L’ère des croisades, Reconquista en Orient et en Occident islamique

Période de Taifa; La dynastie arabe des Jahwarides de Cordoue :

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Vue sur Cordoue, son Oued et sa Mosquée
Vue sur Cordoue, son Oued et sa Mosquée Omeyyade

Après là chute de l’empire des Omeyyades en Espagne , il s’éleva un grand nombre de petits états, la plupart formés des provinces et des villes dont les gouverneurs s’étant déjà rendus indépendants, prirent alors le titre de roi.

Ibn Jawhar a été émir de Cordoue vers le début du xie siècle.

Aboû’l-H’azm Djahwar ben Mohammed ibn Djahwar tient une charge de ministre (vizir) sous la dynastie ‘Amiride avant 1026. Il fait partie du collège de notables de Cordoue influents politiquement notamment concernant la résolution de la succession dynastique1, problème récurrent pendant la guerre civile. Après que le dernier calife Aboû Bekr Hichâm ben Mohammed ben ‘Abd el-Melik ben ‘Abd er-Rah’mân En-Nâcir l’Omeyyade ( Al-Mustazhir bi-llah `Abd ar-Rahmân ben Hichâm ou Abd al-Rahman V ) eut été déposé, ibn Djahwar, en porte-parole des notables et de l’aristocratie, proclame la fin du califat3.

Il sera à la tête du gouvernement de Cordoue jusqu’à sa mort le 8 septembre 1043, date à laquelle la fonction sera reconduite par son fils Aboû’l-Welîd Mohammed ben Djahwar.

La Taifa Cordoue était une « république islamique » en Andalousie dans le sud de l’Espagne .

ROYAUME DE CORDOUE.

Période de Taifa: Dynastie arabe des Jahwarides de Cordoue  (2).

Ier. Abou’l-Haçan JAHWAR AL-MODHAFFER.

An de l’hég. 422 (de J.-C. 1o31). De tous les princes qui régnèrent en Espagne , après les Omeyyades, Abou’l- Haçan Djahwar ben Mohammed, ben Djahwar , fut le seul qui n’usurpa point le pouvoir suprême.

Vezir des derniers khalifes Omeyyades, et comptant , parmi ses ancêtres, des hadjebs et des ministres des monarques précédents , il joignait à cette illustration des talents et des vertus qui l’avaient rendu cher et respectable au peuple de Cordoue.

Son désintéressement , son impartialité , son dévouement au seul bien général , au milieu des dissensions et des guerres civiles , lui avaient mé rité même l’estime de tous les partis.

Aussi lorsqu’à défaut de quelque prince Omeyyade (Marwanide), Djahwar eut été élu par le conseil de Cordoue , pour succéder à Hisham III, il fut proclamé roi d’un consentement unanime.

Dès qu’il eut reçu les serments d’usage , il établit un gouvernement aristocratique , composé d’un sénat dont il ne se réserva que la présidence, et s’acquit par cette modération la confiance de ceux même qui avaient traité de dissimulation sa conduite circonspecte.

Il refusa long-tems d’aller habiter le palais des khalifes , et ne s’y rendit que pour y vivre aussi modestement que dans sa maison. Loin d’augmenter son train et sa dépense , il congédia cette foule de valets, de portiers et de gens inutiles qui épuisaient le trésor public.

Il éloigna les délateurs, les gens qui ne vivaient que de calomnies et de procès, et créa un certain nombre de procureurs salariés comme les juges.

Il chassa aussi les charlatans , les empiriques , et nomma une commission chargée d’examiner la capacité des médecins et des gens qui se destinaient au service des hôpitaux.

Ruines de Madinat az-Zahra la cité omeyyade  ou ce trouvais le Dar al-Khilafah
Ruines de Madinat az-Zahra la cité omeyyade ou ce trouvais le Dar al-Khilafah

Il ramena l’abondance, et fit de Cordoue le grenier de l’Espagne musulmane.

Il établit des receveurs d’impôts et de» gardes-magasins qui , tous les ans, rendaient compte au sénat de leur gestion.

Les soins de Djahwar se portèrent de même sur la police ; il créa des inspecteurs qui veillaient nuit et jour à la sûreté des citoyens. Il institua une garde bourgeoise qui faisait des rondes pendant la nuit, désarmait les passants , et arrêtait ceux qui ne pouvaient pas justifier des motifs légitimes de leur sortie, à des heures indues; et , afin que les malfaiteurs ne pussent échapper aux recherches des patrouilles , en fuyant d’un quartier dans un autre , il fit placer , dans toutes les rues, des barrières qui étaient fermées la nuit.

Comme Djahwar veillait sans cesse au maintien de la justice et à la prospérité de ses sujets, Cordoue jouit de la tranquillité la plus parfaite ; et les arts , le commerce enrichirent ses habitants.

Lorsqu’il eut fait part de son élection aux walis des provinces , la plupart s’excusèrent sur de frivoles prétextes, d’aller lui rendre hommage ; et ceux de’Tolède , de Saragosse, de Séville,de Malaga,de Grenade et de Badajoz se bornèrent à de vaines protestations de bienveillance.

Djahwar, feignant d’ignorer leurs- projets d’indépendance et d’anarchie , applaudit à leur zèle pour le bien général et les invita à l’union et à la concorde.

Mais l’ambition, la cupidité , le bruit des factions et des armes étouffèrent la voix du bon roi de Cordoue , et l’Espagne se trouva livrée à autant de tyrans qu’il y avait de provinces.

Djahwar , voyant le peu de succès de ses conseils paternels , eut recours à la force ; mais, en attaquant, l’alcaïd d’Açahila, il s’attira une guerre fâcheuse avec. Ismail , roi de Tolède , protecteur de ce petit dynaste.

Il la soutint avec désavantage, malgré le zèle et les efforts des Cordouans , qui le perdirent le 6 de moharem ou de safar 4-35( i5 août ou 14 septembre 1043).

Leurs larmes honorèrent la pompe funèbre d’un souverain qui avait fait, leur bonheur pendant plus de douze ans (1).

Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d'al-andalus en l'an 1000 , source : Arthur Redondo.
Illustration de Qurtuba (Cordoue) capital Omeyyade d’al-andalus en l’an 1000 , source : Arthur Redondo.

2eme’. Abou’l-Walid MOHAMMED.

An de l’hég. 4^5 (de J.-C. io43) Mohammed, prince sage et vertueux, mais faible de corps et valétudinaire, reçut les serments de tous les corps civils, religieux et militaires de Cordoue.

Il marcha sur les traces de Djahwar, dont il se montra le digne fils; mais les circonstances contrarièrent également ses intentions pacifiques.

Les propositions qu’il adressa au roi de Tolède et à son allié pour terminer la guerre, ayant été rejetées avec une hauteur méprisante, il chargea son fils Walid et son général Hariz ben Al-Hakem de continuer les hostilités ; ce qu’il firent , en traversant le Guadiana et en ravageant les terres de l’ennemi.

Mais le roi de Tolède , secondé par les troupes du souverain de Valence , exerça de terribles vengeances dans les états de Cordoue , l’an 440 (1048), obtint divers avantages sur le général Hariz , l’obligea de se tenir sur la défensive et s’empara de plusieurs places.

Mohammed , ne pouvant résister à tant de forces, chercha des alliés capables de le soutenir : il s’adressa au roi de Séville et à celui d’Al-Gharb ou de Badajoz, et conclut avec eux , l’an 443 ( 1051), une triple alliance.

Il reçut aussi des secours des cheikhs de Huelva et Saltes, de Niebla et d’Oksonoba, dans l’Andalousie occidentale.

Cependant les troupes réunies de tous ces princes furent battues en plu sieurs rencontres par celles de Yahia Al-Mamoun , roi de Tolède , qui remporta sur elles une victoire décisive, sur les rives de l’Algodor, l’an 452 ( 1060 ).

Cette nouvelle, et la retraite précipitée du général Hariz ben Al -Hakem , jetèrent l’épouvante dans Cordoue, et la confusion dans le conseil de Mohammed ben Djahwar.

Le prince Abdel-melek, qui , au lieu d’être à la tête des armées de son père , avait mené jusqu’alors une vie dissipée , et passé son temps au sein des plaisirs dans les palais de Madina al-Zahra , sortit tout-à-coup de sa léthargie et se rendit à la cour du roi de Séville, pour y solliciter de plus puissants secours. Il y fut reçu avec les plus grands honneurs par l’artificieux Motadhed , qui le retint longtemps pour lui montrer son arsenal, ses trésors ; l’amusa par des fêtes, lui fit de belles offres de services, et le congédia enfin avec un détachement de 200 cavaliers , en lui promettant de faire incessamment en sa faveur les plus grands efforts.

Abdel-melek , n’ayant pu pénétrer dans Cordoue , que le roi de Tolède tenait bloquée, alla attendre à madina al-Zahra les secours que le roi de Séville avait promis.

Les Cordouans, abattus par le coup imprévu qui les frappait, voyaient, pour comble de douleur , la santé de leur souverain dépérir de jour en jour.

Quelques braves parvinrent à franchir le camp ennemi , et portèrent des lettres pressantes au prince Abdel-melek et au roi de Séville , unique espoir des assiégés. Ce monarque jugea que le moment était venu de réaliser ses ambitieux projets.

Il donna des forces nombreuses et des ins tructions secrètes à son fils Mohammed et à son général Abou- bekr Mohammed ben Omar (1).

Dès le lendemain de leur ar rivée devant Cordoue, à la suite de quelques escarmouches meurtrières , il y eut une action générale et sanglante, où l’armée du roi de Tolède et de Valence, mise en pleine déroule, fut poursuivie par les princes de Séville et de Cordoue.

Une partie de la garnison de cette dernière ville avait contribué à la victoire ; le reste sortit aussi pour prendre fiart au pillage. Alors l’astucieux Ben Omar achève d’exécuter es ordres de son maître.

Il entre dans Cordoue avec la ma jeure partie de ses troupes, s’empare des portes , des forts , du palais et fait prisonnier le malheureux Mohammed, qui , voyant sa capitale et sa personne au pouvoir de son perfide allié, meurt de désespoir quelques jours après.

Son fils Abdel- melek , revenant de poursuivre les vaincus , trouve les portes de la ville fermées ;-et tandis qu’indigné de la trahison de ses auxiliaires, il hésite dans sa fureur, sur le parti qu’il doit prendre, il est entouré par la cavalerie du prince de Séville, et sommé de se rendre avec tous ses gens.

Il refuse , se met en défense et vend chèrement sa vie et sa liberté; mais, succombant sous le nombre, il est pris et conduit dans une tour , où le chagrin , plus que ses blessures, termine bientôt ses jours.

Avant d’expirer, il demande à Dieu que le fils du perfide roi de Séville, soit un jour victime d’une semblable trahison ( 1). Cette révolution arriva l’an 451(1060).

Mohammed ben Djahwar avait régné près de dix-huit ans.

En lui finirent la dynastie des Djahwarides, qui n’avait duré qu’environ trente ans, et le royaume de Cordoue , dont la capitale , après avoir été , pendant plus de trois siècles , la métropole de l’islam en Espagne , ne fut plus qu’une ville secondaire , et déchut rapidement de son antique splendeur.

Dynastíe Banu Jahwar (1031-1070)

  • Abú’l Hazm Jahwar (1031 -1043)
  • Muhammad ibn Jahwar al-Rasid (1043-1065)
  • Abd al-Malik ibn Muhammad al-Mansur (1063-1070)

Source :

Tiré de l’encyclopédie  : « L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments » éd. in-8°, t. n, p..316-317 .

Date d’édition : 1818-1819

Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

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Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès
Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès

Les Banu Jami étaient une dynastie arabe locale de Gabès en Tunisie , issue de la maison Hilal , qui a régné sur Gabès  de 1097 à 1160 , avec une brève perte de puissance en 1147 . Ils étaient de la tribu de Dahman (fraction Munkasha) des Banu Riyah (al-Dahman  Fadigh formé avec la tribu des Banu Ali Banu Riyah).

Ve sur la ville Tunisienne de Gabès
Vue sur la ville Tunisienne de Gabès

HISTOIRE DE LA DYNASTIE ARABE DES BENI-DJAMÊ  DE GABES

FAMILLE HILALLIENNE QUI, AYANT OBTENU DU GOUVERNEMENT SANHADJIEN ZIRIDE LE COMMANDEMENT DE GABES, PROFITA DES TROUBLES SUSCITÉS PAR LES ARABES, POUR Y FONDER UN ETAT INDÉPENDANT. PAR IBN KHALDOUN

Quand El-Moëzz se trouva bloqué dans Kairouan par les Arabes, qui venaient d’envahir l’Ifrîkïa et de conquérir tout le pays ouvert, il avait dans son armée deux caïds, frères d’El-Moëzz- Ibn-Mohammed-Ibn-Oulmouïa le sanhadjien, gouverneur de Gabès.

Ces officiers, dont l’un se nommait Ibrahîm et l’autre Cadi, ayant été destitués par leur souverain, cédèrentà leur mécontentement et passèrent dans le camp de Mounès-Ibn-Yahya-es-Sinberi, émir arabe de la tribu des Rîah.

Accueillis avec distinction par ce chef et envoyés àGabès, auprès de leur frère, ils se concertèrent ensemble et reconnurent pour souverain l’homme qui les avait si bien traités.

Ce fut là la première conquête réelle que les Arabes effectuèrent en Ifrîkïa.

