Casques de Abd Allah Muhammad XII dit Boabdil, dernier sultan de Grenade 1492

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Un des Casques de Abd Allah Muhammad, connu par les croisés comme Boabdil, le dernier sultan de la dynastie arabe nasride de Grenade (r. 1482-1483, 1487-1492).
Arme de Boabil
Armes de Boabdil
hb_1983.413Abou c Abd Allah Muhammad, connu en Occident comme Boabdil, le dernier roi nasride de Grenade (r. 1482-1483, 1487-1492).
Image d'un casque  arabe très rare  du Sultan Abu Abd'Allah it Boabdil  le nasride de Gharnata (Grenade) Image d’un casque arabe très rare du Sultan Abu Abd’Allah it Boabdil le nasride de Gharnata (Grenade)
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caque arabe Un Casque arabe andalous du dernier sultan nasride Abu'Abd'Allah Muhammad XII dit Boabdil 15eme siècle  Un Casque arabe andalous du dernier sultan nasride Abu’Abd’Allah Muhammad XII dit Boabdil 15eme siècle

 

Les Ottomans : Armes, Portrait, Peinture et Objets etc..

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Tableau iranien du chiite Haydar Hatemi (1999) représentant le calife de l'Islam, l'Ottoman Yavuz Sultan Selim qui a porté un coup dévastateur aux chiites Safavides et Shah Ismail leurs chef dans la célébrissime et glorieuse bataille de Chaldiran 23 Août 1514 , une bataille d'une importance historique majeur dans l'histoire de l'Islam.
Tableau iranien du chiite Haydar Hatemi (1999) représentant le calife de l’Islam, l’Ottoman Yavuz Sultan Selim qui a porté un coup dévastateur aux chiites Safavides et Shah Ismail leurs chef dans la célébrissime et glorieuse bataille de Chaldiran 23 Août 1514 , une bataille d’une importance historique majeur dans l’histoire de l’Islam.
Manuscrit persan Shah Ismaïl montrant dans la bataille avec un commandant ottoman
Manuscrit Persan montrant le safavide Shah Ismaïl en combat contre un général Ottoman
Miniature turc, représentant le sultan Murad II pratiquant le tir à l’arc il est né en juin 1404 ; il était le fils de Mehmed Ier et lui succéda comme sultan ottoman en 1421. Il est mort le 3 février 1451. Son règne comporte une interruption entre 1444 et 1446, où il donna le pouvoir à son fils Mehmed pour le lui reprendre ensuite. Mehmed le Conquérant lui succéda à sa mort en 1451
Miniature turc, représentant le sultan Murad II pratiquant le tir à l’arc il est né en juin 1404 ; il était le fils de Mehmed Ier et lui succéda comme sultan ottoman en 1421. Il est mort le 3 février 1451. Son règne comporte une interruption entre 1444 et 1446, où il donna le pouvoir à son fils Mehmed pour le lui reprendre ensuite. Mehmed le Conquérant lui succéda à sa mort en 1451
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Épées de Murad oğlu Ahmed (« Mourad ibn Ahmed ») dit Mourad IV (16 juin 1612 – 9 février 1640) était le sultan ottoman et calife de l’Islam du 10 septembre 1623 au 9 février 1640
Armure ottomane avec un sabre
Armure ottomane avec un sabre « arabe » lame droite 
La bataille de Vienne 1683, l'armée ottomane est a gauche
La bataille de Vienne 1683, l’armée ottomane est a gauche
Tente ottomane de guerre du 17eme siècle
Tente ottomane de guerre du 17eme siècle
Le califat Ottoman dépassé les frontières de son empire étatique (la carte à l'image), en effet la Khutba étais dite au nom du calife de l'Islam ottoman depuis la Chine et l'Inde à l'afrique noire
Le califat Ottoman dépassé les frontières de son empire étatique (la carte à l’image), en effet la Khutba étais dite au nom du calife de l’Islam ottoman depuis la Chine et l’Inde à l’afrique noire
casque ottoman style kiptchak popularisé par les Mamelouks Egyptiens de la dynastie Bahrite ( 1250 à 1382)
casque ottoman style kiptchak popularisé par les Mamelouks Egyptiens de la dynastie Bahrite ( 1250 à 1382)
Batterie de canons Ottoman lors du siège de Esztergom en 1543
Batterie de canons Ottoman lors du siège de Esztergom en 1543
Casque Ottoman fabriqué a sainte Irène l'arsenal de Constantinople en 1520
Casque Ottoman fabriqué a sainte Irène l’arsenal de Constantinople en 1520
Masque Turc Ottoman de guerre
Masque Turc Ottoman de guerre
Fusils Turcs Ottomans 1750 1800, utilisés par les Janissaires
Fusils Turcs Ottomans 1750 1800, utilisés par les Janissaires
Une paire de Solaks, gardes du corps archer janissaire du Sultan ottoman
Une paire de Solaks, gardes du corps archer janissaire du Sultan ottoman
Sabre (Kilij Ottoman RARE et fourreau, TURQUIE, 19e siècle
Sabre (Kilij) Ottoman RARE et fourreau, TURQUIE, 19e siècle
Tente de guerre Ottomane, capturé et exposé a Budapest en trophée
Tente de guerre Ottomane, capturé et exposé a Budapest en trophée
Armement Turc Ottoman (hors arme à feu)
Armement Turc Ottoman (hors arme à feu)
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Casque Khulah Khud (style Persan) des mamelouks d’Egypte Ottomane
Janissaire Aga 17eme siècle
Janissaire Aga 17eme siècle 
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Carte du Sultanat Ottoman entre le 16 et 17 eme siècle
Carte du Sultanat Ottoman entre le 16 et 17 eme siècle
Carte du Sultanat Ottoman entre le 16 et 17 eme siècle
Veste Ottomane du 19eme siècle
Veste ottomane du 19eme siècle 
Khanjar Albanais 19eme siècle (Ottoman)
Très rare Khanjar Albanais du 19eme siècle (Ottoman) 
Janissaire Ottoman Osmanlı Yeniçerisi
Janissaire Ottoman Osmanlı Yeniçerisi 
Ottoman Black Sea yatagan, Russian or Bulgarian, 19th centur
Sabre Yatagan Ottoman, de la mer Noir , Russie ou Bulgarie actuel (19eme siècle) 
Ottoman War Set 18th Century
Le kit du guerrier Ottoman au 18eme siècle 
 Casque Ottoman style Kiptchak de 1560
Casque Ottoman style Kiptchak de 1560 
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Bouclier et Casque ottoman style Khulah Khud Perse Khorassan
Casques et armures ottomane
Casques et armures ottomane 
Janissaire Ottoman avant 1657
Janissaire Ottoman avant 1657
Le Sultan Ottoman et Calife de l'Islam Sulayman al-Kanuni dit le Magnifique à l'attaque sur son cheval
Le Sultan Ottoman et Calife de l’Islam Sulayman al-Kanuni dit le Magnifique à l’attaque sur son cheval
Sultan Mehmed II
Le sultan Ottoman Muhammad al-Fatih / Fatih Sultan Mehmet Han le conquérant 
Cavalier lourd sipahi ottoman du 16eme siècle
Cavalier lourd sipahi ottoman du 16eme siècle

