l’ère des Banu Ubyad dit Fatimides

AL-NUWAYRI HISTOIRE DE LA SICILE

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Carte faite par le savant arabe al-idrissi , rédiger en arabe sicilien (siculo-arabe)

AL-NOWAÏRI HISTOIRE DE SICILE.
Contenant les expéditions des Musulmans dans cette île, les conquêtes qu’ils y ont faites, et la manière dont les Francs s’en sont rendus maîtres.

PAR AHMED, IBN ABD AL-WEHAB, IBN MOHAMMED, IBN ABD AL-DAYEM, AL-BAKRI, AL-TEÏMI.

Nous avons donné, dans le premier volume de cet ouvrage, en traitant des îles, une description exacte de la Sicile, des rivières et des fontaines qui l’arrosent, des fruits, des arbres, des plantes, des fourrages qu’on y trouve, et des villes les plus célèbres qu’elle renferme. Nous allons maintenant l’envisager sous un point de vue différent.[6]

Abd Allah ibn Qaïs al-Fezari fut le premier Musulman qui fit une descente en Sicile, où il fut envoyé de la province d’Afrique par Moawia ibn Khodaïj,[7] sous le califat de Muawiya ibn Abou Sufyan. Il s’empara de plusieurs villes, fit beaucoup de prisonniers et emporta un grand butin parmi lequel étaient des idoles[8] d’or et d’argent ornées de perles. Abd Allah les porta au calife Muawia qui les envoya dans l’Inde pour en tirer un plus grand prix, attendu l’aversion des Musulmans pour ces sortes d’images.

Mohammed ibn Abou Idris al-Ansari fit une seconde descente en Sicile, sous le califat de Yazid ibn Abd al-Malik.[9] Il en revint pareillement chargé de butin et emmenant avec lui beaucoup de prisonniers.

La troisième descente se fit sous le califat de Hisham ibn Abd al-Malik.[10] Bashar ibn Safwan al-Kalbi la commandait ; elle eut le même succès que les précédentes.

Habib ibn Abou Obéidah fit encore une descente en Sicile, l’an de l’hégire 122 [739—740 de l’ère ]. Son fils, Abd al-Rahman, qui commandait la cavalerie, mit en fuite tous ceux qui se présentèrent devant lui, et s’avança jusqu’à Syracuse, qui était la capitale. Les ennemis l’ayant attaqué en cet endroit, il les battit, les poursuivit jusqu’à la porte de la ville, et la frappa si rudement de son épée que les traces du coup y restèrent. Les Chrétiens, saisis de frayeur, consentirent à lui payer une contribution. Dès qu’il l’eût reçue, il s »en alla rejoindre son père, et ils retournèrent en Afrique.

Batiment byzantin en Sicile ver Taormina Castiglione di Sicilia
Batiment (Temple) byzantin en Sicile prés de Taormina Castiglione di Sicilia

Abd al-Rahman revint en Sicile, l’an de l’hégire 130 [747 — 748], et y remporta plusieurs victoires. Les gouverneurs de la province d’Afrique furent ensuite occupés à apaiser les séditions qui s’élevèrent dans leur pays, et la Sicile demeura tranquille. Pendant ce temps-là les Grecs la fortifièrent de tous côtés. Ils y bâtirent des forteresses; et il n’y eut point de montagne sur laquelle on ne construisit un château.

L’an de l’hégire 201 [816 — 817], l’empereur de Constantinople donna le gouvernement de la Sicile à un patrice,[11] surnommé Souda. Celui-ci ayant équipé une flotte l’envoya en Afrique, sous le commandement de Fimi,[12] un des principaux patrices, qui enleva les marchands qu’il trouva dans plusieurs parages. Quelque temps après, l’empereur de Constantinople écrivit au gouverneur de Sicile d’ôter à Fimi son commandement, et de le punir pour certaines choses qu’il avait apprises sur son compte.[13] Fimi en ayant eu avis, se rendit à Syracuse, s’empara de la ville et se révolta ouvertement.

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Carte de la Sicile : Livre 2, Chapitre 12: « Brève Description des grandes îles et de leurs mers  » (MS. Arab. c. 90, fols. 32b-33a). © Bodleian Library.

 

Le gouverneur marcha contre lui; on en vint aux mains : Fimi remporta la victoire, et le gouverneur fut tué sur le champ de bataille. Après cet avantage, Fimi se fit proclamer roi, et donna le gouvernement d’une partie de l’île à un nommé Platha,[14] du nombre de ceux qui avaient embrassé son parti : celui-ci s’étant ensuite révolté contre lui, il se donna une bataille dans laquelle l’armée de Fimi fut mis en fuite ; mille de ses gens périrent, et le vainqueur entra dans Syracuse. Alors Fimi s’embarqua avec ceux qui l’accompagnaient, et se rendit en Afrique auprès de Ziadet Allah ibn Ibrahim ibn al-Aglab,[15] pour lui demander du secours. Ziadet ayant fait assembler les principaux de Qairouan et les Fuqaha, les consulta sur le projet d’envoyer une flotte en Sicile. Quelques-uns étaient d’avis de piller seulement l’île sans s’y établir.

Sahioun ibn Cadem demanda à quelle distance elle était du continent qui appartenait aux Grecs? on lui répondit qu’on pouvait y aller et en revenir deux ou trois fois par jour. Il demanda ensuite à quelle distance elle était de l’Afrique? on lui répondit que le trajet était d’un jour et d’une nuit.

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Cavaliers Arabes nord-africains (libyens?) en armure épées droite

Alors, il s’écria : « Quand je serais oiseau je n’y volerais pas.[16] » Tous ceux qui restaient conseillèrent de faire seulement une descente. On s’y prépara avec ardeur, et chacun en attendait le moment avec impatience. Dans le même temps, Fimi reçut ordre du roi de se rendre au port de Sousa,[17] et d’y rester jusqu’à ce qu’on eut rassemblé des vaisseaux et des soldats. La flotte étant prête, le cadi Assad ibn Ferat en eut le commandement. Elle partit du port de Sousa, composée d’environ cent vaisseaux sans compter ceux de Fimi, la septième férie, dans le milieu du mois de rabi premier, l’an 212,[18] sous le califat d’al-Mamoun, et arriva à Mazara la troisième férie.

Le général fit aussitôt débarquer ses troupes qui montaient à dix mille hommes d’infanterie et sept cents chevaux. Trois jours se passèrent pendant lesquels on ne vit paraître qu’un petit corps de Grecs, qui fut pris d’abord et relâché ensuite, parce qu’il était composé des amis de Fimi.

Le Qadi Assad marcha vers Taabia, pour combattre Platha, campé dans une prairie qui porte son nom.[19] Il rangea son armée en bataille, et mit à part Fimi avec ses camarades dont il ne voulut pas emprunter le secours. Le combat s’étant engagé, l’armée de Platha fut mise en fuite : il perdit beaucoup de monde, et les Musulmans firent un grand butin. Après cet échec, Platha se retira dans Enna[20] ; mais craignant de n’y être pas en sûreté, il en sortit pour se rendre en Calabre, où il fut tué. Le cadi Assad marcha de là vers une église appelée Afimia, près de la mer, donna le gouvernement de Mazara à Abou Zaki al-Kenani, et s’avança vers l’église d’al-Meslakin.[21]

Pendant qu’il était en route, les principaux de Syracuse vinrent le trouver pour se soumettre à lui ; mais seulement dans l’intention de le tromper, car les habitants du pays se rassemblaient, pendant ce temps-là, dans la forteresse d’al-Kerat,[22] et y faisaient entrer toutes leurs richesses; tandis que ceux de Syracuse travaillaient à se fortifier. Fimi, voyant les choses dans cet état, commença à vouloir favoriser les infidèles, leur fit dire de se préparer à la guerre et de se défendre courageusement. Cependant le cadi Assad étant resté quelque temps où il était, s’aperçut que ceux de Syracuse l’avaient trompé pour avoir le temps de mettre leur château en état de défense, et d’y retirer toutes les richesses répandues dans les faubourgs et dans les églises. Alors il s’avança vers la ville, commença les hostilités et envoya de tous côtés des partis pour piller.

Bateau Islamique avec "grenade arabes"
Bateau Islamique avec « grenade arabes »

Dans le même temps il lui vint des secours de l’Afrique, et de l’Espagne, et le siège fut pressé si vivement que les habitants demandèrent à se rendre. Le cadi Assad était prêt à écouter leurs propositions, mais ses troupes s’y opposèrent et voulurent continuer la guerre. Sur ces entrefaites, il tomba malade et mourut dans le mois de shaaban, l’an de l’hégire 213 [828 — 829].

Le Qadi Assad al-Ferat étant mort, les Musulmans mirent à leur tête Mohammed ibn Abou al-Jouari. Les assiégés étaient tous les jours plus resserrés, quand il arriva de Constantinople une flotte et une armée considérable. Les Musulmans résolurent alors de retourner en Afrique, abandonnèrent le siège et se rembarquèrent ; mais les Grecs s’étant portés à l’entrée du grand port, les empêchèrent de sortir. Dans cette extrémité, ils mirent le feu à leurs vaisseaux, et se retirèrent accompagnés de Fimi, vers la forteresse de Mineo, dont ils se rendirent maîtres, ainsi que du château de Girgenti.

Calatafimi-Segesta - Wikipedia
Comune de Calatafimi-Segesta, de l’arabe Qalʿat Fīmī (قلعة فيمي),

Après cela, Fimi marcha lui-même vers Enna, dont les habitants offrirent d’abord de se soumettre et de se réunir à lui et aux Musulmans, pour secouer le joug de l’empereur. En même temps, ils demandèrent qu’on leur accordât ce jour là pour délibérer sur les conditions. Fimi y consentit ; et le lendemain matin se présenta devant la ville avec peu de monde. Ils en sortirent comme pour se prosterner devant lui ; mais quand il fut près d’eus, ils saisirent les armes qu’ils avaient cachées auparavant, se jetèrent sur lui et le tuèrent.[23] Dans le même temps, le patrice Toudath[24] arriva de Constantinople avec une armée nombreuse, composée d’Italiens et de soldats d’autres nations. Il se rendit d’abord à Enna, et étant ensuite sorti pour combattre les Musulmans, il fut mis en fuite, perdit un grand nombre de soldats, et quatre vingt-dix patriciens.

Abbasid_Caliphate_891-892 Mutamid alaLlah
Le califat Abbasside sous al-Mutamid entre 891-892

Peu de temps après, Mohammed ibn al-Jouari mourut, et les Musulmans mirent à leur tête Zahar ibn Bargout. Après plusieurs combats livrés aux infidèles, les Musulmans furent assiégés dans leur château, et tellement pressés que les vivres leur manquant absolument, ils furent obligés de manger leurs chevaux. Cet état dura jusqu’à l’arrivée d’Asbag ibn Ouakil al-Haouari, qui était parti d’Espagne avec un grand nombre de vaisseaux, dans le dessein de faire des prises, et de Soleïman ibn Afia al-Tartousi, qui avait aussi avec lui plusieurs vaisseaux. Aussitôt qu’ils parurent, les assiégés leur envoyèrent demander du secours. Ils marchèrent contre Toudath, qui était alors devant Mineo, et l’obligèrent à se retirer dans Enna. Cet événement arriva dans le mois de joumadi second, l’an de l’hégire 215 [26 juillet — 23 août 830].

Dans le même temps, on commença le siège de Palerme, qui dura jusqu’au mois de rajab de l’an 220 [1er — 30 juillet 835], où elle fut prise par composition, sous le gouvernement de Mohammed ibn al-Aglab.[25]

L’an 225 [829 — 830], plusieurs forteresses se rendirent. De ce nombre furent Gerace, Calat al-ballout,[26] Ablathanou,[27] Calat Caroun,[28] Mirta et plusieurs autres.

Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab mourut l’an de l’hégire 236, le 10 du mois de rajab, [17 janv. 851], après avoir gouverné l’espace de dix-neuf ans. Pendant tout ce temps là, il ne sortit point de Palerme 5 mais il faisait marcher les troupes sous la conduite de ses généraux. Al-Abbas ibn al-Fadl fut choisi par le peuple pour lui succéder, et son élection fut confirmée par l’émir Mohammed ibn al-Aglab, qui régnait à Cairouan. Le nouveau gouverneur faisait quelquefois des courses lui-même, et quelquefois envoyait ses partis désoler et ruiner le pays des ennemis, qui lui abandonnaient leurs biens pour obtenir de lui la paix.

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Araba italia

Avant la prise de Palerme, la ville de Syracuse était la capitale des Grecs ; mais depuis cet événement, ils s’étaient retirés à Enna, place très forte, et en avaient fait leur capitale.

L’an 244 [858—859], al-Abbas s’étant mis à la tête des troupes, fit des courses jusqu’aux portes d’Enna et de Syracuse. En même temps, il mit en mer plusieurs vaisseaux de guerre, commandés par son frère Ali. Celui-ci ayant été rencontré par un officier arabe, surnommé le Crétois,[29] qui avait avec lui quarante vaisseaux, il y eut entre eux un grand combat, dans lequel Ali remporta la victoire, et s’empara de dix vaisseaux avec les hommes qui les montaient. Lorsqu’il fut de retour de cette expédition, al-Abbas envoya secrètement un corps de troupes du côté d’Enna. Ses soldats y firent un grand butin, et se saisirent d’un infidèle qu’ils lui amenèrent. Al-Abbas avait déjà donné ordre de le faire mourir, lorsqu’il offrit de livrer Enna, si on voulait lui laisser la vie. Al-Abbas accepta la proposition, et ayant pris avec lui mille chevaux et sept cents fantassins, partit de nuit accompagné de l’infidèle, et s’avança à une certaine distance du mont Gadir.

 

Là, s’étant arrêté, il envoya en avant son oncle Rabbakh, avec les plus braves de ses soldats, et se tint lui-même caché avec le reste. Rabbakh et ses gens s’étant glissés sans être aperçus jusqu’au pied de la montagne, l’infidèle leur montra l’endroit où ils devaient appliquer leurs échelles pour monter. Le jour ne paraissait pas encore, et la garnison était endormie. Arrivés près des murs, ils trouvèrent une ouverture par où l’eau entrait dans la place, et s’en servirent pour y pénétrer.

Cependant, al-Abbas continuant son chemin, arriva à la porte de la ville vers la pointe du jour, la cinquième férie, 15 du mois de shoual.[30] Toute la garnison fut passée au fil de l’épée. On trouva dans la ville des richesses immenses, aussi bien que les enfants de plusieurs patriciens et de grands seigneurs qu’on y avait retirés. Al-Abbas fit construire le même jour une mosquée, et élever une tribune sur laquelle on fit la prière la sixième férie.[31] Il ne cessa de faire la guerre en personne aux ennemis, jusqu’à sa mort, qui arriva la sixième férie, 4 de joumadi second, de l’an 247,[32] après un gouvernement de deux ans.

Les Musulmans mirent d’abord à sa place Ahmed ibn Iacoub, et ensuite Abd Allah ibn al-Abbas. En même temps, ils écrivirent à l’émir de Cairouan, qui leur envoya Khafaja ibn Sofian, l’an 248. Celui-ci continua de faire des incursions dans le pays ennemi, jusqu’à ce qu’il fût tué par un de ses soldats, nommé Khalfoun ibn Abou Ziad al-Haouazi, la troisième férie, 1er de rajab, l’an 255.[33] Son fils Mohammed fut choisi pour lui succéder, et confirmé par l’émir de Qairouan.

Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya ,  de nos jours Erice,( Sicile).
Le chateau Aghlabide de Jabal Hamid , as-Siqiliya , de nos jours Erice,( Sicile).

Il fut tué pareillement par un de ses eunuques, le 4 de rajab, l’an 257.[34] Mohammed ibn Abou al-Hossaïn fut mis à sa place, en attendant les ordres de l’émir, qui donna le gouvernement de l’île à Rabbakh ibn Iacoub, et celui de la grande terre,[35] à Abd Allah ibn Iacoub. Rabbakh mourut dans le mois de moharram 258,[36] et son frère dans celui de safar de la même année. On choisit pour lui succéder Abou al-Abbas ibn Abd Allah, ibn Iacoub, qui mourut au bout d’un mois, et fut remplacé par son frère. Peu après, l’émir d’Afrique donna le gouvernement à Hossaïn ibn Rabbakh. Il le lui ôta ensuite, et en revêtit d’abord Abd Allah ibn Mohammed, ibn Ibrahim ibn al-Aglab, dans le mois de shoual 259,[37] et ensuite Abou Malik Ahmed ibn Omar, ibn Abd Allah, ibn Ibrahim, ibn al-Aglab, connu sous le nom de Habashi, qui occupa cette place pendant vingt-six ans.[38]

Abou al-Abbas ibn Ibrahim, ibn Ahmed, lui succéda en 287 [900—901] ; mais ayant été rappelé en Afrique, il eut pour successeur son père Ibrahim ibn Ahmed ibn al-Malik.

Ibrahim fit lui-même plusieurs expéditions contre les ennemis, et mourut les armes à la main. Il fut remplacé d’abord par Mohammed ibn al-Sarcousi, et ensuite l’an 290 [902—903], par Ali ibn Mohammed, ibn Abou al-Faouares. Celui fut déposé par Ziadet Allah, qui mit à sa place Ahmed ibn Abou al-Hossaïn ibn Rabbakh. Peu de temps après, les Siciliens ayant appris les conquêtes d’Abou Abd Allah al-Shii en Afrique, se révoltèrent contre Ahmed, pillèrent ses richesses, le renfermèrent en prison, et mirent à sa place Ali ibn Abou al-Faouares, le 11 de rajab 296.[39] En même temps, ils envoyèrent ibn Abou al-Hossaïn, vers Abou Abd Allah al-Shii, pour, lui demander la confirmation d’Ali. Abou Abd Allah, accorda ce qu’on lui demandait, et écrivit à Ali pour l’exhorter à attaquer les infidèles par terre et par mer.

Ahmed ibn Abou al-Hossaïn fut, comme on voit, le dernier des gouverneurs de la Sicile pour les Aghlabides. Parmi tous ceux dont nous avons fait mention, il n’y en a aucun qui ne se soit distingué par des expéditions contre les infidèles, et par une grande ardeur pour la guerre.

Al Mahadi ayant succédé aux Aghlabides, Ali lui demanda la permission de venir en Afrique. Al-Mahadi la lui accorda, et lorsqu’il fut arrivé, il le fit mettre en prison dans la ville de Racada. Le gouverneur[40] qu’il mit à sa place arriva en Sicile le 10 dhou al-haja l’an 297 [le 20 août 910]. L’année suivante, une révolte éclata contre lui, on se saisit de sa personne. Voici qu’elle fut la cause de cet événement. Ses officiers exerçaient centre le peuple toutes sortes d’injustices. Un jour qu’il avait invité à dîner les principaux de la ville, l’un d’eux crut voir ses esclaves s’armer d’épées nues Aussitôt tous prennent l’alarme, ouvrent les fenêtres de la salle, et se mettent à crier: aux armes! aux armes! Le peuple accourt à leur secours, environné le palais, et met le feu aux portes. Tandis que les principaux des habitants qui étaient dans le palais se sauvaient entre les bras de la multitude, le gouverneur protestait qu’il n’avait pas eu dessein de leur faire aucun mal. Comme on ne l’écoutait pas, et qu’on l’accablait de reproches, il voulut sauter dans la maison voisine, se laissa tomber, et se cassa la jambe. Le peuple se saisit de lui, et le mit en prison. Khalil, maître d’Alcamo,[41] prit en main le gouvernement de la ville. On écrivit en même temps à Mahadi, qui accorda le pardon de ce qui s’était passé, déposa le gouverneur, et mit à sa place Ali ibn Omar al-Balaoui, qui arriva à Palerme le 27 du mois dhou al-haja, l’an 299.[42]

C’était un vieillard doux et humain envers le peuple, mais qui ne put plaire aux Siciliens. Ahmed ibn Qorhub souleva les esprits contre lui, et les engagea à se soumettre à Moctader billah, Calife Abbaside. Plusieurs y consentirent, et choisirent Ahmed pour gouverneur. Moctader envoya l’an 300 [912] des ambassadeurs qui lui apportèrent les provisions de sa charge, les robes d’honneur, les étendards, le collier d’or et les bracelets[43] ; mais le peuple s’étant révolté, écrivit à Mahadi, et les mutins, ayant à, leur tête Abou al-Gaffar, s’avancèrent vers Ahmed ibn Corhab, et lui ordonnèrent de sortir de l’île, et de se retirer où il voudrait. Il refusa de le faire et se battit contre eux ; après leur avoir résisté quelque temps, il fut tué à la fin de l’an 300 [913]. Son gouvernement avait duré onze mois.

 

 

Après sa mort, al-Mahdi nomma pour gouverneur Moussa ibn Ahmed, et lui donna des troupes capables de résister aux Siciliens, s’ils voulaient entreprendre quelque chose contre lui. A son arrivée, il reçut les principaux de Girgenti, qu’il traita avec distinction, et leur fit des présents. Peu de temps après, s’étant saisi d’Abou al-Gaffar, il le fit charger de chaînes et conduire en prison. Son frère Ahmed se sauva à Girgenti, et fit soulever le peuple contre Moussa. Après une guerre opiniâtre, les habitants demandèrent la paix, Moussa la leur accorda, et en écrivit à Mahadi, qui, n’étant pas apparemment content de sa conduite, mit à sa place Salem ibn Assad[44] al-Kennai, l’an 305 [917 — 918].

Fatimid Caliphate 2

L’an 316 [928 — 929], Sareb al-Saclabi[45] se rendit en Afrique avec trente vaisseaux de guerre. Salem s’étant joint à lui, ils descendirent en Calabre, où ils prirent d’assaut la ville de Tarente. Ils marchèrent ensuite vers Otrante, où ils firent beaucoup de ravage ; mais la maladie qui se mit dans l’armée, les obligea de revenir à Palerme.

Ils en sortirent peu après, et imposèrent aux habitants de la Calabre un tribut qu’ils furent obligés de payer pendant tout le règne de Mahadi.

Son fils al-Caïm, qui lui succéda, envoya une flotte ravager le pays des Francs.[46] Iacoub ibn Ishak qui la commandait, prit la ville de Gênes, passa de là en Sardaigne, fit beaucoup de mal aux habitants, et brûla grand nombre de vaisseaux. La même année, il y eut en Sicile une inondation qui renversa plusieurs maisons.

L’an….., les habitants de Girgenti se révoltèrent contre Salem, et chassèrent son lieutenant ibn Abou Hamran.[47] Salem envoya d’abord contre eux une armée qui fut battue ; mais les ayant ensuite attaqués lui-même, il les mit en fuite. Peu de temps après, la ville de Palerme s’étant aussi révoltée, les habitants marchèrent contre lui avec Ishak al-Bostani et Mohammed ibn Hamou. Après plusieurs combats, Salem les obligea à prendre la fuite, et les assiégea dans la ville. Al-Caïm ayant appris ces nouvelles, envoya à son secours une armée commandée par Khalil ibn Ishak. Alors les Siciliens lui écrivirent pour lui protester de leur obéissance, et lui témoigner en même temps leur mécontentement de la conduite de Salem. Al-Caïm mit à sa place Khalil ibn Ishak, qui entra dans Palerme à la fin de l’an 325 [957].

Le nouveau gouverneur déposa les lieutenants de Salem, et traita fort bien le peuple, qui le récompensa par son obéissance. Au bout de quatre ans, il passa en Afrique, et eut pour successeur, an 334 [945 — 946], Mohammed ibn al-Ashat. Celui-ci se conduisit aussi avec beaucoup de douceur, jusqu’à l’an 336 [947 — 948], qu’il écrivit à al-Mansor pour l’informer de la peine que lui donnaient les habitants et du mauvais état des affaires. Al-Mansor mit à sa place al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossain al-Kalbi,[48] qu’il estimait beaucoup à cause de l’attachement qu’il avait pour sa personne, et des services qu’il avait rendus à ses prédécesseurs.

Al Hassan resta en Sicile deux ans et quelques mois, et revint en Afrique sous le règne de Moez ledin Allah ibn al-Mansor,[49] qui voulut bien, sur sa demande, accorder sa place à son fils Ahmed Abou al-Hossaïn l’an 345 [954 — 955].

Ce fut sous lui que les Musulmans se rendirent maîtres de Taormina[50] qui était la plus forte place des Grecs. Elle fut prise le 25 du mois de dhou al-caada l’an 351,[51] après sept mois et demi de siège. L’émir Ahmed envoya en Afrique les prisonniers qui étaient au nombre de quinze cent soixante-dix ; et al-Moez ordonna que la ville fut appelée de son nom al-Moezia.

Après que les Musulmans s’y furent établis, et qu’ils l’eurent fortifié, la ville de Rometta se révolta et appela le Domestec[52] à son secours. Aussitôt Ahmed envoya, par l’ordre d’al-Moez, al-Hassan ibn al-Ammar, pour l’assiéger et en faire sortir tous les habitants. Ibn al Ammar arriva devant la ville la cinquième férie dernier jour du mois de rajab, l’an 352.[53] Il dressa aussitôt ses machines et livra tous les jours des assauts. Il fit construire aussi un fort où il demeura, et ses gens, à son exemple, se bâtirent des maisons.

Le Domestec, ayant appris ces nouvelles, fit assembler les troupes et leur ordonna de se rendre en Sicile sous le commandement de Manuel. L’embarquement se fit la quatrième férie, 4 de shoual de l’an 353[54] : l’armée qui était très nombreuse fut neuf jours à faire le trajet. Les troupes à leur arrivée environnèrent la ville de Messine d’un fossé et élevèrent les murailles. L’émir Ahmed averti par al-Hassan se mit à la tête de ses troupes, en même temps les infidèles sortirent de Messine et marchèrent vers al-Hassan qui était à Rometta.

Ce fut dans le milieu de shoual 353 [25 octobre 964], que Manuel s’avança à la tête d’une armée composée principalement de Mages,[55] d’Arméniens et de Russes; et plus nombreuse que toutes celles qu’on avait vues jusque-là en Sicile. Al-Hassan ibn al-Ammar ayant appris qu’il s’avançait se prépara à marcher à sa rencontre, et posta d’abord un corps de troupes dans chacun des deux défilés[56] par lesquels on pouvait venir à lui. Manuel en ayant eu avis, détacha pareillement deux corps de troupes pour attaquer ceux d’al-Hassan, et en envoya un troisième du côté du chemin de Palerme, pour empêcher que l’ennemi ne fût secouru.

Al Hassan ayant laissé quelques troupes devant Rometta,[57] s’avança à la tête d’une armée déterminée à vaincre ou à périr. Les ennemis partagés en huit corps eurent bientôt enveloppé les Musulmans de toutes parts. En même temps, les habitants de Rometta fondirent sur ceux qu’ils avaient en tête, et l’attaque devint générale. Après un long combat, les Musulmans décourages et désespérant de la victoire, dont les ennemis se croyaient assurés, ne cherchaient plus qu’à mourir les armes à la main, regardant la mort comme ce qu’ils pouvaient obtenir de plus heureux.

Al-Hassan voyant l’action se ralentir,[58] s’écria de toutes ses forces: Grand Dieu ! si les hommes m’abandonnent, ne m’abandonne pas ! Al-Hassan et ceux qui étaient autour de lui, fondirent en même temps sur l’ennemi, avec l’impétuosité d’un seul homme. Manuel de son côté criant de toutes ses forces, demandait aux soldats où était la bravoure qu’ils faisaient paraître devant l’empereur, où étaient les promesses qu’ils lui avaient faites de tailler en pièces cette poignée d’hommes.

Le combat s’échauffe de part et d’autre, Manuel fondant sur les Musulmans, en tue un de sa main. Il reçut alors plusieurs coups de lance qui ne lui firent aucun mal, à cause de la bonté de sa cuirasse ; mais un soldat s’étant jeté sur lui, perça son cheval, lui coupa les jarrets, et le tua lui-même. Il survint ensuite un grand orage, accompagné d’éclairs et de tonnerre, l’air s’obscurcit, le secours de Dieu se manifesta en faveur des Musulmans, et les infidèles prirent la fuite. Le carnage alors augmenta. Les ennemis en déroute s’étaient portés vers un endroit qu’ils croyaient uni; ils rencontrèrent des chemins difficiles; on les poussa jusque sur le bord d’un fossé large et profond, dans lequel ils tombèrent et se tuèrent les uns les autres. Le fossé fut tellement rempli de cadavres, que la cavalerie passant par dessus en courant, tailla en pièces tout ce qui se trouva dans ces lieux d’un accès difficile et dans ces retranchements épouvantables.

Le combat dura depuis le commencement du jour jusqu’après midi. On tua encore beaucoup de fuyards pendant la nuit, et il périt dans cette journée plus de dix mille hommes. Plusieurs des chefs furent faits prisonniers. Le butin fut immense, en chevaux,[59] armes et choses précieuses. On y trouva un sabre sur lequel étaient gravés ces mots : « Ce sabre est indien, son poids est de cent soixante dix mithcal. Il fit couler bien du sang sous les ordres de l’envoyé de Dieu.[60] » Al-Hassan ibn al-Ammar l’envoya à Moez, avec une grande quantité d’armes, de cuirasses, et deux cents prisonniers des plus distingués. Il ne se sauva qu’un petit nombre d’infidèles qui s’embarquèrent. L’émir Ahmed apprit la nouvelle de cette victoire, comme il était en marche pour joindre al-Hassan. Dans le même temps, il perdit son père Hassan ibn Ali, ibn Abou al-Hossaïn.

Le Domestec ayant appris cette défaite lorsqu’il assiégeait la ville de Mopsueste, s’en retourna aussitôt à Constantinople. Le siège de Rometta dura encore quelques mois. La famine ayant obligé mille des ennemis à sortir de la ville, al-Hassan les fit conduire à Palerme, et continua l’attaque de la place, qui se rendit peu de temps après. Il se donna encore plusieurs combats considérables, principalement celui du détroit, dans lequel il périt un si grand nombre d’infidèles, que la mer fut teinte de leur sang; enfin la paix se fit entre Moez et le Domestec, l’an 356 [966—967]. Moez ayant reçu ses présents, en donna avis à l’émir Ahmed, et lui ordonna en même temps de réparer les murs de la ville de Palerme, de la fortifier sans perdre de temps,[61] et de bâtir dans les différentes parties de l’ile une ville forte, avec une mosquée et une tribune, afin d’y rassembler les habitants, et de ne pas souffrir qu’ils demeurassent dispersés dans les campagnes. L’émir Ahmed se hâta de remplir ces ordres, et envoya dans Pile des cheikhs pour veiller à ces diverses constructions.

L’an 358 [968—969], al-Moez reçut des présents de l’empereur de Constantinople, et commanda qu’on détruisit les villes de Taormina et de Rometta. Ahmed chargea son frère Abou al-Cassem et son oncle Jaafar de se rendre sur les lieux pour l’exécution de cet ordre, qui fit beaucoup de peine aux Musulmans. Les deux villes furent détruites, et tout fut consumé par le feu. La même année, al-Moez ordonna à l’émir Ahmed de quitter la Sicile. Il s’embarqua donc et aborda en Afrique, suivi de trente vaisseaux, sur lesquels étaient toute sa famille, ses enfants, ses frères et toutes ses richesses. Son gouvernement avait duré seize ans ; il laissa en partant pour remplir sa place Iaïsh, affranchi de son père.

Au milieu de shaaban de l’an 359 [24 juin 970], l’émir Abou al-Cassem vint en Sicile en qualité de lieutenant de son frère Ahmed : celui-ci mourut la même année, et Abou al-Cassem reçut le diplôme d’al-Moez pour lui succéder. Il fit plusieurs expéditions contre les ennemis, la première répond à l’an 365 [975—976]. La même année, il fit rétablir la forteresse de Rometta, et en donna le commandement à un de ses esclaves.[62] Il mourut dans sa cinquième expédition, au mois de moharam 372.[63] L’émir Jaber ibn Abou al-Cassem lui succéda, et fut confirmé par le calife al-Aziz billah ibn al-Moez. Au bout d’un an, il fut déposé et remplacé par Jaafar ibn Mohammed ibn Hossaïn, qui vint en Sicile l’an 373 [983—984]. Celui-ci mourut en 375, [985—986]. Son frère Abd Allah ibn Mohammed lui succéda. Abd Allah mourut dans le mois de ramadhan 379,[64] et désigna pour lui succéder son fils Abou al-Fatha Ioussef.

 

Ioussef ayant été confirmé par al-Aziz, gouverna l’île avec sagesse, et se distingua par son amour pour le peuple, jusqu’à ce qu’ayant été attaqué d’une hémiplégie, en 388 [998—999], il perdit absolument l’usage du côté gauche, et resta fort incommodé du côté droit. Son fils Jaafar gouverna pour lui, ayant déjà le diplôme pour lui succéder. Al-Hakem lui envoya ensuite les marques d’honneur de sa place, avec l’étendard, et lui donna le surnom de Taj al-doulat, saif al-millat.[65] L’an 405, le dernier du mois de rajab,[66] son frère l’émir Ali ibn Abou al’fatha, voulant lui disputer l’empire, rassembla près de Palerme des Barbaresques et des esclaves qu’il avait engagés dans son parti. Jaafar marcha à sa rencontre. La bataille se donna la quatrième férie, 23 de shaaban [6 fév. 1015]. Les troupes d’Ali furent taillées en pièces. Il fut fait lui-même prisonnier, et conduit devant son frère, qui le fit mourir, et termina ainsi la guerre huit jours après s’être mis en campagne. La mort d’Ali fit beaucoup de peine à leur père Abou al-fatah. Jaafar ordonna ensuite qu’on chassât de l’ile les Barbaresques qui y étaient, et fit mourir tous les esclaves, sans en épargner un seul. Il voulut aussi que sa garde ne fût composée que de Siciliens, n’eut pas soin d’entretenir les troupes, et facilita par là le soulèvement qui se fit contre lui, pour les raisons que nous allons rapporter.

