Descriptions d’al-Quds, Jerusalem par Ibn Battouta, al-Idrissi et Nassiri Khausrau ;

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La mosquée al-Aqsa
La mosquée al-Aqsa Début de la construction avant 679 . L’évèque Arculfe (679-688) nous livre une description du lieu, entre 679 et 688 : « Sur le lieu du Temple, proche du mur est, les Sarrasins fréquentent une maison de prière carrée, construite rudimentairement, en poutres et en planches. Cette maison peut accueillir trois mille hommes en même temps10. » C’est sans doute sur l’impulsion du calife Abd al-Malik (685 – 705), constructeur du dôme du Rocher, ou de son fils al-Walid Ier (705 – 715) qu’est édifiée la première mosquée en dur. Si l’on en croit l’historien al-Muqaddasi, le calife aurait souhaité cette reconstruction pour éviter le contraste entre la mosquée et le  dôme

 

Description de al-Quds par le voyageur persan Nasiri Khrusrau (1004-1074) à l’époque Fatimide : 

« Nous entrâmes à Jérusalem le cinquième jour du mois de Ramazan 438 (16 mars 1046). Une année solaire s’était écoulée depuis que nous avions quitté notre demeure, et nous avions voyagé sans nous être arrêtés nulle part pendant longtemps, et sans avoir, en aucun lieu, goûté un repos complet.

Les habitants de la Syrie et de la Palestine désignent Jérusalem sous le nom de Qouds. Les gens de ces contrées, qui ne peuvent faire le voyage de la Mekke, se rendent à Jérusalem à l’époque du pèlerinage ; ils y séjournent pendant le Mauqaf, en se conformant à l’usage consacré, et ils y célèbrent la fête des sacrifices. Il y a des années où dans les premiers jours du mois de Zil Hidjèh plus de vingt mille hommes se trouvent réunis dans la ville. On y amène les enfants pour les faire circoncire. Les chrétiens et les Juifs y viennent aussi en grand nombre des provinces de l’empire de Roum et d’autres contrées pour y visiter l’église et le temple. On trouvera en son lieu la description de la grande église. La banlieue et les environs de Jérusalem sont entièrement couverts de montagnes cultivées en céréales et plantées d’oliviers, de figuiers et d’autres arbres. Tous les terrains sont dépourvus d’eau ; néanmoins les vivres sont en abondance et à bon marché.

Il y a des chefs de famille qui ne recueillent pas moins de cinq mille men d’huile d’olive chacun ; cette huile est conservée dans des puits et des réservoirs, et on l’exporte dans toutes les parties du monde.

La famine n’a, dit-on, jamais sévi en Syrie. Je tiens d’autorités dignes de foi qu’un saint personnage vit en songe le Prophète de Dieu, sur qui soient les bénédictions et le salut ! Il lui adressa la parole en ces termes : « O Prophète de Dieu, accorde-moi ton aide pour ma subsistance ! » « Je te la garantis, lui répondit le Prophète, par le pain et par l’huile de la Syrie. »

Je décrirai maintenant Jérusalem. La ville est bâtie sur une hauteur. On n’y a point d’autre eau que celle de la pluie. Bien qu’il existe des sources dans les villages voisins, on n’en trouve cependant pas une seule dans l’intérieur de la ville. Jérusalem est entourée de solides murailles construites en pierres et en mortier ; les portes sont en fer.

La ville étant bâtie sur le roc, on ne voit pas un seul arbre dans ses environs immédiats. Jérusalem est une grande cité ; à l’époque où je m’y trouvais, elle renfermait vingt mille habitants mâles. Les bazars sont beaux et les maisons fort hautes. Le sol est partout recouvert de dalles de pierre, et on a taillé et aplani toutes les inégalités du terrain, de sorte qu’il est complètement lavé et nettoyé par la pluie. Les artisans sont très nombreux, et chaque corps de métier occupe dans le bazar une rangée distincte de boutiques.

La grande mosquée où l’on fait la prière du vendredi est située à l’est, du côté du bazar, et les remparts de la ville lui servent de murailles. Quand on sort de la mosquée, on voit s’étendre devant soi une grande plaine très unie qui porte le nom de Sahirèh. C’est la plaine où, selon la tradition, auront lieu la résurrection de la chair et le jugement dernier. Cette croyance attire de tous les points du monde, à Jérusalem, une foule de personnes qui viennent s’y fixer pour y finir leurs jours et pour se trouver près de l’emplacement désigné par Dieu, lorsque s’accomplira la parole du Tout-Puissant. O Dieu, sois dans ce jour, le refuge de tes serviteurs ! Daigne leur accorder ton pardon ! Ainsi soit-il, ô maître des mondes !

Au bord de cette plaine s’étend un vaste cimetière qui renferme les tombeaux de saints personnages. Le peuple s’y rend pour prier et pour adresser à Dieu des vœux qu’il daigne exaucer.

O Dieu, accueille nos vœux ! Pardonne-nous nos péchés et nos iniquités ! Que ta clémence prenne pitié de nous, ô toi, qui es le plus miséricordieux des miséricordieux !

Entre la mosquée et la plaine de Sahirèh court une vallée extrêmement profonde, ayant l’apparence d’un fossé. J’y vis des constructions faites à la mode antique, ainsi qu’une coupole, taillée dans un bloc de pierre et qui surmonte un petit édifice. Il est impossible de rien voir de plus extraordinaire et l’on se demande comment on a réussi à l’élever. Le peuple prétend que c’était la maison de Pharaon.

Cette vallée porte le nom de Wadi Djehennem (le val de l’Enfer). Je demandai le motif de cette dénomination. On me répondit que le khalife Omar ibn el Khaththab (que Dieu soit satisfait de lui !) établit son camp dans la plaine de Sahirèh ; en la contemplant, il s’écria : Ceci est le val de l’enfer ! Les gens du peuple prétendent que, lorsqu’on est sur le bord de cette vallée, on entend s’en élever les cris des damnés. J’y suis allé, mais je n’ai rien entendu.

Quand on sort de la ville dans la direction du sud, on descend, à la distance d’un demi-ferseng, dans un ravin où l’on voit une source qui jaillit d’un rocher. Elle porte le nom d’Aïn Selwan (la source de Siloé). Au dessus d’elle s’élèvent de nombreux bâtiments. L’eau s’écoule à travers un village et, sur ses bords, on a construit beaucoup de maisons et planté des jardins. On prétend que, lorsque l’on s’est baigné dans cette eau, on est délivré des douleurs et des maladies chroniques. Un nombre considérable de legs pieux sont affectés à l’entretien de ce lieu. 

Jérusalem possède un bel hôpital qui a pour dotation les revenus de fondations charitables. On y distribue à un grand nombre de malades des remèdes et des potions médicinales. Les médecins attachés à cet établissement sont payés par les administrateurs des legs pieux.

Maquette d'al-Quds dans le temps
Maquette d’al-Quds dans le temps

La mosquée où l’on fait la prière du vendredi est à l’extrémité orientale de la ville. Une de ses murailles borde le Wadi Djehennem. Lorsqu’on est en dehors de la mosquée et que l’on regarde cette muraille, on y voit, sur une étendue de cent ârech, des blocs de pierre qui ne sont reliés entre eux ni par du ciment ni par du mortier. A l’intérieur de la mosquée, le sommet des murs suit une ligne droite. La mosquée a été construite sur l’emplacement qu’elle occupe, à cause de la pierre de la Sakhrah qui se trouve au milieu de l’enceinte. La Sakhrah est ce quartier de rocher dont, sur l’ordre de Dieu (qu’il soit honoré et exalté !), Moïse fit la qiblèh.

Moïse ne vécut plus longtemps ensuite, et sa mort survint peu de temps après qu’il se fut conformé à ce commandement de Dieu.

Souleyman (sur qui soit le salut !) fit construire un temple autour de cette pierre vers laquelle on se tournait pour faire la prière. La Sakhrah en occupait le centre. Cette règle pour la qiblèh fut observée jusqu’à l’époque où notre prophète Mohammed l’élu (que les bénédictions et le salut reposent sur lui !) reçut de Dieu l’ordre de prendre la Ka’abah pour qiblèh. La description de la Sakhrah sera donnée en son lieu.

Je formai le dessein de mesurer les dimensions du Haram. Je me dis qu’il était nécessaire d’étudier, tout d’abord, son aspect extérieur et son emplacement, afin de bien m’en rendre compte, et puis, ensuite, d’en prendre les mesures. Je le parcourus dans tous les sens, et je l’examinai pendant longtemps avec l’attention la plus soutenue. Je découvris, à la fin, dans la partie du nord, non loin de la coupole de Yaqoub (sur qui soit le salut !), une inscription gravée sur une des pierres d’une arcade. Elle portait que l’enceinte sacréeavait sept cent quatre coudées de longueur, et quatre cent cinquante-cinq de largeur. La mesure employée est la coudée royale (guezi melik) qui porte dans le Khorassan le nom de guezi chaïgan ; elle représente un peu moins d’un ârech et demi.

Le sol du Haram est couvert de dalles de pierre dont les interstices sont remplis de plomb. Le Haram est à l’est de la ville et du bazar ; il faut donc, lorsque l’on s’y rend du bazar, se diriger vers l’orient.

On rencontre d’abord un superbe portique qui se développe sur trente guez de haut et vingt de large. La façade, les ailes et la grande arcade sont ornées de dessins formés par des morceaux de verre émaillé (mosaïque) incrustés dans du ciment. Ces dessins ont un tel éclat qu’on ne peut les regarder sans être ébloui. On voit également sur ce portique une inscription en mosaïque donnant les titres du sultan d’Egypte. Quand le soleil frappe ces mosaïques, leur éclat est si vif que l’esprit reste confondu. Ce portique est surmonté d’une très grande coupole en pierres d’énormes dimensions, et on y a placé deux portes magnifiques revêtues de plaques de cuivre de Damas ; elles sont si brillantes qu’on les prendrait pour de l’or, et elles sont entièrement couvertes d’arabesques et d’incrustations en or. Chacune d’elles a quinze guez de haut et huit de large. On désigne cette construction sous le nom de Porte de Daoud (que le salut soit sur lui !).

Après avoir franchi les deux portes de ce portique, on trouve, à droite, deux grandes galeries ouvertes, soutenues chacune par vingt-neuf piliers de marbre dont les bases et les chapiteaux sont également en marbres de diverses couleurs. Les joints sont remplis de plomb. Ces piliers soutiennent des arceaux formés de quatre ou cinq blocs de pierre au plus. Ces deux galeries s’étendent presque jusqu’à la Maqçourah.

Après avoir franchi la porte, on trouve à gauche, c’est-à-dire au nord, une longue galerie de soixante-quatre arcades reposant toutes sur des piliers de marbre. Dans cette partie du mur s’ouvre la porte appelée Bab es Saqr.

Le Haram s’étend en longueur du nord au sud, et si l’on en retranche la Maqçourah, il présente la forme d’un carré dans lequel la qiblèh se trouve placée au sud.

Du côté du nord, il y a aussi deux autres portes placées l’une à côté de l’autre. Chacune d’elles mesure sept guez de largeur sur douze de hauteur. Elles portent le nom de Bab el Asbath (la porte des Tribus).

Après avoir franchi cette porte, on rencontre, dans le sens de la largeur du Haram, c’est-à-dire du côté de l’orient, un autre très grand portique percé de trois portes placées l’une à côté de l’autre ; elles ont les mêmes dimensions que celles du Bab el Asbath. Elles sont recouvertes de plaques de fer et de cuivre merveilleusement travaillées. Il est impossible de rien voir de plus beau. Ce portique s’appelle Bab oul Ebouab (la porte des portes, la porte par excellence), parce qu’il a trois portes, tandis que les autres n’en ont que deux.

Entre ces deux portiques situés du côté du nord, en face de la galerie dont les arcades sont supportées par des piliers, on voit une haute coupole qui s’appuie sur des colonnes. Elle porte le nom de Qoubbèh Yakoub (coupole de Jacob). C’est là que, selon la tradition, ce patriarche faisait ses prières.

Le long de l’enceinte, dans le sens de la largeur du Haram, il y a une galerie dont le mur est percé d’une porte qui donne accès à deux couvents de soufis. Ceux-ci y ont établi de beaux oratoires et des mihrabs magnifiques. Des soufis en grand nombre y demeurent pour se livrer aux pratiques de la dévotion. Ils y font aussi leurs prières, excepté le vendredi ; ce jour-là, ils se rendent dans l’enceinte du Haram, parce que le cri du Tekbir ne parvient pas jusqu’à leurs couvents.

A l’angle nord de l’enceinte est une belle galerie et une grande et superbe coupole. On y a tracé cette inscription : « Ceci est le mihrab de Zékéria, sur qui soit le salut ! » On rapporte que ce prophète était continuellement en prière dans cet endroit.

Du côté du mur oriental et au centre de l’enceinte, s’élève un grand et élégant portique construit en pierres de grandes dimensions, et que l’on dirait taillé dans un seul bloc de pierre. Il a cinquante guez de hauteur sur trente de largeur et il est couvert de dessins et de sculptures. D est formé de dix portes qui ne sont séparées l’une de l’autre que par la largeur d’un pied et pas davantage. Ces portes sont revêtues de plaques de fer et de cuivre richement travaillées et l’on a fixé sur leur surface des anneaux et des clous saillants. Le portique est, dit-on, l’œuvre de Souleyman, fils de Daoud (que le salut soit sur eux deux !) ; il l’a construit pour son père.

Quand on franchit ce portique, on voit, dans la direction de l’orient, deux portes ; celle de droite s’appelle Bah er Rahmèh (la porte de la Miséricorde), celle de gauche Bah et Taubèh (la porte de la Pénitence). C’est, selon la tradition, près de cette dernière porte que Dieu se laissa toucher par le repentir de Daoud, sur qui soit le salut !

Non loin de ce portique s’élève une jolie mosquée. C’était autrefois une galerie fermée ; elle a été convertie en oratoire. Le sol est couvert de beaux tapis. Les serviteurs qui sont attachés à ce sanctuaire forment une classe distincte.

Un grand nombre de personnes se rendent là pour y faire leurs prières et chercher à se rapprocher de Dieu (que son nom soit béni et exalté !), car c’est en ce lieu que le Tout-Puissant accueillit le repentir de Daoud, et les fidèles conçoivent l’espérance qu’ils ne commettront plus d’infraction à la loi divine. On affirme que Daoud venait de franchir le seuil de ce sanctuaire quand une révélation céleste lui donna la bonne nouvelle que Dieu s’était laissé fléchir. Il consacra ce lieu et il y fit ses dévotions.

Moi, Nassir, j’ai prié dans ce lieu et j’y ai invoqué l’aide de Dieu pour garder ses commandements et je lui ai demandé de m’accorder l’absolution de mes péchés.