 

Armure Ottomane du 16eme siècle
Armure Ottomane du 16eme siècle  
Masque de guerre Turc Ottoman
Masque de guerre Turc Ottoman
Bouclier Turc Ottoman du 17eme siècle
Bouclier Turc Ottoman du 17eme siècle
Cezayirli Gâzi Hasan Pacha dans le port d'Alger
Cezayirli Gâzi Hasan Pacha dans le port d’Alger
Expedition_to_Revan-Shahin-Shah-nama Sultan Murad III expédition s 'à Revan.
Le sultan Ottoman et calife de l’Islam Murad III (12 décembre 1574 à 16 janvier 1595), dans une expédition à Revan contre les Chiites Safavides
Hache ottomane du 18eme siècle
Hache ottomane du 18eme siècle
Le jeune sultan Ottoman Muhammad al-Fatih le conquérant qui prie avec les Moudjahidin ottomans devant les murs de l'orgueilleuse citée de Constantinople juste avant sa prise en 1453
Le jeune sultan Ottoman Muhammad al-Fatih le conquérant qui prie avec les Moudjahidin ottomans devant les murs de l’orgueilleuse citée de Constantinople juste avant sa prise en 1453
Le grand Sultan Ottoman et le Calife de l'ISLAM, celui qui à humilié et vaincu les perses chiite Safavide Murad IV 10 septembre 1623 – 9 février 1640
Le grand Sultan Ottoman et le Calife de l’ISLAM, celui qui à humilié et vaincu les perses chiite Safavide Murad IV 10 septembre 1623 – 9 février 1640 
Moustafa II (6 février 1664 - 31 décembre 1703) dans son armure complète, il fut le sultan ottoman et calife de l'Islam du 6 février 1695 au 21 août 1703.
Moustafa II (6 février 1664 – 31 décembre 1703) dans son armure complète, il fut le sultan ottoman et calife de l’Islam du 6 février 1695 au 21 août 1703.
Guerriers Ottoman dans les campagnes en Europe de l'est
Guerriers Ottoman dans les campagnes en Europe de l’est
Casque ottoman
Casque ottoman
L'armée Ottomane devant Constantinople en 1453
L’armée Ottomane devant Constantinople en 1453 
Arc et carquois ottoman du 17eme siècle
Arc et carquois ottoman du 17eme siècle 
Armure Turc Ottomane du 17eme siècle
Armure Turc Ottomane du 17eme siècle
Batterie de canon Ottoman
Batterie de canon Ottoman
Les murs Byzantin de Constantinople
Les murs Byzantin de Constantinople
Cavalier archer Turcoman du 15eme siècle
Cavalier archer Turcoman du 15eme siècle
Bashi bazouk albanais soldat irrégulier de l'armée Ottomane
Bashi bazouk albanais soldat irrégulier de l’armée Ottomane
L'entrée de Mehmed II al-Fatih dans Constantinople alors âgé de 21ans! peint par Jean-Joseph Benjamin-Constant en 1876.
L’entrée de Mehmed II al-Fatih dans Constantinople alors âgé de 21ans! peint par Jean-Joseph Benjamin-Constant en 1876. 
Le sultan Ottoman Mehmed II al-Fatih lors de la prise de la Constantinople , il usa d'un stratagème audacieux et inédit pour faire pénétrer ses navires dans la Corne d'Or. Il les fait transporté sur des troncs pour contourné la défense Byzantine
Le sultan Ottoman Mehmed II al-Fatih lors de la prise de la Constantinople , il usa d’un stratagème audacieux et inédit pour faire pénétrer ses navires dans la Corne d’Or. Il les fait transporté sur des troncs pour contourné la défense Byzantine
Guerrier Albanais sous les ottomans
Guerrier Albanais sous les ottomans
Cavalier Lourd Sipahi élite Turc Ottoman
Cavalier Lourd Sipahi élite Turc Ottoman 
Carquois et flèches Turc Ottoman avec
Carquois et flèches Turc Ottoman 
Portrait du sultan et calife ottoman Selim II
Portrait du sultan et calife ottoman Selim II 
Le sultan et calife Ottoman Sulayman al-Kanuni le Magnifique
Le sultan et calife Ottoman Sulayman al-Kanuni le Magnifique
Sabre ottoman du 16 ou 17eme siècle
Sabre ottoman du 16 ou 17eme siècle
Le sultan Ottoman Muhammad al-Fatih
Le sultan Ottoman Muhammad al-Fatih
La Maison d'Uthman, portrait des sultans et califes de la dynastie Islamique Turc Ottomane
La Maison d’Uthman, portrait des sultans et califes de la dynastie Islamique Turc Ottomane
Les provinces administrative de la régence d'Alger Ottomane.
Les provinces administrative de la régence d’Alger Ottomane.
Les Empires de la Poudre à Canon, Le Califat et Sultanat Ottoman, l'empire Chiite Safavide de Perse et l'Empire Moghol d'Inde
Les Empires de la Poudre à Canon, Le Califat et Sultanat Ottoman, l’empire Chiite Safavide de Perse et l’Empire Moghol d’Inde
l'armée ottomane tiré d'un jeu, ont peut voire un Sipahi et un Janissaire
l’armée ottomane tiré d’un jeu, ont peut voire un Sipahi et un Janissaire
Les Sipahis Ottomans à la bataille de Vienne (Autriche)
Les Sipahis Ottomans à la bataille de Vienne (Autriche)
La bataille de Mohacs Miniature Turc de Ottomane du 16eme siècle exposée au Musée national hongrois (Budapest)
La bataille de Mohacs Miniature Turc de Ottomane du 16eme siècle exposée au Musée national hongrois (Budapest)
Dague en jade Ottomane très rare Daté: 19eme siècle origine géographique : Empire Ottoman
Dague en jade Ottomane très rare
Daté: 19eme siècle
origine géographique : Empire Ottoman 
Guerriers Ottomans face au Hussards Polonais lors de la bataille e Vienne sous le sultan Ottoman et calife de l'islam Sulayman al-Kanuni dit Soliman le Magnifique
Guerriers Ottomans face au Hussards Polonais lors de la bataille de Vienne sous le sultan Ottoman et calife de l’islam Sulayman al-Kanuni dit Soliman le Magnifique
Cavaliers Delis Ottoman en 1590
Cavaliers Delis Ottoman en 1590
Carte Wilayah de Constantinople
Carte Wilayah de Constantinople