Plus tard, Ibrahîm prit le commandement de Cabes, et son frère, Moëzz-Ibn-Mohammed, alla trouver Mounès et resta avec lui.

Quand Ibrahîm mourut, Cadi, le troisième frère, lui succéda.

Celui-ci gouverna d’une manière si tyrannique que, sous le règne de Temîm, fils d’El-Moëzz-Ibn- Badîs, les habitants le firent mourir et donnèrent le commandement de la ville à Omar [fils d’El-Moëzz le Ziride], qui venait de se révolter contre son frère, le sultan Temîm.

La nomination d’Omar eut lieu en 489 (1096).

Quelque temps après, Temîm vint à la tête d’une armée et lui enleva la ville.

Le peuple de Gabès, s’étant ensuite révolté contre ce prince, reconnut de nouveau la souveraineté des Arabes et reçut pour chef Megguen-Ibn-Kamel-Ibn-Djamê, émir des Menakcha.

Cette tribu faisait partie des Dehman, branche des Beni-Ali, une des grandes ramifications de la tribu de Rîah.

Megguen étant parvenu à y établir son autorité malgré les efforts du gouvernement sanhadjien, accueillit avec empressement Mothenna, fils de Temîm-Ibn-el-Moëzz, qui venait d’abandonner le parti de son père.

Il mit alors le siège devant El- Mehdïa, mais la résistance que cette place lui opposa et la découverte de plusieurs traits scandaleux dans la conduite de son protégé, le portèrent à décamper.

Il conserva jusqu’à sa mort le gouvernement de Gabès et le commandement des Dehman.

Rafé, son fils et successeur, exerça une grande autorité à Cabes.

Le Qasr-el-Aroucïîn (Arousiyin?), château royal de cette ville, fut bâti par Rafê, et l’on voit encore sur la muraille de cet édifice une inscription qui porte son nom.

Lors de l’avènement d’Ali, fils de Yahya- Ibn-Temîm, une mésintelligence éclata entre lui et Rafé, lequel embrassa alors le parti de Roger, seigneur de la Sicile.

Ali ayant ensuite défait les chrétiens dans un combat naval, prit à sa solde plusieurs tribus arabes, organisa une nouvelle flotte et, en l’an 514 * (1117-8), il se dirigea contre Gabès.

Ibn-Abi-‘as- Salt  assure qu’il enrôla les trois cinquièmes de la population arabe ; ayant acheté les services des Saîd, des Mohammed et des Nahba , auxquels il ajouta une portion du quatrième cinquième, savoir : les principaux chefs des Beni-Mocaddem.

Les Arabes de la plaine de Kairouan vinrent aussi se ranger sous les drapeaux du prince zîride.

Rafê chercha à se réfugier dans cette ville, mais il en fut repoussé parles habitants.

A la suite de ces événements, les cheikhs de la tribu de Dehman tinrent une assemblée et, s’étant distribué les villes du pays, ils assignèrent à Rafê celle où il avait essayé de trouver un asile.

Ali, fils de Yahya, averti que son adversaire avait obtenu des Dehman la possession de Kairouan, ordonna à ses troupes et à ses mercenaires arabes d’aller y mettre le siége.

Il marcha lui-même plusieurs fois contre les partisans de Rafé et, dans une de ces expéditions, il mourut de maladie.

Rafê écouta alors les conseils de Meimoun-Ibn-Zîad- es-Sakhri, et grâce à la médiation de ce chef, il conclut un traité de paix avec le [nouveau] sultan.

Plus tard, Rechîd-Ibn-Kamel exerça l’autorité à Gabès.

Ibn Khaldoun nous informe que la monnaie al- Rachidiya  (rachidienne) fut frappée à Gabès au VI e /XII e  s.Dinar de Gabès de la dynastie Ziride au temps des Banu Hilal et Ban Jami 418 Hijra Source : "Gabes et l'activité monétaire à l'époque ziride"
Ibn Khaldoun nous indique que la monnaie al- Rachidiya
(rachidienne) des Banu Jami fut frappée à Gabès au  12e s. Dinar de Gabès Source : « Gabes et l’activité monétaire à l’époque ziride »

 

« Ce » fut lui, dit Ibn-Nakhîl, qui fonda le Qasr-el-Aroucïîn et fit » battre les monnaies que l’on appelle rechidiennes ‘. »

Son fils et successeur, Mohammed, avait un affranchi nommé Youçof.

Etant sorti une fois pour conduire une expédition, il laissa son fils avec ce serviteur, auquel il accordait une confiance entière.

L’affranchi profita de cette occasion pour usurper le commande ment de la ville et, ayant expulsé le fils de son patron, il reconnut la souveraineté de Roger, prince de la Sicile ; mais il en fut bientôt chassé à son tour par les habitants indignés.

Pendant que Mohammed-Ibn-Rechîd se rendait dans sa tribu, son frère Eïça (Issa) alla trouver Roger et l’instruisit de ce qui venait de se passer.

Roger fit alors assiéger la ville et la tint bloquée pendant un temps considérable.

Le dernier des Beni-Djamê qui régna à Cabes fut Modafê, fits de Rechîd-Ibn-Kamel et frère de Mohammed.

Il quitta cette ville précipitamment quand Abd-el-Moumen, après avoir pris El- Mehdïa, Sfax et Tripoli, eut envoyé contre elle son fils Abd- Allah.

Ayant ainsi abandonné Gabès aux Almohades, Modafê passa chez les Arabes de la tribu d’Auf qui se tenaient dans la province de Tripoli, et vécut sous leur protection pendant quel ques années.

S’étant ensuite rendu à Fez, il obtint sa grâce d’Abd-el-Moumen l’Almohade et trouva auprès de ce prince un accueil fort distingué.

Telle fut la fin de la dynastie que les Beni-Djamé avaient fondée à Cabes.

 

Palmeraie à Gabès  Tunisie
Palmeraie à Gabès Tunisie

.Liste des émirs Banu Jami de Gabès :

Banu Walmiya
  • Ibn Walmiya 1063-?
  • Ibrahim? -?
  • Kadi? -1096
  • Umar al-Muizz et 1096-1097 (Zirides avec le soutien des arabes  zughba de  Tripolitaine)
Banu Jami
  • Makki ibn Kamil ibn Jami 1097-?
  • Rabi ibn Makki Kamil ? -1121
  • Rachid ibn Kamil ibn Jami 1121-1147
    • Yusuf (usurpateur) 1147 (protégé par les Normands)
  • Muhammad ibn Rachid1147
    • Banu Walmiya 1147-1148
  • Muhammad ibn Rachid(seconde fois, protégé par les Normands) 1148-1155
  • Mudafi ibn Rachid 1155-1160 (protégé par les Normands)
  • Prise Almohade 1160-1172

Biographie de l’auteur :

Timbre tunisien à effigie d'Ibn Khaldoun
Timbre tunisien à effigie d’Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldoun , huitième descendant de Waïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramawt, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

Harran en Turquie dans l’ère Islamique depuis les Omeyyades au arabes Numayrides :

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La ville turque de Harran dans l’ère Islamique depuis les Omeyyades au Croisades :

Harran Ruinnes du dar al khilafah et de a mosquée Omeyyade Turquie
Harran les ruines du dar al khilafah  du calife Marwan II  744-750  jc (région al-Jazira), en  Turquie .

 Harran dans l’ère Islamique :

Harran fut capitale des Omeyyades sous le calife Marwan II en 746-750. Il reste les ruines du Dar al-Khilafah et de la mosquée Omeyyade de Marwan II et de ce qui étais l’une des premières université Islamique construite au monde,  fondé par Harun al-Rashid le célèbre calife des Abbassides et la citadelle de la tribu arabe des Numayrides.

Harran Ruinnes du dar al khilafah et de a mosquée Omeyyade Turquie 2
Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746  

Au début de la période islamique Harran était situé dans le pays de la tribu arabe Mudarite (Diyar Mudar), dans la partie occidentale du nord de la Mésopotamie ( al-Jazira ).Avec ar-Ruha ‘( Sanliurfa ) et Ar Raqqah– elle était une des principales villes de la région.

Pendant le règne (744-750) du dernier calife omeyyade Marwan II, Harran est devenu le siège du gouvernement califal de l’empire islamique de l’Espagne à l’Asie centrale .

Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746
Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746 

Marwan II ibn Muhammad l’Omeyyade (744-750), avait déplacé la capitale de Damas à Harran (al-Jazira dans l’actuel Turquie) lors de la révolution Abbasside d’As-Saffah et de son général Abu-Muslim al-Khorassani 

La grande mosquée de Harran est la mosquée la plus ancienne construite en Anatolie, ce monument a été construit par le dernier calife omeyyade Marwan II entre les années 744750. Le plan d’ensemble de la mosquée qui a des dimensions de 104×107 m, avec ses entrées, a été déterré au cours des fouilles menées par le Dr Nurettin Yardimer en 1983. Les fouilles sont actuellement menées également en dehors des portes nord et ouest. La grande mosquée, qui est resté debout jusqu’à aujourd’hui, avec son minaret de 33,30 m de haut , sa fontaine, son mihrab, et le mur de l’Est, a connu plusieurs processus de restauration . 

La première université au monde  Harran (Turquie) faite par le calife Abbasside Harun al-Rashid pour la traduction des textes grecs etc.
L’une des premières université au monde Harran (Turquie) faite par le calife Abbasside Harun al-Rashid 786 – 809 pour la traduction des textes grecs etc.

Le théologien chrétien Théodore Abu Qurrah fut, de 795 à 812, évêque orthodoxe de Harran.

Dans la période antique cette ville fut un centre de premier plan dans l’idolâtrie des mésopotamiens, avec une grosse communauté sectaire proche des sabéens (adorateurs des étoiles) le calife abbasside al-Ma’mûn (813 à 833), qui, en passant par Harran sur son chemin lors d’une campagne contre les romains de l’Empire byzantin, aurai forcé les Harraniens à choisir (se convertir) à l’une des «religions du livre» (ahl al kitab) comme cette secte issue des sabéens n’en fait pas partie. Les Chrétiens araméens et assyriens sont quant à eux restés chrétiens. Les Sabéens ont été mentionnés dans le Coran, mais ceux-ci étaient un groupe issue des mandéens (une secte gnostique) vivant dans le sud de la Mésopotamie.  Après la mort du calife alMa’mûn en 833, certains redevinrent ouvertement adorateurs des planètes.  Le plus célèbre des sabéens de Harran est Thābit ibn Qurra,  (826-901) mathématicien et astronome, qui a traduit en arabe de très nombreux textes scientifiques grecs.

Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira
Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira

En 1032 ou 1033 le temple des Sabéens de Harran a été détruit.

En 10591060 le temple a été reconstruit en une résidence fortifiée  par les arabes Numayrides, (Banu Numayr) qui a pris le pouvoir dans le Diyar Mudar (ouest d’al-Jazira) au cours du 11ème siècle.

Les Banu Numayr ibn ʿAmir ibn SaʿSaʿ, sont une tribu arabe (Wüstenfeld, Geneal. Tabellen, F 15), habitant originellement les hauteurs occidentales de la Yamāma et celles qui sont situées entre ce territoire et le Ḥimā Ḍāriyya: une région âpre et difficile, dont la nature explique le caractère sauvage et farouche des Numayr. Leur nom, comme celui de Namr/Anmār porté par d’autres groupes ethniques (on connaît d’ailleurs, dans la liste des tribus arabes, plusieurs autres clans portant le même nom de Numayr: chez les Banu Asad, les Banu Tamïm, les Banu Ḏj̲uʿfī’, les Banu Hamdān, etc.), il se rattache sans doute à nimr/namir [q.v.], la panthère arabe  » (1)

Banu_Amir_Branches

En  1037, les Banū Numayr lancèrent une expédition sous le commandement d’Ibn Waṯṯāb et d’Ibn cUṭayr, avec  l’aide d’Ibn Marwān (dynastie kurde que certain disent omeyyade marwanide) qui leur envoya une armée afin de prendre Edesse (al-Ruhâaux Rum (Byzantins). Ils levèrent également les villageois musulmans de la région. Ils s’emparèrent d’abord de la ville de Suwayda (Sevavarak, à la limite du Diyār Muḍar et du Diyār Bakr) que les Byzantins venaient de rebâtir. Ils y tuèrent 3 500  soldats, firent de nombreux esclaves et un gros butin (al-Ghanima). Puis ils investirent Edesse (al-Ruhâ), encerclant la ville et interdisant toute entrée de vivres ou de matériel. Le patrice Byzantin qui commandait la garnison réussi à s’enfuir, déguisé, et se rendre auprès du Basileus qui lui confia 5 000 cavaliers pour dégager la cité . Mais les troupes musulmanes avertis, tendirent un piège, ou un grand nombre d’hommes furent massacrées et le patrice Rumi fait prisonnier. En menaçant de l’exécuter sous les murailles d’Edesse (al-Ruhâles assiégeants purent se faire ouvrir les portes de la ville. Seule, la citadelle résistait encore. Le butin fut énorme et les captifs innombrable . Ibn Waṯṯāb envoya à Āmid cent soixante bêtes de somme chargées des têtes qu’il avait fait couper. (2)

Les dynastie arabes des Mirdassides et des Numayrides  du Sham et Jazira
Les dynasties arabes des Mirdassides et des Numayrides du Sham et Jazira

Ḥassān ibn al-Ǧarrāḥ, au service des Byzantins, vint combattre les Banū Numayr à la tête de 5 000  cavaliers arabes et grecs. Ibn Waṯṯāb avança à sa rencontre. La garnison byzantine d’Edesse (al-Ruhâ) en profita pour faire une sortie et attaquer Harran. Ibn Waṯṯāb l’ayant appris se rendit dans cette ville pour les combattre. Vaincus, les soldats grecs revinrent à Edesse (al-Ruhâ). Le siège de la forteresse se poursuivit jusqu’en 429/1033, année où Ibn Waṯṯāb consentit à leur livrer la ville et son faubourg (rabaḍ). Les Rums purent alors quitter la tour-citadelle et occuper à nouveau la ville. Celle-ci fut reconstruite et fortifiée ; des Grecs y furent installés en nombre. Les musulmans de Harran se sentirent menacés par la proximité d’Edesse (al-Ruhâ).