Que le Dieu, dont le nom est sanctifié et exalté, assiste tous ses serviteurs ! Qu’il leur fasse la grâce de lui donner toute satisfaction et qu’il leur inspire le repentir de leurs fautes ! Je le demande en l’honneur de Mohammed et de sa famille immaculée !

Lorsqu’on longe le mur oriental à partir de l’angle du sud et de la paroi où se trouve la qiblèh, on trouve, vis-à-vis de la face de la muraille du nord, une mosquée souterraine à laquelle on n’arrive qu’en descendant un grand nombre de marches.

Ce monument a vingt guez sur quinze. Le plafond qui est en pierre repose sur des piliers de marbre. C’est là que se trouve le berceau de Jésus, sur qui soit le salut ! Il est en pierre et assez grand pour qu’un homme y puisse faire sa prière. Je l’y ai faite. On l’a fixé solidement dans le sol, afin de le rendre immobile. C’est le berceau où Jésus était couché dans sa première enfance et où il adressait la parole aux hommes. Il occupe la place du mihrab. On voit également dans cette mosquée le mihrab de Meriem, (sur qui soit le salut !) et un autre qui est attribué à Zékéria. Le premier est placé du côté de l’orient. On a tracé sur ces mihrabs les versets du Coran qui se rapportent à Zékéria et à Meriem. Jésus est, dit-on, né dans cette mosquée.

On remarque sur une pierre d’un des piliers l’empreinte de deux doigts, comme si quelqu’un l’avait saisie. Meriem, au moment d’accoucher, a, prétend-on, posé ses doigts sur ce pilier.

Cette mosquée est connue sous le nom de Mehd Issa (le berceau de Jésus), sur qui soit le salut ! On y voit suspendues des lampes en cuivre et en argent fort nombreuses. Elles sont allumées toutes les nuits.

Quand on est sorti de la mosquée du berceau de Jésus, on arrive, en suivant le mur oriental, à l’angle de l’enceinte du Haram. On trouve là une autre mosquée extrêmement belle et qui est deux fois plus grande que celle du berceau de Jésus. Elle porte le nom de Mesdjid el Aqça.

C’est là que Dieu transporta, de la Mekke, le Prophète pendant la nuit du Miradj. C’est de là que Mohammed s’éleva au ciel, comme le fait est rappelé en ces termes : « Qu’il soit loué, celui qui a transporté dans la nuit son serviteur du temple sacré (de la Mekke) au temple éloigné (de Jérusalem). » Un superbe édifice s’élève en cet endroit ; le sol est couvert de magnifiques tapis. Des serviteurs formant une catégorie distincte sont chargés de son entretien.

Lorsqu’à partir de l’angle où s’élève la mosquée on suit la muraille du sud, on rencontre un espace à ciel ouvert formant cour : il a deux cents guez de superficie.

La partie de la mosquée couverte d’un toit, qui a la Maqçourah à sa droite, est attenante à la partie méridionale du mur. La partie couverte de la mosquée qui fait face à l’occident a quatre cent vingt ârech de long sur cent cinquante de large. On y compte deux cent quatre-vingts colonnes de marbre sur lesquelles on a élevé des arceaux en pierre. Les chapiteaux et les fûts sont couverts de sculptures ; les interstices sont remplis de plomb, en sorte qu’il est impossible de rien voir de plus solide. Les colonnes sont placées à six guez l’une de l’autre. Le sol est entièrement couvert de dalles de marbre de toutes couleurs et les joints sont remplis de plomb. La Maqçourah, placée au centre de la muraille du côté du midi, est fort grande et elle est soutenue par seize colonnes. La coupole qui la surmonte a de vastes proportions ; elle est couverte de dessins en mosaïque semblables à ceux dont j’ai déjà parlé plus haut. Le sol est recouvert de nattes du Maghreb, et des lampes et des luminaires isolés les uns des autres sont suspendus à des chaînes. On y a établi aussi un grand mihrab qui est décoré de mosaïques. Des deux côtés du mihrab s’élèvent deux colonnes en marbre rouge dont la couleur rappelle celle de la cornaline. La Maqçourah est lambrissée de marbres de différentes couleurs. A droite, on voit le mihrab de Mo’awiah, à gauche celui d’Omar. Le plafond de cette mosquée est formé de boiseries sculptées et richement décorées.

A l’extérieur de la Maqçourah et dans la muraille qui fait face à la cour, on a pratiqué quinze grandes arcades auxquelles on a fixé des portes dont les battants sont couverts de riches ornements. Chacune de ces portes a dix guez de hauteur sur six de largeur. Dix d’entre elles s’ouvrent sur la partie du mur qui a quatre cent vingt guez et cinq sur celle qui n’en a que cent cinquante.

Parmi ces portes, on en remarque une qui est en cuivre et dont la richesse et la beauté confondent l’imagination. Le cuivre en est si brillant qu’on le prendrait pour de l’or : il est couvert d’incrustations en argent niellé et on y lit le nom du khalife Mamoun. Cette porte fut, dit-on, envoyée de Bagdad par ce prince.

Quand toutes les portes sont ouvertes, l’intérieur de la mosquée est si clair que l’on se croirait dans une cour à ciel ouvert. Quand il pleut ou qu’il fait du vent, on laisse les portes fermées et le jour pénètre par les croisées.

Aux quatre côtés de la partie couverte du toit se trouvent des coffres dont chacun appartient à une des villes de la Syrie ou de l’Iraq ; des Moudjavir se tiennent auprès de ces coffres. Cette coutume rappelle celle qui est observée à la Mekke dans le Mesdjid el Haram.

En dehors de la partie couverte de la mosquée, le long de la grande muraille dont nous avons parlé, s’étend une galerie ouverte qui va rejoindre celle de l’ouest. Les quarante-deux arcades qui la forment sont soutenues par des colonnes de marbre de différentes couleurs. Dans l’intérieur du pouchich ou partie couverte d’un toit, il y a une citerne creusée dans le sol et destinée à recevoir l’eau de la pluie ; lorsqu’elle est recouverte, elle se trouve de niveau avec le sol.

Une porte percée dans le mur du sud donne accès aux latrines. On y trouve l’eau nécessaire pour se purifier quand on veut renouveler ses ablutions. S’il fallait pour se laver sortir du Haram dont l’enceinteest très vaste, on n’arriverait point à temps pour la prière et le moment canonique de la faire serait passé.

Tous les toits sont couverts de plomb.

On a creusé, dans le sol du Haram, un grand nombre de citernes et des piscines destinées à recueillir l’eau de la pluie ; elles ont pour objet de l’empêcher de se répandre au dehors et de se perdre, quelle qu’en soit la quantité. Le sol du Haram est entièrement formé par la roche. Toute l’eau s’écoule dans ces piscines et les gens viennent y puiser. On a aussi établi des gouttières en plomb qui donnent passage à l’eau et la font tomber dans des bassins de pierre installés au-dessous d’elles. Ces bassins sont percés d’un trou qui permet à l’eau d’arriver par un conduit à la citerne, sans avoir été souillée par aucune ordure ni par aucune impureté.

J’ai vu, à trois fersengs de Jérusalem, une très grande piscine alimentée par les eaux qui descendent des montagnes ; on a construit un aqueduc pour les amener jusqu’au Haram qui est l’endroit de toute la ville où se trouve la plus grande quantité d’eau. Chaque maison possède une citerne destinée à recevoir l’eau de pluie, la seule que l’on ait à Jérusalem, et chaque habitant recueille celle qui tombe sur sa terrasse. Les bains et les établissements quels qu’ils soient n’emploient que l’eau de pluie.

Les réservoirs du Haram n’ont jamais besoin de réparations, car ils sont creusés dans le roc et même, s’il s’y était produit des fentes ou des trous, ils ont été si solidement bouchés que les bassins n’ont jamais éprouvé la moindre détérioration. On prétend que ces réservoirs sont l’œuvre de Souleyman, sur qui soit le salut !

La partie supérieure de ces citernes a la forme d’un tennour,  et l’orifice par lequel on puise est recouvert d’une pierre pour que rien ne tombe dans l’eau. L’eau de Jérusalem est la plus agréable au goût et la plus pure que l’on puisse trouver.

L’eau coule des gouttières pendant deux ou trois jours, même quand la pluie a été peu abondante. Les gouttes continuent à tomber quand le ciel est redevenu serein et que le mauvais temps est dissipé.

J’ai déjà dit que la ville de Jérusalem est bâtie sur une hauteur et sur un terrain fort inégal ; mais le sol du Haram est nivelé et il forme une surface très unie.

A l’extérieur de l’enceinte, partout où, par suite d’accidents de terrain, le sol présente quelque dépression, le mur a plus de hauteur, car les fondations sont faites alors dans un creux ; partout où le sol est élevé, la muraille est moins haute.

Dans les quartiers de la ville, où les rues se trouvent en contrebas, on pénètre dans l’enceinte du Haram par des passages souterrains-fermés par des portes placées au-dessous du niveau du sol.

L’une de ces portes est appelée Bab en Neby (la porte du Prophète). Elle est placée dans la direction de la qiblèh, c’est-à-dire au sud. Elle a dix guez de haut sur autant de large. La voûte du souterrain fermé par elle a, à cause des escaliers, tantôt cinq guez de hauteur et tantôt jusqu’à vingt guez. La partie couverte de la mosquée el Aqya est bâtie sur ce souterrain dont la construction est si solide qu’un édifice aussi considérable n’a pas le moindre effet sur lui. On a fait entrer dans la construction des murs des pierres si énormes que l’on ne peut s’imaginer que les forces humaines aient réussi à transporter et à mettre en place de pareilles masses. Ce souterrain a été construit, dit-on, par Souleyman, fils de Daoud ; notre Prophète le traversa pendant la nuit du Miradj pour entrer dans la mosquée. La porte de ce passage est, en effet, placée dans la direction de la Mekke.

On remarque dans le mur, à peu de distance de cette porte, l’empreinte d’un grand bouclier’. D’après la tradition, Hamzah, fils d’Abdoul Mouthallib, oncle du Prophète, se serait assis dans cet endroit, portant attaché sur le dos son bouclier dont l’empreinte se fixa sur le mur lorsqu’il s’y adossa.

A l’endroit où ce passage qui est fermé par une porte à deux battants, débouche dans l’enceinte du Haram, la muraille extérieure a une hauteur de plus de cinquante coudées. On a établi cette galerie souterraine pour éviter aux habitants du quartier contigu à la mosquée de traverser d’autres quartiers, lorsqu’ils désirent pénétrer dans l’enceinte du sanctuaire.

Dans la partie de la muraille qui se trouve à la droite de la porte de l’enceinte du Haram, on remarque une pierre qui a onze ârech de hauteur sur quatre de largeur. C’est la plus grande de toutes celles qui ont été employées dans la construction du sanctuaire. On voit, dans la muraille, à une hauteur de trente et de quarante coudées, beaucoup de blocs ayant la dimension de quatre et de cinq guez. On trouve, dans le sens de la largeur de l’enceinte et dans la direction de l’orient, une porte appelée Bab el Ain (la porte de la Source). Quand on la franchit, on descend dans un ravin et l’on arrive à la source de Selwan (Siloé).

Il y a également une porte souterraine désignée sous le nom de Bab Hittèh (porte de l’Indulgence). Dieu ordonna, dit-on, aux enfants d’Israël d’entrer par là dans le temple, comme l’attestent ces ‘paroles de Dieu lui-même : « Franchissez la porte en vous prosternant et dites : Indulgence, ô Seigneur ! et il vous pardonnera vos péchés. Certes, nous comblerons les justes de nos bienfaits.»

Une autre porte semblable est appelée Bab es Sekinèh. Dans le couloir qui la précède, on a établi une chapelle dans laquelle se trouvent un grand nombre de mihrabs. La première porte est toujours fermée, afin que l’on ne puisse y entrer.

L’arche du Tabernacle, qui, d’après les paroles du Tout-Puissant révélées par le Coran, a été apportée par les anges, fut posée en cet endroit.

Toutes les portes de l’enceinte du Haram de Jérusalem, tant souterraines qu’au niveau du sol, sont au nombre de neuf. Je viens de les décrire.

04 futuhat qods

Description de la plate-forme élevée au milieu de l’enceinte du Haram et où se trouve la roche (Sakhrah) qui servait de qiblèh avant la naissance de l’Islam.

On a dû établir cette plate-forme au milieu de l’enceinte sacrée, à cause de la hauteur de la Sakhrah, et  parce qu’elle ne pouvait être transportée dans la partie de la mosquée el Aqça couverte d’un toit. On a été, en conséquence, obligé d’élever cette plate-forme ; ses fondations couvrent un espace de trois cent trente ârech de longueur sur trois cents de largeur, et sa hauteur est de douze guez. Le sol en est uni et couvert de belles dalles de marbre dont les joints sont remplis de plomb ; sur les quatre côtés, on a dressé des plaques de marbre qui forment une espèce de parapet. Cette plate-forme est construite de telle façon qu’il est impossible d’y monter autrement que par les passages ménagés à cet effet. Lorsqu’on y est monté, on a vue sur les toits de la mosquée el Aqça.

On a creusé, sous la partie centrale de la plate-forme, un réservoir souterrain destiné à recevoir l’eau de la pluie. L’eau qui y est recueillie est plus pure et plus agréable que celle des autres citernes du Haram.

Quatre édifices surmontés d’une coupole s’élèvent sur cette plate-forme. Le plus grand de tous est celui qui recouvre la Sakhrah qui servait autrefois de qiblèh.

Vue extérieure du dôme
Vue extérieure du dôme
Description du dôme de la Sakhrah.

Le plan du Haram a été disposé de telle façon que la plate-forme occupe le milieu de l’enceinte et que le dôme de la Sakhrah, dont la roche occupe le centre, s’élève au milieu de la plate-forme.

L’édifice dont nous parlons a la forme d’un octogone régulier dont chaque côté mesure trente-neuf ârech. Il y a quatre porches ; chacun d’eux s’ouvre sur une des quatre faces qui sont celles de l’est, de l’ouest, du nord et du sud. Entre deux porches s’étend chaque fois un côté de l’octogone. Les murs, entièrement construits en pierres de taille, ont vingt guez de hauteur.

La Sakhrah a cent guez de circonférence ; elle n’est ni ronde ni carrée. C’est un bloc de pierre de forme irrégulière semblable aux quartiers de roc que l’on rencontre dans les montagnes. Sur les quatre côtés de la Sakhrah, on a élevé quatre piliers carrés qui ont la même hauteur que les murs : dans l’espace qui sépare un pilier de l’autre, on a dressé deux colonnes de même hauteur. C’est sur ces piliers et sur ces colonnes que repose la base du tambour sous lequel se trouve la Sakhrah. Ce tambour a cent vingt ârech de circonférence. En avant du mur, des piliers et des colonnes dont je viens de parler (j’appelle piliers [soutoun] des massifs en maçonnerie de forme carrée et colonnes [ousthouvanèh] celles qui sont taillées et formées d’un seul morceau de marbre) il y a, dis-je, six piliers,  et entre chaque deux piliers trois colonnes de marbre de différentes couleurs, placées à des intervalles réguliers. Ou voit donc dans le premier rang deux colonnes entre chaque deux piliers : on en trouve ici trois entre chaque deux piliers. Le chapiteau de chaque pilier a quatre volutes dont chacune supporte un arceau ; chaque colonne a deux volutes, de sorte que chaque colonne soutient deux arceaux et chaque pilier quatre. L’immense coupole repose donc sur ces douze piliers placés autour de la Sakhrah. Quand on l’aperçoit de la distance d’un ferseng, elle ressemble au sommet d’une montagne, car elle a depuis sa base jusqu’au faîte une hauteur de trente ârech : les murs et les piliers qui la soutiennent mesurent vingt guez d’élévation, et ils sont eux-mêmes bâtis sur une plate-forme qui s’élève de dix guez au-dessus du sol. On compte donc soixante-deux guez depuis le niveau de la cour jusqu’au faite du dôme.

Les plafonds et la voûte de cet édifice sont revêtus à l’intérieur de boiseries sculptées. Le mur qui s’appuie sur les piliers et les colonnes est décoré avec un art si merveilleux qu’il y a peu d’exemples d’un pareil travail.

La Sakhrah s’élève au-dessus du sol à la hauteur d’un homme ; elle est entourée d’une balustrade en marbre, afin qu’on ne puisse l’atteindre avec la main. Elle est d’une couleur bleuâtre et jamais elle n’a été foulée par le pied de l’homme. La roche présente un plan incliné dans la direction de la qiblèh. On dirait qu’on a marché là, et que le pied s’y est enfoncé comme dans de l’argile molle en laissant l’empreinte des doigts. On distingue ainsi la trace de sept pas. J’ai entendu raconter qu’Ibrahim était venu là avec Ishaq encore enfant, et que ce dernier ayant marché sur la Sakhrah, les marques que l’on y voit sont celles de ses pas.

Il y a toujours, dans le sanctuaire de la Sakhrah, un grand concours de Moudjavir et de dévots.

Le sol est couvert de beaux tapis en soie et en autres tissus. Une lampe en argent attachée à une chaîne de même métal est suspendue au centre de l’édifice, au-dessus de la Sakhrah. Ou y voit aussi un grand nombre de luminaires également en argent ; on a gravé, sur chacun d’eux, une inscription qui en mentionne le poids. Ils ont tous été faits par l’ordre du sultan d’Egypte. J’ai calculé que tous les objets en argent que renferme ce lieu représentent un poids de mille men. Je remarquai aussi un cierge de proportions gigantesques. Il avait sept ârech de hauteur, et trois palmes de circonférence ; il était blanc comme le camphre de Zabedj et la cire était mélangée d’ambre. Le sultan d’Egypte envoie, dit-on, chaque année un grand nombre de cierges et parmi eux ce grand cierge dont je viens de parler et sur lequel son nom est inscrit en lettres d’or.

Le sanctuaire de la Sakhrah est la troisième maison de Dieu. Il est admis par les docteurs de la loi qu’une prière faite à Jérusalem a la valeur de vingt-cinq mille ; celle qui est adressée à Dieu à Médine en vaut cinquante mille, et celle qui est faite à la Mekke, cent mille. Que le Dieu tout-puissant daigne accorder à tous ses serviteurs la grâce de jouir de cette faveur !

J’ai déjà dit que tous les toits, ainsi que la partie extérieure de la coupole, sont couverts de plomb. Sur les quatre faces de l’édifice s’ouvrent quatre grandes portes à deux battants ; elles sont en bois de sadj et elles sont tenues constamment fermées.

Il y a, en outre, sur la plate-forme, une construction surmontée d’une coupole ; elle porte le nom de Qoubbet es Silssilèh (coupole de la Chaîne) à cause de la chaîne qui y fut suspendue par Daoud. Cette chaîne ne pouvait être saisie que par celui qui, dans une contestation, avait le droit pour lui. La main de l’homme injuste et violent ne pouvait l’atteindre. Ce fait est admis par les docteurs de la loi. Cette coupole est soutenue par huit colonnes en marbre et par six piliers en pierres. L’édifice est ouvert de toutes parts, excepté du côté de la qiblèh où l’on a élevé jusqu’en haut un mur dans lequel on a établi un beau mihrab.

On voit également sur la plate-forme une autre coupole supportée par quatre colonnes de marbre ; le côté de la qiblèh est aussi fermé par un mur dans lequel est un beau mihrab. Elle porte le nom de Qoubbet Dje-brayl (coupole de Gabriel). Le sol n’est point recouvert de tapis ; la roche qui a été nivelée s’y montre à nu. C’est là que pendant la nuit du Miradj, le Boraq fut amené pour servir de monture au Prophète. Derrière la Qoubbet Djebrayl, à la distance de vingt ârech, on voit une autre coupole qui est soutenue par quatre colonnes de marbre. On l’appelle Qoubbet er Ressoul (la coupole du Prophète).

On prétend que dans la nuit du Miradj, le Prophète fit d’abord sa prière sous le dôme de la Sakhrah ; il posa sa main sur elle et quand il sortit, celle-ci, pour lui témoigner son respect, se dressa toute droite ; mais le Prophète remit la main sur elle et elle reprit sa place. Elle est restée, jusqu’à ce jour, à moitié soulevée. Le Prophète se dirigea ensuite vers la coupole qui porte son nom, et là il monta sur le Boraq. Cette circonstance a valu à ce lieu la vénération dont il est l’objet.

Il y a sous la Sakhrah une grande excavation dans laquelle règne une complète obscurité. Des cierges y brûlent continuellement. On dit que cette excavation a été produite par le mouvement que fit la Sakhrah pour se lever et elle subsista lorsque la pierre fut redevenue immobile.

Mont du Temple à l'époque omeyyade reconstruit par Leen Ritmeyer et copié la meilleure source sur l'histoire physique du Mont du Temple
Mont du Temple à l’époque omeyyade reconstitué  par Leen Ritmeyer et « d’après les meilleurs sources sur le site »
Description des escaliers donnant accès à la plate-forme qui s’élève au centre de l’enceinte du Haram.

On peut monter sur la plate-forme par six escaliers placés en six endroits différents. Chacun d’eux est désigné par un nom particulier. Du côté de la qiblèh, il y a deux passages avec des degrés par lesquels on arrive à la plate-forme. Lorsque l’on se tient au milieu de la paroi du mur de soutènement, l’un est à droite, l’autre à gauche. Celui de droite est appelé Maqam en Neby (place du Prophète), l’autre Maqam el Ghoury (place de Ghoury). Le premier est ainsi nommé parce que le Prophète l’a gravi dans la nuit du Miradj pour se rendre sur la plate-forme et aller au dôme de la Sakhrah. Cet escalier est placé dans la direction de la route du Hedjaz ; les marches ont aujourd’hui une largeur de vingt ârech. Elles sont faites de pierres de taille de si grande dimension, qu’un ou deux blocs carrés suffisent pour former une marche. Ces degrés sont disposés avec tant d’art qu’on pourrait, si on voulait, les gravir avec une monture.

Au sommet de cet escalier se dressent quatre colonnes d’une espèce de marbre vert qui ressemblerait à l’émeraude s’il n’était couvert d’une quantité de points de toutes couleurs. Chacune de ces colonnes a une hauteur de dix ârech et une épaisseur telle qu’il faut deux hommes pour les embrasser. Elles sont surmontées de trois arceaux disposés de façon que l’un est en face de l’escalier et les deux autres sur ses deux côtés.

Le faîte du mur élevé au-dessus des arceaux est horizontal : il est disposé en galerie, garni de créneaux et il a l’apparence d’un carré. Ces piliers et ces arceaux sont couverts de dessins en mosaïque, les plus beaux que l’on puisse voir.

Le parapet qui règne autour de la plate-forme est tout entier en marbre pointillé. Quand on y jette les yeux, on croirait voir une pelouse émaillée de fleurs. Le Maqam el Ghoury est un emplacement où se trouvent trois escaliers : l’un est en face de la plate-forme, les deux autres sont sur ses flancs, de sorte que l’on peut y monter par trois côtés. On a également dressé, au haut de ces escaliers, des colonnes surmontées par des arceaux et une galerie. Les marches sont disposées de la façon que nous avons décrite plus haut ; chacune d’elles se compose de deux ou de trois blocs de pierre taillée et de forme allongée. On lit sur le front de l’arceau l’inscription qui suit, tracée en caractères élégants : « Fait par l’ordre de l’émir Leïs oud Daoulèh Nouchtekin Ghoury. Ce Leïs oud Daoulèh était, dit-on, un des esclaves du sultan d’Egypte ; c’est lui qui a fait ouvrir ce passage et construire ces escaliers 1.

Sur la face occidentale de la plate-forme, on a également construit deux escaliers en deux endroits différents, et on a pratiqué un passage qui a la même magnificence que ceux que je viens de décrire. A l’orient, il y a également un passage au sommet duquel sont des colonnes surmontées d’arceaux couronnés de créneaux. Cet endroit porte le nom de Maqam ech Charqy (station de l’Orient).

Sur le côté du nord, se trouve un autre escalier le plus élevé et le plus grand de tous. En haut de celui-ci on trouve, comme en haut des autres, des colonnes surmontées d’arceaux. Il a reçu le nom de Maqam ech Chamy (station de Syrie).

On a dû, pour établir ces six escaliers, dépenser, à mon estimation, la somme de cent mille dinars.

Faisant face au nord, dans la cour de l’enceinte et non pas sur la plate-forme, on voit une construction peu importante qui ressemble à une petite mosquée. Elle a la forme carrée d’un enclos ; les murs en pierres de teille ne dépassent pas la hauteur d’un homme. Elle est désignée sous le nom de mihrab de Daoud. Non loin de là, se dresse une pierre qui a la hauteur de la taille d’un homme : le sommet n’est pas plus grand qu’un tapis de prière. C’est, dit-on, le siège sur lequel s’asseyait Souleyman pendant la construction du temple.

Telles sont les choses que j’ai vues dans l’enceinte du Haram de Jérusalem. J’en ai fait des dessins que j’ai tracés sur le journal où j’ai consigné mes observations.

L’arbre des Houris est aussi une des merveilles que je vis dans le Haram de Jérusalem.

Le mercredi, premier jour du mois de Zil Qa’adèh de l’an 438 (29 avril 1047), je partis de Jérusalem pour me rendre en pèlerinage au tombeau d’Ibrahim, l’ami du Dieu très miséricordieux »

Fin

« Sefer nameh », relation du voyage de Nassiri Khosrau en Syrie, en Palestine, en Égypte, en Arabie et en Perse, pendant les années de l’hégire 437-444 (1035 1042) / Publié, traduit et annoté par Charles Schefer,…


 

al-Quds, Jérusalem lors des croisades
al-Quds, Jérusalem lors des croisades

Description de al-Quds Jerusalem par le géographe arabe maghrebin al-Idrissi 1154 :

« Jérusalem est une ville illustre, de construction immémoriale et éternelle. Elle porta le nom d’Îliyâ’. Située sur une montagne accessible de tous les côtés, elle est allongée et s’étend de l’ouest à l’est. À l’occident se trouve la porte dite du Mihrâb ; elle est dominée par la coupole de David (sur qui soit le salut !) ; à l’orient, la porte dite de la Miséricorde (bâb al-Rahma) qui est ordinairement fermée et ne s’ouvre que lors de la fête des rameaux; au sud, la porte de Sion (Sihyûn) ; au nord, la porte dite d »Amûd al-Ghurâb. En partant de la porte occidentale ou d’al-Mihrâb, on se dirige vers l’est par une rue et l’on parvient à la grande église dite de la Résurrection, et que les musulmans appellent Qumâma. Cette église est l’objet du pèlerinage de tout l’Empire grec d’Orient et d’Occident. On y entre par la porte occidentale et l’on parvient directement sous le dôme qui couvre toute l’église et qui est l’une des choses les plus remarquables du monde.
(…)
Après être descendu dans l’église, le spectateur trouve le très vénéré Saint-Sépulcre ayant deux portes et surmonté d’une coupole d’une construction très solide, très bien construite et d’une décoration exceptionnelle; de ces deux portes l’une fait face, du côté du nord, à la porte de Santa-Maria, l’autre fait face au sud et se nomme porte de la Crucifixion : c’est de ce côté qu’est le clocher de l’église, clocher vis-à-vis duquel se trouve, vers l’orient, une (autre) église considérable, immense, où les Francs chrétiens célèbrent la messe et communient. À l’orient de cette église, et un peu au sud, on parvient à la prison où le seigneur Messie fut détenu et au lieu où il fut crucifié.

La grande coupole (de l’église de la Résurrection) est circulairement percée à ciel ouvert et on y voit tout autour et intérieurement des peintures représentant les prophètes, le seigneur Messie, sainte Marie sa mère et saint Jean Baptiste. Parmi les lampes qui sont suspendues au-dessus du Saint-Sépulcre, on en distingue trois qui sont en or et qui sont placées au-dessus de la tombe. Si vous sortez de l’église principale en vous dirigeant vers l’orient, vous rencontrerez la sainte demeure qui fut bâtie par Salomon, fils de David – sur lui le salut ! – et qui fut un lieu de prière et de pèlerinage du temps de la puissance des juifs.

Ce temple leur fut ensuite ravi et ils en furent chassés. À l’époque où arrivèrent les musulmans, il fut de nouveau vénéré et c’est maintenant la grande mosquée connue par les musulmans sous le nom de mosquée al-Aqsâ. Il n’en existe pas au monde qui l’égale en grandeur, si l’on en excepte toutefois la grande mosquée de la capitale de l’Andalousie (dyâr al-Andalus) ; car, d’après ce qu’on rapporte, le toit de cette mosquée est plus grand que celui de la mosquée al-Aqsâ.

Le Rocher (arabe الصخره As-Sakhra) situé au cœur du Dôme du Rocher.

L’aire de cette dernière forme un parallélogramme dont la hauteur est de deux cents brasses, et la base de cent quatre-vingts. La moitié de cet espace, celle qui est voisine du Mihrâb, est couverte de dômes en pierre soutenus par plusieurs rangs de colonnes ; l’autre est à ciel ouvert. Au centre de l’édifice il y a un grand dôme connu sous le nom de Dôme du Rocher ; il fut orné d’incrustations d’or et d’autres beaux ouvrages, par les soins de divers califes musulmans. Au centre se trouve un rocher tombé (du ciel) de forme quadrangulaire comme un bouclier ; au centre du dôme, l’une de ses extrémités s’élève au-dessus du sol de la hauteur d’une demi-toise ou environ, l’autre est au niveau du sol ; elle est à peu près cubique, et sa largeur égale à peu près sa longueur, c’est-à-dire près de dix coudées. Au pied et à l’intérieur il y a une caverne, comme une cellule obscure, de dix coudées de long sur cinq de large, et dont la hauteur est de plus d’une toise ; on n’y pénètre qu’à la clarté des flambeaux.

Le dôme est percé de quatre portes ; en face de celle qui est à l’occident, on voit l’autel sur lequel les enfants d’Israël offraient leurs sacrifices ; près de la porte orientale, on voit l’église nommée le Saint des Saints, d’une construction élégante. Au sud se trouve le bâtiment voûté qui était à l’usage des musulmans ; mais les chrétiens s’en sont emparés de vive force et il est resté en leur pouvoir jusqu’à l’époque de la composition du présent ouvrage. Ils en ont fait des logements où résident des religieux de l’ordre des templiers, c’est-à-dire des serviteurs de la maison de Dieu. Enfin la porte septentrionale est située vis-à-vis d’un jardin bien planté de diverses espèces d’arbres et entouré de colonnade de marbre sculptées avec beaucoup d’art. Au bout du jardin se trouve un réfectoire pour les prêtres et pour ceux qui se destinent à entrer dans les ordres »

Fin

 

Al-Idrîsî, Nuzhat al-mushtaq fî ikhtirâq al-âfâq, dit al-Kitab Rodjar ou le Livre de Roger. Sicile, 1154.


 

Plan d'al-Quds, Jérusalem , Palestine.
Plan d’al-Quds, Jérusalem , Palestine.

Description de Jerusalem par le voyageur berbère maghrebin Ibn Battouta (1304-1369) :

« Ensuite je partis d’Hébron, me dirigeant vers Elkods (la sainteté, Jérusalem), et je visitai sur ma route le sépulcre de Jonas, près duquel on voit un vaste édifice et une mosquée. Je visitai aussi Baït Lahm (Bethléem), lieu de naissance de Jésus, où l’on voit la trace du tronc de palmier. (Coran, XIX, 23, où il est dit que les douleurs de l’enfantement surprirent Marie au pied d’un tronc de palmier.) Près de là est une population considérable. Les chrétiens ont cet endroit en très grande vénération, et ils donnent l’hospitalité à ceux qui y descendent.

Puis nous arrivâmes à Baït elmokaddes (la maison du sanctuaire, Jérusalem), que Dieu la glorifie! C’est elle qui, sous le rapport de l’illustration, vient immédiatement après les deux nobles temples (de la Mecque et de Médine), et c’est là qu’eut lieu l’ascension de l’envoyé de Dieu vers le ciel. La ville est grande, illustre, et construite en pierres de taille. Le roi pieux, noble, Salah eddîn (Saladin), fils d’Ayyoub (que Dieu le récompense, pour le bien qu’il a fait à l’islamisme!), lorsqu’il fit la conquête de cette ville, détruisit une partie de son mur d’enceinte. Ensuite Almélic azzhâhir (Baybars) compléta sa démolition, de crainte que les Francs ne s’emparassent de la ville et ne s’y fortifiassent. Cette ville n’avait pas, auparavant, de canal; et c’est l’émir Seïf eddîn Tenkîz, gouverneur de Damas, qui de notre temps y a conduit l’eau.

Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem
Mosquée Al-Aqsa de Jérusalem
DESCRIPTION DE LA SAINTE MOSQUÉE DE JÉRUSALEM.

C’est une des mosquées admirables, merveilleuses, d’une extrême beauté; et l’on dit qu’il n’existe pas, sur toute la surface de la terre, un temple plus grand que cette mosquée. Sa longueur, du levant au couchant, est de sept cent cinquante-deux coudées, en calculant d’après la coudée el-mâlikiyah (la coudée royale, qui est de trente-deux doigts); et sa largeur, du midi au nord, est de quatre cent trente-cinq coudées. Elle possède beaucoup de portes sur trois de ses côtés; mais pour ce qui est de sa paroi méridionale, je ne lui connais qu’une seule porte, et c’est celle par laquelle entre l’imâm. Toute la mosquée n’est qu’un vaste espace, sans toit, à l’exception de la partie appelée la mosquée El-aksa, qui est couverte, et qui est d’une construction extrêmement solide, d’un travail fort ingénieux, recouverte d’or et de couleurs brillantes. Il y a aussi dans la mosquée d’autres endroits recouverts d’une toiture.

Sanctuaire de la mosquée Al Aqsa à Jérusalem. D'après une photographie et une aquarelle
Sanctuaire de la mosquée Al Aqsa à Jérusalem. D’après une photographie et une aquarelle
DESCRIPTION DU DÔME DU ROCHER.

C’est un édifice des plus merveilleux, des plus solides, et des plus extraordinaires pour sa forme. Il a en abondance son lot de beautés, et a reçu sa bonne part de toute chose merveilleuse. Il est situé sur un lieu élevé au milieu de la mosquée, et l’on y monte par des degrés de marbre. Il a quatre portes ; son circuit est pavé de marbre d’un travail élégant, et il en est de même de son intérieur. Tant au dedans qu’au dehors, il y a diverses sortes de peintures, et un ouvrage si brillant, qu’on est impuissant à les décrire. La plupart de toutes ces choses sont recouvertes d’or, et la chapelle resplendit de lumière et brille comme l’éclair. La vue de celui qui la regarde est éblouie de ses beautés, la langue de qui la voit est incapable de la décrire. Au milieu de la chapelle, on voit la noble pierre qui est mentionnée dans les traditions; et l’on sait que le Prophète (Muhammad) est monté de là vers le ciel. C’est une pierre fort dure, et son élévation est d’environ une brasse.

Au-dessous de cette pierre, il y a une grotte de l’étendue d’un petit appartement. Elle est élevée aussi d’à peu près une brasse; on y descend par des degrés, et l’on y voit la figure d’un mihrâb. Près de la pierre existent deux balustrades artistement faites, qui la renferment. Celle qui est plus rapprochée de la pierre est de fer, fort bien travaillé; l’autre est de bois.

Dans la chapelle se trouve un grand bouclier de fer, qu’on y voit suspendu. On prétend que c’est l’écu de Hamzah, fils d’Abd elmotthalib.

"La Jerusalem musulmane, 638-1099"
« La Jerusalem musulmane, 638-1099 »
DE QUELQUES SANCTUAIRES BÉNIS DANS LA NOBLE JERUSALEM.

Parmi eux, au bord de la vallée connue sous le nom de vallée de la Géhenne, à l’orient de la ville et sur une colline élevée, on voit un édifice que l’on dit être le lieu d’où Jésus est monté au ciel.

Un autre, c’est le tombeau de Râbi’ah albadaouiyah (la Bédouine), qui tire son nom du désert (bâdiyeh), et qu’il ne faut pas confondre avec Râbi’ah al’adaouiyah, laquelle est célèbre.

Au milieu de la même vallée, il y a une église que les chrétiens vénèrent; ils disent qu’elle contient le sépulcre de Marie. On y voit aussi une autre église également vénérée, et où les chrétiens vont en pèlerinage. C’est celle au sujet de laquelle ils font un mensonge, puisqu’ils prétendent qu’elle renferme le tombeau de Jésus. Toute personne qui s’y rend en pèlerinage doit payer au profit des musulmans un tribut déterminé, et supporter diverses sortes d’humiliations que les chrétiens endurent à contrecœur. On y voit le lieu du berceau de Jésus, et l’on y vient implorer son intercession.

 

Vue aérienne sur Jéusalem al Quds Eila
Vue aérienne sur Jéusalem al Quds Eila
DE QUELQUES HOMMES ÉMINENTS DE JÉRUSALEM.

On remarque :

1° Son kadi, le savant Chems eddîn, Mohammed, fils de Sâlim, alghazzy : il est originaire de Ghazzah, et un de ses grands personnages;

2° Son prédicateur, le pieux, l’excellent Imad eddîn Annâboloucy ;

3° Le savant versé dans les traditions (almohaddith), le mufti Schihâb eddîn Atthabary;

4° Le professeur de la secte de Malik, lequel est aussi supérieur des nobles monastères, Abou Abd Allah Mohammed, fils de Mothbit, Grenadin de naissance, mais habitant à Jérusalem ;

5° Le cheikh qui a renoncé à tous les biens du monde (ezzâhid, ou dévot), Abou Aly Haçan, connu sous l’épithète d’aveugle, un des notables parmi les hommes pieux;

6° Le cheikh, le juste, l’adorateur de Dieu, Kémal eddîn Almérâghy;

7° Le cheikh juste, livré au culte de Dieu, Abou Abd errahîm Abd er-Rahman, fils de Moustafa, originaire d’Erzeroum. C’est un des disciples de Tadj eddîn Errifâ’y. Je me suis lié avec lui, et il m’a revêtu du froc que portent les soufis.

Ensuite je quittai la noble Jérusalem, dans le dessein de visiter la forteresse d’Askalân (Ascalon), qui est ruinée »

Fin

Ibn Battouta, (trad. C. Defremery et B. R. Sanguinetti (1858)), Voyages, De l’Afrique du Nord à La Mecque

Le dôme du Rocher fait par le calife Omeyyade Abd al-Malik 685-705
Le dôme du Rocher fait par le calife Omeyyade Abd al-Malik 685-705

 

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La princesse Abbasside Zubayda Bint Jafar ibn al-Mansur

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Photo de l'Ain Zubaida à La Mecque construit par Harun al Rashid
Photo de Ain al-Zubaida à La Mecque (Arabie Saoudite)  construit au temps du calife abbasside Harun al Rashid (763-809), par Zubaida bint Jafar ibn al-Mansur

Zubayda bint Jafar ibn al-Mansur (arabe: زبيدة بنت جعفر ابن المنصور) (né en 763? morte le 26 Joumada I 216 AH / 10 Juillet 831 jc) est la plus connu des princesses abbassides . Elle est particulièrement connu pour la série de puits, de réservoirs et bassins artificiels qu’elle fit construire pour fournir de l’eau pour les pèlerins musulmans (al-Hajj) le long de la route de Baghdad à la Mecque et Médine, qui a été rebaptisé le « Darb Zubaidah » [1] [2] [3] en son honneur.

Les exploits de son mari, Harun al-Rashid et ainsi que les siens,ont inspirés les contes des Les Mille et Une Nuits.

La date de naissance de Zubayda est inconnue ,  pense-t-on, qu’elle aurai eu lieu un an de moins avant son époux et cousin Harun al-Rashid.
Son père, Ja’far est un demi-frère du calife abbasside al-Mahdi . Sa mère, Salsal, est une sœur aînée d’ al-Khayzurane , seconde et la plus puissante épouse d’al-Mahdi, et mère des futurs califes Musa al-Hadi et Haroun ar-Rachid 
La tombe présumé de  Zubayda Bint Jafar  ibn Mansur al-Abbassi Baghdad
La tombe présumé de Zubayda Bint Jafar ibn Mansur al-Abbassi Baghdad

Zubaidah est un nom d’animal de compagnie, donné par son grand-père, le calife Abu Jafar al-Mansur. Le nom signifie «petite boule de beurre ». Le vrai nom de Zubaidah à sa naissance était Sukhainah ou Amat al-Aziz « . [4] Plus tard, Zubaidah avait obtenu une kunya celle de Umm Ja’far (ce qui signifie Mère de Ja’far), [5] qui reflète sa lignée royale comme une petite-fille de calife Abu Ja’far al-Mansur et une épouse du calife Abu Ja’far Harun al-Rashid.

Elle était la petite-fille du calife abbasside Al-Manour, à travers son fils Ja’far, et cousin de Harun al-Rashid (c.763 ou 766-809), qui, plus tard, elle épousera (165 AH / 781-782 jc). Le calife abbasside Muhammad al-Amin, qui avait une lignée  doublement abbasside, était le fils de Zubaidah. Son beau-fils était ‘Abdullah al-Ma’mûn, qui est également devenu calife après la guerre civile avec al-Amin.

Il est dit que de Zubaidah que son palais « sonnait comme dans une ruche », car elle employait une centaine de femmes servantes qui avait mémorisé le saint Coran. [6]

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Tombe attribuée à Zubayda bint Jafar bint al-Mansur femme du calife Haroun al-Rashid 786-809 (Baghdad)
Tombe attribuée par les Baghdadi à Zubayda bint Jafar bint al-Mansur femme du calife Haroun al-Rashid 786-809 (Baghdad)

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http://www.muslimheritage.com/scholars/zubayda-bint-jafar-al-mansur

Notes

  1. Safadi XIV. pp. 176–8.
  2.  al-Baghdadi, Al-Khatib. Tarikh Baghdad xtv. pp. 433–4.
  3.  Bidaya X. p. 271.
  4. :a b Abbot, Nabia. Two Queens of Baghdad. p. 30.
  5.  Abbot, Nabia. Two Queens of Baghdad. p. 150.
  6. Ibn Khallikan I. p. 533.

Muadh ibn Jabal radi Allah anhu :

Publié le Mis à jour le

L'épée du compagnon Muadh ibn jabal radi Allah anhu
L’épée du compagnon Muadh ibn jabal radi Allah anhu, conservé au musée du Topkapi d’Istanbul, Turquie.
Muadh ibn Jabal radi Allah anhu 

Mu’adh ibn Jabal, de son vrai nom Abu Abd al-Rahman Mu’adh ibn Jabal ibn Amr ibn Aws (arabe : أبو عبد الرحمن معاذ بن جبل بن عمرو بن أوس), était encore un jeune garçon lorsque le prophète Muhammad ( Sallallahu Allayhi wa sallam) commença à répandre le message de l’islam. Il était originaire de Médine et y resta la plupart du temps avec ce dernier. Il fut remarqué pour son intelligence, sa vivacité d’esprit, la beauté de sa récitation (ou bien l’art de la parole ?) et pour le fait qu’il restait très proche des gens.

Il est décrit comme un homme très séduisant. Ses yeux et ses cils étaient noirs, ses dents d’une extrême blancheur et ses cheveux étaient bouclés. La plupart des livres décrivant son apparence physique disent que si on le regarde, on est tout de suite abasourdi par sa beauté

Sa généalogie

Membre du clan Ansar

Sa naissance (-19 H)

Mou’adh Ibn Jabal (رضي الله عنه) naquit à Médine en -19 H.

Sa conversion

Tout jeune, Mou’adh (رضي الله عنه) embrassa l’islam grâce à MOUSHAB IBN OMAR

Son serment prêté au Prophète (صلى الله عليه و سلم)

La Grande mosquée de Dhammar au Yémén (632-634) date du califat d'Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu (632 – 23 août 634), elle fut construite par Mu'ad ibn Jabal radi Allah anhu, selon le récit de l'historien kurde syrien Abu al-Feda al-Ayyoubi :"(..) Suivant al-Idrissi à deux journées de Sanaa sur la route de Dhamar est une montagne. Là est une deuxième mosquée bâtie par Moad fils de Djabal"  (Géographie d'Aboulféda, Volume 2, page 123; Par Abū al-Fidāʾ) et
La Grande mosquée de Dhammar au Yémén (632-634) date du califat d’Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu (632 – 23 août 634), elle fut construite par Mu’ad ibn Jabal radi Allah anhu, selon le récit de l’historien kurde syrien Abu al-Feda al-Ayyoubi : »(..) Suivant al-Idrissi à deux journées de Sanaa sur la route de Dhamar est une montagne. Là est une deuxième mosquée bâtie par Moad fils de Djabal » (Géographie d’Aboulféda, Volume 2, page 123; Par Abū al-Fidāʾ) 

La seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète à al-‘Aqaba, Mou’adh (رضي الله عنه) fit partie du groupe composé de 72 membres qui prêtèrent serment d’allégeance au Prophète (صلى الله عليه و سلم). Cette  seconde fois où les Ansar prêtaient allégeance au Prophète à al-Aqaba, il y avait parmi eux Mouâdh ibn Jabal. Un jeune homme calme, au visage rayonnant, au regard charmant. C’était un Ansarite de la première heure. Mais, le trait qui le caractérisait le plus était sa science religieuse si vaste, à tel point que le Messager avait dit de lui : »De ma communauté, Mouâdh ibn Jabal est le plus connaissant du licite et de l’interdit. »

A son retour à Médine après la conclusion de ce pacte de fidélité, Mou’adh se mit à prêcher l’islam parmi son entourage. Grâce à lui, un nombre d’hommes -qui seront plus tard parmi les grands compagnons- adoptèrent l’islam, tel  : ‘Amr Ibn Al-Jamûh.

Son combat dans la voie de Dieu

Présent à Badr, il fut par la suite de toutes les expéditions.

Son enseignement

Après la conquête de La Mecque, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) y engagea Mou’adh comme enseignent et le chargea de transmettre l’islam aux gens et de leur apprendre le Coran.

De même, quand les souverains yéménites vinrent annoncer au Prophète (صلى الله عليه و سلم) leur conversion à l’islam et qu’ils lui demandèrent de leur assigner un précepteur, son choix tomba sur Mou’adh (رضي الله عنه) pour remplir cette mission, en le mettant à la tête d’une troupe de compagnons (رضي الله عنهم). Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sortit, par lui-même, pour leur faire ses adieux et conseilla alors Mou’adh (رضي الله عنه), en disant  :

« Ô Mou’adh! Il se peut que vous ne me voyiez pas à l’année prochaine. Veuillez me rendre visite à ma mosquée et à mon tombeau.… « .

Mou’adh (رضي الله عنه) se fendit en larmes par crainte de la séparation d’avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم). En effet, celui-ci (صلى الله عليه و سلم) rendit le dernier soupir et ce fut sa dernière rencontre avec Mou’adh.

6) La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu
La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu

Après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم)

Après le décès du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Mou’adh (رضي الله عنه) revint du Yémen et fut de retour à Médine. Il fut profondément affligé et versa de chaudes larmes pour la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم).

En outre, il était doté d’une intelligence perspicace.

Quand le Messager le chargea d’une mission au Yémen, il lui dit : « O Mouâdh, avec quoi lu vas prononcer les jugements ? ? Avec le Livre de Dieu, dit Mouâdh ? Et si tu ne trouves pas dans le Livre de Dieu (avec quoi juger)… ? ? Je juge avec la Sunna de son Messager. ? Et si tu n’en trouves pas dans la Sunna de son Messager ? ? Je fais effort avec mon avis. »

Son allégeance au Livre de Dieu, ainsi qu’à la Sunna du Prophète , ne le désarmait nullement de l’initiative de son esprit raisonnable, ne lui voilait pas les innombrables faits dissimulés qui n’attendaient que leur mise en lumière.

Il est envoyé aux Banou Kilâb pendant le califat de ‘Omar (رضي الله عنه)

Quand le califat échut à ‘Omar Ibn Al-Khattâb (رضي الله عنه), celui-ci l’envoya aux Banû Kilâb pour trancher leur litige.

Abou Idris Al Khawalàni, paix à son âme, a dit : « Je suis entré une fois à la mosquée de Damas. Tout à coup je vis un jeune homme souriant que les gens entouraient. Quand ils étaient en désaccord sur une question ils recouraient à son arbitrage et adoptaient son opinion. Je me renseignai alors sur lui et l’on me dit : « C’est MOUHAD IBN JABAL  que Dieu lui accorde Sa satisfaction ».
Quand ce fut le lendemain, je partis à la mosquée de bonne heure, mais j’ai trouvé qu’il m’y avait déjà précédé. Je l’ai trouvé en prière. J’attendis qu’il terminât sa prière puis je me dirigeai vers lui.
Je le saluai et lui dis : « Par Dieu, je t’aime ».
Il dit : « Tu dis bien par Dieu? »
Je dis : « Oui, par Dieu ».
Il répéta : « Tu dis bien par Dieu? »
Je dis : « Oui, par Dieu ».
Il me saisit par le pan de mon manteau et m’attira à lui en me disant : « Réjouis-toi donc car j’ai entendu le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) dire : « Allâh le Très-Haut a dit : « Mon amour est acquis de droit à ceux qui s’aiment en Moi, qui se réunissent en Moi, se séparent en Moi et se font des cadeaux en Moi » ». (Màlik avec une chaîne authentique)

De plus, les témoignages à son sujet le disent doté d’un bon sens infaillible. Ibn Abdallah raconte qu’il s’était trouvé dans la mosquée, au début du khalifat d’Omar : « J’ai assisté, disait-il, à une réunion de plus d’une trentaine. Tous citaient des hadiths du Messager . Dans le groupe, il y avait un jeune homme rayonnant, à la voix attrayante. Il était le plus jeune. Quand ses compagnons doutaient d’une chose sur un hadith, ils le consultaient. Alors, ce jeune leur donnait son avis. Et puis, je me suis rapproché de lui et je lui ai demandé qui il était. Il m’a répondu : « Je suis Mouâdh ibn Jabal. »

Quant à Chahr ibn Haouchab, il avait dit : « Quand les compagnons du Messager citaient des hadiths en présence de Mouâdh ibn Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse. » Mouâdh obtint ce savoir si considérable dans sa jeunesse. D’ailleurs, il ne vécut pas longtemps, puisqu’il mourut à l’âge de 33 ans durant le règne d’Omar ibn al-Khattab radi Allah anhu.

6) La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu
La mosquée al-Jannad à At Ta’izzīyah, Muḩāfaz̧at Ta’izz, au Yémen 630-631 JC construite par le compagnon Mua’ath ibn Jabal al-Khazraji radi ALLAH anhu

Mouâdh était généreux. Quand on lui demandait une chose, il la donnait de tout coeur. Sa générosité était telle qu’il était resté sans fortune. A la mort du Prophète , il revint du Yémen où il enseignait l’Islam aux musulmans.

Puis, il émigra en Syrie où il s’occupa également de l’enseignement religieux. Mais, à la mort de l’Emir du pays : son amiAbou Oubayda, qu’il remplaça à la tête de l’émirat, après avoir été nommé par le khalife Omar . Il ne passa pourtant que quelques mois à ce poste, puisqu’il fut rappelé à Dieu.

Son séjour parmi les concitoyens d’Ach-Châm puis de Palestine pour leur apprendre le Coran

Sous le califat de ‘Omar aussi, le gouverneur d’Ach-Châm, Yazîd Ibn ABOU SOUFIANE envoya demander à OMAR  (رضي الله عنه) un précepteur pour ses sujets. ‘Omar convoqua alors Mou’adh Ibn Jabal, ‘Oubâda Ibn As-Sâmit, ABOU AYYOUB , AL ANSARI  Ubay Ibn Ka’b et ABOU DARDA et leur dit  :

« Vos coreligionnaires à Ach-Châm me demandent de leur assigner un précepteur pour apprendre le Coran et s’instruire dans la religion. Aidez-moi donc que Dieu vous accorde Sa miséricorde dans le choix de trois parmi vous. Veuillez procéder par tirage au sort, ou bien je désignerai par moi-même trois parmi vous ».

– « Et pourquoi tirons-nous au sort?, répondirent-ils, Abou Ayyûb est âgé, Oubay est malade et il ne reste que nous trois ».

– « Commencez, vous trois, par Hams et quand vous serez rassurés sur l’état de son peuple, quittez-la en y laissant l’un de vous. Puis, que le second se dirige vers Damas tandis que lautre, vers la Palestine ».
Les trois se dirigèrent donc vers Hams où fut laissé ‘Ubâda Ibn As-Sâmit. Tandis que Aboû Ad-Dardâ se rendit à Damas et Mou’adh Ibn Jabal en Palestine.

La tombe de Muadh-ibn-Jabal radiAllah anhu, Syrie
La tombe de Muadh-ibn-Jabal radiAllah anhu, Jordanie (Sham)

Sa mort (33 ans)

Mou’adh (رضي الله عنه) resta en Palestine jusqu’à ce qu’il fut atteint de la peste. A l’article de la mort, il se mit à dire : « Ô mort! Soyez la bienvenue! Tel un visiteur qui vient après une longue absence et un être cher qui arrive après un profond désir ».
Il se mit à regarder la voûte céleste, puis dit  : « Mon Seigneur! Vous savez parfaitement que je n’ai jamais aimé l’ici-bas ou désiré la longévité pour y planter des arbres ou y faire couler des fleuves, mais plutôt pour accomplir le jeûne pendant les journées les plus torrides, passer les nuits à faire des dévotions et se presser autour des savants qui tiennent les cercles de rappel. Veuillez recueillir mon âme comme Vous Vous recueillez les âmes croyantes ». Puis, il rendit le dernier soupir.


Ses mérites

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit aussi : « Faîtes-vous réciter (ou enseigner) le Coran par quatre individus : ABDALLAH IBNMASOUD , Sâlim l’affranchi d’Abou Houdhayfa, Oubay Ibn Ka’b et Mu’âdh Ibn Jabal ». (Al-Boukhâri)

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui rendit hommage, en disant  : « Mou’adh Ibn Jabal est celui parmi les membres de ma Communauté qui sait parfaitement distinguer le licite de l’illicite ». (At-Tirmidhî et Ibn Mâja).

Selon Mou’had (رضي الله عنه), le MESSAGER D’allah (صلى الله عليه و سلم) le saisit une fois par la main et lui dit : « Ô Mou’àdh! Par Dieu, je t’aime ».

(ABOU DAWOUD Et An-Nasâi)

‘Omar dit sur le lit de mort : « Si Mouâdh Ibn Jabal était vivant, je l’aurais désigné à ma succession. Et, quand je me présenterai devant Dieu et qu’il me demandera : « Qui as-tu désigné au commandement de la communauté de Mohammad ? » je dirai : « J’ai désigné Mouâdh Ibn Jabal. C’est que j’avais entendu le Prophète dire : « Le Jour de la résurrection, Mouâdh Ibn Jabal sera l’imam (le dirigeant) des savants ».

Ibn Mas’oud avait dit de lui : « Nous comparions Mou’âdh au (prophète) Ibrahim ».

Chahr Ibn Haouchab, avait dit : « Quand les compagnons du Messager citaient des hadiths en présence de Mouâdh Ibn Jabal, ils le regardaient avec une crainte respectueuse ».
source :

La Sardaigne par Ibn al-Athir (1160-1233) :

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File:Fortified monastery of Abbey Lérins - Cannes.JPG
L’abbaye de Lérins en Sardaigne, fortifiée en 1073, à la suite des raids arabo-musulmans venu d’Ifriqiya et d’al-Andalus.

Conquête de l’île de Sardaigne

« Cette île figure parmi les plus grandes de la mer de Roûm et n’est dépassée en étendue que par la Sicile et la Crête ; elle produit des fruits en abondance.

En 92 (28 oct. 710), Mûsa, ibn Nusayr (émir Omeyyade d’ifriqiya et conquérant du Maghreb et de l’Espagne)  qui venait de conquérir l’Espagne, fit embarquer une portion de ses troupes à destination de cette île.

A l’arrivée des musulmans, les chrétiens, réunissant leurs vases d’or et d’argent, les jetèrent dans le port et déposèrent leurs richesses dans un grenier qu’ils construisirent en installant un plafond sous le toit de leur principale église.

Les musulmans y firent un butin  qui dépasse toute description et y commirent bien des fraudes. Ainsi il arriva qu’un musulman en train de se laver dans le port s’embarrassa le pied dans un objet qu’il retira, et qui était un plat d’argent ; ses frères relevèrent alors tout ce que recelait cette cachette. Une autre fois, un musulman entré dans l’église en question et y voyant un pigeon, lui tira une flèche, qui, manquant le but, frappa le toit factice et brisa une planche ; cette ouverture laissa passer quelques dinars, et l’on put mettre la main sur le reste, ce qui fit que les vainqueurs redoublèrent leurs fraudes (au détriment du Trésor). Il y en eut qui, après avoir égorgé des chats et leur avoir enlevé les entrailles, remplissaient le creux de pièces d’or, recousaient la peau et jetaient ces charognes dans la rue, puis en sortant les ramassaient et glissaient l’or dans le fourreau sur lequel ils ne mettaient que la poignée de leur sabre. Quand ils furent embarqués, on entendit une voix prier le Ciel de les noyer, ce qui eut lieu en effet pour eux tous, et l’on retrouva la plupart des noyés, qui portaient des dinars à la ceinture. La Sardegna vista dall'ISS

En 135 (17 juillet 752), ‘Abd er-Rahmân ibn Habîb ibn Abou ‘Obeyda al-Fihri fit une razzia dans cette île, et, après avoir fait un grand massacre des habitants, consentit à conclure la paix avec les survivants moyennant paiement du tribut. Tel fut à partir de là l’état des choses : on n’y fit plus de razzia, et les Roûm la remirent en culture.

En 323 (10 décembre 934), Al-Mansûr ibn Al-Qâ’im l’’Alide, prince (Fatimide) d’ifriqiya, envoya de Mahdia une flotte qui passa d’abord par Gênes et conquit cette ville, puis qui alla faire des prisonniers en Sardaigne ; elle brûla de nombreux vaisseaux et livra Gênes à la destruction et au pillage.

En 406 (20 juin 1015), Mujahid l’’Amiride envoya de Dénia (de la taifa de Denia), contre elle, une flotte composée de cent vingt bateaux ; l’amiral qui la commandait se rendit maître de la Sardaigne, y tua beaucoup d’hommes et emmena en captivité les femmes et les enfants. En présence de ces ravages, les princes de Roûm avec une armée considérable marchèrent par la Grande terre (d’Italie) contre le (prince de Dénia) : les musulmans battus furent expulsés de Sardaigne et perdirent une partie de leurs bâtiments. Le frère de Mujahid, ainsi que son fils ‘Ali ibn Mujahid, furent faits prisonniers, et ce prince rentra à Dénia avec les débris de son armée. Ce fut la dernière expédition dirigée contre la Sardaigne.

Nous avons jugé bon de réunir ici ces faits minimes, que l’on ne peut saisir aussi bien quand ils sont présentés isolément »

Ibn al-Athir 1160-1233 , « Al-Kāmil fī At-tārīkh » p.450 

Cagliari en Sardaigne Italie
Cagliari en Sardaigne Italie

Des vestiges arabes furent retrouvé en Sardaigne, comme des stèles, des monnaies et céramiques. Une des stèles viens d’Assemini, ville à 10km au Nord de Cagliari. avec une inscription funéraire au nom d’une certaine « Maryam, fille de Atiyya al-Sarrâg » (le sellier) décédée en l’an 470 de l’hégire, qui correspond à 1077. La deuxième inscriptions a été trouvée à Cagliari, dans les parages du Palais qui fut jadis celui du Vice-roi et qui est maintenant occupé par la Préfecture de la ville. C’est un fragment dont la date, que l’on parvient à lire seulement en partie, la troisième vient d’Olbia, dans le Nord de la Sardaigne. Contrairement aux deux premières, c’est une grosse dalle rectangulaire peu commune. Il lui manque la partie la plus haute et le côté droit. . Avec beaucoup de probabilités, il s’agit d’une troisième stèle funéraire au nom de « Mustafâ Muhammad al-Mu… » La date n’est pas visible,

19 pièces arabes furent aussi retrouvé, 7 des pièces sont en or, 4 en argent et 8 en cuivre. Chronologiquement, onze appartiennent à la période Omeyyade et aux débuts de la dynastie Abbasside; elles s’échelonnent entre 87/705 et 170/786. Il y a d’autres monnaies plus tardives : il y en a trois aghlabides (236/850 – 270/883), une fatimide
de 360/970, une hammudite (434/1043 – 447/1055), une almohade (524/1130-558/1173) et finalement deux ottomanes datées de 1171/ 1757 et de 1241/1825.

Oman Giovanni. Vestiges arabes en Sardaigne. In: Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, N°8, 1970. unica. pp. 175-184.

Le commandement de la flotte « Qiyadat al-Asatil » par ibn Khaldoun

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Le commandement de la flotte Qiyadat al-Asatil par ibn Khaldoun (Prolégomènes p37 à p46 );

Le commandement de la flotte forme une des dignités de l’empire musulman.

Dans le royaume de Maghreb et dans celui de l’Ifrîkiya l’officier qui remplit cette charge est inférieur en rang au chef de l’armée et dans beaucoup de cas il est tenu de lui obéir.

Son titre en langage des marins est « almilend » mot dont la lettre I se prononce d’une manière emphatique et qui a été emprunté à la langue des Francs (d’Espagne) qui s’en servent avec la même signification. Cette charge est spéciale au royaume de Maghreb et à celui de l’ifrîkiya . En voici la raison les pays que nous venons de nommer sont situés sur le bord méridional de la mer Romaine.

Du côté du sud cette mer depuis Ceuta jusqu’à Alexandrie et à la Syrie confine à des contrées occupées par les Berbers du côté du nord elle a pour limites l’Espagne le pays des Francs celui des Esclavons celui des Grecs et une partie de la Syrie.

On la nomme la mer Romaine et la mer Syrienne à cause des nations qui occupaient ses bords.

La flotte arabe fait route vers la Crète. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.
« La flotte arabe fait route vers la Crète (al-Iqritiya) », ce sont les Ribadi expulsés de Cordoue, venu d’Alexandrie. Miniature du manuscrit de Madrid de la Chronique de Skylitzès.

De tous les peuples qui habitent les rivages de la mer ceux qui se trouvent sur les deux bords de la mer Romaine supportent avec le plus de courage les fatigues de la vie maritime.

Les Romains les Francs et les Goths demeuraient autrefois sur le bord septentrional de cette mer et comme leurs guerres ainsi que leurs expéditions commerciales se faisaient principalement au moyen de navires ils étaient devenus très habiles dans l’art de naviguer et de combattre avec des flottes.

Quelques unes de ces nations visèrent à la possession des côtes méridionales de cette mer les Romains portèrent leurs vues sur l’ifrîkiya les Goths convoitèrent le Maghreb et les deux peuples se transportèrent dans ces contrées au moyen de leurs flottes et s’en rendirent maîtres après avoir vaincu les Berbers et enlevé à ce peuple toute l’autorité.

Ils y possédèrent des villes très peuplées telles que Carthage, Sbaïtla (Sufetula) Djeloula (Oppidum Usalitanam) Mornac, Cherchell (Cœsarea) et Tanger.

bateau omeyyade de cordoue a st raphael
Malgré la haine qu’animait les Omeyyades et les Abbassides entre eux, pourtant lors de la conquête de la Sicile (al-Siqiliya) , l’imam Ibn Kathir écrivait que « 300 navires des forces conjointes des Omeyyades de Cordoue et des Aghlabides » (vassaux Abbasside) de Kairouan ont participé en 830 jc aux campagnes contre les byzantins en Sicile mené par Theodotus .source : (El Hareir, 2011. »The Spread of Islam Throughout the World » p. 441.)

Avant cela le souverain de Carthage (les phéniciens que ibn Khaldoun ne connaissait pas) avait fait la guerre à celui de Rome et envoyé contre lui des flottes bien approvisionnées et remplies de troupes. On sait que depuis les temps les plus anciens telle a été l’habitude des peuples qui occupent les deux bords de la mer Romaine.

Lorsque les armées musulmanes se furent emparées de l’Egypte  le khalife Omar Ibn el Khattab écrivit à son général Amr Ibn el Aci pour savoir ce que c’était que la mer. Amr lui répondit par écrit et en ces termes. « C’est un être immense qui porte sur son dos des êtres bien faibles des vers entassés sur des morceaux de bois ».

Frappé de cette description Omar défendit aux musulmans de se hasarder sur cet élément et ayant appris qu’Arfadja Ibn Herthema el Azdi chef de la tribu de Bedjîla qu’il avait envoyé contre la province d’Oman venait de faire une expédition sur mer malgré ses ordres il le réprimanda de la manière la plus dure. Cette prohibition subsista jusqu à l’avènement de Moaouïa.

Ce khalife autorisa les musulmans à s’embarquer pour faire la guerre sainte sur mer.

Nous allons indiquer la cause de ce changement dans la politique des khalifes . Au commencement de l’islam les Arabes étaient encore trop imbus des habitudes de la vie nomade pour devenir des marins aussi habiles et aussi entreprenants que les Grecs et les Francs peuples qui accoutumés à lutter contre la mer et à vivre dans des navires qui les transportaient de pays en pays s’étaient faits à ce genre de vie et avaient l’habitude d’en affronter les dangers.

bateau de l'époque omeyyade retrouvé par des archéologues israéliens
Bateau de l’époque Omeyyade retrouvé par des archéologues israéliens, au large de la Palestine (ancienne partie du bilad al-Sham)

Les Arabes ayant acquis une vaste puissance par la fondation de leur empire avaient réduit sous leur domination et asservi une foule de peuples étrangers. Voyant alors que chacun des vaincus qui savait un art cherchait à s’en faire un mérite auprès d’eux ils prirent à leur service un grand nombre de matelots pour les besoins de la marine.

Ayant alors affronté la mer à plusieurs reprises et s’étant habitués à lutter contre elle ils changèrent d’opinion à l’égard de cet élément.

Souhaitant avec ardeur le bonheur d’y porter la guerre sainte ils construisirent des navires et des galères équipèrent des vaisseaux les armèrent et les remplirent de troupes dans le but de combattre les peuples infidèles d’outre mer.

Le port de Tunis , ou le
Le port de Tunis , ou le « dar al-Sina » (arsenal), fondé par Hassan Ibn al-Numan al-Ghassani 692-703 pour la conquête Omeyyade de la mer méditerrané  depuis al-Ifriqiya.

Pour établir leurs chantiers ils choisirent les provinces les plus voisines de la mer et les places fortes qui étaient situées sur ses bords.

Ces provinces étaient la Syrie, l’ifrîkiya, le Maghreb et l’Espagne.

Le khalife Abd el Melek Ibn Merouau animé d’un zèle ardent pour le maintien de la guerre sainte envoya à Hassan Ibn en Noman gouverneur de l’ifrîkiya l’ordre de fonder à Tunis un arsenal maritime.

Ce fut de là que sous le gouvernement de Zîadet Allah Ier fiis d’Ibrahîm l’Aghlebide une flotte commandée par Assad Ibn Forât grand mufti de l’ifrîkiya partit pour conquérir la Sicile.

Pantelleria sulla Costa En 700 l'île a été conquise par les Arabes omeyyade , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah 'la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l'Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade
Pantelleria sulla Costa. En 700 l’île Italienne a été conquise par les Omeyyades de Damas sous Hassan ibn al-Numan , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riya0h ‘la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l’Afrique.

L’île de Cossura Pantellaria fut prise pendant l’administration du même gouverneur (Hassan ibn Numan).

Quelque temps auparavant Moaouïa Ibn Hodeïdj avait conduit une expédition contre la Sicile mais sa tentative n’eut pas de succès. Cela eut lieu sous le règne de Moaouïa fils d Abou Sofyan.

Plus tard pendant la guerre qui eut lieu entre les Fatemides d’Ifrîkiya et les Omeyyades d’Espagne les flottes de chacune de ces dynasties se dirigèrent à plusieurs reprises contre les territoires de l’autre et dévastèrent les côtes des deux pays.

Sous le règne d’Abd er Rahman en Nacer l’Omeyyade la flotte Andalouse se composait d’environ deux cents bâtiments et celle de l’ifrîkiya (Fatimide) était à peu près aussi nombreuse.

Le commandant caïd de la flotte andalouse se nommait Ibn Romahès. Les ports où cette flotte avait ses mouillages et d’où elle mettait à la voile étaient Beddjana et Almeria.

Elle se composait de navires qu on faisait venir de tous les royaumes où l’on construisait des bâtiments.

Plat au bateau
Bateau Hafside sur un plat fait à Tunis entre le 14 et le 15e siècle source

Chaque navire était sous les ordres d’un marin portant le titre de caïd qui s occupait uniquement de ce qui concernait l’armement les combattants et la guerre un autre officier appelé le raïs faisait marcher le vaisseau à l’aide des voiles ou des rames et ordonnait la manœuvre du mouillage.

Quand on rassemblait des navires pour une expédition contre l’ennemi ou pour quelque objet important que le sultan avait en vue ils se réunissaient dans le port qui leur servait de rendez vous ordinaire.

Le sultan y faisait embarquer des hommes des troupes d’élite et plusieurs de ses affranchis et les plaçait tous sous les ordres d’un seul émir appartenant à la classe la plus élevée des officiers du royaume.

Il les faisait partir alors pour leur destination dans l’espoir qu’ils reviendraient victorieux et chargés de butin. Lorsque l’islam se fut constitué en empire les musulmans subjuguèrent toutes les contrées qui bordent cette mer et par la puissance de leurs flottes ils mirent les chrétiens de ces pays dans l’impossibilité de leur résister.

Pendant un long espace de temps chacune de leurs expéditions se terminait par une victoire. On sait quels étaient leurs hauts faits leurs conquêtes et les richesses qu’ils enlevèrent à l’ennemi. Ils s’emparèrent de toutes les îles de cette mer Maïorque, Minorque ,Ibiza la Sardaigne la Sicile Cossura, Malte, Crète et Chypre tombèrent en leur pouvoir ainsi que d’autres contrées appartenant au royaume des Romains et à celui des Francs.

Bateau Islamique avec
Bateau Arabe  avec « grenade explosif » en méditerranée 

Abou al Qacem le Chîïte (Ubaydi) et ses fils expédiaient d’El Mehdiya des flottes qui allaient insulter l’île de Gênes  et qui revenaient victorieuses et chargées de butin.

En l’an 4o5 1014 1015 de J C Modjahed el Ameri souverain de Dénia et l’un des Molouk et tawaïf (taifa de Denia) s empara de la Sardaigne au moyen de sa flotte mais les chrétiens reprirent cette île bientôt après.

Pendant toute cette période les armes des musulmans triomphaient dans presque tous les parages de la mer Romaine leurs navires la parcouraient dans tous les sens et leurs troupes parties de la Sicile allaient débarquer sur la terre ferme située en face du côté septentrional de cette île.

Elles y attaquaient les princes des Francs et dévastaient leurs Etats.

C’est ce qui eut lieu sous les Beni Abi l Hoceïn ( dynastie arabe des Kalbides)  rois de Sicile qui reconnaissaient la souveraineté des Fatemides.

Les chrétiens se virent obligés de passer avec leurs navires dans la partie nord est de cette mer afin de se rapprocher des contrées maritimes appartenant aux Francs et aux Esclavons et des îles romaines (la grèce) qu’ils n’osèrent plus dépasser.

En effet les flottes des musulmans s’acharnaient sur celles des chrétiens ainsi que le lion s’acharne sur sa proie leurs navires aussi nombreux que bien équipés couvraient la surface de la mer la parcourant en tous les sens soit dans un but pacifique soit pour faire la guerre.

Bateau arabe Fatimide représenté dans cette pièce, le poète d’al-Muiz le fatmide proche des Banu Hamdun (arabes judhamites) d’Msila, Ibn Hani al-Andalusi al-Azdi avait dit  sur la flotte fatimide » « J’en jure par ces coursiers des mers qui prennent le départ à la nuit ; j’atteste qu’ils sont secondés par des forces innombrables Surmontés de dais chatoyants, ils ressemblent à ces tentes qui dérobent aux regards les bédouines aux cils de gazelle ; cependant ces voiles ne recouvrent pas les belles, mais des guerriers à la vaillance de lions…. Le chef byzantin fut saisi de les voir surgir, toutes bannières déployées, leurs voiles claquant au vent… »

Les chrétiens ne pouvaient pas même y faire flotter une planche mais plus tard l’affaiblissement et la débilité des empires fatemide et Omeyyade leur permirent de s’emparer de la Sicile de Crète de Malte et d’autres îles orientales.

Profitant ensuite de la faiblesse de l’empire musulman ils se précipitèrent sur les côtes de la Syrie et s’emparèrent de Tripoli, d’Ascalon de Tyr et d’Akka Saint Jean d’Acre.

S’étant rendus maîtres de toutes les places fortes du littoral de la Syrie ils prirent la ville de Jérusalem et y bâtirent une église pour y pratiquer les cérémonies de leur culte.

Les troupes de Roger Ier roi de Sicile enlevèrent Tripoli d’Afrique aux Beni Khazroun  s’emparèrent ensuite de Cabes et de Sfax et soumirent les musulmans de ces villes à la capitation.

Ensuite ils obtinrent possession d’El Mehdiya autrefois siège de l’empire fatemide ayant enlevé cette ville aux descendants de Bologguîn Ibn Zîri .

Ainsi depuis le Vc siècle de l’hégire la fortune s’était tournée du côté des chrétiens dans la mer Romaine. Dès lors la puissance maritime de l’Egypte et de la Syrie commença à tomber dans l’anéantissement.

Personne jusqu’à nos jours n’a essayé de la relever bien qu’autrefois dans ces mêmes pays le gouvernement fatemide eût déployé des efforts extraordinaires pour le maintien de la marine est un fait que l’histoire de cette dynastie ne permet pas de méconnaître.

Batteau arabe dans la mer des zanj, tiré des Maqamat d'al-Hariri illustrée par al-Wasiti 13e siècle
« Bateau arabe dans la mer des zanj », tiré des Maqamat d’al-Hariri illustrée par al-Wasiti 13e siècle, Iraq Abbasside

On n’y trouve plus de traces de la charge de commandant de la flotte c est un office spécial aux royaumes d’Ifrîkiya et de Maghreb où il s est toujours conservé A l’époque que nous avons indiquée les pays qui forment la limite occidentale de cette mer possédaient un grand nombre de navires et déployaient une puissance maritime que l ennemi chrétien était incapable d entamer et qui cependant n avait pas encore pris sa revanche.

Sous la dynastie lemtounienne almoravide le commandement de la flotte était l’apanage des Beni Meïmoun1 seigneurs de Cadix mais cette famille ayant reconnu plus tard la souveraineté d’Abd el Moumen l’Almohade lui céda ses droits .

Cette flotte se composait d’une centaine de navires appartenant aux ports de l’Espagne et de l’Afrique.

Dans le vie siècle lorsque la dynastie almohade eut conquis ces deux pays la charge de commandant de la flotte devint plus importante que jamais Ahmed de Sicile l’officier qui l’exerçait alors appartenait à la famille des Sadghîan  fraction de la grande tribu des Sedouikich qui s était établie dans l’île de Djerba.

Enlevé de son pays natal par les chrétiens qui y avaient opéré une descente il fut élevé chez eux et entra au service de Roger II souverain de la Sicile.

Il se fit hautement apprécier par ce prince mais ayant encouru pour un motif quelconque la disgrâce du fils et successeur de celui ci et craignant pour sa vie il s’enfuit à Tunis et descendit chez le prince (cîd) de la famille d’Abd el Moumen qui commandait dans cette ville.

 Flotte en Islamique en Espagne à l'époque Almohade du livre d'Alfonso X (Cantigas) 13e siècle
Flotte Islamique en Espagne à l’époque Almohade (dynastie berbère), tiré du livre d’Alfonso X (Cantigas) 13e siècle

De là il se rendit à Marrakesh où le khalife Youçof el Acheri fils d’Abd el Moumen et souverain des Almohades le reçut très honorablement . Comblé de dons par ce prince et revêtu du commandement de la flotte il déploya une grande bravoure en combattant les chrétiens.

Ses hauts faits tiennent une place honorable dans l’histoire de l’empire almohade. Sous sa direction la flotte musulmane acquit en nombre et en organisation une supériorité que autant que nous le sachions elle n’avait jamais eue auparavant et qu’elle n’a jamais reprise depuis.

Lorsque Salah ed Dîn Saladin Youçof Ibn Ayyoub roi d’Egypte et de Syrie entreprit de reconquérir les places fortes que les chrétiens occupaient dans ce dernier pays et de faire disparaître de Jérusalem les souillures et les édifices de l infidélité les flottes chrétiennes ne cessèrent d’apporter des renforts et des approvisionnements à toutes les forteresses maritimes qui avoisinaient cette ville.

La flotte d Alexandrie était hors d’état de s’y opposer ayant éprouvé une série de revers dans la partie orientale de la mer Romaine.

Au reste les navires des chrétiens étaient très nombreux et depuis longtemps les musulmans ainsi que nous l’avons fait observer étaient trop faibles pour repousser l’ennemi Salah ed Dîn prit donc le parti d’expédier une ambassade à Yacoub el Mansour 1 sultan des Almohades du Maghreb dans le but d’obtenir l’envoi de la flotte maghrebine du côté de la Syrie afin d’empêcher les chrétiens d’approvisionner leurs forteresses.

La personne qu il chargea de cette mission fut Abou Hareth Abd el Kerîm Ibn Monked de la famille des Beni Monked seigneurs de Cheïzer (famille arabe Syrie Ussama ibn Munqid)

Il venait de leur ôter cette forteresse et de leur assurer en retour une position respectable dans l’empire.

L'Occident sous les berbères Almohades et l'Orient sous les Kurdes Ayyoubides
L’Occident sous les Almohades et l’Orient sous les Ayyoubides.

La dépêche dont l’ambassadeur fut chargé et qui avait été rédigée par EI Fadel el Beïçani  se trouve reproduite par Eïmad ed Dîn el Isbahani dans son El Feth el Qodci. Elle commençait ainsi « Puisse Dieu ouvrir à votre seigneurie les portes du salut et du bonheur » El Mansour s’en trouva offensé parce qu’on ne lui avait pas donné le titre d’émir el moumenîn celui qu’il portait mais il dissimula son mécontentement.

Ayant comblé de dons et d’honneurs les membres de l’ambassade (ayyoubide) il les renvoya à leur souverain sans avoir répondu à ce qu ils étaient venus lui demander.

D’après ce que nous venons d’exposer on voit que le royaume de Maghreb se distinguait des autres par la possession d’une flotte que les chrétiens avaient une grande supériorité dans la partie orientale de cette mer que le gouvernement de l’Egypte et de la Syrie avait négligé alors et plus tard le soin de sa marine et que les empires doivent avoir toujours des flottes en état de servir.

Après la mort de Yacoub el Mansour la puissance des Almohades commença à décliner les peuples de la Galice s’emparèrent d’une grande partie de l’Espagne refoulèrent les musulmans dans les pays du littoral occupèrent les îles situées dans la partie occidentale de là mer Romaine et s’y rendirent très redoutables. Mais malgré le grand nombre de leurs vaisseaux les musulmans purent enfin les combattre avec des forces égales . C est ce qui eut lieu sous le règne d’Abou al-Hacen roi zenatien (mérinide) du Maghreb.

La forteresse mamelouk d'Alexandrie en Egypte
La forteresse mamelouk et le port d’Alexandrie en Egypte

A l’époque où ce sultan conçut l’intention d’attaquer les infidèles sa flotte était aussi nombreuse et aussi bien équipée que celle des chrétiens mais ensuite la marine musulmane perdit son importance par suite de la faiblesse toujours croissante des empires maghrebins.

Dans ce pays l’influence de la vie nomade étant encore très forte fit oublier les usages de la civilisation plus avancée que l’on avait apprise en Espagne et enleva aux populations l’habitude des affaires maritimes.

Les chrétiens revinrent alors à leur ancienne coutume s’étant formés à la vie de mer en y mettant une grande persistance et en étudiant tout ce qui touchait à la navigation ils vainquirent les flottes musulmanes dans chaque rencontre.

Les musulmans étaient devenus étrangers à la vie de mer à l’exception d’un petit nombre de ceux qui habitaient les côtes et continuaient à naviguer. Il serait bien à désirer que ces marins trouvassent des gens pour les aider et les soutenir le gouvernement devrait leur fournir les moyens de solder des combattants et les mettre ainsi dans une voie qui conduirait à un excellent résultat.

De nos jours la charge de commandant de la flotte existe encore dans le royaume de Maghreb on y observe toujours les règlements au sujet de la construction et de l’équipement de navires afin qu on soit prêt à seconder les vues du sultan dans le cas où il dirigerait son attention vers les pays du littoral. Les musulmans cherchent encore à faire tourner le vent de la victoire contre les infidèles.

Les livres des prédictions renferment une prophétie qui a cours chez les peuples du Maghreb et que nous donnons ici.

‘Certes les musulmans prendront leur revanche sur des chrétiens et feront la conquête des pays des Francs d’outre mer cela doit s’effectuer au moyen d’une flotte Dieu est l’ami des vrais croyants. »

Les Prolégomènes Al Muqadima d’Ibn Khaldoun, 2, p37 à p46

Le Feu Grec sur la flotte arabe Omeyyade lors du premier siège de Constantinople
Le Feu Grec sur la flotte arabe Omeyyade lors du premier siège de Constantinople entre 674 et 678 JC
Le combat naval (sur mer) est plus méritoire que combattre sur terre. Les combats navals étant plus périlleux, ils méritent une plus grande récompense [dans l’au-delà].
Umm Harâm (radhî Allâhu ‘anhâ) rapporte que le Messager d’Allâh (sallâ-Llâhu ‘alayhi wa sallâm) a dit :
« Quiconque a le mal de mer aura la même récompense qu’un martyr. Quiconque meurt noyé aura la récompense de deux martyrs ».
Rapporté par Abû Dâwûd.
La bataille d'Ostie en Italie s'est déroulée en l'an 849. Il s'agit d'une bataille navale entre les arabes aghlabides d'Afrique du Nord et une flotte italienne alliée
La bataille d’Ostie en Italie s’est déroulée en l’an 849. Il s’agit d’une bataille navale entre les arabes aghlabides (abbassides) d’Afrique du Nord et une flotte italienne alliée, après le pillage de Rome par les Aghlabides
Le Messager d’Allâh (sallâ-Llâhu ‘alayhi wa sallâm) a dit :
« Un martyr mort en mer est comme deux martyrs morts sur terre. Qui a le mal de mer est comme celui qui se baigne dans son sang sur terre ; qui franchit la distance qui sépare deux vagues est comme celui qui passe sa vie dans l’obéissance d’Allâh. Allâh a chargé l’Ange de la Mort de se saisir des âmes des hommes, à l’exception de celle du martyr mort en mer, car celle-là, Lui Seul se charge de la saisir. En outre, Allâh pardonne tous ses péchés au martyr mort sur terre à l’exclusion de ses dettes, alors qu’Il pardonne au martyr mort en mer et ses péchés et ses dettes ».
Rapporté par Ibn Mâjah.
Mentionné par le Shaykh Sayyid Sâbiq dans « Fiqh as-Sunna », Édition « Maison d’Ennour », t. 3, p.41
La bataille de Phœnix de Lycie (en arabe : معركة ذات الصواري ce qui romanisé donne Dhat Al-Sawari) ou la bataille des Mâts qui se déroule en 655 est un engagement naval décisif entre les Arabes du califat Rashidun conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l'empereur Constant II.
La bataille de Phœnix de Lycie (en arabe : معركة ذات الصواري ce qui romanisé donne Dhat Al-Sawari) ou la bataille des Mâts

La première grande bataille navale de l’Islam fut celle de la bataille des mâts ( معركة ذات الصواري, Dhat Al-Sawari dite la bataille de Phoenix), entre les Romains Byzantins et le califat Rashidun sous Uthman radi Allah anhu. qui se déroule en 655  engagement naval décisif conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l’empereur Constant II.

La flotte du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
La flotte du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
Voici le récit du coeur de la « bataille des Mats » par le célèbre l’imam al-Tabari :
 » On rapporte que ce fut Muawiya qui inaugura pour les musulmans les expéditions maritimes.  Omar lorsque les gouverneurs des différentes provinces… de la Syrie (al-Sham) moururent avait réuni toutes ces provinces au gouvernement de Muàwiya qui à la fin avait sous son commandement toute la Syrie .
Alors il commença à attaquer le territoire de Roum et fit des expéditions en mer de sorte que la situation du roi de Roum devint difficile, Abdallah ibn Abou Sarh était gouverneur d’Egypte (al-Misr) et de la province d’Afrique (al-Ifriqiya)  qu’il avait enlevée au roi de Roum.  
Celui ci réunit une armée pour reconquérir l’Egypte (al-Misr) et l’Afrique (Al-Ifriqiya).  
Jamais on n avait vu embarquer une armée aussi nombreuse. Abdallah alla au devant de l’ennemi avec environ trente mille hommes sur quarante vaisseaux .
Arrivée à Dsàt as Sawàri la flotte musulmane rencontra les vaisseaux romains qui étaient au nombre de cinq cents remplis de soldats.
En voyant cette force de l’ennemi; les musulmans eurent peur. Il s éleva un vent qui maintint les vaisseaux des musulmans et ceux des infidèles pendant trois jours et nuits en pleine mer.
Lorsque le vent cessa les deux flotte s’abordèrent et la bataille s’engagea.
On combattit avec acharnement soit en se servant du sabre soit en lançant des flèches et des lances .
Enfin une flèche partie de la flotte musulmane atteignit le roi de Roum et le blessa.
Les Romains rompirent leurs lignes de bataille et se mirent à lever l’ancre. »
l’imam al-Tabari dans l’ouvrage « Histoire des prophètes et des rois »
illustration, du 19eme siècle de la
illustration, du 19eme siècle de la « Bataille des Mats ou la Bataille de Phoenix de Lycie  » la scène dépeint . » la victoire du califat rashidun sur les forces Byzantine de Constans II en . 655.
Liste des états et peuples dominés et  vaincus par les Arabes (Rashidun, Omeyyade et Abbasside)
Liste des états et peuples dominés et  vaincus par les Arabes (Rashidun, Omeyyade et Abbasside)
Les ennemies de Byzance
« Les ennemies de Byzance »
Soldats du califat des Abbassides,et de leurs vassaux arabes, Hamdanides et Aghlabides (D=droite et G=Gauche)

batteau early islamique ancien reconstitution

Les ennemies de Byzance
Les ennemies de Byzance »  Soldats des Califats Omeyyade et Rashidun  (D=droite et G=Gauche)
Un batau du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
Un bateau du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari

La Mer des Califes Une histoire de la Méditerranée musulmane (VIIe-XIIe siècle) Christophe Picard

Ibn Khaldoun, « al-Muqadima »

Al-Tabari,« Histoire  des prophètes et des rois » .

Ghiyas ad-Din Muhammad Khwandamir dit Khondémir « Khêlassê-al-Akbar » (« Quintessence de l’histoire »)

Citations célèbres sur le peuple Berbère :

Publié le Mis à jour le

Après de multiples insultes et mensonges sur les Arabes et l’Islam, de la part des militants racialistes berberistes, et la manipulation des écris d’Ibn Khaldoun, voici une réponse :

« Huttes Kabyles » maisons de sédentaires berbères

– Abū al-Qāsim al-Taghlibi Al-Andalusī (11e siècle), savant arabe andalous dans son ouvrage « Kitāb tabaqāt al-umam » »Le Livre de la classification des nations» range les divers peuples de la terre parmi ceux qui ont apporté quelque chose aux sciences et ceux qui n’y ont rien apporté :

En 1er viennent : les Indiens, les Perses, les Assyro-Chaldéen, les Grecs, les Romain, les Egyptiens, les Arabes et les Juifs.

Les 2eme comprennent : les Chinois, les Turcs, les peuples de l’extrême Nord : Slaves et les Bulgares et de l’extrême Sud ; les Noirs, et les Berbères

(Abū Qāsim at-Taghlibi al-Andalusī, 1912 : 8 sq.).


– Al-Maqrizi (1364-1442) historien arabe égyptien, nous explique l’histoire des berbères et des « chamites » dans son « tableau du monde avant l’islam » en ses termes :

« Quant aux fils de Cham, Abyssins, Zendjs et Berbères, ils n’avaient point de royaume qui put compter. »

« Histoire d’Egypte », al-Maqrizi, p173.


répartition moderne du chamito-semitque, les arabes en orange et les berbères en violet
répartition moderne du chamito-semitque, les arabes en orange et les berbères en violet (écrasé par l’orange.) les Touaregs sont moins d’1 million.

Le polymathe arabe al-Mas’udi, en parlant des principaux rois du Monde dans son excellent ouvrage »Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar« , par contre pas un mot sur les berbères : « Un poète, qui s’est beaucoup occupé de l’histoire du monde et des princes qui l’ont gouverné, décrit sommairement les noms des rois et des royaumes, et le rang qu’ils occupent, dans les vers suivants 

Il y a deux palais : Eiwan et Gomdan ; deux royaumes : Sassan et Kahtan.

La terre, c’est la Perse ; le climat par excellence, c’est Babel ; l’islam, c’est la Mekke ; le monde, c’est le Khoraçan.

Ses deux côtés durs et rudes sont Boukhara et Balkh, la résidence des rois.

Beïlakan et le Tabaristan sont les frontières du monde ; Reï en est le Cherwan, puis viennent Djil et Djilan.

Tous les hommes sont divisés en plusieurs classes ; il y a des satrapes, des patrices, des tarkhan.

Les Perses ont leurs Khosroès ; le pays de Roum, ses Césars ; les Abyssiniens, leurs Nudjachis ; les Turcs, leurs Khaïans. » 

Al-Masudi « Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar« , p.359

– La « civilisation » berbère des berghwata (744-1058) par Ibn Abi Zar dans le « Rawd al-Qirtas »: « « Quant aux coqs, attendu qu’ils indiquaient les heures de prière, il était défendu de les tuer et d’en manger sous peine de rendre la liberté à un esclave ; il leur prescrivait encore de lécher la salive, de leur gouverneur en guise de bénédiction ; et, en effet, lorsqu’il crachait dans la paume de leurs mains, ils léchaient religieusement ces crachats, ou ils les emportaient soigneusement à leurs malades pour assurer la guérison. » 

Ibn Khaldoun  (Histoire des berbères et des dynasties musulmane p.208  (1377), sur les berbères :

(..) « Abd-er-Rahman-Ibn-Habîb (gouverneur fihride), qui était alors en Espagne, traversa le Détroit et enleva à Handala ibn Safwan (Kalbite) la possession de l’Ifrîkïa. Ceci se passa en 126 (743-4). De nouveaux désordres éclatèrent aussitôt dans ce pays ; l’insubordination des Berbères, cette plaie de l’Afrique, devint plus redoutable que jamais, et les Kharedjites, sous la conduite de leurs chefs, déployèrent encore leur animosité contre l’empire. De tous les côtés ces populations coururent aux armes, et s’étant réunies en plusieurs corps, elles s’emparèrent de l’autorité , en proclamant leurs doctrines hérétiques. » 

Berbère chamelier, le dromadaire fut introduit en Afrique du nord par les romains…

– Les critiques contre les « a’rab » bédouins nomades d’Ibn Khaldoun (kindite arabe lui-meme) utilisé par les berbères pour y inclure tout les arabes sont valable pour les berbères aussi :  « Quant à l autre dynastie zenatienne celle des Beni Abd el Ouad on n’y trouve pas la moindre trace de ces emplois n y avait pas même de charges spéciales tant la civilisation rude et imparfaite de la vie nomade prédominait chez ce peuple  » Les Prolégomènes d’Ibn Khaldoun, 2 Par Ibn Khaldūn p17

– Ibn Khaldoun disait que les berbères n’avais jamais eu de civilisation comme il en a eu en Arabie (Ad, Thamud etc) dans le  Yémén (Himyar, Kinda etc) ou en « Irak arabe » (Les Lakhmides etc), et que les seuls vertiges de civilisation au Maghreb était du aux « Romains et Francs » quant ils ne sont pas issus des « Arabes musulmans citadins » (contraire des a3rab badawi).

Tableau de l'histoire (soumissions) des berbères l
Tableau de l’histoire (soumissions) des berbères

Ibn khaldoun dresse un tableau sur les mérites des peuples habitant le climat du centre par rapport a ceux du sud (les noirs) et du nord (slaves, francs, turcs eskimo etc) ..  il ne mentionne pas les berbères (sic): « Quant aux habitants des climats du centre, on trouve chez eux un caractère de mesure et de convenance qui se montre dans leur physique et leur moral, dans leur conduite et dans toutes les circonstances qui se rattachent naturellement à leur civilisation, c’est-à-dire les moyens de vivre, les habitations, les arts, les sciences, les hauts commandements et l’empire. Ce sont eux qui ont reçu des prophètes ;  c’est chez eux que se trouvent la royauté , des dynasties, des lois, des sciences, des villes, des capitales, des édifices, des plantations, des beaux-arts et tout ce qui dépend d’un état d’existence bien réglé. Les peuples qui ont habité ces climats, et dont nous connaissons l’histoire, sont les Arabes, les Romains, les Perses, les Israélites, les Grecs, la population du Sind et celle de la Chine. »  Il ne cite pas les berbères, Ibn Khaldoun fut le premier auteur à faire des éloges au berbères, sa fonction de mercenaire pour les dynasties berbères ne doit pas y être pour rien, il en avait fait de même à  Damas avec les Timourides (tatars) de Tamerlan.

Plus loin Ibn Khaldoun continue : « Ces peuples, soumis à une vie de privations, sont les tribus du Hidjaz et du Yémen , et les tribus sanhadjiennes (berbères) qui se voilent la figure, et qui occupent le désert du Maghreb et les régions sablonneuses qui séparent la contrée des Berbers de celle des noirs. Chez les peuples voilés, les grains et les assaisonnements manquent tout à fait ; leur seul aliment, c’est le lait et la chair de leurs troupeaux » IBN KHALDOUN — Les Prolégomènes, première partie page 212 215

Un village guanche (Canaries, Espagne, peuple éteint), peuple qui serrai berbère, et n’a pas eu d’influences arabe, phénicienne, romaine, grecque, etc Ont vois qu’ils vivait au stade « d’hommes préhistoriques », sans aucune civilisation.

Ibn Khaldoun appliquait des choses au arabes  mais aussi au autres peuples comme les berbères, les références au arabes dans les écris « khaldounien » s’explique du fait que les arabes sont au centre de l’attention et de l’histoire d’Ibn Khaldoun : « Tels sont les A’rab (nomades) et d’autres peuples ayant les mêmes habitudes, savoir : les Berbères nomades, les Zenata (berbères) de la Mauritanie occidentale, les Kurdes, les Turcomans et les Turcs des pays orientaux. Les Arabes sont toutefois plus habitués à la vie du désert et font des courses plus longues que les autres races nomades, parce qu’ils s’occupent exclusivement de chameaux, tandis que celles-ci ont à soigner, en même temps, des troupeaux de chameaux, de moutons et de bœufs. L’existence de la race arabe est donc un fait conforme à la nature et devant nécessairement se présenter dans le cours de la civilisation humaine. Dieu est le créateur, l’être savant (Coran, sour. XV, vers. 86) » IBN KHALDOUN — Les Prolégomènes, première partie page 273

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– al-Idrissi (1100-1165) savant arabe maghrebin reviens sur les traditions homosexuelle et de prostitution pédophile des berbères Kutama d’ifriqiya  ainsi que le chiffre de cette population au temps du géographe arabo-andalous al-Idrissi (1100-1165) dans la description de l’Afrique et de L’Espagne :

« Cette tribu est renommée par sa générosité et par l’accueil qu’elle fait aux étrangers. Ce sont certainement les gens du monde les plus hospitaliers car ils n’ont pas honte de prostituer leurs enfants mâles aux hôtes qui viennent les visiter et loin de rougir de cette coutume ils croiraient manquer à leur devoir s’ils négligeaient de s’y conformer, divers princes ont cherché à les y faire renoncer même par des punitions très sévères mais toutes les tentatives qu on a pu faire ont été vaines. A l’époque où nous écrivons il ne reste plus de la tribu de Kitâma jadis très nombreuse qu’environ quatre mille individus. » 

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– Ibn Hawqal (943- 969) géographe arabe syrien confirme ses traditions homosexuels 2 siècle auparavant :   « La plupart des Berbères qui habitent le Maghrib depuis Sédjelmessa jusqu à Sous Aghmat et Fez de là aux environs de Téhert, Ténès, Mesîla, Tobna, Baghaï, Aguerbal etc  Azfoun, et les dépendances de Bone accueillent les voyageurs avec hospitalité, il se trouve même des gens parmi eux qui pour faire honneur aux étrangers leur prostituent leurs enfants Cette détestable coutume fut vivement combattue par Abou Abd Allah ash-Shii le missionnaire (Da’i arabe) des Fatimites  qui eut recours à des moyens extrêmes pour l’abolir mais elle résista à tous ses efforts » (ibn hawqal p241 )

E.Mercier (Histoire de l’Afrique septentrionale », p181) un berberophile, disait à propos des berbères : « Au septième siècle, n’ayant pas encore profité de la civilisation arabe, les berbères était, en maints endroits, fort sauvages »

Voir aussi sur le sujet :

Ibn Manzur al-Lughawi

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Le Loughawi Ibn Mandhur
Le Loughawi Ibn Mandhur

Abul-Fadl Jamal ad-Din Muhammad Ibn Manzur ou Ibn Mandhur al-Ansari al-Khazraji al-Ifriqi al-Misri, encyclopédiste arabe, né en 1233, en Ifriqiya, mort au Caire (Egypte) en 1311. En 1308, il achève un dictionnaire arabe en plusieurs volumes, le Lisàn al-‘arab.Son nom complet : Muhammad ibn Mukarram ibn `Alî ibn Ahmad ibn Manzur al-Ansari al-Ifrīqī al-Misri Al-Khazraji Jamal al-Dîn Abû al-Fadl (arabe محمد بن مكرم بن علي بن أحمد بن منظور الأنصاري الإفريقي المصري الخزرجي جمال الدين أبو الفضل)

Ibn Manzur est né en 1233. Il était d’Afrique du Nord, d’origine arabe, des Banu Khazraj al-Ansar comme son nom l’indique et il est dit qu’il est né en Ifriqiya. 

Son ancêtre est Ruwayfi’ ibn Thâbit al-Ansârî radi Allah anhu, lequel participa à la bataille de Khaybar au côté du Prophète (paix et bénédiction sur lui), il posa la fondation de la première mosquée sur le futur site de Kairouan (La mosquée Ansar), il fut nommé par le calife  Mu’âwiyya ibn Abî Sufiyân radi Allah anhu, cadi de la ville de Tripoli en l’an 46 de l’Hégire et fini ces jours à Bayda comme émir de Cyrénaïque (Barqa en Libye), et si la plupart de ceux qui ont écrit une biographie sur ’Ibn Manzûr ne remontent pas son ascendance jusqu’à ce Compagnon, il faut néanmoins rappeler qu’Ibn Manzûr en personne affirme et démontre dans l’introduction de son dictionnaire Lisân al-’Arab qu’il descend bel et bien de lui.

La ville de Al-Marj de nos jours, au temps du califat Rashidun, Omeyyade et abbaside c'était al-Barqa, Libye
La ville de Al-Marj de nos jours, au temps du califat Rashidun, Omeyyade et abbaside c’était al-Barqa, Libye

Par ailleurs, les historiens ont divergé au sujet du lieu de sa naissance, certains d’entre eux pensent qu’il est né dans la ville du Caire, quant aux autres ils disent qu’il a vu le jour à Tripoli (Lybie) d’ou le « al-Ifriqi » ; en tout cas ce qui est sûr est qu’il a grandi en Egypte.

 Ibn Hajar rapporte qu’il était un juge (cadi) à Tripoli (Ifriqiya orientale), Libye et en Egypte et a passé sa vie comme commis dans le Diwan « al-Incha » ‘, un bureau  responsable, entre autres des correspondances, de l’archivage et des copies.[1] 

La mosquée fatimide al-Husayn du Caire en Egypte, elle date de 1154jc
La mosquée fatimide al-Husayn du Caire en Egypte, elle date de 1154jc

Johann Fück suppose d’être en mesure de l’identifier avec Muḥammad b. Mukarram, qui était l’un des secrétaires de cette institution (lKuttab al-Inshā’) sous le sultan Mamelouk al-Qalawun. D’après Brockelmann, Ibn Manzur a étudié la philologie et a consacré la plupart de sa vie à rédigé des œuvres sur la philologie historique. Il est dit avoir laissé 500 volumes de cet ouvrage. Il est mort au tournant des années 1311/1312 dans la ville egyptienne du Caire.

Le Lisân al-‘arab (arabe : لسان العرب, littéralement la Langue des Arabes) est le dictionnaire encyclopédique de la langue arabe, qui englobe la lexicologie arabe depuis le ixe siècle. Ce lexique existe depuis le ixe siècle et sa rédaction semble avoir été achevée par Abul-Fadl Jamal ad-Din Muhammad Ibn Manzur (12321311) en 1290.

Éditions publiées du Lisan al-Arab 

notes:

  1. ^ Cf. H.L. Gottschalk: Art. Dīwān ii. Egypt, in: ²Encyclopaedia of Islam II (1965), p.327-331, here: 328.
  2. ^ Kees Versteegh, The Arabic Language, pg. 63. Edinburgh: Edinburgh University Press, 2001. Paperback edition. ISBN 9780748614363
  3. ^ Cf. for the arrangement of arabic lexikographical works J. Kraemer: Studien zur altarabischen Lexikographie, in: Oriens 6 (1953), p.201-238.
  4. ^ Cf. C. Brockelmann: Geschichte der arabischen Literatur. Volume II, p. 21 u. Georg Jacob: Altarabisches Beduinenleben: Nach den Quellen geschildert. Mayer, Berlin ²1887, p. XXXV, who both refer to I. d’Ohsson: Allgemeine Schilderung des Othomanischen Reichs. Volume I, p. 573.
  5. ^ Raid Naim. « الباحث العربي: قاموس عربي عربي ». Baheth.info. Retrieved 2014-03-05.
  6. ^ « downloadable ». Archive.org. Retrieved 2014-03-05.