Bouclier Turc Ottoman
Bouclier Turc Ottoman ver 1685

Sabre Ottoman du 19eme siècle Sabre Ottoman du 19eme siècleArmure de Sipahi du califat Ottoman  du 16eme siècle Armure de Sipahi du califat Ottoman du 16eme siècle

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En 1105 al-Sulami publie son traité « al-Kitab al-Jihad » Il a reconnu le danger des envahisseurs croisés et reconnus leur connexion aux reconquêtes chrétiennes sur les terres islamique de Sicile et l’Espagne

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Arabes et Turcs lors de la première croisade

En 1105 al-Sulami publie son traité, « al-Kitab al-Jihad », et a prêché depuis de la Grande Mosquée Omeyyades de Damas. Il a reconnu le danger des envahisseurs croisés et reconnus leur connexion aux reconquêtes chrétiennes sur les terres islamique en cours en Sicile (as-Siqiliya) et l’Espagne (al-Andalus) dans l’Occident Islamique

« Une partie des Infidèles assaillit à l’improviste l’île de la Sicile( as Siqiliya) , mettant à profit les différends et les conflits [qui y régnaient] ; de cette manière [les Infidèles] s’emparèrent aussi d’une ville après l’autre en Espagne (al-Andalus)  2. Lorsque des informations se confirmant l’une l’autre leur parvinrent sur la situation perturbée de [la Syrie] dont les souverains se détestaient et se combattaient, ils résolurent de l’envahir. Et Jérusalem était le comble de leurs vœux.


Examinant le pays de Syrie, ils constataient que les États y étaient aux prises l’un avec l’autre, leurs vues divergeaient, leurs rapports reposaient sur des désirs latents de vengeance. Leur avidité s’en trouvait renforcée, les encourageant à s’appliquer [à l’attaque]. En fait, ils mènent encore avec zèle le djihad contre les musulmans ; ceux-ci en revanche font preuve de manque d’énergie et d’esprit d’union dans les guerres, chacun essayant de laisser cette tâche aux autres. Ainsi [les Francs] parvinrent-ils à conquérir des territoires beaucoup plus grands qu’ils n’en avaient eu l’intention, exterminant et avilissant leurs habitants. Jusqu’à ce moment, ils poursuivent afin d’agrandir leur emprise ; leur avidité s’accroît sans cesse dans la mesure où ils constatent la lâcheté de leurs ennemis qui se contentent de vivre à l’abri du danger. Aussi espèrent-ils maintenant avec certitude se rendre maîtres de tout le pays et en faire prisonniers les habitants. Plût à Dieu que, dans Sa bonté, il les frustre dans leurs espérances en rétablissant l’unité de la Communauté. Il est proche et exauce les vœux.


As-Safî dit : « L’obligation minimum du chef de la Communauté est d’effectuer une incursion par an chez l’Infidèle, soit par lui-même soit par ses troupes, selon l’intérêt de l’islam, de façon que le djihad ne soit pas abandonné pendant toute une année, sauf raison impérieuse. » […]
Il s’avère donc qu’en cas de nécessité la guerre sainte devient un devoir d’obligation personnelle, comme à l’heure actuelle où ces troupes-ci fondent à l’improviste sur le territoire musulman.


Abû Hâuod Muhammad al-Gazzali 3 dit : « Chaque fois qu’aucune razzia sera effectuée, tous les musulmans, libres, responsables de leurs actes et capables de porter les armes, sont tenus de se diriger [contre l’ennemi] jusqu’à ce que se dresse une force suffisante pour leur faire la guerre ; cette guerre ayant pour but d’exalter la parole d’Allâh, de faire triompher sa religion sur ses ennemis, les polythéistes, de gagner la récompense céleste qu’Allâh et son apôtre promirent à ceux qui combattraient pour la cause de Dieu, et de s’emparer des biens [des Infidèles] de leurs femmes et de leurs demeures ». La raison en est que le djihad constitue un devoir d’obligation collective, tant que la communauté [musulmane] limitrophe de l’ennemi peut se contenter de ses propres forces pour combattre [les Infidèles] et écarter le danger. Mais si cette communauté est trop faible pour tenir l’ennemi en échec, le devoir se trouve étendu à la contrée [musulmane] la plus proche.


Le Coran, la tradition et l’unanimité des docteurs de la Loi, tous sont d’accord, avons-nous prouvé, que la guerre sainte est un devoir collectif lorsqu’elle est agressive, et qu’elle devient un devoir personnel dans les cas spécifiés ci-dessus. Ainsi est-il établi que la lutte contre ces troupes revient obligatoirement à tous les musulmans qui en sont capables, à savoir (eux qui ne sont atteints ni de maladie grave ou chronique, ni de cécité ou de faiblesse résultant de la vieillesse). Tout musulman n’ayant pas ces excuses, qu’il soit riche ou pauvre et [même] fils de parents [vivants] au débiteur, doit s’engager contre eux et se précipiter pour empêcher les conséquences dangereuses de la mollesse et de la lenteur, qui sont à craindre. 

Notes

1 Les Normands prennent Palerme en 1072 et achèvent la conquête de l’île en 1091.
2 Prise de Tolède en 1085, occupation de Valence en 1094 ; villes de l’Èbre entre 1094 et 1100.
3 Il s’agit de Abû Hâuod al-Ghazzalî (1058-1111), théologien et juriste qui enseigna à Bagdad.

 

le Juriste Ali ibn Tahir al-Sulami de la tribu arabe des Banu Sulaym  fut le premier à prêcher le djihad contre les croisés à la suite de la première croisade .

En 1105 al-Sulami publié son traité, Kitab al-Jihad («Livre de la guerre sainte »), et a prêché ses idées de la Grande Mosquée Omeyyades de Damas. Il a reconnu le danger des envahisseurs chrétiens et ont vu leur connexion aux reconquêtes chrétiennes cours de la Sicile etl’Espagne . Il croyait que les musulmans avaient abandonné le jihad et d’autres devoirs religieux, et a fait valoir que les califes étaient censés faire la guerre aux mécréants  une fois par an, quelque chose qu’ils n’avaient pas fait depuis de nombreuses années . Pour vaincre les croisés, al-Sulami fait valoir que les musulmans doivent pratiquer le jihad intérieur afin qu’ils puissent entreprendre avec succès le djihad contre l’ennemi

Seuls deux manuscrits du Kitab al-Jihad, ont survécus d’une manière incomplète conservés  à Damas.  

Abu Muhammad Ibn al-Baitar l’un des plus grand médecin et herboriste de l’Histoire

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Abu Muhammad Ibn al-Baitar (ou Abu Muhammad Abdallah Ibn Ahmad Ibn al-Baitar Dhiya al-Din al-Malaqi) (ابن البيطار) est un médecin et botaniste arabe, né vers 11901 à Malaga, à Benalmádena et mort en 1248 à Damas2.

Il étudie auprès de Abu Bakr Ahmad an-Nabati à Séville où il commence une collection de plantes. Il émigre vers 1220 au Proche-Orient en passant par l’Afrique du Nord. Il séjourne en Anatolie en 1224 et en Syrie.

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Il s’établit ensuite au Caire où il est nommé par le sultan botaniste en chef de l’Égypte  Ayyoubide.

Il étudie les propriétés médicinales des plantes et fait de nombreux voyages de recherches avec ses élèves. Ibn al-Baitar fait paraître plusieurs travaux où il rassemble les connaissances pharmaceutiques de son temps, notamment son ouvrage le plus connu Al G̕āmi ‘li mufradāt al adawiya wa al aġdi (dont la traduction signifie le Livre des produits médicinaux et des produits alimentaires simples3).

Il nomme les plantes et décrit l’usage de plus de 1 400 espèces. Son œuvre sera utilisée et traduite durant tout le Moyen Âge.

Notes et références 

  1.  Le catalogue de la Bibliothèque nationale de France donne 1197.
  2.  Il était connu autrefois en Occident sous le nom d’Ebembitar.
  3.  traduction approximative.