L’affaiblissement des Banū Numayr s’explique, en partie, par les changements intervenus en Syrie du Nord. Naṣr b. Ṣālih, leur allié avait disparu. (3)

Le portail sculpté de la citadelle  des arabes Numayride à Harran en 1040 par Osprey source The Sarracen stronghold"
Le portail sculpté de la citadelle  des arabes Numayride à Harran en 1060 par Osprey source The Saracen stronghold »

« Avec une entrée en fer à cheval,  les arches  de la Citadelle Numayride de Harran a des tours solides, de forme rectangulaires. Immédiatement sur les portes il ce trouve des inscriptions gravée sur pierre du seul verset de la sourate 112 du Coran: « Dis: «Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.  Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui».. » Cette déclaration empathique de la différence fondamentale entre l’Islam et Christianisme, rejetant la croyance chrétienne dans la divinité de Jésus  (Aleyhi salam). La structure entière a été couvert de basalte, tandis que les alentours de la porte voûtée ont été décorés de sculptures de basalte, y compris les paires de chiens de chasse tenu en laisses (voir image). Sur les côtés de l’arc ont été sculptés des oiseaux, probablement des aigles aux ailes repliées. Bien que les fragments sont maintenant trop décomposés pour être entièrement vue, ce même motif a été utilisé dans cette même région ‘un siècle plus tard dans la ferronnerie islamique. Une autre inscription de consécration longeait les murs orientés vers l’intérieur des tours et au-dessus de la porte. ont y lisait clairement : « Au nom de Dieu Allah Le Miséricordieux, le bienveillant .. C’est ce qui a été ordonné à faire, (par) notre maître, l’émir, l’Auguste, le Seigneur que Dieu aide, le Victorieux, Najib al-Dawla Radi al-Dawla Abu’l-Ziman fils de Mu’ayyad al-Dawla Waththab fils de Ja’bar le Numayrid en l’an 451  » Le prince  Numayride en question est plus communément connu sous le nom de Mani ibn Shabib, qui a dominé la région de Harran de l’an 1040 jusqu’en 1063, la date islamique de 451 Hijra c’est déroulée du 17 Février 1059 JC  au 6 Février 1060 JC. » (4)

Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira
Ruines de la citadelle Numayride de Harran en Turquie de la région de la Jazira 

Le sultan de la dynastie Turque Zenguide Nur al-Din Mahmoud el Mâlik al Adil (vers 1117/8 – 15 mai 1174) aussi appelé Nur ed-Din à  transformé la résidence fortifié en un pur château fort ont étais alors en pleine croisade.

Pendant les Croisades , le 7 mai 1104, une bataille décisive a eu lieu dans la vallée de la rivière Balikh, connue sous le nom de « bataille de Harran » . Toutefois, selon Matthieu d’Edesse l’emplacement réel de la bataille se trouve à deux jours de Harran.

Albert de Aachen (v. 1100) et Foucher de Chartres  (mort en 1127) ont localiser le champ de bataille dans la plaine en face de la ville d’ ar-Raqqah .

Pendant la bataille, Baudouin de Bourcq (mort le 21 août 1131), comte d’Édesse , a été capturé par les troupes de l’Empire des Grands seldjoukides (1038-1118) .

Après sa libération Baudouin est devenu roi de Jérusalem .

A la fin du 12ème siècle Harran a servi avec ar-Raqqah en Syrie comme résidence des princes kurdes Ayyoubide (1171 – 1341).

Le sultan ayyoubide de la Jazira, Al-Adel  (né en 1143 – mort en 1218), a encore renforcé les fortifications du château.

Dans les années 1260 la ville a été complètement détruite et abandonnée pendant les invasions mongoles Ilkhanide de la Syrie .

Le père du célèbre hanbalite  et érudit le shaykh al Islam Ibn Taymiyya (né en 1263 à Harran , mort en 1328 à Damas) était un réfugié de Harran, installé à Damas et est issue de cette tribu arabe adanite des Banu Numayr.

L’historien musulman du 13ème siècle Abu al-Fida décrit la ville comme étant en ruines.

Notables liés à Harran :

  • Al-Battani, Sabéen astronome et mathématicien
  • Balthazar, fils et régent de Nabonide roi neo-babylonien
  • Hammad al-Harrani , érudit islamique
  • Ibn Taymiyya, érudit islamique
  • Nabonide, le dernier roi néo-babylonien 
  • Théodore Abu Qurrah, théologien chrétien
  • Thabit ibn Qurra, mathématicien et astronome
  • Marwan II, dernier calife Omeyyade d’Orient
  • Ibrahim/Abraham aleyhi salam, patriarche et prophète

Notes :

  1. Levi Della Vida, G.. « Numayr. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2015
  2. Ibn Al-cAdīm, I, 250; Ibn al-Aṯīr, p.505 .
  3. Thierry Bianquis  Damas /Syrie sous domination Fatimide chap 2. La grande révolte des tribus Arabes
  4. David Nicolle  » The Saracen Strongold 630-1050 – The Middle East And Central Asia

La famille arabe Toudjibide et sa branche les Banu Sumadith d’Almeria Andalousie 11eme siècle:

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Fichier: Carte de localisation des Taifa Almería.svg
La taifa d’Alméria dans la première période de taïfas (arabe : [mulūk aṭ-ṭawā’if] ملوك الطوائف les royaumes des factions) (espagnol : Reynos de taifa) est une période de l’histoire d’Al-Andalus située entre la chute du Califat arabe Omeyyade de Cordoue et la conquête berbère almoravide. Datation : 1039-1094 (achèvement de la conquête almoravide)

ROYAUME D’ALMÉRIA.

1ere Dynastie celle des : esclavons (as-Saqlabiya)

Les Saqaliba occupaient des fonctions variées : serviteurs, eunuques, artisans, soldats et même gardes du calife. Nombre d’entre eux occupèrent des postes importants et à la différence des millions d’esclaves inconnus, leur sort est bien renseigné. Certains Saqāliba devinrent même seigneurs de taïfas (muluk at-tawa’if) à al-Andalus après la chute du califat Omeyyade de Qurtuba.

Le mur de Khairan al-Saclabi à Almeria , Andalousie, 11e siècle.

 

 

1er  KHAIRAN AL-SACLABI.

Khaïran , Dalmate ou Esclavon de naissance, peut être considéré comme le premier émir indépendant d’Almérie, Quoiqu’il n’ait pas pris le titre de roi. Dévoué à la famille es Amérides, dont il tenait sa fortune et le gouvernement d’Almérie, il refusa, l’an 399et 400 de l’heg. (1009 et 1010 de J. C), de se soumettre à Mohammed Al-Mahdy et à Soléiman, usurpateurs du khalifat de Cordoue.

Elevé à la charge de hadjeb , par Hischam Al-Mowaïad l’Omeyyade , il défendit, avec autant de zèle et de constance que de courage, et toujours au péril de sa vie , les droits de ce faible et infortuné monarque, même après s mort ou sa disparition politique.

Uni avec Ali Ibn hammoud (Le berbère Hammadide d’ifriqiya, Bejaia), qu’il alla chercher en Afrique du Nord, il fit la guerre avec succès à Soleiman, mais, trompé dans son espérance de voir le trône de Cordoue rebdu à Hisham ou à quelque autres princes parmis la famille des Banu Umayyah (Omeyyades), il se déclara contre Ali, qui s’en étais emparé, fit proclamer cause de ce prince, l’an 408 (1017-18).

 

Les remparts Omeyyade de la ville andalouse d'Almeria
Les remparts Omeyyade de la ville andalouse d’Almeria

2eme ZOHA1R AL-SACLABI.

An de l’hég. 4o8 (de J.-C. 1017-18). Zohaïr, compatriote et parent de Khaïran, ayant apris sa mort, accourut, de Dénia, dont il était gouverneur ; et, soutenu par les autres Al-Amiri, il enleva de vive force la ville d’Alméria , au Cadhi Abou’l Cacem Mohammed al-Zobeidi, qui fut tué sur la brèche (1).

Il se démit du gouvernement de Dénia en faveur d’Aly ben Moudjahed al-Khawlani et céda la ville de Castillon à Moudjahed, lui-même, ce roi arabe des îles Baléares, dont on a parlé ci-dessus, en deux endroits .

Le pays de Tadmir ou de Murcie, appartenait aussi à Zohaïr.

Ce prince continua de résister à la faction des Alide Hammoudide et aux rois de Grenade , leurs principaux soutiens.

Mais, toujours fidèle aux Omeyyades, il ne dut prendre le titre de roi qu’après l’extinction de cette célèbre dynastie.

Suivant Conde , il mourut de maladie , l’an 432 de l’hég. (1041), après avoir institué pour son héritier, le roi de Valence, Abdel-aziz ,* chef de la famille arabe des Amirides. Suivant Casiri , Zobaïr fut assassiné en 443 ( 1051), sans qu’on sache la cause ni l’auteur de ce crime.

Quoi qu’il en soit , Abdel-aziz , devenu maître du royaume d’Alméria , soit par le testament de Zohaïr, soit par droit de conquête , y envoya pour lieutenant ou naïb , son gendre Maan, qui fonda une dynastie à Alméria.

Ruines du palais de l’émir et poète d’Almeria de la tribu arabe yéménite des Banu Tujjib ,de la dynastie des Banu Sumadih : Al-Mu’tasim Billah At-Tujjibi dit Almotacín par les croisés à La Alcazaba
Ruines du palais de l’émir et poète d’Almeria de la tribu arabe yéménite des Banu Tujjib ,de la dynastie des Banu Sumadih : Al-Mu’tasim Billah At-Tujjibi 

 

Dynastie arabe des Samadahite, Sumadith ou Toudjibidcs.

1erAbou al-Ahwas MAAN DZOU’L VEZIRA-TAYN.

An de l’hég. 432 ou 443 (de »J.-C. 1041 ou 1051). Mohammed ben Abdelrahman ben Samadah ou Samidab, père de Maan, et parent d’Al-Moundhar , premier roi de Saragosse , ayant abandonné son gouvernement de Huesca, eu 431 (104o), pour échapper sans doute aux persécutions de la famille arabe des Houdides , qui avait usurpé le trône de Saragoce sur les Tudjibide , vint à Valence avec ses deux fils, Abou’l Ahwas Maan et Abou-Otba Samadah, qui épousèrent deux filles du roi Abdel-aziz. (Casiri dit , t. II. , page 40 , que le roi de Valence épousa la fille de Mohammed, et page 214 • que les deux fils de celui-ci obtinrent la main de deux sœurs et non pas de deux filles d’Abdel- Aziz.).

Après les noces , il s’embarqua pour l’Orient , et périt dans un naufrage.

Maan, ayant reçu le royaume d’Alméria, le rendit indépendant , le gouverna avec beaucoup de prudence , et mérita l’amour de ses peuples.

Il fut surnommé Dzoul veziratayn, le maître des deux veziriats, c’est-à-dire de l’autorité civile et militaire.

Il mourut en 443 (1051), suivant Conde, qui n’assigne pas la durée de son règne, ou en 444 (1052), suivant Casiri qui, sans aucune vraisemblance , ne le fait régner qu’un an.

Abou’l A hvvas Maan , avant d’expirer, avait fait reconnaître son fils pour son successeur.

La court de l'émir de la taifa d'Almeria   al-Mustasim 1051
La court de l’émir de la taifa d’Almeria al-Mustasim Billah en 1051

2eme. Abou-Yahia MOHAMMED MOEZZ- ED-DAULAH Muizz al-Dawla.

s An de l’hég. 443 ou 444 (de J.-C. 105i ou 1052). Ce prince , né à Saragoce , dans le temps que son père en était cadhi , était à peine âgé de 18 ans lorsqu’il monta sur le trône d’Alméria.

A l’exemple des khalifes d’Orient , il prit dans sa proclamation, les titres  Al-Mutasim-Billah , et d ‘ Al-Wathik-Billah.

Son frère, ou plutôt son oncle Samadah, lui disputa la couronne et lui fit la guerre ; mais il échoua dans cette entreprise , et fut forcé de se mettre à la merci de son neveu , qui l’admit à sa cour, et lui conserva ses honneurs.

Doué de tous les avantages physiques, sage, vertueux, bienfaisant, libéral et magnifique, Moezz-ed- daulah (Muizz al-Dawla)  se fit aimé de ses sujets et mérite d’être cité parmi les meilleurs souverains de l’Espagne arabe.

Plus ami des douceurs de la paix, qu’ébloui des prestiges de la gloire militaire, il fut souvent l’arbitre et le médiateur des princes musulmans, ses contemporains.

Protecteur des ettres, qu’il cultivait lui-même avec succès, il attira à sa cour les savants de l’Orient, de l’Afrique , de diverses parties de l’Europe, et les combla de faveurs et de bienfaits.

Il les admettait à sa table , un jour de chaque semaine , afin de jouir de leur conversation plus à loisir , et il en logeait plusieurs dans son palais. Nul monarque de son temps, n’égala sa douceur, son humanité, sa justice; et quant à son goût éclairé pour les sciences et pour les arts , à l’étendue de ses connaissances, et à son talent supérieur pour les vers, on ne pouvait lui comparer que le roi de Séville, Al-Motamed, son ami et son neveu par alliance, avec lequel il faisait assaut poétique.

On a conservé quelques pièces de sa composition, adressées à ce monarque. Muizz al-Dawla  avait épousé en effet une fille de Mordjahed al-Khawlani, wali de Dénia et des Baléares ; mais il n’est pas vraisemblable qu’il ait formé une double alliance avec ce prince, en lui donnant aussi sa fille, puisque Moudiahed était mort avant que Moezz-eddaulah  (Muizz al-Dawla) fut en âge d’avoir des enfants.

Ce fut probablement Aly, fils de Moudjahed, qui épousa la fille du roi d’Alméria.

Al-Mutasim se joignit aux dynastes musulmans d’Espagne, pour appeler le souverain de l’Afrique, Yousouf ben Taschfyn l’Almoravide; mais il n’assista point à la bataille de Zallaka , en 479 (1086), étant occupé alors au siège d’Albit, place forte, dont les Castillans s’étaient emparés , dans les environs de Lorca.

Lorsque Yousouf ibn Tashfyn visita pour la seconde fois l’Espagne, l’an 48i (1088), afin de presser le siège d’Albit, le roi d’Alméria al-Mutasim vint le trouver dans le camp de Lorca, vêtu d’habillements noirs , pour faire sa cour au monarque africain, qui avait adopté cette couleur; ce qui donna lieu au roi de Séville de le comparer à un corbeau entouré de colombes, parce que les troupes d’Alméria étaient vêtues de blanc(Le. noir était  la couleur des khalifes Abbassides d’Orient. Le roi de Marrakesh l’avait prise par déférence pour cette maison , dont il affectait de reconnaître la suprematie spirituelle. Les rois d’Almérie , de Valence , et quelques autres émirs d’Espagne , avaient conserve le blanc, couleur des Ommeyades, leurs anciens souverains, et rivaux des Abbassides.).

La mésintelligence s’étant mise parmi les princes musulmans qui assiégeaient Albit, le siège fut levé, malgré l’avis de Moezz-eddaulah (Muizz al-Dawla); et le roi de Castille fit démanteler la place, après en .avoir retiré les restes de la garnison qui s’était si vaillamment défendue.

Yousouf ibn Tashfyn se rendit à Alméria , où il se rembarqua pour l’Afrique. A sa troisième expédition en Espagne, l’an 483 (1090), ayant été forcé de lever le siège de Tolède, parce qu’aucun des émirs ne lui amena des renforts, il se vengea en s’emparant successivement des états et des personnes des rois de Grenade et de Séville. Le bon roi d’Alméria , malgré ses vertus pacifiques et conciliantes, malgré l’amour de ses sujets et l’estime universelle dont il jouissait dans la Péninsule , ne put échapper à l’ambition du conquérant de l’Afrique. Assiégé dans sa capitale, par une division de l’armée de Yousouf, sous les ordres du général Abou-Zakaria ben Houcein, bloqué étroitement par terre et par mer, sans espoir de secours , et plus affligé des maux dont la famine accablait ses sujets , que de ses propres disgrâces , Moezz-eddaulah (Muizz al-Dawla) mourut de douleur le 4 rabi 11e. 484( 26 mai 1091) après un règne de quarante ans, digne d’une meilleure fin.

Vue sur Almeria
Vue sur Almeria al-Andalus, Espagne

3eme. Abou Marwan  Obayd Allah- al-Dawla .

An de l’hég. 484 (de J:-C. 1091). Obayd-Allah fut proclamé roi a Alméria  le jour même de la mort de son père , qui l’avait déjà déclaré son héritier.

Ce prince eut à peine le teins de s’asseoir sur un trône prêt à s’écrouler. Ayant appris la reddition de Séville , la chute et la captivité du roi al-Mutamid ibn abbad al-Lakhmi , il sentit qu’il était impossible de conserver plus longtemps Alméria.

Craignant de retomber entre les mains d’un monarque dont il avait déjà «prouvé la perfidie, il traita de la reddition de la place; et ayant, par ce moyen, endormi la vigilance des troupes ennemies, qui fermaient l’entrée du port , il équipa secrètement un navire , sur lequel il s’embarqua de nuit avec ses femmes , ses enfants, ses trésors, son frère Rafy-al- Dawla et la famille de ce prince.

Il abandonna ainsi sa capitale et ses états , à la fin de chaban ou dans le courant de ramadhan (septembre ou octobre), environ cinq mois après la mort de son père.

Suivant le conseil de ce dernier, il se retira dans les états du roi Al-Mansour, de la dynastie des Hammadides, qui régnait à Bougie (Bejaia) en Afrique (ifriqiya, Algerie), lien obtint le gouvernement de Tenes, où il se livra entièrement aux lettres, et il y composa plusieurs ouvrages.

Son frère Rafy-al-Dawla, excellent poète , mourut en 53g (n44-5), à Tlemsan (Tlemcen, Algerie) , dont Al-Mansour l’avait nommé gouverneur. Ezz-eddaulah , le plus jeune des frères du roi d’Alméria, se retira dans l’Espagne orientale.

Ainsi finit la dynastie arabe des Samadahides. Le lendemain de la fuite d’Obayd -Allah , les troupes Almoravides entrèrent dans Alméria, et la prise de Montujar et des autres places qui composaient ce petit royaume, suivit de près la conquête de la capitale.

 

Qassaba de Delys construit par Muiz al-Dawla Ibn Samadah de la tribu yéménite de Tudjib d’Alméria en 1068 jc Algerie
La Qasaba de Dellys en : Algérie, Dellys construite en 1068 par l »émir arabe andalous Muiz al-Dawla Ibn Samadah d’Alméria Situé à une centaine de kilomètres d’Alger, Dellys est une ville méditerranéenne typique où s’harmonisent les  styles  berbère, arabo-andalou et turco-ottoman.

Ibn Khaldoun nous dit qu’après avoir fait partie du royaume de Bejaia (Bougie, Ifriqiya en Algérie) la région de Dellys fut concédée par Mansur ibn Nasir (mort 1104) le 6e émir de la dynastie berbère des Hammadides en Algerie (1088–1104).  à Muizz al-Dawla ibn Samadah émir  arabe Toudjibide d’Almeria, qui vint chercher un asile auprès de lui, quand l’Espagne fut prise par les berbères  Almoravides 1088 (481 de l’Hégire) à 1104 (498 de l’Hégire).

Voilà ce que dit ibn Khaldoun dans « Histoires des berbères et des dynastie musulmanes » p55 : »Quand les Almora vides s’emparèrent de l’Espagne, Muizz-ad- Dawla-Ibn-Samadah , souverain d’Almeria , vint chercher un asile auprès d’al-Mansur. Ce monarque lui conceda Tedellis et l’établit dans cette ville. »

Les Toujibides sont à l’origine une famille arabe d’origine yéménite, ayant immigré dans la péninsule Ibérique au 8e siècle au temps des grandes conquêtes musulmanes. Cette famille influente qui joua un grand rôle dans la vie politique d’al-Andalus appartenait à l’aristocratie musulmane. Le fief de la famille se trouvait dans la vallée d’Ebre et plus particulièrement dans la ville de Daroca.  L’autre branche, celle des Sumadith, réussit à prendre le pouvoir dans la première moitié du xie siècle sur la principauté d’Almeria, où leur dynastie règne jusqu’à l’arrivée des Almoravides en 1091.

Bandera de Al Mutasim de Almería 1051
Bannière de l’émir arabe et poète al-Mutasim de la taifa d’Almeria en 1051

Le membre le plus célèbre de la dynastie est le prince al-Mutasim qui a été contraint par les Almoravides de se retirer dans la ville de Béjaïa en Algérie.  

En 1038 , sous le règne d’Abou Bakr al-Ghamini la Taifa d’Almeria a été conquise par Abd’al-Malik ibn Abd’al Aziz , roi de la Taifa de Valence et petit-fils d’ Almanzor , qui a nommé gouverneur Muhammad ben Ma’n qui est devenu indépendant en 1044 en inaugurant une nouvelle période de Taifa sous le règne de la dynastie des Banu Sumadih , connaissait une période de grande splendeur économique et culturel sous le gouvernement d’Abou Yahya Muhammad al-Mu’tasim, aussi connu comme Almotacín le roi poète, qui est arrivé à Almería forment l’un des centres culturels les plus importants de al-Andalus , qui attirait les poètes à qui,  il cédait auberges et argent. 

En 1085 , Alfonso VI a Toledo. Les rois Taifa de Séville , Grenade et Badajoz demandé l’aide des Almoravides qui sont entré dans la péninsule ibérique par Algésiras en 1086 , en battant le roi croisé de Castille-León dans la bataille de Zalaqa , après quoi, voyant la faiblesse des royaumes Taifa par des disputes continuelles entre eux,  ils prennent Almería en 1091, quelques mois après la mort de son dernier roi Taifa, Ahmad Mu’izz al-Dawla .

La Famille Banu Sumadih d’Almeria

  • 1041 Ma’n ben Muhammad ben Sumadih tudjibí
  • 1051 Abu Yahya Muhammad ben Ma’n, al-Mutasim
  • Régence d’Abou Utba 1052-1054 ou 1055
  • 1091 Ahmad ben Muhammad, Muizz al-Dawla (uniquement de Juin à Octobre ou Novembre 1091)

Source :

Tiré de l’encyclopédie  : « L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments » éd. in-8°, t. n, p..330-331 .

Date d’édition : 1818-1819

La Qasaba de Dellys sur Qantara http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=792

Guerre d’Abu Yaqub al-Mansur l’Almohade contre les Francs en Andalousie, Ravages d’Ali l’Almoravide en Ifrîkiyya, Mort de d’Abu Yaqub al Mansur l’Almohade et avènement de son fils Mohammed al-Nasir 1199 , par Ibn al-Athir

Publié le

Bataille pendent la Reconquista croisés.
Bataille pendent la Reconquista croisées, 13eme siècle 

Guerre d’Aboû Yoûsof Ya’koûb l’Almohade contre les Francs d’Espagne[105] al Andalus :

Cet événement est de cha’bân 591 (10 juil. 1195).

En effet le roi franc d’Espagne Alphonse [IX de Castille], ainsi que la reine de Tolède[106] écrivirent à Ya’koûb une lettre ainsi conçue[107] :

« En ton nom, ô Dieu très grand, créateur des cieux et de la terre ! Pour en venir au fait, ô émir, nul être doué d’une saine raison ou d’une intelligence nette n’ignore que tu es le chef de la religion hanîfienne[108] tout comme je le suis de la religion chrétienne. D’autre part, tu n’ignores pas jusqu’à quel point les chefs d’Espagne poussent le laisser-aller, l’abandon, l’insouciance du soin de leurs sujets, ainsi que les plaisirs auxquels ils s’adonnent. Aussi je leur impose la loi du plus fort, je vide leurs demeures, je réduis leurs enfants en captivité, je promène ignominieusement les hommes mûrs et je massacre les jeunes. Tu ne peux te soustraire à l’obligation de les protéger, car la force est entre tes mains et vous croyez que Dieu vous impose le devoir de nous combattre un contre dix. Mais maintenant Dieu, connaissant votre faiblesse, ne vous impose plus que de nous combattre un contre deux. C’est nous à l’heure présente qui allons vous combattre un contre plusieurs, sans que vous puissiez nous repousser ni que vous soyez capables de nous résister. On m’a rapporté aussi que tu as commencé à faire des levées et que tu penses à combattre, mais que tu diffères d’année en année, que tu n’avances un pied que pour reculer l’autre, et j’ignore si c’est la pusillanimité qui t’arrête ou le manque de foi en ta révélation. On m’a dit encore que tu ne trouves pas de moyen de faire la guerre. C’est peut-être que tu n’oses t’y exposer ? Eh bien ! je te déclare, à l’effet de te tranquilliser, que je te tiens pour excusé et que je regarde comme respectés tous les traités, conventions et serments si tu amènes ici toutes tes forces dans tes bateaux et les galères. Je marcherai contre toi avec toutes mes troupes pour l’attaquer dans l’endroit que tu préféreras. Si tu l’emportes, c’est un butin immense qui tombera entre tes mains et que tu pousseras devant toi ; mais si je reste vainqueur, c’est mon pouvoir qui l’emportera sur le tien, c’est mon autorité qui s’étendra sur les deux religions, c’est ma prééminence qui s’imposera aux deux peuples. C’est Dieu qui exauce les désirs, et qui par sa bonté accorde la félicité ; il est le seul maître et il n’y a de bien qu’en lui ! «

bataille d'alarcos almohade al andalus

Après avoir pris lecture de ce message, Ya’k’oûb écrivit ce verset (Coran, XXVII, 37) au haut de la lettre :

« Retourne vers ceux qui t’envoient. Nous irons les attaquer avec une armée à laquelle ils ne sauraient résister ; nous les chasserons de leur pays avilis et humiliés », et la renvoya au prince chrétien.

Puis il réunit une formidable armée et s’embarqua pour l’Espagne.

D’après une autre version, un parti franc, mécontent, nous l’avons dit, de la paix conclue en 586 (7 fév. 1190), parvint à réunir, à l’époque dont nous parlons, des troupes qui envahirent le territoire musulman, où elles massacrèrent et pillèrent tout et commirent d’épouvantables ravages.

Ce serait la nouvelle de ces événements qui aurait déterminé le passage de Ya’k’oûb en Espagne avec des troupes innombrables.

De leur côté, les Francs, sachant ce qui se préparait, réunirent des guerriers recrutés jusque dans les régions les plus éloignées d’Europe, et s’avancèrent avec ardeur et une confiance dans le succès qui reposait sur leur nombre.

Une bataille des plus acharnées fut livrée le 9 cha’bân 591 (19 juillet 1195) au nord de Cordoue, à K’al’at Ribâh’ (Calatrava) dans un endroit connu sous le nom de Merdj el-H’adîd[109] ; la fortune, d’abord contraire aux musulmans, tourna ensuite contre les chrétiens, qui furent honteusement battus  grâce à la faveur divine :

« Dieu a abaissé la parole des infidèles et élevé la sienne. Il est puissant et sage » (Coran, IX, 40).

146.000 chrétiens furent massacrés, 13.000 furent faits prisonniers, et un butin immense échut aux musulmans :

143.000 tentes, 46.000 chevaux, 100.000 mulets et 100.000 ânes.

Une proclamation de Ya’koûb avait annoncé que chacun resterait maître de son butin personnel, à l’exception des armes, et ce qui fut déposé entre ses mains dépassait, après compte fait, 70.000 armures complètes.

Du côté des musulmans, la perte fut de 20.000 tués.

Ya’koûb, poursuivant les fuyards, trouva que Calatrava, que les chrétiens avaient d’abord occupée, avait été évacuée par eux, tant leur terreur était grande ; il y installa un gouverneur et un corps de milice, puis regagna Séville.

Après sa défaite, Alphonse se rasa la tête, retourna son crucifix, prit un âne pour monture en jurant de ne plus se servir de cheval ni de mulet avant de voir les chrétiens victorieux, et recruta de nouvelles troupes.

Ya’koûb, qui en fut informé, envoya à Merrâkech et ailleurs l’ordre d’enrôler des soldats, mais sans exercer aucune contrainte, et de nombreux volontaires et soldés répondirent à son appel.

En rebî’ I 592 (comm. le 2 févr. 1196), eut lieu une nouvelle bataille où les Francs furent encore honteusement battus, et à la suite de laquelle leurs richesses, armes, montures, etc., devinrent la proie des vainqueurs.

Ya’koûb alla assiéger Tolède, qu’il attaqua vigoureusement ; il abattit les arbres des environs, y lança diverses expéditions qui s’emparèrent de plusieurs places fortes où l’on massacra les hommes et où l’on réduisit les femmes en captivité, tandis qu’on en ruinait les habitations et qu’on démantelait les murailles. Aussi les chrétiens étaient-ils réduits à l’extrémité, tandis que l’autorité de l’islâm s’accroissait.

Ya’koûb retourna séjourner à Séville, et quand l’année 593 (23 nov. 1196) commença, il s’avança de nouveau sur le territoire des chrétiens, qui alors s’humilièrent et dont les rois demandèrent la paix d’un commun accord.

Ya’koûb voulait d’abord poursuivre ses conquêtes et en finir avec eux ; il se décida cependant à leur accorder une trêve de cinq ans, par suite des nouvelles qu’on lui apporta des terribles ravages exercés par le Mayorcain ‘Ali ben Ish’âk’ en Ifrîkiyya, et il regagna Merrâkech à la fin de 593 (vers novembre 1197).

Casbah Hammadite (11eme siècle) de Bejaia, Algerie
La Casbah Hammadite du 11eme siècle de Bejaia, Algerie

Ravages d’Ali l’Almoravide en Ifrîkiyya[110]

Pendant les trois années que passa Ya’koûb en Espagne à combattre le bon combat,  on ne reçut pas en Ifrîkiyya de nouvelles de lui : les ambitions d’Ali ben Ish’âk, l’Almoravide de Mayorque, qui tenait la campagne avec les Arabes hilaliens, se réveillèrent alors, et il recommença ses attaques contre l’Ifrîkiyya.

Ses troupes se répandirent partout, semant le pillage et la dévastation ; les traces mêmes des villes furent effacées, les habitants disparurent et ces régions « restèrent désertes et toutes bouleversées » (Coran, II, 261 ; XVIII, 40 ; XXII, 44).

Il voulait aller assiéger Bougie pour profiter de ce que Ya’koûb était occupé à combattre les infidèles, et ne cacha pas son intention de marcher, dès qu’il aurait pris Bougie, contre le Maghreb.

Mais quand Ya’koûb sut ce qui se passait, il traita avec les chrétiens pour réduire le rebelle et le chasser, comme il avait fait déjà en 581.

L'armée almohade berbère
Les Muwahidun (Almohades), par Angus, McBride Osrey
1) Prince Emir Almohade/Muwahhid au 13eme siècle, Muhammad al-Nasir
2) Fantassin Andalous au 12eme siècle 
3) Garde Almohade/Muwahhid au 12eme siècle 

Mort de Ya’koûb ben Yoûsof l’Almohade et avènement de son fils Mohammed al-Nasir 1199

Ya’koûb mourut le 18 rebî’ II (16 févr. 1199) ou, selon d’autres, de djomâda I, 595 (16 mars 1199), à Salé, où il était venu de Merrâkech, afin de voir la ville nommée Mehdiyya, qu’il avait fait édifier vis-à-vis Salé, dans la région la plus belle et la plus plaisante.[111]

Ce prince, qui avait régné quinze ans, était plein d’ardeur pour la guerre sainte et la religion, et sage administrateur.

Il abandonna le rite malékite et professa le rite zâhirite.

Les juristes Z’àhirites, qui furent alors nombreux au Maghreb, jouirent de beaucoup d’autorité sous son règne ; on les appelait aussi H’azmiyya,  du nom de leur chef Aboû Mohammed [‘Ali ben Ahmed] ben H’azm, mais les partisans de ce système s’étaient fondus avec les Malékites.[112]

Ils reparurent et se développèrent beaucoup sous son règne ; mais, vers la fin, la sympathie de ce prince alla aux Châfe’ites, et dans certains endroits il les appela aux fonctions de kâdis.

La Grande mosquée Fatimide de Mahdia Tunisie.
La Grande mosquée Fatimide de Mahdia Tunisie.(10eme siècle)

Mehdiyya, insurgée contre Ya’k’oûb al-Mansur l’Almohade , se soumet à son fils Mohammed al-Nassir.

Lors de son départ d’Ifrîkiyya en 581 (3 avril 1185), Ya’k’oûb’ donna à Aboû Sa’îd ‘Othmân le gouvernement de Tunis et à Aboû ‘Ali Yoûnos celui de Mehdiyya : ils étaient frères et comptaient parmi les grands de la cour, de même que leur père ‘Omar Inti.

Il nomma commandant de la garnison de Mehdiyya Mohammed ben ‘Abd el-Kerîm, guerrier brave, renommé et très dur pour les Arabes, dont il n’épargna que ceux qu’il intimidait.

Ce chef, ayant appris qu’une portion des arabes ‘Awf étaient campés à un certain endroit, marcha contre eux, mais par des chemins détournés, de sorte qu’après les avoir dépassés il fit volte-face ; mais ils avaient eu connaissance de sa marche, si bien qu’ils s’enfuirent devant lui sans combattre et en abandonnant leurs biens et leurs femmes.

Mohammed fit main basse sur le tout et rentra à Mehdiyya, où il remit ces dernières au gouverneur ; mais du butin proprement dit il s’appropria ce qui lui convint et ne laissa que le reste au gouverneur et à la milice.

Alors les Benoû’ Awf se rendirent auprès d’Aboû Sa’îd ben ‘Omar pour embrasser l’Unitéisme (Almohade/Muwahidun), et sollicitèrent son intervention à l’effet de se faire restituer leurs biens et leurs femmes.

Aboû Sa’îd fit appeler Mohammed ben ‘Abd el-Kerîm et lui donna l’ordre de restituer les dépouilles dont il s’était emparé ; mais comme le général répondait ne pouvoir le faire, puisque la milice les avait, le gouverneur l’interpella rudement et voulut employer la force.

Alors Mohammed Je pria d’attendre jusqu’à ce que, rentré à Mehdiyya, il pût reprendre ce qui était encore entre les mains de la milice, s’engageant à parfaire de sa poche le manquant.

Il obtint ce délai et retourna à Mehdiyya ; mais il n’était pas tranquille, et après avoir réuni ses compagnons il leur raconta ce qui venait de lui arriver avec Aboû Sa’îd, et s’engagea par serment à ne pas les abandonner.

Ils lui en jurèrent autant, et alors il arrêta Aboû ‘Ali Yoùnos et s’empara de Mehdiyya. Aboû Sa’îd obtint cependant l’élargissement de son frère Yoùnos moyennant une rançon de 12.000 dinars, somme que Mohammed distribua à la milice.

À la suite des armements faits par Aboû Sa’îd en vue du siège de Mehdiyya, Mohammed députa à ‘Ali ben Ish’âk’ l’Almoravide, et celui-ci s’engagea par serment à le soutenir.

Alors Aboû Sa’îd ne donna pas suite à son projet ; mais la mort de Ya’k’oûb ayant fait monter sur le trône son fils Mohammed, celui-ci envoya par mer une armée commandée par son oncle, et par terre une autre armée que commandait son cousin El-H’asan ben Aboû H’afç ben ‘Abd el-Mou’min.

La première était parvenue à Bougie et la seconde à Constantine, quand l’Almoravide et les Arabes qui le soutenaient s’enfuirent d’Ifrîkiyya pour s’enfoncer dans le désert.

Lorsque la flotte se présenta devant Mehdiyya, Mohammed ben ‘Abd el-Kerîm se plaignit des procédés d’Aboû Sa’îd, déclarant qu’il reconnaissait l’autorité du Prince des croyants Mohammed et livrerait la ville non à Aboû Sa’îd, mais à ceux-là seulement qu’enverrait ce souverain.

La prise.de possession fut opérée en effet par des envoyés de ce dernier, et tout rentra dans l’ordre.

En djomâda II 603 (2 janvier 1207), mourut à l’hôpital de Baghdâd Aboû’l-Fad’l ‘Abd el-Mon’im ben ‘Abd el-’Azîz ’Iskenderâni dit Ibn en-Natroûni.

Il avait été en Ifrîkiyya porter un message au Mayorcain [Ali ben Ishâk’ l’Almoravide], de qui il avait reçu un cadeau de 10.000 dinars maghrébins, qu’il distribua entièrement dans sa ville à ses amis et connaissances.

C’était un homme de mérite, vertueux et tout à fait distingué ; Dieu ait pitié de son âme !

Il était très versé dans la littérature et est auteur de belles poésies.

Il fit à Mossoul un séjour de quelque durée pour étudier sous la direction du cheikh Aboû‘l-H’aram, chez qui je le fréquentai beaucoup.  »

 

 

Notes du Traducteur :

[105] Ce chapitre figure dans les Histoire. arabe. des Croisades. (ii, 1ère p., 78).

[106] Ces six derniers mots, par suite d’une leçon différente adoptée par Defrémery (Histoire., etc.) y sont rendus par « dont la capitale était Tolède ».

[107] On retrouve dans la biographie de Ya’koûb par Ibn Khallikan (iv, 338) un texte quelque peu différent de cette lettre, dont la rédaction y est attribuée à Ibn el-Fakhkhâr.

[108] C’est-à-dire de la religion orthodoxe qui remonte à Abraham et qui a été restaurée par Mahomet

[109] Tornberg a imprimé à deux reprises K’al’at Riyâh’, mais a rectifié cette orthographe dans son Index. Il s’agit de la célèbre bataille d’Alarcos, sur laquelle on peut voir l’Hist. des Berbères (ii. 213) ; Merrâkechi (trad., p. 245) ; Ibn Khallikan (iv, 340) ; le Kartâs (texte, p. 151 ; trad. Tornberg, p. 199). Au lieu de « Merdj el-H’adid », Merrâkechi lit « Fah’e el-Djedid ». C’est le 18 juillet 1195 qu’Alphonse IX perdit cette bataille.

[110] Ce chapitre se retrouve dans les H. ar. des cr. (ii, 1ère partie, p. 83).

[111] La Mehdiyya du Maroc fut fondée par ‘Abd el-Mou’min (voir la. note de la p. 308, trad. fr. de Merrâkechi), et Rabat par Ya’koûb (Ibn Khallikan, iv, 341). Il semble donc que notre auteur a commis une confusion. La mort de Ya’koûb n’est pas racontée de la même manière par tout le monde, et certains prétendent qu’il disparut mystérieusement (Zerkechi, tr. fr., p. 20 ; Ibn Khallikan, iv, 341).

[112] Le texte édité par Tornberg est corrompu ; il faut certainement lire …A-t-il ainsi que l’a d’ailleurs fait aussi Goldziher (Die Zahiriten, p. 174, où le renvoi, dans la note 3, doit se lire « Kâmil,XII, 95-96 ». Comparez aussi Quatremère, Mamlouks, I, B, 269, et les Prolégomènes, iii, 5.

Traduction française de ibn al-Athir du kitab  «Al-Kamil fi al-Tarikh  »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade 

Arrivée des forces Ayyoubide en Ifriqiya (1172), mort de l’Almohade Abu Yaqub Yusuf (1184), et guerre contre les Francs en Andalousie par ibn al-Athir :

Publié le Mis à jour le

Exercice des ghulam et mamelouks  Ayyoubide devant le sultan Salahudn al-Ayyoubi en Egypte.
Exercices des Ghulam et Mamelouks Ayyoubide devant le sultan Salahudin al-Ayyoubi en Egypte.

Arrivée des  Turc (Mamelouk des Ayyoubides) en Ifrîkiyya, où ils conquièrent Tripoli et d’autres villes[84] en 1172

En 568 (22 août 1172) une troupe de Turcs ayant à sa tête K’arak’oûch [85] mamlouk de Tak’i ed-Dîn ‘Omar, neveu de Salâh’ ed-Dîn Yoûsof ben Ayyoûb (Saladin al-Ayyoubi l’Ayyubide), dans une rédaction qui attribue à ‘Omar, frère du Prince des croyants (abbassides) , le commandement des troupes envoyées par Ya’koûb [lisez Aboû Ya’koûb Yoûsof], sortit d’Egypte[86] et se rendit dans les montagnes de Nefoûsa, où elle opéra sa jonction avec Mas’oûd ben Zemmâm, connu sous le nom de Mas’oûd el-Ballât.[87]

Ce chef, l’un des principaux de la région, avait pu autrefois se soustraire à l’autorité des Almohades d’’Abd el-Mou’min.[88]

La réunion des partisans de ces deux chefs constitua une force considérable, et ils mirent le siège devant Tripoli, qu’ils bloquèrent et serrèrent de très près.

Cette ville fut prise, K’arâk’oûch s’y empara du gouvernement, installa sa famille dans le palais et poursuivit ses conquêtes en Ifrîkiyya, sans qu’il pût cependant se rendre maître de Mehdiyya, de Sfax, de Gafça, de Tunis et des territoires et bourgades dépendant de ces villes.

De nombreux soldats constituèrent une armée de plus en plus forte à K’arâkoûch, dont l’autorité dans ces pays trouvait chez les Arabes une aide fondée sur leurs dispositions innées à détruire, à piller, à couper les arbres, les palmiers, etc.

Il réunit ainsi des richesses considérables qu’il mit en sûreté à Gabès, et, l’orgueil lui montant au cerveau, il se flatta de conquérir l’Ifrîkiyya tout entière, grâce à l’éloignement du maître de ce pays, Aboû Ya’koûb Yoûsof.

Nous verrons plus tard comment les choses se passèrent.

al-Faris Cavalier  Arabe avec son arc
al-Faris Cavalier Arabe avec son arc

Campagne de Yoûsof ben ‘Abd el-Mou’min contre les Francs en Espagne[89] la bravoure des chevaliers arabes (hilalliens du jund)

En la même année, Yoûsof partit de Séville à la tête de ses troupes pour faire campagne contre les Francs et alla assiéger Huete, ville qui est située à l’est et non loin de Tolède.

De nombreux : Francs vinrent se ranger sous les drapeaux d’Alphonse roi de Tolède [Alphonse IX de Castille], mais ne livrèrent pas de bataille rangée aux musulmans.

Or ceux-ci vinrent, à cause de leur grand nombre, à manquer de vivres et furent ainsi forcés de quitter le territoire franc pour retourner à Séville.

Jusqu’à 571 (21 juillet 1175), Yoûsof y séjourna, organisant ses troupes et faisant faire d’incessantes incursions [P. 257] en territoire franc.

Il y eut de nombreux combats et razzias où les Arabes déployèrent une bravoure indescriptible : en vain le champion arabe s’avançait entre les deux armées pour provoquer en combat singulier les chevaliers francs les plus réputés, nul n’osait relever son défi.

Aboû Ya’koûb Yoûsof regagna alors Merrâkech.[90]

 Saladin as depicted on a Dirham coin, Circa. 1190

La flotte sicilienne se présente devant Alexandrie et est mise en déroute

En moharrem 570 (août 1174), les Alexandrins et l’armée Ayyoubide d’Egypte remportèrent une victoire sur la flotte des Francs de Sicile.

Nous avons dit en effet que les Égyptiens avaient député au roi des Francs sur le littoral de Syrie ainsi qu’au prince de Sicile pour leur demander d’attaquer l’Egypte, de manière à leur permettre à eux-mêmes de se soulever et de chasser Salâh ed-Dîn (Saladin) al-Ayyoubi.

 

Le prince de Sicile équipa en conséquence une flotte considérable, etc.[91]

Abū Ya‘qūb Yūsuf; 1135 – 14 October 1184)[1] was the second Almohad Amir or caliph

 Révolte du prince de Gafça et conquête de cette ville par Yoûsof[92]

En 576 (27 mai 1180), Yoûsof s’avança en Ifrîkiyya et fit la conquête de Gafça. Le prince de cette ville, ‘Ali ben el-Mo’izz ben el-Mo’tazz, ayant vu que les Turcs étaient entrés en Ifrîkiyya, en avaient conquis une partie et avaient obtenu la soumission des Arabes, fut pris aussi de l’envie de se rendre indépendant et de secouer la suzeraineté de Yoûsof.

Il se révolta ouvertement et, soutenu par les habitants de Gafça, il massacra la garnison almohade de cette ville en chawwâl 572 (1er avril 1177).

Le gouverneur de Bougie informa Yoûsof de l’état de trouble où se trouvait le pays, de la reconnaissance faite par de nombreux Arabes du Turc K’arâk’oùch qui était entré en Ifrîkiyya, et du massacre de la garnison almohade de Gafça par Ali d’accord avec les habitants de cette ville.

Yoûsof commença par assurer les frontières qui pouvaient donner lieu à quelque crainte, et ce ne fut qu’après avoir pris ce soin qu’il passa en Ifrîkiyya avec ses troupes en 575 (7 juin 1179). Pendant trois mois il assiégea Gafça, qui était bien fortifiée et dont les habitants étaient braves, et coupa les arbres des environs.

La situation devenant pénible, ‘Ali sortit à l’insu de la population et de l’armée et arriva jusqu’à la tente de Yoûsof, où il se fit connaître au chambellan du prince.

Ce dernier, très surpris qu’Ali eût pu, sans sauf-conduit, arriver jusqu’à sa tente, le laissa néanmoins pénétrer jusqu’à lui, et ‘Ali, après lui avoir baisé la main, essaya de se justifier et le pria d’agir avec une générosité digne de lui-même en faisant grâce aussi bien à lui ‘Ali qu’aux habitants.

C’est ce que fît Yoûsof, qui pénétra dans la ville au commencement de l’année 576 (27 mai 1180) et envoya ‘Ali au Maghreb, où il le traita avec honneur et lui assigna un fief considérable.[93] Il réinstalla une garnison almohade à Gafça, et pardonna également à Mas’oûd ben Zemmâm, émir des Arabes, qui vint se présenter à lui, et qui fut aussi envoyé à Merrâkech.

Yoûsof se rendit ensuite à Mehdiyya, où il reçut un messager du roi de Sicile, qui venait solliciter la paix, et qui obtint une trêve [P. 310] de dix ans. Mais l’Ifrîkiyya, ravagée par la famine, ne pouvait nourrir ni les hommes ni les chevaux, et il regagna précipitamment le Maghreb.

La mosquée Almohade Hassan de Rabat construite par  sultan almohade Abû Yûsuf Ya'qûb al-Mansûr (r. 1184-1199)
La mosquée Almohade Hassan de Rabat au Maroc, fut construite par le sultan almohade Abû Yûsuf Ya’qûb al-Mansûr (r. 1184-1199)

 Mort de Yusuf l’Almohade et avènement de son fils Yaqub al-Mansur [94]

En 580 (13 avril 1184), Yoûsof passa du Maghreb en Espagne avec des troupes nombreuses, tant cavaliers que fantassins, et alla à l’ouest de ce pays assiéger Santarem, qui appartenait aux Francs. Au bout d’un mois, il tomba malade et mourut en rebi’ I (11 juin 1184) ; on le transporta en cercueil à Séville.[95]

Il avait régné vingt-deux ans et un mois.[96] Comme de son vivant il n’avait désigné aucun de ses fils pour le remplacer, les chefs almohades, d’accord avec la famille d’Abd el-Mou’min, choisirent le fils du défunt Aboû Yoûsof Ya’koûb, et l’installèrent sitôt que son père fut mort, car le voisinage de l’ennemi rendait l’entente urgente.

Le nouveau prince tint très dignement sa place, maintint haut l’étendard de la guerre sainte et gouverna sagement ; plein de piété, il appliquait les peines légales aux grands aussi bien qu’aux petits ; sa main ferme contint tout son vaste empire dans une obéissance parfaite.

Après avoir réorganisé les places frontières d’Espagne et y avoir installé de nombreuses garnisons, il répartit aussi des troupes dans le reste du pays et mit tout en ordre, puis retourna à Merrâkech.

Son père Yoûsof avait gouverné sagement et avec plus de douceur qu’Abd el-Mou’min ; il aimait  et favorisait les savants, avait recours à leurs lumières, leur confiait des fonctions et les attirait à sa cour ; les populations lui obéissaient volontiers, et des territoires qui avaient résisté à son prédécesseur lui firent leur soumission ; il ne changea rien au prélèvement des impôts tel que l’avait fixé son père.

Son autorité resta toujours incontestée, grâce à la manière dont il gouverna et dont il ne se départit pas jusqu’à la fin de sa vie.

Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d'époque Hammadide
Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d’époque Hammadide  (11eme siècle), Algérie. 

 Bougie est conquise par les Almoravides puis reconquise par les Almohades.[97]

En cha’bân 580 (6 nov. 1184), ‘Ali ben Ish’âk’, connu sous le nom d’Ibn Ghâniya, qui était l’un des principaux officiers des Almoravides, les anciens maîtres du Maghreb, partit de Mayorque, où il régnait, et alla conquérir Bougie.

En effet, à la nouvelle de la mort de Yoûsof ben ‘Abd el-Mou’min, il équipa les vingt bâtiments qui constituaient sa flotte, alla jeter l’ancre sur le littoral de Bougie, et après avoir débarqué les deux cents cavaliers almoravides et les quatre mille fantassins dont il était accompagné, il occupa cette ville sans coup férir.

Ce succès tint à l’absence du gouverneur qui, peu de jours auparavant, était parti pour Merrâkech sans laisser ni troupes ni défenseurs à Bougie, qu’aucun ennemi ne semblait alors menacer et que l’on croyait à l’abri d’un pareil coup d’audace d’Ibn Ghâniya.

Celui-ci fut rejoint par les survivants des Benoû H’ammûd, et cet accroissement de forces augmenta sa confiance.

En apprenant cet événement, le gouverneur de Bougie, interrompant son voyage, revint sur ses pas à la tête de trois cents cavaliers almohades, auxquels il en joignit environ un millier d’autres recrutés parmi les Arabes et les tribus de ces régions.

Dès que l’Almoravide fut informé qu’il approchait, il marcha à sa rencontre avec mille cavaliers et engagea l’action, mais elle fut de courte durée, car tous les auxiliaires du gouverneur se retournèrent contre lui, de sorte qu’il dut fuir avec ses Almohades et se retirer vers Merrâkech.

L’Almoravide regagna Bougie, et conquit ensuite tous les cantons qui en dépendent ; mais Constantine résista, et il dut en faire le siège jusqu’en çafar 581 (3 mai 1185). À cette date, une armée almohade partie de Merrâkech vint assiéger Bougie par terre et par mer, et les deux frères d’Ali ben Ish’âk’, c’est-à-dire Yah’ya et ‘Abd Allah, durent s’enfuir de là et rejoindre ‘Ali, qui leva le siège de Constantine et s’avança dans l’Ifrîkiyya.

L’armée almohade venue de Merrâkech et qui reconquit Bougie comptait, comme troupes de terre, vingt mille cavaliers envoyés par Ya’k’oûb, qui avait été mis au courant des événements par le gouverneur de Bougie et à qui celui-ci avait représenté les dangers que risquait de provoquer toute négligence.

Les Ghulam et Mamelouks de l'armée Ayyoubide
Les Ghulam et Mamelouks de l’armée Ayyoubide. Les Ayyoubides, les Almoravides reconnaissais Baghdad et les Abbassides comme calife légitime tout comme les arabes d’Ifriqiya et ne voulais pas de la secte Asharite Almohade.

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L’Ifrîkiyya, d’abord conquise par les Almoravides et les Arabes, rentre sous l’autorité des Almohades.[98]

Sous l’année 580, nous avons dit que Bougie, d’abord conquise par l’Almoravide ‘Ali ben Ish’âk’, fut reprise par l’armée almohade de Ya’k’oûb ben Yoûsof, et qu’ ‘Ali s’enfonça en Ifrîkiyya.

Les Banu Soleym, les Banu Riyâh’ et les autres Arabes de ces régions se joignirent à lui, aussi bien que les Turcs que nous avons dit être venus d’Egypte Ayyoubide dans ce pays sous la conduite de Cheref ed-Dîn K’arâk’oûch ; là aussi se trouvait parmi les Turcs d’Egypte, Bouzâba, mamlouk de Tak’i ed-Dîn, le neveu de Saladin.[99]

Réunis ainsi, ils formaient une troupe nombreuse et puissante, et tous ces alliés étaient hostiles au pouvoir almohade.

Ils reconnurent pour chef ‘Ali ben Ish’âk’, parce qu’il appartenait aune famille qui exerçait le pouvoir depuis longtemps, et lui donnèrent le titre d’Émir des musulmans.

Ils conquirent l’Ifrîkiyya tout entière de l’est à l’ouest, moins les deux villes de Tunis et de Mehdiyya, que les Almohades occupaient et où, se maintenant malgré tout, ils résistèrent à l’intimidation, au blocus et à la force.

Tous les fauteurs de troubles dans ce pays se joignirent à l’Almoravide insurgé, [P. 343] aussi bien que tous ceux qui ne cherchaient qu’à piller et à faire le mal ; ils ravagèrent les villes, les places fortes et les villages, violèrent les femmes et abattirent les arbres. ‘Abd el-Wâh’id ben ‘Abd Allah Hintâti, alors gouverneur almohade d’Ifrîkiyya, résidait à Tunis, d’où il écrivit à Merrâkech à Ya’k’oûb, prince Almohade du Maghreb, ce qui se passait.

L’Almoravide se dirigea vers la presqu’île de Bâchoû, qui est voisine de Tunis et renfermait de nombreux villages.[100]

Il en entreprit le blocus, puis il accorda l’amân aux habitants, qui le demandèrent ; mais ses soldats y ayant pénétré, y pillèrent toutes les richesses, les bêtes de somme et les vivres, dépouillèrent les hommes de leurs derniers vêtements, s’emparèrent des femmes et des enfants et laissèrent toute la population exténuée et sans ressources.

Ces malheureux se dirigèrent ensuite sur Tunis ; là, ceux qui avaient assez de vigueur pour cela travaillèrent pour se procurer de quoi se sustenter, tandis que les plus faibles vivaient de la charité publique.

Mais l’hiver étant survenu, ils furent fort éprouvés par le froid, et en outre la peste les accabla : on compta 12.000 morts dans une seule localité, ce qui peut faire juger du l’esté.

L’Almoravide, une fois maître de l’Ifrîkiyya, fit remplacer dans la khotba le nom des fils d’ ‘Abd el-Mou’min par celui du khalife Abbasside En-Nâçir lidîn-illâh, à qui il fit demander (l’investiture sous forme de) robes d’honneur et d’insignes noirs.

En 582 (23 mars 1186), il alla mettre le siège devant Gafça, dont les habitants, après avoir expulsé la garnison almohade, reconnurent son autorité ; il y organisa une milice formée d’Almoravides et de Turcs, et non content de la solidité des fortifications, il y laissa une garnison.

Au reçu de ces nouvelles, Ya’koûb ben Yoûsof forma une armée choisie de 20.000 cavaliers seulement, à cause du peu de vivres que l’on pouvait trouver dans ces régions et de l’état de ruine et de dévastation où elles se trouvaient, et se mit en marche vers Tunis en çafar 583 (Il avril 1187).

Il fit marcher contre ‘Ali ben Ish’àk’, qui était alors à Gafça, un corps de 6.000 cavaliers commandés par son neveu fils de son frère ; mais quand on en vint aux mains, une troupe de Turcs qui accompagnait le corps Almohade fit défection, ce qui amena la défaite de ce dernier et la mort de plusieurs des officiers qui le commandaient, en rebî’ I 583 (10 mai 1187).

Ya’koûb, après avoir reçu cette nouvelle, continua de résider à Tunis jusqu’à la mi-redjeb (20 septembre) de cette année, et mena alors ses troupes contre l’Almoravide et les Turcs : la rencontre eut lieu proche  de Gabès[101] et aboutit à la défaite d’Ibn Ghâniya et des siens, dont il fut fait une extermination presque complète ; le faible nombre qui échappa se jeta dans l’intérieur.

Le même jour, Ya’koûb se dirigea contre Gabès, et quand il l’eut conquise, il en tira les femmes et les enfants de K’arâk’oûch pour les expédier au Maghreb.

Il marcha ensuite sur Gafça, qu’il assiégea pendant trois mois, et au cours de cette période, il ravagea les environs et en abattit les arbres.

Les Turcs alors lui firent demander quartier pour eux-mêmes et pour les habitants, ce qui leur fut accordé.

Les Turcs sortirent sains et saufs, et le prince, qui avait remarqué leur bravoure et leur férocité, les envoya en garnison dans les places frontières ; mais les Almoravides qui étaient dans la ville furent mis à mort, les murs en furent démantelés et il n’y laissa plus subsister qu’une simple bourgade. Ainsi se réalisa la prédiction, rappelée plus haut, du Mahdi Ibn Toûmert, que ses murs seraient détruits et ses arbres coupés.[102]

La ruine de Gafça opérée et l’Ifrîkiyya remise en ordre, Ya’k’oûb rentra à Merrâkech en 584 (1er févr. 1188).

Remparts de la forteresse Omeyade de  Silves  al-Gharb al-Andalus Portugal  À l'époque musulmane, la principale ville de la région (Gharb al-Ândalus, الغرب الأندلس en arabe) est Silves. Au début du xie siècle, le califat de Cordoue éclate en plusieurs petits royaumes ou taïfas. L'Algarve est partagée entre le taïfa d'Algarve et celui de Silves. Ces deux royaumes sont conquis par le taïfa de Séville en 1051 et 1063, respectivement. Après la chute des Almoravides en 1147, le taïfa de Silves retrouve brièvement son indépendance avant de tomber sous le joug des Almohades en 1151.
Remparts de la forteresse Omeyyade de Silves al-Gharb al-Andalus Portugal  du 8eme siècle, à l’époque musulmane, la principale ville de la région (Gharb al-Ândalus, الغرب الأندلس en arabe) est Silves. Au début du xie siècle, le califat Omeyyade de Cordoue éclate en plusieurs petits royaumes ou taïfas. L’Algarve est partagée entre le taïfa d’Algarve et celui de Silves. Ces deux royaumes sont conquis par le taïfa de Séville en 1051 et 1063, respectivement.
Après la chute des Almoravides en 1147, le taïfa de Silves retrouve brièvement son indépendance avant de tomber sous le joug des Almohades en 1151.

 Silves al-Gharb al-Andalus est prise par les Francs, puis reprise par les musulmans.[103]

En 586 (7 févr. 1190) le roi franc Ibn er-Renk’[104] conquit Silves, dans l’ouest de l’Espagne, l’une des principales villes musulmanes de ce pays.

Au reçu de cette nouvelle, Aboû Yoûsof Ya’k’oûb, émir d’Espagne et du Maghreb, équipa une armée nombreuse et, franchissant le détroit qui le séparait de l’Espagne, il fit aussi passer par mer un important corps de troupes.

Il mit le siège devant celle ville et la combattit si vigoureusement que ses défenseurs durent demander grâce, ce qui leur fut accordé, et ils se retirèrent dans leur pays.

Il fit prendre également par une armée Almohade, à laquelle étaient adjoints de nombreux Arabes, quatre villes conquises par les Francs depuis quarante ans.

Les audacieuses attaques de ces guerriers furent cause que le roi franc de Tolède [Alphonse IX de Castille, 1158-1214 de J.-C] intimidé fit demander la paix, qui lui fut consentie pour une période de cinq ans ; après quoi Aboû Yoûsof retourna à Merrâkech.

Mais il y avait chez les Francs un parti hostile à cette trêve ; seulement, comme il ne pouvait manifester son opposition, il attendit pour relever la tête que commençât l’année 591 (15 déc. 1194), où il arriva ce que nous dirons.

 

Notes du Traducteur :

[84] Ce chapitre figure dans les Histoire. arabe. des croisades., i, 590.

[85] Deux mamlouks du nom de Karakouch ont joué un rôle à cette époque : le premier et le plus célèbre est l’eunuque Behâ ed-Dîn Karakouch ben ‘Abd Allah Asadi Nâciri Çaklabi (aussi appelé Aboû Sa’îd par Defrémery, Hist. ar. des cr. ii, 1, p. 19), qui tint une place importante parmi les conseillers du Saladin, qui mourut en 597 (11 oct. 1200), et à qui une intéressante monographie a été consacrée par M. Casanova (Mém. de la mission arch. du Caire, vi, p. 447 ; à la p. 483, l. 20 et 28, lire 561 au lieu de 661) ; le second est Cheref ed-Dîn Karakouch Armeni Moz’afferi Nâçiri, mamlouk de Moz’affer Taki ed-Dîn, qui fut crucifié à Weddân en 609 (2 juin 1212), qui eut au moins deux fils et dont le rôle dans l’histoire du Maghreb est exposé notamment par Tidjâni (Journ. As., 1852, ii, 152 et s.), dont Ibn Khaldoun a suivi le récit (H. des Berb.. ii, 91). Cheref ed-Dîn, dont il est ici question, arriva au Maghreb, selon le dire formel de notre texte, en 568, mais des dates postérieures sont aussi indiquées (Tidjâni, pp. 159-160, et 163 : Merrâkechi, tr. fr., p. 221 et 250 ; H. des Berb., ii, 91 ; cf. i, 71 ; Zerkechi, tr. fr., p. 18). Les deux Karakouch ont été confondus et regardés comme n’étant qu’un, par exemple dans l’index d’ibn el Athîr, p. 498 ; dans le t. III des H. ar. des cr., p. 90, ainsi que par l’auteur de l’index de ce tome : ils avaient cependant, avec raison, été distingués dans l’index du t. I de cette collection, ainsi que l’avait fait Defrémery (J. as., 1869, i, 524), et comme le fait aussi M. H. Derenbourg, Vie d’Ousâma, p. 432 et 450). Cf. L’Afrique sept, au XIIe s. de notre ère, p. 4, n. 2.

[86] C’est à la fin de 574 que Merrâkechi (p. 221 ; cf. 250) place la première arrivée des Turcs au Maghreb ; voir la note précédente.

[87] Dans Ibn Khaldoun, Mas’oûd ben Zemâm el-Bolt, chef des Benoû Riyâh (H. des Berb., i, 56, 71, 138 ; ii, 92).

[88] « Et de ses enfants », ajoute le texte des H. ar. des cr., ce qui est contredit par le récit d’Ibn Khaldoun.

[89] Ce chapitre figure dans les Hist. ar. des cr., I, 591.

[90] Comparez le récit de Merrâkechi (ibid.) et de VII. des Berb. (ii, 200). Au lieu de « Huete », Tornberg a mal restitué un mot écrit d’une manière imparfaite et en a fait « Honda ».

[91] Ce chapitre figure en entier dans la Biblioteca (i, 495) et dans les H. ar. des cr. (i, 611).

[92] De courts fragments de ce chapitre se retrouvent dans l’Hist. des Berb., ii, 593, et le dernier alinéa, dans la Biblioteca, i, 499 ; il figure en entier dans les Hist. ar. des cr., i, 645.

[93] Sur ‘Ali (Ibn er-Rend), comparez les récits d’Ibn Khaldoun (ii, 34 et 203), de Zerkechi (p. 15-16) et de Merrâkechi (p. 218).

[94] Le premier alinéa de ce chapitre se retrouve dans les Hist. ar. des cr. (i, 665).

[95] Voyez Recherches, de Dozy, 3e éd., ii, p. 443 ; H. des Berbères, ii, 205.

[96] Deux mss lisent « et quelques mois ».

[97] 3) On retrouve ce chapitre dans les H. ar., etc. (i, 667). Sur les faits dont il y est question, cf. Zerkechi, p. 18 ; Hist. des Berbères, ii, 208, et Merrâkechi, trad. fr., p. 233.

[98] Ce chapitre se retrouve presque tout entier dans les H. ar. des cr., i, 669.

[99] Sous l’année 582 (t. xi, 345 : H. ar. des cr., i, 672), notre auteur explique les événements auxquels il est fait ici allusion. En cette année, Saladin rappela en Syrie Tak’i ed-Dîn qui gouvernait en Egypte, et refusa de le recevoir. Alors Tak’i ed-Dîn réunit des milices et des troupes pour se rendre au Maghreb, où l’appelait son mamlouk K’arâk’oûch, qui s’était rendu maître des montagnes de Nefoûsa, de Barka, etc. Saladin, à cette nouvelle, rappela son neveu à la cour et lui attribua divers fiefs. Mais Taki ed-Dîn avait déjà fait partir son avant-garde sous le commandement de son mamlouk Bouzâba, lequel avait rejoint K’arak’oùch. — Behâ ed-Dîn (H. ar. etc., iii. 90) fait également allusion à ces incidents. Tidjâni les raconte d’une manière un peu différente et donne plus de détails sur les débuts de K’arâk’oûch en Ifrîkiyya (J. As., 1852, ii, 158 ; H. des Berb., ii, 91 ; cf. L’Afr. sept. au XIIe s. de notre ère, p. 5). — Sur l’orthographe du nom Bouzâba, cf. H. Derenbourg, Vie d’Ousâma, p. 450.

[100] Il s’agit là d’une région bien connue (Edrisi, 138 et 118 ; Bekri, 109 et ! 10, etc.), et non d’une île, ainsi que le dit la traduction des H. ar. des cr.

[101] À El-Hamma (Berbères, ii, 211 ; L’Afr. sept. au XIIe s., p. 4, n. 1).

[102] Tidjâni raconte comment Karakouch, ayant fini par se brouiller avec les Benoû Ghâniya, fut crucifié à Waddân en 609 (Journ. as., 1852, ii, 154),

[103] Ce chapitre se retrouve dans les Histoires. arabes. des croisades (ii, 1ère partie, p. 35).

Traduction française de ibn al-Athir du kitab «Al-Kamil fi al-Tarikh »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

Mort en 1163 d’Abd al-Mumin premier calife-imam de la dynastie Almohade et mort en 1171 de l’émir Ibn Mardanish de Murcie par ibn al-Athir :

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Cette mosquée fut construite par Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali  premier "calife" Almohade ( en 524–58 de l'Hégire 1130–63 JC ) à 100 km au Sud de Marrakesh, à Tinmel, Haut-Atlas, Maroc.  Source: [http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;ma;Mon01;9;en&cp]
Cette mosquée fut construite par Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali premier « calife » Almohade ( en 524–58 de l’Hégire 1130–63 JC ) à 100 km au Sud de Marrakesh, à Tinmel, Haut-Atlas, Maroc.

Ibn Merdenîch conquiert Grenade sur ‘Abd el-Mou’min l’Almohade, puis en est chassé[72]

En 557 (20 déc. 1161), les Grenadins, qui reconnaissaient alors l’autorité d’Abd el-Mou’min, députèrent à Ibrahim ben Hemochk pour lui demander de venir prendre possession de leur ville.

Ce chef, qui était le beau-père d’Ibn Merdenîch, avait d’abord embrassé l’Unitéisme (Muwahidun, Almohade), était devenu partisan d’Abd el-Mou’min et l’avait excité à attaquer son beau-père, mais il avait ensuite abandonné le parti des Almohades et s’était réconcilié avec Ibn Merdenîch.[73] Ibn Hemochk, agréant cette offre, se rendit à Grenade avec les députés,  mais il y trouva un groupe d’Almohades qui se retrancha dans le fort.

Quand Aboû Sa’id ‘Othmân ben ‘Abd el-Mou’min, alors à Malaga, eut vent de cette affaire, il réunit ses troupes pour marcher au secours de ses partisans de Grenade, et de son côté Ibrâhîm ben Hemochk adressa une demande de secours à Ibn Merdenîch, chef de l’Espagne orientale, qui lui envoya deux mille cavaliers musulmans et francs.

Cette troupe livra dans les environs de Grenade un combat aux Almohades qui se trouvaient dans cette ville, avant qu’Aboû Sa’îd pût arriver.

Les Almohades se battirent courageusement, mais furent mis en fuite ; puis Aboû Sa’îd livra à son arrivée un nouveau combat où beaucoup des siens tombèrent ; lui-même cependant tint ferme avec une troupe de chefs et de braves cavaliers et fantassins, qui se firent tuer jusqu’au dernier, et Aboû Sa’îd dut alors s’enfuir à Malaga.

‘Abd el-Mou’min apprit ces nouvelles pendant qu’il était déjà en marche vers Salé, et il expédia aussitôt son fils Aboû Ya’koûb Yoûsof avec 20.000 combattants et plusieurs des cheikhs almohades qui s’avancèrent à marches forcées.

À cette nouvelle, Ibn Merdenîch se dirigea avec son armée vers Grenade pour soutenir Ibn Hemochk ; et ces deux contingents réunis formaient une nombreuse armée.

Le premier de ces chefs était campé en dehors de la ville, à Ech-Cherî’a[74] ; les deux mille cavaliers qui avaient formé la première armée d’Ibn Hemochk campèrent en dehors du Fort rouge,[75] et ce chef avec les siens dans ce fort même.

Les troupes almohades parurent sur une montagne proche de Grenade, auprès de laquelle elles séjournèrent quelques jours ; puis elles firent tenter par quatre mille cavaliers une attaque nocturne contre les troupes campées en dehors du Fort rouge, tandis qu’elles les enceignaient de toutes parts.

Ces soldats ne purent pas même monter à cheval et furent massacrés jusqu’au dernier.

L’armée almohade tout entière s’avança ensuite et s’installa dans les environs immédiats de Grenade.[76] Ibn Merdenîch et Ibn Hemochk, comprenant qu’ils ne pouvaient résister, s’enfuirent la nuit suivante et se retirèrent dans leurs Etats.

Les Almohades conquirent Grenade au cours de la même année. Quant à ‘Abd el-Mou’min, il repartit de Salé pour rentrer à Merrâkech.

Koutoubia , qui a été fondé par Abdul Momin en 1147 à Marrakech .
La Koutoubia , qui a été fondé par  l’Almohade Abd al-Mumin en 1147 à Marrakech  au Maroc

Mort d’’Abd el-Mou’min et avènement de son fils Yoûsof [77]

Le 20 djomâda II 558 (25 mai 1163), ce prince, qui régnait sur le Maghreb, l’Ifrîkiyya et l’Espagne, mourut à Salé, où il s’était rendu en venant de Merrâkech. [P. 192]

Quand il se vit malade et près de sa fin, il convoqua les cheikhs almohades qui l’accompagnaient et leur dit que, après avoir mis à l’épreuve son fils Mohammed,[78] il ne le jugeait pas en état d’exercer le pouvoir, et que, croyant son autre fils Yoûsof plus apte à supporter ce fardeau, il leur conseillait de le prendre pour leur chef. Ce fut donc, d’après ses dernières recommandations, à Yoûsof qu’on prêta serment en le saluant du litre de Prince des croyants.

Mais la mort d’Abd el-Mou’min fut tenue secrète, et on transporta son corps en litière, comme s’il était seulement malade, jusqu’à Merrâkech. Aboû H’afç, autre fils du défunt, était alors chambellan, et il continua de remplir les mêmes fonctions auprès de son frère et de porter au peuple les ordres du Prince des croyants.[79]

Yoûsof exerça le pouvoir aux lieu et place de son père jusqu’à ce que son autorité fût reconnue dans toutes les provinces, et ce fut alors seulement qu’il annonça la mort d’Abd el-Mou’min.

Ce dernier prince, qui avait régné trente-trois ans et quelques mois, était intelligent, décidé, avait le jugement droit, était bon administrateur, se montrait généreux ; mais il versait facilement le sang des musulmans coupables d’une faute légère.

Il respectait hautement la religion et sut la consolider ; dans tous ses Etats il fit respecter l’obligation de la prière, et la mort frappait celui qu’il surprenait à ne pas prier quand le moment était venu.

Dans tout le Maghreb il établit le rite malékite en ce qui concerne les applications de la loi, et la doctrine d’Aboû’l-H’asan Ach’ari en ce qui a trait aux principes religieux. Aux réunions qu’il tenait figuraient principalement les gens de science et de religion ; il recourait à eux, recherchait leur conversation et leur permettait de lui parler.

Les tribus djebala d’après « Jbala. Histoire et société. Etudes sur le Maroc du Nord-Ouest » CNRS, Paris Casablanca, 1991. . Vignet-Zunz, « Djebala », in Encyclopédie berbère, 16 | Djalut – Dougga [Online], Online since 01 June 2011, connection on 15 October 2014. URL : http://encyclopedieberbere.revues.org/2176
Les tribus djebala d’après « Jbala. Histoire et société. Etudes sur le Maroc du Nord-Ouest » CNRS, Paris Casablanca, 1991. . Vignet-Zunz, « Djebala », in Encyclopédie berbère, 16 | Djalut – Dougga 

 Insurrection des Ghomâra au Maghreb

Quand, en 559 (29 nov. 1163), la mort d’Abd el-Mou’min fut divulguée, toutes les tribus des Ghomâra, qui forment un peuple nombreux, se soulevèrent sous la conduite d’un grand chef nommé Miflàh’ ben ‘Ami’ et se cantonnèrent dans leurs montagnes, qui forment des citadelles presque inaccessibles.

Aboû Ya’koûb Yoûsof, successeur d’Abd el-Mou’min, marcha contre eux avec ses deux frères, ‘Amr[80] et ‘Othmân, à la tête d’une forte armée d’Almohades et d’Arabes.

Les combats livrés par eux en 561 (6 nov. 1165) mirent les Ghomâra en déroule ;  ceux-ci perdirent de nombreux guerriers, parmi lesquels Miftâh’ ben ‘Amr et d’autres chefs, et leur pays fut conquis de vive force.

De nombreuses tribus de ces régions étaient toutes disposées à la révolte, mais attendaient l’issue de la lutte pour se prononcer ; le massacre des Ghomâra rabattit leur audace et les décida à la soumission, de sorte qu’il ne resta plus aucun fauteur de troubles et que le calme régna dans tout le Maghreb.[81]

Muhammad ibn abd Allab ibn Sad ibn Mardanis (Peñíscola 1124 (518 de l'Hégire) - Murcie mars 1172), connu par les chrétiens sous le surnom du Roi Loup, d’origine mozarabe, réussit à être roi de toute la zone orientale de Al-Andalus. source Le Musée d'art islamique à Las Claras de Murcie
Muhammad ibn abd Allab ibn Sad ibn Mardanis (Peñíscola 1124 (518 de l’Hégire) – Murcie mars 1172), connu par les chrétiens sous le surnom du Roi Loup, d’origine mozarabe, réussit à être roi de toute la zone orientale de Al-Andalus. source Le Musée d’art islamique à Las Claras de Murcie

 Combats livrés à Ibn Merdenîch par les troupes Almohade du fils d’Abd el-Mou’min

Mohammed ben Sa’d ben Merdenîch régnait dans l’Espagne orientale et vivait en bonne intelligence avec les Francs.

Il refusa de reconnaître ‘Abd el-Mou’min aussi bien que son successeur ; sa puissance s’accrut surtout du temps de ce dernier.

Mais en 565 (24 sept. 1169), Yoûsof ben ’Abd el-Mou’min fit marcher contre lui une armée qui parcourut et ravagea le territoire, s’empara de deux villes et jeta la terreur dans le cœur de ses troupes et de ses milices. Elle y séjourna assez pour le parcourir et en emporter les dépouilles.[82]

548-taifas-murcia-muhammad-ben-sad-dinar-1000 Dinar, Taifa de Murcie, ben Muhammad Ibn Sad Mardanich «The Wolf King ' ...

Mort d’Ibn Merdenîch, dont les Etats passent aux mains de Yoûsof ben ‘Abd el-Mou’min

En 567 (3 sept. 1171), mourut l’émir Mohammed ben Sa’d ben Merdenîch, qui régnait dans l’Espagne orientale, c’est-à-dire à Murcie, Valence, etc.

La dernière recommandation qu’il adressa à ses enfants fut d’aller, dès qu’il serait mort, trouver Aboû Ya’koûb Yoûsof, qui venait de débarquer à la tête de 100.000 combattants. Ils suivirent ce conseil, et leur démarche remplit de joie le cœur de Yoûsof, qui prit possession de ce territoire ; il épousa la sœur des princes ralliés, les traita honorablement, leur assigna un rang élevé et les installa à la cour après leur avoir distribué des sommes considérables.[83]

Notes du Traducteur:

 

[72] Ce chapitre figure dans les Hist. ar. des cr. : (i, 523). Il faut voir le récit des faits tel qu’il est exposé par Dozy, (Recherches etc. 3e éd., i, 372). Ce savant parle (p. 364) du récit d’Ibn el-Athir comme n’étant pas traduit ; il n’a pas songé à consulter le recueil cité, où en effet, il n’y avait pas de raison d’insérer ce chapitre, non plus du reste que plusieurs de ceux dont nous avons donné l’indication.

[73] Ces derniers mots ont été ajoutés d’après le texte publié dans les H. ar., et énoncent un fait conforme à ce que nous avons vu p. 571. Tornberg n’a pas relevé cette variante, non plus d’ailleurs que quelques autres.

[74] Cheri’a (abreuvoir) désigne un quartier ou un faubourg dans diverses villes du Maghreb (Dozy, Recherches, i, 383).

[75] Ce que l’on appelle aujourd’hui l’Alhambra est de construction postérieure et remonte à l’époque des Naçrides ou Benoû Ahmar. Notre Fort rouge doit être ce qu’on nomme l’Alcazaba de l’Alhambra, dont des restes subsistent encore (Dozy, Recherches, I, 385).

[76] Cette bataille fut livrée le 28 redjeb ou 13 juillet 1162, d’après Ibn Çâhib eç-çalât (Dozy, t. I., où l’on trouve, à la p. 380, la traduction d’un fragment de notre auteur).

[77] On retrouve ce chapitre dans les Hist. ar. des cr., (i, 529).

[78] On a vu plus haut (p. 118) les moyens employés par ‘Abd el-Mou’min pour faire reconnaître Mohammed en qualité d’héritier ; voyez aussi ce que disent Ibn Khaldoun (ii, 195), Merràkechi (p. 202). Zerkechi (p. 15), Ibn Khallikan (iv, 470) et !e Kartâs (texte, p. 132).

[79] Aboû Hafç ‘Omar, selon Merrâkechi (p. 203), s’effaça volontairement devant son frère.

[80] Il faut, si je ne me trompe, lire ‘Omar.

[81] Comparez Merrâkechi (trad., p. 217, avec la note).

[82] Voir ibid., p. 214 ; Berbères, ii, 197 ; Kartâs, p. 137 ; trad. latine, 184. Ce chapitre figure dans les H. ar. des cr.. i, 573, dans une rédaction qui attribue à ‘Omar, frère du Prince des croyants,le commandement des troupes envoyées par Ya’koûb [lisez Aboû Ya’koûb Yoûsof].

[83] Merrâkechi (trad. fr., p. 210) fait un récit analogue ; voir également Hist. des Berb., ii, 199 et 200 ; Ibn Khallikan.. iv, 471. On retrouve ce chapitre dans les H. ar. des cr., i, 585.

Traduction française de ibn al-Athir du kitab «Al-Kamil fi al-Tarikh »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade