l’ère des Banu Ubyad dit Fatimides

Les Kutama, histoire de la disparition d’une tribu :

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Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l'émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya
Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l’émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya (800-909)

Les Kutama, Ketama ou Kotama  était une tribu berbère Sanhadja branès et classée parmi la confédération des Bavares.. La tribu porta le nom de « Ukutamanorum » sous les Romains, puis de « Ucutamani » sous les Byzantins et de « al-Kutama » sous les Arabes.

Cette tribu peuplait principalement la région des Babors en Petite Kabylie et le nord-constantinois,1 régions situées au Nord-Est de l’Algérie, mais étendit également ses ramifications dans tout le Maghreb.2 Les Kutamas ont eu un rôle important durant l’époque médiévale (909 – 1171) au centre de l’Afrique du Nord. Ils serviront des missionnaires et d’imams chiites tels que Abu Abd Allah ach-Chi’i et Ubayd Allah al-Mahdi, formant ainsi la dynastie arabe des Fatimides contre les Aghlabides, émirat arabe issu de la tribu des Banu Tamim originaire du Khorassan, vassal du Califat Abbasside et contrôlant l’Ifriqiya (800 à 909).

fatimides
Un Cavalier Ghulam Turc et un Fantassin Kutama, tout deux de l’armée fatimide

Origines et Théories :

Les Kutama seraient une sous-branche des berbères Sanhaja selon Ibn Khaldûn. Toujours selon lui ils seraient les enfants de « Ketam » ou de « Ketm », fils de Bernis et donc de la même souche berbère que les Sanhadja.

Ibn Khaldoun après avoir fait d’après le rapport des généalogistes  descendre les Ketamah des Beranis ou enfants de Ber  descendants de Mazigh fils de Canaan mais ajoute : « Al-Kalbi (737-819) veut que les tribus de Ketamah et de Sanhadjah n’appartiennent pas aux Berbères ils ne sont selon lui que des tribus du Yémen qu’Afrikis fils de Saïli laissa en Afrique avec les gens de la postérité de Cham qu’il y avait établis. Il dit encore plus loin : « La vérité est que les Berbère sont un peuple bien différent des Arabes excepté peut-être comme l’observent aussi les généalogistes les tribus Sanhajah et des Kutamah qui selon moi doivent être regardées comme parentes et alliées des Arabes . Mais Dieu le sait ». ( Al-Kalbi repris par Ibn Khaldoun par Schulz Journ asiat t II p 121 et 142)

Selon toujours Ibn Khaldoun : : « Il est vrai qu’Ifricos-Ibn-Saïfi , ce prince de la dynastie des Tobba [rois du Yémen], qui donna son nom à l’Ifrîkïa, y avait conduit une expédition et s’en était rendu maître ; mais, après y avoir laissé les tribus himyerites de Ketama et de Sanhadja, il s’en alla. Ces deux peuples devinrent graduellement Berbères et se confondirent avec cette race , de sorte que l’autorité des Arabes en Ifrîkïa disparut tout-à-fait. Lors de la promulgation de l’Islam , le progrès de cette religion mit les Arabes en état de vaincre les autres nations. Leurs armées pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays.» dixit Ibn Khaldoun;

Selon A.Bouchareb dans la thèse d’état; « Cirta ou le substratum urbain de Constantine. » : « Notons ici que Himyer, cité comme un aïeul commun des Ketama et des Sanhadja, était également regardé par les historiens antiques comme également l’aïeul des phéniciens (donc des puniques) » et plus loin il poursuit :« Deuxièmement, nous retenons que ces populations, jointes aux berbères autochtones durant des temps reculés, étaient selon les généalogistes arabes descendants de Himyer d’origine yéménite, la même origine attribuée par les historiens (antiques, dont Hérodote) aux phéniciens »

Gautier quant à lui, propose de voir dans les récits des historiens arabes sur les conquêtes yéménites  du roi Ifrikos au Maghreb « une transposition de souvenirs phéniciens »

Le nom antique sous lequel cette tribu est signalée est « kédamousien ». D’après Ptolémée, elle serait venue du sud pour s’installer dans les montagnes d’actuel Nord-Est Algérien.

Les régions de l'empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya
Les régions de l’empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya

Histoire des Kutama

C’est au Moyen Âge et le début de l’ère musulmane que sa renommée deviendra la plus importante.

Dès l’année 154 de l’hégire (771), les kutama étaient dans la ville de Jijel, et vraisemblablement peuplait aussi le territoire de cette ville, car elle a accueillis deux fois des armées arabes Abbasside révoltés de Kairouan, venu prendre refuge et s’établir parmis eux. (Ibn-Khaldoun, trad Desvergers, p. 67.)

La région est le foyer historique de la grande tribu berbère des Kutama, qui joua un rôle considérable dans le Moyen Âge maghrébin et islamique, notamment parce qu’elle fut à l’origine de la création de l’empire fatimide au xe siècle, « l’un des plus grands empires de l’histoire islamique », qui s’étendait du Maroc actuel à l’Arabie3.

Au début du xe siècle, les Kutama ont constitué avec les Fatimides une coalition contre les Abbassides. En rivalité avec les Aghlabides qui gouvernaient l’Ifriqiya, la tribu Kotama joua un rôle déterminant dans la fondation de l’État Fatimide. Ses membres devinrent les plus farouches protecteurs du jeune État et constituèrent également les principaux effectifs de sa fidèle armée4,3.

Abu Abd Allah ach-Chi’i, missionnaire arabe chiite réunit les Kutama et prépare le terrain pour son maître Ubayd Allah al-Mahdi, un imam chiite ismaélien de Syrie présenté comme le Mahdi par Abû `Abd Allâh ach-Chî’î et dont le rêve est de faire basculer le pouvoir sunnite en place à Bagdad au profit de la dynastie chiite4.

En 903 les Kutama commencèrent l’insurrection. Le 19 mars 909, ils détruisent définitivement les Aghlabides, dynastie installée par les Abbassides en Ifriqiya, près de Laribus. Six jours après, ils entrent dans leur capitale Raqqâda puis fondent la capitale du nouveau califat Fatimide à Mahdiyah5.

Les Fatimides, avec leurs armée Kutama conquièrent l’Égypte en 969 sous le commandement du général Jawhar al-Siqilli (le Sicilien) qui entra à Al-Fustât en 972, dans un pays désorganisé et en proie à la famine. Ils fondent, près de cette ville sunnite, une nouvelle capitale qu’il nommèrent al-Qâhira (Le Caire), signifiant « la Victorieuse »4.

Ce qui provoqua un fort exil des Kutama vers l’Égypte, ont peut aisément dire qu’ils servirent de chair à canon pour les Ismaéliens.

Peinture d'al-Qasr al-Fatimi d'Ajdabiya dans la province de Barqa dans l'actuelle Libye En l'an 362 de l'hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui
Peinture d’al-Qasr al-Fatimi d’Ajdabiya dans la province de Barqa dans l’actuelle Libye En l’an 362 de l’hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui

Ibn Khaldoun nous dit « toute la nation des Kutama organisée en différentes tribus, partit s’établir en Égypte »6

Les Kutamas installèrent un campement militaire près du Caire, formant une puissance militaire redoutable au service du Califat arabe Ubaydite. Ils conduiront plus tard des expéditions jusqu’à Damas contre les Abbassides. Le quartier des Kutama « Hai El-Kotamiyine », au Caire, sont un des vestiges de leurs ancienne influence.

Rue de Kutama : « Cette rue est voisine de la rue des Batélites, elle en fait même aujourd’hui partie. C est là que furent les logements des Kutamiens lorsqu’ils vinrent d’Afrique d’abord avec le kaïd sicilien Djauhar et plus tard avec le khalife Moëzz. Le lieu où était cette rue est ce qu’on nomme aujourd’hui les Bains de Kérai, avec ce qui les avoisine derrière le collège d’Ibn algannam, à l’endroit où se trouve le passage d’Ibn alaasar, jusqu’au commencement de la rue des Batélites. Les Kutamiens étaient les sujets privilégiés de la famille des khalifes Fatémites » (Silvestre de Sacy dans Al-Maqrizi, chrestomancie arabe, vol1; p127)

Abu Ali ibn Jafar ibn Fallah al-Kutami (969-971).était le Wali Fatimide de la ville Syrienne de Damas 

Un assez grand nombre de poste de Wulat (plr de Wali) furent donnés à des Ketâma. Un personnage de cette tribu obtint le gouvernement d’Adjedabia, oasis située au sud de Barqa en Libye (Kaïrouâni, p. 107), un autre Kutami celui de Gabès en Tunisie (Kaïrouâni, p. 107. — al-Bakri, p. 462) , et cette dernière charge demeura héréditaire dans sa famille. Ce fut encore un Kutâmi qui eut la perception générale des impôts.

Al-Hassan ibn Abi khanzir al-Kutami (910-913) était le Wali Fatimide de l’île de Sicile (Ibn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 159.)

l'empire fatimide dégénéré
l’empire fatimide dégénéré

Décadence et disparition des Kutama 

Au cours des innombrables guerres au profit de l’armée fatimide le peuple kutama aurait perdu plus de « cent mille des siens ».

Ibn Khaldoun nous décrit la suite « Devenus donc aussi puissants que l’empire qu’ils avaient contribué à fonder, les Kutama sombrèrent dans le luxe et la mollesse »7. En l’an 973 le calife fatimide quitta le Maghreb pour aller s’installer en Égypte et laisser à Bologhine ibn ziri la charge de gouverner le Maghreb. Les Kutamas se sentirent alors trahis mais n’avaient plus ni les chefs ni les forces pour imposer leur injonction. Ce sont donc les zirides qui allaient être les héritiers des fatimides.

Onze ans plus tard, soit en l’an 984, les zirides dirigés pas Al-Mansur, demeurés seuls maîtres du Maghreb ne tardèrent pas à manifester leurs envies d’indépendance vis-à-vis des fatimides. La réaction de ces derniers ne se fit attendre, un missionnaire fut envoyé dans le pays des Kutama pour les soulever contre le « traitre » ziride, cependant El mansour riposta et entreprit une campagne contre le pays des Kutama, dont les villes et villages furent réduits en ruine. Une seconde révolte éclata l’année suivante qui connut le même sort, elle mobilisa pourtant un grand nombre de Kutama qui succombèrent tous.

Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale
Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale, lors de l’arrivée de la France, E.Carette en 1850, étudie les origines raciales des habitants de la ville, il en conclus qu’il donne 800 habitants d’origine arabe pour 800 berbrèes (p453, « recherches sur les tribus.. »)tous arabisés, conclusion semblable a celle d’al-Bakri en 1050.

Al-Bakri 1014- 1094 nous explique comment une ville comme Mila fut vidé de ses Kutama après les Fatimides :

« Au Mois de choual 378 (jan-fev 989 JC); al-Mansur (fils de Bologhin ) sorti de Kairouan et envahit le pays des Ketama. Arrivé dans le voisinage de Mila, il alla ce présenter devant cette ville, avec l’intention de la livrer au pillage et d’exterminer la population. (..)Dès lors la ville de Mila resta quelque temps sans habitants. Aujourd’hui elle est entourée d’une muraille de pierre et d’un faubourg,(..). La population de Mila se compose d’Arabes, de gens de la millice et d’hommes de race mélangée. »

Les Invasions arabes Hilalienne (adnanites)
Les Invasions arabes Hilalienne , les terres Hialliennes sont tracés en marron

Les débris Kutama lors des invasions arabes des Banu Hilal :

E.Carette nous parle du reste des Kutama lors de l’arrivée des arabes Banu Hilal au 11e siècle :

« Dans la province de Constantineles arabes (Hilaliens et Solaymites) étaient beaucoup plus avancés au nord qu’au sud. C’est même par la région septentrionale (nord), par le massif méditerranéen qu’ils avaient pénétré dans cette partie du Maghreb. Ainsi à Mîla, toute la campagne était au pouvoir des ArabesIls dominaient aussi dans tout, le pays compris entre al-Koll’ (Collo) et Constantine, et étaient en relations de commerce avec les habitants de cette dernière ville. On voit que les Arabes avaient abordé la province de Constantine par le côté le moins accessible ; mais il est extrêmement probable, qu’ils y avaient été bien accueillis, peut-être même appelés par le reste des Ketâma, dignes de la sympathie des tribus arabes que le khalife du Caire avait lâchées sur le Maghreb. L’établissement des Arabes dans le sud de la province de Constantine était beaucoup plus récent que dans le nord » .(Recherches sur l’origine et les migrations des principales tribus de l’Afrique septentrionale et particulièrement de l’Algérie / par E. Carette ; p.408-09 et 410).

Sur les Banu Hilal, Al-Idrissi en décrivant la région situé entre Collo et Constantine dans sa géographie au 12e siècle, nous disait que :«De Constantine .. Au port d’al-Collo, 2 journées, en traversant une contrée fréquentée par les Arabes, » plus loin, il poursuit en disant que les « Les Arabes qui l’habitent sont pacifiques;et que les « Arabes ne passent jamais cette montagne (de Sahaw) qui est comme une limite de leur territoire  » Toujours notre auteur continu et persiste : »D’al-Coll à Constantine , on compte 2 journées, en se dirigeant vers le sud et en traversant un pays occupé par les Arabes. » (Al-Idrīsī (1100-1165) op cit. p.113)

Ibn Khaldoun au 14e siècle constatait qu’une des tribus survivantes des kutama  les Sedouîkich vivant entre Jijel et Bejaia, « vivait sous la tente et élevait des chameaux comme les arabes » à qui, ils en avait même pris la langue et les us et coutumes des arabes, « aussi se donnent-ils quelques fois pour une branche des Soleïm tribu arabe descendue de Moder », et qu’elle vivait sous le patronage des arabes de Sulaym et de Hilal ..

Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d'ou partie l'empire fatimide (algerie, Ifriqiya)
Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d’ou partie l’empire fatimide   « Près de Setif est une montagne nommée Idjkan où les familles de la tribu berbère de Kutama ont établi leur demeure. Il s y trouve aussi un château bien fortifié » (Géographie d’Aboulféda, Volume 2, p194)

Les moeurs des Kutama selon les Historiens :

ibn Hawqal constatait les moeurs dégénérés des Kutama : « La plupart des Berbers qui habitent le Maghrib depuis Sijilmassa, jusqu à Sous, Aghmat et Fez de là aux environs de Tahert, Ténès, Mesîla ,Tobna, Baghaï ,Aguerbal, Djijeli,s Azfoun, et les dépendances de Bone accueillent les voyageurs avec hospitalité il se trouve même des gens parmi eux qui pour faire honneur aux étrangers leur prostituent leurs enfants Cette détestable coutume fut vivement combattue par Abou Abd Allah le missionnaire  des Fatimites qui eut recours à des moyens extrêmes pour l’abolir mais elle résista à tous ses efforts«  (ibn Hawqal page, 241 « surate al ard ».)

En l’an 1150 al-Idrissi (1100-1165)  auteur de « la description de l’Afrique et de l’Espagne », constatait déjà l’état d’affaiblissement des Kutama dont il ne restait que quatre mille individus et le fait qu’ils prostituait leurs enfants mâles 8 il le disait en ses termes :

« Cette tribu est renommée par sa générosité et par l’accueil qu’elle fait aux étrangers. Ce sont certainement les gens du monde les plus hospitaliers car ils n’ont pas honte de prostituer leurs enfants mâles aux hôtes qui viennent les visiter et loin de rougir de cette coutume ils croiraient manquer à leur devoir s’ils négligeaient de s’y conformer, divers princes ont cherché à les y faire renoncer même par des punitions très sévères mais toutes les tentatives qu on a pu faire ont été vaines. A l’époque où nous écrivons il ne reste plus de la tribu de Kitâma jadis très nombreuse qu’environ quatre mille individus. » 

« La doctrine immorale et impie de l’ismaélisme, apportée dans le Maghreb central par Abou-Abdallah, n’y avait pas fait, selon toute apparence, un grand nombre de prosélytes ; dès les premiers jours de l’apostolat, on voit une tribu de Ketâma, voisine du foyer de l’insurrection, s’élever contre les prétentions d’Abou-Abdallah. Ne serait-ce pas d’ailleurs faire injure à la conscience humaine, que de la croire accessible à des doctrines de cette nature ? Les conversions durent se concentrer dans un cercle étroit autour de leur point de départ. Bientôt aux conversions succédèrent les soumissions, et la conquête à l’apostolat ; la plus grande partie du Maghreb dut subir le joug des nouveaux maîtres, sans pour cela adopter leur dogme.

Un certain nombre de tribus tomba dans le chiisme pur et crut à l’arrivée du Mahdi ; enfin un petit noyau d’adeptes, groupés autour du point de départ de la prédication, adopta seul la morale et le dogme ismaélien. (Kaïrouâni, p. 133., cité par E.Carette)

Il semble que l’ethnie kutama a définitivement disparu au xive siècle. Ibn Khaldoun nous explique que «la raison en est que pendant les quatre siècles qui se sont écoulés depuis la chute de l’empire kutamien, les dynasties suivantes se sont plu à leur reprocher l’attachement qu’ils avaient montré aux doctrines hérétiques et aux croyances infidèles (ismaélisme), il en résulta que la plupart des peuples kutama renoncèrent à ce surnom à cause de l’idée de dégradation que cela comportait »(Ibn Khaldoun 1969,I, p. 298)

Situation approximative des tribus arabes et berbère dans la région l'ancienne zones des Kutama
Situation approximative des principales  (elle n’y sont pas toute) tribus arabes et berbère dans la région de l’ancienne zones des Kutama à l’époque Hammadide

Les Kutamas de nos jours ?

Le groupe kutama en tant que tel de nos jours n’existe plus. Peut être, en Égypte, peut-on rapprocher culturellement les Siwis des Kotamas en raison de leurs acceptation culturelle de l’homosexualité traditionnel et enfantine, leurs  parler est arabisé à 60 %13..

En ce qui concerne l’Algérie dont le foyer principal était la région actuellement désignée comme la Kabylie des Babors, les débris (4000 au 12e siècle selon al-Idrissi) des Kutamas restés dans cette région se sont mélangés aux autres tribus berbères  et arabes Hilaliennes, formant par la suite différentes tribus sans lien entre elles10.et arabisés12

Les spécificités culinaires kutama auraient survécu à la tribu elle-même, comme, le « couscous au poisson » seksou bel’hout, qui serait d’origine kutama11, 

Ibn Ḵẖaldoun considère les gens de Jerba en Tunisie comme faisant partie des Kutāma (Ibn Khaldoun; III, 63) ; on y rencontre aussi, ajoute-t-il, « des Nefza, des Hawwāra et quelques fractions d’autres tribus berbères »

Une ville dans le rif Marocain portait ce nom de Kutama, elle était la terre de la culture du cannabis, qui depuis fut rebaptisé « Issaguen » par le roi Muhammad VI.

Le reste des Kutama se sont donc par la suite alliés et mélangés aux tribus sunnites berbères et arabes, diluant ainsi leur tribus dans d’autres.

Selon E.Carette la tribu de Ketama n’existe plus, ses membres furent massacrés et dispersés , et  il l’exprimait en ces termes : « Le pays montagneux situé entre Sétif et Kollo était habité avant al-Idrissi par la puissante tribu des Ketâma, renommée pour sa générosité et son hospitalité mais décriée pour ses mœurs. Au temps de cet écrivain elle était réduite à quatre mille individus, elle a complètement disparu« 15

Lorsque Ibn Khaldoun nous décris le Maghreb et ses habitants au 14eme siècle, il nous indique que la province de Bougie et de Constantine « appartenaient autrefois au tribus Zwawa, Kutama, Adjissa et Huwara, mais elles sont maintenant toute habitées par les Arabes, qui en occupent toutes les parties à l’exception de quelques montagnes d’accès difficile ou l’on trouve encore plusieurs fractions de ces tribus ». (Ibn Khaldoun, (1332- 1406) op cit, p147)

Selon J.-P. Laporte, « Ketama, Kutama », Encyclopédie berbère  : « La grande confédération des Kutama était définitivement morte. A l’époque d’Al-Idrîsî, la tribu ne comptait plus que 4 000 membres ! » 

File:Location map Taifa of Alpuente.svg
La taïfa d’Alpuente, émirat d’Alpuente ou Al-Sahla est l’un des royaumes de taïfa issus de l’éclatement du califat de Cordoue en 1010. Elle est fondée dans la région d’Alpuente autour de 1018.  En 1103, la taïfa est occupée par les Almoravides et est intégrée dans la taïfa de Valence en 1145. En 1172, elle passe sous la domination des Almohades, jusqu’à son intégration au royaume de Murcie (musulman) en 1229. Enfin, elle est conquise en 1238 par Jacques Ier d’Aragon

Les Banu Qasim d’al-Puente al-Andalus :

Selon Ibn Hazm, les Banu Qassim de la taïfa d’Alpuente, (al-Buente) n’était pas arabes Fihrides comme ils le prétendait  mais des Kutama d’Ifriqiya, qui ont su profiter de la fin du califat Omeyyade de Cordoue pour ce taillé un fief à Alpuente

Ibn Hazm nous dit que les Banu Qasim étaient en fait des Kutama Berbères et étaient liés au clan qurayshite Fihride seulement en vertu d’un vieux  lien de clientèle en Ifriqiya. Ibn Khaldoun (voy, trad de Slane) disait que les Sanjaha était lié au temps des Omeyyades au Alides et Hachémites mais « ne sachant pas dans quelle circonstance« , le « Kitab al-Adwani » (voy, trad de Ferraud), parle de liens avec les Omeyyades en parlant des population pré-hilaliennes du nord de Constantine. Les Banû Qâsim d’Alpuente furent, parmi les plus fidèles serviteurs de la Omeyyades d’Al-Andalus.(Gabriel Martínez Gros, 1985)
File:Castell de Montornes.jpg
Château Montornés, situé dans la commune de Benicasim dans la province de Castellon est une forteresse d’origine arabe du Xe siècle (Omeyyade andalous)
Enfin la ville de Benicassim en Espagne viendrai du nom de cette fraction Kutama (voy, Dozy « Histoire des Musulmans d’Espagne.. »  Tome,1, p 161), les Banu Qassim gouvernait la région depuis pratiquement l’arrivée des musulmans dans la péninsule ibérique au VIIIe siècle sous le Califat Omeyyade, ils ont réussi à consolider leur pouvoir principalement grâce à leurs interventions militaires dans les « marches d’al-andalus » ou les zones  frontières avec les royaumes chrétiens. Qasim ibn Abdallah a essayé  de donner à sa famille une origine arabe fihride, même si cela fut démentis par un chroniqueur contemporain de Qassim, le célèbre  Ibn Hazm.
Dynastie Qasimide ou Banu Qassim

Références

  1. Ibn Khaldoun, Histoire des berbères 
  2. Housni Kitouni, La kabylie orientale dans l’histoire, Paris, Harmattan,‎ 2013 ), P48
  3. a et b Ibn Khaldoun – Histoire des Berbères
  4. a, b et c Zidan Mohamed « État et tribus dans le monde Arabe
  5. Ibn Khaldoun
  6. Ibn Khaldoun op.cit. p. 967
  7. Ibn Khaldoun p. 967
  8. El Idrissi, description de l’Afrique et de l’Eespagne, BNF, Galica2, p. 116
  9. Ibn Khladoun, op, cit, p. 224
  10. Livre « la Kabylie orientale dans l’histoire » page 58
  11. 13th-century Andalusian cookbook, Kitāb al-tabǐkh fǐ al-Maghrib wa’l-Andalus (Arabic) « The cookbook of the Maghreb and Al-Andalus
  12. Ibn Khaldoun, op.cit, p. 573
  13. Sur l’oasis de Siwa , Madjid Allaoua, Études et Documents Berbères, 1997-1998 (2000)
  14. Antoine-Ernest-Hippolyte Carette, Émilien Jean Renou, Jean-André-Napoléon Périer et Adrien Berbrugger, Exploration scientifique de l’Algérie pendant les anées 1840, 1841, 1842, Imprimerie royale,‎ 1er janvier 1844 (lire en ligne [archive])

Voir aussi sur le sujet :

Ja’far al-Kalbi II (998-1019) de la dynastie arabe Kalbide de Sicile : Le constructeur:

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Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment à Palerme dans le style islamique , l'architecture ne semble pas montrer influences normandes; il remonte au XIIe siècle , et était à l'intérieur du Fawwarah («source jaillissante" en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio . Index  [nascondi]  1 Histoire 2 Structure 3 Le jardin 4 Images 5 Notes 6 autres projets Histoire [ modifier | modifier wiki ] Chancelier aulique reçu à la cour de Frédéric II , au palais de Favara avec des écrivains, des artistes et chercheurs sicilienne Le palais , improprement appelé «château», a été construit en 1071 [1] , et faisait partie d'un "qasr", une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par un anneau de murs , qui en plus de palais inclus un hammam et un étang à poissons. Le bâtiment était autrefois le siège du roi Norman Roger II , qui, selon la première référence textuelle à l'existence de l'immeuble, les chronicon sive Annales de Romuald serait réajusté à ses fins, de construction pré-existante, appartenait à ' émir Giafar al-Kalbi II dans le Xe siècle . [2] [3]
Le château ou palais Maredolce de Favara est un bâtiment  arabe à Palerme  l’architecture ne semble montrer aucunne influences normandes; l’intérieur du Fawwarah («source jaillissante » en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio , il  été construit en 1071  , et faisait partie d’un « qasr », une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par une muraille , qui en plus du palais inclus un hammam et un étang à poissons. il  appartenait à l’émir Jafar al-Kalbi II 10e siècle .
L’émir Ja’far al-Kalbi II (998-1019), de la dynastie arabe Kalbide de Sicile(issue de la tribu arabe des Banu Kilab), une fois arrivé à Misilmeri, a fait construire un grand château avec des tours qui donne vers la vallée de la rivière Eleuterio jusqu’à la mer Tyrrhénienne.

Plus tard, au pied du château s’est  formé un village; d’où le nom Misilmeri qui dérive de Menzel-el-Emir et qui signifie  le village Emir.

Château Kalbide de Sicile de l'émir Misilmeri de l'émir Jafar al-Kalbi
Château Kalbide de Sicile de Misilmeri de l’émir Jafar al-Kalbi

Misilmeri en 1068 a été le théâtre d’une bataille entre les croisés Normands de Roger de Hauteville et les Arabes, qui ce solda par la victoire des Normands, mais la première église chrétienne y a été construite  seulement en  1123.

L’émir Kalbide Ja’far était le successeur de son père Yusuf.

Pendant son règne, la Sicile a atteint l’apogée de la domination kalbide, avec le renforcement de la majeure partie de l’île de sa puissance militaire, suivi d’un grands niveaux de bien-être économique pour les population locales et l’épanouissement dans les domaines des arts et la littérature.

Le chateau Arabe kalbide dans Mislimmeri (Menzel al-Amir) Sicile Italie 10e siècle
Le chateau Arabe kalbide dans Mislimmeri (Menzel al-Amir) Sicile Italie 10e siècle

Épris de paix, il a préféré soulager ses sujets des difficultés des expéditions militaires et il a passer son temps dans l’oisiveté et au bien-être dans son parc de Favara à Palerme à l’époque elle ce nommait al-Balharm (Palerme),  ce prince était entouré de poètes et d’artistes de toutes sortes.

Il était lui-même un bon poète, écrivain  accompli et un expert philologue. 

L’apogée militaire de l’émirat kalbite fut atteint en 982, date à laquelle l’armée musulmane de Sicile vainquit l’armée impériale envoyée par l’empereur Othon II à la bataille de Stilo, près de Crotone en Calabre.

Bien que l’émir Abû-l-Qasim `Alî ibn Hasan trouvât la mort dans cette bataille, un grand nombre d’impériaux furent tués et plusieurs princes de l’empire Byzantin ont dut fuir à la nage.

Fichier: Lac maredolce.JPG
Le parc de l’émir Kalbide Jafar II , Favara , Palerme , Sicile

Jafar II al-Kalbi fut responsable de la construction du Château de Maredolce .

Jafar  représente le moment de l’expansion maximale d’influence de l’émirat de Sicile, (Jazira as-Siqliya) al-Balarm (Palerme) connus sous l’émir Jafar al-Kalbi une grande splendeur avec des parcs royaux et des plantation de palmiers dattiers et une renommé dans tout le monde Islamique . 

De nos jours rue « Giafar al-kalbi » ( Gifar=Jafar en Italien) lui a été dédié dans périphérie de Palerme au coeur du quartier Brancaccio , appelé aussi « Emir Giafar. »

Cependant, après cette bataille de Stilo, le déclin des Kalbites commença. En effet, si l’éloignement des califes fatimides, qui avaient transporté leur capitale de Madhia au Caire en 973, ville fondée après la conquête de l’Égypte en 969, favorisa une plus grande indépendance, elle rendit également la dynastie sicilienne, qui tirait précisément la légitimité de son pouvoir des Fatimides, plus isolée. Des soulèvements de partisans des Byzantins ou des Zirides d’Afrique du nord ne tardèrent pas à éclater.

L’autorité de l’émir Jafar II ibn Yûsuf al-Kalbi fut contestée en 1015 par son frère Ali, qui réunit une armée de Berbères et d’esclaves Noirs et tenta de le renverser. Cette tentative échoua et Ali fut pris et exécuté.

En 1019, Palerme se révolta contre les Kalbites. L’ancien émir Yûsuf, qui avait abandonné en 998 le pouvoir après une attaque qui l’avait rendu incapable pour le donner à son fils Dja `far, démit celui-ci pour confier le gouvernement à son autre fils Ahmad, jugé plus capable de mater le soulèvement. Une quinzaine d’années plus tard, en 1035, une révolte menée par un ziride, `Abd Allâh Abû Hafs, éclata contre ce dernier. Ahmad fut vaincu et tué en 1037.

Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

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Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès
Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès

Les Banu Jami étaient une dynastie arabe locale de Gabès en Tunisie , issue de la maison Hilal , qui a régné sur Gabès  de 1097 à 1160 , avec une brève perte de puissance en 1147 . Ils étaient de la tribu de Dahman (fraction Munkasha) des Banu Riyah (al-Dahman  Fadigh formé avec la tribu des Banu Ali Banu Riyah).

Ve sur la ville Tunisienne de Gabès
Vue sur la ville Tunisienne de Gabès

HISTOIRE DE LA DYNASTIE ARABE DES BENI-DJAMÊ  DE GABES

FAMILLE HILALLIENNE QUI, AYANT OBTENU DU GOUVERNEMENT SANHADJIEN ZIRIDE LE COMMANDEMENT DE GABES, PROFITA DES TROUBLES SUSCITÉS PAR LES ARABES, POUR Y FONDER UN ETAT INDÉPENDANT. PAR IBN KHALDOUN

Quand El-Moëzz se trouva bloqué dans Kairouan par les Arabes, qui venaient d’envahir l’Ifrîkïa et de conquérir tout le pays ouvert, il avait dans son armée deux caïds, frères d’El-Moëzz- Ibn-Mohammed-Ibn-Oulmouïa le sanhadjien, gouverneur de Gabès.

Ces officiers, dont l’un se nommait Ibrahîm et l’autre Cadi, ayant été destitués par leur souverain, cédèrentà leur mécontentement et passèrent dans le camp de Mounès-Ibn-Yahya-es-Sinberi, émir arabe de la tribu des Rîah.

Accueillis avec distinction par ce chef et envoyés àGabès, auprès de leur frère, ils se concertèrent ensemble et reconnurent pour souverain l’homme qui les avait si bien traités.

Ce fut là la première conquête réelle que les Arabes effectuèrent en Ifrîkïa.

Plus tard, Ibrahîm prit le commandement de Cabes, et son frère, Moëzz-Ibn-Mohammed, alla trouver Mounès et resta avec lui.

Quand Ibrahîm mourut, Cadi, le troisième frère, lui succéda.

Celui-ci gouverna d’une manière si tyrannique que, sous le règne de Temîm, fils d’El-Moëzz-Ibn- Badîs, les habitants le firent mourir et donnèrent le commandement de la ville à Omar [fils d’El-Moëzz le Ziride], qui venait de se révolter contre son frère, le sultan Temîm.

La nomination d’Omar eut lieu en 489 (1096).

Quelque temps après, Temîm vint à la tête d’une armée et lui enleva la ville.

Le peuple de Gabès, s’étant ensuite révolté contre ce prince, reconnut de nouveau la souveraineté des Arabes et reçut pour chef Megguen-Ibn-Kamel-Ibn-Djamê, émir des Menakcha.

Cette tribu faisait partie des Dehman, branche des Beni-Ali, une des grandes ramifications de la tribu de Rîah.

Megguen étant parvenu à y établir son autorité malgré les efforts du gouvernement sanhadjien, accueillit avec empressement Mothenna, fils de Temîm-Ibn-el-Moëzz, qui venait d’abandonner le parti de son père.

Il mit alors le siège devant El- Mehdïa, mais la résistance que cette place lui opposa et la découverte de plusieurs traits scandaleux dans la conduite de son protégé, le portèrent à décamper.

Il conserva jusqu’à sa mort le gouvernement de Gabès et le commandement des Dehman.

Rafé, son fils et successeur, exerça une grande autorité à Cabes.

Le Qasr-el-Aroucïîn (Arousiyin?), château royal de cette ville, fut bâti par Rafê, et l’on voit encore sur la muraille de cet édifice une inscription qui porte son nom.

Lors de l’avènement d’Ali, fils de Yahya- Ibn-Temîm, une mésintelligence éclata entre lui et Rafé, lequel embrassa alors le parti de Roger, seigneur de la Sicile.

Ali ayant ensuite défait les chrétiens dans un combat naval, prit à sa solde plusieurs tribus arabes, organisa une nouvelle flotte et, en l’an 514 * (1117-8), il se dirigea contre Gabès.

Ibn-Abi-‘as- Salt  assure qu’il enrôla les trois cinquièmes de la population arabe ; ayant acheté les services des Saîd, des Mohammed et des Nahba , auxquels il ajouta une portion du quatrième cinquième, savoir : les principaux chefs des Beni-Mocaddem.

Les Arabes de la plaine de Kairouan vinrent aussi se ranger sous les drapeaux du prince zîride.

Rafê chercha à se réfugier dans cette ville, mais il en fut repoussé parles habitants.

A la suite de ces événements, les cheikhs de la tribu de Dehman tinrent une assemblée et, s’étant distribué les villes du pays, ils assignèrent à Rafê celle où il avait essayé de trouver un asile.

Ali, fils de Yahya, averti que son adversaire avait obtenu des Dehman la possession de Kairouan, ordonna à ses troupes et à ses mercenaires arabes d’aller y mettre le siége.

Il marcha lui-même plusieurs fois contre les partisans de Rafé et, dans une de ces expéditions, il mourut de maladie.

Rafê écouta alors les conseils de Meimoun-Ibn-Zîad- es-Sakhri, et grâce à la médiation de ce chef, il conclut un traité de paix avec le [nouveau] sultan.

Plus tard, Rechîd-Ibn-Kamel exerça l’autorité à Gabès.

Ibn Khaldoun nous informe que la monnaie al- Rachidiya  (rachidienne) fut frappée à Gabès au VI e /XII e  s.Dinar de Gabès de la dynastie Ziride au temps des Banu Hilal et Ban Jami 418 Hijra Source : "Gabes et l'activité monétaire à l'époque ziride"
Ibn Khaldoun nous indique que la monnaie al- Rachidiya
(rachidienne) des Banu Jami fut frappée à Gabès au  12e s. Dinar de Gabès Source : « Gabes et l’activité monétaire à l’époque ziride »

 

« Ce » fut lui, dit Ibn-Nakhîl, qui fonda le Qasr-el-Aroucïîn et fit » battre les monnaies que l’on appelle rechidiennes ‘. »

Son fils et successeur, Mohammed, avait un affranchi nommé Youçof.

Etant sorti une fois pour conduire une expédition, il laissa son fils avec ce serviteur, auquel il accordait une confiance entière.

L’affranchi profita de cette occasion pour usurper le commande ment de la ville et, ayant expulsé le fils de son patron, il reconnut la souveraineté de Roger, prince de la Sicile ; mais il en fut bientôt chassé à son tour par les habitants indignés.

Pendant que Mohammed-Ibn-Rechîd se rendait dans sa tribu, son frère Eïça (Issa) alla trouver Roger et l’instruisit de ce qui venait de se passer.

Roger fit alors assiéger la ville et la tint bloquée pendant un temps considérable.

Le dernier des Beni-Djamê qui régna à Cabes fut Modafê, fits de Rechîd-Ibn-Kamel et frère de Mohammed.

Il quitta cette ville précipitamment quand Abd-el-Moumen, après avoir pris El- Mehdïa, Sfax et Tripoli, eut envoyé contre elle son fils Abd- Allah.

Ayant ainsi abandonné Gabès aux Almohades, Modafê passa chez les Arabes de la tribu d’Auf qui se tenaient dans la province de Tripoli, et vécut sous leur protection pendant quel ques années.

S’étant ensuite rendu à Fez, il obtint sa grâce d’Abd-el-Moumen l’Almohade et trouva auprès de ce prince un accueil fort distingué.

Telle fut la fin de la dynastie que les Beni-Djamé avaient fondée à Cabes.

 

Palmeraie à Gabès  Tunisie
Palmeraie à Gabès Tunisie

.Liste des émirs Banu Jami de Gabès :

Banu Walmiya
  • Ibn Walmiya 1063-?
  • Ibrahim? -?
  • Kadi? -1096
  • Umar al-Muizz et 1096-1097 (Zirides avec le soutien des arabes  zughba de  Tripolitaine)
Banu Jami
  • Makki ibn Kamil ibn Jami 1097-?
  • Rabi ibn Makki Kamil ? -1121
  • Rachid ibn Kamil ibn Jami 1121-1147
    • Yusuf (usurpateur) 1147 (protégé par les Normands)
  • Muhammad ibn Rachid1147
    • Banu Walmiya 1147-1148
  • Muhammad ibn Rachid(seconde fois, protégé par les Normands) 1148-1155
  • Mudafi ibn Rachid 1155-1160 (protégé par les Normands)
  • Prise Almohade 1160-1172

Biographie de l’auteur :

Timbre tunisien à effigie d'Ibn Khaldoun
Timbre tunisien à effigie d’Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldoun , huitième descendant de Waïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramawt, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

Histoire de la dynastie arabe des Hamdanides du Zab et de Msila (Algérie) par ibn Khaldoun :

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La mosquée de la ville de Msila, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz
La mosquée de la ville de Msila en Algerie, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz 

HISTOIRE DES BANU-HAMDOUN , CONTEMPORAINS DE LA DYNASTIE FATEMIDE ET PRINCES D’EL-MECILA ET DU ZAB 927-979. (Actuelle Algerie)

La dynastie arabe des Hamdanides de Msila Par Ibn Khaldoun Histoire des dynasties musulmanes :  

Le chef de cette famille se nommait Ali-Ibn-Hamdoun ibn- Semniak-Ibn-Masoud-Ibn-Mansour-el-Djodami (de la tribu arabe qahtanite de Judham) et portait le surnom d’Ibn-el-Andeloci (fils de l’Andalous).

Avant l’époque où les missionnaires fatimides commencèrent leurs démarches, pendant qu’Obeid-Allah et Abou-‘l-Kacem étaient encore en Orient, il s’attacha au service de ces princes.

Parti de Tripoli par leur ordre, il se rendit auprès d’Abou-Abd-Allah-es-Chîï et reçut de lui l’accueil le plus honorable.

Ayant ensuite rejoint ses maîtres, il ne les quitta plus, même pendant leur emprisonnement à Sidjilmessa ; aussi, lors de l’établissement de leur auto rité en Afrique, il dut à leur reconnaissance une position très- élevée dans l’empire.

En l’an 315 (927), Abou-Cacem étant revenu de son expédition en Maghreb, chargea Ibn-Hamdoun de surveiller la construction de la ville d’El-Mecîla.

 Quand ce travail fut terminé, Abou-‘l-Cacem y établit son protégé en qualité de gouverneur de la province du Zab.

Fatimid Caliphate 2

El-Mecîla reçut alors le nom d’El-Mohammedïa.

Pendant que ce prince assiégeait Abou- Yezîd dans la montagne de Kîana, la ville d’El-Mecîla lui servit de dépôt d’approvisionnement. Ali-Ibn-Hamdoun garda le gouvernement du Zab jusqu’à la fin de ses jours.

Djâfer et Yahya, fils d’Ali-Ibn-Hamdoun, furent élevés à la cour d’Abou-‘l-Cacem, et la mère de Djâfer allaita El-Mâdd [le même prince qui porta, plus tard, le surnom d’El-Moëzz. Lors des troubles qui agitèrent l’Ifrîkïa par suite de la révolte d’Abou-Yezîd, El-Caïm

 Quand la révolte d’Abou-Yezîd fut étouffée, El-Mansour donna à Djâfer, fils d’Ali-Ibn-Hamdoun , le gouvernement d’El-Mecîla et du Zab.

Yahya reçut l’autorisation de s’y établir avec son frère, et ce fut ainsi le commencement de la dynastie hamdanide. Ces deux princes y élevèrent des châteaux et des maisons de plaisance, tout en étendant leur autorité sur les régions environnantes.

Leur cour devint le rendez-vous des savants , et parmi les poètes qui vinrent célébrer leurs louanges, on remarqua Abou- ‘1-Cacem-Ibn-Hani, natif d’Espagne, dont les pièces composées en l’honneur des Hamdanides sont encore citées avec éloge*.

La jalousie et l’ambition suscitèrent une vive inimitié entre Djâfer-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun et Zîri-Ibn-Menad.

Scène de bataille représenté sur ce bol fatimide - ziride
Scène de bataille représenté sur ce bol fatimide – ziride

L’expédition que celui-ci entreprit dans le Maghreb lui fournit l’occasion de nuire à son rival, et, tout en châtiant les Zenata, il gratifia sa haine en desservant Djâfer auprès du khalife [fatemide].

Il est vrai que Djâfer avait tenu une conduite peu franche ; s’étant montré favorable aux Zenata et à Mohammed-Ibn-Khazroun , émir des Maghraoua.

En l’an 360 (970-1), El-Moëzz se décida à prendre le Caire pour sa résidence et manda à la cour Djâfer- Ibn-Ali, dans l’intention, à ce que l’on prétend, de lui donner le gouvernement de l’Ifrîkïa, et d’accorder le gouvernement du Maghreb à Ziri et à Bologguîn, fils de Zîri. Comme Djâfer ne s’empressa pas d’obéir, El-Moëzz ordonna à Djâfer l’esclavon d’aller le chercher.

Détail d'un coffret en Ivoire fatimide, représentant un guerrier arabe ou berbère avec un bouclier et lances
Détail d’un coffret en Ivoire fatimide, représentant un guerrier arabe ou berbère kutama avec un bouclier et lances

Cette démarche excita la méfiance de Djâfer- Ibn-Ali qui partit aussitôt avec ses troupes pour se joindre aux Zenata. Ayant ainsi rompu les liens qui l’attachaient au khalife El-Moëzz et aux Sanhadja, il rallia les Zenata autour de lui et les décida à répudier l’autorité des Fatemides pour reconnaître celle d’El-Hakem-el-Mostancer [le khalife oméïade d’Espagne].

A cette occasion Zîri se hâta de l’attaquer, espérant le prendre au dépourvu, mais la fortune ne le seconda pas, et, pendant que ses troupes abandonnaient le champ de bataille, son cheval s’abattit sous lui et le laissa au pouvoir de l’ennemi.

Les Zenata lui coupèrent la tête.et Yahya-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun partit pour l’Espagne avec plusieurs notables zenatiens, afin de présenter ce trophée à El-Mostancer, souverain  de Cordoue.

Cette députation informa le prince Omeyyade qu’on venait de proclamer son autorité en Afrique et que son appui leur était indispensable.

Il en accueillit les membres avec une grande bienveillance , les combla de dons et fit exposer la tête de Zîri au marché de Cordoue. Yahya-Ibn-Ali fut élevé au faîte des honneurs et reçut une place à côté du trône.

Carte des trois califats en l'an 1000, plus particulièrement lors de l’extension maximal des Omeyyades d'al-Andalus
Carte des trois califats en l’an 1000, plus particulièrement lors de l’extension maximal des Omeyyades d’al-Andalus 

Djâfer-Ibn-Ali s’aperçut bientôt que les Zenata convoitaient ses trésors, et, ne pouvant compter sur la protection de leurs chefs qui étaient eux-mêmes mal disposés les uns pour les autres, il s’embarqua secrètement avec les gens de sa maison, ses es claves et ses trésors, passa le Détroit et se rendit à Cordoue.

Les personnes les plus considérables de la population zenatienne l’accompagnèrent afin de cimenter leur alliance avec le souverain Omeyyade et de prendre l’engagement de soutenir sa cause.

La reception honorable qui les y attendit combla toutes leurs espérances ; ils repartirent, pleins de dévouement et bien résolus de surpasser les ldrîcides et les Beni-Ifren parle zèle qu’ils déploieraient dans le Maghreb en faveur de la dynastie Omeyyade.

Djâfer et Yahya, flls d’Ali-Ibn-Hamdoun , restèrent à la cour de Cordoue , et malgré leur soumission de fraîche date, ils se virent inscrits sur la liste des vizirs et gratifiés de fortes pensions.

Quelque temps après, leur oubli des égards dus au khalife leur attira une leçon qui les rendit plus prudents : appelés au palais, ils y furent emprisonnés pendant plusieurs jours.

L’indisposition d’El-Mostancer, qui venait d’être atteint d’une paralysie d’un côté du corps, affaiblit à un tel degré l’influence du gouvernement oméïade en Maghreb, que les ministres andalous  jugèrent nécessaire de renforcer les garnisons des villes frontières.

Djâfer-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun fut chargé parle grand chambellan El-Mashafi d’aller prendre le commandement des provinces africaines en remplacement de Yahya-Ibn-Mohammed- Ibn-Hachem, rappelé en Espagne.

De cette manière on opposa aux Zenata un chef capable de les contenir. Yahya, frère de Djâfer, reçut aussi un commandement dans le Maghreb.

Ces deux chefs partirent pour leur destination, après avoir été revêtus de robes d’honneur, et ils emportèrent une forte somme d’argent et quantité de belles pelisses qu’ils devaient distribuer aux princes de ce pays.

En l’an 365 (975-6), Djâfer arriva en Maghreb où il parvint à faire reconnaître son autorité et à réunir sous ses ordres les chefs des Beni-Ifren, des Maghraoua, des Mik- naça et d’autres branches de la grande famille zenatienne.

Quand Hicham succéda au khalifat, après la mort d’El-Hakem-el-Mostancer, son visir, El-Mansour-Ibn-Abi -Amer (Almanzor), établit dans la ville de Ceuta une forte garnison composée de troupes impé riales et y installa plusieurs fonctionnaires, tant civils que mili taires, tous choisis parmi ses propres créatures.

Le reste du pays fut confié à la garde des princes zenatiens dont on s’assura le dévouement par des dons d’argent et des robes d’honneur.

Chaque fois qu’ils se rendaient à la cour, on les comblait de prévenances et on accordait à ceux qui en faisaient la demande la faveur d’être inscrits sur la liste des militaires soldés par l’état. Pendant qu’El-Mansour travaillait à régulariser l’administration de l’empire et à étendre l’influence du gouvernement Omeyyade, une mésintelligence éclata entre les frères Hamdoun, et Yahya s’établit, avec presque tous les partisans de sa famille dans la ville de Basra dont il s’était emparé.

Quelque temps après, son frère Djâfer entreprit contre les Berghouata une expédition qui fut assez malheureuse, et ensuite il reçut de Mohammed-[el-Mansoui]-Ibn-Abi-Amer, qui venait d’obtenir la régence du royaume, l’invitation de passer en Espagne afin de lui prêter appui, tant il comptait sur ses bons et fidèles services.

Djâfer, qui se rappela le traitement qu’El-Hakem-el-Mostancer lui avait fait subir, eut d’abord quelque hésitation avant de se conformer aux vœux d’El-Mansour ; mais enfin, il remit à son frère Yahya le gouvernement du Maghreb et partit pour l’Espagne.

El-Mansour l’accueillit avec une haute distinction et , en l’an 369 (979-80], lors de l’envahissement du Maghreb par Bologguîn, il l’envoya à Ceuta en le chargeant de défendre les provinces africaines.

Lui-même, se rendit de Cordoue à Algesiras, afin d’être plus près du théâtre de la guerre. Djâfer traversa le Détroit et, grâce à une centaine de charges d’or que le vizir avait mises à sa disposition, il réunit sous ses ordres les principaux chefs (berbères) zenatiens et mit Bologguîn dans la nécessité de s’éloigner.

Plus tard, El-Mansour devint jaloux de son lieutenant, et une nuit, à la suite d’une partie de débauche, il le congédia après avoir aposté des assassins pour le tuer.

Djâfer se rendait du palais à sa maison quand il succomba sous leurs coups. Yahya, frère de Djâfer, passa en Egypte et trouva auprès d’El-Azîz-Nizar[le khalife fatemide] un accueil plein de bienveillance.

Il y demeura un temps considérable, rendit de grands services au gouvernement égyptien dans plusieurs circonstances graves, et lorsque Felfoul-Ibn-Khazroun sollicita le secours d’El-Hakem [le fatemide] afin d’enlever Tripoli aux [Zîrides] sanhadjiens, il partit à la tête d’un corps d’armée pour appuyer les opérations de ce chef.

Arrivé à Barca, il eut avec les Beni- Corra, tribu (arabe) hilalienne, une rencontre dans laquelle ses troupes furent mises en pleine déroute. Alors il rentra en Egypte où il continua jusqu’à sa mort.

Vue aérienne de M'Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun
Vue aérienne de M’Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun

Émirs de al-Masila al-Muhammadiya (M’Sila), dynastie arabe des Banu Hamdun

Biographie de l’auteur :

Timbre tunisien à effigie d'Ibn Khaldoun
Timbre tunisien à effigie d’Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldouu 4, huitième descendant de Ouaïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramout, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

Les Banu Hilal (Hillaliens) et Sulaym à Barqa, Tripoli, Tunis et Constantine Mila, Collo par Idrissi, al-bakri et al-Kairouani

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Les Invasions arabes  Hilalienne  (adnanites)
Les Invasions arabes Hilalienne  et Sulaymite (adnanites)
  • Selon al-Idrici, vers l’année 1160, dans la régence de Tripoli, les tribus Arabes hilalienne occupaient presque toute la cote : les territoires de Telmîta(4) ou de la Cyrénaïque, de Sort(5), de Tripoli(6), de Lebda(7), étaient en leur pouvoir. Dans quelques parties du rivage, la race berbère avait entièrement disparu. Dans l’intérieur, la plaine de Barka était peuplée de villages arabes(8). Les solitudes d’Adjedabîa étaient parcourues par un grand nombre d’Arabes et de Berbers( 9). Le désert et l’oasis de Zouîla(10) étaient habités par des Arabes. Au reste, tout l’intérieur du pays de Tripoli, le désert de Barka et les oasis d’Audjila, d’Adjedabia et de Zouîla leur obéissaient.
  • Dans la régence de Tunis, ils occupaient presque toutes les plaines. Quelques montagnes et particulièrement le Djebel-Ouslât avaient seuls conservé leur population berbère(11). Sur le territoire d’El-Orbès, les deux races vivaient côte à côte, mais dans un état permanent d’hostilité(12).
  • Dans la province de Constantine, les hilaliens et solaymites Arabes étaient beaucoup plus avancés au nord qu’au sud. C’est même par la région septentrionale, par le massif méditerranéen qu’ils avaient pénétré dans cette partie du Maghreb. Ainsi à Mîla, toute la campagne était au pouvoir des Arabes(13). Ils dominaient aussi dans tout, le pays compris entre al-Koll’ (Collo) et Constantine(14), et étaient en relations de commerce avec les habitants de cette dernière ville(15). On voit que les Arabes avaient abordé la province de Constantine par le côté le moins accessible ; mais il est extrêmement probable, qu’ils y avaient été bien accueillis, peut-être même appelés par le reste des Ketâma, dignes de la sympathie des tribus arabes que le khalife du Caire avait lâchées sur le Maghreb. L’établissement des Arabes dans le sud de la province de Constantine était beaucoup plus récent que dans le nord. Au moment où al-Idrissi écrivait son ouvrage, il y avait peu de temps qu’ils s’étaient emparés de Ngaous, belle ville située au pied du mont Aourès(16), et de Bâcher, place forte de la dépendance de Biskra(17). Ils dirigeaient sur Bar’aï (Baghaie) des incursions répétées qui avaient déterminé l’abandon du faubourg par ses habitants(18).A l’époque qui nous occupe, l’irruption arabe atteignait à l’ouest le défilé du Bibân, mais ne le dépassait pas. Édrici signale ce passage comme dangereux à cause des fréquentes incursions des Arabes(19). Il mentionne aussi sur la route de Bougie à Kala’at-Benou-H’ammâd, et non loin du Bibân, une ville appelée Souk’-el-Khemis, assez forte pour rendre vains les efforts des Arabes qui voudraient s’en emparer(20), et un château fort appelé Souk’-el-Tneïn, autour duquel rôdent continuellement les Arabes(21). Sortie de l’Égypte, en 1048, elle avait atteint, en 1160, le centre de la province de Constantine. ___________
  • 1 Bekri, p. 457.
  • 2 Id. p. 454.
  • 3 Kaïrouâni, p. 145.
  • 4 Édrici, p. 293.
  • 5 Id. p. 274.
  • 6 Id p 273.
  • 7 Id. p. 284.
  • 8 Id. p. 286.
  • 9 Id. p. 287.
  • 10 Id. p. 289.
  • 11 Édrici, p. 269.
  • 12 Id. Ibid.
  • 13 Id. p. 242.
  • 14 Id. p. 246.
  • 15 Id. p. 242.
  • 16 Édrici, p. 242.
  • 17 Id. p. 247.
  • 18 Id. p. 252.
  • 19 Id. p. 239.
  • 20 Id. p. 240.

Fondation de Msila (Algerie) par Ali ibn Hamdoun al-Judhami :

Publié le Mis à jour le

La mosquée de la ville de Msila, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz
La mosquée de la ville de Msila, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz 

Le géographe et Historien arabe andalous al-Bakri (1014- 1094) dans sa Description de l’Afrique septentrionale reviens sur la fondation  de la ville de Msila (Algerie):

 » De Cala-t-Abi tawil on se rend ) El-Msila (ou El-Mecila) grande ville située sur une rivière appelé le Seher.

Elle eut pour fondateur Abu al-Qasam Ismail, fils d’Ubayd-Allah ( le calife Fatmide), qui en posa les fondements l’an 313 (925-926 deJC).

Ali ibn Hamdoun, mieux connu sous le nom d’Ibn al-Andalusi, fut la personne chargée de faire construire cette ville. Simak ibn Messaud ibn Mansour, l’aieul d’Ali ibn Hamdoun appartenait la famille arabe de Djudham .

Nommé par Ismail (fatimide) au gouvernement d’el-Mecila ( M’Sila) , Ali bn Hamdoun y passa le reste de sa vie; il fut tué pendant les troubles suscités par Abou Yezid (le kharijite). Son fils Djafar, qui n’avais pas quitté la ville, obtient le commandement du Zab entier (…) « 

 al-Bakri (1014- 1094) dans sa Description de l’Afrique septentrionale; traduite par Mac Guckin de Slane à la page 141 et 142

Fatimid Caliphate 2

L’historien arabe de la jazira (iraq) Ibn Al-Athir a dit  sur la fondation de la ville de Msila :

« En 315, au mois de çafar (avril 927), le Mahdi fatimide envoya de Mehdiyya au Maghreb une armée considérable sous les ordres de son fils Abou’ l-K’âsim, ce qui était motivé par la victoire remportée par Mohammed ben Khazer Zenâti sur uns armée de Ketâma et le grand massacre qu’il avait fait de ceux-ci.

L’importance attribuée par le Mahdi à cette affaire lui fit décider l’envoi de ces troupes, dont la mise en marche provoqua là dispersion des rebelles.

Après avoir poussé jusqu’au delà de Tahert, Abou l-Kasim revint sur ses pas et traça avec sa lance, sur le sol même, le plan d’une ville qu’il fonda, et à laquelle il donna le nom de Mohammediyya, laquelle n’est autre que Msîla. »

Traduction française de ibn al-Athir du kitab (livre)  » Al-Kamil fi al-Tarikh  » à la page 116

Vue aérienne de Msila (Muhammadiya ou al-Masila)
Vue aérienne de Msila (Muhammadiya ou al-Masila)
Fatimid. al-Mahdi (297-322h), Dinar, al-Muhammadiya al-Masila MSila Algerie 320 hijra
« Msila -La ville Arabe et le pont » al-Qantara al-Masila

vieille moquée de msila msila 2 msila

Dans la ville de Msila ou Masila ou Muhammadiya, ce trouvais des Arabes de la tribu de Judham, les Banu Hamdoun et des  Azd et leurs client, comme le célèbre  Abū ʿalī ḥasan b. ras̲h̲īḳ al-ḳayrawānīal-azdī, al-masīlī, l’un des plus prestigieux hommes de lettres de l’Ifrīḳiya, né en 390/1000 à M’sila (Masīla-Muḥammadiyya) dans la région de Constantine. Son père, connu sous le seul nom de Ras̲h̲īḳ, était probablement un esclave affranchi d’origine byzantine (rūmī), devenu client des arabes Azd. Il exerçait le métier d’orfèvre à M’sila où le talent poétique du jeune Ḥasan, après ses premières études, se révéla tôt, ainsi que son goût pour les belles-lettres. (Bouyahia, Ch.. « Ibn Ras̲h̲īḳ. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2015., ‘Qurāḍat al-dhahab fī naqd ashʻār al-ʻArab’ de al-Ḥasan Ibn Rashīq al-Qayrawānī, al-Shādhilī Bū Yaḥyá)  Biographical Dictionary, Volume 1  Par Ibn Khallikān p384

Conte du célèbre éclaireur bédouin des Banu Hilal Diab ibn Ghanem al-Hilali , conte d’Algérie (al-Jaza’ir)

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Conte du célèbre éclaireur bédouin des Banu Hilal Diab ibn Ghanem al-Hilali 

« Dhiab ibn Ghanem al-Hilali le nomade :

Un jour, avant de changer de campement, les sages de la tribu désignèrent un groupe de jeunes garçons pour repérer les terres de leur nouvelle destination. Parmi eux, seul le jeune Dhiab se distinguera en surprenant les sages ! Lui, le subtil, l’éveillé leur livrera point par point ce qu’il avait détecté en observant les traces sur le sable.

Dans la tribu nomade des Bnou Hillal, le jeune Dhiab, fils du chef Ghanem, était le meilleur des bergers. Rusé, grand cavalier, il maniait le sabre, parlait aux plantes et interrogeait le sable.
Un jour, avant de changer de campement, les sages de la tribu désignèrent un groupe de jeunes garçons pour repérer les terres de leur nouvelle destination. C’était une épreuve d’initiation. Fiers d’entrer ainsi dans le cercle étroit des initiés, ils enfourchèrent leurs chevaux et galopèrent à bride abattue. Quelques jours après, ils revinrent fourbus de fatigue. Pressés de se reposer, ils entravèrent leurs montures en aval de la réunion des sages qui les attendaient. Seul parmi eux, Dhiab prit la peine d’entraver sa jument en amont et fit les salutations d’usage avant de rejoindre la tente de ses parents.
Un peu plus tard, les jeunes se présentèrent dignement devant leurs ainés qui les interrogèrent.
– Alors, ce voyage ? Qu’en avez-vous retenu ?
– Rien de bien particulier ! répondirent les jeunes nomades.
Ghanem regarda son fils et insista :
– Et toi Dhiab ? As-tu quelque chose à ajouter ?
Et à Dhiab d’expliquer :
– Nous n’avons effectivement pas vu âme qui vive mais la terre que nous avons repérée, venait d’être traversée par une longue caravane. Une caravane qui comptait un dromadaire borgne, un dromadaire sans queue, un homme gaucher, une femme enceinte et une chienne qui venait d’avoir une portée.
Les anciens, qui savaient la marque de la lignée, tendirent leurs oreilles afin de n’en rien rater :
– Comment peux-tu être si précis, alors qu’il n’y avait pas âme qui vive ?
Et Dhiab, inclinant légèrement la tête vers le bas en signe de respect, continua :
– Les traces de la caravane sur le sol étaient visibles. Quant au reste, voici mes observations. Le dromadaire était borgne car sur le bord de la route, l’herbe n’était broutée que d’un seul côté. Preuve que l’animal ne voit que d’un œil. L’autre dromadaire était sans queue car il était le seul à avoir les crottes alignées. Preuve qu’il ne pouvait les disperser en agitant la queue.
– Et l’homme gaucher ? Et la femme enceinte ? insista un homme de l’assemblée.
– Le sable parle ! Comme vous le savez, les nomades ne se séparent jamais de leurs bâtons, prêts à se battre en cas de danger. L’un d’entre eux qui suivait à pieds, portait constamment le sien de la main gauche. Quant à la femme enceinte, ses pas sur le sable montraient qu’en marchant, elle appuyait beaucoup plus sur les talons. Seule une femme alourdie par sa grossesse marche ainsi.
– Et comment as-tu deviné que la chienne de cette tribu venait d’avoir des petits ?
– La chienne qui suivait, marchait par moment sur ses pattes arrières seulement, preuve qu’elle s’agrippait à une bête sur laquelle était posée sa portée. Cela chez les chiens nous l’avons tous constaté.
Les sages, qui étaient en admiration, posèrent une dernière question :
– Dis-nous pourquoi, en arrivant, contrairement aux autres garçons, tu as attaché ton cheval en amont ?
– J’ai senti la direction du vent. En aval, l’odeur du crottin de mon cheval risquait de vous incommoder, vous, l’honorable assemblée, conclut enfin Dhiab qui fit, une fois de plus, l’admiration des siens.
Tous les sages tournèrent leurs regards vers Ghanem son père, qui dit avec fierté : « C’est ainsi ! Pour saisir ce qui est hors de portée, le héros hillalien possède sa main, son sabre, mais également le bord de ses cils ! »
De nos jours encore, les récits des élégantes hardiesses de Dhiab enchantent petits et grands. »

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