Kilij Arslan a 17 ans quand il anéantit la croisade populaire de Pierre l’Ermite au camp de Civitot, près de Nicée (21 octobre 1096).

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Kiliç Arslan le sultan Seldjoukide

Kilij Arslan a 17 ans quand commence la première croisade (1096-1099). Il anéantit la croisade populaire de Pierre l’Ermite au camp de Civitot, près de Nicée (21 octobre 1096).

« Le 21 octobre 1096, à l’aube, les Occidentaux quittent donc leur camp. Kilij Arslan n’est pas loin.

Il a passé la nuit dans les collines proches de Civitot.

Ses hommes sont en place, bien dissimulés.

Lui-même, d’où il est, peut apercevoir au loin la colonne des Franj qui soulève un nuage de poussière.

Quelques centaines de chevaliers, la plupart sans armure, avancent en tête, suivis d’une foule de fantassins en désordre.

Ils marchent depuis moins d’une heure quand le sultan entend leur clameur qui s’approche.

Le soleil qui se lève derrière lui les frappe en plein visage.

Retenant son souffle, il fait signe à ses émirs de se tenir prêts.

L’instant fatidique arrive.

Un geste à peine perceptible, quelques ordres chuchotés ça et là, et voici les archers qui bandent lentement leurs arcs.

Brusquement, mille flèches jaillissent en un seul et long sifflement.

La plupart des chevaliers s’écroulent dès les premières minutes.

Puis les fantassins sont décimés à leur tour.

Quand le corps à corps s’engage, les Franj sont déjà en déroute.

Ceux qui étaient à l’arrière sont revenus en courant vers le camp où les non-combattants sont à peine réveillés. (…)

L’arrivée des fugitifs avec les Turcs à leurs trousses jette l’effroi.

Les Franj fuient dans toutes les directions. (…)

Les femmes les plus jeunes ont été enlevées par les cavaliers du sultan pour être distribuées aux émirs ou vendues sur les marchés d’esclaves.

Quelques jeunes garçons connaissent le même sort.

Les autres Franj, près de vingt mille sans doute, sont exterminés. »  

 Ibn al-Athir, Ibn al-Qalanissi, Oussama Ibn Mounqidh, publiés dans Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J’ai lu, 1983.
(pp. 21-22)

L'armée turc islamique des Seldoukides
L’armée turc islamique des Seldoukides

 

La bataille de Dorylée : Ibn al-Athir, Ibn al-Qalanissi, Oussama Ibn Mounqidh, publiés dans Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J’ai lu, 1983.

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Kılıç Arslan à la tête de l’armée Turc Seldjoukide à la bataille de Dorylée , source Osprey

La bataille de Dorylée : Ibn al-Athir, Ibn al-Qalanissi, Oussama Ibn Mounqidh, publiés dans Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J’ai lu, 1983.

« Mais, le jour de cette  bataille de Dorylée, le sultan, installé avec son état-major sur un promontoire, constate avec inquiétude que les vieilles méthodes turques n’ont plus leur efficacité habituelle. Les Franj n’ont, il est vrai, aucune agilité et ils ne semblent pas pressés de riposter aux attaques répétées. Mais ils maîtrisent parfaitement l’art de la défensive. La force principale de leur armée réside dans ces épaisses armures dont les chevaliers couvrent tout leur corps, et même parfois celui de leur monture. Si leur avancée est lente, pesante, les hommes sont magnifiquement protégés contre les flèches. Après plusieurs heures de combats, ce jour-là, les archers turcs ont certes fait de nombreuses victimes, surtout parmi les fantassins, mais le gros de l’armée franque reste intact. Faut-il engager le corps à corps ? Cela semble hasardeux : au cours des nombreuses escarmouches qui se sont produites autour du champ de bataille, les cavaliers des steppes n’ont nullement fait le poids face à ces véritables forteresses humaines. Faut-il prolonger indéfiniment la phase de harcèlement ? Maintenant que l’effet de surprise est passé, l’initiative pourrait bien venir du camp adverse.

Certains émirs conseillent déjà d’opérer un repli lorsque apparaît au loin un nuage de poussière. C’est une nouvelle armée franque qui s’approche, aussi nombreuse que la première. Ceux contre lesquels on se bat depuis le matin ne sont que l’avant-garde. Le sultan n’a pas le choix. Il doit ordonner la retraite. (…) Profitant du seul atout qui leur reste, la vitesse, de nombreux cavaliers parviennent à s’éloigner à leur tour sans que les vainqueurs puissent les poursuivre. Mais la plupart des soldats demeurent sur place, encerclés de toutes parts. (…) Les Franj taillèrent en pièces l’armée turque. Ils tuèrent, pillèrent et prirent beaucoup de prisonniers qu’ils vendirent comme esclaves.
(…) Seule la nature semble encore résister à l’envahisseur. L’aridité des sols, l’exiguïté des sentiers de montagne et la chaleur de l’été sur des routes sans ombre retardent quelque peu la progression des Franj. Il leur faudra, après Dorylée, cent jours pour traverser l’Anatolie, alors qu’un mois aurait dû suffire. Entre-temps, les nouvelles de la débâcle turque ont fait le tour de l’Orient. « Quand fut connue cette affaire honteuse pour l’islam, ce fut une véritable panique », note le chroniqueur de Damas, « la frayeur et l’anxiété prirent d’énormes proportions ». »

(pp. 30-31)    Ibn al-Athir, Ibn al-Qalanissi, Oussama Ibn Mounqidh, publiés dans Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, J’ai lu, 1983.

 

 

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Ibn Abi Amir al-Mansûr al-Maaferi dit Almanzor

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Une des plus célèbres expéditions d’Al-Mansûr eut lieu en 997, c’est celle contre Saint-Jacques-de-Compostelle. La ville située en Galice, région qu’aucune troupe musulmane n’a jamais atteinte, pas même lors de la conquête du viiie siècle, intéresse le dirigeant de Cordoue qui à ce moment guerroie au Maghreb contre le chiites

. La situation est d’autant plus sérieuse que Bermude II souhaite profiter de l’éloignement d’Al-Mansûr pour rompre les liens de vassalité qu’il entretenait avec ce dernier. Al-Mansûr alerté, souhaite démontrer sa puissance en menant un front au Maghreb et un autre en Europe. L’attaque de la cité de Saint-Jacques-de-Compostelle, connue dans toute la chrétienté lui est alors suggérée par un noble lui-même chrétien31 et le 3 juillet 997 une gigantesque armée musulmane quitte cordoue pour ce qui sera la 48ème expédition d’Al-Mansûr. En traversant Coria et Viseu. Le 10 août les forces musulmanes sont aux portes de Saint-Jacques-de-Compostelle désertée de ses habitants. Durant une semaine la ville est pillée et finalement incendiée, la basilique rasée mais la tombe de l’apôtre y reposant est conservée de même que la vie du moine chargé de sa conservation est préservée. Les portes de la cité ainsi que les cloches de l’église sont transportées à Cordoue de même qu’un nombre considérable de prisonniers. Les comtes chrétiens ayant aidé à la prise de la ville sont quant à eux généreusement récompensés.

Almanzor

 

Le saccage de la ville est considéré comme un affront à toute la chrétienté qui se répandra à travers tout l’Occident. Quant au roi Bermude, totalement dépassé par les évènements et n’ayant pas pu protéger la ville voit son pouvoir et son autorité sapés. De 977, date de son premier exploit guerrier, à sa mort, Al Mansûr mène plus de cinquante expéditions militaires toutes victorieuses au rythme de près de deux expéditions par an. La formation que reçoit Al-Mansûr ne le prédestine pas à la guerre ni même à devenir stratège, juriste puis gestionnaire des biens de la princesse Subh et de ses enfants, sa carrière dans l’administration était toute tracée. Mais comme l’écrit l’auteur andalous Ibn al-Athîr, Al-Mansûr ne cesse de songer au combat et il souligne son habilité et son adresse. Al-Mansûr se caractérisera par sa présence sur le champ de bataille, contrairement à Abd al-Rahman III qui depuis la défaite de Simancas reléguait cette tâche aux grandes familles qui gouvernaient les marches d’Al-Andalus préférant rester à l’arrière afin de diriger les combats. Durant longtemps le djihâd andalous est resté défensif. Il consiste à riposter à des initiatives chrétiennes du nord sur les terres musulmanes. Sous le règne d’Al-Mansûr, le combat devient offensif, le but n’est pas de défendre les territoires acquis mais au contraire d’attaquer l’adversaire sur ses terres.*

Difficilement prévisible car menaçant toute la péninsule comme le montrent les cartes et d’une dureté inédite, Al-Mansûr combattra les rois chrétiens selon le poète Ibn Darradj al-Kastalli «été comme hiver». Les expéditions victorieuses, en plus du prestige qu’elles apportent au sein de la population assurent à Al-Andalus des rentrées d’argent conséquentes et aux soldats de généreuses récompenses composées d’or, de captifs ou d’animaux. Durant le règne d’Al-Mansûr, les expéditions n’ont jamais menées à une expansion territoriale. En effet, le but de celles-ci n’était pas d’étendre les terres sous contrôle musulman mais uniquement de soumettre et humilier les rois chrétiens. Les avantages de cette politique sont nombreux, ils permettent de ne pas mobiliser trop de troupes dans le maintien des nouvelles villes conquises et impose aux chefs chrétiens de payer un tribut à l’instar des souverains de León, de Castille, de Pampelune ou de Catalogne. Ibn ‘Idhari dans son livre Bayan Al-Mughrib, sur Almanzor (Al-Mançûr) à Compostelle, v. 1320 n-è IBN ‘IDHARI : l’expédition d’Al-Mansûr à Shant-Ya῾qûb : Al-Mançûr étant à cette époque arrivé au plus haut degré de puissance, secouru par Dieu, comme il l’était, dans ses guerres contre les princes chrétiens, il marcha contre la ville de Santiago, qui est située en Galice et est le plus important sanctuaire chrétien tant de l’Espagne que des régions adjacentes de la Grande Terre.

L’église de cette ville est pour eux ce qu’est la Ka’ba pour nous ; ils l’invoquent dans leurs serments et s’y rendent en pèlerinage des pays les plus éloignés, de Rome et de par delà. Le tombeau qu’on y va visiter est, prétendent-ils, celui de Jacques, lequel était, d’entre les 12 Apôtres, le plus intime avec ‘Aysâ et que l’on dit être son frère, parce qu’il était toujours auprès de lui ; certains chrétiens disent qu’il était fils de Yûsuf le charpentier. C’est dans cette ville qu’il fut inhumé les chrétiens le disent frère du Seigneur (Allah soit hautement exalté et domine pareil dire !). Jacques, nom qui répond à notre Ya’qûb, était évêque à Jérusalem et se mit à parcourir le monde pour prêcher sa doctrine ; il passa en Espagne et arriva jusqu’en cette région, puis retourna en Syrie, où il fut mis à mort âgé de 120 années solaires ; mais ses compagnons rapportèrent ses ossements pour les inhumer dans cette église, qui était le point extrême où il avait porté son activité.

Nul prince musulman n’avait eu encore envie d’attaquer cet endroit ni de pousser jusque-là, à raison des difficultés d’accès, de son emplacement tourmenté ainsi que de la grande distance. Al Mançûr dirigea contre cette ville l’expédition estivale qui quitta Cordoue le samedi 03/07/997) et qui était sa 48è campagne.

Il entra d’abord dans la ville de Coria, puis quand il fut arrivé dans la capitale de la Galice [Viseu] il fut rejoint par un grand nombre de comtes qui reconnaissaient son autorité, et qui se présentèrent avec leurs guerriers et en grande pompe, pour se joindre aux musulmans et ensuite engager les hostilités de leur côté. D’après les ordres d’Al-Mançûr, une flotte considérable avait été équipée dans le lieu dit Qaçr Abû Dânis (Alcacer do Sal), sur le littoral occidental, flotte montée par les marins et transportant les divers corps de fantassins, ainsi que les vivres, les approvisionnements et les armes. Ces préparatifs le mettaient en mesure de pousser les opérations jusqu’au bout. Arrivée au certain lieu de Porto et situé sur le fleuve Douro, la flotte remonta cette rivière jusqu’à l’endroit désigné par Al-Mançûr pour le passage du restant des troupes, et elle servit ainsi de pont à cet effet, près du château-fort qui se trouvait là. Les vivres furent ensuite répartis entre les différents corps de troupes, qui furent largement approvisionnés et entrèrent en pays ennemi.

Al-Mansur dit Almanzor
Al-Mansur dit Almanzor

 

Prenant la direction de Santiago, Al-Mançûr parcourut de vastes étendues de pays, franchit plusieurs grandes rivières et divers canaux où refluent les eaux de l’Océan; on arriva ensuite à de grandes plaines appartenant au pays de Valadares, de Mabàsita, d’Ad-Daîr et des régions voisines ; de là on s’avança [P. 3 18] vers une montagne élevée, très abrupte, sans route ni chemin, mais sans que les guides pussent indiquer une autre direction. Sur l’ordre d’Al-Mançûr, des ouvriers employèrent le fer pour élargir les crevasses et aplanir les sentiers, de sorte que l’armée put passer. Après avoir ensuite franchi le Minho, les musulmans débouchèrent dans de larges plaines et des champs fertiles, et leurs éclaireurs parvinrent jusqu’à Daîr Qustân et à la plaine de Balbinûṭ sur l’Océan Atlantique ; la forteresse de San Payo fut emportée et livrée au pillage, et après avoir franchi un marais on arriva à une lieue de l’Océan dans laquelle s’étaient réfugiés un grand nombre des habitants de ces territoires.

Les conquérants les firent prisonniers et arrivèrent à la montagne de Morazo, que l’Océan entoure de presque tous les côtés ; ils s’y engagèrent, en chassèrent ceux qui l’occupaient et firent main-basse sur le butin. Ils franchirent ensuite le canal de Lurqi par deux gués que leur indiquèrent les guides, puis la rivière d’Ulla, et arrivèrent à des plaines très bien cultivées et abondamment fournies, entre autres celles d’Unba, de Qarjita et de Daîr Sontebria. Ils parvinrent ainsi au canal d’Irya où se trouvait un des oratoires consacrés à Saint- Jacques et qui, aux yeux des chrétiens, vient par rang de mérite après celui qui renferme le tombeau ; aussi les dévots s’y rendent-ils des régions les plus éloignées, du pays des Coptes, de Nubie, etc. Après l’avoir entièrement rasé, ils allèrent camper devant l’orgueilleuse ville de Santiago le mercredi 10 août ; tous les habitants l’avaient abandonnée, et les musulmans s’emparèrent de tout le butin qu’ils y trouvèrent et en abattirent les constructions, les murailles et l’église, si bien qu’il n’en resta plus trace. Cependant des gardes placés par Al-Mançûr firent respecter le tombeau du Saint et empêchèrent qu’on n’y fit aucun dommage ; mais tous ces beaux palais si solidement bâtis furent réduits en poussière, et l’on n’eût pas soupçonné qu’ils existaient la veille. Cette destruction fut opérée le lundi et le mardi qui suivirent le mercredi 2cha f bân.

Les troupes conquirent ensuite toutes les régions voisines [P. 310] et arrivèrent jusqu’à la presqu’île de San Mânkash, qui s’avance dans l’Océan Atlantique, point extrême où nul musulman n’était encore parvenu et qui n’avait élé foulé par d’autres pieds que ceux de ses habitants. Ce fut la limite au-delà de laquelle les cavaliers ne s’avancèrent pas.

Quant à El-Mançoûr, ce fut de Saint-Jacques qu’il battit en retraite, après s’être avancé plus loin qu’aucun musulman avant lui. En s’en retournant il fit route par le territoire de Bermude [II] fils d’Ordono, afin de le ravager et le dévaster en passant; mais il cessa les hostilités en arrivant dans le pays qui obéissait aux comtes confédérés qui servaient dans son armée.

Il poursuivit ainsi son chemin jusqu’à ce qu’il arrivât au fort de Lamego, qu’il avait conquis, et où il donna congé à tous les comtes, les faisant défiler chacun à son rang et leur faisant, à eux aussi bien qu’à leurs soldats, des distributions de vêtements. Ce fut de là aussi qu’il envoya à Cordoue la relation de ses victoires.

La distribution des vêtements qu’il fit dans cette campagne, tant aux princes chrétiens qu’aux musulmans qui s’étaient distingués, consista en 2285 pièces de soies diverses brodées, 21 vêtements de laine marine, 2 vêtements ‘anberi, 11 ciclaton (soie brodée d’or), 15 morayyachat (étoffes à ramages), 7 tapis de brocard, 2 pièces de brocard rûmi, et des fourrures de fenek.

L’armée tout entière rentra à Cordoue saine et sauve et chargée de butin, après une campagne qui avait été une grâce et un bienfait pour les musulmans, Dieu en soit loué ! A Santiago, Al-Mançoûr n’avait trouvé qu’un vieux moine assis près du tombeau, et il lui demanda pourquoi il se tenait là: « C’est, répondit le moine, pour honorer Saint-Jacques » Le vainqueur donna l’ordre de le laisser tranquille. Voici comment s’exprime Al-Fath bn Khâqâni : « Al-Mançûr donna la plus énergique frottée aux territoires polythéistes, enleva à leurs rebelles habitants toute idée d’orgueil et de jactance; il laissa leur pays gisant, les laissa eux-mêmes plus humiliés qu’un pieu enfoncé dans le sol ; toujours’livrant leurs terres aux ravages, il lançait droit dans leurs entrailles les flèches des calamités ; la mort que maniaient ses mains angoissait leurs âmes, les maux qu’il leur faisait empoisonnaient chacun de leurs jours. Voici à ce propos l’un des faits les plus clairs, [P. 320] des événements les plus démonstratifs.

La cavalerie à l"époque du vizir Omeyyade al-Mansur
La cavalerie à l »époque du vizir Omeyyade al-Mansur

 

Un de ses envoyés, qui visitait très fréquemment ces pays, se rendit dans un de ses voyages auprès de Garcia, seigneur du pays basque, qui le reçut un jour de Pâques, ne cessa de lui donner des marques d’honneur et de lui prodiguer les plus hauts signes de respect et de zèle. Le séjour de l’envoyé se prolongeant, il n’y eut pas de pavillon de plaisance où il n’allât se divertir, pas de lieu où il ne fût reçu. Il visita ainsi la plupart des églises, et comme un jour il était dans l’enceinte de l’une d’elles et promenait ses regards sur les contours de l’édifice, une femme vieillie dans la captivité, droite encore malgré la durée de son malheur, se présenta à lui et, l’interpellant, lui fit reconnaître qui elle était ; elle demanda si c’était volontairement qu’Al Mançûr, vivant dans les délices, oubliait son malheur à elle et jouissait des plaisirs d’une tranquillité qu’elle ne connaissait pas ; depuis de nombreuses années, dit-elle, elle était prisonnière dans ce “temple, vouée à l’humiliation et à l’abaissement.

Elle l’adjura au nom de Dieu de faire connaître son histoire et de mettre un terme à son angoisse ; elle lui fit prêter pour cela les serments les plus sacrés et exigea de lui les engagements les plus stricts pris au nom du Miséricordieux.

L’envoyé d’Al-Mançûr fit à son retour connaître à son maître les choses qu’il avait mission de lui faire savoir; ce dernier, après l’avoir écouté muet et sans l’interrompre, l’interrogea : « N’as-tu eu là connaissance de rien de blâmable, ou bien n’as-tu appris que ce que tu viens de dire ? » L’officier raconta alors l’histoire de la femme, dit ce qu’elle lui avait fait jurer de rapporter à Al-Mançoûr et les engagements qu’elle lui avait fait prendre. Son maître le blâma et le réprimanda de n’avoir pas commencé par là, puis aussitôt prépara la guerre sainte, passa en revue ses guerriers de toutes provenances, et, beau comme Merwân au jour du combat de Marj, sauta en selle pour faire campagne.

Quand il arriva auprès du fils de Sancho, qu’entouraient ses partisans, une crainte respectueuse envahit les organes du chrétien, qui s’empressa de lui adresser une lettre pour s’enquérir de la faute qu’il avait commise, lui jurer de la façon la plus formelle qu’il ne s’était rendu coupable d’aucun crime et ne s’était en rien écarté de la voie de l’obéissance. Les porteurs de ce message furent sévèrement accueillis : « Votre maître, leur fut-il dit, m’a garanti qu’il ne reste plus dans son pays ni captif ni captive, rien même de ce que peut contenir le gésier d’un oiseau de proie. Or j’ai appris qu’il y a encore telle vieille dans telle église, et je prends le ciel à témoin que je ne m’en irai d’ici qu’après l’avoir vue en mon pouvoir. » Le comte alors lui envoya cette femme avec deux autres, jurant qu’il ne les avait pas vues ni n’en avait entendu parler, et ajoutant, pour confirmer son dire, qu’il avait commencé à faire de son mieux pour démolir l’église qui lui avait été indiquée. Il s’humilia pour s’être, par sa négligence, attiré des reproches, et Al-Mançûr, trouvant ses excuses suffisantes, se retira”.

 

traduction française de ibn al-Athir de son  » Al-Kamil fi al-Tarikh « 

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires, ca. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade