiaire de leurs barons. La « tolérance normande permet aux musulmans de rester sur place. Les îles maltaises continuent ainsi à pratiquer l’arabe maltais, ce dialecte arabe, qui va évoluer indépendamment de sa langue mère.

Malte a produit nombres de poètes arabes en ce temps comme, Abd ar-Rahmâm ibn Ramadân, Abd Allâh ibn as-Samanti, Utman Ibn Ar-Rahman, surnommé As-Susi ou Abu Al Qasim Ibn Ramdan Al Maliti.

Finalement, entre 1240 et 1250, Frédéric II du Saint-Empire expulse les musulmans.

File:Piri Reis - Malta - Walters.jpg
Carte de l’archipel maltais de l’amiral Ottoman Piri Reis – 1525

Le texte  qui va suivre est extrait de « Histoire des invasions des sarrazins en Italie du 7. au 11. siecle, vol1, il porte sur la prise de Malte :

« Tandis que le continent de l’Italie était ainsi troublé par la guerre intestine le wali Aghlabide de Sicile Mohammed fils de Khafaja songeait à mettre à profit ces tristes querelles des princes chrétiens Par ses ordres une armée de Siculo-Arabes vint débarquer à Malte où déjà depuis l’an de Jésus Christ 533 Bélisaire avait rétabli la domination de l’empereur grec. Les premiers établissements des Arabes dans cette île datent de l’an 829 c’est à dire vers le temps de la mort d’Euphémius qui avait livré la Sicile à ces étrangers A cette époque ils s emparèrent des îlots de Gozzo et Comino qu’ ils appelaient en leur langue Ghaudesc et Kemmona ils débarquèrent également à Cossyra désignée par eux sous le nom de Kausra c’est de nos jours l’île de Pantellaria..

La chronique arabe de Cambridge porte au mois d’août de l’an 87o la prise de Malte par les Arabes Basile le Macédonien étant empereur de Constantinople.

La garnison grecque se défendit héroïquement et les assaillants découragés étaient sur le point de renoncer à cette entreprise lorsqu’un secours inespéré leur fut apporté par ceux là même qui auraient dû le plus contribuer à leur anéantissement les Maltais passèrent en masse du côté des Arabes Musulmans (Sarrazins).

Depuis longtemps ces insulaires souffraient impatiemment le joug pesant que les officiers byzantins faisaient peser sur eux vainement ils avaient à plusieurs reprises fait parvenir leurs doléances aux pieds du trône que pouvait en leur faveur un monarque circonvenu par tant d ‘ambitions livré lui même à tant de désordres et perdu dans un dédale d’intrigues et d’embarras de toute sorte.

Les gouverneurs payaient régulièrement la redevance annuelle exigée par la cour impériale mais ce devoir une fois rempli ils avaient tout pouvoir de tirer le parti le plus avantageux de leur position sans crainte sans ménagement sans pudeur et le pauvre Maltais déjà en lutte contre une nature marâtre sur son rocher stérile se voyait impunément dépouillé du fruit de ses sueurs et livré sans défense au caprice d’une soldatesque insolente.

Tant que la Sicile avait appartenu à l empereur d’Orient Malte n avait pas songé à se donner un autre maître mais depuis que les Arabes y avaient formé un établissement définitif les Maltais certains de l impunité n attendaient plus qu une occasion favorable pour se débarrasser de l’odieuse domination des Grecs Il y avait d ailleurs dans la langue punique usitée à Malte dans les mœurs et les traditions de ce peuple une sympathie d origine une affinité secrète avec la langue les mœurs et les traditions des Africains qui n existaient pas chez les Siciliens.

La défection des indigènes ne pouvait manquer d’entraîner la chute de la place la garnison fut passée au fil de l épée à l exception de 3oo soldats grecs qui se retranchèrent dans la cité noble bien résolus à s y défendre jusqu à la dernière extrémité.

Le siége aurait pu traîner en longueur et compromettre même le succès de l’entreprise mais la populace se précipita tumultueusement vers le quartier où s’étaient retranchés ces nouveaux Spartiates et y mit le feu tous périrent dans l’incendie. Alors les portes de la ville sont ouvertes aux vainqueurs le peuple se précipite au devant d eux les reçoit comme des frères et les conduit en triomphe dans l’intérieur de la cité dont les Arabes prennent possession au nom du wali Aghlabide  de Sicile.

Celui ci leur donna l’ordre de relever à la hâte les fortifications que le siége et l’incendie avaient détruites et d’en construire même de nouvelles car il savait que les Grecs attachaient une grande importance à la possession de cette île et qu’ils ne manqueraient pas d’y revenir bientôt .

Ce fut en cette occasion que fut élevée sur un rocher placé au milieu des ports de la ville de Malte la forteresse appelée aujourd hui château Saint Ange.

On y voyait encore à l’époque où écrivait l’historien Abela une partie des constructions sarrazines c’était de grosses tours circulaires plantées sur la cime du rocher dans l’ordre et avec la forme usités chez les Arabes.

Ces mesures de précaution étaient sages et nécessaires les Grecs n’abandonnèrent jamais l’espérance de rentrer dans cette île et ils y opérèrent de nombreuses descentes plusieurs fois même ils parvinrent à refouler les Sarrazins dans l’intérieur du pays mais sans pouvoir se maintenir longtemps en possession de leur conquête. L histoire de cette alternative de bons et de mauvais succès offrirait peut être quelque intérêt mais nous manquons de documents à cet égard. S’il fallait en croire Boisgelin les Grecs auraient repris île de Malte dans le courant de l’année même où ils l’avaient perdue 87o et ils l’auraient conservée encore pendant 34 ans mais cette assertion est évidemment fausse puisqu’en 874 ainsi que nous le dirons plus bas une armée grecque vint débarquer à Malte où se trouvaient encore les Musulmans.

La conquête de Malte fit peu de diversion aux troubles intérieurs qui agitaient la Sicile arabe Le wali Mohammed éprouva le même sort que son père il fut assassiné par un de ses eunuques le 4 de rajab l’an 257 (28 mai 871 ère chrétienne)

Un autre Mohammed fils d’Hossaïn fut mis à sa place en attendant les ordres de l’émir qui donna le gouvernement de l’île à Rabbakh fils de Yakoub et celui de la Grande Terre c’est à dire de l’Italie continentale à Abd Allah frère de Rabbakh.

Celui ci mourut dans le mois de moharram 258 novembre décembre 871 et son frère dans celui de safar de la même année. On choisit pour lui succéder Abou al Abbas qui mourut au bout d’un mois et fut remplacé par son frère Ahmed.

Ces morts prématurées ces changements subits racontés par le Nowaïri et la Chronique de Cambridge avec le laconisme et le flegme des écrivains de l’Orient laissent deviner les querelles intestines qui divisaient les conquérants et les crimes sans nombre qui en signalaient le conflit. Nous venons de voir quatre préfets successivement élus dans la seule année 871 et le nombre n’en est pas complet encore. L’émir africain aghlabide refusa de confirmer la nomination d’Ahmed frère du dernier wali c’était sans doute de sa part un acte de politique pour retarder le moment où cette charge importante deviendrait héréditaire Il donna le commandement de l île à Hossain ebn Rabbakh an 872.  »

« Les Arabes dont la domination dans les îles eut 220 ans de durée élevèrent en 973 le château Saint Ange qui 592 ans plus tard sauva Malte du joug des Ottomans et dont les fortifications renouvelées font encore aujourd hui l’une des principales défenses «  Miege, Histoire de Malte, p88

Le Grand Siège de Malte a été mené par les Ottomans en 1565 pour prendre possession de l’archipel et en chasser l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Malgré leur supériorité numérique, les Ottomans ne viennent pas à bout de la résistance des chevaliers croisés et doivent lever leur siège après avoir essuyé de lourdes pertes. Cette victoire de l’Ordre assure sa présence à Malte et renforce durablement son prestige dans l’Europe chrétienne.

Le siège de Malte, arrivée de la flotte Ottomane peint Matteo da Leccio
Le siège de Malte, l’arrivée de la flotte Ottomane,  peint par Matteo da Leccio

Cet épisode s’inscrit dans la lutte pour la domination de la Méditerranée entre les puissances chrétiennes, notamment l’Espagne, appuyées par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et l’Empire Ottoman. Les chevaliers sont installés depuis 1530 à Malte après avoir été chassés de Rhodes par les Turcs Ottomans en 1522. Face aux activités de corsaires des chevaliers qui harcèlent les navires ottomans en Méditerranée et dans l’optique de s’assurer une base navale stratégique, Soliman le Magnifique décide d’envoyer son armée contre l’archipel.

File:Malta ali 2009224 lrg.jpg
Image satellite de Malte
Leurs noms respectifs viennent de l’arabe : Mdina " la cité " et Rabat " camp militaire et religieux ".
Leurs noms respectifs viennent de l’arabe : Mdina  » la cité  » et Rabat  » camp militaire et religieux « .

La princesse Abbasside Zubayda Bint Jafar ibn al-Mansur

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Photo de l'Ain Zubaida à La Mecque construit par Harun al Rashid
Photo de Ain al-Zubaida à La Mecque (Arabie Saoudite)  construit au temps du calife abbasside Harun al Rashid (763-809), par Zubaida bint Jafar ibn al-Mansur

Zubayda bint Jafar ibn al-Mansur (arabe: زبيدة بنت جعفر ابن المنصور) (né en 763? morte le 26 Joumada I 216 AH / 10 Juillet 831 jc) est la plus connu des princesses abbassides . Elle est particulièrement connu pour la série de puits, de réservoirs et bassins artificiels qu’elle fit construire pour fournir de l’eau pour les pèlerins musulmans (al-Hajj) le long de la route de Baghdad à la Mecque et Médine, qui a été rebaptisé le « Darb Zubaidah » [1] [2] [3] en son honneur.

Les exploits de son mari, Harun al-Rashid et ainsi que les siens,ont inspirés les contes des Les Mille et Une Nuits.

La date de naissance de Zubayda est inconnue ,  pense-t-on, qu’elle aurai eu lieu un an de moins avant son époux et cousin Harun al-Rashid.
Son père, Ja’far est un demi-frère du calife abbasside al-Mahdi . Sa mère, Salsal, est une sœur aînée d’ al-Khayzurane , seconde et la plus puissante épouse d’al-Mahdi, et mère des futurs califes Musa al-Hadi et Haroun ar-Rachid 
La tombe présumé de  Zubayda Bint Jafar  ibn Mansur al-Abbassi Baghdad
La tombe présumé de Zubayda Bint Jafar ibn Mansur al-Abbassi Baghdad

Zubaidah est un nom d’animal de compagnie, donné par son grand-père, le calife Abu Jafar al-Mansur. Le nom signifie «petite boule de beurre ». Le vrai nom de Zubaidah à sa naissance était Sukhainah ou Amat al-Aziz « . [4] Plus tard, Zubaidah avait obtenu une kunya celle de Umm Ja’far (ce qui signifie Mère de Ja’far), [5] qui reflète sa lignée royale comme une petite-fille de calife Abu Ja’far al-Mansur et une épouse du calife Abu Ja’far Harun al-Rashid.

Elle était la petite-fille du calife abbasside Al-Manour, à travers son fils Ja’far, et cousin de Harun al-Rashid (c.763 ou 766-809), qui, plus tard, elle épousera (165 AH / 781-782 jc). Le calife abbasside Muhammad al-Amin, qui avait une lignée  doublement abbasside, était le fils de Zubaidah. Son beau-fils était ‘Abdullah al-Ma’mûn, qui est également devenu calife après la guerre civile avec al-Amin.

Il est dit que de Zubaidah que son palais « sonnait comme dans une ruche », car elle employait une centaine de femmes servantes qui avait mémorisé le saint Coran. [6]

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Tombe attribuée à Zubayda bint Jafar bint al-Mansur femme du calife Haroun al-Rashid 786-809 (Baghdad)
Tombe attribuée par les Baghdadi à Zubayda bint Jafar bint al-Mansur femme du calife Haroun al-Rashid 786-809 (Baghdad)

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http://www.muslimheritage.com/scholars/zubayda-bint-jafar-al-mansur

Notes

  1. Safadi XIV. pp. 176–8.
  2.  al-Baghdadi, Al-Khatib. Tarikh Baghdad xtv. pp. 433–4.
  3.  Bidaya X. p. 271.
  4. :a b Abbot, Nabia. Two Queens of Baghdad. p. 30.
  5.  Abbot, Nabia. Two Queens of Baghdad. p. 150.
  6. Ibn Khallikan I. p. 533.

La dynastie arabe des Dulafides (Jibal, Iran) 840 -897

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Carte du Jibâl au10e terme qui sert à désigner, dans la géographie arabe médiévale, une zone de montagne frontière entre l'Irak et l'Iran sur le versant ouest du Zagros correspondant à peu près aux provinces iraniennes de l’Azerbaïdjan de l'ouest, du Kermanshah, du Kurdistan et du Lorestan.
Carte des Jibâl au 10e terme qui sert à désigner, dans la géographie arabe médiévale, une zone de montagne frontière entre l’Irak et l’Iran sur le versant ouest du Zagros correspondant à peu près aux provinces iraniennes de l’Azerbaïdjan de l’ouest, du Kermanshah, du Kurdistan et du Lorestan. Dans la deuxième moitié du xie siècle, avec l’arrivée des Seldjoukides au pouvoir, la région est morcelée en plusieurs unités administratives, elle change de nom et devient l’Irak `Ajamî2 (L’Irak des Perses ou des non-arabes)

La dynastie Dulafide ou Dolafide est une  dynastie arabe  sunnite qui a servi de gouverneurs des Jibal (plurielle de Jabal) pour les califes abbassides dans le 9ème siècle. Au cours de l’affaiblissement de l’autorité des califes après 861, leur domination dans la région des Jibal est devenu de plus en plus indépendante du gouvernement central de Samarra.

Dans la dernière décennie du 9ème siècle, cependant, ils ont été défaits par les Abbassides qui ont procédé à réincorporer les Jibal (en français ont peut aussi dire « la région du Jibal ») dans leur empire. 

La famille de Abū Dulaf décend  des  Banū ‘Ijl, une branche des Banū Bakr ibn. Wail.

Ces derniers sont dit avoir combattu aux côtés des Banū Shaybān (une autre branche) dans la bataille de Dhū Qar (610 CE). et à la conquête de l’Irak par le califat Rashidun.

La ville moderne de karaj en Iran

Importante tribu dont les possessions formaient au 3e/9e s. un district spécial connu sous le nom d’al-Īg̲h̲ārayn («les deux fiefs») dans les Jibāl. à l’Est de Nihāwand, entre Hamadān et Iṣfahān.

Īsā ibn. Idrīs posa les bases de la fortune dulafide en pratiquant le brigandage sur une telle échelle qu’il put se retirer et construire une forteresse à al-Karad̲j̲, laquelle fut employée par son fils et successeur, al-Ḳāsim ibn. ʿĪsā al-ʿId̲j̲lī, connu sous le nom d’Abū Dulaf, à la fondation de la dynastie dulafide.

Abū Dulaf al-‘Ijlī, al-Qasim ibn ‘Īsā ibn Idrīs ibn.Ma’qil al-‘Ijlī al-Karaji (d. 225/840 ou 226/841) fut un s̲h̲īʿite hautement cultivé, un poète de talent , et un émir distingué du début de la période ‘abbāside, célèbre pour son courage, la générosité et les talents dans les domaines de la poésie, de la littérature et de la musique.

Mohammadan Dyn:Orientalism Par Stanley Lane-Pool
source : « Mohammadan Dyn: Orientalism »  Par Stanley Lane-Pool

 La lignée exacte de la famille est contestée entre les différentes sources, mais les premiers membres sur nous pouvons remonté historiquement d’une manière datés était le commerçant Idris et son frère Isa, fils de Ma’qel (Maqil), résidant à Koufa dans le temps du calife  omeyyade Hisham ibn Abd al-Malik (724-743). [1]

Les frères ont été emprisonnés par les autorités omeyyades , mais la raison exacte n’est pas clair: soit un différend commercial, ou, selon al-Baladhuri, le soutien à la cause abbasside en serrai la raison.

Diverses sources indiquent même que Abu Muslim al-Majusi, le chef  militaire de la Révolution abbasside, était à l’origine un serviteur des Dulafides jusqu’à ce qu’il fut racheté par la famille abbasside, mais ces revendications peuvent bien être des inventions ultérieures pour accroître leurs prestige, leur situation et légitimité. [1]  

La mosquée Jameh la ville de Burujird en Iran, fut construite par Hamullah, le vizir de la famille arabe Abu Dulaf au 9eme siècle et elle était décrite par le geographe arabe Ibn Hawkal au 4eme de l’hégire (10e JC) comme une belle ville, de bonne taille, ses fruits étaient exportés vers Karaj, beaucoup de safran y était cultivé, ce qui témoigne de son importance Lorsque al-Mustafi écrivait au 14e siècle, il y avait deux mosquée l’ancienne et la nouvelle, mais la ville, dit-il, était alors déjà en décadence allant vers la ruine.
La mosquée Jameh la ville de Burujird en Iran, fut construite par Hamullah, le vizir de la famille arabe Abu Dulaf au 9eme siècle et elle était décrite par le geographe arabe Ibn Hawkal au 4eme de l’hégire (10e JC) comme une belle ville, de bonne taille, ses fruits étaient exportés vers Karaj, beaucoup de safran y était cultivé, ce qui témoigne de son importance Lorsque al-Mustafi écrivait au 14e siècle, il y avait deux mosquée l’ancienne et la nouvelle, mais la ville, dit-il, était alors déjà en décadence allant vers la ruine.

Idris a finalement amassé une grande richesse, et plus tard dans la région du Zagros, il procéda à  l’achat de terres près de Hamadan pour s’y installer. [1] Son fils Isa, a cependant, déménagé avec ses fils à Ispahan, où ils ont eu recours au  banditisme selon al- Sam’ani.

Finalement, dans le courant du règne du calife abbasside al-Mahdi (r. 775-785), ils ont adopté un mode de vie plus respectable et ce sont installés dans la région de Karaj. Au fil du temps leurs exploitations autour de Karaj pris de l’ampleur, et au 9ème siècle, ils possédaient de vastes étendues de terres cultivées, des palais et forteresses. [1] [2]

Le premier Dulafide à devenir gouverneur de la région al-Jibal était le fils d’Isa Abu Dulaf al-Qasim, qui a été nommé à ce poste par le calife Abbasside Haroun al-Rashid (r. 786-809). [1]

La ville historique d'Ispahan Iran
La ville historique d’Ispahan Iran

Abu Dulaf c’est distingué par sa formation, ses compétences et sont intégrité, de sorte que bien qu’il se rangea du coté  du successeur de Harun al-Rashid :  al-Amin (r. 809-813) dans la guerre civile contre le frère de ce dernier al-Ma’mûn (r. 813-832), et en dépit de ses croyances chiites qui était connus de tous, il a été gracié  par al-Ma’mûn après la défaite d’al-Amin et a conservé son poste. [1] [2]

Il a soutenu en particulier de bonnes relations avec le successeur du calife al-Ma’mûn Al-Motasim (r. 832-842 ),il le servi en tant que commandant militaire contre la secte ‘Khurramiya  mené par Babak l’athée et comme gouverneur (avec une possible nomination à Damas), et est même devenu le « compagnon de soirée » du calife, et de mourir dans la ville de  Baghdad en 839/40. [1]

Son frère Ma’qel fut  également un membre de la cour abbasside, et servi comme commandant militaire et gagna certaine distinction comme poète. [1]

Le long règne d’Abu Dulaf a fermement établi l’autorité de sa famille dans la région du al-Jibal; les Dulafides ont reçu la possession héréditaire de leurs domaines connu comme al-Igharayn, « les deux fiefs» -et c’est perpétué, au pouvoir presque indépendamment du gouvernement califal, sauf pour un tribut annuel, et avec le droit de battre leur propre pièces. [2 ]

Pièces (Dinar et Dirham)  Dulafides époque Abbasside
Pièces (Dinar et Dirham) Dulafides époque Abbasside

Après la mort d’Abu Dulaf, son fils Abd al-Aziz lui a succédé à son poste de gouverneur de la région du Jibal, tandis qu’un autre de ses frères, Hisham, servi la cour du calife comme général en. 865/66. Comme l’autorité abbasside dans les provinces périphériques c’est affaibli dans les années 860 au cours de la période appélé  « l’anarchie de Samarra », les Dulafides ont commencé à agir en dirigeants de plus en plus indépendants, incitant le gouvernement abbasside à lancer deux campagnes punitives en 867, dont le bastion meme des Dulafides qu’est la ville de Karaj. [1]

Le sort d’Abd al-Aziz n’est pas claire, mais il est probablement demeurée à son poste jusqu’à sa mort en 873/74, après quoi les Abbassides ont reconnu le fils d’Abd al-Aziz :  Dulaf, et, après la mort de Dulaf à Ispahan 878/9, son frère Ahmad, le remplaça comme gouverneur. [1] [2]

Ahmad avait une relation instable et ambivalente avec le gouvernement central abbasside de Baghdad, et a joué un rôle majeur dans la montée en puissance de la dynastie Saffarides. [1] Ahmad ibn ‘Abd al-Aziz (‘879-893) a joué un rôle politique important dans le conflit entre les Abbassides et les Saffarides du Sistan, soutenant généralement les abbassides. Plus tard, le nouveau calife abbasside, al-Mou’tadid (r. 892-902) lui ordonna de prendre Rayy sur le général renégat Rafi ibn Harthama. [4]

Jame La partie la plus ancienne de la mosquée  de qazvin  en iran aurait été construite par les ordres de Harun al-Rashid en  807CE.
La partie la plus ancienne de la mosquée de Qazvin en iran aurait été construite par les ordres de Harun al-Rashid en 807 JC.

Après la mort d’Ahmad en 893, al-Mou’tadid  était rapidement intervenu (arbitré)  dans les querelles de succession entre les fils d’Ahmad, Bakr et Omar, pour rétablir l’autorité califale: en 894, le calife visité avait la région des Jibal en personne, et divisé les territoires Dulafide, donnant le gouvernorat de Rayy, Qazvin, Qom et Hamadan à son propre fils, Ali al-Muktafi, tout en confinant Umar au coeur de la région « Dulafide » autour des  villes de Karaj et Ispahan.

Après sa mort, cependant, ses fils se battaient entre eux pour le pouvoir, Les Abbassides ont récupérer les Jibal. Malgré une forte résistance, les Dulafides ont ont finalement perdu la province. 

En 896 la dynastie des Dulafides furent  déposé et un gouverneur Abbasside a été installé à Ispahan.   

Les frères d’Umar avait lancé une guerre de guérilla contre les Abbassides pendant un certain temps, mais sans succès. [1] [5]

Le dernier Dulafide, Abou Layla al-Harith, a été tué accidentellement avec sa propre épée dans une bataille en 897/98, mettant la dynastie à son terme[2]

La grande mosquée d’Ispahan (771), Iran , dite aussi mosquée du vendredi ou vieille mosquée, par opposition à la mosquée du Shah, est une mosquée édifiée en 771 de type arabe mal orienté sur le site d’un temple du feu sassanide. Puis vers 841, les Abbassides en corrigèrent la direction et durent en conséquence la reconstruire en partie , Iran
La grande mosquée d’Ispahan (771), Iran , dite aussi mosquée du vendredi ou vieille mosquée, par opposition à la mosquée du Shah, est une mosquée édifiée en 771 de type arabe mal orienté sur le site d’un temple du feu sassanide. Puis vers 841, les Abbassides en corrigèrent la direction et durent en conséquence la reconstruire en partie , Iran

 

Liste des émirs Dulafides selon CE Bosworth, dans « Les Nouvelles dynasties-islamique:

  • Abu al-Qasim Abu Dulaf (? jusqu’à c. 840)
  • Abd al-Aziz ibn Abu Dulaf (c. 840-874)
  • Dulaf ibn Abd al-Aziz (874-879)
  • Ahmad ibn Abd al-Aziz (879-893)
  • Umar ibn Ahmad (893-896)
  • Abou Layla al-Harith (896-897)

Bibliographie :

1) Le vizirat ʻabbāside de 749 à 936 (132 à 324 de l’hégire): Bibliographie (p. [xxiii]-lxxviii) Introduction. Les débuts du vizirat, 132 pp.331

2) Bosworth Les Nouvelles dynasties-islamique: 1 975, pp. 118-120.

3) Marin, E.. « Dulafides. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2015. Reference. 01 September 2015

4) Sceaux D’Orient Et Leur Emploi. Volume 10 de Res Orientales

5) Islamologíe, Félix M. Pareja Casañas

Références 

  1. ^ a b c d e f g h i j k l m n Donner 1995, pp. 476-477.
  2. ^ a b c d e Marin 1,991, p. 623.
  3. ^ Bosworth 1 975, pp. 118-120.
  4. ^ Bosworth 1975, p. 120.
  5. ^ Kennedy 2,004, p. 182-183.
  6. ^ Bosworth 1996, p. 153.

Sources

  • Bosworth, C.E. (1975). « The Ṭāhirids and Ṣaffārids ». In Frye, R.N. The Cambridge History of Iran, Volume 4: From the Arab Invasion to the Saljuqs. Cambridge: Cambridge University Press. pp. 90–135.
  • Bosworth, C.E. (1996). The New Islamic Dynasties: A Chronological and Genealogical Manual. New York City: Columbia University Press. 
  • Donner, Fred M. (1995). « DOLAFIDS ». Encyclopaedia Iranica, Vol. VII, Fasc. 5. pp. 476–477. Retrieved 22 September 2014.
  • Kennedy, Hugh N. (2004). The Prophet and the Age of the Caliphates: The Islamic Near East from the 6th to the 11th Century (Second ed.). Harlow, UK: Pearson Education Ltd. ISBN 0-582-40525-4.
  • Marin, E. (1991). « Dulafids ». The Encyclopedia of Islam, New Edition, Volume II: C–G. Leiden and New York: BRILL. p. 623. 

La dynastie arabe des kaysites d’Arménie issue des Banu Sulaym 860 -964 Jc :

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Erzurum (Karin ou Garin) est une ville d'Anatolie orientale (ancienne Arménie occidentale), en Turquie elle fut conquise par le général Omeyyade Abdallah ibn Abd al-Malik en 700/701., et est devenu la capitale de la émirat de Ḳālīḳalā et a été utilisé comme une base pour les raids en territoire byzantin
Erzurum (Karin ou Garin) est une ville d’Anatolie orientale (ancienne Arménie occidentale), en Turquie elle fut conquise par le général Omeyyade Abdallah ibn Abd al-Malik en 700/701., et est devenu la capitale de l’émirat de Ḳālīḳalā et a été utilisé comme une base pour les raids en territoire byzantin

La dynastie Kaysite était une dynastie musulmane arabe qui régna sur  un émirat centré sur Manzikert de 860 jusqu’à 964. Leur état ​​était l’émirat arabe le plus puissant d’Arménie après l’effondrement des ostikan Abbasside d’Arminiya (Arménie) à la fin du 9ème siècle.

Les Kaysites étaient des membres de la tribu arabe des Banu Sulaym, qui s’étaient installés dans la Jazira après la conquête musulmane.

 (avant la migration ver l’Afrique du nord du 11e siècle).

Sous le règne du calife abbasside Haroun al-Rachid (786-809) les Banu Sulaym avait déjà probablement avancé dans la région autour du lac de Van .Toutefois, Manzikert et les régions environnantes, n’étaient pas aux mains des Arabes jusqu’à la rébellion des Arméniens contre le ostikan Arabe (gouverneur Abbasside) en 850. Cette rébellion a incité le calife al-Mutawakkil (842-861) d’envoyer le Turk Bugha al- Kabir en Arménie avec une armée.

Carte des principautés arméniennes chrétienes et musulmanes dans le 10ème siècle
Carte des principautés arméniennes chrétienes et musulmanes dans le 10ème siècle, l’émirat Kaysite est au milieu avec Karin au nord

Bugha défait les grands princes d’Arménie et a fait plusieurs prisonniers, avant de quitter le pays en 855. La défaite des princes arméniens avait permis aux Arabes des Banu Sulaym de surgir dans le domaine d’Apahunik ‘, qui comprenait la ville de Manzikert. En 860 la région était tombé sous le contrôle du premier émir Kaysite :  Abu’l-Ward al-Sulaymi.

La dynastie des Kaysites,  étaient relativement indépendante. 

Lorsque Abu’l-Ward a pris le contrôle d’Apahunik ‘, le ostikan Abbasside d’Arminiya était encore existant. Par conséquence Abu’l-Ward, comme avec tous les autres dirigeants arabes et arméniens en Arménie, ils ont été soumis au ostikans du calife Abbasside. Les ostikans servait en tant que « protecteurs » de la dynastie Kaysites qui eux était établis sur ce poste frontière depuis le début des conquêtes, et les relations entre eux étaient dans l’ensemble plus-tôt sympathique. Quand une coalition pan-arabe dirigée par les ostikans contre les plus puissants princes chrétiens de l’Arménie à la fin de l’année 870 a été formé, Abu’l-Ward a été l’un de ses membres les plus puissants. 

Guerriers des Frontière du califat Abbasside <br /> 1) Guerrier des frontières Arabe Anatolien <br /> 2) Fantassin Abbasside <br /> 3) Cavalier PersanGuerriers des Frontière du califat Abbasside
1) Guerrier des frontières Arabe Anatolien 
2) Fantassin Abbasside 
3) Cavalier Persan

 

L’échec ultime de la coalition contre les Arméniens chrétiens préfigure la fin des ostikan d’Arminiya dans la prochaine décennie. [5] 

Au ixe siècle, Achot Ier de la famille des Bagratouni, fondateur de la dynastie des Bagratides, obtient des Abbassides  en 885 du calife al-Mu’tamid (870-892)  le titre de « prince des princes » . En 885, il est reconnu roi d’Arménie à la fois par Byzance et le califat abbasside. Après sa mort, son fils Smbat Ier devient roi d’Arménie (890).

Son règne est une longue lutte contre les Nakhararqs. L’émir de la dynastie Sajide  d’Azerbaïdjan, Youssouf, s’allie à l’un de ceux-ci, Gagik Arçrouni, prince du Vaspourakan. Smbat est fait prisonnier et exécuté après avoir été torturé. Ce meurtre unit les princes chrétiens  arméniens autour de son fils Achot II (913-928)

En 940 le Hamdanide l’émir Sayf al-Dawla al-Taglibi venu d’Akhlat, obtenir des Kaysites leurs allégeance [6] Donc à partir de ce point ​​les Kaysites étaient devenu les vassaux  des arabes Hamdanides, et le sont resté jusqu’à la fin de leur règne en 964. 

Notes 

  1. ^ Ter-Ghewondyan , p. 54
  2. ^ Ter-Ghewondyan, pp. 65-6
  3. ^ Ter-Ghewondyan, p. 74
  4. ^ b c Ter-Ghewondyan, p. 81
  5. ^ Ter-Ghewondyan, p. 82
  6. ^ Ter-Ghewondyan, pp. 85-6

L’armée al-Ushrusaniyya du califat Abbasside issue de la région de Ushrusana en Transoxiane.

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La Garde armée du calife Abbasside 9-10eme siècle
1) émir senior
2) Cavalier lourd Ghulam
3) garde-Fantassin Perse .(Opsrey graham turner)

La Ushrusaniyya ( Arabe : الأشروسنيةal-Ushrūsaniyyah ) était un régiment régulier de l’ armée du califat Abbasside. Formé au début du 9e siècle JC, l’unité était composée de soldats qui étaient à l’origine issue de la région de Ushrusana en Transoxiane.

Les Ushrusaniyya ont d’abord servi sous l’éminent général al-Afshin , et  sont restés actifs après sa chute, et sont fréquemment mentionnés pendant la période connue sous le nom  de « l’Anarchie de Samarra ».

La Al-Ushrusana était une province frontalière en Asie centrale , en bordure des terres de l’Islam (dar al-islam) au cours des périodes du califat omeyyade et au début des abbassides.
Cette province était situé entre la région de Samarkand (Shamir-Qand) ver  l’ouest et Khujand à l’est, et était un peu au sud de la rivière Syr-Daria.
En raison de son emplacement stratégique, plusieurs routes passait à travers elle , faisant de la province un arrêt fréquent pour les voyageurs de la route de la Soie.
Le terrain du pays est composée d’un mélange de plaines et de montagnes; certains districts de Ushrusana avaient des villes, mais l’ensemble de la région était très peu urbanisée.
La ville principale était Bunjikath , qui a été souvent désigné comme la ville de Ushrusana. [1]
Ruines de la forteresse de Bunjikath, Tajikistan
Ruines de la forteresse de Bunjikath, Tajikistan

Avant la conquête musulmane de la Transoxiane au début du 8ème siècle, Ushrusana été gouvernée par ce qui était probablement une dynastie persane, dont les princes étaient connus sous le titre de Afshin . [2]

Au cours du 8ème siècle Ushrusana était parfois nominalement soumis au califat, mais elle est resté effectivement indépendante.

Plusieurs gouverneurs omeyyades ont effectuées des expédions dans le pays et ont reçu la soumission de ses dirigeants, mais ce ne fut pas une conquête permanente,  sans colonisation, et ni garnison comme ce fut le cas en Afrique du Nord, Egypte, Sham, Khorasan, ou Arménie, etc. [3]

Après l’arrivée des Abbassides au pouvoir en 750, les princes de Ushrusana ce sont soumis devant les califes  Abbasside en particulier pendant les règnes d’al -Mahdi (r. 775-785) et d’Harun al-Rashid (r. 786-809), mais encore une fois ce fut qu’une suzeraineté nominale[4] et les gens de cette région ont continué de résister à la domination musulmane. [5] 

"Les Abbassides" source ; Larousse Encyclopedie
« Les Abbassides » source ; Larousse Encyclopedie

Ushrusana a été plus fermement mis sous contrôle arabe abbasside à la suite d’une querelle qui a éclaté au sein de la dynastie régnante, lors du califat d’ al-Ma’mûn (r. 813-833) fils d’Haroun al-Rashid. En 822, une armée musulmane sous Ahmad ibn Abi Khalid al-Ahwal conquis Ushrusana et capture son chef Kawus ibn Kharakhuruh ; il fut envoyé à Baghdad , où il fut  présenté devant le calife et s’est converti à l’islam. [6] 

Dès ce moment, al-Ushrusana a été considéré comme faisant partie intégrante de l’état abbasside, bien que les Afshin  ait été autorisés à conserver leur contrôle dans leurs fiefs mais c’est  en tant que sujets du calife. [7]

Ruines de Bunjikath au Tajikistan . dans les trous dans la pierre vous pouvez toujours trouver des morceaux calcinés, qui sont les restes des poteaux de bois qui ont été brûlés par les envahisseurs arabes abbasside  il ya plus d'un millénaire années
Ruines de Bunjikath au Tajikistan . dans les trous dans la pierre vous pouvez toujours trouver des morceaux calcinés, qui sont les restes des poteaux de bois qui ont été brûlés par les envahisseurs arabes abbasside il ya plus d’un millénaire 

Kawus a été succédé par son fils Khaydhar , qui avait assisté le général arabe  Ahmad ibn Abi Khalid  al-Ahwal dans sa campagne contre Ushrusana.

Khaydhar, qui est cité dans les sources simplement par le titre d’al-Afshin, [8] a décidé d’entrer au service des Abbassides et a fait le chemin vers la cour d’al-Ma’mûn.

Là, il s’est lancé dans une carrière militaire, et est devenu un commandant dans l’armée califale. [9]

Avec l’arrivée d’al-Afshin un certain nombre de ses disciples, un certain nombre de proches qui étaient natifs de Ushrusana ce sont intégrés dans l’armée Califale et, servant sous leur émir al-Afshin, l’unité a donc pris le nom d’al-Ushrusaniyya. [10]

 Babak demande des pourparlers au général abbasside  Afshin Haydar, envoyé par le calife al-Mu'tasim
Babak l’athée demande des pourparlers au général abbasside al-Afshin, envoyé par le calife al-Mu’tasim tiré du TarikhNama d’al-Balami

La Ushrusaniyya sous al-Afshin

La formation du régiment Ushrusaniyya faisait partie d’une politique générale lancé par al-Ma’mûn et élargies par Al-Motasim (r. 833-842) pour recruter des soldats des différents districts frontaliers de la Transoxiane . En conséquence, la al-Ushrusaniyya furent rejointes par d’autres régiments nouvellement formés d’Asie centrale, comme les Turcs , la al- Faraghina , et al-Ishtakhaniyya. Ces soldats formèrent bientôt la majorité de la garde du calife et ont remplacés les anciens arabes et Abna Khurasani comme épine dorsale de l’armée Abbasside. Les décennies qui suivirent, ces unités sont restés  fortes collectivement et dominante dans l’armée du calife, à Baghdad d’abord et, après 836, à Samarra . [11]

Après avoir rejoint la cour califale, al-Afshin est rapidement devenu l’une des figures de proue de l’establishment militaire abbasside. [12]

Pendant le califat d’al-Ma’mûn, il a été envoyé à al-Barqa (Libye) et, en 831, en l’Egypte , afin de réprimer l’activité des rebelles arabes de la tribu des Banû Modlej de Barqa.

L'avenue menant au palais de la abasside général turc Ashnas
L’avenue menant au palais du  général Abbasside al-Afshin à Samara, en Iraq. 

Lorsque Al-Motasim est devenu calife, il a reçu un commandement important lors  de la guerre contre al-Babak al-Khurrami l’athée dans Adharbayjan (Azerbaïdjan) , et après une campagne de deux ans (835 à 837), il a réussi à détruire la rébellion .

Suite à cela, il a été mis en charge d’une partie de l’armée musulmane pendant l’expédition de 838 lancé par le calife Al-Motasim contre les Byzantins et a joué un rôle de premier plan au cours du siège d’Amorium (Amouriya) . [13]

La composition exacte de ses forces au cours de ces campagnes est inconnue, mais il semble que des Ushrusani et des non Ushrusani servaient sous Al-Motasim au milieu des années 830. [14]

En 836 la Ushrusaniyya, avec le reste de l’armée centrale, ont été transférés dans la nouvelle capitale de Samarra.

Eux et d’autres unités qui était rattachées à al-Afshin leurs ont été accordées des attributions dans le cantonnement al-Matira, dans la partie sud de la ville [15] 

Et al-Afshin à construit un palais pour lui-même; [16] sur les ordres du calife, il également construit un petit marché pour ses disciples, avec salles de bains et des mosquées. [17]  

Carte de Samarra. Le Ushrusaniyya ont été initialement installés dans le cantonnement d'al-Matira, dans la partie sud de la ville
Carte de Samarra. Les Ushrusaniyya été initialement installés dans le cantonnement d’al-Matira, dans la partie sud de la ville de Sammara

Les chiffres et les équipements 

Pas de chiffres spécifiques ne furent données en ce qui concerne la force globale de la al-Ushrusaniyya à Samarra, malgrès les fréquentes références faisant allusion à eux dans les sources arabes, cependant, il est peu probable qu’ils étaient l’un des plus grands régiments de la capitale. [18]
D’autre part, ils étaient certainement pas plus nombreux que les Turcs, et probablement moins encore que la  al-Faraghina ainsi que la al-Maghariba. [19] Les sources suggèrent également que toutes les troupes sous le commandement d’al-Afshin étaient de la al-Ushrusaniyya, [14]  mais que le quartier de Samara al-Matira été peuplé en partie par des non-Ushrusani. [17]
Ushrusana n’est pas un grand pays et sa population n’était pas très dense et assez grande pour fournir de nombreux soldats au califat. [15] 
Deux épées Abbasside à lame droite, au musée du Tokpapi, Istanbul, Turquie.
Deux épées Abbasside à lame droite, au musée du Tokpapi, Istanbul, Turquie.

Les estimations modernes sur la taille et la composition de l’armée de Samarra varient largement, mais la al-Ushrusaniyya sont généralement considérés comme ayant fait de la plus petite partie de l’armée.

L’historien Helmut Tollner, par exemple, suppose qu’il y avait  entre 20 000 à 30 000 soldats à Samarra; de ce nombre, la moitié étaient des Turcs, [20] et le reste ce partageait entre la Ushrusaniyya, al-Maghariba, al-Faraghina etc et n’aurait donc constitué qu’une fraction seulement du reste de l’armée de Samamra.

L’archéologue Derek Kennet, après avoir examiné les restes des cantonnements militaires à Samarra, a estimé que al-Matira était « la maison » de 11 847 soldats (Ushrusaniyya et non-Ushrusaniyya) pendant le règne d’al-Mu’tasim, sur une taille totale de l’armée de 94 353 soldats; [21] .d’autres historiens, ont cependant, considéré ces chiffres comme étant trop grand [22]

Hugh N. Kennedy , en s’appuyant sur ​​les chiffres fournis dans les sources littéraires, croyaient qu’il ya peut-être dans l’armée centrale autour de 5 000 non-Turcs de Transoxiane, y compris la Ushrusaniyya. [23]

La Grande Mosquée de Samarra, ou mosquée al-Mutawakkil est une des plus importantes œuvres architecturales de l'Islam. Elle fut la plus grande mosquée de la civilisation islamique pendant ses siècles dans l'éphémère capitale des califes abbassides à Samarra durant le ixe siècle et demeure un joyau de l'art abbasside. Son minaret en spirale hélicoïdale (Malwiya1) en fait aussi un exemple unique
La Grande Mosquée de Samarra, ou mosquée al-Mutawakkil et son minaret en spirale hélicoïdale (Malwiya)

L’équipement utilisé par la Ushrusaniyya au combat est décrit en détail dans un passage de l’historien et imam al-Tabari .

Au cours d’une émeute à Samarra, dans lequel la Ushrusaniyya fut envoyés pour rétablir l’ordre, les troupes ont combattu les émeutiers avec plusieurs armes, tirant des flèches (nushshāb) dans la foule hostile et les engageant avec des épées ( Souyouf ).

Pour la défense, ils étaient équipés de boucliers (durū’) et portaient des cottes de mailles ( jawāshan ).

Ils ont également reçu des montures  (dawābb), mais il ne est pas spécifié si celle-ci étaient destinés à être montés dans la bataille ou tout simplement utilisé pour le transport. [24]

L'armée Islamique du califat Abbasside en Asie central et en Inde 1) Cavalier du Sindh (inde-pakistan) 9eme siècle 2) Cavalier archer de Transoxian 9eme siècle 3) Porte étendard Abbasside 9eme siècle  4) Fantassin Azerbaïdjanais 10eme siècle
Larmée Islamique du califat Abbasside en Asie central et en Inde
1) Cavalier du Sindh (inde-pakistan) 9eme siècle
2) Cavalier archer de Transoxian 9eme siècle
3) Porte étendard Abbasside 9eme siècle
4) Fantassin Azerbaïdjanais 10eme siècle

La fin 

La carrière d’Al-Afshin  pris fin quand il a été emprisonné pour trahison et apostasie en 841, et cela probablement provoqué la fin de l’importance de la Ushrusaniyya. [25] 

L’hisrtorien Al-Ya’qubi nous dit qu’après la mort d’al-Afshin , le commandant turc Wasif al-Turki et ses disciples s’installa à al-Matira pendant le califat d’ al-Wathiq (r. 842-847), [26] et il est possible que la Ushrusaniyya ai été déplacées de cette région et forcé de s’installer ailleurs dans la ville. [27] Le régiment a survécu, cependant, et a continué à être utilisé dans les campagnes militaires.

En 847, par exemple, ils ont participé à l’expédition de Bugha al-Kabir contre le désordre de la tribu arabe des Banu Numayr (Numayrides) dans l’ouest de l’Arabie , au cours de laquelle ils étaient sous  le commandement de l’ancien lieutenant d’al-Afshin, al- Wajin al-Ushrusani . [28]

Le palais Abbasside   d'al-Ashiq à  Samarra, ver 870-883.
Le palais Abbasside d’al-Ashiq à Samarra, ver 870-883.

Après l’assassinat du calife Jafar al-Mutawakkil en Décembre 861, le califat est entré dans une période d’instabilité, connu sous le nom « l’Anarchie de Samarra » . [29]

Au cours de cette période, la Ushrusaniyya, avec les autres régiments militaires, ont joué un rôle important dans les affaires de la capitale.

Le fils d’Al-Mutawakkil; al-Muntasir (r. 861-862), qui aurait été le complice de la mort de son père, aurait cherché à se faire des alliés de la Ushrusaniyya dans les jours qui ont précédé l’assassinat d’al-Mutawakkil, et beaucoup d’entre eux ont jeté leur soutien pour ce  al-Muntasir. [30]

Après la mort d’ al-Muntasir en Juin 862, la Ushrusaniyya, avec les Turcs et les Maghrébins, ce sont concerté pour désigné al-Musta’in comme le successeur d’al-Muntasir, et ils étaient présents lors de la cérémonie d’inauguration pour le nouveau calife .

Lorsque les émeutes ont éclaté dans la capitale en faveur du rival d’al-Musta’in,  al-Mu’tazz , ils furent déployés pour aider à réprimer les dissidents, mais ont subi de lourdes pertes au cours des combats. [31]

Stuc mur revêtement, le style I. Samarra ou 'Style C'  Berlin, Musée d'art islamique (SMB)  Irak, Samarra, allemand Samarra Expediton 1911, «Maison III ' Période abbasside, au milieu de 3 / 9ème siècle  Photo: Ernst Herzfeld 1911  E. Herzfeld, Erster vorläufiger Bericht über die Ausgrabungen von Samarra (Berlin 1912) pl. 4.
Mur abbasside de Sammara Dar al-Khilafa  avec revêtement en stuc  milieu du 9ème siècle
Photo: Ernst Herzfeld 1911
E. Herzfeld, Erster vorläufiger Bericht über die Ausgrabungen von Samarra (Berlin 1912) pl. 4.

Au cours de la guerre civile qui a éclaté entre al-Musta’in et al-Mu’tazz en 865, un grand contingent des Ushrusaniyya était présent à Baghdad pour se battre pour al-Musta’in; ceux-ci ont été placés sous le commandement du fils d’al-Afshin  du nom d’al-Hasan . [32]

D’autres officiers Ushrusani, furent également au côté d’al-Musta’in, et ont été assignés à diverses commandement, telles que escorter les convois des revenus ficaux à Baghdad et de garder et surveillé la ville et la banlieue. [33]

Après la fin de la guerre au début de l’an 866  qui ce soldat en faveur d’al-Mu’tazz, la Ushrusaniyyaest  retourné à Samarra, et au cours des prochaines années, ont occasionnellement participé à des émeutes dans la ville de Samara. [34] 

En Juin 870, la Ushrusaniyya s’est rallié à défendre le calife al-Muhtadi (r. 869-870) quand les Turcs sous Musa ibn Bugha al-Kabir se sont  révoltés, mais ils furent vaincus et le calife al-Mustadi a été tué. [35]

Cet événement semble entraîné le déclin du régiment; après ce moment , ils disparaissent des sources arabes. [36]

Notes 

  1. ^ Le Strange, pp 474-75. Kramers, pp 924-25. Bosworth, p. 589
  2. ^ Kramers, p. 925; Bosworth, pp 589-90. Barthold et Gibb, p.241
  3. ^ Kramers, p. 925; al-Tabari, v. 24: p. 173; v. 25: p. 148; v. 26: p. 31; al-Baladhuri, pp. 190, 203
  4. ^ Al-Ya’qubi, Historiae, p. 479; al-Tabari, v. 30: p. 143
  5. ^ Par exemple, rejoindre la rébellion de Rafi ‘ibn Layth et revenir sur les accords d’hommage: al-Ya’qubi, Historiae, p. 528; al-Baladhuri, pp. 203-04
  6. ^ Bosworth, p. 590; Kramers, p. 925; Kennedy, p. 125; al-Baladhuri, pp 204-05. al-Tabari, v. 32: pp. 107, 135
  7. ^ Kramers, p. 925. La dynastie est resté au pouvoir jusqu’en 893, quand la Ushrusana est devenue une province directement administrée par les Samanides .
  8. ^ Barthold et Gibb, p. 241
  9. ^ Bosworth, p. 590; Kennedy, p. 125
  10. ^ Kennedy, p. 125; Gordon, p. 43; Northedge, p. 169
  11. ^ Kennedy, pp 118-22, 124-25. Gordon, pp. 15 et suiv .; al-Baladhuri, p. 205
  12. ^ Kennedy, p. 125
  13. ^ Bosworth, p. 590
  14. ^  Gordon, p. 43
  15. ^  Northedge, p. 169
  16. ^ Al-Tabari, v. 33: p. 200 et n. 581
  17. ^ al-Ya’qubi, Buldan, p. 259
  18. ^ Gordon, p. 37
  19. ^ Kennedy, pp 126-27. Gordon, p. 37
  20. ^ Tollner, p. 48
  21. ^ Kennet, p. 177
  22. ^ Gordon, pp 72-73. Kennedy, pp. 205-07
  23. ^ Kennedy, pp. 127-28
  24. ^ Al-Tabari, v. 35: p. 4
  25. ^ Crone, p. 319
  26. ^ Al-Ya’qubi, Buldan, pp. 264-65
  27. ^ Northedge, pp. 169-70, interpréter la référence de al-Ya’qubi(Buldan, p. 263) que certains des officiers Ushrusaniyya étaient situés dans la Shari ‘al-Khayr al-Jadid. Alternativement, Wasif peut avoir assumé la responsabilité pour la Ushrusaniyya dans al-Matira, entraînant leur subordination au commandement turc;Gordon, p. 78
  28. ^ Al-Tabari, v. 34: p. 50. Le texte lit « al-Ushrusaniyyah al-Ishtikhaniyyah; » de l’avis de Kraemer, «peut-être le mot« et »devrait être inséré entre les deux noms. Kraemer, n. 186
  29. ^ Sur cette période, voir Gordon, pp. 90 et suiv.
  30. ^ Al-Mas’udi, v. 7: p. 273
  31. ^ Al-Tabari, v. 35: pp. 1-5
  32. ^ Al-Tabari, v. 35: p. 43
  33. ^ Al-Tabari, v 35: pp. 58, 92.
  34. ^ Al-Tabari, v. 35: p. 146
  35. ^ Al-Tabari, v 36: pp. 93, 107.
  36. ^ Par exemple al-Tabari, Index: p. 79. Kennedy, p. 150, spécule que le Ushrusaniyya peut avoir été déclassé après Abu Ahmad al-Muwaffaq est devenu commandant en chef de l’armée pendant le califat d’ al-Mu’tamid (r. 870-892).

Références

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  • Al-Bili, Osman Sayyid Ahmad Ismaïl Prelude aux généraux:. Une étude de certains aspects du règne de la huitième «calife abbasside, Al-Mu’tasim Bi-Allah (218-227 AH / 833-842 AD ) Lecture:.. Ithaca Press, 2001, ISBN 0-86372-277-6
  • Barthold, W., et HAR Gibb. « Afshin. » L’Encyclopédie de l’Islam, Volume I. New Ed. Leiden:. EJ Brill, 1960 ISBN 90-04-08114-3
  • Bosworth, C. Edmund. « Afsin. » Encyclopédie Iranica, Volume I. Ed. Ehsan Yarshater. London: Routledge & Kegan Paul, 1985. ISBN 0-7100-9098-6
  • Crone, Patricia. « Le monde islamique précoce. » Guerre et société dans les Mondes anciens et médiévaux. Eds. Kurt Raaflaub et Nathan Rosenstein. Cambridge:. Harvard University Press, 1999 ISBN 0-674-94660-X
  • Ibn al-Athir, ‘fi Izz al-Din. Al-Kamil al-Tarikh. 6e éd. Beyrouth: Dar Sader, 1995.
  • Kennedy, Hugh les armées des califes:. Militaires et la société au début des années islamique État de New York:.. Routledge, 2001 ISBN 0-415-25093-5
  • Kennet, Derek. « La forme de la Cantonments militaires à Samarra, l’Organisation de l’armée abbasside. » Une musulmane médiévale Ville Reconsidered: une approche interdisciplinaire de Samarra Ed.. Chase F. Robinson. Oxford:. Oxford University Press, 2001,ISBN 0-197-28024-2
  • . Kraemer, Joel L., trans L’histoire d’al-Tabari, Volume XXXIV: Déclin Incipient par al-Tabari.. Ed. Ehsan Yar-Shater. Albany, NY: State University of New York Press, 1989. ISBN 0-88706-874-X
  • Kramers, JH « Usrushana. » L’Encyclopédie de l’Islam, Volume X. New Ed. Leiden:. EJ Brill, 2000 ISBN 90-04-11211-1
  • Gordon, Matthew S. The Breaking of a Thousand Swords: Une histoire de l’armée turque de Samarra (AH 200-275 / 815-889 CE) Albany, NY:.. L’Université d’État de New York Press, 2001 ISBN 0-7914- 4795-2
  • Le Strange, Guy Les terres du califat de l’Est:. Mésopotamie, la Perse et l’Asie centrale, de la conquête musulmane au moment de Timur Cambridge:. Cambridge University Press, 1905.
  • Al-Mas’udi, Ali ibn al-Husain. Les Prairies D’Or. Ed. et Trans. Charles Barbier de Meynard et Abel Pavet de Courteille. 9 vol. Paris: Imprimerie Nationale, 1861-1917.
  • Northedge, Alastair La topographie historique de Samarra Londres:… L’École d’archéologie britannique en Irak, 2005 ISBN 0-903472-17-1
  • Al-Tabari, Abu Ja’far Muhammad Ibn Jarir. L’histoire d’al-Tabari. Ed. Ehsan Yar-Shater. 40 vol. Albany, NY: State University of New York Press, 1985-2007.
  • . Tollner, Helmut Die türkischen Jardin suis Kalifenhof von Samarra, ihre Entstehung und Machtergreifung bis zum Kalifat al-Mu’tadids Bonn:. Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität, 1971.
  • Al-Ya’qubi, Ahmad ibn Abou Yacoub. Historiae, Vol. 2. Ed. M. Th. Houtsma. Leiden: EJ Brill, 1883.
  • Al-Ya’qubi, Ahmad ibn Abou Yacoub. Kitab al-Buldan. Ed. MJ de Goeje. 2e éd. Leiden: EJ Brill, 1892.

Le califat par al-Maqrizi (1364-1442) tiré de l’Histoire de l’Egypte ».

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Les trois portes du Masjid an-Nabawi à Medine
Les trois portes du Masjid an-Nabawi à Medine

Le califat par al-Maqrizi tiré de l' »Histoire de l’Egypte ».

PRÉFACE d’al-Maqrizi (1364-1442)

Au nom du Dieu clément et miséricordieux.

Je n’ai pas d’autre assistance que celle d’Allah et je me remets entre ses mains !

Dis : Allah possède la toute puissance ; c’est par sa volonté que l’autorité vient aux hommes et c’est sa volonté qui la leur enlève.

Il glorifie ou abaisse celui qu’il lui plaît d’élever ou d’abaisser; il change le bonheur en larmes et sa toute puissance s’étend sur toutes choses.

Il fait succéder la nuit au jour et le jour à la nuit ; il fait sortir la vie de la mort, et la mort de la vie, il donne à qui il veut, sans compter, son pain quotidien.

Louange à Allah qui est un dieu sage, un dieu puissant, un roi omnipotent et victorieux, qui donne à celui qui est faible et méprisé, qui humilie la vanité du puissant et du riche, qui élève l’homme humble et obscur, qui humilie l’homme puissant et noble, qui glorifie celui qui est méprisé et honni, qui dérobe le fugitif à la vue des hommes qui le poursuivent, qui humilie ceux qui sont armés de lois inexorables ou qui possèdent de nombreux soldats, ceux qui font flotter au-dessus de leur tête les étendards et les drapeaux[12] et ceux qui commandent aux armées et aux troupes.

Reproduction de la mosquée du prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)
Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) à Medine.

Il donne sa puissance à celui qui n’est rien, dont on ne connaît ni les pères ni les ancêtres, mais qui se conforme dans sa conduite aux désirs de son Maître et qui est utile à son prochain, à celui que les gens haïssent et pour qui personne n’a de considération, à celui qui ne peut faire rien qui soit utile à lui-même et encore bien moins à un autre que lui, qui est incapable d’écarter le mal et les calamités qui fondent sur lui par suite de sa faiblesse et de l’obscurité dans laquelle il vit.

Il enlève l’empire à celui que les plus méchants redoutent au milieu de leurs ruses, à celui devant qui s’humilie l’insolence des guerriers malgré leur dureté et leur cruauté, aux pieds duquel se prosternent les plus braves soldats.

Le lieu de naissance du prophète Muhammad paix et bénédiction d'Allah sur lui
Le lieu de naissance du prophète Muhammad paix et bénédiction d’Allah sur lui

Louange à Dieu pour ce qu’il refuse et pour ce qu’il donne, pour les épreuves qu’il envoie à l’homme, pour les souffrances, les malheurs et la médiocrité dans lesquels il le fait vivre, pour les bienfaits et les dons dont il gratine ceux qui louent sa Gloire.

C’est dans sa main qu’est la puissance sur toute chose et c’est vers lui que nous retournerons.

Il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah, l’Unique, le Seul, l’Isolé, l’Éternel, qui n’a pas été enfanté et qui n’a pas engendré, il n’a pas d’égal. Allah est grand.

La tombe de Hamza radi Allah anhu à Janat al-Mualla à la Mecque
La tombe de Hamza radi Allah anhu à Janat al-Mualla à la Mecque

Les hommes ne saisissent de sa science que ce qu’il a bien voulu leur en dévoiler ; son trône s’étend sur la terre et sur les cieux ; l’intelligence ne peut aller jusqu’à concevoir sa grandeur, et c’est lui qui a instruit les prophètes et les envoyés.

Qu’Allah prie sur notre prophète Mohammed par la main de qui il a fait disparaître du monde les Khosroès qui associaient à Dieu d’autres divinités, qui a renversé par sa loi l’empire des Césars de Rome, qui a anéanti les religions dans lesquelles les hommes adoraient des idoles et des statues, qui a détruit les temples du feu, qui a réuni autour de lui les princes des Arabes qui, avant cette époque, étaient dispersés dans leur presqu’île.

Quand Allah (louanges lui en soient rendues!) m’eut permis d’achever le « Livre des Colliers des perles des écrins sur l’histoire de la ville de Fostat » et le livre intitulé les « Enseignements réservés aux orthodoxes sur l’histoire des khalifes (fatimides) », tous les deux traitant des souverains d’Egypte, des émirs et des khalifes, des événements qui se sont passés sous leurs règnes depuis les temps de la conquête jusqu’à l’époque de la chute de la dynastie fatimide, je me suis plu à continuer ce récit par l’histoire des souverains d’Egypte qui ont régné après eux, tant des souverains Kurdes ou ayyoubides, que des Sultans Mamlouks, Turcs et Circassiens, dans un livre dans lequel se trouve racontée leur histoire, où l’on expose leurs institutions ainsi que la plupart des événements qui se sont passés à leur époque, sans distinguer entre les biographies et les obituaires.[13]

Je me suis tenu à un juste milieu entre une narration trop développée et un récit trop succinct, et j’ai intitulé cet ouvrage « Le livre de l’introduction à la connaissance des dynasties royales » (Kitab as-soloûk-li-ma’rifat-douval-al-moloûk).

L'empire Romain Byzantin d'Orient et l'empire Sassanide en 610
L’empire Romain Byzantin d’Orient et l’empire Sassanide en 610

INTRODUCTION HISTORIQUE

I TABLEAU DU MONDE AVANT L’ÉTABLISSEMENT DE L’ISLAM.

Il faut savoir qu’avant la venue de notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui accorde le salut !), tous les habitants de la terre, tant dans les pays de l’ouest que dans l’est, étaient répartis en sept grandes nations:[14]

Les Sin (Chinois) au sud-est (djanoûb-mashrek) de la terre.

Les Hindous au sud franc (wasit djanoûb).

Les Nègres (Soudan) au sud-ouest (djanoûb-maghreb).

Les Berbères au nord-ouest (shamal-maghreh).

Les Roumis au nord franc (wasit-shamal).

Les Turks au nord-est (shamal-mashrek).

Les Persans au milieu de ces six nations qui les entouraient de toutes parts.

Dans les temps anciens, avant l’apparition de la loi musulmane, ces différents peuples ne formaient qu’une seule nation que l’on appelait de deux noms, les Samanéens et les Chaldéens ; ils se séparèrent ensuite en cinq groupes religieux : les Sabiens, les Mages, les Polythéistes, les Juifs et les Chrétiens.

Les Sabiens[15] adoraient les étoiles ; ils pensaient que tout ce qui se trouve dans ce monde inférieur, que les créatures traversent dans la vie actuelle, a été produit par les étoiles.

Ils croyaient également que c’était du soleil qu’émanait tout ce qui se produit dans le monde.

Cette religion est la plus ancienne de toutes, c’était celle des habitants de Babylone (Babil) qui étaient Chaldéens; Allah leur envoya comme prophètes Nouh et Ibrahim (que les prières d’Allah soient sur eux deux!).

Le château Saint-Gilles (en arabe قلعة طرابلس), aussi appelé forteresse est une forteresse située à Tripoli, au Liban, construite en 1103 par le comte Raymond IV de Toulouse sur un site fortifié par les Arabes du califat Rashidun par le général . Sefyan bin al Moujib al-Azadi en 636 En effet, lorsqu'Omar ibn al-Khattâb envahit la Syrie en 641, la ville, alors byzantine, oppose une âpre résistance. Elle n'est prise qu'en 644 après la fuite par la mer des habitants qui échappent à la surveillance des Musulmans malgré la construction à l'écart de la ville d'un petit fort destiné à les observer6.
Le château Saint-Gilles ,  située à Tripoli, au Liban, fut reconstruite en 1103 par le comte Raymond IV de Toulouse sur un site fortifié par les Arabes du califat Rashidun notamment par le général Sufyan ibn Moujib al-Azadi en 644.  En effet, lorsqu’Omar ibn al-Khattâb envahit la Syrie en 641, la ville, alors byzantine, oppose une âpre résistance. Elle n’est prise qu’en 644 après la fuite par la mer des habitants qui échappent à la surveillance des Musulmans malgré la construction à l’écart de la ville d’un petit fort destiné à les observer.

Les Sabiens faisaient des idoles de pierres précieuses et de métaux auxquelles ils donnaient le nom des étoiles.

Ils adoraient ces idoles, leur adressaient leurs prières, leur faisaient des sacrifices pour se les concilier, croyant qu’ils en tiraient un bénéfice et qu’elles éloignaient le mal d’eux.

Quelques restes de ces Sabiens vivent aujourd’hui dans le Sawad de l’’Irak, à Harrân et à ar-Rohâ (Édesse).

Ils ont embrassé l’Islam et sont connus sous les noms de Nabatéens et de Djarnaniens ; ils n’ont plus aujourd’hui d’autonomie depuis que les Persans les ont vaincus.

C’est sous le règne de al-Mamun (fils d’Haroun al-Rashid l’Abbasside), qu’ils abandonnèrent leur nom de Chaldéens pour prendre celui de Sabiens.

Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)
Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)

Les Mages disaient qu’il y avait deux dieux, le premier, auteur du bien[16] était la Lumière et l’autre, auteur du mal, était les Ténèbres.[17]

On les appelait également les Dualistes.

Ils construisirent pour ces dieux des pyrées dans lesquels le feu brûlait continuellement.

C’était à ces feux qu’ils adressaient leurs prières et qu’ils offraient leurs sacrifices, et ils croyaient que ces dieux étaient la source du bien et du mal.

Cette religion était celle des Khosroès, rois de Perse dans l’Irak.

L’Envoyé d’Allah (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut!) naquit sous le règne de Kesrâ Anoushirvân.

Les Arabes anéantirent l’empire des Khosroès pendant le khalifat du Commandeur des Croyants, ‘Omar ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui!), ils leur prirent al-Madaïn, Djaloula ainsi que d’autres villes.

Le dernier de leurs souverains, Yezdedjerd fut tué sous le khalifat du Commandeur des Croyants ‘Othman ibn ‘Affân (qu’Allah soit satisfait de lui !)

Aucun Khosroès ne régna après lui; les Persans furent dispersés et leur royaume est resté anéanti jusqu’à aujourd’hui.

J’ai parlé déjà des rois de Perse dans mon livre des « Colliers des perles des écrins » ; j’y renvoie pour plus de détails.

Chambre de Halimah (رضي الله عنها) où Rasoolullah (صلى الله عليه وسلم) a passé son enfance
La Chambre de Halimah (رضي الله عنها) où Rassoul Allah (صلى الله عليه وسلم) a passé son enfance

Les Polythéistes ou Associateurs, tout comme les Sabéens et les Mages, adorent des idoles et des feux au lieu d’adorer Allah.

Les Arabes, auxquels Allah envoya notre prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !) les appelèrent les Polythéistes (al-moushrakin) et ce nom leur resta.

Ils adoraient des idoles, des statues et des représentations de divinités au lieu d’adorer le vrai Dieu.

Ils se prosternaient devant elles, leur adressaient leurs prières et leur offraient des sacrifices.

Ces idoles étaient faites de pierres, de bois et d’autres substances. Ils étaient persuadés que c’était d’elles que leur venait tout profit et qu’elles détournaient le mal qui aurait pu les atteindre.

Les Polythéistes (ou Associateurs) croyaient que c’est le Dieu très haut qui les a créés, qui les fait exister et ensuite les fait mourir et qui leur donne leur pain de chaque jour.

Ils étaient persuadés que leur adoration des idoles était pour eux le moyen de se rapprocher de lui; quand ils se trouvaient en péril sur mer par suite de la violence du vent et de la force des vagues et qu’ils étaient en danger de mort, ils élevaient des idoles qu’ils adoraient et suppliaient Dieu de les sauver.

Allah (louanges lui en soient rendues !) anéantit cette hérésie au milieu des Arabes par la main de notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !)[18] et ils entrèrent successivement dans la loi de l’Islam.

l'Expulsion finale des non-musulmans d'Arabie sous Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu
l’Expulsion finale des non-musulmans d’Arabie sous Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu en 642

Ils ne voulurent pas reconnaître le vrai Dieu jusqu’au moment où l’Islam triompha de toutes les autres religions et où les Arabes eurent conquis l’Orient et l’Occident de la terre, tous les pays que foulèrent le pied de leurs coursiers et tous les rivages auxquels abordèrent leurs navires.

Nous avons suffisamment parlé dans notre livre des « Colliers de Perles des écrins sur l’histoire de la ville de Fostat », des tribus arabes et de leurs subdivisions.

Les Juifs sont les sectateurs de Moussa, fils d’Amrân (que les prières d’Allah soient sur lui!). Leur livre sacré s’appelle la Thora ; ils sont tous fils d’Ibrahim, l’ami d’Allah. Ils sont aussi connus sous le nom de Bènou Isrâil, (Israélites); Israil étant Yakoub, fils d’Ishak, fils d’Ibrahim (que les prières d’Allah soient sur eux!).

Ils formaient douze tribus et ils possédèrent la Syrie tout entière, moins une petite portion jusqu’au moment où leur empire fut détruit par Bokht-en-Nasr, puis par Titus (Titis).

Quand Allah eut révélé l’Islam, ils perdirent leur puissance et leur empire ; ils furent dispersés dans les diverses contrées de la terre et ils passèrent sous la domination des Chrétiens. Nous avons de même mentionné tous leurs rois dans notre livre des « Colliers des perles des écrins ».

Les Chrétiens suivent la loi du Messie, fils de Dieu, ‘Isa, fils de Mariam (que les prières d’Allah soient sur lui!)

Leur livre saint se nomme l’Évangile (al-Indjil). Allah envoya le Messie aux fils d’Israël qui, sauf quelques-uns, le traitèrent d’imposteur.

Sa religion se répandit après qu’il fut monté au ciel.

Zénobia-Halabiyé (en arabe : qala'a al-ḥalābiyā, قلعة الحلابيا) C’est sans doute en raison de l'intérêt géostratégique du site que Zénobie doit sa fondation, vers 266 ap. J.-C., par la fameuse reine de Palmyre, Zénobie qui lui donna son nom, et son époux Odénat, afin de contrôler cette passe, face aux Perses Sassanides de Shapur Ier, toujours menaçants vis-à-vis de l’Empire romain, dont Palmyre était l’un des garants. Elle ne fut sans doute longtemps qu’un fortin ou plutôt une petite ville, qui, après la prise de Palmyre en 273 par l’empereur Aurélien, venu restaurer son autorité face à la rébellion de Zénobie,
La forteresse Zénobia-Halabiyé (en arabe : qala’a al-ḥalābiyā, قلعة الحلابيا) en Syrie  ce fut la reine arabe  Zénobie  qui la fonde , vers 266 ap. J.-C., alors reine de Palmyre, et qui lui donna son nom Zenobie,  afin de contrôler cette passe, face aux Perses Sassanides de Shapur Ier, toujours menaçants vis-à-vis de l’Empire romain, dont Palmyre était l’un des garants.

Les Romains, les Coptes, les Abyssins et un certain nombre d’Arabes embrassèrent cette religion et ils la conservèrent jusqu’au moment où Allah révéla l’Islam.

Les Musulmans, tant compagnons du Prophète que ceux qui vinrent ensuite (qu’Allah soit satisfait d’eux tous!), combattirent contre Heraclius, le dernier de leurs rois et contre ses vassaux; ils lui enlevèrent la Syrie, l’Egypte et ils les forcèrent à se réfugier dans les îles de la mer.

Les Musulmans livrèrent ensuite la bataille de Djellaka et conquirent de même sur les Chrétiens, l’Afrique (Ifriiya), l’Espagne (Andalous) et tous les pays du Maghreb ; ils portèrent la guerre et le massacre jusque dans le pays des Roum et ils détruisirent leur empire auquel succéda celui des Francs.

Nous avons déjà raconté dans notre livre des « Colliers des perles des écrins » et dans le livre intitulé « Exhortations et explications sur la topographie et les monuments anciens[19] », toutes les guerres qui eurent lieu entre les Roumis, les Francs et les Musulmans.

A notre époque, ces rois des Francs, leurs sujets, ainsi que la plupart des rois d’Abyssinie et de leurs peuples, suivent toujours la religion chrétienne.

La bataille de Badr
La bataille de Badr

Allah a effacé ces religions de la face de la terre quand il a envoyé notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut!). A cette époque, le monde était divisé en cinq empires : le royaume de Perse ; le souverain de ce pays se nommait Khosroès ; le royaume de Roum dont le souverain était appelé Kaisar ; ce royaume fut en guerre continuelle avec le royaume de Perse, les souverains de ces deux pays ont élevé de nombreux monuments; le royaume des Turks, dont les souverains firent la guerre aux Persans, mais les chroniques des Khalifes ne nous apprennent pas qu’ils aient triomphé d’eux;[20] le royaume de l’Inde, les souverains de ce pays se bornèrent à garder ce qui leur appartenait et le royaume de Chine.[21]

Quant aux fils de Cham, Abyssins, Zendjs et Berbères, ils n’avaient point de royaume qui put compter.

Les étapes du Califat Rashidun jusqu'à Uthman bin Affan radi ALLAH anhu
Les étapes du Califat Rashidun jusqu’à Uthman ibn Affan radi ALLAH anhu

I LE KHALIFAT.

Sache qu’Allah donna sa mission à notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !) à l’âge de quarante ans.

Il prêcha les Koraïchites à la Mecque durant treize années et il s’enfuit ensuite de la Mecque à Médine où il demeura pendant dix ans.

Allah le rappela à lui à l’âge de soixante-trois ans.

Nous avons déjà raconté sa vie en détail au commencement de notre livre « Le Collier des perles des écrins, sur l’histoire de la ville de Fostat » (Kitab ‘akd-djavâhir-el-isfat fi akhbar medinet-el-Fostat).

Après sa mort, les khalifes orthodoxes régnèrent durant trente ans sur l’islam et sur les Musulmans.

Place de la bataille de Muta La bataille de Mu'tah (arabe : غزوة مؤتة) a lieu en septembre 6291 près du village de Mu'ta (ar) à l'est du Jourdain et d'al-Karak, entre une troupe de combattants musulmans dépêchée par le prophète de l'islam Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) et une armée de l'empire byzantin.
Place de la bataille de Muta La bataille de Mu’tah (arabe : غزوة مؤتة) a lieu en septembre 629 près du village de Mu’ta à l’est du Jourdain et d’al-Karak, entre une troupe de combattants musulmans dépêchée par le prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et une armée de l’empire byzantin.

Ces khalifes sont au nombre de cinq:

Abou-Bakr-as-Siddik (qu’Allah soit satisfait de lui!); son nom était ‘Abd-Allah ibn ‘Othman-Abou-Kahâfa. Il fut khalife durant deux ans et trois mois, moins cinq nuits (632-634).

Omar ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui!) ibn Nafil al-‘Adouvi; il régna durant dix ans, six mois et quatre jours (634).

Othman ibn ‘Affân ibn Abou al-‘As ibn Oumayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf ; il régna durant douze ans moins douze jours.

On dit aussi que la durée de son règne fut de onze ans, onze mois et quatorze jours, ou encore, suivant d’autres personnes, dix-huit jours (644).

‘Ali ibn Abou-Thâlib ibn ‘Abd-al-Motallib ibn Hicham ; il fut khalife durant quatre années, neuf mois et six jours, ou trois jours ou encore, suivant d’autres personnes, quatorze jours (656).

al-Hasan ibn Ali ibn Abou Thâlib, il régna cinq mois et demi environ ; on dit également six mois (661).

« L’ascendance arabe » carte de 1884 Ancienne carte (1884) du califat Omeyyade et du plan de Dimashq ( Damas) sous le 6eme calife omeyyade Al-Walid Ier né le 668 – mort le 715 (le monde chrétien est en jaune et le monde païen en vert )

C’est avec al-Hasan que se termina la dynastie des khalifes orthodoxes (qu’Allah soit satisfait d’eux tous !). Le Khalifat devint ensuite une royauté de violence et de tyrannie et le pouvoir passa aux Omeyyades.[22]

Le premier d’entre eux qui exerça la souveraineté fut :

Mo’awiyya ibn Abou-Sofian (661); il s’appelait Sakhr ibn Harb ibn Omayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf; il régna durant dix-neuf ans, trois mois ou, suivant d’autres, trois mois moins un jour.

Après lui, son fils (680)

Yazid monta sur le trône et fut khalife durant trois ans et six mois.

On a dit aussi huit mois et on donne encore d’autres durées à son règne. Après lui régna (683)

Mo’awiyya, fils de Yazid, fils de Mo’awiyya, durant trois mois ou suivant d’autres, pendant quarante jours. Après Yazid, ‘Abd-Allah ibn al-Zobaïr ibn al-‘Avvam ibn Khawilad ibn Asad ibn ‘Abd-al-Ghari ibn Kasi régna en même temps que Mo’awiyya dans le Hedjaz. Marwân le trahit en Syrie.

Pantelleria sulla Costa En 700 l'île a été conquise par les Arabes omeyyade , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah 'la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l'Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade
Pantelleria sulla Costa, Italie.  En 700 l’île a été conquise par les Arabes omeyyade depuis l’ifriiqya , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah ‘la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l’Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade

La durée du règne d’Ibn al-Zobaïr jusqu’au moment où il fut tué à la Mecque, fut de neuf ans.

Après Moaviyya-ibn-Yazid, régna en Syrie (684)

Marvân ibn al-Hakim-ibn Abou’l As ibn Omayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf, durant dix mois. Après lui régna son fils

‘Abd-al-Malik (685) qui envoya al-Hadjdjâdj ibn Youssouf al-Thakafï faire la guerre à ‘Abd-Allah ibn Zobaïr ; ce dernier fut tué après la mort de son concurrent. ‘Abd-al-Malik régna pendant treize ans, quatre mois moins sept nuits. Après lui régna son fils (705)

al-Valid, durant neuf ans et sept mois; il eut pour successeur son frère, (715)

Soleïman ibn ‘Abd-al-Malik, qui régna pendant deux ans, huit mois et cinq jours ; on dit aussi moins cinq jours. Après ce prince régna (717)

Omar ibn ‘Abd al ‘Aziz ibn Marvân ibn al-Hakim durant deux ans et cinq mois, après lui (720)

Yazid ibn ‘Abd-al-Malik durant quatre ans, un mois et quelques jours.

Ce khalife eut pour successeur sou frère (724) Hicham ibn ‘Abd-al-Malik, qui régna dix-neuf ans, neuf mois et vingt et un jours, ou suivant une autre estimation, huit mois et demi.

Ce khalife se fit faire des vêtements brodés à sa taille ; il en fit tellement faire, qu’il fallut sept cents chameaux pour transporter ceux qu’il choisit.

Cette charge était composée des habits dont il se revêtait, mais combien y en avait-il qu’il ne portait pas !

Après lui régna (743) al-Walid ibn Yazid ibn ‘Abd-al-Malik qui est connu sous le nom de Yazid-al-Nakis ; il régna durant un an et trois mois ou suivant d’autres auteurs, pendant deux mois et vingt-deux jours. Après lui son fils (744)

Yazid fut investi du Khalifat ; la situation de l’empire périclita sous son règne et il ne resta sur le trône que cinq mois et quelques jours. Son frère (744)

Ibrahim ibn al-Valid lui succéda et régna quatre mois ou, comme disent quelques personnes, soixante-dix jours ; il n’eut jamais aucune autorité. Après Ibrahim,

Marvân ibn Mohammad ibn Marvân ibn al-Hakim monta sur le trône (744-750). On le nommait Marvân le frisé, ou Marvân l’ânier. C’est sous le règne de ce prince que commença à poindre la dynastie des Abbassides. Ils lui firent la guerre et le tuèrent en Egypte. Il avait régné depuis son avènement pendant cinq ans, six mois et seize jours.

Iraq, Kirdistan (Jazira) lieux de la bataille du Zab entre les abbassides et omeyyades

La dynastie Omeyyade finit avec l’assassinat du khalife Marvân ibn Mohammad.

La dynastie du fils d’Abbas ibn ‘Abd-al-Motallib ibn Hicham ibn ‘Abd-Manâf le remplaça durant une période de cinq cent vingt-trois ans, dix mois et quelques jours.

C’est à partir des Abbassides que la division s’introduisit dans l’Islam; ce fut sous leur règne que le nom d’Arabe disparut de la cour de Bagdad, que les Turks leur prodiguèrent les humiliations, et que les Deïlémites[23] arrivèrent au pouvoir.

As Saffah le premier Abbasside reçois les allégeances dans la mosquée construite par les Omeyyades (ses prédécesseurs a Kufa en Iraq, illustration persane du 14e siècle
As Saffah le premier Abbasside reçois les allégeances dans la mosquée construite par les Omeyyades (ses prédécesseurs a Kufa en Iraq, illustration persane du 14e siècle

Les Turks acquirent ensuite un pouvoir immense et ils se partagèrent les royaumes de la terre.

Le premier khalife de cette dynastie (Abbasside) fut as-Saffah, qui se nommait ‘Abd-Allah ibn Mohammad ibn ‘Ali ibn ‘Abd-Allah ibn ‘Abbâs; il régna durant quatre ans, huit mois et un jour (750-754).

Ce prince aimait à répandre le sang; il fit périr des milliers de personnes et ses lieutenants imitèrent sa cruauté, en Orient comme en Occident.

C’était en même temps un homme généreux qui répandait sans compter l’argent autour de lui et ses lieutenants l’imitèrent encore en cela.

La mosquée de l’ Allégeance Aqaba en Arabie, là ou eu lieu les deux serments d’allégeance d’Al-Aqabah entre le prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) et les Sahaba (ra), lorsque les Abbassides ont pris le pouvoir le deuxième calife Abu Jafar al Mansur construisit cette mosquée en l’an 144 de l’hegire (761 jc), Aqqaba, Arabie Saoudite
La mosquée de l’ Allégeance Aqaba en Arabie, là ou eu lieu les deux serments d’allégeance d’Al-Aqabah entre le prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) et les Sahaba (ra), lorsque les Abbassides ont pris le pouvoir le deuxième calife Abu Jafar al Mansur construisit cette mosquée en l’an 144 de l’hegire (761 jc), Aqqaba, Arabie Saoudite

Son frère (754) Abou Djafar al-Mansour, qui se nommait également ‘Abd-Allah ibn ‘Ali, régna après lui durant vingt et un ans et onze mois.

Ce fut lui le premier qui détermina la rupture entre les Abbassides et les ‘Alides; auparavant, ils ne formaient qu’une seule famille.

Il fut de même le premier khalife qui admit dans son intimité les astrologues, qui régla ses actions sur les présages des étoiles, qui fit traduire en arabe des livres rédigés dans des langues étrangères, qui fit de ses affranchis et de ses serviteurs des gouverneurs de provinces et qui leur donna le pas sur les Arabes.

Les khalifes qui lui succédèrent agirent de même, de telle façon que les règles de gouvernement des Arabes disparurent, que les lois et les usages qu’ils avaient mis en vigueur furent abandonnés et qu’ils perdirent le rang qu’ils occupaient auparavant dans l’empire.

Ce prince avait étudié les sciences, aussi, sous son règne, les gens se livrèrent-ils ardemment à l’étude et la science se répandit.

La Grande mosquée de Shibam au Yémén situé au cœur de la vieille ville entourée par de hautes maisons en briques de boue, a été construit en 753 au début de l’ére Abbasside. Une grande partie de la mosquée reconstruit au XIVe siècle. La présence de briques cuites rouges, typiques de la construction abbasside du 9e siècle, souligne les efforts de reconstruction dès le règne du calife Abbasside Harun al-Rashid; c’est le seul site de Shibam où dees briques cuites furent retrouvés. source : archnet.org
La Grande mosquée de Shibam au Yémén situé au cœur de la vieille ville entourée par de hautes maisons en briques de boue, a été construit en 753 au début de l’ére Abbasside. Une grande partie de la mosquée reconstruit au XIVe siècle. La présence de briques cuites rouges, typiques de la construction abbasside du 9e siècle, souligne les efforts de reconstruction dès le règne du calife Abbasside Harun al-Rashid; c’est le seul site de Shibam où dees briques cuites furent retrouvés. source : archnet.org

Après lui régna son fils (775) al-Mahdi-Abou ‘Abd-Allah-Mohammad, durant dix ans et un mois et demi.

Ce fut un prince bon et libéral ; le peuple imita sa conduite et vécut dans l’aisance.

Il s’appliqua à anéantir les hérétiques dès leur apparition et il fit disperser les livres traitant de leurs croyances.

Ce fut lui le premier khalife qui ordonna de composer des livres de polémique pour réfuter les Zendiks[24] et les hérétiques.

Il construisit une mosquée à la Mecque, une à Médine et une à Jérusalem.

Procession de la cavalerie Abbasside lors de la fin du Ramadan peint par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî' est un peintre et un calligraphe arabe du XIIIe siècle, actif à Bagdad. Il a notamment illustré un manuscrit des Maqamat de al-Hariri en 1237 tiré du kitab al maqamat d'Abu Muhammad al-Qasim ibn Ali al-Hariri, dit aussi al-Hariri de Basra, né en 1054 et décédé en 1122 à Bassora, en Irak, était un savant et écrivain arabe
Procession de la cavalerie Abbasside lors de la fin du Ramadan peint par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî’ qui est un peintre et un calligraphe arabe du 13e siècle, actif à Bagdad. Il a notamment illustré un manuscrit des Maqamat de al-Hariri en 1237 tiré du kitab al maqamat d’Abu Muhammad al-Qasim ibn Ali al-Hariri, dit aussi al-Hariri de Basra, né en 1054 et décédé en 1122 à Bassora, en Irak, était un savant et écrivain arabe

Il eut pour successeur son fils (784) al-Hadi billah Abou Abd-Allah-Moussa qui resta sur le trône pendant un an et trois mois ; ce fut un prince indécis.

C’est lui le premier qui fit marcher devant lui des hommes armés d’épées tranchantes, de lourdes masses d’armes et de nombreux arcs.

Les gouverneurs des provinces l’imitèrent, aussi l’on fabriqua sous son règne une immense quantité d’armes.

Le mausolée ou ce trouve la tombe du calife Abbasside Haroun al-Rashid a Tus au Khirassan ( Iran)
Le mausolée ou ce trouve la tombe du calife Abbasside Haroun al-Rashid a Tus au Khirassan ( Iran)

Après lui, son frère (786) Haroun ibn Mohammad er-Rashid régna durant vingt-trois ans, deux mois et dix-huit jours, ou, suivant d’autres autorités, un mois et seize jours. Il faisait le pèlerinage avec la plus grande assiduité et il fit constamment la guerre ; il s’appliqua aussi à faire exécuter des travaux, des puits, des citernes, des fortins, sur le chemin qui conduit à la Mecque, ainsi que dans cette ville, à Mina et sur le mont ‘Arafa.

Ses bienfaits et sa justice s’étendirent à tous ses sujets.

Il bâtit les villes frontières de l’empire, ainsi que les capitales (les villes des villes) et il y fit des fortifications considérables, telles Tarsous, Adana, Masisa, Marasch et autres.

Le peuple régla sa conduite sur celle de ce prince ; ce fut lui le premier khalife qui joua à la paume à cheval (litt. avec dessavalidja) dans l’hippodrome,[25] et qui tira avec des armes à feu sur des cibles.[26]

Ce fut aussi lui le premier qui joua à la balle et aux échecs;[27] il fréquenta les gens qui étaient habiles dans ces jeux et leur donna des pensions.

Tout le peuple l’imita et son règne fut comme une suite ininterrompue de réjouissances nuptiales.

Baghdad fondé par Abu Jafar al-Mansur
La Baghdad d’Abu Jafar al-Mansur al-Abbasi

Il eut pour successeur son fils (809) Amin-Mohammad, qui occupa le trône pendant quatre ans, huit mois et cinq jours.

Ce prince favorisa les eunuques, leur donna les grands postes de l’empire et eut pour eux un attachement extraordinaire. Sa mère lui choisissait pour ses plaisirs de jeunes esclaves ; et le peuple imita sa conduite. Après lui régna son frère (813) al-Mamoun ‘Abd-Allah ibn Haroun, durant vingt-deux ans, depuis le jour où il eut été désigné pour le khalifat, et pendant vingt ans, cinq mois et trois jours, ou, suivant d’autres, vingt-cinq; jours, depuis la mort de son frère. Ce fut le premier khalife qui étudia l’astronomie et qui régla sa conduite sur les présages des astres;[28] il lut un grand nombre d’ouvrages des philosophes anciens. Quand il fut arrivé à Bagdad, il cessa complètement et se mit à professer les doctrines des Motazallistes ; il s’entoura de savants, les fit venir de toutes les contrées et leur donna des pensions. Sous son règne, les gens s’adonnèrent à la science de la controverse et tout le monde composa des ouvrages pour prouver la supériorité de ses opinions. Ce fut un prince généreux et clément ; ses sujets imitèrent sa conduite.

La caravane de la Mecque sort de Aqqaba (Jordanie)
La caravane de la Mecque sort de Aqqaba (Jordanie)

Après lui, régna son frère al-Mo’tasim billah Abou-Ishak Mohammad ibn Haroun durant huit années, huit mois et huit jours (833). Ce fut le premier khalife qui fit entrer les Turks à la cour; il était ignorant au point de ne savoir ni lire ni écrire, mais il excellait à monter à cheval. Après lui régna son fils (842)

al-Wâthik billah Abou Djafar Haroun ibn Mohammad, durant cinq ans, neuf mois et six jours; mais son règne fut signalé par une grande calamité.[29] Ce khalife mangeait beaucoup et il finit par ne plus pouvoir se nourrir.[30]

Le fleuve Euphrate en iraq
Le fleuve Euphrate en iraq

Il eut pour successeur (847) al-Motawakkil ‘ala-Allah Djafar ibn al-Mo’tasim, qui fut khalife durant quatorze ans, neuf mois et huit jours. Les Turks l’assassinèrent et c’est à partir de ce moment que date leur domination dans les différents pays du monde. Ce khalife fit cesser la calamité (qui avait désolé le règne de son prédécesseur);[31] il défendit de se livrer à la controverse et il édicta des peines contre ce délit. Il ordonna de publier les recueils de traditions musulmanes (hadith).

Après lui, son fils (861) al-Montasir-Mohammad ibn Djafar fut élevé au trône, mais il mourut au bout de six mois moins quelques jours.

Il eut pour successeur (862) al-Mosta’ïn billah Ahmad ibn Mohammad al-Mo’tasim, qui resta sur le trône durant trois ans, huit mois et vingt-huit jours; les Turks le renversèrent, le martyrisèrent et finirent par le tuer neuf mois après sa déposition. Ce khalife est le premier qui ait mis à la mode les habits pourvus de larges manches; il fixa leur largeur à trois empans, mais il diminua par contre la dimension des coiffures (al-kalânis) qui, avant lui, se portaient larges.

Le pont Abbasside de Dalal Zakho au Kurdistan, Irakien
Le pont Abbasside de Dalal Zakho au Kurdistan, Irakien al-Jazira

Il eut pour successeur (866) al-Mo’tazz billah Mohammad ibn al-Motawakkil; les Turcs le renversèrent, le torturèrent et le frappèrent jusqu’à ce qu’ils l’eussent tué. Il avait régné durant trois ans, six mois et vingt et un jours; on dit aussi durant vingt-quatre jours. Ce fut le premier khalife qui imagina de monter à cheval revêtu de riches ornements d’or; auparavant, les khalifes Omeyyades et les Abbassides montaient à cheval revêtus d’un habit garni seulement de quelques ornements en argent à la ceinture : il prit de plus des sabres, des selles et des freins tout en or. Quand al-Mo’tazz monta à cheval avec ces ornements d’or, le peuple courut derrière lui pour le voir.

Abu Dulaf bien que similaire au minaret de la Grande Mosquée de Samarra , c'est en fait le minaret en spirale d'Abu Dulaf, 15 km au nord de Samarra  al-jafariya construite par le calife al-Mutawakkil en 861
Abu Dulaf bien que similaire au minaret de la Grande Mosquée de Samarra , c’est en fait le minaret en spirale d’Abu Dulaf, 15 km au nord de Samarra  al-jafariya construite par le calife al-Mutawakkil en 861

Après lui régna (869) al-Mohtadi billah-Mohammad ibn al-Wâthik; les Turcs le tuèrent au bout de onze mois et dix-neuf-jours de règne.

Il eut pour successeur (870) al-Mo’tamed billah Ahmad ibn al-Motavakkil; les Turcs le tinrent dans une étroite dépendance, et son frère, al-Mouvaffik billah-Abou-Ahmad-Talha accapara toute son autorité. Ce fut sous son règne que le sultan du pays de Zindj se révolta contre l’autorité du Khalifat; al-Mowaffik lutta contre le prince de Zindj durant de nombreuses années, et il mourut après l’avoir tué. La mort d’al-Mowaffik fut un coup terrible pour al-Mo’tamad qui fut assassiné après un règne de vingt-deux ans, onze mois et vingt-cinq jours. Ce fut le premier khalife qui fut mis en tutelle et en interdit, et qui eut auprès de lui quelqu’un pour régir les affaires de son empire.

Al-Mutawakkil le calife abbasside a Jérusalem 1 2 3 4 5 6
Al-Mutawakkil le calife abbasside a Jérusalem

Il eut pour successeur (892) al-Mo’tadad Ahmad ibn al-Mouvaffik-Talha, sous le règne duquel eut lieu l’insurrection des Karmathes; ce prince mourut après avoir exercé le khalifat durant dix ans, neuf mois et trois jours, ou suivant d’autres, neuf ans, sept mois et vingt-deux jours. Quand il fut mort, on l’ensevelit dans deux vêtements qui valaient seize oboles.

Après lui régna son fils (902) al-Moktafî billah ‘Ali ; ce prince poussa avec énergie la guerre contre les Karmathes et les mit en déroute. C’est également lui qui mit fin à la dynastie des Toulounides qui régnaient en Egypte et en Syrie. Il mourut après avoir occupé le trône du Khalifat durant six ans, six mois et seize jours ou, suivant d’autres personnes, dix-neuf jours.

Il eut pour successeur son frère (908) al-Moktadir billah Djafar ibn al-Mo’ladad, qui, à l’époque de son avènement, avait treize ans, deux mois et trois jours. Ce fui le premier khalife qui arriva au trône étant encore enfant. Les femmes et les eunuques usurpèrent toute son autorité; ce prince ne fit que disgracier et assassiner ses vizirs, de telle sorte que sa position devint intenable et qu’il ne resta sur le trône que quatre mois. Il fut renversé par ‘Abd-Allah, fils d’al-Mo’taz, qui fut assassiné au bout d’un jour et d’une nuit; et al-Moktadir remonta sur le trône. Sous son règne, il y eut un soulèvement des Karmathes, qui enlevèrent la pierre noire de la Kaaba et l’emportèrent dans leur pays. Les Deïlémites s’insurgèrent également contre lui ; en même temps ‘Obeïd-Allah-al-Mahdi se soulevait en Afrique et se déclarait khalife indépendant, en interdisant de faire dans le Maghreb et à Barka la khotba au nom des Abbassides.

Reproduction du Médaillon représentant le calife abbasside al-Muqtadir
Reproduction du Médaillon représentant le calife abbasside al-Muqtadir

Al-Moktadir fut détrôné une seconde fois et on mit à sa place (929) al-Kâhir billah Mohammad ibn al-Mo’tadad.  Au bout de peu de temps al-Moktadir fut remis sur le trône, mais les membres des divans usurpèrent toute son autorité et ne lui laissèrent que l’apparence du pouvoir. C’était une de ses concubines nommée Thamal-al-Kahramâna qui tenait les lits de justice; les vizirs, les kadis et les juristes venaient se présenter devant elle. Sous le règne de ce khalife, le pèlerinage fut interrompu ; les haines et les guerres se multiplièrent. Moktadir fut enfin assassiné après avoir occupé le trône du Khalifat durant vingt-quatre ans, deux mois et dix jours, ou, suivant d’autres, onze mois et quatorze jours, au moment où il partait pour se rendre à l’armée. Quand les meurtriers l’attaquèrent, il était enveloppé dans le manteau du Prophète et quand ils l’eurent massacré, le vêtement fut taché de son sang.

Après lui (932) al-Kahir billah Mohammad, fils d’al-Mo’tadad, fut élevé au Khalifat; il fut ensuite déposé et on l’aveugla avec un poinçon incandescent que l’on fit rougir par deux fois dans le feu, de telle sorte que ses yeux coulèrent. Cela arriva au bout d’un an, six mois et huit jours. Le Vendredi, il se tenait dans les mosquées et implorait la miséricorde des gens en disant : « O vous tous qui êtes assemblés ici, j’étais autrefois votre khalife et aujourd’hui je vous supplie de me donner un peu de ce que vous possédez ». Les assistants lui faisaient l’aumône.

Après lui régna (934) ar-Radi billah Mohammad, fils d’al-Moktadir. Ce fut sous le règne de ce prince que les Grecs s’emparèrent de toutes les villes frontières. Ce khalife était tellement tombé sous la dépendance de ses affranchis qu’il n’avait plus aucun pouvoir : il mourut après un règne de six ans, dix mois et dix jours, ou, suivant d’autres, neuf mois. Al-Radi fut le dernier khalife qui composa un divan de poésies complet; il fut également le dernier qui s’occupa avec une grande sollicitude[32] des affaires de l’armée et des finances de l’État, qui fit des constructions, qui invita ses familiers à venir se distraire avec lui, le dernier dont les dépenses, les dons qu’il faisait, la solde de ses troupes, les traitements qu’il assignait, ses dépenses de bouche et de réceptions, les traitements de ses chambellans furent réglés par les lois du premier Khalifat. Ce fut également le dernier khalife qui conforma sa conduite à celle des anciens khalifes.

Abbasid Dynasty, Al-Radi (934-40), AV Dinar, 3.95g, Misr, AH323

Après lui régna son frère (940) al-Mottakî billah Ibrahim, qui était un homme vertueux et religieux. Sous son règne, les Bènou Hamdan s’emparèrent du Djézireh et de la Syrie. Il y eut beaucoup de révoltes contre lui; Toûzoûn le Turk le détrôna et lui brûla les yeux avec un poinçon d’acier comme on l’avait fait à al-Kahir. Ensuite, il le jeta dans le même cachot qu’al-Kahir et tous deux étaient aveugles. Kahir récita ces deux vers :

O Ibrahim, tu commences ta vie d’aveugle ; mon cœur ne peut s’empêcher de gémir tant que dure le pouvoir de Toûzoûn et tant que le poinçon est sur les charbons ardents.

Cela se passa après qu’il eut régné trois ans et onze mois. Il mourut vingt-cinq ans après sa déposition.

Il fut remplacé sur le trône par (944) al-Mostakfi billah ‘Abd-Allah ibn al-Moklafi. Ce prince fil poursuivre al-Fadl ibn Moktadir qui était son ennemi, mais celui-ci s’enfuit auprès d’Ahmad ibn Bouyah qui lui donna l’hospitalité jusqu’à l’époque où mourut Toûzoûn. Al-Mostakfi ne dissimulait pas ses sentiments chiites et son amour pour ‘Ali, fils d’Abou Thâlib. Il fut aussi aveuglé et ainsi se trouva confirmée la crainte qu’al-Kahir exprimait dans ses vers quand il disait : « mon cœur ne peut s’empêcher de gémir ». Les Deïlémites s’emparèrent de l’empire, et des révoltes éclatèrent contre le khalife, qui fut fait prisonnier et aveuglé par Mo’izz Eddaulèh-Ahmad ibn Bouyah lui-même. Il avait régné durant un an, quatre mois et deux jours.

Après lui (946) al-Moti’-lillah al-Fadl ibn al-Moktadir monta sur le trône ; il régna durant vingt-neuf ans, quatre mois et vingt-et-un jours, mais il n’eut que le nom de souverain, tandis que Mo’izz ed-dauleh gouvernait en réalité l’empire; ce personnage donnait chaque jour deux cents dinars pour la dépense d’al-Moti. C’est sous le règne de ce khalife qu’une armée commandée par al-Mo’izz li-din Allah Abou Tamîm-Ma’d entra en Egypte et que la dynastie Abbasside perdit ce pays ainsi que la Syrie.

Caravanserai abbasside de Nishapur Ribati-i-Abbasi )
Caravanserai abbasside de Nishapur Ribati-i-Abbasi , Iran

Al-Moti’-lillah resta sur le trône jusqu’au moment où il abdiqua en faveur de son fils (974) al-Tâï’-lillah ‘Abd-al-Karim, qui régna durant dix-sept ans, neuf mois et six jours, dominé par les Bouïdes; il fut détrôné au bout de ce temps et vécut dans la misère jusqu’à sa mort. Ce khalife avait une grande inclination pour les ‘Alides. Sous son règne, les gens n’eurent plus aucune retenue ; les poètes composèrent des satires contre lui et le tournèrent en ridicule.

Il eut pour successeur (991) al-Kadir billah Ahmad ibn Ishak ibn al-Moktadir, qui régna durant quarante et un ans et trois mois ou, suivant d’autres, quarante-trois ans, trois mois et vingt et un jours. Sous le règne de ce khalife, les Deïlémites et les Bathéniens acquirent encore plus de puissance qu’ils n’en avaient auparavant. Ce fut un prince pieux, généreux pour sa famille et pour les étudiants. Sous son règne, les sectes des Moutazilites, des Bathéniens et des Rafidites se montrèrent au plein jour et firent de nombreux adhérents dans le monde; c’est également sous son règne que parut le sultan Yamin ed-dauleh Mahmoud ibn Sébuktéguin qui conquit l’Inde.

Après lui régna (1031) al-Kaïm-bi-Amr Allah ‘Abd-Allah ; Arslan-al-Besasiri se révolta contre ce khalife et on fit la prière en son nom dans les chaires de l’Irak et de l’Ahwaz. Al-Kaïm écrivit au sultan Thoghril-Beg, fils de Mikâil, fils de Seldjouk, le turcoman, qui fut le premier des sultans Seldjoukides. Ce prince marcha sur Bagdad, et Besasiri s’enfuit avec les Turks qui composaient son armée. Besâsin se rendit auprès d’al-Mostansir billah Ma’d ibn at-Tahir, khalife fatimide d’Egypte, qui lui donna des secours pécuniaires, grâce auxquels il put s’emparer de Bagdad. Besasiri interdit de faire la khotbadans cette ville au nom des Abbassides et y substitua le nom d’al-Mostansir billah. Cela dura pendant environ une année qu’al-Kaïm passa en prison. Thoghril-Beg étant revenu, réinstalla al-Kaïm sur le trône du Khalifat ; il mit Besasiri à mort et réduisit tout le pays à son autorité. Al-Kaïm resta sur le trône jusqu’à sa mort, et régna quarante-quatre ans et huit mois. C’était un prince religieux, bon et qui priait souvent; il n’avait que le défaut d’écouter tous ceux qui lui donnaient des conseils. Il lui arriva d’investir du vizirat un homme qui tenait un petit commerce à Bagdad, et qui était connu sous le nom d’Ibn al-Silt ; cet individu le persuada d’appeler les Ghozzes[33] à son secours parce qu’ils étaient très montés contre les Chiites; al-Kaïm leur écrivit dans ce but ; il tomba sous leur domination et Besasiri périt comme l’on sait.

Il eut pour successeur al-Moktadi-bi-Amr Allah ‘Abd-Allah ibn Dhakhirat-ad-Din Mohammad ibn al-Kaïm (1075). Ce Khalife n’eut jamais que l’apparence de la souveraineté, tandis que le pouvoir était en réalité aux mains de Malik Shâh, fils de ‘Adad ed-dauleh. Il régna dans ces conditions durant dix-neuf ans, huit mois moins deux jours ou, suivant d’autres personnes, moins cinq jours.

Après lui son fils (1094) al-Mostathhir billah Ahmad, régna sous la domination des sultans Seldjoukides durant vingt-cinq années, ou, suivant d’autres personnes, durant vingt-quatre ans, trois mois et vingt et un jours. C’est sous son khalifat que les Francs s’emparèrent de Jérusalem et qu’ils y établirent leur domination.

Il eut pour successeur son fils (1118) al-Mostarshid billah al-Fadl ibn Ahmad, qui fut tué après dix-sept ans, six mois et vingt jours de règne.

La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan seldjoukide Mas'ud tiré d'un manuscrit de Hafiz-i abru s majma -al-tawarikh.
La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan seldjoukide Mas’ud tiré d’un manuscrit de Hafiz-i abru s majma -al-tawarikh.

Après lui régna son fils ar-Rashid billah Mansour (1135), qui fut déposé et assassiné après un règne d’un an moins dix jours. Après lui (1136)

al-Moktadi-bi-Amr-Allah-Mohammad ibn al-Mostathhir fut investi du khalifat.

La prospérité de son règne fut due à son vizir ‘Aoun ad-Din Yahya ibn Mohammed ibn Hobaîra; il fit arrêter un certain nombre de gens qui avaient un pouvoir trop étendu.

Il alla prendre lui-même le commandement de ses armées et lutta en personne contre ceux qui se révoltaient contre lui. Ce khalife resta sur le trône vingt-quatre ans, trois mois et vingt et un jours.

Après lui, son fils (1160) al-Mostandjid billah Yousouf monta sur le trône et mourut après onze ans et un mois de règne.

Map Ottomane des croisades d'un point vue islamique d(un manuscrit ottoman du 17e siècle Art Archive / University Library Istanbul / Dagli Orti ] ¥ Ref: AA423859
Map Ottomane des croisades d’un point vue islamique d(un manuscrit ottoman du 17e siècle Art Archive / University Library Istanbul / Dagli Orti ] ¥ 

Il eut pour successeur son fils al-Mostadi-bi-Amr-Allah-al-Hasan (1170).

C’est sous le règne de ce khalife que l’on reprit au Caire et à Misr la khotba au nom des Abbassides.

Elle avait été interrompue durant deux cent cinquante années, et elle fut rétablie par le sultan Salah ad-Din Youssouf ibn Ayyoub ibn Shâdî, le Kurde.

Ce khalife mourut après un règne de quatre ans moins quatre jours.

Autre vue sur le palais du calife Abbasside Al Nasir li-Din Allah 1180- 1225
Vue sur le palais du calife Abbasside Al Nasir li-Din Allah 1180- 1225

Après lui régna son fils (1180) an-Nasir-li-dîn-Allah durant quarante-deux ans, dix mois et vingt-huit jours.

C’est sous son règne que parut Gengis Khân.

Il lui arriva de s’habiller avec une veste blanche ornée de galons d’or, et de se coiffer d’un bonnet en peau de chèvre blanche bordé d’une ganse d’or suivant la mode des Turcs.

"al-Qasr al-ʻAbbāsī" fī qalʻat Baghdād 1226-1242 al-Mada'in, Bagdad, gouvernorat de Bagdad
« al-Qasr al-ʻAbbāsī » fī qalʻat Baghdād 1226-1242 al-Mada’in, Bagdad, gouvernorat de Bagdad

Il eut pour successeur son fils (1225) ath-Tahir-bi-Amr-Allah-Mohammad, qui régna durant neuf mois et quatorze jours, après quoi il mourut.

Son fils (1226) al-Mostansir billah Abou Djafar al-Mansour régna après lui pendant dix-sept ans moins un mois, ou, suivant d’autres, pendant quinze ans, onze mois et cinq jours.

C’est sous le règne de ce khalife que les Tartares attaquèrent Bagdad. Il prit à sa solde des soldats de telle sorte que son armée atteignait cent mille hommes.

Son fils (1242) al-Mosta’sim billah ‘Abd-Allah lui succéda.

Ce prince ne s’occupa que de thésauriser et licencia la plus grande partie de son armée.

Aussi les Tartares marchèrent contre Bagdad et le mirent à mort, le sixième jour du mois de Safer de l’année 656.

Il avait régné durant quinze ans, sept mois et six jours.

 La cour de l'Université Al-Azhar au Caire (1890), huile sur toile Ludwig Deutsch,
La cour de l’Université Al-Azhar au Caire (1890), huile sur toile Ludwig Deutsch,

L’empire abbasside disparut avec ce prince et les Musulmans restèrent sans khalife jusqu’à l’année 659. On installa alors un khalife en Egypte ; il vint de Bagdad dans ce pays et on lui donna le titre d’al-Mostansir billah Ahmad ibn ath-Tahir ibn Nasir. Il partit ensuite pour s’en retourner à Bagdad, mais les Tartares le surprirent et le tuèrent avant qu’un an se fût écoulé depuis son avènement.

Dans la suite, les souverains turcs de la dynastie des Mamlouks installèrent comme khalife un homme à qui ils donnaient ce nom et les titres qui étaient propres aux khalifes. Il n’avait du reste aucune autorité et n’avait pas le droit de manifester son opinion ; il passait son temps chez les émirs, les grands officiers, les écrivains, les kadis, à leur faire des visites pour les remercier des dîners et des soirées auxquels ils l’avaient invité.

Nous ferons plus loin mention de ces khalifes, s’il plaît à Dieu !  »  .

notes du traducteur :

[12] Litt. « les maîtres des drapeaux et des étendards », autrement dit les chefs d’armée et les souverains.

[13] Pour l’intelligence de cette phrase, se reportera l’Introduction.

[14] Cette division de la terre ne répond pas à celle qui est généralement adoptée par les géographes et les mathématiciens musulmans, tels qu’Aboulféda, Yakout et les autres. D’après cette dernière, le quart habitable de la terre, c’est-à-dire, environ la moitié de l’hémisphère nord de la sphère terrestre est divisée en sept zones par des cercles parallèles à l’équateur, et chacune de ces zones est nommée climat (iklîm). La division adoptée par Makrizi est toute différente et dérive directement du système cosmogonique du Mazdéisme, la religion de la Perse à l’époque sassanide ; dans ce système, il y a également sept climats nommés karshvare en zend, kishvar en pehlvi et en persan ; le climat centrai nommé Hvaniratha, en pehlvi Khvaniras comprend la Perse et les pays iraniens, à lui seul il a une superficie égale à celle des six autres climats qui sont rangés autour de lui comme les pétales d’une fleur. On trouvera dans le Bulletin de l’Académie d’Hippone, année 1898, une étude sur ce point.

[15] Suivant leur habitude, les historiens musulmans ont confondu dans l’appellation de Sabéens des éléments religieux qui n’ont rien à voir ensemble Massoudi, l’auteur du Moroudj-ez-zeheb et du Kitab-at-tenbîh, nous apprend qu’il y a quatre sortes de Sabéens :

1° Les Chaldéens ou Babyloniens, qui habitent quelques villages dispersés entre Vasith et Bassora;

2°Une secte grecque qui semble être une secte de néo-platoniciens; ils se retournaient au Levant pour prier;

3° Les Sabéens d’Egypte autrement appelés Harraniens, du nom de la ville de Harrân; ils se tournaient vers le midi pour faire leurs dévotions; ils ne mangeaient ni porc, ni poulet, ni ail, ni haricots;

4° Les Tasmina, qui sont les Sabéens de Chine et qui suivent les dogmes d’un homme nommé Youdasf ou Boudasf.

Il est évident, à première vue, que la seconde et la quatrième de ces sectes n’ont rien à voir avec le Sabéisme, la seconde étant, suivant toutes les vraisemblances, d’origine hellénique et la quatrième représentant, comme on va le voir bientôt, les disciples du Bouddha Sakya Mouni. La religion de l’ancien royaume de Saba dans le Yémen, dont la légende se rattache d’un côté, par la reine Belkis, à l’histoire de Salomon, et de l’autre par les Négus à l’Abyssinie. Ce fut avant l’Islam et à partir d’une époque qu’on ne saurait dire au juste, une des civilisations les plus puissantes et les plus avancées de la péninsule arabique. Elle disparut avant l’Islam, sans laisser d’autres traces que son nom et de nombreuses inscriptions que le sable du désert a peu à peu recouvertes et que l’on exhume aujourd’hui, sans toujours les comprendre de ce qui fut les capitales du royaume de Saba. Peu de temps après l’avènement des Abbassides, le khalife Mamoun se rendit à Harrân, vieille cité chaldéenne où s’était formée du mélange de la religion des anciens empires de Chaldée et du syncrétisme grec, une religion étrange où les astres étaient les principales divinités. Le khalife Mamoun était, paraît-il, un homme d’ordre, moins intolérant qu’on serait porté à le supposer, mais qui entendait que chacun appartint à une forme religieuse bien définie et officiellement reconnue ; il entendit parler des adorateurs des astres et comme il ne voyait pas au juste à quoi cela correspondait, il se fit présenter les chefs de la secte et il leur demanda le nom de leur religion. Ceux-ci, sachant que le khalife n’aimait pas les innovations en matière religieuse, imaginèrent de dire qu’ils étaient Sabéens. Cela parut suffisant au Commandeur des Croyants qui n’alla point chercher et pour cause, si les gens de Harrân adoraient bien les mêmes divinités que les sujets de la reine de Saba. C’est ainsi que le nom de Sabéisme passa à une religion eschatologique toute différente de celle du Yémen.

[16] Litt. « ne cessait de faire le bien ».

[17] Ces deux divinités sont Ormuzd, en zend et en perse Ahura-Mazda, et Ahriman, en zend Angra-Mainyu. En réalité, dans le Mazdéisme officiel des Sassanides que l’on connaît par les fragments de l’Avesta et les traités pelhvis qui en dérivent, il n’y avait point deux divinités opposées l’une à l’autre, mais un seul dieu, Ahura Mazda, et un archidémon Angra Mainyu; il est probable qu’il en était de même dans la religion des Achéménides. La doctrine exposée ici par Makrizi est celle de la secte des Dualistes qui se rapproche beaucoup du Manichéisme, si même elle ne se confond pas avec elle. On pourra voir pour plus de détails le Livre intitulé l’Oulamâ Islam dans laRevue de l’Histoire des Religions, année 1898.

[18] Une partie des tribus arabes était, en effet, avant l’islam, convertie à la religion du Christ. Les Ghassanides qui furent les alliés fidèles des Césars de Byzance dans leurs luttes contre l’empire sassanide se convertirent au Christianisme aux environs du commencement du IVe siècle de notre ère et ils ne cessèrent de lutter avec acharnement contre les Lakhmides de Hira, leurs frères de race, qui eux, étaient complètement inféodés à la Perse. C’est à peu près à la même époque que les Himyarites embrassèrent le Christianisme, mais les souverains sassanides les forcèrent à renoncer à leurs croyances et réduisirent le Yémen à l’état de province persane.

[19] C’est le livre généralement connu sous le nom de Khitât; il traite avec les plus grands détails et une exactitude parfaite de la topographie du Caire et de ses environs. Il s’y trouve une partie historique et c’est à cette dernière que Makrizi fait allusion ici; elle a d’ailleurs assez peu d’importance quand on la compare au récit de Makrizi dans le Soloûk ou d’Aboul-Mahâsin dans le Nodjoum.

[20] Il s’agit évidemment ici des luttes que les Iraniens eurent à soutenir sous la dynastie des Sassanides, et même à des époques bien antérieures contre les populations du Turkestan et contre les Turks des contrées situées au Nord de la Perse.

[21] C’est-à-dire qu’ils n’entreprirent point de guerres pour essayer d’agrandir leur empire. Par Sin il faut comprendre non seulement la Chine dont les Musulmans ne connurent l’existence qu’assez tardivement, mais aussi le pays que l’on connaît en Europe sous le nom de Transoxiane ; l’histoire de l’Inde et de la Chine anciennes n’est pour ainsi dire pas connue des Arabes et des Persans.

[22] Il est intéressant de remarquer l’esprit dans lequel cette phrase a été écrite, on dirait presque qu’elle sort de la plume d’un Chiite et non de celle d’un Sunnite.

[23] Les Deïlémites sont les Bouïdes, dont l’histoire sera exposée brièvement par Makrizi après celle du Khalifat.

[24] Le mot zendik (athée) est pehlvi ; c’est l’adjectif régulièrement formé du mot zend, qui désigne en moyen-persan, le commentaire pehlvi de l’Avesta ; ce nom signifie donc « celui qui s’attache au commentaire, à la glose, pour l’opposer, le cas échéant, au texte », comme faisaient les Manichéens, par opposition à celui qui s’en tient à la lettre même du texte. Voir sur ce point le Livre de l’Oulama-i Islam dans la Revue de l’Histoire des Religions de l’année 1898.

[25] Le manuscrit porte « dans Madaïn » ; Madain est, comme l’on sait le nom arabe de Ctésiphon ; je suppose qu’il y a ici une simple faute pour maïdân « hippodrome ».

[26] Littéralement « qui jeta le feu sur la cible »; il s’agit probablement d’une arme à feu portative, réduction des siphons à feu de la marine byzantine qui lançaient le feu grégeois, ou plutôt les divers feux grégeois dont l’un n’était vraisemblablement pas autre chose que la poudre ou une composition détonante analogue.

[27] Shatranj ; les Persans donnent de ce mot une étymologie fantaisiste; ils le décomposent en shad« joie » et ranj, « douleur » et prétendent que ce nom a été donné à ce jeu, parce qu’il n’y en a pas un qui donne plus de peine à apprendre et plus de joie quand l’on s’en est bien rendu maître. En réalité, ce mot dérive du composé perse catur anga « qui a quatre angles ». On trouve cependant dans les peintures persanes, des reproductions d’échiquiers à huit côtés composés de deux rectangles qui se coupent.

[28] Makrizi, quelques lignes plus tôt, attribue cette innovation à Abou Djafar al-Mansour.

[29] C’est une allusion aux persécutions religieuses qui déshonorèrent le règne de ce khalife; son fanatisme le rendit aussi redoutable aux Musulmans, qu’il voulait convertir de force aux croyances motazallistes, qu’aux Chrétiens.

[30] Wâthik mourut, en effet, d’une hydropisie causé par des excès de table.

[31] Motawakkil abandonna, en effet, les fantaisies motazallistes de son frère.

[32] Peut-être « qui s’occupa seul ».

[33] Les Ghozzes désignent ici les Turcs Seldjoukides dont l’un des chefs était Thoghril Beg. On trouve le nom de Ghozzes appliqué également aux Kurdes ayyoubides ; on lit, en effet, dans le manuscrit arabe 307, fol. 2 r° : « Quand les Ghozzes Kurdes s’emparèrent de l’Egypte, » et plus loin, fol. 3 r° : «par la main des Ghozzes Kurdes », et enfin, fol. 7 r° : « sous la domination des Ghozzes Kurdes ». Ce nom ethnique paraît apparenté à celui de Ouz ou Oudj qui est également appliqué à des tribus d’origine turque; le premier paraît dériver de Oughouz, nom de l’ancêtre mythique des Turcs, par chute de la première syllabe; quant au second, Ouz, il provient sans doute du même nom Oughouz, par suite de la chute de l’aspirée gh qui est tombée avec la voyelle qu’elle portait. Ce fait est constant dans les dialectes turcs et mongols.

[34] Probablement la transcription arabe du nom mazdéen Peshotân.

[35] C’est-à-dire jusqu’aux rois Sassanides de Perse.

[36] C’est-à-dire le même personnage; ‘Imad ad-Din étant le surnom honorifique qui lui fut donné dans la suite.

Al-Maqrizi de son livre  » Histoire d’Egypte »

Ahmad al-Maqrizi, l'historien arabe d'Egypte de l'époque Mamlouk
Ahmad al-Maqrizi, l’historien arabe d’Egypte de l’époque Mamlouk

Notice bio Ahmad al-Maqrîzî (1364-1442), historien arabe  né en 1364 au Caire et mort en 1442 au Caire. Il est considéré comme l’un des auteurs les plus importants de l’historiographie égyptienne. Son œuvre traite de l’histoire égyptienne depuis la conquête arabe au viie siècle jusqu’à la période mamelouke dont il fut le contemporain.

Le surnom de Makrizi, sous lequel il est le plus connu, était commun à sa famille, et on le lui avait donné parce qu’il résidait dans un faubourg de Baalbec nommé Makriz. Aussi Taqi al-Din était tantôt appelé Makrizi, tantôt Ibn Almakrizi, c’est-à-dire fils de Makrizi. Il naquit au Caire entre l’an 1358 et 1368. Sa famille prétendait, à ce qu’il paraît, descendre d’Ali, par la branche qui a donné le jour aux khalifes fatimides. Il fit ses études au Caire, et suivit d’abord les opinions de l’école hanéfite. Mais ensuite il l’abandonne et suit les opinions de l’école chafeite, à laquelle il reste constamment attaché.
Makrizi, se livrant avec ardeur à l’étude, acquit de bonne heure de vastes connaissances, et contracta un goût très vif pour une vie retirée, il s’occupa ainsi jusqu’à la fin de sa vie, à écrire et à composer des ouvrages nombreux et presque tous historiques.
Cependant, il fut, à plusieurs reprises, chargé des fonctions de Muhtasib ou commissaire de police du Caire, et exerça divers autres emplois relatifs à la religion. On lui offrit la place de Cadi de Damas mais il la refusa.
Makrizi vécut presque quatre-vingts ans et il mourut au mois de janvier 1442.

La Cité des morts du Caire est un vaste quartier du Caire avec des dômes et des mausolées. Il s'agit en fait de l'un des plus anciens cimetières musulmans qui n'a cessé de s'étendre depuis les Omeyyades, abbassides et Fatimides et jusqu'à l'époque mamelouk, pour devenir lors de la conquête ottomane une vrais ville.
La Cité des morts du Caire est un vaste quartier du Caire avec des dômes et des mausolées. Il s’agit en fait de l’un des plus anciens cimetières musulmans qui n’a cessé de s’étendre depuis les Omeyyades, abbassides et Fatimides et jusqu’à l’époque mamelouk, pour devenir lors de la conquête ottomane une vrais ville.

Ses ouvrages sont en grand nombre, ils attestent la variété de ses connaissances, et son goût pour les recherches d’antiquités. la plupart et les plus importants concernent l’histoire de l’Égypte.
Parmi ses ouvrages:

  • Sa description historique et topographique de l’Égypte.
  • Son traité des monnaies musulmanes.
  • Son histoire des sultans ayyoubites et mamlouks.
  • Lire en ligne Volume1 
  • Lire en ligne Volume2
  • traité des poids et des mesures légales des musulmans.

LIVRE DES PRAIRIES D’OR ET DES MINES DE PIERRES PRÉCIEUSES Tome 1 al-Masu’di 951 JC

Publié le Mis à jour le

Al-Mas'ûdî (arabe : علی بن حسین مسعودی Abū al-Ḥasan 'Alī ibn al-Ḥusayn ibn 'Alī al-Mas'ūdī), né à Bagdad à la fin du ixe siècle, mort à Fostat en septembre 956, est un encyclopédiste et polygraphe arabe, à l'apogée de l'islam classique.né à Baghdad v 893 mort à al-Fustat al-Misr v 956
Al-Mas’ûdî , voyageur, écrivain, géographe encyclopédiste et polygraphe arabe abbasside. en plein « age d’or » né à Baghdad en 893 mort à al-Fustat al-Misr en 956

Abū al-Ḥasan ‘Alī ibn al-Ḥusayn ibn ‘Alī al-Mas’ūdī dit al-Mas’udi

LIVRE DES PRAIRIES D’OR

ET DES MINES DE PIERRES PRÉCIEUSES.

Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar

masoudi

 

Tome 1

AU NOM DU DIEU CLÉMENT, MISÉRICORDIEUX ET SECOURABLE.

Louanges à Dieu, qui est digne d’être loué, et qu’on doit célébrer et glorifier ! Que Dieu accorde sa bénédiction et sa paix à Mohammed, le sceau des prophètes, et à sa sainte postérité !

CHAPITRE PREMIER.

LE BUT DE CE LIVRE.

L’auteur dit : Dans l’introduction de notre ouvrage intitulé « Annales historiques » (Akhbar ez-zeman), nous avons décrit la forme de la terre, ses villes et ses merveilles ; les mers, les vallées, les montagnes et les fleuves qu’elle renferme ; le produit des mines, les différents cours d’eau, les marais, les îles situées dans les mers ou les lacs ; les grands monuments et les édifices vénérés. Nous y avons exposé l’origine des êtres et le principe des générations, la différence des pays entre eux ; nous avons dit que tel fleuve était devenu mer, telle mer continent ; que tel continent s’était changé en mer dans le cours des âges et la succession des siècles, par suite d’influences astronomiques ou physiques. Nous avons expliqué la division de la terre en climats, l’influence des astres, la direction des chaînes de montagnes et l’étendue relative des contrées. En citant les opinions diverses émises par les Indiens et d’autres peuples païens sur les temps primitifs, sur l’origine et les commencements de l’histoire, nous avons enregistré aussi les théories des légistes, fournies par les livres saints et soutenues par les différentes religions.

A cette introduction succèdent l’histoire des anciens rois, des peuples tombés dans l’oubli, des nations et des tribus qui ont disparu de la scène du monde ; les variétés de races et d’espèces, les différences de culte qui les distinguaient ; leurs sages maximes, les opinions de leurs philosophes, l’histoire de leurs rois et de leurs empereurs, telles que le temps nous les a transmises.

Nous avons ajouté à ces faits généraux la biographie des prophètes, des apôtres et des saints jusqu’au moment où Dieu a élevé par sa grâce et illustré du don de la prophétie Mohammed, son envoyé (qu’il soit béni et sanctifié !) ; nous avons raconté la naissance du Prophète, sa jeunesse, sa mission, sa fuite ; les expéditions militaires commandées par lui-même ou par ses lieutenants, jusqu’à l’époque de sa mort ; enfin l’histoire du khalifat et de l’empire musulman à chaque période, ainsi que les guerres suscitées par les Thalébites ou descendants d’Ali, jusqu’au moment où nous avons entrepris la rédaction de ce livre, c’est-à-dire sous le règne d’el-Mottaki lillah, prince des croyants, l’an 332 de l’hégire (943 de J. C).

A la suite de ce premier ouvrage, nous avons écrit notre Histoire moyenne (Kitab el-awsat), où sont racontés, en suivant l’ordre chronologique, les événements du passé, depuis la création du monde jusqu’à l’époque où se terminent notre grand ouvrage et cette Histoire moyenne, qui en est le complément.

Nous croyons utile aujourd’hui de donner le résumé et l’abrégé de ces développements dans un livre moins considérable, qui ne renfermera que l’esquisse des matières contenues dans les deux compositions précédentes, mais où nous ajouterons un certain nombre de faits scientifiques ou de renseignements relatifs à l’histoire omis dans ces deux ouvrages.

Nous réclamons l’indulgence du lecteur en faveur des erreurs ou des négligences qui peuvent se présenter dans ce livre ; car notre mémoire s’est affaiblie et nos forces se sont épuisées par suite des fatigues résultant de longs et pénibles voyages à travers les mers et le continent. Avide de connaître par nous-même ce qu’il y a de remarquable chez tous les peuples, et d’étudier de nos propres yeux les particularités de chaque pays, nous avons visité dans ce but le Sind, le Zanguebar, le Sinf (sud de la Cochinchine), la Chine et le Zabedj (Java) ; passant de l’Orient à l’Occident, nous avons couru des dernières limites du Khoraçan au centre de l’Arménie, de l’Aderbaïdjan, de l’Erran, de Beïlakan, et exploré tour à tour l’Irak et la Syrie. Nous pouvons comparer cette course à travers le monde à la marche que le soleil décrit dans les cieux, et nous appliquer ces vers du poète :

Nous parcourons le monde en tous sens ; aujourd’hui nous sommes dans l’extrême Orient et demain dans l’Occident

Tel le soleil, dans sa marche infatigable, s’avance vers des contrées où jamais caravane n’osa pénétrer.

L’auteur ajoute : Dans ces voyages nous avons fréquenté plusieurs rois, aussi différents par leurs mœurs et leurs opinions que par la situation géographique de leur pays, et progressivement nous avons trouvé chez eux le même accord à reconnaître que les vestiges de la science ont disparu et que sa splendeur est éteinte ; l’étude, en se généralisant, a perdu de sa profondeur ; on ne voit plus que des gens pleins de vanité et d’ignorance, savants imparfaits, qui se contentent d’idées superficielles et méconnaissent la vérité.

Aussi une pareille étude et une érudition de ce genre nous parurent si peu dignes de nos efforts, que nous préférâmes composer nos ouvrages sur les doctrines et les croyances différentes ; tels sont : le Livre de l’exposition des principes de la religion, le Discours sur les bases des croyances, le Livre du secret de la vie et l’Arrangement des preuves touchant les principes religieux. Ce dernier renferme les principes et les règles à suivre dans les arrêts et jugements ; la certitude que fournissent le recueil des lois apostoliques et la jurisprudence des moudjtehid (interprètes sacrés) ; les règles pour apprécier et décider ce qui est préférable ; la connaissance des versets du Koran qui sont abrogés et de ceux qui leur sont substitués ; ce qu’il faut entendre par l’unanimité (idjma), et ce qui la constitue ; le moyen de discerner le particulier du général, les ordres des interdictions, les choses permises de celles qui sont défendues ; les traditions générales et celles qui ont été transmises par une seule autorité ; les actes du Prophète et les conséquences qui en dérivent pour la juridiction ; on y trouve enfin l’exposé des doctrines de nos adversaires, autant quand ils nous combattent que lorsqu’ils sont d’accord avec nous.

Nous écrivîmes ensuite le Livre des réflexions sur la qualité d’imam ou examen des doctrines professées par ceux qui restent attachés à la lettre du texte religieux et ceux qui admettent la libre interprétation (au sujet de l’hérédité de l’imam), les arguments de chaque parti, etc. et enfin le Livre de la sincérité, qui traite également de l’imamat. Nous mentionnerons encore nos autres traités sur les différentes sciences extérieures et intimes, visibles et occultes, passées et existantes. Nous y avons éveillé l’attention du lecteur sur les conjectures de ceux qui remontent le cours des âges pour étudier le passé, et sur les prévisions de ceux qui interrogent l’avenir ; nous avons reproduit leurs opinions à l’égard d’une lumière qui brillerait sur la terre et se répandrait pendant les époques de stérilité et d’abondance, enfin sur les suites des prédictions historiques dont l’origine est manifeste et dont les commencements ne sont un mystère pour personne.

Citons aussi nos écrits politiques, études sur le gouvernement de l’État et de ses parties, sur son organisation naturelle et ses subdivisions ; enfin nos recherches sur l’origine et la composition de l’univers et des corps célestes, sur les matières épaisses ou subtiles qui tombent ou ne tombent pas sous le sens, et les théories philosophiques relatives à ce sujet.

En composant ces ouvrages sur l’histoire universelle, en recueillant les faits que le temps nous a transmis sur les prophètes, les rois et leur règne, les nations et leur place sur le globe, nous avons été désireux de suivre la voie tracée par les savants et les sages, et de laisser après nous un souvenir glorieux, un monument solide et construit avec art. Les auteurs qui nous ont précédé nous paraissent pécher ou par une trop grande abondance de détails, ou, au contraire, par une concision exagérée. Bien que les matériaux aient augmenté avec le temps et en raison des événements qui les ont fait naître, les esprits les plus judicieux en ont souvent négligé des parties importantes ; chacun d’eux a consacré ses soins à un objet spécial et s’est borné à étudier les particularités que lui offrait son pays natal. Or celui qui n’a pas quitté ses foyers, limitant ses recherches au champ borné que lui présentait l’histoire de sa patrie, ne peut être comparé au voyageur courageux qui a consumé sa vie dans les explorations lointaines et affronté chaque jour un danger pour fouiller avec persévérance les mines (de la science) et arracher de l’oubli les restes précieux du passé.

Le nombre des ouvrages qui traitent de l’histoire est considérable ; parmi les différents auteurs qui ont écrit les annales des temps anciens ou qui ont raconté les événements des âges modernes, les uns ont réussi, les autres, au contraire, sont restés inférieurs à leur tâche ; mais on est obligé de reconnaître que tous ces écrivains s’y sont appliqués dans la mesure de leurs forces, et ont déployé toutes les ressources de leur talent

Tels sont :

Wahb, fils de Monabbih ; Abou Mikhnaf Lout, fils de Yahia el-Amiri ; Mohammed, fils d’Ishak el-Wakidi ; Ibn el-Kelbi ; Abou Obeïdah Mamer, fils d’el-Motanni ; Ibn Aïach ; el-Haïtem, fils d’Adi et Tayi ; Charki, fils d’el-Kitami ; Hammad « le conteur »; el-Asmayi ; Sehl, fils d’Haroun ; Abd Allah, fils d’el-Mokaffa ; el-Yezidi ; Otbi el-Omawi ; Abou Zeïd Saïd, fils d’Aws l’Ansarien ; Nadhar, fils de Chomeïl ; Abd Allah, fils d’Aiechah ; Abou Obeid el-Kaçem, fils de Sellam ; Ali, fils de Mohammed de Médaïn ; Dammad, (fils de) Rafi, fils de Selmah ; Mohammed, fils de Sellam el-Djomhi ; Abon Otman Amr, fils de Bahr el-Djahiz ; Abou Zeid Omar, fils de Chebbah en-Nomaïri ; Zoraki l’Ansarien ; Abou-Saib el-Makhzoumi ; Ali, fils de Mohammed, fils de Soleiman en-Nawfeli ; Zobeir, fils de Bekkar ; el-Indjili ; er-Riachi ; Ibn Abid Ommarah, fils de Watimah l’Egyptien ; Iça, fils de Loheïah l’Égyptien ; Abd er-Rahman, fils d’Abd Allah, fils d’Abd el-Hukm l’Égyptien ; Abou Haçan ez-Ziadi ; Mohammed, fils de Mouça le Kharezmien ; Abou Djafar Mohammed, fils d’Abou’s Seri ; Mohammed, fils d’el-Heitem, fils de Chebabah le Khoraçanien, auteur du Livre de la Dynastie ; Ishak, fils d’Ibrahim de Moçoul, auteur du Livre des chansons, etc. Khalil, fils d’el-Heitem el-Hartémi, auteur des Ruses et stratagèmes de guerre et d’autres ouvrages ; Mohammed fils de Yezid el-Mouberred el-Azdi ; Mohammed, fils de Suleïman el-Minkari el-Djewheri ; Mohammed, fils de Zakaria ei-Gallabi l’Égyptien, auteur du Livre des hommes généreux (Kitab el-adjwad), etc. Ibn Abi’d-douniah, précepteur du khalife el-Moktafi-billah ; Ahmed, fils de Mohammed el-Khozayi, surnommé el-Kkakani, originaire d’Antioche ; Abd Allah, fils de Mohammed, fils de Mahfouz el-Belawi l’Ansarien, ami d’Abou Yezid Ommarah, fils de Zeïd el-Medini ; Ahmed, fils de Mohammed, fils de Khaled el-Barki l’Ecrivain, auteur du Livre de la Démonstration (Kitab et-Tibian) ; Ahmed, fils d’Abou Taher, auteur d’une chronique de la ville de Bagdad, etc. Ibn el-Wecha ; Ali, fils de Modjahid, auteur de l’Histoire des Omeyades, etc. Mohammed, fils de Saleh, fils de Nitab, auteur de l’Histoire des Abbassides, etc. Yousef, fils d’Ibrahim, auteur de l’Histoire d’Ibrahim, fils d’el-Mehdi, etc. Mohammed, fils d’el-Haret le Taglébite, auteur du livre intitulé « Mœurs royales » (Kitab akhlak el-molouk), qu’il a composé pour el-Fath, fils de Khakan, etc. Abou Saïd es-Soukkari, auteur des Poésies des Arabes ; Obeïd Allah, fils d’Abd Allah, fils de Khordadbeh. Ce dernier est un écrivain distingué et remarquable par la beauté de son style, aussi a-t-il eu un grand nombre d’imitateurs qui lui ont fait des emprunts et suivi fidèlement la voie qu’il avait tracée. On peut s’en convaincre en examinant son grand ouvrage historique. Ce livre se distingue entre tous par le soin et l’ordre de sa méthode, l’abondance de ses renseignements sur l’histoire des peuples, et la biographie des rois de la Perse ou d’autre race. Un autre ouvrage non moins précieux du même auteur, c’est son traité Des Routes et des royaumes, etc., mine inépuisable de faits que l’on explore toujours avec fruit. Nous devons mentionner également l’Histoire du Prophète, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, des khalifes et des rois ses successeurs, jusqu’au règne d’el-Motadhed-billah, avec le détail des événements qui ont signalé ces époques, par Mohammed, fils d’Ali, el-Hoçeini, l’Alide, originaire de Dinawer. La Chronique d’Ahmed ben Yahia el-Beladori, ainsi que son livre intitulé Des Pays et de leur soumission par les armes ou par capitulation depuis l’hégire, avec le récit des conquêtes du Prophète et de ses successeurs, les circonstances qui les ont accompagnées, la description des contrées de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Sud. Nous ne connaissons pas un meilleur travail sur l’histoire de la conquête musulmane. La Grande Chronique des Perses et autres nations, par Dawoud, fils d’el-Djerrah, grand-père du vizir Ali ben Iça ben Dawoud ben el-Djerrah. Le Recueil comprenant l’historique de tous les événements survenus pendant les siècles qui ont précédé ou suivi l’islam, par Abou Abd Allah Mohammed, fils d’el-Hoçein, fils de Sewar, surnommé le neveu d’Iça ben Ferhanchah, travail qui va jusqu’à l’an 320. L’Histoire d’Abou Iça, fils de l’Astrologue, d’après les révélations du Pentateuque, avec la chronologie des prophètes et des rois. L’Histoire des Omeyades, leurs vertus, leurs talents, les exemples qu’ils ont suivis et leurs innovations, par Abou Abd er-Rahman Khaled, fils d’Hicham, l’Omeyade. L’Histoire d’Abou Bechred-Dawlabi. Le Livre illustre (Kitab ech-cherif) sur l’histoire et d’autres sujets, par Abou Bekr Mohammed ben Khaled ben Wakia le Juge. Le Livre de biographie et d’histoire (Kitab es-sier we akhbar), par Mohammed, fils de Khaled le Hachémite. Un ouvrage qui porte le même nom, par Abou Ishak, fils de Soleiman le Hachémite. La Biographie des khalifes (Kitab sier el-khoulafa), par Abou Bekr Mohammed, fils de Zakaria er-Razi, auteur du livre intitulé Kitab el-Mansouri et d’autres livres de médecine. Les œuvres d’Abd Allah, fils de Moslem, fils de Kotaïbah de Dinawer, qui se distinguent par leur étendue et leur nombre, comme son Traité des connaissances (Kitab el-mearif) et d’autres écrits.

La Chronique d’Abou Djafar Mohammed, fils de Djerir et-Tabari. Ce livre brille entre tous les autres et leur est bien supérieur ; la variété des renseignements, des traditions, des documents scientifiques qu’il renferme le rendent aussi utile qu’instructif. Comment pourrait-il en être autrement, puisque l’auteur était le premier jurisconsulte et le plus saint personnage de son siècle, et qu’il réunissait à la connaissance de toutes les écoles de jurisprudence celle de tous les historiens et traditionnistes.

Telle est aussi l’Histoire d’Abou Abd Allah Ibrahim, fils de Mohammed, fils d’Arafat, le grammairien de Waçit, connu sous le nom de Naftaweïh. Ce livre, plein de beautés de premier ordre et rempli des meilleurs passages et des plus utiles renseignements fournis par les bons écrivains, prouve que son auteur surpassait ses contemporains par son savoir et son style.

Mohammed, fils de Yahia es-Souli, a suivi la même voie dans ses Feuillets sur l’histoire des khalifes abbassides, leurs vizirs et leurs poètes ; il raconte plusieurs particularités qu’on chercherait vainement ailleurs, et que lui seul pouvait connaître, parce qu’il en a été le témoin oculaire. C’était d’ailleurs un homme instruit, d’une érudition variée et un habile écrivain.

L’Histoire des vizirs (Kitab akhbar el-wazera), par Abou’l-Haçan Ali, fils d’el-Haçan, plus connu sous le nom d’Ibn el-Machitah, offre les mêmes qualités ; il va jusqu’à la fin du règne de Radi-billah. On reconnaît le même mérite dans Abou’l-Faradj Kodamah, fils de Djafar el-Katib, écrivain élégant et original, dont le style, quoique concis, est toujours clair. On en trouve la preuve dans son histoire intitulée « Les Fleurs du printemps » (Kitab zahr er-rebi), ainsi que dans son Traité du Kharadj ; on verra dans ces deux écrits la vérité de ce que nous avançons et la justesse de notre appréciation.

Abou’l-Kaçem Djafar, fils de Mohammed, fils d’Hamdan de Moçoul le Jurisconsulte, a composé son recueil historique qu’il intitula « L’Admirable » (Kitab el-bahir), pour réfuter le Livre du jardin (Kitab er-rouda), par el-Mobarred. On doit aussi à Ibrahim, fils de Mahaweïh le Persan, une réfutation du Kamil, d’el-Mobarred. Ibrahim, fils de Mouça, el-Waçiti el-Katib, a donné une histoire des vizirs, où il attaque l’ouvrage de Mohammed, fils de Dawoud, fils d’el-Djerrah, sur le même sujet. Ali, fils d’el-Fath l’Ecrivain, surnommé el-Moutawak, a raconté l’histoire de quelques-uns des vizirs de Moktadir.

Citons encore le livre nommé « La Fleur des yeux et l’épanouissement des cœurs » (Zekret el-ouïoun wè djela el-Kouloub), par el-Misri. Une chronique, par Abd er-Rahman, fils d’Abd er-Rezzak, surnommé el-Djordjani, es-Saadi. L’Histoire des Abbassides, etc. par Ahmed, fils de Yakoub l’Égyptien. Une Histoire des Abbassides et autres princes, par Abd Allah, fils d’el-Hoçeïn, fils de Saad l’Écrivain. L’Histoire de Moçoul et d’autres villes, par Abou Zokrah (?), de Moçoal. Un recueil d’histoire, etc. par Mohammed, fils d’Abou’l-Azhar, et son livre intitulé « Révoltes et séditions ». (Kitab el-heradj wel ahdath).

Je considère Senan, fils de Tabit, fils de Korrah el-Harrani, comme ayant entrepris une œuvre hors de sa compétence et suivi une voie qui n’était pas la sienne, quand il a composé ce livre, qu’il adresse sous forme d’épître à un de ses amis, secrétaire du Diwan. Il débute par des généralités sur la nature des âmes, leur division en âme raisonnable, irascible et concupiscente ; il donne une esquisse du gouvernement, d’après les théories que Platon a émises dans sa République en dix séances ; il énumère rapidement les devoirs des rois et des ministres, et passe au récit d’événements qu’il ne révoque pas en doute, bien qu’il n’en ait pas été le témoin. Il arrive ainsi à l’histoire de Motadhed-billah, nous parle de la faveur dont il jouissait et des années qu’il a passées à sa cour, puis il remonte d’un khalife à l’autre, et, par cette marche rétrograde, il s’écarte de la vraie méthode historique. Quel que soit donc le mérite de l’exécution et la véracité de l’auteur, on ne peut que le blâmer d’être sorti de sa sphère et de s’être chargé d’un travail pour lequel il n’était pas fait. Que n’est-il resté dans le domaine scientifique, où il n’avait pas de rivaux, la connaissance d’Euclide, des sections de l’Almageste (astronomie) ou des cercles ! Que n’a-t-il développé les vues de Socrate, de Platon et d’Aristote sur le système des sphères, des phénomènes météorologiques, des tempéraments, des relations et des compositions, des conclusions, des prémisses et des syllogismes, la différence entre le monde physique et surnaturel, la matière, les propriétés et la mesure des figures, ou quelque autre problème philosophique ! Il se serait acquitté avec honneur de cette tâche, et son œuvre aurait répondu à son talent. Mais où est l’homme qui connaît la limite de ses forces et les bornes de son aptitude ?Abd Allah, fils d’el-Mokaffa, a dit avec raison : « Tout auteur poursuit un but ; en l’atteignant, il s’illustre ; s’il le manque, il se déshonore. »

Abou’l-Haçan el-Maçoudi ajoute : Les chroniques, les annales, les recueils de biographies et de traditions mentionnés ici appartiennent à des auteurs célèbres, ou du moins connus ; nous avons passé sous silence les livres des écoles traditionnaires relatifs aux noms, à l’époque et à la classification des principaux personnages de l’islam, parce que ces développements excéderaient les limites de cet ouvrage. D’ailleurs, ce qui concerne le nom des docteurs qui, à diverses époques, ont transmis les traditions, recueilli les faits biographiques et historiques ; les catégories de savants de chaque siècle, depuis les compagnons du Prophète et leurs successeurs (tabis), les subdivisions d’école, les divergences d’opinion qui ont surgi entre les jurisconsultes des grandes villes, les philosophes, les sectaires et les controversistes, tous ces faits en un mot, jusqu’à la date de l’année 332 (de l’hégire), sont consignés dans nos Annales historiques (Akhbar ez-zeman) et notre Histoire moyenne (Kitab el-awsat).

J’ai donné à ce livre le titre de Prairies d’or et de mines de pierres précieuses, à cause de la haute valeur et de l’importance des matières qu’il renferme, puisque, pour le sens et le contexte, il reproduit les parties saillantes et les passages principaux de nos œuvres précédentes.

J’en fais hommage aux rois illustres et aux savants, persuadé que je n’y ai rien omis de ce qu’il est utile de connaître et de ce qui peut satisfaire un esprit curieux d’étudier le passé.

Ce livre est, en quelque sorte, le mémento de mes premiers écrits, le résumé des connaissances que doit posséder un homme instruit, et qu’il serait inexcusable d’ignorer ; il n’y a pas, en effet, une seule branche de la science, un renseignement quelconque, une source de traditions qui n’y soient contenus en détail ou en abrégé, ou tout au moins indiqués par de rapides allusions et par quelques observations sommaires.

Quant à celui qui oserait dénaturer le sens de ce livre, renverser une des bases sur lesquelles il repose, obscurcir la clarté du texte ou jeter du doute sur un passage, par suite d’altérations ou de changements, par des extraits ou des résumés ; celui enfin qui se permettrait de l’attribuer à un autre auteur, qu’il soit l’objet de la colère divine et d’un prompt châtiment !

Puisse-t-il être accablé de calamités qui épuiseront sa patience et dont la pensée seule frappera son esprit de terreur ! Qu’il devienne un exemple pour ceux qui savent, une leçon pour les intelligents, un signe pour ceux qui réfléchissent ! Que Dieu lui retire tous les bienfaits dont il l’avait comblé ! Que le créateur du ciel et de la terre lui enlève les facultés et les dons qu’il lui avait accordés, à quelque secte et à quelque opinion qu’il appartienne ! Dieu est tout-puissant ! Nous avons placé cette menace au début de ce livre, et nous l’avons répétée à la fin (voy. chap. dernier), pour qu’elle retienne celui qui pourrait céder à une pensée coupable ou qui succomberait à un désir criminel.

Qu’il redoute Dieu, son Seigneur, qui le voit ! qu’il tremble devant l’avenir qui l’attend ! car le temps est restreint, la distance est courte, et c’est vers Dieu qu’il faut retourner.

Il est temps de donner la liste des chapitres dont se compose cet ouvrage et d’indiquer le contenu de chacun de ces chapitres.

CHAPITRE II.

TABLE DES CHAPITRES QUE RENFERME CET OUVRAGE.

Dans ce qui précède nous avons fait connaître le but de ce livre ; nous allons maintenant donner une table du nombre de ses chapitres, suivant l’ordre méthodique que nous avons adopté dans notre récit afin de faciliter les recherches.

  1. III. Du commencement des choses, de la création et de la génération de tous les êtres, depuis Adam jusqu’à Abraham.
  2. IV. Histoire d’Abraham, des prophètes et des rois d’Israël qui ont vécu après lui.
  3. V. Règne d’Arkhoboam, fils de Salomon, fils de David ; des rois d’Israël ses successeurs ; aperçu de l’histoire des prophètes.
  4. VI. Des hommes qui ont vécu dans l’intervalle (fitreh), c’est-à-dire entre le Messie et Mohammed.
  5. VII. Généralités sur l’histoire de l’Inde, ses doctrines, l’origine de ses royaumes, les mœurs et les pratiques religieuses de ce pays.
  6. VIII. Description du continent et des mers ; sources des fleuves ; les montagnes, les sept climats, astres qui exercent sur eux leur influence, etc.
  7. IX. Renseignements généraux sur les migrations des mers et sur les principaux fleuves.
  8. X. Renseignements sur la mer d’Abyssinie, son étendue, ses golfes et ses détroits.
  9. XI. Opinions diverses sur le flux et le reflux ; résumé des systèmes proposés.
  10. XII. La mer de Roum (Méditerranée) ; opinions diverses sur sa longueur, sa largeur, les lieux où elle commence et où elle finit.
  11. XIII. La mer Nitas (Pontus), la mer Mayotis et le détroit de Constantinople.
  12. XIV. Mer de Bab el-Abwab, de Khazar et de Djordjan (mer Caspienne) ; de la place que les mers occupent sur le globe.
  13. XV. Rois de la Chine et des Turcs ; dispersion des descendants d’Amour ; histoire résumée de la Chine ; ses rois ; généralités sur leur vie, leur système politique, et autres renseignements analogues.
  14. XVI. Rapide exposé des mers ; leurs particularités ; les peuples qui habitent les îles et le littoral ; classification des États riverains. (fin tome1)
  15. XVII. Le mont Caucase (el-Kabkh) ; renseignements sur les peuplades nommées Allan (Alains) ; les habitants d’es-Serir, les Khazars ; les tribus turques et bulgares (Borghoz) ; description de Bab el-Abwab (Derbend) ; les rois et les peuples du voisinage.
  16. XVIII. Rois syriens.
  17. XIX. Rois de Moçoul et de Ninive, nommés aussi rois assyriens.
  18. XX. Rois de Babel, nabatéens on d’autre origine, nommés aussi chaldéens.
  19. XXI. Rois perses de la première époque ; résumé de leur règne et de leur histoire.
  20. XXII. Rois des Satrapies et Achgans qui ont vécu entre la première-et la seconde époque.
  21. XXIII. Généalogie des Perses ; opinions différentes des historiens à cet égard.
  22. XXIV. Rois sassanides ou de la seconde époque ; leur règne et leur histoire.
  23. XXT. Histoire des rois grecs ; opinions diverses sur leur généalogie.
  24. XXVI. Histoire abrégée de l’expédition d’Alexandre dans l’Inde.
  25. XXVII. Rois grecs qui ont régné après Alexandre.
  26. XXVIII. Peuples de Roum ; opinions historiques sur leur généalogie ; le nombre de leurs rois, leur chronologie et leur règne.
  27. XXIX. Rois chrétiens de Roum, c’est-à-dire rois de Constantinople ; résumé des principaux événements de leur temps.
  28. xxx. Rois de Roum (Byzantins) depuis l’apparition de l’islamisme jusqu’à Romanus, qui règne aujourd’hui (332 de l’hégire).
  29. XXXI. Renseignements sur l’Egypte, le Nil, les curiosités et les rois de ce pays.
  30. XXXII. Histoire d’Alexandrie, sa fondation, ses rois, ses curiosités et autres détails analogues.
  31. XXXIII. Les nègres, leur origine, leur variété de races et d’espèces ; la position respective de leurs contrées ; histoire de leurs rois.
  32. XXXIV. Les Slaves, leurs établissements, leurs rois, leurs migrations.
  33. XXXV. Les Francs et les Galiciens ; leurs rois ; résumé de leur histoire et de leurs guerres avec les habitants de l’Espagne (Mores).
  34. XXXVI. Les Longobards (Noukobard), leurs rois, le pays qu’ils habitent.
  35. XXXVII. Les Adites et leurs rois ; abrégé de leur histoire ; opinions sur la durée de leur existence.
  36. XXXVIII. Les Thamoudites et leurs rois ; leur prophète Salih ; résumé de leur histoire.
  37. XXXIX. La Mecque et son histoire ; fondation de la Maison sainte (Kaaba) ; domination successive des Djorhomites et autres tribus, avec plusieurs faits qui se rapportent à ce chapitre.
  38. XL. Renseignements généraux sur la description de la terre et des différentes contrées ; de l’amour de l’homme pour son pays natal.
  39. XLI. Opinions diverses sur le motif pour lequel le Yémen, l’Irak, la Syrie (Cham) et le Hedjaz ont été ainsi nommés.
  40. XLII. Le Yémen ; généalogie de ses habitants ; opinions diverses sur ce sujet.
  41. XLIII. Rois du Yémen, nommés Tobba, et autres rois de ce pays ; leur vie et la durée de leur règne.
  42. XLIV. Rois de Hirah, d’origine yéménite ou autre ; histoire de ce pays.
  43. XLV. Renseignements historiques sur les rois de Syrie d’origine yéménite, les Gassanides, etc.
  44. XLVI. Tribus nomades chez les Arabes et autres peuples ; pourquoi elles vivent de préférence dans le désert, comme les Kurdes dans les montagnes ; origine de ces derniers, résumé de leur histoire et autres renseignements analogues.
  45. XLVII. Croyances et opinions des Arabes dans les âges d’ignorance (Djahelieh) ; leurs migrations ; histoire des compagnons de l’Éléphant ; invasion des Abyssins et d’autres peuples ; Abd el-Mottaleb, et autres renseignements analogues.
  46. XLVIII. Opinion des Arabes sur l’âme, qu’ils croyaient ressembler au hibou et au chat-huant, avec quelques renseignements sur le même sujet
  47. XLIX. Récits des Arabes sur les ghouls (ogres) et leur transformation, comparés aux récits analogues d’autres peuples, ainsi que divers détails qui se rapportent au même sujet.
  48. L. Récits que font les Arabes et d’autres peuples sur les oracles et les génies, soit pour en affirmer l’existence, soit pour la nier.
  49. LI. Opinions des Arabes sur la science de la physionomie, les augures, les pronostics fondés sur le vol des oiseaux de droite à gauche et de gauche à droite, etc.
  50. LII. L’art divinatoire ; en quoi il consiste ; opinions émises à cet égard ; distinction entre l’âme raisonnable et les autres âmes ; détails relatifs aux songes et à d’autres sujets analogues.
  51. LIII. Renseignements généraux sur les devins et sur la rupture de la digue d’Aram dans le pays de Saba et de Mareb. Dispersion des Azdites et leur établissement dans diverses contrées.
  52. CH. Les années et les mois chez les Arabes et les peuples étrangers ; analogies et différences qu’on y remarque.
  53. LV. Mois des Coptes et des Syriens ; différences de leurs dénominations ; résumé de leur chronologie et autres renseignements analogues.
  54. LVI. Mois des Syriens ; leur concordance avec les mois grecs ; nombre des jours de l’année ; définition des Anwa.
  55. LVII. Mois des Persans, et autres détails sur ce sujet.
  56. LVIII. Jours des Persans, et autres détails sur ce sujet
  57. LIX. Années et mois des Arabes ; noms qu’ils donnent aux jours et aux nuits.
  58. LX. Traditions des Arabes sur les nuits des mois lunaires, et autres renseignements qui se rattachent au même sujet.
  59. LXI. Influence du soleil et de la lune sur ce monde ; résumé des opinions émises à cet égard, et autres détails analogues.
  60. LXII. Des quarts du monde, des éléments et des vents ; connaissance des propriétés de chaque partie du monde, l’est, l’ouest, le sud et le nord, par suite de l’influence des astres.
  61. LXIII. Édifices consacrés, monuments religieux, temples voués au culte du soleil, de la lune et des idoles ; religion particulière des Indiens ; les astres et autre merveilles du monde.
  62. LXIV. Édifices consacrés chez les Grecs, et leur description.
  63. LV. Édifices consacrés chez les anciens Romains, et leur description.
  64. LXVI. Édifices consacrés chez les Slaves, et leur description.
  65. LXVII. Édifices consacrés, monuments religieux chez les Sabéens de Harran et d’autres villes ; curiosités qu’ils renferment ; renseignements à cet égard.
  66. LXVIII. Renseignements sur les temples du feu ; leur description ; tradition des Mages à cet égard, et autres détails de même nature.
  67. LXIX. Résumé de chronologie universelle, depuis le commencement du monde jusqu’à la naissance de notre prophète Mohammed, et autres détails analogues.
  68. LXX. Naissance du Prophète ; sa généalogie, et tout ce qui se rapporte à ce chapitre.
  69. LXXI. Mission du Prophète ; son histoire jusqu’à sa fuite (hégire).
  70. LXXII. Fuite du Prophète, résumé des principaux faits historiques jusqu’à sa mort.
  71. LXXIII. Récit abrégé de tous les événements et faits historiques survenus entre la naissance et la mort de notre saint Prophète.
  72. LXXIV. Des locutions nouvelles introduites par le Prophète, et inconnues avant cette époque.
  73. LXXV. Khalifat d’Abou Bekr, le véridique (es-siddik) ; sa généalogie ; abrégé de sa vie et de son histoire.

CH.LXXVI. Khalifat d’Omar, fils de Khattab ; sa généalogie ; abrégé de sa vie et de son histoire.

  1. LXXVII. Khalifat d’Otman, fils d’Affan ; sa généalogie ; abrégé de sa vie et de son histoire.
  2. LXXVIII. Khalifat d’Ali, fils d’Abou Taleb ; sa généalogie ; abrégé de sa vie et de son histoire ; généalogie de ses frères et sœurs.
  3. LXXIX. Récit de la journée du Chameau ; ses causes ; combats livrés pendant cette journée, et autres détails analogues.

Ca. LXXX. Résumé de ce qui s’est passé à Siffla entre les habitants de l’Irak et de la Syrie.

  1. LXXXI. Les deux arbitres ; causes qui ont amené l’arbitrage.
  2. LXXXII. Guerre d’Ali avec les habitants de Nehrewan, surnommés Chorat (hérétiques), et autres faits qui s’y rapportent.
  3. LXXXIII. Meurtre d’Ali, fils d’Abou Taleb.
  4. LXXXIV. Paroles mémorables d’Ali ; sa piété, et autres anecdotes sur le même sujet.
  5. LXXXV. Khalifat d’el-Haçan, fils d’Ali ; résumé de son histoire et de sa vie.
  6. LXXXVI. Portrait de Moawiah ; sa politique ; particularités intéressantes tirées de son histoire.
  7. LZXXVII. Règne de Moawiah, fils d’Abou Sofian ; histoire abrégée de ce prince.
  8. LXXXVIII. Les compagnons du Prophète et leur panégyrique ; Ali, fils d’Abou Taleb el-Abbas ; leurs vertus, etc.
  9. LXXXIX. Règne de Yezid, fils de Moawiah, fils d’Abou Sofian (que Dieu le maudisse !).
  10. XC. Meurtre d’el-Hoçeïn, fils d’Ali, fils d’Abou Taleb, avec plusieurs de ses parents et de ses partisans.
  11. XCI. Nomenclature des enfants d’Ali, fils d’Abou Taleb.
  12. CH. XCII. Résonné de l’histoire et de la vie de Yezid ; quelques-unes de ses actions remarquables, sa conduite à Horrah, etc.
  13. XCIII. Règne de Moawiah, fils de Yezid ; Merwan, fils d’el-Hakm ; Mokhtar, fils d’Abou Obeïd ; Abd Allah, fils de Zobeir ; quelques détails sur leur histoire et leur vie ; principaux événements de cette époque.
  14. XCIV. Règne d’Abd el-Melik, fils de Merwan ; récit abrégé de son histoire et de sa vie ; el-Hadjadj, fils de Yousouf ; particularités curieuses ayant trait à sa vie et à son histoire.
  15. XCV. Résumé historique de la vie d’el-Hadjadj ; ses discours, ses actions remarquables.
  16. XCVI. Règne d’el-Welid, fils d’Abd el-Melik ; résumé de son histoire et de sa vie.
  17. XCVII. Règne de Soleiman, fils d’Abd el-Melik ; résumé de son histoire et de sa vie.
  18. XCVIII. Khalifat d’Omar, fils d’Abd el-Aziz, fils de Merwan, fils d’el-Hukm ; détails sur son histoire, sa vie et sa piété.
  19. XCIX. Règne de Yezid, fils d’Abd el-Melik ; résumé de son histoire et de sa vie.
  20. C. Règne de Hicham, fils d’Abd el-Melik, résumé de son histoire et de sa vie.
  21. CI. Règne de Welid, fils de Yezid, fils d’Abd el-Melik, résumé de son histoire et de sa vie.
  22. CII. Règne de Yezid, fils d’el-Welid, fils d’Abd el-Melik, et de son frère Ibrahim ; principaux événements de leurs règnes.
  23. CIII. Esprit de parti qui se déclare parmi les tribus du Yémen et de Nizar ; révolte contre les Omeyades qui en est le résultat.
  24. CIV. Règne de Merwan, fils de Mohammed, fils de Merwan, fils d’el-Hukm.
  25. CV. Du nombre d’années pendant lesquelles régnèrent les Omeyades.
  26. CVI. De la noble dynastie des Abbassides ; quelques détails sur Merwan ; sa mort violente ; résumé.de son histoire et de son règne.
  27. CVII. Khalifat d’es-Saffah ; résumé de son histoire, de sa vie et des événements de cette époque.-
  28. CVIII. Khalifat d’Abou Djafar el-Mansour ; résumé de son histoire, de sa vie et des événements de cette époque.
  29. CIX. Khalifat d’el-Mehdi ; résumé de son histoire, de sa vie et des événements de cette époque.
  30. CX. Khalifat d’el-Hadi ; résumé de son histoire, de sa vie et des événements de cette époque.
  31. CXI. Khalifat d’er-Rechid ; résumé de son histoire, de sa vie et des événements de cette époque.
  32. CXII. Histoire des Barmékides ; rôle qu’ils ont joué à cette époque.
  33. CXIII. Khalifat d’el-Amin ; résumé de son histoire, de sa vie ; abrégé des principaux événements de cette époque.
  34. CXIV. Khalifat d’el-Mamoun ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  35. CH. cxv. Khalifat d’el-Motaçem ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  36. CXVI. Khalifat d’el-Watiq ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  37. CXVII. Khalifat d’el-Motewakkil ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  38. CXVIII. Khalifat d’el-Mountasir, résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  39. CXIX. Khalifat d’el-Mostaïn ; résumé de son histoire, de sa vie ; abrégé des principaux événements de cette époque.
  40. CXX. Khalifat d’el-Motazz ; résumé de son histoire, de sa vie ; abrégé des principaux événements de cette époque.
  41. CXXI. Khalifat d’el-Mohtadi, résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  42. CXXII. Khalifat d’el-Motamid, résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  43. CXXIII. Khalifat d’el-Motaded ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  44. CXXIV. Khalifat d’el-Moktafi ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  45. CXXV. Khalifat d’el-Moktadir ; résumé de son histoire, de sa vie et des principaux événements de cette époque.
  46. CXXVI. Khalifat d’el-Kaher ; résumé de son histoire» de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  47. CXXVII. Khalifat d’er-Radi ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  48. CXXVIII. Khalifat d’el-Mottaki ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  49. CXXIX. Khalifat d’el-Mostakfi ; résumé de son histoire de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  50. CXXX. Khalifat d’el-Mouti ; résumé de son histoire, de sa vie, et récit abrégé des principaux événements de cette époque.
  51. CXXXI. Second résumé chronologique depuis l’hégire jusqu’à la présente époque, c’est-à-dire le mois de djoumada premier, l’an trois cent trente-six. C’est à cette date que nous avons terminé ce livre.
  52. CH. CXXXII. Nomenclature des chefs du Pèlerinage, depuis l’origine de l’islam jusqu’à l’année trois cent trente-cinq.

L’auteur ajoute : Tel est le sommaire des chapitres contenus dans ce livre ; mais on trouvera, en outre, dans chacun de ces chapitres, différents faits relatifs aux sciences, à la tradition et à l’histoire, qui ne sont pas énoncés dans le titre. Fidèle à la classification qui précède, nous consacrons à la chronique des khalifes et à la durée de leur vie un paragraphe distinct de leur biographie et de leur histoire. Nous passons ensuite en revue les faits principaux de leur règne, les traits remarquables de leur vie ; nous résumons enfin les événements importants de l’époque, l’histoire de leurs vizirs, et les sciences qui étaient l’objet de leurs réunions académiques. Nous faisons aussi de fréquentes allusions aux sujets analogues que nous avons développés dans ceux de nos ouvrages précédents qui se rapportent aux mêmes matières.

Le nombre total des chapitres que renferme ce livre est de cent trente-deux. Le premier a pour titre : « Généralités sur le but de ce livre ; » le second est intitulé, « Table des chapitres que renferme cet ouvrage, » et le dernier : « Nomenclature des chefs qui ont conduit les pèlerins à la Mecque, depuis l’origine de l’islam jusqu’à l’année trois cent trente-cinq. »

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CHAPITRE III.

DU COMMENCEMENT DES CHOSES ; DE LA CREATION ET DE LA GÉNÉRATION DES ÊTRES.

Toutes les sectes musulmanes s’accordent à dire que Dieu, le tout-puissant, créa l’univers sans modèle et le tira du néant. D’après une tradition qui remonte à Ibn Abbas et à d’autres docteurs, la première chose créée par Dieu fut l’eau, et le trône divin était porté par cet élément. Lorsque Dieu voulut entreprendre l’œuvre de la création, il fit sortir de l’eau une vapeur qui s’éleva au-dessus d’elle et forma le ciel ; pois il dessécha la masse liquide et la transforma en une terre qu’il partagea ensuite en sept. Cette œuvre fut terminée en deux jours, le dimanche et le lundi. Dieu, en créant la terre, la plaça sur un poisson, ainsi qu’il le dit dans son Koran (LXVIII, 1) : « Par la plume et ce qu’ils écrivent, par le poisson, etc. » Il mit le poisson et l’eau sur des blocs de pierre, ces blocs sur le dos d’un ange, l’ange sur un rocher, et le rocher sur le vent. Il est fait mention de ce rocher dans le Koran, lorsque Lokman dit à son fils : « O mon enfant, le moindre grain de sénevé, fut-il sur le rocher, au ciel ou dans la terre, sera produit au grand jour par Dieu, car Dieu pénètre et sait toutes choses. » (XXI, 15.) Les mouvements du poisson donnant à la terre de. violentes secousses ; Dieu y fixa les montagnes et elle devint stable, ainsi qu’il est dit dans le Koran (XVI, 15) : « Il a jeté de solides montagnes sur la terre, pour qu’elle ne vous entraine pas dans ses secousses. » Les montagnes, la nourriture des habitants de la terre, les arbres et tout ce qui était nécessaire, furent créés en deux jours, le mardi et le mercredi ; aussi on lit dans le Koran (XLI, 8-10) : « Dis-leur : Pourriez-vous méconnaître celui qui a créé la terre en deux jours, et oseriez-vous lui donner des égaux, à lui, le maître de l’univers ? Il a placé de solides montagnes sur la terre, il l’a bénie, et il a pourvu à la subsistance de ceux qui l’implorent, et cet ouvrage a été terminé en quatre jours. » Puis Dieu remonta vers le ciel, qui n’était qu’une vapeur, et il lui dit ainsi qu’à la terre : « Venez de gré ou de force. » Tous deux répondirent : « Nous venons avec obéissance. » De cette vapeur provenant des exhalaisons de l’eau. Dieu fit un seul ciel, qu’il divisa en sept autres deux, en l’espace de deux jours, le jeudi et le vendredi. Ce dernier n’a été nommé Djouma, ou réunion, que parce que la création des deux fut réunie à celle de la terre pendant ce jour. Dieu dit ensuite (Koran, XLI, 11), « Et il révéla à chaque ciel ce qui le concernait ; » ce qui signifie qu’il créa dans chaque ciel les anges, les mers et les montagnes de glace qu’il renferme.

Le ciel placé au-dessus de la terre est en émeraude verte ; le second ciel est en argent ; le troisième en rubis rouge ; le quatrième en perle ; le cinquième en or pur ; le sixième en topaze ; le septième est une masse de feu et est couvert d’anges qui, debout sur un seul pied, chantent les louanges de Dieu parce qu’ils sont près de lui. Leurs jambes traversent la septième terre, et la plante de leur pied repose au-dessous de cette terre, à une profondeur qu’il faudrait cinq cents ans pour atteindre, tandis que leurs têtes se trouvent sous le trône, sans pourtant le toucher. Ils disent : « Il n’y a de dieu que Dieu, le maître du trône glorieux ! » (Koran, LXXXV, 15.) Placés là depuis leur création, ils y resteront jusqu’à l’heure du jugement. Sous le trône est une mer, d’où descend la subsistance de tous les êtres vivants. Obéissant à la volonté divine, elle transmet d’un ciel à l’autre la quantité de pluie fixée par Dieu, jusqu’à l’endroit nommé el-Abram. Dieu commande ensuite au vent, et il porte l’eau aux nuages, qui la tamisent comme un crible. Sous le ciel qui recouvre la terre est une mer toute remplie d’animaux qui ressemblent à ceux qui vivent dans les mers de notre globe, et ils y sont retenus par la puissance divine.

Après avoir terminé la création de la terre, Dieu la peupla de génies (Djinns) avant d’y placer Adam ; « il les créa du feu le plus pur (Koran, LV, I4), et parmi eux se trouvait Iblis (le diable). Dieu leur défendit de verser le sang des animaux et de se révolter les uns contre les autres ; mais ils répandirent le sang et se combattirent mutuellement. Lorsqu’Iblis vit que les génies ne s’abstenaient d’aucune mauvaise action, il pria Dieu de l’élever au ciel, où il unit ses ferventes adorations à celles des anges. Dieu envoya contre les génies, qui sont de la race d’Iblis, une troupe d’anges qui les repoussèrent jusque dans les iles des différentes mers, après avoir exterminé ceux dont Dieu ordonna la mort. Iblis, qui avait été institué par Dieu comme gardien du ciel voisin de la terre, laissa envahir son cœur par l’orgueil. Lorsque Dieu voulut créer Adam, il dit aux anges : « Je vais établir mon vicaire sur la terre. » Les anges répondirent : « Seigneur, qui sera ce vicaire ? » Dieu dit alors : « Il aura des descendants qui feront le mal ; ils se haïront et s’extermineront les uns les autres. « Les anges reprirent : « Seigneur, veux-tu donc placer sur la terre une créature qui la couvrira de désordres et de sang, tandis que nous célébrons tes louanges et que nous te bénissons ? « Dieu répondit : « Je sais ce que vous ignorez. » (Koran, II, 28.) Puis il envoya Gabriel sur la terre pour qu’il lui en rapportât de l’argile ; mais la terre dit à l’ange : « J’invoque Dieu contre toi si tu as l’intention de me nuire. »

Gabriel s’éloigna donc sans remplir sa mission. Dieu envoya Michel, auquel la terre adressa les mêmes paroles, et qui partit aussi sans prendre d’argile. Dieu envoya en fin l’ange de la mort, contre lequel la terre invoqua encore l’appui divin ; mais l’ange lui dit, « Que Dieu me préserve de m’en retourner sans avoir exécuté son ordre ! » puis il prit de la terre noire, rouge et blanche, et c’est pour cette raison que les hommes différent de couleur. Le premier homme fut nommé Adam, parce qu’il a été tiré de la surface (adim) de la terre ; mais on donne aussi d’autres explications à ce nom. Dieu confia la mort à l’ange de la mort. Puis il pétrit cette argile et la laissa pendant quarante ans, pour qu’elle formât une masse unie et compacte ; il la laissa encore pendant le même espace de temps, jusqu’à ce qu’elle devînt fétide et se corrompît. Ainsi il est dit dans le Koran (XV, 26) : « Formé d’une argile masnoun, » c’est-à-dire fétide. Dieu donna à ce limon ta forme humaine, mais le laissa sans âme comme un vase de terre, pendant cent vingt ans, ou, selon d’autres, pendant quarante ans. Voilà pourquoi il est dit dans le Koran (LXXXVI, 1) : « L’homme n’est-il pas demeuré longtemps sans qu’il fût digne d’avoir un nom ? » Les anges, en passant devant ce corps, furent saisis de frayeur. Iblis, plus effrayé encore, le heurta du pied en passant près de lui, ce qui produisit un son semblable à celui d’un vase de terre ; c’est ainsi qu’il faut entendre le mot salsal, dans ce passage du Koran (LV, 13) « d’un bruit analogue à celui d’un vase d’argile ; » on explique aussi ce terme d’une manière différente de la nôtre. Iblis pénétra dans la bouche et ressortit du côté opposé, en disant : « Dans quel but as-tu été créé ? » Lorsque Dieu voulut animer ce corps du souffle de la vie, il ordonna aux anges de se prosterner devant Adam ; tous obéirent à l’exception d’Iblis, qui, dans l’excès de son orgueil, s’écria : «Seigneur, je suis meilleur que lui, car tu m’as créé de feu, tandis que tu l’as formé d’argile. » (Koran» XXXVIII, 77.) Or le feu est plus noble que l’argile ; c’est moi que tu avais établi comme ton vicaire sur la terre ; j’ai des ailes, une auréole de lumière, et ma tête est couronnée de noblesse ; c’est moi qui t’ai adoré au ciel et sur la terre. » Dieu lui répondit : «Sors d’ici, car tu es lapidé ; que ma malédiction pèse sur toi jusqu’au jour du jugement ! » (Ibid. XXXVIII, 78 et seq.) Iblis demanda un répit jusqu’au jour de la résurrection, et Dieu le lui accorda «jusqu’au terme fixé. » (Ibid. 82.) Ce fut ainsi que le nom d’Iblis reçut le sens qu’on lui attribue (diabolus), et à cause de lui fut donné l’ordre de se prosterner devant Adam. Quelques personnes pensent qu’Adam n’était que le mihrab ou la direction vers laquelle devaient se tourner les anges qui avaient reçu cet ordre, mais que le véritable objet de l’adoration était le Créateur, et que c’est ainsi que les serviteurs de Dieu doivent se soumettre et obéir à sa volonté dans l’examen et les épreuves qu’il leur impose. Il y a encore d’autres opinions à cet égard. Dieu fit pénétrer son souffle dans l’homme, et à mesure qu’une partie de corps était animée par ce souffle, elle tendait à s’asseoir ; Dieu dit alors : « L’homme est créé trop prompt.» (Koran, XIII, 12.) Lorsque le souffle divin l’eut rempli entièrement, l’homme éternua, et Dieu lui dit : « Prononce les mots : Louanges à Dieu, pour que ton Seigneur te fasse miséricorde, ô Adam ! »

Le récit qu’on vient de lire sur l’origine de la création nous est donné par la révélation ; il a été transmis oralement de génération en génération, et l’antiquité l’a légué aux âges modernes. Nous le rapportons tel que nous l’avons recueilli de la bouche des anciens, tel que nous l’avons trouvé dans leurs livres ; il est accompagné des arguments qui prouvent d’une manière évidente que le monde est créé et tiré du néant. Mais nous ne voulons mentionner ici ni l’opinion des sectes religieuses qui acceptent et soutiennent le système de la création, ni les arguments qu’elles opposent aux sectes dissidentes qui affirment l’éternité du monde ; nous avons traité ces matières dans nos écrits précédents. On trouvera d’ailleurs dans plusieurs passages de ce livre un résumé des sciences spéculatives, des arguments et des discussions relatives à un grand nombre d’opinions philosophiques ; mais ces renseignements suivront toujours la marche des faits historiques.

Une tradition qui remonte au prince des croyants, Ali, fils d’Abou Taleb, dit que lorsque Dieu voulut établir les lois de l’univers, jeter les germes des êtres et produire la création, il donna à ces germes la forme d’atomes, avant d’étendre la terre et d’élever les cieux. Au sein de sa royauté sans partage et de sa glorieuse unité, il prit un rayon de sa lumière, une étincelle de son foyer de splendeur. Cette lumière, en se répandant, se concentra au milieu de ces atomes invisibles et s’unit à la forme de notre saint prophète Mohammed.

Dieu prononça alors ces augustes paroles : « Tu es l’élu et le choisi ; je dépose en toi ma lumière et les trésors de ma grâce ; pour toi j’étendrai le lit des vallées, je donnerai un libre cours à l’eau, j’élèverai le ciel, et je distribuerai les récompenses et les châtiments, le Paradis et l’Enfer. En ta faveur, je ferai des membres de ta famille les guides du salut, je leur révélerai les secrets de ma science, afin qu’il n’y ait plus pour eux de subtilités ou de mystères ; ils seront la preuve de ma création, les apôtres de ma toute-puissance et de mon unité. » Dieu prit ensuite le témoignage de sa toute-puissance et la croyance pure en son unité, et à ces deux dogmes, qu’il disposa selon sa sagesse, il ajouta, dans l’intelligence des créatures, la notion de l’élection de Mohammed et de sa famille ; il montra à la création que la direction dans le salut et la lumière de la foi appartenaient à Mohammed, comme la suprématie religieuse (imameh) à sa famille, en devançant ainsi la loi de la justice (le Koran) et en prévenant toute excuse. Puis Dieu ensevelit la créature dans le monde invisible et la cacha dans les mystères de sa science. Il posa les mondes, déroula le temps, souleva les flots et fit surnager l’écume et monter la vapeur. Le trône divin flottait encore sur l’eau ; Dieu étendit la terre sur cette surface liquide, et tira de l’eau une vapeur dont il forma le ciel. Il somma le ciel et la terre de lui obéir, et ils reconnurent sa puissance. Dieu créa ensuite les anges, qu’il forma des lumières et des esprits tirés par lui du néant, et il unit au dogme de son unité celui de la mission prophétique de Mohammed. Cette croyance fut ainsi répandue dans le ciel avant que le Prophète accomplit sa mission sur la terre.

Après avoir créé Adam, Dieu fit connaître aux anges la haute dignité de l’homme et la supériorité de science qu’il lui avait accordée sur eux ; pour le prouver, il lui fit nommer tous les objets de la création. Adam fut donc désigné par Dieu comme un mihrâb, une kaabah, une porte sainte ou une kiblah vers laquelle les purs esprits et les anges de lumière devaient se tourner pour prier.

Dieu avertit le premier homme du dépôt qui lui était confié et lui révéla le précieux trésor qu’il avait confié à sa garde, après l’avoir désigné comme imam en présence des anges. Adam eut ainsi le glorieux privilège d’être honoré comme le gardien de la lumière divine ; mais Dieu continua à cacher cette lumière sous le voile du temps, jusqu’à ce qu’il daignât tirer Mohammed du canal de la grâce (voy. ci-après). Celui-ci appela les hommes (à la foi) en public ou en particulier, il prêcha en secret et ouvertement ; il ne cessa de rappeler aux hommes l’époque antérieure à sa venue, mais où il existait déjà comme un germe céleste. Ceux à qui s’était communiquée une étincelle du flambeau de la lumière primitive pénétrèrent dans ce secret et le comprirent clairement ; ceux qui conservèrent le bandeau de l’ignorance furent l’objet de sa colère. Après Mohammed, la lumière a été transmise aux plus nobles d’entre nous (les Alides), et elle a brillé dans nos imams. Nous sommes donc les lumières du ciel et celles de la terre ; en nous est le salut, de nous sort le secret de la science, et c’est vers nous que tout doit aboutir, un guide, pris parmi nous, fournira les preuves décisives ; il sera le sceau des imams, le sauveur de la nation, le foyer de la lumière et la source de toutes choses. Noos sommes les plus nobles des créatures, l’élite des êtres et la preuve vivante du maître des mondes. Heureux donc celui qui s’attache à notre suprématie et qui se laisse guider par nous !

Telle est la tradition enseignée par Abou Abd Allah Djafar ben Mohammed, d’après son père Mohammed ben Ali, d’après son père Ali ben el-Hoçein, d’après son père el-Hoçein, d’après son père l’émir des croyants, Ali, fils d’Abou Taleb.

Nous ne chercherons pas à citer toutes les autorités qui appuient cette tradition, ni ses variantes ; nous l’avons déjà développée dans nos ouvrages précédents, «o la rattachant historiquement à toutes les sources auxquelles nous l’avons puisée. Mais dans ce livre nous craindrions les répétitions et les longueurs.

Voici ce qu’on lit dans le Pentateuque (Tourah), « Dieu commença la création le lundi, et la termina le jour du sabbat ; » voilà pourquoi les Juifs ont fait du sabbat un jour consacré.

Les sectateurs de l’Évangile, croyant que le Messie est sorti de son tombeau le dimanche, ont adopté ce jour comme jour de fête.

Mais la plupart des jurisconsultes et des traditionnistes pensent que la création commença le dimanche et finit le vendredi.

Ce jour-là, c’est-à-dire le 6 du mois d’avril, le souffle de la vie anima le premier homme.

Eve (Hawa) fut ensuite créée d’Adam. Ils furent placés dans le Paradis terrestre à la troisième heure de ce jour, et ils y séjournèrent trois heures, ou un quart de jour, ce qui égalait deux cent cinquante années terrestres.

Après sa chute, Adam fut relégué par Dieu à Serendib (Ceylan), Eve à Djeddah, Iblis à Beiçan et le serpent à Ispahan.

Adam fut précipité dans l’Inde, sur le mont Rahoun, situé dans l’île de Ceylan. Quelques feuilles (du Paradis), cousues ensemble, couvraient son corps ; quand elles furent desséchées, le vent les dispersa dans l’Inde.

On prétend (Dieu sait, mieux la vérité) que ces feuilles ont donné naissance aux parfums qui naissent dans ce pays ; mais d’autres donnent une raison différente. Telle serait donc l’origine de diverses productions propres à l’Inde : l’aloès, le giroflier, les aromates, le musc et tous les parfums. Sur cette même montagne brillent les rubis et les diamants ; les îles de l’Inde produisent l’émeri, et la mer qui l’entoure recèle les perles dans son sein. Adam, chassé de son premier séjour, emporta une provision de froment et trente rameaux détachés des arbres fruitiers du Paradis.

Dix de ces fruits ont une écorce : la noix, l’amande, l’aveline ou noisette, la pistache, le pavot, la châtaigne, la grenade, la noix dinde, la banane et la noix de galle ; dix autres sont des fruits à noyaux, savoir : la pêche, l’abricot, la prune, la datte, la sorbe, le fruit du lotus (voy. Forskal, Flor.Egypt. p. LXIII), la nèfle, le jujube, le fruit du doum (palmier éventail du Saïd) et du cerisier ; dix autres enfin, dont la pulpe n’est recouverte ni d’une écorce, ni d’une pelure, et qui n’ont pas de noyaux ; ce sont : la pomme, le coing, le raisin, la poire, la figue, la mûre, l’orange, le concombre, la courge et le melon.

Jour de Hajj, la plaine d'Arafat, la Mecque, Arabie-Saoudite
Jour de Hajj, la plaine d’Arafat, la Mecque, Arabie-Saoudite

On raconte qu’Adam et Eve furent séparés après avoir été chassés du Paradis, et qu’ils se retrouvèrent au lieu nommé Arafat (reconnaissance) : c’est ainsi du moins qu’on explique le nom de cette montagne (à vingt-quatre kilomètres de la Mecque) ; mais il y a d’autres opinions à cet égard. Eve, rendue à l’amour d’Adam, lui donna un enfant mâle et une fille ; le premier fut nommé Caïn, et la fille Loubeda. Devenue mère pour la seconde fois, Eve mit encore au monde un fils et une fille ; l’un fut nommé Abel, et l’autre Iklimia. On n’est pas d’accord sur le nom du fils aîné d’Adam, mais l’opinion générale parmi ceux qui suivent l’autorité de l’Écriture, et d’autres encore le nomment Caïn, comme nous l’avons dit ; quelques-uns ont adopté le nom d’Abel, mais cette version est peu répandue, tandis que la première a pour elle la majorité. C’est ce que confirme le passage suivant d’une poésie sur l’origine du monde, par Ali, fils d’el-Djohm :

Ils obtinrent un fils nommé Caïn, qui grandit sous leurs yeux.

Abel parvint à l’adolescence à côté de Caïn, et rien ne séparait les deux frères.

Ceux qui admettent l’Écriture sainte disent qu’Adam, afin d’éviter le mariage entre les enfants issus de la même grossesse, unit Gain à la sœur (jumelle) d’Abel, et celui-ci à la sœur (jumelle) de Caïn. Le but d’Adam, dans cette double union, était d’établir une séparation dans les liens du sang, autant du moins que cela était possible en l’absence de race éloignée ou étrangère. Les Mages prétendent cependant qu’Adam n’a pas interdit le mariage entre enfants issus de la même grossesse, et que cette défense eût été blâmable, Ils ont, à cet égard, certain dogme mystérieux d’après lequel ils soutiennent qu’il est préférable qu’un frère épouse sa sœur, ou une mère son propre fils. Nous en avons parlé dans le quatorzième chapitre de notre ouvrage intitulé : « Annales historiques relatives aux peuples de l’antiquité, aux races éteintes et aux rois qui ont disparu de la scène du monde. »

Abel et Caïn offrirent chacun un sacrifice ; Abel fit choix, pour ce sacrifice, de ses plus belles brebis et de ses aliments les plus délicats ; Caïn offrit, au contraire, la part la plus mauvaise de son bien. Ce qui arriva alors, c’est-à-dire le meurtre d’Abel par Caïn, est raconté dans le Koran (sur. XXX, v. 33). On dit que Gain surprit son frère dans une plaine déserte, située sur le territoire de Damas, en Syrie, et qu’il le tua en lui frappant la tête avec une pierre. On ajoute que les bêtes sauvages ont appris ainsi de l’homme à être cruelles, puisqu’il leur donna le premier exemple du crime et du meurtre. Après avoir tué son frère, Caïn, embarrassé de cacher le corps, le chargea sur ses épaules et parcourut la terre. Dieu lança alors deux corbeaux, dont l’un tua et enterra le second. A cette vue, Caïn, au désespoir, prononça ces paroles rapportées dans le Koran (ibid. v. 34) : « Malheureux que je suis ! Ne pouvais-je pas même imiter ce corbeau, et cacher mon crime contre mon frère ? » Puis il l’ensevelit. Quand Adam fut instruit de ce meurtre, il fut en proie à une sombre tristesse et tomba dans un profond désespoir.

Il existe une poésie fort populaire, que l’on dit avoir été composée par Adam, sous l’impression de la douleur et du deuil que lui causait la perte de son fils. Voici cette lamentation poétique :

Quel changement dans ce pays et dans ceux qui l’habitent ! Une sombre poussière ternit la face de la terre.

Tout a perdu sa saveur et son éclat ; le deuil a succédé au sourire et à ta joie.

Les hommes ont substitué le tamaris et d’autres plantes vénéneuses à la riche végétation qui couvrait les jardins célestes.

Près de nous veille un ennemi implacable, un être maudit, dont la mort seule nous laisserait respirer.

Caïn a tué Abel injustement ; ô regrets ! Où est ce gracieux visage ?

Pourrais-je ne pas répandre des torrents de larmes, quand le tombeau renferme Abel ?

La vie n’est plus pour moi qu’une longue suite de maux, et cette vie est un fardeau dont je ne puis me délivrer !

J’ai lu dans plusieurs recueils d’histoire, de biographie et de généalogie, que lorsqu’Adam eut prononcé ces paroles, Iblis, caché de façon que sa voix fût entendue sans qu’on pût voir son corps, lui répondit par les vers suivants :

Fuis ce pays et ceux qui l’habitent ; la terre maintenant est trop étroite pour toi.

A côté d’Eve, ton épouse, tu t’y croyais, ô Adam ! à l’abri des maux de la vie.

Mais mes ruses et mes artifices n’ont pas eu de trêve que ces biens précieux ne te fussent ravis.

Si la pitié du Tout-Puissant ne te protégeait, un souffle aurait suffi pour t’arracher aux jardins de l’éternité.

Enfin, dans un manuscrit différent, j’ai trouvé, au lieu des vers qui précèdent, ce vers isolé que, la voix d’un être caché de façon à n’être pas aperçu aurait adressé à Adam :

Père d’Abel, tes deux fils ont péri ensemble : le survivant tombe sacrifié à celui qui est mort

A ces mots, la douleur et le chagrin d’Adam redoublèrent, autant pour le fils qui n’était plus que pour celui qui lui restait ; car il comprit que tout meurtrier doit périr. Dieu lui révéla alors ces paroles : « Je ferai sortir de toi ma lumière, qui traversera les canaux purs et les races illustres ; son éclat ternira toute autre clarté, et j’en ferai le sceau du Prophète. Ce prophète (Muhammad paix et bénédiction d’Allah sur lui) aura pour successeurs les plus illustres imams, qui se transmettront cet héritage jusqu’à la fin des temps.

La terre tressaillira à leur appel, et leurs sectateurs resplendiront de lumière. Aussi prépare-toi, par des purifications et des prières, célèbre les louanges de Dieu et approche ensuite de ta femme, quand elle sera dans un état de pureté (légale) ; car de vous deux mon dépôt passera à l’enfant qui naîtra de votre union. Adam fit ce qui lui était ordonné, et Eve devint mère aussitôt son front resplendit, des rayons de lumière illuminèrent ses traits et sortirent de l’orbite de ses yeux. Arrivée au terme de sa grossesse, elle mit au monde Cheit (Seth), l’enfant le plus noble, le plus majestueux, le plus beau, le plus parfait et le mieux proportionné qu’on eût jamais vu ; une auréole lumineuse le couronnait, la majesté et la grandeur étaient empreintes sur son visage. La lumière divine, passant d’Eve en cet enfant, scintillait autour de son front et rehaussait l’éclat de sa beauté. Adam le nomma Cheit ou « Dieu donné » (hibet Allah).

Lorsque l’âge, en développant sa taille, eut mûri son intelligence et sa raison, il fut instruit par Adam de la mission et du précieux dépôt dont il allait être chargé ; il apprit qu’il serait la preuve de Dieu et son représentant sur la terre, qu’il transmettrait la vérité divine à ses successeurs, et qu’il serait le second dépositaire « de la semence pure et du rameau toujours vert. » Cheit, après avoir recueilli les dernières volontés d’Adam, les mit de côté et ne les divulgua point avant l’heure où son père fut près de quitter ce monde. Adam mourut le vendredi 6 avril, à l’heure même à laquelle il avait été créé ; il avait alors neuf cent trente ans. Cheit, son héritier, devint ensuite le chef de sa postérité, qu’on dit avoir été de quarante mille enfants et petits-enfants. On n’est pas d’accord sur l’emplacement du tombeau d’Adam.

Les uns croient qu’il est situé à Mina, dans la mosquée d’el-Khaïf ; les autres le placent dans une caverne du mont Abou Kobaïs, et il existe encore d’autres versions (Dieu sait mieux la vérité).

Al-Khaif ou Mosquée Kaif est situé à Mina. Prophète Muhammad ﷺ prié ici pendant le hadj. Les pèlerins prient aussi dans la mosquée au cours de leur séjour à Mina. [3]
Al-Masjid Al-Khaif ou Mosquée Kaif est situé à Mina. le Prophète Muhammad ﷺ a prié ici pendant le hadj. Les pèlerins prient aussi dans la mosquée au cours de leur séjour à Mina.
Cheit rendit la justice parmi les hommes ; il établit comme lois les feuilles qui avaient été transmises du ciel à Adam, ainsi que les livres et les prescriptions que Dieu lui révéla à lui-même.

La femme de Cheit devint mère d’Enos (Anouch), et la lumière qui brillait en elle pendant sa grossesse passa dans cet enfant au moment de sa naissance.

Quand Enos eut atteint l’âge de raison, son père lui révéla le précieux dépôt qui était la gloire de la famille ; il lui recommanda d’enseigner un jour à son fils la vérité et l’importance de leur noblesse, afin que cette tradition, transmise par ce dernier à ses enfants, passât de père en fils, tant que vivrait leur race.

C’est ainsi, en effet, que cet ordre se perpétua d’une génération à l’autre, jusqu’à ce que la lumière divine parvînt à Abd el-Mottaleb et à son fils Abd Allah, père de notre saint Prophète.

Mais ce qui précède est un objet de discussion entre les sectes religieuses qui s’en tiennent à la désignation textuelle, et celles qui sont pour l’élection. Les premières, c’est-à-dire les imamites ou sectateurs (chiites) d’Ali, fils d’Abou Taieb, et de sa sainte postérité, prétendent qu’à aucune époque Dieu n’a privé le genre humain on d’un prophète, ou d’un légataire (imam) expressément et nominativement désigné par Dieu et son Prophète, et chargé de la garde de la vraie religion.

Au contraire, les partisans de l’élection qui se recrutent parmi les jurisconsultes des capitales, les Motazélites, quelques fractions des Kharédjites ou hétérodoxes, les Mourdjites (qui proclament la foi sans les œuvres), plusieurs traditionnistes, le peuple en général, et une partie des Zeïdites (disciples de Zeïd, quatrième imam) soutiennent que Dieu et son Prophète ont prescrit à la nation le devoir d’élire dans son sein un homme qui aura qualité d’imam ; mais ils ajoutent que certaines époques peuvent être privées de « la preuve de Dieu, » c’est-à-dire d’un imam exempt de toute tache, comme disent les  (sectaires) chiites.

On trouvera plus loin quelques éclaircissements sur les doctrines de ces écoles et les différences qui les séparent.

Enos se consacra à la culture de la terre.

Quelques personnes considèrent Cheit comme le père du genre humain, à l’exclusion des autres enfants d’Adam ; mais il y a encore d’autres opinions à cet égard. Dieu sait la vérité.

Cheit mourut à l’âge de neuf cent douze ans ; ce fut de son temps que fut tué Caïn, fils d’Adam et meurtrier de son frère Abel ; la mort de Caïn fut accompagnée de circonstances curieuses que nous avons racontées dans nos Annales historiques et dans l’Histoire moyenne. Enos mourut le 3 octobre, à l’âge de neuf cent soixante ans, après avoir engendré Kaïnan.

Celui-ci reçut, avec la lumière prophétique, le pacte fait avec sa famille, et cultiva la terre jusqu’à ce qu’il mourût, âgé de neuf cent vingt ans. On croit que ce fût au mois de juillet, après avoir donné le jour à Mahalaïl.

Ce dernier vécut huit cents ans et fut père de Loud (Yared ?).

La lumière prophétique, le pacte religieux et la vérité continuaient à se transmettre ainsi sans interruption. On prétend que plusieurs instruments de musique furent inventés vers cette époque par un fils de Caïn.

On peut voir, dans nos Annales historiques, le récit des guerres et des événements survenus entre la postérité de Caïn et Loud, ainsi que la lutte des fils de Cheit avec une branche de la famille de Caïn, de laquelle une race d’Indiens, qui reconnaît Adam (voy. chap. VII), tire son origine.

Elle occupe dans l’Inde le pays de Komar (aujourd’hui Assam), qui a donné son nom à l’aloès Komari. Loud vécut neuf cent soixante-deux ans et mourut dans le mois de mars. Il eut pour successeur son fils Enoch (Akhnoukh), qui n’est autre qu’Edris, le prophète.

Les Sabéens le confondent avec Hermès, et ce dernier nom signifie Mercure (Outarid).

C’est d’Enoch que Dieu a dit dans son livre (Koran, XIX, 58) qu’il l’a élevé « à une place éminente. » Il vécut en ce monde trois cents ans, et on dit même un plus grand nombre d’années : on lui attribue l’art de coudre et l’usage de l’aiguille. Il reçut du ciel trente feuillets, comme Adam en avait reçu trente et un, et Cheit vingt-neuf ; ils contenaient les louanges de Dieu et des prières.

Son fils Mathusalem (Matouchalekh) continua après lui à cultiver la terre, et reçut la lumière prophétique sur son front. Il eut, dit-on, un très grand nombre d’enfants, parmi lesquels on range les Bulgares, les Russes et les Slaves.

Il mourut au mois de septembre, après avoir vécu neuf cent soixante ans. Ce fut du vivant de son fils Lamek que survinrent les événements qui amenèrent la confusion des races ; Lamek mourut âgé de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf ans.

450px-Mizgefta_Mezin_a_Cizîra_Botan_2009_3 Benjamin de Tudela au 12ème siècle ajoute que Omar bin al-Khattab faite à partir des restes de l'arche de Noé la mosquée
La ville de Thamanin du prophète Nuh (aleyhi salam) devenue  Jazira ibn Omar et ensuite Cizre, Benjamin de Tudela au 12ème siècle disait  que cette mosquée fut construite par  Omar ibn  al-Khattab radi Allah anhu   à partir des restes de l’arche de Noé (Nouh) aleyhi salam (Turquie) 

Son fils Noé (Nouh) lui succéda, et de son temps la corruption et l’injustice la plus effrénée régnèrent parmi les hommes.

En vain Noé chercha à les ramener vers Dieu ; ils persévérèrent dans leur révolte et leur infidélité.

Dieu les maudit et ordonna à Noé de se construire un vaisseau, et, quand il fut terminé, Gabriel lui apporta le cercueil qui renfermait les ossements d’Adam.

Noé et ses compagnons entrèrent le vendredi 19 du mois de mars, dans ce vaisseau, qui flotta sur la surface des eaux, tandis que la terre fut submergée pendant cinq mois.

Dieu ordonna enfin à la terre d’absorber l’eau, il ferma les cataractes du ciel (sur. XI, vers. 46), et l’arche se reposa sur le mont Djoudi, situé dans le pays de Baçoura (Baçourin) et Djezireh ibn Omar, dans la province de Moçoul, à huit parasanges du Tigre.

On montre encore aujourd’hui, sur le sommet de cette montagne, l’endroit où l’arche s’arrêta ; s’il faut en croire une autre version, certaines portions de la terre tardèrent à absorber l’eau du déluge, et les autres l’absorbèrent dès qu’elles en reçurent l’ordre.

Les premières donnent de l’eau douce quand on les creuse ; mais les terres rebelles reçurent comme châtiment l’eau salée ; elles devinrent arides et furent envahies par le sel et par les sables.

L’eau qui ne fut pas absorbée pénétra dans les bas-fonds de la terre et forma les mers, qui ne sont donc que le reste des eaux dans lesquelles Dieu fit périr les nations. Nous aurons occasion ci-après de parler des mers et de les décrire. (Voy. chap. VIII.)

Noé sortit de l’arche avec ses trois fils, Sem, Cham (Ham) et Jafet, ses trois brus, quarante hommes et un même nombre de femmes. Ils s’arrêtèrent sur un plateau de la montagne de Djoudi et y bâtirent une ville, qu’ils nommèrent Temanin (quatre-vingts), nom qu’elle a conservé jusqu’à ce jour (332 de l’hég.).

La postérité de ces quatre-vingts personnes s’éteignit, et Dieu repeupla la terre avec les trois fils de Noé, c’est ainsi qu’il le dit lui-même dans le Koran (XXXVII, 75) : « Nous avons établi sa race et nous avons assuré sa durée. » Dieu sait mieux le vrai sens de ce passage.

Le mausaulé de Nouh à Cozre (Jazira in Umar) à Sirnak en Turquie, Thamanin ville fondé par Nouh
Le mausolé de Nouh à Cizre (Jazira ibn Umar) à Sirnak en Turquie, Thamanin ville fondé par Nouh alayhi salam

Le nom du fils de Noé qui refusa l’offre de son père, quand il lui dit, « O mon fils, embarque-toi avec nous » (ibid. XI, 44), est Yam. Noé partagea la terre entre ses fils, et assigna à chacun sa propriété.

Il maudit Cham à cause de l’injure qu’il recul de ce fils, ainsi qu’on le sait, et s’écria : « Maudit soit Cham ! puisse-t-il être l’esclave de ses frères ! » et il ajouta : « Je bénis Sem ; que Dieu augmente (la famille de) Jafet, et qu’il habite dans le pays de Sem ! » (Gen. IX, 25-27.)

J’ai lu dans la Bible que Noé vécut encore trois cent cinquante ans après le déluge, ce qui fait pour sa vie entière neuf cent cinquante ans ; mais on n’est pas d’accord sur ce point.

Cham s’éloigna, suivi de ses enfants, et ils se fixèrent dans différentes portions de la terre ou dans des îles, ainsi que nous le dirons plus loin (voy. chap. XLVII).

Parions maintenant de la dispersion des races ainsi que du partage de la terre entre les enfants de Jafet, Sem et Cham.

Sem s’établit au centre de la terre, depuis le territoire sacré (La Mecque et Médine) jusqu’à l’Hadramout, l’Oman et Alidj.

Parmi ses descendants on cite Aram et Arfakhchad, tous deux fils de Sem ; parmi ceux d’Aram, Ad, fils d’Aws, fils d’Aram.

Les Adites occupèrent les déserts d’el-Ahkaf, où le prophète Houd leur fut envoyé.

Madâin Sâlih ou Madain Saleh (en arabe : مدائن صالح) est un lieu situé au nord-ouest de l'Arabie saoudite, à 400 km de Médine et au carrefour entre la péninsule Arabique, la Syrie, la Jordanie et la Mésopotamie1. On y trouve les vestiges de la cité nabatéenne d'Hégra (ou al-Hijr) sur environ 500 hectares (13 km2) de désert1. Appelé site archéologique de Al-Hijr par l'Unesco, c'est le premier site du pays à être inscrit sur la liste du patrimoine mondial. L'oasis était située sur la piste caravanière reliant Pétra au Hedjaz. Comme à Pétra, les Nabatéens y ont construit, il y a deux mille ans, 138 tombeaux rupestres monumentaux1 ; les méthodes de construction y étaient les mêmes, les bâtisseurs commençant par le haut des façades, détruisant après chaque étape de la construction la plateforme taillée à même le grès qu'ils utilisaient pour atteindre ces hauteurs1.
Madâin Salih (en arabe : مدائن صالح) la ville du prophète Salih (aleyhi salam)

Témoud, fils d’Abir, fils d’Aram, s’établit dans le Hidjr (Arabie Pétrée), entre la Syrie et le Hedjaz ; Dieu envoya aux Témoudites leur frère Salih.

Les faits relatifs à la vie et à l’histoire de ce prophète sont connus de tout le monde.

Nous reviendrons d’ailleurs, dans le courant de notre récit (chap. XXXVIII), sur les principaux traits de sa biographie, et nous raconterons l’histoire d’autres prophètes.

Tasm et Djadis, fils de Loud, fils d’Aram se fixèrent dans le Yemamah et le Bahreïn, et les descendants de leur frère Amalik, fils de Loud, fils d’Aram, vinrent habiter, soit le territoire sacré, soit la Syrie. Il est le père des Amalécites, qui se répandirent dans différents pays.

Un autre frère, Omaim, fils de Loud, fils d’Aram occupa la Perse.

Dans le chapitre (XXIII) intitulé « Généalogie des Perses, opinions différentes des historiens à cet égard, » nous discuterons l’opinion qui identifie Keioumert avec Omaim, fils de Loud ; d’autres auteurs pensent qu’Omaim se fixa dans le Wabar, pays qui, s’il faut en croire les conteurs arabes, fut soumis par les Djinns (Génies).

La postérité d’Abil, fils d’Aws, frère d’Ad, fils d’Aws, habita la ville du Prophète (Médine). Mach, fils d’Aram, fils de Sera, s’empara du pays de Babel, sur les bords de l’Euphrate ; son fils Nemrod construisit la tour de Babel et un pont sur le fleuve ; il régna cinq cents ans et fut roi des Nabatéens.

La tour de Babel  Pieter Bruegel (Vienne)
La tour de Babel 

De son temps, Dieu divisa les langues ; les descendants de Sem en eurent dix-neuf, ceux de Cham dix-sept, et ceux de Jafet trente-six.

Par la suite les langues se subdivisèrent en un grand nombre d’autres dialectes, comme nous le dirons ci-après en parlant de la dispersion des hommes, et des poèmes qui furent composés lorsqu’ils quittèrent le pays de Babel.

Mais quelques-uns croient que ce fut Faleg qui partagea la terre entre les peuples, et que c’est à cette circonstance même qu’il doit son nom de Faleg, ou plutôt Faledj, c’est-à-dire répartiteur.

Arfakhchad, fils de Sem, fils de Noé, engendra Chalih, qui fut le père du même Faleg, le répartiteur, et l’aïeul d’Abraham. Abir, autre fils de Chalih, eut pour fils Kahtan, qui engendra Yarob. Celui-ci fut le premier que ses enfants saluèrent de la félicitation royale conçue en ces termes : « Que ta matinée soit heureuse ! Que les malédictions s’écartent de ta personne ! »

Mais, selon d’autres, ce fut un roi de Hirah qui fut le premier salué de la sorte.

Kahtan est le père de tous les Yéménites, comme nous le prouverons plus loin en parlant des discussions relatives aux origines du Yemen (ch. XLII). Il fut aussi le premier qui parla arabe, c’est-à-dire qui désigna les choses d’une manière claire (araba) et distincte.

Yaktan, fils d’Abir, fils de Chalih, fut le père des Djorhomites, qui étaient, par conséquent, cousins de Yarob. Cette tribu, qui habitait d’abord le Yémen et parlait l’arabe, émigra plus tard à la Mecque et s’y fixa, comme nous le raconterons lorsque nous aurons occasion de parler de son histoire (chap. XXXIX).

Les fils de Katoura sont aussi leurs cousins.

Lorsque, par la suite, Ismaïl vint, d’après l’ordre de Dieu, habiter la Mecque, il se choisit une femme dans la tribu des Djorhomites, qui devinrent ainsi les oncles maternels des enfants d’Ismaïl.

Ceux qui admettent les Écritures disent que Lamek, petit-fils de Noé, est encore vivant, parce que Dieu aurait révélé à Sem les paroles suivantes : « Celui à qui je confierai la garde du corps d’Adam vivra jusqu’à la fin des siècles. » Or Sem, après avoir déposé le cercueil d’Adam au centre de la terre, en avait laissé la garde à Lamek. Sem mourut un vendredi, dans le mois de septembre, à l’âge de six cents ans.

Il fut remplacé par son fils Arfakhchad, qui mourut âgé de quatre cent soixante-cinq ans, au mois d’avril. Son fils Châlit, qui lui succéda, atteignit l’âge de quatre cent trente ans, et laissa en mourant un fils nommé Abir, qui cultiva la terre.

Cette époque fut signalée par de graves événements et des discordes dans différentes contrées. Abir laissa en mourant, à l’âge de trois cent quarante ans, son fils Faleg, qui suivit la voie tracée par ses ancêtres, et vécut deux cent trente-neuf ans. Nous avons déjà parlé de ce dernier, et de la confusion des langues dont Babel fut alors le théâtre.

Son successeur fut son fils Argou (Reou), et c’est à cette époque que l’on place la naissance de Nemrod, le tyran. Argou mourut à l’âge de deux cents ans, dans le mois d’avril, et laissa après lui son fils Saroug (ou Charoukh).

On présume que c’est du vivant de celui-ci que le culte des idoles et des images, dû à différentes causes, fut introduit sur la terre. Saroug, après avoir vécu deux cent trente ans, fut remplacé par son fils Nathour, qui suivit l’exemple de ses pères.

Cette époque fut signalée par des commotions physiques et des tremblements de terre, phénomènes inconnus jusqu’alors ; on inventa aussi plusieurs machines et instruments.

On place, dans cette même période, de grandes guerres et la formation de plusieurs nations chez les Indiens et d’autres peuples.

Lorsque Nathour mourut, âgé de cent quarante-six ans, son fils Tarikh (Terah), qui n’est autre qu’Azer, père d’Abraham, lui succéda.

Ce fut sous le règne de Nemrod ben Kanan, contemporain de Tarikh, que parurent sur la terre le culte du feu et des astres, et les différentes catégories introduites dans ce culte.

Des guerres terribles ravagèrent le monde, de nouveaux empires et de nouvelles provinces furent fondés en Orient et en Occident, etc.

Les étoiles et leur influence sur la destinée devinrent alors un objet d’étude ; on traça des sphères, et l’on inventa des instruments pour faciliter ces travaux et les rendre accessibles à l’intelligence.

Les astrologues observèrent l’horoscope de l’année dans laquelle Abraham vint au monde, et ils avertirent Nemrod qu’un enfant allait naître qui traiterait leurs rêveries religieuses de folie et renverserait leur culte.

Nemrod ordonna de tuer tous les enfants, mais Abraham fut caché dans une caverne. Son père Azer ou Tarikh mourut à l’âge de deux cent soixante ans.

La zigurat d'Ur (Our, en sumérien URIM), actuellement Tell al-Muqayyar (en arabe : tall al-muqayyar, تل المقير, « la colline poissée/bitumée »), est l'une des plus anciennes et des plus importantes villes de la Mésopotamie antique, dans l'actuel Irak ou kle prophète Ibrahim aleyhi salam ce trouva face au roi Nimrod
La zigurat d’Ur (Our, en sumérien URIM), actuellement Tell al-Muqayyar (en arabe : tall al-muqayyar, تل المقير, « la colline poissée/bitumée »), est l’une des plus anciennes et des plus importantes villes de la Mésopotamie antique, dans l’actuel Irak ou kle prophète Ibrahim aleyhi salam ce trouva face au roi Nimrod

CHAPITRE IV.

HISTOIRE D’ABRAHAM, L’AMI DE DIEU, DES PROPHÈTES ET DES ROIS D’ISRAËL QUI ONT VECU APRES LUI.

Lorsqu’Abraham eut grandi, et qu’il fut sorti de la caverne où il s’était caché, il jeta ses regards sur le monde et il y reconnut les preuves de la création et d’une influence supérieure.

Observant d’abord la planète Vénus, qui se levait à l’horizon, il dit : «Voici mon Seigneur. »

Il vit ensuite la lune, qui jetait plus d’éclat, et dit : « Voici mon Seigneur. » Enfin, ébloui par les rayons du soleil, il s’écria encore : « Voici mon Seigneur. »

Ces paroles d’Abraham sont diversement commentées ; les uns pensent qu’il ne faut les considérer que comme une sorte d’induction ayant un sens interrogatif ; d’autres croient que, lorsque Abraham les prononça, il n’avait pas encore l’âge de raison, et par conséquent la responsabilité de ses actes ; il y a encore d’autres explications à cet égard. Puis Gabriel vint lui enseigner la vraie religion, et Dieu le choisit pour son prophète et son ami (khalil). (Je dois pourtant faire remarquer que) Abraham avait déjà reçu de Dieu « la direction spirituelle. » (Koran, XXI, 52.)

Or celui qui a obtenu ce secours est à l’abri de tout péché et de toute chute, et ne peut altérer le culte dû au Dieu unique et éternel. Abraham s’éleva contre l’idolâtrie de son peuple et lui reprocha d’ériger en divinités des figures sculptées.

Ces reproches devenant plus vifs chaque jour, et faisant impression sur le peuple, Nemrod fit jeter Abraham dans un brasier ardent ; mais Dieu lui donna au milieu des flammes la fraîcheur et le bien-être (Koran, V, 20), et le même jour le feu s’éteignit sur toutes les parties de la terre.

Mont  Sodome, sur la mer morte avec le pilier de la femme de Lot (as)
Mont Sodome, sur la mer morte avec le pilier de la femme de Lot (as)

Abraham était âgé de quatre-vingt-six ans, ou, selon d’autres, de quatre-vingt-dix ans, lorsqu’il eut Ismaïl de Agar (Hadjar), esclave de Sarah. Sarah, qui adopta la première la croyance de son mari, était fille de Betouël, fils de Nakhour, et cousine d’Abraham ; mais ce point est controversé, comme nous te montrerons plus loin.

Lot, fils de Haran, fils de Tarikh, fils de Nakhour, et par conséquent neveu d’Abraham, crut aussi en sa mission et fut envoyé par Dieu dans les cinq villes (Pentapole), c’est-à-dire Sodoum, Amoura (Gomorrhe), Admouta (Admah), Saoura (Ségor) et Saboura (Seboïm).

Le peuple de Lot était « les hommes de la Moutafikeh » (Koran, LIIII, 54), mot qui dérive de ifk, mensonge, d’après les partisans de l’étymologie.

Il en est fait mention dans ce passage du Koran (ibid.) : « La Moutafikeh a été renversée. »

Ces cinq villes sont situées entre la Syrie et le Hedjaz, du côté du Jourdain et de la Palestine, mais elles dépendent de la Syrie. On en voit encore (332 de l’hég.) remplacement dans un aride désert, où le voyageur remarque des pierres marquées d’empreintes » (Koran, XI, 84) et d’un noir brillant.

Lot vécut parmi ces peuples pendant plus de vingt ans, et leur prêcha la vraie religion ; mais ils restèrent incrédules et furent punis comme Dieu nous l’apprend dans son saint Livre.

Le trajet du prophèt Ibrahim (Abraham) alayhi salam, depui ura à Harran à la Mecque
Le trajet du prophète Ibrahim (Abraham) alayhi salam

Lorsqu’Agar eut donné le jour à Ismail, Sarah en conçut de la jalousie, Abraham conduisit donc Ismaïl et Agar à la Mecque, et les y établit. C’est ce que dit le Koran, qui met les paroles suivantes dans la bouche d’Abraham : « J’ai donné pour demeure à une partie de ma famille une vallée sans culture, près de ta maison sainte, etc. » (XII, 40.) Dieu, exauçant leurs prières, peupla leur solitude en y amenant les Djorhomites et les Amalécites, « dont il leur concilia les cœurs. » (Ibid.)

Le peuple de Lot fut détruit du temps d’Abraham à cause de sa corruption, ainsi qu’on le sait, Dieu ordonna ensuite à Abraham d’immoler son fils ; Abraham s’empressa d’obéir « et il coucha son fils le front contre terre » (XXXVII, 103) ; mais Dieu le racheta « par un sacrifice précieux » (ibid. 107), et Abraham éleva, « de concert avec Ismaïl, les fondements du temple. » (II, 121.)

Abraham avait atteint l’âge de cent vingt ans lorsque Sarah, sa femme, lui donna son fils Isaac (Ishak).

Le sacrifice d’Abraham a donné lieu à diverses opinions : les uns disent que la victime avait dû être Isaac, les autres nomment Ismaïl. Si l’ordre d’accomplir le sacrifice fut donné à Mina, ce fut Ismaïl, puisque Isaac n’est jamais entré dans le Hedjaz ; si, au contraire, cet ordre a été donné en Syrie, il faut croire que ce fut Isaac, puisque Ismaïl ne retourna jamais en Syrie après en avoir été expulsé.

Après la mort de Sarah, Abraham épousa Keitoura, qui lui donna six fils : Maran (Zimran), Yakach (Yakchan), Madan, Midian, Sanan (Sabbaq-Ychbak) et Souh (Souah).

Abraham mourut en Syrie.

Lorsque Dieu l’appela à lui, il avait cent soixante et quinze ans, et il avait reçu du ciel dix feuillets.

La tombe du prophète Ibrahim (Abraham) aleyhi Salam, a hebron Palestine occupé Le Caveau des Patriarches ou la grotte de Machpelah (hébreu:. מערת המכפלה, De ce son Me'arat ha-Machpela (aide · info), trans "grotte des tombes doubles») est un terme de la Bible hébraïque, et est connu par les musulmans comme le Sanctuaire d'Abraham ou la Mosquée Ibrahimi (arabe: الحرم الإبراهيمي, sujet de ce bruit Al-Haram Al-Ibrahimi (aide · info)). Situé au pied d'une mosquée Saladin ère converti à partir d'une grande structure Hérodien ère rectangulaire, [1] la série de chambres souterraines est situé dans le coeur de la vieille ville d'Hébron (Al-Khalil) dans les collines d'Hébron. [Gen. 23: 17-19] [Gen. 50:13] Selon la tradition qui a été associée à la fois la Torah et le Coran, la grotte et champ voisin ont été achetés par Abraham comme lieu de sépulture.
La tombe du prophète Ibrahim (Abraham) aleyhi Salam, à Hebron Palestine occupée au Caveau des Patriarches dans le Sanctuaire d’Abraham ou la Mosquée Ibrahimi (arabe: الحرم الإبراهيمي, Al-Haram Al-Ibrahimi 
Après la mort de son père, Isaac épousa Rafaka (Rébecca), fille de Betouël ; elle donna le jour en même temps à Esaü (Elis) et à Jacob (Yakoub) ; mais Esaü vint au monde avant son frère. Isaac avait alors soixante ans, et sa vue s’était affaiblie ; il élut Jacob chef de ses frères et son successeur dans sa mission prophétique ; à Esaü il donna la royauté sur ses enfants.

Isaac fut rappelé par Dieu à l’âge de cent quatre-vingt cinq ans, et on l’enterra avec son père « l’ami de Dieu. » Leur tombeau, situé dans un lieu bien connu, est à dix-huit milles de Jérusalem, dans une mosquée qui est surnommée Mosquée d’Abraham et pâturages d’Abraham (Hébron).

Isaac avait ordonné à son fils Jacob de se rendre en Syrie, en lui annonçant qu’il serait prophète et qu’il transmettrait cette dignité à ses douze fils Ruben (Roubil), Siméon (Chamoun), Lévi, Juda (Yahouda), Issachar (Yechsahar), Zabulon, Joseph, Benjamin, Dan, Neftali, Gad et Acher (Achrouma).

Tel est le nom des douze tribus, dont quatre ont conservé le don de prophétie et la royauté : ce sont celles de Lévi, Juda, Joseph et Benjamin. Jacob redoutait beaucoup son frère Esaü ; mais Dieu lui promit sa protection.

Cependant Jacob, qui possédait cinq mille cinq cent brebis, en donna la dixième partie à son frère, en cédant à la peur que lui inspiraient sa méchanceté et sa violence, et oubliant que la protection divine le mettait à l’abri des agressions d’Esaü. Aussi Dieu le châtia dans ses enfants pour avoir contrevenu à la promesse divine, et il lui révéla ces paroles : « Tu ne t’es pas reposé sur ma promesse, aussi les fils d’Esaü régneront sur les tiens pendant cinq cent cinquante ans.

Telle a été, en effet, la durée de la période comprise entre la destruction du temple de Jérusalem par les Romains et la captivité des Israélites, jusqu’à la prise de Jérusalem par Omar, fils d’el-Khattab.

Joseph était le fils préféré de Jacob, aussi ses frères en devinrent jaloux, et leur haine suscita entre eux et Joseph les événements que Dieu a racontés dans son Livre (sur. XII) par l’intermédiaire de son Prophète, et qui ont une grande notoriété chez ce peuple.

Ce relief sculpté créé à l'époque de Ramsès II montre un Noir un rougeâtre Blanc et un Asiatique représentant les trois courses de Sem Cham  et japhet) étant sacrifiés a Ammon
Ce relief sculpté à l’époque de Ramsès II montre un Noir un rougeâtre Blanc et un Asiatique sémite représentant les trois races de Sem, Cham et japhet ce faisant sacrifiés à Ammon

Jacob mourut en Egypte, à l’âge de cent quarante ans. Joseph fit transporter et ensevelir son corps en Palestine, près des tombeaux d’Abraham et d’Isaac.

Il fut lui-même rappelé par Dieu en Egypte, à l’âge de cent dix ans, et déposé dans un cercueil de marbre, soudé de plomb et enduit d’un vernis qui en interceptait le passage à l’eau et à l’air ; puis ce cercueil fut jeté dans le Nil, près de Memphis (Menf), à l’endroit où s’élève la mosquée qui porte son nom.

D’autres croient que Joseph ordonna que son corps fût transporté et enterré près de son père Jacob, dans la mosquée d’Abraham.

A la même époque vivait Job (Eyoub), dont la généalogie est : Job, fils d’Amous, fils de Zarih (Zerah), fils de Rawil, fils d’Esaü, fils d’Isaac, fils d’Abraham.

Il habitait en Syrie le territoire du Hauran et de Bataniah, dans le district du Jourdain, entre Damas et el-Djabiah. Il était riche et possédait un grand nombre d’enfants ; Dieu l’éprouva dans sa personne, sa fortune et ses enfants ; mais, touché de sa patience, il lui rendit tout, et mit fin à ses maux.

Cette histoire est racontée dans le Koran (sur. XXI, 83, et XXVIII, 40).

La mosquée de Job et la source où il se lavait sont encore connues aujourd’hui (332) dans le pays de Nawa et de Djawlan, situé dans le district du Jourdain, entre Damas et Tibériade ; elles sont à trois milles environ de la ville de Nawa.

La pierre sur laquelle il se reposait pendant son malheur, auprès de sa femme Rohma, est encore conservée dans cette mosquée.

Le Proche-Orient ancien vu par les anciens Israélites ; la Table des nations (reconstituée d'après l'hypothèse documentaire)
Le Proche-Orient ancien vu par les anciens Israélites ; la Table des nations (reconstituée d’après l’hypothèse biblique)

Ceux qui acceptent l’autorité du Pentateuque et des livres anciens disent qu’un prophète du nom de Mouça (Makhir ?), fils de Micha (Manassé), fils de Joseph, fils de Jacob, précéda Moïse (Mouça), fils d’Amran, et que c’est ce Mouça qui se mit à la recherche de Khidr, fils de Malkan, fils de Faleg, fils d’Abir, fils de Chalih, fils d’Arfakchad, fils de Sem, fils de Noé.

D’autres, parmi eux, identifient Khidr avec Khidroun, fils d’Amaïl, fils d’Alnifar (Alifaz), fils d’Esaü, fils d’Isaac, fils d’Abraham ; ils ajoutent qu’il fut envoyé par Dieu à son peuple et le convertit.

Moïse, fils d’Amran, fils de Kahet, fils de Lévi, fils de Jacob, vivait en Egypte du temps de Pharaon le tyran.

Celui-ci, le quatrième des Pharaons d’Egypte, était alors très âgé et d’une haute stature ; il s’appelait el-Walid, fils de Moçab, fils de Moawiah, fils d’Abou Nomaïr, fils d’Abou’l-Hilwas, fils de Leit, fils de Haran, fils d’Amr, fils d’Amlak.

A la mort de Joseph, les Israélites tombèrent dans l’esclavage et souffrirent de grands maux.

Les devins, les astrologues et les magiciens annoncèrent à Pharaon qu’un enfant allait naître qui le précipiterait de son trône, et susciterait de graves événements en Egypte.

Pharaon, effrayé de cette prédiction, fit périr tous les enfants ; mais Dieu ordonna à la mère de Moïse d’exposer son fils sur l’eau, ainsi qu’il nous l’apprend par la bouche de Mohammed, son prophète (sur. IX, 39).

A cette époque vécut le prophète Choaïb, fils de Nawil, fils de Rawaïl, fils de Mour, fils d’Anka, fils de Madian, fils d’Ibrahim ; ce prophète, qui parlait arabe, fut envoyé vers les Madianites.

Moïse, fuyant la colère de Pharaon, se rendit auprès de Choaïb, dont il épousa la fille, comme il est dit dans le Koran (VII, 83).

Puis Dieu parla directement à Moïse (IV, 162), lui donna l’assistance de son frère Aaron (Haroun), et les envoya tous deux auprès de Pharaon, qui leur résista et périt dans les flots. Dieu ordonna alors à Moïse de conduire au désert (et-tih) les fils d’Israël, dont le nombre s’élevait à six cent mille adultes, sans compter les enfants.

Les israélites en esclavage en Egypte  , Edward Poynter, 1867 JC
Les israélites en esclavage en Egypte , Edward Poynter, 1867 JC

Les tables que Dieu donna à son prophète Moïse, sur le mont Sinaï (tour Sina) étaient d’émeraude, et les caractères y étaient gravés en or. E

n descendant de la montagne, Moïse vit les Israélites prosternés devant un veau qu’ils adoraient ; il fut saisi d’effroi, et les tables s’échappèrent de sa main et se brisèrent.

Il en réunit les fragments et les déposa avec d’autres objets dans l’arche « de la majesté divine » (II, 249), qu’il plaça dans le tabernacle.

Il en confia la garde à Aaron, qu’il institua son successeur ; puis Dieu acheva de révéler le Pentateuque à Moïse pendant qu’il était dans le désert.

Aaron mourut et fut enterré dans la montagne de Moab, près de la chaîne de Cherat, non loin du Sinaï.

On montre son tombeau dans une antique caverne, d’où l’on entend souvent, pendant la nuit, sortir un grand bruit qui épouvante tous les êtres vivants.

On dit encore qu’Aaron n’a pas été enterré, mais seulement déposé dans cette caverne.

Les particularités étranges qui se rapportent à ce lieu sont bien connues de tous ceux qui l’ont visité.

Aaron mourut sept mois avant Moïse, et âgé selon les uns de cent vingt-trois ans, ou de cent vingt ans selon les autres.

D’autres croient que Moïse ne mourut que trois ans après son frère, qu’il pénétra en Syrie, et envoya de l’intérieur du pays des expéditions contre les Amalécites, les Korbanites, les Madianites, et d’autres peuples dont il est fait mention dans le Pentateuque.

Dieu donna à Moïse dix feuillets, qui complétèrent le nombre de cent feuillets.

Le mont Sinai (Egypte)
Le mont Sinai (Egypte)

Puis il lui révéla en hébreu le Pentateuque (Tourah), avec les commandements et les défenses, les permissions et les interdictions, les décrets et les décisions que renferment ses cinq sefer (), c’est-à-dire cinq livres.

L’arche où reposait la majesté divine et que construisit Moïse était en or, du poids de six cent mille sept cent cinquante miskal, et, après Aaron, la garde en fut confiée à Josué (Youcha), fils de Noun, de la tribu de Joseph.

Moïse mourut à l’âge de cent vingt ans ; mais ni lui, ni Aaron n’éprouvèrent les infirmités de la vieillesse, et ils jouirent d’une jeunesse continuelle.

Après la mort de Moïse, Josué, fils de Noun, conduisit les Israélites en Syrie, où régnaient alors les géants, race de rois amalécites, ainsi que d’autres princes.

Il envoya contre eux quelques expéditions et eut avec eux plusieurs engagements ; il conquit tout le territoire dépendant de Jéricho et de Zogar, dans le Gour, ou contrée basse du lac Fétide (mer Morte).

La mer morte vue depuis la Jordanie

Ce lac repousse ce qu’on y jette, et ne renferme ni poissons, ni aucun être vivant, comme l’ont remarqué l’auteur de la Logique (Météorol. II, cap. III) et d’autres philosophes qui ont vécu avant ou après Aristote.

Le Jourdain verse dans ce lac les eaux du lac de Tibériade ; ce dernier sort du lac Keferla et el-Karoun (?), aux environs de Damas.

Arrivé au lac Fétide, le Jourdain le traverse jusqu’à la moitié, sans mélanger ses eaux avec celles du lac, dans le centre duquel il s’engouffre. On ne s’explique pas comment un fleuve aussi considérable que le Jourdain n’influe pas sur la crue on la diminution des eaux du lac.

D’ailleurs, on a fait relativement au lac Fétide de longs récits que nous avons reproduits dans nos Annales historiques et dans l’Histoire moyenne.

Nous y avons parlé aussi des pierres qu’on retire de ce lac, et qui ont deux formes analogues à celle du melon.

Ces pierres, connues sous le nom de pierres de Judée, ont été décrites par les philosophes, et sont employées en médecine contre les calculs urinaires. On les divise en deux espèces : les mâles et les femelles ; les premières sont employées pour le traitement des hommes et les autres pour celui des femmes.

On extrait également de ce lac le bitume nomméelkomar (). Il n’y a pas, dit-on, dans le monde d’autre lac qui ne renferme ni poissons, ni, en général, aucun être vivant, excepté celui dont nous parlons, et un autre lac sur lequel j’ai navigué dans l’Azerbaïdjan : il est situé entre les villes d’Ourmiah et de Méragah, et reçoit dans le pays le nom de Keboudan.

Plusieurs auteurs anciens ont expliqué les causes de cette absence complète d’êtres animés dans le lac Fétide ; mais, bien qu’ils n’aient fait aucune mention de celui de Keboudan, il est permis de conclure, par analogie, que ce phénomène est déterminé par les mêmes causes dans les deux lacs.

Le roi de Syrie es-Someida, fils de Houbar, fils de Malek, marcha contre Josué, fils de Noun, et, après plusieurs combats, fut tué par ce dernier, qui s’empara de son royaume ; mais bientôt plusieurs autres géants alliés aux Amalécites l’attaquèrent, et la Syrie devint le théâtre d’une longue guerre.

Josué gouverna les Israélites, après la mort de Moïse, pendant vingt-neuf ans.

Sa généalogie était Josué, fils de Noun, fils d’Éphraïm, fils de Joseph, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham.

On croit que le premier combat que Josué livra à es-Someida, roi des Amalécites, eut lieu dans le pays d’Eïlah, près de Madian.

Cette circonstance est mentionnée dans les vers suivants de Awf, fils de Saad, le Djerhomite :

N’as-tu pu vu à Eïlah la chair de l’Amalécite (Someida), fils de Hou-bar, mise en lambeaux,

Lorsqu’il fut attaqué par une armée de quatre-vingt mille Juifs, protégés ou non par des boucliers)

Ces cohortes d’Amalécites, qui se traînaient péniblement et grimpaient sur ses traces,

On ne les a plus rencontrées entre les montagnes de la Mecque, et personne depuis lors n’a revu es-Someida.

Porte cananéenne de Megiddo  Le site fut habité de 7000 à 500 av. J.-C. La cité de Megiddo se situait à un endroit stratégique car elle dominait les principales routes commerciales et militaires reliant l'Assyrie, Byblos, l'Égypte et l'Arabie. La voie entre l'Égypte et l'Assyrie est nommée dans la Bible « Route de la mer », Derekh HaYam (en hébreu : דרך הים) qui deviendra une artère importante de l'Empire romain, la Via Maris. La ville était, à l'âge du bronze, une importante cité-état cananéenne. Elle fut le théâtre de nombreuses batailles décisives. Au moins trois sont célèbres : bataille de Megiddo (xve siècle av. J.-C.) – entre les forces égyptiennes aux ordres du pharaon Thoutmôsis III et une coalition cananéenne ; bataille de Megiddo (609 av. J.-C.) – où le roi Josias trouva la mort face aux troupes du pharaon Nékao II (2 Rois, 23,29 - 2 Chroniques, 35, 22-24)
Porte cananéenne de Megiddo ce  site fut habité de 7000 à 500 av. J.-C, et fut le théâtre de nombreuses batailles décisives. et célèbres :
bataille de Megiddo (xve siècle av. J.-C.) – entre les forces égyptiennes aux ordres du pharaon Thoutmôsis III et une coalition cananéenne ;
bataille de Megiddo (609 av. J.-C.) – où le roi Josias trouva la mort face aux troupes du pharaon Nékao II (2 Rois, 23,29 – 2 Chroniques, 35, 22-24)

Dans une bourgade du district de Balka, en Syrie, vivait un homme nommé Balam, fils de Baour, fils de Samoun, fils de Ferestam, fils de Mab, fils de Lout, fils de Haran, et dont les prières étaient exaucées par Dieu. Sou peuple le poussa à appeler les malédictions du ciel sur Josué, fils de Noun ; mais, ses imprécations étant restées stériles, il engagea un des rois amalécites à envoyer les plus belles de ses femmes dans le camp de Josué.

L’armée des Israélites se précipita, en effet, sur ces femmes ; mais la peste se déclara parmi eux et enleva quatre-vingt-dix mille hommes, et même un plus grand nombre, d’après le dire de quelques auteurs.

C’est de ce Balam que Dieu a dit dans le Koran « qu’il reçut les signes (de la grâce divine), mais qu’il devint apostat. » (VII, 174.) Josué, fils de Noun, mourut, dit-on, à l’âge de cent dix ans.

Après lui les enfants d’Israël furent gouvernés par Kaleb, fils de Youfanna, fils de Bared (Pères), fils de Juda. Josué et Kaleb sont les deux hommes « auxquels Dieu a accordé ses bienfaits. » (Kor. V, 26.)

J’ai trouvé dans un autre texte qu’après la mort de Josué Kouchan el-Koufri (Couchan Richataïn ?) fut le chef des enfants d’Israël pendant huit ans, et à sa mort il eut pour successeur Amyaïl, fils de Kabil (Athaniel, fils de Kenaz ?), de la tribu de Juda, lequel régna quarante ans et tua Kouch, le géant, qui résidait à Mab (Debbah), dans le pays de Balka.

Après lui les Israélites tombèrent dans l’infidélité, et Dieu les assujettit à Kanaan pendant vingt ans. Quand ce roi mourut, Amlal el-Ahbari (Eli, le grand prêtre ?) les gouverna durant quarante ans. Samuel (Chamwil) lui succéda jusqu’à l’avènement de Saül (Talout), sous le règne duquel eut lieu l’invasion de Goliath (Djalout), le géant, roi des Berbers de Palestine.

D’après la première tradition que nous avons déjà citée, le chef des Israélites, après Josué, fut Kaleb, fils de Youfanna ; puis ils furent gouvernés par Fenhas, fils d’Eléazar, fils d’Aaron, fils d’Amran, pendant trente ans.

Fenhas, pour préserver les livres de Moïse, les déposa dans un coffre de cuivre dont il souda l’orifice avec du plomb, et qu’il porta sur le rocher où le temple devait être élevé plus tard.

Ce rocher se fendit et laissa voir une caverne renfermant un second rocher, sur lequel le coffre fut déposé : puis le rocher se referma et reprit sa forme première. A la mort de Fenhas, fils d’Éléazar, les Israélites furent soumis par Kouchan el-Atim (Richataïm), roi de la Mésopotamie, qui les asservit et les persécuta pendant huit ans.

Anyaïl (Atinel), fils de Youfanna, frère de Kaleb, de la tribu de Juda, fut leur chef durant quarante ans. Ils passèrent ensuite sous le joug oppressif d’Aloun (Eglon), roi de Moab, qui régna dix-huit ans.

Après lui Ehoud, de la tribu d’Ephraïm, fut leur juge pendant cinquante-cinq ans.

La trente-cinquième année de son règne coïncide avec la quatre millième du monde ; mais ceci est matière à controverse parmi les chronologistes. Chaan (Chamgar), fils d’Éfaoud, gouverna durant vingt-cinq ans. Failach (Yabin), le Cananéen, roi de Syrie, assujettit les Israélites pendant vingt ans.

Il eut pour successeur une femme du nom de Débora, que l’on considère comme sa fille ; celle-ci régna pendant quarante ans, et associa à son pouvoir un homme de la tribu de Neftali, qui se nommait Barak.

Après elle les Israélites obéirent à des chefs madianites, tels que Ourib, Zawib, Banioura, Dara et Salta, pendant une période de sept ans et trois mois. Gédéon (Djidaoun), de la tribu de Manassé, qui extermina ces chefs madianites, régna quarante ans.

Le règne de son fils Abimélech (Abou-Malikh) fut de trois ans et trois mois.

Ses successeurs furent Toula, de la tribu d’Éphraïm, qui régna vingt-trois ans ; Yamin (Yaïr), de la tribu de Manassé, vingt-deux ans ; les rois d’Ammon, dix-huit ans ; Nahchoun (Absan), de Bethlehem, sept ans ; Chinchoun (Samson), vingt ans ; Amlah, dix ans, et Adjran huit ans.

Les rois des Philistins les tinrent ensuite sous leur joug pendant quarante ans, et après eux Ailan (Élie), le grand prêtre, les gouverna pendant quarante ans.

La destruction de Jérusalem par les Babyloniens
La destruction de Jérusalem par les Babyloniens en 587 avant Jc

De son temps, les Babyloniens vainquirent les Israélites, leur enlevèrent l’arche, qui avait été l’instrument de leurs victoires, et la transportèrent à Babel ; ils arrachèrent les Israélites à leurs foyers et à leurs familles.

A la même époque arriva ce qui est raconté de peuple d’Ézéchiel (Hizkiel) « qui, au nombre de plusieurs milliers d’hommes, quittèrent leur pays de peur de mourir, et que Dieu, après leur avoir dit, Mourez, rappela à la vie. » (Koran, II, 244.) La peste les décima, et il ne resta que trois tribus, dont l’une se réfugia au milieu des sables, l’autre dans une ile, et la troisième sur le sommet des montagnes.

Après de longues épreuves, ils revinrent dans leurs demeures, et dirent à Ezéchiel :

« As-tu jamais vu un peuple souffrir ce que nous avons souffert ? »

« Non, répondit-il, je n’ai jamais entendu parler d’un peuple qui ait fui devant Dieu comme vous l’avez fait. »

Sept jours après, Dieu leur envoya la peste, et ils moururent tous jusqu’au dernier d’entre eux.

Après Ailan le grand prêtre, régna Samuel (Ichmawil) fils de Barouhan (Yerouham), fils de Nafaour. Ce prophète séjourna vingt ans parmi les Israélites ; Dieu éloigna d’eux la guerre et rétablit leur fortune. Mais ils retombèrent dans de nouveaux troubles et ils dirent à Samuel : « Donne-nous un roi, afin que nous combattions dans la voie de Dieu. » (Koran, II, 247.)

Dieu lui ordonna de conférer la royauté à Talout, qui est le même que Saül (Chaoul), fils de Kich, fils d’Atial (Abïel), fils de Saroun (Seror), fils de Nahourab (Bakhorad), fils d’Afiah, fils de Benjamin, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham.

Dieu le revêtit donc de l’autorité, et jamais les Israélites n’avaient été unis comme ils le furent sous Saül.

Entre la sortie des enfants d’Israël de l’Egypte, sous la conduite de Moïse, et le règne de Saül, on compte une période de cinq cent soixante et douze ans et trois mois. Saül fut d’abord tanneur, et il préparait le cuir ; aussi lorsque le prophète Samuel dit aux Israélites, « Dieu vous envoie Saül en qualité de roi, » ils répondirent, ainsi que Dieu nous l’apprend dans son livre : « Comment pourrait-il régner sur nous ? Nous sommes plus dignes de la souveraineté que lui, car il ne possède pas même des richesses, etc. » (Koran, II, 248.) —« Le signe de la royauté, répondit le prophète, sera le retour de l’arche, qui est pour vous un gage de sécurité de la part de Dieu, etc. » (Ibid. 249.)

En effet, l’arche sainte était à Babel depuis dix ans ; mais dès le lendemain, au point du jour, ils entendirent le frôlement des anges, qui la rapportaient.

Goliath (Djalout) avait affermi sa puissance et accru le nombre de ses soldats et de ses généraux. Jaloux de l’obéissance des Israélites envers Saül, il sortit de la Palestine et marcha contre lui à la tête de différentes races de Berbers.

Ce Djalout était fils de Maloud, fils de Debal, fils de Hattan, fils de Farès.

Lorsqu’il eut envahi les plaines des Israélites, Saül, d’après l’ordre de Samuel, sortit avec son armée pour combattre Goliath. Ce fut alors que Dieu leur envoya une épreuve auprès d’une rivière qui sépare le Jourdain de la Palestine, et qu’il leur infligea les tourments de la soif, ainsi qu’il est raconté dans le Koran (II, 250).

Les Israélites furent instruits de la manière dont ils devaient boire ; ceux qui doutèrent lapèrent l’eau à la façon des chiens, et furent exterminés jusqu’au dernier par Goliath. Saül choisit ensuite trois cent treize de ses plus vaillants soldats, parmi lesquels se trouvaient David et ses frères.

Les deux armées se rencontrèrent, et, le sort de la bataille restant indécis, Saül, pour encourager ses troupes, promit le tiers de son royaume et la main de sa fille à celui qui combattrait Goliath.

David marcha contre cet ennemi, et le tua avec une pierre qu’il avait dans son sac de berger, et qu’il lança au moyen d’une fronde. Goliath périt sur-le-champ, comme on lit encore dans le livre saint : « Et David tua Goliath. » (Ibid. 2 52.)

On raconte que David avait dans son sac trois pierres qui se réunirent et formèrent une seule pierre, avec laquelle il tua Goliath.

Quant aux différents récits qui se rattachent à ce fait, on peut consulter nos ouvrages précédents.

On dit aussi que ce fut Saül qui extermina ceux qui lapèrent l’eau de la rivière et désobéirent ainsi aux ordres qu’ils avaient reçus.

Nous avons déjà raconté l’histoire de la cotte de mailles au sujet de laquelle le prophète des Israélites leur annonça que celui-là seul qui pourrait la revêtir tuerait Goliath ; et, en effet, David seul put s’en couvrir.

Pour ce qui concerne le détail de ces guerres, l’histoire du fleuve qui tarit, le récit du règne de Saül, les Berbers et leur origine, nous renvoyons le lecteur à nos Annales historiques.

Plus bas, et dans un chapitre plus approprié à ce sujet, nous donnerons un résumé de l’histoire des Berbères et de leur dispersion sur la terre.

Dieu grandit le nom de David et abaissa celui de Saül, qui avait refusé de remplir ses engagements envers David.

Cependant, voyant la popularité qui entourait celui-ci, Saül lui donna sa fille en mariage et lui concéda un tiers de ses revenus, de son autorité et de ses sujets. Mais la jalousie que lui inspirait David l’aurait porté à le faire périr dans une embûche, si Dieu ne l’en avait empêché.

David, au contraire, ne chercha jamais à lui disputer le pouvoir, et sa gloire ne fit que s’accroître tant que Saül resta sur le trône.

Ce roi mourut une nuit dans un violent désespoir, et les Israélites se soumirent à David.

La durée du règne de Saül fut de vingt ans. On dit que c’est près de Beisan, dans le Gour ou région inférieure du Jourdain, que Goliath fut tué. Dieu ramollit le fer sous les mains de David, qui en fit des cottes de mailles ; Dieu lui soumit aussi les montagnes, et permit aux oiseaux de chanter ses louanges avec David.

Ce roi combattit le peuple de Moab, dans le pays d’el-Balka. Il reçut du ciel le psautier en hébreu, composé de cent cinquante chapitres, et divisé en trois parties : la première prédit les rapports des Israélites avec Bokhtnaçar (Nabuchodonosor) et l’histoire de ce roi ; la seconde, le sort que leur réservaient les Assyriens ; la troisième renferme des prédications et des exhortations, ainsi que des cantiques et des prières.

On ne trouve dans ce livre ni commandement, ni défense, ni aucune prescription ou interdiction.

La liste des Prophètes (paix et bénédiction d'Allah sur eux )
La liste des Prophètes (paix et bénédiction d’Allah sur eux )

Le règne de David fut prospère, et sa puissance inspira du respect aux peuples infidèles jusqu’aux extrémités du monde. Il bâtit un temple pour le culte de Dieu dans le Kour Selam, c’est-à-dire à Jérusalem (beit el-moqaddes) ; ce temple, qui existe encore aujourd’hui, 332 de l’hégire, est connu sous le nom d’Oratoire (Mihrab) de David.

C’est maintenant le point culminant de la ville, et l’on aperçoit de là le lac Fétide et le Jourdain, dont nous avons parié ci-dessus.

L’histoire de David et des deux plaideurs est racontée par Dieu dans le Koran, ainsi que la sentence que ce roi prononça avant d’avoir entendu l’autre plaideur : « Il a agi iniquement à son égard, etc. » (XXXVIII, 23.) On n’est pas d’accord sur la nature du crime commis par David.

Les uns, adoptant notre manière de voir, nient tout acte de révolte ou d’impiété volontaire de la part des prophètes, parce qu’ils sont présanctifiés (mâsoum) ; ils croient donc que le péché de David consiste dans cette sentence inique.

C’est ce que confirme ce verset : « O David, nous l’avons établi notre vicaire sur la terre, juge les hommes selon la vérité. « (Sur. XXVIII, 25.) D’autres allèguent l’histoire et le meurtre de Ouria (Urie), fils de Haïan, comme le racontent « les livres des origines, etc. »

Le repentir de David fut exaucé après quarante jours de jeune et de larmes.

Il épousa cent femmes. Salomon, son fils, ayant grandi, assista son père dans l’exercice de la justice, et reçut de Dieu les dons de prophétie et de sagesse, comme le dit le saint livre : « Nous avons donné à chacun d’eux la sagesse et la science, etc. » (XXI, 79.)

David avant de rendre son âme à Dieu désigna son fils Salomon comme son successeur.

Il avait régné quarante ans sur la Palestine et le Jourdain.

Son armée se composait de soixante mille hommes portant l’épée et le bouclier ; qui ne comptait que des jeunes gens encore imberbes, mais pleins de courage et de vigueur.

mosquee aqsa Les dix plus anciennes mosquées du monde
La Mosquée Al Aqsa à al-Quds en Palestine (705-715) , reconstruite  par le calife Omeyyade al-Walid Ier (ayla =Jérusalem, al-Quds)

A cette époque vivait, dans le pays d’Aïlah et de Madian, Lokman le Sage, dont le nom entier est Lokman, fils d’Anka, fils de Mezid, fils de Saroun ; c’était un Nubien, affranchi de Lokaïn, fils de Djesr.

Il naquit dans la dixième année du règne de David. Ce fut un esclave vertueux auquel Dieu accorda le don de la sagesse ; il vécut, et ne cessa de donner au monde l’exemple de la sagesse et de la piété, jusqu’à l’époque de la mission de Jouas, fils de Matta, chez les habitants de Ninive, dans le pays de Moçoul.

Après la mort de David, Salomon, son fils, hérita, de son caractère prophétique et de sa sagesse.

Il étendit sa justice sur tous ses sujets, rendit ses États florissants et maintint la discipline dans son armée.

Ce fut Salomon qui bâtit « la maison de la sainteté, » c’est-à-dire la mosquée el-Aksa, que Dieu a entourée de ses bénédictions.

Après avoir terminé cet édifice, il bâtit pour lui-même une maison qu’on nomme aujourd’hui Keniçet el-Komamah, et qui est la principale église (Saint-Sépulcre) des chrétiens de Jérusalem ; mais ils ont encore dans cette ville d’autres églises vénérées, telles que l’église de Sion, nom que mentionne déjà David, l’église d’el-Djesmanieh (l’Incarnation), qui renferme, selon eux, le tombeau de David, etc.

Dieu rendit Salomon plus puissant que tous ses prédécesseurs ; il soumit à son pouvoir les hommes, les génies, les oiseaux et les vents, ainsi qu’il l’a révélé dans son saint livre. (Koran, XXI et XXXVIII). Salomon régna sur les Israélites pendant quarante ans, et il mourut à l’âge de cinquante-deux ans.

Reconstitution de Jérusalem et de l'esplanade  (le second-temple)  (538 av JC to 70  après JC.
Reconstitution de Jérusalem  (538 av JC to 70 après JC.

CHAPITRE V.

RÈGNE D’ARKHOBOAM, FILS DE SALOMON, FILS DE DAVID ; ROIS D’ISRAËL SES SUCCESSEURS ; APERÇU DE L’HISTOIRE DES PROPHETES.

Après la mort de Salomon, Arkhoboam, son fils, régna sur les enfants d’Israël ; mais les tribus, qui lui avaient été toutes soumises, se séparèrent de lui, excepté celles de Juda et de Benjamin. Il mourut après un règne de dix-sept ans. Les dix autres tribus furent gouvernées par Bouriam (Jéroboam), qui eut à soutenir d’importantes guerres et qui adora un veau d’or enrichi de perles. Dieu le fit mourir après un règne de vingt ans. Après lui Abya, fils d’Arkhoboam, fils de Salomon, fut roi pendant trois ans ; puis Ahab, qui régna quarante ans.

Youram (Jehoram), qui lui succéda, rétablit le culte des idoles, des statues et des images, et régna un an. Les Israélites furent ensuite gouvernés par une femme de nom d’Ailan (Athalie), qui extermina tous les descendants de David ; un seul enfant échappa au massacre. Le peuple, révolté de la cruauté de cette reine, la tua après un règne de sept ans (mais on n’est pas d’accord sur ce chiffre), et mit à sa place cet enfant, seul rejeton de David. Il monta sur le trône à l’âge de sept ans, et régna quarante, ans, ou moins, selon quelques historiens. Son successeur, Amadia, régna cinquante-deux ans ; le prophète Isaïe (Achaiah), qui vivait à cette époque, eut de fréquents rapports avec ce roi.

Nous avons raconté, dans nos Annales historiques, les guerres qui éclatèrent sous Amadia. Son successeur fut Yokam (Jotam), fils d’Oziah ; il régna dix ans, ou, selon d’autres, seize ans. Après lui Ahar (Ahaz) releva les idoles, et se montra aussi impie que cruel. Un des plus puissants rois du pays de Babel, Falaifas (Teglatpileser), marcha contre lui ; après de longues guerres, le Babylonien fit prisonnier le roi d’Israël et détruisit les villes et les établissements des tribus.

A la même époque, des querelles religieuses s’élevèrent parmi les Juifs et amenèrent le schisme des Samaritains. Ces derniers rejetèrent la prophétie de David et de ses successeurs, soutinrent qu’il n’y avait plus eu de prophète depuis Moïse, et choisirent leur chef parmi les descendants d’Aaron, fils d’Amran ; aujourd’hui (332 de l’hég.) ils habitent des bourgades séparées sur le territoire de la Palestine et du Jourdain, comme Ara, entre Ramlah et Tibériade, et d’autres bourgs, jusqu’à Naplouse, où ils sont en plus grand nombre. Ils ont une montagne qu’ils nomment Tour-Berid, sur laquelle ils prient dans les temps prescrits par leur religion. Ils ont des trompettes d’argent dont ils sonnent aux heures de la prière. Ce sont eux qui disent : « Ne touchez pas. » (Koran, XX, 97.) Ils donnent le nom de Maison sainte (nom de Jérusalem) à Naplouse, ville de Jacob, où se trouvaient ses pâturages. Ils sont divisés en deux sectes, aussi séparées l’une de l’autre qu’elles le sont des Juifs ; l’une s’appelle Kouchan et l’autre Doustan. Une de ces deux sectes soutient l’éternité du monde et d’autres dogmes que nous ne mentionnons pas ici pour éviter les longueurs ; d’ailleurs notre ouvrage est un livre d’histoire, et non un traité d’opinions et de doctrines.

Ahaz avait régné dix-sept ans avant d’être fait prisonnier par le roi de Babel. Durant sa captivité, son fils Hizkiel (Ézéchias) monta sur le trône. Celui-ci fut fidèle au culte du vrai Dieu et fit briser les statues et les idoles. Sons son règne, Sendjarib (Sennachérib), roi de Babel, marcha contre Jérusalem ; il fit longtemps la guerre aux Israélites, perdit une partie de son armée, mais assujettit la plupart des tribus d’Israël.

Hizkiel mourut après un règne de vingt-neuf ans, et son fils Mîcha (Manassé) monta après lui sur le trône. Ce roi, qui persécuta avec rigueur tous ses sujets, fit aussi périr le prophète Isaïe. Dieu dirigea contre lui Constantin, roi de Roum. Manassé alia à sa rencontre avec son armée, mais ses soldats prirent la fuite, et lui-même fut fait prisonnier. Il resta vingt ans dans le pays de Roum, dépouillé de toute sa puissance, puis il fut mis en liberté ; il revint dans ses Etats et mourut après un règne de vingt-cinq ans, ou, selon d’autres, de trente ans.

Son successeur fut Amour (Amon), qui se révolta, renia le vrai Dieu, et rétablit le cuite des idoles. Sa tyrannie étant devenue excessive, Pharaon le boiteux sortit de l’Egypte à la tête de son armée et marcha contre lui. Après avoir répandu des flots de sang, il s’empara d’Amon et le conduisit en Egypte, où ce roi mourut prisonnier.

Son règne avait duré cinq ans, mais on n’est pas d’accord à cet égard. Son frère Youfiham, père du prophète Daniel, lui succéda.

Ruines de Babylone photographiées en 1975. , Iraq
Ruines de Babylone photographiées en 1975. Iraq

Du temps de ce roi vivait Nabuchodonosor (Bokhtuaçar) gouverneur (satrape) de l’Irak et des Arabes pour le roi de Perse, dont Balkh était alors la capitale. Ce chef étranger massacra ou amena captifs dans l’Irak un grand nombre d’Israélites ; il prit le Pentateuque (Tourah), les autres livres des Prophètes et les Chroniques des rois, qui étaient conservés dans le temple de Jérusalem, et les jeta dans un puits ; il s’empara aussi de l’arche sainte et la mit en lieu sûr dans son pays.

Le nombre des Israélites qui furent emmenés en captivité s’éleva, dit-on, à dix-huit mille.

Le prophète Jérémie vivait à la même époque. Nabuchodonosor, après avoir envahi l’Egypte et tué Pharaon le boiteux, qui régnait alors dans cette contrée, marcha contre l’Occident, fit périr plusieurs rois et conquit un grand nombre de villes.

Le roi de Perse avait épousé une jeune fille juive qui était parmi les captifs, et dont il eut un enfant.

Ce roi permit aux Israélites de retourner dans leur pays quelques années après.

Rentrés dans leurs foyers, ils furent gouvernés par Zorobabel, fils de Salathiel (Salsal), qui rétablit Jérusalem et tout ce qui avait été ruiné. Les Israélites retirèrent le Pentateuque du puits où il était enfoui ; leur royaume redevint florissant, et ce roi consacra un règne de quarante-six ans à rendre leurs terres à la culture, et à rétablir les prières et les prescriptions qu’ils avaient oubliées pendant leur captivité.

Les Samaritains prétendent que le Pentateuque qui est entre les mains des Juifs n’est pas celui que Moïse leur a apporté ; que celui-là a été brûlé, changé et corrompu, et que l’autre est dû à Zorobabel, qui l’a recueilli de la bouche des Israélites qui l’avaient retenu par cœur.

Ils se croient donc les seuls et uniques possesseurs du texte authentique.

Ce roi mourut après un règne de quarante-six ans.

D’après une autre version, ce fut Nabuchodonosor lui-même qui épousa une fille juive, rétablit les Israélites dans leur pays et les protégea.

Reproduction de la Ka'aba avant la naissance du prophète Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui)
Reproduction de la Ka’aba avant la naissance du prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui)

Ismaïl, fils d’Abraham, l’ami de Dieu, fut chargé de la garde de la Maison (la Kaaba) après son père. Dieu lui accorda le don de prophétie, et l’envoya chez les Amalécites et les tribus du Yémen pour les détourner de l’idolâtrie. Quelques-uns acceptèrent la foi, mais le plus grand nombre persévéra dans l’infidélité. Ismaïl eut douze fils : Nabet, Kidar, Arbil, Mibsam, Michmâ, Douma, Masa, Haddad, Atima, Yetour, Nafech et Bakedma.

Abraham avait désigné comme son successeur son fils Ismaïl ; celui-ci élut à son tour son frère Isaac, ou, selon d’autres, son fils Kidar. Ismail avait cent trente-sept ans quand il mourut, et il fut enterré dans la mosquée el-Haram, à l’endroit où était la pierre noire. Nabet, son fils, garda la maison sainte, comme l’avait fait son père ; on croit même qu’il fut désigné par Ismaïl.

Entre l’époque de Salomon et celle du Messie, vécurent des prophètes et de pieux serviteurs de Dieu ; tels sont Jérémie, Daniel, Ozaïr, que tous n’acceptent pas comme prophète, Job, Isaïe, Ezéchiel, Elias, Elisée (el-Iça), Jonas, Dou’l-kifl, el-Khidr, qui, selon Ibn Ishak, n’est autre que Jérémie, ou, selon d’autres, un pieux serviteur de Dieu, et enfin Zacharie.

Ce dernier, fils d’Adak, descendant de David et de la tribu de Juda, épousa Elisabeth (Ichba), fille d’Amran, sœur de Marie (Miriam), fille d’Amran et mère du Messie. Cet Amran, fils de Maran, fils de Yoakim, était aussi de la famille de David. La mère d’Elisabeth et de Marie se nommait Hannah (Anne). Elisabeth donna à Zacharie un fils du nom de Jean (Yahia), qui était donc le fils de la tante maternelle du Messie. Zacharie était charpentier. Les Juifs répondirent le bruit qu’il avait eu un commerce coupable avec Marie, et résolurent de le tuer.

Averti de leur projet, Zacharie se réfugia dans le creux d’un arbre ; mais, sur l’indication que leur en donna Iblis, l’ennemi de Dieu, ils abattirent cet arbre et fendirent du même coup le corps de Zacharie.

Elisabeth, fille d’Amran, sœur de Marie, la mère du Messie, ayant mis au monde Jean, fils de Zacharie, s’enfuit avec son enfant en Egypte, pour éviter la colère d’un roi. Devenu homme, Jean fut envoyé par Dieu aux Israélites ; il leur prêcha la loi divine et la soumission aux volontés de Dieu, mais il fut mis à mort par ceux-ci. Après plusieurs événements, les Israélites reçurent de la colère céleste un roi de l’Orient nommé Khardouch (Hérode), qui vengea le sang de Jean, fils de Zacharie, en immolant un grand nombre de coupables, et ce crime ne fut expié qu’après de longues calamités.

Le Jourdain et ses rives, de nos jours
Le Jourdain et ses rives, de nos jours

Quand Marie, fille d’Amran, eut dix-sept ans, Dieu lui envoya Gabriel, qui souffla en elle l’esprit, et elle devint grosse du Messie, Jésus (Iça), fils de Marie.

Jésus naquit dans un village nommé Bethlehem (Beit-laham), à quelques milles de Jérusalem, le mercredi 24 décembre.

Son histoire a été révélée par Dieu et racontée par l’intermédiaire de son Prophète, dans le Koran (sur. III, etc.).

Les chrétiens prétendent que Jésus, le Nazaréen, c’est-à-dire le Messie, suivit la religion de ses ancêtres, et qu’il étudia, pendant vingt-neuf ou trente ans, le Pentateuque et les livres anciens dans une synagogue appelée el-Midras ().

Un jour, en lisant le livre d’Isaïe, il y vit ces mots tracés en caractères de feu : « Tu es mon fils et mon essence, je t’ai élu pour moi. » (S. Matth. XII, 18 ; cf. Isaïe, XLII, 1.) Il ferma le livre, le remit au serviteur du temple et sortit en disant : « Maintenant la parole de Dieu s’est accomplie dans le fils de l’homme. »

D’autres disent aussi que le Messie habitait le bourg de Nazareth (Naçarah), situé sur le territoire d’el-Ladjoua, dépendant du district du Jourdain, et que c’est ce qui a valu aux chrétiens le nom de Nazaréens.

Ruines de la cité fortifiée de Gamala, enjeu de la guerre entre Arétas IV et Hérode Antipas. (On entrevoit au fond, le lac de Tibériade.)
Ruines de la cité fortifiée de Gamala, enjeu de la guerre entre Arétas IV roi des arabes Nabatéens d’environ 9 av. J.-C. à 40 ap. J.-C et Hérode Antipas fils d’Hérode le Grand. (21 av. J.-C.–39 ap. J.-C (On entrevoit au fond, le lac de Tibériade.)

J’ai visité dans ce bourg une église très vénérée par les chrétiens ; elle renferme des ossements humains dans des cercueils de pierre, et il en découle de l’huile épaisse comme un sirop ; les chrétiens croient se sanctifier en la recueillant

Le Messie, en passant devant le lac de Tibériade, y vit quelques pêcheurs qui étaient les fils de Zebeda, et douze foulons ; il les appela vers Dieu et leur dit : « Suivez-moi et vous pécherez des hommes. » Trois de ces pêcheurs, fils de Zebeda, et douze foulons le suivirent. Matthieu (Matta), Jean (Yohanna), Marc (Markoch) et Luc (Louka) sont les quatre apôtres qui ont écrit l’Evangile et raconté l’histoire du Messie, sa naissance, le baptême qu’il reçut de Jean, fils de Zacharie, ou Jean-Baptiste, dans le lac de Tibériade, et, selon d’autres, dans le Jourdain, fleuve qui sort de ce lac et se jette dans le lac Fétide.

On trouve aussi dans ce livre le récit des prodiges et les miracles accomplis par le Messie, et le traitement que les Juifs lui infligèrent, enfin son ascension à l’âge de trente-trois ans.

L’Evangile fournit en outre de longs détails sur le Messie, Marie, et Joseph le charpentier ; mais nous croyons devoir les passer sous silence, parce que ni Dieu, ni son prophète Mohammed ne les ont rapportés.

al-Sharq al-Aswat al-Jahili (Le moyen-orient du temps de l’ignorance) au 6eme siècle
al-Sharq al-Aswat al-Jahili (Le moyen-orient du temps de l’ignorance) au 6eme siècle

CHAPITRE VI.

DES HOMMES QUI ONT VECU DANS L’INTERVALLE, C’EST-À-DIRE ENTRE LE MESSIE ET MOHAMMED,

On compte dans l’intervalle (el-fitreh) qui sépare le Messie de Mohammed plusieurs personnages qui ont cru en un Dieu unique et en la résurrection ; mais c’est une question controversée que de savoir s’il y eut ou non des prophètes parmi eux.

Un de ceux à qui l’on donne ce nom est Hanzalah fils de Safwan, descendant d’Ismaïl, fils d’Abraham. Il fut envoyé chez les Ashab er-ras (Koran, XXV, 40), qui avaient la même origine, et qui se divisèrent en deux tribus, les Kadman et les Yamen ou Rawil, habitant toutes deux le Yémen.

Hanzalah, fils de Safwan, exécuta l’ordre de Dieu et fut tué.

Dieu révéla alors à un prophète Israélite, de la tribu de Juda, qu’il enverrait Bokhtnaçar contre ce peuple. En effet, ce roi les attaqua à la tête de son armée.

Tel est le sens de cette parole divine, « Mais quand ils ont senti notre force, ils ont cherché à fuir, » et des versets suivants jusqu’aux mots : « Nous les avons rendus semblables au blé moissonné et se desséchant. » (Ibid. XXI, 12-15.) On dit aussi que ce peuple était himyarite, et c’est ce que prouve le passage suivant d’une élégie composée par un poète de cette nation :

Mes yeux répandent des larmes sur le peuple d’er-Ras, sur Rawil et Kadman.

Fuis le courroux d’Abou Dirâ, qui est le châtiment de la tribu de Kahtan.

Alexandre le macédonien, dit le Grand , né le 21 juillet 356 av. J.-C. à Pella, mort le 11 juin 323 av. J.-C. à Babylone, est un roi de Macédoine et l’un des personnages les plus célèbres de l’Antiquité Alexandre le Grand sur son cheval Bucéphale, détail de la mosaïque romaine de Pompéi représentant la bataille d'Issos, musée national archéologique de Naples
Alexandre le macédonien, dit le Grand , né le 21 juillet 356 av. J.-C. à Pella, mort le 11 juin 323 av. J.-C. à Babylone, est un roi de Macédoine et l’un des personnages les plus célèbres de l’Antiquité, représenté  sur son cheval Bucéphale, détail de la mosaïque romaine de Pompéi représentant la bataille d’Issos, musée national archéologique de Naples

On croit, sur l’autorité de Wahb, fils de Monabbih, que Dou’l-Karnein, c’est-à-dire Alexandre, vécut après le Messie, dans l’ère de l’intervalle. Il eut un songe dans lequel il lui sembla être assez près du soleil pour en saisir les deux extrémités à l’ouest et à l’est ; il raconta son rêve à son peuple, qui le surnomma Dou’l-Karnein ou le maître des deux cornes.

Cependant ce personnage est l’objet de discussions que nous avons insérées dans nos Annales historiques et dans l’Histoire moyenne ; nous donnerons en outre un abrégé de son histoire en parlant des rois grecs et byzantins. (Voy. chap. XXV.)

Le même désaccord existe sur l’époque où vécurent « les hommes de la caverne » (Koran, XVIII) ; les uns les placent dans l’ère d’intervalle, les autres sont d’un avis différent.

Nous donnerons aussi un aperçu de leur histoire dans le chapitre consacré aux rois de Roum (ch. XXVII) ; on peut encore consulter notre Histoire moyenne et nos Annales historiques.

Parmi ceux qui vécurent dans l’intervalle, après le Messie, on cite Djordjis (George), qui fut contemporain de quelques apôtres. Envoyé auprès d’un roi de Moçoul pour le convertir au vrai Dieu, il fut mis à mort ; Dieu le ressuscita et lui donna la même mission ; le roi le tua encore, mais Dieu lui rendit la vie et le renvoya auprès du roi. Celui-ci le fit brûler et jeta ses cendres dans le Tigre.

Dieu détruisit ensuite ce roi et tous ses partisans.

Tel est le récit fait par ceux qui suivent les Écritures et rapporté dans les livres intitulés, De l’Origine et des coutumes, par Wahb, fils de Monabbih, et d’autres auteurs.

L'église de Doura-Europos en Syrie orientale fut construite entre 233 et 256 Jc, c'est l'une des premières églises construite au monde
L’église de Doura-Europos en Syrie orientale fut construite entre 233 et 256 Jc, c’est l’une des premières églises construite au monde

Un autre personnage de l’ère d’intervalle est Habib le charpentier. Il habitait Antioche de Syrie, où régnait un tyran qui adorait les idoles et les images.

Deux disciples du Messie lui furent envoyés pour le convertir ; mais il les fit mettre en prison et frapper de verges.

Dieu leur donna un troisième auxiliaire, dont le nom a soulevé des discussions ; le plus grand nombre des auteurs cite un apôtre nommé Botros (Petrus) en latin, Siman en arabe, et en syriaque Chimoun alsefa ().

Plusieurs auteurs cependant, d’accord avec toutes les sectes chrétiennes, disent que ce troisième apôtre était Paul, et que les deux autres qui furent jetés en prison étaient Thomas et Pierre.

Ils demeurèrent longtemps auprès de ce roi et prouvèrent leur mission par des miracles, en guérissant des aveugles et des lépreux, et en ressuscitant des morts.

Paul, ayant obtenu un libre accès auprès de ce roi et capté sa faveur, fit mettre en liberté ses deux compagnons.

Habib le charpentier vint ensuite et crut aux apôtres en voyant leurs miracles.

Dieu a raconté cette histoire dans son livre, au verset : «Nous leur avons envoyé deux hommes, et ils les traitèrent d’imposteurs ; nous leur donnâmes l’appui d’un troisième, etc. » jusqu’aux mots « Un homme vint en toute hâte. » (Kor. XXXVI, 13, 19.)

Pierre et Paul périrent à Rome, où ils furent crucifiés la tête en bas, après avoir eu de longs rapports avec le roi et Simon (Sima) le magicien.

Quand le christianisme eut triomphé, leurs reliques furent mises dans des châsses de cristal, que l’on conserve dans une église de Rome.

En parlant des curiosités de cette ville dans notre Histoire moyenne, nous avons donné ces détails ainsi que l’histoire des disciples du Messie et de leur dispersion en différents pays.

Nous reviendrons encore sur ce sujet.

Oukhoud,  Najran
Oukhoud, Najran Arabie Saoudite.

Pendant cette ère d’Intervalle vécurent aussi « les hommes de la fosse, » qui habitaient Nedjran, dans le Yémen, sous le règne de Dou-Nowas, le même qui fit périr Dou-Chenatir.

Ce roi, qui professait le judaïsme, apprenant qu’il y avait à Nedjran des sectateurs du Messie, se rendit lui-même dans cette ville, fit creuser des fosses, qu’il remplit de charbons ardents, et ordonna aux habitants d’embrasser le judaïsme ; il relâcha ceux qui obéirent et fit jeter les récalcitrants dans le feu.

On amena une femme avec son enfant âgé de sept mois, et elle refusa d’abjurer sa religion.

Lorsqu’on l’approcha du feu elle fut saisie d’effroi ; mais Dieu donna la parole à l’enfant, qui s’écria : « Ma mère, persévère dans ta religion, car après ce feu il n’y en aura pas d’autre. »

Ils périrent ensemble dans les flammes : c’étaient des croyants monothéistes et non des chrétiens (trinitaires), comme ceux de notre siècle.

Un homme de la même nation, nommé Dou Tâleban, alla invoquer le secours de César, roi de Boum (Byzance) ; l’empereur écrivit au Nedjachi (roi d’Abyssinie), dont le pays était plus voisin du Yémen.

On trouvera dans nos Annales historiques et dans l’Histoire moyenne le récit de l’invasion et de la conquête du Yémen par les Abyssiniens, jusqu’à l’époque où Seïf Dou Yezen invoqua l’appui de plusieurs rois, et obtint celui d’Anouchirwan ; nous y reviendrons en outre en temps opportun en parlant des Dons et des rois du Yémen (voy. chap. XLIII).

Dieu a raconté dans son livre l’aventure des hommes du fossé, au verset, «Les hommes du fossé ont été tués, etc. » jusqu’aux mots : « le Puissant, le Glorieux » (Koran, LXXXV, 4, 8).

Deux lieux présumé du lieu de l'enterrement de Khalid ibn Sinan al-Absi, l'un en Algerie et l'autre en Iran
Deux lieux présumé du lieu de l’enterrement de Khalid ibn Sinan al-Absi, l’un en Algérie et l’autre en Iran

Parmi les personnages de l’Intervalle on cite encore Khaled, fils de Sinan el-Absi, ou bien Khaled, fils de Sinan, fils de Gert, fils d’Abs, désigné par ces paroles de Mohammed : « C’est un prophète que sa nation a perdu. »

Voici son histoire : le culte du feu s’était introduit chez les Arabes, et se propageait à la faveur des troubles religieux, au point que ce peuple était à la veille de se soumettre à l’idolâtrie des Mages.

Khaled, un bâton à la main, se jeta dans les flammes en s’écriant : « La voila, la voilà, la route qui conduit vers le Dieu suprême ! Certes, je pénétrerai dans ce brasier ardent et j’en sortirai les vêtements humides de rosée. »

En effet, il éteignit le feu. Sur le point de mourir, il dit à ses frères : « Lorsque je serai enterré, un troupeau d’ânes sauvages, conduit par un onagre sans queue, viendra frapper ma tombe de son pied ; dès que vous serez témoins de ce fait, ouvres ma tombe, j’en sortirai et je vous instruirai de tout ce qui existe. »

Après que Khaled fut enterré, ses compagnons virent s’accomplir ce qu’il avait prédit, et voulurent exhumer son corps ; mais quelques-uns d’entre eux s’y opposèrent, dans la crainte que les Arabes ne leur reprochassent d’avoir profané le tombeau d’un de leurs morts.

Plus tard, la fille de Khaled vint trouver le prophète de Dieu, au moment où il récitait : « Dis, il est le Dieu unique, le Dieu éternel. » (Koran, CXII, 1, 2), et elle s’écria : « Mon père prononçait les mêmes paroles. » Dans le courant de notre récit nous aurons encore l’occasion de revenir sur ce personnage.

Riab ech-Channi, de la tribu d’Abd Kais et de la branche de Chann, vécut aussi dans l’ère d’Intervalle ; il suivait la religion du Messie Jésus, fils de Marie, avant la venue du prophète de Dieu. On entendit, antérieurement à la prédication de l’islam, une voix qui criait dans le ciel : « Les meilleurs des hommes sont au nombre de trois : Riab ech-Channi, Bohaira, le moine, et un autre qui n’est pas encore venu », c’est-à-dire le Prophète.

Jamais un des enfants de Riab n’est mort sans que la rosée ait rafraîchi sa tombe.

Citons aussi Açàd Abou Kerb, l’Himiarite, vrai croyant, qui proclama le Prophète sept siècles avant sa venue ; il dit :

J’atteste qu’Ahmed (Mohammed) est l’envoyé de Dieu créateur de la vie ;

Si je pouvais vivre jusqu’à son siècle, je serais son vizir et son cousin.

Ce fut Açâd qui, le premier, revêtit la Kâbah de tapis et d’étoffes précieuses ; c’est ce qui a fait dire à un Himiarite :

Nous avons couvert le temple que Dieu a consacré de tapis ornés de broderies et de franges.

Vue satellitaire (remanié) de l’île des arabes
Vue satellitaire (remanié) de l’île des arabes

Parmi les hommes de l’Intervalle vécut Koss, fils de Saïdah, descendant d’Yad, fils d’Odd, fils de Mâdd, et juge des Arabes. Il croyait en la résurrection, et disait sans cesse :

« Quiconque vit, doit mourir ; celui qui meurt, passe ; tout ce qui doit venir, viendra. » Sa sagesse et sa science sont proverbiales chez les Arabes ; c’est ce qui a fait dire à el-Acha :

Plus sage que Koss, plus fougueux que celui (le lion) qui veille au fond de sa tanière dans le fourré du bois de Haffan.

Lorsque les délégués du peuple d’Yad se rendirent auprès du Prophète, il s’informa de Koss, et dit en apprenant sa mort :

« Que Dieu lui fasse miséricorde ! Je crois encore le voir à la foire d’Okaz, monté sur son chameau roux, et disant à la foule : Hommes, réunissez-vous, écoutez et retenez ceci : « Quiconque vit doit mourir ; celui qui meurt, passe, tout ce qui doit venir, viendra. Le ciel est plein d’enseignements et la terre d’exhortations ; voyez la mer se gonfler, les astres disparaître, le firmament s’étendre comme une toiture, et la terre comme un lit. J’en atteste le Dieu de Koss, la-religion de ce Dieu vaut mieux que la vôtre. Pourquoi les hommes partent-ils et ne reviennent-ils plus ? Soit qu’ils obtiennent de rester, soit qu’on les abandonne au sommeil, ils suivent la même route, et ne diffèrent que par leurs actes. Quant aux vers de Koss (ajouta le Prophète), je les ai oubliés. »

— Abou Bekr, le juste, se leva et dit : « Envoyé de Dieu, ces vers, je les sais.

— Eh bien ! récite-les, dit le Prophète. » Abou Bekr reprit :

Dans ces premières générations qui ont disparu, quelle leçon pour nous !

Quand je vois que tout aboutit sans retour à la mort ;

Que, petits et grands, tout mon peuple suit cette route ;

Que l’absent ne revient plus, et que celui qui demeure passera soudain,

Je suis sûr que, moi aussi, je rejoindrai infailliblement mon peuple.

Le Prophète dit alors : « Que Dieu ait pitié de Koss ! je souhaite que le Seigneur le ressuscite comme une seule nation ! »

L'ancienne route montagneuse de Ta'if
L’ancien sentier montagneux de Ta’if, Arabie-saoudite.

—-Maçoudi ajoute : On attribue à Koss un grand nombre de poésies, de sentences et d’anecdotes relatives à la médecine, à la divination par le vol des oiseaux et d’autres pronostics, etc. dont nous avons parlé dans nos Annales historiques et dans l’Histoire moyenne.

Un autre personnage de l’ère d’intervalle est Zeïd, fils d’Amr, fils de Nofeïl, le père de Saïd, fils de Zeïd, et l’on des dix (Zeïd), cousin germain d’Omar, fils d’el-Khattab.

Ce Zeïd réprouva le culte des idoles, mais son oncle el-Khattab excita contre lui la populace de la Mecque et le leur livra.

Cette persécution l’obligea à se réfugier dans une caverne du mont Hira, d’où il se rendait secrètement à la Mecque.

Puis il passa en Syrie pour faire des recherches sur la vraie religion, et il y mourut empoisonné par les chrétiens.

Ses rapports avec le roi et l’interprète, et avec un des rois Gassanides de Damas, forment un long récit que nous avons rapporté dans nos précédents écrits.

On cite encore Omayah, fils d’Abou’s-Salt et-Takefi, poète intelligent, qui faisait le commerce avec la Syrie ; il fréquenta le clergé juif et chrétien, étudia les livres saints et reconnut qu’on prophète serait envoyé aux Arabes.

Dans ses poésies, il suit les doctrines de la vraie religion ; il décrit les deux et la terre, le soleil, la Inné, les anges et les prophètes ; il chante la résurrection, le paradis, l’enfer, et célèbre l’unité de Dieu, comme dans ce vers :

Louanges à Dieu, qui n’a pas d’égal ; ne pas proclamer cette vérité, c’est être injuste envers soi-même ;

et dans cet autre, où il parle des élus :

Là plus d’erreur, plus de faute ; le bonheur qui leur est promis est éternel.

La ville de Ta'if de nos jours
La ville de Ta’if de nos jours, Arabie-saoudite

L’annonce de l’apparition de notre saint Prophète lui inspira autant de colère que de chagrin ; il se rendit à Médine pour se faire musulman ; mais la jalousie l’en détourna, et il revint à Taïf.

Un jour qu’il était à boire avec quelques jeunes gens, un corbeau s’abattit près de lui, croassa trois fois, et s’envola. « Savez-vous ce que dit cet oiseau ? demanda Omayah à ses compagnons.

— Non, répondirent-ils. —

Il dit qu’Omayah ne boira pas une troisième coupe sans mourir.

— Prouvons qu’il a menti, s’écrièrent les jeunes gens. »

Omayah fit promptement remplir les coupes ; à la troisième rasade il tomba et resta longtemps sans connaissance ; pois il revint à lui et dit : « J’obéis, j’obéis, me voici auprès de vous ; moi que la grâce environnait, je ne l’ai pas payée de mes remerciements :

« Situ pardonnes, ô mon Dieu ! puisse ton pardon être complet Est-il un de tes serviteurs qui soit sans tache ? »

Il répéta encore : « Moi que la grâce avait comblé, j’ai négligé d’en témoigner ma reconnaissance, » et il ajouta ces vers :

Jour du jugement, jour terrible, où l’enfant vieillira soudain d’une rapide vieillesse !

Que ne puis-je échanger mon sort contre celui du berger qui fait paître ses chèvres agrestes au sommet des montagnes !

Toute vie, quelle que soit sa durée, aboutit au terme où elle doit finir ?

Pais il rendit le dernier soupir dans un râle suprême.

Plusieurs écrivains qui connaissent bien les hommes et les événements du passé, tels que : Ibn Dab, el-Heitem, fils d’Adi ; Abou Mikhnef Lout, fils de Yahia, et Mohammed, fils de Saïb el-Keibi, expliquent de la manière suivante l’habitude qu’avaient les Koraïchites d’inscrire en tête de leurs écrits la formule : En ton nom, ô mon Dieu ! Omayah, fils d’Abou’s-Salt et-Takefi fit un voyage en Syrie avec des gens de Takef, de Koreïsch et d’autres tribus. Au retour» leur caravane s’arrêta dans une certaine station pour y prendre les repas du soir, lorsqu’un petit serpent se montra et s’approcha de la troupe ; mais, atteint à la tête par dot gravier qu’on lui jeta, il rebroussa chemin.

Le repas terminé, les voyageurs rattachèrent leur bagage sur tes chameaux et quittèrent cette station.

Ils n’en étaient qu’à une petite distance, quand une vieille femme, appuyée sur un bâton, apparut sur un tertre de sable et leur dit : « Qui vous a empêchés de donner à manger à l’animal, la pauvre servante qui est venue vous trouver ce soir ?

— Qui es-tu toi-même ? lui demandèrent les voyageurs.

—Je suis la mère du reptile, veuve depuis des années. Mais vous, par le Dieu qu’on adore, vous serez dispersés sur la terre ! »

Puis elle frappa le sol de son bâton, et en souleva la poussière en disant : « Diffère leur retour et dissémine leurs montures. » Aussitôt les chameaux bondirent comme si chacun d’eux portait un diable sur sa bosse ; rien ne put les retenir, et ils se dispersèrent dans la vallée.

Nous passâmes toute la nuit (disent ces voyageurs) à les réunir avec la plus grande difficulté, et nous les faisions agenouiller pour les charger, quand la vieille se montra encore, fit le même manège avec son bâton, et répéta les mêmes paroles : « Diffère leur retour et dissémine leurs montures. »

Les chameaux rompirent aussitôt leurs freins et s’enfuirent.

Après les avoir réunis à grand-peine pour le lendemain, nous les fîmes agenouiller, mais la vieille nous apparut une troisième fois, et, avec une conjuration semblable à celle des deux jours précédents, elle dispersa nos bêtes.

Nous veillâmes cette nuit à la clarté de la lune et en désespérant de les retrouver.

Nous demandâmes ensuite à Omayah, fils d’Abou’s-Salt : « Que nous disais-tu donc de la science ? » Omayah se rendit sur la colline où la vieille s’était montrée à nous, et descendit de l’autre côté ; il franchit une seconde colline, et aperçut devant lui une église éclairée par des lampes ; sur le seuil était un homme dont la chevelure et la barbe étaient blanches. Je m’arrêtai près de lui, raconte Omayah, il leva la tête et me dit : « Tu es un chef de secte ?

— Oui, répondis-je.

— Par où ton Seigneur se révèle-t-il à toi ?

— Par mon oreille gauche.

— Et quel vêtement t’ordonne-t-il ?

— Le noir.

— Ainsi font les génies, reprit-il, toi tu as failli être prophète ; mais le possesseur de la prophétie recevra l’inspiration par l’oreille droite, et préférera les vêtements blancs. Enfin que désires-tu ? »

Je lui racontai mon aventure avec la vieille femme, et il reprit : « Tu dis vrai, toi ; mais elle a menti. C’est une juive, dont le mari est mort depuis longtemps, et elle ne se lassera pas de répéter cette manœuvre pour vous perdre, si elle le peut.

— A quel moyen recourir ? demanda Omayah.

— Réunissez vos bêtes de somme, ajouta le vieillard, et quand la vieille recommencera ses sortilèges, dites sept fois à haute voix et sept fois à voix basse : « En ton nom, ô mon Dieu ! elle ne pourra plus vous nuire. » Omayah revint auprès de ses compagnons et leur communiqua ce qui lui avait été dit. En effet, la vieille revint et fit comme les jours précédents ; ils répétèrent alors sept fois tout haut et sept fois à demi-voix : « En ton nom, ô mon Dieu ! » et déjouèrent ses enchantements. Voyant que les chameaux demeuraient immobile», elle dit : « Je connais votre chef, le haut de son corps blanchira, et le reste sera noir. » On se mit en marche ; le lendemain matin, on vit que le» joues, le cou et la poitrine d’Omayah étaient blanchis par la lèpre, tandis que la partie inférieure de son corps était noire.

Arrivés à la Mecque, ils racontèrent cette aventure, et ce fut alors que les Mecquois adoptèrent la formule en question, jusqu’à la venue de l’Islam.

A cette époque elle fut abolie et remplacée par celle-ci : « Au nom du Dieu clément et miséricordieux ! »

Les autres récits concernant Omayah se retrouvent dans nos Annales historiques et nos ouvrages précédents.

La Ka'aba dans les temps anciens
La Ka’aba dans les temps anciens (al-Jahiliya)

Un autre personnage de l’Intervalle fut Warakah, fils de Nawfel, fila d’Açad, fils d’Abd el-Ozza, fils de Koçayi, cousin germain de Khadidjah, fille de Khowailed et femme du Prophète.

Il avait lu les Écritures, recherché la science et rejeté le culte des idoles.

Il annonça à Khadidjah la venue du Prophète dans cette nation, les persécutions et l’incrédulité qui devaient l’accueillir.

Plus tard il rencontra le Prophète et lui dit : « Fils de mon frère, persévère dans tes desseins ; j’en atteste celui qui tient rame de Warakah entre ses mains, tu es le prophète de cette nation ; tu seras persécuté, traité de menteur, chassé et combattu. Puissé-je voir ce jour, et Dieu sait si je soutiendrai sa cause. »

Cependant la croyance de Warakah a soulevé des doutes ; les uns croient qu’il mourut chrétien avant la venue du Prophète et dans l’impossibilité de se convertir ; d’autres le font mourir musulman, et citent ces vers, qu’il aurait composés en l’honneur du Prophète :

Plein d’indulgence et de pardon, il ne rend jamais le mal qu’on lui fait ; il réprime sa colère et son ressentiment quand on l’insulte.

On cite encore Odaçah, affranchi d’Otbah, fils de Bebiâh et originaire de Ninive.

Il vit le Prophète à Taïf, lorsque celui-ci était venu prêcher la foi aux habitants.

Ancienne photo de la tombe de Khadidja (radi allah anha)  Jannatul Mu’alla , Mecca (La Mecque)
Ancienne photo de la tombe de Khadidja (radi Allah anha) Jannatul Mu’alla , Mecca (La Mecque)

Odaçah eut de longs démêlés avec eux dans le verger, et périt dans la foi chrétienne, à la bataille de Bedr ; il fut pourtant du nombre de ceux qui annoncèrent la venue du Prophète.

Abou Kaïs Sormah, fils d’Abou Anas, l’Ansarien, de la famille des Benou-Nadjar, vécut aussi dans l’Intervalle.

Il s’était adonné à la vie ascétique, avait revêtu le cilice et renié les idoles.

Il s’était fait une mosquée de la maison qu’il habitait et personne ne pouvait y pénétrer en état d’impureté légale ; il professait hautement le culte du Dieu d’Abraham.

Après l’entrée du Prophète à Médine, il se fit musulman, et se signala par sa piété ; c’est pour lui que fut révélé le verset sur la collation avant le jour : « Mangez et buvez jusqu’à ce qu’à la lueur de l’aurore vous puissiez distinguer un fil blanc d’un fil noir. » (Koran, II, 183.) On cite ces vers d’Abou Kaïs sur le Prophète :

Il a fait plus de dû pèlerinages à la Mecque, au milieu des Koraïchites. Que n’a-t-il rencontré un ami dévoué ?

Tel est aussi Abou Amir el-Awsi, dont le vrai nom est Abd Amr, fils de Seifi, fils de Noman, de la famille des Béni Amr ben Awf, de la tribu d’Aws ; il est connu aussi sous le nom d’Abou Hanzalah, et le sobriquet de Gaçil el-Melaïkeh.

Ce seïd se fit moine au temps du paganisme, et revêtit le cilice.

Il eut un long entretien avec le Prophète, après son entrée à Médine ; puis il quitta cette ville avec cinquante jeunes gens, et mourut dans la foi chrétienne, en Syrie.

A la même ère appartient Abd Allah, fils de Djahch el-Açedi, de la famille des Béni Açed ben Khozaimah.

Il était marié avec Oumm Habibah, fille d’Abou Soûan ben Harb, avant qu’elle fût unie au Prophète.

Abd Allah connaissait les Écritures et inclinait vers le christianisme ; mais après la vocation du Prophète il émigra en Abyssinie avec d’autres musulmans et sa femme Oumm Habibah.

Il abandonna l’islam pour se faire chrétien, et mourut dans ce pays.

C’est lui qui disait aux musulmans : « Nous avons les yeux ouverts, mais vous, vous remuez à peine vos paupières, » c’est-à-dire, nous voyons clair et vous cherchez la lumière.

Cette expression, qu’il employait comme un proverbe, s’applique à un jeune chien qui ouvre les yeux (fakah) après sa naissance, ou qui cherche vainement à les ouvrir (sa’sa’).

Après la mort d’Abd Allah, le Nedjachi unit Oumm Habibah au Prophète, avec une dot de quatre cents dinars.

Le Monastère du moine Bahira à Bosra (Syrie)
Le Monastère du moine Bahira à Bosra (Syrie)

Un des personnages de l’Intervalle fut, enfin, Bohaira le moine.

C’était un chrétien zélé, dont le nom, dans les livres chrétiens, est Serdjes (Sergius), et il descendait des Abd el-Kaïs.

Lorsque le Prophète, âgé de douze ans, se rendit en Syrie pour une affaire commerciale avec son oncle Abou Taleb, accompagné d’Abou Bekr et de Belal, ils passèrent devant la cellule où vivait Bohaira.

Celui-ci reconnut le Prophète à ses traits et à certains signes particuliers, tels que fies livres le lui avaient révélé ; il vit le nuage qui l’ombrageait quand il s’asseyait.

Il fit descendre ces voyageurs chez lui, les reçut avec honneur et leur prépara un repas.

Il sortit de sa cellule pour reconnaître le sceau de la prophétie entre les épaules du Prophète, posa la main sur ce signe, et crut à sa mission.

Il révéla ensuite à Abou Bekr et à Belal ce qui devait arriver à Mohammed, qu’il pria de renoncer à ce voyage, en mettant ses parents en garde contre les tentatives des juifs et des chrétiens.

Abou Taleb, l’oncle du Prophète, averti de ce danger, ramena son neveu.

C’est à la suite de ce voyage que commence l’histoire du Prophète avec Khadidjah, et que celle-ci fut éclairée par les révélations que Dieu lui envoya, et par la narration qui lui fut faite de ce voyage.

Tel est le récit abrégé de la création du monde jusqu’à l’époque où nous sommes parvenus ; nous n’avons rien pris en dehors des faits révélés par la religion et les livres saints, ou expliqués par les prophètes.

Nous allons examiner les origines des royaumes de l’Inde, et étudier rapidement leurs croyances ; puis nous passerons en revue les autres pays, comme nous l’avons fait pour les rois israélites, d’après les sources que nous offraient les Écritures. Puisse Dieu nous venir en aide !

Carte de l'Inde dans la première partie du 15e siècle, tiré de R Roolvink et Historical Atlas of the Muslim Peoples
Carte de l’Inde dans la première partie du 15e siècle, tiré de R Roolvink et Historical Atlas of the Muslim Peoples

CHAPITRE VII.

GÉNERALITÉS SUR L’HISTOIRE DE L’INDE, SES DOCTRINES ET L’ORIGINE DE SES ROYAUMES.

Parmi les hommes d’observation et de science qui ont étudié avec attention la nature de ce monde et son origine, plusieurs s’accordent à dire que l’Inde fut, dans les âges reculés, la portion de la terre où régnaient l’ordre et la sagesse.

Lorsque les sociétés et les nations se formèrent, les Indiens cherchèrent à donner de l’unité à leur pays, et à le soumettre à une métropole qui serait le centre de l’autorité. Leurs chefs dirent : « Nous sommes le peuple primitif, en nous est la fin et la limite des choses, le principe et le terme ; le père de l’humanité tire de nous son origine.

Ne souffrons donc ni la révolte, ni la désobéissance, ni les mauvais desseins ; marchons contre les rebelles ; réduisons-les, et faisons-leur accepter notre puissance.

Pour atteindre ce but, ils se donnèrent un roi, Brahman le Grand, leur puissant monarque et leur chef absolu.

La sagesse fleurit sous son règne, et les savants occupèrent le premier rang. On apprit à extraire le fer de la mine, à forger des épées, des poignards et diverses armes de guerre ; on éleva des temples et on les orna de pierreries étincelantes. On y retraça les sphères, les douze signes du zodiaque et les astres.

La peinture reproduisit l’image du monde et représenta l’action des astres sur ce monde et la manière dont ils produisent les corps animés, doués ou non d’intelligence.

Brahman expliqua aussi la nature du moteur suprême, c’est-à-dire du soleil ; il réunit toutes les preuves de ce système dans un livre destiné à être compris du vulgaire, et communiqua aux intelligences d’élite des vérités d’un ordre plus élevé, en leur montrant une cause première qui donne à tout l’existence, et qui pénètre tout de sa bonté.

Les Indiens se soumirent à ce roi, leur pays devint florissant et ils acquirent l’expérience pratique de la vie.

Un congrès de sages, réuni par ordre du roi, composa le livre de Sindhind (Siddhanta), ce qui signifie « l’âge des âges. »

Ce livre servit de base à la composition de l’Ardjabehd (Aryabhatta) et de l’Almageste ; de même que l’Ardjabehd donna naissance à l’Arkend, et l’Almageste au livre de Ptolémée, et plus tard aux Tables astronomiques.

Ils inventèrent aussi les neuf chiffres qui forment le système numérique indien. Brahman définit le premier l’apogée du soleil, et démontra que cet astre reste trois mille ans dans chaque signe du zodiaque, et qu’il parcourt la sphère entière en trente-six mille ans.

Aujourd’hui (332 de l’hégire) l’apogée, au dire des Brahmines, est dans le signe des Gémeaux ; mais quand le soleil aura passé dans les signes de l’hémisphère austral, la face de la terre changera, la portion habitée deviendra déserte, et réciproquement ; le nord prendra la place du sud, et le sud celle du nord.

Ce roi déposa dans la maison d’or (à Moultan) les calculs relatifs à l’origine des choses et à l’histoire primitive, sur lesquels les Indiens se fondent pour évaluer les ères anciennes, étude qui s’est plus développée chez eux que chez tout autre peuple.

Nous ne les suivrons pas dans ces longues théories, parce que notre livre est consacré à l’histoire et non aux recherches philosophiques ; on en trouve d’ailleurs un résumé dans notre Histoire moyenne.

La tour de granit du Temple de Brihadesvara à Thanjavur a été achevée en 1010 par Raja Raja Chola I.
La tour de granit du Temple de Brihadesvara à Thanjavur a été achevée en 1010 par Raja Raja Chola I.

Quelques Indiens croient que le monde se renouvelle à chaque Hazarwan, c’est-à-dire tous les soixante et dix mille ans ; et que, cette période écoulée, les êtres revivent, les générations renaissent, les animaux se raniment, l’eau reprend son cours, la terre se couvre de reptiles, la verdure pare le sol, et un doux zéphyr rafraîchit l’atmosphère.

Mais la plupart adoptent des cycles périodiques, point de départ des forces ; ces cycles vont en décroissant, bien qu’ils aient la même force, et qu’ils conservent leur puissance d’action et leur essence.

Les Indiens assignent une période et un terme précis à leur développement ; c’est ce qu’ils considèrent comme le cycle principal ou la grande révolution, et ils nomment ce système la vie du monde.

Le temps qui s’écoule entre la naissance et la fin de cette période est, selon eux, de trente-six mille ans, multipliés par douze mille, et c’est ce qu’ils appellent Hazarwan, foyer et moteur des forces universelles.

Les cycles resserrent ou élargissent tous les principes qu’ils contiennent.

Ainsi la durée de la vie est plus grande dans le premier, parce que la circonférence est plus grande, et que les forces ont le champ plus libre ; au contraire elle diminue dans le dernier cycle, parce que ce cycle est plus étroit, et que les périodes antérieures exercent une pression fatale à la vie.

En voici la raison : dans la première période, les forces physiques naissent et se développent dans toute leur pureté, attendu que la pureté précède le trouble, et l’unité devance le mélange ; la vie est donc proportionnée à la pureté de son tempérament et à la perfection des forces auxquelles sont soumises la naissance, les transformations, la corruption et la ruine des éléments.

De même, à la fin du grand cycle ou de la période principale, la forme s’altère, la vie dépérit, les tempéraments se mélangent, les forces diminuent, les liens se relâchent, et, la matière se trouvant comprimée dans des cercles étroits et renversés, la vie ne peut plus atteindre à son complet développement.

Les Indiens soutiennent, par une foule de preuves et d’arguments, ce système de l’origine des choses que nous venons d’exposer.

A cette succession de cycles et de Hazarwans, telle que nous l’avons développée, ils rattachent de mystérieuses subtilités sur l’âme, sur ses rapports avec le monde métaphysique, sa tendance à descendre des hauteurs de son origine, et d’autres théories établies par Brahman au premier âge du monde.

Brahman mourut après un règne de trois cent soixante-six ans.

Ses descendants ont conservé jusqu’à nos jours le nom de brahmines ; ils sont honorés par les Indiens comme formant la caste la plus noble et la, plus illustre. Ils ne mangent de la chair d’aucun animal, et ils portent, hommes et femmes, des fils jaunes suspendus autour du cou comme des baudriers d’épée, pour se distinguer des autres castes de l’Inde.

Un Brahmane

Dans les temps anciens, sous le règne de Brahman, sept des plus sages et des plus considérés d’entre eux s’assemblèrent dans la maison d’or (à Moultan), et se dirent les uns aux autres : « Réunissons nos recherches pour découvrir l’état et le secret du monde, pour savoir d’où nous venons et où nous allons ; si la cause qui nous a tirés du néant est sagesse ou folie ; si le Créateur, qui est l’auteur de notre existence, et qui la développe, en retire un avantage, ou bien s’il écarte un danger de sa personne, en nous faisant disparaître de ce monde. Sachons s’il ressent comme nous des besoins et des privations, ou s’il se suffit sous tous les rapports, et pourquoi, après nous avoir donné l’être et la vie, il nous fait rentrer dans la mort et le néant ?

Le premier sage, qui était le plus respecté parmi eux, dit : « Quel est l’homme qui a jamais pu arriver à la science réelle des choses visibles et occultes, en arracher le secret et se reposer sur une conviction certaine ? »

Le second sage dit : « Si l’intelligence humaine pouvait embrasser la sagesse divine, ce serait un défaut dans cette sagesse. Non, ce but est hors de notre portée, et notre raison est trop bornée pour l’atteindre. »

Le troisième sage dit : « Notre premier devoir, avant de rechercher ce qui est hors de nous, est de nous appliquer à nous connaître nous-mêmes, puisque rien ne nous touche de plus près, et que nous sommes faits pour cette étude comme elle est faite pour nous. »

Le quatrième reprit : « Malheur à celui qui se trouve dans une situation ou il ait besoin de se connaître lui-même.

De là, dit le cinquième, le devoir pour nous de nous attacher aux sages qui ont la science pour auxiliaire. »

Le sixième ajouta : « Celui qui recherche la félicité doit y consacrer tous ses efforts, puisque nous ne pouvons demeurer dans ce monde, et qu’il est certain que nous en sortirons. »

Le septième dit enfin : « J’ignore ce que vous voulez dire ; tout ce que je sais, c’est que je suis entré dans ce monde malgré moi, que j’y vis dans la stupeur et que j’en sortirai de force. »

Ces diverses doctrines ont divisé les Indiens de tous les siècles ; chacun a suivi et complété l’une d’elles ; puis les écoles, en se multipliant, ont accru les divergences d’opinions, et l’on ne compte pas moins de soixante et dix sectes dans ce pays.

un groupe de Thug's, Les Thugs, Thags ou Thagîs constituaient une confrérie d’assassins professionnels et adorateurs de Kâlî parfois appelée dans ce contexte Bhowani. Active en Inde du xiiie au xixe siècles. La confrérie serait apparue sous le règne de Jalâl ud-Dîn Fîrûz Khaljî. Le sultan de Delhi l'aurait combattue et aurait déporté un millier de Thugs à Gaur au Bengale, où la secte aurait continué ses exactions de façon discrète, ainsi qu’en Orissâ, puis aurait retrouvé une visibilité comme force occulte anti-coloniale.
Un groupe de Thug’s, les Thugs, Thags ou Thagîs constituaient une confrérie  sectaire d’assassins professionnels et adorateurs de Kâlî parfois appelée dans ce contexte Bhowani. Active en Inde du xiiie au xixe siècles. La confrérie serait apparue sous le règne de Jalâl ud-Dîn Fîrûz Khaljî. Le sultan musulman de Delhi l’aurait combattue et aurait déporté un millier de Thugs à Gaur au Bengale, où la secte aurait continué ses exactions de façon discrète, ainsi qu’en Orissâ, puis aurait retrouvé une visibilité comme force occulte anti-coloniale.

Abou’l-Kaçem, de Balkh, dans son livre intitulé Sources de questions et de réponses, et el-Haçan, fils de Mouça, en-Noubakhti, dans son ouvrage nommé Livre des opinions et descroyances, parlent l’un et l’autre des sectes et des théories de l’Inde ; des motifs qui portent le peuple à périr dans les flammes, ou à s’infliger toutes sortes de tourments ; mais ils ne disent rien de ce que nous avons rapporté, et passent sous silence tout ce qui précède.

On n’est pas d’accord sur Brahman : les uns prétendent que c’était Adam et un prophète envoyé par Dieu aux Indiens ; les autres ne le considèrent que comme un roi, ainsi que nous l’avons dit plus haut. Cette dernière opinion est la plus répandue.

A la mort de Brahman, les Indiens témoignèrent la plus vive douleur ; puis ils donnèrent la couronne à son fils aîné, el-Bahboud, déjà désigné par Brahman comme son successeur et son héritier.

Fidèle imitateur de son père, il protégea ses sujets, bâtit un grand nombre de temples, honora les sages et les encouragea par des distinctions et des récompenses dans l’étude et la recherche de la sagesse.

Il mourut après avoir régné cent ans.

C’est à cette époque qu’on inventa le trictrac (nerd) et les règles de ce jeu.

C’était une sorte d’emblème des biens de ce monde, qui ne sont pas la récompense de l’intelligence ni du savoir-faire, de même que la richesse n’est pas acquise à l’habileté.

détail de  deux hommes qui discutent kalila wa dimna  bibliotheque nationale paris circa 1200 syrie
détail de deux hommes qui discutent kalila wa dimna vers 1200 syrie (sham)

On a fait honneur aussi à Ardeschir, fils de Babek, de l’invention et de la découverte de ce jeu, qui lui fut suggéré par le spectacle des vicissitudes et des caprices de la fortune. Il divisa la table, en douze cases, d’après le nombre des mois, et il établit trente chiens (dames), selon les jours du mois.

Les deux des représentent la destinée et son action capricieuse sur les hommes.

Le joueur, si le sort le favorise, obtient, en jouant, ce qu’il désire ; au contraire, l’homme habile et prudent ne peut réussir à gagner ce qu’une chance heureuse a donné à son adversaire. C’est ainsi que les biens de ce monde sont dus à un hasard fortuné.

Le successeur d’el-Bahboud fut Zaman (Ramah ?), qui régna près de cinquante ans.

Les principaux faits de ce règne, et ses guerres avec les rois de Perse et de Chine sont résumés dans nos précédents ouvrages.

Il eut pour successeur Por (Porus), qui livra bataillé à Alexandre et fut tué par ce prince dans un combat singulier ; il avait régné cent quarante ans.

Après lui régna Dabchelim, l’auteur du livre de Kalilah et Dimnah, traduit en arabe par Ibn el-Mokaffa.

Sehi, fils de Haroun, a aussi composé pour el-Mamoun un livre intitulé Tâlah et Afrâh, analogue, par son plan et la nature de ses fables, au livre de Kalilah et Dimnah, mais supérieur à celui-ci par l’élégance du style. Le règne de Dabchelim fut de cent dix ans ; mais on n’est pas d’accord à cet égard.

Le Chatrang ou Shatranj  est considéré comme l'ancêtre du jeu d'échecs. Il est la version perse (transmi et modernisé par les arabes) du jeu indien Chaturanga. À moins que ce ne soit le contraire car, à ce jour, les plus anciennes traces que l'on ait des échecs sont les mentions dans trois textes épiques perses, notamment le Wizârišn î chatrang ud nihišm î nêw-ardaxšîr (« l'explication des Échecs et l'invention du Nard », texte appelé aussi Mâdayân î chatrang ou encore Chatrang nâmag, « Le livre des échecs ») écrit probablement au vie siècle
Le Chatrang ou Shatranj est considéré comme l’ancêtre du jeu d’échecs. Il est la version perse (transmi et modernisé par les arabes) du jeu indien Chaturanga. À moins que ce ne soit le contraire car, à ce jour, les plus anciennes traces que l’on ait des échecs sont les mentions dans trois textes épiques perses, notamment le Wizârišn î chatrang ud nihišm î nêw-ardaxšîr (« l’explication des Échecs et l’invention du Nard », texte appelé aussi Mâdayân î chatrang ou encore Chatrang nâmag, « Le livre des échecs ») écrit probablement au vie siècle

Après lui régna Balhit. On inventa, à cette époque, le jeu d’échecs, auquel ce roi donna la préférence sur le trictrac, en démontrant que l’habileté l’emporte toujours dans ce jeu sur l’ignorance.

Il fit des calculs mathématiques sur les échecs, et composa, à ce sujet, un livre nommé Tarak-Djenka, qui est resté populaire chez les Indiens.

Il jouait souvent aux échecs avec les sages de sa cour, et ce fut lui qui donna aux pièces des figures d’hommes et d’animaux, leur assigna des grades et des rangs, assimila le roi (Chah) au chef qui dirige, et ainsi de suite des autres pièces.

Il fit aussi de ce jeu une sorte d’allégorie des corps élevés, c’est-à-dire des corps célestes, tels que les sept planètes et les douze signes du zodiaque, et consacra chaque pièce à un astre. L’échiquier devint une école de gouvernement et de défense ; c’était lui que l’on consultait en temps de guerre, quand il fallait recourir aux stratagèmes militaires, pour étudier la marche plus ou moins rapide des troupes.

Les Indiens donnent un sens mystérieux au redoublement des cases de l’échiquier ; ils établissent un rapport entre cette cause première, qui plane au-dessus des sphères et à laquelle tout aboutit, et la somme du carré de ces cases.

Ce nombre est égal à 18, 446, 740,773, 707, 551, 615, où se trouvent six fois mille après les chiffres de la première série, cinq fois mille après ceux de la seconde, quatre fois mille après ceux de la troisième, trois fois mille après ceux de la quatrième, deux fois mille après ceux de la cinquième, et une fois mille après ceux de la sixième.

Les Indiens expliquent par ces calculs la marche du temps et des siècles, les influences supérieures qui s’exercent sur ce monde, et les liens qui les rattachent à rame humaine.

Les Grecs, les Romains et d’autres peuples ont des théories et des méthodes particulières sur ce jeu, comme on peut le voir dans les traités des joueurs d’échecs, depuis les plus anciens jusqu’à es-Souli et el-Adli, les deux joueurs les plus habiles de notre époque. Le règne de Balhit, jusqu’à sa mort, dura quatre-vingts ans, ou, selon d’autres manuscrits, cent trente ans.

Korech (Harcha ?), son successeur, abandonnant les doctrines du passé, introduisit dans l’Inde de nouvelles idées religieuses, plus conformes aux besoins de son époque et aux tendances de ses contemporains. Sous son règne vivait Sindbad, auteur du Livre de sept Vizirs, du Maître, du Jeune homme et de la Femme du roi ; c’est le livre intitulé KitabSindbad.

On composa aussi dans la bibliothèque de Korech un Grand traité de pathologie et de thérapeutique, avec des figures et des dessins de diverses plantes. Ce roi mourut après un règne de cent vingt ans.

A sa mort, la discorde s’éleva parmi les Indiens ; ils se divisèrent en plusieurs nations et tribus, et chaque contrée eut un chef particulier.

C’est ainsi que se formèrent les royaumes de Sind, de Kanoudj, de Kachmir ; la ville de Mankir, qui était le grand centre de l’Inde, se soumit à un roi nommé le Balhara, et le nom de ce premier roi est resté à tous ses successeurs qui ont régné dans cette capitale jusqu’à ce jour (332 de l’hégire).

L’Inde est un vaste pays qui s’étend sur la mer, le continent et au milieu des montagnes ; ce royaume est limitrophe de celai de Zabedj, qui est l’empire du Maharadja, roi des îles.

Le Zabedj, qui sépare la Chine de l’Inde, est compris dans cette dernière contrée.

Du côté des montagnes, l’Inde a pour limite le Khoraçan et le Sind, jusqu’au Tibet

Guerrier Rajput indien a cheval
Guerrier Rajput indien a cheval

Ces royaumes sont continuellement en guerre, et diffèrent autant par leur langue que par leurs croyances.

La plupart de ces peuples croient à la métempsycose ou transmigration des âmes, comme nous l’avons dit un peu plus haut.

Mais par leur intelligence, leur gouvernement, leur philosophie, par leur robuste constitution, autant que par la pureté de leur teint, les Indiens diffèrent de toutes les races nègres, telles que les Zendjis, les Demdemès, etc.

Galien (le Grec) signale dix propriétés particulières aux noirs, à savoir : les cheveux crépus, les sourcils rares, les narines dilatées, les lèvres épaisses, les dents aiguës, la puanteur de la peau, la noirceur du teint, la longueur des pieds et des mains, le développement des parties génitales et une pétulance excessive.

Cet auteur explique cette dernière qualité chez le noir par l’organisation imparfaite de son cerveau, d’où résulte la faiblesse de son intelligence.

La vivacité du nègre, l’empire que prend sur lui la joie, et la pétulance extraordinaire qui distingue les Zendjis parmi toutes les races noires, ont inspiré à d’autres auteurs des observations que nous avons insérées dans nos ouvrages précédents.

L'Haplogroupe A1b1b originaire du Sud-soudan
L’Haplogroupe A1b1 originaire du Sud-soudan

Yakoub, fils d’Ishak el-Kendi, dans un de ses traités, relatif à l’action des corps élevés et des sphères célestes sur notre monde, ajoute : « Dieu a établi un enchaînement de causes dans toutes les parties de la création ; la cause exerce sur la créature qui la subit une influence qui la rend cause à son tour ; mais cette créature purement subjective ne peut pas réagir sur sa cause ou son agent.

Or, l’âme étant la cause et non pas l’effet de la sphère, la sphère ne peut réagir sur l’âme ; mais il est dans la nature de l’âme de suivre le tempérament du corps, tant qu’elle ne rencontre pas d’obstacle, et c’est ce qui a lieu chez les Zendjis.

Leur pays étant très chaud, les corps célestes y exercent leur influence et attirent les humeurs dans la partie supérieure du corps.

De là les yeux à fleur de tête de ces peuples, leurs lèvres pendantes, leur nez aplati et gros, et le développement de la tête par suite de ce mouvement ascensionnel des humeurs.

Le cerveau perd son équilibre, et l’âme ne peut plus exercer sur lui son action complète ; le vague des perceptions et l’absence de tout acte de l’intelligence en sont la conséquence. »

Saturne vue par la sonde Cassini en 2008.
Saturne vue par la sonde Cassini en 2008.

Les anciens comme les modernes ont discuté les causes de la conformation des noirs et de leur position par rapport à la sphère ; on a recherché si l’une des sept planètes, le soleil, la lune ou les cinq autres président à leurs actions, et ont une influence particulière sur leur naissance et leur développement physique.

Mais notre ouvrage n’étant pas consacré à ce genre d’études, nous ne pouvons rapporter ce qui a été dit à cet égard ; le lecteur trouvera dans nos Annales historiques les théories et les arguments qui ont été proposés ; il y trouvera encore l’exposé du système de ces astronomes anciens et modernes qui ont placé les nègres sous l’action de Saturne.

Telle est aussi l’opinion d’un poète et astrologue musulman contemporain, bien instruit de ce qui concerne les sphères :

Le doyen (de ces astres) est le sublime Saturne, vieillard majestueux, puissant monarque.

Son tempérament est noir et froid ; noir comme l’âme en proie au désespoir.

Son influence s’exerce sur les Zendjis et les esclaves, et aussi sur le plomb et le fer.

Taous el-Yemani, compagnon d’Abdallah, fils d’el-Abbas, ne touchait pas à la chair d’un animai tué par un Zendji, parce que, disait-il, le Zendji est un être hideux.

J’ai entendu dire qu’Abou’l-Abbas er-Radi billah, fils d’el-Moktadir, n’acceptait rien de la main d’un noir, parce que c’était un esclave hideux.

J’ignore s’il se conformait, en agissant ainsi, à la doctrine de Taous, ou s’il suivait quelque précepte philosophique particulier.

Amr, fils de Bahr el-Djahii a composé un livre Sur la supériorité des noirs, et leur lutte avec la race blanche.

Le classement racial du "World Book Atlas 1964"
Le classement racial du « World Book Atlas 1964 »

Dans l’Inde un roi ne peut monter sur le trône avant quarante ans révolus ; il ne se montre au peuple qu’à des époques déterminées, et seulement pour examiner les affaires de l’État ; car, dans leurs idées, un roi porterait atteinte à sa dignité et n’inspirerait plus le même respect s’il se montrait constamment au peuple. Le pouvoir ne se maintient chez eux que par le despotisme et le respect de la hiérarchie politique.

Voici ce que j’ai vu dans le pays de Serendib (Ceylan), île de la mer de l’Inde : quand un roi meurt, on l’expose sur un chariot bas, à petites roues, et destiné à cet usage, de manière à ce que les cheveux traînent par terre.

Une femme, un balai à la main, jette de la poussière sur la tête du mort, en criant : « Peuple, voilà votre roi d’hier ! il était votre maître ; ses moindres volontés étaient obéies. Voyez-le maintenant ; il a quitté la terre, et son âme est entre les mains du roi des rois, le vivant, l’éternel, qui ne meurt pas ! Ne cédez donc pas aux illusions de la vie ! » Elle continue ainsi ses exhortations en faveur de la retraite et du détachement des biens de ce monde ; puis, après avoir promené le corps par toutes les rues de la ville, on le coupe en quatre morceaux, on le brûle sur un bûcher fait de bois de sandal, de camphre et d’autres parfums, et enfin on jette ses cendres au vent. Telles sont les cérémonies que presque tous les Indiens observent pour les rois et les grands, et ils croient ainsi suivre le but qu’ils se proposent dans l’avenir.

La royauté appartient exclusivement à la même famille, et ne passe jamais à une autre ; il existe de même une dynastie de vizirs, de kadis et d’autres fonctionnaires, qui tous sont inamovibles.

Les Indiens s’abstiennent de boire du vin, et blâment ceux qui en font usage, non que leur religion le défende, mais dans la crainte qu’il ne trouble leur raison et ne la prive de l’usage de ses facultés. Si un de leurs rois est convaincu d’en avoir bu, il mérite d’être destitué, car il doit lui être impossible de gouverner l’État quand sa raison est obscurcie. Ils aiment le chant et la musique, et ils ont divers instruments d’harmonie qui produisent sur l’homme des effets gradués, depuis le rire jusqu’aux larmes. Souvent ils font boire et danser devant eux des jeunes filles esclaves, afin de s’exciter à la joie par ce spectacle.

Les Indiens ont un grand nombre d’institutions que nous avons décrites, ainsi que leur histoire et leurs usages dans nos Annales historiques et notre Histoire moyenne ; nous n’en donnerons donc ici qu’une esquisse. Voici une anecdote intéressante pour l’étude de l’histoire et des mœurs des anciens rois de l’Inde et des rois de Komar (Comorin). C’est de ce pays qu’on exporte l’aloès, nommé pour cette raison aloès komari. Cette contrée n’est pas : une île, mais elle est située sur le bord de la mer, et couverte de montagnes. Peu de pays dans l’Inde ont une population plus nombreuse ; ses habitants se distinguent par la pureté de leur baleine, parce qu’ils font, comme les musulmans, usage du cure-dent. Ils ont aussi l’adultère en horreur, évitent tout acte impudique, et s’abstiennent de boissons spiritueuses ; dans cette dernière pratique, ils ne font d’ailleurs que se conformer à un usage général dans l’Inde. Leurs troupes se composent surtout d’infanterie, parce que leur pays renferme plus de montagnes et de vallées que de plaines et de plateaux. Il est sur le chemin des États du Maharadja, roi des îles de Zabedj (Java), de Kalah (Malaka ?), de Serendib (Ceylan), etc.

On raconte donc qu’un roi jeune et irréfléchi régnait jadis dans le Komar. Un jour il était assis sur son trône, dans un château situé à un jour de marche de la mer, et qui dominait un grand fleuve d’eau douce comme le Tigre et l’Euphrate. Son ministre se tenait devant lui, et ils s’entretenaient du royaume riche et puissant du Maharadja, et du grand nombre d’îles qu’il possédait. Le roi dit alors : « Que je voudrais réaliser le projet que j’ai formé en moi-même ! — Quel est-il, sire ? demanda le vizir, homme sage qui connaissait la légèreté de son maître. — Je voudrais que la tête du Maharadja, roi de Zabedj, fût exposée sur un plat devant moi. » Le vizir, comprenant que la jalousie avait inspiré cette pensée-an roi et l’avait fomentée dans son cœur, lui dit : « Sire, je n’aurais pas cru que le roi s’entretînt dans de pareilles pensées. Jamais nous n’avons eu de différends avec cette nation, ni dans le passé ni aujourd’hui, et elle ne nous a donné aucun sujet de plainte ; en outre, elle habite des îles lointaines, fort éloignées de nos frontières, et elle n’a aucune vue de conquête sur notre pays. (En effet, une distance de dix à vingt jours de navigation sépare le royaume de Komar de celui du Maharadja.). Il vaut donc mieux, sire, ajouta le vizir, que personne n’ait connaissance de ce projet, et que le roi lui-même n’en reparle plus. » Le roi s’irrita et ne tint aucun compte de cet avis. Il fit part de ses desseins à ses généraux et à ses principaux courtisans ; la nouvelle passa de bouche en bouche, et finit par arriver jusqu’au Maharadja. Ce dernier était un prince sage, expérimenté et d’un âge déjà mûr. Il fit venir son vizir, l’informa de ce qu’il avait appris, et ajouta : « Ce que la renommée rapporte de ce fou, le projet que sa jeunesse et son orgueil lui ont inspiré, la publicité de ses paroles, tout nous oblige à sévir contre lui, car l’impunité porterait atteinte à notre dignité et à notre pouvoir. »

Il ordonna donc à son vizir de tenir cet entretien secret, d’équiper mille vaisseaux de moyenne force, et de pourvoir chacun de ces vaisseaux des armes et des troupes nécessaires. On fit courir le bruit que le roi voûtait faire une promenade de plaisir dans les îles du royaume ; on écrivit même aux rois de ces îles, qui étaient vassaux du Maharadja, que le monarque allait faire une excursion d’agrément sur leurs terres, et, à cette nouvelle, chaque roi se prépara à bien recevoir le Maharadja. Ces ordres étant bien exécutés, et les armements terminés, le Maharadja s’embarqua et vint aborder avec son armée dans le royaume de Komar. Le roi de Komar ne sut cette expédition qu’en voyant la flotte remonter le fleuve et arriver sous sa capitale.

Pris à l’improviste, ses soldats furent défaits, ses généraux faits prisonniers, la ville investie, et le royaume tout entier tomba au pouvoir du Maharadja. Celui-ci fit proclamer l’aman, puis il se plaça sur le trône du roi de Komar, et se fit amener ce roi prisonnier et son vizir. « Qui t’a inspiré, demanda-t-il au roi, un projet si au-dessus de tes forces, un projet dont la réalisation ne t’aurait pas rendu plus heureux, et qui n’a pas même pour excuse la possibilité de l’entreprise ? » Le roi se tut, et le Maharadja ajouta : « Si, au vœu de voir ma tête dans un bassin devant toi tu avais ajouté le désir de t’emparer de mes États et d’y porter la-destruction, j’aurais usé ici de représailles ; mais tu n’as formé précisément qu’un projet, et c’est moi qui le réaliserai à tes dépens. Puis je rentrerai dans mon pays, sans toucher aux biens de tes sujets, petits ou grands. Je veux que tu serves d’exemple à tes successeurs, afin qu’ils ne franchissent pas les limites que la fortune leur a assignées, et qu’ils connaissent le prix de la sécurité. »

Le sultan Montrant la Justice tiré du livre "Kalikah et Dimnah"
Le sultan Montrant la Justice tiré du livre « Kalikah et Dimnah »

Puis il lui fit trancher la tête. Il s’adressa ensuite au vizir et lui dit : «Je te remercie, vizir ; je sais les bons conseils que tu donnais à ton maître, qui aurait dû les accepter. Désigne celui que tu crois digne de gouverner après ; cet insensé, et place-le sur le trône. Le Maharadja retourna aussitôt dans ses États, sans que lui ou ses troupes eussent exercé le moindre ravage dans ce pays. Rentré dans son royaume, il s’assit sur son trône, qui dominait l’étang surnommé l’étang des barres d’or, et fit placer devant lui le plat où était posée la tête du roi vaincu. Il assembla tous les grands du royaume, et leur raconta son expédition et le motif qui l’avait rendue nécessaire. Ses sujets répondirent par des acclamations et des vœux.

Sur son ordre, on lava la tête du roi, on l’embauma, et, après l’avoir enfermée dans un vase, on l’envoya à son successeur dans le Komar, avec la lettre suivante : « Notre expédition a été motivée par l’insolence de ton prédécesseur, et par la nécessité de donner une leçon à ses pareils. Maintenant que nous avons atteint notre but, nous croyons devoir te renvoyer cette tête, car nous n’avons aucun intérêt à la garder, et une pareille victoire n’ajoute rien à notre gloire.» Les rois de l’Inde et de la Chine, instruits de ces événements, n’en eurent qu’une plus haute idée du Maharadja, et, depuis lors, les rois de Komar, en se levant le matin, se tournaient vers le pays de Zabedj, et se prosternaient en proclamant avec respect la grandeur du Maharadja.

Nous devons expliquer ce que signifie l’étang des barres d’or.

Le palais du Maharadja domine un petit étang, qui communique avec le principal golfe du Zabedj ; le flux amène l’eau de mer dans ce golfe, et le reflux en enlève l’eau douce. Tous les matins, le trésorier du roi arrive porteur d’une barre d’or fondu pesant un certain nombre de livres, dont je ne puis évaluer le poids exact, et la jette dans l’étang en présence du roi.

A l’heure du flux, l’eau monte et recouvre cette barre avec celles qui y sont déjà déposées ; mais la marée basse les laisse à découvert, et elles brillent aux rayons du soleil, sous les yeux du roi, qui est assis dans sa salle d’audience, située au-dessus de cet étang.

On continue ainsi, pendant toute la durée de son règne, à jeter chaque jour une barre d’or, et personne n’ose y toucher ; mais à la mort du roi, son successeur fait retirer tous ces lingots, sans en laisser un seul.

On les compte, on les fond, et on les distribue aux membres de la famille royale, tant aux hommes qu’aux femmes et aux enfants, aux officiers et aux serviteurs, en observant le rang et les prérogatives de chaque classe.

Le surplus est distribué aux pauvres et aux infirmes. Le nombre et le poids de ces barres sont inscrits dans un registre, et l’on dit que tel roi a vécu tant d’années, et qu’il a laissé dans l’étang royal tant de barres d’or, pour être distribuées après sa mort entre ses sujets. C’est une gloire, à leurs yeux, d’avoir régné longtemps et d’avoir laissé un grand nombre de ces barres.

 est une mosquée dans Methala , Kodungallur Taluk, quartier Thrissur dans le Indien état ​​de Kerala . [1] Le Cheraman Masjid est dit être la première mosquée de l'Inde, construite en 629 AD par Malik Ibn Dinar . On croit que cette mosquée a été rénové et reconstruit au 11e siècle de notre ère.
 La mosquée  Cheraman Masjid dans la ville de Methala en Inde (629 JC) construite par le compagnon Malik ibn Dinar (radi ALLAH anhu) , dans  le quartier le Thrissur dans l’état ​​de Kerala .Le Masjid est dit être la première mosquée de l’Inde. On croit que cette mosquée a été rénové et reconstruit au 11e siècle de notre ère.
Le plus puissant roi qui règne aujourd’hui dans l’Inde est le Balhara, souverain de ta ville d’el-Mankir ; la plupart des chefs de l’Inde tournent leur visage vers lui en priant, et adressent des prières à ses ambassadeurs, quand ils arrivent à leur cour.

Les États du Balhara sont entourés par plusieurs principautés.

Quelques-uns de ces rois habitent la région des montagnes, loin de la mer ; tels sont le Raya, maître du Kachmir, le roi de Tafen et d’autres chefs indiens.

D’autres Etats s’avancent sur la mer et dans le continent.

La capitale du Balhara est éloignée de la mer de quatre-vingts parasanges sindi, et chaque parasange vaut huit milles.

Ses armées et ses éléphants sont innombrables ; mais presque toutes ses troupes se composent d’infanterie, à cause de la nature du pays.

Un de ses voisins, parmi les rois de l’Inde, éloignés de la mer, est le maître de la ville de Kanoudj, le Baourah, titre donné à tous les souverains de ce royaume.

Il a de fortes garnisons cantonnées au nord, au sud, à l’ouest et à l’est, parce que chacun de ces côtés est menacé par un voisin belliqueux.

Nous donnerons plus tard de nouvelles notions sur les souverains du Sind, de l’Inde et d’autres rois de la terre, dans le chapitre relatif aux mers, à leurs particularités, aux nations et aux rois qui les environnent, etc.

On trouvera aussi ces renseignements dans nos précédents ouvrages.

Puisse Dieu nous aider ! en lui seul sont la force et le pouvoir.

Carte du monde d'al-Masudi avec écris : “Ard Majhoola” qui  ce réfère aux Amériques (orienté avec le sud en haut)
Carte du monde d’al-Masudi avec écris : “Ard Majhoola” qui ce réfère aux Amériques (orienté avec le sud en haut)

CHAPITRE VIII.

DESCRIPTION DU CONTINENT ET DES MERS ; SOURCES DES FLEUVES ; LES MONTAGNES ; LES SEPT CLIMATS, ASTRES QUI EXERCENT SUR EUX LEUR INFLUENCE’, ORDRE DES SPHÈRES, ETC.

Les savants partagent la terre entre les quatre points cardinaux, l’est, l’ouest, le nord et le sud ; ils la divisent aussi en deux parties, celle qui est habitée et celle qui est déserte, cultivée ou inculte.

La terre, disent-ils, est ronde, son centre passe par l’axe de la sphère, l’air l’entoure de tous les côtés, et, comparée à la sphère du zodiaque, elle est petite comme un point mathématique.

La portion habitée s’étend depuis un groupe de six îles nommées les îles Eternelles (Fortunées), et situées dans l’océan Occidental, jusqu’à l’extrémité de la Chine. Cette étendue correspondant à. douze heures (de la révolution journalière du soleil), ils ont reconnu que le soleil se lève pour les îles Éternelles, situées dans l’océan Occidental, quand il se couche à l’extrémité de la Chine, et qu’il se lève pour cette partie reculée de la terre quand il se couche pour ces îles.

Cette portion est la moitié de la circonférence terrestre, et c’est retendue longitudinale qu’ils disent avoir observée. Si on l’évalue en milles employés pour la mesure du globe, on obtient un total de treize mille cinq cents milles.

Leurs recherches sur la latitude de la terre ont prouvé que la portion habitée s’étend, de l’équateur vers le nord, jusqu’à l’Ile de Toulé (Θούλη) dans la (Grande-) Bretagne, où la durée du jour le plus long est de vingt heures. Selon eux, l’équateur passe, entre l’est et l’ouest, par une île située entre l’Inde et l’Abyssinie, et un peu au sud de ces deux contrées.

Ce point intermédiaire entre le nord et le midi est coupé par le point intermédiaire entre les îles Éternelles et l’extrémité de la Chine ; c’est ce que l’on nomme la coupole de la terre, déjà connue parce que nous en avons rapporté. On compte environ soixante degrés de latitude de l’équateur à l’île de Toulé : c’est un sixième de la circonférence de la terre.

En multipliant ce sixième, qui est la mesure de la latitude, par une moitié qui représente la longitude, on obtient, pour la portion habitée de l’hémisphère septentrional, un douzième de la surface du globe.

Globe Céleste, Ispahan (?), L'Iran 1144. Présenté au Musée du Louvre, ce globe est la 3ème plus ancienne survivant dans le monde
Globe Céleste, Ispahan (?), al-iraq al-Ajami (l’Iran) 1144. Présenté au Musée du Louvre, ce globe est la 3ème plus ancienne survivant dans le monde, époque Sedjoukide/ Abbasside

Voici la division des sept climats. Premier climat : le pays de Babel, le Khoraçan, el-Ahwaz, Moçoul et le Djebal ; ce climat a pour signes du zodiaque le Bélier et le Sagittaire ; pour planète, Jupiter. Second climat : le Sind, l’Inde et le Soudan ; signe du zodiaque, le Capricorne ; pour planète, Saturne. Troisième climat : la Mecque, Médine, le Yémen, le Taïf, le Hedjaz et les pays intermédiaires ; signe du zodiaque, le Scorpion ; planète, Vénus l’heureuse. Quatrième climat : l’Égypte, l’Ifriqiya, le pays des Berbers, l’Espag