Hassan ibn Mohammed al-Bagaï, secrétaire de Jaafar, jouissait d’une très grande autorité. Cet homme, d’un caractère dur et avare, maltraitait le peuple, et commettait tous les jours des injustices. Il avait conseillé à Jaafar d’exiger des Siciliens le dixième des grains et des fruits, selon l’usage établi pour certains objets. Cela était contraire à la coutume de Sicile, où l’on payait seulement un droit pour chaque paire de bœufs, quelle que fut la récolte.[67] Outre cela, on reprochait au gouverneur de traiter la multitude avec mépris, et les grands avec hauteur. Le peuple irrité par tant de motifs, s’assembla enfouie autour du château, en détruisit une partie, assiégea le reste avec tant d’opiniâtreté, qu’il passa sous les armes la nuit de la seconde férie, 7 de moharram 410.[68] Le lendemain, comme ils étaient sur le point de s’en rendre maîtres, Ioussef, père de Jaafar, dont la personne imprimait le respect, se fit porter en litière au-devant des séditieux. Sa présence et ses discours arrêtèrent leur fureur. Il les flatta, promit de se conformer à leurs sentiments, écouta les plaintes qu’on lui fit sur les innovations de son fils, répondit de lui, s’engagea à le contenir, et permit de nommer un nouveau gouverneur. Le choix tomba sur son fils Ahmed al-Akhal.

Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment à Palerme dans le style islamique , l'architecture ne semble pas montrer influences normandes; il remonte au XIIe siècle , et était à l'intérieur du Fawwarah («source jaillissante" en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio .  Index  [nascondi]  1 Histoire 2 Structure 3 Le jardin 4 Images 5 Notes 6 autres projets Histoire [ modifier | modifier wiki ]  Chancelier aulique reçu à la cour de Frédéric II , au palais de Favara avec des écrivains, des artistes et chercheurs sicilienne Le palais , improprement appelé «château», a été construit en 1071 [1] , et faisait partie d'un "qasr", une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par un anneau de murs , qui en plus de palais inclus un hammam et un étang à poissons. Le bâtiment était autrefois le siège du roi Norman Roger II , qui, selon la première référence textuelle à l'existence de l'immeuble, les chronicon sive Annales de Romuald serait réajusté à ses fins, de construction pré-existante, appartenait à ' émir Giafar al-Kalbi II dans le Xe siècle . [2] [3]
Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment arabe à Palerme, l’architecture ne semble pas montrer influences normandes; à l’intérieur du Fawwarah («source jaillissante » en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio il appartenait à l’emir  Jafar al-Kalbi II Xe siècle .
Ahmed commença à gouverner la seconde férie 6 de moharram 410.[69] Son premier soin fut de se saisir du secrétaire Hassan al-Bagaï, et de le livrer aux Siciliens, qui lui coupèrent la tête, la portèrent en triomphe, et brûlèrent son corps. Ioussef épouvanté par cette exécution, et craignant pour son fils Jaafar, s’embarqua avec lui sur un vaisseau qui faisait voile pour l’Egypte. Les richesses qu’ils emportaient avec eux se montaient à six cent soixante et dix mille pièces d’or. Malgré cela, lorsque Youssef mourut en Egypte, il était réduit à n’avoir qu’une seule bête de somme,[70] lui à qui l’on comptait autrefois treize mille chevaux, outre les mulets et les autres animaux.

Al Akhal ayant pris en main le gouvernement, se conduisit avec la prudence que demandaient les circonstances, il apaisa les troubles, rétablit par tout le bon ordre, et mérita qu’al-Hakam lui donnât le surnom de Taïd al-doulat.[71]

Ses troupes firent des courses dans le pays ennemi, portèrent partout le fer et la flamme, et forcèrent toutes les forteresses à se rendre. Souvent il marchait lui-même à leur tête, et alors il remettait son autorité entre les mains de son fils, nommé Jaafar, qui n’imitait point la justice et la bonté de son père. Cependant al-Akhal assembla un jour les Siciliens, et leur dit qu’il allait faire sortir de l’île tous les Africains qui y étaient, et qui partageaient avec eux leur pays et leurs richesses. Les Siciliens lui représentèrent que la chose était impossible, que les deux peuples étaient unis par des mariages, et tellement confondus qu’ils ne faisaient plus qu’un. Al-Akhal, piqué de ce refus, les congédia, et envoya sur le champ faire les mêmes propositions aux Africains, par rapport aux Siciliens.

Les Ifriqiyiens les acceptèrent, et se rendirent auprès de lui. Alors al-Akhal commença à affranchir leurs biens et à lever des impositions sur ceux des Siciliens seulement. Plusieurs de ceux-ci mécontents, allèrent trouver en 427 [1035— 1036], al-Moez ibn Badis,[72] et lui dirent qu’ils étaient déterminés à se soumettre à lui, ou à livrer le pays entre les mains des Grecs.

Plate with Battle Scene. Fatimid-Zirid.
Scène de bataille représenté sur ce bol Fatimide – Ziride en Ifriqiya

Al-Moez envoya en Sicile son fils Abd Allah, avec une armée composée de trois mille hommes de cavalerie et autant d’infanterie. Après plusieurs combats, al-Akhal fut assiégé dans son château de Khalisa. Réduit à cette extrémité, quelques-uns des habitants étaient d’avis de le secourir ; mais ceux qui avaient fait venir les Africains lui tranchèrent la tête, et la portèrent à Abd Allah. Bientôt après la division éclata parmi les Siciliens, et plusieurs d’entre eux se repentirent d’avoir appelé Abdallah dans leur pays. S’étant donc rassemblés, ils lui livrèrent bataille. Son armée fut mise en fuite, il perdit environ trois cents hommes, et le reste s’étant rembarqué, repassa en Afrique.

Dans le même temps, al-Samsam, frère d’al-Akhal, fut élu gouverneur; mais les troubles subsistant toujours, les partis, se séparèrent et s’établirent de divers côtés.

Les principaux de Palerme s’emparèrent du gouvernement et chassèrent al-Samsam. L’alcaïde Abd Allah ibn Menkout se rendit maître de Mazara, de Trapani, de Xacca, de Marsala et des environs; Enna, Girgenti, Castronuovo et le pays d’alentour tombèrent sous la puissance de l’alcaïde Ali ibn Nimat, surnommé ibn al-Jaouas.

Syracuse fut soumise à ibn Thémama, qui marcha ensuite contre Catane, s’en rendit maître, et tua ibn Kelabi, qui avait épousé la sœur de l’alcaïde Ali ibn Nimat, appelée Meimouna.

Cette femme étant ainsi devenue veuve, ibn Thémama la demanda à son frère, et l’obtint. Ce mariage eut, comme on va voir, les suites les plus funestes. Meimouna, qui avait beaucoup d’esprit, eut un jour une dispute avec son mari. On en vint de part et d’autre aux injures. Ibn Thémama qui était ivre, entra dans une grande colère, et ordonna qu’on lui ouvrît les veines des deux bras, et qu’on la laissât mourir dans cet état. Son fils Ibrahim en ayant été informé, accourut à son secours, et fit venir des médecins qui la rappelèrent à la vie. Le lendemain ibn Thémama fut fâché de son action, et demanda pardon à sa femme, s’excusant sur son ivresse. Celle-ci fit semblant de lui pardonner, et quelque temps après, elle lui demanda la permission d’aller voir son frère.

Ibn Thémama le lui permit, et envoya avec elle toutes sortes de présents. Arrivée près de son frère, Meimouna lui raconta ce qui s’était passé, et sut si bien l’intéresser en sa faveur, qu’il jura de ne point la renvoyer à son mari. Ibn Thémama l’ayant donc redemandée, et n’ayant pu l’obtenir, assembla ses troupes qui étaient très nombreuses; car il était maître de la plus grande partie de l’île, et l’on faisait la prière en son nom dans Palerme. S’étant mis à leur tête, il s’avança vers Enna. Ibn al-Jaouas marcha à sa rencontre, le mit en fuite, et lui tua beaucoup de monde.

Représentation d'archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l'occupation Croisée Normande de l’île d'as-Siqiliya (Sicile)
Représentation d’archers musulmans arabo-sicilien au combat contre des croisés datant de l’occupation Croisée Normande de l’île d’as-Siqiliya (Sicile)

Ibn Thémama voyant son armée taillée en pièces, résolut d’implorer le secours des Chrétiens. Il alla donc à Balthia, dont les Francs s’étaient emparés l’an 372 [982 — 988]. Il y trouva Roger qui régnait alors, et lui promit de le rendre maître de toute l’île. Ils se mirent donc en campagne dans le mois de rajab de l’an 444, [27 novembre — 26 décembre 1052], et ne trouvant aucune résistance, ils s’emparèrent de tout ce qui se rencontra sur leur passage jusqu’à Enna, Ibn al-Jaouas en étant sorti pour les combattre, fut mis en fuite et obligé de rentrer dans sa forteresse.

Les Chrétiens passèrent outre, et se rendirent maîtres de plusieurs places. Alors les personnages les plus distingués d’entre les Musulmans par leurs vertus et leur savoir, abandonnèrent le pays, et beaucoup de Siciliens s’étant, retirés auprès d’al-Moez ibn Badis, lui rendirent compte du mauvais état des affaires, et des conquêtes des Francs. Sur ces nouvelles, al-Moez ayant fait équiper une flotte considérable, l’envoya en Sicile. On était alors dans l’hiver, et comme la flotte faisait voile vers Cossyre,[73] il s’éleva une tempête furieuse qui fit périr presque tous les vaisseaux. Ce malheur affaiblit beaucoup al-Moez, et fut cause que les Arabes remportèrent sur lui plusieurs avantages.

Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina
Roger II de Sicile dépeint dans le style arabe . Cappella Palatina

D’un autre côté, Roger, profitant de la circonstance, poursuivit sa conquête sans trouver de résistance, pendant qu’al-Moez était occupé de la guerre qui lui était survenue. L’an 453 [1061—1062], al-Moez mourut. Son fils Tamim lui ayant succédé, envoya une flotte et une armée en Sicile, sous le commandement de ses deux fils Ayoub et Ali. Ayoub débarqua d’abord avec l’armée à Palerme, et Ali descendit à Girgenti. Ayoub y vint aussi peu après, et s’attira l’affection des habitants. Ibn al-Jaouas en conçut de la jalousie, et leur écrivit de le renvoyer. Comme ils n’en voulurent rien faire, il marcha contre eux à la tête de son armée. La bataille s’étant donnée, il fut tué d’un coup de flèche, et Ayoub ibn Tamim fut proclamé roi. Peu après ses soldats prirent querelle avec le peuple ; on en vint aux mains, et comme la division allait toujours en augmentant, Ayoub et son frère retournèrent avec la flotte en Afrique, l’an 461 [1068—1069] accompagnés d’un grand nombre des principaux de l’île. Les Francs devinrent alors les maîtres de tout le pays. Il n’y eut qu’Enna et Girgenti qui tinrent contre eux. Les Musulmans qui les défendaient furent si pressés par les assiégeants qu’ils mangèrent les cadavres, jusqu’à ce qu’enfin cette nourriture leur manqua. Girgenti se rendit l’an 481 [1088—1089]. Enna tint encore trois ans, et ne se rendit qu’en 484 [1091 — 1092] L’île fut alors habitée par les Grecs, les Francs et les Musulmans. Roger, qui en était roi, ne laissa à personne ni bain, ni boutique, ni four, ni moulin. Sa mort arriva avant 490 [1096—1097]. Son fils Roger lui ayant succédé, ne suivit pas les coutumes des Francs ; mais imita celles des princes Musulmans.

Il établit un tribunal où les opprimés allaient porter leurs plaintes, et il leur faisait rendre justice même contre son fils. Cette conduite lui attira l’amour des Musulmans, qu’il traitait avec distinction et qu’il protégeait contre les Francs.

Ayant fait équiper une grande flotte, il se rendit maître d’abord des îles qui sont entre Mahadie et la Sicile, comme Malte, Cossyre et autres. Ensuite il porta ses armes en Afrique, et s’empara de Mahadie et de plusieurs autres villes, qui furent ensuite reprises par Abd al-Moumen ibn Aly, de la dynastie des almohades.


 


AL-NOWAYRI

HISTOIRE DE LA SICILE
TRADUIT DE L’ARABE PAR  J. J. A. CAUSSIN

 

[1] IJean Jacques Antoine Caussin de Perceval, orientaliste français, né à Montdidier en 1759 et mort en 1835.

[2] Ce texte, sa traduction et ses notes (non corrigées) sont un peu vieillots, mais les traductions de l’historien al-Nowaïri (orthographié En-Noweïri, Noveïri, Novaïri…) sont rares. Il en existe cependant une autre sur ce même site.

[3] L’expression du traducteur « le Nowaïri » vient de l’arabe al-Nowaïri. Caussin a traduit al par le. C’était usuel il y a deux siècles.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihayat al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquête de la ville de Marakech. (Wikipédia)

[4] Ce manuscrit est de la main même du Nowaïri, comme on le voit par une note à la fin. L’écriture qui est rapide, quoique belle et très correcte, les points diacritiques qui sont omis dans les mots, où l’on peut aisément les suppléer, et placés ailleurs avec une économie et une intelligence rares; enfin, l’âge du manuscrit résultant des caractères paléographiques, qui ne permettent pas de lui donner beaucoup moins de cinq cents ans d’antiquité, tout concourt à prouver que cet exemplaire est réellement autographe. En le comparant avec le ms. 702 A, on remarque entre eux des différences qui ne viennent que de mots mal lus, mal ponctués, ou d’expressions plus communes substituées à des expressions d’un usage plus rare. Je me suis attaché invariablement dans ma traduction à la leçon du manuscrit de l’auteur.

[5] J’ai fait remplir autrefois cette lacune au moyen du second manuscrit.

[6] Littéralement : « Nous rapporterons maintenant, dans cet endroit, les choses qui la concernent et qui sont d’un genre différent de celles que nous avons rapportées précédemment. » J’avais traduit, il y a quinze ans, en interprétant la pensée de l’auteur, et la rendant peut-être d’une manière plus claire et plus succincte: « Nous allons exposer maintenant les événements dont elle a été le théâtre. »

[7] Moavia ibn Khodaïj fut envoyé dans la province d’Afrique, nom que les Arabes donnent à la partie orientale de la côte de Barbarie, l’an de l’hégire 45 (665— 666), par le calife Moavia pour continuer la conquête de ce pays qui avait été commencée sous le calife Othman. Ce fut après sa victoire qu’il envoya Abd Allah en Sicile. Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, chap. I.

[8] Les Mahométans appellent idoles toutes les images religieuses.

[9] Le règne de ce prince s’étend depuis l’an 720 jusqu’à 724 de l’ère vulgaire.

[10] Depuis l’an 724 jusqu’en 745 de l’ère vulgaire.

[11] Ce patrice est appelle dans un manuscrit Casantin, et dans l’autre Phasantin, et même dans un endroit Phastin. Le premier nom pourrait être une corruption de Constantin, ou seulement une faute de copiste. Le second, surtout si l’on fait attention à la leçon qui porte Phastin, semblerait convenir au patrice Photin à qui le gouvernement de la Sicile fut donné par l’empereur Michel le Bègue vers l’an 824. (Cedrène, tome II, page 510, Histoire du Bas-Empire, par Le Beau, tome XIV.)

Si dans l’auteur arabe on lit l’an de l’hégire 201, qui répond à l’an 816, c’est probablement une faute de copiste, qui aura oublié le mot asher (dix), lequel donne l’année de l’hégire 211 (826). En effet, l’auteur fait mention immédiatement après, de l’an 212, et il est évident par son récit qu’il y a eu fort peu d’intervalle entre tous les faits qu’il rapporte. D’ailleurs, le gouverneur dont il ici question est le même, d’après l’auteur arabe, que celui sous lequel arriva la révolte d’Euphémius en 827. Or, un gouverneur établi en 816 ne pouvait plus être en place en 827, puisque le gouvernement fut donné à Photin en 824.

[12] C’est le même qu’Euphémius, dont il est parlé dans les historiens grecs. Le nom de Fimi se retrouve encore aujourd’hui dans celui de Calata Fimi, et l’île des Femmes (isola delle Femine) s’appelait autrefois Fimi.

[13] Euphémius avait enlevé une religieuse qu’il aimait. Le Beau, Hist. du Bas-Empire, tome XIV, page 403.

[14] Le texte ajoute eulej min Alamaniin. Le premier mot désigne, en général, tous ceux qui ne sont pas Arabes, et répond au Barbarus des Latins. Le second, dérivé d’Alamani, désigna quelquefois les Italiens, comme on le voit par ce passage d’Aboulfaradj, page 108. La ville de Rome fait partie de l’Alamanie.

[15] Troisième prince de la dynastie des Aghlabides, qui régna depuis 817 jusqu’en 858 de l’ère vulgaire. Deguignes, Hist. gén. des Huns, tome I, page 563.

[16] Ou « Je ne volerais pas au-dessus. » (Dans la crainte d’être surpris par les Grecs à portée d’y descendre en tous temps.)

[17] Et non Sous, comme on lit dans l’Histoire générale des Huns, tome I, page 363.

[18] 16 du mois de rabi premier, qui répond au 15 juin 827.

[19] Le nom propre Platha pourrait se lire aussi Balatha. Il y a en Sicile beaucoup d’endroits qui portent ce nom.

[20] Célèbre dans l’antiquité par la fable de l’enlèvement de Proserpine. Depuis Castro Janni, Janna ou Giovanni.

[21] Ne trouvant aucune trace de ce mot dans la topographie actuelle de la Sicile, j’avais conjecturé autrefois qu’il fallait peut-être lire al-Shakiin au lieu d’al-Meslakin, d’autant plus que dans le n° 702 A on lit al-Shalkin, et que le lam qui est dans ce mot aurait pu avoir été mis par erreur au lieu d’un alif. Le mot de Shakiin désignerait les habitants de Xacca ou Sciacca, ville peu éloignée de Mazara. Le mot al-Meslakin est écrit si distinctement, dans le manuscrit que je regarde comme l’autographe de l’auteur, qu’il y aurait de la témérité à le changer.

[22] M. Gregorio nous apprend que dans un diplôme du comte Roger, de l’an 1082, il est question d’un lieu nommé Castrum Alcharet in valle Dominae.

[23] Selon Cedrène, Euphémius fut tué près de Syracuse. Les circonstances sont à peu près les mêmes. Le Beau, Hist. du Bas Empire, tome XIV, page 404.

[24] C’est le même que Théodotos, donc il est parlé dans la Chron. Sicil. Cantab., an 831.

[25] Ce fut le premier gouverneur de la Sicile pour les Aghlabides, comme le rapporte le Nowaïri dans son Hist. d’Afrique. « Sous le règne de Ziadet Allah la Sicile fut soumise aux Musulmans. Assad ibn al-Ferat, qui y fut envoyé avec dix mille hommes, battit le général grec qui en avait cent cinquante mille, et se rendit maître du pays. Ziadet en donna le gouvernement à Mohammed ibn Abd Allah ibn al-Aglab. »

[26] La forteresse des chênes, aujourd’hui Calatabellota.

[27] Platanella ruinée, près du Platano ou Fiume di Platani.

[28] Coronia.

[29] C’est Abou Hafs Omar ibn Shoaïb al-Andoulousi qui acheva la conquête de l’île de Crète, sous le califat d’al-Mamoun, et fut surnommé à cause de cela le Crétois.

[30] Le 24 janvier 859; c’était une troisième et non une cinquième férie. Cet événement est rapporté par Aboulféda à l’an 237 de l’hégire; la férie ne s’accorde pas davantage.

[31] Qui était le lendemain de la prise de la ville, selon l’auteur.

[32] Le 15 août 861.

[33] Le 15 juin 869.

[34] Le 28 mai 871.

[35] Cette expression doit désigner ici principalement les côtes d’Italie que les Sarrasins infestaient à cette époque.

[36] Depuis le 18 novembre jusqu’au 17 décembre 871:

[37] Depuis le dernier juillet jusqu’au 28 août 873.

[38] « L’an de l’hégire 264, au mois de ramadhan (7 mai — 25 juin 878), la ville de Syracuse fut prise par Ahmed ibn al-Aglab, sous le règne d’Abou Ishak Ibrahim ibn Ahmed ibn Mohammed ibn al-Aglab, après un siège de neuf mois. On y tua plus de quatre mille hommes ; le reste des habitants fut fait prisonnier, et il ne s’en sauva aucun. Le butin fut immense et plus considérable que dans aucune ville des infidèles. Les Musulmans n’y restèrent deux mois, après lesquels ils détruisirent la ville, et s’en retournèrent. » Le Nowaïri, Hist. d’Afrique.

« L’an 284, Abou Ishak Ibrahim envoya son fils Abou al-Abbas en Sicile, pour faire la guerre aux habitants. Il partit dans le mois de joumadi second. » Idem, ibid. (La suite manque.)

[39] Le 5 avril 909.

[40] Son nom est omis dans le manuscrit; c’est peut-être le même qui est appelé Ibn Ziyaj dans la chronique de Sicile de l’université de Cambridge, an 909.

[41] Voyez la chronique de Sicile publiée d’après un manuscrit de la bibliothèque de Cambridge, an 913.

La ville d’Alcamo est située à l’occident de Palerme. Les mots saheb al-Khams ou Khoms que j’ai traduit, d’après la chronique, par maître d’Alcamo, pourraient signifier que Khalil était fermier, percepteur pour le domaine d’un droit de quint. Le nommé Amran appelé de même dans la chronique saheb al-Khams et qui fut tué à Palerme en 910, ne dut peut-être sa mort qu’à la charge qu’il exerçait.

[42] Le 15 août 912.

[43] C’étaient les marques de l’investiture. Voyez les annales d’Aboulféda, année 265.

[44] Il est appelé dans Aboulféda, Salem ibn al-Rashed.

[45] L’esclavon. Les écrivains occidentaux font mention de ravages exercés vers ce temps-là dans la Pouille par des corsaires esclavons, et de la prise de Tarente par les Sarrasins. L’un de ces écrivains parle d’un Michael Sclabus qui s’empara de Siponto en 926.

[46] La date de cette expédition manque dans le manuscrit. Elle est rapportée par Aboulféda à l’an 323 (934 — 935).

[47] La date et les suites de cet événement sont rapportées dans le passage suivant extrait des annales d’Aboulféda : « L’an de l’hégire 325 (936—937), Salem ibn al-Rashed, qui cornet mandait en Sicile au nom d’al-Caïra, irrita tellement le peuple « par ses injustices que la ville de Girgenti se révolta. Al-Caïm en ayant été instruit, envoya une armée pour en faire le siège. La place fut secourue par l’empereur de Constantinople, et se défendit jusqu’en 329 (940 — 941). Une partie des habitants sortit de la ville, le reste se rendit à condition d’avoir la vie sauve. Salem fit embarquer les principaux pour les présenter à al-Caïm ; mais le général de ce prince donna ordre en mer de percer le vaisseau qui les portait. Ils furent tous submergés. »

[48] C’est ainsi que ce surnom est écrit dans Aboulféda ; le manuscrit du Nowaïri, n° 702 A, porte al-Halebi.

[49] Moez ledin Allah monta sur le trône l’an 341 de l’hégire. Il y avait alors plus de deux ans et quelques mois qu’al-Hassan était gouverneur de Sicile, puisqu’il commença à l’être en 336. Cette erreur se trouve corrigée dans le passage suivant d’Aboulféda. « L’an de l’hégire 336 al-Mansor donna le gouvernement de la Sicile à al-Hassan ibn Ali ibn Abou al-Hossaïn al-Calbi. Pendant tout le règne d’al-Mansor, il fit la guerre avec succès contre les ennemis. Al-Mansor étant mort, et al-Moez lui ayant succédé, al-Hassan revint en Afrique l’an 342, après avoir gouverné la Sicile cinq ans et deux mois.»

[50] Autrefois Tauromenium.

[51] 25 décembre 962.

[52] Domesticus. Voyez sur cette dignité les écrivains de l’histoire Byzantine. Selon les auteurs arabes qui se servent souvent du mot al-domestec, c’était le lieutenant de l’empereur de Constantinople dans les provinces situées à l’orient du canal. Aboulféda, an 316.

[53] Le 24 août 963 ; c’était une seconde férie.

[54] Le 14 octobre 964 ; c’était une sixième férie.

[55] Persans, sectateurs de Zoroastre.

[56] Ces défilés sont nommés dans le texte ; mais on ne peut lire leurs noms que par conjecture, la plupart des lettres étant destituées des points d’où dépendent leurs valeurs.

[57] J’avais cru autrefois pouvoir resserrer un peu ce récit, élaguer quelques longueurs, d’autant plus qu’on ne demandait alors de Sicile qu’une traduction, et que j’ignorais qu’on voulut faire imprimer le texte. Comme c’est précisément ce morceau que M. Gregorio a choisi pour mettre en parallèle nos deux traductions, je suis obligé d’indiquer ici d’une manière plus suivie les contresens qui défigurent la sienne. M. Gregorio traduit dès le commencement: Nonnullis in castello (Romettae) relictis militibus. C’est, je crois, un contresens : al-Hassan n’était pas maître de Rometta, puisqu’il en faisait le siège. Il ne pouvait donc pas laisser du monde dans la place, mais bien devant, pour faire tête à la garnison, tandis qu’il combattrait lui-même l’ennemi qui s’avançait.

[58] Fekhamanat al-harb; c’est la leçon du manuscrit n° 702. L’autre manuscrit porte fehamiat al-harb ; (le combat s’échauffait.) J’avais d’abord suivi cette dernière leçon ; mais je remarque actuellement que cette circonstance est rapportée plus bas, et qu’elle serait ici en contradiction avec le découragement dont l’auteur vient de parler. Je reviens donc à la leçon du manuscrit autographe dont l’autorité est infiniment supérieure.

[59] Khaïl (chevaux), vexilla militaria, selon le dictionnaire arabe de M. Gregorio.

[60] Ce sabre était tombé autrefois au pouvoir des Grecs, et fut alors repris par les Arabes. Son poids, en évaluant le mithcal avec Golius à un et trois septièmes de la drachme, n’aurait été que d’une livre et demie environ, ancien poids de marc. M. Gregorio a suivi encore ici ma traduction plutôt que le mot à mot: multum it sanguinem fudit. Mais en voulant se rapprocher de la lettre dans les mots qui suivent immédiatement, in manibus apostoli dei, il s’est fort éloigné du sens. Beïn yédeï, littéralement in manibus, ne signifie cependant pas en arabe, dans les mains, mais en présence; coram, in conspectu. Voilà un exemple bien frappant de l’abus des traductions trop littérales.

[61] Mot à mot, lui faisant savoir qu’il vaut mieux bâtir le jour même que le lendemain.

[62] « L’an de l’hégire 561, ni Moez céda à Abou al-Foutouh, de la dynastie des Zeïrides, la province d’Afrique et le Maghreb avec leurs dépendances. Il en excepta seulement la Sicile qui était entre les mains d’Abou al-Cassem Ali ibn al-Hassan, et Tripoli qu’il avait donné à Abd Allah. » Le Nowaïri, Histoire d’Afrique, C’est par erreur qu’il est dit, dans l’Histoire générale des Huns, tom. I, p. 570, que Moez donna la Sicile à Abou al-Foutouh.

[63] Depuis le 26 juin jusqu’au 25 juillet 982.

[64] Depuis le 5 décembre 989 jusqu’au premier janvier 990.

[65] La couronne de l’état, l’épée de la religion.

[66] Depuis le 26 décembre de l’an 1014 jusqu’au 24 janvier suivant.

[67] On pourrait peut-être donner à ces mots un autre sens.

[68] 15 mai 1019 ; c’était une sixième férie.

[69] 13 mai 1019.

[70] Ou mauvaise monture.

[71] Le soutien de l’état.

[72] De la dynastie des Zeïrides.

[73] Cossyre aujourd’hui Pantalaria. L’auteur de l’Hist. génér. des Huns, tome I, page 372, s’est trompé en traduisant Cousira par la Corse.

 

Les Kutama, histoire de la disparition d’une tribu :

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Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l'émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya
Le lieu de la tribu berbère des Kutama dans l’émirat arabe des Aghlabides en Ifriqiya (800-909)

Les Kutama, Ketama ou Kotama  était une tribu berbère Sanhadja branès et classée parmi la confédération des Bavares.. La tribu porta le nom de « Ukutamanorum » sous les Romains, puis de « Ucutamani » sous les Byzantins et de « al-Kutama » sous les Arabes.

Cette tribu peuplait principalement la région des Babors en Petite Kabylie et le nord-constantinois,1 régions situées au Nord-Est de l’Algérie, mais étendit également ses ramifications dans tout le Maghreb.2 Les Kutamas ont eu un rôle important durant l’époque médiévale (909 – 1171) au centre de l’Afrique du Nord. Ils serviront des missionnaires et d’imams chiites tels que Abu Abd Allah ach-Chi’i et Ubayd Allah al-Mahdi, formant ainsi la dynastie arabe des Fatimides contre les Aghlabides, émirat arabe issu de la tribu des Banu Tamim originaire du Khorassan, vassal du Califat Abbasside et contrôlant l’Ifriqiya (800 à 909).

fatimides
Un Cavalier Ghulam Turc et un Fantassin Kutama, tout deux de l’armée fatimide

Origines et Théories :

Les Kutama seraient une sous-branche des berbères Sanhaja selon Ibn Khaldûn. Toujours selon lui ils seraient les enfants de « Ketam » ou de « Ketm », fils de Bernis et donc de la même souche berbère que les Sanhadja.

Ibn Khaldoun après avoir fait d’après le rapport des généalogistes  descendre les Ketamah des Beranis ou enfants de Ber  descendants de Mazigh fils de Canaan mais ajoute : « Al-Kalbi (737-819) veut que les tribus de Ketamah et de Sanhadjah n’appartiennent pas aux Berbères ils ne sont selon lui que des tribus du Yémen qu’Afrikis fils de Saïli laissa en Afrique avec les gens de la postérité de Cham qu’il y avait établis. Il dit encore plus loin : « La vérité est que les Berbère sont un peuple bien différent des Arabes excepté peut-être comme l’observent aussi les généalogistes les tribus Sanhajah et des Kutamah qui selon moi doivent être regardées comme parentes et alliées des Arabes . Mais Dieu le sait ». ( Al-Kalbi repris par Ibn Khaldoun par Schulz Journ asiat t II p 121 et 142)

Selon toujours Ibn Khaldoun : : « Il est vrai qu’Ifricos-Ibn-Saïfi , ce prince de la dynastie des Tobba [rois du Yémen], qui donna son nom à l’Ifrîkïa, y avait conduit une expédition et s’en était rendu maître ; mais, après y avoir laissé les tribus himyerites de Ketama et de Sanhadja, il s’en alla. Ces deux peuples devinrent graduellement Berbères et se confondirent avec cette race , de sorte que l’autorité des Arabes en Ifrîkïa disparut tout-à-fait. Lors de la promulgation de l’Islam , le progrès de cette religion mit les Arabes en état de vaincre les autres nations. Leurs armées pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays.» dixit Ibn Khaldoun;

Selon A.Bouchareb dans la thèse d’état; « Cirta ou le substratum urbain de Constantine. » : « Notons ici que Himyer, cité comme un aïeul commun des Ketama et des Sanhadja, était également regardé par les historiens antiques comme également l’aïeul des phéniciens (donc des puniques) » et plus loin il poursuit :« Deuxièmement, nous retenons que ces populations, jointes aux berbères autochtones durant des temps reculés, étaient selon les généalogistes arabes descendants de Himyer d’origine yéménite, la même origine attribuée par les historiens (antiques, dont Hérodote) aux phéniciens »

Gautier quant à lui, propose de voir dans les récits des historiens arabes sur les conquêtes yéménites  du roi Ifrikos au Maghreb « une transposition de souvenirs phéniciens »

Le nom antique sous lequel cette tribu est signalée est « kédamousien ». D’après Ptolémée, elle serait venue du sud pour s’installer dans les montagnes d’actuel Nord-Est Algérien.

Les régions de l'empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya
Les régions de l’empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya

Histoire des Kutama

C’est au Moyen Âge et le début de l’ère musulmane que sa renommée deviendra la plus importante.

Dès l’année 154 de l’hégire (771), les kutama étaient dans la ville de Jijel, et vraisemblablement peuplait aussi le territoire de cette ville, car elle a accueillis deux fois des armées arabes Abbasside révoltés de Kairouan, venu prendre refuge et s’établir parmis eux. (Ibn-Khaldoun, trad Desvergers, p. 67.)

La région est le foyer historique de la grande tribu berbère des Kutama, qui joua un rôle considérable dans le Moyen Âge maghrébin et islamique, notamment parce qu’elle fut à l’origine de la création de l’empire fatimide au xe siècle, « l’un des plus grands empires de l’histoire islamique », qui s’étendait du Maroc actuel à l’Arabie3.

Au début du xe siècle, les Kutama ont constitué avec les Fatimides une coalition contre les Abbassides. En rivalité avec les Aghlabides qui gouvernaient l’Ifriqiya, la tribu Kotama joua un rôle déterminant dans la fondation de l’État Fatimide. Ses membres devinrent les plus farouches protecteurs du jeune État et constituèrent également les principaux effectifs de sa fidèle armée4,3.

Abu Abd Allah ach-Chi’i, missionnaire arabe chiite réunit les Kutama et prépare le terrain pour son maître Ubayd Allah al-Mahdi, un imam chiite ismaélien de Syrie présenté comme le Mahdi par Abû `Abd Allâh ach-Chî’î et dont le rêve est de faire basculer le pouvoir sunnite en place à Bagdad au profit de la dynastie chiite4.

En 903 les Kutama commencèrent l’insurrection. Le 19 mars 909, ils détruisent définitivement les Aghlabides, dynastie installée par les Abbassides en Ifriqiya, près de Laribus. Six jours après, ils entrent dans leur capitale Raqqâda puis fondent la capitale du nouveau califat Fatimide à Mahdiyah5.

Les Fatimides, avec leurs armée Kutama conquièrent l’Égypte en 969 sous le commandement du général Jawhar al-Siqilli (le Sicilien) qui entra à Al-Fustât en 972, dans un pays désorganisé et en proie à la famine. Ils fondent, près de cette ville sunnite, une nouvelle capitale qu’il nommèrent al-Qâhira (Le Caire), signifiant « la Victorieuse »4.

Ce qui provoqua un fort exil des Kutama vers l’Égypte, ont peut aisément dire qu’ils servirent de chair à canon pour les Ismaéliens.

Peinture d'al-Qasr al-Fatimi d'Ajdabiya dans la province de Barqa dans l'actuelle Libye En l'an 362 de l'hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui
Peinture d’al-Qasr al-Fatimi d’Ajdabiya dans la province de Barqa dans l’actuelle Libye En l’an 362 de l’hégire, Moez-li-din-allah el-Fatimi séjourna à Ajdabiya dans un palais qui fut spécialement construit pour lui

Ibn Khaldoun nous dit « toute la nation des Kutama organisée en différentes tribus, partit s’établir en Égypte »6

Les Kutamas installèrent un campement militaire près du Caire, formant une puissance militaire redoutable au service du Califat arabe Ubaydite. Ils conduiront plus tard des expéditions jusqu’à Damas contre les Abbassides. Le quartier des Kutama « Hai El-Kotamiyine », au Caire, sont un des vestiges de leurs ancienne influence.

Rue de Kutama : « Cette rue est voisine de la rue des Batélites, elle en fait même aujourd’hui partie. C est là que furent les logements des Kutamiens lorsqu’ils vinrent d’Afrique d’abord avec le kaïd sicilien Djauhar et plus tard avec le khalife Moëzz. Le lieu où était cette rue est ce qu’on nomme aujourd’hui les Bains de Kérai, avec ce qui les avoisine derrière le collège d’Ibn algannam, à l’endroit où se trouve le passage d’Ibn alaasar, jusqu’au commencement de la rue des Batélites. Les Kutamiens étaient les sujets privilégiés de la famille des khalifes Fatémites » (Silvestre de Sacy dans Al-Maqrizi, chrestomancie arabe, vol1; p127)

Abu Ali ibn Jafar ibn Fallah al-Kutami (969-971).était le Wali Fatimide de la ville Syrienne de Damas 

Un assez grand nombre de poste de Wulat (plr de Wali) furent donnés à des Ketâma. Un personnage de cette tribu obtint le gouvernement d’Adjedabia, oasis située au sud de Barqa en Libye (Kaïrouâni, p. 107), un autre Kutami celui de Gabès en Tunisie (Kaïrouâni, p. 107. — al-Bakri, p. 462) , et cette dernière charge demeura héréditaire dans sa famille. Ce fut encore un Kutâmi qui eut la perception générale des impôts.

Al-Hassan ibn Abi khanzir al-Kutami (910-913) était le Wali Fatimide de l’île de Sicile (Ibn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 159.)

l'empire fatimide dégénéré
l’empire fatimide dégénéré

Décadence et disparition des Kutama 

Au cours des innombrables guerres au profit de l’armée fatimide le peuple kutama aurait perdu plus de « cent mille des siens ».

Ibn Khaldoun nous décrit la suite « Devenus donc aussi puissants que l’empire qu’ils avaient contribué à fonder, les Kutama sombrèrent dans le luxe et la mollesse »7. En l’an 973 le calife fatimide quitta le Maghreb pour aller s’installer en Égypte et laisser à Bologhine ibn ziri la charge de gouverner le Maghreb. Les Kutamas se sentirent alors trahis mais n’avaient plus ni les chefs ni les forces pour imposer leur injonction. Ce sont donc les zirides qui allaient être les héritiers des fatimides.

Onze ans plus tard, soit en l’an 984, les zirides dirigés pas Al-Mansur, demeurés seuls maîtres du Maghreb ne tardèrent pas à manifester leurs envies d’indépendance vis-à-vis des fatimides. La réaction de ces derniers ne se fit attendre, un missionnaire fut envoyé dans le pays des Kutama pour les soulever contre le « traitre » ziride, cependant El mansour riposta et entreprit une campagne contre le pays des Kutama, dont les villes et villages furent réduits en ruine. Une seconde révolte éclata l’année suivante qui connut le même sort, elle mobilisa pourtant un grand nombre de Kutama qui succombèrent tous.

Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale
Vue sur la ville Arabe de Mila en Algerie orientale, lors de l’arrivée de la France, E.Carette en 1850, étudie les origines raciales des habitants de la ville, il en conclus qu’il donne 800 habitants d’origine arabe pour 800 berbrèes (p453, « recherches sur les tribus.. »)tous arabisés, conclusion semblable a celle d’al-Bakri en 1050.

Al-Bakri 1014- 1094 nous explique comment une ville comme Mila fut vidé de ses Kutama après les Fatimides :

« Au Mois de choual 378 (jan-fev 989 JC); al-Mansur (fils de Bologhin ) sorti de Kairouan et envahit le pays des Ketama. Arrivé dans le voisinage de Mila, il alla ce présenter devant cette ville, avec l’intention de la livrer au pillage et d’exterminer la population. (..)Dès lors la ville de Mila resta quelque temps sans habitants. Aujourd’hui elle est entourée d’une muraille de pierre et d’un faubourg,(..). La population de Mila se compose d’Arabes, de gens de la millice et d’hommes de race mélangée. »

Les Invasions arabes Hilalienne (adnanites)
Les Invasions arabes Hilalienne , les terres Hialliennes sont tracés en marron

Les débris Kutama lors des invasions arabes des Banu Hilal :

E.Carette nous parle du reste des Kutama lors de l’arrivée des arabes Banu Hilal au 11e siècle :

« Dans la province de Constantineles arabes (Hilaliens et Solaymites) étaient beaucoup plus avancés au nord qu’au sud. C’est même par la région septentrionale (nord), par le massif méditerranéen qu’ils avaient pénétré dans cette partie du Maghreb. Ainsi à Mîla, toute la campagne était au pouvoir des ArabesIls dominaient aussi dans tout, le pays compris entre al-Koll’ (Collo) et Constantine, et étaient en relations de commerce avec les habitants de cette dernière ville. On voit que les Arabes avaient abordé la province de Constantine par le côté le moins accessible ; mais il est extrêmement probable, qu’ils y avaient été bien accueillis, peut-être même appelés par le reste des Ketâma, dignes de la sympathie des tribus arabes que le khalife du Caire avait lâchées sur le Maghreb. L’établissement des Arabes dans le sud de la province de Constantine était beaucoup plus récent que dans le nord » .(Recherches sur l’origine et les migrations des principales tribus de l’Afrique septentrionale et particulièrement de l’Algérie / par E. Carette ; p.408-09 et 410).

Sur les Banu Hilal, Al-Idrissi en décrivant la région situé entre Collo et Constantine dans sa géographie au 12e siècle, nous disait que :«De Constantine .. Au port d’al-Collo, 2 journées, en traversant une contrée fréquentée par les Arabes, » plus loin, il poursuit en disant que les « Les Arabes qui l’habitent sont pacifiques;et que les « Arabes ne passent jamais cette montagne (de Sahaw) qui est comme une limite de leur territoire  » Toujours notre auteur continu et persiste : »D’al-Coll à Constantine , on compte 2 journées, en se dirigeant vers le sud et en traversant un pays occupé par les Arabes. » (Al-Idrīsī (1100-1165) op cit. p.113)

Ibn Khaldoun au 14e siècle constatait qu’une des tribus survivantes des kutama  les Sedouîkich vivant entre Jijel et Bejaia, « vivait sous la tente et élevait des chameaux comme les arabes » à qui, ils en avait même pris la langue et les us et coutumes des arabes, « aussi se donnent-ils quelques fois pour une branche des Soleïm tribu arabe descendue de Moder », et qu’elle vivait sous le patronage des arabes de Sulaym et de Hilal ..

Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d'ou partie l'empire fatimide (algerie, Ifriqiya)
Sidi Mimoun, Idjkan, Setif, lieu d’ou partie l’empire fatimide   « Près de Setif est une montagne nommée Idjkan où les familles de la tribu berbère de Kutama ont établi leur demeure. Il s y trouve aussi un château bien fortifié » (Géographie d’Aboulféda, Volume 2, p194)

Les moeurs des Kutama selon les Historiens :

ibn Hawqal constatait les moeurs dégénérés des Kutama : « La plupart des Berbers qui habitent le Maghrib depuis Sijilmassa, jusqu à Sous, Aghmat et Fez de là aux environs de Tahert, Ténès, Mesîla ,Tobna, Baghaï ,Aguerbal, Djijeli,s Azfoun, et les dépendances de Bone accueillent les voyageurs avec hospitalité il se trouve même des gens parmi eux qui pour faire honneur aux étrangers leur prostituent leurs enfants Cette détestable coutume fut vivement combattue par Abou Abd Allah le missionnaire  des Fatimites qui eut recours à des moyens extrêmes pour l’abolir mais elle résista à tous ses efforts«  (ibn Hawqal page, 241 « surate al ard ».)

En l’an 1150 al-Idrissi (1100-1165)  auteur de « la description de l’Afrique et de l’Espagne », constatait déjà l’état d’affaiblissement des Kutama dont il ne restait que quatre mille individus et le fait qu’ils prostituait leurs enfants mâles 8 il le disait en ses termes :

« Cette tribu est renommée par sa générosité et par l’accueil qu’elle fait aux étrangers. Ce sont certainement les gens du monde les plus hospitaliers car ils n’ont pas honte de prostituer leurs enfants mâles aux hôtes qui viennent les visiter et loin de rougir de cette coutume ils croiraient manquer à leur devoir s’ils négligeaient de s’y conformer, divers princes ont cherché à les y faire renoncer même par des punitions très sévères mais toutes les tentatives qu on a pu faire ont été vaines. A l’époque où nous écrivons il ne reste plus de la tribu de Kitâma jadis très nombreuse qu’environ quatre mille individus. » 

« La doctrine immorale et impie de l’ismaélisme, apportée dans le Maghreb central par Abou-Abdallah, n’y avait pas fait, selon toute apparence, un grand nombre de prosélytes ; dès les premiers jours de l’apostolat, on voit une tribu de Ketâma, voisine du foyer de l’insurrection, s’élever contre les prétentions d’Abou-Abdallah. Ne serait-ce pas d’ailleurs faire injure à la conscience humaine, que de la croire accessible à des doctrines de cette nature ? Les conversions durent se concentrer dans un cercle étroit autour de leur point de départ. Bientôt aux conversions succédèrent les soumissions, et la conquête à l’apostolat ; la plus grande partie du Maghreb dut subir le joug des nouveaux maîtres, sans pour cela adopter leur dogme.

Un certain nombre de tribus tomba dans le chiisme pur et crut à l’arrivée du Mahdi ; enfin un petit noyau d’adeptes, groupés autour du point de départ de la prédication, adopta seul la morale et le dogme ismaélien. (Kaïrouâni, p. 133., cité par E.Carette)

Il semble que l’ethnie kutama a définitivement disparu au xive siècle. Ibn Khaldoun nous explique que «la raison en est que pendant les quatre siècles qui se sont écoulés depuis la chute de l’empire kutamien, les dynasties suivantes se sont plu à leur reprocher l’attachement qu’ils avaient montré aux doctrines hérétiques et aux croyances infidèles (ismaélisme), il en résulta que la plupart des peuples kutama renoncèrent à ce surnom à cause de l’idée de dégradation que cela comportait »(Ibn Khaldoun 1969,I, p. 298)

Situation approximative des tribus arabes et berbère dans la région l'ancienne zones des Kutama
Situation approximative des principales  (elle n’y sont pas toute) tribus arabes et berbère dans la région de l’ancienne zones des Kutama à l’époque Hammadide

Les Kutamas de nos jours ?

Le groupe kutama en tant que tel de nos jours n’existe plus. Peut être, en Égypte, peut-on rapprocher culturellement les Siwis des Kotamas en raison de leurs acceptation culturelle de l’homosexualité traditionnel et enfantine, leurs  parler est arabisé à 60 %13..

En ce qui concerne l’Algérie dont le foyer principal était la région actuellement désignée comme la Kabylie des Babors, les débris (4000 au 12e siècle selon al-Idrissi) des Kutamas restés dans cette région se sont mélangés aux autres tribus berbères  et arabes Hilaliennes, formant par la suite différentes tribus sans lien entre elles10.et arabisés12

Les spécificités culinaires kutama auraient survécu à la tribu elle-même, comme, le « couscous au poisson » seksou bel’hout, qui serait d’origine kutama11, 

Ibn Ḵẖaldoun considère les gens de Jerba en Tunisie comme faisant partie des Kutāma (Ibn Khaldoun; III, 63) ; on y rencontre aussi, ajoute-t-il, « des Nefza, des Hawwāra et quelques fractions d’autres tribus berbères »

Une ville dans le rif Marocain portait ce nom de Kutama, elle était la terre de la culture du cannabis, qui depuis fut rebaptisé « Issaguen » par le roi Muhammad VI.

Le reste des Kutama se sont donc par la suite alliés et mélangés aux tribus sunnites berbères et arabes, diluant ainsi leur tribus dans d’autres.

Selon E.Carette la tribu de Ketama n’existe plus, ses membres furent massacrés et dispersés , et  il l’exprimait en ces termes : « Le pays montagneux situé entre Sétif et Kollo était habité avant al-Idrissi par la puissante tribu des Ketâma, renommée pour sa générosité et son hospitalité mais décriée pour ses mœurs. Au temps de cet écrivain elle était réduite à quatre mille individus, elle a complètement disparu« 15

Lorsque Ibn Khaldoun nous décris le Maghreb et ses habitants au 14eme siècle, il nous indique que la province de Bougie et de Constantine « appartenaient autrefois au tribus Zwawa, Kutama, Adjissa et Huwara, mais elles sont maintenant toute habitées par les Arabes, qui en occupent toutes les parties à l’exception de quelques montagnes d’accès difficile ou l’on trouve encore plusieurs fractions de ces tribus ». (Ibn Khaldoun, (1332- 1406) op cit, p147)

Selon J.-P. Laporte, « Ketama, Kutama », Encyclopédie berbère  : « La grande confédération des Kutama était définitivement morte. A l’époque d’Al-Idrîsî, la tribu ne comptait plus que 4 000 membres ! » 

File:Location map Taifa of Alpuente.svg
La taïfa d’Alpuente, émirat d’Alpuente ou Al-Sahla est l’un des royaumes de taïfa issus de l’éclatement du califat de Cordoue en 1010. Elle est fondée dans la région d’Alpuente autour de 1018.  En 1103, la taïfa est occupée par les Almoravides et est intégrée dans la taïfa de Valence en 1145. En 1172, elle passe sous la domination des Almohades, jusqu’à son intégration au royaume de Murcie (musulman) en 1229. Enfin, elle est conquise en 1238 par Jacques Ier d’Aragon

Les Banu Qasim d’al-Puente al-Andalus :

Selon Ibn Hazm, les Banu Qassim de la taïfa d’Alpuente, (al-Buente) n’était pas arabes Fihrides comme ils le prétendait  mais des Kutama d’Ifriqiya, qui ont su profiter de la fin du califat Omeyyade de Cordoue pour ce taillé un fief à Alpuente

Ibn Hazm nous dit que les Banu Qasim étaient en fait des Kutama Berbères et étaient liés au clan qurayshite Fihride seulement en vertu d’un vieux  lien de clientèle en Ifriqiya. Ibn Khaldoun (voy, trad de Slane) disait que les Sanjaha était lié au temps des Omeyyades au Alides et Hachémites mais « ne sachant pas dans quelle circonstance« , le « Kitab al-Adwani » (voy, trad de Ferraud), parle de liens avec les Omeyyades en parlant des population pré-hilaliennes du nord de Constantine. Les Banû Qâsim d’Alpuente furent, parmi les plus fidèles serviteurs de la Omeyyades d’Al-Andalus.(Gabriel Martínez Gros, 1985)
File:Castell de Montornes.jpg
Château Montornés, situé dans la commune de Benicasim dans la province de Castellon est une forteresse d’origine arabe du Xe siècle (Omeyyade andalous)
Enfin la ville de Benicassim en Espagne viendrai du nom de cette fraction Kutama (voy, Dozy « Histoire des Musulmans d’Espagne.. »  Tome,1, p 161), les Banu Qassim gouvernait la région depuis pratiquement l’arrivée des musulmans dans la péninsule ibérique au VIIIe siècle sous le Califat Omeyyade, ils ont réussi à consolider leur pouvoir principalement grâce à leurs interventions militaires dans les « marches d’al-andalus » ou les zones  frontières avec les royaumes chrétiens. Qasim ibn Abdallah a essayé  de donner à sa famille une origine arabe fihride, même si cela fut démentis par un chroniqueur contemporain de Qassim, le célèbre  Ibn Hazm.
Dynastie Qasimide ou Banu Qassim

Références

  1. Ibn Khaldoun, Histoire des berbères 
  2. Housni Kitouni, La kabylie orientale dans l’histoire, Paris, Harmattan,‎ 2013 ), P48
  3. a et b Ibn Khaldoun – Histoire des Berbères
  4. a, b et c Zidan Mohamed « État et tribus dans le monde Arabe
  5. Ibn Khaldoun
  6. Ibn Khaldoun op.cit. p. 967
  7. Ibn Khaldoun p. 967
  8. El Idrissi, description de l’Afrique et de l’Eespagne, BNF, Galica2, p. 116
  9. Ibn Khladoun, op, cit, p. 224
  10. Livre « la Kabylie orientale dans l’histoire » page 58
  11. 13th-century Andalusian cookbook, Kitāb al-tabǐkh fǐ al-Maghrib wa’l-Andalus (Arabic) « The cookbook of the Maghreb and Al-Andalus
  12. Ibn Khaldoun, op.cit, p. 573
  13. Sur l’oasis de Siwa , Madjid Allaoua, Études et Documents Berbères, 1997-1998 (2000)
  14. Antoine-Ernest-Hippolyte Carette, Émilien Jean Renou, Jean-André-Napoléon Périer et Adrien Berbrugger, Exploration scientifique de l’Algérie pendant les anées 1840, 1841, 1842, Imprimerie royale,‎ 1er janvier 1844 (lire en ligne [archive])

Voir aussi sur le sujet :

Ja’far al-Kalbi II (998-1019) de la dynastie arabe Kalbide de Sicile : Le constructeur:

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Le château ou un palais Maredolce de Favara est un bâtiment à Palerme dans le style islamique , l'architecture ne semble pas montrer influences normandes; il remonte au XIIe siècle , et était à l'intérieur du Fawwarah («source jaillissante" en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio . Index  [nascondi]  1 Histoire 2 Structure 3 Le jardin 4 Images 5 Notes 6 autres projets Histoire [ modifier | modifier wiki ] Chancelier aulique reçu à la cour de Frédéric II , au palais de Favara avec des écrivains, des artistes et chercheurs sicilienne Le palais , improprement appelé «château», a été construit en 1071 [1] , et faisait partie d'un "qasr", une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par un anneau de murs , qui en plus de palais inclus un hammam et un étang à poissons. Le bâtiment était autrefois le siège du roi Norman Roger II , qui, selon la première référence textuelle à l'existence de l'immeuble, les chronicon sive Annales de Romuald serait réajusté à ses fins, de construction pré-existante, appartenait à ' émir Giafar al-Kalbi II dans le Xe siècle . [2] [3]
Le château ou palais Maredolce de Favara est un bâtiment  arabe à Palerme  l’architecture ne semble montrer aucunne influences normandes; l’intérieur du Fawwarah («source jaillissante » en arabe ), le parc de Favara , dans le quartier de Brancaccio , il  été construit en 1071  , et faisait partie d’un « qasr », une ville fortifiée située au pied du mont Griffin , probablement entouré par une muraille , qui en plus du palais inclus un hammam et un étang à poissons. il  appartenait à l’émir Jafar al-Kalbi II 10e siècle .
L’émir Ja’far al-Kalbi II (998-1019), de la dynastie arabe Kalbide de Sicile(issue de la tribu arabe des Banu Kilab), une fois arrivé à Misilmeri, a fait construire un grand château avec des tours qui donne vers la vallée de la rivière Eleuterio jusqu’à la mer Tyrrhénienne.

Plus tard, au pied du château s’est  formé un village; d’où le nom Misilmeri qui dérive de Menzel-el-Emir et qui signifie  le village Emir.

Château Kalbide de Sicile de l'émir Misilmeri de l'émir Jafar al-Kalbi
Château Kalbide de Sicile de Misilmeri de l’émir Jafar al-Kalbi

Misilmeri en 1068 a été le théâtre d’une bataille entre les croisés Normands de Roger de Hauteville et les Arabes, qui ce solda par la victoire des Normands, mais la première église chrétienne y a été construite  seulement en  1123.

L’émir Kalbide Ja’far était le successeur de son père Yusuf.

Pendant son règne, la Sicile a atteint l’apogée de la domination kalbide, avec le renforcement de la majeure partie de l’île de sa puissance militaire, suivi d’un grands niveaux de bien-être économique pour les population locales et l’épanouissement dans les domaines des arts et la littérature.

Le chateau Arabe kalbide dans Mislimmeri (Menzel al-Amir) Sicile Italie 10e siècle
Le chateau Arabe kalbide dans Mislimmeri (Menzel al-Amir) Sicile Italie 10e siècle

Épris de paix, il a préféré soulager ses sujets des difficultés des expéditions militaires et il a passer son temps dans l’oisiveté et au bien-être dans son parc de Favara à Palerme à l’époque elle ce nommait al-Balharm (Palerme),  ce prince était entouré de poètes et d’artistes de toutes sortes.

Il était lui-même un bon poète, écrivain  accompli et un expert philologue. 

L’apogée militaire de l’émirat kalbite fut atteint en 982, date à laquelle l’armée musulmane de Sicile vainquit l’armée impériale envoyée par l’empereur Othon II à la bataille de Stilo, près de Crotone en Calabre.

Bien que l’émir Abû-l-Qasim `Alî ibn Hasan trouvât la mort dans cette bataille, un grand nombre d’impériaux furent tués et plusieurs princes de l’empire Byzantin ont dut fuir à la nage.

Fichier: Lac maredolce.JPG
Le parc de l’émir Kalbide Jafar II , Favara , Palerme , Sicile

Jafar II al-Kalbi fut responsable de la construction du Château de Maredolce .

Jafar  représente le moment de l’expansion maximale d’influence de l’émirat de Sicile, (Jazira as-Siqliya) al-Balarm (Palerme) connus sous l’émir Jafar al-Kalbi une grande splendeur avec des parcs royaux et des plantation de palmiers dattiers et une renommé dans tout le monde Islamique . 

De nos jours rue « Giafar al-kalbi » ( Gifar=Jafar en Italien) lui a été dédié dans périphérie de Palerme au coeur du quartier Brancaccio , appelé aussi « Emir Giafar. »

Cependant, après cette bataille de Stilo, le déclin des Kalbites commença. En effet, si l’éloignement des califes fatimides, qui avaient transporté leur capitale de Madhia au Caire en 973, ville fondée après la conquête de l’Égypte en 969, favorisa une plus grande indépendance, elle rendit également la dynastie sicilienne, qui tirait précisément la légitimité de son pouvoir des Fatimides, plus isolée. Des soulèvements de partisans des Byzantins ou des Zirides d’Afrique du nord ne tardèrent pas à éclater.

L’autorité de l’émir Jafar II ibn Yûsuf al-Kalbi fut contestée en 1015 par son frère Ali, qui réunit une armée de Berbères et d’esclaves Noirs et tenta de le renverser. Cette tentative échoua et Ali fut pris et exécuté.

En 1019, Palerme se révolta contre les Kalbites. L’ancien émir Yûsuf, qui avait abandonné en 998 le pouvoir après une attaque qui l’avait rendu incapable pour le donner à son fils Dja `far, démit celui-ci pour confier le gouvernement à son autre fils Ahmad, jugé plus capable de mater le soulèvement. Une quinzaine d’années plus tard, en 1035, une révolte menée par un ziride, `Abd Allâh Abû Hafs, éclata contre ce dernier. Ahmad fut vaincu et tué en 1037.

Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

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Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès
Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès

Les Banu Jami étaient une dynastie arabe locale de Gabès en Tunisie , issue de la maison Hilal , qui a régné sur Gabès  de 1097 à 1160 , avec une brève perte de puissance en 1147 . Ils étaient de la tribu de Dahman (fraction Munkasha) des Banu Riyah (al-Dahman  Fadigh formé avec la tribu des Banu Ali Banu Riyah).

Ve sur la ville Tunisienne de Gabès
Vue sur la ville Tunisienne de Gabès

HISTOIRE DE LA DYNASTIE ARABE DES BENI-DJAMÊ  DE GABES

FAMILLE HILALLIENNE QUI, AYANT OBTENU DU GOUVERNEMENT SANHADJIEN ZIRIDE LE COMMANDEMENT DE GABES, PROFITA DES TROUBLES SUSCITÉS PAR LES ARABES, POUR Y FONDER UN ETAT INDÉPENDANT. PAR IBN KHALDOUN

Quand El-Moëzz se trouva bloqué dans Kairouan par les Arabes, qui venaient d’envahir l’Ifrîkïa et de conquérir tout le pays ouvert, il avait dans son armée deux caïds, frères d’El-Moëzz- Ibn-Mohammed-Ibn-Oulmouïa le sanhadjien, gouverneur de Gabès.

Ces officiers, dont l’un se nommait Ibrahîm et l’autre Cadi, ayant été destitués par leur souverain, cédèrentà leur mécontentement et passèrent dans le camp de Mounès-Ibn-Yahya-es-Sinberi, émir arabe de la tribu des Rîah.

Accueillis avec distinction par ce chef et envoyés àGabès, auprès de leur frère, ils se concertèrent ensemble et reconnurent pour souverain l’homme qui les avait si bien traités.

Ce fut là la première conquête réelle que les Arabes effectuèrent en Ifrîkïa.

Plus tard, Ibrahîm prit le commandement de Cabes, et son frère, Moëzz-Ibn-Mohammed, alla trouver Mounès et resta avec lui.

Quand Ibrahîm mourut, Cadi, le troisième frère, lui succéda.

Celui-ci gouverna d’une manière si tyrannique que, sous le règne de Temîm, fils d’El-Moëzz-Ibn- Badîs, les habitants le firent mourir et donnèrent le commandement de la ville à Omar [fils d’El-Moëzz le Ziride], qui venait de se révolter contre son frère, le sultan Temîm.

La nomination d’Omar eut lieu en 489 (1096).

Quelque temps après, Temîm vint à la tête d’une armée et lui enleva la ville.

Le peuple de Gabès, s’étant ensuite révolté contre ce prince, reconnut de nouveau la souveraineté des Arabes et reçut pour chef Megguen-Ibn-Kamel-Ibn-Djamê, émir des Menakcha.

Cette tribu faisait partie des Dehman, branche des Beni-Ali, une des grandes ramifications de la tribu de Rîah.

Megguen étant parvenu à y établir son autorité malgré les efforts du gouvernement sanhadjien, accueillit avec empressement Mothenna, fils de Temîm-Ibn-el-Moëzz, qui venait d’abandonner le parti de son père.

Il mit alors le siège devant El- Mehdïa, mais la résistance que cette place lui opposa et la découverte de plusieurs traits scandaleux dans la conduite de son protégé, le portèrent à décamper.

Il conserva jusqu’à sa mort le gouvernement de Gabès et le commandement des Dehman.

Rafé, son fils et successeur, exerça une grande autorité à Cabes.

Le Qasr-el-Aroucïîn (Arousiyin?), château royal de cette ville, fut bâti par Rafê, et l’on voit encore sur la muraille de cet édifice une inscription qui porte son nom.

Lors de l’avènement d’Ali, fils de Yahya- Ibn-Temîm, une mésintelligence éclata entre lui et Rafé, lequel embrassa alors le parti de Roger, seigneur de la Sicile.

Ali ayant ensuite défait les chrétiens dans un combat naval, prit à sa solde plusieurs tribus arabes, organisa une nouvelle flotte et, en l’an 514 * (1117-8), il se dirigea contre Gabès.

Ibn-Abi-‘as- Salt  assure qu’il enrôla les trois cinquièmes de la population arabe ; ayant acheté les services des Saîd, des Mohammed et des Nahba , auxquels il ajouta une portion du quatrième cinquième, savoir : les principaux chefs des Beni-Mocaddem.

Les Arabes de la plaine de Kairouan vinrent aussi se ranger sous les drapeaux du prince zîride.

Rafê chercha à se réfugier dans cette ville, mais il en fut repoussé parles habitants.

A la suite de ces événements, les cheikhs de la tribu de Dehman tinrent une assemblée et, s’étant distribué les villes du pays, ils assignèrent à Rafê celle où il avait essayé de trouver un asile.

Ali, fils de Yahya, averti que son adversaire avait obtenu des Dehman la possession de Kairouan, ordonna à ses troupes et à ses mercenaires arabes d’aller y mettre le siége.

Il marcha lui-même plusieurs fois contre les partisans de Rafé et, dans une de ces expéditions, il mourut de maladie.

Rafê écouta alors les conseils de Meimoun-Ibn-Zîad- es-Sakhri, et grâce à la médiation de ce chef, il conclut un traité de paix avec le [nouveau] sultan.

Plus tard, Rechîd-Ibn-Kamel exerça l’autorité à Gabès.

Ibn Khaldoun nous informe que la monnaie al- Rachidiya  (rachidienne) fut frappée à Gabès au VI e /XII e  s.Dinar de Gabès de la dynastie Ziride au temps des Banu Hilal et Ban Jami 418 Hijra Source : "Gabes et l'activité monétaire à l'époque ziride"
Ibn Khaldoun nous indique que la monnaie al- Rachidiya
(rachidienne) des Banu Jami fut frappée à Gabès au  12e s. Dinar de Gabès Source : « Gabes et l’activité monétaire à l’époque ziride »

 

« Ce » fut lui, dit Ibn-Nakhîl, qui fonda le Qasr-el-Aroucïîn et fit » battre les monnaies que l’on appelle rechidiennes ‘. »

Son fils et successeur, Mohammed, avait un affranchi nommé Youçof.

Etant sorti une fois pour conduire une expédition, il laissa son fils avec ce serviteur, auquel il accordait une confiance entière.

L’affranchi profita de cette occasion pour usurper le commande ment de la ville et, ayant expulsé le fils de son patron, il reconnut la souveraineté de Roger, prince de la Sicile ; mais il en fut bientôt chassé à son tour par les habitants indignés.

Pendant que Mohammed-Ibn-Rechîd se rendait dans sa tribu, son frère Eïça (Issa) alla trouver Roger et l’instruisit de ce qui venait de se passer.

Roger fit alors assiéger la ville et la tint bloquée pendant un temps considérable.

Le dernier des Beni-Djamê qui régna à Cabes fut Modafê, fits de Rechîd-Ibn-Kamel et frère de Mohammed.

Il quitta cette ville précipitamment quand Abd-el-Moumen, après avoir pris El- Mehdïa, Sfax et Tripoli, eut envoyé contre elle son fils Abd- Allah.

Ayant ainsi abandonné Gabès aux Almohades, Modafê passa chez les Arabes de la tribu d’Auf qui se tenaient dans la province de Tripoli, et vécut sous leur protection pendant quel ques années.

S’étant ensuite rendu à Fez, il obtint sa grâce d’Abd-el-Moumen l’Almohade et trouva auprès de ce prince un accueil fort distingué.

Telle fut la fin de la dynastie que les Beni-Djamé avaient fondée à Cabes.

 

Palmeraie à Gabès  Tunisie
Palmeraie à Gabès Tunisie

.Liste des émirs Banu Jami de Gabès :

Banu Walmiya
  • Ibn Walmiya 1063-?
  • Ibrahim? -?
  • Kadi? -1096
  • Umar al-Muizz et 1096-1097 (Zirides avec le soutien des arabes  zughba de  Tripolitaine)
Banu Jami
  • Makki ibn Kamil ibn Jami 1097-?
  • Rabi ibn Makki Kamil ? -1121
  • Rachid ibn Kamil ibn Jami 1121-1147
    • Yusuf (usurpateur) 1147 (protégé par les Normands)
  • Muhammad ibn Rachid1147
    • Banu Walmiya 1147-1148
  • Muhammad ibn Rachid(seconde fois, protégé par les Normands) 1148-1155
  • Mudafi ibn Rachid 1155-1160 (protégé par les Normands)
  • Prise Almohade 1160-1172

Biographie de l’auteur :

Timbre tunisien à effigie d'Ibn Khaldoun
Timbre tunisien à effigie d’Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldoun , huitième descendant de Waïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramawt, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

Histoire de la dynastie arabe des Hamdanides du Zab et de Msila (Algérie) par ibn Khaldoun :

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La mosquée de la ville de Msila, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz
La mosquée de la ville de Msila en Algerie, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz 

HISTOIRE DES BANU-HAMDOUN , CONTEMPORAINS DE LA DYNASTIE FATEMIDE ET PRINCES D’EL-MECILA ET DU ZAB 927-979. (Actuelle Algerie)

La dynastie arabe des Hamdanides de Msila Par Ibn Khaldoun Histoire des dynasties musulmanes :  

Le chef de cette famille se nommait Ali-Ibn-Hamdoun ibn- Semniak-Ibn-Masoud-Ibn-Mansour-el-Djodami (de la tribu arabe qahtanite de Judham) et portait le surnom d’Ibn-el-Andeloci (fils de l’Andalous).

Avant l’époque où les missionnaires fatimides commencèrent leurs démarches, pendant qu’Obeid-Allah et Abou-‘l-Kacem étaient encore en Orient, il s’attacha au service de ces princes.

Parti de Tripoli par leur ordre, il se rendit auprès d’Abou-Abd-Allah-es-Chîï et reçut de lui l’accueil le plus honorable.

Ayant ensuite rejoint ses maîtres, il ne les quitta plus, même pendant leur emprisonnement à Sidjilmessa ; aussi, lors de l’établissement de leur auto rité en Afrique, il dut à leur reconnaissance une position très- élevée dans l’empire.

En l’an 315 (927), Abou-Cacem étant revenu de son expédition en Maghreb, chargea Ibn-Hamdoun de surveiller la construction de la ville d’El-Mecîla.

 Quand ce travail fut terminé, Abou-‘l-Cacem y établit son protégé en qualité de gouverneur de la province du Zab.

Fatimid Caliphate 2

El-Mecîla reçut alors le nom d’El-Mohammedïa.

Pendant que ce prince assiégeait Abou- Yezîd dans la montagne de Kîana, la ville d’El-Mecîla lui servit de dépôt d’approvisionnement. Ali-Ibn-Hamdoun garda le gouvernement du Zab jusqu’à la fin de ses jours.

Djâfer et Yahya, fils d’Ali-Ibn-Hamdoun, furent élevés à la cour d’Abou-‘l-Cacem, et la mère de Djâfer allaita El-Mâdd [le même prince qui porta, plus tard, le surnom d’El-Moëzz. Lors des troubles qui agitèrent l’Ifrîkïa par suite de la révolte d’Abou-Yezîd, El-Caïm

 Quand la révolte d’Abou-Yezîd fut étouffée, El-Mansour donna à Djâfer, fils d’Ali-Ibn-Hamdoun , le gouvernement d’El-Mecîla et du Zab.

Yahya reçut l’autorisation de s’y établir avec son frère, et ce fut ainsi le commencement de la dynastie hamdanide. Ces deux princes y élevèrent des châteaux et des maisons de plaisance, tout en étendant leur autorité sur les régions environnantes.

Leur cour devint le rendez-vous des savants , et parmi les poètes qui vinrent célébrer leurs louanges, on remarqua Abou- ‘1-Cacem-Ibn-Hani, natif d’Espagne, dont les pièces composées en l’honneur des Hamdanides sont encore citées avec éloge*.

La jalousie et l’ambition suscitèrent une vive inimitié entre Djâfer-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun et Zîri-Ibn-Menad.

Scène de bataille représenté sur ce bol fatimide - ziride
Scène de bataille représenté sur ce bol fatimide – ziride

L’expédition que celui-ci entreprit dans le Maghreb lui fournit l’occasion de nuire à son rival, et, tout en châtiant les Zenata, il gratifia sa haine en desservant Djâfer auprès du khalife [fatemide].

Il est vrai que Djâfer avait tenu une conduite peu franche ; s’étant montré favorable aux Zenata et à Mohammed-Ibn-Khazroun , émir des Maghraoua.

En l’an 360 (970-1), El-Moëzz se décida à prendre le Caire pour sa résidence et manda à la cour Djâfer- Ibn-Ali, dans l’intention, à ce que l’on prétend, de lui donner le gouvernement de l’Ifrîkïa, et d’accorder le gouvernement du Maghreb à Ziri et à Bologguîn, fils de Zîri. Comme Djâfer ne s’empressa pas d’obéir, El-Moëzz ordonna à Djâfer l’esclavon d’aller le chercher.

Détail d'un coffret en Ivoire fatimide, représentant un guerrier arabe ou berbère avec un bouclier et lances
Détail d’un coffret en Ivoire fatimide, représentant un guerrier arabe ou berbère kutama avec un bouclier et lances

Cette démarche excita la méfiance de Djâfer- Ibn-Ali qui partit aussitôt avec ses troupes pour se joindre aux Zenata. Ayant ainsi rompu les liens qui l’attachaient au khalife El-Moëzz et aux Sanhadja, il rallia les Zenata autour de lui et les décida à répudier l’autorité des Fatemides pour reconnaître celle d’El-Hakem-el-Mostancer [le khalife oméïade d’Espagne].

A cette occasion Zîri se hâta de l’attaquer, espérant le prendre au dépourvu, mais la fortune ne le seconda pas, et, pendant que ses troupes abandonnaient le champ de bataille, son cheval s’abattit sous lui et le laissa au pouvoir de l’ennemi.

Les Zenata lui coupèrent la tête.et Yahya-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun partit pour l’Espagne avec plusieurs notables zenatiens, afin de présenter ce trophée à El-Mostancer, souverain  de Cordoue.

Cette députation informa le prince Omeyyade qu’on venait de proclamer son autorité en Afrique et que son appui leur était indispensable.

Il en accueillit les membres avec une grande bienveillance , les combla de dons et fit exposer la tête de Zîri au marché de Cordoue. Yahya-Ibn-Ali fut élevé au faîte des honneurs et reçut une place à côté du trône.

Carte des trois califats en l'an 1000, plus particulièrement lors de l’extension maximal des Omeyyades d'al-Andalus
Carte des trois califats en l’an 1000, plus particulièrement lors de l’extension maximal des Omeyyades d’al-Andalus 

Djâfer-Ibn-Ali s’aperçut bientôt que les Zenata convoitaient ses trésors, et, ne pouvant compter sur la protection de leurs chefs qui étaient eux-mêmes mal disposés les uns pour les autres, il s’embarqua secrètement avec les gens de sa maison, ses es claves et ses trésors, passa le Détroit et se rendit à Cordoue.

Les personnes les plus considérables de la population zenatienne l’accompagnèrent afin de cimenter leur alliance avec le souverain Omeyyade et de prendre l’engagement de soutenir sa cause.

La reception honorable qui les y attendit combla toutes leurs espérances ; ils repartirent, pleins de dévouement et bien résolus de surpasser les ldrîcides et les Beni-Ifren parle zèle qu’ils déploieraient dans le Maghreb en faveur de la dynastie Omeyyade.

Djâfer et Yahya, flls d’Ali-Ibn-Hamdoun , restèrent à la cour de Cordoue , et malgré leur soumission de fraîche date, ils se virent inscrits sur la liste des vizirs et gratifiés de fortes pensions.

Quelque temps après, leur oubli des égards dus au khalife leur attira une leçon qui les rendit plus prudents : appelés au palais, ils y furent emprisonnés pendant plusieurs jours.

L’indisposition d’El-Mostancer, qui venait d’être atteint d’une paralysie d’un côté du corps, affaiblit à un tel degré l’influence du gouvernement oméïade en Maghreb, que les ministres andalous  jugèrent nécessaire de renforcer les garnisons des villes frontières.

Djâfer-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun fut chargé parle grand chambellan El-Mashafi d’aller prendre le commandement des provinces africaines en remplacement de Yahya-Ibn-Mohammed- Ibn-Hachem, rappelé en Espagne.

De cette manière on opposa aux Zenata un chef capable de les contenir. Yahya, frère de Djâfer, reçut aussi un commandement dans le Maghreb.

Ces deux chefs partirent pour leur destination, après avoir été revêtus de robes d’honneur, et ils emportèrent une forte somme d’argent et quantité de belles pelisses qu’ils devaient distribuer aux princes de ce pays.

En l’an 365 (975-6), Djâfer arriva en Maghreb où il parvint à faire reconnaître son autorité et à réunir sous ses ordres les chefs des Beni-Ifren, des Maghraoua, des Mik- naça et d’autres branches de la grande famille zenatienne.

Quand Hicham succéda au khalifat, après la mort d’El-Hakem-el-Mostancer, son visir, El-Mansour-Ibn-Abi -Amer (Almanzor), établit dans la ville de Ceuta une forte garnison composée de troupes impé riales et y installa plusieurs fonctionnaires, tant civils que mili taires, tous choisis parmi ses propres créatures.

Le reste du pays fut confié à la garde des princes zenatiens dont on s’assura le dévouement par des dons d’argent et des robes d’honneur.

Chaque fois qu’ils se rendaient à la cour, on les comblait de prévenances et on accordait à ceux qui en faisaient la demande la faveur d’être inscrits sur la liste des militaires soldés par l’état. Pendant qu’El-Mansour travaillait à régulariser l’administration de l’empire et à étendre l’influence du gouvernement Omeyyade, une mésintelligence éclata entre les frères Hamdoun, et Yahya s’établit, avec presque tous les partisans de sa famille dans la ville de Basra dont il s’était emparé.

Quelque temps après, son frère Djâfer entreprit contre les Berghouata une expédition qui fut assez malheureuse, et ensuite il reçut de Mohammed-[el-Mansoui]-Ibn-Abi-Amer, qui venait d’obtenir la régence du royaume, l’invitation de passer en Espagne afin de lui prêter appui, tant il comptait sur ses bons et fidèles services.

Djâfer, qui se rappela le traitement qu’El-Hakem-el-Mostancer lui avait fait subir, eut d’abord quelque hésitation avant de se conformer aux vœux d’El-Mansour ; mais enfin, il remit à son frère Yahya le gouvernement du Maghreb et partit pour l’Espagne.

El-Mansour l’accueillit avec une haute distinction et , en l’an 369 (979-80], lors de l’envahissement du Maghreb par Bologguîn, il l’envoya à Ceuta en le chargeant de défendre les provinces africaines.

Lui-même, se rendit de Cordoue à Algesiras, afin d’être plus près du théâtre de la guerre. Djâfer traversa le Détroit et, grâce à une centaine de charges d’or que le vizir avait mises à sa disposition, il réunit sous ses ordres les principaux chefs (berbères) zenatiens et mit Bologguîn dans la nécessité de s’éloigner.

Plus tard, El-Mansour devint jaloux de son lieutenant, et une nuit, à la suite d’une partie de débauche, il le congédia après avoir aposté des assassins pour le tuer.

Djâfer se rendait du palais à sa maison quand il succomba sous leurs coups. Yahya, frère de Djâfer, passa en Egypte et trouva auprès d’El-Azîz-Nizar[le khalife fatemide] un accueil plein de bienveillance.

Il y demeura un temps considérable, rendit de grands services au gouvernement égyptien dans plusieurs circonstances graves, et lorsque Felfoul-Ibn-Khazroun sollicita le secours d’El-Hakem [le fatemide] afin d’enlever Tripoli aux [Zîrides] sanhadjiens, il partit à la tête d’un corps d’armée pour appuyer les opérations de ce chef.

Arrivé à Barca, il eut avec les Beni- Corra, tribu (arabe) hilalienne, une rencontre dans laquelle ses troupes furent mises en pleine déroute. Alors il rentra en Egypte où il continua jusqu’à sa mort.

Vue aérienne de M'Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun
Vue aérienne de M’Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun

Émirs de al-Masila al-Muhammadiya (M’Sila), dynastie arabe des Banu Hamdun

Biographie de l’auteur :

Timbre tunisien à effigie d'Ibn Khaldoun
Timbre tunisien à effigie d’Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldouu 4, huitième descendant de Ouaïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramout, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

Les Banu Hilal (Hillaliens) et Sulaym à Barqa, Tripoli, Tunis et Constantine Mila, Collo par Idrissi, al-bakri et al-Kairouani

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Les Invasions arabes  Hilalienne  (adnanites)
Les Invasions arabes Hilalienne  et Sulaymite (adnanites)
  • Selon al-Idrici, vers l’année 1160, dans la régence de Tripoli, les tribus Arabes hilalienne occupaient presque toute la cote : les territoires de Telmîta(4) ou de la Cyrénaïque, de Sort(5), de Tripoli(6), de Lebda(7), étaient en leur pouvoir. Dans quelques parties du rivage, la race berbère avait entièrement disparu. Dans l’intérieur, la plaine de Barka était peuplée de villages arabes(8). Les solitudes d’Adjedabîa étaient parcourues par un grand nombre d’Arabes et de Berbers( 9). Le désert et l’oasis de Zouîla(10) étaient habités par des Arabes. Au reste, tout l’intérieur du pays de Tripoli, le désert de Barka et les oasis d’Audjila, d’Adjedabia et de Zouîla leur obéissaient.
  • Dans la régence de Tunis, ils occupaient presque toutes les plaines. Quelques montagnes et particulièrement le Djebel-Ouslât avaient seuls conservé leur population berbère(11). Sur le territoire d’El-Orbès, les deux races vivaient côte à côte, mais dans un état permanent d’hostilité(12).
  • Dans la province de Constantine, les hilaliens et solaymites Arabes étaient beaucoup plus avancés au nord qu’au sud. C’est même par la région septentrionale, par le massif méditerranéen qu’ils avaient pénétré dans cette partie du Maghreb. Ainsi à Mîla, toute la campagne était au pouvoir des Arabes(13). Ils dominaient aussi dans tout, le pays compris entre al-Koll’ (Collo) et Constantine(14), et étaient en relations de commerce avec les habitants de cette dernière ville(15). On voit que les Arabes avaient abordé la province de Constantine par le côté le moins accessible ; mais il est extrêmement probable, qu’ils y avaient été bien accueillis, peut-être même appelés par le reste des Ketâma, dignes de la sympathie des tribus arabes que le khalife du Caire avait lâchées sur le Maghreb. L’établissement des Arabes dans le sud de la province de Constantine était beaucoup plus récent que dans le nord. Au moment où al-Idrissi écrivait son ouvrage, il y avait peu de temps qu’ils s’étaient emparés de Ngaous, belle ville située au pied du mont Aourès(16), et de Bâcher, place forte de la dépendance de Biskra(17). Ils dirigeaient sur Bar’aï (Baghaie) des incursions répétées qui avaient déterminé l’abandon du faubourg par ses habitants(18).A l’époque qui nous occupe, l’irruption arabe atteignait à l’ouest le défilé du Bibân, mais ne le dépassait pas. Édrici signale ce passage comme dangereux à cause des fréquentes incursions des Arabes(19). Il mentionne aussi sur la route de Bougie à Kala’at-Benou-H’ammâd, et non loin du Bibân, une ville appelée Souk’-el-Khemis, assez forte pour rendre vains les efforts des Arabes qui voudraient s’en emparer(20), et un château fort appelé Souk’-el-Tneïn, autour duquel rôdent continuellement les Arabes(21). Sortie de l’Égypte, en 1048, elle avait atteint, en 1160, le centre de la province de Constantine. ___________
  • 1 Bekri, p. 457.
  • 2 Id. p. 454.
  • 3 Kaïrouâni, p. 145.
  • 4 Édrici, p. 293.
  • 5 Id. p. 274.
  • 6 Id p 273.
  • 7 Id. p. 284.
  • 8 Id. p. 286.
  • 9 Id. p. 287.
  • 10 Id. p. 289.
  • 11 Édrici, p. 269.
  • 12 Id. Ibid.
  • 13 Id. p. 242.
  • 14 Id. p. 246.
  • 15 Id. p. 242.
  • 16 Édrici, p. 242.
  • 17 Id. p. 247.
  • 18 Id. p. 252.
  • 19 Id. p. 239.
  • 20 Id. p. 240.

Fondation de Msila (Algerie) par Ali ibn Hamdoun al-Judhami :

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La mosquée de la ville de Msila, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz
La mosquée de la ville de Msila, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz 

Le géographe et Historien arabe andalous al-Bakri (1014- 1094) dans sa Description de l’Afrique septentrionale reviens sur la fondation  de la ville de Msila (Algerie):

 » De Cala-t-Abi tawil on se rend ) El-Msila (ou El-Mecila) grande ville située sur une rivière appelé le Seher.

Elle eut pour fondateur Abu al-Qasam Ismail, fils d’Ubayd-Allah ( le calife Fatmide), qui en posa les fondements l’an 313 (925-926 deJC).

Ali ibn Hamdoun, mieux connu sous le nom d’Ibn al-Andalusi, fut la personne chargée de faire construire cette ville. Simak ibn Messaud ibn Mansour, l’aieul d’Ali ibn Hamdoun appartenait la famille arabe de Djudham .

Nommé par Ismail (fatimide) au gouvernement d’el-Mecila ( M’Sila) , Ali bn Hamdoun y passa le reste de sa vie; il fut tué pendant les troubles suscités par Abou Yezid (le kharijite). Son fils Djafar, qui n’avais pas quitté la ville, obtient le commandement du Zab entier (…) « 

 al-Bakri (1014- 1094) dans sa Description de l’Afrique septentrionale; traduite par Mac Guckin de Slane à la page 141 et 142

Fatimid Caliphate 2

L’historien arabe de la jazira (iraq) Ibn Al-Athir a dit  sur la fondation de la ville de Msila :

« En 315, au mois de çafar (avril 927), le Mahdi fatimide envoya de Mehdiyya au Maghreb une armée considérable sous les ordres de son fils Abou’ l-K’âsim, ce qui était motivé par la victoire remportée par Mohammed ben Khazer Zenâti sur uns armée de Ketâma et le grand massacre qu’il avait fait de ceux-ci.

L’importance attribuée par le Mahdi à cette affaire lui fit décider l’envoi de ces troupes, dont la mise en marche provoqua là dispersion des rebelles.

Après avoir poussé jusqu’au delà de Tahert, Abou l-Kasim revint sur ses pas et traça avec sa lance, sur le sol même, le plan d’une ville qu’il fonda, et à laquelle il donna le nom de Mohammediyya, laquelle n’est autre que Msîla. »

Traduction française de ibn al-Athir du kitab (livre)  » Al-Kamil fi al-Tarikh  » à la page 116

Vue aérienne de Msila (Muhammadiya ou al-Masila)
Vue aérienne de Msila (Muhammadiya ou al-Masila)
Fatimid. al-Mahdi (297-322h), Dinar, al-Muhammadiya al-Masila MSila Algerie 320 hijra
« Msila -La ville Arabe et le pont » al-Qantara al-Masila

vieille moquée de msila msila 2 msila

Dans la ville de Msila ou Masila ou Muhammadiya, ce trouvais des Arabes de la tribu de Judham, les Banu Hamdoun et des  Azd et leurs client, comme le célèbre  Abū ʿalī ḥasan b. ras̲h̲īḳ al-ḳayrawānīal-azdī, al-masīlī, l’un des plus prestigieux hommes de lettres de l’Ifrīḳiya, né en 390/1000 à M’sila (Masīla-Muḥammadiyya) dans la région de Constantine. Son père, connu sous le seul nom de Ras̲h̲īḳ, était probablement un esclave affranchi d’origine byzantine (rūmī), devenu client des arabes Azd. Il exerçait le métier d’orfèvre à M’sila où le talent poétique du jeune Ḥasan, après ses premières études, se révéla tôt, ainsi que son goût pour les belles-lettres. (Bouyahia, Ch.. « Ibn Ras̲h̲īḳ. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2015., ‘Qurāḍat al-dhahab fī naqd ashʻār al-ʻArab’ de al-Ḥasan Ibn Rashīq al-Qayrawānī, al-Shādhilī Bū Yaḥyá)  Biographical Dictionary, Volume 1  Par Ibn Khallikān p384

Conte du célèbre éclaireur bédouin des Banu Hilal Diab ibn Ghanem al-Hilali , conte d’Algérie (al-Jaza’ir)

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champi hn etalon arabe-tradition fauconnerie pour site

Conte du célèbre éclaireur bédouin des Banu Hilal Diab ibn Ghanem al-Hilali 

« Dhiab ibn Ghanem al-Hilali le nomade :

Un jour, avant de changer de campement, les sages de la tribu désignèrent un groupe de jeunes garçons pour repérer les terres de leur nouvelle destination. Parmi eux, seul le jeune Dhiab se distinguera en surprenant les sages ! Lui, le subtil, l’éveillé leur livrera point par point ce qu’il avait détecté en observant les traces sur le sable.

Dans la tribu nomade des Bnou Hillal, le jeune Dhiab, fils du chef Ghanem, était le meilleur des bergers. Rusé, grand cavalier, il maniait le sabre, parlait aux plantes et interrogeait le sable.
Un jour, avant de changer de campement, les sages de la tribu désignèrent un groupe de jeunes garçons pour repérer les terres de leur nouvelle destination. C’était une épreuve d’initiation. Fiers d’entrer ainsi dans le cercle étroit des initiés, ils enfourchèrent leurs chevaux et galopèrent à bride abattue. Quelques jours après, ils revinrent fourbus de fatigue. Pressés de se reposer, ils entravèrent leurs montures en aval de la réunion des sages qui les attendaient. Seul parmi eux, Dhiab prit la peine d’entraver sa jument en amont et fit les salutations d’usage avant de rejoindre la tente de ses parents.
Un peu plus tard, les jeunes se présentèrent dignement devant leurs ainés qui les interrogèrent.
– Alors, ce voyage ? Qu’en avez-vous retenu ?
– Rien de bien particulier ! répondirent les jeunes nomades.
Ghanem regarda son fils et insista :
– Et toi Dhiab ? As-tu quelque chose à ajouter ?
Et à Dhiab d’expliquer :
– Nous n’avons effectivement pas vu âme qui vive mais la terre que nous avons repérée, venait d’être traversée par une longue caravane. Une caravane qui comptait un dromadaire borgne, un dromadaire sans queue, un homme gaucher, une femme enceinte et une chienne qui venait d’avoir une portée.
Les anciens, qui savaient la marque de la lignée, tendirent leurs oreilles afin de n’en rien rater :
– Comment peux-tu être si précis, alors qu’il n’y avait pas âme qui vive ?
Et Dhiab, inclinant légèrement la tête vers le bas en signe de respect, continua :
– Les traces de la caravane sur le sol étaient visibles. Quant au reste, voici mes observations. Le dromadaire était borgne car sur le bord de la route, l’herbe n’était broutée que d’un seul côté. Preuve que l’animal ne voit que d’un œil. L’autre dromadaire était sans queue car il était le seul à avoir les crottes alignées. Preuve qu’il ne pouvait les disperser en agitant la queue.
– Et l’homme gaucher ? Et la femme enceinte ? insista un homme de l’assemblée.
– Le sable parle ! Comme vous le savez, les nomades ne se séparent jamais de leurs bâtons, prêts à se battre en cas de danger. L’un d’entre eux qui suivait à pieds, portait constamment le sien de la main gauche. Quant à la femme enceinte, ses pas sur le sable montraient qu’en marchant, elle appuyait beaucoup plus sur les talons. Seule une femme alourdie par sa grossesse marche ainsi.
– Et comment as-tu deviné que la chienne de cette tribu venait d’avoir des petits ?
– La chienne qui suivait, marchait par moment sur ses pattes arrières seulement, preuve qu’elle s’agrippait à une bête sur laquelle était posée sa portée. Cela chez les chiens nous l’avons tous constaté.
Les sages, qui étaient en admiration, posèrent une dernière question :
– Dis-nous pourquoi, en arrivant, contrairement aux autres garçons, tu as attaché ton cheval en amont ?
– J’ai senti la direction du vent. En aval, l’odeur du crottin de mon cheval risquait de vous incommoder, vous, l’honorable assemblée, conclut enfin Dhiab qui fit, une fois de plus, l’admiration des siens.
Tous les sages tournèrent leurs regards vers Ghanem son père, qui dit avec fierté : « C’est ainsi ! Pour saisir ce qui est hors de portée, le héros hillalien possède sa main, son sabre, mais également le bord de ses cils ! »
De nos jours encore, les récits des élégantes hardiesses de Dhiab enchantent petits et grands. »

Cliquez pour écouté ce conte algérien  récité en audio.

La forteresse Hilalienne qui date des célèbres invasions arabes bédouine dite : « Hilallienne » du nom de « el-Kalaat Diab El-Hilali » (Ifrikiya, Constantinois en Algérie actuel)

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La forteresse Hilalienne qui date des célèbres invasions arabes bédouine dite : « Hilallienne »  du nom de « el-Kalaat Diab El-Hilali » de Diab ibn Ghanem al-Hilali , elle ce situe dans la commune d’Ouled Sidi Brahim, dans la wilaya de M’sila dans le Constantinois en Algérie, qui étais jadis l’Ifrikiya. C’est l’une des rarres fortifications arabe des Banu Hilal de l’époque médiéval encore debout.

Situé à 18 km au nord de la ville de Boussaada, le secteur de Kelaat Diab El Hilali était déjà occupé par les Romains qui contrôlaient, depuis cete zones, les voies de communication dans le Hodna.

Il a été également utilise pour les mêmes raisons durant la période omeyyade et fut un refuge pour le Kharidjite berbère Abou-Yazid qui dirigea une résistance contre la dynastie ismaélienne fatimide.

Les tribus arabes hilaliennes a qui appartenait le mythique guerrier arabe Diab El Hilali occupèrent le site et de part la position stratégique ont fait la forteresse pour guerroyés contre les dynasties berbères (hamadites et zirides),

Mahdia en ifriqiya (actuel Tunisie) capitale de l’empire Fatimide :

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Restitution de la ville de Mahdia à l'époque quant elle étais la capitale fatimide 'après les récits des géographes et historiens arabes
Essaie de restitution de la ville de Mahdia à l’époque quant elle étais la capitale fatimide ‘après les récits des géographes et historiens arabes

L’année 916 voit l’arrivée du premier calife fatimide Ubayd Allah al-Mahdi qui ordonne la fondation de Mahdia, dont la construction s’étale sur cinq ans, et qui lui donne son nom actuel.

La ville devient ainsi la capitale des Fatimides en 921 et le reste jusqu’en 973, date à laquelle Mahdia est remplacée par Le Caire.

la Porte fatimide de Mahdia
la Porte fatimide de Mahdia 

Assiégée durant huit mois (944-945) par les kharidjites sous la conduite de leur chef Abu Yazid, la ville résiste victorieusement.

En 1057, les Zirides s’y réfugient face à la menace des Hilaliens.

En 10861087, pour faire cesser les attaques répétées des corsaires de cette région, notamment celles orchestrées par le souverain ziride Tamim (1062-1108), les grandes villes marchandes du nord du bassin méditerranéen — Gênes, Pise, Amalfi, Salerne et Gaeta — arment des bâtiments et s’emparent de Mahdia8

Carte d'al-Mahdiyah livre 2, chapitre 13 "Dans la péninsule d'al-Mahdiyah" en  Ifriqiya (Tunisie moderne) (MS. Arab. c. 90, fol. 34a).  The Bodleian Library. 
Carte d’al-Mahdiyah livre 2, chapitre 13 « Dans la péninsule d’al-Mahdiyah » en  Ifriqiya (Tunisie moderne) (MS. Arab. c. 90, fol. 34a).  The Bodleian Library. 
La Grande Mosquée de Mahdia construit par l'Imam al-Mahdi était la première mosquée fatimide à construire. Elle a inspiré un certain nombre de mosquées en Egypte fatimide, comme al-Hakim et Mosquée al-Aqmar au Caire. Ce monument doit sa beauté à la simplicité de ses formes et de matériaux, comme l'absence de toute décoration superflue. Il a été modifié à plusieurs reprises avant d'être reconstruit par l'architecte français A. Lézine entre 1961 et 1965 Photo: Musée Sans Frontières
La Grande Mosquée de Mahdia construit par l’Imam al-Mahdi était la première mosquée fatimide à construire. Elle a inspiré un certain nombre de mosquées en Egypte fatimide, comme al-Hakim et Mosquée al-Aqmar au Caire. Ce monument doit sa beauté à la simplicité de ses formes et de matériaux, comme l’absence de toute décoration superflue. Il a été modifié à plusieurs reprises avant d’être reconstruite par l’architecte français A. Lézine entre 1961 et 1965  Photo: Musée Sans Frontières
La Grande mosquée Fatimide de Mahdia Tunisie.
La Grande mosquée Fatimide de Mahdia Tunisie est la première mosquée construite par la dynastie arabe fatimide
Vue extérieure de la Grande Mosquée Fatimide de Mahdia
Vue extérieure de la Grande Mosquée Fatimide de Mahdia

 

La description de Fustat (Egypte) par le géographe arabe al-Maqdissi au 10 eme siècle sous les Fatimides :

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La description de Fustat (Egypte) par le géographe arabe al-Maqdissi au 10 eme siècle sous les Fatimides :

Plan d' al-Fustat et d'al-Qahira a temps des fatimides
Plan d’ al-Fustat et d’al-Qahira a temps des fatimides

« Al Fustat est la capitale de l’Egypte au sens plein du terme : c’est là que sont groupés les bureaux de l’administration et que réside le Prince des Croyants.

Sa surface est vaste, ses habitants nombreux, son district florissant, son nom célèbre, sa valeur estimée.

C’est elle la capitale de l’Egypte, celle qui éclipse Baghdad, celle dont s’enorgueillit l’islam, celle où toute l’humanité vient commercer : plus considérable que Bagdad, elle est l’entrepôt du Maghreb, le dock de l’Orient, le marché achalandé.

On ne saurait trouver parmi les villes plus populeuses qu’elle : des grands et des cheiks nombreux, des marchandises et des spécialités merveilleuses, de bons souks et de bons métiers, des bains qui sont le sommet de l’excellence, des marchés clos pleins d’élégance et de splendeur.

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 

Dans tout l’Islam, on ne trouve pas plus fréquenté que les assemblées de sa grande mosquée, plus magnifique que les vêtements de ses habitants, plus abondant en navires que son port.

Elle offre des nourritures fines, des assaisonnements délicats, des douceurs à bon marché, foisonnant de légumes et de bois à brûler, ayant des eaux légères et un climat sain, mine de savants, agréable en hiver, pays de gens tranquilles et paisibles (…).

Leurs maisons ont quatre étages, et même cinq, ce qui les rend pareilles pour la hauteur à des minarets ; elles reçoivent la lumière d’une cour centrale.

J’ai entendu dire qu’une seule maison peut abriter jusqu’à deux cents âmes. »

Al-Maqdssi, Les Régions de la Terre, fin du Xe siècle.

 

notice auteur wiki : Al-Maqdisi (en arabe : المقدسي), ou de manière plus complète Mohammed ibn Ahmed Chams ad-Din Al-Maqdisi (arabe : محمد بن امحد شمس الدين المقدسي) ou encore Shams Al-Din Abu Abd Allah Muhammad Ibn Ahmad Ibn Abi Bakr Al-Banna Al-Shami Al-Muqaddasi est un voyageur et géographe arabe, né à Jérusalem (en arabe, al-Quds (القدس) : « la sainte« , de même racine et de sens voisin de maqdis et muqaddas) en 945 ou en 946.Il est l’auteur, sous le titre de Ahsan at-Taqasim fi Ma`rifat il-Aqalim (La meilleure répartition pour la connaissance des provinces), d’une description de l’empire musulman au IVe/Xe siècle, dont il existe deux traductions partielles en français.Après avoir notamment étudié le droit durant son adolescence, Al-Maqdisī entame une série de voyages qui le mèneront jusqu’au Khorassan en passant par l’Arabie. Il meurt aux alentours de l’an 1000.

  • Description de l’Occident musulman au IVe – Xe siècle. al-Muqaddasî (vers 375 = 985) ; texte arabe et traduction française avec une introduction, des notes et quatre index par Charles Pellat. Alger : éd. Carbonel, 1950.
  • Al-Muqaddasī, 1963, Kitab aḥsan at-taqasim fi maʿrifa al-aqalim (Livre sur la meilleure répartition pour la connaissance des provinces), traduction partielle et annotations par André Miquel, Institut français de Damas, Damas, 431 p.

La bataille d’Ascalon 1099 lors de la première croisade

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 Date12 août 1099 Lieu	Ascalon Issue	Victoire des Croisés Belligérants Armoiries de Jérusalem.svg Royaume de Jérusalem	Fatimid flag.svg Fatimides Commandants Godefroy de Bouillon	Al-Afdhal Shahanshah Forces en présence 15 000 fantassins ? 5 000 cavaliers ?1	200 000 hommes2 Pertes 10 000 à 12 000 hommes ?

Date 12 août 1099
Lieu Ascalon
Issue Victoire des Croisés
Belligérants
Royaume Croisé  de Jérusalem vs Empire Fatimides
Commandants
Godefroy de Bouillon vs Al-Afdhal Shahanshah
Forces en présence
15 000 fantassins  et
5 000 cavaliers coisés      pour           200 000 hommes fatimide
Pertes
10 000 à 12 000 hommes ?

Une première bataille oppose croisés et Fatimides à Ascalon en 1099, pendant la première croisade. L’armée d’Al-Afdhal, vizir fatimide d’Égypte, forte de trente mille hommes, atteint la Palestine vingt jours après la prise de Jérusalem par les croisés. Le vizir hésite à attaquer la Ville sainte, et prend position près d’Ascalon. L’armée croisées commandée par Godefroy de Bouillon se réunit pour repousser l’armée musulmane. Al-Afdhal envoie des émissaires à Godefroy de Bouillon, lui proposant un arrangement s’il quitte la Palestine. Les Francs, pour toute réponse, marchent sur Ascalon pour aller à la rencontre du vizir et de ses troupes. L’armée franque put franchir le fleuve Nahr-es-Sanye (situé entre Jérusalem et Ascalon) sans être inquiétée1

L’attaque débuta contre l’aile droite fatimide, où s’étaient regroupés la plupart des soldats musulmans1. Un assaut conjugué de l’infanterie et de la cavalerie franque disloqua les rangs ennemis, et après une courte résistance des mercenaires éthiopiens au service des Sarrasins, dispersèrent l’armée fatimide

La victoire d’Ascalon remportée par les Croisés sur les Musulmans permit aux Européens de confirmer leur victoire à Jérusalem. L’armée du vizir Al-Afdhal dut se retirer après avoir subie de très lourdes pertes, 

notes:

  1. ↑ abcde et f Bataille d’Ascalon [archive]

 

Les arabes Hilaliens ENVAHISSENT l’Ifriqiya et liste des tribus arabe d’Algerie au 19eme siècle :

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Arbre généalogique des Banou Souleim et Banou Hilal
Arbre généalogique des Banou Souleim et Banou Hilal

LES HILALIENS ENVAHISSENT LA BERBÉRIE ET TRAITENT AVEC EL-MOËZZ.le Ziride —

Vers l’an 1049, une première troupe de guerriers arabes envahit le pays de Barka sans rencontrer de résistance.

La renommée apporta la nouvelle des succès aux Arabes restés en Égypte.

Aussitôt, tout ce peuple se disposa à l’émigration en masse, et cela, avec une telle ardeur que le khalife put exiger de chaque émigrant le paiement d’un droit, de sorte qu’il rentra et au delà dans les premières dépenses qu’il avait faites pour déterminer le mouvement.

Une population, dont le chiffre devait varier entre 200, 000 et 1000,000 personnes(2), se précipita alors vers l’Ouest.

Ces émigrants, quittant l’Égypte sans esprit de retour, entraînaient avec eux leurs femmes, leurs enfants et leurs troupeaux.

Le Nil franchi, les Arabes se jetèrent «comme des loups affamés» sur la province de Barka, déjà mise à contribution par les premiers arrivés.

Toutes les villes de cette contrée, parmi lesquelles Adjebadïa et Sort, furent ruinées de fond en comble.

Continuant leur marche vers l’Ouest, les envahisseurs pénétrèrent. en 1051, dans la Tripolitaine.

Les Riah, sous la conduite de leur chef Mounès-ben-Yahïa, ouvraient la marche : «Semblables à une nuée de sauterelles, dit Ibn-Khaldoun ils détruisaient tout sur leur passage».

Les tribus berbères des Houara et Louata, abandonnées à elles-mêmes et divisées par des rivalités séculaires, ne tentèrent pas une résistance inutile : elles s’ouvrirent devant le flot envahisseur qui atteignit bientôt le sud de l’Ifrikiya.

Cependant le Ziride El-Moëzz, qui n’avait rien fait pour conjurer le danger avant qu’il fût imminent, ne se disposa nullement à combattre lorsque les Arabes furent sur la limite de sa province.

Bien au contraire, il vit dans leur appui un moyen se se venger de son cousin, le Hammadite El-Kaïd, qui, loin d’approuver sa rupture avec les Fatemides et de l’imiter, avait envoyé à ces princes un nouvel hommage de vassalité, et reçu d’eux le litre de Cherf-ed- Daoula (noblesse de l’empire).
____________________
1. Ibn-Khaldoun, Berbères, t. I, p. 33, 34, t. II, p. 21. El-Kaïrouani, p.
143. Amari, Musulmans de Sicile, t. II, p. 507 et suiv.
2. Voir la discussion de ce chiffre dans le chapitre précédent

Première invasion des Hilal et Sulaym 1055 et 1056
Première invasion des Hilal et Sulaym 1055 et 1056

Ayant donc appelé auprès de lui Mounès, chef des Riah, El- Moëzz lui prodigua les plus grands honneurs et eut la bassesse de signer avec lui un traité par lequel il permettait aux Arabes d’entrer dans l’Ifriqiya, à la condition qu’ils lui fournissent leurs guerriers dans une campagne qu’il voulait entreprendre contre les Hammadites.

Une princesse, accordée en mariage au chef des envahisseurs, scella l’accord. Mounès souscrivit à tout et appela vers lui ses compagnons restés sur la limite du désert.

Les Riah, suivis bientôt des Zor’ba et des Djochem envahirent alors le sud de la Tunisie, qu’ils mirent à feu et à sang.

Les Makil et Athbedj, qui venaient ensuite, dépassèrent les précédents et continuièrent leur route vers l’occident, en contournant par le sud le massif de l’Aourès constantinois.

Quant aux Soleïm, formant l’arrière-garde, ils s’établirent d’une façon défi nitive, dans la Tripolitaine et la province de Barka.

La ville de Tripoli, avec ses environs, restait encore El-Montaçar, prince régnant, de la famille des Beni-Khazroun(1).

Abou Zaid al hilali Salamah terrassant les Zirides. Lithographie couleur imprimée au Caire.
Abou Zaid al hilali Salamah terrassant les Zirides. Lithographie couleur imprimée au Caire.

EL-MOËZZ ESSAIE DE REPOUSSER LES ARABES. IL EST VAINCU À HAÏDERANE.

— El-Moëzz essaya en vain d’empêcher les excès des envahisseurs et d’exiger d’eux l’exécution du traité consenti par leur chef.

Voyant enfin qu’il ne pouvait rien obtenir de ces nomades indisciplinés, il se décida à les combattre.

Mais il était trop tard, son fatal calcul se trouva déjoué, car ses auxiliaires devenaient ses pires ennemis.

Celle invasion, que les Berbères auraient évidemment repoussée, s’ils avaient su s’entendre au début, était à jamais implantée chez eux.

Un premier corps de Sanhadjiens, envoyé contre les Arabes, fut entièrement défait par eux.

Le prince ziride comprit enfin que la gravité des événements exigeait des mesures décisives.

Résolu à prendre en personne la direction des opérations, il forma un camp auprès de Kaïrouan et adressa un appel désespéré à ses deux adversaires, le Hammadite El-Kaïd, et le Zenète El-Montaçar, les conjurant d’oublier leurs anciens différends et de s’unir contre l’ennemi commun.

Tous deux répondirent à sa requête, le premier en envoyant mille cavaliers, le second en accourant lui-même de Tripoli à la tête de toutes ses troupes.

Vers 1053, lorsque toutes les forces Berbères furent concentrées, El-Moëzz en prit le commandement et marcha contre les Arabes, avec une armée dont l’effectif s’élevait, dit-on, à trente mille combattants.
____________________

Les Arabes de leur côté, comprenant que le moment décisif était arrivé, s’étaient réunis sur le plateau de Haïderane, non loin de Gabès.

Les tribus de Riah, Zor’ba, Adi et Djochem avaient fourni tous leurs contingents et néanmoins, s’il faut en croire un de leurs poètes(1), ils n’avaient pas, en ligne, plus de trois mille guerriers.

 Aussitôt que les deux armées furent en présence, El-Moëzz donna le signal du combat.

Les Arabes furent, attaqués avec vigueur, mais ils avaient l’avantage de la position, ce qui doublait leur courage.

Devant cette résistance inattendue, le désordre se met dans les rangs des assaillants et, à ce moment, un fait imprévu vient augmenter la confusion : le contingent de la colonie arabe de Kaïrouan, reconnaissant dans les Hilaliens des compatriotes, passe de leur côté et abandonne les Berbères abhorrés.

A cette vue, les Zenètes de Tripoli lâchent pied et les Sanhadja, qui soutiennent tout l’effort du combat, sont contraints de battre en retraite, après avoir vu tomber leurs meilleurs guerriers.

El-Moëzz, resté seul, entouré de sa garde noire et des gens de sa maison, combattit avec la plus grande valeur et ne se retira du champ de bataille que lorsque toute résistance fut absolument inutile.

Bani Hilal
Bani Hilal

PILLAGE DE l’ifriqiya PAR LES HILALIENS. PREMIER PARTAGE ENTRE LES ARABES.

— Le résultat de la victoire de Haïderane fut décisif pour les Arabes.
Après avoir pillé le camp d’El-Moëzz, ils fi rent irruption dans la Tunisie septentrionale et portèrent la dévastation dans tout le pays ouvert : rien n’échappa à leur rapacité.

Les populations berbères durent se retirer dans les montagnes ou chercher un refuge derrière les remparts de villes fortifiées.

Après avoir ruiné les places d’Obba et d’El-Orbos, les Arabes vinrent mettre le siège devant Kaïrouan.

L’émir des Riah, Mounes, dirigeait lui-même l’attaque,car il tenait à prendre possession de cette ville dont le khalife fatemide lui avait conféré le commandement.

El-Moëzz essaya, pendant quelque temps, de défendre sa capitale; mais ayant reconnu toute résistance inutile, il se décida à l’évacuer.

En 1056, il se réfugia,grâce à la protection de Mounès, à El-Mehdïa.

Le lendemain de son départ, son fils El-Mansour, auquel il avait laissé le commandement,évacua la ville, suivi des troupe et des principaux habitants.
____________________
. Ibn-Khaldoun, Berbères, t. I, p. 34 à 135, t. II, p. 21, 47 et suiv., t.
III, p: 267, 268.

, Ali-ben-Rizk, qui a célébré la victoire des Arabes en ces termes :
«trois mille des nôtres ont vaincu trente mille d’entre eux.»

Banu Hilal (بنو هلال) étaient une confédérations arabe qui a émigré au Maghreb au xie siècle.

Expéditions des Bani Hilal au xe siècle.
Expéditions des Bani Hilal au xe siècle.

Origine

Ils sont composé de 3 principales branches : les Riah, les Zughba et les Athbadj.

Ils font partie de l’ancienne confédération arabe des Banu ‘Amir et remontent leurs ligné à Adnan.

Histoire

Vers le XIe siècle après J.-C, les Zirides de Kairouan sous le règne d’Al Muiz se révoltent contre les Fatimides et s’allie au Abbassides. Furieux, le calife d’Egypte lance les Hilaliens et Sulaym sur eux. Ces vagues humaines pris possésion de la Cyrénaïque au Maroc. Ibn Khaldoun consacre à ces évènements essentielle dans sa volumineuse Histoire des Berbères. Guerriers redoutables, ils étaient originaire du Hedjaz dans les environs de Taëf en Arabie et était des nomades puis vivaient du brigandage qu’il faisait dans les confins de l’Irak et Syrie actuel. Ils émigrent sur les rives orientale du Nil. Au premier choc contre l’armée berbère des Sanhaja furent défaits.

Elle est issu des Banu ‘Amir qui eux-même avait un liens de parenté avec les Banu Saâd d’où est originaire Halima as-Saâdia, la nourrice du prophète de l’Islam (paix et bénédiction sur lui) . Ils se compose également de plusieurs sous-clans :

  • Djusham
  • Athbadj
  • Zughba (surtout à Ouargla)
  • Kholt
  • Sufyan
  • Hamyan
  • Riah
  • Rabîah
  • Addi

Généalogie!

Athbedj

Doreïd (ou Dreïd.) Oulad-’Atïa. Oulad-Serour. Djar-Allah. Touba Kerfa (ou Garfa) Beni-Moh’ammed. Beni-Merouane (ou Meraounïa). H’adjelate (Kleïb, Chebib, Sabah’, Serh’ane. Nabele ‘Amour Morra. Abd-Allah (Mihia, Oulad-Zekrir, Oulad- Farès, Oulad-Abd-es-Selam). Beni-Korra Dahhak et Aïad Mehaïa. Oulad-Difel. Beni-Zobeïr. Mortafa. Kharadj. Oulad-Sakher. Rah’ma.

Djusham

Assam Moqqaddem Djusham Kholt. Soltane (H’areth, Oulad Mota, Klabia). Beni-Djâber Mirdas Daouaouïda (Meçaoud-ben-Soltane, Acer-ben- Solatane). Sinber. Amer (Moussa, Moh’ammed, Djâber). Meslem Ali Fader’ . Dahmane (Menàkcha). Amer Al-Akhdari (Khadr). S’aïd Oulad-Youçof (Mekhàdma, R’oïout, Bohour).

Riah

Beni-Ameurs. Oulad-Akhdâr. Oulad-ben-Slimane. Mdhâkra (Oulad-Sabbâh). Dhouâouda.

Zoghba

Malek Souéïd (Chebaba , H’assasna, Flitta, S’béïh’, Modjaher, Djoutha, Oulad-Meïmoun). Bakhis ‘Attaf Dïalem Yezid Oulad-Lahek s’àad (Beni-Madi, Beni-Mansour, Zor’li). Khachna Beni-Moussa Moafâa Djouab Herz Marbâa Haméïane Hocéine Djendel Kharrach (Oulad-Meçaoud, Oulad-Feredj, Oulad-Taref). ‘Amer (‘Amour) Yakoub. H’amid (Beni-Obeïd, Beni-Hidjaz, Meharez). Chafaï (Chekara, Metarref). ‘Orwa an-Nadhr (Oulad-Khalifa, Hamakaa, Cherifa, Sahari, Douï-Ziane, Oulad-Slimane). Homeïs (Obéïd-Allah, Fedar’, Yak’dane).

Chronologie

Invasion hilalienne en 1048-50
Invasion hilalienne en 1048-50

1049 : Ruée vers Barqa et la Tripolitaine

Al Mustansir envoya son vizir auprès des Bani Hilal, qui commença par faire des dons peu considérables aux chefs, une fourrure et une pièce en or à chaque individu, ensuite il les autorisa à passer le Nil en leur adressant ces paroles :

« Je vous offre le Maghreb et l’empire de Al Muiz ibn Badis qui s’est soustrait à l’autorité de son maître, ainsi dorénavant vous ne serez plus dans le besoin »

« قد أعطيتكم المغرب ، و ملك المعز بن بلكين الصنهاجي العبد الآبق فلا تفقرون »

Il écrivit alors au gouvernement du Maghreb une lettre ainsi conçue « Nous enverrons des coursiers rapides. Des hommes intrépides pour accomplir cela, que le destin décide » « أما بعد فقد أنفذنا إليكم خيولاً فحولاً ، و أرسلنا عليها رجالاً كهولاً ليقضي الله أمراً مفعولا »
Ces Arabes animés par l’espoir du butin franchirent le Nil et allèrent occuper la province de Barqa. Ayant pris et saccagé les villes de cette région ils adressèrent à leurs frères qu’ils avaient laissés sur la rive droite du Nil une description attrayante du pays qu’ils venaient d’envahir. Les retardataires s’empressèrent d’acheter la permission de passer le fleuve et comme cette faveur leur coûta une pièce en or pour chaque individu le gouvernement égyptien obtint non seulement le remboursement des sommes qu’il venait de leur distribuer mais encore bien au-delà.

Ces envahisseurs se partagèrent alors le pays de sorte que la partie orientale en échut aux Soulaïm et la partie occidentale aux Hilal. Ils dévastèrent ensuite Al Madinah Al Hamra1, Adjedabia, Asmou2 et Sirt. Les Soulaïm de Haïb se fixa sur le territoire de Barqaavec ses confédérés les Ruwaha, les Nasira et les Umaira mais les Dhiab, les Awf, les Zoghb et toutes les familles hilaliennes se précipitèrent sur l’Ifriqiya comme une nuée de sauterelles abîmant et détruisant tout ce qui se trouvait sur leur passage.

1051 : Entrée en l’Ifriqya

Invasion hilalienne en 1051-52
Invasion hilalienne en 1051-52

Les Arabes entrèrent en Ifriqiya, Munes ibn Yahia as-Sinbari émir des Riyah fut le premier qui y pénétra. Al Muiz chercha aussitôt à gagner l’appui de ce chef en le faisant venir auprès de lui. Il le déclara son ami et épousa sa fille. Ensuite il lui proposa d’attirer les Arabes des stations éloignées où ils s’étaient arrêtés afin de pouvoir accabler par leur nombre les princes des Hammads qui se tenaient en révolte contre lui dans la partie occidentale de l’empire. Après quelques hésitations Mounès y donna son consentement. Ces nomades se mirent aussitôt à dévaster le pays en proclamant partout l’autorité d’Al Mustansir le calife fatimide. Ils défirent aussi l’arméesanhadjienne et les corps de troupes alliées qu’Al-Muizz avait fait marcher contre eux. Ce prince si rempli d’orgueil fut outré de cet échec. Transporté de colère il arrêta le frère de Mounès qui avait dressé son camp en dehors de Kairouan et envoya demander des secours à son cousin El Caïd Ibn Hammad Ibn Bologhin seigneur de la Qalâa des Beni Hammad. El Caïd leva une troupe de mille cavaliers et la lui envoya. Les Zenata nomades auxquels il avait aussi adressé un appel lui envoyèrent un autre millier tous tirés de la famille d’El Montacer Ibn Khazroun el Maghraoui et commandés par El Montacer lui-même qui était un des chefs les plus puissants de la nationzenatienne.

Al-Muizz se mit alors en marche avec ses alliés, ses partisans, ses domestiques, ses amis et un petit nombre des descendants des anciens conquérants arabes qui habitaient encore son pays. Cette troupe s’accrut ensuite des contingents berbères de sorte qu’Al-Muizz put aller à la rencontre de l’ennemi avec une armée très nombreuse composée dit on d’environ trente mille combattants.

Les tribus arabes de Riyah, Zoghba et Adi se postèrent au midi de Haideran3 lieu des environs de Gabès. Quant aux anciens conquérants arabes, ils se détachèrent d’Al-Muizz pour passer aux côtés des Hilal alors que les Zenata et les Sanhadja l’abandonnèrent de sorte qu’il dut s’enfuir avec les siens pour se réfugier à Kairouan. Ses trésors ses bagages et ses tentes devinrent la proie des vainqueurs.

Les Arabes vinrent alors bloquer Al Muiz à Kairouan et pendant ce long siège ils portèrent la dévastation dans les campagnes et les villages des alentours. Ils n’épargnèrent même pas les lieux où la vengeance d’Al Muiz s’était déjà fait sentir parce qu’il en avait soupçonné leurs habitants d’être de traitrise.

Les gens de la campagne se réfugièrent à Kairouan, comme les Arabes continuaient à presser le siège et à commettre des ravages épouvantables, les habitants finirent par s’enfuir a Tunis et à Sousse.

1053 : Ruée vers l’Ifriqya

Invasion hilalienne en 1053-54
Invasion hilalienne en 1053-54

Toute la province de l’Ifriqiya fut pillée et saccagée , les villes d’Obba4 et de Laribus5 tombèrent au pouvoir des Arabes. Pendant ce temps les Zoghba et les Rîah se tenaient aux environs de Kairouan. Mounès étant alors venu camper sous les murs de la ville accorda sa protection aux membres de la famille Zîri famille dont Al-Muizz faisait partie et les conduisit à Gabès. Les Arabes s’emparèrent ensuite du pays de Castîlïa6 et un de leurs chefs Abed Ibn Abi Ghaïth entrepris une expédition contre les Zenata et les Maghraouas et revint avec un fort butin.

1054 : Prise de Tunis

Les Arabes se partagèrent les villes de l’Ifriqiya. La tribu de Zoghba s’appropria la ville et la province de Tripoli pendant que la tribu de Mirdas branche de celle des Rîah occupa Béja et les lieux voisins. Un nouveau partage se fit plus tard et la région située au couchant de Gabès devint la propriété des tribus de Rîah, Zoghba, Makil, Djochem, Corra, Athbedj, Cheddad, Kholtet et Sofyan branches de la grande tribu de Hilal. De cette manière l’empire d’Al-Muizz se morcela et lui échappa. Abed Ibn Abi Ghaïth s’empara de Tunis et réduisit les habitants en esclavage pendant qu’Abou Masoud un autre de leurs chefs prit la ville de Annaba par capitulation.

Première invasion des Hilal et Sulaym 1055 et 1056
Invasion hilalienne en 1055-56

1057 : Prise de Kairouan et pillage Mahdia

En 1057, Al-Muizz ben Badis s’enfuit à Mahdia et livre Kairouan et ses environs au pillage. Les Arabes y pénétrèrent aussitôt après et commencèrent l’œuvre de dévastation pillant les boutiques abattant les édifices publics et saccageant les maisons de sorte qu’ils détruisirent toute la beauté tout l’éclat des monuments de Kairouan. Rien de ce que les princes sanhadjiens avaient laissé dans leurs palais n’échappa à l’avidité de ces brigands tout ce qu’il y avait dans la ville fut emporté ou détruit les habitants se dispersèrent au loin et ainsi fut consommée cette grande catastrophe. Les Arabes marchèrent ensuite contre Mahdia et réduisirent cette ville à la dernière extrémité en lui coupant les communications et les vivres.

Après avoir renversé le pouvoir des Sanhadja les envahisseurs tournèrent leurs armes contre les Zenata et leur enlevèrent tout le pays ouvert. La guerre entre ces deux peuples ne se termina pas de sitôt et un descendant deMohammed Ibn Khazer qui régnait à Tlemcen plaça un corps de troupes sous les ordres de son vizir Abou Soda Khalîfa el Ifréni et l’envoya combattre les Arabes. Il s’ensuivit une longue série d’hostilités.

À cette époque le commandement des Zenata et des Berbères nomades était partagé entre quatre grandes familles les Ifren, les Maghraouas, les Ouémannou et les Ilouman. Après avoir vaincu les Sanhadja et enlevé aux Zenata les pays ouverts de l’Ifriqiya, les Arabes conquirent encore la province du Zab et ayant subjugué tous les Berbères de cette région ils les accablèrent d impôts et de contributions

Tous ces événements ébranlèrent profondément la prospérité de l’Ifriqiya, la dévastation s’étendit partout et une foule de brigands interceptaient les routes et dépouillaient les voyageurs.

Une photo du 26 septembre 1961, avec troupeau de dromadaires près de Sédrata, au sud-ouest de Souk-Ahras. Algerie orientale
Une photo du 26 septembre 1961, avec troupeau de dromadaires près de Sédrata, au sud-ouest de Souk-Ahras. Algerie orientale

1057: Maîtrise des campagnes

Quand Al-Mustansir Billah envoya les Banou Hilal en Ifriqya il investit leurs chefs du commandement des villes et des forteresses de ce pays ainsi que de l’administration des provinces qu’ils allaient conquérir. Ce fut alors qu’il nomma Mounès Ibn Yahya el Mirdassi gouverneur de Kairouan et de Bèja, ‘Hacen lbn Serhan ‘gouverneur de Constantine et rendit la tribu de Zoghba maîtresse de Tripoli et de Gabès. Ces Arabes, ayant enlevé au peuple sanhadjien toutes ses villes, établirent leur autorité sur les lieux que le khalife leur avait assignés et firent subir sans relâche à leurs nouveaux sujets toute espèce de vexations et de tyrannie. En effet les Hilaliens n’ont jamais eu un chef capable de les diriger et de les contenir. Expulsés bientôt auprès des grandes villes dont ils avaient poussé à bout les habitants par leur insolence et leur injustice. Ils allèrent s’emparer des campagnes et là ils ont continué à opprimer les populations, à piller les voyageurs et à tourmenter le pays par leur esprit de rapine et de brigandage.

Quand la tribu de Banou Hilal eut vaincu les Sanhadja, une nation voisine les Zenata s’apprêta à lui faire une vigoureuse résistance. Les Zenata, peuple que ses habitudes nomades avaient rendu très belliqueux, se mirent en marche de l’Ifriqya et du Maghreb central pour repousser les Arabes. Le prince de la famille Khazer qui régnait à Tlemcen fit partir son général Abou Soda el Ifreni chargé de combattre les Banou Hilal, Abou Soda leur livra plusieurs batailles mais il perdit enfin la vie dans la province du Zab. La tribu des Banou Hilal se rendit alors maîtresse de tout le pays ouvert. Les Zenata ne purent plus leur résister ni dans l’Ifriqya ni dans le Zab et dorénavant le Mont Rached (le Djebel Amour) et le pays du Mozab dans le Maghreb central formèrent la ligne de séparation entre les deux peuples.

Restée victorieuse la tribu des Banou Hilal cessa de se livrer à la guerre et les Sanhadja purent conclure la paix avec elle mais sous la dure condition de lui céder les campagnes et de ne garder pour eux que les villes.

La Qa'la des Banû Hammad1 (ou Béni Hammad) est un site archéologique situé dans la wilaya de M'Sila, dans la commune de Maâdid, en Algérie.
La Qa’la des Banû Hammad1 (ou Béni Hammad) est un site archéologique situé dans la wilaya de M’Sila, dans la commune de Maâdid, en Algérie.

1146-1163 

Ennacer Ibn Alennas prince de la Kalâa des Beni Hammad réunit des troupes pour soutenir les Athbedj et El Moëzz Ibn Zîri de la tribu de Maghraouas et souverain de Fès vint se joindre à lui avec les Zenata. Ils prirent position à Laribus et ensuite ils eurent une rencontre avec les Rîah et les Zoghba à Sbiba. Dans ce combat El Moezz Ibn Zîri abandonna son allié cédant à ce qu’on prétend aux inspirations de Temîm Ibn el Moëzz lbn Badîs prince de Kairouan. Cette trahison entraîna la défaite d’Ibn Alennas qui dut abandonner aux Arabes et aux Zenata ses trésors et son camp après avoir perdu son frère El Kacem dans la mêlée. Il se réfugia à Constantine vivement poursuivi par la tribu de Hilal et plus tard il atteignit la Kalâa des Beni Hammad où il se vit bientôt bloqué par l’ennemi. Les assiégeants après avoir dévasté les jardins et coupé tous les bois qui entouraient la place allèrent insulter les autres villes de la province. Ayant mis en ruine celles de Tobna et de M’sila dont ils avaient chassé les habitants ils se jetèrent sur lescaravansérails, les villages, les fermes et les villes abattant tout à ras de terre et changeant ces lieux en une vaste solitude après en avoir comblé les puits et coupé les arbres.

De cette manière ils répandirent la désolation partout et ayant forcé les Sanhadja princes de l’Ifrîqya et du Maghreb ainsi que leurs administrateurs dans les provinces à s’enfermer dans les grandes villes ils leur enlevèrent peu à peu les territoires qui leur restaient.

Toujours guettant les moments favorables pour les surprendre ils leur firent acheter par un tribut la permission de se servir de leurs propres terres. Fidèles à leurs habitudes destructives les Arabes ne cessèrent de se livrer à toute espèce de brigandage au point qu ils forcèrent Ennacer d’abandonner la Kalâa et de se transporter avec ses trésors à Béjaïa ville qu il avait bâtie sur le bord de la mer pour y établir sa résidence. El Mansour son fils et successeur fit aussi sa demeure à Béjaïa afin de se soustraire à l’oppression et aux brigandages que les Banou Hilal exerçait dans les plaines; les montagnes de Béjaïa étant d’un accès fort difficile et les chemins étant impraticables pour des chameaux mettaient son territoire à l’abri de toute insulte. Tant que la dynastie des Sanhadja conserva le pouvoir elle reconnut aux Athbedj le droit d’exercer le commandement sur les autres Arabes mais quand elle cessa de régner la tribu qu’elle avait ainsi favorisée perdit toute son autorité et se désorganisa.

Les Almohades subjuguèrent les royaumes de l’Afrique septentrionale et plus tard leur cheikh Abd el Moumen entreprit une expédition en Ifriqya. Arrivé à Alger il reçut la visite de deux chefs de ces Arabes nomades l’un était Abou al Khalîl Ibn Keslan émir de la tribu d’Athbedj et l’autre Habbas Ibn Mocheifer personnage notable de la tribu de Djochem. Il leur fit un excellent accueil et les ayant nommés au commandement de leurs tribus respectives il reprit sa marche et s’empara de Béjaïa en l’an 1163.

Vue sur la plaine fumante au petit matin ou eu lieu la célèbre bataille entre les Hilaliens et Sulaymites faces au armées Muwahidun Almohades
Vue sur la plaine fumante au petit matin ou eu lieu la célèbre bataille entre les Hilaliens et Sulaymites faces au armées Muwahidun Almohades

1164-1185 : Soumission, révolte et scission

Les Hilaliens se révoltèrent contre les Almohades et embrassèrent le parti des Sanhadja. S’étant placés sous les ordres de l’émir des Rîah Mahrez Ibn Zîad membre de la famille Fadegh branche de la tribu des Beni Ali fraction des Rîah, ils rencontrèrent à Sètîf les troupes almohades qui s’avançaient contre eux sous la conduite d’Abd Allah un des fils d’Abd el Moumen. Décidés à vaincre ou à mourir ils coupèrent les jarrets de leurs montures pour s’ôter leur seul moyen de fuite et pendant trois jours ils se tinrent de pied ferme au milieu d’un champ de carnage. Le quatrième jour ils reculèrent en désordre après avoir essuyé des pertes énormes. Leurs troupeaux leurs femmes et leurs chefs les plus distingués tombèrent au pouvoir des vainqueurs. Une fuite précipitée put seule soustraire les débris de l’armée arabe à une poursuite qui ne s’arrêta qu à la plaine de Tebessa.

Cette rude leçon leur inspira des sentiments plus sages et ils s’empressèrent de reconnaître l’autorité des Almohades et d’adopter la cause de ce peuple en partisans dévoués Abd el Moumen leur rendit alors les prisonniers qu’on leur avait faits et depuis lors les Arabes continuèrent à servir fidèlement la dynastie almohade. Ils lui fournirent même des troupes pour l’aider à faire la guerre sainte en Espagne.

Les appels qu’Abd el Moumen leur adressait pour les excitera cet acte de religion étaient quelquefois rédigés en vers. Ils combattirent en Espagne sous Abd el Moumen et sous son fils Youçof jusqu’à l’an 1185, ils demeurèrent fidèles à cette famille Yacoub el Mansour fils de Youçof venait de monter sur le trône quand les fils de Ghanîa émirs de Maïorque et membres de la tribu almoravide des Messoufa traversèrent la mer avec une flotte et surprirent la ville de Béjaïa. Les tribus hilaliennes de Djochem et de Rîah ainsi que tous les Athbedj se déclarèrent les adversaires des Almohades, mais la tribu de Zoghba se joignit aux troupes que le gouvernement almohade envoya en Ifrîkïa pour étouffer l’insurrection.

Les fils de Ghanîa se rendirent à Gabès avec toute la tribu de Djochem et toute celle de Rîah. Arrivés là ils rallièrent autour d’eux les débris de leur peuple, les Messoufa ainsi que leurs frères de la tribu de Lemtouna accoururent de l’extrémité du pays et proclamèrent la suprématie des Abbassides principe que les émirs de la famille de Tachefin avaient toujours soutenu dans le Maghreb et propagé chez tous les peuples et dans tous les royaumes qui reconnaissaient leur autorité. Installés à Gabès les fils de Ghanîa firent demander au khalife Al Mostancer le renouvellement de l’acte qui assurait à leurs aïeux le droit de régner sur le Maghreb. Leur secrétaire Abd el Berr Ibn Ferçan se rendit à la cour de Baghdad et obtint pour Ibn Ghanîa la reconnaissance de son autorité et l’autorisation de faire la guerre aux Almohades.

Ali Ibn Ghanîa ayant réuni sous ses drapeaux toutes les branches de la tribu de Souleim Ibn Mansour et se trouvant appuyé par Caracoch l’arménien et par un corps très nombreux d’Almoravides d’Arabes et de Ghozzi se rendit maître de la campagne et soumitGafsa, Tozeur, Nefta et les autres villes du Djerîd. El Mansour marcha contre lui et partit de Maroc traînant à sa suite les populations du Maghreb. Son armée renfermait des troupes zenatiennes et masmoudiennes celles de la tribu de Zoghba et la grande majorité de la tribu d El Athbedj. Son avant-garde ayant été écrasée par Ibn Ghanîa dans la plaine d’Omra aux environs de Gafsa il sortit lui-même de Tunis pour aller à la rencontre des insurgés.

Les ayant mis en déroute il les refoula dans le désert de Barqa et leur enleva le pays de Castîlïa ainsi que les villes de Gabès et de Gafsa.

Les tribus de Djochem et de Rîah s’étant alors empressées de faire leur soumission il les déporta dans le Maghreb el Acsa où il établit la première dans la province de Temsna et la seconde dans le canton d’El Hebet et dans les régions maritimes d’Az ghar province située entre Tanger et Salé.

Depuis la défaite des Zenata par la tribu de Hilal, le Mozab, territoire situé entre le Désert de l’Ifrikïa et celui du Maghreb central devint un pays limitrophe servant à séparer ces deux peuples. On y voit encore plusieurs bourgades érigées par les Zenata et dont chacune porte le nom de la famille qui l’avait fondée portion des Zenata appelée les Beni Badîn et qui se composa des Beni Abd el Ouad des Toudjîn des Mozab des Beni Zerdal et des Beni Rached se montra partisan dévoué des Almohades dès le commencement de leur puissance. Les Beni Badîn s’étaient beaucoup plus rapprochés de cette dynastie que leurs rivaux.

les Beni Merîn dans le Maghreb central ils possédaient une plus grande étendue des plateaux et du littoral qu’aucune autre section des Zenata et dans leurs courses d’été ils y pénétraient plus avant qu’il n aurait été permis à aucune autre tribu nomade de le faire bien plus ils formaient une partie de l’armée almohade et du corps de troupes chargé de protéger les frontières de cet empire.

Le site se trouve à six kilomètres de la ville de Khenchela et l'appellation de Ksar El-Djazia évoque l'histoire épique du couple El-Djazia et Dhiab de la tribu des Banu Hilal
Le site se trouve à six kilomètres de la ville de Khenchela et l’appellation de Ksar El-Djazia évoque l’histoire épique du couple El-Djazia et Dhiab de la tribu des Banu Hilal

1200 : Les alliances

Ils étaient sous les ordres du prince du sang gouverneur de Tlemcen. Ce fut chez ce peuple que les Zoghba allèrent s’établir quand on obligea leurs frères les Djochem et les Rîah à se transporter dans le Maghreb el Acsa. Cette tribu passa alors dans le Mozab et le Djebel Rached localités situées au sud du Maghreb central elle qui auparavant avait obtenu en partage les villes de Gabès et de Tripoli elle qui avait soutenu des guerres contre les Beni Khazroun souverains de Tripoli et tué Saîd Ibn Khazroun un des princes de cette famille.

Ainsi la révolte suscitée par Ibn Ghanîa et la préférence que les Zoghba montrèrent en cette occasion pour la dynastie almohade eureut pour leur établissement dans cette région Ils formèrent alors une confédération avec les Beni Badîn deux peuples s’obligèrent par serment à vivre en bons voisins à se prêter mutuellement secours pour la défense de leur territoire qui était toujours exposé aux attaques de leurs ennemis.

Leur alliance s’étant ainsi opérée par un contrat formel et l’influence du voisinage les Zoghba s’établirent dans le Désert les Beni Badîn sur les plateaux et dans les plaines du Maghreb. Plus tard Masoud Ibn Soltan Ibn Zemam émir des Rîahs s’évada d’El Hebet avec une portion de la tribu qui avait été en Maghreb. Après s’être arrêté chez les Zoghba et les Debbab branches de la tribu de Souleim, il alla avec ses Rîah au secour de Caracoch et assista sous ses ordres à la prise de Tripoli où il mourut.

Le commandement de sa tribu passa alors à son fils Mohammed Abou Mohammed Abd el Ouahed le hafside ayant établi son indépendance en Ifrîkïa marcha contre Yahya Ibn Ghanîa el Maïorki et le défit à El Hamma. Cette bataille coûta la vie un grand nombre de partisans d’Ibn Ghanîa et la liberté à plusieurs parents de Mohammed fils de Masoud. Dans le nombre prisonniers se trouvèrent son fils Abd Allah son cousin Harakat Ibn es Cheikh Ibn Açaker Ibn Soltan et le grand de la tribu de Corra. Abd el Ouahed leur fit trancher la tète tous et Yahya Ibn Ghanîa s’enfuit dans le Désert.

Hilali

Personnages les plus célèbres

  • Hacen Ibn Serhan son frère Bedr Ibn Serhan et Fadl Ibn Nahed ces trois guerriers tiraient leur origine de Doreid un descendant d’Athbedj
  • Madi lbn Mocreb de la tribu de Corra
  • Salama Ibn Rizc de la famille de Kethîr branche de Kerfa tribu qui forme une subdivision de la grande tribu des Athbedj
  • Chebana Ibn Ohaïmer son frère Solaïcel que l’on dit appartenir aux Beni Atïa branche des Kerfa Dîab Ibn Ghanem de la tribu de Thaur
  • Mounès Ibn Yahya que l’on fait descendre de Mirdas c’est-à-dire Mirdas de la tribu de Rîah personnage qu il ne faut pas confondre avec Mirdas de la tribu de Souleim En effet il appartenait aux Sinber famille de la tribu de Mirdas le rîahide
  • Zeid Ibn Zîdan de la tribu de Dahhak
  • Tholeïdjan Ibn Abes de celle de Himyer
  • Zeid el Addjadj Ibn Fadel que l’on dit être mort avant l’arrivée de sa tribu en Ifrikia
  • Farès lbn Abi Ghaïth son frère Abed
  • El Fadl Ibn Abi Ali chefs que leurs historiens font descendre de Mirdas c’est-à-dire Mirdas le rîahide
  • Dîab Ibn Ghanem leur servit d éclaireur lors de l’invasion de l’Ifriqiya et pour cette raison ils lui avaient donné le surnom d’Abou Moukheiber ( homme aux renseignements )

Tous les personnages sont mentionnés dans les poèmes de ces Arabes

Dîab Ibn Ghanem al-Hilali vs Al-Muizz ben Badis as-Sanhaji
Dîab Ibn Ghanem al-Hilali vs Al-Muizz ben Badis as-Sanhaji

La Geste Hilalienne

L’orientaliste Edward William Lane écrit en 1836 que dans la seule ville du Caire se rencontrent une cinquantaine de poètes musiciens (Ab-Zidyya) ayant pour répertoire unique la geste hilalienne7. La migration des tribus de Bani-Hilal a conservé chez les hilaliens et leurs progénitures des récits fort étranges au sujet de leur entrée en Afrique du Nord. L’ensemble de ces récits est depuis transmis par la tradition orale, des versions ou alternent prose et poésie sont recueillies en Arabie, au Soudan, en Libye, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, au Tchad8. La multiplicité des récits se transforme, en dépit des écarts par rapport à certaines réalités historiques, en une geste populaire qui porte le nom de Sira (biographie) projetant un idéal moral, atemporel et mythique sur ces hommes du passé9.

La Geste (Sira) Hilalienne est répartie en trois cycles principaux. Les deux premiers rassemblent les événements qui se déroulent en Arabie et dans divers pays de l’Orient; la troisième, appelé Taghriba (marche vers ouest), relate la migration des Banu Hilal vers l’Afrique du nord. Les récits et les enregistrements que le poète folklorique Abdel Rahman el-Abnudi (en) a recueillis auprès de bardes de la Haute-Égypte10.

Pour la Tunisie, la Geste Hilalienne est recueilli dans un ouvrage de Abderrahman GUIGA et Tahar GUIGA (« Min aqasis Bani Hilal », al Dar al Tunissiya, 1968), la traduction en français (La Geste Hilalienne, par A. Guiga,

La version d’un berger du Sud tunisien a également été recueillie et consigné dans un livre publié chez Gallimard: « La Geste Hilalienne, version de Abou Thadi », traduction par Lucienne SAADA.

Min aqāṣīṣ Banī Hilāl

Il existe trois formes de récits de la geste hilalienne : le poème classique entrecoupé de passages en prose rimée, le mawwal chanté et enfin le récit poétique libre10.

Selon al-Idrici, vers l’année 1160, dans la régence de Tripoli, les tribus Arabes hilalienne occupaient presque toute la cote : les territoires de Telmîta(4) ou de la Cyrénaïque, de Sort(5), de Tripoli(6), deLebda(7), étaient en leur pouvoir.

Dans quelques parties du rivage, la race berbère avait entièrement disparu.

Dans l’intérieur, la plaine de Barka était peuplée de villages arabes(8).

Les solitudes d’Adjedabîa étaient parcourues par un grand nombre d’Arabes et de Berbers(9).

Le désert et l’oasis de Zouîla(10) étaient habités par des Arabes.

Au reste, tout l’intérieur du pays deTripoli, le désert de Barka et les oasis d’Audjila, d’Adjedabia et de Zouîla leur obéissaient.

Dans la régence de Tunis, ils occupaient presque toutes les plaines.

Quelques montagnes et particulièrement le Djebel-Ouslât avaient seuls conservé leur population berbère(11).

Sur le territoire d’El-Orbès, les deux races vivaient côte à côte, mais dans un état permanent d’hostilité(12).

Dans la province de Constantine, les hilaliens et solaymites étaient beaucoup plus avancés au nord qu’au sud.

C’est même par la région septentrionale, par le massif méditerranéen

qu’ils avaient pénétré dans cette partie du Maghreb.

Ainsi à Mîla, toute la campagne était au pouvoir des Arabes(13).

Ils dominaient aussi dans tout, le pays compris entre al-Koll’ (Collo) et Constantine(14), et étaient en relations de commerce avec les habitants de cette dernière ville(15).

On voit que les Arabes avaient abordé la province de Constantine par le côté le moins accessible ; mais il est extrêmement probable, qu’ils y avaient été bien accueillis, peut-être même appelés par le reste des Ketâma, dignes de la sympathie des tribus arabes que le khalife du Caire avait lâchées sur le Maghreb.

L’établissement des Arabes dans le sud de la province de Constantine était beaucoup plus récent que dans le nord.

Au moment où al-Idrissi écrivait son ouvrage, il y avait peu de temps qu’ils s’étaient emparés de Ngaous, belle ville située au pied du mont Aourès(16), et de Bâcher, place forte de la dépendance de Biskra(17).

Ils dirigeaient sur Bar’aï (Baghaie) des incursions répétées qui avaient déterminé l’abandon du faubourg par ses habitants(18).

A l’époque qui nous occupe, l’irruption arabe atteignait à l’ouest le défilé du Bibân, mais ne le dépassait pas.

Al-idrissi  signale ce passage comme dangereux à cause des fréquentes incursions des Arabes(19).

Il mentionne aussi sur la route de Bougie à Kala’at-Benou-H’ammâd, et non loin du Bibân, une ville appelée Souk’-el-Khemis, assez forte pour rendre vains les efforts des Arabes qui voudraient s’en emparer(20), et un château fort appelé Souk’-el-Tneïn, autour duquel rôdent continuellement les Arabes(21).

Sortie de l’Égypte, en 1048, elle avait atteint, en 1160, le centre de la province de Constantine.

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étude militaire du 19eme siècle de E.Carette dans le cadre ethnographique et raciale des tribus arabes et berbères nord-africaine plus particulièrement de l’Algerie avec classement et commentaire origine etc résultat : 1 million d’origine arabe (andalous, pré-hilalien et hilaliens) pour 2 millions d’origine berbères au 19eme siècle ce qui fait 33% confirmé par la génétique 30 à 40 % J1 tribus arabe de Annaba Kharresa Drid R’ena Oulad Nfodda Nowail 3,650 arabes ethnique http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104729j/f451.image
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Tribus arabe de Annaba et de Lacalle Asaouda El Maouna Oulad Maamer Drakmena Moualfa Cherfa Elma Elma el krachcha Talha Oulad Dendon Oulad bou aziz Beni Salah Oula Ahmed Beni Salah Oulad Chaib plus le report de 3,650 arabe de annaba cela fait 10,340 arabes ethnique laCalle Nehed El masen Oulad ali oulad amer ben ali 3,260 arabes ethnique
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La calle suite des tribus arabes sbeta et Oulad stéta Oulad diab Seba oulad Nac’er Chiabna Oulad Aziz Oulad Senon Chafia Beni Amer Merdes Beni Salah Beni Urdjin et Oulad berbas 14, 320 arabes ethnique de La calle tribus arabe du cercle de l’edough Sidi Aicha Ouichaouia Zehoua Ataura Khoualed 1,740 arabes ethnique cerlce de l’edough a reporter
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Suite des tribu arabe du cercle de l’édough Trenat Arb Aouam Beni Gueehcha Fedj Moussa Saada Beni Muhamed Djenden Beni marwan 7,230 arabes ethnique en tout dans le cercle de l’édough
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tribus arabe du cercle de Guelma Saadla Oulad siAfifi beni Guechecha Rogt Fezara Oulad kebab Aicba Beni Mokhtae Afleg Nbeil Oulad senen Oulad djaballah Meknec ( considéré comme arabe mais c’est une tribu d’origine berbère) Oumfodds 7,880 arabes ethnique a Guelma a reporter sur le tableau suivant
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Suite du cerlcle de Guelma les tribus arabes Oulad si Afifi el Mouatba Mrabtin total des arabes ethnique de Guelma 8,340
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Les tribus arabe ethniques de Skikda Philippeville Beni Ouelban Eulma Ouichaouia du Filfila Redjeta tribus indécise selon Carette et Ibn Khaldoun une fraction des Banu Mehena sont arabe Oulad djebara considérée comme arabe mais surement berbère 5, 360 arabes ethnique
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massif de Colo et de Philipville (Skikda) massif de colo 0 arabes sois aucune tribu arabe Totale du massif de Colo et de Skikda Philippeville 5, 360 arabes ethnique pour 14,820 berbères ethniques
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Suite des tribus arabes ethnique cercle de Constantine Nord et régions centre massif de Jijel, Babour , Ferdjoua et Zouara 0 arabe sois 0 tribus arabes pour 107,100 berbères tribus arabes ethnique de la région centre Constantine Hanencha proprement dit Oulad Bech Chikha Oulad Dia Oulad zeid el Aouaid Oulad si abbis Hamama oulad gaceum? indécis Oulad Si mouça sois 6,280 arabes ethnique pour 6,360 berbères ethnique dans la région centre Constantine
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Tribus arabes ethnique de Constantine Oulad Masaoud hekselma El Mrena Oulad Sheikh Arab ad Douara Mchala Mehais Gamzia Oulas si Yhia ibn Thaleb Tebessa bekkaria et Oukes Oulad si Aica Oulas selim El Kebacha Serrardia Mouasbia indécise Zenatia Makhzen 21, 470 arabes ethniques a reporter dans Constantine

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Suite des tribus arabes de Constantine Elma kebachka les autres étant berbères Amer Cheraga Zemoul Berrania Mlla (ville) moitié arabe Seraoia Arab Oued bou slah totale avec les arabes de mila, et les populations mélangé du domaine de l’état français et des propriétés particulières il semblerai que le nombres d’arabes serrai de 66, 270 d’arabes pour 190, 580 de berbères
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tribus arabe du Cercle de Constantine region de Batna Akhbar el halfaoui es Sebt Oulad Seiah Zaouia EL Kantara (village) El Outaia El Sahari 10, 000 arabes dans le caidat de Batna de l’aurès Oulad Zeian 6, 400 arabes dans le caidat de Batna pour 66, 500 berbères
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Cercle de Constantine les tribus arabes de la région ouest Cherfa de samer ( une partie arabe et une partie peuplé de chaoui) Cherfa de Bael Oulad Abd’ erRahman Serh’na 2,650 arabes dans la régions ouest de Constantine pour 21,050 berbères tribu arabe de la région Est de Constantine Kheiran village ( une centaine d’habitant étais arabes contre des milliers berbères) Arab Ouildja (300 arabes pour 1700 berbères) L’est du cercle de Constantine ne comprend que 450 arabes pour 38,500 berbères
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Suite du cercle de Constantine Nemencha Sidi Abid (village) peuplé de 2,060 d’arabes pour 3000 berbères Alaouna brareha sois 40,000 arabes pour 18 000 berbères récapitulatif des aurès pour les tribus arabes et berbères 59,500 arabes ethniques pour 155,050 berbères région du Sahara des zibans Biskra et faubourg Chetima (village) Sidi kholil Filli-èche Korra garta seriana Sidi Okba Ain eu Kaga H’aouch sidi Salah Zribt el Ouad bades el ksar Liana Zribt Hamoud Khanguet Sidi nadji (arabes et berbère) Oulad saoula Oulad sakhri Oulad Hadidja Oulad Amr el akhdar sois 28,700 arabes ethnique pour 2,190 berbères
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Tribus arabes du Cercle de Constantine Ziban Zab Bouchagroua (village) Zaadcha (village) farfar (village) Tolga (village) El Bordj (village) Forala EL Amri (village) Hel Ben Ali R’omra El Eumour Kletma Oulad nacer Drid el Oualben sois pour le zab nord ouest 16, 700 arabes pour 1,440 Ziban sud ouest tribu arabes Aouruach (village) Milli (vilage) zaouit-ech-cherfa Bigou (village) zaouit ben Omar (village) Ourellal (village) bent-ious (village) D>jerbania (village) Mkhadna (village) Sah’ira (village) Lioua (village) Oulad djelali (village) oulad khaled (village) Cheria Oulad ogab oulad saçi oulad harkat elmia Rah’man Bouzid sois 43, 860 arabes pour 140 berbères en tout dans le Ziban il y a a 99,260 arabes pour 3,870 berbères
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région SAHARA oued Rir composé de tribu arabo-berbères, avec 18,180 arabes pour 11,000 berbères
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Les tribus arabes ethnique de Oued Souf et l’oasis de Temacin Toute la population de l’oasis de Temacin est berbère sauf said Oulad Amer Oulad Seiah sois 12,600 arabes pour 91,890 berbères les tribu arabe de Oued souf debilla Zgoum Behima Sidi Aoun Goumer Tarasoult Kouinin Tribu de Kouinin El Oued souf sous 24, 170 arabes pour 8200 berbères a Oued Souf
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Les tribus arabes de la région de Ouarghla cercle de Constantine Ouarghla ville (3,600 arabes pour 6,000 berbères) Ngouça (ville) 540 arabes pour 1800 berbère Bemendil Sidi Khouiled (village) 100 arabes et 100 berbères Rouiçat 60 arabes et 60 berbères Ain Amer 450 arabes et 450 berbères Adjadja 500 arabes pour 100 berbères Chaamba Mkhadma sois 17,3350 arabes pour 8, 540 berbères récapitilatif du sahara Ziban : 99, 260 arabes pour 3,870 berbères Ouad Riri 12,180 arabes pour 11,000 berbères Temacin sois 12,600 arabes pour 91,890 berbères Oued Souf 14, 170 arabes pour 8,200 berbères Ouargla 17,350 arabes pour 8,540 berbères
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Les tribus arabes du Cercle de Setif Amer Gharaba Eulma Houamer Zemmora El Rasla Ain Turk Oulad Kecem Oulad Mosli guergour sois 49, 180 arabes ribus arabe de la Medjana Bou saada El Ha’mel Mdoukal Ed DIn Ben Naou Selemat Oulad Nacer ou Mad’i Oulad sidi Harech Maila (ville) Oulad derradj Oulad ma’di sous 5;700 arabes à Medjana
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les tribus arabes de Medjana tazrout (village) Hel el Hamra (village) Oulad abbas (village) Oulad si amer (village) Drea’at (village) D’ela (village) El Ksour (village) sois 3,520 arabes pour 1,300 berbères au niveau de Drea al Oulad haddad hannacha Aiad Oulad Tebban sois 9,250 arabes Medjana Mkadden sedreta oulad si bou nab dounir hachem zaout sidi amir sois 12,280 arabes ethnique medjana

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Notes, Références et Liens externes

Références

  1. Actuellement El Merdj en Libye
  2. Ville en Libye actuellement disparue.
  3. Haidehan : colline située au NO de Gabès à la distance de trois ou quatre lieues
  4. Actuel Dahmani, anciennement appelée Ebba-Ksour ou Obba-Ksour
  5. Ville prés de l’actuel Le Kef
  6. Actuelle région de Tozeur, Nefta, Takïous, El Hamma du Jérid,Temouda et le Djebel-Hooura
  7. (en) Lane Edward William, An Account of the manners and costums of modern Egyptians, Londres 1836.
  8. GALLEY et AYOUB, Histoire des Béni Hillal, Armand Collin, Paris, p. 23.
  9. LAGRANGE, Musiques d’Égypte, Actes Sud, Paris, 1996, p. 37.
  10. a et b Musique et spectacle: Le théâtre lyrique arabe – Esquisse d’un itinéraire… Par Mohamed Garfi, p. 38.

Liens externes

Sous les Fatimides, les Byzantins (Rum) avais repris l’initiative contre l’Islam et le Bilad al-Sham chose qui n’étais pas arrivées depuis l’époque du califat Rashidun :

Publié le

Illustration du siège de Tripoli  par Basile II l'empereur Byzantin , la ville fut défendu par des soldats arabes locaux et une garnison Fatimide
Illustration du siège de Tripoli par Basile II l’empereur Byzantin , la ville fut défendu par des soldats arabes locaux et une garnison Fatimide, 6-17 décembre 999

En 992, le nouveau calife fatimide d’Egypte al-Aziz, profitant de la mort de l’émir de la dynastie arabe  hamdanide Sa`d ad-Dawla (991) qui laisse un fils en bas âge, assiège Alep au Bilad al-Sham. Le régent de l’émir hamdanide Loukoul el Kébir fait alors appel à Basile pour l’aider face aux Fatimides qui ont vaincu le duc d’Antioche Michel Bourtzès à la bataille des gués de l’Oronte (15 septembre 994) (1). Alors qu’il lutte contre les Bulgares, l’empereur byzantin Basile II décide en 995 de transférer ses troupes à Alep. Ordonnant à ses soldats de monter chacun une mule rapide, il réussit l’exploit de traverser l’Asie Mineure en 16 jours et en plein hiver. Devant l’arrivée subite des Byzantins qui ont rejoint les forces du duc d’Antioche, les Arabes prennent peur et se replient à Damas. Après la prise de quelques places syriennes, Basile II est de retour à Constantinople en 995 (2).

En 999, Basile II doit de nouveau abandonner le théâtre bulgare. En effet, le calife fatimide Al-Hakim (3) le fou, successeur de al-Aziz, inflige une déroute aux croisées notamment au duc d’Antioche Damien Dallassenos qui est tué en combattant (19 juillet 998). Le basileus (Basile II) a comme but de dégager Antioche, ensuite de soumettre les émirs arabes et de s’assurer l’obéissance de ceux qui étaient les vassaux de l’empire. Basile est à Antioche le 20 septembre, il s’empare de Césarée et de Homs (en octobre), mais échoue devant Tripoli (6-17 décembre à l’image ). À la suite de cette campagne, il passe l’hiver à Tarse (4) . L’empereur ne peut continuer la lutte car il doit assurer les positions byzantines du Caucase. Il signe donc un traité de paix de dix ans avec Al-Hakim 44. La paix entre Byzance et les Arabes permet à Basile II de concentrer toutes ses forces dans la campagne de Bulgarie.

sources:

  1. . Yahyā d’Antioche, t. II, p. 455-456.
  2.  a et b John Julius Norwich (trad. Dominique Peters), Histoire de Byzance (330-1453), Paris, Librairie Académique Perrin,‎ 1998 (1re éd. 1999)[détail des éditions] (ISBN 2-262-01333-0)p. 246-247.
  3.  (de) Ernest Honigmann, Die Ostgrenze des byzantinisches Reiches von 363 bis 1071
  4.  Yahyā d’Antioche, t. II, p. 457-461.

Explication de l’origine de la « tombolâtrie » (la dynastie Fatimide) :

Publié le Mis à jour le

C’est sur le site d’Ikjan, situé près de la ville de Sétif, dans la région des Hauts-Plateaux de l’Algérie dans le Constantinois, la partie Occidental de l’Ifrikiya  que l’ismaélisme  terrible secte chiite connut le succès le plus éclatant au début du Xe siècle grâce au soutien apporté par les berbères Kutama au missionnaire  yéménite de Koufa en irak Abu Abd Allah al-Shi’i

al Qâdî ‘Iyâd Ibn Mûsâ Al Yahsûb îdit à propos de la dynastie chite fatimide : « les savants de Kairouan sont unanimes au sujet de leur mécréance et leur apostasie ».   [cf : ترتيب المدارك 7/277]. 

L’origine de cette célébration revient à l’époque de la dynastie des Bani-`Oubeyd, chiites plus connus sous le nom de Fatimides.

Les Fatimides ont inventé de nombreuses célébrations d’anni­ver­saires du Prophète , de sa Famille, et de multitude de saints et de pieuses gens, ainsi qu’un nombre considérable de personnes égarées comptant parmi les charlatans et les adorateurs des tombeaux.

Ils célébrèrent le jour de l’an, suivant ainsi les juifs, et l’anniv­er­saire du Prophète , suivant les chrétiens. Ils célébrèrent, aussi, le jour dAchoura, la naissance du Compagnon Ali Ibn Abi Tâlib , des Compagnons El-Hassan et El-Houssayn, de Fatima et de tout calife en place; ils fêtèrent aussi la veille du premier jour du mois de Radjab, le 15 du même mois, la veille du premier jour de Cha`bâne, le 15 du même mois, la fête du ruisseau « Ghadîr », l’habillement de l’hiver, celui de l’été, la saison d’ouverture du Golfe, le jour de l’an chiite (le premier jour de l’année solaire persane) « Nawrouz », et bien d’autres fêtes.

Les régions de l'empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya
Les régions de l’empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya

Le premier qui a innové la célébration de la naissance du Prophète  est El-Mou`iz Li Dîne Allâh en l’an 362 de l’hégire au Caire. Puis, on continua de le fêter jusqu’à ce que le comman­deur des armées El-Afdhal Abou El-Qâssim Ibn Badr El-Djamâli, le vizir du calife El-Mousta`li Bi Allah l’annula en l’an 490 de l’hégire[10].

Puis vint ensuite Omar Ibn Mohammed El-Moulla El-Irbili[11], l’un des soufis les plus célèbres[12], qui fut le premier à réitérer l’acte hérétique de la célébration de la naissance du Prophète [13], et par la suite le roi d’Irbil[14] et bien d’autres suivirent son exemple.

Cela signifie clairement que ces célébrations de naissance sont innovées par la secte chiite des Fatimides Batinis, qui sont, selon les références historiques, la cause de leur propagation et leur large diffusion.

Période ou styleMédiéval remanié début xixe siècle TypeCitadelle Début construction	1173 Fin construction	1183 Propriétaire initial	Saladin
 Citadelle Ayyoubide du Caire , ancienne capitale de l’état Fatimide
Début construction 1173
Fin construction 1183
Propriétaire initial Salahudin al-Ayyoubi

En faisant ainsi, ils ont emboîté le pas aux juifs et aux chrétiens, dont l’imitation nous a été interdite par le hadith du Prophète  qui a dit :

« Vous suivriez la voie de ceux qui vous ont précédé empan par empan et coudée par coudée, même s’ils entraient dans un trou de lézard, vous les suivriez». Ô Envoyé d’Allah, nous écriâmes­nous, s’agit-il des juifs et des chrétiens ? « Et alors, répliqua-t-il, de qui donc sinon ? »[15].

Sans doute, les chiites sont les gens les plus influencés par les juifs et les chrétiens, c’est pour cela qu’ils les ont imités dans leurs fêtes, leurs emblèmes et dans la plupart de leurs idées et croyances.

Toute personne analysant les origines et les racines du credo des chiites y verra clairement l’empreinte des convictions idolâtres, assy­riennes et babyloniennes.

Leurs convictions à l’égard d’Ali Ibn Abi Tâlib  et les Imams descendants de la famille du Prophète sont similaires en tout point à celles des chrétiens à l’égard de Jésus .

Cela n’est guère étrange, puisque celui qui a établi les fon­dements de la croyance chiite est `Abdallah Ibn Saba’, juif de la tribu de Himyar du Yémen, qui se convertit, en apparence, à l’Islam et transféra le contenu de la pensée et la croyance juives vers le chiisme[16].

al-Salamiyah au Bilad al-Sham dans l’actuel Syrie, base de l’ismaélisme et de sa propagande  qui ce propaga jusqu’au constantinois du coté de setif en Ifrikiya (actuel Algerie)

al sheykh al islam Ibn taymiyya an-Numayri al-Harrani a dit sur les fatimides : « et ceux qui connaissent l’Islam savent que les rafidah [nom donné aux chiites] penchent vers les ennemis de la religion. Lorsqu’ils étaient rois en Egypte leur chancelier était juif, puis ils prirent un chancelier arménien chrétien, ce qui renforça les chrétiens qui construisirent de nombreuses églises en Egypte sous l’autorité de ces Rafidah hypocrites. [مجموع الفتاوى 28/637].

Les paroles des savants sont nombreuses à ce sujet, mais les citations précédentes suffisent pour prendre conscience de leur égarement.

Notes:

[10]  Voir : « El-Mawâ`id Wa El-I`tibâr » d’El-Maqrîzi (1/432-433), « Soubh El-A`châ » d’El-Qalaqchandi (3/398), « El-Ibdâ` » d’Ali Mahfoudh (p. 126) et « El-Qawl El-Fasl Fi Houkm El-Ihtifâl Bi Mawlid Khayr Er-Rousl  » d’Ismaïl El-Ansâri (p 68).

[11] Irbil est une grande ville de la région de Mawsil (Mossoul). Mawsil est une ville antique, fondée sur les bords du Tigre. Elle est l’une des villes les plus illustres de l’Iraq. On l’a appelée ainsi parce qu’elle lie entre El-Djazîra et l’Iraq.  D’autres avancent que le nom signifie qu’elle lie entre l’Euphrate et le Tigre. Voir : « Ar-Rawdh El-Mi`târ » d’El-Himyari (p563), « El-Loubâb » d’Ibn El-Athîr (1/39, 3/269), « Marâssid El-Ittilâ` » de Es-Saffey El-Baghdâdi (1/51, 3/1333).

[12]  Il s’agit d’Omar Ibn Mohammed Ibn Khadhir El-Irbilî El-Mawsili Abou Hafs Mou`îne Ed-Dîne, cheikh de Mawsil connu sous le nom d’El-Moulla. Des récits sont rapportés à son sujet avec le roi Nour Ed-Dîne Mahmoûd Ibn Zankî mort en 570h. [Voir sa biographie dans : « El-Bidâya Wa En-Nihâya » d’Ibn Kathîr (12/282) et « El-A`lâm » d’Ez-Ziriklî (5/60)].

[13]  Voir : «El-Bâ`ith `Alâ Inkâr El-Bida` Wa El-Hawâdith » de Abou Châma (p 24).

[14]  Il s’agit du roi El-Moudhaffâr Abou Saïd Koûkoubra Ibn Zeyn Ed-Dîne Ibn Bouktikîne, mort en 630 dans la citadelle d’Irbil. Voir : « El-Bidâya Wa En-Nihâya » d’Ibn Kathîr (13/136), « Wafayât El-A`yâne » d’Ibn Khillikâne (4/113) et « Chadharât Edh-Dhahab » d’Ibn El-`Imâde (5/138).

[15]  Rapporté par El-Boukhâri dans le chapitre de l’agrippement au Coran et à la Sounna (hadith 7320), par Mouslim dans le chapitre de la science (hadith 6952) par l’intermédiaire d’Abou Saïd El-Khoudri .

[16]  Voir les recherches concernant les chiites dans les ouvrages suivants : « Târîkh El-Imâmiyya Wa Aslâfihim Mina Ech-Chî`a » du docteur `Abd Allah Fayyâdh et « Ech-Chî`a Wa Et-Tachayyou` » et « Ech-Chî`a Wa Ahl El-Beyt » d’Ihsâne Ilâhî Dhahîr et « Es-Sirâ` Beyn Ech-Chî`a Wa Et-Tachayyou` » du docteur Moûssa El-Moûssawi et autres ouvrages.

Lettre d’al-Abbas, vizir du calife fatimide al-Zâfir aux Pisans (1154)

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Turban fatimide dans ce fragment d'un manuscrit arabe du 11 12eme siècle fatimide Egypte
Turban fatimide dans ce fragment d’un manuscrit arabe du 11 12eme siècle fatimide Egypte

« Et maintenant nous vous concédons privilège pour l’or et l’argent et toutes vos affaires à Alexandrie, et vous autorisons à habiter dans votre fundûq d’Alexandrie. Tout ce que vous aurez à vendre, une fois payés les droits à la douane, vous pourrez les porter où vous voudrez dans notre royaume, et aussi bien les remporter chez vous si vous le voulez, à l’exception du bois, du fer et de la poix puisque ces trois denrées sont achetées par notre douane au prix de l’heure. (…)

Nous vous concédons aussi un fundûq à Babylone [Le Caire], et l’exemption des droits sur l’argent. Et votre ambassadeur a demandé que si un Pisan se rendait au Saint-Sépulcre sur un navire qui ne soit pas de bandits, et soit pris par notre flotte, au reçu de votre lettre nous vous le libérions avec ses biens. Nous autorisons vos marchands à venir au Caire quand ils voudront, et vos marchands doivent être bien traités dans tout notre royaume (…). » Claude Cahen, Orient et Occident au temps des croisades, Paris, Aubier-Montaigne, 1983

Le poète arabe maghrébin de la tribu d’azd, Ibn Hânî al-Andalusi al-Azdi nous décris : La flotte fatimide et le feu grégeois

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Bateau arabe Fatimide représenté dans cette pièce

Le poète arabe maghrébin de la tribu d’azd, Ibn Hânî al-Andalusi al-Azdi nous décris : La flotte fatimide et le feu grégeois

La puissance de la  flotte navale rafidhite fatimiden fut hérité sur celle des arabes aghlabides vassaux abbasside et assura aux Fatimides la suprématie en Méditerranée pendant un demi-siècle. Le poème ci-dessous à une valeur historique. Ibn Hânî al-Azdi  y décrit la flotte fatimide et le feu grégeois, cette arme qui était utilisée lors des batailles navales et provoquait des dégâts dévastateurs. Ibn Hânî al-Azdi commence d’abord (vers 30 à 41) par un plan général des navires de combats dont les ponts étaient surmontés d’une sorte de tente-abri pour les officiers et les chefs militaires ; dès qu’ils aperçoivent la flotte ennemie, ils déploient leurs bannières. Ensuite, il décrit (vers 42 à 47) le redoutable feu grégeois et sa puissance de frappe. Le mélange de naphte et de poudre utilisé pour la fabrication du feu grégeois résistait à l’eau et les vagues portaient le feu jusqu’aux bâtiments ennemis. Le poème se termine (vers 50 à 57) par l’évocation des différents sortes de bâteaux composant la flotte fatimide : des barques rapides propulsées à la voile aussi bien qu’à la rame, des bâtiments de commande ornés d’étoffes précieuses, et des navires d’attaques recouverts d’épais blindages.
Mohammed Yalaoui précise que « la précision avec laquelle Ibn Hânî décrit la flotte fatimide ne semble pas due à un enthousiasme de commande ; il a dû assister, en témoin oculaire, au départ et à l’arrivée de ces navires triomphants qui ont assuré pendant un demi-siècle, la domination fatimide en Méditerranée« .
Le feu Grec dit le feu grégeois

Pièce XIII du Diwân

30. « J’en jure par ces coursiers des mers qui prennent le départ à la nuit ; j’atteste qu’ils sont secondés par des forces innombrables

31. Surmontés de dais chatoyants, ils ressemblent à ces tentes qui dérobent aux regards les bédouines aux cils de gazelle ; cependant ces voiles ne recouvrent pas les belles, mais des guerriers à la vaillance de lions…

35. Le chef byzantin fut saisi de les voir surgir, toutes bannières déployées, leurs voiles claquant au vent…

38. Les étendards, fixés à la cime des mâts, grandissaient les navires, édifices imposants érigés sur une assise rien moins que solide…

40. N’était leur mouvement rapide, on les eût pris pour des montagnes majestueuses, car ils avaient aussi des sommets altiers et des pics menaçants

41. [Rapides comme des] oiseaux, mais oiseaux de proie dont la pâture ne peut être que d’âmes [ennemies]

42. [Ces navires] lancent des flammes qui s’embrasent pour consumer l’ennemi ; ces foyers, le jour du grand combat, ne s’éteignent jamais

43. Grondant de colère, ils échangent des jets ardents, tels des langues de feu sortant de leur géhenne

44. Comme l’éclair qui foudroie, un souffle brûlant se précipite hors des bouches d’acier sifflantes…

46. Les braises incandescentes flottent sur l’eau comme des plaques de sang parsemant des étoffes sombres

47. Comme la chandelle qui se nourrit de son huile, elles adhèrent aux flots et y trouvent leur aliment…

50. Ces barques, fins coursiers qui n’ont pour rênes que les vents, et pour parcours que les bulles de l’écume…

52. Bien que venues au monde sans membres, ont de longs bras à l’écartement large ; vierges chastes, elles recèlent cependant [dans leurs flancs] une nombreuse progéniture…

54. Elles [ces barques] glissent, couvertes de mousselines légères tissées d’or dans leur trame serrée…

57. Et si tant est que celles-ci ont revêtu les tuniques brodées, d’autres sont protégées par des cuirasses et des boucliers ».

Un bateau arabe tiré du manuscrit « al-maqamat » du savant al-Hariri, Baghdad Abbasside.

 

Muhammad bin Hani al-Andalusi al Azdi, né en c. 936, est devenu le chef poète de la cour  fatimide sous le calife , Al Mu’izz . La plupart de ses poèmes recueillies sont à la louange des Fatimides contre les revendications des Abbassides  d’orient et les Omeyyades d’occident. Il a également étais appelé le « al Moténebbi de l’Ouest » ( arabe : متنبي الغرب) par beaucoup de ses contemporains ainsi que des historiens plus tard. Ibn Hani a été assassiné sur le chemin de l’Egypte dans c. 973. [1]

Début de la vie 

Ibn Hani, Abu’l-Qasim Muhammad b. Hani b. Muhammad b. Saadoun al-Azdi ( arabe : أبو القاسم محمد بن هانئ بن محمد بن سعدون الأندلسي الأزدي) généralement appelé Ibn Hani al-Andalusī pour le distinguer de Ibn Hani al-Hakami ( Abou Nawas ) il été un poète arabe de l’Espagne Islamique . Son père Hani était originaire d’un village d’Ifrqiya près de al-Mahdia dans l’actuel Tunisie , qui avait déménagé à Elvira (aujourd’hui Grenade ) en Espagne ou, selon d’autres, à Córdoba . Ibn Hani est né dans l’une de ces deux villes. Il a étudié à Córdoba et a ensuite Elvira et Séville . Dans cette dernière ville, sa vie frivole et de la abusant de la liberté expression sur lui c’est trop souvent porté  la colère du peuple qui l’accusaient d’accord avec les philosophes athées grecs et de l’hérésie, de sorte qu’il a été expulssé par le gouverneur omeyyade local,, de quitter Séville comme il . À l’âge de 27 ans, il est allé en Afrique du Nord dans la terres de ces grands parents pour allé chez Jawhar as-Siqili, affranchis sicilien et général  fatimide du pseudo-calife al-Mansûr . Quand il a reçu seulement 200 dinars de celui-ci pour une qasida qui lui étais adressée  il est allé à al-Mesila (Msila) dans Algerie actuel où ses compatriotes arabes Ja’far b. Ali b. Falah b. Abi Marwan al-Andalusi et Yahya b. Ali  ibn. Hamdun al-Andalusi été au pouvoir. Il l’ont Traité avec beaucoup de respect , il composa des poèmes remarquables en leur honneur. [2] 

Montée en puissance

Passé son enfance dans une atmosphère pro-fatimide, Ibn Hani a été bien familiarisés avec les traditions fatimides . Il fut d’abord un courtisan aux Banu Hamdun d’al-Masila (algerie) , l’état arabe client des fatimides fondée sous le règne de Ubayd ‘Allah al Mahdi ; puis il les a rejoint la cour fatimide à al-Mansuriyyah avant Que les Banu Hamdun se sois allié avec les berbères Zanata et les factions pro-omeyyades. [3] Alors que dans les Banu Hamdun, sa renommée se répandit dans tout l’empire en raison de ses odes incomparables jusqu’à ce qu’il a été convoqué par le calife Al-Muizz lui pour le servir à sa cour, l’accablant de marques d’estime. [4] Il était un poète très vénéré avant même qu’il entra dans la capitale. Les poètes de l’Ifriqiya lui le raillé visant à démoraliser à son arrivée à laquelle il a répondu: «Je ne répondrai à aucun d’eux, sauf Ali al Tunusi écrit pour moi, car si il le fait, je vais lui répondre et pas d’autre. » En entendant cela, Ali a répondu, « je ne le pamphlet même si j’étais le pire de tous les hommes après il m’a donné un statut au-dessus de tous les autres poètes de cette terre. ». [5] À ce point du temps, il est devenu le poète de la cour de chef et panygerist d’Al-Muizz. Défendre les revendications des Fatimides contre ceux des sunnites Omeyyades et Abbassides usurpateurs, il a continué à faire l’éloge des mérites de al-Muizz et d’autres imams fatimides, faire connaître leurs nobles objectifs. Il a ainsi rendu un précieux service à la propagande fatimide par sa poésie, qui a été largement lu de Cordoue à Bagdad . [6]

Notes

  1. ^ Farhad Daftary. literature Ismaili: une bibliographie des sources et études .
  2. ^ Martijn Theodoor Houtsma. première encyclopédie de EJ Brill de l’Islam, 1913-1936, Volume 2 .
  3. ^ . Jonathan Bloom Muqarnas, tome 3: Une annuelle sur l’art et d’architecture islamiques .
  4. ^ M. Th. Houtsma, TW Arnold. Encyclopédie biographique de l’Islam, Volume 3 .
  5. ^ Zahid Ali. تبيين المعاني في شرح ديوان ابن هانئ.
  6. ^ . Farhad Daftary Les Ismaéliens: Leur histoire et les doctrines .

La fin de la dynastie Fatimide

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Cavalier fatimide , émir ou officier au 12eme siècle Egypte
Cavalier fatimide , émir ou officier au 12eme siècle Egypte

« Les sources divergent sur les circonstances exactes du rétablissement de la khutba abbasside dans les mosquées du Caire ainsi que sur la mort du calife qui coïncida avec sa déchéance. Rien d’étonnant à cela car la chute d’une dynastie aussi prestigieuse que celle des Fâtimides ne pouvait qu’engendrer rumeurs et légendes. Des différents récits, il ressort que le vendredi 10 septembre, le nom du calife fatimide al-Adid fut supprimé de la khutba prononcée à Fustât, sans être immédiatement remplacé par le nom du calife abbasside. Quand le calife, déjà très malade, l’apprit, il vit son état empirer et mourut le 13 septembre au matin à l’âge de vingt et un ans. Le vendredi suivant, 17 septembre, la khutba fut alors officiellement prononcée à Fustât et au Caire au nom du nom du calife de Bagdad, al-Mustadî. La mort soudaine d’al-Adid suscita aussitôt des interprétations diverses, plus ou moins légendaires. Certains affirmèrent simplement que sa déchéance l’avait atteint si profondément qu’il en mourut. D’autres parlèrent de suicide : en apprenant sa destitution, le calife aurait porté à ses lèvres sa bague empoisonnée. Certains racontèrent qu’après avoir vu le calife boire du vin et courvrir de bijoux l’une de ses concubines, Saladin demanda aux juristes une fatwa pour le condamner de s’être livré à la débauche avant d’envoyer son frère le tuer. D’autres enfin dirent qu’il fut étranglé avec son turban pour avoir refusé de révéler les cachettes de ses trésors.


De tous ces événements, il faut surtout retenir la prudence avec laquelle, une fois de plus, Saladin avait atteint son objectif, en privilégiant le changement par étapes et la consultation des milieux religieux. Ses décisions furent ainsi acceptés sans résistance par une population égyptienne restée fondamentalement sunnite, lasse de voir ses dirigeants se déchirer sans cesse et faire appel aux « infidèles » (les chiites étais proche des croisés). Depuis qu’il était au pouvoir, Saladin avait montré, au contraire, sa capacité à imposer l’ordre et à repousser les Francs. Une démonstation de force réaffirmée dès le 11 septembre 1171, au lendemain de l’abandon de la khutba fâtimide, lorsqu’il passa en revue l’ensemble de ses troupes en présence d’une foule nombreuse et d’ambassadeurs byzantins et francs.


Ordre fut donné dans toutes les provinces égyptiennes de faire la prière au nom du calife abbasside. Lorsqu’il fut mis au courant, Nûr al-Din envoya aussitôt son ambassadeur annoncer la bonne nouvelle au calife de Bagdad. En route, celui-ci devait proclamer partout la fin de la dynastie fâtimide en Egypte. Le document qu’il était chargé de lire mettait l’accent, une nouvelle fois, sur la collusion des deux pouvoirs honnis, celui des Fâtimides hérétiques et celui des Francs infidèles. Le mérite de cette victoire revenait à Nûr al-Din qui avait réussi là où beaucoup de ses prédecesseurs avaient échoué. Dieu l’avait guidé dans cette conquête et lui avait confié la possession de l’Egypte pour la ramener dans le droit chemin de l’islam. Et Nûr al-Din d’ajouter sous la plume de son chancelier, sans jamais mentionner le nom de Saladin : « Nous avons chargé celui que nous avons désigné comme lieutenant [c’est à dire Saladin] d’ouvrir la porte de la félicité, de mener à bien ce que nous avons voulu, d’établir là-bas le message abbasside qui nous guide et de conduire les hérétiques vers la perdition. » C’était affirmer haut et fort que toute la gloire tirée de cette victoire lui revenait, Saladin n’étant que son représentant et l’exécuteur de ses ordres au Caire.


Cette nouvelle causa une grande liesse à Bagdad. Quelques mois plus tard, pour récompenser Nûr al-Din, le calife lui envoya, avec l’un de ses plus hauts dignitaires, une garde-robe d’honneur complète. Nûr al-Din revêtit la robe, passa le lourd collier d’or autour du cou et ceignit les deux épées liées par leur baudrier pour symboliser sa domination sur la Syrie et l’Egypte réunifiées. Monté sur l’un des chevaux arabes que lui avait offert le calife, il parada à l’ouest de Damas jusqu’à l’Hippodrome Vert avant de regagner la citadelle, drapeau noir en tête. Il fit aussi envoyer à Saladin la garde-robe d’honneur qui lui était destinée, prestigieuse quoique inférieure à la sienne, le calife ayant respecté la hiérarchie des pouvoirs. Avec ces cadeaux, il y avait aussi des vêtements d’honneur pour les oulémas égyptiens et des drapeaux noirs à placer dans les mosquées pour marquer le retour de l’autorité abbasside. Dès le mois de décembre 1171, une nouvelle monnaie égyptienne fut frappée aux noms du calife abbasside et de Nûr al-Din. Aux yeux de tous, à cette époque, la victoire du sunnisme sur le chiisme ismaélien était donc celle de Nûr al-Din avant d’être celle de Saladin. »

sources : 

Anne-Marie Eddé, Saladin, Flammarion, pp. 64-66 

Bab al-Foutouh au Caire Fatimide de l’an 480 de l’Hégire / 1087 J.-C construit sous le calife al-Mustansir (1036-1094)

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Bab al-Foutouh Date du monument: 480 de l’Hégire / 1087 J.-C. Période / Dynastie: Fatimide Commanditaire(s): Le calife fatimide al-Moustansir bi Allah (r. 427-487 H / 1036-1094 J.-C. Architecte(s) / maître(s) d’œuvre: L’émir al-Jouyouch Badr al-Jamali a supervisé la construction.

Bab al-Foutouh est située dans le mur nord de l’ancienne ville fatimide du Caire, qui fut construite par Amir al-Jouyouch (commandant en chef des Armées) Badr al-Jamali sous le règne du calife fatimide al-Moustansir bi Allah. La muraille assignait à la ville du Caire une superficie carrée dont les côtés mesuraient environ 1 200 m. De nombreuses portes furent ouvertes dans les remparts du Caire, parmi lesquelles ne subsistent que Bab al-Nasr et Bab al-Foutouh dans la muraille nord, et Bab Zouwayla dans la muraille sud. Bab al-Foutouh se trouve au début de la rue al-Mouizz (la casbah de l’ancienne cité fatimide) ; c’est l’axe principal du Caire, qui s’étend du nord (Bab al-Foutouh) au sud (Bab Zouwayla). La mosquée de al-Hakim bi Amrillah ( construite en 403 H / 1012 J.-C.) est située à proximité de Bab al-Foutouh, Le Caire, Egypte
Babal-Foutouh est une importante structure en pierre d’apparence monolithique. Sa façade comprend deux tours en projection par rapport à la muraille. La largeur de la façade est de 23 m pour 25 m de profondeur et 22 m de hauteur. Les tours sont semi-rondes, semblables à celles deBabZouwayla dans la muraille sud (485 H/1092 J.-C.), alors que celles deBabal-Nasr, sur le même pan de rempart, sont de section carrée.

La partie supérieure de chaque tour possède une salle aux murs percés de meurtrières.
L’entrée est recouverte d’une coupole dont la zone de transition consiste en quatre pendentifs sphéro-triangulaires.

C’est la première apparition de ce type de coupole dans l’égypte islamique.

Le superbe décor de l’arc externe comprend des motifs géométriques et végétaux variés, qui représentent eux aussi une étape du développement du décor de pierre en architecture islamique.

L’entrée est également ornée de corbeaux, certains en forme de tête de cerf. Le flanc des tours donnant sur l’entrée est décoré d’un grand arc en pierre sculptée à lobes réguliers, similaire à ceux de l’entrée de la petite coupole de Palerme (Piccola Cuba) en Sicile (VIe siècle H / XIIe siècle J.-C.).
Babal-Foutouh etBabal-Nasr font partie du même rempart nord de la ville, dont le dernier tiers est composé de passages voûtés à meurtrières et de tours de défense. Le nom de certains généraux de l’expédition française d’égypte dirigée par Bonaparte (1213-1216 H / 1798-1801 J.-C.) figurent sur les deux portes comme un témoignage de leur présence en égypte et de leur utilisation de ces fortifications pendant leur campagne.

Mode de datation:

Sources historiques dont al-Maqrizi (m. 845/1442), qui mentionne la date de construction dans son livreAl-mawā’iz wa’l-i’tibār bi-dhikr al-khiţaţ wa’l-āth(Le Caire, 1853).
Bibliographie sélective:

Al-Maqrizi, Taqi al-Din Abi al-Abbas (m. 845/1442),Al-mawa’iz wa’l-itibar bi-Dhikr al-Khitat wa’l-Athar[Exhortation et contemplation de souvenirs suscités par des plans et des monuments], Le Caire, 1853.
Creswell, K. A. C.,Muslim Architecture of Egypt,vol. I, Oxford, 1952.
Ibn Taghri Bardi, Abou al-Mahasin (m. 874/1469),Al-Noudjoum al-Dahira al-Dahira fi Moulouk Misr wa al-Qahira[étoiles brillantes, les souverains d’égypte et du Caire], 12 vol., Le Caire, s. d.
Sameh, Kamal al-Din,Al-‘Emara al-Islamiya fi Misr[L’architecture islamique en égypte], Le Caire, 1991.
Zaki, Abd al-Rahman, Qal’a Salah al-Din al-Ayyoubi wa ma hawlaha min al-Athar[La citadelle de Salah al-Din al-Ayyoubi et les monuments voisins], Le Caire, 1970.
Citation:

Tarek Torky « Bab al-Foutouh » in Discover Islamic Art. Place: Museum With No Frontiers, 2014. http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;eg;Mon01;34;fr
Source:[http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;eg;Mon01;34;fr&cp]

 

Al-Mustansir Billah était le 8e calife ubaydi Fatimide de 1035 à 1094.

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Bab al-Nasr a Caire fait par le calife fatimide al-Mustanir
Bab al-Nasr a Caire fait par le calife fatimide al-Mustanir

Al-Mustansir Billah1 était le 8e calife ubaydi Fatimide de 1035 à 1094. Il est né le 5 juillet 10292,3 et il est mort le 24 décembre 10944,5.

Enfant lors de son arrivée au pouvoir, il n’a alors que sept ans, il est le jouet des factions militaires turc, arabe, berbère et noir.

Pendant le début de son règne, sa mère, esclave d’origine soudanaise, exerce la régence. Elle a fait venir une grande quantité d’esclaves noirs qui entrent en conflit avec les mamelouks d’origine turque soutenus par ceux d’origine maghrébine. Les esclaves noirs en rébellion sont battus une première fois en 1062 près du Caire puis ils sont expulsés d’Égypte en 10673.

Dinar fatimide du calife ubaydi al-Mustansir
Dinar fatimide du calife ubaydi al-Mustansir

En 1073, grâce au général arménien et gouverneur d’Acre Badr al-Jamali, il réussit à restaurer l’ordre en Égypte. Cependant l’empire continue à décliner. Les Seldjoukides prennent la Syrie et certaines parties de l’Arabie, mais l’ismaélisme progresse au Yémen et en Inde. Les Qarmates sont vaincus par des tribus arabes en 1077 et leur royaume disparaît.

Notes et références

  1.  (Arabe: abū taṣīm al-mustanṣir bi-llāh muʿāḏ ben aẓ-ẓāhir, أبو تميم « المستنصر بالله » معاذ بن الظاهر)
  2.  16 jumada ath-thani 420 A.H
  3. ↑ a et b (en) Martijn Theodoor Houtsma, E.J. Brill’s first encyclopaedia of Islam, 1913-1936vol. 7, Leyde (homonymie), E.J. Brill,‎ 1987 (ISBN 978-90-04-08265-6LCCN 87010319lire en ligne [archive]présentation en ligne [archive]), « Al-Mustanṣir bi’llāh, Abū Tamīm Maʿadd b. ʿAlī al-Ẓāhir »,p. 768-769.
  4.  18 dhu al-hijja 487 A.H. ibidem.
  5.  Unesco Ghazâlî, la raison et le miracle [archive] Maisonneuve et Larose, 1987 (ISBN 978-2-7068-0951-4)

Nasir e Khosraw le philosophe, théologien et poète hérétique ismaélien perse mort en 1074 : Décris la fête de l’ouverture du canal (Khalidj) au Caire et la composition de l’armée Fatimide

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Procession au Caire coutume venus des Fatimides
Procession au Caire coutume venus des Fatimides

Description de l’ouverture du canal

« Lorsqu’à l’époque de la crue, le Nil atteint la hauteur désirée, qui est celle de dix-huit guez au-dessus de son niveau pendant l’hiver, et qu’il conserve depuis le dix du mois de Sharivar jusqu’au vingt de Abammâh de l’ancien calendrier, à ce moment, les digues qui ferment les canaux grands et petits, dans toute l’étendue de l’Egypte, sont encore intactes. Le sultan [1] monte à cheval pour assister en personne à la rupture de la digue du Khalidj qui, ayant sa prise d’eau à Misr, passe par le Caire et fait partie du domaine du souverain.

Ce jour-là, on rompt dans toute l’Egypte les digues des canaux grands et petits et c’est pour les habitants la plus grande de leurs fêtes. On l’appelle la cavalcade de l’ouverture du Khalidj.

Lorsque l’époque de cette cérémonie approche, on dresse pour le sultan, à la tête du canal, un très grand pavillon en satin de Roum, couvert de broderies d’or et semé de pierreries. Tous les meubles qui se trouvent dans l’intérieur sont recouverts de cette même étoffe. Cent cavaliers peuvent se tenir à l’ombre de ce pavillon ; il est précédé d’un passage formé par des étoffes de bouqalemoun, et à côté de lui se trouve une tente ouverte. Avant la cérémonie, on bat, trois jours durant, dans les écuries du sultan, des timbales et de gros tambours et on sonne de la trompette, afin d’habituer les chevaux à ce grand bruit. Lorsque le sultan monte à cheval, il y a dans son cortège dix mille chevaux avec des selles en or, des colliers et des têtières enrichis de pierres précieuses. Tous les tapis de selle sont en satin de Roum et en bouqalemoun qui, tissé exprès n’est, par conséquent, ni coupé ni cousu. Une inscription portant le nom du sultan d’Egypte court sur les bordures de ces tapis de selle. Chaque cheval est couvert d’une cotte de mailles ou d’une armure. Un casque est placé sur le pommeau de la selle, et d’autres armes sont fixées sur la selle elle-même. On conduit aussi un grand nombre de chameaux portant des litières richement ornées, et des mulets dont les bâts sont incrustés de plaques d’or et de pierreries ; toutes les couvertures sont brodées en perles. Si je voulais décrire toutes les richesses déployées dans cette journée de l’ouverture du Khalidj, mon récit serait considérablement allongé.
Ce jour-là, toutes les troupes du sultan sont sur pied. Elles se disposent en compagnies et en détachements distincts. Chaque corps de troupes a un nom et une appellation particulière. »
[Nasir nous décrit ensuite les différentes troupes au sein de l’armée : Kutama, Turcs, Persans, Noirs, serviteurs du Palais. Il évoque également tous ces princes, dignitaires et ambassades venus du monde entier (Perse, Inde, Turkestan…) pour assister à la cérémonie et rendre hommage au souverain.]

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« Je reviens au récit de la rupture de la digue du Khalidj.

Le matin du jour où le sultan se rend à cette cérémonie, on engage dix mille individus pour conduire par la bride les chevaux de main dont j’ai parlé plus haut. Ils s’avancent par groupes de cent hommes et ils sont précédés de gens qui sonnent du clairon, battent du tambour et font résonner de grandes trompettes ; une compagnie de soldats marche derrière eux. Ils conduisent ainsi jusqu’à la tête du canal les chevaux qu’ils vont prendre à la porte du palais et qu’ils ramènent avec le même appareil. Chacun de ces hommes reçoit trois dirhems. Après les chevaux viennent les chameaux chargés de palanquins et de litières ; ils sont suivis par les mulets bâtés ainsi que je l’ai expliqué plus haut.
A une grande distance en arrière des soldats et des chevaux s’avançait le sultan ; c’était un jeune homme d’une belle prestance et d’une figure agréable et dont l’origine remont au prince des fidèles, Husseïn, fils d’Ali, fils d’Abu Talib. Il avait les cheveux rasés, et montait un mulet dont la selle et la bride étaient de la plus grande simplicité et n’avaient aucun ornement en or ou en argent. Il était vêtu d’une robe blanche que recouvrait une tunique ample et longue, comme la mode l’exige dans les pays arabes. Cette tunique porte en persan le nom de Dourra’ah et la robe s’appelle Dibaqi. Le prix de ce vêtement est de dix mille dinars. Le sultan portait un turban formé d’une pièce d’étoffe blanche enroulée autour de la tête, et il tenait à la main une cravache d’un grand prix. Devant lui marchaient trois cents hommes du Daïlam, tous à pied. Ils portaient un costume de brocart de Roum ; leur taille était serrée par une ceinture. Les manches de leurs robes étaient larges à la mode égyptienne. Ils avaient à la main des demi-piques et des haches ; leurs jambes étaient entourées de bandelettes.
Le porte-parasol du sultan se place auprès de lui ; il a sur la tête un turban d’une étoffe d’or enrichie de pierreries ; son costume représente la valeur de dix mille dinars maghrébins. Le parasol qu’il porte est d’une grande magnificence et couvert de pierres précieuses et de perles. Cet officier est le seul qui soit à cheval à côté du sultan que précèdent les Daïlamites.
A droite et à gauche, des eunuques portent des cassolettes dans lequelles ils font brûler de l’ambre et de l’aloès. L’étiquette exige qu’à l’approche du sultan le peuple se prosterne la face contre terre, et appelle sur lui les bénédictions divines.
Le Vizir, le Qadi al-Quda’ât [Juge des juges] et une troupe nombreuse de docteurs et de hauts fonctionnaires suivent le sultan. Ce prince se rend ainsi à la tête du Khalidj, c’est-à-dire à la prise d’eau du canal et il reste à cheval, sous le pavillon qui y est dressé, pendant l’espace d’une heure. Puis, on lui remet une demi-pique pour qu’il la lance contre la digue. Les gens du peuple se précipitent aussitôt et attaquent la digue avec des pioches, des boyaux et des pelles, jusqu’à ce qu’elle cède sous la pression exercée par l’eau qui fait alors irruption dans le canal.
Toute la population de Misr et du Caire accourt pour jouir de ce spectacle et elle se livre à toutes sortes de divertissements. La première barque, lancée dans le canal, est remplie de sourds-muets appelés en persan Koung ou Lal. On leur attribue une heureuse influence et le sultan leur fait distribuer des aumônes.
Le sultan possède vingt et un bateaux qui sont remisés dans un bassin creusé non loin du palais. Ce bassin a deux ou trois meïdan de superficie. Tous les bateaux ont cinquante guez de long sur vingt de large et sont richement décorés en or, en argent et en pierres précieuses ; les tentures sont en satin. Il faudrait, pour en faire la description, écrire un grand nombre de pages. La plupart du temps, ces bateaux sont placés dans le bassin l’un à côté de l’autre, comme des mulets dans une écurie. »
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  • [1] Il s’agit du-Calife hérétique fatimide al-Mustansir bi-llah (mort en 1094). On remarquera que Nasir Khusraw donne au souverain fâtimide le titre de Sultan et non de Calife. Nasir n’utilise délibéremment le titre de Sultan pour dissimuler son appartenance à l’Ismaélisme, ce qui est fort probable vu la pratique de la taqiyya (dissimulation, secret) dans le chiisme. Aucun élément flagrant dans le Safar Nama ne nous permet de l’identifier comme un texte spécialement ismaélien.

Le règne Fâtimide fut marqué par plusieurs périodes de sécheresse

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Ruines de la mosquée du calife fatimide al-Hakim au Caire, peint par Georges Antoine Marilhat
Ruines de la mosquée du calife fatimide al-Hakim au Caire, peint par Georges Antoine Marilhat

Le règne Maudit Ubaydite dit des Fâtimides fut marqué par plusieurs périodes de sécheresse particulièrement longues qui entrainèrent des famines épouvantables en Egypte et affaiblirent le pouvoir fâtimide. Dans le texte ci-dessous, le grand historien arabe égyptien al-Maqrizi (m. 1442) nous décrit les famines qui se produisirent durant le Califat de Hakim bi-amr-Allah (m. 1021)

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« Une famine se produisit sous le règne de Hâkim bi-amr Allah [m. 1021], pendant l’administration d’Abu Muhammad Hasan ibn Ammar, en l’an 997. Elle fut la conséquence d’une insuffisance du Nil, dont la crue atteignit seize coudées et quelques doigts. Ce fut dès lors une hausse des prix et le blé fut introuvable. L’angoisse de la population fut immense ; les femmes furent pourchassées dans les rues, et ce fut une grande calamité, car le pain se vendit un dirhem les quatre ratls ; puis les prix baissèrent et la situation s’améliora.
En l’année 1005, la crue du Nil se fit attendre, de sorte que la rupture du Canal n’eut lieu qu’à la fin de mésori (fin août), avec un niveau de quinze coudées et sept doigts, pour parvenir ensuite à seize coudées et quelques doigts : les prix haussèrent ; les opérations de change furent suspendues. Les dirhems en cours se nommaient dirhems d’appoint et coupures. Le peuple en souffrit ; et le dinar se changeait pour vingt-six de ces dirhems. Ce taux du dinar fut d’ailleurs dépassé en l’année 1007 et atteignit trente-quatre dirhems le dinar, d’où le renchérissement des vivres, ce qui provoqua la stagnation des affaires. Ordre fut donné de faire sortir du Trésor vingt caisses pleines de dirhems, lesquels furent répartis entre les changeurs. Une proclamation fit connaître au peuple l’interdiction de se servir des coupures et des dirhems d’appoint, tout en prescrivant à ceux qui détenaient de ces dirhems de les rapporter à l’Hôtel des Monnaies dans un délai de trois jours. Cette mesure occasionna de lourdes pertes à la population, qui s’en montra très affectée, car le change s’était stabilisé à quatre coupures ou dirhems d’appoint pour un seul dirhem nouveau. Le pain fut tarifé à un dirhem nouveau les douze ratls. Le dinar fur changé à dix-huit dirhems nouveaux. Un certain nombre de meuniers et de boulangers furent fouettés et condamnés à une promenade infamante, car les clients faisaient la queue pour avoir du pain et encore ne leur vendait-on que du pain mouillé. La crue du Nil fut déficiente et s’arrêta à treize coudées et quelques doigts. Les prix haussèrent : aussi, Mas’ûd Saqlabi, le préposé au rideau, reçut-il l’ordre d’enquêter sur les prix. Il rassembla les propriétaires de greniers, les meuniers et les boulangers, mit sous séquestre la totalité des grains entreposés sur le rivage du Nil et interdit de les vendre à d’autres personnes qu’aux meuniers. Le teillis de blé fut tarifé à un dinar moins un qirat, l’orge à un dinar les dix waibas, le bois à brûler à un dinar les dix charges, et d’ailleurs l’ensemble des grains et toutes les denrées furent tarifés. Plusieurs individus reçurent le fouet et furent promenés en ville. La population s’apaisa dès qu’elle put obtenir du pain, puis on eut de nouveau beaucoup de mal à s’en procurer, et, vers le soir, on en trouvait difficilement. L’ordre fut renouvelé d’une façon pressante de ne vendre du blé qu’aux meuniers, et quelques dépôts furent l’objet de perquisitions : le blé qu’on y recueillit fut réparti entre les meuniers à un prix déterminé. L’inquiétude était grande : la charge de farine se vendait un dinar et demi, et le pain un dirhem les six ratls. Le Nil cessa de monter, et la population récita à deux reprises la prière des rogations. Les prix montèrent et la charge de farine atteignit six dinars. Le canal fut ouvert alors que le niveau du fleuve était à quinze coudées. La panique était à son comble, et le teillis de blé valait quatre dinars ; la waiba de riz, un dinar ; la viande de bœuf, un dirhem le ratl et demi ; la viande de mouton, un dirhem le ratl ; les dix ratls d’oignons se payaient un dirhem ; trois onces de fromage se vendaient un dirhem ; l’huile de table, un dirhem les huit onces ; tandis que l’huile d’éclairage coûtait un dirhem le ratl.
La hauteur de la cure en l’année 1008 fut de quatorze coudées et quelques doigts, et il résulta de cette déficience pour la population de graves dommages qui se prolongèrent jusqu’à l’année 1009. Le canal fut ouvert le 12 septembre, alors que le Nil avait atteint quinze coudées, et le 16 septembre, il baissa encore. La consternation fut générale et la population vit surgir le spectre de la faim ; une foule se rassembla dans la rue Bayn al-Qasrayn pour supplier Hâkim de veiller aux intérêts de tous, le sollicitant de ne pas les abandonner. Hâkim enfourcha son âne, sortit par le Bab al-Bahr et, s’arrêtant un instant, déclara : « Je pars pour la mosquée de Râshida. Je fais devant Dieu le serment que, si à mon retour, je trouve sur le passage de mon âne un endroit dépourvu de grains, je ferai trancher le cou de quiconque m’aura été dénoncé comme accapareur, je ferai mettre le feu à sa demeure et confisquerai sa fortune ! » Puis il se remit en route et resta absent jusqu’à la fin de la journée. Tous les habitants du Vieux-Caire qui avaient emmagasiné des grains s’empressèrent de les enlever de leurs chambres, de leurs logements ou de leurs greniers, pour les déposer dans les rues. On payait un dinar le louage d’un âne pour une seule course. Le peuple fut enchanté de pouvoir se rassasier. Hâkim donna des instructions pour qu’on lui fournit chaque jour les quantités nécessaires et répartit cette obligation entre les propriétaires de grains, tout en leur accordant un délai ; il autorisa la vente au taux qu’il avait fixé, tolérant en outre un léger profit : ceux qui s’y refuseraient verraient mettre leurs grains sous scellés, et il leur interdit d’en vendre la moindre quantité avant la rentrée de la future récolte. Les propriétaires répondirent à ses désirs et obtempérèrent à ses ordres : les prix baissèrent et tout péril fur conjuré. « C’est à Dieu qu’appartient la conclusion des événements.»


Source : Maqrizi, 
Le livre des famines, traduit par Gaston Wiet, E.J. Brill, 1962

Siège de Cosenza en 975 et d’autres villes[58] de Sicile sous la dynastie arabe Kalbite vassale fatimide en 975 par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Guerre arabo-byzantine Date 780-1180 Emplacement Anatolie , la Mésopotamie , la Syrie , la Sicile , l’Italie du Sud , l’Egypte , l’Afrique du Nord et la Palestine .

Siège de Cosenza en 975 et d’autres villes[58] de Sicile sous la dynastie arabe Kalbite vassale fatimide en 975 par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

En cette année 365 (9 sept. 975), Aboû’l-K’âsim ben el-H’asan ben ‘Ali ben Aboû’l-H’oseyn, émir de Sicile, se mit en campagne avec l’armée musulmane et en compagnie d’un certain nombre d’hommes vertueux et de savants ; en ramad’ân (mai 976), il établit son camp sous les murs de Messine, d’où l’ennemi s’enfuit. Les envahisseurs passèrent de là [P. 491] à Cosenza, dont les habitants, au bout de quelques jours de siège, demandèrent et obtinrent quartier moyennant paiement d’une certaine somme ; puis on se dirigea sur le fort de Cellara et sur d’autres localités, où partout il fut agi de même. L’émir donna à son frère El K’âsim l’ordre de conduire la flotte dans la Pouille (1) et de faire ravager la Calabre par des colonnes ; ’l’exécution de cet ordre coûta de nombreuses morts à l’ennemi et valut aux fidèles des prisonniers et un butin considérable. Après quoi, les deux frères retournèrent à la ville (de Païenne). En 366 (29 août 976), Aboû’l-K’âsim ordonna de remettre en état de défense Rametta, qui avait été démantelée ; puis, se remettant en campagne, il assiégea le fort de Sainte-Agathe (en Calabre), dont les habitants obtinrent l’amân qu’ils sollicitèrent et livrèrent la place avec tout son contenu. L’émir marcha alors sur Tarente, dont les habitants avaient fui en fermant les portes ; quelques hommes escaladèrent les murailles et ouvrirent les portes, par où les troupes passèrent ; Aboû’l-K’âsim fit détruire et incendier la ville, puis envoya dans diverses directions des colonnes qui parvinrent jusqu’à Otrante et d’autres lieux. Il alla camper près de Gravina[59] et, à la suite de ses attaques, cette place paya d’une certaine somme la paix qu’il lui consentit ; après quoi, il retourna à Palerme.

notes:

[58] Ce chapitre est traduit dans la Biblioteca (I, 431).

[59] Lecture proposée par Amari et qui paraît certaine.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

El-Mo’izz de la dynastie Ziride reconnaît la suzeraineté d’El-K’â’im bi-amr Allah l’Abbasside rejetant officiellement les Fatimides en 1043 et l’entrée des Arabes des Banu Hilal et des Banu Sulaym en Ifrikiyya en 1050 par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Abu Zayd al-Hilali
Abu Zayd al-Hilali

[P. 356] El-Mo’izz de la dynastie Ziride  reconnaît la suzeraineté d’El-K’â’im bi-amr Allah l’Abbasside rejetant officiellement les Fatimides en 1043 et l’entrée des Arabes des Banu Hilal et des Banu Sulaym en Ifrikiyya en 1050 par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

En 435 (9 août 1043), El-Mo’izz d’Ifrîkiyya fit publiquement faire la prière au nom de la dynastie Abbaside et prononcer dans la khotba le nom de l’imam et prince des croyants El-K’â’im bi-amr Allah.[6] Il reçut alors des robes d’honneur et l’investiture des diverses régions d’Ifrîkiyya ainsi que des conquêtes qu’il pourrait faire ultérieurement.

La lettre confiée aux porteurs de ces présents débutait ainsi :

« De là part du serviteur et ami de Dieu Aboû Dja’far el-K’â’im bi-amr Allah, Prince des croyants, au roi unique [P. 357] confiance de l’Islam, gloire de l’époque, soutien des créatures, protecteur de la religion de Dieu, dompteur des ennemis de Dieu, aide de la tradition de l’Apôtre de Dieu, Aboû Temîm el-Mo’izz ben Bâdîs ben el-Mançoûr, préposé du Prince des croyants au gouvernement de tout le Maghreb et de tout ce qu’il a conquis par le sabre du Prince des croyants » ; et ainsi de suite, car cette lettre était longue.

Parmi les présents envoyés figuraient un sabre, une jument et des insignes à la mode de Constantinople. Ces cadeaux arrivèrent un vendredi, et le prince les fit porter avec lui à la grande mosquée, où le khatib Ibn el-Fâkât était alors en chaire ; il prononçait la seconde partie de la khotba quand les drapeaux furent introduits, et alors il ajouta :

« Voilà le drapeau de gloire qui vous réunira, voilà le glorificateur de la religion (Mo’izz ed-Din) qui vous commandera, Dieu veuille nous pardonner à vous et à moi ! »

A partir de là, la khotba ne fut plus prononcée au nom des Alides, dont les drapeaux furent jetés au feu.

[P. 370] En 439 (27 juin 1047), El-Mo’izz d’Ifrîkiyya organisa une expédition navale contre les îles de Constantinople. Cette flotte revint victorieuse et rapporta du butin.

En la même année, des groupes de Telkâta se battirent entre eux ; un engagement eut lieu où l’acharnement fut grand de part et d’autre et où beaucoup de morts restèrent sur le terrain.

Bannière et drapeau Abbasside
Bannière et drapeau Abbasside

[P. 387] Entrée des Arabes en Ifrîkiyya

En 442 (25 mai 1050), les Arabes pénétrèrent en Ifrîkiyya dans les circonstances qui suivent. El-Mo’izz ayant en 440 fait faire la khotba au nom du khalife abbaside El-K’â’im et ainsi supprimé le nom du prince alide d’Egypte El-Mostançir, ce dernier prince lui envoya une lettre menaçante à laquelle El-Mo’izz répondit en termes grossiers.

El-Mostançir éleva ensuite au vizirat El-H’asan ben ‘Ali Yâzoûri,[7] dont la famille était composée non de hauts fonctionnaires, mais de gens de métier et d’agriculteurs, ce qui fit qu’El-Mo’izz, au lieu de le traiter dans sa correspondance avec lui [P. 388] de « son serviteur » comme il l’avait fait avec les autres vizirs, le qualifia de « sa créature ». Yâzoûri, piqué, lui en fit des reproches qui ne produisirent aucun effet ; il rechercha dès lors toutes les occasions de lui nuire et excita El-Mostançir contre lui.

Ils se mirent alors à expédier les Arabes au Maghreb, réconcilièrent les Benoû Zoghba et les Riyâh’, dont les jalousies réciproques se traduisaient par des combats, puis leur distribuant de l’argent ils les firent partir vers Kayrawân, les déclarant propriétaires de tout ce qu’ils conquerraient et leur promettant des secours et des provisions.*

Épée trouvé en Tunisie ou en Libye , datant a peu près du 17eme siècle
Épée trouvé en Tunisie ou en Libye , datant a peu près du 17eme siècle

Ce fut ainsi que les Arabes envahirent l’Ifrîkiyya, en même temps que Yâzoûri écrivait en ces termes à El-Mo’izz :

« Après les formules d’usage, nous vous envoyons des chevaux qui sont de vrais étalons, montés par des guerriers dans la force de l’âge, pour qu’ainsi Dieu réalise les destinées[8] ».

Les envahisseurs trouvèrent à Barka et dans les environs de nombreux pâturages, mais pas de population, car El-Mo’izz avait anéanti les Zenâta qui y habitaient ; ils purent donc s’y installer et se mirent à exercer des déprédations au loin.

El-Mo’izz n’attacha aucune importance à ces nouvelles. D’ailleurs il avait, en présence du manque de zèle des Çanhâdja à combattre les Zenâta, acheté des esclaves noirs à qui il avait fait de grandes largesses, et s’était ainsi constitué une armée de trente mille mamlouks.

Tripoli fut conquise en 446 (11 avril 1054) par les Arabes de-Zoghba, que rejoignirent successivement les Riyâh’, les Athbedj et les Benoû ‘Adi, lesquels ravagèrent les routes et dévastèrent le pays.

Comme ils voulaient marcher sur Kayrawân, Mounis ben Yah’ya Mirdâsi [émir des Riyâh’] leur dit :

« A mes yeux, la précipitation ne vaut rien ».

Et comme on lui demandait ce qu’il voulait faire, il prit un tapis qu’il étendit par terre, puis il leur dit :

« Lequel d’entre vous ira au centre du tapis sans marcher dessus ?

— Cela nous est impossible.

— Eh bien ! il en est de même de Kayrawân : avancez progressivement dans vos conquêtes jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Kayrawân, que vous prendrez alors comme le reste.

— C’est bien toi, s’écria-t-on, qui es le cheikh et l’émir des Arabes ; tu es notre chef, et nous ne déciderons rien en dehors de toi ! »

Les émirs arabes se rendirent alors auprès d’El-Mo’izz, qui les reçut avec honneur et leur fit de grandes largesses ; mais quand ils se retirèrent, bien loin de reconnaître ses bienfaits, ils firent des razzias partout, interceptèrent les routes, ravagèrent les moissons, coupèrent les arbres fruitiers et bloquèrent les villes, de sorte que la population, serrée de près et en butte à toutes les épreuves, ne pouvait même plus circuler, et l’Ifrîkiyya se trouva ainsi [P. 389] dans la situation la plus pénible qu’elle eût jamais connue.[9]

Alors El-Mo’izz dut aviser : il mobilisa ses troupes, qui formèrent une armée de trente mille cavaliers et d’un nombre égal de fantassins, et s’avança jusqu’à Djenderân,[10] montagne située à trois journées de marche de Kayrawân.

Les Arabes, qui n’étaient que trois mille cavaliers, eurent peur en voyant ces nombreuses troupes de Çanhâdja et d’esclaves noirs, et la partie leur parut bien difficile : « Ce n’est pas, leur cria Mounis ben Yah’ya, aujourd’hui qu’il faut fuir.

— Mais où donc, lui dirent-ils, frapper des ennemis protégés par des cuirasses et des casques ?

— Aux yeux », répondit-il, ce qui valut à cette affaire le nom de journée de l’œil.

La lutte commença donc, et la mêlée fut terrible. Or les Çanhâdja avaient combiné de se retirer pour laisser El-Mo’izz seul avec ses nègres, pour, quand il aurait vu ce que ceux-ci faisaient et quand la plupart seraient tués, venir tomber à leur tour sur les Arabes ; ils mirent leur plan à exécution, et le prince tint ferme avec ses nègres, dont un grand nombre furent tués. Mais quand les Çanhâdja voulurent faire un retour offensif contre les Arabes, la chose ne leur fut plus possible, et la débandade continua, non sans que les Çanhâdja eux-mêmes perdissent quantité des leurs. El-Mo’izz, battu malgré le nombre de ses soldats, rentra à Kayrawân, tandis que les Arabes s’emparaient de ses chevaux, de ses tentes et de tout l’argent, etc., que renfermaient celles-ci.

Un poète[11] dit à ce propos :

[Tâwil] Ibn Bâdîs est certes un excellent roi, mais, je le jure, ce ne sont pas des hommes qu’il a. autour de lui. Chose incroyable ! trente mille d’entre eux furent battus par trois mille des nôtres.

Première invasion des Hilal et Sulaym 1055 et 1056
Première invasion des Hilal et Sulaym 1055 et 1056

Lors de la Fête des sacrifices (24 avril 1051), El-Mo’izz marcha avec vingt-sept mille cavaliers armés à la légère contre les Arabes, qui n’étaient prévenus de rien et qui étaient à dire la prière de la Fête quand ils furent attaqués ; mais ils sautèrent en selle, et leur charge dispersa les Çanhâdja, qui perdirent beaucoup de monde. Alors El-Mo’izz, ralliant les fuyards, s’avança en personne à la tête de nombreux soldats tant Çanhâdja que Zenâta.

Quand, arrivé au sud du mont Djenderân et dominant les tentes des Arabes, il engagea la lutte et enflamma la torche de la guerre, les Çanhâdja s’enfuirent devant les Arabes, au nombre de sept mille cavaliers, et chacun regagna sa demeure ; les Zenâta firent de même. Seul El-Mo’izz avec ses nègres déploya une fermeté et une constance inouïes, mais il finit par être mis en déroute, et il regagna El-Mançoûriyya. Les cadavres laissés sur le terrain ce jour-là par les Çanhâdja furent comptés, [P. 390] et l’on en trouva trois mille trois cents.

Bas-relief en marbre gravé  fatimide-ziride représentant
Bas-relief en marbre gravé fatimide-ziride représentant un émir et un compagnon (afrique du nord)

Les Arabes alors continuèrent leur marche en avant et vinrent camper au Moçalla de Kayrawân ; les combats se poursuivaient, et nombre d’habitants de Mançoûriyya et de Rak’k’âda furent tués. En présence de cette situation, El-Mo’izz laissa les Arabes pénétrer à Kayrawân pour s’y livrer aux transactions commerciales indispensables ; mais la foule le prit de haut avec eux, et à la suite d’une querelle survenue entre un Arabe (bédouins)  et un Kayrawânien (arabo-berbère issue des conquêtes arabes), un combat s’engagea où la victoire resta aux nouveau-venus.

En 444 (2 mai 1052), furent élevées les murailles de Zawîla et de Kayrawân ; en 446 (11 avril 1054), les Arabes bloquèrent cette dernière ville, et Mounis ben Yah’ya devint maître de celle de Bâdja. Alors El-Mo’izz, impuissant à défendre la population contre les envahisseurs, lui conseilla de se transporter à Mehdiyya.

Les Arabes en effet ruinaient les forts et les châteaux, coupaient les arbres fruitiers et comblaient les cours d’eau. El-Mo’izz et le peuple continuèrent de transportera Mehdiyya tous leurs effets jusqu’en 449 (9 mars 1057), et au mois de cha’bân de cette année (octobre 1057), le prince lui-même alla s’installer à Mehdiyya, d’où son fils Temîm, qu’il y avait nommé gouverneur en 445,[12] et qui y était resté jusqu’alors, sortit à sa rencontre et ensuite le précéda à pied.

Vue sur  Kairouan (Tunisie)
Vue sur Kairouan (Tunisie)

En ramad’ân 449 (nov. 1057), les Arabes livrèrent Kayrawân au pillage.

En 450 (27. fév. 1058), Bologgîn et les Arabes se mirent, en campagne pour attaquer les Zenâta, qui perdirent une bataille où beaucoup des leurs furent tués.

En 453 (25 janv. 1061), les Hawwâra aussi furent défaits par les Arabes et subirent des pertes sensibles. En 453 également, les habitants de Tok’yoûs tuèrent deux cent cinquante Arabes : ces nomades étaient entrés dans la ville pour faire des achats au marché, et l’un d’entre eux ayant tué un personnage de l’endroit parce qu’il l’avait entendu faire l’éloge d’El-Mo’izz et prier pour lui, le peuple se souleva contre eux et étendit sur le carreau le nombre de victimes que nous venons de dire.[13]

Chacun de ces faits aurait dû être rapporté à sa date ; si nous les avons tous réunis c’est parce qu’ils se tiennent, car on ne les comprend guère quand ils sont dispersés et comme coupés par le récit des autres événements.

Bani Hilal

 [P. 412] Mort d’El-K’â’id ben H’ammâd ; ce que devient ensuite sa famille.

En redjeb 445 (16 octobre 1053) El-K’â’id ben H’ammâd mourut après avoir fait de son fils Moh’sin son héritier en lui recommandant de bien traiter ses oncles. Mais quand il fut mort, Moh’sin, sans tenir compte des conseils de son père, voulut éloigner tous ses oncles, de sorte que l’un d’eux, Yoûsof ben H’ammâd, en présence de ces intentions, s’insurgea, réunit de nombreux partisans et construisit sur une montagne inaccessible un fort du nom de T’ayyâra.

L’exécution que fit ensuite Moh’sin de quatre de ses oncles ne put que confirmer Yoûsof dans sa révolte.

Moh’sin alors manda son cousin paternel Bologgîn ben Mohammed, qui était dans sa ville d’Aferyoûn, et qui se mit en marche ; quand il ne fut plus bien éloigné, Moh’sin dépêcha quelques Arabes pour le faire massacrer.

Mais Khalîfa ben Mekken , qui commandait ces hommes, leur représenta qu’ils ne pouvaient tuer Bologgîn, qui avait toujours été leur bienfaiteur ; en conséquence, ils informèrent celui-ci de ce qui se passait, et Khalîfa calma les craintes qu’il manifestait : « N’aie pas peur, lui dit-il, et même je suis prêt, si lu le désires, à te débarrasser de Moh’sin par la mort ».

Bologgîn prit ses dispositions pour combattre son ennemi et s’avança contre lui ; alors Moh’sin, qui était en ce moment en dehors de sa forteresse, tâcha d’y l’entrer au plus tôt ; mais Bologgîn le prévint, le tua et s’empara de cette forteresse, où il exerça le pouvoir à partir de l’année 447 (1er avril 1055).[14]

Des berbères commerçant des esclaves noirs à Tombouctou ver le 13em siècle.
Des berbères commerçant des esclaves noirs à Tombouctou ver le 13em siècle.

[P. 424] Combat entre les nègres d’El-Mo’izz ben Bâdîs et ceux de son fils Temîm

En 448 (20 mars 1056), une querelle qui surgit entre les noirs d’El-Mo’izz installés à Mehiyya et ceux de son fils Temîm aboutit à un combat où ceux-ci furent soutenus par la populace de Zawîla et tous les matelots qui se trouvaient alors dans cette dernière ville.

Les noirs d’El-Mo’izz furent, chassés, non sans avoir subi de grandes pertes, et les survivants se mirent en route pour Kayrawân ; mais les Arabes, secrètement excités par Temîm, en tuèrent une troupe tout entière. C’est cette affaire qui détermina Temîm, quand il fut monté sur le trône, à faire procéder à l’exécution d’un certain nombre des nègres de son père.[15]

notes:

[6] La répudiation de la suzeraineté des Fatimides par El-Mo’izz est de 440 d’après le Bayân, (i, 288) et Ibn Khaldoun (ii, 20) ; ce dernier dit ailleurs 437 (i, 32) ; Ibn Khallikan (iii, 382, 386) donne la date de 443 : cf. Wüstenfeld, Fatimiden, p, 233, et infra, p. 169.

[7] Aboû Mohammed El-H’asan ben ‘Ali ben ‘Abd er-Rah’mân (Ibn el-Athîr, ix, 377 et 391 ; Wüstenfeld, Fatimiden, 231 ; Berbères, i, 31).

[8] Cf. Berbères, i, 32.

[9] Comparez Berbères, i, 31 ; ii, 21 ; Bayân, i, 300.

[10] Ibn Khaldoun écrit H’ayderân (i, 35 ; ii, 21), de même que le Bayân (i, 302 et 304) ; le traducteur de Tidjâni, Djendar (Journas, 1852, ii, 90, 93 et 94).

[11] Ce poète serait, selon les uns, ‘Ali ben Rizk’ Riyâh’i, et, selon d’autres, ‘Abd el-‘Aziz ben Cheddâd (Berbères, i, 35 ; Tidjâni, ll. ; Bayân, i, 302 ;. Ces vers présentent des variantes.

[12] En 448 d’après Ibn Khaldoun (i, 36 ; cf. ii, 22) ; mais le Bayân donne aussi la date de 445 (i, 307), de même qu’Ibn Khallikan

[13] Sur ces événements, cf. Ibn Khaldoun, ll.

[14] Comparez le récit un peu différent d’Ibn Khaldoun, ii, 46.

[15] Il n’est parlé de cela ni dans le Bayân ni dans Ibn Khaldoun.

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

Détails sur Yoûsof Bologgîn ben Zîri ben Mennâd et sur ses parents (fondateur de la dynastie berbère Ziride d’Ifriqiya vassale Fatimide) par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

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Bologhine ibn Ziri, de son nom complet Abou al-Foutouh Sayf al-Dawla Bologhin ibn Ziri Es-Sanhadji1, est le fondateur de la dynastie berbère des Zirides régnant sur l'Ifriqiya de 972 à 1152.
Statue à Alger de Bologhine ibn Ziri, de son nom complet Abou al-Foutouh Sayf al-Dawla Bologhin ibn Ziri Es-Sanhadji al-Himyari, est le fondateur de la dynastie berbère des Zirides régnant sur l’Ifriqiya de 972 à 1152.

[P. 459] Détails sur Yoûsof Bologgîn ben Zîri ben Mennâd et sur ses parents (fondateur de la dynastie berbère Ziride d’Ifriqiya vassale Fatimide) par ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Avant même qu’El-Mançoûr donnât un commandement à Yoûsof Bologgîn ben Zîri ben Mennâd Çanhâdji H’imyari, les Çanhâdja et autres tribus maghrébines de leur voisinage avaient reconnu l’autorité de ce chef. Mennâd, son grand-père, était un personnage considérable parmi les siens, riche, père de nombreux enfants et très hospitalier ; Zîri, du vivant même de son père, fut revêtu d’un commandement sur de nombreux Çanhâdja, qu’il conduisait à des expéditions fructueuses. Alors les Zenâta, poussés par l’envie, réunirent leurs forces pour le combattre ; mais lui-même, s’avançant à marches forcées, les attaqua de nuit pendant qu’ils tentaient une opération sur le territoire des Meghîla, en fit un grand carnage et fit sa proie de tout ce qu’ils avaient. Cet exploit accrut encore le nombre de ceux qui le suivaient, et il fut sollicité par eux de les mener à la conquête d’un autre territoire. Il les conduisit alors vers l’emplacement où s’éleva Achîr, et, séduit par les nombreuses sources dont ce pays est arrosé, il y fonda la ville de ce nom, où il s’installa avec ses compagnons en 364 (20 sept. 974). Or comme les Zenâta se livraient au brigandage contre les villes et qu’en cas de poursuites ils se réfugiaient dans les montagnes et les déserts, la fondation d’Achîr[50] eut pour conséquence d’interposer les Çanhâdja entre les villes d’une part, les Zenâta et les Berbères d’autre part, ce dont El-K’â’im fut bien aise.

L’attention de Zîri fut aussi appelée sur les ravages des Ghomâra, peuple qui reconnaissait comme licites les choses interdites et chez qui un prophète avait surgi ; il les attaqua et les battit, fit prisonnier le prétendu prophète et le fit exécuter en présence des juristes (convoqués à cet effet).[51] Il accomplit encore des prouesses dans les événements suscités par la révolte d’Aboû Yezîd le Khârédjite, alors que, ravitaillant El-K’â’im enfermé à Mehdiyya, il mit cette ville en état de continuer sa résistance.[52] Plus tard, comme les Zenâta assiégeaient Achîr, Zîri à la tête de nombreuses troupes leur livra plusieurs combats où il y eut des pertes très sensibles des deux côtés, mais où il finit par remporter la victoire et faire de ses ennemis ce qui lui plut. Plus tard encore, le nommé Sa’îd ben Yoûsof s’étant révolté dans l’Aurès contre El-Mançoûr et ayant réuni de nombreux adhérents, Zîri le fit combattre par un corps d’armée considérable dont il confia le commandement à son fils : Bologgîn attaqua le rebelle près de Bâghâya et le tua, lui et ses partisans Hawwâra et autres. Cette affaire augmenta encore l’estime que lui témoignait El-Mançoûr, et nous avons dit qu’il prit une part considérable à la conquête de Fez.

Dans la suite, Bologgîn ben Zîri marcha contre Mohammed ben el-H’oseyn [P. 460] ben Khazer Zenâti, qui s’était soustrait à l’obéissance d’El-Mo’izz et à qui de nombreux adhérents avaient donné une grande puissance. Bologgîn resta encore vainqueur et massacra de nombreux rebellés, ce qui combla El-Mo’izz de joie, car il songeait à laisser ce chef en qualité de lieutenant au Maghreb à cause de son énergie et du nombre de ceux qui marchaient à sa suite. Il craignait en effet que, lui-même une fois parti pour l’Egypte, cette région ne vint à lui être enlevée par ce chef ; mais la brouille qui survint entre ce dernier et les Zenâta le rassura contre l’éventualité de cette conquête.

Ensuite Dja’far ben ‘Ali ben H’amdoûn], gouverneur de la ville de Mesîla et des cantons du Zâb, se piqua de la faveur dont El-Mo’izz honorait Ziri, car il régnait entre ce dernier et lui-même une jalousie réciproque, et, quittant son gouvernement, il alla trouver les Zenâta. Ceux-ci l’accueillirent le mieux du monde, le mirent à leur tête par esprit d’hostililé contre Zîri, et alors il leva l’étendard de la révolte. Zîri marcha contre lui avec des forces considérables, composées de Çanhâdja et autres, et lui livra bataille en ramad’ân (361 ?). A. la suite d’une lutte sanglante, Zîri tomba de son cheval, qui fit un faux pas, et fut tué. Dja’far, voyant alors le regret causé aux Zenâta parcelle mort et leur tendance à ne plus lui obéir, leur tint ce langage : « Yoûsof Bologgîn ne renoncera pas à venger la mort de son père et ne jugera pas que celui-ci ait assez massacré des vôtres. Nous devons donc nous fortifier dans les montagnes les mieux défendues et dans les endroits abrupts. » Son avis ayant prévalu, il fit embarquer ses biens et sa famille, tandis que lui-même restait avec les Zenâta ; mais il avait donné l’ordre à ses serviteurs embarqués de simuler une révolte à bord. Comme il regardait de terre ce qui se passait, il dit aux Zenâta qu’il allait se rendre compte de la cause du désordre, et, montant dans une barque, il s’enfuit avec les autres. Il gagna l’Espagne, où il fut bien accueilli par l’Omeyyade El-H’akam, qui lui donna des marques de sa générosité.[53] Quant aux Zenâta, ils ne purent que regretter de ne l’avoir pas tué pour s’emparer de ses dépouilles. Bologgîn alors réunit des forces de plus en plus considérables et marcha contre les Zenâta, chez qui il fit d’épouvantables massacres, réduisant les femmes en captivité et faisant des enfants sa proie ; par son ordre, les tôles furent employées à chauffer les marmites où l’on faisait la cuisine. El-Mo’izz apprit encore ces faits avec joie : il ajouta Mesîla et ses cantons aux fiefs de Bologgîn, qui devint très puissant. Nous raconterons le reste de son histoire quand il devint prince d’Ifrîkiyya.

[P. 487] En 364 (20 sept 974), il parut en Ifrîkiyya, à l’est, une énorme et très brillante comète, qui continua son ascension pendant environ un mois, puis qui disparut et ne fut plus revue.

[P. 489] (Quand El-’Azîz, fils d’El-Mo’izz, monta sur le trône d’Egypte), il envoya au Maghreb des dinars frappés à son nom et qu’on mit en circulation. Il confirma Yoûsof Bologgîn dans le gouvernement de l’Ifrîkiyya en y ajoutant ce que son père en avait distrait, c’est-à-dire Tripoli, Sort et Adjdâbiyya, villes où Yoûsof nomma des hommes de son choix,[54] ce qui augmenta d’autant sa puissance et le laissa désormais sans crainte du côté d’El-’Azîz. Il était réellement indépendant et feignait une obéissance qui n’était commandée que par un esprit de conciliation et de bonne amitié, rien de plus.

File:Zirids around 1000CE.png
L’état Ziride ver l’an 1000

 

Guerre de Yoûsof Bologgîn contre les Zenâta et autres peuples d’Ifrîkiyya

En 365 (9 sept. 975), Khazroûn ben Felfoûl ben Khazer Zenâti s’avança à la tête d’une bande nombreuse d’adhérents contre Sidjilmâsa, dont, en ramad’ân (mai 976), il tua le chef qui était sorti pour lui tenir tête.[55] Devenu maître de cette ville, il en retira beaucoup de richesses et d’approvisionnements, et envoya [P. 490] la tête de celui qu’il venait de tuer en Espagne. Cette affaire grandit la situation des Zenâta, dont le pouvoir se trouva ainsi solidement établi. Bologgîn était alors à Ceuta, où il se trouvait après s’être rendu à Fez, à Sidjilmâsa et dans le territoire des Hebal’, pays qu’il avait conquis et d’où il avait chassé tous les gouverneurs omeyyades. Les Zenâta se retirèrent devant lui et beaucoup se rendirent à Ceuta, qui appartenait alors au prince Omeyyade d’Espagne. Bologgîn, ayant trouvé sur sa route des bois touffus et enchevêtrés qui l’empêchaient de passer, les fit couper et brûler de façon à s’y ouvrir une route. Ensuite il s’avança en personne sur une montagne d’où il dominait Ceuta et étudia pendant une demi-journée par quel côté il pourrait l’assiéger et l’attaquer ; mais il reconnut qu’une flotte était indispensable pour prendre cette place, dont les habitants le redoutaient fort. Alors il se rabattit du côté d’El-Baçra, belle ville qu’on appelle simplement au Maghreb Baçra, et cette nouvelle fit fuir les Zenâta dans les sables et les déserts les plus reculés du Maghreb. Yoûsof entra à Baçra, dont il ruina les solides fortifications élevées par le prince (musulman) d’Espagne, et qu’il livra au pillage.

Il passa ensuite dans le pays hérétiques et païen des Berghawât’a, dont le roi, ‘Abs ben Oumm el-Ançâr,[56] se livrait à la prestidigitation et à la magie, se donnait pour prophète et avait ainsi fait reconnaître toutes ses volontés par son peuple, à qui il avait donné un corps de doctrines religieuses. Bologgîn l’attaqua et, à la suite de plusieurs combats importants et qui ne sont pas à décrire, finit par l’emporter : ‘Abs ben Oumm el-Ançâr fut tué,[57] ses troupes débandées furent l’objet d’un horrible massacre ; les femmes et les enfants réduits en captivité et envoyés en Ifrîkiyya étaient en quantité tellement innombrable que les habitants de ce dernier pays disaient n’en avoir jamais vu arriver autant chez eux. Bologgîn resta dans ces régions jusqu’en 373 (14 juin 983), occupé à en réduire les habitants, pendant que Ceuta observait craintivement ses mouvements et que les Zenâta restaient dans les sables où ils avaient fui.  »

notes:

[50] Bekri (p. 144) parle aussi de la fondation d’Achîr par Zîri ; elle était située sur le flanc de la montagne de Titeri (Berbères, II, 6 et 489 ; cf. Bayân, I, 224).

[51] L’ordre suivi par l’auteur dans l’énumération de ces événements pourrait faire croire qu’il s’agit de l’expédition envoyée à l’extrémité ouest du littoral africain, et commandée par Djawher ; mais il n’en est rien : Hâmîm, le prophète des Ghomâra, fut tué en 315 (Bekri, 228 et s. ; Bayân, I, 108), et Noweyri nous apprend que ce fut par Zîri (Berbères, II, 492 ; cf. 144).

[52] Supra, an. 1898, pp. 367 et s. : Ibn Khaldoun, II, 493.

[53] Son frère Yah’ya ben ‘Ali l’avait précédé à la cour de H’akam Mostanç.er (voir l’histoire des Benoû Hamdoûn, Berbères, II, 555). Sur la bataille où Zirî perdit la vie, voir ibid., 2 et 554 ; III,234).

[54] Cf. Berbères, III, 262.

[55] Le Bayân place cette expédition sous l’année 367 ; de même que l’expédition de Bologgîn contre Ceuta (I, p. 239). A la page suivante, il parle d’une seconde campagne, entreprise au départ d’Ifrîkiyya, contre Ceuta. Ibn Khaldoun parle de 369 (II, 11 ; III, 236).

[56] On lit dans Ibn Khaldoun (II, 12) « ‘Isa ben Aboû’l-Ançâr », et il en est de même dans Bekri, p. 300, et dans le Bayân (I, 231 et 233 ; cf. 246). Sur l’expédition dirigée contre Ceuta, cf. Ibn Khaldoun, ll. et III, 236 ; Bayân, I, 246.

[57] La mort de ce chef eut lieu le 21 dhoû’l-hiddja de cette année (Bayân, I, 248) ou le 22 de ce mois (infra, p. 268).

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires2, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade